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instants philosophie

L'illusion manifeste

29 Mai 2009, 23:20pm

Publié par zward

On voit au travers de cela comme nous vivons d’une sale vie d’aveugles. Certes le Moi est la personnalisation qui a pris le relais de l’humanisation. Laquelle humanisation est fondée selon l’universalité. (Le Savoir en tant que compréhensible et non pas ésotérique, mais entièrement extériorisé).

Et certes le Moi est, au sens strict, « ce qui dispose d’un vécu et d’un système de signes adéquat », mais quoi ? Qu’en résulte-t-il ?

Rien.

Le moi se continue dans la pure idiotie. Bien loin de produire lui-même les signes et les systèmes de signes qui lui autoriseraient à se parler, il ingurgite bêtement les flots délirants et fantaisistes qu’on veut bien lui produire d’être.

En fait il croit encore à la tribu. Il croit que de s’affubler de ces oripeaux de signes, le signifie, lui, dans l’attention des autres. Il ne sait pas encore qu’il est absolument seul. Que personne, ni rien ne le regarde être ; il est sans témoin.  Par exemple lorsqu’il n’est pas soumis aux regards des autres, il s’imagine les observer « cinématographiquement » ou télévisuellement … Hallucination d’une communauté d’être, qui n’est pas.



Sinon existe la fureur d’y être, là, instantanément, et non pas sans raison, mais de raisons uniquement et strictement intérieures, mieux ; internes, à toute cette grande extériorité froide. Dessous le Moi, et ses croyances tardives, ou ses relents de vieille fièvre, le Sujet est l’abstrait cristallin ; il ne fait que ce pour quoi il est constitué ; il fait-être. Il ne se pose pas de questions au fond, il est déjà la réponse. 

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Le sujet non-abstrait

24 Mai 2009, 21:51pm

Publié par zward

L’esprit ne s’intéresse ni au bien, ni au mal, au bonheur ou au malheur ; il est seulement curieux.

La révolution universelle n’est pas encore achevée. Il est probable que les êtres humains ne sont pas suffisamment intelligents pour en poursuivre le projet.

Le discours est créé dans le langage humain, et peu à peu remodèle toute l’humanisation. Du discours on s’aperçoit qu’il est pour-un sujet, cartésien. A partir de l’évidence du sujet on peut penser puis appliquer la révolution universelle ; qui crée l’Etat et la société civile autonome. Des deux s’élabore la continuation du sujet mais existant, vivant dans le monde ; en tant que Moi.

Le moi dispose d’un vécu autonome dont il profite bien. Mais aussi quoi qu’il fasse, et parce que de statut il est un, il peut être considéré comme « unité de traitement de l’information » ; unité strictement individuée et dont la dénomination « unité de traitement » ne dit presque rien. Qui désespère du reste d’être individualisée certes, mais doté de bien peu de moyens pour poursuivre l’universel qu’il incarne pourtant, et du même coup continuer sa propre aventure, destinée, devenir.

Qu’il ne soit pas possible de devenir, pour tout moi et n’importe quel moi, constitue le nihilisme qui s’appesantit ici et là. Il prouve seulement l’impossibilité d’imaginer une continuation de cet universel déjà acquis. Puisqu’il est bien évident au fond à tout le monde qu’il ne peut exister d’histoire humaine en dehors de l’universalité de sa représentation.

Il n’est donc pas du tout de « crise », de décadence ou de manque maladif ; la pensée occidentale conduit invinciblement ce qu’elle doit amener ; l’esprit ne cherche pas le bonheur ou le malheur, le bien ou le mal, il les contient mais c’est autre chose qu’il crée.

Or, si l’on suit bien, le moi est l’incarnation, cad la réalisation effective, de l’esprit. Ce par quoi l’esprit, cad la représentation en général et en particulier, devient réelle ; où il appert, mais on le savait, que l’esprit n’existe qu’intentionnellement ; individuellement parce que l’intentionnel n’existe qu’en un individu, le non divisé, ni divisible parce que l’intentionnalité contient toutes les divisions possibles.

