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instants philosophie

La fin du monde

30 Août 2016, 10:41am

Publié par pascal doyelle

Il faut donc se débarrasser de tous ces désenchantements supposés tellement évidents, et reprendre directement le fil général de toute cette occidentalisation, à moins de vouloir vivre sous une royauté tout à fait quelconque, un communautarisme étouffant ou dans une tribu super cool (à condition d’accepter de mourir à 25 ans).

Quant au libéralisme et capitalisme, on ne voit absolument pas par quoi remplacer la décentralisation effective qui distribue le pouvoir (de décision, d’invention) à ceux qui le veulent, sinon d’imposer par en haut (qui ? comment ?) une centralisation qui ne satisferait personne ; ceci étant il faut comprendre que toute société humaine est à la fois communiste et libérale, qu’annuler l’un ou l’autre est une absurdité, une division, un schématisme irréaliste (ou donc la redistribution ou vaudrait-il mieux dire la justice à la base serait autrement plus profitable, pour tous, y compris les libéraux et les capitalistes eux-mêmes), surtout qu’en fait le problème n’est plus de créer une société humaine industrieuse capable de produire tout et n’importe quoi (et donc n’importe comment), mais d’imaginer une décroissance, une redistribution non des richesses mais de la production elle-même et qu’en pareil cas (un danger de mort, d’effondrement généralisé, voire de cataclysme qui éradiquerait le vivant actuel de toute la surface) il est clair qu’un appareil d’Etat, et d’Etat mondial est requis (on peut rêver ; mathématiquement, pour ainsi dire, il est peu de chances qu’une telle entente s’impose, et les catastrophes localisées causeront un tel désordre que les meilleures volontés n’y suffiront pas).

Bref ; l’occidentalisation a réussi ; elle a libéré la structure de conscience de ses contenus (elle ne cherche plus, dans un contenu hypertrophié, une synthèse du donné, mais a pris conscience de soi comme conscience et a élaboré le schéma général, formel de notre « être » indépendamment des contenus synthétisants tel ou tel, et bien que pour ce faire elle a utilisé, évidemment, de telles formulations comme contenus mais distordus, pliés en eux-mêmes, requérant, pour être ne serait-ce que lus, et compris, une forme de « soi » ouverte et formelle ; on ne peut pas signifier directement la structure de l’arc de conscience (qui existe antérieurement à toute pensée, représentation, etc) ; le, pli qu’impose la pensée, l’universel, le sujet, l’altérité à l’acte de conscience, extrait celle-ci d’elle-même ; elle se voit de l’externe point de vue, du point de vue réel, qui n’entre pas dans la réalité, qui se tient comme Bord de la réalité ; expression du Bord comme pensée grecque, comme monothéisme et christique ensuite, comme sujet et révolution enfin, mais dans tous les cas de son activisme de conscience, indépendamment de tel ou tel contenu, inaugurant, autour de la méditerranée, au sens large (Moyen-Orient compris), une anthropologisation radicale, ayant dé-couvert la structure réelle de cet-être qui nous cause ; l’arc de conscience, la structure de conscience est un Réel, actif toujours, et accéléré, augmenté, retourné, renouvelé par les grecs, les monos, le christique, le sujet, et du sujet par la raison et l’humanisme et en l’humanisme par la personnalisation transformatrice de chaque corps sur la planète ; c’est comme ça.

Remarquons ceci ; nous sommes parvenus à extraire la forme « arc de conscience » du donné et de notre réalité, mais celle-ci doit elle-même se décider, à chaque fois ; elle ne suit pas un « programme tout fait », mais est une structure qui décide de son trajet réel ; la vérité est que ayant dé-couvert cette structure (sous les formulations de la pensée, du christique et du sujet et enfin de l’altérité, qui couvre aussi bien Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan que les objectivismes, marxiste, freudien, linguistique, les théories scientifiques et les psychologies diverses, bref l’ex-positon « là » des réalités dans leur complexité, et exposition aux yeux du sujet, cartésien, rendu absent, abstrait, extérieur, vidé de sa verticalité), ayant découvert cette structure nous n’avons, vraisemblablement, pas su quoi en faire … ce qui est consternant.

On a continué à faire-comme-si nous étions un être naturel et que comme tel quoi que nous décidions cela rentrerait tout immédiatement dans la nature, le donné, le monde ; alors que cette structure est hors champ (hors du conscient) et hors nature (positionnée sur le Bord du monde) et que donc elle fort bien détruire totalement tout ce qui est au monde. Ou si l’on préfère ; ça n’est pas parce que l’on a saisi la structure de conscience que l’on a su décider comme il se devait de l’orientation du réel et de la réalité. On s’est laissé aller, tout simplement, pente de la facilité, du moindre effort ; non que l’on n’ait pas souffert et travaillé, mais on n’a pas su mettre en place la réflexion ou plus largement la réflexivité nécessaire qui aurait requis une conception réelle et aboutie de notre possibilité ; on a cru qu’il suffisait de désirer et décider et fantasmer le réel pour que celui- se plie à notre volonté, ce qui est infantile et absurde.

Dans l’idéal il suffisait de produire au devant des yeux la représentation à peu près totale de l’humain, par les mass médias, pour que cette humanité se réfléchisse et prenne les bonnes décisions ; ce qui eut lieu dans les années soixante du siècle précédent, en même temps que les projections sur l’avenir probable si aucune orientation sensée n’était envisagée ; c’était à n’en pas douter le moment, la fenêtre de tir appelée. Au lieu de cela, la facilité s’est amplifiée et probablement tout était joué durant les 20 à 30 ans qui suivirent.

Le plan était que faisant suite à l’humanisation universelle, s’ensuivait une personnalisation, qui permettait de monter d’un formidable degré de civilisation ; chacun resserrant sa possibilité dans le développement de son individualité, il devenait moins essentiel à quiconque de gaspiller honteusement les ressources à produire et consommer n’importe quoi ; on aurait pu, du se contenter d’une automobile raisonnable, mais on a préféré mille sortes d’automobiles de plus en plus perfectionnées et gaspilleuses, et sans qu’il soit jamais question de substituer aux industries polluantes de toute espèce, une refonte pro-industrielle, pour ainsi dire ; le laisser-faire et l’absence complète de vision ; en bref la stupidité ; parce que réellement dans les années 70 tout cela était effectivement prévisible… nous n’avons pas été pris en traitre ou surpris ; c’est juste et rien que de la stupidité. Et non pas causée seulement par le capitalisme ou les productivistes ; mais par tous et tout le monde ; une absence fondamentale de conscience, des masses, des individus un par un, et bien sur des « élites » qui auraient dû, auraient pu s’orienter et pousser en d’autres directions de la réalité.

Nous nous sommes laissés agir par un comportement dont nous étions parfaitement conscients, un comportement nourri d’un fantasme de réalité et de nous-mêmes dans cette réalité, au lieu de considérer réellement l’état de choses et du monde ; embarqués dans ce fantasme, pourrissant par le dedans. Déployant une civilisation alimentée par l’intentionnalisation et la matérialisation de cette intentionnalité, plutôt que de ré-fléchir la dite intentionnalité de telle sorte qu’elle signifie à moindre coût, et en une plus exacte lucidité et probablement une plus légère et justifiée satisfaction ; que l’on n’ait pas « vu » cette satisfaction autre, que l’on ait désiré profiter du monde, du corps, du vécu, de ce fantasme idéaliste d’une coïncidence de notre être et du monde donné, signifie que la réflexivité, qui est autre que ces satisfaction faciles, ne se réalise pas comme étant « vu », perçue dans le monde et selon le profit illusoire que l’on en prêtant retirer, mais que la réflexivité qui aurait pu détourner la structure de conscience vers des finalités plus réelles nous est probablement hors de portée … faute de prendre les décisions, d’orienter plus effectivement l’acte de conscience, on l’a engouffré dans le fantasme d’une sorte de « vie rêvée » et de la catastrophe de laquelle nous sommes responsables collectivement et individuellement.

Parce qu’il est clair qu’il nous était impossible de continuer à cultiver les champs et à écouter les petits oiseaux ; mais la complexité civilisationnelle requise impliquait une responsabilité et non une vision fantasmée, hallucinatoire.

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Le point extrême de l’Exister

27 Août 2016, 07:57am

Publié par pascal doyelle

De sorte que lorsque Sartre prononce que « en notre être il est question de notre être », il entend certes de rompre avec la « nature humaine », mais toujours en vue d’en établir, un jour, dans l’avenir, une vraie, une authentique, une complète (sous couvert que jusqu’alors elle fut aliénée) ; le libre sartrien parvient difficilement, ou pas du tout, à se déciller les yeux ; avançant cahin caha, tout de guingois, d’un pied sur l’autre.

Pas bien convaincu au fond que sa sorte de conscience soit un humanisme. Du fait de sa leçon trop bien apprise ou plus véritablement de sa position radicale, qui ne souffre aucun travers, qui se veut si absolument intègre, son honnêteté est au moins égale à la lucidité de Descartes (pas par hasard), et position qui l’incline à juger de toute l’histoire occidentale comme d’une tromperie, idéaliste d’un faux humanisme, bourgeois ou son traficotage interprétatif de l’historicité, la plupart du temps, et qu’il condamne, puisque Sartre est instantanément branché à la certitude du sujet impossible, de l’acte de conscience qui indubitablement se sait et mesure enfin tout à l’aune de sa seule et unique vision (l’accent stirnérien est si nettement retrouvé, sans que l’on puisse parler d’influence, puisque c’est toujours la même structure de conscience qui depuis Descartes agit et se crée ; on ne parle pas de mots ou d’idées ou d’interprétations mais, qui traverse ces représentations, d’un arc structurel parfaitement identique et sauvagement identique et à chaque fois Un par Un).

Evidemment si l’on se fie à Nietzsche ou Heidegger, qui abominent l’histoire philosophique et l’humanisme et la raison raisonnante et la démocratie, et qui eux aussi croient recommencer absolument tout, (sorte de prophètes illuminés, au sens propre, d’une autre-histoire) on confondra la raison et l’humanisme d’avec la pensée et la réflexivité ; il est clair pourtant que la réflexivité de la méditerranée a créé l’arc activiste vers le réel pur et brut, et non pas seulement la raison-à-disposition humaine et les mois tout chétifs.

Si l’on prend un peu l’air, se suspend par le temps, ne fonce pas tête baissée, on s’interrogera surtout de ce que l’ampleur de la métaphysique, du discours-qui-pense, et de l’ontologie du sujet, qui-réfléchit, l’ampleur de notre historicité sont quand même bien autrement charpentées que de suivre bêtement les dérives apparentes du dernier siècle ; de qui les révoltes s’utilisérent afin de continuer et parfaire l’analyse de cet-être que nous sommes ou plus exactement qui est par devers nous et dont nous sommes l’effet, aussi bien l’humanisme que le moi. Après tout Platon ou Descartes n’étaient pas des imbéciles, c’est quand même évident. D’une part.

Et d’autre part, il faut se contraindre à admettre que ce qui eut lieu, eut lieu ; et donc non sans raison, non sans profondeur, non sans rigueur. Ou alors tout est stupidement là, bête butée, mais les animaux eux-mêmes sont incomparablement plus subtils. Que voulurent Nietzsche, Heidegger et les autres ?

Que tout cela ait un « sens » ne signifie nullement qu’il soit humain et facile ; et c’est justement là que Sartre, Lacan ou Nietzsche ou Heidegger pointent extraordinairement justes. En plein dans le mille, et c’est la cause secrète de leur extrémisme et de leur absolue validité à eux (comme de Platon ou Descartes à eux-mêmes) ; ils manifestent l’altérité qui se cherche furieusement (que ce soit par le Un ou par l’Altérité, c’est le même, le Un est scrupuleusement Autre, sauf chez les esprits magiques et obscurs qui croient que dieu vient à point pour leur faciliter la vie, superstitions abominables).

Parce que l’on peut refuser toute la philosophie occidentale pourvu que cela en vaille le coup, autrement dit que l’on use de cette révolte absolue afin de remonter intégralement le réel ; ce qu’ils firent. Et de fait la philosophie n’a cessé de se renier ; l’infidélité est assoiffée ; puisque chaque Un se doit de recommencer. C’est précisément de cette négation que s’active la certitude ; elle ne tient pas aux contenus, elle est par-dessus les contenus, les pensées, les systèmes ; et cible l’arc de conscience de chacun ; la philosophie est le vrai universel qui tient en l’Adresse ; c'est-à-dire en et par chaque arc de conscience, qui est appelé à se retourner intégralement ; aussi lorsque Sartre, au bout de cette historicité, approche au millimètre de l’acte de conscience et qu’il se doit de le décrire au plus exact (de même que Lacan suivra à la trace les tours et détours de l’invraisemblable mécanisme qui investit la cervelle rêveuse, tout l’inconscient, tout le moi, tout le conscient), Sartre se doit de se vouloir, lui-même, comme cet-exemple, l’exemplaire acte de conscience qui s’est pris lui-même comme rupture totale d’une réalité nécessairement détotalisée et peine à retrouver le chemin de l’universel, question qui le hante outre mesure ; puisqu’il demeure malgré tout dans l’attente ou l’idéal d’une humanité mais tellement rompu par chaque acte qu’elle reste idéale cette humanité.

