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instants philosophie

L’Autre regarde

10 Mars 2018, 09:09am

Publié par pascal doyelle

Résumé. On a découvert la structure, autour de la méditerranée il y a 30 siècles ; qui prit différents noms ; dieu, la pensée, le christique, puis le sujet et enfin l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan et par ailleurs la révolution et le monde donné considéré en soi, scientifiquement). On a pu de la sorte sortir du désordre généralisé ; celui de tous ces mondes humains distincts et séparés, et réunir l’intentionnalité autour des deux faits majeurs ; le monde (par les grecs) et le corps (par le christique). Et ainsi réorganiser la nouvelle anthropologisation.

Elle consiste à élaborer des stratégies, des architectures intentionnelles, sans tomber dans les immédiatetés du monde, du donné, du vécu, et du corps. Tout a fonctionné, bon an mal an (puisque l’on parvient difficilement à inscrire les structures de liberté et d’intentionnalité dans ces corps investis et ces perceptions immédiates ; on croit aux contenus de conscience mais on ne maintient que très difficilement l’architecture non plus des contenus mais de la forme qu’est cette conscience-de).

On a pu aboutir néanmoins aux révolutions, dont la française qui allie la liberté ET l’égalité (dans le faire-sens d’une supposée fraternité).

Rappelons, vite fait, que la dynamique liberté-égalité est absorbée dans les mondes qui entendent seulement profiter de la liberté ((anglo-saxons ; ce qui est très louable mais court, à court terme pour ainsi dire et qui considèrent donc que la liberté est donnée, par la nature ou par dieu, selon la nature humaine toute fixée et non pas en recherche de son être ; lequel être , par Sartre et Lacan, se révèle non un être mais une structure, externe sartrienne et alambiquée et interne, au corps, par Lacan et dans les deux cas : vide, cad formelle ; coupler la liberté et l'égalité c'est penser stabiliser toute conscience dans une dimension et non tenir chacun seul et un).

Mais sans cesse, de manière ininterrompue, le monde et les intérêts et les nécessités du monde, des enjeux, des habitudes, des investissements, qui ne cessent jamais, se remontent constamment, de sorte que la structure dite révolutionnaire effectivement énoncée et acquise (qui trouvait par ailleurs un équilibre dynamique dans l’équation liberté-égalité, mais basculant dans le déséquilibre dans les démocraties qui privilégient la liberté sur l’égalité, et celles qui écrasent la liberté par l’égalité, au moins théorique, communiste en général), la dite structure vraiment et réellement réalisée, rendue réelle (qui ne fait rien d‘autre en un sens qu’actualiser la vision christique « ni homme ni femme, ni riche ni pauvre, ni esclave ni homme libre » de Saint Paul), cette structure s’incorpore dans le monde, en créant trois remplacements ; dieu est remplacé par la naturalité, la pensée par la raison et le sujet par le moi (ou l’humain ; rappelons que l’humanisation, à fondement universaliste et humaniste, se continue et se poursuit par la personnalisation ; ce qui eut lieu pleinement dans les fameuses années soixante ; le déploiement effréné du moi de chacun, ce dont il serait stupide de se plaindre, sauf que).

Le tout revient à remplir la forme par des contenus ; raison, naturalité et moi et société civile, industrieuse, technologique assurent une détermination, ce qui s’oppose absolument à la formalité de structure (que maintenaient dieu, la pensée, le sujet et que voulut la révolution, la politique comme structure révolutionnaire mais qui stagnât de fait dans un encadrement supposé naturaliste et en fin de compte naturalisé ; tout doit se réaliser, tout le monde sera heureux, quitte à finir dans sa caricature, mais en même temps réalisant effectivement un tel monde et un tel bonheur).

Dans ce remplacement généralisé, ce qui est gagné c’est l’installation de la structure dans le monde, le donné, le vécu, installation de la stratégie suréminente (de dieu, de la pensée et du christique-sujet)  vers cette stratégie intégrée. Sauf que cette substitution ne permet plus du tout de mener une telle dimension stratégique ; et si la structure tient malgré tout (le cadre des démocraties par ex), c’est tout juste, à peine et avec un effondrement diversifié ; parce que dans l’installation de la naturalité, de la raison et du moi remontent avec une force incontrôlable les intérêts (des groupes) et les intéressements (subjectifs) et donc les nécessités et les pressions invincibles du monde, du donné, du vécu. De sorte que si le déploiement de notre puissance est évidemment bien venue (nous conférant une vie mille fois plus réalisée), elle pèche toujours par le bas et nous emporte dans le sans-fond du donné là, dans la démultiplication sans mesure de la détermination, de la petitesse, de l’irrésolution, dans l’absence de projet réel et dans l’impossibilité de stratégie de structure collective évidemment, et individuelle, qui ,jette les mois dans l'incompréhension formelle terrifiante.

Le remplacement se valide essentiellement par une seule idée force ; le bonheur. Puisque l’on n’est plus hors du monde et hors du corps (comme nous le soumettait dieu, la pensée et le christique sujet), et donc  tout est-là. Et très logiquement si tout est là alors à nos désirs, décisions, volontés, projets correspondent « spontanément » des objets, des réalisations et réussites, et des jouissances par principe immanquables. Il est, pour nous, incompréhensible que notre conscience ne se rende pas réelle dans le monde (or elle n'est nullement destinée à se rendre dans le monde) ; le donné explique le donné et il n’y a rien de trop. Ce qui est de fait absurde ; de ceci que d’obtenir simplement la conscience-de (de n’importe quel ceci ou cela) signifie que nous sommes de toute façon autre-que. Comme on a abandonné les structures stratégiques, on ne sait plus du tout expliquer et donc enrôler et déployer de tactiques adéquates. C’est un malheur infini que de n’être pas heureux, mais quoi que l’on fasse on ne sera pas « heureux » et cela nous jette dans l’incompréhension la plus complète et l’impuissance intentionnelle ; le réel ne se prend pas par le monde, et la traduction de cette impuissance dans ces êtres-jetés que sont les dépressions, névroses et autres, qui se traduisent dans et par le corps, de même que les stratégies politiques sont incapables de proposer une autre régulation et végètent sur l’ancien encadrement ; l’historicité est littéralement figée depuis deux  siècles tandis que le contenu de l’encadrement, la société civile et l’égo-libéralisme se déploient démesurément.

Qu’il y ait une problématique extrêmement difficile pour chacun selon ce corps donné là, montre bien que l’arc (de conscience) est plus grand que le conscient et qu’il ne s’agit pas tant de ce qui n’est pas intégré dans le conscient (qui requerrait d’en passer par une psy, psychologie ou psychanalyse, excepté Lacan qui se situe par devers le devant) que de ce qui ne se « voit » pas sur le "corps" ; c’est non pas un énoncé qui serait inadéquat (comme dans l’ordre de vérité universelle traditionnelle qui est encore celle de tout le monde en fait et sur lequel se fondait encore Freud) mais d’un mouvement qui ne se génère que de sa propre vision mais en tant qu’il ne se voit pas …  puisque pendant que l’on voit on ne se voit pas ; il n’est donc pas de positionnement possible, sinon d’être vu (sans se voir en train de voir) ; de même que dans le tomber-amoureux on y est vu et si ce regard nous quitte, nous annule, on ne se voit plus, on n’est plus vu, du tout (et c’est le drame, mais même réussissant ça ne sera pas un regard-autre, juste un autre-regard) ; c’est précisément ce Point, au dehors, qui entraine ou absente mais qui alors absente … tout.

Et ceci est le point de bascule : de tout. De toute intentionnalité. Que l’on est-perçu mais de personne ou de rien ou du formel ou du structurel, qui n’a aucune réalité dans le monde ; et c’est pour cela qu’il existe un arc intentionnel dans l’arc du présent et pour cela qu’il existe un présent.  Le réel est en boucle indéfinie et c'est le retour qui est un re-tour, un nouveau tour. 

L’autre-regard n’est nullement une sorte d’égocentrisme ; c’est tout l’inverse (qu’il y ait des éléments ou mouvements égocentriques évidemment comme en tout, puisqu’il faut bien ‘se’ positionner) ; ça n’est pas une disposition subjective, ni une disposition objective (puisque hors du conscient) mais hyper objective, qui vient, qui nous vient de la position inatteignable du dehors, de l’acte de perception réalisé hors-de-soi, à l’extrémité de soi ; sur le Bord et le Bout qui perçoit (et qui peut prendre toute sorte d’acte, divin ou libre ou structurel ou idéel ou politique ou esthétique, autrement dit de « ce par quoi tout commence  et vient vers nous ») ;

au sens où la structure de conscience n’est pas le subjectif (d’une objectivité à venir), mais au sens où la structure est cela même qui supporte et l’objectivité et la subjectivité ; en ce sens donc qu’elle est hyper objective. Et étant hyper elle n’est ni dans le champ conscient, ni dans le monde mais au Bord ou au Bout ; au Bout de notre réalité même, de notre vécu et de notre corps perçu de là-bas, l’autre du tomber-amoureux (la grande expérience de tout moi) est au Bout ; et c’est bien en ceci que l’on s’aperçoit que le réel est au-dehors et que l’arc de conscience c’est qu’il existe. C’est sa structure même de percevoir d’en-dehors ; dieu, la pensée, le christique, le sujet, l’altérité, le corps (et le tomber-amoureux) sont là-dehors. Et qu’il ne peut en être autrement qu’hyper objectivement ; si il était le corps même il n’y aurait pas de conscience du tout, et si il était conscient il reviendrait au monde et serait intégré en ce monde.

Autrement dit il faut qu’il existe un rapport qui soit inaccessible ; inaccessible pour le monde et inaccessible pour lui-même ; si il était accédé par lui-même ce serait sous la composition et la détermination ; la détermination « en esprit » est aussi déterminée que toute autre, sauf si elle sup-pose un Point Autre (l'être, dieu, le sujet, la Volonté, la structure, l'Ics). La possibilité qui échappe à toute détermination ne vient pas nier la détermination (ce serait absurde), c’est celle qui vient en plus, en plus des systèmes et des causalités, et c’est bien en cela qu’elle en crée, de la détermination et des systèmes ; en crée des quantités astronomiques ; puisque l’on est alors dans le signe et que les signes circulent infiniment plus vite et plus nombreux que toute autre détermination (des choses, du corps) ; le signe c’est ce en quoi la détermination étant contenue dans un rapport (qui le fabrique) est renvoyée d’un rapport à l’autre ; elle passe dans le méta systématique de la structure ; il s’agit d’une sur-détermination ; les mathématiques, les esthétiques, les éthiques et les politiques sont des méta-déterminations ; mais qui ne tiennent pas toutes seules ; qui permettent à chaque arc de s’élever, ce qui veut dire pour nous (élévation puis sublimation sont d’anciennes formulations), ce qui veut dire augmenter et accélérer l’arc de conscience.

L'augmentation de l'extensivité grecque (qui crée quantité de nouvelles distinctions, en Idées, qui deviennent ou sont des différenciations dans les choses) et accélération de l'intensité christique (qui intensifie infiniment l'acte de conscience de soi par soi via cet élément hyper objectif et suréminent, le christique qui crée votre regard, votre âme, en re-tournant votre corps, et vous permet de vous introduire dans votre propre intentionnalité, ce que l'on a pris à tort pour une "intention morale" ; ça n'a rien à voir originellement, mais secondement seulement).

C’est aussi ce que subissent tous les mois. Tous les mois sont assujettis à l’augmentation et l’accélération et non seulement selon les esthétiques et les éthiques, ou le mysticisme ou la religiosité ou la métaphysique, mais c’est devenu en et par un corps ; unique. Les années soixante sont une accélération et augmentation du corps ayant au préalable déjà un moi, et élabore un hyper-moi, pour ainsi dire et son glissement équivalent dans le fantasmatique, l'irréalité. Soit donc la capacité du corps à supporter cette émergence qui ne se règle que par elle-même, que par sa propre structure ; ce qui est rapport à soi comme rapport. Et les mois tentent désespérément de transcrire l’augmentation et l’accélération dans la seule voie qu’ils connaissent selon le monde, le vécu et le corps ; et cela ne peut pas fonctionner. Sauf de métaboliser le structurel selon sa strictement propre dimension il est impossible que les vécus et les corps supportent, admettent, et encore moins régulent la structure. Laquelle est pourtant originelle ; existant avant les mois, le corps et le ou les mondes.

Ou donc ; ne sont que des choses et des êtres qui sont déterminés et sont cela qu’ils sont. Sauf un être (au moins et autant que l’on puisse l’expérimenter, on ne voit pas au-delà de cet horizon ci) qui est le rapport qu’il est, et donc qui, en tant que rapport, n’est pas : il existe. Sur la base de ce rapport tout s’inverse (mais c’est seulement une expression figurée). Ça n’est plus le déterminé qui détermine mais l’indéterminé qui cependant n’est pas, n’est pas une « détermination » et qui étant pur rapport et vide, formule sans cesse une reconduction de la réalité qui se nomme signes, langage, images, mathématiques, idées, etc et signes sur le corps. Comme il n’est que rapport il est activité pure et parce qu’il est formel (une structure et non une essence ou un contenu ou une identité) il absorbe n’importe quelle source, data, perception, mémorisation, intégralement perméable et qui ne peut pas perdre sa forme dans tel ou tel contenu ; son activité est un activisme ; et qui doit s’élaborer en tant que stratégie.

Etant rapport il formule un point-autre, au-dehors et à partir de ce rapport se représente, tout ceci et tout cela ; toute représentation est prise dans le mouvement d’intentionnalisation ; de là qu’il manifeste toujours des élévations, des absolus, puisqu’il doit gouverner son intentionnalité, signes qui font retour et dans ce retour il instaure, instancie le réel, la position du réel, celle qui le coupe de l’irréalité, de la masse rêveuse de la cervelle (qui ignore que réel il y a, « là », en-dehors et autre) et qui le coupe de la réalité, du donné, du corps, des autres, en fait qui le coupe de tout, et inscrit la coupure, la séparation dans sa chair, ce par quoi non pas « il se voit » mais par quoi « il est vu » et il existe par cette hyper objectivité (ni subjective ni objective).

Si il se voyait il serait partie du monde, et donc il est-vu, du point-autre que le monde ; le bout du Bord (son corps). 

Dieu, christique, pensée, sujet, altérité formulent cette stratégie à son plus haut ou son point le plus reculé, dans l’inaccessible même comme structure du réel (puisque le présent est ce qui retire la réalité en l’étirant par le devant). Et naturalité, raison et humanisme et moi  déclinent l’adaptation des configurations au donné le plus immédiat en extensivité et dense en intensité ; ce qu'opère la révolution et en dépassant le mouvement même ; la révolution, ce Fait du réel historique, va plus loin que n'importe quelle pensée ou représentation ; elle extrait une articulation plus grande, absolument réelle et autre ; on est à la remorque d'un Fait de structure, tout comme la pensée ou le christique imposent beaucoup plus que tout ce que l'on en peut tirer, que l'on peine à interpréter, comprendredéduire. Pareillement Rimbaud est dépassé par le Fait de structure que pourtant il ex-siste absolument, cad formellement ; c'est le sur-divin que tout cela. 

Naturalité, raison, moi humain via la position unique du sujet mais rendu abstrait et qui va commencer de croire qu’il est sa propre perception ; évidemment sous les aspects du monde, du donné et du corps simplement « là ». Il ne se rejoindra jamais. Et il ne pourra plus se configurer via cette autre-perception sans corps, sans donné, sans monde, sans détermination que sont dieu, la pensée, le sujet ou l'altérité, nietzschéenne ou heideggérienne. Le sujet rendu abstrait c’est celui-là qui ne sait plus qu’il est-perçu. De cette autre-perception qui réfléchit, au propre, selon le corps, et au figuré, selon la pensée, et qui commencera donc de dériver, de tomber, de croire se voir elle-même, alors qu’elle est-vue (mais elle ignore par quoi ou par qui, si on ne revient pas dieu ou la pensée, si l’on n’est ni croyant ni hégélien ou équivalent ; notons que les sciences croient encore, en supposant que les lois, les corpus existent « en soi », qu’il est une « raison » éternelle que la vision est non seulement captée par la raison mais que le regard est causé par « l’information », ou que « conscience » se produit par le langage, etc ; ce qui est tout à fait une opération de magie) et  de se-croire  et donc de coaguler forme et contenu, n’offrant plus d’espace, ni de temps, pour que la forme-même, la structure se manifeste selon des signes.

L’Autre-regard qui nous crée, qui crée la surface-autre du corps ; celle que l’on reçoit en esthétiques, éthiques, politiques, idéels, philosophie  ; l’ensemble de toutes ces possibilités qui tournent leur regard, et par quoi le présent, l’altérité agissent ; et de ces immenses acculturations que furent les configurations ; dieu, pensée, sujet et enfin altérité, réintroduction de l’ontologie par Nietzsche, Heidegger, et de l’ontos, de l’os de notre être, comme structure par Sartre et Lacan ; par Sartre et Lacan notre être donné là est rendu à sa structure, très étrange et autre (de même que Nietzsche et H supposaient une altérité, Volonté ou Être en plus des étants) ; ce qui nous expose à une Existence absolument inhumaine et une logique non-compréhensible et plate mais relancée et articulée (par le présent comme acte par-dessus, en plus de totu ce qui seulement est).

C’est bien en ceci que Descartes (ou Kant et le nouménal ou Hegel et l’esprit-autre) impose dieu, l’autre-volonté, l’autre regard et sa structure hyper objective ; on est vu et cette perception n’appartient pas, à rien. On ne peut pas l’enrouler dans l’intentionnalité, et de ce fait elle rend possible cette intentionnalité. Et ça n’est pas le regard de l’autre qui y changera quoi que ce soit ; si l’autre détient une part de la vérité, il n’est pas la vérité, l’ontologique, l’ontos, le structurel formel et ça n’est pas de l’indifférence (que l’autre n’y suffise pas, comme ça n’était pas de l’égocentrisme), mais  qu’avant tout il faut que l’arc intentionnel, le structurel, se dresse et s’exécute en propre, formellement. C’est dans le pli qu’existent des dépliements, pas inversement ; et le pli a un prix ; si on part du monde ou de l’autre (et n'ayant pas accès à la structure de conscience de l’autre) on n’obtient que des contenus et non pas la forme de structure, qui n’est pas du monde ; pour commencer, à peine, de saisir autrui il faut instruire, in-former les signes et architecturer ces signes ; autrui commence de percer au travers de la signifiance, quitte à s’écrouler dans l’insignifiance, mais la signifiance est hors champ et pas dedans (sinon elle ne serait pas).

Il semblerait que par « perception » il faille entendre perception structurelle qui, pour nous, se prête comme intentionnalisation généralisée de la perception, comme structure (hyper) réelle qui à partir du réel a pris dans son faisceau le monde, le donné, le vécu et le corps. Et comme le faisceau est instancié dans le présent, ce qui nous prend vient d’en-avant.

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Distinction de l’être et de l’Exister

3 Mars 2018, 09:36am

Publié par pascal doyelle

Structure sur-divine du réel
C’est curieux cette obsession de ne pas trouver la vérité. Nous avons toutes les cartes en main, mais nous ne percevons pas leur agencement. Comme si nous attendions quelque « chose » alors que tout est déjà là, et que cela fut annoncé mille fois ; voilà, c’est ceci. 

Le plus simple. On a découvert que l’on ne recevait pas la vérité, mais que l’on produisait quantité de représentations, et que donc il existait une structure, un sujet, une forme qui fabriquait, construisait des représentations, idées, images, récits, œuvres de toute sorte (et on a commencé effectivement à créer des œuvres, des esthétiques, des éthiques, des politiques et ensuite avec le christique à « se raconter », se regarder comme autre et les autres comme soi-même, c’est dit mot à mot, aimez-vous, regardez-vous les uns les autres), qu’il existait une forme, structure, sujet qui produisait toutes ces expressions, inventions, et découvrant cette forme on n’ plus cessé ensuite d’effectivement constamment renouveler… tout. 

Il fallait donc élaborer la compréhension de cette structure ; on a nommé cela pensée ou christ ou sujet ou altérité (pour faire simple). A chaque fois un schéma ontologique qui d’une part dépliait la forme que l’on croyait être cause de tous ces effets, et d’autre part du fait de son activation volontaire, consciente, assumée, désirée une prolifération de systèmes (de toute sorte, esthétique ou idéels, etc). Ou si l’on préfère ; au lieu de croire en une Vérité (un langage, un monde humain particulier, les payas par ex, une identité, le christ annule le moi et le corps, qui serait homme ou femme, esclave ou libre, riche ou pauvre, annule et vers  pour un autre-moi et un autre-corps, le Même-Regard que chacun jette sur son vécu donné là), au lieu de croie en une vérité on se tient d’un Point tout à fait Autre et puisque la « vérité » s’est déplacée du contenu à la forme qui crée les contenus, alors il nous est possible de multiplier les vérités, sans perdre du tout la certitude, formelle, que c’est Je qui les crée et que si le systèmes sont divers, les œuvres, les mises en forme, par contre le Je est toujours absolument le Même. 
C’est bien pour cela que tout je est égal, absolument, à tout autre ; mais on voit bien que parfaitement identiques ils ne sont pas les mêmes ; non seulement parce qu’ils ne sont pas le même moi, le même corps, mais parce que chaque je se dit lui-même « je » et que, sans raison aucune, ils sont Autres, ils sont autres d'être des points qui ne se confondent et il n'existe aucune "idée" qui les réunisse ; ils sont Autres parce que le réel est l’altérité, c'est parce qu'instanciés dans l'altérité de l'exister qu'il y a des points qui sont "je" ; il n’y a rien qui soit identiquement identique existentiellement ; tout point est Autre que tout autre point, absolument. L’absolu est l’exister même. Indérivable et de quoi tout dérive. 


