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instants philosophie

Positionnement du réel

15 Août 2017, 09:18am

Publié par pascal doyelle

Mais auparavant saisie de l’historicité depuis dieu et le christ et les grecs.

On a donc découvert autour de la méditerranée (ce qui dura quand même plusieurs siècles, patients, voire un millénaire ou plus) qu’il existait une structure antérieure à toute représentation. Ce qui peut se traduire par : puisque autour du bassin il est une telle réunion de peuples et de cultures et un tel mélange, il émerge deux instances (instanciations) qui régularisent notre situation dispersée ; à savoir qu’il existe un monde et un seul (et non une pluralité de mondes séparés les uns des autres et valant certes mais chacun pour lui-même, avec son langage, son groupe qui se mythologise, écrit sa propre histoire et perçoit le monde selon ses échanges et ses esthétiques ritualisés, etc ; l’ensemble des peuples et civilisations déployant ce que l’on nomme culture, tandis que ce qui commence par la méditerranée, ce qui est quand même schématique mais bon, avec la méditerranée débute l’acculturation généralisée, comme on a vu cent fois), et qu’il existe, pour chacun, son propre corps.

Il est certain que par exemple l’islam comme originellement le judaïsme, permettent d’instruire (au sens de lancer des instructions, des informations dans la perception, le corps l’imagination, le vécu et langage etc) cette irruption de la structure et en tant que Collectif, comme communauté de second niveau, autrement architecturée ; la communauté n’y est pas une communauté fondée par ex sur la même perception du même monde, mais sur l’interruption que le Un tout-autre fait subir à toute humanisation et recadrant intégralement la réalité et les corps. Mais il est aussi assez clair que le christianisme occupe une place tellement singulière que l’on ne peut pas le passer sous silence, autant le dire. En ceci qu’il est question du corps et que, peu importe votre communauté, chacun, chaque individu est ce corps qu’il est ; et que donc est dressé, au sens propre et figuré, le corps du christique (on dit « le christique » en ceci que l’on entend, quand même, séparé le christique lui-même de l’église, de l’institution, qui est, elle, comme toute et n’importe quelle institution humaine, plus ou moins accaparée par ses propres nécessités ; se constituer, se maintenir, se développer, etc, ce qui ne va jamais sans mal).

Or cependant le christique, tellement étrangement, si il pré-voit la communauté, le Saint-Esprit, interpose bruyamment, l’individualité ; il ne fait plus corps avec le groupe, il fait corps-tout-seul, de l’un-tout-seul du christ, l’exemplarité même dans ce re-tournement qui assume le un, la division. Raison pour laquelle, sans doute, la pensée grecque sera relancée intégralement, et longuement et corps-tout-seul sur lequel tout arc de conscience tiendra, au moins, une certitude ; qu’il existe. Parce que le corps est réellement tout-seul.

Précédemment pourtant il y eut évidemment les grecs qui, eux, éberlués, devant leur propre grandeur et audace, créèrent le monde… Cad que par les grecs il n’y a pas que des corps (et isl ne parviennent pas entrer dans la structure du corps, il faut l'in-fini du christique dans-un-corps), mais il y a le monde tel que donné « là » (à savoir à la fois comme donné, monde, réalité, détermination, et comme « là » de tout donné, de tout monde, et qu’ils nomment « l’être », entendant tpar là la construction d’une super détermination qui les, censément, penserait toutes les déterminations).

Il est évidemment, mais comment et pourquoi est-ce évident, que le christianisme (tout comme en partie le judaïsme et l’islam) a pu reprendre intégralement la pensée grecque, intégralement, totalement (et bien que le sommet absolu des systèmes grecs soit néoplatonicien). Il est clair et plus encore qu’instancier l’activisme de la structure en scindant littéralement le corps-même de chacun, de chaque un, chaque unité individuelle, est une folie absolument insoutenable ; mais le réel est insoutenable, le réel ne plaisante pas du tout, le réel est la dureté telle quelle et insupportable, par quiconque, délivré des groupes soit dans la communauté guidée par le Un tout-autre qui s'interpose, soit dans le le un-tout-seul, délivré du monde mais livré au monde sans protection.

Certes tous les corps étaient, alors, convoqués un par un mais à l’imitation du christ. Ce qui veut dire qu’il est, évidemment, le seul corps qui ait survécu à la mort (excepté Marie) ; parce qu’il force tout converti à se considérer comme par-delà la mort, de se tenir d’un point absolument et formellement externe à tout, extérieur à son propre vécu, son propre corps, et hors du monde ; bref à se tenir sur le Bord. Mais pareillement les grecs pour penser le monde, et même de seulement prononcer ce mot, cette désignation de « l’être », pour réaliser cette performance, les grecs eux-mêmes énonçaient le monde à partir du Bord ; de même la Vérité ; si on annonce que l’on va préciser la vérité c’est que l’on est en –dehors ; en dehors non pas pour moins de vérité, mais précisément à l’inverse en tant que l’on est-déjà dans la sur-vérité.

Cela veut dire que ce qui s’est créé ce ne sont pas seulement le corps et le monde, mais cela même qui tient dans son intentionnalisation et le monde et le corps, et l'être et le divin. Et intentionnalisation qui n’est relative ni au monde, ni au corps, mais à cette structure antérieure, de laquelle on perçoit, désire, veut, intentionnalise.