Autrement dit Sartre est à ce point acharné, attaché à son devoir ontologique, son rôle fondamental (qui ne cédera pas sur l’envolée heideggérienne, il est trop français pour se perdre de vue), qu’il doit bannir l’universel et haïr l’occidentalisation idéaliste, que son regard se décille et qu’il puise percevoir nu et sans rien le surgissement de conscience sauvage, toujours fulgurant, n’appartenant, libertaire absolu, à rien (n’oublions pas que La nausée porte la dédicace pour Céline… Céline le monstrueux, la conscience petite-bourgeoise, infiniment cruelle et incomparablement « existentialiste », l’existentialisme fois dix mille, on est véritablement au bout de la nuit, les choses ne se nomment pas, ne se disent pas au hasard, et aucune conscience n’est parvenue à ce point extrême d’in-ex-sistence, ça ne s’est jamais vu et elle fut unique). Montrer l’altérité du sujet structurel impossible est l’illumination pour Sartre, tout à fait stricte et rigoureuse, la mystique occidentale instantanée, qui tient en un seul laps, battement, la grande remémoration en-dessous de tous les mondes, toutes les vies.

Le même extrémisme se retrouvera, impitoyable, par Lacan ; Lacan l’incompréhensible montre, expose, exhibe les détours du mécanisme de conscience tel qu’il s’ex-siste d’un corps. Comme, donc, un seul point d’arc de conscience, sup-posé du réel, inattaquable, que ce soit la racine de l’arbre de Roquentin ou le bloc impraticable lacanien de jouissance horrible qui nous tient et nous retient en interne, tout autant et incompréhensiblement externe, expose tout l’ensemble du corps, de la cervelle, du moi et du conscient, de l‘humain et des mondes représentés qui furent ; il ne fait aucun doute que ces deux-là ont atteint le point de chute de tout l’être de l’homme. Le chas ou le trou par lequel toute humanisation passe, passera, est passée.

Et ceci c’est évidemment confier une aveugle foi en ce qui eut lieu ; puisque cela s’est dit, à tel moment et de cette manière, leurs points de jonction valent leur pesant de révélation. Sinon ils ne se seraient nés historiquement.

Mais cet accès n’eut lieu qu’à ce moment précisément historique là ; il ne fut atteint qu’en ces êtres dépouillés de tout, étrangers et secs, sans rien, dénudés, comme le fil, et les derniers fils sans ascendants. Tout comme le christ est le fils, tel quel, le fils du Un. Indépendamment de toute croyance ; parce qu’indépendamment de toute croyance il s’affirme dans l’historicité des liens qui sont des rapports, hyper objectivement présentés ; de sorte que la raison raisonnante n’y comprend rien, tenant pour acquis ce qui fut une révolution structurelle et qui doit se continuer sous peine de voir revenir ce dont les révolutions structurelles nous ont délivré ; il faut penser les structures historiques à leur niveau, leur degré d’ébullition, parce qu’autrement ce dont ces restructurations nous libère c’est la ligne de mort qui ordonne le monde ; le monde livré à lui-même monte immédiatement jusqu’aux enjeux maximaux qu’il contient (la violence mentale, l’exploitation, la violence physique et le massacre des opposants) ; où que l’on soit et quelle que soit la situation de telle ou telle société humaine, sans la restructuration la causalité et le nécessitarisme du monde s’impose à nouveau en grignotant, en s’immisçant par tous les interstices (puisque matériellement il est plus de quantité de monde, de déterminations du monde que de structurel, de loi, de retournement (grec), de renouvellement (monothéiste et christique), de recommencement (cartésien et suivants).

Autrement dit lorsque l’on s’entretient du Dieu Un tout-Autre, des Idées et de celle du Bien, du Corps du Christ, du Sujet invisible cartésien, c’est afin de nous soumettre à l’altérité la plus dure et la plus non humaine, de celle qui peut abandonner la corpulence du donné ; altérité en l’occurrence métaphysique ou divine, ou du point d’attirance (hors la naissance-mort du christique, dans l’autre-corps) et enfin non plus métaphysique (qui structurait l’intentionnalisation hors du groupe humain et menait l’expérimentation une par une, individuelle) mais cartésienne et ontologique (qui commence de rechercher l’origine structurelle antérieure à la pensée), ontologie retournée comme un gant, les yeux devant la tête cartésienne ; et de tout cela on ne s’est toujours pas remis, parce que vraiment on ne peut pas revenir de là-bas ; on est déjà de l’autre côté, du côté de l’Autre, on se Voit de ce point-là, externe à tout. Monothéisme, pensée, sujet, et puis les forcenés de l’altérité qui poussent au plus loin possible la structure c’est ce en quoi l’on pense, ce qui veut dire, au sens plein, ce comme l’on intentionnalise la réalité à partir du réel, les contenus synthétiques à partir de la conscience analytique. Et Sartre et Lacan tiennent ce point au lointain, les plus extrémistes qui ne cèdent ni à la volonté et l’affirmation d’elle-même, idéalisée, ni ne plient face à l’Etre et sa thaumaturgie ; ils analysent. Froidement. Et avec cette sorte de distance, que l’on connait assez, française. Les français ne sont pas sérieux au fond, ils jouent. Ils sont tellement imbus d’eux-mêmes (on ne sait trop pourquoi) qu’on leur fait difficilement accroire.

C’est l’investigation, l’exploration de ce point de l’altérité pure et brute, que l’occidentalisation mène. Le point au travers duquel traversaient les autres civilisations, les autres pensées en préfigurant l’absolu comme au-delà et dont l’occidentalisation investigue, faisant retour, qu’il soit une articulation, ici même, en chaque point du réel et par l‘entremise de chaque arc de sujet, sans que soit constatable qu’il désigne un absolu au-delà mais au moins qu’il dessine un décalage ontologique dans le fil même du réel, comme présent d’une part et qui d’autre part s’étire dans sa dimension exigüe que la pensée, le mono et christique, le sujet et l’altérité visible à partir du dit sujet impossible à la fois explorent et inventent ; le cheminement est créé, est de cet ordre dans la dimension en quoi consiste le Créé ; l’exister qui se continue via chaque arc, puisque chaque arc est le re-pli dans le pli, le re-tour, le tour à nouveau dans le présent, lui-même torsion ultime.

Aussi lorsque nos modernes, ces aventuriers qui lancèrent leur esprit sur l’Autre versant de la réalité, et qui avancent rigoureusement de l’Autre côté, tout comme Plotin ou Hegel en leur moment propre, prennent figure de non-humanisme, il n’est effectivement rien de plus strictement étrange que leurs explorations ; ils ont pris appui sur l’au-devant du sujet. Le point qui n’est pas. L’Ex-sister qui nous tracte. Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan sont au-devant de nous ; rien, ni personne n’est sans sa raison interne et sa possibilité externe, il faut ainsi retracer tous les trajets qui eurent lieu, rechercher le diagramme, établir la cartographie du réel expérimenté.

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La direction du réel, en une fois

25 Août 2016, 07:06am

Publié par pascal doyelle

Faisant suite à tous les mondes particuliers (qui se fondaient sur une tentative de synthèse du donné, tel que ce donné, ce monde apparaissait et tel que tel ou tel groupe humain se présentait à ses propres yeux et selon sa propre expérience partagée entre tous, en un langage et une parole et ses échanges),

il vint que l’activité (de produire des mondes) prît conscience d’elle-même et commençât d’isoler le savoir.

Contrairement à l’interprétation humaniste, rationaliste, objectiviste (et en tout cela rien de péjoratif) ce qui fut découvert n’était pas simplement le report du monde s’expliquant lui-même, mais la dimension à partir de laquelle il nous est donné de reprendre le monde donné ; c’est d’être décalé du donné, du corps, du vécu, qu’il est possible de le représenter.

Le dit décalage ne signifie pas seulement un léger pas de côté qui nous permettrait de comparer le monde et le donné, le donné et le monde, le corps et l’image du corps, mais est l’abîme qui nous emporte et nous lance sur autre chose autrement. La dimension est ce en et par quoi un tel décalage est possible ; autrement dit l’univers est bien plus compliqué qu’on ne le croyait ou que la raison objective s’entend à le croire, et le fait est que cet univers crée un être susceptible d’être autre que lui-même et que ce décalage est la fondation de ce qui peut devenir ; hors ce devenir, les choses, les mondes se répètent et si ils ne se répètent pas c’est que la dimension, structurelle, pousse à s’étendre, s’amplifier. Sinon le monde serait tout plat et nous-mêmes juste un petit débordement, totalement incompréhensible (sinon de constater que justement « on est un petit débordement », ce qui n’explique rien du tout) ; pour expliquer et ne serait-ce qu’exposer (que l’on s’en rende compte enfin, que ça nous parle) ce décalage il faut bien le constater et le désigner. Ou alors comme fait la raison le passer sous silence et faire comme si « c’était naturel » qu’il y eut un tel écart. La philosophie a tenté mille fois de l’expliquer et s’ne est approché, mais au moins, au minimum, elle a signifié ce décalage (dit ontologique, il faut bien créer le discours adéquat à cette dimension) et non ne s’est accommodée et fait semblant de son évidence plate ; dès que l’on pointe l’écart ontologique on tombe dedans.

La dimension qui s’ouvre par l’être humain ne joue pas sur le langage, le corps, la cervelle ou des suppositions encore plus ésotériques, mais par le mécanisme très « simple » en soi de l’arc de conscience (en réalité il n’est pas du tout clair et net, sinon il serait un « objet », sa formulation méthodique serait « objectité ») ; forme vide et sans rien ; l’arc est un mécanisme qui sort de la cervelle, certes, et se tient du réel ; c’est parce qu’il est rapport à soi qu’il peut, en ce rapport vide, l’emplir de choses réelles et de choses possibles, qu’il invente au fur et à mesure (quitte à bouleverser son environnement et anéantir plus ou moins ses congénères). Le dit mécanisme nous emporte dans son possible pur et simple (il est formel et peut se réclamer d’une perfection très étrange, sans composition) ; dans ce sillage il s’invente des représentations, d’une part et d’abord celles des mondes particuliers un par un (tribus, royautés, mayas, Égypte, etc) et puis d’autre part et soudainement (enfin autour de la méditerranée et pas si soudainement que cela) il se fonde sur le mécanisme lui-même et rétrograde les synthèses dans une analyse plus actualisée ; il ne suppose plus un monde complet mais un formalisme ; qu’il nomme la pensée, dieu ou le sujet ; le développement de cette prise de conscience (de l’activisme de conscience, de cette accélération de l’intentionnalisation par les grecs, et de l’intensité de l’intentionnalisation par le monothéisme et le christique, de son re-pli, re-tour, nouveau tour en plus par Descartes et suivants) est relativement rapide, voire hyper dense et invraisemblable ; tout est jeté dans le feu qui dévore.

Mais le feu qui dévore est aussi la structure qui engendre quantité de représentations, de signifiants à propos du monde, des corps, des autres et de son activisme même ; elle se représente elle-même tout comme elle re-présente le donné en dehors ou en plus des synthèses (une synthèse se produit presque sans effort ; il suffit de parler et le groupe reprend en chœur) ; l’analyse suppose que l’on dresse le plan , la base, le sol sur lequel on analyse (l’être par ex) ; elle ne peut que se-vouloir elle-même, accuser intentionnellement qu’elle se veuille intentionnellement ; la réflexivité des grecs est « la pensée qui se sait », elle n’est pas la pensée qui pense, mais la pensée qui (re-tour) se sait ; le dieu unique est le Un tout-autre qui se dit tel (autre que tout monde, l’ayant créé, ce qui est pratique, et autre qui vient exiger une loi et puis une foi tout à fait hors du champ du donné là, du vécu, du corps, de l’intérêt du monde, de la ligne de mort qui délimite tout ce qui est du monde et pour finir hors de la naissance-mort, et donc en-plus).

