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instants philosophie

Le contre-esprit

29 Janvier 2011, 22:42pm

Publié par zwardoz

Si il est vrai que le philosophique débute comme connaissance, il ne peut poursuivre comme objectivité ; la pensée ne peut pas se déduire d’elle-même. Il n’existe donc pas un lieu qui serait un non-lieu ; sauf de s’adopter comme point de vue. Il peut exister un point de vue (sur le même monde) qui ne soit pas de ce monde ; étant donné que ce point de vue ne contient rien ; il est uniquement sa propre forme, sans contenus.

Que l’on ait pu croire qu’il s’agissait d’un contenu effectivement actif, un point de vue doté d’un fond, d’un fondement, a propulsé son être. Comme tel cela permit de regrouper avec constance et totalement tout le matériel, tous les contenus disponibles inclus dans le langage et à disposition d’un point de vue en général ; cad de tous les éléments immédiatement connaissables comme tels pour un esprit dans un monde.

Cette figure de soi, cette ontologie métaphysique du discours ou du sujet-par-un-discours, laissait cependant par en dessous libre possibilité à la forme-même du sujet, vide, neutre, indifférent, de se décrire ; par-dessous le texte métaphysique, ou en transparence du texte cartésien, la pure formalité de notre être s’impose au fur et à mesure.

Or il n’est cependant pas question de renoncer au discours, à sa cohérence grecque ou classique, de même que l’on ne peut pas séparer le sujet de son identité substantielle, cartésienne ou transcendantale kantienne ; ces attitudes sont contenues dans la position du sujet vide, font partie du dispositif unique, conforment le point de vue-autre que le monde.

Le sujet se distingue précisément de ce qu’il absorbe, retient, contient, ses élans comme ses projets et les intègre en tant que structures ontologiques existentielles. Ce qui passe non pas seulement par le contenu des textes, auquel cas il serait nécessaire de connaitre les textes pour être cette structure, mais par la formulation que montrent les textes. Laquelle formulation peut bien s’exister tout autant par toutes sortes d’expression ; esthétiques ou légales et constitutionnelles ou littéraires ou psychologiques.

C’est donc la forme première de la présence au monde que la philosophie tire vers l’expression ;

Même si l’on se conçoit encore selon une processualité de contenus, la vérité est que l’on n’existe que comme forme vide. Non pas en tant que contenus, ou identités, mais en tant que reliant les contenus et ce d’une certaine manière. D’une certaine logique et sur une certaine surface.

La vérité est que l’on se rappelle encore à quel degré nous étions impliqués dans la Parole ; dans le langage entant que partagé entre tous les individus d’un groupe et en lequel se groupe existait ; le groupe validait la vérité de la transmission, et la transmission conservait d’abord et avant tout l’expérience immédiate du groupe quant à la réalité, quant au monde tel que vécu et transmis.

Le grand discours qui prétend distribuer la Parole hérite constamment de cette ampleur dont le thaumaturge, le devin, le sage, le chaman coagulaient le monde sacré dans le profane, et vice versa, et s’employaient à résoudre l’événement dans la régularité de la parole, et donc de la transmission.

La pensée, l’esprit hérite de ce devoir ; recomposer ce que le monde, le vécu, le donné décomposent. De même l’art appartient en partie à cette récupération. Sauf dans le même temps, lorsque l’intention qui mène l’esprit ou l’esthétique est cohérente et exigeante et ne se contente pas de répéter la parole des maitres, le plus souvent en l’écrabouillant bien épaisse, alors l’esprit, l’intention luttant contre sa pente savonneuse, remonte le cours de sa propre logique ; esprit et pensée doubles.

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(qu'il en serait absurde qu'il en soit autrement)

27 Janvier 2011, 22:17pm

Publié par zwardoz

Tout ceci, qui précède, pour bien évacuer toute tentative moralisante, mais aussi tout jugement à l'emporte-pièce qui condamne la liberté au nom d’une omniscience qui n’existe pas. Tant que l’on ne connait pas toute la causalité du monde, on ne peut pas décréter la nécessité plutôt que la liberté, et étant dans le choix entre la thèse du libre ou celle de l’impérieuse nécessité, toutes deux indécidables, il vaut mieux se fonder en principe sur le libre, qui n’annule pas les nécessités diverses, mais relatives, plutôt que de foncer dans le nécessitarisme, qui exclut toute liberté, et dont se pose, en tout cas, le poids de décider lequel des discours décidera, en lieu et place, de quelle nécessité on écrasera le libre. Le libre ne nie les nécessités, mais la nécessiteuse pensée annule le libre, et d’une nécessité seul en rend compte tel ou tel discours (scientiste, économiste, idéologique, en tout cas).   