Pareillement il existe cette structure en arc de chacun, qui est la finalité ; la finalité est de travailler, torturer, extraire, analyser cette structure et elle agit ; elle n’est observée que dans et par son action ; on est purement et simplement dans l’expérimentation même et on est à soi-même cette expérimentation (de là que l’on doit philosopher pour philosopher ou être-devenir Rimbaud pour commencer de saisir le Point par lequel se tient Rimbaud, ou le Christ pour percevoir Autrement et être saisi du Renouvellement, de même que les grecs Retournent le monde ; retournement grec et renouvellement christique). Et cette structure est « là » ; elle n’est pas une idée que l’on pourrait démonter et analyser comme un objet ; elle est comme une chose, un en-soi, qui est-là et autour de laquelle on peut tourner mais que l’on n’est jamais ; nous sommes une structure qui se sait et s’active mais que l’on ne voit pas, elle est hors du champ du voir puisque c’est ce à partir et avec quoi l’on voit ; elle est le miroir qui se donne des images et ces images aucune ne remonte en tant que miroir ; il recule au fur et à mesure ; il est l’horizon sur lequel on dispose des objets et en qui apparaissent les choses mais l’horizon n’est jamais présenté au devant de lui-même (sinon faussement). On ne perçoit pas l’horizon sur lequel on présente tout le reste mais via ses effets on a commencé de le modifier ; par dieu, la pensée, le sujet (et le christique) et enfin par l’altérité (N H Sartre Lacan). 
On ne produit pas par là des contenus qui seraient la réalité, mais des rapports, nouveaux à chaque fois, qui permettent se moduler l’attention, l’intention, l’intentionnalité, la volonté (et le désir), le corps et la surface même qu’est non la réalité (la réalité est constituée de monde, cad de parties et de réalités déterminées forcément limitées, par déf) mais la surface qu’est le réel. Dieu, l’être, le sujet, l’altérité montrent le réel. Et dans ce mouvement on obtient une quantité invraisemblable de mouvement seconds ; politiques, esthétiques, sciences, révolutions, idéologies, mois, personnalisations, etc. mais ils sont seconds. Pas secondaires mais seconds, des effets, et des effets d'autant plus approfondissant de la surface que tel effet, telle oeuvre (esthétique ou de révolution politique) appelle la modification de la surface du réel.
On ne nie pas ce faisant que la pensée soit ou que dieu existe ou que le sujet soit un ou que l’altérité soit effectivement inhumaine ; mais au contraire ; il se peut que tout cela soit vrai et réel ; on n’en sait rien, on sait seulement qu’il existe un décalage (par lequel tout ce qui nous apparait, un corps, un monde, les autres, le langage, les œuvres, peut apparaitre) et que l’occidentalisation est l’analyse de cette capacité de « faire apparaitre » (la structure est ce sans quoi rien n’apparaitrait). 
L’hypothèse et le pari consistent en ceci que la structure antérieure à la pensée, dieu, le sujet et l’altérité est ce qui nait autour de la méditerranée, par dieu et la pensée, le christique puis le sujet, puis l'altérité (le tout comme positions ontologiques, y compris Nietzsche Heidegger, Sartre et Lacan) et position structurelle plus cohérente que tout cela (ce que Kant par le nouménal, faussement absurde, signifiait) ; et cette cohérence les supporte tous. Il existe une armature du réel (donnée) et  une architecture (humaine et créée, puisque le régime du réel est la création, l'en-plus, l'ajout, la possibilité inconnue) architecture qui en rend compte et ajoute ses élaborations sur la surface du présent et active en chacun l'architexture du corps-en-plus.

Comme le réel est « en personne », cad qu’il est Un, on n’y accède que de le signifier dans son attention, son intention et son intentionnalisation ; en tant que sujet ; et philosophie ou idéel (connaissance) ou esthétique ou politique, etc, ou donc personnalisation (le moi depuis la révolution) s’utilisent afin que chaque structure, individuelle, y accède. 
L’extraction de cette structure (qui courrait sous les monde humains et qui affleure seulement autour de la méditerranée même si de considérables pensées eurent lieu ailleurs et auparavant ; la méditerranée consiste à vouloir ici et maintenant le décalage qui jusqu’alors était supposé ou imaginé au-delà ; le dieu un tout-autre est instantanément investi dans et par l’historicité humaine et non extérieur et en supplément) l'extraction de la structure c’est ce que signifie qu’il y ait pensée et sur-intentionnalisation grecque par dessus le langage et le groupe, christique et intensité du nouveau-corps, sujet cartésien et instanciation d’un point-autre sur l’étendue du monde, approfondissement la structure transcendantale, kantienne, hégélienne, husserlienne, exposition roide dans l’altérité inhumaine de Nietzsche et Heidegger, analyse pointue hyper objective de la structure de Sartre et Lacan. 

Ou donc ; la philosophie qui se croit encore coincée dans l’universel, qui cherche somme toute une sorte de « conscience universelle » de l’être, dans laquelle conscience serait une connaissance, ce qu’elle n’est pas (la conscience comme structure est un savoir, mais n’est pas une connaissance ; ça n'est pas le connu qui crée la conscience) cette philosophie du connaitre sans conscience ne voit même pas que depuis au moins Descartes c’est tout autre chose qui compte et qui agit ; raison pour laquelle on obtient Nietzsche ou Sartre ou Lacan ou Heidegger (et quantité d’autres).

On ne peut pas déduire l’arc de conscience de ses contenus et la « connaissance », ou l’information ou on ne sait quelle identité ne « contiennent » pas l’acte de conscience ; c’est l’inverse ; l’arc produit des intentionnalisations et cet arc existe comme structure en lui-même. La philosophie est passée bel et bien du côté de la structure et non plus cantonnée à un Contenu (rappelons que le logos ou la pensée aboutissent eux-aussi à un retournement interne ; l’être en lui-même mais aussi en définitive le Un de Plotin, ce par quoi, puisque le discours est créé par une structure fine et autre, ce par quoi, alors dans le discours ayant pensé tout le reste, les idées et les essences, on retrouve le Un ; on n’est pas un regard vers, on est regardé par : point de bascule de l’intentionnalité). 
Ça ne sert pas à fabriquer un discours étal qui contiendrait les notions, organisées, objectivement, ni même déconstruites (selon une « objectivité » indistincte de ce fait, qui voudrait prendre appui sur d’autres, Heidegger, ou Nietzsche ou Marx au gré du petit bonheur) mais les textes consistent en eux-mêmes et ce qu’ils modifient c’est la structure antérieure à toute détermination ; ce à quoi on n’a aucun accès direct et qui se prend par le biais, qui, lorsqu’elle prononce « sujet » ne l’entend pas comme une substance mais comme une forme non pas indistincte mais indéterminée.

C’est en ceci que l’on a du dresser la pensée, dieu, le christique, le sujet ou l’altérité (comme Volonté ou Etre ou de supposer analytiquement notre structure sartrienne et lacanienne) ; on ne peut pas identifier notre être structurel en tel ou tel contenu ; dieu, la pensée, le sujet et l’altérité sont des versions de la structure qui ne passe jamais dans ces configurations (et encore moins dans les figurations que sont la naturalité, la raison et l’humanisme du moi) et en appelle toujours à votre propre jugement, regard, attention, corps, intentionnalité et au final stratégie, stratégie d'exister, et obligent à réactiver structurellement l’arc de chacun, et ces versions de la structure se tiennent de fait à l’écart des confusions puisque l’on n’y accède pas sans en passer par là. Sans en passer par non pas de saisir et contrôler comme si il s’agissait de contenus (on dirait d’idéologies ou pire encre de post idéologie) mais d’être saisi par ; on est saisi par dieu, le christique, la pensée, le sujet ou l’altérité ; comme ce moi soudainement emporté par l’existentialité Autre du réel, par l’infinie angoisse de Kierkegaard ou la Volonté comme Autre nietzschéenne ; c’est la même passation ontologique qui décentre intégralement, hors du monde et des items,  et permet de substituer à une conscience-de-contenu (qui se perd dans son objet) à une conscience formelle (qui se suppose sans se saisir mais étant saisie de son Point-Autre). 
Si la structuralité depuis la méditerranée (Moyen-Orient compris) est cela qui pense la décalage qu’est notre être, qui de ce fait n’est pas un être mais un exister, alors nous ne sommes pas du monde (de là que nous créons quantité de contenus et bien au-delà des langages et des groupes humains) et alors la question se pose ; de où sommes-nous ? De « où » existons-nous ?
Il faut lire la structuralité qui travaille depuis 30 siècles comme l’exploration de la fracture du réel et on dit ici que cette fracture du réel n’est pas « ce qui arrive » à ce qui est, on dit que ce qui est nait de et dans la fracture même ; l’essence du réel est un décalage et c’est la raison d’exister du présent (par quoi tout ce qui est passe) et présent qui conserve continuellement sa prééminence, puisqu'il est cela qui ex-siste et que tout le reste est, comme effets, dedans la fracture. Que donc si quelque réel se réalise et produit le monde, la réalité, la détermination, ça n’est pas le monde ou les réalités, mais la fracture elle-même ;   c’est le décalage interne qui se structure. 
Ce que l’on peut en comprendre, en attendre n’est en aucune manière évident ou inévident ; on ne connait pas ce qui constitue cette dimension qu’est le présent ; on ne sait pas ce qui s’ouvre constamment sous nos pas, on ignore totalement ce que cela comporte. On remarque seulement que depuis 30 siècles (et plus si l’on prend les hautes pensées de n’importe quelle civilisation)  l’occidentalisation méditerranéenne a voulu explorer l’anfractuosité même et ici et maintenant, pas au-delà, a voulu analyser et éprouver la structure du réel et de notre attention, et non une supposition positionnée ailleurs, de là que l’on ait éprouvé le réel même d’une part dans notre corps et expérimenté d’autre part les réalités, sciences comprises et argumentation philosophique comprise, esthétiques et éthiques et politiques étant également des expérimentations. 
On peut croire annuler dieu ou le christique, la pensée (de Platon au Un plotinien), le sujet et l’idéalisme, la structure intentionnelle. Et commencer de croire seulement à la naturalité, raison, humanisme et personnalisation, du 18éme et suivant, serait-elle psychologique (des langages et des corps, du donné expliquant seul le donné) mais ce faisant c’est ne retenir de Kant que sa critique métaphysique, se limiter ensuite au monde donné-là doté de ses mois, et ne pas comprendre qu’il voulut créer la nouvelle logique transcendantale qui permet de penser précisément l’en-soi, le nouménal ; Kant lance qu’effectivement que nouménal peut être approcher et que rien dans le monde ne peut le contredire mais que lui il Ex-siste (c’est ce que signifie ce manque du réel dans réalité ; il n’y a pas de réel dans la réalité parce que la réalité est dans le réel qui Existe). 
Mais on ne sait pas ce que l’anfractuosité ontologique signifie (qui occupe tout le champ du réel étant la source structurelle même de toutes les réalités) ; par contre on sait, si l’identification de cette structure s’est correctement effectuée – et on ne peut traiter Plotin, Descartes ou Kant ou Sartre d’ineptes, ce qui n’est guère sérieux ; pareillement les autres pensées des autres civilisations ; puisque nous ne tenons pas ou plus à une définition en terme de contenu qui les imposait tous en concurrence mais de structure qui se tient de fait hors champ du pensable, il n’est aucune raison d’expulser quelque pensée ou représentation que ce soit ; et si cette structure est hors champ ça n’est pas dans l’infra mais dans le supra, en ceci que c’est à partir de ce point-autre que ça pensée, perçoit, éprouve) – correctement effectuée et effectuée tout au long de la structuralité depuis 30 siècles, on sait que ce Réel qui se tient en-avant, comme présent, comme structure des réalités (Descartes, Hegel, Kant, Husserl, Sartre et Lacan, N et H pour leur part, explorent cette dimension de structure antérieure), on sait que ce Réel n’est nullement ce que l’on en pouvait imaginer ou penser ou soupçonner mais vraisemblablement intimement-Autre ; autrement dit dieu, la pensée, le sujet et l’altérité, aussi vraies soient ces approches, en sont seulement des approximations. Ou donc la structure est encore quelque réel Autre, dont on ne se forme encore aucune représentation mais dont la technique d’analyse, qui approfondit le décalage ontologique depuis 30 siècles, cherche à dessiner le tissage.
 

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Stratégie du bout du monde

24 Février 2018, 08:42am

Publié par pascal doyelle

Nous existons à partir du Bord ; du bord du monde mais également du Bord du corps. Et donc ce qui existe (effectivement) n’est pas dans le monde ; l’exister est cause de cet effet qu’est le monde. Et c’est pour cela qu’il existe un présent.

Le principe, général, est de comprendre que l’inattendu est déjà arrivé et que c’est seulement notre vision tronquée du réel qui intervient et nous bouche la vue. C’est déjà arrivé (la description de la forme qui Existe suivi de ses effets,  soit donc l’être) et c’est notre historicité telle qu’à partir de la méditerranée elle fut poursuivie.

Et ce qui est arrivé c’est la mise en forme du Bord de la réalité et donc l’élévation, l’élaboration, le dressage du réel, comme paroir structurelle (et qui se dit, s’énonce, se représente et surtout se signifie par dieu, la pensée et l’être, le sujet et l’altérité ; elle se signifie en ceci qu’elle n’apparait pas dans l’énoncé mais dans l’activisme intentionnel qui seul perçoit le présent, le réel, le réel position « là », l’autre arc de conscience et sa propre structure de sujet) et son approfondissement ; la ligne très fine et subtile qui sépare l’être de lui-même, mais non pas au sens où il y aurait l’être et ensuite une séparation, mais en cela que la ligne est ce qui existe et que le reste sont des effets. Les choses et les êtres n’existent pas (ils sont, selon l’être), excepté ces êtres spéciaux qui existent comme rapport-à ; ce qui est rapport-à est un ex-sister et non pas un être. Est une indétermination et non pas un déterminé. C’est bien pour cela qu’il épuise toutes les déterminations (tous les mondes humains, toute l’acculturation qui en cesse de se révolutionner, toutes les personnalisations et humanisations qui sont harassées, et même tout monde naturel puisque l’arc structurel de conscience est antérieur au monde, et prend appui sur le réel, le présent qui ex-siste et n’est pas).

Ce qui existe vraiment c’est la ligne, le présent et non les choses ou les êtres. jusqu’alors on admettait tel monde donné là et on en opérait une synthèse (dans une parole, un langage, des échanges, un groupe et sa mythologie générale, etc), et cette fois on sait que l’on produit des contenus et que donc nous ne sommes pas ces contenus mais Autre et c’est cette altérité qui est explorée, cartographiée, dessinée et comme cette altérité n’est pas Dans le monde, elle doit s’élaborer, s’inventer, se créer, se représenter malgré qu’elle ne soit pas représentable et cela qui peut mémoriser cette affectation, cette assignation ce sont chacun des arcs de conscience en eux-mêmes ; la pensée ou dieu ou le christique ou le sujet ou l’altérité ensuite (du 19éme-20éme) effectuent cette assignation à et par chacun, chaque’un.

A partir de ce retournement et renouvellement (les grecs retournent le monde, le christique renouvelle constamment notre structure) chacun a un corps dans ce monde. On juge généralement que grecs et christique ont colonisé le monde et les corps en raison de leur puissance, pouvoir, influence, dans une sorte de vague causalité « idéologique » ; évidemment c’est archi faux ; ils ont colonisé le monde et les corps parce qu’ils manifestent le réel tel quel et qu’en comparaison toutes les autres positions sont, elles, idéologiques (dans la, les réalités) et non pas effectives (dans le réel agissant).

Ce retournement, renouvellement a retourné l’humain comme une crêpe ; il fallait dès lors retomber quelque peu sur ses pattes ; comprendre « cela », cette structure qui permet que nous existions en suspension hors du monde, du langage, du groupe humain ; penser cette distance c’est penser (le reste aussi complexe soit-il est de la représentation, ici il ne s’agit pas de complexité mais de réflexivité, de retour-sur et demande pour ainsi dire un double effort). On pourrait nettement dire que l’on est passé de l’élaboration de cultures humaines, séparées, à l’élaboration de l’acculturation forcément unique (il n’y a qu’un seul corps pour chacun et un seul monde pour tous), tel le passage du cyclique (qui relance le même monde et le réinscrit dans son ordre collectif) au linéaire (de dieu qui intervient dans le monde et l’humain, à la révolution ou Lacan ou qui l’on voudra puisque le processus est dorénavant de révolutionner le donné en fonction de la forme non atteinte de ce donné ; la forme est autre que tout donné, l’arc de conscience est autre que tous ses contenus).

La révolution généralisée qu’intègre, comme processus en tant que tel, l’acculturation de tout et de tous, un par un, est une cessation, un arrêt de toute immédiateté ; il s’agit de remplacer la construction de contenus (de mondes humains ou d’identités ou de représentations) par la conscience de cette production ; on crée librement un contenu mais ici il faut penser que le libre même est la structure ; que donc le contenu qui constituaient l’horizon indépassable est relativisé et qu’un autre horizon se lève qui doit être représenté lui-même malgré qu’il ne passe pas dans la représentation ; raison pour laquelle chacun doit et se doit de devenir cette conscience, cette distance ; il n’y a que les consciences qui puissent penser des non-contenus, des structures ; vous n’êtes pas le monde mais la pensée du monde, vous n’êtes pas votre corps ou votre vie mais la conscience de votre vie ; cela veut dire que de fait vous vous situez à l’extérieur de la pensée, comme du monde, et à l’extérieur de votre psychologie, du psychique comme du corps ; si l’on perçoit le monde, le langage, les choses, le corps, le vécu c’est que l’on existe d’un point-autre.

De deux choses l’une ; soit le point-autre est relatif à un contenu, soit il existe en lui-même et par lui-même. Soit la conscience est prise dans ce dont elle est conscience, soit elle déploie sa propre dimension (dans laquelle se déroulent indifféremment les contenus). Ou donc ; il n’est aucun contenu qui les résume tous ou aucun être qui synthétise tous les êtres ; si dieu existe il est une conscience, une intention et non ce qui est intentionnalisé ; croire que l’on puisse réduire le regard intentionnel de dieu ou du christique ou du sujet à tel ou tel contenu de pensée est absurde. Croire que le regard est stupidement subjectif et toute la valeur enclose dans l’objectivité est absurde ; la cohérence qui rend possible n’importe quelle objectivité (ou subjectivité) est plus grande que celles-ci. C’est la description de cette cohérence, de structure, antérieure à tous les contenus qui est entreprise par l’occidentalisation ; elle est faite pour cela.

Ce qui se tient de l’esthétique ou de la politique, de l’humanisation ou de la personnalisation qui s’en suivit, s’utilisent afin que l’acte de conscience se précise, se distingue, se perfectionne et, étant non pas hors du monde et du corps mais tout indique que le mouvement se tient en tant que Bord du corps et du monde, qui en tant que Bord travaille immédiatement, extensivement comme les grecs et intensivement comme le christique, le donné, la perception, le vécu et progresse, avance dans la réalité en créant évidemment ces réalités, ces réalisations ; dans le rapport qu’est tout arc de conscience se produisent quantité de distinctions ; détenant le secret du rapport (qu’est notre être, qui est donc une ex-sistence, une structure mais ouverte et active et autre qu’elle-même, bref un rapport, une intentionnalité vers le monde, les autres, elle-même comme identité ou comme étant ce rapport lui-même, ce que désignent dieu, la pensée, le sujet et l’altérité) se produit le dit rapport comme telle esthétique, telle politique, de sorte à avancer dans le retour que nous offrent cette esthétique ou cette politique, avancée comprise dans le rapport et le tissage.

Ce qui compte ça n’est pas l’œuvre mais le retour qu’elle contient et qui cisèle notre regard, notre intentionnalité, notre stratégie et nous amène sur le Bord qui devient le point de regard, invisible, qui perçoit tous les visibles ; qui devient ce qu’il est, mais inaperçu, et qui se soupçonne par telle œuvre, poétique, éthique, idéelle, philosophique, qui se présuppose ce qu’il était déjà, mais inconnu et non manifestable, excepté alors que selon les œuvres le point de perception, de rupture vient au-devant dans le monde et se signifie ; de sorte qu’il puisse, toujours dans les extrêmes limites de sa structure, et repêché du bout du monde, du vécu et du corps,  qu’il puisse de signifiant en signifiant créer sa stratégie, son intentionnalité de structure.

Le regard que crée l’œuvre et qu’elle oblige à instancier (sinon on n’y accède tout simplement pas ; il n’y a que le moi qui croit que les images sont immédiates ; le moi roule sur la stéréotypie qui reproduit son schéma, jusqu’au ridicule) formule une stratégie, intentionnalisatrice. Et ce à quoi cette formation, cette information, instruction de l’acte de conscience s’adresse à l’extrémité du monde, du vécu et du corps.

C’est le tissage de cette structuralité intentionnalisatrice et signifiante que tout se tient ; le moi peut bien ne pas se trouver lui-même, jamais, le regard qu’il se porte est lui structurel et ne cessera pas ; ce regard sur lui-même, le rapport, est plus grand que tout le vécu de ce moi, et ne vient pas du moi (c’est l’inverse, mais l’inverse est non-accessible… bien qu’on le sache absolument et formellement et que toute œuvre nous y re-vient) ; de même que tout moi psychique, psychologique se tient d’un sujet bien plus étendu que cette limitation du moi (ce que Sartre recherche par tous les bouts dans les plus proches densités effectives).  C’est le tissage des signifiants qui tient le monde et le corps : on se perçoit du Bout du réel. 