L’ampleur est évidemment considérable et ça n’est pas parce que l’on en vit depuis 25 siècles (au minimum) et plus particulièrement depuis que le mécanisme fonctionne à plein, ayant découvert qu’il prenait assise sur le monde donné là, galiléen par ex, et le sujet absolument co-présent à son propre réel (et au réel même, cartésien) que d’aucuns se lassent de leur super-monde humanisé et individualisé, parce que si ils étaient plongés à nouveau dans un des mondes humains particuliers, dans une communauté resserrée et étouffante (outre qu’ils ne dépasseraient pas les 25 ou 30 années de vie, avec beaucoup de chance), les épuisés lassés du monde occidentalisé rebrousseraient bien vite chemin, bien contents de se lover devant internet, au sens propre et figuré.

Bien sûr on peut rêver d’une utopie et il le faut, mais la réalité est effectivement là, telle quelle, et pas autrement ; on pourra faire des pieds et mains, il est impossible de remplacer ce qui est par ce qui n’est pas, aucun rêve, aucune cité construite mentalement n’équivaut en complexité (et réalité) à celles qui existent vraiment ; la question est de comprendre ce qui est, pas de supposer un autre être humain ou une pensée angélique.

Dans le même genre, on ne peut pas comprendre ce qui eut lieu, le surgissement de la pensée, de la conscience de cette activité de-conscience, de cet activisme, de cette accélération, si on définit seulement le mécanisme comme un simple raisonnement ; la raison n’explique pas du tout la pensée et encore moins le sujet et encore moins ce mécanisme absolument étrange (qui rend possible entre bien d’autres qu’il y ait raison et science et droit, etc ) ; une massive compréhension plus fulgurante est requise qui puisse admettre l’irruption dans la réalité d’un décalage abyssal, dont on ignore la nature et qui n’est pas bêtement la rationalité de l’objet ; tenant, ici, que le dit objet est précédé du sujet, et que de cela l’objet n’explique pas le sujet et que la précédance du sujet doit ainsi faire l’objet, hyperbolique, d’une autre sorte de discours dont on admet absolument qu’il soit la philosophie même, telle que depuis le début ; encore une fois qu’il y ait « philosophie » est un fait, et tenir qu’elle soit seulement une sorte de prolégomène à la raison, bien raisonnable et raisonnante, est une explication tellement courte qu’elle laisse plus soif. Dans la même suite ; on pourra multiplier autant de rationalité que l’on voudra, elle ne permettra pas de réguler la dite soif qui nous anime et au contraire même nous poussera aux dernières extrémités, aux dernières folies, puisque la raison ripe, glisse, n’est pas en mesure de prendre conscience de la conscience (qu’elle transforme en divers objets, pour faire court, autant scientistiquement que selon al consommation ordinaire déjantée).Pour méta-penser le méta-sujet il faut une méta-réflexion ; autant dire, c’est plus simple, que pour penser le sujet il faut une réflexivité.

Si l’on se demande quelle est la discipline qui permet de relativiser notre être (ce qui parait impossible, de où un être peut-il se situer pour se-vor lui-même ???), c’est toute la problématique philosophique ; situer cet être et le point à partir duquel il se-voit ; on affirme donc ici et réaffirmera qu’il s’agit du mode opératoire de la philosophie, que cela a déjà eu lieu, mille fois, et que ça se poursuivra par la suite (si nous survivons, ce qui est peu probable ; et oui, la réflexivité, une espèce « intelligente », ça ne réussit pas forcément) ; laquelle philosophie doit cependant être lue tout autrement qu’elle ne fut dans les doxas ou les orthodoxies ou les caricatures très habituelles (pour la plupart noyautées par la raison raisonnante, sorte de transmission molle du vrai, du bien et du beau, de l’universel abstrait et sans gout, très kantiennement…) ; elle doit être lue en tant qu’elle ne prétend pas d’abord démontrer la suréminence de la dimension mais que d’une part elle la démontre (plus ou moins) et que d’autre part et surtout elle la montre, là, telle quelle, en action ; de ce que Platon dialogue et de ce que Descartes monologue, si l’on veut, en acte. Ils nous y font assister. Et accessoirement que l’on n’y peut rien comprendre si l’on n’intègre pas en soi, cad hors de soi, le décentrement qu’elle cause dans un arc de conscience…

On remarquera que ce faisant on ne dit rien d’autre ni de moins que les dernières positions acquises ; soit donc par Sartre (et en son mode opératoire à lui, Lacan) ; la conscience n’est pas ce qu’elle est, et est ce qu’elle n’est pas ; la formule est hasardeuse et au fond en partie difficilement compréhensible, elle parait une facilité (comme quoi pour comprendre il faut lire … peut-être pas les 600 pages de l’être et le néant, mais presque) ; et on eut tôt fait d’oublier la description systématique de notre sorte d’être, par Sartre, pour la raison que l’on préfère remplacer la torsion du cou extrêmement douloureuse qu’il impose, par l’élaboration d’un gros objet, définissant l’Etre sous une variante ou une autre, parce que l’Etre comme Gros Objet n’implique pas que l’on cesse d’être le moi que l’on est (il perçoit simplement le Gros Objet là au-devant, sans se bouger d’un pouce, iota ou milligramme) ; tandis que Sartre c’est une autre paire. Comme on dit.

Cad que pour penser ce que Sartre veut dire, il faut le prendre sur soi mais à l’envers, puisqu’il écrit à l’envers, tel qu’il sied. De même si l’on traite Descartes par-dessus la jambe ce sera d’une cabriole le tramant en telle ou telle caricature, qui se pavane si assurée de sa forfaiture « Descartes oh quelle comédie ! ».

Faites-en autant, que l’on s’amuse un peu.

Non, il faut le prendre par le dedans du faisceau qui perçoit le réel, comme il s’est apprécié lui-même, situé par devers lui-même et autre que lui-même. Se retourner comme un gant ; lorsque l’on se regarde dans le miroir, on se déplace mode star trek dans le miroir et on se voit de là-bas, enfin on en sait plus si, l’on est ici ou là-bas et quel est le là-bas ou l’ici. C’est comme ça que le miroir apparait dans le monde donné (sinon il n’apparait pas).

La gyroscopie, pour ainsi dire, la torsion du cou, que cela nécessite est le décentrement du réel en une fois ; qui se rend compte que le réel existe en une fois et qu’il est intégralement une réflexivité dont on croyait qu’elle n’appartenait qu’à l’humain, mais dont il se révèle qu’elle constitue l’intégralité de tout ce qui est. Le présent est la réflexivité intégrale de tout ce qui est, forcément, puisque tout l’être est produit à partir de l’exister, et en propre, elle est une certaine formulation de la réflexivité très exacte du réel même ; de sorte que la philosophie est « ce qui a pénétré » dans le lieu-temps, hors temps et hors lieu, de la dimension antécédente à toute réalité, lequel est au plus proche, pas besoin de parcourir les éons ou la totalité totale, et la philosophie se glisse en ce qui précède, continuellement, toute réalité et toute conscience ; l’exister.

Dont elle dresse le paysage au fur et à mesure de ses avancées par la dimension cerise sur l gâteau, pour s’étendre dans la dimension, il faut l’inventer (lorsque l’on invente quelque chose, c’est un exister réel, pas un artefact, sinon qu’ici on invente l’épaisseur ou une tangente de l’épaisseur, sans épaisseur, de l’exister, du présent ; chacun comprendra que le présent n’a pas de « dimensions », puisqu’il est celle antérieure).

De sorte et au sens où l’arc de conscience qui prend exclusivement appui sur le réel donné « là », est lui-même une torsion par ce qui, de fait, en est déjà une autre. Torsion dans la torsion, au fond c’est très logique.

Remarquons qu’il faut bien que l’arc de conscience prenne appui sur le réel ; sur quoi aurions-nous voulu qu’il le puisse sinon ?

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Désir et dépression, et au-delà (ou en-dessous)

24 Août 2016, 15:30pm

Publié par pascal doyelle

Le conscient, à quoi on réduit l’arc de conscience le plus souvent, est une découpe dans l’horizon ; c’est l’horizon qui est premier, mais qui ne serait pas sans les objets, les signes, les découpes opérées situés au-devant ou sur l’horizon ; l’horizon en philosophie est l’être (et d’autres représentants, signifiant du Même Bord), et pour cela se dissimule en ce principe ce qui peu à peu remonte de l’horizon. Il faut imaginer le cercle qui s’étend ou éclaire selon ; il a une direction, et doit se diriger dans l’obscurité, et peut s’égarer, errer, et statistiquement il revient dans la direction du seul réel, qu’il dé-couvre peu à peu ; le réel ne manque jamais ; il s’étend, là devant, et non seulement l’arc de conscience le produit, mais le cercle se déplaçant crée la lumière. Il dépend de l’orientation du cercle de lumière d’avancer dans le réel-réalité.

Et quoi que l’on fasse c’est ce qui arrive. Ça n’est pas parce que l’on se conçoit tel un moi que l’arc de conscience, la structure et le réel n’en poursuivent pas moins leur chemin ; or néanmoins la structure du réel est telle qu’elle ne peut pas se poursuivre sans qu’il s’y décide et il s’y décide via chaque Un ; il revient à chaque Un d’avancer et aucun Un ne peut avancer sans tous les autres. Par quoi ce qui existe individuellement existe aussi universellement ; ce qui existe universellement ça n’est pas l’universel mais l’adresse universelle du Un en chacun. Ce qui ne veut pas dire que le Un doit se réaliser en tous, indifféremment, mais que le Un est la forme de chaque Un et existe individuellement, c’est absolument fondamental, radical et il devient impossible d’imaginer le Un autrement que via la multiplicité des uns.

Si l’on se demande ce que peut être la forme en chaque un, qui peut paraitre obscure, c’est la personnalisation ; soit ce que nous pratiquons depuis au moins la révolution unique (l’unique révolution qui puisse exister, sous-entendue « qui n’est pas terminée du tout »). Et qui antérieurement à la révolution se pensait sous et vers l’universalité, argumentant chacun à se distinguer sous l’humaine forme généralisée et déjà puissamment individualisée quoi non encore distincte ; pour qu’il se distingue, pour que chaque individualité soit autre, il faut que chacune assume et affronte la dispersion, l’ontologique dispersion, et la noirceur de l’existence (ou son corolaire, le désir). Ou plus généralement l’exigence que ici et maintenant, durant une vie, il y ait à réussir ou échouer son bonheur, sa réussite, sa satisfaction, sa réalisation (il n’y a plus d’au-delà qui rattraperait l’échec dans le monde vécu ; sachant que pour la majorité des individus, il y aura sinon échec du moins demi-réussite, et que l’insatisfaction, au fond, dans le creusement, règne radicalement, quant au désir tourné vers le monde, les corps, ce qui est la définition même du désir).

Affronter la noirceur de la réalité (qui aboutit à la disparition, décomposition, puisque la réalité est composée), c’est admettre en soi la déflagration, l’abîme et la démotivation quant à l’exister, quant à la vie (connue ensuite sous les formes du moi, angoisse, dépression, etc, de même que le désir et donc la sexuation sera elle aussi problématique pour les mois, puisque désir et dépression permettent justement à chaque individualité d’être individualité, à la source même). Désir et dépression, volonté et noirceur sont afférant à l’arc de conscience ; il n’est désir et dépression que dans l’économie générale d’une stratégie individuée extrêmement ; et l’individualité se signe, s’affirme et se nie par ces voies résolument précises, et précis au premier chef de ce corps, de ce vécu, dans le plus concret même, dans la densité, la matérialité oui, et la matérialisation des intentionnalités, la soudaine précision, voire ensuite la technologisation des gestes, des schémas, des professionnalisations ; s’affirme et se nie, à la fois ; parce que ce qui ex-siste sous dépression et désir c’est non la composition de la réalité (de chacun dans la vision du désir et l’abime de la dépression et sa décomposition) mais l’introduction du réel en plus de la réalité ; chaque moi tend vers un sujet (impossible par structure et existant comme tel). C’est ce qui arrive en chaque moi, chaque personnalisation, qui aimerait bien que la danse cesse, mais le « moi » n’est pas une chose naturelle et il se tient du réel non de la réalité.

Or on a vue que « sujet » est dit impossible, et que si on continue, ici, de l’assigner à un individué (absolu, cad radical, non pas absolu comme Tout, il n’existe jamais de totalisation, mais absolu comme Un, comme forme, laquelle est impossible dans le monde, située sur le Bord du monde) et que le sujet qui se cherche dans le vécu, le relationnel, le désir, l’organisationnel (cad ce qui ordonne, régule toute une société humaine) bien qu’ontologiquement individué, est multiforme ; autrement dit l’acte de conscience, celui qui attire stratégiquement tout le matériel humain, est réparti point par point ; le sujet de chacun est littéralement et dans le fait même de la réalité (et pour nous la plus proche, notre moi, comme le fut l’idéal universel avant la révolution unique), est le sujet historique ; on comprend bien que ça n’est pas du tout un sujet universel (qui est une vue de l’esprit), mais chaque fois un sujet individué ; ça ne se peut pas qu’il ne soit ni désirant ni dépressif.