La possibilité du réel

On parle bien ici de la structure antérieure à tout ce qui est ; antérieure à l’être et à l’individu. C’est l’articulation antérieure à tout qui commence alors de se montrer. Mais il s’agit de la structure antérieure à ce monde et à ce corps ; structure, formelle donc, et absolument contigüe à l’un comme à l’autre. Si l’on se pose la question ; comment un réel et une structure, déterminés, peuvent-ils être autres que la réalité et le monde, déterminés, c’est que l’on ne voit pas que la forme de la réalité et de notre être n’est pas déterminée.  Elle est formelle, elle entoure la réalité, ou pour mieux dire elle précède la réalité.

Nous nous sommes ainsi avancés (par dieu, par l'être, par le sujet) dans la structure antérieure à toute réalité, tout monde, tout monde humain, toute représentation, tout langage, tout corps. C’est de là que nous parlons, pensons, imaginons, désirons, et de manière générale de là, de ce Bord précédant, que nous intentionnalisons. Il est clair que ce Bord est un mouvement, un rapport, un possible. Il avait raison, 'nous ne sommes pas au monde' (R). Et si il n’est pas deux réalités mais une seule c’est que le réel est la Forme de la réalité et ce qui existe réellement, c’est cette forme, la structure ; l’être, lui, est l’ensemble des effets de l’exister, et l’exister est et n’est que le présent (bien que l’on ne sache pas si le présent avance plus loin ou si il n’est que le présent tel quel).

C’est pour cela que tout passe, excepté la forme, le présent. Qu’il y ait simplement un présent ou que ce présent soit une dimension est une question infinie. Littéralement (l'infini est ici même et il n'est pas ce que l'on a l'habitude de se figurer, de manière générale le "réel" est l'infini du néant, l'infini de l'être, l'infini de l'exister de l'être et "cela qui se crée dans le présent" soit donc tout cela ; le devenir, le possible des  infinités même, pluriellement dépliée : le 'réel' accumule tout, tout le possible ; le présent est, pour nous, autant que l'on sache, le moyen des infinités, il en est peut-être d'autres, peut-être également une infinité de moyens). Mais même que le présent soit simplement le présent ne signifie qu’il soit relatif ; c’est tout le reste qui est relatif au présent. Le présent n’est pas alors un vague résultat dont on est si habitué mais il est l’origine même. L’origine toujours constamment présente. Celle qui ne quitte pas et dont on ne s’écarte jamais. Il est antérieur à tout.

On ne sait rien de ce présent, et encore moins si il est une dimension (en vérité si il est une dimension, il est la dimension), mais cela n’entame en aucune manière la puissance absolue de son structurel ; puissance absolue en ceci qu’étant formel, cad sans aucune détermination, il est seul comme tel ; ce qui n’est pas composé est indécomposable ni composable et exclut d'être double ou triple, mais étant formel il rend possible toutes les déterminations que l'on veut, qui puissent être. Et d’autre part si il est l’exister, il est « ce qui propose que tout, cad le possible, soit ». Autrement dit il est le Possible lui-même. Il est « ce qui rend possible qu’il y ait une réalité » ; sans réalité, sans détermination, nous serions plutôt embêtés ; rien n’existerait et si le Un, cad la forme, était déterminé on se retrouverait comme à l’habitude dans l’impossibilité de comprendre qu’il puisse être de la détermination double, d’un côté (le réel, le présent) et de l’autre (la réalité, le monde) ; on sait bien comme cela est absurde.

C’est absurde sauf dans l’hypothèse de dieu ; puisqu’alors il est une intentionnalité (et non un Etre déterminé) qui envoie, lance la réalité ; une intentionnalité est une forme (un arc de conscience, une structure est intentionnellement, cad n’est pas en soi déterminé mais joue de toutes les déterminations disponibles ; ainsi le langage est un ensemble, évidemment systémique, sinon systématique, de rapports ; les mots ne sont pas ‘en-soi’ mais des rapports, et systémique bien que demeurant ouvert puisque telle est la fonction du langage, systémique de retisser des rapports et lorsque le groupe cesse sa contrainte, chacun est potentiellement en capacité de relier le monde et son propre corps, ce qui ne manque pas de poser problèmes, pour le moi). Il n’est absolument parlant rien qui s’oppose à ce que l’on présente le présent comme étant l’interruption intentionnelle de dieu ; on a vu déjà que le dieu judaïque est une telle capacité Autre qui entend modifier, interrompre l’humain, refonder sa création par une nouvelle intentionnalisation ; de même le christ est un renouvellement qui relance intégralement toute la réalité. Ici on ne peut pas « croire » mais on peut admettre, absolument parlant, une telle hyper-structure ; on ne peut néanmoins pas tabler sur cette intervention, puisque cela, par a priori, nous empêcherait de comprendre ; de nous introduire plus avant ; et rompre cela même pour quoi nous sommes faits ; avancer dans la structure antérieure à tout ce qui est.

Mais de ceci on comprendra que l’on ne peut utiliser cette progression pour nier  ou affirmer dieu, le christ ou toute Altérité ; puisqu’à tout le moins il est absolument clair que nous ne coïncidons pas ; nous ne sommes ce que nous sommes (nous ne sommes pas de l’ordre de l’être, mais de l’exister, et de toute manière tout l’être lui-même , ici, est relatif à la seule instanciation qui existe ; le présent).

Ce qui revient à dire ; en aucune manière on ne peut exclure les apparents ‘illusionnismes’ des religions, mystiques ou éthiques ou esthétiques profondes (cad toutes les esthétiques) qui sont amenées par leur effort suréminent à discerner le réel et la réalité ; ne serait-ce que puisque le réel est formel, il est extrêmement difficile de le saisir (on le ramène constamment au monde, à la détermination, serait-ce sous la formulation de la représentation ou des signe sou du langage), et que tous les efforts sont appelés, mobilisés ; et en vérité on ne fait que cela, tous les arcs de conscience, les structures, et les mois eux-mêmes (qui veulent tellement résoudre l'équation impossible qu'ils existent), les structures donc étant structurellement, ,antérieurement arcboutées au seul réel (à l’exister pur et brut tel que « là ») prononcent, signent, signifient le Un absolument Autre sinon comme dieu ou absolu en tous les cas comme logique de leur être. Il n’y a pas le choix, non par contrainte mais parce que le réel est originellement antérieur et « cela même qui autorise qu’il y ait (quoi que ce soit)».

