Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
instants philosophie

invivable

19 Mai 2006, 16:41pm

Publié par zward

La nature du moi , le résultat de la personnalisation , ne se vit pas comme une personnalisation, un processus , mais comme un état naturel , donné , une évidence , une constitution a-temporelle , a-historique , et même a-sociale : une royauté ontologique  , qui a nécessairement besoin de se poser cette unité , idéalisée , ou projetée comme Image ou Idée de soi , pas même idéalisée : de se sentir soi comme une spontanée vérité.

Le moi est quand même une unité trés particuliére ... aucune position ne se situe aussi prés de la caractéristique fondamentale de l'être humain : le paramétre de vérité.  A s'interroger sur le statut du "moi"  , de Montaigne , Pascal , Descartes , Rousseau , Rimbaud , Freud , Sartre , Lacan .. on se prend au piége ... A le noyer dans le Concept Hégelien , le transcendantalisme , desquels il surnage ... jusqu'à creuser davantage encore le concept ... ce qui commence de renverser la position classique du vrai , du discours en tant que discourant en vérité la réalité : où en somme , kant hegel , on s'aperçoit que le concept n'a de vérité que via le sujet , vers le réel , le réel pourtant sans discours ...

Ceci pour marquer comme le moi , d'acceptation psychologiste , égotiste moderne , le moi des sociétés nouvelles , des sociétés du 20° siécle , ne dit rien de son passé ontologique ... il s'inquiéte de son identité , de son identité à peine ose-t-on  la décrire comme "identité de la personne" , tellement  cela ne s'exprime que par "je suis moi" ... tout en projection de soi , qui absorbe tout , il ne remonte pas vers son origine , son originel : d'où l'inquiétude qui saisit la philosophie , "existentielle" , qui refléte exactement le détour nécessaire : d'être seulement un moi , c'est invivable ...
il est encore préférable de le démolir par éclatement d'en-dessous , mais recréer  : en et par cet universel incertain ,  qui exprime la faculté écrasante : le sujet est articulé à la réalité par-dessus ou dessous son humanisation et sa personnalisation .... il est proche de la sauvagerie brute .

Le moi laissé à son vécu , et bien il l'embellit , il l'enjolive , il s'y littéraire sur le vif : monté en épingle , raconté dans tous les sens , il n'existe que d'occuper tous les champs possibles de papotage, d'image , de rythmes  : ce faisant il passe en-deça de l'hyper-organisation , de la socialisation à outrance , celle qui transforme tout en signes , qui signifient des pouvoirs étendus , en signes cad en hiérarchies.

Dans son infra-monde , le moi , ignorant le supra , préoccupé de son vécu , abandonne toute universalité : de cela il se méne lui-même par la main ,et tout naturellement, dans la subjectivisation.
L'invivable subjectivisation absolument nécessaire et fondamentalement pertinente , mais invivable nénanmoins.

Voir les commentaires

fuite sans retour

18 Mai 2006, 20:02pm

Publié par zward

La complexité croissante du monde humain a donc dû proposer l'individualité comme centre de décisions , d'actions, d'activités , d'organisations.
Il était nécessaire pour que le monde s'enrichisse , de techniques , de possibilités d'objets , de relationnels diversifiés , que l'instance de décision , de projection , se multiplie à l'indéfini : plus question de seulement déléguer le pouvoir à quelques-uns , mais bien de répartir indéfiniment les capacités : ce qui ne manque pas de rebondir constamment sur ce moteur de toute la production : le moi individualisé.
Ce faisant c'est tout autre chose qui se déploie : les savoirs , les techniques , les objets et un immense champ d'échanges , dont une majeure partie consiste à posséder le monde et une autre à le couvrir de réseaux.
Cependant le moi affronte le programme proprement philosophique : il doute. C'est sa nature : il n'est posé nulle-part : le moi résulte quasi directement de l'interrogation sur "ce qu'il est ". Il n'est pas , ne peut pas être une essence ; ce qu'il faut prendre au pied de la lettre et non seulement comme une figure géométrique-philosophique. L'inquiétude du moi est si profonde que le matraquage identitaire : psychologique , relationnel , mass-médiatique , culturellement onirique , mythiquement mais aussi toutes les espéces de contraintes socialisantes  , etc :  sont une nécessité interne , ontologique. La production d'identifications est absolument pharamineuse : le moi , qui n'est pas , ne tient que dans la fuite et le désir, le projet et l'onirisme de son Idée de soi , tout comme la réalisation et l'obtentions de buts.
La dynamique du moi est le moi lui-même : nos personnes sont ainsi continuellement en danger d'être ou pas. Le développement de la pathologie , légére ou pesante , manifeste plus notre incertitude ontologique que la fragilité psychologique ; parce qu'aprés tout , est-ce la difficulté de se dénicher des identités possibles qui décale les personnalités ? On peut élire n'importe quelle sorte d'objets , se structurer autant que l'on voudra ... mais selon quels critéres ?
Le moi , qui est laissé à son autonomie pourtant qui n'est pas un manque , quel regard objectif , réellement objectif , cad qui le transporte comme sujet dans un énoncé , lui est-il proposé ?