Évacuer également l’option qui abolit toute tentative de compréhension en portant trop haut la vérité, et s’abîmant dans l’exigence d’une vérité absolue, s’en conforte pour nier que « de la vérité » il y a, même relative (en fait, la vérité ne peut être que relative ; elle existe dans et par une intention ; et il est en partie de l’essence de la vérité, entendue réellement cette fois, de déterminer laquelle intention).  Les analytiques placent si haut la Vérité qu’ils n’en découvrent pas l’ombre du début d’une seule ; incroyablement éloignés de la vérité comme décision ontologique. Mais d’où leur vient la telle hauteur d’une si invraisemblable vérité ; comparativement à quoi ?

Absurde tout autant que l’on puisse relativiser le sens très réel qui s’offre dans le devenir historique ; par là se signe presque définitivement la mort historique et pour des siècles, de l’universel en son Idée. Nier Descartes en lui opposant des nécessités toutes neuves, ça n’est pas seulement prendre dangereusement position, fascinée, c’est exhiber son incompréhension. Descartes certes s’impose presque arbitrairement, mais c’est qu’il obtient ainsi la position inébranlable qui est aussi, et surtout en ceci, la fine pointe tout extérieure aux nécessités, ou qui s’y tient en cette extériorité ; il est exemplaire, ce qui signifie qu’il ne se trouve pas dans le monde, comme une table ou un caillou.

Comprendre l’universel comme seulement un corpus clos de vérités, c’est ne rien comprendre et ne rien voir. L’universel est « ce qui se tient dans l’horizon intentionnel ». Il n’est pas figé, mais se réalise de structurer, activement, l’intention, toute intention. Celle du scientifique, du citoyen, de la personnalité individuée du 20ème, de l’esthète créateur ou passionné.  

Or cela signifie que si la vérité philosophique universelle excède telle ou telle vérité, ça ne comporte pas que la vérité inscrite par ce moyen soit déchue dans le faisceau intentionnel ; mais l’inverse ; que l’universalité est le moyen de cette intentionnalité très précise et formée en horizon général, lequel est singulièrement toujours actif.

Pour nourrir cette activité il ne faut rien de moins que la pseudo énergie nietzschéenne ; pseudo au sens où « ça se fait sans raison » ; autrement dit ; c’est à soi-même comme relevant d’une plus grande synthèse encore, sa propre loi.

Les révoltes anti philosophiques ne sont rien d’autre en somme que le redéploiement, autrement, de cette altérité toute puissante de l’intentionnalité telle qu’elle se veut. Et qui trouve dans son vouloir, son effectivité intégrale. Si on la limite à l’universel, tel que classiquement on peut l’entendre, pour la découper, l’intentionnalité est dépassée ; mais elle le fut toujours. Toujours la philosophie se définit non de ce que ceci ou cela, elle énonce, mais de ce qui par-dessous ou au-dessus, elle dessine. Soit d’une part la figure de ce qui est, comme plan, surface de l’être, neutre, vide, formel. Et d’autre part l’intention telle qu’approchée par l’utilisation cartésienne ou kantienne ou hégélienne ou husserlienne ou nietzschéenne du discours ; qui découvre là ses limites, ces limites qui n’en sont pas ; qui détoure la sorte d’être, le sujet, qui porte le discours universel, entre autres.

Entre autres, parce que dès lors, l’intentionnalité n’est plus la formule astreinte à la seule philosophie, mais est aussi ce qui anime l’esthétique, et la science, et la politique, et le relationnel et l’individuel.

Et ce non pas en confondant les genres, une espèce de mélange indistinct, mais en telle position ou telle autre, l’intentionnel vient culbuter et inverser le donné du monde, du connu, du régulé ; il impose la détermination comme intentionnelle. Il ne lit pas seulement ce qui est tel que cela est, il fait-être ce qui est dans la Forme intentionnelle qui est celle de l’être-comme-tel. De même en une personne, l’intentionnel bouleverse toujours, qu’on l’accepte ou non, le donné que l’on est.

Le temps ou l’espace parviendront seulement dans la forme intentionnelle que celle-ci découvrira en l’inventant, parviendront alors en leur essence propre. De même la détermination en général, tout comme l’humain en son essence ne seront aboutis que dans et par l’intentionnalité qui s’en donnera.

Tout ceci suppose cela ; l’intentionnel, certes, ne tient pas « en soi » ; mais qu’il se déduise ou se cause des fonctions du corps ou de l’être social ou du symbolique, n’empêche nullement qu’il y gagne précisément son indépendance ; indépendance ontologique. Il crée le champ de son être, et en donne l’horizon (dit ; en tant que l’être est ; cette formule crée l’horizon lui-même, et n’existe pas ailleurs que dans le faisceau).

