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instants philosophie

Les sur-divins

14 Juillet 2017, 12:45pm

Publié par pascal doyelle

Science-fiction à propos du réel et du possible

Tout cela expliquant, somme toute, pourquoi la réalité, l’univers ou la vie déploient une telle brutalité et nous mènent une si désagréable expérience.

Tout cela n’a ni ordre (auquel cas toute réalité serait figée) ni sens (qui est une espèce d’ordre aménagé pour les besoins) ; c’est à l’inverse une machinerie gigantesque qui doit réaliser, produire, inventer, créer en son étendue telle ou telle sorte d’être ; aucun être n’est ou sera la totalité de toute la machinerie ; sauf peut-être qu’à la toute fin, il y aura des êtres au moins égaux à l’ensemble de tout ce qui est, et peut-être supérieurs à l’ensemble de tout ce qui est ; suivant le principe que « le réel est plus grand que lui-même ». Mais de tout cela nous n’avons aucune idée, image, intuition et il serait étonnant que l’espèce humaine puisse se rendre capable d’un tel devenir (étant entendu que nous ne parviendrons sans doute pas au-delà du 21éme siècle ; d’autres espèces, ailleurs, seront sans doute plus douées que nous ne le sommes).

Et c’est pour cela qu’il y a un Présent. il y a un présent parce que dans ce présent doit se produire un ou des êtres susceptibles de porter plus loin le réel ; ces êtres devront être libres, et décider d’eux-mêmes de leurs capacités et se motiver à cette fin ; puisque le réel est, à la racine, altérité pure et brute, cette altérité ne peut que se déléguer à une structure autonome, distincte, autre elle-même et donc autre qu'elle-même, qui s’offrira le luxe d’être plus grande qu’elle est, d’outrepasser le donné là ; étant entendu que le donné là, l’être réalisé, est seulement le dépôt, la mémorisation de la vague du présent, les effets donnés de la cause constamment avançante qu'est le présent ; le présent dépose des réalités et parmi ces réalités quelques unes sont en capacité de reprendre le réel et de le porter plus loin. Le présent est ainsi « ce qui peut prédisposer à un Possible qui n’est pas » ; un possible qui ex-sistera. Qui sortira de.

Ces êtres spécifiques imposent donc qu’ils existent pour eux-mêmes ; qu’ils soient une « auto-décision » pour ainsi dire, et trouvent en eux-mêmes les ressources et finalement la foi. La foi en quoi, on ne sait pas, mais en tous cas la certitude du possible ; que dans le présent de leurs réalisations, ils soient, ces êtres, susceptibles de promouvoir suffisamment de rigueur et de volonté, de désir orienté (et non désorienté comme les nôtres, qui perdent leur temps en n’importe quelle stupidité), de nourrir une forte intentionnalité à propos de ce qui, dans un présent, continuellement renouvelé, est possible. Il est un présent parce que l’on ne sait pas ce qui peut devenir ; le présent s’utilise (lui-même) afin de créer des possibilités qui ne sont absolument pas de toute éternité, et qui sont probablement plurielles, au sens où il existe probablement des différentes, de diverses sortes d’êtres aptes à Exister. Cette pluralité d’êtres sur-divins suit du reste la logique de l’altérité ; la réalité, le réel ne vont pas placer leurs possibilités en une seule sorte d’œufs.

On nomme sur-divins la catégorie de ces êtres (pluriels typologiquement) qui existeront, existent sans doute déjà (ici et là selon la dispersion qu’impose l’altérité du réel), en ceci qu’ils ne ressemblent pas, a priori, au type des « dieux » que nous nous sommes figurés ; ils n’ont pas créé la réalité, ils sont nés comme nous, ils ont su décidé plus ou moins adéquatement (pas comme nous) et su se projeter au-delà du donné plat et rabougri de leur monde donné ; ils ont produit, créé, dans le monde, la réalité, une valide et vivante structure de conscience (puisqu’il faut que ces êtres soient rapports à eux-mêmes, libres, autonomes, décidants) une structure qui s’ajoute et ajoute, ajoute en-plus, à tout ce qui est, et soit à même de continuer « que le réel soit plus grand que lui-même ».

Il se peut que à la toute fin il existe de tels êtres si absolument gigantesques, ayant su mener leur barque, qui soient semblables à « plus que des dieux » ; puisque si dieu est dieu, il ne l’a pas fait exprès, il est né comme ça, tandis que ces sur-êtres, ces sur-divins le voulurent. Le décidèrent. Eurent l’intelligence et la profondeur et la lucidité et la ferveur requises à cette fin : exister-en-plus de tout.

On n’a aucune idée de ce à quoi pourront s’employer ces êtres sur-divins une fois accompli leur sublime performance. Nous ne sommes que des rats.

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Le réel et la réalité

13 Juillet 2017, 11:00am

Publié par pascal doyelle

Hyper-objectivité philosophique

Les grecs certes nous parlent de l’être, mais ils en parlent … ce qui veut dire qu’ils ne sont pas l’être dont ils parlent ; ils se tiennent déjà ailleurs et autrement que l’être. Ils nous entretiennent de la vérité, mais ils sont déjà en dehors, cad en plus de la vérité, de toutes les vérités. Et ce qui s’énonce comme telle ou telle vérité s’utilise afin que le Bord, la limite de ce qui est se définit et non seulement produise sous nos yeux le Bord de la réalité (cad le réel), mais produise une représentation approchante de ce Bord (qui tel quel ne peut pas, en aucune manière passer dans le monde, la représentation ; de même que l’arc de conscience qui rend possible le langage n’est pas signifié dans le langage, mais en est le signifiant, ou plus exactement la signifiance en général, de sorte que les mots ou les signes sont des rapports qui renvoient à l’unique rapport ; il n’est nulle part de consistance, sinon dans la forme même qu’est le Rapport, de l’un-consistance si l’on veut).

On a donc structuré l’ensemble du Bord du monde, mine de rien, et, quels que soient les contenus, les systèmes philosophiques se maintiennent par logique interne à la forme « philosophie » sur ce Bord ; la formulation philosophique est la description, éprouvée, du Bord, de même que le christique est la survenue, incroyable, du Bord de chaque corps, produisant évidement ceux-ci comme autre-surface-du-corps.

Le christique vaut pour tout arc de conscience ; homme-femme (ou autres), riche ou pauvre, homme libre ou esclave ; l'arc est le fait de tel corps absolument parlant.

Cette distance, qui s’impose de fait lors de toute prise de conscience, revient sans cesse du point, du Bord à partir duquel elle se positionne. La pensée, dieu, le sujet (et christique à l’origine), l’altérité (la philosophie anti-philosophique) continuent de se produire du Bord et sous prétexte d’analyser le monde, l’humain, le corps, l’existence, etc, élaborent et constituent, augmentent l’inépaisseur du Bord.

Parce que si le monde est donné là, déterminé toujours, le Bord du monde, le « là » de tous les donnés est sans composition et sans épaisseur (il existe quelque chose plutôt que rien, mais le "il existe" qui compte et non d'abord le "quelque chose") ; mais le Bord étant formel, structurel, c’est lui qui se transforme le plus et qui distingue, splitte, feuillette sa dimension (en se clivant comme dieu, pensée, sujet, altérité). Et donc lorsque l’on nomme l’être, ou dieu, ou le sujet, ou l’altérité (comme Volonté ou Etre heideggérienne, ou le pour-soi sartrien ou le sujet lacanien) en réalité on suppose des différenciations, des distinctions, dans la forme elle-même ; dieu distingue et se distingue selon cette perspective, ce tracé sur le réel, le sujet comme ceci et la pensée comme cela.  

Et on a vu que cette forme est, pour nous (êtres humains), l’arc de conscience (on ne sait pas si il existe d’autres sortes de formes de l’articulation), et la philosophie dés le début examine, observe, tente, expérimente, poursuit, dessine, délimite, cartographie ce Bord ; l’acte de conscience se constitue lui-même, s’épaissit, se caractérise et cherche sa propre nature, son être spécifique, sa manière d’exister. Il s'épaissit en maintenant au plus haut, au plus précis, qu'il ne soit que formel et ne peut pas passer dans une figuration (on peut signifier le Bien ou le Un ou le sujet ou l'altérité, mais restreindre à tel ou tel système, à tel sujet romantique ou à la Volonté réduit la tension et ne permet plus de penser adéquatement le caractère Autre du Bord ; si le Bord était déterminé il serait dans le monde et donc ne serait pas la ligne du réel).

Ce que décrivent Plotin, Descartes, Kant, Sartre, Lacan (etc) ce sont des manières de suivre au plus près le Bord de la réalité, le Bord en tant qu’il est autre que toutes les réalités ; ou donc il y a de l’être et cet être existe et cet exister (de l’être) est, ex-siste la forme de toutes les sortes d’êtres (déterminés, tandis que l’exister est non déterminé, est purement formel).

Il y a de l’être, et si l’on veut on peut suivre la voie de l’être et chercher l’unité de toutes les sortes d’êtres, et cela a été tenté mille fois ; comment caractériser et penser l’être comme cette sorte de Gros Objet, supposément ; on le définit en quantité de sens mais le sens unique de tous les sens est insaisissable et expose à des tas de contradictions, intérieures ou extérieures à chaque système ; c’est que la réalité, les choses déterminées, est mouvante, non seulement elle est accédée par des mots qui sont des relations, des rapports, et qu’aucun rapport ne signifie tous les rapports (tous les rapports sont relatifs à une structure qui ne l'est pas, la forme de conscience, de là qu'il est requis une ontologie, formelle, de cet être dimensionnel spécifique), mais de plus la « réalité » est toujours composée et aucune composition, qui par ailleurs permet qu’ici et là existent des choses, partielles, localisées (serait-ce « le vivant » par ex), aucune composition ne peut prétendre à s’imposer comme unité ou totalité de la composition ; les rapports renvoient aux rapports et l'ensemble de tous est non existant.

La voie de l’être est ainsi barrée à jamais. On ne peut pas signifier en une fois la totalité des réalités pour la raison que cette unification n’existe pas, nulle part (sinon, entre autres ennuis,  ce serait une autre réalité en plus de celle-ci, ce qui n’a pas grand sens).

La possibilité de tout penser en une fois n’a pas été abandonnée par impuissance ; mais parce qu’une seconde voie s’est ouverte et bien qu’elle soit passée inaperçue à proprement parler ; lorsque Descartes, Kant et Hegel restructure la pensée (en assignant une origine à la pensée, le sujet cartésien ; en dépassant la pensée par le sujet transcendantal ; et en ramenant toute la pensée à une phénoménologie de la pensée-sujet), ce qui s’opère est un immense détournement qui rend non seulement impossible la pensée (et le rassemblement des réalités à l’être) mais qui rend cette croyance, cette illusion, ou plus rationnellement cette tentative et cette exploration de la pensée, qui rend cet ancien possible inutile ; c’est que l’hypothèse « sujet » se charge de montrer la structure même du réel tel qu’il s'existe et ceci sans qu’il soit en aucune façon question de subjectivisme.

La structure qui depuis Descartes est décrite comme hyper active, comme activiste est la même qui produisit la pensée (comme sur-intentionnalisation par dessus le langage, le monde commun, le donné, la perception) ; de là que Hegel puisse relier tous les fils de la logique dialectique de procession de toutes les expériences, ce qui veut dire les explorations du possible de cette structure. Structure qui s’entame dès la pensée grecque tout comme dès l’hypothèse du dieu Un tout-autre, qui sera suivi par le christique et le re-tour sur le corps même, devenant un corps-autre, un corps en plus, pour chacun, pour chaque arc de conscience.

Monde et corps, grec et christique, il s’agit là d’un seul et même mouvement qui expérimente l’ensemble des possibilités que créent l’émergence de la structure de conscience, rendue indépendante de tous les contenus ; que cela aboutisse au corps du christ, très fameux, ou à la pensée ne doit pas induire en erreur ; la pensée se révèle extraordinairement diverse, en de nombreux systèmes, et le corps christique illumine tous les sujets potentiels (chacun éprouvant sa propre capacité indépendamment de son sexe, de sa caste ou de son statut d’homme libre ou d’esclave) ; l’émergence de la structure de conscience provoque un océan de ruptures et de déliaisons tandis que chacun est alors amené à relancer de par son intentionnalité propre toute l’anthropologisation nouvelle. L'universel grec ou la conversion au sujet christique est un engagement, une potentialité, une possibilité voulue, décidée, orientée et non un "donné-là".

Mais de toute la diversité rendue possible on a peu remarqué l’extrême cohérence du mouvement (le christique reprend intégralement la philosophie grecque ou arabe, de même l'acculturation s'énormise de tous les apports) ; c’est que la structure mise au jour, manifestée dans le monde, si elle est vide, débarrassée de tous les contenus, est vide parce que formelle ; autrement dit on peut user de tous les systèmes philosophiques que l’on voudra, ou utiliser le christique en tel ou tel sens on ne peut pas rompre l’arc de conscience que l’on est devenu, parce que cet arc est un acte ; et que cet acte implique de par lui-même sa logique formelle qui est intransigeante puisque d’acte et d’arc de conscience il n’en est qu’une seule forme (tout arc est parfaitement identique à tout autre ; en deçà de tout langage, tout monde humain, toute personnalité il est une seule forme-de-conscience).

C’est ainsi une fondamentale poursuite du même mouvement qui nous permît de passer de la pensée, comme sur-intentionnalisation, à l’origine structurelle de cette intentionnalisation ; Descartes, Kant, Hegel. Descartes initiant le procédé nouveau (consistant à passer dessous la pensée, à faire retour encore plus loin antérieurement que ne pouvait l’opérer la pensée, serait-elle plotinienne), Kant le perfectionnant et Hegel ramassant la mise (cad la mise en forme de toutes les expérimentations et explorations intentionnalisatrices). Et dans les deux cas, pensée et sujet,  on se situe bien au-delà de l’objectivité simple (qui consiste à tenir son objet, toujours limité), et on utilise et on expose la structure même ; bien au-delà ou plus exactement bien en-deçà, dans l'inépaisseur même du la forme, du Bord, que l'on déplie au fur et à mesure ; c'est bien de travailler sur un réel exactement présent que le mouvement re-vient au Même Bord.

Structure agissante, constamment. Parce que ce qui est mouvement pur et brut (l’arc de conscience arcbouté au réel, intentionnalisant ici et maintenant tout ce qui est, et intentionnalisant l’exister même, arcbouté au présent comme actualisant l’ensemble de toute la Possibilité) est non pas fondamentalement mais structurellement agissant ; ce rapport que chaque arc existe, est activiste.

Ça n’est pas que l’on ait illusoirement substitué à l’objectivité une hypothétique construction, c’est que l’on a continué la même hyper objectivité qui prenant appui sur le Bord du monde, du donné et aussi bien du corps, prenant appui sur le Bord elle montre, expose, manifeste, explore et décrit toute la perspective de vision de la réalité offerte à partir de ce Bord, et d’autre part se saisit elle-même en tant que Bord ; de ceci que l’arc de conscience n’étant rien, de déterminé, est déjà-toujours pour lui-même foncièrement Autre et en mesure de signifier son réel ; non pas de faire passer ce réel dans les mots, mais de le signifier de telle sorte que cette signifiance puisse être répercutée par tout arc de conscience, selon son effort ; il serait plutôt étrange que cet être qui est de réflexivité, autre que ce dont il est la conscience, ne soit pas en mesure de se pointer lui-même, d’exister à distance de sa propre structure.

Tout le problème ne vient pas de la proximité de ce qui montre et de ce qui est montré (par quoi le rationalisme étroit confond le moi et le sujet, le conscient et la conscience en arc, la forme et les contenus, réduisant tout à l'object-ivité), le problème vient  de ce que la structure elle-même ne peut pas passer dans le monde ; qu’elle ne peut que se signifier, ce qui veut dire pour chacun qu’il est impératif que cet acte de conscience se signe lui-même, que la philosophie soit en tant que telle expérimentée et expérimentale. Et en ceci la philosophie n’inaugure pas pour rien ce qui ensuite deviendra l’objectivité des sciences, mais aussi l’objectivité du droit et de l’éthique, esthétique, politique, et de tout l’idéel ; parce qu’elle est de pied en cap hyper-objectivité éprouvée, la philosophie étant la discipline, ce qui prît ce nom, la discipline qui se charge d'expliciter "ce qui arrive à l'humain" autour de la méditerranée (à savoir que l'on abandonne tous les mondes, tous les contenus pour commencer d'élaborer la forme qui précède les mondes).

On se retrouve bien loin de la rationalité raisonnable, plate et convenue ; qui certes tient ses objets, mais qui sont tous localisés et limitatifs (non pas limités mais limitatifs de la procédure même qui les mît en place). On admet tous les circuits et les court-circuits qui s’initient à partir du Un, du Un comme Altérité ; le Un est la transcendance Autre qui est antérieure à toute réalité et à tout arc de conscience, sauf que tout arc est cet acte par lequel on s’instancie, par pure et brutale extase, à l’exister même ; l’activisme forcené qui ne cède sur rien, qui veut ici et maintenant le réel, et de fait le réel est. Il existe, au sens d’ex-sister. On ne cesse pas d’en venir, d’en sortir, il est mouvement brut. La transcendance est la brutale altérité qui produit, qui produit tout ce qui est et qui se produit elle-même de se réaccèder ; ce qui ne se peut sans créer.

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L’ontologie intégrée du 20éme

8 Juillet 2017, 13:55pm

Publié par pascal doyelle

Sartre et Lacan rendent impossible, de même que Kant en son moment, que l’on puisse encore s’illusionner selon un certain ordre ; non seulement la métaphysique est annulée depuis Descartes (qui origine la pensée dans un être de structure, spécifique et ce qui sera explicité par Kant et Hegel en un sens), mais aussi Hegel rend impossible que la pensée soit autre chose et autrement et ailleurs qu’ici même, mais de plus Sartre et Lacan supposent, implicitement, qu’il n’y a rien sur quoi s’illusionner.

