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instants philosophie

Structure de l’Insensé

28 Décembre 2017, 12:37pm

Publié par pascal doyelle

La réalité est une dilapidation insensée, et un gouffre de meurtrissures diverses et variées : une masse absurde, ventripotente, et qui semble promettre pour mieux nous précipiter dans le dégout, la dépression, le ressentiment, la pourriture.

Ça ne ressemble pas au monde imaginé, à la vie rêvée ; c’est juste un énorme gaspillage d’énergie dans toutes sortes de directions et probablement dans toutes les directions effectives, dont on ne voit pas qu’elle naisse d’un sens quelconque, et visiblement aucun ordre ne préside sinon une dispersion statistique (ce qui veut dire que, oui, ici et là des mondes organisés, des vivants ou équivalents, mais que la chute d’un météore pourrait, éventuellement, annihiler sans raison ; c’est cela l’absence d’ordre sensé ; ça avance, mais statistiquement).

Or  donc la réalité ne nait pas d’un sens préalable mais elle avance vers. Elle avance en avant. Et cet en-avant est le présent, la structure en forme de présent. Elle avance vers on ne sait quoi ; ce qui veut dire que ce vers quoi cela avance n’est pas mais  que « cela » se décide au fur et à mesure, pas à pas, là au-devant ; la réalité est, le réel existe ; l'exister est la forme de ces effets d'être divers et variés. Et on peut donc en conclure ceci ; ce qui sera se décidera au fur et à mesure et se modifie au fur et à mesure des décisions (et dans le monde donné au fur et à mesure des événements).

Si la totalité (de toutes les réalités dispersées, dés-ordonnée, jetées là comme une série indéfinie de dès) est première, le Un final sera dernier, au Bout du monde, et il faut ajouter sera lui-même pluriel ; puisque ça n’est pas l’ordre ou le sens qui préside au réel mais la Possibilité. Et que donc si le possible est la règle, il y aura instanciellement diverses versions du Un. Et puis peut-être au bout du Bout un seul Un finalisé. Mais alors là il faut s’entendre. SI l’altérité est la loi des réalités, et si le présent est la structure, alors le Un final n’est pas figé mais est lui-même l’Acte pur et subtil ; ce qui veut dire qu’il se modifie incessamment. Sans cesse aucune. Continuellement. Si dieu existe, ou équivalent (on voit par là que notre notion de « dieu » est en-deçà du sur-divin) son visage, sa figuration, son être au sens de structure activiste se modifie de toutes les décisions antérieures. Quant à savoir si le « qui sera » revient constamment sur le déroulement … c’est autre chose (c’est ce à quoi le prophète, très étrange, mais les prophètes sont toujours très étranges, le prophète Ph K Dick est confronté ; ça vient de devant, ça vient vers lui à partir de l’en-avant. Pareillement lorsque Saint Paul énonce « ni homme, ni femme, ni riche, ni pauvre, ni homme libre, ni esclave mais tous un en christ », il fonde les 20 siècles qui suivront).

Revenons. Pour qu’il y ait « réalité » il faut qu’il y ait dés-ordre, sauvagerie, ou brutalité ou à tout le moins indifférence de la possibilité lancée dans le néant (qui n’étant rien du tout n’oppose aucune résistance, de fait, et étant infini, le néant, on peut supposer que le lancement de tous les dés de toutes les réalités est lui-même in-fini). Mais le point de vue potentiel ne se limite pas à cette non-humanité, au non-sens, au dés-ordre de la réalité ; il se trouve que la machine organisationnelle de ce dés-ordre (qui n’est pas un désordre, puisque dans la détermination il existe toujours un minimum d’ordre, serait-il « chaotique », puisque ce qui est ce sont des choses déterminées, distinctes), la machine organisationnelle se désigne visiblement comme Présent ; le présent est la structure du réel. L'organisationnel de ce présent n'est pas l'ordre ou le sens mais le possible (le néant existe, l'être existe, dans l'être il est une forme, l'exister, qui engendre des effets d'être). Le présent est l’acte d’exister pur et brut, qui se transportera comme acte d'exister pur et subtil, au bout du Bout via le Bord de tous les mondes. Si le présent est si visible, c’est qu’il est la visibilité même, ce par quoi ça apparait (et hors de cette apparition il n’est rien, mais ajoutons tout de suite que l’on ignore « où » va le présent…)

Si il est un présent c’est que dans la réalité se réalisera un quelque chose inconnu ; on n’ignore pas que le propre de la réalité est de produire de l’inattendu ; il faut une quantité astronomique d’énergie puis de matière puis de mondes pour que ici et là naissent des vivants (ou ce qui en tient lieu dans d’autres mondes que le nôtre) ; ça se rend réel statistiquement (soumis au dés-ordre, mais le dés-ordre est la possibilité même qu’une réalité il y ait).

Rappelons que la détermination est la distinctivité ; des choses sont déterminées parce que distinctes les unes des autres, ne se confondent pas, n’occupent pas le même temps ou espace, etc ; et que la loi interne de tout ce donné externe (tout est externe et jeté là, une réalité qui ne s’exposerait pas n’a pas de sens du tout), la loi est l’altérité ; non que tout soit n’importe quoi, mais que tout soit distinct, et que les multitudes de uns, de « choses », et que par le Un lui-même tout soit selon la distinctivité d’altérité du Un. Le Un est ce qui crée l’altérité qui crée la détermination. Et dans cette détermination un re-tour, un nouveau tour, se cherche et c’est cela le présent.

Autrement dit ici même, ici et maintenant le Un herche à réaliser, rendre réel ce qui n’est pas encore ; et donc il est une distinction absolue, cad formelle, entre l’être, le donné, le passé, les mémorisations que sont les choses et les êtres, et d’autre part l’exister, le présent, l’acte pur et brut du présent ; et ce qui existe c’est l’exister, l’être est seulement l’ensemble des effets, des réalités de la vague, de la lame du présent.

Mais ce présent est alors dimension qui vaut en et par elle-même ; elle est une structure descriptible et c’est cette description qui a lieu depuis la méditerranée (dieu, la pensée grecque, le christique, le sujet cartésien et suivants, l’altérité de Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan).

C’est bien pour cela que d’une part la réalité n’est pas ce qu’on a pu en supposer (l’être, dieu, le un qui serait tout, etc) mais bien autrement sauvage, brutale, mais également d’autre part que le Un tout au bout, celui qui sera, ça n’est pas du tout ce que par l’absolu, le sens ou l’ordre en soi on imaginait. C’est tout autre chose et tout autrement que cela navigue au travers des temps, puisque le temps est relatif à l’exister ; le présent dont on parle n’est pas le « présent » mais l’acte d’exister qui avance. Par conséquent nous sommes toujours déjà instanciés sur le Bord de tout ce qui est selon l’être et prêts de basculer selon l’exister, en stase d'existence. C’est ce basculement qui constitue ce que l’on a nommé l’occidentalisation, la structuralité, soit donc le processus qui consiste à extraire puis élaborer puis architecturer le mouvement même du présent, de l’actualisation (de tout le possible, de la possibilité même ; dieu, la pensée, le sujetl'altérité sont des actes de bout en bout), de l’acte pur et brut du réel en dessous de la réalité et agissant comme réalités, vécus et corps.

Et c’est pour cela que c’est un devenir ; une historicité et une profusion de révolutions. Mais alors au sens propre et définitif ; il de-vient. Même à supposer le Un tout au bout (de toutes les réalités, de tous les uns) il ne faut l’admettre qu’en mouvement ; il change de forme au fur et à mesure des décisions. Le présent est l’infinité de miroirs qui renvoient, activement, au Miroir formel de pur et subtil mouvement, en acte au sens propre.  

Reprenons ; la réalité est « les réalités », de sorte que l’on ne peut en formuler le un (il n’y a aucune idée universelle qui parle le Un de cette totalité de réalités qui n’est donc pas une totalité mais l’ensemble de toutes les réalités jetées là ; il n’est pas de Un qui serait Tout).

Mais la forme de toutes les réalités est le présent, non pas le temps « présent » mais l’acte qu’est le présent (celui-là même en lequel on existe, et le présent est cela seul qui existe, et concurremment est cela qui ex-siste, et ex-siste tout le reste). Et si le réel est le présent et que le présent est un acte (et donc le seul Acte qui soit, puisqu’il est formel il ne peut pas se composer avec quoi que ce soit, il est le Bord de toutes les compositions), alors le présent est la machine (absolue, cad formelle, non déterminée) qui se meut, constamment, continuellement, qui sans cesse re-vient.

A la fois la machine revient et vient-à-nouveau. Elle ne s’arrête pas. Il existe des mondes (des univers, des réalités, ou quoi que ce soit) afin que le Un de tout, au Bout du monde, appuyé sur ce Bord de tous les mondes qu’est le présent, afin que le Un re-vienne incessamment sur lui-même.

Le Un Final, celui qui sera (et qui sera continuellement un Acte, un Acte continué) présuppose antérieurement à sa formulation incoercible, invincible, que se produisent des uns, donnés ici même, ici et maintenant, dans tous les ici et maintenant, le Un qui s’interface via des uns spécifiques ; entre le divin totalement en sa forme en acte en devenir structurel et le donné là des réalités, de la totalité non close de toutes les réalités, de tous les univers (ou qui en tient lieu), existe le sur-divin. C’est pour cela qu’il existe Rimbaud.

Ou quiconque, pour vous, qui puisse servir d’anges ou de démons ; les anges et les démons ce sont ces êtres là ; bien réels, bien vivants, bien existants. Il est peut-être des anges traditionnels ou des intermédiaires dans le ciel, mais de tout cela, personnellement, on n’en sait rien du tout ; on se contente de ce que l’on constate, et Rimbaud et tout comme diverses inversions ont existé de fait.

On part donc de cette constatation fondamentale ; ce qui est c’est le présent, on ne voit rien d’autre qui puisse exister, et il se trouve qu’alors on ne peut plus dire qu’il « est » mais bien, si le présent est le réel, il faut dire qu’il existe et si il existe alors il ex-siste. Il sort de. Il sort de quoi ? De lui-même, de lui-même à partir du donné gigantesque des réalités non totalisables mais poursuivant qu’un Réel paraisse au Bout de tous les temps et via le Bord de tous les mondes, les donnés, les vécus, les corps. Ce qui vaut c’est ce qui n’est pas mais vient au-devant par le biais, le moyen, la structure du présent ; le présent est le moyeu.

Si le présent est si visible, c’est qu’il est la visibilité même, ce par quoi ça apparait. Et hors de cette apparition il n’est rien, mais ajoutons tout de suite que l’on ignore « où » va le présent… la structuralité dont on use depuis la méditerranée depuis dieu, la pensée grecque, le christique, le suejt cartésien et suivants, l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, etc) veut précisément analyser le mouvement ; dieu, pensée, sujet, altérité sont des Exigences : de fait (et d’une belle constance ; l’altérité ne le cède en rien à dieu, le sujet au christique, la révolution à la communauté des croyants).

Occidentalisation ou structuralité de l’histoire

(Inutile de s’effaroucher à propos de « l’occident » : il s’agit du passage de mondes culturels, ayant créé et porté la mise en forme culturelle, passage vers le monde Acculturé, qui n’est pas dépendant d’un peuple, d’une représentation, d’un langage, d’un monde localisé ou territoire et qui repose sur deux principes ; le monde donné là, commun à tous, et le corps, relatif à chaque’un)

Et analyser c’est le mouvement du présent ; c’est ce qui eut lieu effectivement, rigoureusement, comme étant l’intention de dieu (le Un tout Autre, hors du monde, de tout donné), la réflection de la pensée grecque (qui re-vient sur tout le donné du monde, via l’universalisation, la mise en jeu de l’intentionnalité précise), le re-tour du sujet (le nouveau tour qu’est le sujet) et comme étant l’altérité, l’étrangeté, l’inhumanité, la sur-humanité potentielle (qui doit se transfigurer en sur-divin, Nietzsche, Heidegger ou Rimbaud), et enfin l’analytique au sens propre de la structure qu’est notre être (ce qui veut que cet « être » ex-siste), avec Sartre et Lacan ; c’est analyser le mouvement de basculement de tout vers et par le présent, comme machine structurelle, qui est le centre formel, de toute l’historicité.

Structure du présent dont la délégation, la répercussion, la diffraction est la structure de conscience, miroir du présent en nous ; comme forme vide mais formelle. Analysable et analysée. Pour illustrer ; si le présent est cela même qui existe, ça n’est pas réduire ou ramener dieu, la pensée, le suejt ou l’autre à une immédiateté, parce qu’il n’y a pas d’immédiateté …

Ce qui est c’est ce qui ex-siste ; ce qui existe c’est une structure ; la détermination, les choses sont dans la structure, et donc « subit » la structure, laquelle, elle-même, n’est pas mais Ex-siste, et cet existe est l’enveloppe qu’est le présent. Dire que dieu, la pensée ou le sujet ou l’Autre sont « là ici même », c’est en tant que structure réelle ; celle de la structure de surmontement qu’est l’arc de conscience ; tout cela n’est en rien immédiat, mais déjà engagé par et dans l’altérité. Le réel est intégralement un Arc d’acte pur d’abord brut et d’une brutalité sans égale, puis Arc du Un qui se crée.

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L'Acte de présent brut

24 Décembre 2017, 14:41pm

Publié par pascal doyelle

Lorsque l’on voit, perçoit, ressent les couches d’aveuglement accumulées par ceux qui renient leur propre historicité, qui s’empressent de caricaturer la pensée, ou dieu ou le christique ou le sujet, on éprouve bien la barrière invisible qui fut dressée à partir du 18éme, 19éme ; ignorant les fondations de leur être spécifique, les dénégateurs croient réinventer le monde, le vécu et le corps ou plus exactement usent de leur liberté nouvellement acquise pour croire en ce monde, là, tel quel, donné, comme çi les yeux s’ouvraient pour la première fois et qu’il était possible de se réaliser dans le monde et qu’à partir de cette liberté il était possible de renier la totalité de toute la précédence.

Ce qui n’est pas faux, mais c’est parce qu’ils, les contempteurs, perçoivent, littéralement y compris, à partir du point acquis du sujet ; le sujet que Descartes représente, manifeste (il ne l’invente pas, il le décrit, il décrit une position qui est vécue, éprouvée, intentionnalisée partout et par tous ceux qui tentent de se tenir au plus près du Bord de la réalité). C’est parce qu’il y eut la précédence (dieu, la pensée, le sujet) qu’il y eut cet aboutissement : perchés sur le Bord du monde (qu’instancient dieu, la pensée, le sujet) on peut atterrir sur le sol du monde, la surface du corps, la densité de la réalité.

Parce qu’effectivement en un sens (vers l’en-avant) dieu, la pensée et le sujet freinent et cristallisent l’aboutissement au monde, sur le sol réel, mais ne un autre sens (rétroactif) l’aboutissement au monde resterait absolument impossible. Il faut comprendre :   dieu, la pensée, le sujet ne  nous tiennent pas à l’écart mais introduisent absolument (cad formellement) au monde et à la réalité parce que ces configurations saisissent la structure du réel de cette réalité ; c’est parce que le réel s’introduit dans l’humain via ces configurations que, ensuite, on peut se tenir du sujet libre et ouvrir sur le monde donné là. Et le sujet est libre parce qu’il est perçu à partir de dieu (ou de l’hypothèse de dieu), de la pensée et du sujet. Il est perçu et se perçoit lui-même via une telle médiation absolue, formelle ; lorsque l’on remplace cette forme par un contenu ou une partie du monde (qui ne nous est connue que via un contenu de conscience) on retombe dans le monde ; on coïncide (faussement) avec telle partie du monde ou telle représentation (humaine) qui se donne pour réelle, alors qu’elle est construite comme tout le reste, comme toute culture ou acculturation humaine.

Evidemment dieu, la pensée et le sujet sont également construits mais contiennent en leur formalisme la capacité d’accéder à l’intentionnalité ; dieu, l’être ou le sujet sont vides, ce qui veut dire formels, et ainsi permettent à chacun de faire retour sur sa propre activité sans a priori. Mais si vous vous définissez comme un corps, un vécu ou une identité, votre intentionnalité est liée. C’est ce qui s’est passé en substituant la nature à dieu, la raison à la pensée et le moi (l’humain) au sujet. La synthèse attendue, espérée, exigée, déceptive toujours est celle du bonheur ; tout ce qui est réalisable se réalisera ; votre désir (qui nait de et par le monde) est par hypothèse satisfaisable dans le monde le vécu, le corps ; si on n’y parvient pas, on ne comprend plus. Et on n’y parvient jamais.  

Donc on n’y comprend rien. On désire des choses, qui se réalisent ou non, mais on reste sur sa faim, parce que la structure utilise les désirs et les choses, mais ne peut se reconnaitre ni dans les choses ni dans les désirs ; et ce que l’on ne saisit plus c’est que le « désir » pour la pensée ou dieu ou le sujet ne ciblait pas la « satisfaction » et d’était pas un désir, du tout, mais les contempteurs qui tiennent mordicus à se réaliser ici dans ce monde, quand bien même tout leur identique qu’ils seront malheureux comme des pierres, soutiennent leurs désirs ; et ne veulent en vérité que se servir des prétextes afin de suivre leurs satisfactions et valider leur attachement et leur croyance qu’ici même l’idéal, ourdi par le 18éme et le bonheur, se rendra réel. 

Au contraire ces configurations permettaient de faire-avec-le-manque, le vide (que nous pouvons maintenant définir non plus comme manque ou vide mais comme forme et ce à la suite de Sartre et Lacan mais aussi de toutes les expérimentations et explorations élaborées depuis Descartes qui plante la forme de notre structure dans le sol du réel, du monde, du donné et permet de passer du métaphysique qui projetait dans l’être ou le un la réflexivité qui est à l’œuvre ici même et ici et maintenant ; c’est l’arc réflexe même du cartésien, poursuivit par Kant, Hegel, Husserl) ; et ce gigantesque mouvement en forme de boucle ouverte.

Rappelons : le réel est une surface (autant que l’on en juge de notre situation et il faut préciser que cette surface tient sur un seul point le présent pur et brut, l’Exister comme arc incandescent absolu, cad formel)
et sur cette surface se forment des boucles, les arcs structurels de conscience (formes en interne à cette forme-surface toute externe, de totale exposition de tout, ce qui se nomme « une réalité »),
et dans le présent de cette surface doit se créer un réel inattendu, un réel Autre (puisque tout réel est assujetti à l’altérité pure et brute), et qu’il y ait une telle attente dans la réalité même c’est la fonction même qu’il y ait un présent.  

Dans la forme indéterminée (du présent) il existe le commencement d’une forme dont la seule expérimentation que nous possédons est cet arc structurel de conscience (et dont on ne peut en aucune manière préjuger de son advenir, de son possible, de son réel futur ou a-temporel ; puisque le présent est « ce en quoi il se passe quelque chose » et qui tracte ou attire en avant ; tout ce qui est ou tout ce qui fut (en l’état de mémorisations que sont les choses ou de traces existentielles que sont les Signatures, les Œuvres, à tous les sens du mot)  est là tel que donné, mais ce qui Existe est en-avant, n’est pas encore, sera, sera au sens qu’il sera-déjà-encore-à nouveau dans la stase non-temporelle qu’est le présent, qui enveloppe de partout toutes les réalités. Ce qui est l’acte même du réel est infiniment proche de tout ce qui est ; qu’il y ait un présent qui est un Acte pur et brut devrait étonner tout le monde. Si le présent est un Acte, alors il est l’Acte unique. Pourquoi croyez-vous qu'il existe un Présent ? 

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Du culturel au structurel

16 Décembre 2017, 10:37am

Publié par pascal doyelle

Le moi dans son embarras horrible

On délimitera donc les cercles de pensée, de réflexivité, de réalisation, comme on voudra.

D’une part les mondes particuliers, cycliques, communautaires, ritualisés, immédiats qui parlent ce qu’ils perçoivent ce qu’ils parlent et se fonde sur leur propre groupe humain, dans telle ou telle mise en forme culturelle (ces mondes humains inventant, chacun, séparément, ce que l’on nomme la « culture », comme structure précise).