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L'intellect et l'espèce

26 Janvier 2011, 23:05pm

Publié par zwardoz

Comment peut-on juger de la réalité et donc du devenir humain comme si il subissait un non sens quelconque ou une dégradation ou une faiblesse morale ou on ne sait quel châtiment externe ou interne.

Il est probable que notre être est commun à toute forme d’intelligence (comme on dit), fut-elle extraterrestre (si unetelle intelligence généralisée existe), et que par ailleurs, il se peut, éventuellement que notre biologie propre supporte plus ou moins, admet en sa physiologie plus ou moins de cette dose d’intelligence générale ; qu’autrement dit, pour une telle intellection, on est plus ou moins doué.

Une telle faiblesse est concevable. Mais il n’y est aucune faiblesse morale ou aucun « non sens » dégénératif, ou on ne sait quelle décadence.

La forme intellective, elle, est, en nous, sans doute complète ; on n’est pas « à demi intelligent », en tant qu’espèce. L’intelligence, qui a priori se comprend soi comme intelligence, on peut poser qu’elle se sait effectivement telle qu’elle est (ou du moins est supposable que se cachant elle récupère quelque peu la forme générale de l’intelligence).

Le passage de l’intellect dans la réalité, vécue, par ex, ou relationnelle (surtout), ou symbolique (ce qui est une autre manière du relationnel, au fond), est de toute évidence une difficulté, pour notre espèce, très résolument insurmontable.

De deux choses l’une cependant. Soit l’intellection jusqu’ici mise en place ne s’avance pas suffisamment dans la compréhension, et donc ne parvient pas à soulever la réalité (humaine) ; de sorte que celle-ci par inertie s’affaisse constamment sous son propre poids. Soit notre espèce est radicalement imperméable à toute raison, toute réflexion, toute conscience générale de son propre intérêt. Ce qui n’est pas à exclure et qui revient à ; physiologiquement, métaboliquement, notre réalité biologique ne supporte pas l’intellection.

Par intellection, il faut imaginer l’ensemble des règles élaborées qui permettrait la résolution des problèmes, au moins raisonnable sinon raisonnée ou encore inspirée. Et au vu des impossibilités manifestes de notre espèce, ce ne sont plus des problèmes mais des problématiques énormissimes. Au sens où l’on ne peut pas s’attaquer à une résolution sans soulever un tel conglomérat de présupposés, de réalités figées humaines, que n’importe quelle résolution devient inopérante.

A l’inverse de cela on peut parier pour une obédience hégélienne ; sans doute il existe des conglomérats (d’intérêts par ex, d’intérêts qui immédiatement se donnent pour si essentiels, et qui le sont relativement, mais au regard desquels intérêts, il y aurait bien plus grand profit à neutraliser ces faibles intéressements en vue d’une résolution normée), mais ces conglomérats contiennent peu ou prou, des résolutions « mécaniques » ou internes qui viendront en leur temps et selon une orientation marxiste ou selon les lois du marché ou ce que l’on voudra dans le même goût.

Ainsi l’intellect (soit ; la résolution raisonnable des problèmes) interviendrait en dernière minute, pour ainsi dire.

Cela suppose une autre perspective ; que l’intellect jusqu’ici, s’il fut bien actif, et a promu diverses technologies (du droit aux sciences, en passant par des systèmes esthétiques perfectionnés, par ex), ce ne fut jamais jusqu’à remodeler la « nature humaine » ; cad que ça n’a rien touché d’un cheveu de notre être. Nous subissons toujours les mêmes instinctifs, et les mêmes affects et les mêmes rivalités (qui créent nos valeurs au lieu que ce soient les valeurs qui créent nos vécus). L’intellect serait seulement un atermoiement superficiel ou pratique voir pragmatique. Ça n’est pas faux.

L’essence même de la rivalité ou de la fausse reconnaissance, demeurerait inchangée ; rivalité qui crée donc de fausses valeurs, des valeurs du tout-venant, assises dans un système de domination quelconque ; au fond les dominations sont toujours quelconques, basses, vulgaires, sinon ignobles. Ce qui veut dire qu’elles ne proposent littéralement rien ; sinon l’état de choses.

En sorte que la raisonnabilité des solutionnements se distinguent de ce que, cette fois, les valeurs inclues sont celles qui rendent possible les possibles. Une injustice c’est le cloisonnement de l’un par l’autre ; mais en ce cas l’un comme l’autre demeurent dans l’im-possible. Ce qui était possible entre les deux, d’une résolution régulée, n’est plus possible, du fait même de l’injustice. Bref, en gros, on n’en sort pas grandi, au sens effectif et bien réel.