Si la conscience était le conscient seulement ou l’esprit ou ce que l’on voudra, il faudrait imposer au donné un universel, une caricature autant dire ; si l’arc de conscience est sans rien et pure attirance de dans et par le réel, il emmène tout le monde, toute détermination, entraine dans son cercle ; aussi limité soit-il le cercle est déterminant ; ce qu’il propose dans le monde est en-plus ; n’est pas enregistrable dans le donné, parce qu’il n’est pas déjà-déterminé dans le donné ; et il est clair qu’il dépend de la motivation et que sa motivation il la tire de lui-même ; si il n’engendrait pas son énergie dans et par l’acte même, il n’échapperait pas d’un donné vers une création de donné ; et cette énergie se prend sur le corps. On ne peut pas mouvoir le corps en de certaines orientations ou désorientations, sans se prolonger de tangentes du réel, par-dessus la réalité.

De cela que chaque moi est bien étrange et pour tout dire démoli du dedans ; tout moi est engouffré dans le cercle qui se meut ; comme il ne s’agit pas de grandes planifications de type universel, mais de structurelle acquisitions ou dégradations du corps, du vécu et du moi, de sa psyché (dans le sens de toutes les psychologies ou psychanalyses que l’on voudra), il faut imaginer que le cercle est intime à l’arc (ou comme dit Lacan extime, l’interne de l’arc, qui n’est pas du tout l’intériorité, le subjectivisme, étant aussi l’externe, le corps pour el moi, la surface –autre que lui est le corps) ; et c’est en ce sens que l’arc est la puissance la plus précise immédiatement ancrée dans une perception, une imagerie, un corps, une densité ; par ceci l’individué outrepasse (en l’intégrant, puisque rien de ce qui est réflexif en peut délaisser la réflexivité, ça n’est pas un monde particulier qui disparait et n’est repris en aucun autre, c’est une continuité de forme qui passe d’un stage à un autre), l’individué outrepasse l’universel ; nous sommes entrés, depuis quand même 2 siècles, dans un autre registre ; le moi en est la structuration (ce qui ne signifie pas que l’universalisation se soit pétrifiée ; elle continue de se déployer ; plus de science, plus de droit, plus de constitutionnalité, technologie, communication, etc).

Or donc cela veut dire qu’il n’est pas de désir ou pas seulement et surtout pas dernièrement ; dernièrement il est une structure ; qui se déploie ; elle est, là, en tant qu’elle ex-siste et donc qu’elle tire tout vers l’avant ; elle tracte ou attire. Et la philosophie n’est pas de dire ce qui n’est pas, mais de montrer ce qui existe ; de re-découvrir ce qui est-là, et ce qui est-là est l’ex-sister ; la forme qui engendre vers l’avant. Il est, antérieurement au désir-dépression, une absence de désir et dépression ; ce qui évidemment ne veut pas dire « rien » mais l’être, la structure qui rend possible désir et dépression (comme tout le reste).

Remonter dans la structure c’est la créer ; comme on est débarrassé d’identifier notre être par ceci ou cela (esprit, pensée, raison, moi, conscient, volonté, image, universel, etc), ce que l’on désigne c’est l’arc qu’est chaque conscience et son accès est réservé précisément à chaque Un ; ou donc la vérité est ce que chacun décide dans le cours historique du réel. L’accès au singulier est déjà accompli par chacun, de là que tous, un par un, nous soyons si étrangement égarés, azimutés, dispersés, et que notre vécu, notre corps, notre image et cet autre-corps qui se produit incessamment, nous inquiète, sombrement ou énormément, selon le désir ou la dépression.

Le souci est celui de la portance du corps ; que peut-il porter et comment ? C’est une part de l’engouement de Rimbaud et la finalité de toutes les rives et dérives depuis au moins deux siècles ; rendre l’arc capable de tout ce qu’il peut en un corps ; l’établissement du domaine de relance de la conscience-arc dans la réalité, est aussi son approche subreptice, exploratrice du réel ; dont le seul qui ait osé passer outre est Heidegger ; que se passe-t-il de l’autre côté, plongé dans l’altérité du monde donné « là » ? Leurs acharnemenst à démolir l’occidentalisation est véritablement la volonté d’imposer le sol réel ou la structure réelle vers lesquels l’arc occidentalisé atterrit.Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan agrandissent le cercle dirigeant le réel dans la réalité donnée là.

L’accès au réel individué on pourrait dire qu’il s’agit de l’acceptation de tout, nietzschéenne, son innocence, son affirmation formelle, mais ce serait trop simple pour nous ; nous sommes devenus bien plus complexes qu’au début du 20éme (ça n’est pas au détriment de Nietzsche bien sûr, puisqu’il sût prévoir, saisir au vol la nature de la Possibilité, historique, du réel) ; et c'est Sartre et Lacan qui nous permettent en fait de bien plus sérieusement préciser, cerner ou discerner notre activisme ; ils en élaborent toute la profondeur de leur réflexivité ; la précision du cercle descendu dans le monde en somme.

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Glisser le long du réel

20 Août 2016, 08:07am

Publié par pascal doyelle

Rappelons qu’après avoir élaboré tous les possibles de variations intentionnalisatrices ; la pensée (soit donc les systèmes philosophiques comme machines intentionnelles ayant à créer toutes les différenciations, non aperçues dans quelque langage commun que ce soit, et différenciations qui n’apparaissent, n’existent qu’en tant que distinctions, susceptibles d’être constatables par et pour chaque expérimentation du donné là, du monde, et expérimentations par chaque arc de conscience, un par un, une conscience par une conscience ; ce qui signifie par l’expérience du Tout voulu comme Un, mais qui ne parviendra pas à se réaliser comme Tout, bien qu’ayant architecturé le Un aussi profondément qu’il soit possible ;

autrement dit on a créé des quantité de totalisations, le Un a été utile à ceci ; créer d’extensifs et intensifs systèmes de variations intentionnelles, eidétiques, au sens précis, et quand bien même la plupart du temps on crût à la vérité de tel ou tel système, l’ensemble des systèmes est ce qui constamment c’est offert à la vue de tous et de chacun, soit le kaléidoscope mental, intellectif, intentionnalisateur ; la vérité, au sens occidentalisée, n’est pas dans tel ou tel contenu mais dans le kaléidoscope qui s’ouvre en et par chaque arc de conscience ; c’est l’accès par chacune à l’ensemble de la possibilité qui vaut, qui est la valeur même, et l’ensemble de la possibilité est son accès ontologique à son exister propre, à la Forme du Un comme Présent (et rien d’autre). Soit accès à toutes les totalisations, et en interne à toutes les formes du Un. Que le Un soit séparé du Tout, signifie que l’on a trouvé la jointure telle que « là » hyper active dans la réalité, et en tant qu’il existe un Bord du monde, son exister, le présent pur et brut.

Et donc on a basculé en-dessous de la pensée,

et dé-couvert, dénudé le fil, le « là » du sujet ; que donc il est « un être », très bizarre, qui origine ce que auparavant on croyait tenir de tout notre horizon ; soit la pensée, qui s’instituait comme règne de toutes les différenciations du monde, ce qu’elle fut. On est passé en-dessous, ne signifie pas que l’on ait abandonné l’universel ; mais qu’il s’agit d’élaborer le mécanisme entier, le système formel qui rend possible que l’universel soit, d’une part, et que d’autre part on puisse construire la re-présentation, la présentation à vue, de cet-être en-dessous de la pensée ; c’est absolument ce qui fut à partir de Descartes ; et ce jusque Lacan (dont on a vu que Sartre et Lacan investiguaient radicalement, à la racine, à la base de notre réalité ; cad de ce qui vaut pour tout être humain quel que soit son monde).

Le basculement par en-dessous de la pensée n’est donc nullement l’abandon de la pensée (ce serait affirmer que Nietzsche, Heidegger, Schopenhauer ne pensent pas ; ils élaborent au contraire une vision articulée (au réel) et cohérente (afférant à une possibilité de variation intentionnalisatrice créatrice de systèmes offerts à quiconque s’en donne la peine (on n’a rien sans rien). Tel n’est pas le cas ; si on passe en-dessous de la pensée c’est afin de dénicher la cohérence encore plus réelle que la pensée, qui origine la pensée, qui structure toute manifestions humaine d’une part et d’autre part est articulée au donné « là » ; cad au donné, au monde et au « là », à l’exister pointu (au « là » de tous les donnés, lequel consiste ici en l’unique présent, mais on peut supposer l’Etre heideggérien, la volonté nietzschéenne, le dieu de volonté décidée cartésien, la cathédrale transcendantale kantienne, l’esprit qui renait de se voir continuellement hégélienne, enfin bref ce que l’on choisira, pourvu que l’on s’en donne les raisons précises et explicites, ce qui veut dire ; pourvu que l’on déploie, développe pour son arc de conscience toute l’intentionnalisation possible et crée l’accès à sa propre architecture d’exister ; développer les raisons c’est, de fait, augmenter sa conscience, soit donc augmenter la surface de son corps, de son autre-corps, sur la surface du réel).

Il ne faut pas se tromper ; le « là » de tous les donnés n’est pas l’être comme Totalité Une ; il n’est aucune synthèse totale de tout ce qui est, pour la raison qu’il n’existe qu’une forme-sans rien du Présent pur et brut. La forme de tout est le présent, soit la ponctualité absolue (à entendre aussi comme « ponctuel » toujours à l’heure, parce que, que je sache, ça n’arrive à rien ni à personne d’exister à côté du présent) ; indépassable. La forme est le présent qui se dresse constamment, la seule constante de toutes les réalités, et on ignore ce qu’il est, ce qu’il signe, mais « là » il existe.

C’est pour cela que la système de l’occidentalisation (y compris le Moyen-Orient, il faut le répéter, lire les gnoses et les mystiques des perses musulmans remet bien les idées en place, c’est juste fabuleux) est le système formel qui élabore l’architecture du présent, cad de cela seul qui existe (qui soit constatable, ensuite on croit, du verbe croire, ce que l’on veut, mais la base du réel est « là », au-devant de nous, de tous, de chacun). Le fait est que l’on a avancé en crabe, ou à rebours, ou en négatif ; lorsque l’on suppose l’être, on admet non pas un Tout-Un, mais une formule, très abstraite, qui permet (de par son abstraction, de par sa signification, son signifiant dirait-on) de produire quantité de distinctions ; pareillement le christique ou dieu lance des possibilités investigatrices d’une part et inventives d’autre part ; et le sujet, depuis le cartésien, ne cesse de pousser, s’étendre, se ramifier ; la ramification du sujet est ébouriffante ; il n’en finit pas, puisqu’il est impossible et que c’est pour cela qu’il existe ; il est littéralement et dans tous les sens, impossible. Ça n’est pas de ce monde, ça n’est d’aucun monde. Et il s’étend en créant non pas ceci ou cela, mais sa structure même ; l’articulation au réel s’architecture ; elle n’existait qu’instantanément séminalement, elle s’élabore, se métamorphose, se transmute ; elle avance sur le Bord du monde. Elle crée le Bord du monde. Ses descriptions sont les pas, un par un, échelonnés, par lesquels tout arc de conscience glisse sa tangente le long du réel avançant, en utilisant les descriptifs des philosophies (et puis esthétiques et éthiques et politiques et idéels) ; on ne peut pas restructurer sa conscience sans en passer par l’historicité, par le devenir des re-tours qu’opérèrent les sujets ; chaque système, de conscience, transforme l’arc de conscience.

Mais la transcendance du Un occidentalisé ne va pas sans le donné et le monde et fondamentalement le corps ; aussi lorsque chacun acquiert sa personnalisation (dans notre moment propre de l’historicité) il récupère la position même du point de tangente créé. De même que jusqu’à la révolution généralisée, l’humanisation fut l’horizon de toutes les transformations (ciblé comme universel), pareillement la personnalisation, qui suit l’humanisation et outrepassant l’universel, engendre les nouvelles sortes de rapport au donné et au corps et ce sont les révoltes, les marges, les négativités, les non humanités et surhumanités mais également les sujets et les grands sujets, et tout autant la structuration en mois, dans son organicité même pour ainsi dire, qui inscrivent les devenirs possibles ; on a vu que les mois délestés de l’universel, se perdent essentiellement dans le donné, alors même que les négativités, les révoltes, les inhumanités s’effectuent du dépassement de l’universel par le singulier ; ne parvenant pas à identifier ce singulier, celui-ci est interprété inversement ; comme effondrement du structurel dans le donné (abandonnant l’autre-corps pour le corps donné là, soit l’objectivisme tout crin, soit l’’économisme comme idéologie de ce corps).