Sans doute Sartre tombe dans le marxisme (non sans espérer le refondre dans une nouvelle sorte de dialectique, la CR dialectique est aussi épais que L’être et le néant) et Lacan se juge résolument anti, anti philosophique ; et comme il entend la philosophie il a raison, sauf que sa compréhension de la philosophie pèche par l’interprétation habituelle à ce moment là de la philosophie-raison, et soit en vertu de Heidegger (qui pensait établir la Pensée de l’Etre contre la raison), soit puisque la pensée n’obtenait de traduction dans le monde que la raison raisonnante du 18éme-19éme (réalisme, rationalisme, naturalisme, objectivisme, étatisme abstrait). Soit donc un monde bien fade et dépourvu de tout intérêt ontologique (ce qui ne veut pas dire que la science, la raison, le droit, la réalité soient des inutilités évidemment ; ce sont juste des adaptations de la structure réelle, insuffisantes).

Si Sartre et Lacan reprennent là où tout s’est arrêté, c’est parce que constamment la philosophie, cette discipline qui se charge de penser, de manifester, d’exposer ce qui est arrivé à l’humain autour de la méditerranée (que la structure des contenus prenne le pas sur les contenus, le langage, les représentations, les mondes humains, les corps, etc)

la philosophie reprend au point précis de son avancée ; on dira que les systèmes n’ont pas de rapport les uns avec les autres ; mais c’est qu’on lit encore l’historicité comme si il s’agissait d’une logique de contenus (rappelons que Hegel y parvient mais simplement, si l’on peut dire, parce qu’il ne suppose aucun contenu total qui soit aussi Un … le Un est pour Hegel la forme générale de « la pensée » et l’articulation des contenus dispersés est assurée par ce mécanisme dialectique, la négativité, et ce qu’il montre ça n’est pas la logique (qui est plutôt hallucinée en un sens, cad qui n’est pas une « logique », sinon que de présupposer avant ce qu’elle trouve après), mais la phénoménologie de la négativité, cad de la conscience ; phénoménologie de l’esprit et phénoménologie du savoir absolu).

Cela veut dire que ça n’est pas l’unité de contenu mais l’unité de forme et l’unité de forme est toujours parfaitement  identique puisque c’est une structure, en dur, solide, une forme d’arc-ticulation au réel ; il n’existe pas d’autre arc de conscience que celui que l’on existe ; une chose n’a pas de rapport à (soi) ; elle a ou elle est un rapport à soi, mais n’est pas le rapport qu’elle est ; tandis que notre être est non pas les résidus, les restes, les dépôts de ce rapport mais est ce rapport lui-même ; le rapport en tant que rapport au rapport même ; ce qui lui permet de prendre n’importe quel contenu, pensée, perception, ressenti, sensation, corps, images, etc, et ce qui lui permet de se dispatcher en différents domaines ; esthétique, éthique, politique, idéel, humanisation, personnalisation, etc. la diversité des applications de la structure de conscience montre la distinction qui doit être opérée ; si il existe dix mille langues sur la planète c’est toujours la même et unique forme de conscience et c’est cette forme qui est distinguée, isolée, extraite ; soit sous la formule de l’intentionnalisation (la pensée est la sur intentionnalisation depuis les grecs), soit sous la formule de l’acte de conscience depuis Sartre et Lacan.

Et le jeu est, de toute évidence, d’accroitre l’unité formelle et non pas substantielle comme on disait jadis lorsque l’on croyait qu’il était possible de saisir comme « objet » ce qui existe non pas « subjectivement » mais qui existe comme structure ; la structure ne peut pas être saisie sans que l’on en soit saisi, et jeu qui consistait et qui consiste encore à croire que l’on pourrait renforcer le moi, le conscient, la raison, à peu de frais, alors qu’il faut augmenter la ligne de l’exister et non la composition du moi ; un moi « fort » est une absurdité ; un moi fort renforce le monde et au final, bien qu’il y ait atermoiement, temporalisation et sublimation parfois ou plus exactement dérivation et atteinte de et par l’universel, mais non pas assure la structure de et dans son insatisfaction constitutive et c’est celle-là qui compte ; parce que l’insatisfaction rattrapera toujours le moi ; il faudra pour approcher l’insatisfaction que l’on puisse passer de l’objectivité à l’hyper objectivité ; à cela même qui occupe la philosophie.

Puisqu’il faut partir du principe que si les expérimentations structurelles eurent lieu depuis la méditerranée, depuis 3000 ans (ou plus en remontant jusqu’à dieu) c’est que la philosophie est précisément la discipline qui s’en occupe, de cette structure, qui a pointé au travers de toutes les cultures, élaborant l’acculturation, comme on a vu. Que cette hyper objectivité évidemment n’obéit pas aux mêmes règles que l’objectivité, et il faut être bouché, bouché, pour n’y voir goutte. Etant entendu que ces règles sont celles-là mêmes qui sont produites par la philosophie et par quoi elle s’entend, d’un système à l’autre, seraient-ils « contradictoires » (ils sont nécessairement distincts les uns des autres, puisque la structure qui est approchée ne peut pas passer dans le monde, mais que un sujet c’est à cela qu’il sert ; à détourer la structure réelle, l’arc de conscience, qui est inscrit dans la structure du réel, le présent, exigeant que tout soit réalisé, rendu réel – et comme la structure de conscience est hors du monde et que le monde est hors de lui-même, pour ainsi dire, en ce sens qu’il se tient du Bord (de l’exister, du présent), le passage de la culture à l’acculturation est cette performativité telle quelle).

La structure performative est l’exigence brute ; elle veut que ses possibilités soient réalisées et c’est son activisme et elle n’est que telle : activiste. Puisqu’elle est un rapport (elle est le rapport à (soi) dans lequel le soi est le rapport lui-même, et non une identité, un contenu, une représentation, un autre, etc), elle ne peut atteindre que le mouvement, ce qui tombe bien puisque le réel est un tel mouvement ; le présent. Et que donc c’est dans la mobilité même (qui est une passation, une variation de l’altérité) que tout se juge et se raccorde et se structure ; en se prenant en charge et atteignant son unité (vide, formelle, certaine, puisque ne dépendant d’aucun contenu mais les exigeant tous).

Il est clair que le raccord, l’unité structurelle, n’est pas du même ordre que l’unité substantielle, et on prend y compris l’unité objective, celle de la science, de la psychologie, de l’humanisme et de la raison, comme une telle unité substantielle ; la formule de l’objet est une substantialisation cachée, ou inavouée, de même que la sur-figuration nietzschéenne ou heideggérienne de la Volonté ou de l’Etre sont des masques ; il n’est que Sartre et Lacan qui avancent dans la structure même, nue, vide, ou évidée et retorse, pour Lacan (mais Lacan connait Heidegger, Sartre, Kojève, etc) ; en ceci que dans tous ces cas on bascule dans le contenu de conscience et on cesse se bivouaquer dans la forme vide ; parce que dans la forme vide on ne peut pas y vivre (on peut seulement y exister).

Substantielle ou objectiviste tous ces contenus sont tenus pour ce qu’ils sont ; imaginaires. On imagine que l’on y Est. Etre de détermination naturaliste ou raisonnable, ou être éternel ou conceptuel, le « sujet abstrait », c’est le même ; il faut exister, contre toutes ces facilités, dans la forge existentielle de la structure, cad être rien. Toute autre proposition est fort utile, et même tout à fait valide, en son rang ; on peut croire au moi que l’on est, à l’humanisme, à la raison, la science, (on croirait Rimbaud, pas sans raison), mais tous ces acquis ne se placent pas au centre névralgique de notre « être » ; ils ne s’interrompent pas du flash unique qu’est l’arc de présent, et l’arc de conscience dans cet arc de présent ; ils s’imaginent au-dehors, regard extérieur, ou pris dans ce regard autre, totalement inaccessible.

Or c’est de là que l’on restera à jamais insatisfait de tout ; de l’arc de conscience non atteint par quelque contenu que ce soit ; imaginer que cette altérité soit déterminable en quelque sens que ce soit est absurde, ce qui veut dire non logique.

 C’est qu’il s’agit de défendre l’individualité. Totalement. Il n’existe que des consciences, dites structurelles, ou arcs de conscience, et qui ne se fondent jamais en rien en quelque réalité que ce soit et en quelque universel que ce soit ; parce que tout cela n’existe qu’au vu et au su, parfois, de chacun de ces arcs.

La distinction du vu et du su est fondamentale, mais non pas au point de glisser dans le su. L’idée, générale, le principe, est que l’arc de conscience sait ; sait dans la mesure même où il perçoit ; percevoir n’est en rien une immédiateté mais bénéficie d’un calcul ; et le point haut, le point élevé consiste à comprendre que ce calcul est précisément hyper fonctionnelle en ceci qu’il peut à la fois admettre l’immédiateté et ourdir la stratégie la plus haute.

C’est bien cela la ruse interne (et externe puisqu’il s’agit de la présence au monde, de l’activisme déployé si rigoureusement et à la fois de façon tellement libre, de la perception même comme constructivisme spontané) qui est atteinte par tout le monde. Tout le monde. Certes Picasso ou Mozart perçoivent bien plus et bien plus réflexivement ; cela veut dire qu’ils perçoivent bien plus spontanément tout autant.

La finalité externe autant qu’interne est de propulser sur le corps l’autre-surface ; celle qui sera à même de recevoir les réalités, les signes et les images, les images-idées tout comme les idées-images. La forme du « sujet » est celle que doit atteindre le moi ; sachant qu’en aucun sens et aucune manière le « sujet » n’est réalisable ; le sujet ne s’adresse pas au monde ; ça ne signifie pas (non plus) qu’il soit hors du monde ; il est sur le Bord et pour comprendre qui existe c’est sur le Bord.

Les éthiques, esthétiques, politiques, idéels, philosophies s’usent à cette fin ; produire une surface-autre du corps qui, surface, n’est pas ; elle existe ; une œuvre n’existe qu’à fin d’élever l’arc de chacun vers la perception de sa surface ; d’ajuster au fur et à mesure l’arc et le présent (cad tout aussi bine le corps et tout cela qui se présente).  

Le sujet n’est ni une identité (serait-elle idéaliste, en soi kantien, ou détermination quelconque) ni une âme éthérée (qui tirerait dans le registre spiritualiste en quelque sens que ce soit) ; de toute manière ce sont là des versions selon l’imagination ; on imagine que l’on est une substance ou que l’on est une âme ; Sartre et Lacan n’introduisent pas à l’imagination mais à l’analyse, de la structure comme structure, on peut dire qu’ils annulent l’imaginaire et sont très-redoutables, en ceci qu’ils obligent de quelque sens qu’on le prenne, à outrepasser (on ne peut plus se visualiser ni visualiser quoi que ce soit de la même sorte de logique qu’antérieurement, et comme ils ne se grisent pas d’interprétations romantiques, nietzschéenne ou heideggérienne on ne peut pas les attirer dans leur propre sort) ; ce que l’on traduit par « sur le Bord », et transcendance absolument assumée de cette immanence (au sens non pas de transcendance de l’immanence, mais en ce qu’il n’existe que de la transcendance, et de l’immanence qui, elle, est, produite, donnée là tandis que la transcendance est le « là » du donné ; depuis la méditerranée nous ne sommes pas seulement, nous existons et nous situons dans la transcendance, dans la forme même de la réalité, la forme de la réalité est distincte de cette réalité ; le « lieu » en lequel les réalités sont, le fait d’exister (du pourquoi existe-t-il quelque chose plutôt que rien) est la structure de l’exister, le fait brut.

Ils annulent l’imagination, mais aussi abolissent ce qui depuis le début cartésien menace à savoir que ça n’est pas la pensée. Ça n’est pas la pensée qui pense. C’est quelqu’un. Quelque Un. Et plutôt que de croire, parce que c’est une croyance, que la pensée pense (ce qui est absurde), il faudrait bien plutôt s’intéresser à celui-ci qui pense. Que donc il, cet Un, manifeste une cohérence ; et que « ce qui » pense n’est pas une simple fonction de la pensée ; c’est ce renversement de toutes les tables qui est extrapolé par Kant, Hegel, Husserl, Nietzsche et H, Sartre et Lacan.

Que ce ne soit pas la pensée qui pense, veut dire que par en-dessous il est un être qui ne passe pas entièrement dans la pensée, dans la représentation et qu’il s’agit précisément de motiver cet être ; de le motiver (de manière nietzschéenne), de le décrire, de le cartographier de telle sorte que l’arc de conscience puisse percevoir dans son faisceau d’attention (qui est ce qui compte le plus intensément qui soit, ce par quoi entrent et sortent les choses et les êtres, les idées et les intentionnalisations, les positions ontologiques, qu’un réel il y a par ex) et que cet arc ne se laisse plus faire par ses contenus en croyant que ce sont ces contenus qui existent.

Mais qu’il soit un tel être, en dessous, n’est pas du « subjectif » ; c’est précisément de s’introduire dans la structure et non plus se contenter d’une représentation, d’une figuration du monde et du moi et de la « nature », et introduction structurelle qui permet d’ouvrir les distinctions nécessaires qui rendent inopérants les anciennes formulations (du moins celles qui prenaient pour argent comptant les notions sans voir qu’elles tenaient par le Bien, le Un, le christique, l’être, qui tenaient donc par et dans le retour qui modifiait intensément la pensée, qui tenaient dans la dialectisation que tente de montrer Hegel par sa phénoménologie du savoir absolu, et ce qui est effectivement le cas de toutes les philosophies … contrairement à la traduction rationaliste qui réduisait et qui aplatit encore ces hyper-objectivités) et introduction qui outrepasse l’objectivisme, le réalisme, le naturalisme qui soit fige l’objectivité (en sa localisation, ce qui est valide, mais au-delà ce qui est absurde, de par son principe même de scientificité ; on ne peut pas appliquer à tous les objets ce qui est analysé d’un seul ; on ne peut pas philosopher par la science ; c’est vraiment croire que les contenus mènent l’arc de conscience qui avance au contraire dans la structure du réel), et introduction qui, offrant le fondement, la base, le cadre, la position interne de tout le civilisationnel, est non pas moins certain mais plus certain que l’objectivité, le droit, l’acculturation. Descartes constatait que la pensée est plus assurée que les mathématiques, puisque ça ne joue pas au même degré d’objectivité et qu’il faut présenter ce sur quoi se fonde notre acculturation de 25 siècles, comme hyper objectivité.

Descartes congédie que ce soit la « pensée » ; c’est autre chose ; et il faut remonter jusqu’à Sartre et Lacan pour y aboutir ; à la magie de la pensée qui pense toute seule (ou de la loi ou des mathématiques qui préexisteraient aux choses), on succède par la torsion effarante d’une structure qui (se) réfléchit, et qui réfléchit constamment, et non plus au même sens de la réflexion, qui se retourne sur ses contenus pour les ordonner en conformité, mais qui se retourne sur la structure articulée de son être au réel tel que « là » (que ce soit l’être des grecs ou l’acte de St Thomas ou le sujet cartésien ou l’altérité ou le présent brut) qui entraine aussi bien la pensée que la perception, le corps que l’humanisation, la personnalisation que l’imaginaire. Puisque la dite structure est à la racine.

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L’être et l’exister – 3

3 Juillet 2017, 15:30pm

Publié par pascal doyelle

Le Bord du monde et du corps selon les lignes du réel

Aucune chose ne peut percevoir le Bord ; pour que le Bord soit perçu il est requis un être spécial, qui soit à lui-même Autre, qui ne soit pas un être, mais un exister,  et qui subisse ainsi la loi du réel (réel qui n'est pas la réalité mais le Bord de la réalité, qui est d’altérité pure et brute, une méta-machine qui permet qu’une réalité il y a, qui dispense aveuglément pour ainsi dire toutes les réalités possibles ; on notera que par « possibles » on ne veut pas dire que la licorne, imaginable, existe).

L’interface, cet être spécial, qui forme un pli dans le Pli qu’est le présent (arc de conscience vers le présent, le réel), est pleinement un mouvement et non un état de chose. De même qu’il ne peut se trouver de satisfaction pour l’interface, mais qu’elle est livrée à l’insatisfaction fondamentale, de même le réel est intégralement du mouvement et rien d’autre ; les concrétions se placent ici et là, mais sont des effets. La cause, le présent, est  entièrement arcbouté vers le présent, en lequel, donc, il faut supposer … qu’il se passe quelque chose de spécial ; toute la machinerie est comme disposée afin que dans le présent, le réel devienne plus grand et autre que lui-même. Ou donc que la réalité est l’immanence immergée dans la transcendance et que la transcendance est le plus infime lui-même ; le présent, chaque « point » de présent (raison pour laquelle aucun point n’est contigu à un autre ; ils sont tous distincts et le seul repère).

Lorsque l’attention restructure son faisceau, qui cesse de se fier à un contenu (à un monde humain localisé et particulier au sens qu’il a élu un contenu, un Ordre, un cyclique, une communauté de vue, de perceptions, de parole, de langage) , dans cet événement du "je ne me confie plus à rien", ce qui est investigué c’est la dimension du réel tel qu’instantanément « là », présent ; l’activisme de la pensée, l’intervention de dieu, le sujet intensifié, l’altérité inhumaine dessinent la carte du présent comme origine, comme a-temporalité (ce qui se prête comme éternité de la pensée qui se connait, d’une part, et se sait, d’autre part, la forme de la certitude de la pensée, du sujet, du christique, de dieu outrepasse n'importe quel contenu ; la certitude de la pensée est en fait la certitude de la structure qui se voit, presque littéralement). A-temporalité tout comme le christ sera l’autre-point ; le point par lequel on se perçoit au bout de la mort ; tout est transporté par le point-autre (la fameuse position « morale » du christique est en fait la position ontologique, qui crée, de fait, que l’on soit une individualité).

