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instants philosophie

La pensée idiote qui suivit l'être-libre

29 Août 2012, 18:47pm

Publié par zwardoz

La pensée idiote absolument qui suit de près la survenue de l’être-libre, comme seul fondement de toute réalité humaine, est celle du moi-même. 

Par quoi chacun est ainsi cloué, à jamais, sur la croix de sa pauvre destinée, comme si celle-ci possédait un Sens en propre. 

Il apparait donc que le Sujet (qui existe en et par un moi, et qui rend ce moi, et ce moi-même tout à fait nécessaire, mais non pas seul horizon d’une existence) en est le contrepoint, le seul qui puisse élever cette immédiateté désespérée et/ou béate.

On ne sait pas trop en quoi consiste un Sujet ; ça n’a jamais existé vraiment dans le monde. On en a réalisé ici et là quelques versions, mais toujours sous la pression de l’universel ; lorsque l’universel se positionnait comme horizon (historique) des révolutions à venir. Mais ces révolutions réalisées, le sujet ne conserve plus cet idéal de partage (du vrai, du bien et du beau, pour tous et par tous également) ; toute la surface du monde humain est creusé par mille verticalités que dressent tous les moi-mêmes livrés à eux-mêmes et qui tentent d’unifier (et par soi, de par eux-mêmes, de par leur propre être-libre, comme de bien logiquement ; le libre est à soi-même sa propre preuve, et valide tout et n’importe quoi de cette simple forme qu’il se sait et est, a priori, sa propre idée, cad le vérité). 

L’universel (du droit à la personnalisation argumentée, organisée, en passant par l’Etat et la science et donc le professionnalisme par ex) se limite ainsi à un simple et abstrait encadrement dont le contenu seul vivant (et vite oublieux de son cadre universel) s’imposerait comme toutes ces immédiatetés qui emplissent les vécus. Rien de plus. 

C’est la pure limitation de l’être-libre à sa formulation de moi-même, et le déni total qu’il y ait un Sujet (en ce moi) qui soit, lui, non plus formulation mais forme réelle. (Une « formulation » se dérive de la forme-même). 

Cette absence d’universalité (réduit à l’encadrement abstrait) se remarque partout et partout se déploie, se duplique la formulation d’un « moi-même » entité vague et précise, psychologique et « sympathique », fantômes résurgents de l’amour comme finalité intégrale (ce qui ne signifie pas grand-chose politiquement ou historiquement, ce qui est le moins que l’on puisse dire…), tyrannie de l’horizon limité des moi-mêmes sur tout le spectre de la conscience de soi ; essayant ici ou là une conscience « écologique » ou « politique », qui ne mènent nulle part, puisque chacun est assujetti à l’immédiateté. 

Et l’on considère tout ceci comme allant de soi. Puisque de fait tout l’horizon intentionnel de chacun est envahi par l’immédiateté, herbes folles qui poussent n’importe où pour n’importe quelle raison, ou désir ou envie ou décision. Si tout l’horizon est envahi à ce point, c’est que ça ne pense pas. Nulle part, ou si peu. 

Ça ne pense tellement pas (le moi-même a horreur, déteste, voue une haine indescriptible à la pensée ; forcément puisqu’une tant qu’être-libre il croit être déjà sa propre idée, il n’a d’idée qu’une seule…), que depuis rien n’a remplacé à ce jour l’ancien universel, l’abstrait, celui-là le seul qui se soit réalisé, il y a deux siècles. 

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De la contrainte de l'être-libre

25 Août 2012, 19:39pm

Publié par zwardoz

Le libre de base

Le savoir de soi est radicalement simple et sans contenu ; il est absolument parfait et nous confère l’Idée de l’infini, mais de plus et pragmatiquement, il nous commande de pousser la détermination, le quelque chose, la matérialité, le donné, le monde ou le vécu, jusqu’aux limites. 

Le libre augmenté

Essentiellement les limites de cette intentionnalité elle-même en tant que toute conscience étant conscience de nécessairement quelque chose, toute conscience est organisée ou plutôt ordonnée. Ce ne sera donc jamais une conscience fantaisiste qui nous libérera des intentionnalités déjà réalisées et déjà ordonnées, mais un surcroit d’organisation ; une ordonnance plus grande et plus distinguée venant suppléée à l’ordonnance acquise ; ça n’est pas dans l’informe et la liberté trouble, mais dans la poursuite de la systématicité. 