Et d’autre part le mouvement qui prend naissance autour de la méditerranée (sur laquelle confluent quantité de peuples, langages, mondes et cultures diverses, d’Afrique ou celte ou romain ou grec ou juif, etc), le mouvement qui n’est plus de produire une mise en forme culturelle mais de forger une acculturation ; une acculturation fondée sur le monde tel que donné là et sur et en ce corps ici et maintenant (grec et christique) ; et il ne peut y avoir qu’une seule acculturation puisque l’on définit celle-ci comme fondée sur le monde d’une part et sur le corps d’autre part ; soit donc les grecs et le christique.  

Si l’on se demande ce qui s’est passé comme immense mouvement historique qui a pu modifier intégralement toute l’humanité, soit donc la planétarisation et donc l’application partout de « l’occident », c’est qu’il faut comprendre l’occident comme un des effets du réel mouvement générateur qu’est l’occidentalisation, ou si l’on veut l’historicité de structure et non plus de contenus, de la forme intentionnelle et non pas des mises en forme culturelles séparées.

Ce qui revient à ceci ; l’occidentalisation ou la structuralité ne consiste pas en un contenu électif (qui aurait pour essence dieu et la pensée, le judaïsme et les grecs, que ce soit comme judéo-christianisme ou comme gréco-romain), mais parce que dieu et la pensée sont eux-mêmes non des essences qui s’imposent mais des effets d’une cause de structure ; et c’est cette structure qui est évidemment plus grande que le judaïsme, le christianisme, les grecs ou les romains, l'Europe et la renaissance, etc ; c’est bien pour cela que l’historicité s’est continuée ensuite, et largement en plus des grecs et du christique ; les 20 siècles qui suivirent développent tout à fait différemment la Même Structure, parce que c’est celle-ci qui est prioritaire et cause de ces effets et c’est en tenant la vue de cette cause que l’on comprend, prend-avec, les effets (dieu, la pensée, le christique, le sujet, l’historicité, la révolution, l’altérité) effets parvenant jusqu'à l’os, la racine, la source de structure même ; et parce que ce ne furent pas des contenus (dieu, la pensée, le sujet, etc ne sont pas des contenus ou des essences ou des substances mais des mouvements, formels) mais une structure qui a été mise au jour et développée (en ces effets-là, dont les croyants peuvent tout à fait considérer qu'il s'agit de révélations plutôt que de réalisations), c’est la structure qui a pu devenir planétaire …

Si s’est imposée la structuralité sur la surface de la réalité c’est parce qu’elle agit à partir de la structure sur et par ce que chacun possède et a accès : un corps et le monde. Chacun a un corps et le monde est le même pour tous.  La structure n’est pas christique, c’est le christique qui fait parti du structurel, lequel se déploiera bien au-delà du christique. Il s’agit donc au plus simple d’un corps vivant relancé sur le donné là via cet arc qui sort de la cervelle ; en plus de la cervelle et du corps et qui tire, étire et l’un et l’autre vers l’en-avant. Arcbouté au présent en lequel il, cet arc, veut réaliser intégralement tout ce qui est, fut ou sera ; le présent, actualisation veut présentifier ici même tout ce qui est et le tenir là-devant ; puisque, et c'est fondamental, de par son inscription sur le réel, cet arc est dans l’antériorité de tout ; le présent est antérieur à tout et se re-veut comme origine de l’ensemble de tous ces effets du monde donné cherche à creuser son architecture et à se redéployer, ce qu’il fît en recréant une anthropologisation nouvelle (juive, grecque, christique, romaine, puis européenne et révolutionnaire et enfin mondiale) en remplaçant la mise en forme culturelle par l’acculturation, la structuralité affirmée ; depuis ce ne sont plus les groupes qui ont accès à la réalité (dans telle ou telle représentation séparée) mais l’actualisation du corps de chacun et du monde commun.  

Non seulement la pensée puis la raison, le christique puis le sujet, dieu puis la naturalité et enfin le réel (l’existence puis l’exister) mais aussi les esthétiques, les éthiques, les politiques, les historicités, les idéels et toutes les connaissances objectives, sont ces effets.

Par ailleurs « sujet » signifie individué, mais individué ne signifie pas subjectif ; le subjectif est un des effets de l’individuée structure et celle-ci est individuée parce qu’il n’est d’arc de conscience qu’une par une (ou corps par corps, un à chaque fois) ; c’est comme si l’on disait que Jean-Pierre est sa propre conscience et que cela signe son identité ; ce serait « sa » conscience ; c’est absurde. Jean-Pierre est la sorte de synthèse déterminée, plus ou moins, qu’utilise cet arc de conscience qui se signifie, se signe comme « Jean-Pierre » (qui n’est qu’un signe, par lequel ce « Jean-Pierre » se montre du doigt, se signe ) ; et ça n’est absolument pas supprimer Jean-Pierre ; c’est dire bien plutôt que le vrai Jean-Pierre ça n’est pas la synthèse de moi qui a plus ou moins bien organisé son vécu (son héritage, son corps, ses qualités, ses aventures, le langage qui l’accompagne, etc), mais que Jean-Pierre c’est le je qui va décider et orienter cette synthèse ; c’est ce que le je fera de « Jean-Pierre synthèse » qui est le vrai et réel Jean-Pierre, mais celui-là, ce je, n’a pas de nom. C'est pour cela que le je n'est pas le Jean-Pierre conscient qui est impose sa volonté à son donné.

Or il faut bien penser à cela ; ce que l’on nomme le moi est effectivement déjà cette synthèse multidéterminée mais aussi pluriellement choisie et inventée ; il n’est aucun « moi » qui ne soit pas (en partie) une invention. Et c‘est cette partie qui compte parce que c’est elle qui ajoute et s’ajoute au déjà déterminé ; c’est ce que l’on a déjà fait de soi qui est le soi le plus étrange et fondamental ; en réalité l’ajout est justement ce à partir de quoi on est en plus, on est un moi. Et cet ajout n’est pas seulement du déterminé, mais le point de vue par lequel on s’échappe, se hait ou se relance, et ce par quoi on bouge le corps… puisque c’est dans l‘actualité que l’on a créé ce point de fuite et d’altérité ; ce point de fuite est en acte, pur et brut, voire brutal, et créé donc ce point d’altérité dans le monde donné-là par ce corps vivant perçu d’un certain angle. Cette invention fait-office de vérité en un sens spécifique (la vérité jusqu’alors appartenait et naissait de et par le groupe ou d’un Regard extérieur ; dieu, typiquement) ; fait-office de vérité en tant que … réalité … ce qui est impossible, impensable, irreprésentable et nulle part représenté ; et pour cause c’est votre corps. Les mois, depuis le 20éme, n’ont plus aucune possibilité (tout est dénué de fondement, n’offre plus aucun recours collectif) ; reste le corps, cad la dépression, la folie, les égarements, les addictions, les théories hallucinées du désir, de la multiplicité, etc, et l'altérité existentielle d'être "soi" sans être en mesure d'être de quelque manière que ce soit. 

Et c’est cet angle qui se véhicule par les récits, les images, les esthétiques, les éthiques, etc (ou le statut de citoyen par ex, tout comme de « héros de récit ») ; quantité de représentations nous éjectent et nous isolent de cesser de coïncider avec « ce que l’on est » pour devenir ce que l’on n’est pas ; c’est bien pour cela que dans la salle obscure on n’a plus même de communauté avec qui que ce soit et plus encore avec la télévision et la prolifération des images et des récits. Mais ces récits ne fonctionnent que de nous expulser ; du monde réel pour le monde d’images ;  la caméra est le point aveugle (celui qui n’apparait jamais dans le champ) et c’est ce point qui structure tout, absolument tout. Ensuite on peut obtenir des dénivelés, mais ils sont seconds : replis dans le Pli qu’est l’œil de la caméra. Le regard qui était détenu par dieu (et auparavant par le groupe, détenteur de la Parole et puis dieu du Texte sacré, plus la Parole mais le Texte et ensuite un par un le Texte est remplacé par l'œuvre, singulière)  le regard est passé « dessous » ; invisible. Le regard est caché et il est caché dans le monde, dans le corps, dans le langage, dans tout ce que l’on voudra.

Autrement dit un « moi » ça se voit, mais ça se voit (soi-même) du dehors ; on se précède toujours, mais on ne le sait pas, ne se connait pas comme tel (la conscience n'est pas le conscient) et c’est logique puisque l’on ne dispose pas des objets dans horizon calme et apaisé, mais on (se) dispose à partir de cet horizon ; que l’on ne contrôle évidemment pas, puisque l’on est « soi-même » un des objets ou l’ensemble ou une partie des objets sous l’horizon … c’est la structure même de l’intentionnalité qui précède ; c’est sa fonction. Le moi est ou une partie du moi se tient comme retour-sur et croit, parfois, que ce retour est sa décision (au sens de décision volontaire t consciente et assumée)  et évidemment c’est faux.

Mais ça ne signifie pas que l’on ne décide pas. Pour faire image on dira ; on ne décide pas selon le conscient, énoncé, qui se validerait lui-même, en toute connaissance (ça c’est le vieil idéal abstrait, d’origine métaphysique, mais depuis Descartes nous ne sommes plus dans le métaphysique mais dans l’ontologique, du sujet réel, pas abstrait et tant que l’on ne comprendra pas que la « conscience » n’est pas, en rien, le conscient, on ramènera toujours l’ancienne pseudo compréhension abstraite sur l’arc activiste de la structure), on ne décide pas selon le conscient mais on se perçoit, on s'existe déjà dans et par la perception, dans et par le corps ;(de là que acculturation fonctionne prioritairement selon la représentation, les esthétiqueséthiques, etc)  le retour, qui est réel et tout à fait actif (et même hyper actif en son mode propre) est extrêmement complexe et externe et autre ; c’est bien pour cela que l’on est libre ; rien, aucune détermination ni aucun conscient ne peut atteindre l’horizon ; l’horizon il est « là », tel quel ; il (se) crée.

Ce qui trompe, essentiellement, c’est que l’horion apparait dès que l’on pose un objet, et on croit spontanément que l’on domine l’horizon ou que l‘horizon est attaché, lié, par cet objet ; mais si il était lié et condamné par cet objet, il n’existerait pas comme horizon … et donc il n’y aurait pas d’objet non plus. Les objets se remplacent et l’horizon se modifie en fonction de ceux-ci, mais il s’en moque ; parce que l’horizon n’est pas de même nature que les objets ; il fonctionne évidement autrement, selon sa propre logique (sinon, si il était relatif aux objets il collerait à ceux-ci).

Donc on ne se voit pas. On se regarde. De l’extérieur toujours et parfois de l’externe. Ceux qui tiennent encore à dieu ou la pensée ou le sujet ou l’universel ou même la révolution se regardent de l’externe (et ça leur est très difficile en fait) ; la plupart se regardent de l‘extérieur, du monde, du corps des autres, des images (et ils réclament quantité d’images à profusion et de plus en plus splittées et différentielles, selon l’indéfinité du monde, des couleurs, des sons, des gouts, des corps, etc).  Et ils pensent échapper aux grands écarts qui obligent à réfléchir (cad en fait à se réfléchir dans le vrai miroir et non plus les images), mais ils s’enfoncent dans une tragédie totale ; c’et bien pire de se regarder de l’extérieur du monde, des autres, des corps, etc ; c’est une pression constante et épuisante.

Ou donc : le regard que supporte le moi dans son milieu immédiat, auquel il se donne, s’offre, est, en un sens précis, plus dur et plus insupportable que le regard issu de dieu, de la pensée, du sujet, de la révolution, etc. Le regard immédiat est horrible, le regard structurel est difficile mais oriente et désoriente selon l’arc le plus grand (ou élevé si l’on veut), selon l’horizon et non plus coincé dans des objets (y compris le moi lui-même, comme objet sous cet horizon).

Ceci revient à cela ; il est strictement inutile de chercher un sens quelconque à toute la profusion d’images, de récits, de représentations, d’objets, etc, qui emplissent l’horizon. On peut entasser tout ce que l’on trouvera, ça n’aura jamais aucun sens définitif parce que le "définitif" est le mouvement, la structure ; le « sens » n’est pas de cet ordre là. S’il l’était il tomberait dans le monde et donc cesserait aussitôt. Et c’est bien cela que l’on doit nommer le structurel par opposition au culturel ; on voudrait encore du culturel mais nous sommes passés dans le structurel, au minimum depuis Descartes et au maximum depuis dieu, cet Un tout-autre (qui n’est pas le « tout » mais qui est Autre, le tout il l’a créé…)

 Le sens, qui a toutes les apparences de l’in-sensé, est structurel ; sans doute le remplacement de dieu par la naturalité, de la pensée par la raison, du sujet par le moi a voulu non pas tomber dans le monde et l’immédiat mais a voulu relever ce donné, ce vécu, ce relationnel, ce corps, etc, notamment via l’universalisation (mais pas seulement parce que l’universel n’existe que pour des sujets, abstraits, citoyens par ex, héros de roman, ou selon le créateur, l‘artiste le poète et toutes ces effigies universalisantes et sur-universalisantes, cad en fait singulier, comme on a vu).

Mais en supprimant la tension structurelle, tout s’est affaissé vers le bas ; non pas les réalisations qui ont été décuplées (puisque l’on a structuré le monde humain via le cadre universel et structurel de la révolution, de l’Etat, du droit, en démultipliant les lieux de décisions, de pouvoir, d’entreprise, etc, raison pour laquelle la centralisation communiste n’a pas fonctionné vraiment ; c’est le cadre qui rend possible les réalisations, objectives, productives, relationnelles, mais le cadre lui-même n’a plus évolué, s’est figé, tout net, historiquement gelé). On a tablé sur l’universel, ramenant diue à la nature et le sujet au moi, et l'humain aux besoins communistes et aux désirs libéralistes,  et figés sur place, on n’a plus rien compris ; on a cru que les choses, les objets, les déterminations, les objectivités étaient l’être même (nature, raison, moi ou humanité) ; alors que non. L’être n’est pas : il est d’une part l’exister et d’autre part la détermination, qui passe comme étant l'être lui-même ; et ce qui vaut c’est l’exister, la forme, le présent et non ce qui est donné là. Dieu, la pensée ou le sujet perçoivent de bien plus loin, et se tiennent comme horizons. Les images, les représentations, les idéaux spécifiques et les idéologies issues de la figuration raison-humanisme/moi/naturalité de par leur détermination ne parviennent pas à relancer la structure et retombent dans le donné. Même si à partir du point historique acquis, le cadre universalisant, la figuration a décuplé le monde et le vécu.

Si le structurel aboutit au sujet comme individué (qui n’est pas le subjectif) c’est justement afin d’élever dans la représentation cette structure d’individué et c’est précisément ce qui eut lieu ; la re-présentation du corps et du monde a relancé et explosé les possibilités de la réalisation.

Mais aussi Nietzsche et Heidegger, et surtout Sartre et Lacan ;   par Nietzsche et Heidegger le sujet en prend pour son grade et s’explose sur l’altérité, de sa propre « volonté » (qui est Autre) et de l’altérité de ce qu’il pensait être la plénitude de la pensée, de la réalisation : l’être. L’être est Autre. Autre que ce que l’on croyait. Pareillement Sartre et Lacan atteignent la structure interne, au-dedans du moi (et donc de l’humain, de l’humanisation) ; on aboutit ainsi, au terme (momentané) du creusement du hiatus ontologique, de l’exploration du décalage structurel que recherche l’occidentalisation, le dépassement du culturel par le structurel, on aboutit au bout et sur le Bord ; celui qui est inscrit dans l’articulation, telle qu’il nous est donné de l’expérimenter, en ce rapport gigantesque (et in-fini par nature, par structure) qu’est le présent ré-articulé lui-même par cet être étrange qui n’est pas, mais qui ex-siste ; ré-articulé par l’arc structurel de conscience dans l’arc structurel du présent. Mouvement dans le mouvement.

L’occidentalisation ça n’est plus la patience du contenu cyclique du culturel, des mondes séparés, mais c’est le structurel en plus du culturel qui localise le mouvement pur et brut du présent en nous, à savoir dans l’attention, l’intentionnalité comme formule vide et comme forme, et qui dresse l’architecture de cette attention à exister ; qui dresse l'architecture et dessine donc le mouvement lui-même et non plus "cela" qui est mu.

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L'occidentalisation comme ontologie

9 Décembre 2017, 07:43am

Publié par pascal doyelle

On prend donc la perspective de l’occidentalisation intégrale de tout et on en cherche les raisons. Ce disant cela fait évidemment référence quelque peu à Guénon .... sauf que l’occidentalisation est ici admise inversement ; comme élaboration et création. L'équilibriste du bord du gouffre mais infini.

En résumé : Guénon, qui est fabuleux dans son interprétation, part du principe d'unité, cela même qui Est (on n’entrera pas dans le non-être, la possibilité et la manifestation). L’occidentalisation, envers et contre elle-même souvent et parfois avec enthousiasme mais subissant de toute façon la logique de son instanciation, part de l'inverse ; ce qui est c'est ce qui existe. C’est-à-dire la dispersion. 

Il faut imager cette hypothèse de structure comme suit ; il y a du divers, de la matérialité, des énergies, des tas de déterminations, et ce qui se poursuit, se cherche dans ces multiplicités et par ces multiplicités, c’est la forme selon le Un : il y a au début toute la multiplicité et à la fin il y aura le Un. Notons bien, c’est fondamental : la multiplicité ne se résout pas, comme les fleuves,  dans la forme du Un final ; le Un final se crée au fur et à mesure et en plus de toute la dispersion. C’est pour cela qu’existe le présent. Il existe un présent parce que le Un doit s’y produire. OU donc de l'infini ou des infinis réels se crée un ou, plus réellement, plusieurs rebondissements, plusieurs sortes d'infinis ou de sur-divins. Tout cela est une fabrique à générer des infinis ; le réel est producteur d'infinis.  

S’il existait le Un antérieurement à tout, à toute cette réalité, ces choses, ces êtres, on ne voit pas pourquoi cette unité se serait divisée ou déchirée. Donc le Un n’est pas ce qui est antérieurement mais ce qui sera au Bout de la réalité, et ce via le Bord du monde, via sa structure de base : l’exister (le présent, qui existe à cette fin ; il n’y a aucune autre compréhension possible du présent).

Le Un doit s’y produire veut dire : il doit se vouloir lui-même ; il se tirera de son chapeau ; il le voudra parce qu’il le voudra bien et le voudra Bien. Ce qui vaut, ce n’est pas ce qui est, c’est ce qui n’est pas (tout l’être est le passé) c’est ce qui existera (l’exister est plus grand que l’être), c’est ce qui ex-sistera  qui ne pourra exister que si l’on accepte et assume la dispersion, l’altérité, et si on maintient la certitude, la foi, la volonté que ce qui n’est pas, c’est cela ! C'est cela qui vaut et qui existera. Et donc que l’on refuse de n’accepter que la dispersion ou les variations mondaines et les versions dégradées de l’être.

Par exemple égalité et liberté n’existent pas, mais si on les abandonne l’exister n’est plus possible ; on tombe dans le monde de l’égalitarisme ou du libertarisme, ou pire on retourne en deçà (de la révolution) dans le traditionalisme, la hiérarchisation et l’autoritarisme, voire dans les versions horribles dictatoriales et totalitaires du monde moderne (ou dans le monde enténébré de Lynch, ou dans les dépressions du moi ou dans le néant vaseux du rêve infantile du consumérisme). 

Reprenons.

Toutes les pensées, partout, sentent bien qu’il se passe quelque chose. Il y a un présent parce que quelque chose viendra, ou plus simplement il existe un présent et donc quelque réel se réalisera, et qui vient déjà infiniment dans et par le présent ; sinon à quoi servirait-il ?

Et infiniment parce que la seule dimension de l’infini est pour nous dans le présent exclusivement (rien d’autre ne demeure).  

La différence tenue par l’occidentalisation (pris dans le sens de Guénon, c’est clair, mais inversement quant à la valeur et au sens) tient en ceci que l’occidentalisation veut ici et maintenant le réel, pas ailleurs et au-delà ou éternellement, mais ici même pour les grecs et ici et maintenant pour le christique.