De où pourrions-nous percevoir ? Sinon du Bout de la réalité ? À revers, à rebours. Sinon de quelle partie du monde, qui déjà nous en boucherait la vue et rendrait que percevoir soit impossible. Que nous ne percevions pas comme un vivant est évident : qu’y-a-t-il d’autre que le vivant ? Qu’y-a-t-il d’autre qui contienne y compris le vivant ? 

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Avancer vers le Bord du corps

17 Février 2018, 08:53am

Publié par pascal doyelle

Il existe un Bord au monde et c’est le présent. Le présent est constamment et continument actif et chaque conscience est articulée vers et par le présent ; l’articulation est un arc, une tension qui sort de la cervelle vers le réel, sous l’apparaitre du donné là, du monde, des déterminations. 
Articulée au présent, seulement elle ne le voit pas puisque le « présent » ne se « voit » pas ; ce que l’on voit c’est le monde ou le donné, le corps ou le perçu, les signes ou les images. Mais comme quand même le Je est un rapport à « soi » on postule toujours une unité ; on a voulu que cette unité soit un quelque chose (que ce soit les mathématiques ou la pensée ou l’esprit ou l’âme ou l’identité, etc), mais il se trouve que l’unité n’est rien de tout cela et que n’étant pas du monde, de la détermination, l’unité est la forme (ce que pré(voit Kant) ; le présent est la forme du monde et l’arc de conscience est la forme du corps.
 
Evidemment ça n’est pas le corps lui-même, qui est un être-vivant et doué comme tel. Ce qui est le-corps pour une conscience c’est la surface, nouvelle, qui se crée de (se) regarder ; on place (se) entre parenthèses parce dès que l’on entre via la conscience on ne sait plus « où » elle est ; elle est l’énoncé, l’énonciateur, l’auditeur, la chose montrée, n’importe quel rapport. Puisque c’est de ce que l’on a conscience que l’on est. Et comme c’est un rapport on n’est pas ; on ex-siste ; on sort-de, on sort de ce rapport. Et il n’en est qu’un seul ; une seule sorte de rapport qui se nomme « conscience » (identique pour tous mais tous ça ne signifie rien, il n’est que des arcs de conscience un par un et exclusif et autres à chaque fois).
Lorsque la tension sort de la cervelle et, revenant, elle re-vient ; l’arc vient-à-nouveau et  vient-à-neuf (remettant les compteurs à zéro, non au néant mais au vide formel étincelant), il vient de l’en-avant, du donné « là » et couvre le corps de signes, et par là crée la surface-autre du corps, ce par quoi l’arc est la forme du corps (de signes, pas de langage exclusivement, mais de signes, l’activité de signifier est plus grande que les signes).
Évidemment quantité de systèmes (de déterminations) s’y intègre, mais la perception s’effectue dans l’immédiat présent et on ne sait pas ce qu’il s’y passe. L’immédiat présent est le gouffre par lequel tout surgit.  Le choc d’une œuvre, esthétique, poétique, une rencontre, une révolution, une vision mystique, un drame, un danger ou une urgence quelconque ; l’arc de conscience s’utilise afin d’intégrer immédiatement la réalité actuelle dans la masse de la cervelle, dans la mémorisation, dans les systèmes tissés par ces mémorisations, par cette mémorisation de « soi » qu’est le moi, la manière d’être de telle identité. L’arc de conscience est ce qui impose des ruptures, des désordres, des désorientations et des orientations, des possibilités ; et qui les impose à et dans la mémorisation.

Ce que l’on a nommé l’occidentalisation (ça a pris ce nom là, ça aurait pu se dérouler ailleurs et ici et là ça s’est effectivement approché ailleurs, hindouisme par ex), et ce qui distingue cette structuralité découverte autour de la méditerranée (que la forme qui produit des contenus, des représentations, des mondes humains, des cultures, est plus grande que ces produits, ces mondes), l’occidentalisation donc, la structuralité consiste à découpler l’acte de ce qui est agi, de ces identités ("la" pensée, "la" vérité, l'être lui-même, sont des opérateurs, tout comme dieu, le christique ou le sujet qui opèrent à vif et créent ce qu'ils signifient et sot augmentent soit intensifient la réalité par le réel injecté) ; par quoi on récupère une identité plus grande parce que cette fois non attachée aux contenus et qui par conséquent doit se dénommer (dieu, pensée et être, christique et sujet, altérité et structure) et s’élaborer (se créer comme forme en créant et en épaississant ce Bord sans épaisseur et qui doit, pour respecter sa nature même de Bord, de ligne, s’épaissir sans s’énormiser  et donc utiliser la pensée/vers l’être, l’humain/vers dieu, le sujet/vers la liberté, préserver sa forme contre ses contenus et produire des contenus tels qu’ils appellent la forme en et par chacun ; la philosophie, l’esthétique, l’éthique, le christique, la ; politique n’existent que si ça appelle les sujets, les arcs, un par un et ne les recouvrent pas, ne les écrasent pas en on ne sait quelle vérité ou image ou immédiateté ou facilité).  
Le christianisme, en tant qu’institution, humaine, a comme toute institution déliré énormément, mais le christ non ; il se peut que l’église se soit trompé mille fois, mais le christique est hors, hors champ : celui par lequel un champ s’est créé. On ne peut pas apprendre par cœur les philosophies ; il faut y exister. On ne peut pas aimer Rimbaud sans devenir-Rimbaud. Toute formule scolastique ou scolaire ou universitaire, tout cela c’est très bien, mais comme moyens ou en tant qu’outils ; ça ne vaut en réalité, dans le réel du face à face, rien ; c’est vous qui allez faire le boulot.  

La mémorisation ce sont les choses. Les réalités, les mondes humains, les mois, etc, les œuvres par exemple. Mais on remarquera que l’on n’accède pas aux œuvres facilement ; ni esthétiques ni philosophiques ; parfois on est submergé et extatiques et on ne sait pourquoi, mais souvent et même alors il faut apprendre ; tout comme être en un monde humain suppose que l’on y soit né (et qu’il soit déjà, imprégnant, ce monde, notre corps, nos gestes, nos images, notre langage). Une œuvre, qui est créée par un-seul, un singulier, réclame d’autant plus que tout autre-chacun apprenne à aimer cette œuvre ; on de-vient Rimbaud, bien que l’on ne sache toujours pas pour-quoi, ni comment. Rimbaud se situe dans le Point antérieur, celui constitue le réel et les réalités. 
Dans la surprise, dans l’ajout que constitue la perception, l’inattendu (étant donné le danger et la multiplicité et le hasard « des choses qui arrivent » et à quoi une cervelle, organisée, ne peut pas répondre, il faut inventer ; non pas choisir mais inventer des solutions et de plus inventer sinon des problèmes du moins la reformulation des problèmes, souvent, dans le monde, cruciaux, vitaux, dangereux) dans l'inattendu on peut visualiser, et organiser la simple visualisation. On peut organiser l’inattendu. Soit donc entamer l’actualité et non plus se tenir du temps et du passé, de la mémorisation, du langage ou du groupe, du vécu ou du corps, de l‘héritage ou de l’ambiance du monde. Lorsque Roquentin sort du monde, il le Voit. 
Il faut alors fabriquer les cadres de cette actualité et de telle sorte que chacun puisse dans l’immédiateté reconstituer les choses, les êtres mais aussi et surtout que chacun soit capable de repérer l’acte même, le présent qui éclaire toutes les réalités, les intentionnalités, les intentions et les images ; le miroir, dans lequel apparaissent les images ; et que chacun se réfère à soi comme actuel et bel et bien « là », réel, existant, dans le regard-même et non pas « vu on ne sait de où » (de l'au-delà, du divin éloigné et regard aveugle, ou vu et subissant "les autres" pour Sartre : à l'inverse rappelons que le dieu unique inter-vient, lui, constamment pour changer le monde et le christique vous crée par le regard neuf, le christique est le renouvellement instantané). Non plus se référer à la mémorisation, et pour nous à la mémoire que sont les groupes humains, les mondes humains, mais se référer à notre expérience ; la pensée ou le christique (ou dieu, qui pousse les juifs à sortir de leurs conditions) demandent que chacun puise dans sa possibilité et que la possibilité même est justement ce qui « doit » être parce que cela « peut » être.
 
Évidemment il est possible de soutenir que l’arc de conscience fonctionne comme complément de la mémorisation (qui contient donc des tas de systèmes, innés et acquis, le langage, la capacité de percevoir, etc) et qu’il ne déploie aucunement une Dimension. Il servirait en ce sens à réinscrire dans des systèmes préformés des données, datas et rien de plus ; sauf que bien sur le système culturel est déjà lui-même opéré du dedans et modifiable, et donc on peut s’attendre à ce qu’une extériorité intervienne à cette fin de ne point respecter les systèmes mais les modifier, plus ou moins sensiblement, ne serait-ce que pour qu’ils s‘adaptent. Et cette modification intérieure aux cultures  est décuplée lorsqu’il s’agit du système d’acculturation, qui requiert l’expérience vécue, perçue, et dans tous les cas actuels et qui ne sont eux-mêmes compréhensibles que par … compréhension, attention, activité responsable d’elle-même et possiblement créatrice ; il faut calculer mathématiquement pour accéder aux mathématiques. 
L’hypothèse ici est que cette fonction vaut en et par elle-même et non comme faire valoir d’une mémorisation (autrement dit on préfère valider la transformation de tout système que la répétition continuelle des mêmes systèmes ; puisque de fait depuis la méditerranée, depuis 25 ou 35 siècles ça ne cesse de se révolutionner, on a pris en somme l’habitude ou adopter l’astuce de remodeler constamment, d’inventer) ; au sens où ne serait-ce que parce qu’aucune des mémorisations, des langages, des mondes n’existeraient si ils n’existaient pas pour-quelqu’un ou plus exactement pour un Point. 

Et y compris que cette fonction ne vient pas non plus se loger en une synthèse ; la conscience de Jean-Pierre n’est pas celle  « de » Jean-Pierre  (comme si Jean-Pierre existait en lui-même) mais c’est Jean-Pierre qui est remodelé sans cesse par la conscience qui l’existe ; il est manifestement faux de prétendre que J-P ne peut pas comprendre Paul ; ils parlent du même monde, du même corps, de la même expérience générale et particulière ; ce que l’on ne sait pas c’est comment Paul ou J-p se projettent et donnent « sens » à toutes les matières données ; ce sens échappe mais il échappe aussi à l’un comme à l’autre chacun pour lui-même ; non par manque mais par excès en quelque sorte, autrement dit parce que l’on existe ce « sens », ce possible, ce réel, qu'il est tout notre corps se déplaçant et couvert de signes, qui donc n’est pas lui-même défini au sens strict ; puisque, comme tout présent, il est en cours de réal-isation. Et que le tissage que chacun opère sur lui-même réfère au présent, à la structure du réel et non à une essence (qui existerait on ne sait où) et à la structuralité des réalités. Structure qui cadre parfaitement avec les explorations et descriptions sartriennes (la philosophie décrit hyper-objectivement la mise en forme du réel). 

Les systèmes culturels sont une catégorie mais le système d’acculturation est celui qui s'ajoute à toute culturalité particulière ; historiquement, il est en plus. On a créé des mises en forme culturelles, les mondes humains,  et puis ensuite on s’est rendu compte que l’on produisait des représentations et c’est cette prise de conscience (de notre être comme structure d’inventions) qui se définit comme acculturation et si il existait mille mondes humains diversifiés, il existe une seule acculturation généralisée ; celle qui suppose un seul monde, réel, et un seul corps, unique à chaque fois par la forme de l’arc qui vous rend tel que vous-même, tel que vous-seul.  
Etant entendu que les systèmes culturels ou les systèmes d’acculturation réclament donc l’activité voire l’activisme des consciences, une par une, que ce soit la pensée ou le christique ou le sujet ou la révolution (et le statut de citoyen), ou les esthétiques et les éthiques, et n’existent que comme mémorisations (l’une reposant sur le trésor du groupe partagé et perçu comme monde donné là, territorialement pour ainsi dire et l’autre sur la transmission d’un découvert, d’un hiatus, d’une possibilité et qui produit une historicité et non un temps cyclique, qui impose dieu, la pensée, le sujet ou l’altérité) et ce sera donc en tant que  mémorisations-pour-des-sujets ; sélectivement comme les grecs (celui qui pense est sujet de la pensée, sous condition de penser donc, et ça l’augmente, extensivement) ou instantanément  comme le christique (vous êtes déjà devenu infinis lorsque vous en prenez conscience, sans condition aucune, par le christique, et le regard l’accélère, intensivement). 
Pareillement on ne comprend les esthétiques ou poétiques que sous la forme du sujet qui ressent, perçoit, imagine, veut, décide, en bref intentionnalise. Ce sont des mises en forme qui lui sont données, offertes, et qui l’appellent, lui, en tant que sujet (si il n'était qu'un moi il n'y comprendrait rien) ; les mois, depuis la moitié du 20éme, reçoivent la forme de héros qu’ils réclament (et ce jusque dans la téléréalité, et auparavant via la pop-rock ou la SF, et auparavant encore selon le cinéma et les dieux et déesses), tout comme auparavant la dérpession touché Baudelaire ou Flaubert, ça s'est généralisé. Oeuvres qui sont destinées à l’appeler ; on crée esthétiquement afin de tirer chacun via le Bout qui signifie ; via l’arc qui s’attache soudainement à telle Œuvre et par ce fil éduque, met en forme, formalise l’attention, l’intention, l’intentionnalité, la stratégie (esthétique, éthique, politique, idéelle, philosophique, humanisée ou personnalisée). Toute œuvre se tient sur le Bord et tire sur le Bout de notre être (qui n’est pas un être mais ex-siste) et ne nous donne pas un contenu mais un Point.
  
C’est d’autant plus requis (que ce soit une Dimension et non une fonction) que fondamentalement n’importe quel système n’aura d’utilité réelle que s’il est maintenu sur l’horizon. C’est parce qu’il y a un monde ou donc parce qu’il y a un point (un sujet) dans un monde (sur un horizon) ; et l’horizon n’est de fait et de fonction jamais compris dans n’importe quel système. Jamais. Croire que l’on maintienne tout dans un horizon « clos » c’est admettre qu’il ne se passe jamais rien ; ce qui est faux. C’est par là que les sciences, lorsqu’elles se prennent les pieds dans le tapis (non lorsqu’elles opèrent scientifiquement mais lorsqu’un-tel pense les sciences et y « croit »), reprennent le même vieux système de la connaissance comme close et fixée voire figée. De cette science totale et achevée personne n’en connait quoi que ce soit. Kant nous dit qu’elle est impossible ; aucun objet sur l’horizon ne détient l’horizon et le « monde » comme un tout est impensable ; c’est qu’il n’est nullement question de monde, mais de forme ; le présent est l’unité, formelle, des mondes. Les arcs de conscience sont les actes des corps, images et langages. Les arcs, bien plus grands que tout cela.   
Et ça n’empêche rien ; cette ignorance de la Connaissance totale n’empêche absolument pas que nous soyons nous-mêmes, notre corps, notre vie, nos décisions, etc ; parce que ça n’a rien à voir ; c’est un autre système (ouvert celui-là ou donc formel) qui se charge du réel. L’être, la connaissance sont des moyens et utilisés par un autre-système, tout à fait formel ; celui que dessinent déjà Descartes du sujet-infini ou Kant du sujet-disparu sous la barre du monde ou Sartre du sujet structurel de conscience. Mais c'est aussi le sujet de la pensée ou christique, qui prennent appui antérieurement. C’est tout à fait autre chose que la connaissance qui fut réalisée.
C’est ce système là que l’on a créé et secondement des systèmes esthétiques, éthiques, politiques, etc ; tous systèmes ouverts du moins dans leurs principes ; et il y eut tant de systèmes, de formes parce que la dite cohérence antérieure touche à la structure même qui existe avant tout, en avant de tout. Et donc on peut et on a effectivement tiré quantité de systèmes qui dépendent, en étoile si l’on veut à partir d’un centre qui est le Point originel (sans lequel aucun effet, aucune système n’existerait). Et ce point originel (qui n’apparait nulle part puisque c’est celui à partir duquel le reste apparait) c’est celui qui se tourne et se détourne en chacun et qu’aucune image ne peut représenter puisque c’est le miroir même.  Du point d’une Œuvre vous Regardez, qu’elle soit éthique ou christique ou esthétique ou politique ou imaginaire. Et les Œuvres, y compris les révolutions et les esthétiques, en ce sens fonctionnent bien mieux et plus efficacement que les sciences et les étatismes très lourds. C'est effectivement que les mondes sur-humains, sur-culturels se sont élaborés. On est éclairé pleins phares via quelques œuvres, esthétiques ou révolutions, ou éthiques et trajectoires qui tissent sur la surface du réel les possibilités structurelles qui chaque fois soulèvent les réalités, le donné, le corps, la perception. 

Mais indirectement, puisque le « directement » c’est vous. Votre regard, intentionnel, lui-même. C’est lui qui se montre dans l’œuvre et non pas quelque chose qui gigoterait. 
Éblouis on détourne toujours le regard. On ne peut pas exploser le plafond de verre, au-delà duquel on est censé ne pas être en mesure d’exister. Or pourtant s’il y a des Œuvres c’est que précisément quelques-uns se sont employés à outrepasser la réalité en ramenant le réel de manière à ce que la réalité, le donné, la perception, le corps, l’existence s’utilisent par l’exister afin d’étendre le réel, de dimensionner la structure même : on y reviendra. Et c'est ce Point en dehors que l'on "perçoit" en ne le percevant pas.  Il n’y a aucune autre raison aux Œuvres que de déplacer la ligne du présent qui n’a, lui-même, aucun autre recours que la volonté, la décision, l’intentionnalité, le regard de chacun, de chaque’un. Ce qui donne des "images retorses", qui nous regardent et non pas qui montrent ceci ou cela (et bien que n'importe quel ceci ou cela soit de fait le Regard même). 
On ne sait pas ce que désigne l’arc dimensionnel de cette structure de conscience et on ne sait pas ce que cela produit dans le monde donné ni sur ce corps. Le corps, et le corps de chacun, en est absolument bouleversé ; on voudrait fixer cette altérité, qui peut se transformer en altération du corps vivant, la fixer en quelques signes ou choséité ou image ou identité, mais le mouvement qui l’affecte est de structure et non de détermination ; et en général toute conscience de moi fixe le mouvement sous la forme d’autrui (ce qui est insuffisant). La détermination est prise dans le mouvement, et on ne peut se débarrasser du mouvement sans cesser soi-même d’être, d’ex-sister. Aussi a-t-on pris le parti de cartographier et repérer le mouvement en tant que mouvement et non plus de croire le figer. Et l’occidentalisation est l’opération de ce repérage du mouvement même(contrairement aux jugements caricaturaux qui trainent partout ; on juge des fixités parce que l’on est occidentalisé et que l’on croit, soi, avoir saisi le mouvement, mais depuis le début c’est ce qui est tenu) ; tandis qu’avant l‘occidentalisation on expatriait le mouvement comme au-delà (à la fois fixé et mouvant mais se mouvant dans le divin).C’est bien en ceci que l’occidentalisation avance dans la précision de définir le hiatus, le décalage ontologique qui nous produit, le surdivin tel qu’agissant au centre même de la réalité, comme splittage qu’est l’acte réel.  
 L’arc structurel de conscience fonctionne comme un miroir placé au-devant dans le réel au milieu des réalités et son unité, formelle, produit sans cesse de nouveaux signes et images et crée constamment de la structure, des plis et replis, puisque n’étant attaché par aucun contenu, plis et replis sur le pli qu’elle est dans le pli du présent. On sait, on a commencé de savoir en dépliant la dite structure ; ses effets structurels (dieu, la pensée, l’universel et l’être, le christique et le sujet, les œuvres, la révolution, etc) mais aussi sa structure interne (soit se prêtant aux effets susdits soit en analyse interne de son intentionnalité et de son corps, Sartre et Lacan). Et surtout elle est éprouvée, mise à l’épreuve et reconstruisant le corps en une nouvelle surface ; chaque moi est cette recherche.

La structure (du réel, du présent, de l’arc de conscience) ne subit pas la réalité (la détermination), comme si elle était un pis-aller ou un effet mais en use afin que la surface du réel pur et brut, l’inépaisseur, s’étende et pour qu’elle s’étende l’inépaisseur passe de brute (le présent qui largue toutes les réalités dans toutes leurs effectuations en nombre infini) à subtil
(en ajoutant dans la réalité une extension du réel ; l’arc tendu sur le présent, sur l’originel, sur le Bord ; en créant de l’infini dans l’infini, une autre sorte d’infini dans l’infini étendu, et on peut commencer de penser que le réel est précisément de créer infini sur infini ; du reste comment pourrait-il en être autrement quant au Réel, le réel ne peut qu’infiniment se déployer ; c’est bien parce qu’il est dès l’abord infini qu’en lui, dans le réel, se crée de l’infini, des infinis en plus, le réel est le système de redondance intégrale).
Elle invente des mises en forme culturelles, et puis ensuite l’acculturation généralisée (au-delà du groupe, du langage, des mondes, vers le monde et le corps donnés là), et dans cette acculturation généralisée (qui se rend réelle, historiquement, c’est l’historicité même et non plus le cyclique de chaque monde précédent) il se produit des sujets, bien drôlement fagotés, ayant en vue le sur-divin, comme nouvelle catégorie. 
La typologie « sujet » était autrefois chaque groupe humain dans son monde de formule culturelle, outrepassée par l’acculturation atteignant le monde, unique, et puis les corps eux-mêmes, un par un ; la forme du divin en soi, séparé du monde, puis la forme du divin incarné ou l’universelle pensée grecque, et se prête comme sujet soudainement, cartésien, et en définitive la typologie « sujet » se révèle pour ce qu’elle est ; comme activisme de la structure en forme de conscience et elle ne peut pas être déléguée, ni dans le divin, ni dans la pensée (et encore moins dans tous les autres contenus), et l’individué n’est ni le divin, ni le subjectif, ni l’universel,  et est ainsi le surdivin, la forme extrêmement étrange du singulier brut, qui commence ici même, par chaque arc en un corps à la fois.  
 