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La rupture intentionnelle philsophique

24 Janvier 2011, 22:10pm

Publié par zwardoz

La pointe

Le moi-même n’est pas le bout du tunnel, il existe le sujet. Le sujet est l’intentionnalité, traduit techniquement. La philosophie est la mise en œuvre de l’intentionnalité en tant que si jadis on pensait, désirait et décidait dans une immédiateté (complexe et qui formait un « monde » complet), depuis nous sommes passés à une volonté arrêtée ; littéralement, cad stoppée, nette.

L’homme de l’intérêt économique, le calculateur intégral, mais aussi le citoyen défini par son statut dans une constitution, une formulation, et enfin le moi-même, psychologique, sont l’aboutissement de la formulation de l’intention en la vérité, et que cette intention prend pour elle : comme étant sa vérité. Et effectivement, l’intentionnalité est le centre de la réalité.

A l’opposé de cela, il fut l’universel en propre. Il se caractérisait de ce que pensant cette chose, il permettait de penser adéquatement toute chose identique à celle perçue. Augmentation de la perception donc ; et augmentation de l’intentionnalité puisqu’au lieu de se concentrer sur l’immédiat, l’intention pouvait relier intellectivement le donné immédiat au donné supposé partout identique.

Mais aussi, puisqu’il existait de ce fait une norme à l’intentionnalité (percevoir toutes les choses identiques et définies adéquatement), que le particulier ne limitait plus le particulier, mais s’ajoutait l’universalité de cette particularité ; le contenu intentionnel, pris en tenaille, entre l’attention et la perception, mais via l’intellection, se diffractait en univers, en essences des réalités. L’horizon intentionnel se contrôlait via ses contenus sélectifs, électifs.

 Le concept, l’idée sont les repères dont la matière- même, la texture, la substance se doit d’être cohérente ; au minimum avec elle-même mais depuis l’invention que l’être existe, avec son retour ; son retour sur perception. Le concept est la main mise par l’intentionnalité sur sa propre densité ; sans doute cherche-t-elle à comprendre le donné-monde dans ses idées, mais tout autant, sinon plus, entend-elle apprendre à contrôler son devenir en propre, hors de la prégnance naturelle, ou sociétale, ou habituelle et psychologique. En ce sens la philosophie est donc le dégagement de l’intentionnalité là où elle existe au plus près de son être et donc là où elle est le plus difficilement délogeable.

C’est une chose de proposer à la vue l’objet du désir d’une intentionnalité (dieu, l’amour, la chose, ou la vérité entendue comme « là », donnée, consensus, etc) et une autre de penser remonter le cours intentionnel et doubler l’intention elle-même en son envers. En somme de désintentionnalliser l’intentionnalité.

La réflexivité philosophique est donc l’interrogation sur la nature même de l’être de l’homme ; en tant que cet être s’importe au plus près de lui-même et en tant que l’intentionnalité est la plus infime et limitée définition de son être.

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la réflexivité philosophique

18 Janvier 2011, 22:24pm

Publié par zwardoz

Ceci mérite le terme d’esprit. Puisque si l’intentionnalité est une et en la limitation de son être, en même temps, elle est propagée ou se propage au travers des fonctions ; perceptions ou signes, tout ce que comporte notre vie. Esprit est l’autre nom du « dispositif ».

Parce qu’il faut bien le nommer et que du fait de sa grande distribution, il n’est pas nommable,  il doit garder la possibilité de se caractériser ici ou bien là, et pour cela demeurer dans la possibilité de soi.

Que l’on nomme esprit ou âme, le centre décentré non pas de notre être, mais qu’est notre être, ce en quoi nous in-existons, ce par quoi nous ne pouvons pas exister, mais s’évanouir sur la brèche, c’est ce par quoi la vérité échappe toujours, et ce par quoi il n’est pas de vérité, solide, ni d’ego cartésien, ni donc de philosophie, sauf en ceci ; que la philosophie n’est pas du tout d’acquérir des certitudes, des connaissances, mais d’installer ce dispositif du savoir ; c’est une mauvaise lecture que de croire comprendre Descartes comme une chose qui pense ; la description n’est pas le mouvement de ce qui est décrit.

Et le mouvement de ce qui est décrit est une méthode de saisie par elle-même de la brèche qui nous propulse. Que cette brèche puisse se saisir de soi, il le faut bien puisque c’est de tirer de son être spécifique ce qui nous anime ; qui ne se rencontre ni dans le monde, ni dans le moi-même, le corps ou n’importe quel donné, et qui est annulé par tout autre, puisque, de tout autre, on cherche avant tout à communiquer, à dire ce que l’autre sait déjà.