Comme ce qui surgit autour de la méditerranée est le Bord du monde et du corps, cad une forme brute, la forme brute du réel, on ne peut pas la caractériser très aisément (on ne peut pas la caractériser fondamentalement du tout ; on ne sait pas ce qu’elle signifie, ce vers quoi elle envoie, ce que le Bord, la transcendance du Bord du monde et du corps veulent réaliser et même si ils veulent quelque chose … on se limite au constatable et on ne peut décrire, décrypter, démonter que ce qui est ici même activé, et ce qui est activé autour de la méditerranée, c'est le décalage ontologiqiue qui implique que l'on n'est pas ce que l'on est).

Et donc ce qui est décrit est de l’ordre de l’objectivité mais comme on atteint la structure, et le Bord antérieur à tout, on nomme ce vertige, lancé dans l’acte-même, comme hyper-objectivité ; et c’est d’amener le Bord dans le monde ; ce qui est impossible mais qui est réalisé néanmoins par ceci que tout arc ne peut déposer la représentation comme une connaissance,certes, mais que tout arc peut signifier le Bord, de quelque manière qu'il le nomme, et tirer de sa propre expérimentation ce que réellement la signifiance porte ; et c’est ce que doit opérer chaque structure de conscience et qui l’articule effectivement en et par son moi, qui souffre et peine, et travaille en tous sens, se démenant, et qui ne peut pas supprimer le décalage qu’il existe dans un « être » qu’il suppose, qu’il imagine. De l’imagination duquel il implante une solidité, une substance, une identité ... mais qui n’existe pas ; elle est, mais cet être et tout l’être est relatif à ce qui n'est pas, cad à la forme ou donc au présent, à l’exister, à l’actualisme du réel. 

En fait ce sera ce même Bord auquel seront assujettis toutes les individualités, c’est par là que l’on va vivre … ou survivre, ou se dégrader ou se renouveler, ou se perdre ou dénicher quelques trucs, quelques astuces, quelques raccourcis, des clameurs, par la révolution, ou des dépressions, ou des foudroiements,  par des révélations (les dépressions sont aussi des révélations ; il n’y a aucune raison de nier leur expérience) ; c’est cela qui se montrera en une éventuelle psychanalyse, c’est à partir de là que le créateur installera son œuvre, c’est selon ce point du Bord, qui n'est pas mais qui existe, que l’on va s’élever à percevoir cette œuvre, qui va appeler le point-autre en chacun, etc.

Il peut se vivre et se réaliser une indéfinité ou à tout le moins une poursuite de révolutions ou révélations ; c’est de la forme du réel dont il est question, et de la forme qui, pour nous,  re-Crée notre corps, le monde, le donné, la représentation, le langage, par l’en-avant du corps ; elle supporte donc une variabilité et une variabilité indéfinie, autant qu'on en puisse juger,  puisque c’est de la forme Réelle même qui est atteint et constamment basculée cul par dessus tête (c'est sa nature même) ; le Bord du monde et du corps est cette forme et une forme est faite pour se modifier (une chose déterminée ne se modifie pas, elle est ce qu'elle est et puis disparait).

De même que le présent est le Bord actif de la réalité (il est le réel de la réalité), pareillement l’activité de conscience est le Bord du corps (de la cervelle, du langage, de l’humain, du moi, etc) ; c’est par là que tout le reste est décuplé ; non pas créé, il existe des animaux qui parlent, qui utilisent des outils, etc, autant de distinctions admises comme « strictement humaines » depuis fort longtemps, mais qui du coup n’expliquent plus rien ; pour comprendre l’humain il faut précipiter à la racine qu’un mécanisme surgit de la cervelle qui n’appartient plus à la cervelle mais, de par sa tension, qui est arcbouté au réel ; par « conscience » il ne faut pas entendre une espèce de contenu, plus ou moins idéaliste mais un mécanisme, et qui requiert d’être pensé ontologiquement, puisque ce mécanisme est une forme, vide mais une forme. Et la structure de conscience, débarrassée de tout contenu, est pointée sur le réel, et de là, de là-bas, tire, attire, crée et tracte tous les contenus et crée ces sortes de représentativités qui provoque que des structures apparaissent, à elles-mêmes, et accélère ces arc de conscience signifiante.

L’arc a décuplé les instrumentations (la culture), présents dans le monde animal, adjoint au vivant suffisamment développé, et par le décuplement produisant des cultures diverses et variées, mais l’arc a ensuite propulsé exponentiellement au-delà, par-dessus et en plus de la culture, une acculturation fondée non pas sur la transmission (d’un monde), mais sur la transmission de signes ; par quoi chacun devenait l’arc actif de la signifiance. Pensée ou dieu ou christique réclament que vous preniez en charge la production de l’acculturation ; autrement dit l’acculturation est à la fois une a-(non)-culture et l’acculturation réelle dans le monde réel donné là (et non plus relatif à un monde particulier qui est parlé, échangé, perçu dans cette particularité même , soit donc dans le monde non particulier, universel, donné là et "là" du donné, le "là" est la position qu'il y a bizarrement un réel, cad un réel Autre, et que par dessous le réel est l'Altérité même, un effroi tétanisant).

Pareillement le rock ‘n roll ou le cinéma accélèrent considérablement l’arc parce que celui-ci se retrouve encrypté dans les mois, (la structure est passée de la révolution universelle humaniste, à la personnalisation, la structure s'est enfoncée dans la réalité pour avancer plus profondément encore) et que le moi est ce corps et que ce corps est évidemment un corps travaillé (torturé si l’on veut) et r’nroll et images adaptés spécifiquement à la forme du moi. Pareillement les esthétiques et les éthiques et politiques s’utilisèrent afin de décupler et de décupler exponentiellement en s'adressant, en maniant l'adresse vers les arcs, un par un, de conscience ; on ne perçoit plus en groupe l'effigie magique, mais un par un les esthétiques ; de produire de la réalité en plus de la réalité ; et non pas de copier seulement le monde donné là, l’activisme n’est pas un copié-collé ou la conformité à un Ordre du monde, serait-il scientiste, libéral ou communiste, ou naturaliste, et les grecs n'ont pas copié, contrairement à leur traitement de la forme, le monde, mais ajouté au monde, à la perception, de l'en-plus, toujours de l'en-plus.

De là que les sujets et les grands sujets prennent la tangente absolue selon l’altérité, s’énormisent et se rendent étrangers à tout ce monde humanisé et rationnalisé par la révolution, désirs et besoins n’ont pas même sens pour les grands sujets et pas non plus pour les sujets, et les mois, quant à eux, constamment tentent de grader ou dégrader désirs et besoins ; et en ceci on voit comme la pensée croyait retrouver un ordre alors qu’en réalité elle Créait de la réalité en plus du monde ; le monde des mois (qui nait ou explose dans les années soixante) est une création en plus de tout monde humanisé, universalisé, rationalisé, objectivisé ; une création extatiquement autre ; de ceci la joie formelle absolue qui recouvrît ce possible brut.

Mais de même un moi n’agit pas conformément à son « identité » mais un moi est déjà-toujours lui-même créé, suscité par son sujet, élancé par le bord de son existence. Depuis la méditerranée nous ne sommes pas seulement dans la réalité, puisque depuis la méditerranée nos faisceaux intentionnels ont affaire directement aux choses mêmes, ce qui exclue la magie ou le mythe ou l’irréalité, affaire directement au monde dit universel, celui dont les causes provoquent les effets, et aussi ce monde humain en lequel nos intentions sont à la fois représentées et présentées dans le monde, présentifiées, celui dont non seulement les causes mais les intentions sont mesurées, pensées, et présents leurs effets ; dans un système, une systématique de repérage (que l’on nomme cela éthique ou politique mais aussi esthétique ou idéel et science). Il n’y a plus de double plan, mais un seul ; ce qu’auront tôt fait les consciences immédiates de croire qu’il n’est que l’immanence … ne percevant même plus dans leur arrogance et leur prétention que la transcendance, du réel, effectue les immanences, et les réalités.

Mais en ce cas se référer à la transcendance comme affrétant les immanences, c’est se tenir comme il se doit dans le réel, bien que l’on n’y atteigne pas (puisque l’on y ex-siste, on en sort, constamment on sort vers le monde, mais aussi le corps et tout autant le vécu, et ce que tout cela renvoie sur la surface du minuscule faisceau articulé sur la surface du réel, qui expose tout ce monde ; on n'y atteint pas non par manque ou défaut mais bel et bien parce que l’on y existe, on en ex-siste). Et surtout c’est bien effectivement être parvenu à élaborer, travailler, plier et replier, tourner et re-tourner le faisceau de l’attention à l’exister, œuvrer la surface du miroir tant que l’on a pu, orientant et désorientant afin de faire surgir les images contournées, réécrivant ces images et ces lignes, parvenant par les tangentes sur le Bord du monde, de dessiner le trajet de l’exister, de la surface ; chaque sujet, une tangente à partir du Bord.  

Les faisceaux intentionnels ont affaire aux choses mêmes mais aussi aux intentionnalités telles quelles ; tout cela se trace et se trame, c’est un intéressement réglé, l’établissement de règles de précision ; puisque l’on sort des mondes humains, on crée le système formel (il n'y a plus aucun monde humain particulier avec ses lois intérieures et son monde parlé-perçu, il n'y a plus que le monde donné, grec, et le corps, christique) ; le système formel qui n’a plus de contenu, qui élabore sa propre architecture, laquelle ne se réduit pas à un contenu ; toute la pensée, la réflexivité, la réflexion et réflection consiste à faire-voir le lieu, la limite, le Bord à partir du duquel le reste, le monde, la réalité apparaissent ; ce par quoi l’être apparait mais ce "ce par quoi" n’apparait pas dans l’être et n’est pas l’être ; l’être est second (et il n’est aucune totalisation, unité, concentration d’être où que ce soit), et l’exister est premier (et seul existant évidemment ; étant non composé il n’est ni divisible ni réunifiable avec quoi que ce soit ; il ex-siste constamment d'activisme pur mais aussi brut, très brut, d'Altérité fondamentale).

Les règles de précision ce sera d’abord la pensée puis la raison, mais évidemment puisqu’il s’agit non pas de produire une pensée ou une raison mais la totalité de notre être, et ce sous la facilité et possibilité qu’est l’arc de conscience (qui se communique à tous les domaines), ce sera l’esthétique, l’éthique, la politique (l’Etat, le droit, la personne), l’idéel (connaissance). La règle de précision absolue est celle du christique ; comme tout se joue sur la racine, ontologique, la forme antérieure (au monde, au donné, au corps, à l’humain, etc) il est impossible de caractériser la réglementation de l’exister, qui demeure instamment antérieur à tout donné, tout vécu, tout corps, toute humanisation ; le réel est orienté d'un seul côté, vers l'avant, en tant que présent, qui tracte, et il ne se déverse pas lui-même dans le donné ; mais par telle ou telle configuration (pensée, dieu, christique, sujet, altérité, analytique ontologique) on peut en approcher au fur et à mesure, on remonte, par réflexivité qui signifie retour sur cet-être qu'est la structure en arc vers le présent, et à chaque fois retour qui est re-tour, un nouveau tour, extatique ; il revient évidemment à tout arc de pousser plus loin la précision ; les lignes du réel, les lignes du Bord du monde et du corps.

Rappelons que la ligne de mort, de disparition, de dégradation, d’exploitation et de meurtre est celle du monde « comme il va », les lignes du réel à l’inverse cherche précisément les possibilités qui ne sont pas (dans le monde) mais en plus du monde, les lignes qui ne sont pas sont celles qui doivent exister (et ne se maintiennent dans le monde que par la tension des arcs de conscience).

Aussi le principe qui voudrait que le donné explique le donné (soit donc le principe rationaliste, objectiviste, naturaliste et réaliste) tombe immanquablement à côté, constamment. Ce qui veut dire aussi que le moi, interrogé par son sujet, qui croit solutionner ses problèmes en se retournant sur le donné, sur le vécu, sur la réalité, se trompe ou est trompé.

Le monde donné humain est effectivement depuis la révolution (qui instaure un cadre universel laissant chacun à la disposition de soi, cad de sa liberté, non de sa raison mais de sa raison en tant que chacun, en étant doué de cette raison, peut juger, et conséquemment désirer, décider, vouloir, imaginer, penser, etc, c’est une structure de possibilités pas un état de raison), depuis la révolution, en même temps que par le cadre ce monde est délivré, le monde humain est également livré au monde ; à l’interprétation réaliste, naturaliste, objectiviste du monde, du corps mais aussi du vécu de chacun ; dieu ou le christique remplacés par la naturalité, la pensée par la raison et le sujet par le moi ; cad à la fois leur adaptation et leur pseudo-adaptation ; parce que le moi ne peut pas remplacer l’ensemble du déploiement du sujet, ni la raison satisfaire la pensée, ni la naturalité accéder à l’envol et l’exigence du christique et de dieu ; c’est la différence figurations (du monde ; raison, moi et naturalité) et configurations sur le Bord même du monde, du donné et du corps (du réel et du décalage ; dieu, pensée, sujet, altérité).

Lorsque le moi se retourne sur lui-même c’est avec le regard et l’attente du sujet, mais il n’aboutit qu’au retour du donné et nullement au possible ; ce que, pourtant, en tant que moi (qui se tient du sujet) il ne cesse de lancer, propulser, promouvoir ; chaque sujet constitue, par et dans son moi, sa mémorisation, son trajet, et peut-être son tracé ou une forme de réel de surface (et on a vu que la surface est tout, tout l’essentiel lui-même, le reste ce sont des effets de/sur la surface).

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L’être et l’exister – 2

27 Juin 2017, 10:19am

Publié par pascal doyelle

Le Bord du monde et du corps

Il faut donc imaginer la conscience comme un faisceau, posé sur la surface du réel et orienté par le devant et tel quel, ce qui veut dire sans qu’il n’y ait rien antérieurement ; la surface du réel est une seule surface dotée d’un seul côté ; il n’y a pas d’autre côté, un verso, pas de recto, une feuille juste d’un seul devant ; ça avance dans un seul sens, au-devant, et cette surface est, très justement, le présent.

La conscience est un faisceau qui instruit au-devant en suivant ou en devançant quelque peu le présent. Un soubresaut à la surface du réel, un énervement électrique, une tension, un court circuit, un circuit court, qui ramasse la surface en un point. Une virgule de reprise, reprise de la surface elle-même. Il faut obtenir la conscience qu’un réel il y a, que la réalité est Autre, que les gens en sont pas des marionnettes ou des images, mais des êtres réels, valant en et par eux-mêmes, qu’il va nous arriver des tas d’accidents, que l’on ne contrôle pas, qui ne sont pas « voulus », que donc on se saisit, soi, par le devant ; et ne pas être fou ou ne plus être enfant c’est la dureté que le réel est fondamentalement en-dehors et que l’on est soi-même un simple point posé là.

Dans cette reprise on imagine pourtant qui l’on est ; on croit que l’on est et effectivement on Est, on est quelque chose mais ce quelque chose est pris dans sa procession, à savoir que c’est une structure de conscience, un faisceau qui imagine que cette identité est consistante ; c’est l’imaginaire qui octroie à cette construction qu’elle soit consistante ; non pas qu’elle ne soit pas consistante (parce qu’elle est effectivement quelque chose de concret) mais bien que ce concret n’est pas le fondement, la substance, l’unité ; et que l’unité est la forme ; l’unité est le faisceau, celui qui fait être mais qui n’Est pas lui-même, qui est pur mouvement sans rien, signifiance qui imagine son « être », qui confère par l’imagination une densité, à ce qui est seulement effet.

Autrement dit ; on est ce moi, Pierre Dupond, mais ce qui va compter ce ne sera pas « qui » est Pierre mais ce que la structure de conscience en Pierre fera de cette concrétion qu’est Pierre Dupond ; en somme Pierre Dupond est un bricolage et non pas une solide substance ; sans doute Pierre veut faire-sens ; et c’est par là qu’il imagine qu’il Est (et cela lui est bien utile, et il croit que ce sera le bonheur, la satisfaction ; il ne va pas passer sa vie à recomposer Pierre Dupond selon le faisceau et la concrétion, ça n’en finirait pas, il doit admettre cette identité et faire-comme-si et l’embrayer en différents sens qu’il veut lui trouver ou retrouver ; de même il va croire que cet objet est désirable en lui-même, alors que c’est son faisceau qui admet « spontanément », qui construit le désirable de cet objet).

Il n’est rien de donné, d’authentique, de solide (c'est seulement de l'imaginé "comme solidement réel")  ; tout est pris dans le Pli. Seul le Pli existe, et le pli est d'une part le présent et d'autre part l'arc arcbouté par ce présent. Tout Est dans la construction, mais le pli lui-même est ce qui Existe,  et est donc ce qu’il faut penser, manifester, représenter, et comme l'exister ne passe pas « dans » la représentation, il sera signifié, signifiant renvoyant à cet exister comme mouvement ; signifié pour un arc qui seul va percevoir, structurellement, l’antériorité, le Bord, l’au-devant qui génère la réalité, le monde, le corps (en proposant un autre-corps qui sert à recevoir les signes). et comme un mouvement n'est pas un signifié solidement consistant, il faudra prendre la forme du mouvement ; il faudra ex-sister le Un de Plotin, le doute-cogito de Descartes, la volonté nietzschéenne, le pour-soi sartrien ; éprouver le mouvement est l'opération dite hyper-objective, qui se-sait en avançant (c'est pour cela qu'elle avance tout le temps, elle crée des archi-tectures qui sont des archi-textures du corps, la surface du corps-autre, scribouillée de signes, d'orientations dans la réalité, dans le monde, dans le vécu).

Or la surface ne quitte jamais ; elle est toujours constamment le présent et le présent est ce qui colle à même toute réalité ; la lame du présent pousse en avant tout l’être, tout le donné, toute la détermination, la lame du présent précède même toutes les réalités, si l’on veut. La détermination est comme les mémorisations qui s’accumulent et l’une chasse l’autre ; il se fabrique une réalisation de plus en plus fine, de plus en plus distincte, jusqu’à produire un être ayant sa propre surface, vivant donc, et que quelques-uns parmi ces vivants puissent devenir leur propre surface ; une inter-face.

Et tout ce qui passera alors au travers de cette interface sera littéralement décuplée. L’interface fait office d’accélérateur. Toute information qui transite est explosée, démultipliée.