Et de la sorte on a commencé de déconstruire, d’analyser le réel tel que donné « là ». Les grecs disent ; l’être est le « là » de tous les donnés, de toutes les données et de tous les mondes (de toutes les représentations de monde et de tous les langages). Si l’être est ici même, alors on peut avancer au-dedans du réel même. Ce qui n’est pas stupide du tout ; parce que si ceci ou cela existe, alors ce ceci et ce cela sont intégralement positivement existants, intégralement, sans reste ; l'être est indissolublement lié à le levée du multiple, se dit en de multiples sens. L’être est, le non être n’est pas ; veut dire que tout est ici même activement réel, et accessible. Et dont on peut formuler une intentionnalisation cohérente (puisque tout est « là »). Tout est ici et donc tout se réfléchit (l’hétérogène est inclus dans le réel même et le réel est cette machine qui se re-tourne elle-même) et si ça n’est pas la pensée ou le christique ou l’esprit qui réfléchissent, alors le présent est la dite réflexion et réflection, est le retour lui-même.

Il peut paraitre absurde de prétendre que le christique veuille ici et maintenant, mais c’est bien l’erreur du rationalisme naturaliste « réaliste » du 18éme (19éme, etc) que de réduire l’attention et se rendre incapable de percevoir l’altérité ; c’est depuis le dieu judaïque que l’on a interrompu le monde et le roulement habituel des intérêts et des immédiatetés  et que s’est imposée l’interruption appuyée de ce monde en vue d’une réorganisation plus grande que celle acquise ; de même le christique crée ici et maintenant que chacun, chaque’un, ait une âme (indépendamment de son statut, de son sexe, et de quelque détermination que ce soit ; ce qui ne s’était jamais vu nulle part et en aucun monde humain). Ne pas l'apercevoir c’est s’aveugler. C’est ne pas étendre et architecturer la structure dans toute son ampleur et ne se tenir que de quelques effets de la Cause formelle réelle.   

Le christique (le royaume commence ici) suractive, tout autant voire plus que les grecs, l’intentionnalité. Ce qui explique que le christianisme reprendra intégralement toute la pensée. Grecs et christique sont les profondes machines intentionnalisatrices qui lancent l’humanisation sur une autre piste que celle des mises en forme culturelles ; ouvrant qu’il y ait acculturation (fondée sur le monde, grec, et le corps, christique) et non plus seulement telle ou telle culture. ce qui veut dire que l'occidentalisation est plus grande que l'occident, évidemment.

Ce faisant on a donc commencé de creuser l’évidence de l’acte même qu’est le réel ; son activité ; et comme il est « le réel » on dira son Activisme. Le réel est intégralement là et pas ailleurs, au-delà ou sur un autre plan. Aussi l’occidentalisation en vient à l’individué … et c’est bien en ceci que l’occidentalisation doit se distinguer de la compréhension de Guénon : la vérité est que l’on ne voit absolument pas l’intérêt de se fondre dans l’universel, l’absolu, le Soi, ou quelque signe dont on l’affecte … si individuellement on n’y existe pas. Ce qui existe le plus réellement pour l’occidentalisation est l’individué. L’occidentalisation veut considérer que ici même, ici et maintenant le réel est en jeu tel qu’il se donne ; sans au-delà, sans absolu hétérogène suspendu. Ce qui revient à dire que l’absolu est le mouvement, que l’hétérogène inclus est ici même et que nous sommes jetés dans l’altérité, et que l’altérité est la loi (et non l’unité comme fusion) et que l’occidentalisation est la pensée du réel comme mouvement d’engendrement. Comme étant la structure elle-même d’engendrement du réel et de la réalité.  

Non pas d’imposer l’homogène de la rationalisation naturaliste et réaliste, mais d’instancier dans la réalité le réel comme hétérogène à lui-même ; de là qu’il y eut tant de singularités au long d’une historicité explorant le réel même (de l’intentionnalisation comme machine vivante).

La nature, l'essence, la structure de cet individué est la question. Si l’occidentalisation entre dans la grande dispersion (version négative) ou dans la grande élaboration (version positive), c’est afin de modifier le corps.

Reprenons : l’occidentalisation contrairement à ce que l’on juge habituellement, ne part pas de l’universel pour y retourner, mais de l’universel afin de montrer tout le particulier (grecs) et tout le singulier (christique et cartésien). Guénon se tient d’une conception universelle ; mais définissant l’absolu comme antérieur à l’universel, il perçoit nettement le retour de structure que l’universel ne comble pas, mais « vers le haut ». L’occidentalisation définit l’absolu comme antérieur à l’universel, mais vers le bas. Ce faisant ce sont tous les aspects du monde, de la vie et du corps qui seront, sont exposés, élevés ou montrés et démontés. Et c’est bien le pari ; que d’instancier la structure dans le réel immédiat et le corps, le monde et l’être grec, le corps et le sujet christique, cartésien puis d’altérité (Nietzsche Heidegger Sartre Lacan) et puisse pénétrer dans la masse même de la réalité et ce via le Bord de cette réalité (à savoir le présent ou l’exister ; soit la signature la plus proche et infinie).

Expérience généralisée dont la plus manifeste expression est celle christique, c’est évident, mais dont en vérité toutes les expérimentations dans tous les domaines (esthétique, éthique, politique, idéel etc) créent les possibilités. Que le « sujet » ne soit en aucun cas le « subjectif » veut dire que la science ou la loi ou l’universel ou poésie n’ont de signification, de direction, de possibilités que par et dans le sujet ; que le sujet est donc l’arc hyper-objectif par lequel tout le reste a un sens, une orientation vers le monde donné là et vers et par le « là » du donné (c’est seulement l’interprétation bassement objectiviste qui localise le sujet comme « moi » ; le sujet dans le moi, chaque moi, est beaucoup plus structuré et architecturé parce qu’il est beaucoup plus architexturé, comme corps).

La nature de cet individué est l’œuvre même de l’occidentalisation ; son ontologie pure et brute ; montrer la structure ontologique en tant que décalage (qui permet que pour-nous existe un monde, un corps, et donc plus loin un absolu ou un au-delà, si l’on veut, si l’on y croit, ou une Possibilité interne au monde, Possibilité en tant que cela advienne dans le Présent comme structure du réel même). Et donc s’y aventurer corps et âme ; puisque l’on y ex-siste antérieurement au corps et à l’âme, il n’y a aucun autre moyen que d'obtenir le point de bascule interne à l'externe effroyable du réel. On ne peut pas ouvrir le réel sans splitter son être même. On n’est pas un « être » mais un ex-sister, un mouvement radical.

Si le réel revient à cet-être (qui est une structure et non un être) alors il ne sera ni magique, ni mystique, ni philosophique, ni ceci ou cela : ça n’a pas de nom, puisque c’est la structure qui prononce les noms. Et donc en occidentalisation c’est partout que se manifeste la structure et non dans un domaine particulier ou partiel ou spécial ; esthétique ou éthique ou mystique ou science, c’est le mouvement qui s’aventure, partout et dans tous les sens. Et donc tout autant, sinon plus, le mouvement de structure est infiniment celui de « chaque’un » et dans le moi, la personnalisation et spécifiquement le corps lui-même. Ça apparait n’importe comment et n’importe où ; puisque c’est la forme qui est impliquée et non un « contenu électif ». Et cette forme, en forme d’arc de conscience, se tient du corps même ; il n’y a pas de conscience sans un Corps, un corps, et donc un Vivant.

Et c’est bien pour cela que l’occidentalisation conduit une logique forcenée et difficile mais au sein même de cela qui est, dans l’épaisseur de la réalité la plus immédiate et multiple ; d’y situer la possibilité du Un dans l’épaisseur même ; le Un, donc, c’est ce qui travaillera la réalité et le corps, jusqu'aux mois qui débarquent sur le sol d'Altérité brute.

Et ce mouvement annule ce qu’habituellement on sous-entend ou postule : si l’universel absolu, le Soi,  est la finalité de l’acte de conscience, l’acte de conscience disparait. Or on existe, et on existe un par un, individuellement ; ce mouvement est une distinctivité, cad un plus, un ajout ou si l’on préfère une complexité encore plus complexe (ce que l’on nomme dis-torsion, un état, un possible en plus de tous les autres ; le réel est déjà torsion, et notre expérimentation il se présente une torsion en plus de la torsion). Que l’occidentalisation promeuve l’individué veut dire que l’on veut trouver la résolution non en une unité ancienne mais en une distorsion nouvelle. C’est bien en poursuivant la distinction de l’activité pure et brute (brute, très brutale, puisque le réel est de brutalité avérée), que l’occidentalisation parvient à des distinctions, des différenciations qui atteignent tout le monde antérieurement au monde, au vécu et au corps donné, chacun, un par un, nommé, signifié tel quel en son être même, en son corps, en sa perception, le vivant du corps qui se doit alors de supporter le réel comme structure en plus de porter la réalité  (ce pour quoi un corps n’est pas fait du tout ; c’est une souffrance fondamentale et irrécupérable). Ce que Guénon comprend comme dispersion, et effondrements divers, est en vérité et réalité distinctions assumées et poussées bien au-delà du possible (du monde et du corps donné), possible étant inventé et créé en plus mais au travers du monde et du corps.

Les esthétiques, éthiques, politiques, idéels et systèmes philosophiques et idéologies à profusion se destinent à produire leur Effet ; en chaque’un, par l’esthétique, les poétiques, les objectivités, que se produise la structure. Il est visible que seules les structures en forme de un sont capables de porter par exemple l’universalisation ; sans des sujets, pas d’universel.

Et on s’en fout si individuellement on n’y existe pas, non seulement parce que l’on tient à son ego (on n’a rien d’autre … répétons : on n’a rien d’autre) mais parce que l’individué est un Plus, ex-siste en-plus de tout le reste et la parcelle la plus précieuse et la plus réelle de tout ce qui est.

Il est clair que c’est infiniment douloureux ; totalement. Ça ravage tout. Déclencher la puissance pure (et brute) est infiniment dangereux. La puissance signifie non la force mais la potentialité, le possible, ce dont toutes les sociétés cycliques se préservaient, se protégeaient.

Parce que le présent existe et que seul existe le présent, et ce qui se produit dans le présent c’est ce qui n’existe pas encore, pas déjà ; ce qui existe dans le présent est en plus. De fait on peut annuler tout ce qui est en vertu de ce qui sera. C’est « ce qui sera » qui compte et comme de juste tout ce qui est, tombera dans le néant, dans le passé.

Déconstruisant l’acte-même, ici et maintenant, l’occidentalisation évidemment nous jette dans ce gouffre ; le réel est abyssal, d’une dureté et d’une altérité intégrale et inimaginable et non encore pensable, bien que la pensée qui tente d’introduire l’analyse dans la structure soit la plus capable d’y approcher (la pensée est la structure se servant d’elle-même comme structure pour avancer et n’utilisant aucune détermination ou le moins de détermination possible ; elle signifie), mais c’est le sujet qui seul peut s’y accrocher, s’accrocher au mouvement même en quoi consiste le réel, comme acte de temps brut ; comme présent qui étant antérieur amène à lui tout l’engendrement ; et par quoi de la sorte le sujet crée. Le sujet crée, c’est sa destination formelle et effectivement depuis que la structure est appelée au devant, se sont succédés quantité de créations, d’inventions, de nouveautés, de renouvellements ; l’occidentalisation est cette profusion et étendue sur toute la planète.   

Et si nous ne parvenons plus à croire en des images, idées, principes, absolus ou au-delà, c’est précisément parce que nous sommes la structure, telle qu’individuée et inscrite sur le réel même. Aucun contenu ne peut plus absorber la structure dénudée,  un fil électrique d'énergie.

Pareillement ; lorsque l’on suppose l’être, c’est une première étape ; puisque l’on voit bien que toutes les pensées de l’être (de l’être comme universel) en viennent à découvrir au bout du bout un retour, une sur-unité, un principe en plus. Et la seconde étape ce fut d’admettre l’existence ; et en cette existence un sujet (cartésien d’abord). Et la troisième d’être foudroyé par l’exister ; Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan sont foudroyés par l’exister, cad le réel pur et brut (ce qui se signe comme altérité en laquelle nous sommes immergés).  De sorte que l’on peut dire que l’occidentalisation est le démontage de la structure originelle du donné, de la réalité ; peut-être pas de la finalité dernière, peut-être Guénon suppose-t-il juste, mais l’occidentalisation élabore l’instanciation ici même, et déconstruit le constatable (dont le finalisable est pré-vu par les révélations en toutes les pensées, mais que l'on ne peut constater de visu ici même) ; la structure antérieure au monde (et non celle qui éventuellement peut être soit imaginée, soit supposée en-dehors du monde). C’est ce par quoi la réalité, à laquelle on ne parvenait que d’en produire une représentation (d’abord communautaire, langagière, culturelle), est interrompue par le réel et l’acte même, la structure en acte qu’est le réel (l’acculturation que sont dieu, la pensée, le sujet, l’altérité).

Ce que Guénon saisit parfaitement et expose si fabuleusement, la dispersion interne de l’ontos, son effondrement dans la dégradation et les fausses interprétations suscitées et son éloignement du centre si ancien (ou imaginé), conduit à une interprétation qu’il  comprend comme dépression (et succession de chaos, de fragmentations), ce mouvement de perte est en vérité la progression au sein même de la structure mais sur le Bord, au bord du danger fondamental. Si Guénon présuppose une unité et qu’il juge de la réalité en fonction de cette unité supposée au-delà ou éternelle, l’occidentalisation a, à l’inverse et dès le début, c’est son inauguration même, supposer une diversité, une dispersion, certes mais qui est aussi une expansion, une extension (grecque), une intensification (du sujet) et une densité (de l'altérité) ; que le donné tel que « là » est la réalité et donc la vérité …

La réalité n’est pas une unité, n’est pas le Un qui est Tout, ou le Un unifié, mais par laquelle exploration l’occidentalisation montre la structure en dispersion de la réalité, qu’est effectivement la réalité et parce qu’il ne saurait exister de réalité sans dispersion ; et ça n’est plus, n’est pas l’absolu qui doit être recherché, mais l’être, cad la dispersion ; la volonté grecque sur la multiplicité se tient de son insistance sur l’unité étrange de l’être, du principe de l’être comme expliquant la multiplicité ; en ceci que par le principe de l’être on augmente la perception du multiple monde en l’ordonnant et le désordonnant à mesure  et que l’être s’énonce en de multiples sens. La réalité est dans et par la dispersion ; un Ordre total est en soi une contradiction, une impossibilité, un non sens, de même si le Un existait totalement réel et réalisé, il n’existerait que ce Un ou ce Tout ; pourquoi le Un sortirait-il pour quelque raison que ce soit de lui-même ? S’il est un présent c’est que le Un doit se créer dans la réalité et suit la logique du Un-en-plus qui n’est nulle part mais sera, au Bout de toutes les réalités.

L’occidentalisation impose que chaque’un soit « le réel » et que donc outre mille et uns bénéfices, impose que le réel commence d’être plus grand ; qu’il s’accélère et s’augmente sur le Bord. Si l’on reprend hétérogène et homogène ; l’ancienne pensée ou intentionnalité  (qui ciblait un objet, fut-il un Gros Objet) attendait l’homogénéité, mais devant la résistance des éléments, convenait, vaguement, que l’hétérogène devait conduire, bon an, mal an, à l’homogène ; la pensée réelle, depuis au moins Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, commence de se douter que l’hétérogène règne, absolument. Et qu’il n’en sortira pas un homogène quelconque, mais un autre et plus grand Hétérogène. Autant dire qu’il n’y aura pas d’accalmie à la surface des flots.  

Il faut donc creuser le présent et non pas interpréter le présent comme oubli d’une unité qui n’a jamais existé : et considérer le présent comme creusement de et vers ce qui existera, au-devant, le présent en-avant, ce pour quoi il est destiné : la machine plus grande qu’elle-même.

C’est bien en ceci que l’occidentalisation est une précision de la distinction, de la distinctivité, de l’altérité comme logique du réel.   Et c’est bien pour cela que l’occidentalisation vient ensuite et en plus du reste ; sinon pourquoi s’ajouterait dans l’historicité cette architecture ? À moins de supposer on ne sait quelle dégradation dont aucune hypothèse ne peut rendre raison, ni permettre la compréhension (pourquoi sortir du Un si l’on y est si bien ?) Sinon donc ceci qu’il y a un présent afin que quelque réel arrive, donc le un est en-avant. Rien ne s’est réalisé sans raison, et le sens de cette réalisation tient en ceci ; puisque le Un est l’altérité et que l’altérité sépare et porte aux plus fortes distinctions possibles, il apparait que l’on se doit de tenir ces distinctions, et de les assumer, et assurer en surplus. Et dans la plus grande des divisions tenir le plus précis et le plus grand rapport ; ce qui veut dire le créer.

Tout autre positionnement en vérité rend incompréhensible qu’il y ait un présent, ou cette dispersion, ou cette matérialité, cette multiplicité, ces choses et ces êtres existant. Mais s’il est un présent alors toute la détermination est dans la possibilité d’élaborer ce qui n’est inscrit nulle part, et le réel est plus grand que lui-même et de fait on en ignore tout le possible. Le possible non pas qui est réalisé ou dont le ou les mondes sont la ou les réalisations, mais du possible en tant que nulle part il n’est réalisé : parce que si le présent est l’exister (et l’exister plus grand que l’être) alors le Un en tant que possible est indéfiniment divers lui-même mais en son degré inimaginable dont il faut être saisi par la pensée, le signe précis ; il n’y a pas qu’une seule version du Un (et même le véritable Un est constitué de multiples ou plus exactement plurielles versions constamment en mouvement ; théorie du Kaléidoscope indéfiniment réel, celui qui recueille toutes les différenciations des âmes ou des sur-divinités ; le kaléidoscope est ce qui meut et qui est mu des mouvements, celui dont la nature, la structure est formelle et donc le miroir des miroirs, or rien dans un tel miroir rien n'est fixé ; on attirera l’attention sur ceci que le sur-divin n’est pas astreint comme le divin à une uni-totalité figée ou un non-être absolu ; le sur-divin est la distinctivité, il rend possible, dans sa structure même, plusieurs versions de lui-même, parce que lui-même est formel et non pas consistant).

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Le présent comme machine

2 Décembre 2017, 16:24pm

Publié par pascal doyelle

Déplacement de ce qui est, vers l’Ex-sister. Le réel est d’une brutalité et d’une dureté absolue, absolue. Puisque le réel est une hyper méga machinerie, elle devrait fonctionner de cette brutalité vers une plus grande subtilité ; la subtilisation du réel est le moyen, pour le réel, d’être plus grand que lui-même. Si la finalité n’était pas de grandir, on ne voit pas du tout à quoi pourrait servir qu’il y a un « réel ». LA subtilisation que nous connaissons (il en est peut-être d’autres), est l’arc structurel de conscience ; comme méta machine, forme indépendante de ses contenus (sinon elle n’en contiendrait pas, de contenus). Ce mini mécanisme, absolument vide et formel, d’une légèreté et d’une souplesse absolue (l’attention, la faculté d’attention, de court-circuiter les mémoires lourdes enregistrées dans la cervelle).

Il n’y a ainsi qu’une seule surface, celle du réel et du présent, sur laquelle se forment des boucles qui ne se ferment jamais, puisque de toute manière le présent en tant que tel est de fait l’ouverture formelle absolue ; aucune conscience ne se ferme sur elle-même (et si tel est le cas elle s’inverse et croit se fermer dans ces folies diverses et variées, et en même temps on ne peut pas ne pas rechercher le bouclage, de sorte que tout arc est fou, en ceci que l’arc de conscience est la tension produite dans la cervelle mais sur le corps et par le corps vivant, qui lui-même est déjà une boucle transformant le donné là en milieu disposé de son corps, lequel est individuellement séparé de tout). Et on ignore jusqu’à quel degré de possibilité il peut exister des « consciences » ; on nomme conscience cet être qui a un rapport à lui-même (en tant que rapport et non en tant que chose déterminée, sinon il ne serait pas un rapport mais une identité).

On a dit « déplacement du centre du monde » ; entendons par là que la forme des réalités est passée au devant.

Dieu, la pensée grecque, le christique, le sujet cartésien et suivants, l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) exposent, décrivent, démontent ou démontrent ce passage du Bord du monde et des êtres : description du Bord antérieurement à tous les contenus.