Ou donc ; toutes les pratiques (ce sont toujours de fondamentaux activismes, activistes ou réactionnaires) ne peuvent pas se catégoriser comme objectives mais hyper-objectives ; on ne peut pas entrer dans l’agissement généralisé (le présent est purement Acte) sans atteindre ou attendre la cohérence de cet activisme (le moi attend le Tomber-amoureux pour rechercher l'activisme de son corps-autre, transfiguré par l'autre) ; la cohérence de cet activisme (activiste ou réactionnaire) quel qu’il soit ;  les pires sectes, qui ne s’animent nullement de l’architecture structurelle, obéissent à la détermination de leur fantasmes, lesquels sont néanmoins des attentes dérisoires et disparaissantes, mais les plus hautes connaissent et reconnaissent, manifestement, la suréminence de la forme sur les contenus et examinent, enquêtent, observent, déploient, déroulent le pli dans le Pli, l’arc dans le présent, la structure dans le réel, lors même qu’il serait saisi comme éternité ; l’éternité étant, puisqu’elle centralise tout, la forme même de notre volonté ; vouloir tout ici et maintenant en une fois ; ce qui est l’acte même du présent et dont on ne peut pas dire qu’il ne soit pas, éventuellement, peut-être et par exemple mais cela n’est pas clos, une vision kaléidoscopique de l’éternité, ou du non-temps, d’une autre face, autre logique, assumant la DImension au plus loin, même excessif ; le réel est excessif, un extrémisme effroyablement difficile ; que croit-on que le réel puisse être sinon absolument un excès ? Ceci pour les croyants, qu’ils puissent, peut-être, trouver ici et maintenant, dans, si l’on peut dire, le plus simple appareil (le présent), la voie interne du réel tel quel ; la voie en ce cas est l’ici-même, le présent est l’acte « Exister », et cet acte est non immanent, le présent est non immanent, l’immanent est dans l’exister transcendant qu’est le présent.   

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L’historicité, le retournement de tout

12 Août 2017, 07:59am

Publié par pascal doyelle

On a cru découvrir la pensée (les grecs) mais peu à peu il fallut rétrograder ou rétrocéder, apparemment ; on en est passé à la structure du sujet (Descartes, Kant, les idéalistes allemands, Hegel, Husserl) et comme ça ne suffisait pas dans la remontée de la structure il fallut Nietzsche et Heidegger pour retourner encore plus antérieurement, et ils le savaient tellement qu’ils prétendirent ébranler ou mettre à bas tout l’édifice ;

mais Sartre et Lacan clouent le spectacle en entrant dans l’analyse de « cela » qui précède toutes les réalisations humaines (le sujet de structure ; la « conscience » sartrienne et le sujet lacanien très distordu) ; ils entrent dans l’analyse très pointue de la structure de notre être (qui n’est pas une essence, une chose, un donné là et ça n’est pas seulement que le cerveau est la chose la plus complexe que l’on connaisse, c’est que l’acte de « prendre conscience » est en lui-même un réel excessivement retors, distordu, relié, replacé sans cesse à partir d’un exister très difficilement accessible et pourtant celui-là même que nous vivons tous les jours ; pour cela Sartre et Lacan sont au plus près de la vie, de l'existence ; ils avancent dans la réalité, le vécu et le corps, et ça n’est pas en désarçonnant l’acte de conscience, qui se révèle tout à fait autrement et pour la première fois clair et net).

Certains lisent ce parcours comme un abandon (de la métaphysique de jadis), mais en vérité il faut admettre tous ces parcours comme une avancée dans la forme intime du réel ; on n’a pas déchu, on a progressé absolument dans ce regard, cette attention, cette volonté, ce désir,  dans ce miroir lui-même qui précède tous les mondes humains, les vécus, les corps, les pensées et représentations. On a avancé « comme à rebours » en remontant vers, dans, par la structure du réel tel que celui-ci se donne à nous ici même (en chaque ici même, chaque ici et maintenant ; la thèse en ce qui m’occupe est que le réel est strictement le présent seul comme origine de tout ce qui est ; le monde n’a pas pour résultat ce « présent » très bête, mais le présent est la forge qui produit tout ce qui est).
En gros on n’a pas pensé le sujet comme prélude ou prédisposition vite envisagée ou simple prolégomène, non universel et non universalisable, ou repli par défaut (faute de n’avoir pas pu conduire le savoir universel on inventorie le donné là qui prédispose dans le particulier ou l’illusion égotiste), mais à l’inverse il faut saisir que l’on a pensé le sujet comme originant toute pensée, représentation, images, vécus, corps, sociétés humaines, et on a pensé cet être étrange qu’est le sujet tel quel, en lui-même.

Ce sont les deux manières de prendre Kant par ex ; soit on retient qu’il marque l’échec de la métaphysique, et voila tout, soit on insiste de ce qu’il voulût, explicitement, élaborer toute la structure de notre être-au-monde et qu’il entendait, de cette philosophie de second niveau (critique) tenir une science (comme on disait alors).