L’interface peut bien croire, un temps, qu’elle est un quelque chose, (par ex la « pensée », quelle qu’elle soit, le bouddha ou le platonisme, qui recompose la réalité, le monde) mais l’interface est un mécanisme et qui plus est un mécanisme articulé au réel ; ce qui veut dire en clair au présent et qui veut que ici et maintenant le réel soit intégralement appelé ; une surface minuscule mais une dans son mouvement accroché à la surface du réel ; un pli ; une vague minuscule sur la vague du présent (de sorte que tout se meut, puisque le présent est cela seul qui existe et que l’être est l’ensemble de ses effets). Un mécanisme et un mécanisme ouvert ou béant ou brisé, ces qualificatifs sont tous justes, mais on préférera ici décalé.

Puisqu'aussi bien si le présent est cela seul qui existe, tout est dans le décalage intégral qui ne laisse rien en dehors de son mouvement.

Parce que le but c’est d’éclaircir cette anfractuosité. D’y mettre son nez et de commencer de remonter le long de la faille, de l’anfractuosité, du décalage. Et la description claire et nette autant qu’il se peut. Et il ne faut pas considérer que le décalage, dit ontologique, que l’interface puisse se remplir de quoi que ce soit et qu’elle génère une sorte d’identité (non plus Pierre qu'une Idée ou un divin quelconque, non pas dieu remarquons le ; parce que dieu, le Un tout-autre, est une intervention dans le monde, une rupture et non le rétablissement d’un Ordre mémorial). L’interface génère un mouvement, puisqu’elle est mouvement de part en part, mais pas une identité, pas une essence, ni même une image qui serait l’image qu’elle est ; une image est perçue et la question est alors « qui perçoit l’image ? », ce qui renverrait à une nouvelle difficulté dont on tient ici qu’elle n’aurait pas de solution ; il n’y a pas de partie du monde qui expliquerait la totalité du monde, pas de mini-monde en réduction dont le déploiement serait cet univers ; il n’est que des ensembles de réalisations (les molécules par rapport aux particules, les systèmes solaires ou les galaxies ou peut-être les univers) et ce qui garantit l’unité de ces ensembles est l’acte lui-même, l’exister qui fait-office de structure ; l’exister qui projette tout cela au devant, qui est l’attirance au-devant qui tracte les réalités.

Ce qui agit soudainement comme interruption de toutes les choses et de tous les êtres, comme dieu-pensée-sujet-altérité décrit cet acte, ce décalage lui-même, cet acte qui est un mouvement, et qui devient par dieu-pensée-sujet-altérité et qui attire dans le monde le faisceau sur la surface orienté d’un seul côté et sans rien de l’autre côté (dieu par ex est notablement d'un seul sens : vers l'avant).  Habituellement on taille des parties de monde contre d’autres parties de monde, mais à un moment il nous est venu qu'elle cesse toute partition de la réalité et tente de prendre tout à rebours par le Un débutant toutes les réalités,  par en-avant toute la réalité, et donc à partir du formel, du rien si l’on veut (et il faut cesser de caricaturer les immenses configurations dieu-pensée-sujet-altérité comme des "imaginations" ; ce sont des épreuves structurelles du réel, de l'hyper-objectivité), mais plus exactement il s'agit du Bord du monde qui n’est pas dans le monde puisqu’il est l’exister du monde, en lequel, sur lequel on ne sait comment dire, on avance en équilibriste  ;

et se dresse alors la cartographie de ce qui est effectivement agissant antérieurement au monde; on s'implante dans la structure antérieure de tout monde et ce depuis la méditerranée et dieu-pensée-sujet-altérité s'utilise à cette fin ;

et bien sur tel que cela nous est accessible de là où nous nous tenons … cad le rayon très limité sans doute de l’expérience que l’on peut en obtenir. Et on entend par expérience celle de dieu un tout-autre, de la pensée à partir de l’être (du « là » du donné là, de l'être du monde grec via l'universel), du sujet (qui origine la pensée et toute intentionnalité), de l’altérité (que le réel est bel et bien au-dehors et rigoureusement Autre que nous). Ces advenues structurelles sont si puissantes (parce qu’elles touchent à la structure de l’attention et chamboulent totalement « ce à quoi il faut faire attention », cad tout) qu’elles s’effectuent réellement comme expérience (et ce dans tous les domaines ; éthiques, esthétiques, politiques, etc, et créent une humanisation spécifique).

Dieu et le christique, la pensée, le sujet, l’altérité sont traités ici comme des systématiques, systématiques de l’intentionnalisation ; sur-intentionnalisation grecque par-dessus le langage, hyper intentionnalisation christique, méta-intentionnalisation cartésienne et anti-intentionnalisation des pensées de l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) ; systématiques qui permettent de laisser se représenter le Bord du monde (ou du corps), de le représenter dans le monde donné, alors que le dit Bord ne peut pas prendre de signifié, de définition dans le monde ; ne peut pas être déterminé ; il reste donc certes représenté (par dieu, la pensée, le sujet, l’altérité) mais en tant qu’il signifie, sans qu’un signifié soit déterminé au dedans ; ce qu’il signifie est repérable uniquement par un faisceau de conscience qui pointe de cette sorte ce qu’elle « voit » de la structure du réel. et la perçoit par tout ce corps-autre bizarre qui se crée à la surface, aussi bien à la surface du présent.

Rappelons que le monde possède un Bord et que ce Bord est la forme du monde (le monde est la détermination, l’altérité qui se distingue de partout et constamment), et ce Bord n’est rien d’autre que le plus intime du monde à savoir le présent. Le présent est le Bord du monde (et du corps), et le présent est l’autre nom de l’exister ; l’exister est le fait d’exister qui impose, produit, génère l’être ; l’être est relatif à la vague du présent, l’actualisation, l’acte.
 

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Amenée dans le monde

24 Juin 2017, 12:07pm

Publié par pascal doyelle

On a donc vu que l’occidentalisation a extrait la structure antérieurement à tout monde humain, tout langage et représentation, et même tout corps humanisé (ce que signifie le christique, littéralement, c’est un autre-corps) et « occidentalisation » est un processus outrepassant de loin « l’occident », d’autant plus que l’on va étendre considérablement le rayon de création de ce processus au Moyen-Orient, bref à toute la méditerranée ; ça aurait pu se produire ailleurs, il se trouve que c’est là qu’il y eut cette accélération ; et que donc le dit processus ne consiste pas en une « essence » mais en une structure ; qui se cherche dans le monothéisme, la pensée grecque, le christique, puis le sujet, (et plus tard l’altérité ; Nietzsche, Heidegger, Sartre Lacan), et entre temps la raison (réduction de la pensée) la naturalité ou le réalisme (remplaçant dieu) le moi (se substituant au sujet) ; ce qui provoquât par son réductionnisme (légitime mais insuffisant) l’ampleur des grands sujets et la pensée de l’altérité ; l’anti humanisme, anti sujet, anti démocratie, anti rationalité, etc.

Et enfin la fondation, absolument réelle, qui analyse notre être (et ainsi qu’elle soit dénommée analytique), et ce dans son articulation même ; Sartre et Lacan. On ne peut retenir, on l’a vu, Nietzsche et Heidegger, non en ceci qu’ils n’éprouvent pas intégralement la conversion du Regard (en prenant appui non plus sur l’horizon humain, mais sur la non-humanité du donné tel que « là », que ce soit en interne comme Nietzsche et la Volonté, qui est Autre en nous, ou en externe, comme Heidegger et l’Etre qui est autre que tout le donné, nous-mêmes y compris), mais en cela, donc, qu’ils présentent une interprétation (ontologique, puisqu’ils réintroduisent l’ontologie dans le monde pacifié et humanisé, réintroduisent l‘altérité pure et brute), une interprétation sinon délirante du moins irréaliste. Sartre et Lacan nous ramènent sur terre et déploient alors l’Exigence fondamentale et fondatrice de l’être-de-l’homme, comme étant autre que l’humain lui-même ; l’humain est l’effet de l’être-de-l’homme, soit donc effet d’une structure qui en nous est autre que nous ; l’être-de-l’homme veut dire que la structure agissante (la signifiante) n’est pas l’humain, ni le moi, ni le corps, ni quoi que ce soit du monde, mais le Bord, structuré, qui lui-même agit ; de même que le Bord réel du monde, le présent, est l’agissant lui-même.  

Ce qui soit dit en passant est encore plus étrange que n’importe quelle interprétation romantique et grandiloquente ; les deux français ramassent strictement et clairement l’altérité, l’effarante altérité qui nous cause, décrivent la structure agissante, qui n’est ni volonté ni l’Etre, ni aucune des affectations précédentes (celles qui commandaient et conduisant vers l’horizon humaniste, universel, raisonnable, ni même qui guidaient vers une naturalité et un réalisme, consistant en ; le donné explique le donné, et bien non le donné n’explique pas le donné, parce que le donné, le monde possède un Bord et que c’est le Bord qui compte, le reste est effets du Bord ; et donc ce que Sartre et Lacan décrivent c’est l’arc qui brode notre réalité, sa structure, son architecture ;reprenant en cela Kant mais aussi Descartes, qui commencèrent, eux également, la description réel de cet activisme structurel. Tout comme les grecs ou le christique manifestaient les possibilités de la structure, qui n’est pas du monde, mais du Bord, créant la pensée et le corps (du christ, comme on sait). Une fois l’horizon universel humaniste réalisé, par la révolution, la structure se penche alors sur ce que, à partir de cette position tenue, se découvre et continue d’étendre son rayon, son possible ; et éprouve et décrit la réalité du monde et le réel du monde, le donné et le Bord du donné.  

L’ensemble de tout le mouvement a créé un cadre général (celui de la révolution, de l’Etat, de la raison, du droit et de la science, du moi et du vécu, de la société civile, etc) ; ce monde historiquement réalisé s’est empli de lui-même, jusqu’à une certaine fermeture ; non pas vis-à-vis du monde réel mais fermeture structurelle ; figeant par exemple la révolution comme procédé historique ;  au sens où la structure réalisée, de par sa réussite même, est demeurée coincée dans son jeu et ne peut passer au-delà de sa réalisation, sans comprendre justement ce dont il s’agit ; de sorte que le monde créé, Etat, société civile, moi, raison, libéralisme ou communisme, bien qu’il soit effectivement ouvert, est du point de vue de la technologie structurelle replié et gelé.

La vérité et la liberté pure restent pourtant encore selon le Bord du monde ; la vérité n’a pas cessé et ne se limite certes pas à la raison raisonnante, au monde réduit et écrasé de la science et du droit, de la société civile et de la psychologie réductrice ; les mois par ex n’auront de cesse de se découvrir, créer des maladies mentales ou des dépressions pour y échapper, échapper à la totale exposition annihilante de la raison raisonnante. Ou de créer de monstrueuses interprétations profondément ontologiques et originales : Nietzsche et Heidegger. Ou de prendre le problème fondamental et fondateur à bras le corps et à mains nues ; Sartre et Lacan. Par eux seuls tout se ramène à sa structure même ; l‘articulation de notre arc de conscience au donné là, aux autres et au corps. C’est précis, clair, net et sans fioritures.  

Comme dit Lacan (dans Télévision) ; « ça n’est pas moi qui l’énonce difficile et complexe, c’est notre réel structurel qui est lui-même extrêmement complexe et autre » (on simplifie et on adapte pour cette occurrence-çi) ; l’articulation qui nous cause, dont nous sommes effets, dont l’humain et le langage, la pensée et le corps sont des effets, est extrêmement complexe parce qu’elle est littéralement l’extrémité du monde et du corps. L’extrémité qui cause et qui borde ; soit donc le présent comme structure architecturée non seulement « puissante » mais qui est la puissance même, la potentialité ; le possible ; le présent est le possible-même, la racine, la source, le miroir retors, tout ce que l’on voudra du même genre.

Le principe est donc qu’effectivement depuis le début de la réflexivité, du retour de l’attention sur ce fait qu’est l’attention elle-même (pourquoi un corps produit-il un arc de conscience qui n’est pas, qui n’est plus ce corps même, raison pour laquelle on « a » un corps, que l’on est Autre que le corps que l’on est, que donc l’on n’est pas, on ex-siste), le principe est que depuis la méditerranée c’est non seulement « scientifiquement », objectivement mais hyper-objectivement que la pensée pense, comme dit l’autre, que la réflexivité, le retour sur, réfléchit. Ceux qui ne comprennent pas ce que cela signifient n’y comprennent strictement rien du tout et croient que Platon ou St  Thomas ont juste produit des « théories » soit vides de sens, soit battues à tous les vents, et non abaissent fondamentalement le niveau de compréhension, d’intelligibilité effective et effectivement réalisé ; Plotin ou Kant n’étaient pas des imbéciles, eux, et c’est très précisément qu’ils ont élaboré les significations de leur analyse de l’activisme acharné qu’est notre être, notre structure. Ce sont les positions, par ex, qui voudraient que la pensée soit « du langage » ou des neurones, et autres idioties du même genre ; la structure est ce qui utilise le langage ou les neurones ou si l’on préfère ; il y a langage et neurones pour qu’il y ait activisme structurel de l’attention qui réorganise constamment les neurones et le langage (sinon on ne voit absolument pas à quoi pourrait bien servir langage et neurones ou autres réalités données).  

On a vu qu’amener le structurel dans le monde est toujours inventé la représentation approchante (non pas adéquate puisque le structurel ne passera jamais dans le donné, la forme toujours antérieure et autre que les contenus, le miroir distinct des images) ; une fois une station acquise il ne faut évidemment pas redescendre en exigence ; mais la structure de l’historicité est la révolution, puisqu’originellement l’historicité est la découverte du structurel même, et que celui-ci ne passant pas dans le monde, modifie continuellement la réalité du point de vue (impossible) du réel ; raison des esthétiques innombrables, des éthiques, des politiques, des systèmes, des poétiques, etc. rien en peut assouvir la structure sinon sa propre auto régulation, ce qui signifie ; rien.

Parce que l’auto régulation ne peut pas être raisonnable ; il n’y a rien de raisonnable dans la cohérence du réel ; le réel est structurellement «déraisonnable » et d’une brutalité effroyable ; sinon, sans la distinctivité, des choses et des êtres, sans l’altérité comme constitutive de la réalité, il n’y aurait pas de réalité, à moins d’imaginer une « réalité ordonnée, une réalité sensée », un Ordre qui figerait toute possibilité et rendrait impossible qu’il y ait « une réalité ». Une réalité comporte forcément ce dés-ordre et donc cette inhumanité.

L’auto-régulation de ce qui ne se régule pas, de quelque manière que ce soit, n’aboutit donc jamais ; le caractère raisonnable de notre être de structure est une hypothèse absurde. Ça ne signifie pas qu’il ne puisse pas s’entreprendre, s’instruire, lancer des instructions dans sa réflexivité, dans son réfléchissement vécu, éprouvé. C’st ce que cible Nietzsche ; que le plus extrême soit, quand même, sa propre loi et qu’il soit vraiment une loi, et d’autant plus exigeante et sans presque commune mesure d’avec les régulations de la raison, kantienne par ex. Pareillement la dureté sartrienne est autrement plus rude que la morale banale ou classique. C’est que le structurel a progressé dans le monde donné, et ayant accompli la révolution, l’Etat, etc, soit donc l’horizon universel, le structurel gratte maintenant la peau elle-même de tout moi, le sujet de structure tend à briser le moi qui le limite.

Les grecs étaient ceux à qui on ne la fait pas ; vouloir ici et maintenant ce qu’il en est de l’être, de tout de ce qui est, ici même, en une fois, intégralement. Pareillement à partir du christique (qui certes renvoie à la résolution au-delà) il ne tarde pas que l’exigence devienne dans la réalité même, le vécu et bien sur le corps. Le christique est l’exigence structurelle inscrite historiquement, comme historicité, comme ce qui inaugure l’historicité et ne répète plus seulement tel ou tel monde, mais tient et maintient la forme du réel comme plus grande que tel ou tel contenu du monde.

De manière générale il s’agit de créer un arc de structure, de conscience activiste, de plus en plus poussé, précis, actualisé. La figuration (raison, naturalité, moi) est un tel durcissement mais qui oublie, annule, ignore le structurel (le renvoyant comme métaphysique et n’admettant pas que Kant non seulement barre la route de la métaphysique, du discours ordonné, mais prévoit une philosophie transcendantale qui montre la structure réelle du sujet, positivement), et pour concevoir tout le processus il faut définir le mouvement des 25 siècles comme Amenée de ce qui Existe, structurellement hors du donné, l’Amenée dans le donné de ce qui n'est pas du donné. Soit donc la représentation de ce qui ne se représente pas ; et qui doit pour se tenir dans le monde créer des réalités, des représentations, des structurations ; l’Etat doit être admis et compris comme tel, selon l’universel, le citoyen libre, etc, sans ces contraintes il n’est pas, ne peut pas être ; le moi lui-même ne peut pas se maintenir sans se tirer du sujet, de la forme-sujet, et doit créer des récits, des romans, des poétiques, des esthétiques pour se faire être à partir de l'exister même ; le sujet étant ce qui ne vient plus de l’immédiateté ou du monde ; qui par exemple a commencé de créer sa valeur infinie selon le christique (ou selon le sujet libre de la révolution ou selon le corps rock 'n roll et pop des années soixante) ; puisqu’il se crée libre, il ne peut plus être esclave, riche ou sexué (ho ou fe ou autre) ; il relève de la seule position du libre (qui étant le rapport à (soi) qu’il est, n’est aucun autre rapport).   

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Le déchirement existentiel du voile

17 Juin 2017, 12:07pm

Publié par pascal doyelle

(NHSL) Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan

Dans la perspective de redécouvrir la lune, cad de prendre conscience de ce qui effectivement nous situe là, sur le lieu, sur le point de temps, où nous sommes.