Voir les commentaires

la prison dorée

17 Mai 2006, 21:17pm

Publié par zward

Sitôt que l'on doute , on doute du moi.
Hormis cela , on se voit au-devant de soi ; on se proméne sous son propre nez : on manipule une marionnette ; sans en avoir l'air ; c'est à dire que l'on ne se voit pas manipulant une marionnette : on vise le but : on visualise la finalité ... ce qui est tout un travail qui prend entiérement et plus de l'être individuel.

Bien sûr, ça ne fonctionne pas comme cela : on ne tient pas le moi que l'on est comme un objet , puisque l'on est dedans ... Le moi se développe , mais son développement est légérement insatisfaisant ... on devient , dans le mélange et l'incontrôlable , ce que l'on devient.
Cette tautologie se révéle beaucoup moins tautologique lorsque l'identité vécue du moi est subie ... là où il sent bien que ça lui échappe , que la pièce est certes jouée par cette personne , mais elle n'en écrivît que quelques mots ... ce qui n'est pas un drame (enfin cela dépend ...) : ce qui est même salvateur puisque le moi , qui s'imagine selon une unité , est en fait pour son plus grand bien , composé .

Il est composé , vu du dehors , mais il tient à sa place , unique , univisuelle , marquée.  Dans l'ensemble qui l'existe, il défend son unité , puisque cet ensemble ne vaut , n'existe que via , par et vers  , oui , mais aussi autour , en-dehors , en contradiction de cette unité . L'ensemble est le développement , disons , objectif , de cette unité , et qui la délaisse ... malgré que , lui , se croit , s'y croit entier.

La différence , tel qu'il s'en donne de lui-même une Idée et tel  qu'il se développe dans le vécu n'étant pas en continuité , forme un ensemble complexe : une part revient au moi , une part au passé , aux positions dans le monde humain , etc. Cela forme le moi tel que réel , qui est hors d'atteinte , dans son intégralité , de toute décision , de toute volition , intentionnalité "immédiate" : l'intentionnalité immédiate serait comme une résolution vélléitaire : de sorte que ce que l'on désigne habituellement comme moi n'est qu'une part visible , exprimée plus ou moins, tirant à hue et à dia d'un peu toutes les réalités dans lesquelles il s'inclut et dans lesquelles il est inclu. II n'est pas , en réalité , tel qu'il se dit ou se voit ou se projette.
Et enfin il n'est pas non plus ...
à strictement parler , parce qu'il n'est pas sans s'intentionnalliser en telle ou telle projection ou tel ou tel projet : il n'est pas sans s'incarner : il est toujours prisonnier d'une libération quelconque.

Voir les commentaires

déplacements et variation

15 Mai 2006, 22:18pm

Publié par zward

Le sujet est dans le moi ; mais il n'en prend pas , jamais , la place : il s'y ajoute.
La difficulté à cerner le sujet est aussi ce qui empoisonne la vie du moi. De même , le sujet est cela seul qui sauve le moi de son subjectivisme, ce gouffre.
Il se peut que le sujet vienne mordre la panse-même du moi : toute la puissance du sujet se déverse en se visualisant en un objet de foudre ... ou s'inverse en crevant les larmes du sire.