Si il est un « sujet » antérieur à toute représentation on est entré depuis que Descartes dissout la pensée et dé-couvre cet être instantanément « là », on est entré dans, sur, par le Bord du monde, tandis que précédemment on pensait à partir de ce Bord (les grecs nommaient cela « l’être », il y avait le donné là, pour la première fois le « donné là du monde », unique - auparavant existait tel ou tel monde - et d’autre part le « là » du donné, de tout donné, nommément l’être). Et quand bien même ce sujet parait naitre après, en seconde part, il est antérieur ontologiquement et ce pour la raison que ce « sujet » n’est pas le moi, une identité ou une subjectivité, mais une structure ; et que l’on remonte à partir des productions de cette structure vers la forme elle-même et la forme n’a aucun contenu ; laquelle n’est pas née de l’universel mais au contraire cette structure a produit l’universel lorsque cette structure s’est extraite avec force du langage, du commun lui-même, du groupe, des mondes représentatifs, cycliques, et puisant dans l’empirie, le donné là sous l’égide du « là » du donné (de la position de l’être). Et c’est au travers de la pensée en jugeant de l’insuffisance de l’universel que se fait met au jour que cette structure existe ci-devant, comme une telle structure-sujet, qui ne se tient pas aux vérités énoncées, à la façon de Badiou, mais qui tient à l’articulation qu’elle lance sur le réel.  Arc structurel-réel, articulation qui contient ce qui se donnait comme pensée-réalité.

Descartes étend donc la réflexivité ; la réflexivité, pas la pensée (et donc alors la pensée reçoit ou devrait recevoir une autre solution ; Kant prévoira le criticisme, comme nouvelle science, et Hegel la dialectique, cad la phénoménologie générale qui contient le vécu et le savoir, en réarticulant constamment les actes de conscience, de la négativité). Ce qui se prête comme étendue par Descartes, reviendra à l’être-là tel l’en-soi sartrien, ou la chose en soi kantienne, et ce qui sera examiné ce sera très précisément (mais non encore suffisamment) le réel effectif (la durée bergsonienne, le réel lacanien, etc) ; l’ensemble de ces schémas qui se doublent de l’ensemble des schémas qui analysent notre structure, rassemblent les possibilités de compréhension de ce que chaque je est existant sur l’étendue de la réalité, sur la réalité comme étendue (et temporalité). Mais au fondement de l’espace et du temps, il n’existe qu’un seul point ; que tout l’ensemble soit chaque point d’exister.

Il s’agit donc d’avancer dans la structure de ce « sujet » (qui n’est pas un moi ou une subjectivité ou un corps-langage psy ou un prolétaire-histoire marxiste) et c’est ce à quoi on s’emploie depuis Descartes. Il faut avancer là où il n’y a pas de mots, d’images, de signes, d’indications de quoi que ce soit ; raison pour laquelle des tas de pensées sont incompréhensibles (mais Plotin ou st thomas ne l’étaient pas moins). Personne ne complique le réel à plaisir c’est le réel qui est compliqué et même plus que compliqué (qui se tiendrait là au-devant comme un objet complexe) et qu'il faut qualifier de distordu ; en ceci que notre être est en question dans le problème certes mais parce qu'il est un re-pli, autre que lui-même, autre que tout, et que bien plus loin encore le réel est un problème pour le réel lui-même et il faut voir là que précisément le réel se donne comme étant le présent et que l’on ignore. Et donc tout, tout ce qui est, là, maintenant, ignore, totalement, ce que veut, peut, attend, réalise, produit le présent… On ne sait pas où cela va et personne ni rien, nulle part, ne sait où cela avance (sinon dieu mais on ne peut pas intégrer ce qui n’est pas ici et maintenant présent et qui existe-ailleurs-peut-être : on ne peut pas entrer dans la foi et la croyance). Il y a donc, de cet ici même, une étrangeté structurelle du réel (et du monde, du vécu, du corps).

Dans le cœur de cette étrangeté qui est néanmoins structurelle (ce qui veut dire que le réel est étrange et non pas un être donné là bêtement ; le subjectif, l’inquiétude subjective n’est en vérité pas subjective du tout mais effectivement le réel même ; c’est objectivement ou donc hyper objectivement que le réel est Autre, et hyper objectivement puisqu’il s’agit de passer outre la simple constatation qu’une réalité il y a, et qu'au contraire il y a un réel en plus de la réalité,  tel qu’hyper-objectivement cela s’impose ; le réel/réalité est une structure, un mouvement, un rapport)

dans le cœur de cette étrangeté, donc, il est deux faits majeurs ; que l’on ne veut pas ce que l’on dit (ce que l’on dit que l’on veut) et que notre être est déposé « là » dans le réel. Ce qui parait vraiment l’antithèse de l’unité de l’être, ou de l’unification de l’être ; à savoir d’une part que le donné puisse se penser en une fois de telle sorte que ce qui est soit égal et également en notre pensée (au lieu de quoi l’être réel et la volonté réelle sont Autres, selon la Volonté de N et selon l’Etre de H) et d’autre part que notre activité, de conscience, soit en mesure d’unifier tout le donné et de faire sens ; puisque notre intentionnalisation (qui se regroupe, théoriquement, sur une notion, un concept, une idée, un être suréminent, une autre-intentionnalité (dieu, qui lui répond) cette intentionnalisation ne peut pas se clore sur un contenu (il faut ainsi penser, élaborer cette non clôture de notre-être/de la réalité/du réel) ; on ne peut pas trouver l’idée de l’être qui soit telle qu’elle s’impose unanimement à quiconque (pour la raison que la réalité n’est pas de l’ordre de la cohérence intellectuelle, intellective, et de par ce fait majeur et à vrai dire fondamental ; que le réel est en cours, il est ce présent qui ne sait pas « où » il va) et que donc si il n’est pas une unité de l’être ou une unification de l’être, c’est qu’il existe une autre sorte de cohérence ; remarquons que l’on ne baisse pas les bras, Nietzsche ou Heidegger ne baissent pas les bras ; ils avancent une unification et donc une cohérence qui n’est juste pas la cohérence de la pensée, de la pensée raison-universelle-humaniste ; autrement dit présenter l’Etre (Heidegger) ou la Volonté (Nietzsche), c’est contourner que l’intentionnalisation (humaine) ait un Sens ou un Ordre, et ce parce que … ça n’est pas l’intentionnalisation (ordonnée ou sensée) qui mène le jeu.