Il y eut ainsi la surintentionnalisation (les grecs), l’hyper-intentionnalisation (dieu et le christique), la méta-intentionnalisation (Descartes jusque Husserl) puis enfin l’anti-intentionnalisation  Nietzsche, Heidegger, et l’analytique qui est nommément de l’analytique pur de la structure de notre être, Sartre et Lacan).

Nietzsche et Heidegger sont explicitement des anti ; ils nient absolument totalement toute l’humanisation et l’individualité des siècles ; Platon, le christ, Descartes et le sujet, la raison, la science, la démocratie, l’individualité du moi, la liberté, l’humanisme et veulent remplacer tout cela par une "totalité" de leur cru. Repenser tout ce qui fut et immergé tout cela dans l’altérité du donné tel que « là » et absolument non humain, surhumain ou inhumain. Il est clair que si pour Nietzsche c’est excusable, et oh combien, c’est dans la seule mesure où Nietzsche n’est applicable qu’individuellement ; c’est individuellement que l’on s’explose et s’expose à la grande pensée ontologique de Nietzsche ; mais c’est tout à fait traumatisant de croire que l’on puisse exporter cette non humanité dans la vie réelle ; Heidegger.

Par contre le principe dont ils partent ; que la réalité est Autre et qui les abreuve et finalement les noie, perdus corps et biens, est un vrai principe et une sorte d’évidence incompréhensible et déchirante. Fort heureusement cette altérité sera en une fois définitive réduite à la constatation, encore plus inacceptable et incompréhensible et non humaine de la nausée sartrienne ; le réel est structurellement Autre ; la nausée, la racine noueuse qui soudainement Existe aux yeux de Roquentin, est par Sartre le basculement d’une sur- interprétation souvent romantique et « génialissime », sorte de théosophie et de dangereux non-sens qui se couvre abruptement d’une super signification délirante (N et H),  est le basculement en un seul et unique Fait, indiscutablement là ; le réel Existe.  

Dès lors on passe à autre chose ; la mise en arme de notre attention vers le donné tel que là, qu’est la réalité ; les deux français pourront commencer de découper et isoler le réel de la réalité et ce sans succomber à une surinterprétation délirante (lesquelles étaient dans les deux cas, N et H, absolument passionnantes et fondamentales … mais délirantes, l’une relançant la Volonté, l’autre l’Etre, et reviennent dans ces états hypertrophiés l’ancien engouement, voire une envolée psychique, pour l’un extrêmement dangereuse, qui croyaient passer par-dessus l’articulation, l’architecture de la cohérence, mais qui finalement remontent par en-dessous, jusqu'au pire enthousiasme, le peuple allemand comme sens de l'histoire ; remarquons que Sartre ne put pas s'empêcher de s'affairer marxistement, non sans espèrer refondre tout ce système dans l'intervention individuée du pour-soi). Autrement dit par Sartre et lacan on entre dans le dur. Le solide, la précision, et l’atteinte au bout du Bord du réel ; tel qu’au moins ce réel s’expose face à nous et peut être expérimenté ; expérimenté par tout l’être que l’on est ; il faut armer intégralement tout ce que l’on est, de corps, d’humanité, de personnalisation, d’esprit et d’images, afin par tout cet ensemble tendu, cibler le Fait et ramener toute la possibilité de cette anti-intentionnalisation ; puisque si il est une logique elle tient en ceci que le Fait d’Exister est autre et oppose une effarante altérité qui nous expulse hors du monde, de la vie, du corps, de toute pensée, de toute intentionnalité ; l’intentionnalité qui s’est révélée notre structure même, est brisée, rompue, en totalité par le Fait d'Exister du réel tel que Autre.

Mais au moins c’est clair. Il est impossible de supposer un quelconque délire dans la réalité ; elle est juste « là », sans présupposition et telle une factualité monumentale et hors de toute proportion (nous affectant d’une facticité qui atteint tous nos organes, capacités, sens et significations). Mais ce « là » plutôt que lui nier la faculté de « se produire » (cette négation est manifestement fausse),  on doit y avancer et dénouer le réel, démonter le réel dans son activité et même en vrai, de son activisme (son caractère absolument Autre et brutal, au sens de violence et de mécanisme brut et sans fard du réel), et c’est ce mécanisme qui est enclenché et entraperçu depuis la méditerranée, puisque la méditerranée met à jour le nœud lui-même, l’articulation qui a lieu en tant que le réel intervient dans le réel (qui se nomme dieu, la pensée, le corps christique, le sujet, l’altérité, l’analytique de la structure).

La réflexivité (le retour sur cet être tel que là, immédiatement posé sur le monde et instantanément lié, rapporté au réel de cette réalité, au présent, sur le réel, articulé au monde, aux autres, au vécu, qu’est notre être ramené à sa stricte structure ; l’arc de conscience sartrien, le pour soi face à l’ensoi monumental) va accentuer, amplifier son attention au plus près en décortiquant notre réalité, puisqu’est acquise la structure réelle agissante, décidante, d’orientation et de désorientation qu’est notre être en son « essence » ce qui signifie en sa forme, vide ma structurelle, étant entendu que notre être n’est pas un être mais un exister ; arc de conscience articulé à l’arc du présent.

Orientation et désorientation forment la plus difficile opération sartrienne, et la source écrasante de son Exigence (Sartre assume au plus durement l'exigence, la sur-morale, l'éthique ontologique, celle qui décide de notre être, notre vécu, notre corps et ne cède jamais) ; comment décider et selon quelle direction ? Quelle direction dans la réalité et au cours d’une vie ? Doublé par la question lacanienne ; comment être « soi » alors même que cette identité recule par principe, puisque c’est de l’inconscient dont il s’agit, et recule alors même que l’on en approche ?

Mais Sartre et Lacan ne comprennent pas, puisqu’ils s’opposent à toute l’intentionnalité des 25 siècles précédents, ils se situent dans l’anti-intentionnalité (soit donc l’intentionnalité qui se sert d’elle-même afin d’avancer dans la précision de sa propre appréhension et compréhension), ne comprennent pas que autant ils veulent examiner, décortiquer, découper notre réel actuel, autant Plotin, St Augustin, ou Descartes se produisaient, eux, en avant d’eux-mêmes ; de sorte qu’il n’est nulle contradiction entre les positions ; ce qui se voulait autrefois dans la prospective, s’est retourné, depuis, sur son origine ; Sartre et lacan ; avançant à reculons, mais avançant réellement, décortiquant l'articulation.

C’est l’entièreté du présent dans son architecture qui se découvre en s’inventant ;  en somme ce que l’on nommait éternité ou vérité au-delà de l’immédiateté, ou sujet c’est l’actualisme absolu de cela seul qui existe ; que le présent, qui est la forge même de la réalité, des réalités (puisque la réalité n’offre plus la possibilité d’unifier tout ce qui est, il n’est pas d’unité, de Un qui soit Tout, de résumé essentialiste de toutes les choses dispersées qui paraissent), se transmute et transite dans notre monde en tant que dieu ou pensée ou sujet idéaliste, n’est pas si surprenant puisque dieu, la pensée ou le sujet se remarquent spécifiquement de ceci que l’on n’en voit pas le bout du bout.

On n’en voit pas le Bout parce qu’ils sont le Bord ; ce à partir de quoi tout le reste apparait. Le miroir et non plus les images, les idées, les contenus dans le miroir ; c'est la miroir qui parait.

Et c’est pour cela que Plotin ou Descartes ou Kant autant que Nietzsche doivent être maintenus ; sinon la vision (de la réalité) s’étiole. Sans l'historicité entière la réalité se perçoit encore mais à partir de présupposés qui ne demeurent pas au niveau du réel ; qui affaiblissent la tension de l’arc de conscience. Présupposés qui se pêchent dans le monde, raison remplaçant la pensée, le moi le sujet, la naturalité dieu. Si l’on se perçoit, consent, admet comme « moi », on jugera selon le moi (de même qu’à partir du christique on peut juger du vieil homme ou selon le nouvel homme). Rechercher la plus haute ou précise ou exigeante limite, c’est ce que déjà travaillent N et H, reniant raison et humanisme, pas suffisant ardus pour se tenir ontologiquement dans le "là" énormissime du donné brut ; ce faisant ils outrepassent la possibilité réelle, et imaginent un autre « bord » du monde ; dont le forçage parait gage de vérité (plus ce sera anti, anti tout et n’importe quoi, plus ce sera « vrai »).

Et si le Bord prend la forme du Bout du réel, littéralement l’extrême extrémité, c’est que dieu, la pensée, le sujet, et l’altérité ensuite, ne sont pas ; ils existent, déjà tenant le Bord-même. Il faut y croire. Il faut avancer dans la croyance d’une cause interne à la réalité, qu’ensuite on nomme cela dieu ou la pensée ou le sujet, peu importe ; ce que l’occidentalisation a analysé c’est que nous sommes d’un décalage, et que ce décalage ne peut se comprendre que de définir le réel comme étant le réel, bien sur, mais en tant que le réel est un mouvement transcendant, et que ce mouvement transcendant loin d’échapper à l’analyse se doit d’être analyser, et que ce mouvement est le présent, comme machine générale de tout ce qui est (l'exister distinct de l'être, la cause de l'effet) ; cela qui se construit sans cesse sur la pointe extrême de l’activité ;

Il faut penser et saisir non pas seulement comme la pensée augmente le monde et y ajoute du perçu mais aussi augmente, décuple notre attention, notre faisceau de conscience, acte de conscience splitté en consciences, accélérant la distinction non seulement des mots, des idées (et donc des perceptions que l’on voit depuis ce splittage du langage surintentionnalisé) mais distinction dans l’acte de conscience même ; c’est cet acte de conscience qui est divisé et se divise selon la pensée, non pas pour la pensée, mais en usant de la pensée ; la finalité n'est pas une "pensée" qui contiendrait tout, mais les milliers de consciences possibles en une seule absolument actuelle et hyper activiste ;  

Il faut croire en le christ et prendre antérieurement à sa propre vie comme il est une dimension de saisissement en plus qui commence de restructurer notre vécu, notre expérience de l’existence,

Il faut se réfléchir et percevoir comme second par rapport à soi (de même que Descartes se demande si les silhouettes sont des automates) ; inaugurant de fait, dans le fait même d’exister ici même comme on est (déjà) autre que soi , parce qu’après tout si je dis que je pense donc je suis, je ne suis déjà plus qui je suis, je suis fondamentalement celui qui dit que, celui qui intentionnalise celui-ci qu’il est (ce qui est aberrant structurellement), celui qui (se) signifie ; de même que les grecs en prononçant la « vérité », ne sont plus « dans » la vérité, mais en dehors, de même descartes n'est plus dans la conscience comme idée ou soi, mais est Autre. 

Et enfin il faut accrocher au donné tel que « là » ; l’arc de chaque conscience dépouillée de toute communauté, parole partagée, identité est jeté à même le réel, immédiatement et instantanément.

Cela revient à dire qu’au terme (pour l’instant) de ce processus d’occidentalisation, ayant débroussaillé la totalité des possibilités à partir de la découverte de cet-être dans sa spécificité (à savoir qu’il n’est pas un « être » mais une structure et qu’il est La Structure, celle antérieure à toute humanisation, représentation, langage, monde humain, structure comme sur-intentionnalité grecque ou hyper-intentionnalité christique) il nous faut maintenant passer par-dessus ; par-dessus notre être et commencer de saisir le « là » tel que donné dans le monde.

Rien donc qui ne soit déjà expérimenté.

Parce que Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan s’y emploient.

La Volonté nietzschéenne est autre et elle est autre « en-nous », littéralement (de même que Freud se dirige vers ce que suppose le cartésianisme, non que Descartes en sache quelque chose, bien qu’il y ait la fille qui louche dont il se souvient de s’en souvenir, mais en ceci que Descartes décrit une structure réelle, un être et qu’il s’agit évidemment du même être que celui sur lequel tombent Freud, Lacan, Sartre, Nietzsche, Heidegger, etc) ;

L’Etre est Autre que l’être habituel, et l’Etre est d’abord le donné « là », qui imprime sa forme vide, de néant-autre, à notre humanité, lui imprime des affects-étranges, angoisse etc, et un destin hors l’humain ; pour son égarement, Heidegger est splitté par l’absolue Altérité du donné « là », et Heidegger ne comprend pas que l’altérité est déjà effective par la pensée grecque, par le christique et le mono, par Descartes et le sujet ; il croit que l’altérité est l’indéterminé qui s’incarne, et dont lui seul Heidegger est le garant, le berger, non humain, lui et le peuple allemand en l’occurrence, alors que l’indéterminé n’a pas besoin de s’incarner ; il est la cause des effets que sont les réalités, les mondes humains, la pensée, les sujets, etc, la cause ne peut pas et ne passera pas dans le monde, c’est non le monde mais la cause et l’architecture causale du monde qui se crée ; rien de la pensée, du Un, du sujet, de l’altérité ne peut être intégré dans une détermination.

La forme, autre en nous, la Volonté nietzschéenne, et la forme autre hors de nous, l’Etre heideggérien, impliquent intensément et extensivement tout ce qui est selon l’interne et l’externe. Et alors intégralement redistribuée ; de là l’exigence à laquelle ils souscrivent tous les deux ; pensant reconduire toute l’occidentalisation ; mais ils n’en sont que les pointes aigües avancées ; c’est toute l’occidentalisation, ce processus, qui est la restructuration.  

Mais Sartre orientera l’attention, l’acte de conscience, l’arc de conscience de ce qui l’atteint de l’externe, d’une part l’exister des choses, l’en soi, et d’autre part le regard des autres ou individuellement l’altérité de « ce que l‘on devient dans sa vie » ayant voulu autre chose ou à tout le moins autrement (et ceci non seulement individuellement mais collectivement, selon l’historicité qui l’engagea si fort ; comment les hommes font l’histoire sans le vouloir).

Tandis que Lacan creusera, dépliera l’enroulement non fermé qu’est cet arc en tant qu’il est pris-dans-un-moi, et qui se cherche partout en tant que moi alors qu'il n'est que le regard qui cherche et non ce qui apparait ; élaborant toute la structure interne de conscience supportée d’un corps. Démontant précisément l’incarnation hypothétique. La structure interne lacanienne qui précisément a affaire aux surfaces, aux surfaces qui glissent les unes sur les autres et dont nous sommes le jeu et le produit ; puisque notre être est une structure, et que celle-ci est un rapport, elle n’est pas, jamais, saisissable ; elle est ce par quoi toutes les surfaces se meuvent ; l’arc de conscience n’est jamais où il se trouve ; ce que l’on trouve ce sont toujours des représentations, des images, des contenus, des surfaces de corps ; ce à partir de quoi il est perçu est toujours en retrait et dans ce retrait tout est ouvert, aux quatre vents ; ce qui compte ça n’est pas ce qui est perçu mais le point qui perçoit et qui n’apparait jamais et donc recèle (les raisons de ce qui est perçu).  

Si Sartre et Lacan objectivent, hyper-objectivent notre être, de manière extrêmement précise et descriptive, et d’une « scientificité » indiscutable (ou alors c’est que l’on ne comprend pas), il faut également lire Platon ou Descartes ou Kant selon la même logique, le même principe d’hyper-objectivité ; c’est juste que Descartes ou Platon montre au-devant « ce que cela peut », développe, créent l’arc dans son ampleur, tandis que Sartre et Lacan reviennent sur cette articulation, sur « ce qui rend possible » qu’il y ait une telle ampleur de projection au-devant, vers le réel, vers le présent.

Tout l’ensemble montre suffisamment que ce ne sont pas des « idées » mais des descriptions de la structure, unique, antérieure à tout, puisque nous sommes vraiment, réellement, perchés sur le Bord du monde depuis la méditerranée, depuis que cette structure a émergé hors de tous les mondes particuliers et donc a abordé au monde même, donné là, et s’est approché de son centre, du centre de notre être, sauf que ce centre n’est pas le centre idéel, idéalisé, idéaliste, mais est un arc ouvert tendu hors de soi (il est de la nature même d’un arc d’être hors de soi).

Puisqu’il s’agit d’une structure réelle (qui ne dépend pas de ses contenus, qui n’est pas déterminée, ni de l’ordre de la détermination) toute pensée en sort et surtout, pour ce qui nous occupe, toute pensée y revient ; Descartes parle de la même structure que Sartre. Ils tournent autour, parce que l'on ne peut faire autrement que de s'approcher sans y être, non par manque mais parce qu'on l'existe.

Et cette structure est implantée dans le réel, dans le donné du monde (par un corps spécifique, un corps qui n’est pas seulement un donné mais un re-percevoir, un percevoir de soi à nouveau, du dehors, l'autre-surface du corps) ; pour discerner la nature de ce réel sur lequel nous sommes disposés il est arrivé une intuition fondamentale, dispersée au travers des uns et des autres ; de tous ceux touchés par l’assujettissement, l’assujettissement à condition de sujet ; du sentiment d’existence de Rousseau à l’horreur du réel lacanien, en passant par l‘altérité du monde nietzschéen, l’angoisse de Kierkegaard, et évidemment la puissante évidence de l’exister sartrien.

Depuis Descartes tout sujet est jeté dans le monde et c’est par là qu’il perçoit le monde comme étendue, par quoi c’est l’étendue du monde, qui ne se restreint plus aux essences des choses, mais tient, pour ainsi dire, tout seul comme existant là. Et Descartes ne suppose pas dieu puis le sujet (auquel cas l’humain serait l’agent plus ou moins actif ou passif de l’universel, de la pensée comme universelle),  c’est le sujet qui suppose dieu ; de même que les grecs supposant la vérité en général se tiennent à distance de toute vérité évidente. C'est l'intégration de l'activisme et non la dépendance à quoi que ce soit.