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Le discours d'une part, le sujet d'autre part

17 Mai 2009, 18:30pm

Publié par zward

La finalité philosophique est donc de parvenir à la suspension de tout jugement définitif. Parce qu’il n’est pas de contenu à notre être ; rien ne le comble, ne remplit son vide formel. Pure forme cependant celle-ci peut être décrite ; et même légiférée ; elle s’est avérée si puissante, cette forme, qu’elle constitue le fondement de toute société humaine développée. Forme démocratique qui privilégie la non vérité des contenus au profit de la formalité des libertés. Forme également personnalisée qui interface chacun dans sa rupture propre et non reliée à quoi que ce soit. Formulation culturelle qui démultiplie la prodigalité des signes, signaux et inventorie le potentiel de tout puisque ne tenant à rien, existant comme forme pure.

Il est difficile de ne pas caricaturer ; et il ne faut pas se fier au dogmatisme de présentation des philosophies ; on ne peut pas ajouter à chaque fin de phrase ; « à mon avis », « hypothétiquement ceci et cela », « il se peut que ». Et préciser cela, ça n’est pas confesser qu’en toute philosophie il n’est question que d’une opinion, « je crois que », mais c’est bien affirmer que c’est cette opinion spécifique qui fait loi … et, bien que simple opinion, de telle hypothèse on peut affirmer qu’Il n’y en a pas d’autre possible ; si l’on s’y tient, si l’on tient à ce que l’on dit.

Tout est dans le « tenir à ce que l’on dit » : ce qui est énoncé se tient dans une certaine mise en forme, cohérence, finalement une correspondance. Si on accentue cohérence, on se stabilise dans un discours ; si l’on pousse vers correspondance, on aboutit à la phénoménologie.

Le discours est ce par quoi seul il est possible d’énoncer ; si on sort du discours cohérent, on ne sait plus ce que l’on dit, et ça ne sert à rien. La phénoménologie consiste à décrire ce qui est tel que cela se présente à soi.  La possibilité d’un discours unique, pour tous, fonde l’universalité ; sinon plus personne ne sait plus de quoi l’on parle. La phénoménologie autorise quiconque, chacun, à décrire, sous la forme d’un discours universel, compréhensible, ce qui lui arrive, ce qui lui survient. La phénoménologie est pratiquée d’un sujet ; ce qui augmente considérablement la possibilité d’un discours cohérent. Phénoménologie qui était déjà dans l’obtention du discours par Socrate redistribuant les articulations du langage et de notre attention dans les mots.

La plupart des caricatures s’attaquent au discours ; on en réclame une subjectivité que l’universel écrase, parait-il, sans voir que cette subjectivité clamée n’existe que dans un ordre humain auquel l’universalité a imposé la liberté de chacun ; on n’a accès au discours cohérent qu’en tant que libre ; la cohérence n’existe pas sans compréhension , et chacun  ne peut comprendre que libre ; le discours, universel, pose donc son argumentation comme discutable, sinon le discours n’argumenterait pas (Socrate).

Mais le discours-seul, un, total est dépassé depuis au moins Descartes ; qui inaugure le discours en tant que perçu d’un point de vue ; celui du sujet.

Ainsi de même que le discours rend possible la construction d’un monde humain partagé (parce que l’on comprend ce que l’on dit ; entre nous et quant à la nature, aux objets, aux mesures, aux sciences, etc), pareillement Descartes permet l’horizon d’une construction du sujet. Lequel devient une aventure ; et comporte instantanément la révolte ; il est dans l’essence même du sujet de se révolter. Et donc Nietzsche est parfaitement l’expression véritable de cette révolte et du cheminement d’un sujet en cours de construction. Le tout est que l’on ne sorte pas du discours, de la cohérence ; et Nietzsche ou Heidegger (qui peine comme un malheureux à « énoncer ce qu’il doit énoncer ») ne sortent pas de la cohérence exigée.