Si je dis cela , on ne comprend pas trop ...  mais on sent bien que si ça signifie quelque chose , il faut suivre le mouvement. On ne sait pas en quel sens il oriente ... peut-être s'oriente-t-il vers un sens déjà connu de mes lectures , de mes vécus , déjà perçu , entendu : peut-être est-il aussi une fléche lancée vers un autre territoire.
Ainsi il est nécessaire de larguer le port , et de voguer : ça navigue... La philosophie navigue. Elle évite beaucoup les affleurements , louvoie , serpentine ;  au fond , elle se glisse.
On ne peut pas lui demander de tout débaler en une fois. Parce que les mots , les pas,  tracent la ligne.
Les concepts principaux sont toujours difficilement circonscrits : on les retrouve en toutes sortes de positions , ils vivent au rythme de ce qui est dit : jusqu'à devenir parfois l'enjeu du discours.
Cela compose un ensemble mouvant.

Le déplacement est sans doute la difficulté en philosophie : ça se déplace partout : et non seulement à l'intérieur d'un même texte , mais d'un philosophe à l'autre. Pour cela il n'est pas une doctrine globale philosophique toute faite , mais il  est un mouvement qui traverse , et dont chaque ensemble est le commencement de résolution-expression. On pourrait même dire que tout résumé académique général ne formule pas du tout ce qui est en jeu : en fait chaque texte , et là seulement , parcourt le mouvement central pivotant . De cela la philosophie se réalise instantanéement.

Ceci pour insister sur l'ir-rationnalité de la réflexion. Mais de même que ça se déplace , le centre de compréhension possible , il est aussi une variation autour du même : ici , ça tend au rationnel  ; là , ça rencontre de l'impensable. Mais au moins , ça parvient à la limite. Ca peut presque dire ce que c'est ...

Voir les commentaires

triplette

14 Mai 2006, 15:08pm

Publié par zward

La subjectivisation est ce qui prît le pas sur la personnalisation : la personnalisation (pour ceux qui n'étaient pas là ( ... ! ) est la conséquence de l'humanisation de la réalité humaine :
qui ne sait que la réalité humaine fût , est encore , sera  longtemps (peut-être, si l'on survit ), une rigoureuse inhumanité  ... cad une horreur souvent .
Déjà la personnalisation n'est pas la panacée ... mais alors la subjectivisation , c'est une catastrophe...

Mais qui s'en passerait ??? Comment pourrions-nous ne plus essayer d'être la subjectivité que nous désirons si passionnaimant ?
Pas moi , en tout cas.

N'empéche que ...
Ca ne suffit pas. Ca manque : ça manque de personnalisation , qui est une dimension suplémentaire  de l'individualité : dimension qui tend à accorder l'individualité à l'universalité , cad par ex , aux autres , à leur reconnaissance : je suis qui je suis d'autant mieux , (heureux , satisfait ) , que mes collégues en humanité me connaissent pour ce que je leur donne : cad aussi en ce que mon action nourrit leur être , tout comme ils me renvoient la balle.
Par ailleurs notons que la personne s'ennuie comme un rat mort si la subjectivité ne se laisse pas aller.
(J'entends par là que la démocratie est au coeur de l'individualité psychologiquement et plus )

De même est liée à la personnalisation , l'humanisation.
Laquelle fonde en toute personne d'affronter ou de se confronter à la condition humaine , et surtout de résoudre cette condition : ensemble ... De repousser les limites données , de base , naturelles , ou mécaniquement créées au sein des sociétés humaines.

 Mais la personnalisation ne peut pas tourner à vide : cad uniquement se satisfaire d'une reconnaissance dans ses rôles humains , sans que , d'elle-même , elle s'accorde sur la valeur de ces effets , de ses effets qu'elle produit ou transmet : ce qui signifie qu'il peut exister une personnalisation à vide , forme sans contenu , vahuement dégoutée d'être ... de participer à une oeuvre commune pas claire du tout , voir franchement inacceptable.La personnalisation ne peut pas se constituer formellement , (une sorte d'unique reconnaissance invalidée des autres ) ou alors elle ne tourne pas rond ... elle n'est pas à l'aise dans son être.

