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instants philosophie

Il est dans la nature du moi d'étouffer

27 Juin 2009, 20:54pm

Publié par zward

Dans la mesure où nous sommes des êtres de signes, utiliser les signes, change, modifie, approfondit notre être ; il serait selon notre être réel d'écouter de la musique classique constamment, mais nous peinons au-delà d'une certaine capacité d'attention : ainsi nous avons inventé une musique qui puisse nous accompagner quotidiennement. Il faut bien marquer l'ampleur du phénomène ; c'est une musique qui joue le corps, qui suit pas à pas le corps lui-même ; comportement compris. Où l'on voit que dans ce monde-là, le signe est redevenu symbolique ; il représente quelque chose pour quelqu'un ; il ne représente pas les signes pour les signes ; et ne libère donc pas le sujet de son être déjà là. Puisque seuls les signes valant en eux-mêmes permettent au sujet de délivrer l'espace au-devant de soi comme n'appartenant à aucune intentionnalité particulière.

Or le moi n'existe jamais sans un tel particularisme de l'intentionnalité. Il peut bien se perdre dans la multiplicité des choix, mais ce sont déjà des choix choisis ; on ne s'adresse pas au monde n'importe comment, à n'importe qui, n'importe où, en n'importe quel sens. La vérité est que tout est intensément codé ; même si il existe de plus d'immenses zones incodables-selon le langage ; entre les groupes, au-dedans des interrelations, des relations entre chacun.

Une quantité considérable de réalités humaines ne participe pas même du langage ; le langage est uniquement utilisé ici et là dans telle ou telle opportunité afin d'ouvrir ou de clore une action, une activité, une mise en organisation d'un donné. Le langage est pris dans des ensembles ; disons ; de comportements qui, eux, existent dans les choses, entre les objets, entre les rôles, entre les identités. Il existe un outil des ensembles comportementaux eux-mêmes complets. Complets parce que les comportements sont nécessairement organisés tels que déjà inscrits dans un monde ; dans un monde on n'y est pas hasardeusement ; parce qu'un « monde », c'est déjà déterminé ; que toute apparition dans le monde est préinscrite par ce monde lui-même. Et cet outil c'est le moi comme fonction ; ce qui en l'empêche pas d'être soi, mais qui déplace singulièrement le centre de cette personnalisation.

De sorte que l'on peut dire ; tout est réalisé. Le langage est entièrement ce qu'il doit être ; les comportements se répondent et correspondent exactement aux objets, signes, lignes et séries humaines. L'ensemble tend irrémédiablement à se refermer. Et il est de la nature même du moi d'étouffer.

Sauf lorsque cet ensemble d'ensemble est parcouru, secoué par le seul signe. Cad lorsque s'introduit dans l'ensemble, un jeu pur et simple qui ne programme son développement dans aucun monde. Les mathématiques sont par exemple un tel jeu.


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Wittgenstein, l'autre que l'on montre et comment

19 Juin 2009, 23:09pm

Publié par zward

Ce que Wittgenstein appelle le mystique me semble être la réalité du monde ; que le monde soit, cela lui est éberluant. Il s'aperçoit d'autant qu'il en est extrêmement doué, que la logique, cad l'essence du pensable, ne peut pas être comprise elle-même dans une autre expression ; il faudrait un métalangage ; on ne peut pas penser la pensée, sauf à la résoudre d’autre chose ; l’esprit absolu par ex ; (ce qui il est vrai ne dit rien … cad « rien », mais par contre dit énormément de réalités au-dedans ; une fois l’esprit absolu accepté).

Or si le monde existe, en même temps tous les mots sont ce qui nous dit le monde ; ce qui est aussi éberluant que le fait qu’un monde soit effectivement réel. Ainsi le langage est aussi étrange que le monde (et ses Choses non dites), mais cette fois le langage nous l’utilisons ; si les choses ne nous sont pas immédiates (il faut les dire), les mots nous sont proches ; bien qu’infiniment étrangers ; puisqu’ils parlent d’un monde sans expliciter quoi que ce soit ; il y a une an-intentionnalité profonde de Wittgenstein qu’il dénote dans tout (ce qui est, monde comme langage).

C’est du rejet de l’intentionnalité « métaphysico-ontologique-transcendantale » que tout apparait comme « là » ; parce que la métaphysique (qui voulait obtenir un discours-objet qui contienne tout), s’est révélée être une intentionnalité et n’existe ce discours, ces savoirs, que par et pour une intentionnalité.