Pour le sujet, la cohérence est vitale ; s’il cesse de vouloir (ce que nommément, argumentativement, il veut), il n’est plus. Si il n’est plus le maitre de ce qu’il énonce, le monde s’en empare, les autres le lui volent, les objets l’absorbent, les désirs l’envahissent.

Il est en somme un rond-point qui doit être occupé, territorialement, et si ça n’est pas le sujet qui parle, « on » le parlera. De même que les sciences ne pensent les déterminations, les causalités des sujets, de la biologie à la psychologie, que de ce point de vue qui se veut, à toute force, extérieur. Sinon ça ne serait ni observable, ni a fortiori pensable. Tous nos énoncés se situent, même anti humanistes ou nihilistes, naturalistes ou déterministes, logicistes ou empiristes dans le point de vue du sujet.

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Du libre sans intelligence d'aucune sorte

10 Mai 2009, 16:20pm

Publié par zward

D’une part l’universel est réalisé (Hegel) ; sous la forme de l’Etat, et des statuts institués, notamment des individualités mais aussi sous la forme du discours parfait, achevé, absolu ; hégélien. D’autre part en tant que l’équivalence généralisée est obtenue via l’argent (Hegel, Marx, Baudrillard) ; tout est équivalent dans un échange intégral ; opérant ainsi un moyen absolument parfait de toute activité.

Il est bien certain que la propriété privée de l’argent vînt radicalement se révéler ; l’argent appartient non pas à l’Etat mais, on s’en rend compte, à la domination de quelques uns. Que le processus puisse sinon s’inverser ou au moins se réguler, cela signifie que l’Etat se réapproprie l’argent et que se réduise la domination. Ce qui n’a de sens que si l’argent redevient une répartition plus exacte et que l’on sache individuellement en user.

Dans la mesure où l’efficace de l’argent n’est pas seulement d’échanger, mais d’investir, il est pensable que les charges d’investissements, au lieu d’appartenir à quelques uns, qui concentrent et développent le potentiel sans qu’aucune réflexion soit articulée ; sinon celle prétendue du marché ; que les charges d’investissements comme les principes de l’échange puissent être réorganisés ; ils se déploient sans loi, et l’économie investigue l’ensemble comme un donné, une naturalité, un objet qui serait en soi et tel quel ; il n’est aucune régulation envisagée, probablement parce qu’il serait extrêmement complexe et nécessiterait surtout que les acteurs intègrent une série de régulations, un comportement non pas moral, mais précisément pragmatique au sens où ce pragmatisme comporterait lui-même une compréhension des enjeux, des vrais enjeux et non seulement des mises de jeu strictement personnelles ; complexité réglée en partie alors par des comportements intelligents et coordonnés.  Le désordre incoordonné des investissements n’est rien d ‘autre que l’absence de pensée, de savoir, de finalité, d’intentionnalité manifeste ; de même qu’il n’est aucune finalité au développement individuel, sinon de se consommer soi. Et la consommation (la transmission, la communication, la production, etc) des objets ou des autruis n’est rien d‘autre que l’absorption dévoratrice de ce vécu comme « là », cad gouffre négatif de toute conscience réelle de soi. Là où la réflexion s’affaisse dans la pauvreté et l’indigence de pensée.

Or donc le moi, la personnalisation comme principe pourtant effectif, s’enfonce dans le gouffre de sa propre absorption ; il n’est aucune cesse aux désirs, envies, représentations de soi, des autres ou des objets ; c’est le domaine de l’indéfini, de « ce qui ne sait pas se limiter, ne sait pas se mesurer ». Qui attend du monde, des autres, du vécu, qu’un signe paraisse qui nous résolve l’être …

Hors de toute mesure, le moi s’indiffère et ne parvient pas à passer outre sa propre liberté ; laquelle non maitrisée, parce qu’inarticulée, au propre comme au figuré, retombe dans les immédiatetés, les indéfinis commentaires et interprétations de ces immédiatetés ; corps, objets, autruis, images, décisions, organisations, représentations culturelles, les  techniques et technologies ; l’ensemble de tous les moyens (de communication, de transmission, de production, de consommation, de personnalisation) s’absentent dans une in-finalité.