Cependant à cette triplette , s'ajoute une autre dimension : celle du sujet à proprement parler.

Voir les commentaires

la face du vide

14 Mai 2006, 14:05pm

Publié par zward


Nous sommes embarqués dans un procédé qui crée de la subjectivité à tout-va : au point que c'est même l'inverse qui nous est  plaqué sur l'être : on produit de la subjectivité , pour nous , des goûts et des couleurs , des  opinions , des images , des histoires , plein. C'est le grand temps des romans mis en images : des héros , des anti-héros , des demi-dieux avec des morceaux de faiblesse dedans , des vies révées , des drames de substitution pour pleurer , des idolâtries tellement humanisées qu'elles se véhiculent en signes et jamais plus en recueillements ; et comme la matiére manque , au bout de soixante années de productions et de mises en vente , qu'on ne sait plus quoi inventer , alors on va tourner la vie des gens , on les met en scéne : ça remplit la grande mise sur le marché , évidée par tant d'historiettes déjà épuisées . Les gens sont contents , ils se voient. On remarque à peine que quand bien même tournées sur le vif , c'est si lourdement mis en scéne ,  cadré  , que ça en est subtilisé , soustitré , volé , voilées toutes ces pellicules. Au fur et à mesure , loin d'exploser la vérité , ça se crée des logiques , des contraintes , des résidus du 19° , des répétitions absorbatrices du vivant. On s'en rend compte, aussi pour bien montrer comme c'est vrai ce que l'on montre, on en rajoute dans le douloureux, les larmes, le facile , le détail incongru : vous voyez bien que c'est du vrai !

Mais c'est trés génant ... même toute construite , l'image réalité est peu encourageante ... elle en fait trop , même camouflée ... elle est vaguement dégoulayante ... il faut corriger ça .... et ainsi on ressort de la vieille morale agrémentée ... du psy pansement ... de la compassion bien humaniste ... du cynisme bien second degré , qu'on dit ... c'est comme du Céline en direct ... Céline en moins ; pas de danger ,  puisqu'on nous ouvre grande une porte de sortie honorable , à chaque fois ...
Ceci dit , c'est trés bien : que l'on épuise donc tous nos miroirs.
Et si l'on en soustitre toutes les frasques dérisoires , c'est que de ces images on retiendra le prononcé , le dit , la parole ; cette forme de conclusion . Cela s'inscrira comme la vérité de ces  images : que l'on oubliera , mais pas les mots ... écrits à même notre esprit .
C'est que , comprenez bien , c'est trés difficile à élaborer un langage qui ne pense pas ....
Ils y passent un temps fou ! Et chers payés en plus ! C'est la preuve ...

On en est tellement imbibés, que l'on ne voit pas ce qui pourrait être autrement.
On ne voit pas ce qui manque. Ca c'est effacé de nos mémoires. De notre histoire.
On a ré-écrit dessus. Ministére de la ré-écriture. : le mass média.

Voir les commentaires

allo la terre ? ici la lune.

12 Mai 2006, 15:20pm

Publié par zward

Le langage qui était jusque-là utilisé pour véhiculer des choses , des objets , des intentions , des projets , des organisations , devient en soi une unité à part entiére. Il n'est plus un instrument au service de l'imagination , des sentiments , des échanges , des groupes , des sociétés : il est en lui-même ce qui opére le tri de ce qui est effectif ou pas.

Par effectif , il faut comprendre : qui accepte un certain degré de clarté interne et qui appartient possiblement à quiconque. Et qui de ce fait peut être constater dans le monde.

Parce que le probléme résidera maintenant dans ce "peut être constater dans le monde " :
est-ce un "peut " qui indique la nécessité que , parce que clairement conçue , cette pensée existera nécessairement dans le monde ?
Ou est-ce la simple possibilité que cela , le clairement conçu , soit "éventuellement " constaté dans le monde , mais que de ce qu''il est clairement défini , au moins , on saura affirmer ou non si l'objet réel ressemble à l'objet pensé ?