Le plus incompréhensible dans cette histoire c’est que malgré qu’ils imposent l’anti-intentionnalisation, c’est par l’intentionnalisation … D’où la difficulté technique pour ces deux là de proposer « ce qui doit être fait », de proposer une éthique ontologique (non pas une morale mais une éthique qui va chercher bien plus loin, dans l’épaisseur de la réalité, du réel, de l’être, sa consistance), parce que ce serait avouer qu'eux-mêmes se fondent sur une intentionnalisation. D’un type particulier et que donc effectivement on ne peut pas ne pas supposer la liberté et on ne peut pas annihiler la logique d’une cohérence, serait-elle Autre.

Mais en même temps ils ont raison de présupposer que le monde, la réalité, l’univers est Autre. Pare qu’il est Autre. Et ils ont raison de penser être en mesure de rivaliser, d’amener l’altérité en nous afin que l’on soit commensurable à l’altérité du donné a-humain, sans Ordre et sans Sens (présupposés jadis). De sorte qu’il faut en conclure que d’une part il est une cohérence mais elle est tout à fait différente de celle de l’ordre et du sens, et d’autre part il est vrai que nous sommes libres mais c’est très difficile, très impitoyable et tout à fait différent de ce que l’on a pu en penser.

Lorsque l’on croyait que l’universel résolvait la réalité, cohérence et liberté étaient identiques (et bien que l'idée de liberté ayant à se soumettre à l'universel et à la raison pour tout horizon n'était guère compréhensible ; que toute liberté admette l'universel, oui, mais qu'elle se poursuive en plus et au-delà de l'universel, Kant s'en approche et Sartre s'y épuise) ; mais on a imposé l’Etat et donc la possibilité pour chacun de se conduire lui-même, supposément en raison. Or ça n’est pas tout à fait ce qui s’est passé ; chacun s’est conduit, oui, mais selon la liberté et non selon sa raison seulement. Et par liberté on n’entend pas seulement la fantaisie, ou le "libre" jeu des désirs, mais réellement une structure ouverte à tous vents.  Parce que la liberté est une structure bien plus grande, plus étendue que la raison ; le seul qui ait investigué sur la liberté telle quelle, sans rien d ‘autre, c’est Sartre. Les pensées antérieures à la révolution régulaient la liberté par l’universel prochain ; une fois installée (par l’Etat et le statut de citoyen qui est aussi l’affirmation de toute l’acculturation humaniste des siècles antérieurs) installée dans l’historicité la liberté est lâchée et chacun commence de se réfléchir, plus loin que l’universel.

Jusques et y compris en niant l’universel ; ce qui est stupide parce que la liberté pense plus loin mais sous condition de conserver l’universel, sinon elle s’effondre (dans l’immédiateté et la facilité et croit vrai ou réel ou sensé ou ordonné des fantasmes, des réalités imaginées, montées en épingle ; la structure de conscience confère à des images des pouvoirs, de la « puissance » qui n’a pas lieu du tout, qui appartient à la structure non aux images ; de manière générale ce qui est acquis réflexivement, doit se préserver et se reprendre ; on ne peut pas délaisser l'universel ou abandonner Platon ; c'est impossible).

Sartre a pensé la liberté, certes, mais a commencé de penser la liberté ; parce que si la liberté est beaucoup plus étendue que la raison, c’est que par là on met en jeu notre être de façon extrêmement plus précise et actualisée ; en gros on peut juger immédiatement de tout. Au lieu que par la raison, il fallait réfléchir longtemps pour établir quoi que ce soit ; et encore était-ce douteux, toujours, de là que l’on se soit converti, tous, au libre même, et rien que le libre (au point donc de nier l’universel, ce qui nous tue). De là également que Nietzsche et Heidegger croient, à fond, détenir une sorte d’hyper déploiement de notre être ; même en niant la « liberté » ; peu importe le qualificatif, puisque de toute manière ils entendent « liberté » comme idéologie de l’universel, et non pas tentent de cumuler l'universel et le libre structurel, cad comme structure active et réfléchie certes, mais qui crée … et  ils lui substituent telle ou telle représentation ou présentation, qui est censée développer une presque semblable structure mais qui part dans le décor.

Ce qu’il faut c’est non pas créer (comme toute liberté structurelle en est capable) une « vision » (nietzschéenne ou heideggérienne) mais analyser cette structure, d’abord, et c’est ce que Sartre et Lacan lancent, propulsent, imposent. Ils analysent le réel de cette structure, qui est en plus de l’universel oui mais compte tenu de l’universel.

Et tout le reste en un sens s’effondre mais en réalité est restructuré à partir des acquis  ; Nietzsche ou Kant ou Platon  valent, et absolument, mais dans et par le cercle structurel dégagé par Sartre et Lacan ; autrement dit les autres sont sans force si l’arc de conscience sartrien ou l’anti-conscience lacanienne ne sont pas intégrés. Sartre n’annule pas Descartes ou Platon ; c’est juste que Platon et Descartes se sont bien trop rapidement avancés, juchés sur la structure, bien trop loin et en une fois ; il fallût revenir sur l’acquis ; retravailler et creuser plus antérieurement, et bien sur, depuis Descartes-Kant-Hegel-Husserl, si Sartre et Lacan s’y attachent c’est que ce retour sur cet être, qui s’est avancé trop vite, ce retour fut préparé par toutes les explorations précédentes.