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Insatisfaction structurelle

10 Février 2018, 09:12am

Publié par pascal doyelle

Si l’on s’engage à dresser le procès intégral du capitalisme, cad à la base du libéralisme, on ne s’en sort pas, mais alors pas du tout. Parce que de révolution il n’y en a qu’une et elle comporte une potentielle infinité de variations mais en elle-même est une et indivisible ; idéalement sans doute, mais la démocratie libérale est une idéation et c’est pour cela qu’elle rend possible une multi-variété de possibilités dans le monde ; elle se tient hors du monde et crée des réalités, des réalisations ; communiste en universalisant l’Etat et la définition de l’homme comme besoins, ou libérale en admettant l’humain comme désirs et dans les deux cas comme « nature humaine » susceptible étant « du monde » de définition(s) certes mais aussi comme satisfactions ; réglée par le communisme, proliférant par le libéralisme.

Du reste si on oppose deux blocs on s’encastre dans l’idéologie et donc hors sol ; d’autant que remplacer ce monde par un autre imaginé ne mène à rien (sinon à une opposition vaine et réactionnelle) et qu’enfin en s’opposant on ne peut plus réformer, réguler la réalité telle quelle (on tombe déjà dans les « idées » et les images) ; on propose d’autres fondements, idéés, et on se dispense de créer les lois et les cadres qui permettraient réellement de contraindre ou favoriser la réalité. On se condamne à l’impuissance, voire à la pose, la belle âme ou la réactionnaire.  

Il est clair que le communisme n’a pas tenu le coup puisque la règle universelle du besoin (la définition générique de l’humain) ne peut pas assumer la réalité, indéfiniment complexe et proliférant, secouée par les coupures de chaque un : il est impliqué que chacun soit sa propre loi ; sous condition de ne pas nuire etc, reste à fixer ce que « nuire » signifie, ce que le libéralisme capitaliste et « mental », comportemental, eut énormément de difficulté à reconnaitre ; il ne veut pas soumettre la liberté à l’égalité, alors que la liberté sans la tension de l’égalité ou inversement est une absurdité, un affaissement, une retombée dans le monde de l’intérêt limité et pauvre ou de l’universel abstrait et dictatorial pour l’égalité (l’assujettissement à l’universel abstrait du besoin ou, au choix, l’indéfinité plus réjouissante des désirs, de soi, des autres, du sexe, des objets, etc).

D'une manière générale et pour rappel, suite à l'humanisation universelle de la révolution, il y eut personnalisation et on doit donc lire la suite comme la perception de "soi", du moi par lui-même, en tant que la structure de réflexion ne se veut plus seulement collective mais individuelle ; de là cette profusion d'objets, de signes, d'images, des mass puis micro médias (internet par ex) ; la structure déployée individuellement absorbe et dévore indéfiniment la réalité. Le jeu étant de passer de la médiatisation (représentation) à la médiation (re-présentation), de l'image reçue extérieurement à l'intégration de sa propre image et donc de se perfectionner selon et par la liberté de chaqu'un. 

Sans compter que liberté sans égalité ça ne peut pas et ne sera pas fraternité ; ce qui veut dire que non pas que l’on en juge par les sentiments ou l’empathie, mais cela imprime une torsion des finalités ; la « fraternité » ça n’est pas un idéalisme mais une stratégie qui permet de réguler et cette régulation n’est pas un durcissement moral mais un partage, ce qui veut dire une richesse ; autrement dit en oubliant l’égalité on distancie la fraternité et on peut alors troquer une richesse véritable pour une richesse facile et immédiate, et immédiate veut dire : qui disparait. Immédiate, qui lorsqu’elle tombe dans le monde, n’étant plus relevée par la finalité, fraternité, et oubliant l’égalité, pour la seule liberté, disparait, comme tout ce qui tombe dans le monde. Et elle n’est pas relevée parce qu’absorbée par la non-fraternité et elle ne dispose plus alors d’aucun autre possible qu’elle-même, cette pauvre richesse ; alors évidemment lorsqu’elle vous arrive dans les mains, vous êtes très content, mais cette facilité même est trompeuse et erronée. Et tout l’ensemble du mouvement séparateur laisse accroire que l’on peut simplifier la réalité et supprimer la fraternité et puis l’égalité et enfin il ne restera que le squelette de la liberté, emplie de tourments et hors du définissable, inaccessible à la stratégie et tournant en rond en quête de sa jouissance infinie, sa plénitude ; ce qui est l’enfer, délicat sans doute mais horrible.

Or si le libéralisme et sa version capitaliste voire capitalistique (en gros la financiarisation qui s’est imposée afin que le développement passe outre les Etats, les nations, les peuples et puisse coloniser toute la planète ; une telle quantité d’investissements était requise que seule la création ex nihilo de l’argent le rendait possible) si le développement reste possible et ce infiniment dans un monde aux ressources infinies (ce libéralisme est au moins possible et pourquoi pas souhaitable), par contre dans un monde aux ressources contraintes il est fort possible qu’une variante « communiste » devienne impérative ; si les richesses s’épuisent, il faudra rationner. Mais il ne faut pas rêver (si l’on peut dire). On peut tout à fait imaginer un communisme pour les pauvres, contraint et forcé, et un libéralisme pour les puissants. C’est probablement ce qui nous guette, c’est même ce qui est en cours. Lorsque la richesse est disponible, chacun peut librement organiser plus ou moins comme il veut et l’imagine ; contraint, la règle lui deviendra extérieure et pas naturelle du tout.

Idéologiquement, il est évident que la suite de l’homme naturel qui peut réaliser ses désirs (si nous sommes « naturellement » ce que nous sommes, cela trouvera dans la réalité sa satisfaction) produit en partie une vie réalisée, mais aussi une vie fantasmée et comme telle on tiendra, collera à son fantasme, à son image, en vérité plus qu’à sa propre vie … et plus qu’à sa propre survie elle-même ; parce que le fantasme plonge très loin dans l’irréalité, par définition, et peut tout à fait négliger la réalité même ; tout comme l’addiction détruit le corps par épuisement, lent ou violent. Aux satisfactions on a substitué déjà une imagination qui posséderait en elle-même la plénitude, le bonheur serait dû et pour ainsi dire chacun destiné à sa fatalité de bonheur ; ce qui est absolument faux (et nombre de mois ne s’en remettent jamais). Mais notre être n’est pas un être ; il est une structure et celle-ci est mouvement dans le mouvement du présent et ne peut en aucune partie du monde se satisfaire. Le présent ne s’arrête jamais à quelque réalisation que ce soit.

Idéologie du 18éme et depuis lors

Les accroches intérieures de l’image de nous-mêmes comme désirant, nous tire vers l’intériorité mais non pas élaborée par idéalisation, sublimation, élévation mais par accroche-au-corps, aux bienfaits, pour débuter, mais ensuite comme absorption dans les satisfactions et comme obnubilation d’une satisfaction rêvée ; parce que la naturalité 18émiste du corps (impliquée par le libéralisme et la frustration imposée par le communisme du reste) installe le corps comme juge et mesure de la satisfaction.

C’est bien en cela que les diverses réactions, les visions réactionnaires  crachent sur ce monde (et toutes les libertés, en particulier sexuelles), c’est parce qu’elles perçoivent que l’attachement à la vie, au vécu s’effectue non par sublimation et élévation mais par faiblesse et machinerie désirante mortelle, pour l’esprit et pour le corps.

Et si le corps est au fondement de la réalité fantasmée cela veut dire que toutes vos intentionnalités, vos intentions, se prétendraient-elles idéales, sont en réalité pliées vers le bas ; elles usent d’une idéalisation selon le monde, mais non pas de l’idéel, autrefois grecque ou classique ; le corps se jouera de vous, parce que tout naturellement, de par le fait, ce qui se tient du corps retourne au monde et tombe dans le monde et que tout ce qui est du monde disparait. Et la bigarrure du monde, les milles couleurs du vécu s’imposent comme déjà vraies, alors qu’elle est juste une parade, une monstration non pas mauvaise en soi (comme le jugent les réactions) mais limitée et affaiblissante. La poésie nian-nian n’est pas la poétique réelle qui eut lieu ; les mois ont créé leur monde des mois, caricatural et souvent ridicule. On peut aimer le monde (et la vie) mais n’aimer que le monde c’est d’une part se limiter mais aussi à terme supprimer le monde ; la passion naturaliste ou humaniste ou personnaliste pour le donné, sa densité, se focalise tout uniment, alors que tout cela n’apparait que par une structure séparée et autre. La logique du bonheur et du personnalisme généralisé a annulé une telle distance et ne comprend absolument qu’il ne soit pas « heureux » puisque cela lui est du si naturellement.

Et lorsque manque cette altérité, tout semble plaqué et étal, allongé et effiloché ; menant une simplification imbuvable. Alors que le réel, lui, structure les réalités, de par son altérité, et que faire l’impasse sur le réel et l’altérité ça nous manquera très durement, aussi bien en chaque moi-même que collectivement. On ne supportera plus que le fantasme, lequel ne dure pas (il est du monde) et augmente continuellement ses doses de réalités.    

On comprendra cependant « régulation par l’altérité » non seulement comme kantienne (ou selon dieu ou selon la pensée ou selon le sujet) mais aussi bien nietzschéenne, heideggérienne, sartrienne et lacanienne ; c’est le but, la finalité que ce retournement. L’ontos cartésien (ou plotinien ou christique, etc) est l’Exigence et non pas la facilité ; c’est le fantasmé qui est facilités. La réalité par suppression du réel.

De sorte qu’effectivement lorsque l’on fonde l’activité sur le corps, on permet que les humains souffrent moins, mais en même temps si l’on tombe dans la facilité du corps il se reproduit, il se déroule, indéfiniment en recherche de la satisfaction, qui, comme elle ne vient jamais, se multiplie en quantité de petites finalités et négligeant toute finalité stratégique et se contentant de tactiques à courtes vues. Ce qui parait à tout le monde sensé puisque l’on en juge selon le corps (et l’idéologie absolue du corps qu’est l’économisme) et que vraiment si l’idéel et l’altérité sont perdus de vue, par contre les satisfactions, acquises et réalisées, se perçoivent très bien et ont effets. Ont effets et donc dans le monde disparaissent (de sorte que les mois sont sous l’empire de la mort, leur angoisse irrépressible et la dissolution des objets de leurs désirs, de leurs rêves, ou images d’eux-mêmes ; pas suffisamment architecturés, sans colonne vertébrale interne, ayant répudié l’altérité).

En ce sens on a eut raison de privilégier les satisfactions à l’idéel, ou plutôt au structurel,  mais en fait, dans le fait brut du résultat c’était une version simplifiée et simpliste (de là que nos images vécues, et qu’elles soient société spectaculaire, paraissent réellement basses et pauvres et mensongères, bien qu’elles manifestent une réalisation et qu'elles demeurent aussi représentation de rapports sociaux, comme disait Debord, sauf que ça ne se dérivait pas seulement du capitalisme, mais d'un processus d'historisation générale) ; la simplification affectait tout aussi bien le libéralisme capitaliste et le communisme ; une version simplette de la réalité ; de même que de choisir la liberté plutôt que l’égalité ou vice versa.

Et c’est bien en ceci que le degré de satisfaction se situant de et par le corps, ce niveau s’affaisse et finit par ne plus ressembler à rien du tout ; c’est que dans le monde, les déterminations et les tactiques il n’est aucune mesure ; c’est juste un être là immédiat qui ne dispose d’aucun niveau de sélection interne ; l’activité de conscience s’est confiée, pieds et poings liés, au corps immédiat, mais immédiat supposément, comme si il était naturel (et donc de fait justifié), alors que c’est un corps fantasmé ; c’est bien le glissement d’un corps immédiat (littéralement impossible et jamais authentique) à un corps en réalité non immédiat et reconstitué et fallacieux dans sa structure même ; de là qu’ils, les mois, se perdent dans leurs fantasmagories qui n’ont pas de fin, qui sont littéralement infernales, l’enfer est par nature sans bornes, et les mois croient qu’il s’agit là de l’infini sous la logique, de fait cartésienne mais bifurquée, de leur infinie liberté, laquelle est déstructurée.

Remarquons que le simplisme ne signifie pas une moindre complication, mais une moindre « complexité » ou plus exactement une moindre réflexion, un moindre rapport, cousu de petitesse et de fil blanc ; les coutures se voient et veulent à toute force paraitre naturelles ou légitimes ou destinales ; parce que de se formuler selon le monde, du besoin-égalité ou des désirs-liberté, on s’engage indéfiniment dans l’indéfinition du monde, des choses, des mois ou des dictatures (les désirs n’en finissent pas et les dictatures non plus). Et c’est très compliqué. Mais pas complexe, pas réfléchi ; ça réfléchit petitement quantité de tactiques invraisemblables. Tandis que stratégie à l’inverse requiert un énorme effort intellectif (et plus que cela comme on verra) mais en un sens simplifie le réel (annulera la complication par une organisation plus structurelle et qui écarte l’indéfinition du monde) ; si par la révolution chacun est juge de soi-même, ça simplifie (de même que le dieu un unique et jaloux simplifie radicalement les dieux et toute la débauche de représentations compliquées ; de même que le christique réinstalle un degré en plus d’évidence qui annule la loi stricte par la foi infinie ici même dans un corps, cad dans chaque corps : ça réinstalle une autre logique). Ça simplifie et ça relance l’humanisation considérablement (en fait infiniment ; ce qui touche à la structure recrée le monde, le donné, le vécu, le corps, puisque tout cela est repris d’un point plus antérieur ; que l'on ne dise pas que cela ne se peut, c'est ce qui eut lieu effectivement cent fois, c'est l'historicité même de l'occidentalisation).

D’être descendu à ce point dans les satisfactions (dont La Satisfaction, ou le Bonheur, est un pur fantasme ontologisé) et d’admettre qu’il n’y eut qu’une seule révolution (dont toutes les autres sont des variantes et dont les réelles sont des variations en nombre indéfini), c’est supposé ou accepter que la réalité est telle qu’elle est ; que le libéralisme (qui s’est cristallisé dans le capitalisme ou la révolution universelle fixée dans le communisme) permet de déplacer le débat.

En bref : on a pu récupérer l’énergie suffisante et la technologie pour réaliser le monde tel qu’on désirait, mais une fois acquis on ne sait plus du tout quoi en faire. Il faut prendre la "fin de l’histoire" au sérieux ; mais en ceci qu’il nous est apparemment impossible de penser, d’imaginer, de projeter, de créer ou reconnaitre les finalités « supérieures » … On n’a jamais eu la capacité mentale de gérer tout ce débordement d’énergie et encore moins l’intelligence et la réflexion en mesure d’assigner à des fins réelles cette puissance. Et que pour nous « réel » ne signifiait que « monde et corps ».

Alors pour se donner le change on a continué de désirer, tout et n’importe quoi. On a rêvé de se libérer de ceci et de cela (ce qui est souhaitable), imaginant à chaque fois que ce serait la révélation de notre vraie nature , ce qui est faux, parce que le problème est que de nature on n’en a pas ; la volonté, l’intentionnalité sont notre « nature » et donc pas une nature du tout. Et intentionnalité qui était sinon signifiée du moins approchée par dieu, la pensée, le christique, le sujet, et ensuite relancée par Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan (et Rimbadu, et esthétiques, et éthiques, etc). Mais ce ne sont que des proximités, et non le cœur du rapport, du rapport qu’est chaque arc de conscience et qu’est le présent, qu’ils ex-sistent. Et c’est cette possibilité là qui nous manque ; que l’on n’imagine absolument pas.  Pour emplir ce que « intentionnalité » signifie il faut réfléchir et mener une et des stratégies énormes, réflexives et non pas croire que l’immédiateté du corps ou du monde soit le sens de la vie, puisque le présent nie que tel soit le cas !

Le bonheur oui, mais pour avancer plus loin, vers quelque chose de plus intéressant, pas pour le consommer (puisqu’en définitive il n’échappera à personne que le bonheur aboutit à une absorption et non un rehaussement vers le réel),  puisqu’il ne signifie rien en lui-même pour la structure de l’arc qui revient sans cesse, en plus du bonheur et le délégitime de fait, mais pour cela il faut admettre que notre être, comme structure, ne s’adresse à rien qui soit dans le monde. Ce que le moi, l’humanisation, le rationalisme, la naturalité, l’étatisme et les sciences et même l’historicité ne peuvent pas entendre du tout. Et donc la structure réelle leur restera inaccessible.

Remonter dans la structure du présent et de l'arc, c’est considérer que chaque arc est infiniment proche du réel puisque le réel est le présent, le Bord du monde et le Bord du corps, le Bord devant s’entendre comme le mouvement même ; c’est bien pour cela qu’il est Bord, non de clore mais de maintenir ouvert et structurellement ouvert ; ça n’est pas un quelque chose qui serait, secondement, ouvert, c’est l’ouvert et le mouvement qui produisent tout quelque chose et c’est dans le mouvement même que l’on se tient, et duquel on tient notre ex-sister ; le mouvement est la structure-même antérieure à tout ; du corps restructuré par l’arc (et dont le moi mais aussi le conscient classique sont des replis seconds, des plis et replis de ce Bord). Et c’est bien pour et par ce mouvement que dieu, la pensée, le sujet, la révolution et donc l’humanisation puis le moi prennent leur appui, antérieurement à tout.

C’est parce que nous nous tenons antérieurement à tout que l’on est ni du monde, ni du corps, du donné ou du vécu, et que l’on est capable de bouleverser la totalité de toutes les déterminations (c’est un fait planétaire, mais qui toujours eut lieu, sinon que depuis la méditerranée ou la renaissance, on a pris d’encore plus avant cette antériorité et remué encore plus de déterminations). Dans l’antériorité cela veut dire éprouvant la puissance de la structure préalable à tout monde et tout vécu. Et la philosophie, les esthétiques (les vraies non les facilités du monde des mois), les poétiques, les politiques et les éthiques, et autrefois les religions,  exigeaient de re-venir selon le Bord interne à toutes les réalités jetées dans l’externe, le moi compris, exigeaient et introduisent à ce Point (par lequel apparaissent les philosophies, les esthétiques, les éthiques, les religions de structure, la révolution, la liberté de chaque'un).  Idées, systèmes et être, dieu, loi, christique et sujet, altérité et étrangeté et structure intentionnalisatrice de notre être, tout cela sont des accélérateurs structurels de l’arc de conscience.

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3 Février 2018, 08:20am

Publié par pascal doyelle

On oublie de croire ou non en dieu, au christique, à la pensée, au sujet. Et on reconnait que de toute manière tout cela nous a informé, instruit, formalisé : de fait.

Et que de plus ce qui se nomme l’occidentalisation, ou la structuralité pure, c’est précisément l’aventure, l’exploration, qui est née autour de la méditerranée (Moyen-Orient compris) et qui consiste à repérer, cartographier, inventer et créer, explorer et analyser ce décalage par lequel un être humain n’est jamais son milieu, ni ce monde, ni ce corps, ni ce vécu mais en-dehors et n’appartient pas plus à tel ou tel groupe. On analyse, avec la philosophie, la mystique, le christique, la poétique, l’esthétique, on remonte au travers des images vers le miroir (images ou idées ou lois et théories, ou récits ou perceptions, ou désirs pour le moi) et on pose en principe que l’occidentalisation est la recherche non plus des images mais du miroir, de sa structure.

Si l’on découvre en remontant vers le miroir même, si l’on découvre le corps ou le désir ou le monde ou les choses, ça n’est pas étonnant puisque que miroir est le Bord de ce monde-çi et, déplaçant le miroir, on éclaire, éclate, démultiplie le monde et le vécu : ce qui eut lieu. Mais désirs, représentations, mondes humains, humanisme et personnalisations, perception et poétiques, tout cela nait d’un arc formel ; indéterminé puisqu’il supporte les déterminations enregistrées. Enregistrées comme mémorisations, mondes humains, langages, systèmes, identités, personnalisations, tout ce que l’on voudra puisque c’est à partir du Bord et que le Bord est en-dehors, en plus.

L’occidentalisation (dénommée telle exprès, pour agacer, mais aussi puisque tout ceci a mené une expérimentation, grandeur nature, absolument pharamineuse et ayant, on le sait, on le voit, une infinité d’effets et de conséquences sur toute la planète et tous les mondes humains) est donc le réel tel que dressé en une seule longue fois depuis les grecs ou plus loin le dieu monothéiste et qui dure depuis lors étant entendu que ce que cette structuralité a découvert ce ne sont nullement des contenus, des idées, des représentations, mais une structure qui prit nom de dieu, de la pensée, du christique et sujet et enfin de l’altérité (avec Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan).

On a ainsi dessiné les bords pluriels du réel ; du réel qui borde les réalités et les mondes. L’occidentalisation n’est pas due à « l’occident ». C’est le processus, procédé qui enfin a vu le jour et permit de comprendre que l’on ne se loge pas dans des contenus mais dans la forme des contenus. Vous pouvez parler le polonais, le japonais, nanti de telle ou telle personnalité, être homme ou femme, du 5éme siècle ou du 21éme, peu importe puisque vous avez la même forme de conscience. « conscience » est une structure en dehors de toute détermination, de tout monde humain, de toute religion, de tout corps ou de tout distance de temps ou de territoire. Tout cela n’a aucune importance, puisqu’il n’existe que des structures en forme de conscience, et pas une « conscience générale ou humaine » mais une seule forme-structurelle répétée indivis et individuellement une par une. Séparément.