Ce qui veut dire que l’outrepassement de l’universel doit élaborer son propre registre du réel qui ne soit plus mésinterprété et que le sujet ait à accéder à son insatisfaction, ce qu’évidemment la typologie du moi ne comprend absolument pas (Lacan décrit un être, du moi, envahi par l’attente de la satisfaction, qui n’a pourtant aucun lieu, aucun territoire, aucun support dans le monde, le corps, le vécu, le relationnel).

Le trajet et la rondontité

Aussi doit-on nommer trajet ou trajectoire la tangente que l’arc de conscience crée sur le réel, rond comme une boule comme chacun sait ; sauf que la « rondontité » est une seule ligne frontale qui crée par sa traction la réalité, les réalités, le Un crée les réalités, sans aucune totalisation, sinon localisée ; il est clair qu’il ne les crée pas comme « l’on crée dans le monde ou selon une causalité », qui s’applique à la composition qu’est la détermination ; la forme est selon la non détermination, le présent est un « être » non déterminé en lui-même,

et l’hypothèse est donc que le présent engendre la, les réalités, et un être spécifiquement qui est un rapport à (soi), cad rapport au rapport qu’il est ; or le rapport qu’il est, étant un rapport, n’est pas et il faut ainsi placer une distinction ; qu’il n’est pas mais qu’il existe, et le « soi » qu’il existe s’effectue uniquement, exclusivement au réel donné « là » ; arcbouté au réel comme position explicitement « là » au-devant, externe ; ou donc ce rapport est lui-même un être interne mais étant tangentiellement absolument vers le réel (il n’existe pas autrement), cet interne est lui-même « externe », cad un pli, lequel pli, pour exister, étant rapport à (soi), doit se re-plier, actualiser, de par sa propre décision, un re-tour, qui est aussi un tour-à-nouveau.

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Sartre, Lacan

16 Août 2016, 10:28am

Publié par pascal doyelle

Si l’on prend les deux dernières positions philosophiques, soit Sartre et Lacan, on définira leur registre propre par l’externe sartrien et l’interne lacanien.

On remarquera que l’un comme l’autre se situent à l’opposé de toute intériorité, subjectivisme ou objectivisme, et décrivent notre être tel que donné « là », structure posée sur le monde. Sartre est penché sur l’externe, la présence du monde, des choses, l’altérité existentielle, au sens précis de l’absurdité du monde certes, mais aussi de l’apparaitre totalement opaque de la chose, la chose non humaine (sans cependant glisser dans une pensée de l’altérité « illuminée », par la révélation de l’Etre heideggérien ou le romantisme hyperbolé nietzschéen de la Volonté, dont, rappelons, ils eurent besoin afin de manifester l’altérité de la réalité ; c’est que Sartre et Lacan sont … français … et qu’il est difficile pour un français de s’emballer outre limites, aussi par Sartre et Lacan revenons-nous à l’analyse stricte), mais l’externe est également autrui, les autres et de manière générale, comme Sartre tend toute sa capacité à situer le sujet ou plus exactement la structure de conscience, il éprouve une difficulté invincible à basculer le dit sujet dans l’intersubjectivité, le collectif plus encore et même l’universel, que via sa pensée, la réflexivité formidable qu’il conduit, on ne peut pas vraiment orchestrer ; aussi finalise-t-il le tout de son analyse en tablant sur un « humanisme », d’individus luttant corps et âme à sauver leur individualité, extrêmement solipsistes, morale de lutte, engagement et rigueur pire qu’impérative, puisque si absolument proche de la structure de conscience, Sartre reçoit, accepte, poursuit l’exigence terrible de l’acte de conscience, traqué dans tous les coins et recoins et, fondamentalement, dépouillé de toute intériorité qui pourrait pallier à cette verticalité existentielle.

Il va sans dire que Lacan abolit intégralement l’intériorité ou renvoie celle-ci à une plus grande circonférence (plus grande quant à la base, quant à la surface au sol occupé, sur l’étendue, extension du corps, et non une plus grande « intériorisation », en bref il montre la complication du corps, en quoi on lui reproche la complication de ses dits et écrits) ; mais dans les deux cas, Sartre et Lacan, c’est l’acuité de l’arc de conscience, dépouillé de tout, qui observe impitoyablement ses possibilités ; on est parvenu alors à une précision et une hyper objectivité quant à la structure, l’organisation interne et externe de notre être ; et si l’intériorité est annulée, la structure interne et externe foisonne de perspectives autant qu’il lui est donné, alors, de clarifier son vécu et son intentionnalité. Ou de la compliquer, de la rendre plus riche et étendue. Sartre et Lacan ne réduisent pas l’humain et le moi, mais ouvre la base structurée antérieure et donc permettent d’envisager une autre sorte de destin ou plus exactement de finalisation, assumée, de notre être, vécu, corps, relationnel. Et tout cela ne peut pas se comprendre sans réorganiser la vision jusqu’à Descartes au moins (et en vérité jusqu’à l’origine de l’historicité, celle autour de la méditerranée).

Ceci étant si l’on se limite à ne plus se considérer que selon Sartre ou Lacan (ou Heidegger et Nietzsche, ou quiconque à partir de la fin 19éme-début 20éme), on perd de vue que la structure de conscience s’origine dans et par une historicité monumentale et prolixe, emplie de possibilités. Que les mois, la forme actuelle de personnalisation, individualiste même, succédant à l’humanisation universelle, humaniste ne pensent pas à remonter le long de leur devenir, le long de toute cette historicité, veut dire que la forme du « moi » se limite tout spécifiquement à l’unité qu’elle crée sur son axe propre ; un « moi » est un « moi » par définition et donc se séparé immédiatement de tout autre centrement et plus réellement encore éprouve une impossibilité de décentrement (qui permet pourtant qu’une conscience qui se restreint au moi, au corps, au groupe, à la caste ou classe sociale, qu’une conscience puisse accéder au-delà de l’unification close de son contenu électif, ce qui autrefois décentrement qui s’imposait comme dieu, pensée, universel, révolution, art, etc).

Sartre et Lacan déroutent instantanément que le Moi soit le centre du monde ; mais c’est en vue de lui établir un Sujet (le dit sujet impossible, pareillement impossible selon le détourage externe et celui interne, pour Sartre et Lacan, et qui tient, sujet, de son impossibilité même ; là où le moi attend, espère, désire une satisfaction tout à fait délirante et psychiquement incontrôlée, le moi en est le jouet, et bien souvent s’effondre).

Sartre et Lacan offrent une technologie exemplaire dans la description et donc l’ontologie de notre être, puisqu’ils partent du regard tout à fait Autre ; celui initié par Descartes qui pose « là », au-devant, sur le sol réel, sur l’étendue du monde, notre-être comme étant cet-être ; la pensée, la représentation s’originant dans une structure qui n’est pas elle et littéralement Sartre et Lacan nomment cette structure et la décrivent.

La technicité philosophique est précisément qu’elle a affaire à un être absolument technologique ; l’arc de conscience, la structure est une technologie inventée par le donné là, la réalité ; la philosophie ne propose pas une sorte d’idéal, placé là devant les yeux, sinon accessoirement, mais un retour sur le réel tel qu’il est ; ce faisant dans la mesure où ce retour est absolument neuf, à chaque fois (puisque par ailleurs le présent consiste à renouveler et retourner la réalité, de par sa nature même, et plus encore la structure de conscience qui est enchâssée dans le présent, et en offre la réflexivité, et ainsi la continuité à nouveau renouvelée, pour ainsi dire), la philosophie dans le jeu même de (se) regarder l’être, le modifie instantanément ; l’arc de conscience, vide, se décide ; il engendre sa potentialité propre (si il tenait sa potentialité d’autre chose que de lui-même, il ne serait pas l’arc et évidemment ne serait pas du tout, et le réel, le présent n’aurait pas de relève).

Double technologie donc ; l’arc de conscience, vide, formel, (ayant par ailleurs inventé quantité de mondes humains particuliers), et prenant conscience-de soi, doit d’une part élaborer sa représentation et ce faisant d’autre part se modifie, au fur et à mesure ; non pas au fur et à mesure de son concept mais au fur et à mesure de son concept en ceci que ce concept est les et le rapport qu’il entretient et crée au réel ; Descartes ne nous donne pas éventuellement une espèce de formule débutant un savoir assuré, il décrit le dispositif de notre acte de conscience (antérieur à toute pensée, et c’est pour cela qu’on le retrouve constamment). Lorsque l’on a opéré les détours par Kant, Hegel, Husserl, Nietzche et Heidegger, cela nous revient en un descriptif incomparablement plus précis, de Sartre et Lacan, puisque l’historicité s’est produite ; l’humain qui se fondait sur l’universel, s’est réfléchi comme personnalisation, laquelle constitue le sens même de l’humanisation (passage de l’homme générique du besoin à l’individu des désirs, de la raison à l’autonomie réfléchie de chaque individu, ce qui est tout différent) ; sans personnalisation l’humanisation est quasi dépourvue de sens.

Et Sartre et Lacan ont affaire à ce qui a déjà concrétisé l’arc de conscience en un corps, en un moi ; la technicité sera ainsi adaptée à l’activisme très précis qui historiquement s’est rendu réel. La structure-conscience (celle qui a cessé d’être une structure-en-un-contenu) a donc retourné toute la réalité jusqu’à son point de jonction, bien réel ; raison pour laquelle la question du corps, de ce qu’il supporte de la charge ontologique est fondamentale.

Ceci se soutient d’une formulation générale tout à fait discutable mais qui s’impose ; on pourra imposer toutes les transformations extérieures, objectivement et selon l’universalité ou toutes les universalités que l’on voudra, mais ces opérations ne permettront pas de modifier la conscience que l’on a de notre être ; si modification il y a elle viendra de la structure même. Raison pour laquelle cette soif et nécessité de représentations nous absorbe ; il faut que nous sachions nous juger, dans l’ensemble des mass et micro médiatisations.

Les transformations extérieures (de technologie, de scientisme, d’étatisme, d’idéologie, y compris économiste) sont évidemment effectives mais leur centre reste le fantasme, le fantôme de conscience ; l’arc de conscience hanté par un « contenu », un contenu enrobé qui contiendrait à la fois lui-même et la conscience, collée à même imaginairement à ce contenu ; alors qu’aucun contenu ne peut assumer le centre de notre être, et contenu fantasmé que l’on tente de substituer de mille manières par mille objets (de désir, de volonté, de projet) et que l’on tente sempiternellement de retrouver dans le regard des autres. A commencer par notre corps, et non seulement selon les objets, produits en nombre, en quantité incohérente, irréaliste ; le moi est, ne serait-ce que pour cette raison là, l’axe fondamental de l’historicité ; et si cette conversion n’arrive pas dans et par le moi, ça n’arrivera pas (et pas de l’extérieur, de quelque extériorité objectiviste, rationaliste ou étatique ou économistique que ce soit). Si « cela » n’arrive pas, autrement dit la conversion interne, il se produira que l’ensemble des mois créeront un super moi gigantesque, tel un hitlérisme ou un fascisme, un Moi écrasant, golem, un visage d’eux-mêmes devenu fou et terrifiant. Ce sont les peuples qui créent les mois exorbités.

La puissance, la potentialité, employée par le fantasme central, est conscience fantomatique, fantasmatique (ce que dépasse Sartre avec son volontarisme assez abstrait mais précis, et que veut dénoyauter Lacan) ; qui est une structuration non de ceci ou de cela, de telle ou telle partie, mais de l’attention elle-même en ce qu’elle se déplace, qu’elle est ce qui meut. C’est ce se-mouvoir, ce déplacement de structure que ciblent Sartre (en externe, vers le monde, les autres, le projet, l’engagement) et Lacan (en interne dans le fond de l’œil qui (se) perçoit) ; élaborant une éthique qui plonge ses ramifications de structure tout le long de l’attentionalité, de l’attention à « comme l’on existe », et dans ce mécanisme d’articulation-au-réel ; il est quantité de systèmes qui nous traversent (et nous déterminant) mais il est un ou quelques points d’attirance placés là-au-devant ; les actes de visée de la conscience qui vient en retour vers nous (dite ici surface du corps, et, élaborée, surface du corps-Autre, qui sup-porte une plus grande conversion que celle allouée naturellement, immédiatement, par les autres et les contraintes données, une surface-autre créée, comme tend à nous en inclure les esthétiques, éthiques, politiques, idéels qui manifestent les outrepassements) ; transformer le retour (par lequel nous obtenons une image, subie en un sens, de notre réalité), en re-tour, c’est non seulement l’opération cartésienne telle quelle, mais c’est toute la technicité déployée par les philosophies, les créateurs, les esthétiques, les « sublimations », la psychanalyse et l’engagement hyper exigeant sartrien (en ceci par ex qu’il illustre le sens qu’il octroie au libre, solipsiste, comme Œuvre, surface d’apparescence qui conjoint les libres) ; le re-tour est le tour en plus, celui qui re-lance l’arc ; qu’il prenne le pli de re-venir sans rien, nu (ce que visait Nietzsche, sa grande affirmation délibérée). Que ce pli prenne place dans l’exister même, structurellement comme présent.