Pour cette raison on n’a plus affaire à un Contenu – le divin en général situé au-delà, la représentation, le langage, le groupe, et de manière large mais fondamentale on n’a plus affaire à la mise en forme culturelle, mais à une nouvelle anthropologisation ; dite acculturation ; dieu est non pas le recyclage du même monde mais est l’intervention dans le monde afin de le modifier et porter plus loin – la pensée est en plus du groupe à qui elle dérobe la vérité commune pour la vérité cohérente – le sujet interrompt toute régulation qui ne l’inclurait pas – l’altérité impose que le réel n’est pas la réalité.

(soit donc l’extensivité des grecs et de l’universel selon l’être ; l’exigence formelle de dieu ; l’incorporation intense christique de l’arc structurel de conscience en un Corps ; le méta cartésien qui localise l’arc sur l’étendue du monde ; l’altérité non seulement de Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan mais aussi toutes les descriptions objectivistes du monde et du corps, des sciences aux démocraties considérées comme expérimentations in vivo de l’avancée du structurel, en chacun, en chaque’un par exemple ou extension partout de l’universalisation, puisque le structurel en lâche pas ses acquis précédents mais les accélère, ou propagation du Désir comme simulacre de notre structure, etc ; provoquant outre l’extensivité et l’intensité, une densité)

Cette gigantesque réorchestration ne part plus du donné tel que là, qui était synthétisé en une culture existant de par elle-même et selon la force de son groupe humain dans un monde cyclique doué d’une parole partagée et trésor de communication qui devait être préservée intacte afin de communication exacte entre tous et avec les perceptions localisées de tel monde situé ; que l’on soit maya ou égyptien, qui découpaient dans la détermination des schémas, des labyrinthes, des logiques, des structurations, et des rituels. Et cette réorchestration qu’est cette fois l’acculturation anthropologique n’est donc plus seulement une « mise en forme culturelle » ; c’est une sur-culture, une acculturation en-plus qui décentre intégralement la formulation ; de là que les deux principes réels de cette acculturation soient d’une part le monde tel que donné là (les grecs) et d’autre part le corps (le christique) ; et tout le monde, chacun est au (même) monde et chacun a un corps, le même pour tous. Et c’est une sur-culture qui prend la forme de l’individué ; on n’accède que un par un à la pensée ; on ne peut pas apprendre un corpus tout fait, mais apprendre à penser ; on ne découvrira pas « la » vérité aisément mais on tiendra bon sur le principe de « la vérité en général » en examinant donc à quelles conditions les idées sont recevables, substituant la conditionnalité du principe aux effets toujours seconds, dérivés, parce que l’essentiel n’est plus d’administrer « la » vérité mais de travailler le système formel antérieur à toutes les vérités ;

de même plus tard on ne tiendra pas à telle ou telle liberté ou manifestation de la liberté mais on sera certain que la liberté est le principe de base, qui rend toutes les décisions possibles, de même que « la vérité » autorise toutes les vérités ; on n’a plus un monde donné et déterminé mais les possibilités d’un monde, étant entendu qu’il faut alors admettre qu’il y a effectivement Un monde ; et on n’accède que un par un à … selon son propre corps ; qui n’appartient à rien ni à personne (ce qui abolit tous les systèmes anciens de dépendance, annule que l’on soit homme ou femme, riche ou pauvre, esclave ou libre) et qui n’appartient pas non plus, ce corps, à ce « moi » ; le moi est une chose déterminée et il ne convient pas, si l’on est libre, que l’on appartienne à ce « moi » ; le moi est un effet du sujet et donc le sujet de chacun plus grand que son moi. On y reviendra, notamment de ce que le Virtuel précède le réel, pour ainsi dire (ou si l’on veut le réel est le Virtuel, mais il faut bien que l’on puisse distinguer dans l’inépaisseur du présent).

De même que pour chacun il ne s’agit pas seulement de pousser son moi au plus loin (serait-ce dans la dépression ou la folie ou l’addiction ou etc, l’indéfini nombre des dérives du moi, qui est toujours démoli par son arc de structure, et qui ne comprend pas, ce moi, qu’il ne soit pas « heureux », satisfait, puisque normalement selon l’idéologie naturaliste « tout est là » pour qu’il le soit ; sauf que tout n’est pas là, puisque le « là » lui-même est le présent, l’inachèvement structurel de tout) pas seulement de pousser son moi au plus loin donc mais d’instancier le sujet, le point qui permet qu’il y ait des mois (de même que dieu ou la pensée ou le corps-autre se situent en plus et en-avant). C’est de ce point là que l’on perçoit, que plongé dans le noir on analyse, éprouve, virtualise les images de toutes les re-présentations ; du cinéma à la pop music, mais aussi les présentations d’expériences du désir, des sentiments, des relations, des échanges, des objets, etc ; tout cela est atteint mais est expérimenté le point, de structure, à partir duquel tout cela est atteignable ; le point même qui épuise, harasse, éreinte le corps vivant via l’autre surface du corps produite dans l’activisme de conscience structure, d’intentionnalisation ; un corps vivant n’est pas nécessairement apte à absorber la puissance de la structure.

Et c’est précisément de vouloir installer l’arc, l’acte, la puissance, l’in-fini ici même dans le monde et ici et maintenant dans et par ce corps que se distingue l’occidentalisation ; ça ne se réalisera pas ailleurs ou au-delà, mais ici même ; l’occidentalisation cherche le point de rupture, par où le réel est autre que la réalité, le hiatus, le décalage (qui permet que nous soyons non pas ce que nous sommes mais le point par lequel nous prenons conscience de tout ceci ou cela, le gouffre entre les deux) et élabore l’architecture de ce gouffre ;  dans l’actualité formelle et donc absolue du présent, qui exige l’actualisation du réel. Il n’y a pas et il n’y aura pas de reste, de surplus ou d’idéel ou d’idéal ; tout ce qui fut, est ou sera réel passera par cela seul qui est réel, le présent. L’acte pur et brut. C’est cette instanciation ici et maintenant que veut l’occidentalisation, son individualité fondamentale, puisque le présent est le sujet … Le sujet est la pensée par délégation, l’universel ou encore tel ou tel sorte d’absolu situé au-delà, l’arc de chacune st lui-même sujet par délégation de la structure même qu’est le-réel  et ne le sont que par duplication à partir de ce qui distribue la réalité ; le réel est autre et c’est cet Autre qui se cherche et se crée, s’expérimente et s’éprouve, et se prouve : le « ce qui n’est pas », le « ce qui sera » (et encore faut-il ajouter qu’il sera non comme « être », ce qui ne veut rien dire, mais comme acte, comme mouvement et potentiellement, en sa puissance, comme mouvements, mouvements « divins », pluralité de divins, ce que l’on a nommé déjà le sur-divin, qui est, existe pluriellement ; la réalité est la machine à créer plus grand que soi ; autant dire comme hyper-machines interne au Bord du monde).

C’est ce système là, ce système formel, qui entoure toutes les manifestations, décisions, pensées, systèmes, esthétiques, éthiques ou vécus, qui entre en jeu depuis la méditerranée et qui se  dresse, qui se dresse littéralement selon son évidence instantanée ; instantanée parce qu’elle doit être constamment accessible ; accessible à chacun et accessible ici même, comme monde ou comme corps qui ne supposent rien d’autre que leur réalité. Et pour situer ce monde et ce corps, c’est à partir d’un point de vue. On perçoit tout cela, monde et corps, à partir d’un point. Et c’est non seulement le monde et le corps (l’universalité et l’individualité fondamentalement) qui sont pensés, décidés, imaginés, esthétisés, poétisés, politisés, etc, mais c’est le point lui-même qui est investigué, dont on se demande ce qu’il signifie, ce qu’il comporte, ce qu’il implique.

A partir de dieu, de la pensée, du christique, du sujet, de l’altérité on a commencé de resituer le monde et le corps, le donné perçu et le vécu éprouvé, l’humanisation et la représentation, etc. admettant dieu ou pensant selon l’être ou prenant conscience de soi selon le christique ou individualisant cette conscience comme cartésienne ou ouvrant effaré les yeux sur le Grand Donné là du réel, on produit à la fois une représentation à chaque fois et on restructure le regard même, le point de vue tout à fait externe qui permet que de tout cela nous prenons conscience et qu’en plus de tout cela nous inventons et créons de la réalité et de la structure de conscience en plus ; nous créons du « n’ayant jamais existé ».

Puisqu’il existe un présent et que donc seul existe le présent puisque c’est en ce présent que quelque réel doit apparaitre (sinon le présent n’aurait aucune utilité). C’est « ce qui n’est pas là » qui doit apparaitre ; si on abandonne la perspective que l’essentiel n’est pas encore, on tombe dans le déjà-là, cad dans la mort et la disparition.

Si l’on résume ; l’être nomme ce qui est là, déjà réalisé, la détermination ; l’être est effet, ontologique, de l’exister ; l’exister est le présent, le présent est la forme de « ce qui est » et tracte tout l’être en avant – l’arc structurel de conscience est arc-ticulation au présent, en tant que le présent veut intégralement, par structure (cad qu’il est entièrement ce mouvement, cette exigence et n’est rien d’autre, étant l’altérité même, l’Autre comme logique, tel qu’on l’a vu déjà),  le présent veut intégralement réaliser tout ce qui est réalisable ; et passant outre toutes les autres finalités secondes, qui sont enroulées dans la boucle(par lesquels mouvements intérieurs les représentations, les Œuvres, les éthiques et politiques, etc tout cela signifie la boucle elle-même qui garde toujours son excès, son en-avant, son présent), l’exister, le présent veut rendre réelle-encore-plus la structure même de l’acte ; autrement dit c’est le réel qui s’épaissit, qui épaissit l’inépaisseur de l’acte ; ou donc ce par quoi l’acte  c’est bien en ceci que l’on ne sera jamais adéquat à l’Exigence (au tractage de la réalité et du réel par le réel lui-même) ; jamais adéquat à dieu, à la pensée, au sujet, à l’altérité et c’est bien pour cela qu’il ne faut pas s’identifier à ceci ou cela que l’on est, mais se tenir en-avant à partir de ce qui n’est pas encore ; de l’exister, du présent qui « contient » la possibilité, et donc, comme on verra, la Possibilité pure ou la Virtualité (inconnue, non encore existante, non encore réalisée, qui n’a pas encore étiré la réalité et le réel en son inépaisseur vers une augmentation ou accélération ou vers son extensivité, grecque, ou intensité, christique, ou réflexivité, du sujet, ou altérité et densité à partir du 19éme révolté).

Le Virtuel est cela qui se tient dans la boucle de cet arc (non fermé, jamais clos, non comblé et qui ne correspond à rien dans le monde, puisqu’il est le Bord de ce monde, ce qui tracte le monde et le corps en-avant).

Il est apparent que l’hyper machine du sur-divin on ne voit pas comment l’interpréter ; soit comme réalisation interne de chaque arc structurel de conscience, soit comme communauté de l’ensemble des arcs, maintenus un par un mais ré-unis « en esprit » comme on disait jadis ; ré-unifiés en seconde extraction et non pas comme fusion ou coagulation qui supprimerait l'individué ; la réalisation d’une communauté est de fait bien plus complexe et plus coordonnée que la « simple » conscience de soi comme structure …

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Déplacement du centre du monde

25 Novembre 2017, 11:03am

Publié par pascal doyelle

 

Passage du contenu total à la forme unique de tous les contenus

Ce que l’on nomme occidentalisation n’est pas « l’occident » mais le processus, procédé, découverte et invention (à la fois) de la structure antérieure à tout monde humain, toute représentation, toute image ou signe, toute pensée et antérieure à l’universel lui-même (sous-entendu : la structure antérieure n’est pas moindre mais plus cohérente que l’universel qui aboutit à un discours cohérent, mais tout à fait extérieur, aussi indispensable soit-il (il est hors de question de l’abandonner en quelque sens que ce soit) ce discours universel ne parvient pas à atteindre la dite structure ; cad l’arc de conscience de chacun ; l’arc ne conscience n’est pas le conscient, il est plus que cela. L’arc de conscience est antérieur et réclame un autre système que celui de l’universel (de la métaphysique), il demande un système ontologique et c’est bien à cette exigence qu’est parvenu la réflexion, la réflection (qui ne se satisfait plus des images ou idées dans le miroir, mais veut le miroir lui-même). Et l’engagement par le biais du miroir est acté depuis Descartes.

Descartes ne pose pas le sujet pour introduire au discours métaphysique (dont il n’a rien à faire), mais use de tous les repérages à sa disposition (y compris les anciennes propositions métaphysiques, mais explore également tous les domaines et les expériences afin d’élaborer la pensée, réfléchie, de ce qui n’a jamais été supposé ni du monde, ni du sujet humain) pour sup-poser le sujet seul réel antérieur à tout.

L’occidentalisation ne consiste pas à découvrir un super-contenu qui remplacerait tous les autres, mais à mettre au jour, porter au devant la structure, le mécanisme, la tension qui préexiste à tous les contenus, mondes humains, langages, images ; autrement dit on pense, imagine, désire, et finalement perçoit à partir et par ce micro système extrêmement simple et immédiat (et même instantané comme on verra), et il est simple et immédiat parce que cette tension s’utilise afin de court-circuiter la cervelle et toutes les données déjà inscrites ; la tension, l’attention-à permet de répondre immédiatement à telle ou telle situation, de danger évidemment mais toutes situations qui réclame ici et maintenant une gestion, une réorganisation manifeste, une prévision inattendue et qui ne peut pas en passer par la génétique ou les mémorisations de toute sorte (qui sont disponibles mais déjà déterminée).

La tension qui sort de la cervelle vers le réel s’utilise afin d’augmenter considérablement et très précisément l’acuité du réel lui-même ; et si les animaux portent une attention soutenue au donné tel que là, au milieu, il revient aux êtres humains de produire une représentation de ce monde dans un monde second ou secondaire et d’en former une mise en forme culturelle et partagée, mais qui plus est l’occidentalisation est non plus une mise en forme culturelle mais une acculturation généralisée ; autrement dit l’occidentalisation est la mise en avant de la structure seule, telle quelle, débarrassée de la mise en forme culturelle (du langage et du groupe et donc de tout monde humain déterminé) ; au lieu de compter sur le groupe comme mémoration de toutes les possibilités d’un monde, l’acculturation réalise ce fait monumentale et hyper léger : chacun est à soi-même un mini monde perçu et chacun est doté d’une auto mémorisation (qui se sépare du groupe) lui permettant de s’y retrouver.

La tension de l’attention est ajoutée ; elle vient en plus de tous les systèmes que l’on voudra découvrir (génétique, neuronal, langagier, socio-éco, psy, etc). On conserve toutes les mémorisations mais s’y ajoute une dimension ; celle qui n’appartient à aucun passé (aucune mémorisation acquise) et qui se crée dans l’actualité, et qui réclame de chacun que chaque’un puisse s’y accéder (se convertir soit à la pensée et l’universel, soit au christique et ensuite au sujet-citoyen-moi personnalisé ; s’y convertir de son vivant, actuellement, en connaissance de cause) ; ce qui existe est ici-même et ici-et-maintenant ; l’être est ici-même totalement actualisé (il n’y a rien en dehors et on peut en saisir tout l’ensemble en une fois ; selon la logique des grecs « on en se laissera pas faire par quoi que ce soit d’extérieur »), le christ est ici et maintenant le regard qui vous tire de votre vie, le sujet est le réflexe interne qui vous expose sur le monde (l’étendue) tel un point de renouvellement formel absolu, l’altérité vous immerge, immerge ce point dans le réel comme Autre (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan). Soit donc l’extensivité grecque, l’intensité christique et cartésienne, la densité de l’altérité.

C’est très simple : très simple. Chacun est sur la surface du réel une boucle qui n’est pas un bouclage. La boucle ne se referme pas, jamais, elle est ouverte à jamais puisqu’elle est attentive, à ce qui se passe, à ce qui arrive et sa finalité de structure consiste à répondre le plus précisément possible à tel événement, à ces événements qui de toute manière n’étaient pas prévus ni prévisibles dans tel monde humain ordonné, lequel suivait ses rituels, ses mises en formes culturelles, etc ; et donc la boucle nue et sans rien est structurellement insatisfaite ; rien ne peut la combler, sinon elle disparait ou plus exactement si elle n’était pas indéterminée elle ne serait pas en mesure de coller à et décoller de quelque détermination que ce soit, déterminations qu’elle se permet de faire défiler indéfiniment, et étant capable de toutes les déterminations, même non mémorisées, elle est aussi capable de les inventer ;  d’inventer de nouvelles formulations de déterminations ; par l’imagination individualisée, qui a cessé d’imager selon le groupe en des formes rituelles, et par la raison, la pensée, qui requiert l’expérience et y compris l’expérience d’un discours cohérent, qui s’éprouve ici même et ne s’imagine pas en un au-delà ; la pensée est la restructuration du langage par et pour l‘expérience individuée ; on pense ce que l’on perçoit et on perçoit ce que l’on pense ; le système de penser devient actif individuellement.

L’individuation du processus ne s’est pas arrêtée à la raison, à la pensée ; il est devenu, s’est incrusté jusque dans le corps même de chacun ; c’est son but, sa finalité, son effectivité, sa logique même ; et donc du discours métaphysique (qui était ainsi la restructuration du langage commun dans et par l’expérimenté individué, la perception de chacun, la nouvelle mémorisation accélérée que fut la pensée grecque, par ex et exemplairement, mais toutes les Pensées furent une telle accélération, la grecque se distingue de ceci qu’elle prononce l’être ; autrement dit tout ce qui est, est « là » ; pas ailleurs ni au-delà, et ce qui est « là » existe formellement intégralement, il n’y a pas d’au-delà qui rendrait impossible la cohérence, il faut donc chercher, exiger la cohérence totale de tout, c’est le principe grec découvert et affirmé). Du discours métaphysique on est passé au discours ontologique ; d’abord le christique et ensuite Descartes (qui à la fois découvre et invente la formulation, qui ne crée pas la structure, qui était instanciée, mise en œuvre par quantité de héros et de créateurs du temps, mais Descartes qui manifeste et montre cet-être là ; il n’impose une « idée » ou un système mais présente et représente cet-être, cette structure réelle, dont chaque’un peut faire l’expérience ; c’est bien pour cela que ça se présente comme Méthode et récit existentiel).

A savoir que Descartes montre que la pensée elle-même que l’on tenait pour l’horizon en soi, est originée dans un système antérieur ; et c’est ce système antérieur qui déroute tout le monde, et ce par quoi on peut dès lors commencer de décrire le réel tel quel ; et c’est cette description qui est en jeu lors de toutes les philosophies et pensées postérieures ; Kant continue Descartes et Hegel rassemble toutes les phénoménologies (de l’historicité d’une part et du savoir d’autre part) à partir du point aveugle du micro système antérieur ; Husserl, Sartre et Lacan entreront bien plus loin dans ce micro système et qui commencera donc d’être décrit en lui-même ; on lit tout ceci comme si on devait y retrouver une description de l’être, ou de prolégomènes qui conduiraient « éventuellement » à l’être (de type kantien qui place l’être dans l’en soi dont on n’a aucune idée), alors que ces descriptions aboutissent à cerner la structure même telle qu’elle a lieu effectivement ; on est au-delà ou en-deçà des idées ou des systèmes et on est entré dans la structure même de l’attention à exister.

La structure manifestée par Descartes est celle-là qui va s’imposer comme réel dans l’historicité ; via la révolution ; la révolution est l’inscription dans le monde humain de la structure qui s’organise selon les deux principes liberté et égalité ; jamais l’un sans l’autre, sinon la densité formelle commence de tomber dans l’égalitarisme ou dans le libertarisme (des cités européennes grecques on aboutit à l’empire romain des USA ou l’empire ex-Urss).

Chacun hérite donc de la forme même de l’arc de conscience, tel quel sans groupe humain ; évidemment le groupe humain est seulement repoussé, il reviendra sans cesse sous différentes formes, et le plus souvent contraignantes voire totalitaires.  

Cet héritage de structure doit, littéralement, se transformer tel le Saint-Esprit du christique ; le christ sépare chacun de tous les autres (puisqu’il est, lui, celui-là seul et unique auquel on a affaire) mais ré-unit tous ces chacuns, un par un, en esprit, en seconde main, par et dans une seconde articulation, un contrat en quelque sorte ; parce qu’une réunion qui serait une union, une fusion, est absurde ; elle annulerait qu’il y ait séparation de chacun un par un, et que toute la richesse est précisément que chacun soit « à lui-même » (via le christ, ou Descartes ou le sujet ou le citoyen, ou le moi) et que ce un-par-un s’ajoute, en plus, à la réalité de sorte que celle-ci s’augmente du réel : le schéma : réel/réalités, forme/contenus, structure/données et donné.