De sorte que chacun ne possède à vrai dire que deux faits absolus majeurs ; il est dans le monde et dans un corps. ce qui correspond au monde tel que découvert par les grecs (unique, extérieur, universel et donné là) et au christique (le regard qui expose en une fois votre vie de la naissance à votre mort et vous éjecte hors de vous-même comme identité ; vous devenez le regard que vous portez sur vous-même, et non plus homme ou femme, riche ou pauvre, esclave ou libre ; bref vous devenez Autre et cet altérité c’est cela même qui vous « consiste » en individu, sinon vous retombez dans une catégorie intérieure au monde, au monde humain, au groupe, etc). C’est bien en cela que grec et christique ont pu se synthétiser en un seul mouvement (le christianisme reprend toute la pensée grecque) et que l’Europe, puisqu’il ne s’agit pas d’idées, de systèmes, de représentations, de langage, mais d’un mouvement de structure antérieure à toutes les déterminations, c’est bien en cela que l’Europe a continué la même recherche, expérimentation, découverte et que somme toute entre « aimez-vous les uns les autres » et liberté-égalité-fraternité il n’est pas l’épaisseur d’une feuille de cigarette.

Ou donc ; puisque l’on n’avait plus de monde humain particulier, cyclique, partagé immédiatement, perçu et échangé dans le même geste, il nous était permis dés lors de nous produire dans le monde, unique, par un corps, un seul à chaque fois n’appartenant plus à la communauté (de tel ou tel groupe). Ce qui veut dire que l’ensemble de l’expérimenté ne puisait plus dans le langage ou la mythologie particulière mais dans la perception, l’éprouvé, le désirant, l’imaginé, le voulu, le décidé et pouvait créer non seulement la philosophie et la vie individuelle mais aussi les esthétiques, les éthiques, els politiques, les idéels et connaissances.

Bref une ré-anthropologisation générale fondée non plus sur l’acquisition d’un monde donné et partagé par une parole commune et acceptée (étant né dedans on n’avait pas trop le choix d’être maya ou égyptien), mais sur la conscience de produire des contenus, des mythes, des langages, des expériences, des vies, des idées.

La prise en compte de ce fait, la production de représentations, contenus, décisions, projets, etc, était ipso facto l’établissement d’une pensée ; pourquoi existe-t-il des êtres qui produisent des contenus ? Des êtres qui pensent (version grecque) ? Ou des êtres qui décident (version christique, qui basculent leur regard) ?

Evidemment on a cru un temps, très long, que l’occidentalisation était … l’occident … autrement dit qu’on avait découvert l’essence des choses et l’identité des êtres. Et que cela pouvait se formuler comme une sorte de super contenu, bien plus vrai et réel que n’importe quel contenu de n’importe quel peuple ou culture.

Ce qui est vrai c’est qu’il se trouve que l’on a découvert une structure (antérieure à tous les mondes mais aussi à toutes les personnalités, tous les langages, les représentations, bref à tout) mais que ça n’est pas un contenu. Si c’était un contenu il entrerait en concurrence avec les autres et il n’y aurait pas de raison fondamentale de choisir l’un plutôt que l’autre (sinon des raisons secondes, comme l’efficacité ou l’adéquation en vue de telle fin ; la médecine pour la santé par ex). Mais l’historicité est plus dure que cela ; on a découvert (il se trouve que ça s’est cristallisé autour de la méditerranée, ça aurait pu être ailleurs) une structure antérieure que l’on a eu un mal de chien à nommer ; puisque cette structure est antérieure au monde et aux déterminations et n’entre pas du tout dans la représentation ; elle doit se-désigner.

Se-désigner. De fait. C’est pour cela que Descartes par ex nous montre comment lui il se-désigne ; lorsque l’on entend « je pense donc je suis » on est, one x-siste instantanément que l’on existe. Vous pouvez vous débattre comme vous voulez, vous n’en sortirait pas ; ça s’impose instantanément. De même que ceux qui perçurent comme le christ les regardait se sont transformés en et par ce regard ; il était là pour cela, à cette fin. Ou lorsque vous comprenez que par l’intention il vous est possible de produire des idées, que vous formulerez en systèmes immédiatement (sinon ça n’est pas tenable, ça s’effiloche), vous basculez dans la philosophie (qui est la discipline qui s’est chargée d’expliquer pourquoi il existait des êtres capables d’orienter leur représentation, en dehors et en plus de n’importe quel groupe ou culture humaine).

L’occidentalisation est donc l’expérimentation, grandeur nature, qui a exploré le décalage à la base de tout être humain, décalage qui implique que l’on n’est pas ce que l’on est et que donc on existe, ex-siste.

De sorte qu’il ne faut pas tomber dans le piège du relativisme généralisé (qui est purement abstrait, parce que tout le monde sait qu’il a un corps et un corps dans ce monde) qui prétend que tout cela n’est qu’égarement ; en réalité tout est vrai. Dieu, la pensée, le christique, le sujet et l’altérité. Tout. Personne ne s’est trompé ou égaré (dans les lignes de force). Personne n’était stupide au point de raconter n’importe quoi (il faut vraiment l’arrogance et la veulerie pour se croire plus intelligent ou plus lucide que les autres).

Ce que l’on impose ici comme hypothèse (historiciste) c’est que tout est vrai, et qu’il faut juste comprendre pourquoi et comment (aucune raison de croire que Descartes ou Mollâ Sadra étaient des imbéciles, mais cela implique qu’à chaque fois, en chaque occurrence il faudra effectivement comprendre comment le réel, qui fut toujours expérimenté, s’est déplacé de-ci ou de-là ; ce qui veut dire aussi que les Beatles ou Led Zep se tiennent tout autant de cette logique de lignes qui dessinent le Bord de la réalité).

On a donc une découverte (autour de la méditerranée) : que l’on produit des représentations, des idées dans le monde donné là, unique et auxquelles idées chacun a accès, si il en fait l’effort, et ça n’est accessible que un par un. D’une part. Et d’autre part que l’on va mourir et que l’on est et n’est pas à la fois la vie que l’on a… et que donc on est, de fait, structurellement, en-dehors de cette vie que l’on croyait être et qui se révèle comme la vie-que-l’on-a, pas que l’on est (et perçue hors de catégories homme-femme, riche-pauvre, esclave-libre et tout ce qui s’ensuit (il y avait des tas de catégories et de petites cases, ces mondes s’organisaient comme cela) ; et on a cette vie-là et donc l’ontologie ne sera pas de ce monde mais cette sorte d’être, spécifique, dont on soupçonne rapidement qu’elle ex-siste et qu’elle n’est pas. Le christique annule sans condition toute distinction ; on ne mérite pas l’infini comme pour les grecs on obtient la pensée ; non, pour le christique on est de fait méritant, acquis, c’est structurel, c’est chacun sans condition aucune, à condition exceptée de se Regarder tel.

Il est un seul monde et chacun est un, un par un. Le reste ce sont des dérivations, des surplus, des effets, des conséquences, des circonvolutions, toujours impliquées mais secondes.

La vérité est que tout cela est excessivement curieux. Par exemple il ne faut pas croire que l’on a déjà compris ce que Descartes nous montre par « je pense donc je suis » ; on saisit immédiatement le mouvement mais on ne le comprend pas, on le-sait mais on ne le connait pas ; on le sait puisqu’on l’existe, mais on ne le connait pas ; il est, ce mouvement, cela qui permettra d’avancer plus loin et détendre le rayon d’activisme, mais on ne connait pas son aboutissement ; ce que l’on sait d’une part et ce que l’on connait d’autre part au fur et à mesure de la structure ouvre tout grand le champ de retour sur cette structure et de re-tour, nouveau tour que l’on se joue et qui crée des espaces et des temps internes à la structure (c’est bien en cela qu’elle est la dimension, l’acte de conscience diversifié et repliés cent mille fois étant lui-même le pli sur le pli qu’est le présent). Il nous montre une structure réelle et une structure réelle on n’en fait pas le tour : elle devient (il est de la nature même d’une structure, formelle, n’étant pas tenue par quelque composition déterminée, de devenir ; c’est même cela qui devient ; pareillement c’est le présent qui devient, ou donc qui de-vient, qui vient vers nous). Ou pourquoi le dieu unique énonce-t-il « je suis celui qui suis » ou « je suis celui qui sera »  ou « celui qui est en cours d’exister » ?

On remarquera également, par ex, que l’on n’a pas la science infuse … On tâtonne parce que si l’on possède bien la « raison » (de formuler des cohérences), on n’obtient pas les contenus par magie ; ça n’est donc pas une connaissance immédiate et toute droite mais des circonvolutions à n’en plus finir. Par contre le se-savoir est instantané ; on ne peut en aucune manière rompre l’énoncé cartésien ; on supprimerait de par le fait même qu’il y ait quelqu’un qui énonce (quoi que ce soit). Et cela fonde par exemple qu’il y ait un droit et que l’universel si il annule cette individualité formelle, que cet universel s’effondre (la révolution ne garantit pas que chacun se conduira en raison mais librement, ce qui change tout, absolument tout ; cela signifie que le processus « libre » est plus grand que le procédé « raison »).

Il est faux de prétendre que les acquis structurels sont en pure perte et illusions ; ils s’ex-sistent en fait bien plus durement et efficaces que n’importe quelle connaissance ; le se-savoir est radicalement explicite et attache chacun à son être réel de structure. Le communisme crût qu’une connaissance (universelle et humaniste en son intention) pouvait se substituer à la structure de chacun, peine perdue. Pareillement le libéralisme (anglo-saxon) croit en la liberté mais ne tenant pas cette liberté par l’égalité, il n’offre aucune historicité ; juste de « profiter » librement de notre nature, individualistement ; coup d’arrêt mortel à l’historicité (l’histoire humaine n’aura plus affaire au temps mais à l’extension spatiale).  

Autrement dit s’ouvre indéfiniment la dimension de ceux qui eurent l’audace d’explorer le savoir instantané que la structure, formelle, de l’acte de conscience, de prendre conscience-de, implique dans sa verticalité même ; la verticalité du Bord du monde et du corps ; un Bord c’est vertical. Le monde est étal, mais le Bord est vertical. Et il est plutôt cohérent de supposer que si telle ou telle partie du monde nous est difficilement accessible, par contre la verticalité qui se rencontre partout, en tout lieu et en tout temps, dressée comme Bord, la verticalité est, elle, l’accès lui-même. Sans le Bord il n’y aurait aucunement une réalité, un monde, un corps.  

L’exploration de cette capacité de produire de contenus et donc de penser « cela » qui produit des contenus, on a cru initialement qu’elle résidait dans un super contenu, la pensée, ou une super intention, dieu et ni l’une ni l’autre ne sont rejetés, ni exclues mais aux dernière nouvelles cette capacité s’est concentrée sur l’activité de prendre-conscience-de ; on ne prend pas conscience d’un contenu spécial (ce que l’on croyait auparavant et on avait raison en un sens d’interpréter dieu comme interruption du monde, la pensée comme augmentation considérable de l’intentionnalité possible et le sujet comme re-tour sur lui-même qui relançait totalement toutes les intentions), mais de tel ou tel ou tel autre contenu et donc « avoir conscience de » est en soi une fonction et si c’est une fonction c’est la fonction ; parce qu’elle commande tous les contenus potentiels ; si l’on épuise tous les mondes et tous les systèmes c’est précisément parce que l’on est hors de toutes les déterminations ; et Descartes est comme dieu,  il interrompt le monde, le vécu, la pensée et étend ce qui par la pensée ou le christique se déplaçait tout là-haut et soudainement s’incruste ici même et donc sur l’étendue du monde (il re-place le sujet, l’articulation dans le monde même et de manière structurelle à propos de l’infini, devenue infinie volonté, cad intentionnalité).

Tout l’ensemble du mouvement de retour sur cet-être spécifique est ainsi une exploration, une cartographie, une description, une démonstration et monstration du mouvement pur et brut ; une conscience ça prend conscience de. C’est un rapport et qui a commencé d’absorber les réalités en créant les intentionnalisations mais requérant la compréhension de sa propre activité et cette activité est dite ontologique en ceci qu’elle instancie, pose-là, le réel comme Autre et soi-même comme vide et formelle ; l’arc de conscience est un mouvement d’intentionnalité dans le mouvement qu’est le présent et tout ce qui est apparait pour nous par l’intentionnalité et tout ce qui est dans le monde se produit du présent. Le présent est la forme unique de tout.

Cela veut dire que le présent est la forme unique de tout, l’origine elle-même, la source, la possibilité ; de même que l’on considérait que l’exister était seulement le résultat, vague, des réalités, pareillement on croyait que quelque identité contenait l’acte de conscience correspondant ; c’est tout l’inverse. L’activité de conscience et le présent génèrent les réalités et les intentionnalisations ; pour chacun cela signifie que l’on est qui l’on est, certes, mais que l’on existe ce que l’on fera de ce que l’on est ; cette activité étant elle-même déjà agissante, en ceci qu’aucun « moi » n’existe sans s’être inventé en tant que « moi » ; on ne peut pas prononcer « moi » sans modifier immédiatement ce qui entre dans l’activité de conscience ; la faiblesse immature qui voudrait nous entrainer dans la passivité et le laisser-aller est une aberration ; que l’on sache que l’on existe est déjà en soi une transformation.

Et ce qui joue alors c’est que cessant de définir notre être par la pensée ou la volition consciente, on a pu délimiter cette structure comme intentionnalité ; ce qui avance bien plus loin le rayon d’activité de l’intentionnel ; au lieu de se concentrer sur la « pensée » ou l’idée ou l’universel ou l’humain, par l’intentionnalisation la perception, le corps, la moindre petite représentation ou le moindre signe, le plus simple geste et tout autant les plus étendues stratégies sont instanciées comme réel effectivement activiste ; tout se meut, ce qui veut dire : tout.

L’ancienne stratégie prévoyait d’imposer au devant une nasse fixe voire figée, tissée serrée,  de volonté consciente (relative à un objet ou une finalité strictement définie). La stratégie intentionnelle (comme initiée par Husserl et élaborée par Sartre et à sa manière via Lacan) stipule que l’on n’a pas accès direct à quoi que ce soit (sinon dans une illusion ou une imagination), mais que l’intentionnalité est une vue extraite et Autre ; qui ressemble farouchement à l’intentionnalité christique ; on ne va pas vous contraindre à subir la loi figée, mais on va vous pardonner vos erreurs et peu à peu vous passerez du vieil homme au nouvel être humain en instance de libération ; il ne s’agit même pas de convaincre mais d’orienter et de désorienter au fur et à mesure et en percevant comme il est préférable d’agir comme ci, selon la stratégie, plutôt que comme ça, selon le monde, et d’agir et puis de penser selon telle direction, tel mouvement du corps, tel rayon d’action amplifié ; de même que les grecs découvrent que l’on peut produire des contenus, des vérités sous le règne de la vérité comme principe et non comme Vérité en soi, de même le christique et donc l’intentionnalité montrent que l’on récupère une capacité d’action, d’activité, de décision bien plus étendue (que par le monolithe imbougeable, inerte, qu’est la volonté-consciente).

Et évidemment cette motion individuelle est aussi celle de tous ; il s’agit de rendre visible que l’activité concertée de tous vaut pour et par chacun. C’est ce que démocratie veut dire ; que chacun, livré à lui-même, sache se coordonner, sous condition que chacun comprenne que stratégie il y a et non accaparement (liberté-égalité-fraternité qui donne le sens du problème et formule indépassable, c’est par faiblesse et imbécilité que l’on n’y souscrit pas).

Ce qui veut dire que l’occidentalisation, explorant le passage en dessous de tout contenu, de tout monde, de toute représentation, creuse dans l’articulation (qui rendît possible, le décalage qui permît qu’il y eut cette interface qu’est l’humain) et est donc amené à redéfinir ce que par divin, interruption divine du monde, de la vie, du corps on peut comprendre. De là qu’il faille élaborer le concept du sur-divin qui ne se tient pas du dieu au-delà du monde mais qui se produit comme articulation constante ici même ; l’occidentalisation est de récupérer au plus près, au plus proche ce qui autrefois était placé au-delà ; pourquoi sommes-nous un tel décalage ontologique, dont on a vu déjà qu’il se produisait, ce décalage, dans l’articulation évidente qu’est le présent ?

Pourquoi le réel est-il une telle machinerie ?

Et comme l’inscription dans le réel de cette logique de machinerie absolue ne s’effectue qu’arc de conscience par arc de conscience, un par un, c’est dans le processus même de personnalisation qui fait suite à l’humanisation généralisée, que « cela » se cherche.

De là l’immense effort accompli par Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan (pour les fondamentaux, il y eut évidemment d’autres sortes de tentatives, de déplacements, de plis et replis) : acquérir tout l’affect, la perception, le relationnel, le monde-autre, l’autre-intentionnalité, le corps subverti par l’arc de conscience, l’incrustation autre dans, à l’intérieur du moi le plus commun que cette position incompréhensible implique ; déplier l’articulation au Bord même du monde et au Bout du corps individué.

Pour être clair : on ne peut en aucune manière espérer atteindre la structure de réel qui gouverne toutes ces réalités, ces vécus, ces corps, ces institutions, ces sociétés et ces peuples en passant par l’universel ou la représentation ; c’est peine perdue. La seule issue est que chaque articulation se transforme elle-même par elle-même ; puisqu’elle seule a accès à sa structure propre et que rien dans le monde ne lui correspond.

Ce qui confine à la mystique, certes spécifique, mais hors de cela il n’est que la mort (mentale, c’est certain, mais dorénavant explicitement définitive).

Certes spécifique donc et pour une excellente légitimité : parce qu’il faut lire l’occidentalisation comme la poursuite de ce qui fut mystique depuis le début et poursuite selon d’autres voies ; la même exploration du décalage ontologique, et il n’est aucune raison de croire que les Védas, Plotin, Sohrawardi, Descartes ou Nietzsche puissent nous parler d’autre chose. Au début on a tenté de visualiser l’articulation arc structurel/réel, sous diverses figures voire figurines. Très bien. On remarquera que très rapidement cela conduisit jusqu’à l’abstraction logique (hindouiste par ex). Mais évoquer ce qui articule le réel et le ressort radical (à la racine) cela aboutit tôt ou tard à bouleverser le monde (les grecs), l’humain (dieu, le christique), le corps (le sujet et l’altérité), puisque cette articulation est antérieure à tout ce que l’on trouve dans le monde. L’anfractuosité va en s’approfondissant et se concrétisant. Elle crée un monde (représenté, par les cultures diverses), une humanisation (comme l’on sait depuis la méditerranée), un corps (chaque moi supportant, seul, la densité du réel ou de la réalité comme Réel).     

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Le sur-divin, la catégorie

27 Janvier 2018, 09:06am

Publié par pascal doyelle

Le sur-divin consiste à cesser de croire en la réalité, comme borne fondamentale du réel, et donc de se surélever vers ce que l’on ne perçoit pas : le réel même. La réalité s’obtient d’un Bord, ce Bord est ce qui existe et ce Bord est le présent. L’être est effets (innombrables) de ce Bord. L’arc structurel de conscience, tension qui sort de la cervelle vers le donné là, et revient sur la surface du corps chargée de signes, réactive la tension que visiblement le présent impose à tout. Le surdivin est la manière de suractiver cette tension interne à tout l’externe du monde et du corps.

 

Ce que l’on ne perçoit pas c’est ce par quoi l’on perçoit ; on ne le voit pas mais on perçoit via l’intentionnalité et plus fondamental on perçoit dans et par un présent. L’hypothèse générale est que contrairement à ce qui peut sembler, la forme de la perception, la forme structurelle est précisément ce qui influe fondamentalement crée et soulève les réalités.

On ne perçoit pas l'être dans la pensée grecque, on perçoit le monde, le donné via l'idée-principe de l'être. On ne croit pas en Dieu ou en jésus mais on perçoit sa propre vie via le corps christique qui en nous regardant, ici même dans le monde, nous transmet le regard lui-même et crée que chacun (et chacune) ait une âme révélée (ou l'intention divine qui ne cesse d'intervenir dans le monde humain pour le monothéisme). On ne lit pas Descartes, on restructure instantanément en le lisant l'attention à tout ceci et cela, étalés dans l'étendue du monde, et on observe son être sur la surface du monde, boucle non finie articulée par l'infini de la volonté de l'Autre. On ne  reste pas le même moi en intensifiant notre présence mais restructurée techniquement, via Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan qui analyse l'étrangeté du réel de ce monde et de ce vécu tout-autre. 

Cela veut dire que l’on ne cesse de se tromper et que l’on prend pour cause ce qui est effets et que remontant jusqu'à la cause formelle (cad absolue) on en désespère de la point saisir, alors qu'elle est ce par quoi on saisit, et négateur on croit ne rien percevoir du tout ; ou que s'imaginant penser le monde on admet telle partie du monde comme explicative du monde ; et si le "monde" n'est pas un concept , une totalité (kant), c'est que  l'on perçoit et pense à partir du Bord, qui n'est pas lui-même du monde. Et l’on se détourne de la forme du monde et on en revient au monde, au vécu, au corps en éprouvant leurs densité et donc croyant tenir le concret de ce qui est. Mais c’est faux. On en reviendra à nouveau, franchement désespéré ou comme on l’énonce actuellement déprimé. La dépression est très littéralement cela même qui atteint tout le monde puisque décrochant l'intentionnel de tout accès et d'abord de l'accès à lui-même ; il n’est plus rien qui soit désirable, décidable, imaginable, puisque l’arc de conscience intentionnel s’effondre.