Ce qui nous anime, qui est inidentifiable, puisque c’est cela qui identifie, s’en prend difficilement à lui-même ; étant à la fois dans la dépendance et dans l’indépendance, il peut, nous pouvons donc aussi bien le prendre pour un autre que nous même. Il l’est. Notre être est autre que nous même puisque « nous-mêmes » c’est tout autant dans le faisceau intentionnel qu’il est posé, que ce qui lance le faisceau vers ce qu’il désigne (tel objet, tel signe, etc). Où sommes-nous ? Dans le faisceau comme objet désigné ? Ou le faisceau lui-même en tant qu’il désigne (n’importe quel ceci ou signe ou cela)?

Alors effectivement il n’est pas de vérité sur le sujet et le sujet est lui-même en son être à distance de tout ce qu’il peut désigner ; Wittgenstein et Lacan. Le sujet est poreux, lâche, fuyant, malléable, impossible à réaliser (jamais la structure ne passe dans son faisceau ; elle est déjà en dehors de ce qu’elle manifeste ceci ou cela en croyant se manifester soi).

Et la philosophie, sous ses apparences de solidification, ne renvoie pas au saisissement figé mais à la manipulation, la composition, la mise en œuvre du sujet comme mouvement.

Or il se trouve que cela passe par l’abstraction ; le concept est non pas ce résultat (telle idée définie par d’autres idées adjointes), mais tout concept est placé sur l’horizon de sa compréhension ; de sorte que souvent il est très difficile de penser adéquatement un concept dans la mesure où il est non pas seulement ce qu’il dit, mais est, dessine l’horizon qui l’inscrit. On est ainsi renvoyé de l’idée à toute la pensée de ce que Descartes ou Nietzsche pense, et chaque signe peut en moduler l’expression et remonter le long de l’intention jusqu’à non pas l’intentionnalité première, mais le tissage, la toile, la trame horizontale sur laquelle elle se peint.

Autrement dit ; la difficulté n’est pas de définir par les mots, le monde, mais de laisser recomposer l’intention par-dessous ou par-dessus les mots ; ayant pris appui sur le sujet cartésien, on a pu, ensuite, remonter jusqu’au sujet même, caché ou replié ou excentré ou démultiplié, tel qu’il surgit ou est agi par et dans sa structure intentionnelle. Le sujet cartésien peut bien paraitre caricatural, mais c’est à ses propres yeux.

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L'esprit et son unique manifestation

12 Janvier 2011, 21:49pm

Publié par zwardoz

L’esprit est plus que ce qui est, signifie que partout où que l’on soit, l’esprit n’y est pas ; il forme le repli hors de tout le donné.

On remarquera qu’au fur et à mesure des développements, le cercle de la philosophie s’est restreint ; astronomie, physique, chimie, ou sociologie, psychologie, mais aussi droit et Etat, laïcité et culture (de plus en plus individuée), etc. tous les domaines quittent la philosophie, et vivent leurs vies. Le cercle se restreint, mais ce qui reste, ce qui habite encore le cercle, est de plus en plus vrai, de plus en plus réel.

On ne mélange plus le sujet, sartrien par ex, et la pensée, cartésienne, de même qu’on ne constitue plus l’univers comme étant attiré par le moteur immobile d’Aristote. La découpe est universellement accélérée et ce à quoi l’on aboutit s’inverse même en définissant un (non-)sujet lacanien ; à la fois un sujet mais un sujet qu’on en soupçonnait pas. Un déplacement double, triple, quadruple (copernicienne ou révolutionnaire, psychanalytique ou culturelle, etc).

Envers et contre il faut penser que tout cela est la même « chose ». Ce qui veut dire que cessant de prendre le monde comme un donné Un, en une seule pensée (magique puis religieuse puis métaphysique), il y eut une réflexion ; au lieu de considérer le donné comme Un ayant à être vécu ou imaginé ou pensé tout d’une seule fois, il apparut que ce donné Un devait être scindé ; il ne s’agissait plus de penser-imaginer-se représenter le donné en une intuition immédiate, mais de comprendre ce que l’on se représentait ; de mener toute attention en une cohérence. La raison.

Mais le fait est que « raison » bien que manifestement immanquable et unique moyen de découper toute intuition et toute immédiateté en segments compréhensibles cad articulables entre eux, cela, « raison », peut s’entendre de façon étendue ; ça n’est plus la construction d’un déroulement articulé de segments mais c’est tout autant la réflexivité même en tant qu’elle s’applique à elle-même.

Il ne s’agit pas même « seulement » de définir les conditions de possibilité de la connaissance (kantiennement), mais de reconstituer selon une articulation l’être de l’homme et au travers de préciser les contours de ce-qui-est, tel qu’il soit apte à supporter, admettre, assumer l’être de l’homme.