Les niveaux

Ainsi peut-on penser l’esthétique, l’éthique, la politique, comme l’idéel et ceci sur le fondement de cela ; étant simple retour-sur, la conscience n’est pas une forteresse mais déjà totalement débordée, et immergée dans le donné, le monde, le vécu ; tout ce qui revient au formel pur (qui ne cesse pas d’être qualifié de purement lui-même, puisque forme aucun contenu ne remonte jusqu’ étreindre la forme, la structure), tout ce qui revient au formel pur existe en plus et non pas s’oppose, en rien, à ce qui est, ce qui vient, ce qui arrive, mais rebondit, existe à nouveau et vide et formel à la suite de tel ou tel déterminé. 

L’en-plus constamment disponible

La réapparition incessante, mais intermittente et souvent passive de notre être en propre, l’attentionnalité, impose à chaque fois un vide complet et une neutralité ; bien que dans le même temps, cette apparition soit déterminée… ce qui est réellement effarant. Ma conscience se maintient dans l’être en tel ceci ou cela, mais en même temps, elle peut s’étendre ou se distendre, se recentrer ou varier. 

L’ordonnance n’empêche pas d’être en-plus

Encore une fois il est certain que toute conscience est et n’est conscience que de quelque chose, de ce quelque chose elle détient une cohérence ou en est détenue. Elle suit donc toujours l’ordonnance d’un langage, d’une situation, de la présence de tel autre conscience, regard, de tel signe lié, etc. 

Mais ce par quoi elle dépasse invariablement sa mise en ordre passée, connue, communiquée, se réalise via la constante de cohérence et l’augmentation du systématique. C’est la systématicité qui en prenant en une fois plusieurs fois la réalité et soi-même compris, que l’intentionnalité ramène à elle seule ce qui autrement est perdu déjà toujours dans l’ordonnance des autres, des mémoires, du langage. 

L’universel en plus du reste

C’est en cela que pareillement l’universel, cette invention dans le langage plus grande que le langage, fut utilisée afin de dépasser le langage, la communauté, le groupe, la particularité, et donc de dépasser par une systématicité (en quoi consiste la « raison ») les systèmes locaux ou localisés, leur poids, leur contraction. 

Ce qui s’est appliqué, imposé, contre tout système particulier (toute énonciation se forme comme système) fut donc un super système cohérent, dont la systématicité englobait ou dépassait ou glissait hors (de par sa systématicité même) les précédents ; de même tout être-libre ne l’est en-plus que dans la formulation englobante de systèmes de signes plus vastes ou plus denses ou plus intenses que le système, limité et particulier de la, sa personnalité. Qui devient seulement une personnalisation, un processus, procédé, et non plus un état ou une essence destinée. 

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L'être-libre absolument simple

20 Août 2012, 18:18pm

Publié par zwardoz

Le savoir simple de « soi »

Notre être tiendrait donc entièrement dans cette simple fonction de conscience-de, laquelle se définit comme retour-sur (quel que soit ce sur quoi elle fait retour ; perception, physiologie, mots ou signes, etc). En soi parfaitement simple puisque uniquement formelle, non composée et obtenant de fait son propre savoir de « soi », vide et sans contenu. Ce par quoi évidemment nous sommes « libres » ; ce savoir de soi n’a pas besoin de se connaitre tel qu’il est, pour être ce qu’il est. 

 

Le rapport qui se rapporte (indéfiniment)

Or à l’inverse, il n’existe que de la détermination ; non pas « toute » la détermination effectivement monde, donné ou vécu, mais toute détermination vient emplir ce retour-sur qui apparait au bout des phénomènes seraient-ils physiologiques ou inconscients. Rappelons que l’inconscient concerne la synthèse que tout « moi-même » réalise de l’ensemble de ce qu’il absorbe, mais non pas la structure formelle elle-même qui demeure extérieure, autre, une (puisque formelle et n’ayant pas à se connaitre pour être, ce qui ne veut pas dire qu’elle se sait comme « rien », ce qui serait absurde, mais que toute connaissance de soi est relativisée, cad reliée, rapportée, à un ou des autres horizons et en cette reculade, elle échappe à la détermination au profit d’autres de plus en plus enlevées). Autre et articulé sur le donné, le monde, là, étendue neutre.