Wittgenstein ayant bien compris qu'il n'existait pas de langage du langage, cad de savoir – objectif. Par quoi il entend condamner toute philosophie ; il n’existe pas de savoir absolu hégélien, et les transcendantaux kantiens et bien, ils sont « là » …. comme n’importe quel objet ou chose du monde, opaques ; ils permettent de comprendre, mais on ne peut pas les comprendre (on ne voit pas, conçoit pas le fondement de leurs principes).

Ayant compris cela, et ne désirant pas s’engager dans le constructivisme métaphysique (qui est à mon sens la seule non pas porte de sortie ; mais la seule source de vérité possible), ne se permettant pas de jouer de l’intentionnalité comme construction du vrai (par quoi le vrai est découvert/inventé) et ne réservant le statut de vérité qu’en tant qu’objective scientifiquement (par quoi il pousse comme des tas d’autres, à éliminer la philosophie elle-même ; du reste il le dit nommément ; il faut toujours entendre ce qu’un type intelligent raconte de ce qu’il fait ; en général c’est vrai. De même que Nietzsche, et il le dit, veut dynamiter la philo …),

 il lui reste à Wittgenstein non pas de tirer une vérité de son analyse du langage (ordinaire), mais à « faire voir » au travers de difficiles mais quand même bien intéressante déconstruction ou para construction des propositions du langage de telle sorte que au travers de ces modifications on commence de percevoir, de se rendre compte non  pas comme le langage ment, mais comme parfaitement vrai, il ne recouvre pas encore tout ; il s’agit donc de montrer ; mais montrer le langage dans d’autres états (de faits, cad peut-être parfois d’autres états de faits vrais… ). L’indicible est ainsi pris dans cette ambition, assez extraordinaire, de faire-dire au langage pourtant commun, (puisque l’on n’a pas accès au sur-langage ontologique).

Ainsi il ne déroge pas du tout à ses principes (le langage est vrai, là tel quel, il fait-voir et il n’y a que lui), mais en même temps il ruse ; il utilise ce langage pour le décaler sur la surface du monde. Et au travers des décalages il fait voir ou l’espère le mystique, le non dicible, le fait du monde.

 

 

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La forêt cache l'arbre

11 Juin 2009, 22:31pm

Publié par zward

En somme les intérêts humains immédiats anéantissent la transmission idéale ; ce qui consiste à bifurquer la saine rationalité au profit d’un intérêt(s) structurel de groupe.

Etant entendu que cette saine universalité n’existe pas encore dans toutes les déterminations et que par conséquent l’intérêt humain grégaire de Sens s’y substitue. Mais aussi que ce Sens agrégé fera spontanément tout pour détourner les affleurements rationnels ; y compris dans des sociétés dites raisonnables, puisqu’il est dans l’essence même de ce qui est (déterminé) de se refermer sur soi ; le langage , partagé , et attiré immédiatement dans le symbolique, cad la résolution simpliste de la réalité, n’échappe pas à la règle ; il se détourne du regard et s’emploie à renouer les mêmes fils, et non pas à élaborer de nouvelles hypothèses .

Des comportements ou des signes sont de telles hypothèses ; des manières d’y être ou des expressions ; qui entament les flux langagiers, les échanges eux-mêmes, matériellement, effectivement (et non pas seulement dans la bataille des « idées ») ; les flux installés sont de véritables murs alors même qu’il existe une profusion de flux.

En démocratie avancée, il faut se demander ; où sont-ils ? Parce qu’en démocratie avancée, c’est la forêt qui cache l’arbre ; qui dissimule le nœud, le tissage, le Sens de pure nécessité aliénante, provalent, cela même qui dérive les signes, purement factuels et à disposition des esprits individuels, en symboliques déjà liées et déjà échangées. 

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Qu'est-ce que l'universel ?

7 Juin 2009, 17:23pm

Publié par zward

Il est bien certain qu’une société humaine veille jalousement à son langage, puisque celui-ci commandite également le système d’échange ; en réalité, tout est absolument millimétré ; toute différence dans les signes n’engage pas seulement l’acte lui-même, mais la prévision ; que donnera telle différence à l’avenir ? Peut-on engager un échange constructible avec telle personne ? De tel groupe à tel groupe comment prévoir l’échange ?

Il existe donc une pression toujours réelle même lorsqu’elle est allégée et dispersée ; elle engage non seulement les échanges, mais les êtres, entièrement. Il n’est pas d’anfractuosité en quoi que ce soit ; parce que notre esprit construit toujours immédiatement les réponses avant les questions qu’il, ensuite, se pose… Ce qui ne rend pas la vie, le vécu très éclairant ; hypothèse qui agace prodigieusement ce qui veut nous faire accroire que dans le vécu, on se réalisera.

