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instants philosophie

L'architecture du sujet et de l'universel

28 Novembre 2011, 22:49pm

Publié par zwardoz

L’être du sujet, lequel est inexistant, et ne peut exister en un monde, quel qu’il soit, dessine un autre plan lequel nous est si structurel que c’est par ce plan autre que tout, ce que nous vivons, jugeons, percevons, imaginons, sauf que n’étant pas du monde, et ne possédant rien, notre être use de tout ce qu’il rencontre pour manifester son existence.

Notre être est sans visage, et ne désire que de se figurer. Il y parvient. Aussi tout est-il accompli, constamment. De ce point de vue là. Qui ne réclame pas une « perfection » selon l’imagination du moi, une perfection « parfaite ». Mais est la réelle perfection en tant que structurelle, une perfection ample et incertaine (ce qui est requis pour survivre).

Sans visage, il produit instantanément une dimension ; il réalise des structures. Des structures dans le monde. L’universel, l’esthétique, la science, l’ordonnance politique, la personnalisation (dont le désir amoureux). Existent à peine. Ils survivent peu.

Hors ces émergences, non pas tout retombe dans le monde, mais s‘appesantissent dans le monde, s’y installent en telle ou telle inertie, se soutiennent de tel aspect, tel énoncé, telle nécessité ou s’imaginent de telle contingence. Mais ça ne signifie plus ou ça signifie moins ou de loin en loin.

La dimension de notre être n’existe donc qu’à peine et elle se signale ici et là, seulement, d’un bâti de structure(s) ou d’une structure. On peut n’en être pas ému. Et prendre l’ombre pour l’être. L’idée était elle-même ce qui dimensionnait les choses (qui sans quoi glissent si évidemment dans l’inconsistance).

Alors même que l’idée est absente. Toujours, c’est son être d’être lien entre les choses, mais lien qui conquît son unité, sa part d’être spécifique. L’idée, l’universel, la structure sont tout ce qui nous pousse à être, et ce comme nous le vivons ; c’est-à-dire « évidemment ». Dans l’évidence. Mais cependant prenant les effets pour des causes, les choses pour les idées, et ce genre de manière ; puisque pour nous n’existent que les objets de désir, les imaginations emplies, les solidités et concrétions diverses, et non pas l’architecture, le structurel (dont on n’a pas de traces sinon dans les choses mêmes).

Si le structurel s’évoque lui-même tel quel, il est vide. Il n’est rien. C’est si l’on veut la pure et simple destruction de toutes choses. En ceci il tient uniquement d’un monde (sauf que peu importe lequel). Qu’il élèvera dans la structure ; et pour nous la structure (qui reçut quantité d’élaborations, puisque de toute manière en elle-même, elle n’Est pas) est implantée comme étant l’universel, lequel s’est doublé d’un sujet.

Qu’il se soit doublé d’un sujet revient à dire que le sujet est le seul universel qui soit ; c’est en tant qu’il met en rapport les choses entre elles ou les choses dans des signes ou les signes entre eux ou ses intentions entre elles, que dans l’horizon (d’un sujet) que l’on se dégage du donné immédiat et qu’il existe un résultat de cette opération, solide, ayant en soi une unité, et qui se nomme telle Idée (l’idée de Chien inventorie de fait tous les chiens, le Chien n’existe pas, mais l’idée de chien subsume tous les chiens).

Il n’est donc pas de résolution de l’universel comme résultat (il n’existe aucune idée des idées, même si il existe une hiérarchisation des idées presque exhaustive à quoi l’on s’est consacré en tenant l’idée comme seule réelle ; jusqu’à Descartes qui bascule tout dans l’horizon du « qui pense »).

Mais au lieu de déprendre l’universel de son absolutisation, c’est l’inverse ; le sujet s’élève à bien plus et tout autre chose que l’individuel (ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas de lien interne et absolument précis avec l’individué). Autrement dit le sujet est l’universel effectivement réel. Tout résultat universel (idées, règles, mathématiques, droit, concept, œuvre esthétique, intention politique définie, etc) ne tient que d’un sujet ; alors même que de toute apparence le sujet disparait dans ces/ses résultats…

De sorte que comme l’on sait, je ne peux pas contre que deux et deux fassent quatre ; il semblerait que cela s’oppose absolument à ce que « je » sois l’auteur de cette vérité ; alors qu’en fait il faut prendre le résultat ou l’opération comme située sur le même plan que celui du sujet ; c’est que l’être du sujet est égal à l’être tout court.

Que par conséquent il n’est pas d’autre plan que le sujet et deux et deux font quatre. Le sujet ne s’astreint pas (bien qu’il puisse décider de le refuser ou de n’en pas tenir compte), mais est de plain pied comme résultat universel. 

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Description (survolée) du sujet

12 Novembre 2011, 11:00am

Publié par zwardoz

Si chacun est dans la dimension unique, ça ne se voit pas ; ça ne peut pas se discerner.