 

Notre être sans manque aucun

On annule donc le vide, le manque de notre être supposé si diversement (nous serions de pauvres petits canards creusés par un affaiblissement, un amoindrissement), mais on ne le remplace par un « plein » qui se déviderait naturellement ou mécaniquement ou structuralistement ou on ne sait quel remplissage tout donné. Bref on est libre d’orienter « ce qui est » en fonction d’une externalité radicale de notre être-autre (autre que tout, toute détermination en particulier). 

 

La forme comme positivité absolue 

Si l’on continue de se tenir dans la synthèse du moi-même (ou vers elle), on ne peut que s’effondrer comme vide et néant. Mais si l’on se tient dans la forme pure, cette « néantisation » est en réalité un devenir bien abscons, insituable, alambiqué, mais qui tisse en toute certitude (bien que l’on n’en connaisse rien) et suit son rythme (le fameux rythme bergsonien, par exemple illustre). 


De nature « autre »

Positivité absolue mais d’une nature autre que celle de la détermination. Sans pourtant que l’on puisse imaginer que cette forme puisse exister sans rien, sans la détermination (et étant retour-sur), ce qui n’enlève rien à son émergence. 


Comme illusion ? 

On pourrait dire que cette indépendance de la forme « conscience-de » est purement abstraite, un « sujet de la science », ou illusoire (une identité qui se croit isolément de tout le reste alors qu’elle est remplie de déterminations de toute sorte, mais qui le nez dans son identité ne les perçoit évidemment pas). 


De pure fonction

Lors même que cette conscience-de ne serait qu’une fonction, puisqu’elle peut sans cesse mais éventuellement, stopper net d’être (ceci ou cela), soi-même par rapport à une situation nouvelle, ou donc telle partie de soi en fonction d’une autre, et reculant ici et là de devenir en devenirs, bref de possibles tout simplement, cette fonction, il n’empêche qu’elle « est ». Est-elle à ce point un seulement moyen, un mécanisme dont l’essentiel duquel tout se composerait ailleurs, par exemple dans les énoncés de sens ou les énoncés mathématiques ou les mobilités du corps ?


La fonctionnalité « conscience-de » outre-passe

De renvoyer aux contenus, quels qu’ils soient, n’aboutit jamais à une vérité, puisque le réel de toutes les vérités que l’on pourrait dénicher, consiste justement en cette seule structure et que l’idée force, le principe, la loi, l’unité ne se produit pas comme contenus, mais en et par ce moyen devenant sa propre fin ; la vérité ou le libre ou l’attention sont en eux-mêmes le désirable, ce qui est voulu par la volonté, ce qui est attendu par notre être propre. 


L’affirmation de la structure pure et simple

Ainsi rejoint-on Nietzsche ; qui promeut l’activité même comme finalité ; et qui dans le même temps adjoint une série de distinctions qui permettrait éventuellement à cette « force » de se mesurer, de sorte qu’elle soit en mesure de prendre conscience de soi. Autant dire qu’alors on ne prend pas pour argent comptant les « vérités » nietzschéennes, mais seulement ses mouvements, ses déplacements, ses écarts, ses différences par rapport à ces vérités elles-mêmes ; qui signifient autre chose que ce qu’elles définissent. La recherche d’une logique de ce qui passe pour une affirmation de l’affirmation, (ce qui est absurde), mais qui en réalité veut seulement décrire l’affirmation qui est telle que « là », effectivement « agissante ».  

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L'être-libre impensable impensé

15 Août 2012, 08:06am

Publié par zwardoz

De l’image de soi à l’idée de soi

Il est ici et là des tentatives d’éthiques ; l’éthique se déploie aux confins de l’image de soi, visant à substituer au moins en partie à l’image, une Idée ; une Idée de soi. Par quoi chacun peut advenir à la vérité et ne plus appartenir à cet être-mort en quoi consiste le moi-même et son image.