Vouloir saisir la réalité comme étant « l’être » est une absurdité ; l’être n’existe nulle part, ça n’est pas l’être qui existe ; de même qu'aucune science ne peut instituer totale telle explication, vraie, de tel et tel objet et en répercuter les résultats à tous les objets non totalisables du monde ; le faisceau "science" est pris lui-même dans un autre faisceau, intentionnel, et c'est ce faisceau qui est réel ; personne ne niera que Rimbaud tient le point d'observation du monde le plus consistant qui soit ; c'est juste qu'il faut exister ce Point et que c'est cela l'hyper-objectivité (remplacez Rimbaud par qui vous sied). Et lorsque l’on tient la tension au maximum il s’avère que l’être est un acte ou que le Un est hors de la réalité ou que dieu est absolument Autre, et que le sujet est transcendantal (en différents sens, y compris sartrien). Bref que l’être est un mouvement pur et qu'alors il se nomme ex-sister. Et donc tout le contraire de l’être comme « chose ». Parce que s’il est un mouvement, il demande que nous soyons nous-mêmes activistes.

Si le réel est en cours, alors le réel, l’essence même de ce qui est, n’est pas décidé du tout. Il est en cours de décision ; et cela correspond absolument (formellement) à ce qui est perçu, partout, toujours, constamment.  A ce qui est perçu non comme datas, comme qualités perceptives, mais comme constatation de fait ; il existe un présent et n’existe que ce présent ce qui n’est constatable qu’en réflexion ; il faut activer la conscience que l’on en prend pour éprouver l’exister (et c’est bien ce qui fut manifesté au début du 20éme ; que le réel existe), pour le percevoir et donc pour le signifier ; on montre « voila c’est ceci ». Descartes ne fait rien d’autre ; il expose son mouvement et nous déplace en le signifiant.

C’est physiquement que le regard se déplace ; puisqu’il « perçoit » le présent, de même qu’il perçoit le un de son propre être formel (je suis « moi », même si il ne connait pas le dixième de ce moi la forme se-sait ; le se-savoir n'est pas la connaissance comme l'arc de conscience n'est pas le conscient, du tout) ou est saisi du un intentionnel de dieu ou du regard qu’est le christique qui instruit le regard du converti (et le crée comme sujet, relatif au christ mais un néanmoins; que chacun, chaque'un soit in-fini, aussi méprisé soit-il, ça n'est pas le héros grec ou l'intellect agent qui mérite la pensée ou la gloire ; l'in-fini de chaque'un christique est sans condition, c'est un fait de structure de chacun). Lire Descartes c’est instantanément modifier notre propre regard ; ça ne passera peut-être pas par Descartes, sans doute par la révolution, ou par telle poétique ou telle image ou tel héros, allez savoir, mais dans l’image existe déjà le regard, pareillement dans le déplacement du corps et de l’image du rock et de la pop, du cinéma et dans le récit ou la forme du regard qu’intègre le récit (de cela même qu’il y ait un tel « récit » dont la forme est étrange, individualisée). Autrement dit il est une aperception (transcendantale si l’on veut) du réel et perception qui ne se voit pas mais que l’on suppose structurellement. Et que par lubie ou faiblesse on abandonne au profit d'une satiété imaginée dans le monde. 

En somme le regard, l’intentionnalité se déplace au-dedans de la dimension que l’arc de conscience a ouverte ; de ce fait on aspire à s’extraire de ce faisceau qui nous emporte, absorbe, nous épuise, tire notre énergie et l’on tente de le recouvrir, l’alourdir par des masses et des choses du monde ; or il n’est pas d’autre sortie que d’assumer le gouffre, le gouffre formel qui n’étant pas déterminé n’appartient à rien, ni à personne et qui pour chacun d’une part s’impose comme unité impossible et pourtant exigeante, et d’autre part en tant qu’altérité de tout, absolument tout ce qui est ; c'est l'altérité du un qui distingue tout ce qui est via la forme de l'exister. Ce qui forme un Un (invisible) avec soi est autre que tout. Et il n’est pas même Un substantiellement avec lui-même ; on mesure par là l’effroyable distance qui nous paralyse, nous fige, nous terrifie. Que l’on soit face à « soi » et que ce soi n’ait aucun visage.

Remarquons ceci que l’arc n’en cesse pas moins de s’animer exclusivement individuellement ; il est un être individué ; l’universel dont on pourrait et croire qu’il s’oppose à l’individué, doit être lu inversement ; c’est ce par quoi l’individué se révèle comme capable de porter non seulement mais de vouloir, de créer l’universel ; ce à quoi s‘oppose l’universel c’est au moi en tant que le moi laisse résider son être dans le monde, mais non pas au sujet en tant que son être est structurel (cad n’est pas un être) et qu’alors le sujet est une structure sur-objective ; ce pour quoi et par quoi il est une universalisation et un moi et que ce corps ne coïncide pas avec lui-même mais se double d'une surface-autre ; lorsque l'on entre dans une esthétique, y compris les Rolling Stones,  on soulève la surface-autre.  

L’individué se constitue en plus du groupe en ceci que la pensée grecque pense en plus et hors du groupe et plie le langage (pour faire court) vers une expérimentation à laquelle seuls les individués ont accès ; et fait appelle non aux connaissances de la communauté mais à l’expérience de perception de chacun dans le monde donné là, et selon l’être qui signe l’altérité du monde donné. Il manquait que cet en-plus, cette astuce puisse se découvrir et s’appliquer également à l’individualité elle-même ; on gagne son individué, grec, par la pensée, mais sous condition de pensée ; tandis que l’on existe de fait cet individué par le christique sans condition aucune (le plus honni et délaissé c’est celui-là qui est crucifié, or ce corps-là supporte qu’il soit divin ; il est divin en plus, inattendu, impensable et fou, puisqu’il instancie une expérience qui n’est pas du monde ni du corps donné).

Ce qui ne manque pas de poser question ; qu’il ne puisse y avoir de conscience qu’individuelle c’est évident ; aucune connaissance, pensée ou « information » ne possède à elle-même d’être conscience de soi ; ce serait absurde (c’est ce qui se prétend pourtant régulièrement). Il y a conscience parce qu’il y a corps et donc corps vivant ; le vivant est déjà ce qui possède une indépendance par rapport au donné (par lequel corps il existe un milieu).  Et sur ce corps, indépendant, vient se tisser une image, une image de ce même corps ; une image composée de signes (puisque c’est l’arc de conscience qui surgit de la cervelle et revient chargé des signes perçus du monde, du donné, du vécu, du corps lui-même), qui donc se tient excessivement proche du miroir lui-même, qui est quasiment mais pas tout à fait le miroir même.

Remarquons que si l’arc qui revient chargé de signes parait n’utiliser que le langage pour signifier, en réalité, certes le langage (étant purs rapports) est fondamental, mais le cercle de signification est beaucoup plus étendu, son rayon use du langage et récupère ici et là tous les signes, perceptions, objets, images possibles ; cela forme une nasse, un filet qui « recouvre » le corps, ou si l’on veut qui récupère les possibilités du corps, et du corps tel qu’il « est perçu ». Et tel qu’il est perçu … du dehors ; on se voit voir. La raison en est que lorsque l’on énonce une signification, on ne sait absolument pas « où » est le faisceau intentionnel ; est-il dans l’énonciation, dans l’énoncé, dans l’audition de l’énoncé, dans la phrase même, dans ce qu’elle porte, comme symboles par ex, dans les images qu’elle provoque, en ce qu’elle retentit pour un autre, pour autrui, culturellement, pour notre propre vécu, notre corps ? On n’en sait rien : tout à la fois et vice versa. Le sujet (aussi bien le sujet de l’énoncé) on ignore « où » il est, puisqu’il est ce en quoi, par quoi « ça s’énonce », se signifie. Et c’est en en cela que le conscient est toujours-pris dans le faisceau que l'on ignore. On ne se connait pas puisque l’on s’ex-siste et que donc le connu, le conscient est toujours externe par rapport à cette structure interne (qui n’est en rien une intériorité ; l'interne du regard est un redoublement de l'externe, une boucle non fermée sur la surface).

Il est impossible que le miroir paraisse, dans le monde donné, or pourtant on ne voit que lui ; et reconnaitre ce fait exclusif, exclusif de tout, c’est – presque – sombrer dans la surface même (on ne peut pas coïncider avec ce mouvement que l’on existe, de même que l’on ne coïncide avec l’être ou sa propre identité que sur le mode de l’imaginé, en conférant à un signe, un mot une densité qui n’y existe pas du tout).

C’est bien en ceci que l’on ne sait pas si dieu, le divin existe ; mais on sait que le sur-divin est activement investi  et investigué dans ce monde et ce vécu. L’occidentalisation, la structuralité extrême ne se fonde que sur le constatable et il faut être absurde pour ne pas observer que nous sommes en décalage par rapport à quoi que ce soit du monde et de nous-même. Et que c’est ce décalage qui compte, qui engendre, autorise, ouvre (qu’il y ait un « monde », un « corps », une « vie »). On ne pourra pas coïncider avec ceci ou cela que l’on est ; il faut donc penser cette distance même comme super fondamentale et qui évidemment cause des effets (l’humain, le moi, le bonheur, ce que l’on voudra), en prenant garde de ne pas confondre les effets et la structure de ces effets. Personne n’a dit que ce serait facile.  

Or donc l’atteinte selon la surface du miroir, qui est inaccessible, est la ligne de fracture elle-même ; ce qui veut dire que le présent est déjà lui-même une (infinie) distance et que l’arc de conscience redouble cette distance ; ça n’est pas que l’être se briserait par le présent c’est que le présent est l’origine de tout ce qui est et qu’il garde sa prééminence ; que le sujet de la réalité est le présent, que donc la réalité est dans l’enveloppe qu’est le présent et qu’ainsi toutes les réalités manifestent cette distance même (c’est ce par quoi il est une réalité, qui autrement ne serait pas) ; et qui plus, et c’est le sens du sur-divin, ce qui viendra, dans le réel, dans la réalité, se crée de cette distance même et s’existera en plus ; ce qui viendra n’est pas encore là ; et en ce surplus le sur-divin sera lui-même pluriel et non pas unificateur. Le sens de ce qui est n’est pas de se réconcilier ou de s’unifier mais de produire en plus et plus grand que soi ; sa loi n’est pas l’unification mais la possibilité, le créé ; et il n’y aura pas qu’un seul créé. C’est bien par là que le Un prolifère. La destination du réel est de s’ajouter à lui-même et donc il ne sait pas « où » il va.

Et de même qu’il est une réalité intégralement créée d’altérité, de même le possible, la possibilité est une pluralité de réels ; une catégorie en elle-même, le sur-divin (et ce sans se poser la question d’un éventuel dieu unique créateur de tout et finalité potentielle des sur-divins (le sur-divin est opératoire ici même, ici bas) mais on ne désespère pas de jeter un coup d’œil dans cette direction, quitte à remodeler ce que par « dieu » on pourrait entendre).

Si cela vient en plus, c’est que le réel est plus grand que lui-même et que son processus est de s’ajouter ; il redouble en interne (et l’externe, la réalité est elle-même l’interne de l’exister ; en bref il n’y a pas d’intériorité, mais dans l’externe structurel des boucles d’externalisations ; externes dans l’externe de la réalité ; un surnuméraire, des possibilités dans la possibilité).

Il y en aura plusieurs, plusieurs absolus étant entendu que l’absolument est formel et se permet ainsi des possibilités en interne. C’est bien en ceci que le sur-divin est opératoire ; non seulement on peut alors penser qu’il y eut Rimbaud ou Artaud, Joyce ou Céline, mais surtout il permet, ce concept, de visualiser qu’il y aura plusieurs sortes de sur-divin. Que la nature même du sur-divin implique et ouvre sa propre profusion. Rappelons que l’on ignore totalement où cela mène ; il ne s’agit pas de parier sur ceci ou cela (par ex on ne sait pas si il est un dieu créateur de tout et vers qui tout retournera ou vers lequel tout est attiré, ni si dans l’hypothèse du surdivin il est un potentiel divin unique et qui « centraliserait » les surdivinités) ; il est seulement question d’analyser strictement le donné tel que là ; la pensée n’est pas de cibler l’être, mais de se servir de l’être pour explorer le bord du monde, admis en ce cas comme intentionnalisations (idées et systèmes), tandis que par Descartes le même Bord sera saisi comme réflexion sur cet-être-ci qui n’est pas un être mais une activité (le sujet) et que plus tard ce sera le réel comme Altérité (de Nietzsche à Lacan).      

Rappelons derechef que le surdivin est le dieu en plus, le dieu qui n’est pas, ou donc celui qui se crée à partir de sa propre volonté ou plus profondément de son intentionnalisation. Si dieu existe il est dans sa nature d’être ce qu’il est, tandis que le surdivin s’exécute de sa propre générosité, comme disait Descartes, de la volonté de volonté comme disait Nietzsche ; de se produire en plus de la réalité, du monde, du corps ; se-produire au sens de fabriquer et de se-produire au sens de survenir ; il dépend d’eux-mêmes, de leur volonté, de leur intention d’exister ou non que ceci paraisse. De tirer du présent le Possibilité de structure. C’est bien en cela que Rimbaud dépend intégralement de sa préséance, de sa suréminence et irremplaçable, unique, fondamentalement singulière en tant que dans cette singularité Rimbaud totalise l’ensemble du passé et du futur aussi loin que son effort puisse porter, et ce faisant il le crée. Il crée cet avenir et ce passé : sans ce point de singularité un pan du possible et de la mémorisation s’efface, n’existe pas, et on peut dire que la Possibilité, sur cette version acquise, serait annulée ; la réalité dépend du réel, de la structure ; sans la structure toute réalité s’effondre et se désagrège. De même d’un seul vécu, d’une seule vie, qui sans son intentionnalisation, qui se désagrègerait de continuer d’espérer réaliser l’être imaginé, alors qu’il s’agit d’articuler le sujet qui Ex-siste.

De même qu'auparavant il n'existait que des groupes humains, un par un, Il n’est que des mois et rien d’autre, sauf la structure, le sujet. Lorsque le moi prend sur lui-même d’être un sujet, il crée ce qui n’est pas mais existe ; il admet hyper-objectivement la situation réelle de sujet à tel ou tel point du réel ; impossible de remplacer Rimbaud ou Baudelaire. Aucune infra-explication ne peut rendre compte de cet ancrage dans le réel pur et brut et les existentialistes analyseront les affects de la structure de conscience à vif. Rimbaud ou Nietzsche ou Descartes sont imprenables ; il n’y a pas plus d’universel en pensée qui chapeauterait la position des sujets (dont on a vu qu’ils relèvent de la catégorie du surdivin qui autorise une pluralité de singuliers) que d’universel en raison (qui ramènerait les positions à des compostions de déterminations psychologiques ou sociologiques), sinon de réduire et d’écraser le point acquis, et donc de se réduire soi-même ; on peut seulement tenter d’acquérir les points précédents, puis dédoubler, déplier, replier, ajouter un nouveau point, plus ou moins égal dans le degré de structure.

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Le rehaussement

20 Janvier 2018, 08:53am

Publié par pascal doyelle

Le sur-divin ici-même

On a donc dit que Descartes réserve la jouissance à dieu et que pour nous c’est une toute autre affaire ; ça consiste en la générosité ou la volonté disruptive (rompue et découpant la réalité et le corps, bien que Descartes suppose quand même, de par sa lucidité si exacte, qu’il existe une « troisième substance » : stupéfaction et incompréhension de tous, et de lui-même).

Que l’on ait abandonné la structure (en déniant dieu, la pensée, le christique, le sujet), ce qui était raisonnable (puisque la structure devait s’incarner et s’incorporer au monde, au vécu, au corps, fabriquer un humanisme et une personnalisation généralisée  – dieu, la pensée et le sujet devaient d’abord et avant tout organiser l’acte de conscience, lancer et élaborer l’intentionnalité et ensuite ainsi lâcher cette intentionnalité dans le monde, le donné, le vécu et le corps ; ce que la naturalité (qui remplace dieu), la raison (remplaçant la pensée), l’humanisation et la personnalisation (le moi remplaçant le sujet) poursuivirent effectivement) ;  abandonner donc tout cela permit à la jouissance (invraisemblable) de se désirer ici et dans le monde et les corps ; ce qui est absurde et qui provoquât une douleur inimaginable (cad que l’on ne peut mesurer, cadrer, organiser, qui ne peut tenir dans une intentionnalité et abîme considérablement toute la réalité autant que le réel, le nôtre et le monde).

Non seulement de ce que l’on a désiré des images mais de ce qu’en toute image on imagine la plénitude qui n’y existe pas. On s’identifie à cette plénitude rêvée, projetée. Il suffit de nous montrer une image et on invente le poids ontologique, cad illusionné réel, de ce qui est montré ; on y croit, non de ce qui existe effectivement mais de la densité que l’intentionnalité apporte en plus au perçu. On y investit toute la densité du corps (et on se décharge de son propre poids en le rêvant, le projetant ; là-au-devant il se résume en signes, éthérés, tandis qu’ici dedans, dans ce corps il demeure lourd et obscur et non signifiable). L’image est en elle-même le corps parfait, le vécu parfait, le monde parfait : évidemment ça n’est qu’imaginaire.

Parce que pour passer outre la barrière du bonheur, du rêve, de l’imaginé, auquel on confère l’ontologique, l’ontos, il n’y a pas d’autre possibilité que de transformer le moi en sujet.

Aucun autre devenir. Que celui-là. Mais l’occidentalisation performe précisément à créer la possibilité d’un tel outre-sujet, et d’un sujet qui n’est pas « universel » (puisque l'universel revient à une image... impossible de "convertir quiconque à la raison puisque chacun se tient antérieurement à la raison, mais non pas antérieurement à dieu, à la pensée ou au sujet) ; le sujet excède la première version de sujet grec et universel, et excède celui qui se convertit au christique ou à dieu ; l’occidentalisation a continué de créer sa possibilité, ce pour quoi il est fait ; ouvrir la voie. L’universel grec est la mise en jeu de l’universalisation, ce qui veut dire des intentionnalisations organisées vers l’augmentation du monde ; le christique est à l’exemplarité du christ, qui est le Corps libéré et qui effectivement libère l’intentionnalité des intérêts du vécu et du corps immédiat, qui par son regard crée votre regard comme un, découplant votre être et votre exister ; les deux permettent une distinction intentionnelle surpuissante, l’élaboration de stratégies.  

Comprenons bien. Si on suivait seulement la voie du sujet universel on ne s’administrerait que selon l’orientation vers le bien ; mais le sujet de la structuralité, de l’occidentalisation est bien plus complexe puisqu’il travaille antérieurement à l’universel même ; c’est bien pour cela qu’il a pu proposer, pro-poser la pensée ; il a proposé les vérités et la vérité comme principe, et non comme contenu électif, parce qu’il se situait déjà avant-la pensée ; dans le pli qui expose que pensées il y a, de même que le christique est-avant les mois et donc a dopé absolument tous les mois, tous les vécus, toute l‘intentionnalisation en chacun, au-devant par là même de chaque’un ; c’est bien parce qu’il se situe avant l’universel qu’il a produit l’universel, là au-devant.

Plus complexe le sujet, l’outre-sujet, est celui à la fois de l’orientation et de la désorientation ; parce que l’on ne sait, jamais, par quel bout ça lui prendra. Rimbaud est un outre-sujet, il le sait, il le dit, il le respire par tous les pores de la peau ; et il est désorienté et il désoriente, absolument radicalement, réclamant que chaque’un s’inscrive comme le même point externe à tout par lequel il y a saison en enfer et illuminations. Sinon on n’y accède pas (et on y accède en l'existant, non en le pensant en raison et ce point acquis est un, et réel). Le sujet, l’outre-sujet (ou on dira donc le sujet tout court, pour faire simple puisque le sujet est de fait en lui-même déjà toujours outré) n’y existe pas sans vous : c’est impossible. C’est bien en cela que l’on se signale comme déploiement continuel de révolutions, esthétiques, éthiques, politiques, psychiques, c’est tout d’un seul mouvement ; ça n’arrête pas de se mouvoir puisqu’il s’agit là du mouvement même ; soit du présent.

Et c’est bien pour cela que la révolution, celle historique, vous a placé comme sujet, citoyen, cloué à même le réel, ou héros de récits et de radicalité poétique, estéhtique. Pour que vous vous en sortiez seuls, un par un : ça ne peut venir que de vous. 

On a dit que l’amour, le tomber-amoureux plus précisément, est l‘expérience ultime pour un moi, mais que pour le sujet c’est tout différent ; le sujet est infiniment développé, il a développé, se servant évidemment entre autres du tomber-amoureux (de là l’utilisation très étrange dans la littérature et la philosophie et la théologie et la mystique ; ça n’a pas, plus le même sens que celui du moi, du reste le moi sait-il vraiment ce qu’il dit de tomber-amoureux? Ce qu’il veut ? Ce qu’il désire ?) Il a développé donc les plis et replis de la structure qui est elle-même un pli, un tel pli dans le Pli qu’est le présent. En vérité il acquiert et peut récupérer quand il veut toutes les expérimentations qui furent, et toutes celles qui seront, il les créera.

 

Il apparait que le pli dans le pli du présent est l'originel, la source, la structure, ce par quoi le reste surgit ; le présent (ou si l'on préfère l'exister) crée tout ce qui est (et l'être ce sont les effets de ce pli, enveloppés ou à tout le moins tenus par le présent).