La structure est en elle-même indiscernable. Mais comme il n’est que de la détermination (et aucune « immatérialité » ou de spiritualisme qui soit supposable ; puisqu’alors de toute manière et quoi que l’on puisse croire sincèrement, si c’était le cas ce serait non pensable), même indiscernable la structure est nourrie de causes et produit des effets. Autrement n’existant ni en soi, ni en déterminations, elle n’existerait tout simplement pas ; or elle existe, mais en tant qu’elle inexiste. Entendant par là évidemment qu’elle est dotée d’une certaine forme d’existence.

La difficulté à laquelle nous sommes confrontés (non seulement théoriquement mais dans n’importe quel vécu, dans n’importe quel donné ou monde) tient donc à la compréhension que l’on peut acquérir de cet être qui inexiste. Il va constamment s’illustrer ; prendre ceci ou cela pour se figurer. Il est non pas lui-même mais représenté. Il délègue son être (indéterminé et donc non représentable) à une représentation ; il peut tout autant se signifier comme une tribu ou comme un groupe politique ou comme évidement une individualité, une personnalité. Ce qui nous préoccupe tous, puisque depuis que les sociétés se sont installées comme constitutionnalités (d’Etat, de droit, de culture et d’acculturation, de, enfin, personnalisation comme procédé d’humanisation maximale ou minimale, comme on l'entend), depuis cette installation, notre être s’est incarné au plus proche du donné, du monde, du vécu, du « là » ; en tant que personne immédiatement elle-même et recherchant son unité (vide) comme si il pouvait s’agir d’une unité (pleine).

Aucun groupe ou aucun ordre symbolique n’intercède à notre place ; chacun est jeté-là dans le monde donné (l’étendue cartésienne en somme, ce genre de monde tel qu’il peut être réduit, péjorativement, et volontairement, au minimum). De sorte que oui, chacun en est amené à non plus parler son vécu, ni même le symboliser (dans un ordre de parole imaginé), mais poussé à le signifier. En vue d’en opérer une synthèse qui prend tout ce qui vient, dans le bazar complet, le désordre parfois intégral, comme si il était lui-même une synthèse immédiate, immanente à elle-même, au monde, au vécu ; une destinée, un sens de cette vie propre. Cette synthèse immédiate est identique à la synthèse collective que la Parole dans un groupe restreint (une tribu) accordait à l’expérience du monde particulier dans lequel il existait. Elle reste, cette logique, intérieure à tout langage (qui voudrait encore s’exister comme Parole partagée et vécue comme monde et donc d’un corps significatif par exemple, mais nous pensons « corps » comme unité séparée ; le corps dans la Parole d’une tribu était déjà lui-même partagé et signifié ; le nôtre, non).

La représentation de notre être est impossible ; elle en produit donc des tas qui lui sont substitués. La progression est pourtant bien réelle dans cette représentation continuée ; on part d’un monde particulier (de tribu élargie ou non), au monde en général (l’universel, et son monde unique valable partout en tout monde particulier), et l’on aboutit au donné, là, (de science objective, de sociétalité de droit et d’échange pur, sans signification de synthèse, de personne humaine qui est « à sa propre charge » à se dépatouiller elle-même, sans secours ni recours).

Le représentation est impossible ; et donc utilise alors une définition dite « ontologique » de cet être spécifique. En ceci la philosophie est seule à en tenter la représentation (qui est impossible). Elle en accorde un « savoir ». Qui n’est pas une connaissance ; qui n’est pas objectif ni précisable outre mesure. Ce flou et ce vague n’est pas une faiblesse mais l’inverse ; approcher l’imprécisable demande une torsion. Il s’agit de tordre les mots, de distordre le représentable. Ça doit passer au travers de « ce qui est dit » littéralement, pour s’incruster, remonter, advenir dans la structure même, s’instaurer dans la forme via quelques contenus spéciaux (certaines idées, expériences, perceptions, imaginaire, etc, qui sont spéciales en ceci ; qu’elles sont structurées et donc apparemment tordues, distordues dans l’expression, la représentation, puisque la structure inexiste et ne peut pas se dire, autrement qu’en trifouillant le langage).

La philosophie se réalise donc dans l’intériorité de notre être ; sauf étant impossible, on ne peut pas parler d’une « intériorité » ; ce serait donc « se réalise en interne de la structure ». Comme mouvement non d’un contenu, mais mouvement de la forme sur elle-même.

Si je dis ; je pense donc je suis ; je n’énonce pas seulement une idée ; je réalise un réel. Mais de même, si je dis ; l’être est, le non être n’est pas ; je rends réel un mouvement de pure forme. Qui anéantit tout contenu. Qui se libère de tout contenu. Aucun contenu ne sera suffisamment architecturé pou prendre la place qu’occupe désormais la forme pure. La forme pure d’être.