En avançant il faut voir que Platon ou Descartes en même temps ne pouvaient pas ne pas re-venir sur la structure (Platon commence de vouloir expliciter le Bien comme Idée méta-organisatrice, jusque Plotin qui se produit fondamentalement au dedans de la procession du Un, on cherchera à découper dieu ou son discours et plus encore à être saisi, mystiquement, du dedans du Fond antérieur, maitre Eckhart ; cette mystique est une analyse fondamentale, hyper objective) ; la butée majeure est cartésienne, mais aussitôt Kant et Hegel, Husserl et à leur manière Nietzsche et Heidegger (qui ne sont absolument pas fantaisistes même si ils mènent une « vision » plutôt discutable, et profondément ambigüe, c’est le moins que l’on puisse dire) et enfin Sartre et Lacan continuent la re-prise du même être, du même être c'est-à-dire de la même structure.  

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L’orientation du miroir

5 Août 2017, 09:49am

Publié par pascal doyelle

Il faut donc clarifier la perception structurelle que l’on a, depuis toujours, du réel.

On a extrait un mécanisme très bizarre de tout contenu, mécanisme qui jusqu’alors créait les mondes humains, tous un par un, séparément, dotés de leur langage, perception, parole échangée entre tous, échanges ritualisés dans la parole et le sens, perception entremêlée de langage, corps marqué par le groupe et telle ou telle identité, les oiseux parlaient au fleuve et le sacré et le profane étalonnaient la réalité et le vécu, et le tout se préservait de toute atteinte, le langage ce trésor commun, et le temps s’enroulait selon les cycles revenant incessamment.

mais le mécanisme est autre que tous ces mondes, alors ayant acquis son indépendance, sa distance elle-même (ce par quoi précisément il se permettait de représenter des mondes), s'en ait pris au monde même, au donné tel que là, et au corps tel quel.

On a extrait le mécanisme plus qu'étrange. Au début on ne s’en rend pas vraiment compte ; mais on interrompt très violemment, métaphysiquement et ontologiquement, la réalité par l’irruption de dieu, de la pensée, du corps christique, du sujet et puis, pour nous, de l’altérité (que cet univers est horriblement Autre, que le réel n’est pas l’intention qu’on lui porte).

On a extrait le mécanisme bizarre et ce mécanisme n’ayant pas de représentation dans le monde, on épuise toutes les possibilités ; on invente l’historicité ; que l’extraction du mécanisme de conscience pure et brute, très brute, aussi brutale qu’est violent l’univers, que cette extraction aboutisse à une production incessante de représentations, d’acculturations, mais de telle sorte que ce qui fut extrait et déployé se conserve et s’accumule ; on ne renie rien des grecs, des juifs, des monothéistes mais pas plus des hindous, du christique, d’Aristote ou de Descartes ou de Kant, de la révolution ou de la théorie des quantas ou des soufis.

Parce que la certitude n’est nullement dans tel ou tel contenu mais dans le mouvement et dans le mouvement parce que ce qui fut extrait, isolé, délimité, détouré n’est pas une idée, un système, un contenu intentionnel, mais le procédé d’intentionnalisation lui-même ; les idées, grecques, sont des intentionnalisations qui reposent sur l’actualité de leur déploiement (on doit comprendre pour avancer, intégrer sans cesse de nouvelles intentionnalités dûment énoncées, effectivement perceptibles et réinstaurées par chaque arc de conscience dans son actualisme même).

Saisissant bien ce que Descartes, Kant et les idéalistes allemands, Hegel et puis ensuite Husserl manifestent, ça n’est absolument plus un contenu métaphysique mais l’attention scrupuleuse portée sur l‘intentionnalisation même ; Hegel ne rassemble pas seulement la phénoménologie de l’esprit du devenir de l’activité négatrice de la conscience, il rassemble tout autant l’activité d’intentionnalisation à propos de toute idée, de tout système et le savoir absolu (si il se prétend comme savoir réel) est le savoir de toutes les activités de la conscience dans le concept, cad la signifiance, qu’elle se forme du donné là et d’elle-même dans ce donné là.

L’occident c’est donc grandement trompé sur l’interprétation qu’il eut de sa propre pratique ; l’exhibition de la Vérité, sa montée en épingle tenue là au-devant, comme une fin en soi, était en fait, dans la structure, dans la motivation recherchée, un symptôme, un prétexte, non afin de définir un contenu super-vrai, mais afin de présenter, d’élaborer, d’architecturer le mécanisme découvert et extrait et déployé depuis la méditerranée, et pensées et idées, systèmes et estéhtiques, éthqiues et soudaines religions de la forme pure (dieu ou le christique) apportent dans le monde donné là unique l'unicité de la Même Structure en arc pointée au-devant de soi, gorgée d'altérité pure et brute ;

raison pour laquelle ce mécanisme revient autant aux juifs qu’aux musulmans, aux sectes et aux gnoses, aux esthétiques qui prennent leur indépendance (hors du groupe et du rituel et du cyclique) tout comme les éthiques, les politiques, les idées de connaissance etc. L’arc structurel n’appartient pas à la philosophie, la philosophie est la discipline qui se charge de montrer « cela qui agit » et se charge d’exprimer l’articulation au monde donné « là » qui s’est sorti de tout monde particulier et évidemment aboutit au monde universel et unique donné « là ». De même qu’en ce corps récupérant par ce moyen une surface-autre sur laquelle chaque-un peut inscrire les signes que ce chaque-un découvre dans le monde, dans son vécu, par son corps dans l'actualité du présent qui échappe à tout groupe et langage. Ouvrant fondamentalement le donné à son expérimentation, sans plus d’intermédiaire du groupe faisant office de vérité, et donc déblayant que là-devant il y ait une véridicité de l’activisme que chaque un ne manquera pas de créer. Il y eut profusion de l'expérimentation.