Il faut donc penser une communauté qui soit médié et non immédiate ; ça n’existe pas, il n’y a pas, n’y a jamais eu de communauté immédiate ; les mondes immédiats mayas ou égyptiens etc, étaient construits mais collaient tellement à eux-mêmes sans médiation que l’on croyait à ce monde ; nous ne croyons qu’à une seule dimension, la séparation, et donc à la ré-union qui n’effacera pas la séparation ; qui acceptera et énormisera le structurel : que chacun soit un centre actif indépendant enrichit le possible même et la révolution est, en dehors de tout a priori, la décentralisation du possible (qui n’est plus relatif à un roi ou à quelques uns ; nos rois du reste cherchaient, dans le meilleur des cas, à établir un contrat « mental » entre tous) ; décentralisation qui s’est réalisée par le libéralisme et que le communisme voulut étendre, mais on n’a toujours pas compris comment … apparemment en supposant une « nature humaine parfaite » et essayant de plier la réalité à cette universalisation idéaliste (le comble pour un matérialisme, qui donc laissait impensée la liberté et n’installait qu’une égalité abstraite noyée d’universel) ;

or on a vu que le réel système de l‘occidentalisation n’est pas l’universel ou la pensée seuls mais est la structure antérieure à l’universel ; l’occidentalisation vise plus loin, non parce qu’il y a finalité prescrite mais par et dans le jeu du mécanisme lui-même qui n’a nullement besoin d’une finalité autre que son mécanisme même ; la révolution n’impose pas la « raison » à chacun (laquelle ? on serait bien en peine de définir un quelconque corpus), donc c’est le procédé « cohérence » qui est en jeu et non quelque contenu relatif ; la forme « arc de conscience » n’est pas relative ; la cohérence st remise à chacun (de même que le christique par-donnait) mais à condition que chaque’un soit sa raison, ce qui signifie que chacun détienne ce procédé de cohérence et agisse en cohérence sans que cette dernière soit prescrite, abstraite et décidée on ne sait où par on ne sait qui ; le lieu de cohérence interne au sujet est réservée au sujet, mais à condition qu’il se considère lui-même comme sujet, séparé et autre, et assume finalement cette étrangeté : isolé, seul, sans rien mais unique intervention du réel pur et brut dans la réalité. A condition donc que chaque’un exerce sa cohérence laissée sa capacité ou à sa possibilité. Toutes les éthiques, esthétiques, poétiques, idéels ou philosophies nous exercent à cette cohérence qui existant en-avant de tout, antérieurement, couvre la totalité du champ du possible. Y compris ce corps et ce vécu et ce moi-même.

Rien ne contient un arc de conscience ; aucune représentation, aucun système de pensée ne s’y substitue, aucune identité ; ça ne signifie pas qu’il contienne tout, mais que tout le reste ne prend effet que de son ajout. De l’ajout de cet arc non pas de l’arc en général (ce qui n’a aucune signification, puisque arc désigne chaque’un) mais un par un ; pour une raison très précise que cela seul qui peut relancer quoi que ce soit ce sont les arcs individués, un par un. Tout autre désignation reviendrait à substituer à la forme un de ses contenus, au miroir /ses images, à l’intention /une de ses intentionnalités et donc à se couper déraisonnablement la source même. Après quoi plus rien ne serait possible ou après laquelle annulation tout irait en s’amoindrissant. Y compris dans la vie, le vécu le plus intime de chaque’un. On ne peut pas remplacer les sujets par quoi que ce soit. Les remplacer c’est annuler la source même ; ce qui veut dire annuler qu’il y ait quelque renouvellement du monde humain que ce soit ; se condamner, donc, à la répétition du même monde aux mêmes règles acquises, qui invinciblement finissent par tomber dans la dés-articulation, dans le gouffre de « cela qui ne s’articule plus » et qui ne peut plus que répéter le même monde ou s’enfoncer dans des motifs de plus en plus pauvres, ou avachis, ou immédiats, déterminés ; on croit progresser dans la détermination mais ça n’est pas la détermination qui vaut. Puisque l’arc de conscience antérieur à tout est l’articulation au réel même ; non à un contenu qui serait ‘le réel-même’ (dont on n’a aucune idée) mais à la position qu’un réel (autre) il y a.

Par exemple ; on va commencer à croire que le désir manifeste notre être, mais cela va nous condamner à une détermination absolument déformante de la structure et cependant les descriptions qui en seront données, du désir, en pensant exposer la crudité de cet être-de-désir manifesteront en vérité « comment l’intentionnalité se simule comme et en un corps » et ses objets. Ce sera la structure même qui observera, analysera, rassemblera toutes les possibilités de l’intentionnalité en un corps ; de même si prévaut la Volonté, comme force ; ça n’indiquera pas « la force » dont on ne sait pas du tout ce qu’elle pourrait signifier (sinon une figuration justement), mais toute la description commencera de décrire les volitions, les multiples cheminements de l’intentionnalité dans le monde, dans le monde de l’étrangeté, dans le monde rendu autre et selon les spirales de l’intentionnalité divergente ; par quoi elle conçoit, cette intentionnalité, qu’elle n’est pas assignée au conscient mais à l’arc de conscience ; bien plus étendue en son rayon d’activité et son rayonnement que ne l’est le conscient ; le conscient est la traduction 18émiste de la pensée en « raison raisonnable », de notre réalité en humanisation ; manière de transformer en personnalité (comme état) ce qui est un processus : la personnalisation en mouvement. Les objectivismes et les discours ou para-discours ne cessent de réifier les sujets.

Il est clair que l’on ne pouvait en rester à la saisie kantienne de la volonté et de l’intention ; tout ceci devait exploser et donc être renié. Mais cependant si on peut se défaire du conscient ou de l’universel, on ne peut pas abandonner l’arc structurel de conscience … puisqu’il est constitutif antérieurement à n’importe quelle pensée et image et perception et sensation ; et c’est lui qui se figurera et se recherchera via la Volonté ou le désir ou le langage, ou l’économisme et historicisme matérialiste, etc. Et ce mouvement d’une part afin d’examiner et de laisser remonter à la conscience que l’on a, les réalisations et les volitions qui sont déjà, mais aussi en cela que nouvellement acquise est la possibilité de créer, d’introduire dans le monde et dans l’humanisation de nouvelles possibilités et intentionnalisations, en remuant toutes les réalités, tous les corps, tous les vécus  et cette étendue du mouvement, se montre partout et de toutes les manières accessibles.

C’est bien en cette logique que l’augmentation du monde humain qui convainquît tous et chacun, ne relevait pas unilatéralement d’une extension de l’universel (communiste exemplairement ou objectiviste ou étatiste) mais bien plus d’un déploiement individué, et donc non d’une extension mais d’une intensification, par lequel chacun décuplait son rayon d’action et d’activité ; cad  décuplait l’intentionnalité du monde, du vécu, du donné et du corps. Et cette intensification ne prit pas ou ne reprit pas le chemin du christique mais tendu vers le donné là du monde, s’est inscrit renouvellement spectaculaire, en tant que densité ; puisqu’il ne s’agissait plus de se convertir par un-seul-corps-autre (le christ) mais d’investir ce corps-çi, de chacun, cette vie et de la désirer satisfaite, heureuse (ce qui ne vint jamais, sans renier en aucune manière les bienfaits obtenus) ; ce qui revient à dire de trafiquer ce corps, de le parcourir et de tisser en tous sens « des » possibilités telles qu’inaperçues jusqu’alors en quelque monde humain ou quelque pensée que ce soit  et telles qu’inattendues par ce corps lui-même, intégralement bouleversé et outrepassé par la puissance de structure, jusqu’à possiblement l’éclatement de la coquille.

De là cet énorme engouement de toutes parts et cette diversité indéfinie des intentions, des projets, des entreprises, des organisations ; tout cela qui fut apparu depuis que, par la révolution, le Cadre général du réel fut inscrit dans l’historicité ; toutes ces réalisations qui ne s’étaient jamais manifestées nulle part en aucune manière ; toutes les possibilités qui se préparaient depuis des siècles et dont la forme, la formule se cristallisât par cet événement révolutionnaire. C’est le cadre Général institué par le système formel liberté-égalité qui autorise, permet tous les autres développements ; annuler le système formel liberté-égalité par une simplification libertariste ou communiste c’est réduire la possibilité et la tension et donc le possible ; le possible est dans les deux cas réduit, amoindri, voire écrasé et tombe alors l’historicité dans les immédiatetés du monde et pour les mois dans l’immédiateté de leurs vécus délaissés, absorbés par le détail du monde et du vécu, les intérêts de petites mains, les pauvres images faciles.

Il est clair que le Cadre Général, la révolution, celle de la liberté-égalité, considérée comme matrice du réel pur et brut, ne doit pas, ne peut être considérée comme acquise et figée ; elle est formelle (cela signifie que l’essence comme structure de l’historicité est révolutionnaire, de là que l’occidentalisation fut depuis le début des renouvellements incessants, à tout point de vue, politique, éthique, esthétique ou poétique, et selon l’humanisation et la personnalisation ; le champ absolu de l’expérimentation de la structure, du mécanisme de conscience se déployant et expérimentant).  

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Le corps vivant

18 Novembre 2017, 09:38am

Publié par pascal doyelle

Affect et Réel

C’est uniquement par faiblesse de la tension que la structure dite d’occidentalisation essaiera constamment de renouer avec l’ancienne logique-de-monde, qu’elle s’évertuera à faire-monde, à reconnaitre son groupe et sa parole partagée, cyclique, ritualisée, et  elle cherchera à renouer les fils déchirés lors même qu’elle sera tirée, tractée par la pensée, ou par dieu ou selon un sujet.

L'interruption du monde que provoque la structure de l'attention accélérée. La pensée, grecque, vient interrompre instantanément la vie comme elle va et abolit le groupe humain. Comme dieu qui ne cesse de venir briser l’unité juive et tel le christique qui attire de son cœur interne bien au-delà des églises et institutions humaines (qui comme telles reçoivent de toute manière constamment les mêmes contraintes et pressions que n’importe quelle institut humain). Mais de même le sujet bien au-delà de la révolution réalisée cherchera lui-même encore bien plus que son statut de citoyen ou de salarié ; convaincu par ex qu’il existe des droits individués bien plus fondamentaux que les droits dit « de l’homme » (passant du générique « humanisation » au réel qui se nomme individuelle structure ; les droits individués contre les « droits de l’homme »). Mais aussi interruption du monde et du groupe humain (qui se resserre constamment sur lui-même) au nom et par chaque moi, tout purement, nettement ; c’est bien en ceci que Céline et autres martèlent une si puissante inhumanité ; ils n’obéissent plus à l’humain universellement présenté mais explorent toutes les concrétisations, les densités, les plus obscures et pleines du vécu et du corps. C’est toute la masse de densités qui remonte en nous, quitte à nous forcer à oublier l’universel et l’idéalité (de l’amour universel ou personnel, vers on ne sait plus quelle sorte de sentiment éprouvé, d’épreuve affective).

Dieu, pensée et sujet  tirent de fait en l’autre sens, assignés à leur exister structurel ; vers le splittage et l’exigence de la forme sans contenu, et n’admettent pas l’union naturelle ou spontanée mais supposent la ré-union différenciée – la distinctivité, et non la fusion ; la vérité est que l’on existe exclusivement sous le rythme de la séparation, de la division et qu’il ne peut plus être question de réconciliation mais uniquement de co-ordination, dûment articulée, spécifiée, analysée, décortiquée, et donc annuler qu’il y ait quelque bonheur rêvé et que l’on soit sous l’empire du désir ou des déjà mortes satisfactions et du bonheur périmé. Que l’on n’ait plus pour seul Bien que l’intentionnalité pure et brute qu’il faut rendre subtile et encore plus distinctive ; impossible de faire-monde et immédiateté et du reste et ni l’historicité, ni les mois n’y parviennent parcourus des soubresauts violents ou de douloureuse angoisse.

Puisque désir, bonheur ou satisfaction figent, tandis que l’intentionnalité permet de relancer la totalité de tout, de tout ce qui fut intentionnalisé, l’intention est le renouvellement, le re-devenir ré-instancié (c’est en ceci que Nietzsche veut se substituer au christique, et prendre sur lui le renouvellement déjà instancié par le christ, et croit en sa puissance de renouveler le renouvellement).  

C’est la division qui est venue au monde par dieu, la pensé et le sujet (d’abord christique puis cartésien) et ce afin d'augmenter le degré d’intentionnalité et le coefficient d'interruption du monde, du donné, du vécu et du corps  ; que l’unité de l’ensemble des arcs soit non plus naturelle et immédiate dans une unification donnée d’un monde déjà là et cyclique, ni naturaliste (de type communiste ou libéral, dans lesquels le substrat insistait comme besoin ou comme désirs) mais de coordination ; obligeant à réfléchir, à dérouter la satisfaction (le bonheur auquel nous condamnent libéralisme et communisme, au sens où « ça n’est pas de ce bonheur là dont on attend ») et signifier l’insatisfaction.

Arcboutée sur le Bord du monde, ayant quitté tous les mondes, l’occidentalisation est l’élaboration du Bord, élaboration qui dresse l’architecture de l’intentionnalisation, du présent, du réel. Laquelle élaboration est vide, ce qui, veut dire non pas le « néant » comme cela fut avancé ici et là (on ne sait pas ce que veut dire « néant » pour la raison que le néant n’est rien), mais signifie la forme vide ; et on connait deux formes vides l’arc de conscience et l’exister ; l’intentionnalité et le présent.

L’occidentalisation en forme l’ontologie et l’éthique fondamentale et est littéralement la manière d’utiliser l’attention, l’attention tout bête, toute simple à ceci ou cela, bien que, évidemment cette attentionnalisme sut prendre une extensivité, avec les grecs, une intensité avec le christique et le sujet, une densité avec l’humanisation et le moi, la personnalisation, qui s'attache exclusivement à l'immédiatement vécu et coordonné, par la révolution, et que cette élaboration se nomme métaphysique en premier temps et ontologique en second, à partir de Descartes.  

Et comme c’est bien du Bord de toute la réalité dont il est question, toutes les explorations sont requises,  qui ne parviennent pas encore, toutes rassemblées, à un début de commencement de l’analyse du réel très exact, ne parviennent pas encore à l’analyse et à la compréhension du Bord de la réalité ; étant entendu que l’on se situe alors, tous, antérieurement à tout monde ou donné, vécu ou corps et qu’interroger le bord c’est plonger dans l’ontos pur et dur du réel (et que cela ne se résoudra pas si aisément) ; et on a vu que si l’extensivité de la pensée est grecque (elle pense le monde selon sa résolution de l’universel, du procédé de l’universalisation, qui tire des données immédiates des règles universelles, des idées qui sont des relations, des systèmes qui rapports), l’intensité est christique et celle du sujet qui concentre dans sa décision, sa volonté, son intentionnalité tout le poids et la perspective du réel, pour nous extensivité et intensité (qui sont conservés) se développent en densité ; en ceci qu’il s’agit d’incarner, d’incorporer l’universel et le sujet dans le donné tel que là ; soit comme humanisation soit comme personnalisation.

Depuis le début c’est une seule trame qui courre ; depuis le début on cherche et expérimente les affects adéquats ; ceux universels des grecs, ceux d’intensité et de conversion qui traverse tout ce corps-çi en fonction de l’Autre-corps, pour et par le christique (mais aussi l’étrangeté cartésienne qui découvre le monde, la réalité folle et autre intégralement, absolument existentielle de la Méthode du doute, qui bouleverse toute l’intentionnalité du sujet, et le crée comme sujet), et l’affect devient crucial lorsque précisément la structure qui se déploie de plus en plus atteint l’individualité, le moi ; lequel est non seulement bouleversé mais décuple la possibilité affective elle-même ; il ressent des tas de trucs qui ne possèdent pas de « nom », qu’il invente et découvre à la fois ; on est loin des sentiments idéalisés, non seulement grecs mais aussi ceux qui précédèrent la réalisation universelle (corps qui avaient en vue l’horizon universel assuré ensuite par la révolution, offrant à chacun de posséder son propre corps ; ce qui n’avait pas lieu auparavant, sinon structurellement dans le christique) ; la chute de ces sentiments idéels, grecs, ou idéaux, christique ou courtois, idéalisant l’amour, antérieurs à la révolution, se produit comme romantisme et dépressions et délires et morcellement ou mégalomanie du moi mais aussi démonte littéralement que « amour » ou « désir » soient si simples … (bref non seulement le désir qui tournent en sado ou maso ou toute autre variante peu claire, mais aussi toutes les prolixes inventions mentales de la personnalisation, qui essaie tant qu’elle peut de s’échapper, de se contourner, de s’expatrier, de se détruire ou annuler son identité ; parce que la structure en un moi n’a pas d’identité, elle est une singularité, une structure pure et brute, très brute, une lame aiguisée qui veut s’affuter plus encore et expérimente à tour de bras ses possibilités, non humaines ou non psychologiques).

On reconnaitra aussi que l’universel ne suffit pas pour réformer l’humain, même sous le coup de l’humanisation de raison, du « liberté-égalité-fraternité » et qu’autre chose, une autre sorte de dimension est en jeu ; et c’est cette autre dimension qui est explorée et explorée à partir du point qui seul peut la manifester, l’individuer, et imaginer, poétiser au sens fort et impénétrable ; analysée, et analysée en tant que vécue et non pas théoriquement, vécue, l’humanisation expérimente et chacun y invente de sa relation dite humaine et personnalisée, qui entre quasi immédiatement dans la dispersion et la dissolution psychique et tout autant affective (la structure est une terrifiante présence formelle) , et éprouvée, éprouvée dans le fait : dans le fait d’un Corps, de son individualité vivante.

Mais on ne peut pas échapper au Bord puisque c’est à partir de lui nous nous penchons sur l’ontologique et à partir de l’ontologique instancié ici même (depuis Descartes ou dont Descartes manifeste la position si l’on préfère) que nous percevons le donné, le monde, le vécu et le corps. C’est toute l’apparescence de la réalité et du corps et du vécu qui se retrouve lentement cul par-dessus tête. Si ce devenir ne tenait qu’au contenu intentionnel, tout l’ensemble serait balayé depuis belle lurette de ses propres contradictions (l’universel et la connaissance ne tiennent qu’une partie de la réalité) ; mais la progression, au travers de dieu, de la pensée et de l’être, du sujet et de l’étendue, de l’altérité, de l’existence (Sartre et Lacan) et de l’exister décrit scrupuleusement l’architecture susdite du réel même ;  scrupuleusement parce qu’il n’est aucun autre réel sur lequel s’arcbouter, il n’y a nulle part d’autre où aller, où s’avancer ; la pente est très exactement suivie, d’élévation ou de dégagement ou d’abaissement ou de bassesse ;  on ne peut pas ne pas être la tangente du Bord du monde, du cercle du réel qui entoure les réalités, puisque l’on n’existe que de, par et pour cette division.

Cela signifie, donc, que l’on ne se fie pas du tout à la rationalité des contenus, mais à la puissance de l’architecture ; étant entendu qu’elle est instanciée, pour chacun, immédiatement dans le monde et instantanément dans la structure de chaque arc, acte de conscience, que l’architecture est plus cohérente que les cohérences secondes de la détermination du monde ; que l’architecture est installée, instanciée dans le faisceau de conscience, d’attention, de décision, d’imagination, d’intentionnalisation telle quelle. Que cette architecture c’est cela même qui est appelé par toute Œuvre ; œuvre esthétique, poétique, philosophique, mais aussi idéel (de connaissance) ou éthique ou politique (la révolution fut un idéal en soi et valant pour soi ; à raison puisque la révolution est l’historicité même, pareillement les années soixante qui révélèrent le devenir interne du moi comme prototype de sujet concret). Toute œuvre étire l’arc structurel et attire l’acte de conscience à l’extrémité du bout de la réalité, sur et par le Bord qu’est le réel. Tout cela exige l’architecture, dont on a dit déjà qu’elle était archi-texture, celle du corps.