L’arc renvoyé par Descartes est sans doute un rappel de dieu, mais ça n’est plus d’une part le message de religion, ni même le christ, et ni même la théologie de la notion universelle du discours « dieu » qui est mis en fonction ; c’est l’auto-articulation, pour le dire, du sujet. Le sujet est le socle, ce par quoi tout le reste est ou n’est pas. La notion de l’infini en un sujet n’est pas procéduralement la notion de l’infini dans le discours (métaphysique du christianisme) ; c’est l’arc du sujet vers lui-même qui contient l’infini ; que l’infini soit contenu dans l’arc du sujet est la "religion fondamentale", cad en fait est la révolution interne même de ce pli qu’est notre être, sa structure, dans le pli du réel (ici l’étendue-monde), dans le pli qu’est l’altérité (de Nietzsche ou Heidegger ou le pour-soi sartrien ou le sujet-ICS lacanien), est le pli dans le pli qu’est le présent.

C’est ainsi l’entière architecture du réel, comme présent et comme arc structurel, qui fut dressée depuis le début ; épuisant tous les possibles ;  puisque l’on y existe depuis lors instantanément ; instantanément n’est pas immédiatement. L’immédiatement est seulement le présent habituel ; il n’est jamais atteint ; il passe. Le présent instantané est celui qui demeure toujours présent ; le Même présent. Le Même depuis le début et au-delà ou en-deçà, comme on veut, de toutes les réalités. L’intuitionnisme existentiel ou celui de l’interventionnisme de dieu ou celui de la constante présence christique (on a toujours le même autre-corps, la même autre-surface et littéralement il est un seul et unique autre-corps, bien que sujet par sujet il soit unique à chaque fois, ce que l'on conquiert patiemment depuis le christique, qui exemplifiait l'autre-corps, c'est aussi le seul qui est sur-vécu, qui soit le sur-divin, le divin-en-plus) indique constamment la même orientation ; il n’y en a qu’une ; celle de l’acte unique qu’est le réel.

C’est l’intervention de cet acte qui est ciblé par la pensée, depuis le début ; qu’elle se donne comme pensée et surintentionnalisation qui requiert l’activisme intentionnel (de la pensée des grecs), l’expérimentation individuée du monde, qui se passe du langage commun et commence de créer son propre vocabulaire qui signifie exclusivement pour chaque individuée conscience, une par une (mais c'est le même monde, le même corps, le même arc de conscience, en bref le même réel) ; on ne peut pas penser à la place d’un autre, de même que l’on ne peut pas mourir, par le christique, à la place d’un autre. Qu’on le prenne comme l’on veut, comme l’on peut, ce qui se trame là-dessous, c’est la forme du sujet ; manifesté comme dieu et mono, pensée et universel, sujet et corps, altérité et existentialité brute. « Pas sans moi » impose le sujet, bien plus précisèment que si on affirmait seulement que l'absolu est, et qui pour le sujet ne signifie plus rien ; il n’y a aucune vérité sans le sujet individué de l’arc de chaque conscience, puisque l’arc est seul à intervenir dans et par le présent.

Autant dire que le dépassement de l’individualité par la Volonté ou l’Être est non seulement impossible mais un contresens fondamental ; tout autant qu’il est erroné de croire que le sujet ce serait la subjectivité ou l’objectivité ; la vérité est que le réel est puissamment architecturé et qu’aucune des articulations ne doit manquer ; il n’est pas de raccourcis qui remplacerait la dureté de l’arc de conscience par l’un quelconque de ses contenus, l’une de ses représentations, une de ses images ; aucune articulation ne doit manquer et l’historicité depuis la méditerranée doit sans cesse se remodeler, en approfondissant la distinctivité, sans rien en retirer. Ce qui a joué ce sont les grandes configurations ; dieu, pensée, christique, sujet, altérité ; selon la déclinaison de l’arc structurel dans l’arc du présent, par quoi cet être qui est le rapport à (soi) qui est (le rapport lui-même) se restructure sans cesse par le Fait toujours architecturalement Présent de l’exister, acte formel pur et brut. Qui est cela même qui devient.  

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Orientation des choses et des êtres

10 Juin 2017, 08:37am

Publié par pascal doyelle

Lorsque s’invente et se découvre, à la fois, la structure de conscience autour de la méditerranée, il s’agit de faire passer cette structure dans le monde ; en lequel elle ne peut en aucune manière se présenter (elle est la forme qui présente le monde, la forme qui entoure le donné, et cette forme est le présent en ceci que le présent précède toutes les réalités). On a vu que toute la mise en forme culturelle est déjà acquise par quantité de mondes humains, séparés les uns des autres ; ce qui se produit autour de la méditerranée est l’anthropologisation nouvelle qui succède aux mondes humains, et outrepasse le phénomène de culture, et anthropologisation qui se donné comme acculturation généralisée (de a privatif, sans-culture, mais aussi de mise en forme à destination planétaire ; soit donc l'a-civilisation mondalie en sa forme) ; soit donc l’arc de conscience qui préexiste à tous les mondes culturels, qui n’a rien à voir avec le langage, la représentation telle ou telle, et aboutit au monde même donné « là ».

Les grecs pensent le monde, comme donné et donné en tant que « là » (l’être en dessous de tous les mondes, toutes les représentations, toutes les choses). Dieu et le christique interviennent dans le monde et annulent qu’il y ait un Ordre préalable ; le commandement ou l’exemple christique, inattendu, surprenant, déclenche qu’il y ait dans le monde (dés-ordonné alors) une intentionnalité. Mais de même les grecs par ce qu’ils nomment la pensée, l’idée, le système découvrent et créent la possibilité de sur-intentionnaliser (par dessus le groupe, le langage, le donné immédiat, et considérant que la pensée est réellement ce qui augmente exponentiellement notre possibilité, et individuellement cela, cette technique, cette machinerie qui soit décuple ce qui est déjà, soit crée, ouvre une nouvelle dimension). Les idées sont des intentionnalisations suractivées à propos du monde. Pareillement le christique ouvre que chacun soit lui-même la possibilité d’exister en plus de lui-même, de son corps, de sa propre vie, des intérêts faibles du monde, offrant le désintéressement, et l'hyper-intentionnalisation, ce qui veut dire le grand calcul qui parie sur non telle ou telle partie du monde ou de la vie vécue, mais sur le possible lui-même ; celui qui n’est pas, mais ex-siste. Dont on n’a aucune expérience mais qui réclame la foi (dans le possible pur), de même que l’on se perçoit soudainement au-delà de la mort ; selon un point-autre, par-dessus la vie,  qui annule que l’on soit seulement ce corps ; la dimension du sujet est ainsi ouverte.

Suivrons la méta-intentionnalisation, cartésienne et autres, et l'anti-intentionnalisation (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) ; le tout explicitant la difficile localisaiton et rayon d'action de la structure. Tout l'ensemble est évidemment le même Pli et re-plis dans la forme de la même structure du même présent hyper-actif.

Par ces deux intersections (grecs et christique (et dieu)) on atteint la dimension ; qui revient à ceci que tous les contenus sont relatifs ; on peut produire autant de contenus que l’on veut (on n’est plus assigné à un monde, une parole commune, un langage, bref un Ordre) ; on peut désigner que le principe est la vérité en général et non telle ou telle vérité ; on peut assigner à chacun qu’il est Un par lui-même, ayant accès à sa propre décision et son propre possible (même si via le christique cela s'effectue premièrement par une "morale" mais d'un tel outrepassement et si excessive et autre qu'elle est la première éthqiue ontologique et l'instruction, la mise en forme de toutes les autres ; ça n'est pas une idée, vision, système particulier qui se place en l'an zéro, mais la structure même, hors de tous les contenus qui pointe dedans l'historicité (et la  crée), le monde et pointe dedans le corps). Il est donc une structure du réel qui intervient directement dans l’attention humaine et la décolle de toutes ses représentations, de son langage, de son monde clos, de son corps, de toute immédiateté et qui transporte notre attention dans la dimension unique ; c'est de là, de ce Bord introduit, du dehors, que l'on se voit, se pense, se décide ou désire ; elle est unique parce qu’il n’existe qu’un seul monde, une seule intentionnalité et un seul présent, et un seul Bord de la réalité ; tout le reste varie, selon les mondes séparés et selon les intentionnalisations créées par la structure rendue hyper-active depuis la méditerranée.  

Autrement dit il ne s’agit nullement de l’occident, mais de l’occidentalisation ; la mise en route du processus de la structure vide, formelle, qui s’incarne de fait dans la pensée, grecque, le christique, l’Europe, la révolution, et qui cherche de cette manière le système formel (celui qui est fondé sur les schémas explicites de vérité comme principe général et de liberté individuée de chaque arc structurel ; tout le reste en découle).

Tous les contenus que l’on voudra peuvent être conserver (et du reste va se multiplier l’attention à toutes les formes de monde humains en tous sens), mais il est clair que la formalisation du système qui dispose de la vérité comme principe et qui dispose de la liberté comme activisme remplace immanquablement toute autre détermination ; et donc n’est pas lui-même une détermination, un monde parmi les autres mais le monde même (tel que donné universel, et donné « là », comme être-exister) et la structure antérieure (à l’humain, comme arc structurel de conscience formelle). Tout ce qui suivra devra donc dégager les paramètres du réel, de la dimension qui contient les réalités, les mondes, les corps, les pensées, les représentions, langages, etc.

C’est littéralement ce qui eut lieu durant 25 siècles. Il faut lire la pensée, dieu, le sujet ou l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) mais aussi la révolution, l’humanisation, la personnalisation, la science et le droit, les esthétiques par ex qui nous apprennent la forme que doit prendre notre attention à exister, comme la description gigantesque qui réclame tant et tant d’explorations puisque ce qui est décrit c’est la forme antérieure à tout monde, à tout corps, la dimension qui n'apparait pas mais dont la moindre tension engendre quantité d'effets, étant à la racine antérieure de tous les mondes tous les corps. Et que cette forme supporte toute espèce de réalités et toute la possibilité ; on a découvert et inventé, à la fois, la structure antérieure qui a ouvert le Possible comme tel.

On ne sait pas de où vient ce Possible pur et brut, si le présent signifie, indique, oriente, dirige vers une dimension qui s’étendrait selon son exister propre, ni jusqu’où, on ignore où cette structure en présent conduit ; autrement dit ce que prédispose toute décision de notre part (il se peut par ex que l’on joue son âme de décision en décision, aussi bien individuellement que collectivement, et de toute manière si ça n’est pas notre « âme » c’est le jeu de cette structure et ce qu’elle éprouve qui sera plus ou moins augmenté ou plus ou moins dégradé ici même, dans ce monde ; veut-on vivre pour rien, pour le néant et la déchéance, et bien allez-y ; veut-on étendre la possibilité la nôtre et collectivement et bien décidez-en) ; et on ignore d'autant plus que le réel, cad tout et antérieurement à tout pour ainsi dire, est ce qui est en cours, en cours d’exister ; nous existons sur le Bord et c’est là que ça se décide.

Et pour cela il existe un Présent, qui s’utilise à cette fin inconnue, mais aussi inconnue soit-elle depuis la méditerranée nous avons à et nous avons de fait inventorié la dite structure (dieu, pensée, sujet, altérité et peut-être non pas selon une suite historiciste mais toutes les configurations à la fois, reliées entre elles ) et de cette manière peut-être encore avons-nous commencé de découvrir la dimension, et cette dimension on en a obtenu une cartographie, point par point sous divers sujets nommément ; Platon ou Aristote, Plotin ou St Thomas, Descartes ou Lacan, dessinent les limites, les bornes observables de la réalité et du réel ; de l’actualité du présent brut tel que « là ».

Cela veut dire qu’il n’est aucun possible possible, pour ainsi dire, sans respecter ce qui du système formel fut découvert et inventé (on ne peut pas toucher la dimension, qui n’a rien du monde, puisqu’elle lui est antérieure, sans inventer, créer, manifester en inventant les schémas que la forme antérieure peut prendre dans le monde donné, non seulement les représentations et les organisations du monde donné, mais aussi les formes de liberté et de conscience qui peuvent se restructurer ; il est adéquat qu’une forme, un être formel, sans rien, sans détermination puisse devenir et se modifier en « profondeur », dans sa formalité même, on y reviendra).

Le système formel oblige à tenir impérativement toutes les possibilités découvertes et créées, en une seule fois ; de maintenir tout l’arc de cercle que les arcs de conscience dessinèrent depuis le début et spécifiquement depuis dieu, le un tout-autre, et la pensée et l’universel et l’humanisation, et le sujet et la révolution et la personnalisation, et l’altérité, cette exploration fascinante du dedans de la forme, de la dimension (par Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, pour citer les plus fondamentaux, d’une part selon l’ontologie de l’altérité, N et H, et d’autre part selon l’analytique de notre structure, S et L, que l’on ne peut plus nommer « notre être », puisqu’il n’est pas, là, de contenu ou d’identité mais un activisme et un activisme sacrément forcené, les mois le savent bien, qui subissent la proximité quasi instantanée du sujet déchainé en eux, dans leur horizon, leur désir d’être, leur décision d’exister).

Il faut donc considérer comme totalement tel que cela se donne, se prête, se manifeste les déhanchements de l’arc de conscience, ses tangentes sur le Bord de la réalité, qui n’admettent aucune autre loi que la sienne, mais qui admettent vraiment cette loi comme une loi, la pensée, dieu, le sujet, l’altérité sont des puissances exercées qui analysent fondamentalement leurs déroulements dans le monde ; au sens effectivement d’expérimentations qui se déploient les unes suivant les autres et souvent les unes par les autres (Nietzsche n’est pas sans ignorer le christique, Lacan Descartes, Hegel Kant, etc).

Il est absolument faux que par ex Descartes ou Kierkegaard exposent le versant « subjectif » comme tendrait à le faire accroire les développements académiques, analytiques au sens anglo-saxon, qui visent une scientificité, que peut-être ces analytiques atteignent ; cela n’est pas ce qui est en jeu. La pensée qui admet Descartes ou le christique et qui semble étreindre le grand écart, respecte au contraire totalement ce qui eut lieu et entend rendre la cohérence de ce qui eut lieu ; l’objectivité des sciences ou de l’analytique anglo-saxonne peuvent bien s’avérer, au sens propre, réellement d'être vraie, l’hyper-objectivité de Plotin, du christique, du sujet ou de Nietzsche manifeste, elle, le seul lieu de réflexivité qu’une seule discipline, extrême, extrémiste, activiste, prend en charge ; la philosophie.

L‘hyper-objectivité philosophique ne nie en rien quelque objectivité que ce soit, quand bien même serait-elle prétention, ce sont les objectivismes qui nient la validité de la pensée hyper-objective, qui éprouve, perçoit, expérimente l'activisme ici et maintenant de la structure se saisissant ou étant saisie de son rayon, animant sa tangente sur le Bord de la réalité, et qui n’est ni subjective, ni objective et nous entretient, seule, du lieu unique ; celui de l’exister, de l’exister en dessous de toute réalité, de tout arc structurel de conscience, de toute intentionnalisation.

Evidemment cette hyper-objectivité cessera de considérer que de dieu on s’y instruit en tant qu’il est exclusivement le Dieu d’une croyance, de rituels, d’un ordre humain et sociétal, cessera d’admettre seulement que la pensée est l’éternité qu’elle prétend, et l’horizon exclusif de toute humanisation ; cessera mais c'est pour avancer que c'est bien plus que l'objet d'un rituel ou bien plus et plus cruellement l'éternité, étant ce présent fabuleux et absolument Autre, seconde après seconde.

Ce qui se voit quand même très évidemment de ce que l’humanisation, à fondation universelle, et légitimement, c’est vue outrepassée par la personnalisation, qui ne peut pas seulement se satisfaire de l’universalisation (réclamant la psychanalyse, l’existentiel, la sauvagerie des sujets et des mois fondamentalement déchainés et hors des gonds, toutes leurs littératures et images et imaginaires, y compris le rock et la pop, entre mille autres manifestations du un livré en un corps activiste). On cessera de considérer le christique comme étant le Christ lui-même ; mais de soutirer tout ce qui dans le christique envahit tout l’espace intentionnel et crée, produit, engendre cet espace intentionnel lui-même et évidemment sa temporalité absolument récalcitrante (et pour cause le sujet est non seulement le temps, mais le présent comme exister unique et radical, à la racine même, antérieure à tout, antérieure également au moi lui-même ; on est Autre depuis cet instant là, depuis cette mort sur la croix, de fait ; aucun grec ni aucune religion serait-ce du dieu un tout-autre, ne parvient à cette intensité structurelle, inutile de chercher, ça n’existe pas à ce degré d’hyper-intentionnalisation-là).  

Hyper-objectivité ça n’est pas pour succomber à on ne sait quelle irrationalité, ou infra ou supra (infra les ontologies brutales, et valides comme telles, de N et H ; ou supra d’un retour du divin, de la religion, etc) mais c’est afin d’indiquer que si on ne peut pas assigner « raison » à « exister », ou le conscient à la structure de conscience (qui outrepasse ce que « conscient » comporte, Sartre et Lacan interviennent à point nommé), c’est parce qu’il faut indiquer, orienter toute l’attention vers la cohérence très-étrange de la structure, non seulement de l’arc de conscience mais de l’arc du présent.

Hyper-objectivité qui serait incomplète si on en excluait les autres-civilisations ; il est hors de question de bannir qui ou quoi que ce soit ; c’est seulement que la capacité que l’on en a est trop faible, pour l’instant, d’admettre le zen, l’hindouisme ou la fourmi qui rêve ; pourquoi le rêve serait-il abandonné à l’inexistence ? L’occidentalisation sera donc la machine, hors tout contenu, qui permît d’extraire la structure ; laquelle est la racine. Elle n’est pas à la racine, comme se greffant sur une réalité qui serait substantielle, mais elle est la racine ; il n’y a rien d’autre avant … et après. Par exemple ça ne conflue pas vers le bien, le beau, le vrai ; ce sont le vrai, le beau et le bien qui s’utilisent pour susciter, alimenter (selon leur mode et leurs moyens) chaque arc structurel ; ça n’apparait qu’à un sujet. On ne peut même pas prétendre que le « sujet » pourrait s’incarner en une vérité, un peuple ou une œuvre ; ça n’a rigoureusement aucun sens.