La mise en avant du mécanisme s’est effectuée en ayant dans la visibilité dieu, la pensée, le christique, le sujet, l’altérité ; rappelons que l’altérité c’est bien sur les pensées de l’altérité, les anti-intentionnelles philosophies (Nietzsche, Heidegger, ou analytiques anglo-saxonnes) mais aussi les sciences, le rationalisme, l’humanisme abstrait, qui localisent dans le monde toute la réalité certes, mais aussi partent du principe que tout est là, excluant qu’il y ait un « là », une position d’altérité effectivement absolue ; on transige donc alors pour une demi altérité (la nature, le réalisme, le donné, les neurones, l'économie, etc) et on refuse de basculer dans l’altérité pure (et brute) que le réel existe et est absolument Autre ; Nietzsche et Heidegger  imposent ainsi, pour contraindre l'humanisme et le réalisme faciles, que la volonté ou l’être absorbent toute l’intensité de réel, insistant qu’il existe une intensité, et imposent une vision ontologique, voire métaphysique (reconstituée par la pensée contre la raison, de là que H ait à redéfinir la Pensée).

Que l’intentionnalité soit relative non à un contenu (serait-ce un super contenu ou un idéalisme ou une identité) mais à une structure ‘en dur’, solidement établie physiologiquement, comme tension qui sort de la cervelle vers le réel, veut dire que cette tension, quels que soient les contenus, revient parfaitement identique à elle-même, constamment. Elle plie de la sorte, peu à peu, comme une entreprise statistique, qui se trompe et s'égare peut-être au début mais qui revient au donné tel que "là", elle plie  tous les contenus (les consciences engagées en ceci ou cela) vers le réel et même les intentionnalités signifiant la matérialité, immédiate et prégnante, sont des symptômes, des signes de l’arc réel structurel. L'arc de conscience tendu vers le réel est instantanément une lame souple, qui coupera au final ce qui doit être retranché, dont les signes et la danse signera sa Possibilité. Tout est indications pour le Bord du monde. La forme est antérieure et absolue puisque formelle et non composée.

Le mécanisme est situé sur le Bord du monde ; il n’est ni hors du monde (il n'y a rien hors du monde), ni dans le monde (il serait une chose comme les autres), et donc il faut présenter qu’il est situé sur le Bord … Il est la transcendance en tant que Bord de toute l’immanence ; non pas la transcendance de cette immanence, mais toute l’immanence est selon, dans, par la transcendance. Ou donc ; il n’existe que la transcendance et en celle-ci toute l’immanence (et possiblement plusieurs immanences, peu importe pour le moment). On ne va donc pas refuser toutes les expérimentations de la transcendance qui eurent lieu, puisqu'a priori et antérieurement il n'existe que la transcendance ; il n’y a aucune raison, aucune raison, de considérer Sankara ou Jésus comme des illusionnés ou des illusionnistes ; quelque chose du Bord se dit évidemment dans l'expérience de l'extrémité parce que le réel doit être considérer non comme une normalité bien fade mais comme un extrémisme, un redoutable activisme, qui a attiré à lui cet activisme de l’arc de conscience ; en ceci l'arc est réellement le fils de son père, aussi pur et brutal qu'une lame. Lame de présent, lame de l'arc de conscience.

Il faut donc (ce qui est tout à fait rationnel) admettre toutes les expérimentations (suffisamment élaborées) comme accès à la transcendance en tant que la transcendance est non seulement déjà là, mais que tout est déjà instantanément la transcendance même. Autrement dit lorsque l’on pense le réel, on ne le pense pas adéquatement et c’est cette adéquation qui est recherchée ; non pas imposer au monde notre « raison » mais mettre à jour, updater, notre arc de conscience au « là » du donné et c’est ce « là » du donné que la philosophie, l’occidentalisation entend préciser, rigoureusement.

On s'est aperçu, en somme, que le réel (l'être, dieu, l'existence de St Thomas ou de Molla Sadra, le sujet antérieur décrit cartésiennement, la Volonté ou le pour soi sartrien) est actuellement la transcendance et qu'il faut orienter le miroir dans le sens de l'avancée du temps. Ou, ce qui revient au même, que la cohérence est effectivement ici même, ici et maintenant, et qu’un arc de conscience est à cette fin : comprendre, prendre avec soi, l’activisme même non selon tel ou tel contenu quelconque (qui est toujours symptôme ou signe de) mais de présenter dans le monde l’architecture antérieure au monde.  

Et tout ceci expliquant pourquoi dans sa volonté de résoudre ici même l’articulation de notre être au réel, nous ne sommes tombés que sur un tourment qui ne s’explicite pas du tout dans la formule étale et morne de la raison (pas plus que des mondes particuliers ou des images ou des contenus figés) et en quoi il faut impérativement avoir recours à la pensée, et non à la raison ; mais dans le même temps c’est ici même que nous décidons de nous saisir du réel, et donc poussés à y élaborer la logique de ce qui s’existe de fait tel quel ; par quoi l’on est parti à l’assaut du Bord. Depuis le début. Et comme c’est l’arc même de conscience qui est l’activisme il s’exporte instantanément au Bord de tous les mondes et s’instancie ontologiquement sur cet autre acte du présent qui origine toute possibilité. Et en quoi donc il ne s’égare pas dans la fantaisie mais tient très durement la ligne du cercle ontologique en suivant la précision de son articulé au « là », prenant bien garde de ne pas égarer la forme dans les contenus, en élaborant les tangentes et en martelant le sol du monde, du vécu, et du corps. On a pris à rebours tout ce qui est, parce que l’on se tient antérieurement.