L’attention portée sur l’être de l’homme est donc aussi, en plus, une compréhension de ce qui est ; même si il reste que longuement et longtemps la seule formulation rationnelle fut autorisée à mesurer ce qu’il en est de ce-qui-est. Mais face à l’étendue et à la précision de l’attention, le discours éclate constamment par en-dessous ; il dessine un dispositif, une structure, jusqu’à presque aboutir à se servir, à utiliser le discours rationnel aux fins de cette description ; chose pensante et chose étendue, définition de l’être de l’homme comme volonté cartésienne ou nietzschéenne, structure kantienne, ou repérage dialectique hégélien, en réalité depuis le début il est une forme agissante qui via la performance, la difficulté, le retors que provoque la réflexivité sur la dialectique du discours, du savoir, la nature de la connaissance, l’être du connu, tente de maitriser la substance même qui nous constitue ; tente de réguler mais au travers de percer, mettre à jour la densité ici intellective mais plus loin intentionnelle de notre être.

On ne peut pas penser n’importe quoi n’importe comment. Et sans aucun doute il est uen astreinte supérieure (qui consiste à articuler les énoncés entre eux de manière à ce qu’ils s’éclairent les uns les autres, bref une cohérence), mais aussi doit transparaitre la nature de ce qui s’y dispose. De ce qui s’y désire être, de ce qui s’y dépose, ici ou bien là, ou encore ailleurs. Les équilibres et déséquilibres sont alors dits ; ontologiques.

Il en va en effet de notre être qu’il se porte ou se déporte comme çi ou comme ça ; et ce sur quoi il s’installe, se déploie, se repère importe de ce fait puisque le paysage qui s’y dessine, formule l’intrication de notre être sur le ce-qui-est.

On serait tenté d’exprimer cette topologie en termes spatiaux ou selon uen ou des temporalités ; mais en réalité, il est plus question, même alors, d’une advenue plane atemporelle, neutre, qui accroche plus ou moins le ce-qui-est en tant qu’il est « ce qui se passe ». Que par conséquent il est très difficile de préciser puisque cela en strict point de vue ne devrait pas emprunter au monde, ses repérages … c’est « ce en quoi il est des repérages », étant de cela hors proportion.

C’est donc cet indescriptible qui hante les textes les plus éclairés, les plus articulés, les plus universels. De s’enfoncer dans le singulier radicalement existant. Cad la capacité d’amener l’attention jusqu’au frémissement de « ce qui se passe ».

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Le divertissant esprit n'est pas de ce monde

11 Janvier 2011, 23:55pm

Publié par zwardoz

Il est bien certain que rien n’importera jamais d’un vécu ; livré à lui-même, il ne peut espérer que se reproduire. Il n’est que la possibilité de l’esprit pour se mesurer à l’anéantissement complet, (puisque l’on sait que c’est uniquement la matérialité qui se reproduit). L’esprit se définit de n’y être pas ; il crée la possibilité dans le monde, de produire la dimension qui en échappe ; la dimension qui est en-plus.

En ceci l’esprit est la commune mesure de n’importe quel monde donné, physique, comme de n’importe quel monde humain acquis. Mais cette dimension n’existe pas en dehors de ceux qui la soutiennent, de ceux qui la portent ; l’esprit incarné comme universel, peut bien même ne plus que se survivre, comme fausse démocratie, par exemple, et n’en plus inscrire que le squelette ; absorbé par la masse montante des injustices, inégalités, cad en somme réseaux et mafias diverses, qui n’admettent plus de subir la chose publique, la république, la transparence adéquate.

De même en une individualité, alors même qu’elle se fut acquise comme une et libre, au moins idéalement, théoriquement, cette liberté même n’être plus que faire-valoir de passions annulées, de passions dont les finalités, malgré qu’elles se prêtent comme révoltes ou indignations ou mansuétudes jouisseuses du vécu, avant que l’on ne meurt, dont les finalités s’effondrent, s’abîment dans l’immédiateté. S’y révèle que le corps simplement consommé et n’ayant plus en lui aucune complexité dite ontologique, ne marque plus que de longues complications psychologiques.

 

On peut entendre par là que la « vie » (hypostasie fébrile) se débat d’échapper aux carcans rationnels et rationalistes, aux contraintes sociétales, au principe de réalité sinon de réalisme, mais c’est que déjà depuis longtemps raison et sociétalité et le vécu lui-même, relationnel par ex, ont déjà glissé sur la pente et s’engouffrent de n’avoir plus comme fins que la disparition dans le monde, dans le donné, dans l’immédiat, sous couvert d’une renaissance mondaine de la vie, du vécu, de ce que l’on voudra déniché dans le monde.