Qui dit texture veut dire par là qu’il soit tissé de signes. Autrement dit de rapports. Puisque cet arc de conscience est lui-même un rapport et qui plus est le rapport unique, la racine articulée conscience-dans-le-présent ; le rapport de cet être qui n’est pas un être mais est le rapport dont la nature est de se rapporter à soi comme rapport. On ne voit pas à vrai dire de quoi ce rapport pourrait être le rapport sinon de lui-même comme rapport ; tout autre destination le pousserait et l’enfermerait dans telle ou telle détermination et donc ne serait plus du tout qu’il soit un rapport. Et comme son identité est non ceci ou cela mais est ce rapport lui-même, et donc qu’il est vide, cela lui évite de se confondre avec quelque contenu que ce soit ; il reste donc et restera le rapport du rapport parfaitement vide, ce qui signifie formel ; il ne peut pas être, il ne peut qu’exister mais exister est antérieur et plus grand que être. De sorte que jamais aucun contenu ne remplira la forme ; et que donc elle n’a pas de correspondance avec quoi que ce soit du monde ; or il n’est à proprement parler que de la détermination, il n’est que le monde ; donc ce qui sort, s’extrait, s’ajoute en plus du monde est une forme.

C’est bien de ce que rien n’est en nous naturel, que l’affect est le centre vital de l’arc de conscience ; on ne peut délimiter aucune réalité en nous qui ne soit travaillée par l’intentionnalisation ; non pas que tout soit situé, physiquement, dans l’intentionnalité, mais bien que l’apparaitre des choses, et donc de notre « être », est effectivement, dans l’effectivité cela même qui existe ; ou donc l’être n’est pas, ou plus exactement il est secondement, pris dans le mouvement (le mouvement qu’est le présent, en tant qu’exister) ; et ainsi ce qui apparait est parcouru de profondeur, puisqu’il n’existe que cela, de l’apparescence. Lorsque Platon nous entretient des idées, ça n’est pas une fixité puisque les idées c’est cela même qui accélère considérablement notre perception, notre attention, notre concentration… Cela signifie que ce que vous pensez, ce que vous vous représentez non seulement influe sur ce que vous percevez mais aussi sur ce que vous ressentez. Et qu'il s'agit d'élaborer la stratégie de cette intentionnalisation.

Le corps vivant

Les étatistes et les objectivistes (les psy ou les socio) adorent que vous soyez effet de causes extérieures ; parce que selon cette extériorité ils parviennent à se placer, à placer leurs discours, qu’ils prennent pour la réalité (ils confondent ce que l’on connait de la réalité et la réalité elle-même et effectivement on ne connait la réalité que dans des discours et des systèmes, mais le seul et réel accès au réel est votre arc de conscience ; aucun discours n’a accès au monde tel que donné là).

Ce qui a accès au donné là, à l’horizon du monde, au monde comme horizon, et ce sur la surface du corps (où donc ailleurs que là ?) se révèle comme perception et donc comme affect ; de même que l’arc de conscience précède tout ce qui vient (représentation, langage, image, neurones, etc) pareillement le corps est toujours déjà vivant et perçoit ; c’est son taf, son boulot, ce pour quoi il est fait ; autrement dit le corps, tout corps, est déjà lui-même un retour… Un animal est un retour ; s’il ne l’était pas il n’y aurait aucune séparation d’avec le milieu et donc ne serait pas un corps. L’arc de conscience qui crée une autre-surface du corps, est alors lui-même déjà embouteillé, emmanché, engrené dans le retour que son corps est-déjà.

Encore une fois, mise au point ; que l’arc de conscience vienne avant n’importe quel système (du langage par ex) et que le corps vienne avant toute disposition de la cervelle, ça n’est pas étonnant ; c’est fait pour cela ; l’arc de conscience et la perception consistent à passer outre le « milieu intérieur » afin d’accéder au milieu extérieur ; si un corps perçoit c’est afin d’oublier son unité et si l’arc de conscience regarde, pour ainsi dire, à l’extérieur c’est afin de court-circuiter la cervelle (et tous ses contenus, et conséquemment de répondre au donné là immédiat et non plus de reposer sur son acquis). Cet arc ou ce corps exposé ne peuvent pas « tout » ; dans la mesure où une telle remarque ait quelque sens, mais c’est ce que l’on entend constamment « on n’est pas libre » ; évidemment que l’on ne peut pas tout, on peut petit à petit et surtout on peut ici et là ; c’est, littéralement, cet ici et là, cet ici et maintenant qui tient l’arc de conscience et il est constitué à cette fin ; sauf que bien sur il s’agissait pour les grecs et pour le christique de déployer l’ensemble du possible, l’ensemble de cet ici et là tel qu'actualisé dans le présent brut et de livrer, délivrer toute sa puissance ; à savoir que tout nait et re-vient au présent.

L’ensemble de toutes les possibilités de cet acte, actuel pour le dire, c’est très exactement le processus de l’occidentalisation (dont on a dit déjà qu’il n’était pas « l’occident » mais bien plus vaste et de toute manière en ce moment même est devenu, ce processus, la planète même). L’occidentalisation est la mise en œuvre de l’acte d’attention en tant qu’il dispose effectivement (cad dans la réalité du monde ou dans le réel de la structure) ; la pensée métaphysique (jusqu’à Descartes) ou la réflexivité ontologique (depuis Descartes) s’utilisent à cette fin ; préciser l’acte, l’action, l’activité, l’activisme qui consiste à tout vouloir ici même et intégralement. Intégralement non dans l’ordre de la réalisation (on ne peut pas conclure sur la détermination du monde, du donné, du vécu ou du corps), mais intégralement dans la dimension de la Possibilité ; tout ce dont il est possible de prendre conscience ici et maintenant et ce sans supposer qu’il « manque » une part « au-delà » ou « ailleurs » ; tout est là, l’être est donné totalement, ou depuis l’ontologie et Descartes c'est le réel qui est ici même, l'exister qui est appelé et amené de son déroulement intégral (qui ne passe plus même par le seul universel, ni la métaphysique de discours, mais par l'arcboutant sur le "là" du monde et du corps, nommé pour cela non plus métaphysique mais ontologique, l'accès même au réel).

Le grand système ontologique

La différence entre la métaphysique (qui est annulée par Descartes et dont l’annulation est actée par Kant) et l’ontologique (qui débute par Descartes) tient en ceci que le système de base est restreint à la pensée (grecque) tandis que le système de réflexivité est hyper étendu (et se continuera par Kant, Hegel, Husserl, H et N, Sartre et Lacan). L’ontologique est dit réflexif en un autre sens que celui grec ; il ne s’agit plus de trouver ou retrouver l’unité de l’être, cad de l’idée de l’être (et qu’il soit ainsi marqué dans sa cohérence ; cohérence qui implique que tout énoncé soit compréhensif et compréhensible dans l’ensemble, réflexivement établi, et dont cette première réflexivité tire son utilité et son efficience) mais de faire-retour sur cet être-çi, sur ce sujet et sur son installation, incrustation dans, sur, par le réel (figuré par Descartes de deux manières ; dieu et l’infini / le monde et son étendue) ; réflexivité de retour donc sur une structure réellement là.

Et évidemment que soit conservée l’exigence grecque ; que ce retour sur cet-être décrive cet être-çi, cette structure mais … en cohérence ; même Nietzsche est tenu, réellement, par une cohérence, sinon ça n’aurait aucun sens et serait illisible et surtout ne pourrait pas être écrit … Il faut bien prendre en compte que même dans les tempêtes de "l’irrationalisme" c’est la forme rationnelle qui est retrouvée, jamais perdue ; on abomine les fondements de la pensée ou de la raison, mais au nom d’une vérité et d’une vérité nouvelle et tout autant organisée ; ce qui signifie ceci que les tempêteurs use de la cohérence afin de trouver les distinctions au-dedans et alentour de cette structure qui est littéralement posée là sur le sol ; sur le Sol.

Appliquer l’exigence de cohérence, et ainsi l’exigence tout court, à quelque intention que ce soit, est la suprématie de la mise en forme sur les contenus ; non pour les plier, mais parce que c’est via l’exigence que les contenus apparaissent ; on ne tombe jamais sur une consistance paisible ; c’est parce que Platon veut les Idées que le monde apparait, sinon ne nous resterait que le monde donné là immédiat ou le monde commun de tel ou tel groupe pris dans son langage ; le sgrecs ont inventé du langage, cad des rapports nouveaux. C’est ainsi par sa révolte interne que l'on a outrepassé l’universel et déployé le corps, le corps rimbaldien ou nietzschéen (etc), explosé la clôture de la réalité raisonnable ou humaniste, comme si il n’était que l’être, dénudé les fils de la raison ou de l’humanisme, de même que furent dépassés les groupes humains et leurs mondes isolés, immédiats et de synthèse unifiée, par la révolte interne qui explose cartésiennement ou nietzschéennement ou céliniennement (etc) dépassée la réalité aplanie de la raison, humanisme et naturalité. Et que la structure continue dans le brouhaha sa restructuration de la réalité et de sa propre capacité formelle ; il n’y a pas seulement des réalisations en plus mais aussi des corps tout à fait autres en plus ; opérant de nouvelles distinctions mentales qui sont des différenciations, physiologiques, des perceptions et des affects (démultipliant les Œuvres, éthiques ou esthétiques, révolutionnaires ou psychiques dans les mois eux-mêmes durement éprouvés.

La division instanciée de tout est ainsi l’effet universel et ontologique de la structure avançant au travers de toute l’historicité. Soit elle tombe dans les immédiatetés et la dispersion indéfinie des intérêts et des images que suscite cet arc en chacun, de sorte que l’on se retrouve piégé dans son propre fantasme et même dans le signe de son corps littéralement, soit elle parvient à se restructurer sur son insatisfaction native et fondamentale.

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Le désir, le Réel - 2

11 Novembre 2017, 09:02am

Publié par pascal doyelle

 

Outre l’image de l’horizon, on suppose cela ; que l’occidentalisation (ce qui a pris ce nom là, cela aurait pu être un autre, peu importe) est précisément l’advenue sur le devant de toute la verticalité de cet horizon. Autrement dit ; perché sur le Bord de la réalité on a dressé la verticalité ou en tous les cas, tous les cas (de Platon à Montaigne ou de Pythagore à Einstein, de Michel-Ange à Rimbaud, etc, et dans la myriade de mois et d’individuations ou de révolutions qui eurent lieu) on a dressé l’expérience accessible à partir du Bord lui-même ; l’ensemble de la tradition d’occidentalisation est justement et de plus en plus précisément l’exploration du Bord du monde, du donné, du vécu et du corps et c’est le même Bord : il n’y en a qu’un. On se penche par-dessus et on voit ce que cela donne.

Toute négation de cette tradition (de pures et complètes révolutions incendiaires continuelles) est et doit être prise comme interne à celle-ci ; pour la raison que l’on n’a pas découvert des « idées » mais une structure qui traverse et utilise toutes les idées que l’on voudra ; aucune idée ne peut abattre la structure (dont toutes sont issues) et cette structure est elle-même universelle, non en ceci qu’elle serait constituée par l’universel (ce qui n’aurait aucun sens ontologiquement ; puisque l’universel est un moyen pour la structure, des systèmes de rapports pour le Rapport ; ça a par contre évidement un sens dans la détermination, la détermination peut être pensée selon l’universalisation), mais en cela que partout, tout être humain est une telle structure ; un arc de conscience purement formel et brut. Universelle structure au sens où chaque structure de conscience est parfaitement égale et identique à toute autre. C’est à chaque fois la Même Structure en arc de conscience qui agit. Et qui agit sur et par le Même Réel. Et étant antérieure chaque structure produit, invente, crée quantité d’individuations, en tous sens. Chaque boucle à la surface u réel comme bouclage indéfini et un, en tant que mouvement du présent, est une.

Le réel est le présent, la ligne qui déroule toutes les réalités ; la ligne, perçue du dedans, est une surface et sur celle-ci se créent des boucles non-finies qui constamment reviennent vers et par  la surface du réel ( se constituant de cette rupture interne à l’attention à quelque ceci ou cela et il n’y a nulle part d’autre où aller ; soit vers les choses qui existent sur la surface, soit vers la surface elle-même ; dieu, la pensée et l’être, le sujet et l’étendue, la structure et l’altérité sont les formulations de cette boucle ; le moi peut imaginer ce qu’il veut, il est sur la surface de son propre corps, son corps psychanalytique si l’on veut ; où voulez-vous qu’il aille ?) ; les boucles font effets vers elles-mêmes ; mais demeurent en tant que telles rompues, en tant que boucles non-finies, et imaginent seulement quelque état définitif et comblé ; qui n’existe pas, qui n’existera jamais ; il est de la nature de la structure en  boucle, en arc de conscience, d’être non finie et donc non satisfaite.

Ne cherchez pas : cette structure ne sera jamais satisfaite. Aussi doit-on penser cette insatisfaction même. Et si elle n’est jamais terminée : voila dieu, la pensée, le sujet ou l’altérité en tant qu’exigences. Si on ne prend pas l’exigence, elle nous ignorera et nous détruira ; elle peut vouloir indéfiniment, ce qui veut dire intentionnaliser tout et n’importe quoi et passer via mille et une ruses dans le réel ; elle est le réel, puisque l’arc, la structure est le rapport qui revient du réel (coupure, morsure, tension de la cervelle vers le réel qui revient en retour, mais comme on est dedans on croit spontanément qu’elle re-vient, qu’elle vient du réel lui-même). L’occidentalisation, ayant découvert et extrait et donc élaboré et architecturé cette découverte qu’est la structure, est ainsi l’ontologique éthique et la mise en forme et le mode de fonctionnement de cette structure ; comment entrer dans le rapport que l’on est et le modifier, l’orienter, le désorienter, le traficoter en un mot et essayer de tenir que cela soit une Règle.

Dieu, pensée et être, sujet et enfin altérité sont les mises en forme de la forme même ; de là que cette acculturation s‘étende à toute la planète puisque c’est l’unique structure antérieure à tout monde humain et tout moi, et puisque chacun a un corps (comme prototypiquement dans le christique, qui engendra quantité de sortes de sujets, dont le sujet exclusif cartésien qui dit que « c’est ici que « ça » se passe ») et chacun a un corps dans le même unique monde (tendu, comme une toile, par l’unique et strict réel, le même présent et son acte, qui revient sans cesse parfaitement identique à sa forme).

Nous-mêmes sommes pris dans une forme ontologique spéciale qui ne parvient pas à rendre compte de la forme ontologique spécifique ; celle du sujet cartésien mais biffé, annulé, ignoré, absenté ; il est absenté dans le moi, ignoré par la science, annulé par l’image, oublié par la pensée, la théorie, la « philosophie » (le point de rejet étant Sartre et ce via Lacan ; mais Lacan et Sartre sont l’externe et l’interne de la même structure ; l’antiphilosophie lacanienne cible la version abstraite, celle qui a transformé la pensée en raison, dieu en la naturalité et le sujet en moi, qui éprouve de ce fait de considérables difficultés, et ne comprend plus quoi que ce soit ; son « bonheur » tarde à venir, tandis que le sujet opérait une tout autre élaboration).

À vrai dire tous les désirs sont quelconques par rapport à la structure, et ce parce que tout est quelconque pour l’arc structurel de conscience ; il n’a aucune correspondance avec rien qui soit. Il est à lui-même la dimension, puisqu’il est un rapport ; dont l’être n’est pas un être, puisque c’est un rapport, par quoi on en déduit que ce rapport est constitutif, ontologiquement, et non seulement en lui-même mais parce qu’un présent il y a ; l’articulation dans l’articulé fondamental.

Dimension qui de cette manière intègre l’interruption ; interruption du monde par dieu, du donné par la pensée du donné, du vivant par l’autre-corps ; elle est constitutivement de, par et pour l’interruption (il n’y a pas de reste, sinon tel le corps). Comme nous nous vivons sous le régime du moi, de la personnalisation, du repli sur le concret, on ne perçoit absolument aucune vision d’ensemble ; évidemment se « replier sur le concret » est en partie paradoxal ; parce que ce faisant on élabore, invente, décuple le concret et que ça n’est plus un repli, mais une invention, comme dit ; ce qui donne ce monde hyper construit en tous sens (la révolution c’est la possibilité historique qu’il y eut de conférer à chacun la capacité d’organiser et d’inventer son monde ; de tout ce qui n’est pas autorisé est interdit à tout ce qui n’est pas interdit est autorisé).

L’autre jeu, le grand jeu, celui dont la petite tactique du moi, de la raison raisonnable et du concret vécu, est issue, le grand jeu c’est donc celui initié comme dimension ; dieu, la pensée, le sujet. Et comme le moi est très mal à l’aise dans son vécu, les trois se continuent comme altérité ; destruction non pas de la pensée, de dieu et du sujet mais du moi, de la raison, de l’humanisme et de la naturalité. La naturalité est rendue à non plus cette nature calme et sereine, accueillant l’humanité, mais telle quelle : brutale, autre, inerte, morbide, déconstruite, en désintégration, et surtout inhumaine, réclamant éventuellement que nous soyons surhumains

(surhumanité dont la racine est le christique comme sur-divin, le dieu en plus, en plus de tout dieu, mais on voit bien alors que le christique peut faire communauté, communauté non pas immédiate dans un monde cyclique, mais intégrant ce monde cyclique introduisant l’historicité ; communauté mais « en esprit », communauté coordonnée et non pas ordonnée ; la source de l’ordre n’est pas le monde immédiat perçu par le groupe, mais l’accord de chacun par conversion ; si on n’intègre pas ses repères faciles mais décisifs on n’y comprend rien ; on croit que le christique est une sorte d’illusion ; pas du tout, c’est d’une difficulté et articulation formidables ; pas du tout spontanés et immédiats mais seconds, au sens de réfléchis, et relevant de la re-anthropologisation méditerranéenne).

L’occidentalisation a élaboré le non-désir, si l’on veut ; ce qu’il faut remplacer par sa formule exacte ; que ça n’est pas le désir mais la volonté, aussi bien cartésienne que nietzschéenne, c’est la Même (puisqu’ils observent là sous leurs yeux la Même Structure) et donc c’est l’intentionnalité ; que chaque arc ne tient (son monde, son moi, ses images, les autres, la perception, etc) que dans le mouvement ; c’est le mouvement, pur et surtout brut (parce qu’il sort tout nu et très cru de la cervelle et pour la première fois voit le jour même, la mer allée avec le soleil, et il voit toujours le jour même avec le même étonnement, éberlué d’exister) ; mouvement de l’arc dans le mouvement du présent, ce qui ne manque pas de nous jeter dans l’extase ou l’expectative ; c’est le mouvement qui caractérise l’acte d’occidentalisation qui consiste à extraire puis élaborer et architecturer la structure de conscience, la structure de prendre conscience et qui ne laisse jamais en paix quelque système ou idée ou esthétique ou politique que ce soit.

Que ce soit le mouvement qui soit pensé, se voit de ce que la pensée, dieu, le sujet, l’altérité (de la volonté de N, de l’Etre de H, et des analytiques sartriennes et lacaniennes) sont des mouvements ; s’introduisant en ces retours d’expérience on s’introduit dans la dimension ; et donc l’expérience en question est cela même qui n’apparait pas dans le monde, l’expérience de la structure comme telle. L’occidentalisation est à cette fin ; pour prendre au sérieux que décalage il y a et que cette distance est ontologique (concernant le réel tel quel) ; de même que toutes les civilisations, mais l’occidentalisation se définit de pénétrer l’articulation, la distance même (raison pour laquelle l’occidentalisation est infiniment plus grande que « l’occident ») ; ce qui donc ne consiste nullement en une idée ou un contenu qui entrerait en concurrence avec les autres ; mais dans la forme dégagée et stricte de l’arc réel d’une structure-conscience indépendante de tout contenu ; raison pour laquelle on a dû inventer, découvrir cette structure comme intentionnalité et il suffît alors de Sartre pour purger l’intentionnalité de tout « quelque chose » et du même coup de tout l’universel ; non au sens où ce serait, cette structure, moindre que l’universel mais au contraire, inversement, plus que l’universel ; soit donc la cohérence antérieure à cette cohérence maniée par l’universel ; l’universel sort de quelque part (il n’existe pas dans le ciel éternel des lois ou des maths ou de la raison), et ce lieu capable d’inventer, découvrir l’universel se nomme structure formelle de conscience.