Parce que si un ensemble , convenablement conçu , finalement n'est pas retrouvé dans la réalité ; cela signifie quoi ?
Sinon qu'il est nécessaire de revenir sur cet ensemble conçu ; d'en reprendre les éléments qui présidèrent à son élaboration conceptuelle , d'observer à nouveau le monde et cet objet potentiel , d'en extraire les éléments manquants , et de reformuler l'ensemble à fins de vérifications nouvelles

La conception , clairement conçue , erronée ou pas , importe peu , parce qu'elle servira de par sa clarté conceptuelle même , (vraie ou fausse) , à re-observer plus sensiblement le monde réel ...
La vérité ou pas  du concept , de l'ensemble conçu , est second par rapport à la relation potentielle que le concept  autorise.
Il ne s'agit donc non pas de "vérité" assénée , mais de concepts opératoires ou pas ... ou plutot de concepts plus ou moins opératoires ; de concepts relatifs.

Ceci est fondamental : la philosophie tourne autour.
Autour de ce qu'elle a à exprimer , extirper.
De sorte que la proposition "je pense donc je suis "
(qui fait date avec "l'être est , le non-être n'est pas " , et c'est plus que symbolique  , mais qui ne sont pas les seuls énergumènes bien entendu de l'expression philosophique )
cette proposition doit à la fois être épuisée ... et délaissée à son contenu potentiel ...

il ne faut pas en comprendre une formulation mathématique (quoique les cartésiens aient pu en tenter l'entiére expression : la philosophie ne se trompe jamais vraiment ; elle est exactement . )
mais doit être reçue comme la parole instantanée  ; que parlée , elle ne s'épuise pas , n'épuise pas "ce que"  elle dit : ce que s'impose dans le moment , et brode là-dessus.
Et pourtant il n'existe aucun moyen d'entrevoir "ce qui se passe " sinon via une expression de "cela".

Ca tourne autour ...mais ça ne veut pas rencontrer son être :  ça évite la religiosité et l'absolument là.
Résultat : ça lévite pour de vrai ...
mais ça lévite  non-magiquement , cad réellement ... ça suspend en-dehors...
( le second grand probléme est de discerner ce que c'est que le dehors. )

Ainsi il est fondamental d'expliciter une proposition , et d'exiger une évidence explicite mais il ne faut  pas en attendre une totale clarté ,  qui nuirait profondément en réalité à l'objectivité de l'expression-invention ...
ce qui se découvre , le sujet du je pense par ex , est mis à jour ET inventé ... à la fois.

Voir les commentaires

insistons vaguement sur un point

10 Mai 2006, 19:15pm

Publié par zward

si vous sortez de la raison, vous sortez de la raison :
cad de ce qui est vérifiable d'une part et de ce qui élabore un territoire commun minimum (universel politique , individué , culturel ) ;
ce sur quoi on s'accorde , et qui est ,de ce fait, réel , notamment par ce qu'il autorise .
(ce qu'il autorise d'accord entre sujets , et d'efficace sur les choses : accord entre sujets qui signifie aussi accord avec soi ... )

La raison" n'est rien d'autre ... elle n'est pas "la Raison " , un corpus tout fait.
C'est une technique (qui de toute évidence plonge dans une ontologie , mais qui , cette ontologie , ne doit pas contredire cette pure technicité ; qu'il y ait une ontologie de cette technique , c'est ce que la philo tente ).

En tant que technique elle ressort d'un sujet : si le Jepense est une marque décisive , c'est qu'elle n'existe, cette phrase , que d'un sujet qui la prononce ; et qui est lue d'un sujet qui pour la comprendre , doit y exister activement : si je dis "la pluie tombe " , on imagine la pluie sur la rue : c'est en cette image que l'on se projette : si je dis "je pense donc je suis " , je suis obligé d'activer la formule sur ma propre conscience. Cette activation , qui ne se saisit  pas uniquement de cette formule cartésienne , est indéfiniment essentielle ; dans son être incertain lui-même , la forme en est exacte , son contenu difficilement exprimable clairement ... (suspens historique de 2500 années et qui continue )

La dépendance visà vis d'un sujet semble un amoindrissement (de la validité de qui est pensé) ; en fait  c'est l'inverse : c'est d'être énoncé par un sujet qui donne toute sa performance , toute sa réalité à la pensée.
Celui-çi pense cela ... d'une part on peut s'y référer nommément et lui opposer ce que l'on entendra, contradictoirement ,
mais d'autre part la cohérence qu'il manifeste est cette exigence tenue par un sujet : qui peut faire croire à un grand miracle : et à tout le moins , il y a la création d'un  " Sujet "  en tant que tel par l'effecteur , l'opérateur du langage (ou l'un nait de l'autre , et réciproquement au strict minimum ).