 

La dimension du sujet n’est nullement simplifiée et unifiée ; il est, lui, l’unité formelle, mais puisque sans contenu il n’est pas fixé, ni figé et s’est déployé dans tous les sens, les significations possibles, dans cette dimension, les directions dans le réel même et ce physiquement, en son corps-même. Littéralement il épuise toutes les possibilités puisqu’il se situe antérieurement aux réalités, en l’occurrence aux réalisations. Il faut donc lire les lignes déployées comme non pas s’unifiant en on ne sait quoi (il n’y a pas d’identité) mais explorant et expérimentant la dimension, la dimension du réel. Et dont la saisie ne s’effectue que un par un, par chaque’un ; aucun autre moyen que de prendre sur soi le devenir subtil acquis par tous les autres.

L’historicité est l’élaboration de cette structure de sujet (en tant que le sujet est ce qui intentionnalise, signifie, et c’est lui qui Signe les intentionnalités ; aussi il n’est aucun autre moyen de signifier ce que l’on veut dire que de dire Descartes ou Rimbaud ; c’est en ces textes là que se signifient les intentionnalités ; et on ne peut pas couvrir Descartes et Rimbaud d’un sur-texte, objectif par ex, sauf à créer un Autre texte placé ontologiquement, cad au niveau même auquel se situent Descartes ou Rimbaud, ce qui est doubler l’ontos de Descartes par un autre ontos, tout aussi énigmatique, si l’on veut, mais qui seul permet de le re-prendre). Et ce de l’éclatement philosophique des idées-systèmes grecs jusqu’à Sartre et Lacan ; l’inscription ici et maintenant et le déplacement singulier du christique est opéré par Descartes (et suivants).  

Et c’est cela qui nous donne, ici et maintenant, la classe, la dimension du sur-divin. Si on a mis entre parenthèse le divin, dieu, ou l’absolu, c’est afin de trouver ici même le sur-divin. On ne sait pas si il existe des anges ou ces sortes de réels, mais on sait qu’il existe Descartes ou Plotin (ou qui vous voulez qui vous ait influencé, porté, illuminé) et que donc Plotin ou Kant ou Rimbaud atteignent au sur-divin. Rappelons que le sur-divin est littéralement le dieu-en-plus, dont la voie la plus clairement et premièrement instanciée est le christique. Le christ est le dieu qui vient en plus et qui montre par où cela s’existe. Qu’on le veuille ou non. Parce que de toute manière sans le christique votre personne, sur laquelle vous fondez tous vos espoirs, n’existerait pas ; c’est par le christique que chacun est devenu chaque’un. Au point que la révolution (la seule et unique en ses différentes variantes, mais au plus proche d’elle-même en tant que liberté/égalité) est la réalisation du christique (auxquels s’ajoutent évidemment la fraternité).  

Dieu on ne sait pas trop où le situer mais les sur-divins il en existe quantité. Puisque le sujet est la forme de tous les sujets et que chaque sujet vaut un par un, par lui-même et formellement absolu. Non pas identitairement absolu (cela n’a aucun sens ; aucun contenu de conscience n’affecte cette conscience qui a créé tous les contenus) mais formellement ; au sens où on ne manque pas de preuves de la densité du Réel au cœur de toutes les réalités ; Rimbaud exhausse le pauvre moi en sujet déchiré et si totalement Autre  ; si le Réel n’existait pas, Rimbaud, ou quiconque selon vos souhaits, n’aurait pas eu lieu, ne nous serait pas venu. Penser le contraire, penser que ce qui est est exclusivement composé de réalités, est de fait absurde ; toutes les preuves sont effectives. Si on argue du désespoir ou de la dépression (quant au moi), c’est bien que par rapport à la réalité nous sommes en décalage ; nous sommes autres. Cette altérité est structurelle (ce qui veut dire qu’elle n’est pas ce qui arrive ou s’ajoute à, mais qu’elle fait exister tout le reste ; nous sommes autres originellement et re-connaitre cette altérité est tout l’enjeu, la signifier, la désigner, l’exposer, la montrer voire la démontrer, ce à quoi s’emploie la philosophie, depuis le début, l’être, le un, dieu, le sujet, etc ; la philosophie est la réflexion technique, technologique qui veut désigner la structure en son agissement).

Il est ainsi une série de points qui se dessinent au fur et à mesure des efforts des quelques-uns suffisamment avancés dans la structure qui explorent la dimension. C’est seulement si l’on pense en termes de structures et non de contenus que cela parait. On peut opposer constamment des contenus entre eux ; de toute manière dans le monde, sitôt que l’on détermine, on ne cesse de déterminer, indéfiniment, de distinctions en distinctions, d’oppositions en oppositions. Ce ne sont pas, en clair, les systèmes mais ce que les systèmes montrent, qui compte. Et il faut donc penser par grandes lignes.    

Si le monde se poursuit en déterminations indéfiniment, c’est que le lieu de distinction réelle est la décision ; ou ce que l’on a nommé la stratégie, la stratégie intentionnalisatrice ; ce qui sera dépend de nous, et de la compréhension que l’on aura de ce décisionnel. Sans doute aucun il faut impérativement connaitre tous les systèmes de causalités qui conditionnent nos décisions, ces systèmes qui sont intégrés déjà dans le processus décisionnel ou intentionnalisateur ; parce qu’après tout on a eu l’idée de voler bien que dépourvus d’ailes, bien avant de comprendre les déterminants physiques et les réalisations technologiques ; on est déjà toujours en dehors des systèmes. Puisque l’on perçoit et que la perception est l’arc qui intervient ; la conscience étant le court-circuit de la cervelle qui permet d’intégrer instamment les événements. On ne perçoit pas dans l’encadrement de conditionnements, mais en plus de tous les conditionnements ; le « en-plus » ne contredit pas que l’on soit causé la plupart du temps, mais que ici et là on outrepasse ces conditions. Et une fois que l’on a compris qu’il était possible d’y échapper le mouvement pur est lancé ; il suffit alors de construire des systèmes qui par leur cohérence, leur tenue, s’utilisent comme systèmes de repérages ; dieu ou la pensée ou le sujet sont de telles cohérences, de telles stratégies. Et évidemment comme le procédé systématique (qui permet de remplacer par une cohérence le poids naturel ou donné des systèmes conditionnants)  se déplace aisément (ce sont des systèmes de signes et inventés donc reproductibles par tous) il s’est imposé une profusion de systèmes suffisamment cohérents et libérateurs, puisque la source est structurelle est indéfiniment libératrice. La cohérence, l’organisation des intentionnalités est facteur inestimable de liberté ; d’abord pour soi-même, en ceci qu’il est impossible de s’y retrouver dans un monceau hagard d’intentionnalités en fouillis et ensuite pour tout autre, puisqu’à une mise en organisation on peut répondre (par une autre mise en forme de l’intentionnalité : au n’importe quoi on ne peut rien opposer).

Comme progression de la stratégie de structure dans le monde humanisé, la personnalisation est une réflexivité de structure dans la réflexivité de structure qu’est l‘humanisme révolutionnaire, une complexité dans la complexité si l'on veut, de même que le christique est une réflexivité dans la réflexivité judaïque, et la pensée grecque une réflexivité dans le christique ; le propre de la réflexivité qui est une anthropologisation conséquente à partir de la découverte que l’on ne dépend pas des contenus mais que l’on produit ces contenus ; le propre est donc de s’accumuler ; ce qui est réflexivement acquis peut reprendre trait pour trait ce qui fut réflexivement créé ; on réinstalle chacun la même structure à partir de quelques signes qui suffisent. Toute la pensée grecque bascule dans le christique puisque c’est la même structure formelle qui est extraite du monde et posée pour elle-même ; l'externalité du monde grec devient l'externalité du regard sur ce vécu par ce Corps ; de même que la révolution re-prend le christique et que cette structure n’est pas une « idée » mais une structure réelle, aussi réelle que le corps ou les choses, solidement surgissante de la cervelle. Pareillement l’humanisation comme humanisme révolutionnaire puis la personnalisation qui privilégie la mise en forme de notre intentionnalité de telle sorte que cela aboutisse à une auto-organisation intentionnelle de chacun ; mais cela ne s’accomplit pas d’une simple ordonnance des choses toutes extérieures ; il faut s’y impliquer, et être impliqué par le monde et par son propre vécu. Ce que chaque moi, qui souffre, sait parfaitement.

Ce qu’il faut remodeler ce ne sont pas seulement les objets du désir, volonté, organisationnels et relationnels dans tel monde humain, ce qu’il faut transformer c’est l’intentionnalité même antérieure à tous les objets (et organisationnels, etc). C’est bien pour cela que l’on a élaboré les éthiques et les esthétiques et poétiques et politiques ; il faut s’y convertir et convertir au sens d’abandonner les contenus pour acquérir la forme même ; c’est ce que signifie que révolutionnairement chacun est non pas pure raison et corpus dictatorial ou autoritaire ou « d’autorité » mais liberté, une et indivisible ; et en cette liberté chacun ferait bien d’utiliser sa raison, mais ça n’est pas impératif puisque la structure est celle du réel du libre de chacun et que c’est cela la pérennité même du comportement nouveau. La raison ou le corpus dictatorial ou l’idéologie ne couvrent aucunement la réalité, le vécu, le corps, mais la liberté si. La confiance qui délègue à chacun sa liberté est quand même confondante et enthousiaste… à condition qu’ils se tiennent comme êtres libres. Et toute la question, la question des questions est : en quoi consiste ma réalisation ? En quoi suis-je plus ou moins réel ?

Lorsque les grecs créent la pensée, cad la sur-intentionnalisation qui démultiplie l’attention au monde, ils injectent dans la réalité qu’il est un Réel, possible, qui soit plus étendu (extensivité de l'universelle intentionalité) ou plus intensément christique (chacun est un par le Regard) que communément les réalités et plus exactement les représentations, communes, collectives, des réalités. C’est l’appel à la contemplation ou à l’action du Réel tel que par les intentionnalisations nouvelles (les idées puis les systèmes) on explose la possibilité. Pareillement bien sur le christique, qui décuple l’attention à soi-même et par lequel il y a un vécu et un corps plus grand et autre, que celui admissible par un ordre cyclique, rituel, autoritaire, hiérarchique, de classes d’êtres humains (esclave, femme, pauvre, etc). Et la révolution est tout autant l’intensité portée aux nues. Et la sur-intentionnalisation n’est pas aisément supportée par un corps… un corps vivant ; ça lui vient en plus et il faut s’y assurer en tant que structure et non en tant que corps ; et c’est cette assurance qui se cherche, partout ; esthétiques et poétiques, éthiques, politiques, etc.

On ne trouvera pas dans le corps la fondation de la structure de conscience ; parce que la conscience est un arc, une tension, qui installe un rapport et si rapport il y a celui-ci exclut tous les autres et passe tous les autres à la moulinette. Par ce simple arc structurel on représente ; soit des mondes humains particuliers (ou dit tels) et ce spontanément, dans le travail du groupe dans on langage et ses échanges ritualisés. Soit on construit sur le monde donné là et sur le groupe et en plus du langage, etc ; le monde grec, unique et universel, le dieu qui lâche tout au-devant et inter-vient pour réorienter, le corps christique qui projette tout votre vécu hors de vous ; tout est exporté au dehors et on se tient sur le Bord.

Et c’est le Bord qui est observé, expérimenté, analysé, élaboré et créé (puisqu’il doit se vouloir, se créer pas, pour augmenter la surface du Bord). On a installé dans la réalité ce qui constitue le Bord de cette réalité et on a créé son architecture  par cette élaboration ; nouvel objet dans la réalité, sauf que c’est une dimension et non un objet, et dimension qui interroge cela même qui perçoit, pense, imagine, veut, décide, désire, et qui se révèle comme étant la dimension, l’extrémité de la réalité, qui n’est alors plus seulement « subjective » (ce qu’elle ne fut jamais) mais réelle en tant que présent pur et brut.

Ça n’avait rien de subjectif parce que c’est le sujet qui fonde la justice (ou la sainteté ou l’exemplarité), le droit, la science et la connaissance, le langage et le corps et tous ces effets sont évidemment causés par une structure formelle elle-même sur-objective, et qui les contient tous ; de même qu’elle contient la possibilité de tous les mondes humains ; la structure agissante est commune à tout être humain, où qu’il soit ; c’est une structure solide et un réel (et non une représentation ou une idée mais la source causale de toutes ; l’occidentalisation ou structuralité n’a pas découvert une « vérité » mais activé la structure elle-même).

C’est en tant que l’arc structurel de conscience sort de la cervelle, va vers le monde et en revient les bras chargés de signes, de rapports, qu’il y a humanisation, mondes humains, langages, représentations, échanges, collectif et absolument parlant tout se remodifie lorsqu’il ne reçoit plus les contenus comme « tout-fait » et « naturels » ou « surnaturels », mais qu’il prend conscience de cette activité, en somme qu’il les crée (et qu’il invente les esthétiques non ritualisés ou la pensée comme cohérence systématique qui permet de s’y repérer et universalité et individualités). Tout cela est uniquement bâti sur le retour de cet arc et qui crée des signes et les colle sur le corps, démultipliant perceptions et affects du corps (de là le déploiement mass et micro médiatique que l'on connait bien), d’abord spontanément puis (depuis la méditerranée) en réflexion (puisque par la méditerranée on prend conscience de notre activité intentionnelle et on ne peut plus croire aux contenus mais on doit alors élaborer l’architecture de cette activité et donc son inscription dite alors ontologique, touchant la base de toutes nos activités dans cet activisme de structure ; idées et systèmes, dieu et christique, sujet et intentionnalité, altérité et existence).

Le sur-divin est la prise en compte de cette activité qui n’appartient à rien ni à personne, sinon elle serait composée et non libre, et l’exister n’existerait pas, et il n’y aurait pas de présent ; elle projette tout au-devant et n’est atteinte par rien ; et donc elle se sait. Depuis le début de la pensée celle-ci se sait, intimement, sa certitude est de structure (et non de contenus ou de systèmes, de même que l’on se sait libre, quels que soient les empêchements innombrables ; personne n’a dit que ce serait facile). De même que tous les excès structurels, les accès ontologiques, partout et en tous temps, se savent eux-mêmes et le disent.

Chacun partage la vérité et propage la liberté. C’est le surdivin et la capacité de créer ce qui n’est pas ; puisque tout l’être est en-deçà, déjà réalisé, choses et êtres, mémorisations tandis que ce que l’on "veut", intentionnalise (qui échappe au conscientpuisque la conscience n'est pas le conscient) c’est ce qui n’est pas ; ce qui existe en avant dans le présent et qui se précise en avançant, lorsque l’on est en mesure de tout ramener en avant sans reste, sans passé, mais ayant absorbé le maximum de passé, assemblé suffisamment l’être, par devers soi, peut-être se dessine au-devant ce qui peut exister (et qui tombera dans l’être). Autrement dit le sur-divin, qui existe en plus, se charge de ce qui viendra ; aussi invente-t-il incessamment (y compris les mois, chaque moi est un processus de résolution qui s’invente et cherche sur-objectivement à résoudre l’équation qu’il est ; on est très loin du subjectivisme dans lequel on voudrait nous enclore, et esthétiques et éthiques sont autant d’autres résolutions potentielles, mais la structure est descendu jusqu’en chaque corps, un par un ; si pour Montaigne l’universel était un horizon très éloigné, après la révolution cet horizon s’impose à chacun et durement, il s‘agit de se créer un corps-autre en plus). Les preuves de l’existence de la Possibilité sont infiniment nombreuses, le sur-divin est absolument là ; c’est juste le voile d’ignorance qui nous les retire à notre vue (voile volontaire et subi mais subi « volontairement », par faiblesse).

Or il est donc deux niveaux ; d’une part ce qui est encore à rendre réel, à réaliser, le monde ou chaque vie jusqu’à son terme, mais aussi d’autre part l’atteinte formelle toujours immanquablement actuelle, acte pur et brut, qui s’existe en avant de la réalité ; puisque c’est du présent qui précède toutes choses, tout être, toute décision dont il s’agit. Nous existons à partir du Bord qui avance au-devant. Si le monde doit attendre pour se rendre réel, par contre le réel est toujours-déjà instancié absolument ; toute la structure est probablement toujours-déjà réelle. Nous venons vers nous-mêmes. Cette torsion du temps est la possibilité-telle qu’un présent il y a, tourné d’un seul côté et qui nous regarde.   

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​​​​​​​Bonheur rêvé et satisfactions toutes bues

13 Janvier 2018, 09:36am

Publié par pascal doyelle

On a tout abandonné ; dieu, la pensée, le sujet ; et on a eu raison puisque ces configurations de structure devaient dans la réalité s’incarner, s’incorporer, créer la densité, la détermination suffisante ; on a donc inventé la naturalité pour remplacer dieu, la raison pour la pensée, et l’humanisme et le moi pour le sujet.

Evidemment on n’a pas récupéré les anciennes configurations et leurs ampleurs in-finies, autorisant des stratégies, les arcs de conscience comme outrepassant la réalité. Et on s’est presque enfermé dans cette réalité nouvellement rendue par l’humanisme rationaliste naturaliste, abandonnant le réel comme structure ; n’en demeure plus que le minimum viable à savoir le sujet mais rendu abstrait (débarrassé de l’infini jouissance de Descartes et de sa limite interne ; la jouissance c’est dieu, pas nous, lui seul est suffisamment ardu pour sup-porter le réel, au propre et au figuré, il le supporte et il le porte) et réduisant constamment la possibilité structurelle pour une image, un fantasme dans le monde, le vécu et le corps, cad un fantasme remplaçant tout (abandonnant presque même Kant et le support universel de l’individualité morale, sous entendue intentionnalisatrice, ignorant le cadre universel sans lequel pourtant il n’y aurait pas de moi possible, mais le moi se croit seul et autonome et donc sans réflexion aucune), puisque c’est le regard en son fond qui remplace tout : il ne reste plus que de pauvres mois, une organisation universelle vague et démantelée, une angoisse corporelle et une dépression structurelle (la naturalité n’explique pas l’insatisfaction qui nous prend alors que tous nos désirs aboutissent dans ce monde humain des mois, cette personnalisation qui voudrait se saisir comme identité, mais enveloppée par la structure indifférente de conscience et de présent purs et bruts) et puisque le fantasme a remplacé le réel, et que la réalité, elle, nous conforte dans ce fantasme (on réalise tout ce que l’on veut, désire) les conséquences de cette irréalité ne tarderont pas à s’imposer ; le fantasme épuise les mois (ils veulent être « heureux », ce qui revient, dans le monde, à s’exténuer dans les images du bonheur, puis de la satisfaction, puis d’une sorte de perversion généralisée ou de dépression constante) et le fantasme épuise le monde, le donné, les choses, les êtres.

Les images du bonheur investissent ontologiquement des parties du monde, du vécu ou du corps, mais la réalité ne peut pas admettre le réel, ce qui veut dire que l’ontologique est ontologique et non pas donné dans le monde ; le réel est ce qui Borde les réalités et « la » réalité n’est pas, il n’existe que des réalités, diverses, multiples ; investir le bonheur (en fait non cet équilibre que l’on entend idéalement mais le bonheur qui s’est transformé en satisfaction, hargneuse, dégoutée, hallucinée, et donc en satisfactions, au pluriel, indéfini, girouette, fournisseur d’images) c’est croire que l‘ontos va nous revenir sous la forme du monde, mais l’ontos est la forme du monde et non les parties du monde (le monde en soi n’existe pas, n’existent que des parties, Kant).

La révolution humaine (dite démocratique, soit celle qui installe la liberté de chacun et l’égalité, du moins la révolution française, qui crée cette dynamique au fil de l’historicité) qui veut le bonheur pour l’être humain, surinvestit la réalité en oubliant le réel (puisque dieu, la pensée ou le sujet ne peuvent pas créer ici même un tel monde humanisé, il fallait traduire et donc inventer ce monde et cette humanité et cette personnalisation de chacun) cette révolution (qui est devenue mondiale, de fait), cette révolution humaine a non seulement inventer un monde, physique, mais une idéologie (non péjorativement) et cette idéologie nous bouge la vue ; en abandonnant la limite ontologique (que le réel est plus grand que la réalité et que l’on ne retrouvera pas le réel dans la réalité, la jouissance dans la satisfaction, le sujet dans le moi, l’arc dans ses contenus), on a désiré que la satisfaction soit pleine et entière ;

Lorsque la philosophie nous entretient de métaphysique (comprenant que l’intentionnalisation du monde lorsqu’elle sort des groupes humains, doit penser par elle-même et faire référence non à l’expérience collective enregistrée dans les groupes mais à l’expérience individuée au cœur du monde et que les idées, les intentionnalisations, augmentent, décuplent les perceptions et les possibilités et cela c’est la métaphysique)

puis d’ontologie (lorsque l’on passe des intentionnalisations, idées et systèmes, à « cela qui produit » des idées, et donc au sujet, à la structure intentionnelle, depuis Descartes, Kant, Husserl, Sartre, Lacan, et « cela qui produit » est une structure et cette structure est l’ontos lui-même ; l’articulation arc de conscience/présent ou en interne stratégie/tactiques, ou intentionnalité/intentionnalisations)

la philosophie nous montre le mouvement lui-même ; à savoir qu’il existe un Bord du monde, du corps, de la pensée, du vécu et que c’est le Bord qui intentionnalise ;  qui relève donc de son propre champ qui n’est absolument celui de l’objet ; la philosophie n’a jamais fondé une objectivité, mais l’être ou le un ou dieu ou le sujet ou la volonté ou l’Etre ou la structure (Sartre, et Lacan la jouissance) ; c’est la majorité qui a traduit cette réussite (d’avoir extrait notre structure et imposer qu’il ;y ait intentionnalités démultipliée mais à partir de l’intentionnalité structurelle) en projets naturaliste et mondains ; ce qui est judicieux mais insuffisant ; tomber dans les intentionnalités sans tenir l’intentionnalité, est un enfermement.