Dans l’image le moi-même passe outre qu’il puisse penser. Or pourtant l’origine du moi-même est ontologiquement l’être-libre, lequel pense forcément ; il est pour-lui-même une « idée » ; il se réfère-à-soi. Mais le jeu qu’il risque d’entretenir se situe dans la représentation ; il lui suffit de « se représenter » quelque peu d’une manière ou l’autre et non de se penser. L’être-libre est en chacun la raison (ce que l’on nomme tel en croyant connaitre déjà ce qu’elle est et se fiant en cela sur la raison universelle ancienne) mais la raison en tant que concrètement réalisée ; clouée sur le monde (et non plus survolant le monde) et incrustée (en un corps).

 

La haine de la pensée ; l’apogée de l’image

La détestation de la pensée vient de ce que les moi-mêmes évitent de penser. Ce fut durant quelques temps la propension des idéologies ; ça pensait. Mais ça pensait en se fondant sur la raison universelle ou sur l’homme-générique, l’homme comme besoins. Ça ne suffisait pas et ne rendait pas compte du tout de l’être-libre. De sorte que le principe libéral est lui, arcbouté sur l’individualité, opérant partout.

Puisque le fondement ontologique demeure l’être-libre, son effet dans le monde, el donné, le vécu, est le moi-même et celui-ci se radicalise immédiatement ; dans l’immédiateté, comme synthèse et donc comme mensonge, illusion, fantasme qui comble le vide.

 

Le libre-même, impensé

Autrement dit, l’être-libre est la liberté-de ceci ou cela mais n’est absolument interrogé en tant que tel.

Et pour la raison que l’interroger reviendrait à penser le libre-même et que nous ne disposons que des anciennes notions qui revenaient toutes à l’universel (lequel est déjà-réalisé et si il forme le cadre général du monde humain, c’est abstraitement). Tout le concret est confronté dans le donné du monde vécu ; il faut que revienne Sartre sur le libre pur, enfin, pour que cette structure soit à peu près approchée en idée (en cette idée qu’elle peut obtenir de son être en propre). Et donc tardivement.

 

La Réalisation intégrale (de tout)

Les quelques-uns si déraisonnables

Mais il fut ici et là quelques uns qui s’acharnèrent à saisir leur être-même, sur le vif, sur le vif de leur vécu instantané, sur la profonde rupture que tout libre installe comme fondement immanquable dans le monde, totalement étranger à tout ce qui s’y trouve. Les trois plus déraisonnables Rimbaud et le solde définitif du passé immémorial et de l’avenir éternel (saison et illuminations), Artaud et l’horreur constante, Nietzsche et l’affirmation d’un seul et unique plan immanent. D’autres dont toutes les mémoires referment le passé et dont les évidences imposent l’explosion de tous les mondes (ou leur subsumation dans l’actualité pure).

Les moi-mêmes et la Vie

Alors même que par ailleurs les moi-mêmes récupèrent, pareillement mais appliqué autrement, par leur goût de la réalité, qu’ils possèdent une Vie. Tout le siècle fut assoiffé par la Réalisation, par le Rendre-réel. Ça ne se vit plus en Parole, (mythique), plus symboliquement (en esprit), mais en concrète réalité vécue et réalisée. Collective ou individuelle (marxiste ou libérale), la Réalisation.

Le libre et la soif du réel

Or la réalisation vient d’un opérateur ; le libre pur qui pousse, structurellement, à être. Aussi le libre pur ne se pense pas ; il développe son potentiel, il est l’intensité, et si il manque de pensée, de penser, c’est que de pensée du libre-pur, il n’en existe pas ; puisqu’il est libre absolument.

L’ancien universel lui est inapplicable et il est lui-même absolument convaincu de sa certitude ; toute volition est vraie de fait puisque lui le libre est à lui-même sa propre certitude qu’il applique à toute intention. Il est ainsi le concret fondamental de la raison jadis universelle et devenue abstraite. Alors même que dépourvu de toute la raison, il se perd dans sa certitude et reste sans chemin possible.