Ainsi deux aliénations s’amassent et annulent la possibilité de l’esprit ; d’une part le fait que l’on se soutienne d’un monde déjà suranné, clos, condamné et dont la déliquescence s’utilise comme prétexte à non pas une recomposition des forces par le dedans (de l’esprit), mais à une réaction d’enfoncement ( qui trouvant se causes dans le monde, y retourne, s’enveloppant dans la nasse profonde de l’oubli de son être) enfoncement dans cette épaisseur lourde et instable ; sous les flammèches colorées de la fausse négation.

 

En fait, tout ce qui n’est pas de l’esprit, est voué à la mort.

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Nietzsche, l'épreuve du devenir

5 Janvier 2011, 15:10pm

Publié par zwardoz

Il apparaitra donc que l’être de l’homme ne peut être circonscrit ; lors même qu’existerait dans les faits et réalisée une connaissance exacte de ce qui est, l’être de l’homme est en-plus ; mais on ne saurait se contenter d’un pour-soi, sartrien, libre, qui s’ajouterait à l’en-soi, du monde. L’être en plus de l’homme est ou dessine une structure ; laquelle, étant absolument libre en elle-même, est formelle ; inutile donc de rechercher à quelle satisfaction notre être peut correspondre ; il ne se satisfera jamais de rien.

C’est en ceci que Nietzsche intervient de décider que : peu importe. Il n’importe pas que notre être obtienne satisfaction, sinon de son acte même. En cela, ça ne fait pas Sens, vers quoi que ce soit ; ça est.

Mais si cela, notre être, est, c’est uniquement une description d’état toute extérieure ; en réalité, puisque nous le sommes, cet acte, c’est une activité de le vouloir ; une réflexivité ; il faut accepter, passivement que notre être est activité, radicale, à la racine.

Or chacun sait bien qu’il est ce corps, cette identité, image de soi et pour les autres, ces besoins, ces possibilités et surtout impossibilités, etc, sa classe plus ou moins sociale, sa culture, tout ce que l’on voudra comme causes essentielles de soi ; essentielles dans le monde, mais dans la réflexivité, causes adjacentes. Nietzsche, en pratique, signifie que « l’on fait avec ce que l’on a, mais selon ce que l’on est ». Plaçant l’être en plus du monde ; il donne son accord à ce qu’il a, pour le faire-être au plus loin ; li dépendra de la nature de votre force, énergie, volonté de mener plus ou moins loin « ce que vous êtes », ce que à partir de ce qui vous est alloué, vous deviendrez « qui vous serez ». Autrement dit ; vous existez dans le monde, alloué à telles qualités ou défauts de déterminations, mais le plan de l’être, vous y deviendrez ce que ce plan requerra de vous-même ; et seulement là, alors, vous serez, immédiatement, jugé.

Et vous l’ignorez. En un certain sens, vous ne savez pas ce que l’énergie ou la volonté vous autorise à être ; parce que ça ne dépend pas vraiment de ce qui vous est alloué ; mais ce que devenir signifie pour votre être. Celui qui passe de la puissance à l’acte, du virtuel au réalisé, mais via le possible ; ce qui font trois dimensions ; le possible n’est jamais, jamais réalisé tel quel mais pourtant il demeure exactement le Possible (et du virtuel et du réalisé).

Nietzsche était excessivement cultivé ; son être en devenir passait par les signes, tous les signes envisageables. Aussi pour lui le devenir est de devenir son être-en-signes inscrits ; la grande possibilité du signe est qu’il n’a pas besoin de grand-chose … Il n’a pas besoin de l’histoire ou des autres ou des choses ; on peut esthétiquement réaliser, rendre réel, n’importe quoi ; autrement dit ; sa volonté même ; le signe n’a de limite que la volonté d’n tirer, soutirer ce que l’on en veut ; et si il est un empire en lequel la volonté mesure sa capacité, (qu’elle ignore ; elle ne se veut pas énormissime ou clinquante ; elle s’y éprouve au contraire ; c’est là qu’elle , au pied du mur, perçoit ce dont elle est capable), si il est un empire qui mesure la volonté (d’achever « tout ce que l’on peut ») indépendamment de circonstances extérieures, Nietzsche sait bien qu’il s’agira des signes dans leurs extensions indéfinies.

Or dans ce temps-même, Nietzsche ouvre une singulière advenue tout à fait générale… Il est une partie de ce qui est, dont on ignore ce quoi elle est faite. Que l’on y soit « libre » ou non ontologiquement, n’a pas grande importance ; dans la pratique même de la puissance et de l’acte, du virtuel et du réalisé, il est ou non et plus ou moins de « capacité ». Et ça ne se juge pas antérieurement à l’épreuve elle-même. Il n’existe pas de théorie préalable à l’accompli, à la réalisation, au devenir potentiel.