C’est bien pour cela que la dite structure n’appartenant à aucun contenu, mais les produisant tous (y compris les esthétiques, éthiques, politiques, idéels, cultures humaines et acculturation restreinte ou généralisée, par la révolution par ex, par le récit et la poétique, etc, mais aussi en et par la personnalisation, qui atteint tout moi, tout être humain en forme de moi, cad tout le monde…), cette structure telle quelle est née de et dans l’occidentalisation, comme processus et procédé, et use de dieu, de la pensée, du sujet (des esthétiques, éthiques, etc) afin de s’imposer comme forme de structure dans le réel et en tant que forme révolutionnaire de l’historicité.

Nue, sans rien, pure tension qui sort de chaque cervelle via et par chaque corps, un par un, absolument séparé de tout et de tous et ayant à se vouloir à neuf non plus dans une organisation « organiciste » mais via une coordination et donc réfléchie dans et par le registre de la séparation, division intégrale de tout ; la division est ainsi depuis la méditerranée le résultat de la sortie des mondes immédiats, cycliques et ritualisés, sortie à partir de laquelle la distance, le décalage sont activés ; ce qui est un challenge, pour ainsi dire, un défi, et le passage (ce en quoi on va échouer, en tant qu’espèce, en tant que race) ; réguler la division de tout et de tous non plus dans une immédiateté mais dans une coordination ; ce que voulut instaurer le christique ; que chacun rendu un et séparé par le christ soit réunit avec tous les autres uns, et ce dans la communauté « en esprit » ; « en esprit » ne signifie pas une sphère éthérée mais la coordination voulue, assumée, assurée d’elle-même, réfléchie en un mot. Ce à quoi voulût amener la révolution des égaux.

Puisque rien n’est comparable à l’intuitionnelle structure qui se Voit instantanément elle-même sans pouvoir, en quelque manière que ce soit, se Dire. Mais elle se voit, et c’est bien en cela que réside la certitude, qui se moque du défilement de systèmes ; elle les épuisera tous. Elle est, comme de juste, hors et en plus et en-dehors du langage (et de la représentation et des mondes humains et des groupes et des systèmes) ; puisqu’il s’agit d’extraire la structure, de l’élaborer, découvrir et créer (à la fois, puisqu’elle est la possibilité même, qui ex-siste antérieurement aux réalités) et d’architecturer cette élaboration. Aussi elle s’en prend immédiatement au Monde mais le suppose et le transforme en monde-créé, par dieu – et s’étend sur le Donné-là lequel n’apparait que pensé et grec –  et envahit le Corps qui recèle le sujet louvoyant au-dedans et au-dehors du corps. Monde donné et corps sont ce sur quoi tombe la structure lorsqu’elle sort, nue et sans rien, arc de pure brutalité ontologique infiniment subtil, et reçu de plein fouet par le moi dépourvu de groupe et de monde, de tout contenu qui l’emmitouflait, et qu’elle jette, cette structure,  un regard au-dehors, par-dessus sa propre épaule ; elle va s’en prendre à toute la détermination et ce instantanément ; instantanément elle Sait sans connaitre quoi que ce soit, elle Sait du savoir interne à la forme structurelle qu’elle ex-siste, et va tenter mille interprétations qui à chaque fois remueront ciel et terre, en tous sens, puisqu’elle est au-delà, en-deçà, antérieurement à tout corps, tout monde, et hors du sens et créeront toutes les révolutions dans tous les ordres possibles.

Les affects vivants

Remarquons ceci que si il y eut bien une élaboration extrêmement concrète, ce fut celle des affects, des affects du corps ; puisque l’arc de structure est installé, historiquement, dans le donné le plus concret, au cœur des mois, au bord des corps, ce qui apparait lentement et définitivement dans l’historicité ce sont toutes ces modulations, tel l’amour inventé par la chevalerie et le roman et la poésie, comme intervention (et interruption) du donné et du corps entre deux individualités autres l’une pour l’autre, ou tel le spleen ou l’étrangeté et le surdivin et l’au-delà du monde ici même dans le monde transfiguré de son propre élan ; jusqu’aux affects d’angoisse, d’existentiels à psychiques et de désirs, de perversions et d’imaginations dans les créations de mondes individualisés ; tous les affects du corps d’un sujet vivant, du corps vivant, non seulement se décuplent mais s’inventent et se créent, et non seulement les affects mais toutes les perceptions, rendues au monde esthétiquement et poétiquement, creusant non plus seulement l’apparence universelle mais creusant à même le perceptif, dans le détail du donné et dans la précision des vies vécues bien plus loin et  ; pareillement l’amour tel qu’éprouvé par les mois de ce temps-çi n’est plus l’amour idéalisé et pour ainsi dire universel d’autrefois ; ce que l’on nomme tel ne se ressemble pas, et on ignore ce que l’on signifie par là (et que toute la représentation culturelle tend à simplifier et à rabattre sur la sorte d’imagerie universelle) tout s’est intensément créé complexe et autre (la psychanalyse même ou histoire de la sexualité mais aussi les mille expérimentations du « désir » poursuivis à vif tout au long depuis le 18éme ; il est évident que les mois vivent un Enfer). De même qu’instancié dans et par chacun des mois cet arc intégralement acharné sur son propre corps ne cesse de s’inventer des détournements psychiques de sa propre vie et du caractère vivant de ce corps, des paravents, des labyrinthes, des cheminements psychiques et psychologiques et relationnels ; amour et détestation paraissent des simplifications, peu à peu des approximations,  d’un ensemble d’affects plus étendu ; déploiement extensif de l’intensité. L’intensité du sujet, de christique, puis cartésien, a explosé depuis l’instanciation de ce sujet dans le réel historique ; ce que commence de signifier le romantisme ; tout cela n’est absolument pas du tout évident ; on avance alors dans les affects incompréhensibles des sujets-corps immergés dans ce monde là.

Ceci serait incompréhensible si l’arc de structure n’était précisément un Corps.  

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le Réel, le désir - 1

4 Novembre 2017, 10:34am

Publié par pascal doyelle

 

Exister s’entend tel un fait ; le présent existe, et l’être est l’ensemble des effets du présent, de l’exister, tel qu’il a déroulé l’ensemble des déterminations. Et ce jusqu’à aboutir à un être-qui-se-sait (que l’on sache et telle que l’expérience nous en est donnée) ; l’être qui-se-sait il ne faut nullement l’entendre comme un « mystérieux contenu » mais comme une forme vide, vide mais forme ; ce qui se sait c’est le rapport avec lui-même. Une chose est cela qu’elle est, mais ce rapport qui est son propre rapport, il est ce rapport sous la forme de l’exister (sinon il ne serait pas un « rapport » précisément) ; et si notre être est rapport il ne revient pas au Même, il est en et par l’Autre, selon et dans, immergé dans l’Altérité, la plus brute de brute, dans et par l’altérité (c’est pour cela qu’il existe vers le réel, lequel se définit comme ; ce qui est Autre, dont on n’a aucun contrôle, ni intentionnalisation, que l’on doit créer sur et par ce réel même).

Et ce mouvement lui permet de faire défiler les déterminations, de signifier autant qu’il le veut ; il est le rapport qui crée dans son mouvement les rapports, du langage par ex (les mots sont des signes, des relations ou l’universalisation, la raison, durcissement du langage, des relations bien plus resserrées ; tout ce sable s’écoule dans la structure d’attention, de conscience). « Conscience » est l’acquisition en cette « chose » qui est devenue le rapport qu’elle ex-siste, constamment, qui n’est donc plus une chose ni un être déterminé, et rapport qui étant le rapport lui-même se situe à la surface, toujours déjà exposé vers l’autre (de même que le splittage totale et radical, à la racine, que signifie le présent qui est ce par quoi est exposée une réalité, sinon de réalité il n’y aurait pas) ; rapport qui se situe dans le mouvement à la surface du réel tel quel, réel qui fut dénommé ; dieu, l’être et la pensée, le sujet (christique puis cartésien) et l’étendue, l’altérité ontologique (la Volonté et l’Etre) et l’exigence (Sartre et Lacan). Toujours cette réflexion, réflexivité, retour sur notre « être » s’introduisant plus avant dans, au-dedans, au cœur même de l‘articulation conscience/exister. Ne définissant pas cet être comme une chose, mais comme un mouvement et élaborant et architecturant non un « être » mais un ex-sister. L’occidentalisation est la description-création du mouvement qui est mouvement vers le réel.

Dieu, la pensée, le sujet, l’altérité constituent le rapport puisque dieu, la pensée, le sujet et l’altérité sont Autres et exigence ; étant mouvement l’acte de conscience est ce qui est autre que soi ; coupé, séparé, divisé, toujours sans cesse porté par l’altérité, cad le présent (c’est dans une poche imaginaire à la surface du réel, ou de son corps, que l’on confère l’être, imaginé, à un mot, une image, un bonheur, autrui, ou dans un monde humain bouclé sur son monde propre ou dans une identité, une coïncidence tels la race, le nationalisme délirant, le moi en soi).

On tient ici le présent pour le Bord du monde, du donné et du corps. Le monde est l’ensemble des réalités, le donné est l’horizon de tous les horizons et le corps est la délimitation absolument précise d’un être en rapport. En rapport ce qui signifie distancié. Qu’il y ait distance signifie qu’il n’est de réalité possible que dans et par la distance soutenue (sinon on Est, et ne se pose pas de question) ; autrement dit il n’existe pas d’unité des réalités, mais il est une unité formelle, toute vide et autre antérieure qui produit des réalités, des êtres, des rapports qui sont ces arcs de conscience ; ce serait supposer une méga réalité dont on ne voit pas où la situer, ni dans des lois, ni dans un logos ou une pensée, ni en une « âme », une identité ; votre « moi » ce sont l’ensemble des décisions et orientations que vous avez prises durant le laps de temps nommé existence ;

ce parcours forme un dessin, ce dessin est votre âme ou ce qui y ressemble le plus, pour ainsi dire, mais remarquons ; l’ensemble des décisions, des intentionnalisations, plus ou moins intenses et dans leur intensité et extensivité et distinctivité mêmes,  prises y compris les regards et possibilités internes de toute l’exigence et de toute l’éthique du mouvement et du regard, on y reviendra ; l’ensemble des décisions virtuelles, potentielles et effectives ; cela même que recherchait Sartre… et Lacan, et qu’idéalisait Nietzsche, la décision non temporelle de « soi », et Heidegger dans une moindre mesure. Pensée, raison, tout cela ce sont des moyens ; pour ce qui est du divin c’est une tout autre affaire parce que dieu, si il existe, est une intention … on ne peut pas lui appliquer l’être, il est ou en serait alors le sur-existant, ce dont on ne sait absolument rien puisque nous obtenons le présent comme limite de cette réalité et de ce réel tel que constaté, ce qui est totalement kantien, de même qu’est hégélienne la reconduction de toutes les intentionnalisations dans la méta intentionnalité recouvrante, ce qui veut dire récupérant toutes les phénoménologies, les activismes qui furent.

On l’a dit déjà, on ne peut que constater qu’effectivement il existe un décalage au moins, celui de l’arc de conscience qui est autre que tout, mais que de plus il est un décalage interne à la réalité, et ce décalage est le présent, qui s’impose comme forme de toutes les réalités, antériorité formelle unique de tout.

S’il est une ontologie c’est donc celle de l’acte d’exister, ou plus exactement de l’exister comme acte. Si l’on préfère comme activisme. Tout se meut, en bref. Il n’est aucun point assuré ni stable puisque tout est pris dans le présent et tout est pris dans le présent parce que le présent est originellement cela même et cela seul qui existe.

Il apparait ainsi que l’exister n’est pas l’existence ; on nommait existence le fait d’être là, dans ce qu’il fallait bien se résoudre à désigner comme « particulier », immédiat, etc, a contrario de l’universel ou énonçable ; l’existence n’ »tait atteinte que par dieu seul, nous nous contentions de l’universalisaiton, l’intellect agent, passif, actif parfois, etc. On ne peut énoncer que des rapports (entre les mots, les signes ou entre les mots et les choses), mais jamais aucune chose ne « rentre » dans un mot ; les lois sont elles-mêmes des rapports et les mathématiques pareillement. Remarquons ceci ; que cela suppose, au fond, que les choses elles-mêmes sont des rapports, qui se font et se défont, mais qui cependant tiennent là où elles sont ; à savoir qu’elles occupent une par une un moment espace-temps ; deux feuilles sont distinctes l’une de l’autre non seulement parce que le dessin de leur bord est différent mais parce que leur bord est posé à un autre point du réel ; ou si l’on préfère ; on peut mesurer autant que l’on voudra un espace ou une durée, on n’en finira jamais ; parce que espace et temps sont élaborés sur le réel, cad sur l’exister. L’exister, le présent, la distance étant la forme de toute réalité, aucune réalité ne peut les mesurer tels qu’en eux-mêmes (ce qui ne signifie pas que l’on n’atteindra rien, on atteindra évidemment quantité de rapports, mais que l’on n’atteindra pas le rapport lui-même, non par manque mais parce que l’on est, on ex-siste ce rapport). L’exister est ce qui fuit par-dessous, la durée par ex, et indéfiniment, puisqu’il n’est pas de la détermination. On y reviendra aussi.

Remarquons donc et insistons, que de n’atteindre pas le rapport (d’exister) ne veut pas dire que l’on en soit écarté … parce que ce rapport on l’est. On l’existe. Et c’est poser là de manière invincible l’horizon. Nous sommes dans l’horizon ou il vaut mieux dire ; nous sommes l’horizon lui-même, au sens où l’horizon étant le bouclage général non fermé, puisqu’il existe le présent, nous sommes des boucles individuées sur cette surface en bouclage continuelle.

Non au sens subjectif mais au sens hyper objectif ; au sens où si le réel est la surface, nous sommes des boucles sur cette surfaces, des boucles non fermées ; sinon nous serions des choses, qui sont le rapport qu’elles sont, et non pas qui possèdent le rapport qu’elles existent, ad dont le rapport n’a pour contenu que lui-même et comme ce « lui-même » est un rapport notre être est toujours déjà écartelé dans et par le réel, la castration comme on dit, la privation d’un morceau du réel, cad du réel tout court, puisque le réel ne se compose pas et ne se divise pas ; un arc de conscience se signifie et il se signifie comme étant ce-corps, le produisant comme autre-surface, torturant donc son corps physiologique-donné ; même si nous rêvons un rêve subjectif, on ne rêvera pas n’importe quoi ; il faut considérer ce rêve comme une boucle sur l’horizon antécédent, qui est le conscient par ex, et ce conscient dans son horizon propre, qui est l’inconscient, puisque c’est un système interne, mais aussi  le monde humain à telle ou telle époque, etc. Ce qui identifie ceci ; sitôt que l’on a posé le pied dans le réel on atteint déjà immédiatement tout le réel, exposé au réel, à l’altérité comme constitutive. Ce que l’on conçoit ou ressent découpé (par ex en tant que vivant, simplement, dont la peau l’isole du milieu) c’est un bouclage sur l’horizon existant totalement.

Et cela, pour couper court à toute mégalo-globalité, ne prive absolument que séparation et distanciation il y a ; tout vivant est séparé de son milieu effectivement et d’autant plus tout arc de conscience, qui est son propre rapport sous la forme de l’avoir,  crée son propre horizon interne (sur lequel il découpe son moi, son conscient, son inconscient, son corps etc). Qu’il y ait un horizon ne veut pas dire qu’il se réunisse de quelque manière que ce soit ; c’est parce qu’il y a un horizon (formel et distinctif) qu’il existe des tas d’horizons, des quantités astronomiques de réalités et d’êtres, distincts, tous absolument et profondément, cad effectivement distincts et autres ; l’altérité est ce processus qui rend-autre, parce que c’est à ce prix qu’une réalité il y a (si elle n’était pas nous ne serions pas là ; si on existe, on existe distinctement et séparément, de fait et donc trempé dans la brutalité insensée du réel). L’altérité n’est pas quelque formule qui arrive à la réalité, l’altérité est cela même qui constitue une réalité, sans que jamais celle-ci puisse prendre le pas sur l’altérité ; d’où sa brutalité sans fond.

Le réel disperse et dans cette dispersion il y a des réalités – et dans ces réalités des êtres « vivants » ou qui y ressemble, et quelques-uns de ces vivants opèrent un retour sur eux-mêmes, et ont rapport à « soi », en lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même, comme on ne peut pas « être » un rapport on l’ex-siste (et non telle ou telle identité, l’arc, la structure-conscience est un pur et brut rapport) et ce rapport ne peut se percevoir qu’en tant que corps, animal, selon l’autre-surface du corps ; selon les deux versions ; la version culturelle, établissement d’un monde parlé partagé et perçu et échangé et selon la version d’acculturation généralisée dont on a reconnu qu’elle nait autour de la méditerranée, produisant une ré-anthropologisation supra-culturelle pour ainsi dire, une ac-culturation, basée sur le monde donné (grec) et le corps (christique) ; nous n’existons plus dans une culture humaine depuis bien longtemps ; nous existons dans une autre aperception généralisée, méta culturelle si l’on veut, réflexive et non pas méga-culturelle (qui ferait l’impasse sur la division en une fusion d’on ne sait quoi).   

Remarquons ceci, pour l’exemple ; il est vrai que le conscient « s’oppose » à l’inconscient, mais pas l’arc de conscience ; qui n’est pas du tout le conscient, qui n’est pas affecté à un moi, qui est antérieur, ontologiquement, au sens où il se crée constamment d’une cervelle vers le donné-là du monde et re-tour ; crée en re-tour un moi, qui n’est jamais au-dessus de la structure, et la recouvre ; de ce point de vue l’arc de conscience est la perception accélérée, comme on a vu déjà, qui mène durement la vie à un « corps vivant » qui est fait pour percevoir son milieu mais non pas pour soutenir un tel re-tour, un tel rapport. La surface du corps vivant (séparé de son milieu) est ce qui reçoit très durement la division de l’hyper accélération que le rapport de conscience applique sur ce corps ; créant une autre-surface en retour du monde sur ce corps. Un Corps Imaginaire. Un Corps d’autre perception.

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La jointure attention / réel

28 Octobre 2017, 08:36am

Publié par pascal doyelle

L’articulation qu’est l’occidentalisation

(Rappelons que l’occidentalisation n’est pas « l’occident » mais le processus, le procédé qui atteint toute la planète, reposant sur le monde donné là et le corps de chacun)

On a quitté la « pensée » depuis Descartes et on ne le sait pas ; détermination de la pensée (qui comprend ce qu’elle énonce, parce qu'elle relie des internationalisations du monde donné dans des idées qui sont des rapports) et détermination du donné (qui du particulier est ramené à l’universel, soit l’étant universel). Et Heidegger a raison de remarquer que l’être n’est pas de l’étant, n’est pas de la détermination universalisée. Mais ça n’est pas nouveau ; disons qu’il affirme, le premier, que l’être n’est pas du tout l’universelle détermination. Mais Descartes et puis Kant dessinent déjà et de très loin le passage de la détermination et de la pensée vers la structure ; c’est nommément présenté de cette façon ; Descartes le fait, le réalise, le rend réel et Kant le théorise comme criticisme.

L’être n’est pas une synthèse, il est impossible de synthétiser l’être en une fois en une idée pour la raison que l’être n’est pas et que ce qui est seul réel c’est l’exister (cad le présent) ; personne ne sait où il va et personne ne peut synthétiser ce qui devient pas à pas et sans doute pluriellement (au sens où il est plusieurs, une quantité indéfinissable de résolutions, de possibilités ; si l’être est l’exister, sa loi est la possibilité, cad plusieurs réalisations potentiellement actualisables, selon différentes acceptions internes à l’exister pur et brut ; il est « brut », ce qui signifie qu’il se perfectionne au fur et à mesure, se subtilise, son inépaisseur de fil, de tranchant du présent s’affute et se dessine, il est plusieurs dessins potentiels qui peuvent exister, et non seulement de sa brutalité à sa distinction, mais de c'est la forme même qui se modifie).