Réalisation et destruction

Autant les moi-mêmes et leur vécu s’engagent dans une propension à Vivre, autant les quelques-uns mènent une destruction et une autodestruction déraisonnable (pour la raison ancienne et pour la Vie, communément admise) de tout ce qui est ; et non seulement des niveaux d’acculturation mais pour les plus sauvages jusqu’au corps-même, celui qui est-là. C’est que le libre restructure instantanément ce qu’il dé-couvre, ce qu’il explore, et interrompt toute représentation.

La détérioration dépressive de la Vie ou l’autodestruction par le libre jusqu’à lui-même (manifestant non pas uniquement de la « folie », psychologique et relative aux moi-mêmes, mais de la folie structurelle surpuissante) suivent pas à pas toutes ces réalisations et ces explorations.

Dans tous les cas, quelques uns déraisonnables ou réalisation des Vies, l’être libre succombe ; à son manque d’Idée de soi. N’étant pas pensé, le libre annihile puisque rien dans le monde, le donné, le vécu ou les vies ne le satisfait.

Sans passé, sans avenir aucun

Et comme il est l’être-libre, aucune des « sagesses » antérieures et aucune des connaissances objectives ou para-objectives du siècle, ne peuvent lui offrir que lui, le libre, ne soit pas à lui-même sa propre référence, ce qui veut dire sa propre "pensée"… Le libre est donc en lui-même son Idée.

Laquelle pourtant demeure sans pensée aucune qui le comprenne. 

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Du devenir vaguement humain

10 Août 2012, 18:55pm

Publié par zwardoz

Bizarrement la volonté acharnée d’interpréter l’humain selon le monde, a fini par intégralement enfermer l’être de l’homme dans une activité d'illusion ou une capacité imaginaire, ou fabulatrice ou de mise en scène.

Or il est évident par ailleurs que la raison parvient de son côté à rendre effectivement compte de ce qui est, tel que cela est. Sans pour cela croire que tout et l’intégralité de la réalité soit pensée ; on n’en sait rien, on sait seulement que ce qui fonctionne, fonctionne.

De même la pensée qui croit être en mesure de douter intégralement de la véridicité générale de l’expérience humaine, en la reconstituant selon un structuraliste ou archéologiquement ou analytiquement, part du principe de l’inanité de la société humaine telle que « là », d’en démonter les perversités, d’en détruire les validités au nom d’une plus grande vérité de révélation dont les dessous seraient mis à jour.

Or il est clair que l’Etat ou le droit ou le libéralisme (au moins idéalement, puisque de révolution réelle il n’y eut que celle-là, unique) ou la science ou l’individualisme, malgré de manifestes manquements, sont indispensables ; qui songerait à ne pas exister individualistement ?


Il serait tout aussi absurde que d’amener une pensée qui renierait toutes les pensées et explorations précédentes ; ça n’a et n’a jamais eu aucun sens réel sinon un appel d’air nécessaire en telle ou telle occasion, et pour la dynamique intérieure.

Autrement dit ; tout ce qui est advenu, le devait, et tout ce qui est, est tel qu’en sa place même. Que l’on ne sache pas pourquoi, comment et en quelle vue générale, ne doit pas pousser vers les impasses ; et quant à surinterpréter la réalisation humaine comme telle ou telle, aussi utile cela soit-il dans la plupart des perspectives ouvertes (il est des tas de niveaux dans « la réalité » qui requiert quantités de points de vue même limités chacun pris en lui-même), elle risque de manquer de comprendre effectivement ce qui positivement avance, de fait.


Si tout est essentiellement positif et si tout est intégralement réalisé, ça ne signifie pas que ce soit suffisant ; mais que cela qui est advenu et qui a si puissamment converti toute humanité, n’a pas pris sa propre mesure et ne se sait pas encore réellement (ou pas suffisamment puisque l'acquis est acquis).


Ou alors raison et science, liberté et réalité n’ont pas de sens et n’administrent aucun avenir. Sinon un développement absurde et incompréhensible. Autant se replier sur un monde interprétatif et/ou s’enfoncer dans un abandon de la raison et du libre-même.


L’idée générale qui préside à la reprise de ce qui est, tel que cela est (compte tenu de sa promesse interne autrfois dite "universelle", le partage en chacun du vrai, du bien, du beau), est par exemple que l’individualisation (et son prix conséquent de gaspillage) est la continuité de l’humanisation comme processus inauguré par la dite « raison » (et sans préciser plus ce que raison recouvre alors, en ce cas), et continuation de l'humanisation selon l’universel.