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Du sens de la révolution

13 Août 2016, 09:05am

Publié par pascal doyelle

Augmenter le Bord du réel, un par un

C’est la même chose de dire qu’inventer un universel (une loi, un droit humain, une pensée, une œuvre) c’est aussi le découvrir ; pourquoi ?

Parce que ce qui compte c’est le trajet ; comprendre que tout devenir qui se crée au fur et à mesure est effectivement réel et que c’est cela qui constitue la valeur et la validité de l’historicité.

On dira qu’il suffit de délirer et puisque ce délire existe il est vrai.

Mais il est vrai. De fait. On le sait bien. On le sait depuis au moins la psychanalyse. On ne dit pas « n’importe quoi ». On peut dire du particulier ou plus exactement un énoncé gorgé de particularités. Et on peut dire un énoncé plus universel, empruntant l’arc de conscience sur une plus grande portée, tension, possibilité ; mais on ne peut pas dire l’universel pur et simple ; parce que l’universel pur et simple est l’arc de conscience lui-même et que cet arc ne peut pas se dire ; par contre on peut dire un énoncé qui va en appeler à l’autre arc de conscience, à la conscience de l’autre ; ce qui veut dire « tenant au plus décentré ».

Ça n’est pas réduire la vérité que de la ramener à l’invention créée par un arc de conscience ; si on croit cela c’est encore revenir à une-Vérité, une vérité substantielle, massive, imposée sur tous les champs ; la philosophie a pu prétendre imposer cette sorte de Vérité, mais sa pratique même et ses effets furent qu’il y eut non pas une mais des tas de vérités, dans tous les sens ; et sa pratique est justement son être, la potentialité de la structure que la philosophie prend en charge dès le début ; elle est là pour cela ; pour réfléchir la réflexivité qu’elle essaie de catégoriser et qu’elle catégorise mais en explorant tous les trajets possibles ; qu’elle le veuille ou pas ; et la plupart du temps elle ne veut pas céder aux possibilités ; elle croit à chaque fois qu’elle va celer la structure ; mais si l’enthousiasme de celui qui crée, une inventivité, une inventivité ontologique, est compréhensible (il faut écrire avec plus que son être, manier l’hyper investissement et croire que l’on va « penser » et en ce cas effectivement on pense … mais son illusion il en est aussi le jeu (qui se joue, que joue l’arc de conscience au travers du conscient) ; le jeu philosophique est évidemment plus grand que le jeu de chaque philosophe ou philosophie ; sinon ça ne serait pas une discipline, cad cette sorte bizarre de science fondée non sur la connaissance seulement mais sur la connaissance et le savoir, le se-savoir de la structure qui est instantanément, non pas immédiatement, mais instantanément sa certitude ; elle se-sait tout entière en une fois (elle n’est pas un programme-corpus, mais un programme-structure, c’est la structure qui fait office de programme).

On peut dire que l’arc de conscience se propose de créer le réel ou plus exactement la continuation du réel (que le réel est en jeu dans son trajet individué de conscience), puisque l’arc n’est pas le subjectivisme mais l’architecture même de l’historicité (et ce dans les plus fines déterminations individuelles, de tout moi, ou dans les plus imaginatives représentations de tel ou tel monde humain). De même que le présent n’est pas le « présent » donné là bêtement mais l’origine de tout ce qui est, de même l’arc n’est pas le résultat particulier d’ensembles humains hyper déterminés, mais est l’activation de ces ensembles ; aussi lorsque l’arc décide soudainement, par les grecs ou le christique ou la révolution ou les années soixante, de subvertir la totalité humaine, étant le seul habilité à voir le Réel, il envahit tout (ce qui peut prendre du temps et une quantité d’efforts considérables, toute la réalisation humaine en fait).

L’arc ça n’est pas le « moi, je suis moi », ou plutôt le moi-je suis moi, est de plein fouet l’avancée la plus extrême de la structuration humaine ; on a vu que la personnalisation est ce qui prend la suite de la révolution que fut l’humanisation (on n’imagine pas une humanisation qui ne serait pas une individualisation, plus personne n’aurait de vie en propre, etc). La personnalisation est la réflexivité à l’intérieur d’une réflexivité acquise (l’humanisation qui est elle-même donc une réflexivité conquise ; il est évident que la réflexivité n’a pas fini de bouleverser les champs humains, si l’on survit). Le libéralisme (comme le communisme anciennement comme les théocraties, les étatismes et toutes ces choses) présentent l’individu en bout de chaine ; pauvre producteur qui avale ce dont on le nourrit ; mais la vérité, la véridicité historique est toute autre ; l’idéologie du corps, l’économie, adore nous traiter comme des machines biopsychologiques (ou corps-langage dirait Badiou) ; prétendant façonner l’historicité ; mais l’historicité est la marque, la cartographie du réel par les arcs de conscience ; cette cartographie c’est cela qui dure, qui tient le temps (parce que tout le reste se dégrade dans le donné, est dévoré par le temps, l’arc est le présent qui outrepasse le temps).

Le trajet de chaque pensée est réel ; autrement dit le réel est « ce qui supporte les trajets ». au sens de ; les trajets sont constitutifs du réel lui-même ; ou encore le réel est le Un à ce point généreux et indéfiniment réel qu’il permet, au sens d’autorise mais aussi de « rend possible » qu’il y ait quantité de trajets ; ou encore, on ne peut pas accéder à la Vérité, parce que, est c’est beaucoup mieux, la Vérité est l’ensemble des trajectoires dans et par le réel ; la vérité réelle est le réel et le réel se crée, via le présent (seul constant dans la réalité) ; le réel devient par les trajectoires ; le réel c’est évidemment la réalité, soit donc le monde, l’univers, etc, le groupe humain et son langage, etc, mais c’est aussi le trajet sur le réel lui-même des consciences qui se sont avancées dans la tension de l’arc, la plus étendue possible, par le réel ; non pas seulement dans le réel (en révélant telle ou telle structuration réelle déjà là) mais par le réel ; en inventant la suite du réel.

On dira qu’il n’est pas donné à tout le monde de porter l’arc de conscience au plus loin. Mais justement si.

Et en particulier sous notre registre, inventé depuis peu, de l’arc individualisé, personnalisé, de conscience ; tout moi, et chacun est un arc inventif de conscience en un corps, par un vécu, en un monde humain hyper précis et absolument complexe et chacun est amené à s’inventer soi, parce qu’aucun moi n’est « immédiatement » lui-même ; la personnalisation est un effort surhumain, on n’obtient pas les bénéfices sans les inconvénients d’une élaboration non seulement complexe mais prenant racine et miroir et images sur le corps même.

Autrement dit la trajectoire (réelle dans le réel) de chaque arc de conscience vaut loi, puisque l’arc est le mécanisme objectif, au sens d’hyper objectif. Les fous ou les tueurs veulent aussi que leur trajet soit la loi (cad la mort) ; dont on voit bien qu’un arc détérioré, abaissé, tombe dans la disparition (de soi ou des autres). Et c’est pour cela que la trajectoire essentielle de l’arc est dite « universelle » et que Kant énonce que l’universel vaut pour tous ; autrement dit l’arc de conscience n’est pas « n’importe quoi », ou la liberté n’est pas une fonction indifférente et affirmant tout et n’importe quoi ; une liberté affirme la liberté, et ce faisant on n’est libre que si l’on assume ou tente d’assumer la réalité et le réel (sinon, si on se réduit en dehors du réel on tombe dans la réalité, et donc dans la dégradation, dans la dispersion, ce qui signifie dans des petits bouts de réalité qui ne tiennent pas, qui ne contiennent que leurs pauvres déterminations). Badiou croit que l’universel tient tout seul et que les mois sont des « moments subjectifs », retrouvant Hegel en somme en un sens schématique en tous cas ; mais le réel est inverse ; les arcs seuls créent l’universel et l’universel n’a d’adresse réelle que les sujets impossibles.

Il est ainsi une possibilité dite universelle mais l’universel réel est celui qui annonce qu’il s’adresse à chaque arc et vaut d’abord et principiellement par cette adresse ; une adresse qui passerait outre l’arc de chacun retombe et est absorbée par le donné ; une Vérité qui s’imposerait aux autres sans chercher à activer ou à engendrer de par sa structure de recherche l’arc de l’autre est un mensonge et une faute.

Lorsque l’universel se réalise par la révolution unique (ou par les variations de la révolution unique, qui toujours en cours, mine de rien), ça n’est pas l’universel qui se réalise (la raison pour tous), mais que chacun soit sa raison, autrement dit ce qui se révèlera que chacun soit sa réflexivité. Parce qu’il est clair que l’universel pour tous fut outrepassé par le déploiement total de toutes les libertés. Il n’empêche que ce sera la « raison générale » qui prévaudra ; chacun assujetti au Vrai, au Bien et au Beau ; ce qui engendrera tellement de quantité de rebellions (politiques, esthétiques, éthiques, idéels, d’humanisations et de personnalisations) que ce sont ces révoltes contre la tenue impossible de l’idéal limité à l’universel abstrait, qui créeront l’historicité.

Que l’universel soit non pas en soi (où serait-il ?) mais de l’adresse à tout arc de conscience ne nie certes en aucune manière l’universalisation, mais implique que seuls les individués aient accès au réel, cad à l’histoire.

L’individué n’est nullement limité à l’individualisme ; l’individualisme est une variante qui se clôt lorsque l’on définit l’humain comme « nature humaine générale », déterminations (objet d’objectivismes, d’étatisme, de mass médiations, au sens de Debord quasiment) ; l’individué est la sur-prise de chaque arc tel qu’ils performèrent cent mille fois en 2 siècles ; chaque trajet invite chaque arc à devenir le sujet impossible ; romantisme, poésie divinisée, littérature survoltée, décuplée, surréalismes et Artaud, esthétiques s’employant en et par une éthique ontologique d’augmentation de notre être, idéalismes révolutionnaires, luttes et droits exigés, libérations et sexuations, le soulèvement des années soixante ; tout l’ensemble est l’actualisation de l’Adresse dépassant la lettre figée de l’universel (qui ne fut jamais réalisée, jamais rendue réelle puisque l’universel ne se saisit que par et pour des sujets impossibles) ; l’universel réel est le moyen d’individués qui décident et agissent.

Ou si l’on préfère ; on ne peut pas accéder facilement à la réalité et au réel ; la réalité et le réel sont radicalement la plus grande « chose » qui soit, il est quand même logique de penser que « ça ne sera pas facile ». Et le détour que proposent les inventeurs (quelques uns qui ouvrent les portes mais aussi tous dans leur propre avènement, ou tous par ex par le christ ou par bouddha ou par Einstein ou par Rimbaud) est le Grand Détour ; parce que de détour il n’y en a qu’un seul ; celui du plus grand écart possible qui en son extension, son élancement, son investissement réclame la plus grande part possible de soi, de son vécu, de son langage, de sa et de la réalité, du réel et de l’accès lui-même ; et le plus grand écart en un sens précis puisque l’on se tient ou doit se tenir sur le Bord, qu’il n’est rien qui préexiste au Bord et que celui-ci est tourné tout entier au-devant ; il n’est donc pas de notion, imaginaire, détermination antérieure, et le Bord, formel et vide, doit se tourner vers lui-même et user, façonner telle ou telle représentation afin de faire saisir l’in-épaisseur de l’exister ; raison pour laquelle il n’est que « ce qui existe soi-même en bordure de la réalité » qui soit capable de comprendre (sur soi) ce qui transparait du retournement du Bord sur lui-même ; l’acte de conscience existe comme bordure parce qu’elle est elle-même un arc qui se tourne vers, articulé au Bord réel du monde, enchâssé dans le présent, comme origine de la réalité.

il faut imaginer que les grecs proposent le grand retournement (du monde sur, vers lui-même, exprimé par la pensée) ; que le christique engage le renouvellement par l’un-seul de tout vécu, de la naissance à la mort perçue du dehors de cette ligne de vie ; que Descartes demande de se suspendre par-dessus en un « lieu-autre » posé sur l’étendue du monde ; que Kant et Hegel exposent la distance qu’il y a à accomplir (selon le monde vu du transcendantal ou la temporalité des devenirs des arcs négatifs de conscience) ; que les pensées de l’altérité (Nietzsche, Heidegger) voudront nous immerger dans le monde basculé cul par-dessus tête (comme Marx), d’un monde rigoureusement non humain ; que Sartre et Lacan exposent l’entrelacs externe (Sartre) et interne (Lacan), le hiatus étrange de la structure de notre être spécifique, celui qui ex-siste et n’est pas ; que donc il est un devenir majeur par-dessus les devenirs et qui tous avancent du même mouvement, puisque ce ne sont pas des idées qui sont en jeu (qui pourraient varier en désordre et dans un relativisme généralisé) mais qu’il s’agit d’une structure, unique, valable pour tous, qui agit dans la réalité et à partir du Bord de la réalité.