Mais peu importe, puisque nous sommes entrés dans l’ontologie même ; non pas l’ontologie comme discours spécial dans la métaphysique, mais dans l’ontologie réelle ; que l’exister commande, tout.

Si nous étions capables de maintenir à la fois le réel et les réalités nous serions bien plus intelligents, intellectifs, réfléchis ou plus précisément réflexifs, arcboutés ; mais nous sommes limités apparemment à n’engager possiblement qu’un seul plan. Et celui qui fut choisit c’est celui du monde, du vécu et du corps, attendant la jouissance, mais n’obtenant que des plaisirs, des satisfactions au fondement du vivant, et non pas des extases architecturées structurellement. Et si jusqu’alors on ne se visualisait que via la religion, ou précédemment encore selon tel ou tel groupe, on a voulu situer et ordonner  l’articulation (le retour par lequel nous nous positionnons nous-mêmes) par l’Etat et la démocratie et l’idéologie naturaliste humaniste et rationaliste concomitante ; chacun est en position réfléchie mais seulement sur son être propre, et l’Etat en coordination mais sans évidemment de programme interne (on a cru un temps d’abord que l’Etat se devait à la nation ou à cet autre programmatique que fut la révolution, sans parler des remplissages délirants de la forme étatique que furent les fascismes et autres retours magiques), mais de réflexivité externe à tout l’ensemble il n’en existe pas. De sorte que l’on se réduit à des tactiques (et même aux pires tactiques qui soient) mais incapables de stratégies.

La régulation kantienne, qui est celle de la révolution, est impuissante puisque ce qui aurait du être réglé, par la loi universelle, est en fait antérieur à cette loi et à son énonciation, inatteignable par la loi ou la raison, de sorte que l’universel semble abstrait et extérieur et le moi concret et dense ; aussi Sartre et Lacan recherchent-t-ils dans cette antériorité, sous la surface vers ce qui crée la surface, le champ lui-même en lequel est inventé l’universel d’une part mais qui crée aussi d’autre part la capacité qu’il y ait une historicité, une humanisation et un moi et un corps :  qui sont les systèmes et descriptions même de Lacan et Sartre.

De là également que le cadre universel et l’humanisme aient été dépassés du  dedans par la société civile, la techno-productivité, le libéralisme en ses versions et l’engouement personnaliste, qui a tout absorbé. Le champ d’une conscience dans un moi est bien plus vaste et concret que le champ ouvert par l’universel, et pourtant le moi est impossible sans la dimension universelle et les libertés ne se maintiennent que si elles se retrouvent par égalité les unes et les autres. Sans doute un tel monde humanisé et ensuite personnalisé n’a été possible que via les énergies fossiles, qui rendaient accessible quantité de réalisations, mais avec les mêmes énergies fossiles un autre monde aurait pu se coordonner bien plus adéquatement et sans perdre le réel des réalités, fourvoyées en fantasmes exubérants et proliférants.

Ce ne sont pas les technologies ou les performances qui sont en cause mais leurs destinations, ce que l’on en fait et à quels désirs elles sont soumises ; à la conformation d’un monde halluciné et hors sol, qui n’ayant aucune mesure et aucune règle quant au réel, qui fantasme les réalités et ce en pure perte, poursuivant des fantômes, puisque l’arc de conscience n’a qu’une seule destination l’arc du présent comme engendrement.  

Et c’est ce qui revient dans le psychisme des mois, à la surface des corps ; comme si les addictions devaient pénétrer le corps lui-même qui cesserait alors d’être une surface (susceptible de signes, à tous les sens du mot) pour s’identifier à un « être ». Les mois rêvent leur identité ; l’être, cette fantasmagorie, n’a aucun autre fond que l’imaginaire concentré ou dilué, la substance rendue imaginairement, qui n’existe qu’imaginairement ; on s’imagine être heureux, mais on ne l’est jamais, puisque la structure n’est pas de l’ordre du monde, et l’affect de cette structure n’est pas le bonheur.

L’affect de l’exister pur et brut

Il n’y a aucun mot pour signifier l’affect de la structure qui ex-siste… Sinon ex-stase, ex-statique ; pur mouvement, brutal déplacement qui contient en deçà de lui-même tout le reste. C’est littéralement ce que porte jusqu’à nous la recension de Rimbaud, l’enfer et les illuminations ; certains chercheront l’enfer, d’autre l’illumination ou un peu des deux ou vaguement quelques échos en telle ou telle œuvre ; Céline est brutalement infernal, c’est un fait. Joyce attend l’extase, explorée en toutes les recensions à sa disposition, mais il n’y a que cela, partout. Mozart pouvait encore attendre la révolution et l’universalité du corps humain heureux gravement en miroir les uns des autres, mais Hendrix ou les Stones ou Led Zep plongent intégralement dans le corps brut, profondément jouissif (image en écho de la jouissance et tout autrement, mais dont on a dit qu’elle était réservée à dieu pour Descartes ; la vérité est qu’ils inventent le jouissif, l’ex-stase et non la jouissance, atteinte de par soi, accès au divin par ce corps, et donc sur-divin, et on le sait puisqu’on les aime. Evidemment ce qui vaut pour les Stones vaut pour quantité d’autres ; puisque le sujet, la structure, une fois exposée prolifère en sujets, tous distincts).  On a atteint la base même de la présence en un corps, de ‘cela’ qui n’est pas un corps. Hors du monde et qui n’est pas un corps. Chacun sait bien qu’il n’est pas ce corps mais le regard qui regarde le corps, le regard inexplicable : on ne sait pas de où sort ce regard et on ne sait pas ce qu’il veut. C’est la plus totale et la plus grande angoisse qui soit. On plonge et on se perd de vue, on est vu-su-perçu on ne sait pour quoi.

C’est ce regard que voudrait attraper le moi dans son tomber-amoureux (rappelons qu’il s’agit pour lui de la plus grande expérience à laquelle il a accès – le sujet est plus étendu que le moi) et donc il s’y soumet. Pareillement attrapé par l’Exister pur et brut, l’arc de conscience en est saisi et ne le saisit nullement ; c’est l’arc du présent qui lui vient au-devant. Le présent subsume intégralement tout l’expérience en une fois ; le présent est ce en quoi résident toutes les réalités du monde, du vécu et du corps, du corps rendu Autre. Si l’on interroge le tomber-amoureux il s’y mêle de tels investissements que ce débordement est précisément et obscurément ce que le regard-dans-le-moi attend, attend de l’Exister.

Il est cependant apparent que les techniques, les technologies mentales (dieu, la pensée et le sujet), les hyper ou méta investissements non du moi (qui en est bien incapable puisqu’il croit être) mais du sujet-dans-le-moi (qui ex-siste, sort-de sans raison procédurale) se sont avancées bien plus loin dans l’articulation-au-réel. Le tomber-amoureux est tout ce qu’il reste d’espérance, d’attente et d’atteinte pour un moi engoncé dans l’idéologie rationaliste-humaniste-naturaliste (que pourrait-il attendre d’autre ? La révolution est loin, très loin, et elle réclamait l’universel ce dont un « moi » n’est plus capable du tout). Ici et là se soulèvent instantanément des sujets.

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Le divin en question

6 Janvier 2018, 09:27am

Publié par pascal doyelle

Continuons donc suivant l’hypothèse : cela seul qui existe est le présent ; le présent est la motion antérieure à tout, qui précède toutes les réalités, qui les laisse devenir telles quelles, et c’est pour cela qu’il y a « réalité » et que cette réalité est multiple, se dit comme « réalités » en tous sens, sans qu’aucune totalisation ne soit possible (il existe « de l’être », cad de la détermination, mais non pas l’être, le Un qui serait Tout est impossible). Ce qui correspond (que le Un ne peut pas être Tout) à cette forme qu’est le réel en tant que présent ; il est « en acte » et ce qui est en acte ne peut pas se fermer ; il est ouvert ; et ce qui est en acte demeure en acte ; il est sans cesse acte ; agissant.

D’un côté l’ensemble indéfini de toutes les réalités (non totalisables qui s’étendent peut-être indéfiniment), et de l’autre l’acte un et formel ; le présent, et le présent « n’est » pas, il existe au sens de « il ex-siste »  et demeure en tant que mouvement ; il se con-forme à lui-même ; il se donne, se prête, s’absout un visage qu’il remodèle continûment ; chaque milliseconde ce visage change et se perfectionne ; chaque seconde le réel se redistribue.

Par ailleurs on a vu que le néant existe ; étant « rien du tout » il n’offre aucune résistance à quoi que ce soit en quelque manière que ce soit ; le néant est, tel quel, infini ; l’être a donc tout l’espace et le temps (ce sont des figurations à notre portée, espace et temps ou ce qui en tient lieu ailleurs et autrement) pour se déployer et est donc lui-même, l’être, infini ; de même il n’est de réalité que déterminée et sitôt que l’on commence de se déterminer il en est une quantité indéfinie ; probablement jamais on ne parvient à la détermination « originelle » ; ce qui est déterminé est toujours a minima « quelque chose », de distinctif ; si le donné là n’était qu’une masse originelle amorphe, on ne comprendrait pas ; mais le donné est déjà en lui-même divisé et cette division s’effectue par la distinction et donc la qualification et la détermination et aussitôt entré dans la détermination on ne cesse de déterminer ; soit donc de promouvoir l’altérité (toutes les choses sont déterminées et sous la loi de l’altérité, qui ne leur est pas extérieure puisque sans se distinguer une chose n’est pas)

– et il n’est rien, à notre connaissance (et selon l’expérience limitative que l’on a de la réalité) rien de plus distinct que tel être qui, étant rapport à (soi), est de fait hyper-ultra distingué ; l’altérité est au principe de la détermination, et ce corps qui est outrepassé par le rapport qu’est une conscience de (soi) est un corps-autre ; un corps qui supporte des signes, une nouvelle surface qui se crée lorsque l’arc surgissant de la cervelle vers le donné, revient de ce donné vers ce corps et qui supporte alors des tas, des quantités de signes ; une surface qui comme telle se projette sur des plans, et clairement crée des stratégies

(que ces stratégies soient contraintes veut dire que ce rapport peut coller à même les déterminations (du monde, des situations, de son propre corps) et qu’il peut produire des cohérences ; ça n’est donc dans les deux cas aucunement des restrictions à la liberté, mais sa souplesse-même et sa capacité externe à lier ; ceci pour ceux qui ne comprennent pas qu’un langage, par ex, qui serait désorganisé et donc « libre » n’a pas grand sens ; un langage est un système parce qu’il se tient et s’organise, sinon il s’effilocherait, et comme il n’est, tout autant système qu’il est, constitué que de rapports, ceux-ci peuvent se monter et se démonter ; et l’ensemble des rapports qui perdurent sont précisément ceux qui sont relatifs au monde, soit au groupe, au collectif trésor partagé des mondes humains cycliques, soit au monde donné là, au vécu, au corps, à la réalité éclatée que rpojette dieu, la pensée et le sujet depuis 4000 ans).  

Rappelons que conscience de (soi) signifie que le dit « soi » est non une identité mais est … le rapport lui-même ; le rapport a rapport au rapport, il se réassigne constamment et ne retient rien, aucun de ses contenus, en sa structure et c’est bien pour cela que toutes les déterminations (de la perception aux idées en passant par les langages ou les comportements) défilent et passent au travers de ce rapport ; parce qu’il n’a de réel rapport qu’avec lui-même comme rapport ; et impossible pour lui de se prendre comme ego-substance, sinon de l’imaginer (il croit être un être, une âme, une substance, une identité quelconque ; par rapport au pur rapport brut qu’il existe tout le reste est quelconque, rien ne le reçoit, ni ne le représente), puisqu’il est le rapport (vide) du rapport (devenu formel de ce fait qui ne peut pas se prendre pour quelque contenu que ce soit ; la structure « conscience » n’a aucune correspondance avec quoi que ce soit, sinon avec le fait invraisemblable qu’un présent il y a).

Le rapport produit donc un champ au-devant du corps et formule une surface-autre (qu’il nomme comme il veut, Jésus-Christ historiquement ou Rimbaud ou Jean-Pierre).

Ce rapport le sait. Il le sait mais continue invariablement de s’imaginer être, selon une image, ou une idée ; mais comme le rapport se crée dans l’actualité, le présent et la situation, il rompt de fait, structurellement, toutes ces identités et ne consiste qu’en un miroir brut (si il n’était pas vide il serait plein… et donc déterminé et ainsi serait dans l’incapacité de promouvoir des quantités de signes en veux-tu en voila ; comprenons bien ; il est soumis à des tas de contraintes mais comme il se crée dans l’actualité et dans l’acte, du réel, il garde de fait une marge qui est une différence qui occasionne le possible même) et il peut difficilement faire autrement … puisque le rapport qui est dans le rapport n’a pas de représentation, ni de présentation du reste sinon ce fait majeur d’un corps qui est-là ; parce que là où il existe c’est en tant que corps et plus précisément en tant que surface du corps qui supporte les signes (cad les rapports issus du rapport et qui ne cessent de broder et de tisser, et tandis qu’il tissait dans le même groupe constant, depuis dieu, la pensée et le sujet il tisse dans le monde donné là universel, qui n’appartient à aucun groupe) ; il est toujours renvoyé à sa position « là » d’un corps ; ce que veut dire la psychanalyse, littéralement, dans l’épaisseur bizarre du corps « en surface ».

La psychanalyse, mais qui demeure à l’usage de ces mois, depuis que des mois sont lancés, par l’historicité et la révolution liberté-égalité, dans le monde donné réel, il s’y est produit un corps-pour-chacun. La psychanalyse mais pas seulement parce que les configurations ancienne ; dieu, la pensée, le sujet ; manifestent ou le tentent toute la Dimension qui s’est ouverte lorsque cessant d’appartenir à un groupe mais au monde, au donné perçu, au vécu éprouvé et à ses affects et au corps dans sa position étrange, alors donc passant de tout monde clos au monde donné là, c’est une intégralité de possibilités qui se propulsent dans le monde, le donné et le vécu. Créant des quantités de stratégies ; et toutes sont issues de la même structure formelle, et donc susceptible d’être réintégrées dans n’importe quel sujet. Aussi doit-on s’utiliser afin de réincorporer la totalité des possibles acquis ; dieu, la pensée, le sujet, l’altérité ; rien de tout cela nous est étranger, malgré la frontière naturaliste-rationaliste-humaniste du 18éme.

Il n’y a rien d’étranger dans tout le devenir énorme qui fut le nôtre, ne serait-ce que de par sa loi qui est l’actualisation du réel comme Altérité pure et brute.

On a dit qu’il s’agissait du rapport dans le rapport ; il existe un rapport absolu, celui du, vers, par le corps donné-là mais en sa « surface » (qui reçoit les signes, sur son corps, dans sa perception, dans les signes et les langages, les idées et les images, les relations et les objets, comme d’avec les choses, en tant que tout cela passe dans le goulet de la surface du corps) et dans ce rapport se tissent mille milliards de rapports, comme dit, mais en même temps ce rapport (se) signifie ; mais il ne le peut pas, mais il le fait quand même ; autrement dit tout le reste sert de moyens à cette signification impossible (qu’il y a donc une structuration de l’inconscient).

Mais aussi ce rapport à (soi) se signifie quand même ; il faut bien qu’il se place dans le monde, dans le discours, dans la phrase, dans le comportement, en l’autre, etc ; et les grandes configurations s’utilisent à cette fin ; dieu, la pensée, le sujet et l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, etc) maintiennent le réel, cette structure, dans la réalité. Supposer que le réel soit non pas ces formes vides mais ceci ou cela, condamne à ne désirer ou plus largement intentionnaliser que le monde via le monde. User de ces configurations permet par contre en tenant la structure du réel s’imposant dans le monde donné, d’organiser non plus les intentionnalisations telles ou telles (qui tiennent toutes du monde et de contenus et d’identités) mais l’intentionnalité même comme processus, autrement dit de créer des stratégies qui ne sont plus de simples tactiques (qui retournent toutes dans le donné). Pour organiser ces intentionnalisations il faut se situer dans l’intentionnalité et donc la nommer selon des repères ; à quoi s’utilisent dieu, la pensée, le sujet et l’altérité.

Ceux qui ne comprennent plus les configurations se figurent le réel comme si il n’était que réalité et comme il n’est pas de totalisation de la réalité, ils se figurent le réel selon les réalités ou selon telle ou telle réalité ; impossible alors de rejoindre les configurations qui permirent d’assurer la présence dans la réalité de l’articulation suffisante. Et ce reniement s’effectue prétendument pour une libération (ce qui est vrai) mais qui tombe dans le donné (en croyant que les éléments du monde découverts à partir de la positon acquisse suffiront à expliciter le donné tel que là, le monde, le vécu, le corps) ; tout se transforme donc en intentionnalisations mais à partir d’une structure acquise (en gros la structure de sujet qui transforme tout en objets, oubliant que le sujet, le réel, le cartésien, se supposait lui du réel même et non de la réalité) et comme il est impossible d’abandonner la structure, la position acquise, tout est perçu par ce sujet mais rendu abstrait, évidé de toute la formulation structurelle, qui ne pose plus même son arc dans sa puissance mais rétrograde sa possibilité ; elle ne serait que de et pour le monde, le vécu et le corps ; enfermant tous les sujets dans le déni de soi, ne cessant de désirer n’importe comment et en pure perte, et épuisant les réalités au lieu de continuer d’architecturer la dimension, le réel de la structure. Nietzsche et Heidegger ont cherché le moyen de s’en sortir en réinstallant une ontologie(autre) dans la réalité (naturaliste, humaniste, rationaliste, objectiviste, etc). Sartre et Lacan ont creusé la structure même et analyser son potentiel brut.

Les sujets éprouvent ainsi l’effondrement d’une part de leur intentionnalité et le retour de l’intentionnalité vers le corps, nu, sans recours aucun, qui est dépourvu de toutes les possibilités de structure ; et d’autre part sont absorbés par leur immersion dans les intentionnalisations qui les baladent dans le monde donné, dans les déterminations. Ce que signifiait l’idéal de bonheur sur terre promut par la révolution et l’idéal du monde rêvé, de la vie imaginée, de sa propre authenticité ou de sa « naturelle spontanéité » comme si la nature humaine se confondait avec la nature tout court ou comme si notre personnalité recelait une vérité qui soit aussi destinée à une réalisation ; qu’il ne faille pas abandonner l’idéal de bonheur et de réalisation de soi est une chose mais il faut bien saisir que l’on ne réalisera pas ni que l’on ne coïncidera jamais avec quelque identité ou vécu ou corps que ce soit ; nous ne sommes pas de ce registre là.

Qu’il faille conserver cet idéal la raison en est (outre que l’on sera moins méchant, comme disait l’autre) qu’alors seulement il est une chance pour que dans les mois et l’humanisation apparaissent les sujets et la coordination humaine (sans quoi les intérêts du monde dévoreront toute entente et donc toute organisation, toute méta-organisation).

Comme l’idéal de vie rêvée ne parviendra jamais à satisfaire notre structure, qui se tient antérieurement au monde, au vécu, au corps, bref antérieure à tout, chacun l’éprouve absolument dans son vécu, voire lorsque le désordre est si grand, dans son corps (l’atteinte du marasme vécu est alors si grand que la contradiction, la douleur remonte jusqu’au cœur de la position intentionnalisatrice et cette position c’est la surface-autre du corps, le retour même qui coupe alors intégralement toute possibilité intentionnelle). Atteint dans la prise directe que la structure intentionnelle effectue sur la réalité, cette structure intentionnalisatrice se dénoyaute alors de tout réel.

On pleure sans cesse que l‘occidentalisation aurait imposé une altérité irrécupérable et aliénante, mais c’est le réel lui-même qui est Autre, il est constitutivement Autre. Et il n’est pas d’identité ou de bonheur constitutif ; ce qu’il faut penser et élaborer c’est l’insatisfaction native absolue ; et c’est bien cela la volonté stratégique du guerrier. Le monde, le donné ne nous attend absolument pas, et même l’être, la réalité, déterminée, ne sait rien de ce qui peut exister, ex-sister. Le « ce qui vient dans la réalité » sera absolument purement créé. Et c’est bien par ceci que non seulement l’occidentalisation est la seule voie, la structuralité de ce qui est (l’être étant relégué en seconde place), mais que la structuralité est le questionnement même du divin, qui n’est plus dés lors ce que par « divin » on a pu comprendre, et qui doit être nommé le sur-divin.

Il ne sera pas nécessairement une consolation. Mais dieu, la pensée, le sujet, l’altérité (Nietzsche, mais aussi Sartre et Lacan manient l’Exigence) n’étaient pas des consolations, et ce contrairement à l’interprétation, laxiste, depuis le 18éme qui à cru récupérer la potentialité « céleste » et l’installer entièrement dans le monde, le vécu, le corps, l’humanisme, l’identité personnelle, toutes choses justes mais insuffisantes et c’est précisément ce décalage qui ne peut pas s’interpréter selon le monde humain produit ; le moi ne peut pas comprendre sa distanciation, lui qui Croit qu’il Est  – imaginairement, d’où la démultiplication indéfinie des images ; un sujet ça n’est pas un composite d’images tenu en synthèse par, en fait, le sujet interne, c’est le miroir, en instance de variations diverses de sa représentation toujours impuissante, et qui ne peut être elle-même que re/présentation, présentation à nouveau du miroir, et cet acte le modifie.

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