Que si l’être-libre est le fondement absolu de tout le devenir conséquent, ça n’est visiblement pas selon le schéma marxiste ou communiste de « l’homme générique des besoins communs », mais cela ne signifie pas que l’individualité soit par ailleurs seulement limitée  à "l’être égoïste de la pensée si naturaliste libérale".

 Dans les deux cas ça revient absurdement à déposer-là notre être comme « naturellement lui-même » (la justice du communisme ou le bonheur libéral étant quasi équivalents ; un être-là donné et qui ne "veut pas plus qu’il n’est").


Or il est également, outre le libéralisme et le communisme, une invention récente ; la démocratie. Laquelle n’a pas dit son dernier mot et que l’on ignore encore, en ce qu’elle porte et suppose – hormis les quelques principes et explicitations ici et là dont elle fit preuve ou qu’elle commît).


Si l’on tient pour certain que l’individualisme est l’essence même de l’humain en tant que continuité de l’humanisation promise par la raison et l’universel et que l’être-libre de chacun est le devenir même, et que par ailleurs la démocratie est la confrontation généralisée, il faut bien aboutir à ceci ; la continuité de la démocratie est la coordination.


Que les libertés parviennent non plus à se supporter ou à lutter indéfiniment (auquel cas on multiplie les objets de lutte avec aberration) les uns contre les autres, mais que les actions, les décisions, les organisations et les finalités soient explicitement (ou au mieux en tous cas) soient intelligemment coordonnées.

Ce qui implique, de fait, une comptabilité intégrale de tout ce qui est humainement ordonné ; ordonné sans que pourtant cela soit organisé (consciemment et intelligemment). Et la réalité est que tout est installé (ou en passe de l’être) pour que soit menée cette comptabilisation la plus exhaustive possible.

Et que les finalités cessent de tomber dans l’individualisme naturaliste libéral (comme autrefois dans l’absurde généralisation de chacun dans le communisme), et de retomber, ces finalités, de déchoir donc dans de petites comptabilisations aveugles, inconscientes d’elles-mêmes et qui le demeurent.

D’autant que n’étant pas en mesure d’être mesurées (comptabilisées, avec des chiffrages, littéralement), dans leur nuit indéfinie de volontés non conscientes, elles sont inexprimées (démocratiquement) et donc inqualifiables, non soumises au jugement de chacun et de tous. 

Et ainsi personne ne peut se voir-être réellement mais seulement se supposer, s'imaginer aveuglément. 

Cette objectivité, de ce qui ne l'est pas encore, risque cependant de glisser dans un autre sens ; Etat (dans sa tendance à la caricature de la démocratie réelle) et la technologie et l'économisme (essentiellement irréfléchi quasi intégralement ) risquent de s'allier et de s'imposer par leur objectivisme même, et de remplacer l'objectivité universelle dite libre et coordonnée (qui est l'inverse de l'imposition d'un Ordre, qui de par sa nature même abonderait quantité de finalités soit absurdes soit mortelles). 

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Le sujet-libre s'en fout de l'inconscient

5 Août 2012, 19:08pm

Publié par zwardoz

Le moi comme synthèse imaginaire

Le moi est une unification synthétique du divers vécu, dont il entend s’animer comme si cette unité était une vérité. Il y croit, le moi, à son essence.

 

Le sujet est tout-autre que tout

Mais il est dans le moi un sujet, purement formel, qui n’attend rien dut tout, qui Est. Il est et ceci est notre être. Bien qu’il soit inexistant, inaccessible et bien avant et antérieurement à notre vécu donné, là, comme corps et identité personnelle.

Le sujet n’est pas le sujet universel ; le sujet universel sert de fondement au sujet réel, de même que l’être-libre a dépassé l’universalité sociétale, et que ‘lêtre-libre est la « raison » réalisée, la raison cessant d’être un discours abstrait et devenant concrète ; comme sujet libre. en somme hégéliennement, sauf que ça n’était pas prévu …

 

L’universel déboussolé par le sujet pur

L’universalité ne pouvait pas prévoir qu’un sujet s’imposerait absolument comme vrai en et par lui-même ; le dépassement s’est exprimé cartésiennement.