De même que le présent contient en potentialité (on ne sait encore comment) toutes les réalités, de même l’arc pourtant vide et formel, vient constamment en plus de tous les mondes humains, toutes les humanisations et les personnalisations ; ce qui arrive en dernier est le premier.

L’ensemble de la révolution unique est donc l’accès par chaque arc à l’Adresse qui le signe. Comme cet arc n’est nullement un subjectivisme (à quoi voudrait le réduire les objectivismes et les étatismes et les universalismes étouffants et les images toute-faites) l’arc de chacun doit être trouvé, un par un et donc dans l’accès individué et irrécupérable, au réel et vaut ontologiquement ; ou si l’on préfère nous jouons, un par un, notre âme.

Au sens de la mystique occidentale radicalement irréductible. Activiste.

Si la « conscience » était le conscient ou tout autre espèce de contenu (qui n’aurait de fondation que dans l’universel à condition de l’imaginer, imaginer, suspendu idéalement on ne sait où), l’arc de conscience ne serait pas défini comme corps ; mais étant l’arcbouté au réel même, parler de la conscience-une (cad du sujet impossible) c’est présenter que le dit arc se réalise ici et maintenant ; que le donné là (du monde, du vécu, du corps) ne se réalise que par le « là » du (même) donné ; que le réel est donc le bord de ce monde çi, et qu’il n’y en a qu’un seul. Que par conséquent si quelque réel doit se rendre réel, c’est durant ce court laps de temps et qu’il y va de son Exister. Que le « corps-autre » est la surface en-plus qui n’est pas, qui ex-siste et c’est ceci, cet être invraisemblable du corps qui s’image sans être, qui tire l’arc par quoi il re-vient, accompli son re-tour, son tour irrécupérable par quoi que ce soit ; comment voulez-vous saisir ce qui re-vient en re-tour ??? Le moi lui-même ne sait pas du tout ce qu’il fait ; c’est l’arc lancé vers le réel qui lui re-vient ; mais comme l’arc n’appartient à rien (à aucune partie du monde), il est libre.

Ainsi toute image, toute idée, toute représentation, tout corps en mouvements, toute personnalisation et toute humanisation (cad tout monde humain valide) est l’arc qui décide de (soi), s’oriente ou se désoriente ou réoriente le cours du monde,

et hormis cette exigence, cet impératif de l’éthique ontologique, il n’est aucune historicité, aucune histoire, aucune humanité. Parce qu’hormis ce trajet tout monde retombe dans la disparation, dans l’effondrement, dans les petites déterminations en dégradation, les petites objectivités ou les écœurants étatismes ou les naturalismes ; libéralistes ou anciennement communistes ou théocratiques ou ce que l’on voudra du même genre, qui ne comptent pas, qui se sont effondrés, démantibulés en lambeaux dans le néant ; cela seul qui est individué et donc universel en son adresse, existe ; sans l’adresse individuée l’universel est mort.

L’éthique ontologique est dite mystique en un sens évidemment absolument autre ; mystique en ceci que le donné là étant radicalement lié au « là » du donné, le corps à l’arc de conscience, l’universel à l’adresse (de chacun), le possible, les possibilités du monde et du vécu à l’impossible (à jamais impossible, notons le bien), ce qui transite, le trajet, réalise ou non notre être ; ce qu’il faut entendre, donc, comme l’arc-bouté au réel, ça ne passe en aucune manière autrement que par le vécu d’une vie pris dans et par un arc ayant absolument affaire à l’historicité même ; la révolution couve constamment, et elle change de formulation. C’est ici et maintenant que cela existe ou n’existe pas, d’une part (ce qui est quand même du plus grand intérêt pour chacun), et d’autre part l’arc est dans sa dépendance à lui-même ; il dépend de sa décision de s’actualiser ou non.

Ou donc ; la psychanalyse vient à point nommé, le surréalisme ne se lance pas pour rien, le Front populaire, on invente le fantastique ou la S-F, les années soixante s’étendent sur la planète (la réaction qui suivra également), les droits et libérations. Les sujets sont à même l’historicité parce que l’historicité est ce qui les mesure. Il n’est pas vrai que l’historicité appartienne aux pouvoirs ; il est vrai que tout déploiement de chaque arc (dans sa personnalisation même) est charpenté selon l’historicité en cours (tout moi est une résolution possible de l’équation du réel, toute dépression aussi). Les pouvoirs retombent généralement dans la dégradation de la détermination (ne possédant pas l’arc et la réflexivité), sauf que bien sur quelques pouvoirs peuvent être détournés par leur agents, suffisamment réflexivement avancés ou tout simplement intelligents … (cela veut dire ; il est temps que les individus décideurs et entrepreneurs commencent de prévoir l’avenir et le prennent sur eux intelligemment ; on ne pourra rien sans cette activation).

On a noté que c’est l’impossible sujet qui mène le jeu (quoi qu’on veuille ou que l’on en pense, mais il est clair qu’il vaut mieux y succomber si on veut y accéder de son vivant, pour ainsi dire), mais cela signifie qu’il faut admettre l’insatisfaction, dans un monde qui pourtant démultiplie les satisfactions, non sans raison ; comme substituts à l’insatisfaction fondamentale. Or pourtant si mystique ontologique il y a c’est précisément de cette impossibilité ; que le réel, qui est bien « là », soit impossible, est ce qui nous jette dans l’angoisse et l’incompréhensibilité, une sorte d’angoisse ou de trouble fondamental, jusqu’à l’attention même, et qui jette le corps dans l’irrésistible, puisque l’arc de conscience est en prise avec le corps sur la plus fine surface ; un arc de conscience perçoit en externe son corps, comme impossibilité ; qui n’est pas répertoriable dans le monde, ni le vécu ; un tourment d’insaisissabilité ; ce qui nous indique le sens, la direction, la logique de ce qui Ex-siste, mais pour le moment cette attention à ce qui ex-siste nous montre la profonde déroute, la désorientation et la terreur structurelle d’exister ; il est dans le réel une indescriptible monstruosité, au sens de « cela ne peut pas être », c’est hors limite, hors champ, une architecture autre d’une affirmation à ce point radicale, à la racine, et subtile, qui glisse hors-champ et ce d’autant plus que c’est cette articulation qui tracte la réalité. Une telle articulation ne peut pas désigner autre chose que ce dont elle est cause ; la réalité. Mais en revanche la réalité est intégralement traversée du Un.

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Sens de l’occidentalisation

9 Août 2016, 14:46pm

Publié par pascal doyelle

On a voulu dans un contenu, une cible au-delà, un hors champ définir notre être, et puis on s’est aperçu que ça n’est pas le contenu qui est déterminant mais l’acte de se déterminer, tel quel considéré en lui-même hors de tout contenu ; on a pu donc démultiplier extensivement toutes les déterminations possibles, tous les systèmes, toutes les vérités, compte tenu de l’actualisation de cet acte, nu et sans rien ; tout contenu dès lors admettra d’abord et avant tout que l’on existe indéterminé ; en ce sens on pourrait croire qu’il s’agit là d’une civilisation parmi d’autre ; elle choisit juste l’indétermination plutôt que telle ou telle détermination ( mayas, égyptienne, aborigène, etc) ; ce que va affirmer le relativisme des contenus ; la civilisation dite « occidentale » est une parmi les autres et elle a seulement monté en épingle sa détermination (et non son indétermination) en croyant et imposant que son contenu était universel ; ce qui n’est guère tenable, si elle est un contenu elle n’est pas universelle.

Sauf que l’occidentalisation (qui est un nom alors générique et ne signifie plus « l’occident ») n’est pas un contenu ; et que la civilisation d’occidentalisation est une a-civilisation ; aussi bien une civilisation-autre (que toutes les autres), qu’une a(absence) de civilisation ; soit une civilisation mondiale, qui ne tient à aucun territoire, aucun peuple, aucune culture en particulier.

Pourquoi ? Parce qu’en prenant la réalité antérieure, soit la constitution du monde, de tout monde, nous sommes en fait tombé sur une structure ; laquelle structure est non déterminée ; on a nommé cette articulation arc de conscience (en assumant Descartes, Husserl, Sartre, Lacan etc) ; soit donc une tension qui sort de la cervelle vers le réel donné là ; tension qui n’a aucune représentation possible et donc s’incarne en des mondes humains, divers et variés, en des contenus, des représentations de soi ou du donné, mais aussi des mois, des images, tout ce que l’on voudra.

Rappelons donc que le creusement à la base qu’opère ce qui est nommé « occidentalisation » n’est pas « l’occident » mais est un processus, procédé (il se trouve que ça tombe autour de la méditerranée) par laquelle anthropologisation (comme processus général) cesse de créer des mondes donnés pour s’attacher à décrypter l’être antérieur, à la base de chacune des pyramides humaines, des mondes donnés, dits dès lors « particuliers » ; par conséquent on investigue à la base de notre, nos réalités et on dénude peu à peu le fil électrique qui cause unilatéralement toutes ces diversités ; ça ne prend ainsi pas du tout positon sur ce qui est possible surnaturellement ; la croyance en ceci ou cela est détachée de cette base, puisque l’attachement, le creusement en-deçà dénude un décalage, dit ontologique (touchant à la structure même de l’être, de ce qui est, de l’exister, de l’acte de conscience), lequel décalage est exploré, inventorié, cartographié mais tel que « là », ici et maintenant, ici même sans préjuger du « sens » que permet d’envisager ou non le dit décalage. Lorsque l’on dit que l’on analyse objectivement cet être étrange, c’est réellement objectivement ; la pensée (qui prend ce nom exclusivement au sens occidentalisé, sans nier qu’ailleurs il y ait effectivement « pensée ») n’est pas une Vérité placée là au-devant qui annulerait les autres, mais le repli vers cet être (qui autorise quantité de pensées diverses, en ou hors occident, en ou hors de la méditerranée, Moyen-Orient compris) ; elle est le dessin d’un diagramme générique, d’un schématisme dressée au bord de tout monde, de tous les mondes, de tous les corps, de tous les vécus.

Par exemple croire que la phénoménologie obtient un contenu fondamental qui serait encore l’Etre, est une absurdité ; la phénoménologie (lors même qu’elle croit obtenir l’Etre) décrit en fait des procédés de conscience valables pour toute conscience ; de même les grecs, les systèmes anciens, la métaphysique n’aboutit pas à une Vérité mais à des machines intentionnalisatrices qui accélèrent considérablement l’activité de conscience et permettent de s’augmenter de différenciations, de distinctions ; et pareillement le cartésianisme ne se déclôt pas d’un « sujet » monolithique mais d’un mécanisme interne exposé au grand jour sur lequel sera menée l’enquête sur la nature de son être, sa structure (Kant, idéalisme, Hegel, Stirner, Nietzsche ou Husserl, Sartre, Lacan, etc). ne pas tenir une lecture hypothétique des énoncés, c’est croire que ces énoncés sont à prendre au pied de la lettre ; les systèmes grecs sont arcboutés gigantesquement sur une réflexivité en acte (le bien ou la pensée de la pensée ou le un qui ouvrent gigantesquement le monde et toutes les diversités admissibles et distinguables, hors de laquelle distinctivité il n’y aurait tout simplement pas de pensée, pas de variations intentionnalisatrices).