Mais cela signifie que le sujet, cad ce qui s’active en chacun de ces (étranges) corps, n’est pas un subjectif ; c’est un réel objectif, et donc un hyper objectif, qui est, littéralement, ce que l’occidentalisation produit, invente et crée ; l’occidentalisation crée des êtres individués hyper objectifs ; et en crée en quantité ; la nature même de ce « sujet » implique, comprend qu’il soit en nombre indéfini ; la forme ne s’incarnant jamais telle quelle dans le monde, la réalité, le vécu, non par manque et défaut mais parce que sa forme est autre et que c’est cette altérité qui est vécue, désirée, imaginée, perçue, décidée, pensée (qu’elle soit mal vécue par la plupart des mois est quand même assez net ; on souffre, point).

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L’être et l’Exister, le monde et le Présent

3 Juin 2017, 09:02am

Publié par pascal doyelle

La structure du réel est ce qui n’apparait pas dans la réalité ; c’est la forme de cette réalité et non pas la réalité elle-même. La fait le plus simple et instantané est ainsi que le présent est la forme du monde.

Le présent, qui paraissait une fonction indifférente, un résultat vague, une conséquence, est défini par hypothèse comme étant la véritable cause, la source et la racine de toute réalité ; soit donc sa forme. Ce qui veut dire que l’être est tout ce qui est, et que l’être est effet d’une cause et que cette cause est l’exister, cad le présent. L’être, les choses et les êtres déterminés, sont engendrés dans et par la forme qu’est le présent ; évidemment il ne s’agit pas d’une causalité telle que comprise dans le monde, le donné,

puisqu’aussi bien nous nous situons hors du monde, dans la forme qui opère le monde ; et nous nous situons sur le Bord du monde, comprenons que nous sommes, de fait et quoi que nous en pensions, sur ce Bord ; depuis la méditerranée nous sommes perchés non pas vis-à-vis de l’être, puisque nous en avons conscience, conscience de l’être, mais en dehors de l’être, de « ce qui est », de ce qui est déterminé, et ce point par lequel nous tenons au-devant tout ce qui est « l’être » c’est précisément l’exister.

C’est parce que l’on pense, analyse, mène la perception acérée un pied dans l’exister et l’autre dans le monde, que l’on prononce « l’être », et le pied qui nous soutient n’appartient pas au monde, sinon on se splitterait dans les parties diverses du monde, mais le pied qui existe solidement ancré sur le Bord, de là où l’on perçoit. Et cette perception n'est plus ntaurelle ni culturelle, mais de structure. L’être se tient là au-devant et il est au-devant parce que l’on est non dans le monde mais sur le Bord du monde ; le Bord est la structure, la forme qui entoure les réalités et cette structure, ce Bord, est le présent.

Et lorsque l’on convoque la totalité des réalités (en croyant, à ce moment grec et ensuite durant de longs siècles, que les réalités se réunissent en une totalité, en un tout, qui serait un), convoquant la totalité des réalités on a l’impression de parler de l’éternité, alors qu’en vérité on intentionnalise du présent, qui contient tout, qui origine tout, qui cause tout ce qui fut, est, sera, et que ce présent est indéterminé et offre ainsi toutes les déterminations. Il est impossible de penser, la détermination et la structure, sans se tenir de la structure même et si la structure même peut se penser elle-même c’est qu’elle est intrinsèquement Autre, autre que tout et autre qu’elle-même ; et c’est parce qu’autre qu’elle-même qu’elle peut penser, observer, à distance, les déterminations, ou se signifier et se tenir autre qu’elle-même, séparée et scindée, divisée, une part de la division n'apparaissant jamais, étant ce par quoi le reste apparait ; la loi est celle de l’Autre, le réel est le présent, le présent est l’exister et l’exister est le splittage et le présent est l’altérité elle-même, hyper active, activiste.

Le décalage, la distance est indépassable puisque c'est cela même qui rend possible tout le reste, et qu’ainsi il est impératif de penser le dit décalage ; or c’est ce qui eut lieu. Les énormes systèmes (grecs, arabes, chrétiens, européens), les réflexivités entières (depuis Descartes jusque Lacan), les ancrages dans le donné (ancrages philosophiques de Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan mais aussi Marx ou Freud, et pareillement les objectivités, sociologiques, économiques, etc) d’une part se produisent à partir du Bord et d’autre part, pour ce qui nous occupe, analyse, décortique, démonte le dit Bord de la réalité ; il faut lire toutes les articulations produites comme la transformation du Bord rigoureusement simple et un, formellement un, sans épaisseur, la transformation de ce Bord en un feuilletage ; comme nous sommes situés sur le Bord et que ce Bord est le réel, cad la forme de toutes les réalités, il ne faut pas s’étonner si cette inépaisseur se prête à ce point à une telle pluralité de possibles, de lectures, de textures, créant des architectures de Bord et des architextures sur le corps lui-même (et qui donc embraie tout autant comme éthique, politique, esthétique, qui sont effets et affects du corps même,  que comme idéels et  pensées philosophiques, autant de systèmes, systèmatisations de la surintentionnalisation, par dessus le langage et les mondes humains, ayant à charge la cohérence du réel comme splitté, autre).

Parce que si le Bord est ce qui apparût depuis 2500 ou 3000 ans (en remontant au dieu Un tout-autre) c’est que ce qui devient certes produit quantité d‘effets dans le monde, bouleversant le monde et les corps, mais ce qui devient c’est la forme se transformant en feuilletage de la forme. Une structure de conscience par une structure de conscience, une révolution par une autre révolution.

Si les réalités sont tout cela qui s’étend comme mondes, univers, voire univers en nombre, et en mondes humains diversifiés et puis en monde humain universel (puisqu’ayant atteint l’os, l’ontos, la structure, sous les formulations de la pensée, de dieu-un, du christique, du sujet et de l’altérité) la forme de toutes réalités, qui n’est pas elle-même les réalités mais le réel de ces réalités (soit donc l’exister de toutes les réalités, le fait d’exister qui explicite, déplie le « pourquoi quelque chose plutôt que rien ») ; cette forme antérieure des réalités, cette structure pré-historique de quelque historicité que l’on s’entretienne ; le plus originel ; est toujours constamment là, et même il est déjà-toujours constamment là. L’antériorité à toute réalité appuie continument la racine même ; le présent est en-avant.

 

Bien sur le présent est dit « l’antériorité à toute réalité » mais il faut saisir que, probablement, (probablement) ce présent est lui-même la dimension autre qui entoure toutes les réalités, et que peut-être cette dimension se prolonge, dont on ne connait que les coordonnées de ce monde, cet univers (et à ce propos tous ces plis et replis de cet univers qui ne sont pas du tout d’évidence et de moins en moins d’évidence), cette dimension donc peut se supposer comme extension locale, aperçu ici et maintenant, absolu mais absolu tel quel dans ce monde-çi, dont on ne sait ce qu'il signifie, ce vers quoi il se dirige.

Autrement dit : il est imaginable et à vrai dire pensable qu’il y en ait d’autres, non pas seulement d’autres mondes, mais d’autres variations de structure, d’autres sortes de « présent », d’autres sortes de cet activisme qu’induit ou qui peut éventuellement se déduire de la dimension de « présent ». Il faut comprendre « présent » et « exister » (cad Fait d’exister, qu'il y ait "quelque chose", bien que ce ne soit en aucune manière une "chose") comme peut-être intégralement ce fait seul et « isolé », mais aussi peut-être comme « exemplaire » d’une série de présents, de formes de présent, en nombre indéfini ; le présent, le nôtre, est comme représentant dans ce monde-çi d'une dimension interne-externe, et ayant engendré ce monde selon ce mode-çi de monde, mais en tant qu'Exister a engendré, (comme dieu si l’on est croyant  ; pourquoi pas, on n’en sait rien du tout) mais aussi comme Mécanisme Déployé Exponentiel, pour ainsi dire, qui se facette comme Présents en nombre indéfini; selon le principe "le réel est plus grand que lui-même".

En fait, dans le fait monumental lui-même, il n’est aucune raison de croire que le « présent » (la dimension qui se présente à nous comme, sous la forme de présent) soit cette seule forme-çi ; parce qu’il est, semble-t-il, de la nature même de la « forme », de la « formalité » qu'est le réel de devenir et d’être autre (forme qui Borde les réalités, qui est activement le Bord de l’immanence, transcendance entourant les immanences) ; si quelque chose peut se multi-facetter c’est ce qui est formel et ce qui est formel c’est l’exister, commun à toute chose et tout être ; étant in-déterminé le formel peut a priori prendre toutes sortes de torsions (on nomme cette variation ainsi ; l’acte de conscience est une distorsion dans cette torsion qu’est le présent).

Et on en juge ainsi au vu de la torsion qu’a pris ce que l’on nomme arc de conscience et ce qui se nomme tel constamment (que con-science soit avec-science ne signifie pas que la conscience réside dans le savoir, mais qu’il y a savoir parce qu’il existe un mécanisme qui sait, tout autant qui perçoit, qui ressent de par ce corps, qui imagine et se déplace sur un horizon, etc) ; l’arc de conscience, la structure non déterminée qui peut s’affecter de quantité de déterminations, de mondes humains, puis dans le monde universel (unique et non plus divisé en mondes humains dits particuliers) de variations étagées depuis que l’on a extrait cette structure de tous ses contenus (permettant de produire une énorme quantité de représentations, de systèmes, de réflexivités, d’altérités internes et externes, d’abord en surintentionnalisant, grecs, puis en hyper-internationalisant, le corps christique qui intensifie, et encore en méta-internationalisant cartésiennement, en prenant conscience-de l’origine de la pensée elle-même et de tout le reste, et en extra-internationalisant, par les ontologisations du monde tel que « là » et autre, autre que l’humain, ainsi que par les analytiques de notre être comme non plus essence ou identité mais comme structure sartrienne ou lacanienne).

L’application du mécanisme de conscience, sa suractivité, la libération de son activisme, brisant là tout monde ordonné, cyclique ou éternisé (dieu lui-même étant une rupture absolue puisqu’il introduit dans le monde donné un réel, une exigence qui ne s’y trouve pas déjà mais doit en être porté ; le « qui sera ») permet de créer des interfaces ; la suite historique de cette réalisation évidemment se marque de la création de pluralité de schémas (dont les configurations ; dieu, la pensée, le sujet, l’altérité, et d’une seconde trame de figurations la nature remplaçant dieu, la raison la pensée, le moi et l’humanisme préalablement remplaçant le sujet) ;

mais si ces schémas sont bien sur des déterminations elles ne se comprennent que dans la réflexivité mise en œuvre ; l’universel, le bien, la vérité comme principe, la liberté, etc, ne sont admissibles que si la conscience qui s’y emprunte forge en elle-même l’articulation qui les rend possibles, se trame sur un corps, hors de quoi ces schémas sont incompréhensibles, insaisissables ; il faut tenir la tension structurelle et on voit lorsque les figurations (raison, nature, moi) remplacent les configurations (pensée, dieu, sujet) un affaiblissement assez troublant de l’architecture ontologique (d’où les réactions ontologiques des pensées de l’altérité, Nietzsche et Heidegger qui veulent reprendre et relancer une ontologisation de la réalité, rendue toute à la rationalité démocratique psychologique et perdue dans le donné monde là, de les soulever par un réel surhumain ou inhumain). Si l’on abandonne la réflexivité et la tension configuratrice de notre structure, les acquis s’effondrent.

Ils retournent au donné, à l’investissement immédiat ; comme on a laissé pour compte les configurations (dieu, pensée, christique, sujet, et altérité), il ne demeure en réalité que le sujet, sous la forme de sa structure, puisque l’on ne peut pas faire que l’on ne soit pas un sujet, mais annulé ; ce qui veut dire conservé uniquement comme sujet-objet par quoi l’objet prend toute la densité ; le sujet cartésien mais ignoré, absenté, qui ne sait plus rapporter sa structure ;

et même sous sa forme annulée le sujet se tient comme condensé et attracteur fondamental (puisqu’il s’agit de la structure antérieure qui origine la pensée, qui est rapportée au dieu infini, qui observe l’étendue-monde, soit donc le sujet cartésien, cette mise en place), le sujet qui supporte l’intentionnalisation (de la réalité, du corps, du relationnel, le droit par ex, de l’organisationnel, du désir comme moteur de cette idéologie qu’est l’économisme, le sujet comme observateur des salles de cinéma, comme omni voyeur inexistant de toutes les images et qui a basculé dans ces images, dont les images le regardent  et qui en est pulvérisé), le sujet d’une part et la révolution ; la révolution est la structure transcendante qui intervient dans cette immanence (le monde déterminé se refermant sans cesse sur la structure comme les vagues recouvrant les rochers) ; l’essence de l’historie n’est pas une essence mais, comme vu, une structure et la révolution est cette structure (même les pires réactions se prêtent pour révolutionnaires).

Lorsque tel cadre d’historicité intervient dans tel monde humain ordonné (refermé), intervient comme droit, comme constitution, il s’ensuit que le donné, la détermination, l’immédiateté reviennent à nouveau pour recouvrir le cadre et réinstaller ces régulations spontanées selon le monde ; à savoir que la ligne de mort est l’enjeu qui ordonne le monde, des intérêts, des exploitations, des massacres, de la mort de l’autre ; la ligne de mort signifie que, dans le monde, c’est l’enjeu maximal qui fait loi ; et l’enjeu est d’annuler tout autre à son propre profit seul, excepté si une intervention, l’universel par ex, s’interpose et montre que par-dessus la ligne de mort, de profit immédiat, il est une méta-organisation qui augmente la capacité, malgré l’apparence momentanée de « désintéressement ».

La ligne de mort est impérative ; si l’on ne tue pas l’autre (ou l’exploite, l’annule), l’autre va nous tuer (niant toute notre possibilité d’avenir, évidemment). Pour ne pas y tomber (parce que c’est une réduction catastrophique du possible, pour les deux parties), il faut restructurer la définition de soi ; soit donc supprimer la satisfaction au nom d’une autre « satisfaction » ou mieux de par l’insatisfaction fondatrice ; rien, nulle part, jamais, ne satisfera notre structure parce que la conscience est le Bord (la distorsion dans la torsion) et que le Bord (du corps, du monde) doit se subtiliser, s’élaborer en tant que tel (et non dans une pseudo satisfaction toujours imaginée, bien qu’elle se donne soit comme chose dans le monde, soit comme pensée ou objet objectif ; en ceci les figurations de la raison sont des imaginations, des faire-valoir, tandis que les configurations mettent en scène l'insatisfaction, dieu, la pensée, le christique, le sujet, l'altérité architecturent l'insatisfaction brute).

C’est absolument la structure insatisfaisante que Nietzsche, Sartre ou Lacan pensent ; l’insatisfaction structurelle ; que ça ne mène nulle part .... parce que c’est déjà là. Et que c’est ce « là » qu’il faut interroger, remonter par toutes les voies, internes et externes et affirmatives et négatives (Heidegger), remonter, démonter et ce dans le processus même ; il doit s’amener tel quel, assumé, exposé, accepté pour qu’il puisse accéder à sa structure.

Réguler cela même qui permet de réguler tout le reste, intensifier cela même qui permet d’intensifier tout le reste ; démonter ce par quoi on existe, tenir à distance ce par quoi l’on existe, perçoit, désire, imagine, décide, pense, etc ; ce par quoi on obtempère par dieu, la pensée, la raison, l’universel, le sujet, la volonté, l’existence, le corps, le langage et l’inconscient ; la structure à la racine. Bref puisque l’on a extrait le mécanisme même ; le mécanisme à l’origine de tout le reste, non pas qui crée de but en blanc toutes les capacités, c’est le corps qui perçoit, la cervelle qui enregistre, le langage qui énonce, l’affect qui éprouve, etc, mais c’est la structure en arc vers le réel qui décuple, pousse toutes ces fonctions ; un animal perçoit, éprouve, échange, parle (primates utilisant la langue des signes), utilise (des outils) ; il est juste un mécanisme qui réactive en plus toutes les fonctions et les relance ; et que ce mécanisme soit guidé, électrocuté, foudroyé par l’altérité, puisqu’il est autre-que-soi (il est autre que tout en fait, il est structurellement constitué d’altérité, écho de l’altérité qu’est l’exister), ce mécanisme, l’origine même, peut se réguler et se restructurer, étant formellement autre-que-soi ; ajouter de la structure à la structure (elle est faite pour cela ; ce qui est formel est ce qui devient, ce qui est déterminé se réalise et épuise sa détermination par sa réalisation, mais ce qui est formel se modifie). De même ayant inventé la culture et disséminé un peu partout les mondes humains culturels, la structure installe une nouvelle anthropologie, une a-culturation fondée non plus sur le culturel mais sur le structurel mis à nu et comme nouvelle fondation (dieu, la pensée, le christique, le sujet, l’altérité) qui ne dépend plus des contenus, des représentations, mais de son effort, de sa volonté, de son intentionnalisation, surintentionnalité grecque, hyper intentionnalisation christique, etc.

Ce qui s’est créé durant les 2500 ans ce sont les machines hyper intentionnalisatrices, et les configurations, celles qui ne s’activent qu’ayant extrait la structure et animant l’intentionnalité au vif, en acte, et ce hors des mondes culturels, qui se rassemblent, chacun pour lui-même autour d’un contenu, et mondes refermés  selon un Ordre ; et non exposés selon une intervention ; et mondes dont la formule de résolution est abandonnée depuis longtemps, mais celles qui ne s’activent que par l’acculturation des structures potentielles, des structures ayant puissance, en devenir, inaugurant l’historicité même, historicité dont l’essence est le mouvement, et donc n’est pas une « essence », et qui produisit esthétiques, éthiques, politiques, idéels ; l’activation de la puissance, de la décision, de l’intentionnalisation, de l’arc de conscience sartrien et lacanien, qui décrivent ce qui préside au principe même.