Il n’est pas trente six déplacements possibles ; aussi on nomme « position » les quelques points supérieurs, et attitudes les quelques variations à partir de ces points. Les deux positions « l’être » et le sujet sont indépassables. Ce ne sont pas des « idées ». De même la démocratie n’est pas une attitude, (variation), mais un être-même (une position).

La différence tient en ceci ; une variation ne parvient pas à saisir selon la seule forme, la formalité de ce qui est, mais mélange un peu ou beaucoup de monde, de donné, de vécu et se réenfonce dans le particulier. La forme évidemment se mêle du monde, du donné, du vécu, mais attire ceux-ci vers la structure et pense par et via la forme-même. Une personnalité est attirée dans sa construction invinciblement dans la variation ; elle cherche une unité de soi qui serait synthétique (qui prend ce qu’elle vit pour argent totalement comptant, voir content). Une personnalité suffisamment aguerrie (et c’est ce qui se cherche en chacun) annule en partie la synthèse immédiate pour une synthèse médiate, médiatisée, un surplus, un en-plus que soi. Une conscience non plus collée à même « ce qui lui arrive » (qui ne ressemble à rien la plupart du temps). 

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Le piège économique

9 Novembre 2011, 22:38pm

Publié par zwardoz

Le piège consiste en ceci ; il est un haut degré organisationnel. Et cet organisationnel est pour-nous situé dans les basculements financiers.

Sachant que le financier a pour but la prospective, et d’arrimer le futur au présent, on ne peut pas dire qu’il soit irrationnel. Puisqu’il tend à réguler « ce qui n’est pas encore » et qu’il n’est pas, à l’inverse, une planification étatique du présent (auquel cas le présent serait cloué sur place ; il y est supposé qu’il contient déjà en lui-même tout ce qui est ; et non pas que l’on puisse tirer du présent de tout ce qui est, une richesse potentielle et plus véritablement encore une richesse à inventer, fabriquer, produire, créer).

Il faut donc prendre au sérieux, qu’outre les débordements auxquels on assiste, le financier, la financiarisation prirent une telle ampleur puisque précisément nous sommes dans le processus d’inventer ce qui n’est pas encore.

Que par conséquent, le financier dépend lui-même activement des finalités possibles … en quoi il relève tout également d’un autre que de lui-même. En clair ; que désirons-nous consommer ?

Puisqu’il est évident que toute notre vie est essentiellement une consommation ; que n’importe quelle activité est l’utilisation de moyens et de buts relatifs. Et que nous sommes engagés de même dans le processus second de contrôler ce que nous consommons ou pas, en quelle fin, selon quelles conséquences, etc.

Ce qui remet à sa place (absurde) de penser échapper que l’on puisse remplacer toute cette organisation du monde par un angélisme ou on ne sait pas même quoi, une vie individuelle et collective qui se régulerait elle-même … alors que nous sommes si, évidemment  dans la nécessité de mesurer constamment ce qui entre et ce qui sort et de créer les outils qui seuls peuvent rendre compte de la dépense et de l’investissement et en somme pour résumer engagés dans la médiation, dans l’effectivité médiatrice qui nous oblige à nommer puis calculer les choses. Bref à consommer et à produire. Remettre cela en question est sans doute une perte de temps.

De plus ça ne permettrait pas de le contrôler en second plan, le total contrôle lancé par la production humaine de l’humain et du monde et du vécu et du donné ; si l’on veut contrôler ce processus gigantesque, il est requis de s’installer du dedans. Il faut tout autant, c’est la même chose, accepter que financiarisation, libéralisme, comme étatisme (les deux), production et consommation non seulement sont là, de fait, bien réalisés, mais que de plus ils sont en eux-mêmes justifiés ; ils ne sont pas effectivement réels sans raison. Retenant par ailleurs qu’ils aient « raison justifiée » n’implique pas qu’ils soient toute la raison et que celle-ci puisse se limiter à ces seules tournures effectivement historiquement amenées ; puisqu’il est dans l’essence de la raison d’être rationalité, cad processus elle-même et donc en devenir et remodelage.

La perspective que l’on puisse revenir sur la rationalité (financiarisation, technologie, étatisme, etc) cesse pour le moins de considérer que nous agonisons dans un «état donné une fois pour toute » de naturalisation, de psychologisation, d’historicité close, de monde fermé.

L’hypothèse générale étant que ça n’est pas par excès de raison, de technologie, de production, de consommation que nous déprimons (au sens également de désordre économico-politique), mais par défaut ; par manque et par affaiblissement de la rationalité.

En ceci ; que les finalités que dégagent par exemple la financiarisation (c’est son rôle) n’étant pas réfléchies (par exemple dans la consommation, des Etats comme des particuliers comme de l’ensemble sociétal, etc), s’abominent dans de sous-sous-finalités immédiates et absurdes. Ce qui est donc au propre questionné, ce sont les finalités de production ; en quoi, par quoi, et pour quoi ? Pour quoi consomme-t-on et pour quoi produisons-nous ? 

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