L’ensemble de la réflexivité (non seulement philosophique mais esthétique, politique, éthique quant à l’éthique ontologique, etc) s’offre comme le kaléidoscope démultiplié d’un être, d’une structure vide et forme qui explore toutes ses capacités, qui n’est plus limitée par « un-contenu » clos. Il serait absurde de continuer d’attendre d’un tel méga système, d’un tel système formel qu’il nous délivre un super-contenu, une Vérité, alors qu’l s’est usé, acharné à exhiber le méta-système formel de tous els arcs de conscience possibles.

Ceci évidemment à condition d’accepter que cet arc est vide ; que toute vérité est seconde ; que l’humain n’est pas commandé par tel ou tel monde, mais originellement effet d’une structure ; d’une structure qui n’est « pas nous » ; et elle n’est pas nous non parce qu’elle est « quelque chose qui nous commande » mais parce que vide et sans rien ; que cette structure n’appartient à rien ni à personne ; sauf qu’elle existe une par une, d’un corps en un corps à la fois ; individuée absolument, radicalement. Elle ne peut pas faire l’objet d’un discours qui s’imposerait (puisque nous serions l’effet d’un être qui n’est « pas nous » et qui relèverait dans cette hypothèse d’un discours de contenu), sauf d’un discours qui renvoie absolument chaque arc à lui-même ; qui dit ; ceci est votre arc ; ce qui revient à ne dire « rien » sinon la formule même de ce qui ex-siste ; on peut dire et décrie cet arc (il est le même pour toute conscience de soi, ayant à se traduire comme conscience de (soi) ), mais non pas prescrire quel monde, quelle humanité, quel moi, quel contenu, il pourra inventer ; étant donné que si la Vérité n’est pas et n’a pas lieu d’être, il est alors quantité de vérités, de mondes, de corps, de vécus à inventer ; à condition qu’aucune invention ne supprime la structure qui permet son invention, sinon c’est absurde ; on y est de fait engagé dans la réflexivité du libre tel quel, c’est évident.

L’arc n’est pas « rien », il est « rien » mais formel ; si l’on sort du formel on redevient un contenu quelconque ; tout contenu est quelconque par rapport au Rapport qui crée les contenus. Et c’est pour cela qu’il s’est élaboré un méta système, un système formel ; peu importe que vous croyez en ceci ou cela pourvu que vous respectiez l’accession formelle au réel, cad en l’occurrence le libre (un par un). Il est quand même aberrant que l’on attende qu’un contenu nous délivre de la charge ontologique de l’arc de conscience ; notre être est un mécanisme absolu, radical, vide et formel et ne trouvera en aucun contenu sa satisfaction ; son « remplissage » ; et la philosophie n’est rien si elle n’implique que l’on pense actuellement ; si on ne comprend pas ce que l’on pense, on ne pense pas.

Et la concession (que ce soit cet-être définit « occidentalement ») l’hypothèse est que ça n’est pas un être défini occidentalement mais que ce soit la structure (commune à quelque monde humain que ce soit) qui soit formellement le réel même ; celui antérieur à tout contenu. Par quoi on voit comme Platon, Kant ou Nietzsche ciblent non pas un contenu privilégié mais détourent la structure au fur et à mesure et que leurs textes de descriptions sont toujours exceptionnels puisque la structure est la même, quelle que soit leur représentation spécifique ; depuis que l’on a extrait la structure les contenus doivent être lus en transparence et non mot à mot (ce qui tombe sous le sens). De même on peut utiliser tous les systèmes afin que notre arc, chacun, de conscience soit amené à se préciser, se découper, se distinguer ; la certitude ne tient pas du tout au contenu mais au systématique de la structure qui lisant Descartes sait, voit, perçoit qu’elle se meut, glisse, se déclôt, qu’elle opère le re-tour, le tour en plus qui lui permet de passer de son fil au Bord, à l’augmentation du Bord du réel.

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L’attirance du présent

6 Août 2016, 09:37am

Publié par pascal doyelle

Hypothétique.

Que le présent soit, veut dire qu’il n’existe que le présent, mais le présent en tant qu’il engendre tout le reste. Toutes les réalités sont tirées, tractées par le présent.

On peut lire en sens inverse ; les réalités sont causées ; on peut remonter toutes les causes, plus ou moins, et pas toutes. On se demande bien à quoi ça peut mener. Il y aurait une sorte de gigantesque calcul qui commanditerait les réalités, toutes les réalités, la moindre parcelle aurait un sens, selon un Ordre. Qu’il y ait déterminisme évidemment ; ce qui vient après est causé de ce qu’il y a ou avait avant ; mais l’ensemble bien que déterminé, causé, n’est pas causé par lui-même ; ou donc qu’il y ait réalités, d’une part et qu’il y ait une réalité d’autre part. Ce qui cause qu’il y ait une réalité ne fait pas partie de la réalité ; on préjuge souvent que c’est en deçà ; une sorte de grosse cause.

Mais une réalité ça ne se cause pas d’une seule fois. Ça ne peut pas. Il y a donc une multitude oui une infinité de causes.

Ça ne signifie pas qu’il n’y ait pas de cause unique, mais alors elle sera autre que « causale ». Ou donc ; le présent est ce qui cause les réalités ; il les cause à rebours, les réalités sont tirées par le présent. Si le présent est, c’est cela qui existe, le reste est supposé (ou reconstitué ou imaginé ; ce qui ne veut pas dire que le présent ne mène nulle part, on n’en sait rien ; ça n’est pas le présent simplement « là » qui est ainsi notifié, ça n’est pas le présent comme passivement être-là, c’est le présent radical et radicalement activiste ; il engendre tout le reste et donc obéit lui-même à sa dimension, qui est la dimension unique seule existante ; puisque l’on a abandonné qu’il y ait « être », l’être étant le dépôt de l’exister, les résultats ).

Soit le présent comme ligne, d’un côté toutes les causes, formant l’élasticité des réalités, de l’autre l’unique cause antérieure qui tracte les réalités. S’il est un présent, alors le présent est cela seul qui existe. Parce que l’on ne voit pas où existerait autre chose qui ne serait pas présent et que le présent est la seule constante et seul constatable. Et si il est une ligne du présent (qui épouse toutes les réalités dans leur état « présent »), et si c’est cela qui existe, alors la cause des réalités est au-devant.

Qu’il y ait un au-devant veut dire que le réel tire à soi ; le présent tire à soi toutes les réalités. Et comme notre être est dit « arc de conscience », cela signifie qu’il est arcbouté au réel donné « là » (comme on a vu cent fois, et fondamentalement arcbouté par et selon le corps en son image, image en retour, celle que l’on se formule dans le retour, l’effet qui signale, signe l’arc de conscience en revenance de la réalité et du réel, l’image du corps que l’on ramène du donné là, et qui nous exprime, qui nous tire au-devant, tout pareil), il revient donc à notre arc de conscience de ne pas se louper.

Ou donc, inversement de cette inversion, l’arc de conscience, un arc de conscience, est toujours-déjà son présent absolument acté (ce qui se remarque essentiellement par Lacan) ; par exemple « on est déjà jugé », ou « on s’est déjà, chacun, décidé soi » ; la décision, soit l’éthique ontologique radicale, c’est-à-dire absolue (de cet absolu dont seul nous disposons, ce seul accès à l’exister) est toujours-déjà, pour chacun, prise (dans la vacuité logique interne de la décision du corps dans son Image tout à fait Autre et étrange, voir étrangère). Mais comme la logique du réel se tient du présent, il est clair que cette proto-décision de soi (qui a déjà décidé l’entièreté de son décisionnel) est remise. Remise au sens quasiment christique (ou plutôt dont le christique est précisément l’affirmation jusqu’ici, historiquement, la plus claire, que re-prend Nietzsche, selon l’intuition structurelle qu’il décrit) ; ce qui est remis est la potentialité, la virtualité in-finie de la décision de (soi), ou de soi pour simplifier.

Parce que ce que le présent s’envoie, en retour, là au-devant est selon son attirance ; il se crée de se cibler en avant, en avance de lui-même ; hors de lui-même ; mais bien au sens où ce dont il se cible n’existe pas, se tire de son inexistence, puisque le présent n’est pas une sorte de présent éternel qui attirerait l’être, mais le présent, structurel, qui travaille la, les réalités et les corps et les mondes humains et les mois. Puisque c’est sur le bord de l’exister (en fait sur l’exister lui-même qui est un bord, qui est le bord), et que donc ce dont il se cible n’est pas ; n’est jamais disponible ni acquis ; on ne sait pas ce que l’on peut ; l’exister tire à lui tous les devenirs.

On a la face collée sur le réel, le visage à même la ligne, la surface constante du présent et c’est via telle ou telle image qu’en transparescence la structure s’atteint constamment ; la face est tournée vers nous-mêmes ; ça n’est pas un regard qui sait ce qu’il nous veut, c’est un regard qui extrait, formule, exprime, déploie toutes les réalités, toutes les parcelles de réalité ; le transcendant (le bord sur lequel tout est collé) s’avance donc jusqu’aux plus petites miasmes de réalités. Le présent n’est nullement séparé des déterminations (naturelles, du monde, des réalités, des systèmes de réalités), ni donc de la réalisation, des réalisations à partir de ce re-tour qu’est chaque arc de conscience.

Et donc, par exemple, ça n’est pas l’universalité ni l’universel ; l’universel est extrait, abstrait (non de la réalité qui n’est pas une, puisque c’est le présent qui est-un, mais des réalités, et c’est bien parce qu’il est des réalités qu’il peut se formuler de l’universalisation ; d’où également l’impossibilité de synthétiser, métaphysiquement, l’universalisation unique qui subsumerait toutes les universalisations en un seul universel et sous celui-ci toutes les réalités ; un tel « concept » n’existe pas ; puisque continuellement les concepts glissent dans l’intentionnalité qui les invente et les travaille, et que cette intentionnalité doit supposer que tel concept est « comme conscient de soi », ce qui est absurde ; on remarquera que Hegel est, finalement, celui qui pose nettement et clairement que le concept se sait, que le savoir est ce qui sait rétroactivement tout ce qu’il a déplié, une fois cette positon énoncée il devient impossible de supposer encore une métaphysique, on est passé depuis Descartes à l’ontologie, de notre être spécifique, par la volonté cartésienne et la description du dispositif global de notre être « là » ; pour et par Descartes la pensée est pensée … par une intention et comme c’est impossible, on se rabat avec les allemands sur une identité super-ontologique prétendument mais qui retombe en partie dans des métaphysiques ; mais comme l’acquis est acquis, les métaphysiques idéalistes sont obligées d’infuser dans la « pensée » qu’elle soit « sujet », sujet sans le sujet réel, sans l’arc de conscience découvert par Descartes ; ceci pour éclaircir comme on a du mal de concevoir « ce qui est antérieur à la pensée », qui fait l’objet même par Descartes de la non plus pensée, mais de la réflexivité).

C’est l’arc de conscience qui crée l’universalité qui ne peut pas atteindre les « petites réalités », mais l’universalisation qui est utilisée par un être spécifique ; l’arc de conscience qui est collé à même le réel, et il peut être collé au réel, tout en existant réflexivement (et non immédiatement ou spontanément ou platement) parce que le réel lui-même est en extension de lui-même et que cette extension se nomme, se signe comme présent. Le présent qui n’est pas, mais qui Existe (étant l’exister même). Ce qui implique donc que le moindre donné là, la moindre particule de réalité, est engorgé par et vers le présent. Par la limite de ce qui devient, la ligne du réel qu’est le présent.

Si le présent engendre, ça n’est pas parce qu’il « sait » où il va, puisque justement il est au présent, et n’est doté d’aucun savoir, mais c’est que le présent est le mécanisme qui tracte les réalités d’une part, et d’autre part tire chaque arc de conscience puisque l’arc est arcbouté sur le réel ici et maintenant (cad au clair et strictement parlant sur le corps, non pas dans le corps, mais sur le corps, par-dessus) ; la décision de « qui l’on est » est toujours déjà prise mais c’est cette décision, cette éthique ontologique en quoi consiste l’Image du corps-autre que l’on a, que l’on est, que l’on existe, que l’on travaille. L’Image du corps (l’image du corps-autre) est attirée par son arc lequel est tendu par le présent ou le réel ; elle est au-devant de (soi) ; ça n’est plus un « soi » mais un (soi), parce qu’il n’est pas, il Ex-siste. On pourrait dire qu’il existe d’un « être, identité, éternité » ou quoi ce soit, mais il faut revenir au constatable et au constatable il n’est d’existant que l’ex-sister, que cet arc qui sur son arcboutement (au réel présent corps), cherche à augmenter cet arcboutement en architecture ; on pourrait dire en archi-texture ; celle du corps-autre-Image. Qui va supporter l’attirance du présent.

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