Dans l’indéfini qui n’est pas sa propre mesure, sa propre rigueur, son autonome exactitude, sa mesure décidée.

Le moi ne sait pas quoi faire de sa liberté ; il ne lui vient pas que cet être libre contient déjà quelque chose qui n’est pas, pas du tout, son vécu, son idole, son attachement, son adoration continuelle, mais est bel et bien la suite, la perfection, la volition de l’universel, que le moi déteste, hait, vomit, qui lui répugne de tout cœur, duquel universel il tient pourtant son statut et donc son être mais qu’il a oublié en substituant sa formulation personnelle à la forme libre exacte de l’universel incarné, qu’il est par en-dessous les miasmes de ses vécus. Une liberté ne peut pas ne pas être intelligente, intellective.

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Le renversement potentiel de l'argent

6 Mai 2009, 22:15pm

Publié par zward

L’humain subit donc la loi d’airain de la séparation de tout. Il se retrouve ainsi individuellement centré. Il est bien évident que toute description de cet ego fonctionne aussi en sens inverse ; elle ne cloisonne pas l’unité individuelle seulement, elle l’explose dans plus grand qu’elle. Décrie le Moi, c’est le prendre forcément selon cet autre point de vue ; celui du sujet. Qui est, bien entendu, bien compris, à supposer que nous soyons en mesure de le comprendre tel qu’en l’état, un point de vue Autre.

Que l’altérité s’enfonce bien au-delà du Moi, indique la force d’un décentrement qui débouche on ne sait sur quoi, et qui pour être appréhendé nécessite une technologie idéique relevant de la philosophie en ceci ; que la philosophie pense l’ontologie de l’être (naturel, mondain, humain, individuel, etc). Le moi est donc ce qui s’ouvre vers un espace interne/externe qui donne dans /vers le donné pur et simple.

Mais il est aussi une autre facette de l’organisation humaine de l’humain en tant qu’individué. C’est la monnaie, l’argent. En tant que forme universelle, vide, neutre, pur moyen, et dont la possession ou la non possession marque totalement la domination ou la soumission au sein du hiérarchique ; au point que l’on peut dire ; tandis qu’auparavant le hiérarchique, seigneurial, par ex, existait et dominait toute autre organisation, maintenant c’est la possession de l’argent qui détermine la dite hiérarchie.

Or il forme évidemment l’inégalité ; mais auparavant l’inégalité n’existait pas… Il était impensable de remarquer que le seigneur était privilégié par rapport au serf ; c’était de fait la définition même. L’inégalité se dévoile face à une égalité ; aussi fut-elle immédiatement dessoudée de ce qu’abstraitement tout homme en vaut un autre. Mais la concrétisation de cette égalité/inégalité est l’argent.

Si l’argent est la mesure remarquable de l’inégalité ; il est aussi le potentiel si visible de l’égalité…

Autrement d’une manière générale ; tout ce qui fonde une domination, moyens de production, moyens de communications, moyen d’échange, l’argent, fonde aussi la mesure susceptible d’être rapatriée... Là où elle se doit ; en chacun. La monnaie peut devenir cela même ; son opposé. De même que le Grand Profit sût installer tous les canaux, moyens de diffusion, de son idéal propre, ces mêmes canaux sont capables de porter tout autre sorte d’idéaux ; et ouvrent grand l’histoire en tant qu’historicité à la mesure de chacun ; puisque chacun est le point d’aboutissement de ces flux, et enfin chacun la source, même infime, de ces devenirs potentiels.

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