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L’en-avant du re-tour

27 Mai 2017, 07:25am

Publié par pascal doyelle

En-deçà de l’intentionnalité

On a voulu penser la réalité comme concept ; ce faisant on laissait la conscience en dehors, qui ciblait ce concept ; elle passait pour simple fonction ou n’ était pas même évoquée ; tout fasciné de la conceptualité ; survient Descartes qui origine la pensée ; il existe un sujet qui pense, c’est le sujet qui pense, pas la « pensée qui pense » comme tentera de le récupérer Hegel, après Schelling, Fichte qui voulurent identifier le dit sujet tel un universel-qui-se-sait ; ça n’est pas un universel qui se sait, mais un sujet, une structure qui se désigne, se signifie, comme structure, pas comme « pensée » et qui signifie en tant que corps, tel qu’il se produit comme autre.

Kant est bien plus lucide ; il veut explicitement dresser la forme de tout sujet tel quel ; or cependant il lui manque ce qui affleurait par Descartes ; que ce sujet est un Je ; certes Descartes accélérait surtout René ... au sens où c’est René qui désigne le sujet qu’il est en tant qu’il est « celui qui inaugure la nouvelle articulation au réel », en originant la pensée dans le sujet ; et il ne se préoccupait pas tant que cela que ce sujet devienne une forme universelle, ou celle du sujet transcendantal, mais plutôt qu’elle devienne en chacun, en chaque un et bien qu’il ne nomme en aucune manière un tel « sujet » … Puisque l’on n’en est pas déjà à positionner ; seul Sartre positionne un sujet, les autres supposent un représentant de sujet, la chose pensante, l’esprit hégélien, la Volonté nietzschéenne, etc. Mais si il ne le pense pas comme tel, Descartes l’existe et c’est la raison pour laquelle il décrit son parcours structurel ; doute-cogito-infini-étendue-corps. Mais peu importe parce que suite à Hegel, c’est le sujet, un par un, un à chaque fois, qui revient non seulement en force, mais de but en blanc ; il n’est que des sujets, des égos, stirnériens, et il n’est plus de pensée  universelle, puisque Hegel a tout bu, tout avalé. Aussi faiblard soit-il le stirnérien est de plein fouet celui là seul qui existe et qui dit je, et rien d’autre.

Le sujet va creuser l’impossible ; que la forme « sujet » soit réellement antérieure à toute pensée qui serait une pensée réductible au conscient, à l’objet, la loi, l’universalisation du donné, de l’immédiat et n’est plus même l’universel comme si ce dernier était un universel sujet, un cadre transcendantal "qui dit je" et dont la présentation "accompagne toute représentation" ; la raison est l’objectivité qui pense légitimement ces objets, mais qui ne peut conceptualiser adéquatement le sujet qui précisément est la structure qui institutionnalise, entre autres, la raison. Ne pas penser adéquatement c’est laisser libre jeu à l’irrationalité ; penser adéquatement c’est remettre à nouveau l’hyper objectivité philosophique, qui à vrai dire n’a jamais déchu ; Hegel, Nietzsche ou H, Sartre et Lacan ne baissent absolument pas les bras ; ils cherchent dans la plus grand extrémité, l’extrémité à laquelle nous sommes parvenus par-dessus ou antérieurement à dieu, ou à la pensée, et cherchent la cohérence et non l‘incohérence ; Nietzsche, quand bien même signifierait-il comme il l’entend et il ne l’entend pas autrement qu’en cohérence, se doit se produire une pensée du donné, organisée, et la Volonté est elle-même une assignation très concertée, et qu’elle soit dite Autre, puisqu’il s’agit précisément de positionner une Volonté hors de l’humanisation ; c’est que cette cohérence est selon cette altérité qui est supposée, à juste titre, du donné « là » ; le « là » par N et H se dresse dans sa non-humanité, qu’elle soit surhumaine ou inhumaine.

Il faut prendre fondamentalement au sérieux les déplacements ontologiques ; dieu, la pensée, le sujet et ses allées et venues innombrables (puisque si l’ontologique ou plus exactement le métaphysique, qui était relatif à sa concentration dans le Discours, de la pensée ou de la pensée de dieu ou sur dieu, le métaphysique s’est concentré dans le sujet, puisque le sujet est « ce qui origine la pensée », ce qui existe antérieurement à la pensée, comme on le voit par Kant, et que donc le sujet peut s’affecter de nombreuses situations, points, attirances),

et donc les déplacements de N et de H, de Sartre et de Lacan sont réellement et effectivement le lieu ou la structure en lesquels on existe ; de même que Platon ou St Thomas signifient leur lieu actuel et à la pointe (et qui demeure, mine de rien, à la pointe) sur le Bord (il n’y en a qu’un et il est « physiquement » le Bord de la réalité, du monde ou du corps). On a de fait et structurellement basculé sur le Bord depuis la méditerranée ; de même que les autres civilisations expérimentaient aussi telle ou telle version du Bord, sauf que la méditerranée nous intime que c’est ici et pas ailleurs, tout est ici même ; dieu lui-même est ce qui intervient et réforme le monde, par l’être humain élu ; il ne garantit pas un ordre du monde, il intervient dans le monde afin d’y ajouter et de le modifier, par l’être humain, élu ; il y introduit le réel qui n’y est pas.   

N et H paramètrent, re-paramètrent selon l’interne et l’externe en vue de l'altérité du donné tel que "là", puisque dans les deux cas nous sommes au-dehors, dans le donné « là », et pareillement Sartre en décrivant tout l’externe de notre être et Lacan tout l’interne, l’interne et l’externe de la structure. Ce qui demande que l’on repense l’originel, qui ne peut plus tenir au-delà dans le Un universel ou le Un intentionnel de dieu (ou les deux à la fois) ; et qu’il faut entendre interne et externe comme annulant ou outrepassant l’intériorité et l’extériorité (cela même que nient N et H, reniant la démocratie, humanisme, liberté, sujet, pensée supposée platonicienne etc et ce moi humain et donc l’humain lui-même, qu’outrepassent Sartre et Lacan, soit sapant la base concrète de l’humanisation, mais pour une structure antérieure) ; ou soit donc par exemple dépassant la volonté humaine (et la liberté et subjectivité et toute spiritualité, et toute psychologisation, etc) et dépassant l’objectivité, la raison, l’universalisation et démocratique, etc. N et H re-pensent comme ils le disent, littéralement, selon une autre hyper objectivité (ils ne sont pas sans savoir ce qu’ils font … puisqu’ils le réalisent vraiment) et re-pensent l’humain comme débordé par le Bord et le Bord en l’occurrence est l’altérité du « là » ; interne et externe ; comme on se situe dans l’altérité (de tout ce qui est) interne ne signifie pas intériorité (N et H démontent soit par la Volonté soit par Etre et temps l’intériorité et jusqu’aux profondes motivations toute éjectées, projetées dans le « là » du donné ; nihilisme ou dépassement embrigadent l’angoisse et la satisfaction à la racine même, telle qu’ils la saisissent).

On voit par ceci que la pensée, la pensée qui eut lieu effectivement et qui peut sembler suffisamment absurde et irraisonnée, se révèle en fait extrêmement ourdie par elle-même et positionner bien précisément ce dont elle est l’opératrice ; aussi surréels soient la Volonté ou l’Etre (N et H), ça signifie, et ça signifie très rigoureusement et il se peut même que ça vise radicalement le Dehors, le « là », du monde, de cet univers effarant, de cette réalité Bordée par le Réel, par une forme (et recherchant constamment une restructuration du temps, remarquons le). Et aussi décalés soient Sartre et Lacan c’est réellement du Bord le plus proche (sans partir dans une ontologie mirobolante) qu’ils observent et décrivent et montrent et démontent.

Passant outre la circonvolution de N et H, les français s’installent dans l’historicité, à nouveau ; Sartre et Lacan ne cèdent rien sur l’hyper objectivité et usent rigoureusement de la réflexivité, comme retour de l’attention (attention à l’exister, autrefois à l’être, ou ensuite à dieu ou encore au sujet) et entreprennent un démontage précisément du sujet … le Sujet … S’attaquer à la description fondamentalement bien plus stricte du sujet ça n’est pas le nier ; parce que le sujet est l’opérateur du réel ; qu’il soit la pensée, dieu, le christique, le sujet cartésienne et suivants ou l’altérité même, le sujet est l’opérateur de la réelle anthropologie de structure qui s’est extraite de tout monde donné là humain, particulier.  

Définissant que l’on produit des contenus, des vérités, des mondes humains, des intentionnalités, mais qu’est-ce qui produit « des contenus » et qui n’est donc pas lui-même contenus mais contenant ?

Husserl certes dessine l’intentionnalisation mais supportée encore par ses contenus, qu’en est-il si il est effectivement une structure antérieure à l’intentionnalisation ?  Qu’est-ce sinon continuer de remonter de la pensée au sujet, du sujet à l‘intentionnalité, de l’intentionnalité à la structure.  

La difficulté est de comprendre le sujet un par un et singulièrement ; et il n’est que Sartre qui mène jusqu’au bout la singularité très explicitement là où elle agit ; durant son existence, durant son exister. Pas même comme si le moi était la forme concrète du sujet, mais bien de ceci que tout moi est une nécessité de déterminations ou plus exactement une construction en tant que reprise de ces nécessités, mais que le sujet, lui, est précisément ce que l’on fait de soi de ce que la vie a fait de nous. Soit donc les décisions, les orientations, les directions prises au cours d’une existence. Ces orientations, et désorientations, et réorientations, distorsions soudaines ou étendues, les relances de la machinerie qu'est le moi, ayant à se comploter, toutes comprises, dessinent une actualisation de l’acte ; chaque conscience est une série d’actes, de décisions, non sous la forme très classique de la volonté, mais sous la formulation bien plus considérable de l‘intentionnalisation.

L’intentionnalité husserlienne change tout ; bien qu’il soit lui-même encore attaché à produire de l’universel vers l’universel. Mais Husserl signifie la racine du réel ; en tant que la conscience nait dans l’altérité, et, lui, dénomme cette altérité le transcendantal ; signifiant par là que ça n’est pas du monde mais au-dessus du monde, qui est « au-dessus du monde, du donné, du vécu, des représentations, et des intentionnalisations » et tire à soi, vers l'élévation de l'universel ; ce point si rigoureusement autre est le point, déjà, d’attirance qui extrait toutes les données et tous les donnés, vers le un ou à tout le moins vers l’universalisation, dont on a pu supposer qu’elle menait au Un comme universel. Il croit que les intentionnalisations vont se regrouper dans et par Un universel, et peu à peu cela nous permettra de nous saisir du noyau de sens qui oriente tous les sens ou mieux qui ordonne tous les sens, et tous les sens qui organisent les intentionnalisations et intentionnalisations qui permettent de calculer,  de penser, de percevoir ; par dénivellation en quelque sorte.

La pensée qui se déploie après Husserl est l’inverse ; elle suppose non pas une finalité à venir ou un Un universel au-delà, mais donc suppose un Un antérieur, soit une Volonté soit une structuration (l’Etre de H, dont il croit qu’il vient dans et par l’immédiateté et une immédiateté bien spéciale ; le langage ou un peuple élu, investi, et essence du peuple qui ignore et nie par ex l’individualité ou la démocratie ou la raison : l’Etre est en nous rendu mortifère en ceci qu’il dispose des affects noirs, angoisse et être pour la mort, etc, ce qui est le but de Etre et temps ; répertorier les immédiatetés de l’Etre qui marquent notre être-même, comme quoi celui-ci appartient à l’Etre, cad à l'esprit d'un peuple, on voit la différence absolue d'avec Sartre, qui cependant tombe dans l'universel marxiste).  

Donc on en vient à reculer plus encore et creuser en deçà de l’intentionnalisation, coupant ainsi les ponts vers le Un universel, quel qu’il soit supposable, et donc supposant à rebours ; supposant à rebours que l’intentionnalité est effet elle-même d’un être donné là, et qui serait peut-être la Volonté de N ou l’Etre de H, ou quelque immédiateté, tel le langage, ou la cervelle dans ses neurones, mais plus subtilement que l’intentionnalité est causée par un être qui soit de structure sartrienne ou lacanienne.

Mais ce qui peut signifier également non pas d’un donné.

Introduction donc d’une causalité instantanée

Il est une causalité de l’intentionnalité mais qui ne tient pas dans le donné, et on a vu ne tient pas dans le Un universel, pas dans le Un réservé à l’universel ; l’intentionnalisation de toute manière agit bien en-deçà de l’universalisation ; elle transforme tout en signes, en directions, en possibilités de signifiances, un geste est un signe (la femme sartrienne qui abandonne sa main à cet homme, « comme sans y penser », et pourtant le geste est « prévu » initialement, il fait sens, il se dirige vers et par le corps, tout comme Lacan délimite en tous sens les surfaces tordues du corps), et cette causalité, qui n’est pas du monde, installe une causalité de structure ; la conscience, cet arc est ce qui re-vient sans cesse, nu et sans rien, surgit de la cervelle vers le réel, comme position indépendamment du donné, de la détermination ;acte de conscience dans l’acte qu’est le présent.

L’être donné là dont est causée l’intentionnalité (ce que suppose structuralement Heidegger qui connait Husserl, évidemment, et qui veut rechercher les conditions antérieures et Nietzsche qui la suppose comme Volonté, cad Autre), cet être donné donc est en fait le donné « là », mais le donné en tant que « là » et non tel donné, tel monde, tel langage. Le « là » est cette structure qui génère constamment de l’intentionnalité, soit donc un arc embouti au présent ; l’intentionnalité ne tient pas seulement parce qu’elle projette des intentionnalisations (vers un hypothétique universel ou même un Un universel et qui se renouvelle sans cesse en universalisant), mais l’intentionnalité tient parce qu’elle se produit en avant à partir d’un être, d’une structure qui est faite pour cela.

 Ceci c’est supposer que si il n’est pas de Un universel ou de réunion au-delà (on ne sait où), il est  antérieurement une cause dont tous les effets sont alors strictement en deçà et non pas au-delà et que donc la structure qui cause est antérieurement ; et il faut comprendre que les types de réunion que l’on a pu proposer, le Un, la pensée, dieu, le sujet, substantiel ou transcendantal, les altérités (comme Volonté et Etre de N et H) fonctionnent comme des opérateurs, des sujets, des prototypes de sujet ; et ce qui suppose dieu ou le Un décrit en réalité ce qui opère, ici et maintenant et c’est pour cela que la philosophie avance dans le réel ; sous couvert d’avancer masqué, comme disait l’autre, ceci parce que la structure elle-même ne peut pas paraitre et que se soulevant du Bord du monde, elle soulève le monde, mais aussi et d’abord se soulève elle-même ; puisque sa structure est l’Altérité et qu’elle ne s’effraie certes pas d’être autre qu’elle-même ; elle l’est nativement. 

Si on peut et doit garder la vue structurelle (et en retenir ce qu’il faut en retenir, dieu, la pensée, le sujet, l'altérité), on ne peut seulement supposer que l’intentionnalisation soit exclusivement destinée à l’universalisation (qui mène vers l’universel platonicien, si l’on peut dire) ; il faut supposer que l’intentionnalisation se produit tout le temps, partout, constamment, que par ex un moi est structuré vers et par son sujet, qui n’a pas besoin d’apparaitre mais se tient constamment là, dans le « là », le présent ; c’est ce que propose Sartre ; c’est que l’intentionnalisation est antérieure à la raison, à la décision consciente et mesurée ; que l’intentionnalisation prélude à ce geste, signifie que l’intentionnalisation signifie sans signifier un signifié (la raison, le conscient solidifié, le moi, l'objet, etc) ; que donc il est non pas pour avancer un système intentionnalisé fort qui prendrait tout le sens, mais une intentionnalisation, un processus sans contenu particulier, pour qui le corps, le geste est le signifié, durant un temps, et que l’intentionnalisation est somme toute bien plus intense et extensive que l’intentionnalisation universalisante ; ce geste signifié est réellement tel ; il n’existe que de la propension vers l’avant de la réception du geste ; autrement dit on intentionnalise bien au-delà de la restriction « universalisante » ; l’universalisation est une cristallisation, durcissement d’intentionnalisations ; le processus réel est de signifier, dont l’universalisation est seconde ; soit donc non pas un signifié mais la signifiance, le mouvement de produire des signifiés, à la pelle, et quel que soit le médium, de signes ou de perceptions ou d’images ou de gestes ou de mots, et qui peut inventer de tels moyens nouveaux, esthétiques, éthiques, politiques, et y signifier d’autant plus.

Nietzsche a raison de vouloir reporter l’intention sur une autre sorte de Volonté (qui est Autre que la volonté classique ou que la raison), Freud et Lacan d’intégrer la raison et le conscient et ce que le moi dit de lui-même dans une « intention cachée » et que cette autre-intention se surface comme corps-autre, et Sartre d’essayer de montrer comme l’intentionnalisation est une structure mais massive et fondatrice et Autre, inscrite dans la logique de l’altérité et non pas appartenant à une « idée » ou une « essence », et structure qui a rendu possible qu’il y ait un corps, forcément autre, qui se produit en retour et en re-tour et un moi, et une humanisation, et une raison, et une pensée, et dieu ; parce qu’ils remontent à rebours, vers la structure (figurée diversement) qui ouvre la réalité parce qu’elle est le réel. Mais il est extrêmement clair que Sartre et Lacan analysent, découpent, décortiquent, se tiennent à l’os même de la dite structure et ne s’emberlificotent pas dans Volonté, Etre, et tas d’autres figurations ; on assiste par les français à une analytique, un dénuement, littéralement, une analytique froide, hyper objective, sans rien, radicale et autre.  

Toute autre signifiance qui voudrait imposer un signifié (serait-ce même l’inconscient sans tenir compte de Lacan ou de Sartre) régresserait ; il n’y a pas de signifié par-dessous, par contre la signifiance est, et elle est tellement qu’elle Existe. Antérieurement. Que tout soit signifiance (et que l’être se tienne dedans, cad relatif) veut dire avant tout que la signifiance est la structure active, l’activisme même qu’est le réel. Signifiance n'est pas attachée autrement que par l'actualité, le présent ; elle s'écrit sur le corps, ce corps effectivement présent et se restructure sans cesse, corps qui consomme la réalité étant arcbouté, articulé non à la réalité mais au réel.

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