Comprenons bien ; il se peut que « quelque réel ou être » existe ailleurs, on ne juge pas de cela, parce que nous sommes ici, et c’est dans l’ici que l’on va dénicher et creuser l’articulation ; sans préjuger de ce qui par ailleurs peut être ou non ; on va démonter ce qui est ici même et ici même on aboutit au Bord tel quel, soit donc à l’articulation arc-présent et d’autre part à l’articulation qu’est la réalité elle-même sous la forme réalité-réel, monde-présent ; le monde résultant du présent actualisant tout. Ce qui se donne comme arc de conscience, cad décalage ontologique, qui consiste en la nature même de l’être, qu’il faut aussitôt renommer en Exister (l’être ou la détermination sont seconds ; de sorte que découpler être et exister revient à éclaircir le problème ; on ne peut plus rechercher un Etre unifié, ni même unificateur, qui résulterait par ex de notre activité ; notre activité avance par plus de distinction et non pas en une synthèse, et l’être, le un, dieu, le sujet s’utilisèrent afin de décupler les distinctions et non de les réduire).

Ce qui finalise notre activité, notre activisme c’est d’élaborer une conscience en acte qui détienne le plus possible de distinctions réelles ; aussi bien dans le monde mais surtout structurellement dans l’acte même de l'arc vers, vers, par le réel pur et brut ; de n’importe quel ceci ou cela, y compris de lui-même en tant qu’acte, activisme, ce qu’opérait Hegel par ex en ses deux phénoménologies qui exposent toutes les rives et dérives de l’actualisme de la conscience, ou ce que distingue Nietzsche, puisqu’affecter notre volonté de l’Autre Volonté c’est créer dans la distance que « nous ne sommes pas ce que nous disons que nous sommes » mais référer à une intention plus grande et autre. Cette duplication interne de la surface de conscience est le positionnement ontologique et l’orientation (comme l’on dit d’un miroir) du dispositif, de la structure.

Aussi doit-on suivre point par point Plotin, Descartes ou Nietzsche ; ça n’aboutit pas à une connaissance (qui serait objectivement là comme un objet inerte) mais réoriente l’attention, le regard et vous montre votre être en tant que surface du miroir. Réoriente dans la mesure de suivre les signes disposés sur telle ou telle nouvelle cartographie du réel.

De même il faut épouser Rimbaud, ou qui vous voulez, afin de polir et diriger l’acte même qui se montre en et par Rimbaud, pareillement Descartes va amplifier la surface réfléchissante elle-même, bien avant de vous montrer les images des choses ou les choses elles-mêmes, et votre surface prendra un certain pli à la surface du présent. L‘occidentalisation poursuit tout le travail entrepris partout, toujours, et elle décide seulement d’inscrire ici et maintenant que « cela » se réalise de fait ici même, et creuse cette instantanéité, puisque si le présent est l’origine des choses et des êtres, il est partout avant toute chose. De sorte que l’on a pénétré bel et bien dans le centre nerveux du réel depuis 2500 ou 3000 ans, lorsque l’on franchit la ligne et donc de se tenir sur le Bord ; peut-être les autres grandes expérimentations saisirent-elles l’absolu tout au-delà, mais ça ne nous concerne pour l’instant pas, puisque l’on a décidé de dénicher ici même la jonction ou disjonction, le décalage et le hiatus. Et les divers nihilismes ou le défaitisme, qui nous condamnerait à l’illusionnisme, à dénigrer les possibilités quant à l’atteinte ontologique du réel, sont une facilité qui interprète le décalage de notre regard comme une simple donnée du monde ; mais le monde n’est pas simple, ni un être-là donné pauvre et immanent ; il est déjà articulé, en torsion sur son acte. De ce qu’il existe justement un présent et qu’il est l’articulation elle-même.

Et c’est l’acte qui architecture sans cesse les Moyens (les Moyens sont l'ensemble des technologies, mentales, si l'on veut, qui permettent de ré-atteindre ce que l'on a jamais quitté mais que l'on ignore encore ; l'universel par ex, l'oeuvre, la révolution) ; ce qui est bien le projet nietzschéen, et de toutes les pensées suffisantes en élaboration en fait, mais là si il ne le nomme pas tel, il le signe ; il dit que l’acte c’est Nietzsche, c’est moi-même, dit-il ; il le signe du nom de Volonté, celle que l’on n’est pas, qui n’apparait pas dans le monde ou le vécu, qui est (apparemment) anti-intentionnelle mais qui en vérité révèle réellement l’intentionnalisation ; que l’intentionnel est plus grand que ce qu’il montre, que l’arc de conscience est plus grand que le conscient ; et Sartre et Lacan n’en disconviennent absolument pas, et Heidegger qui entend nous faire précéder d’un Etre si radicalement autre que l’on ne sait toujours pas ce qu’il veut ; l’articulation de conscience est plus grande que le conscient, le je est tout à fait autre que le moi, qui peut bien se tortiller dans tous les sens (au propre ou au figuré), le moi n’y arrivera pas. Et l’on est toujours bien plus loin que « soi ».

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