Le sujet n’a pas besoin d’être « tout » pour exister ; il n’est pas l’unité des compositions du vécu, du donné, du monde. Il est à l’extrême de notre existence et attire ce qui doit ou peut l’être dans la fonderie qui épuise, qui brule toutes les réalités ; y compris la « personnaliste », tout comme le discours ou l’universalité abstraite, le corps comme la perception.

 

Ouf, rien n’a de Sens

Il est un inconscient dans la mesure où le moi de son côté tend à formuler de son vécu une synthèse qui « aurait un sens » par présupposition, sinon, si il ne croit pas à ce « sens » le moi ne tient pas, ne s’unifie pas.

Mais s’unifiant, il faut absolument rendre à la psychanalyse qu’elle montre et démontre et démonte comme ce « sens » qui se veut synthétique, est de A à Z absorbé par au moins une double tâche ; cette synthèse est un bricolage qui ne signifie rien, mais si concentré et resserré et articulé, qu’effectivement il est dans le moi une version préalable ; qu’il ne sait pas.

 

Pour la vérité de l’inconscient

Autrement dit il existe bien un sujet de l’inconscient, et qui parle dans la parole : dans la parole que pourtant le moi, accroché à sa synthèse consciente, n’entend pas, ne peut pas entendre.

Si le moi est l’ensemble des réponses organisées qu’il a mises en place consciemment, le sujet de l’inconscient est l’ensemble des questions à partir desquelles ces réponses conscientes se sont organisées, mais en oubliant qu’elles sont issues de ces questions, ignorées. Les réponses s’ordonnent en une unification qui se valide elle-même de sorte qu’il devient impossible que cette unification puisse se retourner sur elle-même de l’intérieur, et qu’il faut une intervention extérieure pour qu’éventuellement les questions apparaissent plus ou moins, et que telle ou telle réponse que le moi tenait pour réelle, s’avère non seulement erronée mais « évitante ». La réponse que l’on était évite la question dont elle est issue.

(La différence tant que l’on n’a pas connu la question, mais qu’on l’a perçue ….Ce qui intentionnellement est tout autre chose)

Les réponses forment un ensemble construit ; de sorte qu’elles n’apparaissent pas comme questions. Les questions sont déjà des réponses mais qui donc contiennent, absorbent les réponses conscientes.

 

Mais le sujet est ailleurs

Il s’en moque parce qu’il lui suffit d’obtenir ou de s’obtenir d’un moi-même à peu près convenable ; son régime, son rythme et sa dimension sont ailleurs.

L’inconscient compte pour le moi-même qui veut à tout prix sa synthèse (magique et supposée et imaginaire, etc) ; et c’est seulement que parfois cette synthèse coince et ne passe pas.

Alors oui, il existe un sujet de l’inconscient, mais le sujet extrême structurel ça ne le concerne que lointainement. Le sujet tire et pousse extérieurement à n’importe quelle détermination.

La détermination lui est seulement les occasions de son être. 

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De l'avenir présent

4 Août 2012, 08:57am

Publié par zwardoz

De l’avenir immédiat

Le libre est en nous bien éloigné de notre contrôle ; il est faux de croire que le libre serait « la liberté »n une sorte de porte ouverte qui permettrait de réaliser les différents vécus, divers et variés. Que le libre puisse libérer des finalités du monde est absolument nécessaire, mais afin que le support de ces finalités, puisse se resserrer, se concentrer en ce que l’on nomme une individualité ou une personnalité.

Ce resserrement autorisant à son tour qu’en un tel moi-même (concentré) puisse advenir un sujet.

Et ce sujet est la véritable finalité du libre.

Plus la personnalisation sera active, construite, plus cela requerra une unification de structure ; qui ne peut pas alors se ramener à un corps vivant son vécu dans un monde de moi-mêmes égocentrés, mais qui doit élever, déployer, développer une compréhension de soi, en tant que ce soi est déjà un moi, composé et rendu intelligent.