On fait comme si Kant n’ajoutait que les prolégomènes à la raison, à l’universel, à la pensée métaphysique dont on sait pourtant qu’il l’annonce impossible ; alors on se rabat sur l’universelle version « raison », rationalisme du monde, abandonnant la pensée, métaphysique, la pensée dite a priori. Mais c’est tout autre chose et autrement qui est lancé ; que la structure réelle qui entame le monde et le raisonne comme auparavant elle essayait de le penser, tient de par elle-même ; Kant n’avance pas d’un sureté aussi assuré que Sartre pour affirmer que l’activité de conscience est en elle-même une ; une non pas comme une essence (ce qu’elle ne peut être en aucune manière, étant un rapport, un mouvement, une forme vide, hyper active) mais une comme structure ; et comme c’est de la Même Structure qui existe réellement comme tension qui sort de la cervelle, de toute cervelle, évidemment on tourne autour comme si il s’agissait d’une chose réelle, puisque c’est un Réel, ils décrivent le Même Arc sur le Même Réel. Ces deux positions "là". 

Si notre être se tenait dans un contenu, un super-contenu, La Pensée ou le Moi ou ce que l’on voudra d’identité, la pensée métaphysique serait possible (y compris lorsque l’on se retranche dans la mathématique pour faire croire que la mathématique sur-être au donné ; qu’elle soit dans le donné, oui, qu’elle soit tout ce qui est du donné, non, il se peut par exemple que les mathématiques soient juste le ou les moyens d’êtres réels effectifs, la direction de ces êtres) ; l’idée ou l’identité sont seulement des effets ; Descartes et Kant sont remontés de tout contenu à la forme qui crée des contenus, quels qu’ils soient. Mais ceci permet de comprendre cela ; c’est depuis le début que l’être, que cette position est hors de la pensée, et qui autorise justement de penser, de penser des pensées (et non une seule définitive), et que le Un ou le Bien et que finalement dieu ou le christique, c’est depuis le début que l’on a atteint cette possibilité du réel et d’un seul rapport (celui qui engendre tous les rapports). Depuis le début, diue ou les grecs se tiennent en dehors ; à partir de là où il abordent le Monde et puis ce sera de là où se saisit le Corps (le point-autre christique).

Et que donc on a continué. On a continué de décrire à partir du Bord de la réalité, à partir de « cela », cette structure qui se tient décalée par rapport à la réalité et qui se tient décalée du réel vers la réalité et qui se tient décalée par rapport à nous-mêmes et étant la forme d'altérité effective décalée par rapport à ...elle-même ; rien n'échappe du décalage via ce qui existe soi-même comme autre que soi (en lequel le "soi" est le rapport lui-même et non une identité ; conscience de "soi" comme rapport et non comme identité, conscience de produire des contenus et non comme contenu ; toute l'unité glisse du côté de la productivité et non des produits eux-mêmes) ; rien d’étonnant alors que ce décalage s’étant institué lui-même comme le centre de « cela qui est » et de « cela qui s’est énoncé », que ce centre puisse épuiser une par une toutes les idées, les systèmes, les représentations, les identités et qu’observant tout cela qui, par sa distance, se tient là devant, elle en profite pour se décrire elle-même et les raisons, les structures de sa distanciation ; sous entendu, si le réel supporte, porte, assume qu’il y ait une telle sorte « d’être », qui n’est que structure, c’est qu’il est plutôt bizarrement existant ce réel. Que l’on continue de supposer une Vérité, tenant à l’aise dans un Discours, alors que non seulement on ne peut pas mettre la main sur ce fabuleux contenu, mais que de plus on a décrit et exploré tout autre chose qu’un Discours clos sur lui-même et que l’on se tient depuis le début sur le Bord externe de la réalité (le dit Bord étant forcément externe soit dit en passant).   

Heidegger a donc tort (de croire que l’on pensait des contenus alors que l’on pensait des contenus à partir d’un point, que cette pensée était elle-même déjà une Articulation bien au-delà des contenus : raison pour laquelle on a produit quantité de systèmes, d’éthiques, d’esthétiques, de personnalisations, etc). Il a tort parce qu'il ne veut pas entrer dans l'architecture de l'articualiton et voudrait lui substituer un Sens monumental de l’Être ... Mais il a raison en ceci qu’il réarticule (ce qui auparavant pourtant était déjà un Rapport formel) le sujet au réel tel que « là » ; autrement dit il découvre que le réel est « là ». Ce sur quoi Descartes n’insistait pas (ça n’était pas de l’ordre de sa propre stratégie) en imprimant « seulement » si l’on peut dire que le sujet est posé « là » sur l’étendue du monde ; l’étendue du monde n’est que tel, étendue, et ne reçoit que sa mathématisation ; la suite de l’historicité ne lui a pas donné tort.

La grande avancée heideggérienne sombre dans l’incompréhensible et ce via un biais tout à fait étonnant et dépourvu de sens ; si l’être ne se fixe pas via l’universel alors l’être est « l’esprit d’un peuple ». Ce qui n’a rigoureusement aucune signification. Puisque pour assigner à un « peuple » un « destin » il faut nommer celui-ci et si celui-ci n’est pas universel (cad exprimable pour tous et chacun) alors il est non-nommable et n’existe pas ; la logique de l’occidentalisation, de la transformation de l’articulation en son instanciation ici même, en tout ici même, indique que l’on doit trouver un rapport plus grand, toujours plus étendu et plus réel mais toujours plus précis et analysable (passant de l'être grec au sujet décalé, du sujet décalé, cartésien, kantien, husserlien, nietzschéen, sartrien , lacanien, au sujet donc gorgé d'altérité pure et brute, très précisément articulé au très précisément "là" de l'exister tout aussi brut) et non un repli supposément « ontologique » qui n’a rien d’ontologique, qui s'envole vers une généralité non universelle, le "sens". Et donc désigner le réel comme étant l’exister et le présent et non plus seulement l’être, en quelque sens que ce soit, c'est établir un Rapport plus grand que n’importe lequel qui fut avancé (l'être est pris-dans l'exister) et plus précis (dénudant et architecturant l'articulation notre-réel/au-réel ; ce qui aboutit à renvoyer chacun à son articulé en propre, qui n'est pas subjective ni universelle puisqu'origine de l'universel ou du subjectif, ce qui veut dire plus cohérente et non moindre ; la structure, le sujet dans son articulation de la pensée, de dieu, du christique, du sujet, de l’altérité). Heidegger croit avoir découvert une sorte de cadre, ontologique, pris sur le vif, tel qu’il s’imprègne, nous vient du da-sein, qui échappe lui-même à l’universel, qui n’est pas de l’ordre de l’universel (cadre en quoi consiste Être et temps) ; mais toute tentative de le définir aboutirait à énoncer des propositions universelles (comme Sartre) de sorte que l’on tournera en rond, sauf si l’on introduit une proposition non-universelle ; mais alors il devient impossible de penser … Sauf donc à supposer une nasse donné là « pleine de sens », sous-entendu que l’on ne pourra pas énoncer clairement ; ouvrant la porte à n’importe quoi.

Rappelons ceci ; dieu, le christique, la pensée grecque, la théologie, le cartésianisme, kantisme, etc, n’opèrent pas seulement de l’universel mais de ce qui se tient au-dessus ; ce qui veut dire littéralement qui relèvent d’une plus grande cohérence …. et non d’une moindre. 

Ce que Heidegger croit découvrir, le cadre ontologique général, et qu’il veut mettre en forme mériterait analyse et décorticage, mais outre le caractère extrêmement incompréhensible et finalement très vague de ses propositions (pour ne rien dire des dangers fondamentaux et peut-être fondateurs qu’elle comporte), on remarquera qu’il est apparemment dans un défi, à l’intérieur d’une prouesse, d’un héroïsme tout à fait imaginaire (et profondément mortifère, par le défi face à la mort, au monde, aux autres, etc, et c’est un gouffre structurel sans fond et absurde) et qu’il divinise l’Être en prétendant attirer ce qui n’est qu’humain dans les filets d’une surhumanité hallucinée ; non pas une surdivinité telle christique, qui est individuée (et donc ayant nécessité de s’articuler, s’organiser en et par chacun, chaque un), mais un peuple et le monde de ce peuple comme surhumain (copiant et étendant la surhumanité nietzschéenne, qui était, elle, individuée et même ontologiquement Autre intégralement).

Bizarrement tandis que la tradition philosophique privilégie l’individualité (même les grecs en ceci que chacun doit activer la pensée en lui et l’on n’y a accès que un par un, même si les grecs n’offrent pas l’individualité christique, l’in-fini en tant que sujet individuel, (l'in-détermination du Corps Unique qui libère les autres corps selon leur altérité, distinctivité formelle) ils comprennent bien que l’on n’intègre la pensée que si on comprend ce que l’on dit, soi, son intellect en propre et individué en ce sens) apparemment donc Heidegger néglige et même répudie cette pensée, cette rationalité, cette cohérence ; Heidegger ne comprend pas, n’intègre pas dans sa stratégie ; parce que ce qui vaut dans l’occidentalisation c’est précisément que l’articulation avec l’être est instanciée ici même, en chacun comme intellect ou ensuite comme sujet, instanciée ce qui signifie distanciée ; sans cette distance pas de stratégie, pas de cette stratégie architecturée qui justement ne peut s’inscrire dans la réalité que si le sujet (pensée, dieu, christique ou cartésien ou selon l’altérité, excepté Heidegger explosé hors du da-sein de E&T) que si le sujet interagit, interface, élabore la distance, creuse et approfondit le décalage ontologique ; et que l’articulation au réel progresse justement d’être radicale et radicalement plus précise ; au lieu de surnager en on ne sait quel au-delà, elle s’existe ici et maintenant ; en chacun, parce que la structure de conscience ne vaut pas de tel ou tel contenu mais de la structure individuée elle-même ; rompre cette forme individuelle c’est se rendre inaccessible précisément ce qui fut réalisé ; l’arc de conscience non plus suspendu à tel ou tel groupe humain et telle ou telle représentation, mais intégré en et par un sujet, ce qui veut dire un corps, un par un.

Le mépris du corps est absolument et formellement la plus lourde atteinte qui se puisse ; et dans ce jeu là le christique n’est en aucune manière d’un tel mépris et d’une telle négation, mais justement tout l’inverse ; la création d’un autre-corps, qui vient supporter et animer ce corps vivant tel que donné. Ne pas re-connaitre le corps, c’est le supplanter par autre chose que l’articulation structurelle (et massacrer les autres corps).

Or il revient à tout groupe humain de gouverner la main-mise sur les corps (puisqu’il s’agit aussi et avant tout de l’organisation générale des corps que toute société humaine doit administrer). De ce point de vue le christique est une libération dite infinie (ce corps revient au seul corps qui soit en-plus, en plus du monde et des sociétés humains et en plus de dieu, puisque le christique est « celui qui vient en plus de dieu », et cet unique-tout-seul (et réellement seul et réprouvé) avance le chemin lui-même de chaque un. Mais en tant que groupes les églises et les idéologies (communiste et capitaliste) et les objectivismes (les sciences et les technologies lorsque celles-ci ne sont pas jugulées par la politique, au sens où la politique est la mise en jeu des corps en eux-mêmes) les uns comme les autres reprennent la mise en forme du corps ; puisque, objectivement, il faut que telle ou telle société humaine s’ordonne, même si subjectivement on ne s’y reconnait pas, et c’est la seule « subjectivité » qui vaille, celle du vivant, du corps vivant, ce que tout Inconscient sait déjà par ex. Et la politique n’est elle-même qu’assujettissement du sujet lorsqu’elle n’est pas inscrite dans cette acculturation libératrice de structure qui crée et que produit l’occidentalisation dans sa logique sinon dans ses effets ; Kant prévoyait le règne des fins, très haut, mais c’est le règne des fins que l’on veut réaliser  (et réalisation qui se révèle bien plus complexe que Kant le prévoyait, qui plonge plus loin antérieurement, Husserl, Nietzsche, Sartre et Lacan éprouvent plus intensément et plus précisément, libérés qu'ils sont de l'horizon exclusivement universel de Kant) : la recherche de l’articulation même de l’arc de conscience/au réel, qui ne s’effectue que par le sujet, qu’il soit pensée, comme on a dit, christique, cartésien et révolutionnaire ou d’altérité et d’invention de "soi" (et puis enfin au-delà de l’humanisation et la personnalisation).

Il fallut donc augmenter cette surface là ; celle qui est de décoïncidence entre nous, entre moi et tout le reste ; y compris soi-même donc ; ce point-autre n’est pas nôtre puisque ce « nous», ce "moi" sont pris eux-mêmes dans le point-autre ; comme il est impossible de dire ce point, puisqu’il n’est pas de l’ordre de la détermination, du monde, du corps (et donc produit une surface-autre du corps, en-plus, en-plus qui re-vient à chaque perception, énonciation, désir, image, etc) il fallut ainsi élaborer une signifiance, des stratégies qui fassent signe pour chacun vers la structure qu’il « est », cad qu’il ex-siste ou qui l’ex-siste. Et ce en nous agitant sous les yeux des images complexes, des œuvres, des identités difficiles et distordues, des révolutions. Et les œuvres font signes, toujours très précisément, pour vous indiquer l’orientation de la structure, l’orientation du miroir qui produit des images, idées, perceptions et tout le reste. De même que Rimbaud (ou quiconque, au choix) la révolution indiquait l’orientation de l’intentionnalité, quand bien même tout a pu succomber dans la facilité et l’immédiateté, l’humain n’étant pas, apparemment, capable de supporter la structure et son enjeu et se rabattant sur de petites tactiques happées par le monde.

Si Heidegger expose manifestement l’altérité de l’être, du réel par opposition aux réalités, il réintroduit un supposé « sens » (serait-il inhumain et écrasant il n’en demeure pas moins totalisant et métaphysique selon la plus mauvaise interprétation du mot, pseudo-magie et glossolalie) et annule cela même qui fut l’élaboration de toute la tradition (de pure libération qui tirait vers le haut ce qui tombait sans cesse vers le bas, naturellement) ; tradition qui consiste à intercaler toujours plus de structure, découverte, éprouvée, inventée, créée, structure qui permet une libération de la potentialité même ; cad du possible. En ceci que, de renvoyer l’être au sujet, à la structure, la réalité ne peut plus se contenir elle-même (en quelque ordre ou sens intentionnalisés) mais doit faire retour sur l’intentionnalisation elle-même telle quelle ; selon la pensée, dieu, le christique, le sujet et l’altérité. L’altérité soit donc Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, pour les principaux, mais ils sont quantité de sujets qui dé-couvrent le réel de la réalité, en l’interne du Bord du corps, de la structure en arc de conscience ou en externe du donné tel que là, du Bord du monde, du vécu, du corps, de la révolution et du relationnel humain et l’altérité ontologique (qui pense la structure que nous sommes tels que « là ») ; remarquons bien, externe qui se double de toutes les objectivités ; en lesquelles on aura tendance à noyer notre être dans le monde, les causalités, les systématiques, les déterminations, dans toute l'altérité de la détermination non métaphysique telle que prévu par kant ; c’est à partir du regard du sujet, évidé, du cartésien comme rendu abstrait, que la science observe le donné là, aussi bien l’humain que la nature.

Selon donc la pensée, dieu, le christique, le sujet et l’altérité s’introduit dans la réalité une verticalité purement formelle (l’être grec, dieu, le corps christique, le sujet cartésien, le démontage, l’analyse de notre être-là, jusqu’à Lacan). Cette verticalité suppose, implique, et finalement crée (puisque cette analyse agit ; de la révolution à la scientificité jusqu’à « l’enfer c’est les autres », Rimbaud et le réel, Céline et le désespoir radical, Kafka et l’absurdité native, etc) cette verticalité suppose son architecture ; ce par quoi chacun se situe dans le réel, pas seulement la réalité et ses désirs ou projets, mais son situé existentiel qui plonge fort loin et que Heidegger a commencé de dénuder ; soit donc les affects absolus qui non seulement se prolongeront avec Sartre et Lacan mais Nietzsche lui-même recherche les affects de la puissance, du potentiel pur et brut, ceux qui mobiliseront le corps-vivant. Ces affects constituent le centre de l'architecture dont le problème se pose de chaque corps et qui subiront une si étrange modification lacanienne, mais d'abord sartrienne.

Remarquons bien ceci ; bien que cela ne soit pas présenté forcément il faut supposer que nous sommes entièrement construit ; non pas spontané ou authentique ou naturel ou mondain mais que nous sommes pris dans et par le point-autre ; soit donc l’arc de conscience qui sort de la cervelle et re-vient ayant position prise du réel tel que « là » cad autre et re-vient en produisant une surface-autre du corps. Sans  doute il y a le langage, tel monde humain, tel corps et tel désir, etc, mais peu importe puisque l’arc de conscience structurel fait office d’interruption et de reprogrammation immédiate (et instantanée), quelle que soit la cervelle ;  peu importe les mille contraintes ou les causalités, en s’arcboutant sur le réel, ici même, perçu, l’arc désintègre tout (potentiellement sans doute aucun, mais néanmoins effectivement). Il se produit donc une image en retour (de l’allée et re-venue de l’arc vers le réel), et cette image est notre « identité » ou ce qui passe comme tel. Si on ne manque pas d’être chrétien ou aristotélicien ou cartésien ou nietzschéen c’est non en vertu des idées mais parce que ces idées sont des rapports et qu’elles sont venues comme tels, comme rapports, en nous et supportant d'être un sujet nous portons immédiatement les rapports qu'il implique et que Aristote ou Descartes exprimèrent.

Outre que nous sommes construits (et non authentiques ou spontanés, et donc jamais nous ne sommes « nous-mêmes », cela n’a aucun sens, c’est le mensonge ou la mauvaise foi sartrienne qui n’a pas seulement un fondement politique, mais bien la différence des images dans le miroir) il faut supposer que ce ne fut jamais un contenu qui fut pensé mais au travers de tous les contenus une structure « en dur », solide et efficace et ayant juste et simplement (si l’on peut dire) passer par-dessus et plié le contenu à sa main. De sorte à non pas transporter un énoncé seulement mais signifier vers, par et en un autre arc, qui seul est en mesure de se situer sur le seul horizon qui soit, celui du réel, de reconstituer la construction, l'intentionnalité ; Mozart n'était Mozart de toute éternité mais il a voulu et décidé Mozart en prenant sur lui toute l'universalité et toute la singularité (sans quoi il lui eut été impossible d'intégrer cette singularité dans sa stratégie) ; c’est à partir de cette réinscription que le structurel fonctionne (que Rimbaud vous réindique l’orientation du miroir - 1 qui crée les Images - 2) ; réinscription qui instancie éthique et politique, esthétique et poétique, idéel et philosophie ; que chaque arc reconstruise sur et par sa propre attention à exister ; visualisant cela .

Sans doute tout cela parait s’opposer à toute la tradition (la pensée de l’altérité doit re-commencer à partir de l’évidence que « ce qui est existe-là », le réel n’est pas « de la conscience » et encore moins de la pensée, le réel est autre et doit être désigné comme tel, signifié et on peut le décrire tel qu’il existe, de là qu’il soit Volonté-autre, Etre-autre, structure de conscience-autre, inconscient-autre) mais en vérité l’exigence qui instruisait, in-formait dieu, la pensée ou le sujet était elle-même de l’altérité fondamentale ; la mise en avant de ce qui auparavant était serti dans les mondes divers et variés (qui prenaient le contenu pour la réalité) et qui fut éjecté comme structure articulée (de la pensée, du sujet ou de l’altérité). La pensée de l’altérité se distingue de ceci que ça n’est plus seulement la conscience dans son activisme qui est le fondement (ce qui déjà se tenait hyper objectivement) mais qu’il s’agit cette fois d’une expérimentation du donné tel que « là », qui se dévoile au regard de sujets intégrés (et désintégrés, orientés et désorientés) et posés à même le monde, l’étendue, la réalité ci-devant ; il revient à ces sujets de percevoir le réel nu, l’exister.

Mais rien n’annule les anciennes versions du sujet ; dieu, la pensée et l’être, le sujet cartésien. On comprend bien que rien dans le monde ne peut atteindre à nier dieu, l’être ou le sujet, qui ne sont pas de la même dimension de structure. Et que donc sous couvert de criticisme, négativité, altérité et contradiction, c’est cette dimension qui avance et se décrypte ; la version occidentalisée est celle qui a introduit dans le nœud la lame du réel, le tranchant du présent, l'actualisation pure et brute et veut saisir, analyser, délimiter, dessiner ce bord du réel puisque de fait nous ne sommes pas cela ou ceci et que l’être n’est pas l’exister ; si l’exister est la forme de tout l’être, le réel est en-avant.

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