Puisque chacun se destine à répondre aux signes ou à les retransmettre ; y compris et inclus les signes de révolte ou de négation. Il n’est pas d’espace et cela nous contrarie beaucoup puisque contrairement aux sociétés symboliques (il s’agissait de comprendre, de vivre non pas des « signes », mais le sens des choses, des êtres, du monde et même en cette aliénation, le Sens aboutissait à sa compréhension en et par chacun ; un Sens illusoire ou hallucinatoire, mais vécu), contrairement donc, « on nous a dit » que le vécu relevait d’une essence si personnelle que nous en serions convaincus…

La personnalité qui recherche sa résolution, (son bonheur, sa liberté, sa satisfaction, sa libération, sa révolution, sa révélation, etc), est telle une pyramide mais dont la base s’effrite dans le donné, le passé, le psychologique, voir le biophysique, ou le génétique, et dont la pointe est évidée ; sans aucun débouché (puisque l’universel fonde l’individualité, mais largue celle-ci sans aucune évolution réelle ; l’universel, politique, social, relationnel, de consensus, d’institutionnalité, n’existe pas dans la projection mais seulement en tant qu’état donné, statut livré à lui-même, là, absorbé immédiatement par le donné, ce que l’on tend à considérer comme « normal », mais qui en réalité ne l’est pas du tout).

La révolte n’est jamais que pseudo révoltes ; (sauf situations dictatoriales classiques). Parce qu’aucune individualité révoltée ne peut pas au-dessus ou au-delà de son statut universel sans s’anéantir. C’est donc dans cette universalité même que se situe le travail nécessaire ; ce qui demande donc de se poser la question ; qu’est-ce au juste que l’universel ?

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De la rareté à l'abondance des signes

3 Juin 2009, 20:15pm

Publié par zward

Il se pourrait que l’on ne perçoive que la disparité de la philosophie ; ça parle de tout n’importe comment. La vérité est que ça se poursuit et se continue adéquatement dans tous les textes, et la pluralité est en fait une progression invincible.

D’avoir inventé dans le langage une partie spécifique qui « pense », inaugure littéralement toute la suite historique humaine qui viendra ; dans la représentation humaine est proposée le Savoir comme idéal et même comme idéal unique ; au sens où il existe des savoirs seconds mais qui dépendent dans leur compréhension au moins, sinon parfois dans les faits, du savoir premier qui parle « ce qui est ». Soit en tant que « une chose n’est éprouvée que si elle est connue en même temps que vécue, perçue, etc » ; soit en tant que l’on ne se décide vraiment qu’en connaissance de cause(s), entamant la possibilité d’un devenir qui sait ce qu’il fait et qui crée donc son propre devenir , en dehors des devenirs naturels , bien sur, mais aussi humains puisque l’on invente un langage dans le langage : dans le langage des peuples et des cultures, on invente l’universel, transculturel, d’une « non-culture » qui n’appartient à personne, mais à tous , en somme qui est abstraite et qui réclame une individualité telle ; une individualité abstraite.

De ce point de vue, c’est le point de vue … Ainsi on peut comprendre l’immense développement esthétique comme la mise en forme à partir de ce point de vue unique ; celui de l’individualité abstraite qui s’autorise au moins ceci ; de créer un système de signes indépendamment du système langage ou symbolique commun, qui est uniquement dévolu ou essentiellement voué à la transmission.

Une société humaine a pour principe essentiel de se conserver ; aussi les dérives intransmissibles sont-elles proscrites et absolument condamnées (sous entendu ; à mort). Toute société humaine finit (ou commence) dans la fermeture intransigeante de son système de transmissions (cad de paroles ou d’échanges, d’esprit ou matériellement). Un tel système glisse dans le symbolique ; un signe n’a plus de sens que partagé ; il ne désigne plus rien d’autre que l’échange, réglementé, d’une société en état de totale (auto) manipulation.

Mais lorsque vient à s’imposer qu’un système existe en soi (la vérité telle que vraie et non pas « reçue » ou décidée par quelques uns) donc la vérité compréhensible par tous , ou encore que chacun est légitimement capable de produire des signes, alors ce qui se fait jour, c’est la rationalité ; qui est entre autres ; la possibilité de traduire dans un langage, malgré tout commun, la multiplicité, sans que soit perturbée la transmission, cad la capacité de se parler (et de s’organiser, de décider, etc), mais ceci compte-tenu de la prolixité libérée des signes ; de sorte qu’individuellement on devienne apte à organiser, voir produire des signes.

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