 Le vrai , possible , existe via une individualité : une individualité séparée d'un ordre , d'une culture , d'un monde humain donné qui en son ordre pré-organise la perception , les émotions , le langage qui clôt le monde.
une individualité face à ce qui est  , mais aussi à mi-chemin de la culture et du réel dans son ensemble tel que non-donné dans la culture , non-connu , non-organisé encore. No man's land.
Tout ceci est assez déroutant , même si nous nous y sommes continuellement habitués depuis plusieurs siécles , peu à peu.
Même si cette dimension est imperturbablement recouverte : là où le sujet se préte uniquement comme un moi , non pas trop subjectif , (l'est-on jamais assez ? ) , mais  uniquement subjectif ...

Voir les commentaires

tour de table

9 Mai 2006, 18:16pm

Publié par zward

il ne peut y avoir aucun argument entre deux positions ; l'une qui se situe dans la raison et l'autre au dehors , elles ne parlent pas au même niveau (sans jugement de valeur)

la raison définit ce qui est rationellement recevable ; entre deux positions un seul critére tranche : ce qui est dit est-il réel ou pas ? c'est le réel , l'altérité qui tranche ; pas les positions individuelles, , qui sont confrontées si l'on veut , mais c'est indécidable en soi. Ainsi chacun peut croire en dieu , si il le souhaite ; la raison ne dit pas "dieu n'existe pas" : elle déplace l'enjeu , en découvrant ce qui est seulement constatable.

si vous pouvez ajouter un qualificatif sans en connaitre la réalité ou non (par ex ; dieu existe ) ou lui en retirer , ou lui en supposer quantité d'autres , sans aucune vérification possible , alors vous vous situez hors du discours auto-cohérent ;: hors de cette forme-là d'énoncer quelque chose avec des mots (on peut s'exprimer soi , sur ce que l'on croit ou non ; ce qui est tout à fait intéressant mais sans effet sur les concepts).

la différence de "dieu existe " avec une proposition du genre "je pense donc je suis " , c'est que cette proposition vaut universellement pour qu'un discours minimum fonctionne pour tous ;
ce sera repris en tant qu'opérateur , et pas en tant que contenu : et cela signifie que ça laisse toute lattitude aux contenus réels , constatés , (selon l'ordre des raisons, pour descartes , il déduira ceci ou cela  et selon la scientificité des procédures pour descartes et les autres, on pourra constater telle ou telle réalité )

on est dans le minimum et non dans le mélange contenu et forme.

 je pense donc je suis , ne dit "rien" ;
pas de contenus extérieurs à l'énoncé : "c'est celui qui dit , qui est " : (en somme :-)
celui qui dit , ne dit pas "je suis tout" , "je suis un " , "je suis existence" , je suis conscience "
il dit : celui qui dit JE est un mot qui dit JE :
et effectivement ça dit JE en tant que sujet (pas en tant que MOI) ;
ça tient dans la phrase (le moi est un réel hors de la phrase)

si je dis " dieu existe " ; ce que je désigne , est hors de l'énoncé :
dieu  peut recouvrir tout ce que l'on veut ,
(tandis que un sujet-formel "je pense " est entiérement cet opérateur de cette phrase là ) : 
existe désigne un état qui doit être défini , mais surtout qui appartiendrait à un être qui n'est pas présent dans la phrase
existe  c'est un ajout , inconstatable par qui que ce soit , et imprononcable en aucune phrase ; aucune phrase ne contient "l'exister " des choses . Les choses existent ,ou non, en-dehors des phrases.

" je pense " définit une unité de base , et tout le reste est extérieur.