Mais il se peut que, par contre, on aille tout à rebours de soi… de ce soi possible. Que l’on refuse d’y advenir. Qu’on se vive dans la restriction et que le potentiel de ce qui est (possible) se condamne et s’abroge, et qu’il annule tout autant chacun ou tout potentiel de quiconque ; une non-volonté, cad une volonté négative. Non pas donc à rebours du soi que l’on est, mais du soi potentiel ; or celui-là ne se juge pas à l’aune du monde déjà là, mais sur cet autre plan du possible pur qui barre (positivement…) la puissance virtuelle et le réalisé acté. Celui dont on ne sait rien et que le donné, le monde, le vécu, le connu, ignorent tout.

Pour cette raison l’énergie, l’énergétique nietzschéenne simulent, inventent, démontrent un autre plan de l’être ; le seul vrai plan qui vaille ; celui sur lequel les valeurs sont de fait toutes autres. Une coupe gigantesque qui affecte notre volonté d’y être …  ou pas.

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L'intentionnel, comme être séparé

5 Janvier 2011, 00:32am

Publié par zwardoz

Le rêve est la première levée de la représentation ; en ceci que le donné vécu se représente à nouveau dans la scène perceptive nocturne.

Le conscient est une émergence à partir de la masse représentée.

Le conscient n’existe pas en lui-même, mais d’être tenu dans une intention. C’est qu’il y ait une intentionnalité (visant un objet au moins, quelques-uns au plus) qu’il puisse exister une dimension de représentation consciente. N’est conscient que ce qui tombe dans le faisceau intentionnel ; lequel est limité (et en acte) et délègue toutes les connivences autour de son objet de visée aux autres fonctions.

Ces excroissances (perception, représentation, sensations, mais aussi mots, signes, gestes, comportements, voix, etc), ces autres fonctions sont tout autant « ce qui crée l’intention », que ce par quoi elle empiète à disposition. L’intention peut également être possédée que possédante ; elle est poreuse et perméable, comme malléable et protéiforme.

En ce sens, elle est formelle ; étant émergente au sein du conscient lui-même émergeant de la re-présentation mémorisée, elle est épiphénomène qui, parce qu’il établit non pas constamment, mais localement et limitativement de la liaison entre différents registres (perception et signe par ex) ou divers domaines (émotions et comportements), dispose d’une ampleur suffisante ; le mélange autorise la quantité de choix et donc essentiellement de combinaisons possibles. C’est de son minimalisme que l’intentionnalité tire son possible ; de s’inscrire à la croisée des diagonales.

Il n’est pas question d’une forteresse cartésienne : Descartes crée le sujet en durcissant l’intentionnalité ; fondée en quelques traits resserrés et profondément à juste titre destructeurs ; formalisant un procédé de maitrise de l’intention par elle-même ; il ne s’agit plus uniquement de contrôler le discours dans sa cohérence, mais de remonter du discours vers son instrumentalisation ; l’intention, la volonté que l’on en a, formellement noté comme étant notre être lui-même, est ce qui se maitrise de par soi. Le discours de la méthode est un apprentissage de l’invention du sujet par lui-même. Par quoi en fait l’intentionnalité, qui paraissait dépendre ou se soumettre à des contenus privilégiés (l’ancien discours des idées ou de la conceptualisation strictement métaphysique), se découvre comme ayant à varier son être intentionnel lui-même ; ce retour sur soi la forme même (sans contenus).

Mais pas plus il ne faut abolir l’intention dans ses contenus, ni dans ses causes ; l’intention se distingue des fonctions (perceptions, sensations, comportements, signes, image de soi ou identités, etc) comme des choses du monde ; elle peut varier de l’un domaine vers l’autre registre, indifféremment.

Il est bien certain pour que s’élabore une variabilité interne à l’intentionnalité qu’est nécessaire la mise au jour du dispositif pour lui-même ; il lui faut se donner à soi son être, d’une manière ou d’une autre. La donation de soi est à la fois dans la logique même intentionnelle et définitivement difficile ; c’est que l’intentionnalité n’étant pas un contenu en particulier, doit pourtant se figurer son être, et tout dépend alors de comment et en quelle illustration de soi, il y parviendra (il existe une grande variabilité d’acquisition de soi, de ce soi formel dans l’étendue de ses possibilités ; et concomitamment des noueux, des impraticables, des échecs, des impossibilités ; notons bien qu’il ne s’agit pas spécialement de l’acquisition psychologique de soi, mais de l’acquisition du déploiement de la structure intentionnelle –même).

Or comme l’intentionnalité est dans le rythme de l’éphémère, il lui est extrêmement difficile de se fixer une illustration de soi ; c’est un montage complexe et comme l’intentionnel se sait intuitivement telle qu’elle est, elle se sait aussi, négativement, telle qu’elle (ne) s’apparait (pas). L’insatisfaction native n’est pourtant pas son manque, mais donc son excès.

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