La dépréciation constante des moi en « moi-mêmes » exigus et aux finalités étroites, la formidable propagande qui n’admet comme sens du vécu que la formulation minimale d’un destin, d’une destinée individuelle comme seul horizon, relègue infiniment loin dans le non existant, le sujet.

On assiste donc à une situation générale bloquée ; il n’est aucun avenir pour les mois, puisque les sujets n’apparaissent pas. Et les sujets n’apparaissent pas parce qu’il est devenu extrêmement difficile de dépasser l’ancien universel qui provoqua les révolutions uniques (dites libérales pour simplifier), de transformer l’universel abstrait (hégélien) en universel concret. Dont on n’a aucune visibilité, qu’il faut inventer. Les anciennes formulations universelles bien que toutes vraies, n’y suffisent pas et réclament une refondation à partir de cet être-libre qui de par son unification peut se permettre d’oublier l’universalité dont il est issu, mais qui ne peut pas devenir comme seulement être-libre.

La totalité des mondes humains fut donc réduit à cette exigüité des moi-mêmes, conformant un monde de moi-mêmes isolément, monde de la totale séparation et de la plus profonde inconscience, et donc incapable de s’organiser, de se coordonner. Qui ne tient dans son organisation, organisationnellement donc, que d’une part sur les constitutions universelles passées et dorénavant dépourvues d’invention (Etat et droit de la société civile) et d’autre part sur la pure contrainte de la comptabilité, de l’argent comme seul fondement des relations entre les êtres et les choses. Soit donc deux objectivités (étatisme et techno-économie) qui n’adoptent aucune finalité, qui laissent être simplement et stupidement ce qui est tel que cela est.

L’organisationnel est ce à partir de quoi et par quoi une société humaine se maintient et s’ordonne ; soit donc pour nous les anciens mythes de contrat social et une vague définition de l’être de l’homme, qui s’engrangeait dans l’universel abstrait (qui désignait l’universalité en partage entre tous et notre idéal comme savoir). Tout cela s’est effondré dans une gabegie insensée, en refermant l’individualité de chacun sur son seul moi-même (dont toutes les mass médiatisations reflètent indéfiniment les images de soi, parfois réjouissantes, souvent d’une bêtise infâme).

Les objectivités (de techno-sciences, d’étatisme sans démocratie, de mass médiatisation sans intelligence) les objectivités donc constatent seulement que « cela qui est, est ». Rien de plus. Et n’imaginent, de prévoient, n’ordonnent aucun avenir à quoi que ce soit ; tout l’acquis (l’universel abstrait, l’Etat, les constitutions, les sciences et les technologies, la personnalisation stoppée nette dans la seule faible formulation des moi-mêmes sans sujets) commence donc de s’effondrer dans l’immédiateté ; soit donc une longue agonie.

L’impossibilité pour la démocratie (comme concept en mouvement) de se développer, son attachement aux fondations anciennes qui, après s’être imposés validement historiquement, finalement servent d’alibis aux dévoiements de pure contrainte (étatisme et techno-économie, finissent par se liguer, puisqu’ils relèvent du même universel figé), revient à ceci ; l’impossibilité d’imaginer une universalité qui ne serait plus classique et qui serait issue de la démocratisation elle-même.

Ainsi il aurait du s’installer une intelligence des sociétés, mais qui fut annulée par la dispersion sans fin des mois, de leurs vécus relatifs et de leurs petits mondes clos. Non qu’il faille en appeler à une conversion angélique, mais bien qu’il aurait du se développer une intelligence de chacun par rapport aux autres (et à l’ensemble de plus) d’une part mais aussi une intelligence de soi par rapport à son propre vécu. En lieu et place, un apitoiement généralisé, une dépression toute égale et qui ne signifie rien, sinon le retour destructeur aux immédiats vécus sans avenir.

Puisque l’universel se construisait d’une tension en devenir, mais sitôt figée par les formulations historiques, cette tension broie du noir, se retourne en puissance sur elle-même et se détruit, se détruit non seulement activement (par souffrances et morts) mais aussi parce que sa force inemployée n’ayant aucune finalité adéquate, suffisante qui puisse accomplir son intensité de tension, se rabat lamentablement sur d’infra ou immédiates finalités dans l’abrutissement de plus en plus profond. 

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