Bien sûr ça n'est absolument pas aussi simple ...
parce que si l'on ne sait pas qui est le "je " qui dit "je pense" , ni ce que "penser" signifie , donc a priori ça ne sert à rien ... on peut répéter indéfiniment "je pense , etc "
Or il se trouve que , malgré tout, ça sert énormément ... ça sert parce que ça démarre le discours : la philosophie fait comme si ce qu'elle énoncait était tout à fait parfait , et exactement dit , tel que cela est : la pensée correspondrait exactement au réel ...
mais peu importe : parce que la validité est que ça fonctionne ... le "je pense " est un simple opérateur , dans la phrase , qui permet d'augmenter la pensée , en gardant bien comme loi celle d'une cohérence interne à la phrase , et la loi d'une effective présence de ce qui est dit , montré , expérimenté.(pour ce qui est des contenus qui seront possiblement ajoutés). 

La philo élabore donc un discours minimum commun , possible entre tous les sujets : ceux qui tiennent à ce que , dans l'énoncé , ce qui est soit effectivement présent. Puisque outre la cohérence du discours (que l'on peut trouver dans nombre de discours , philosophiques ou pas ) et son auto-cohérence (chaque élément est potentiellement explicitable dans une phrase) , l'autre réalité commune entre tous les sujets (outre le discours donc) est le réel.
Le monde est " là où sont tous les sujets ", et existe indépendamment de tout sujet.

 

Voir les commentaires

dedans-dehors

7 Mai 2006, 22:14pm

Publié par zward

Il me semble qu'il n'est pas une unité fondamentale de la philosophie. Si l'on parvient à découvrir ce en quoi elle consiste , on a répondu à toutes les questions , or cela ne se peut ... il n'est pas de connaissance telle que tout soit explicité ; et pour cette raison la philosophie continue d'accompagner, de suivre le mouvement , de devenir.
L'embétant tient en ceci : la philo affirme ses ambitions (délirantes en soi et justifiées comme telles , parce qu'avouées ) , tandis que nombre de prises de positions se donnent sous le couvert d'une autre sorte de statut : lequel statut peut accepter des hypothéses scientifiques , des projets politiques , des idéaux culturels , des intériorités religieuses mais non pas parler le vrai comme tel absolument :
si la philo n'assume pas le facteur "vérité" en et de par soi en tant que philosophie , celui-ci est récupéré par des institutions , des groupes ,des ensembles : il faut que le vrai reste dans le champ philosophique ; là où il se dit comme tel : en tant que vrai issu d'un sujet ...
(bref en ce cas on peut s'en prendre à quelqu'un , et le contredire )

L'unité fondamentale de la philosophie est de se tenir à l'extréme bord de l'expression : au-delà on dit n'importe quoi , (cad en fait on recommence à redire les mêmes erreurs ... parce que le n'importe quoi existe trés peu , on dit toujours selon une forme , une maniére , une mise en ordre , ou selon un donné particulier (vécu ) ou précis (un savoir ) ; et que par là reviennent les répétitions humaines)
Bon , l'unité se tient à l'extréme bord de l'expression , de son territoire . L'artiste se tient lui aussi dans son extréme bord , cad son plus grand possible ... L'écrivain de même , pousse sa stratégie aussi loin qu'il tient son sujet ... cad lui-même en tant qu'il tombe dans le monde.

Et pour aller plus loin ... chaque sujet peut semblablement pousser son propre territoire , qu'il faut entendre par : son propre possible ... ce qui signifie : apprendre ou être ce qu'il ne sait pas , n'est pas encore.

Le mouvement philosophique participe de  ce mouvement  plus étendu ,
mais la philosophie , spécifiquement , essaie de décrire où et comment ça se passe ...
son mouvement n'est pas de pousser telle ou telle limite , mais de cerner , discerner là où la limitation se déchausse , bascule , tombe dans le possible ...
La limite est interne au discours et ayant à être dépassée
La limite est une constante en chaque personnalisation du sujet ; mais cette limite ne peut être franchie quelque peu que par le sujet lui-même : les sujets ne sont pas en concurrence ,(il n'est pas de "contenu" en rivalité )  chaque sujet poursuit plus ou moins son propre tracé et inclu ses propres limites dépassantes.

Voir les commentaires