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instants philosophie

Description du monde

30 Octobre 2011, 11:37am

Publié par zwardoz

Chacun est tout emprunté de soi ; il semble s’imposer que l’on est à moi-même sa propre tâche.

A l’inverse de cela, de cette destination, de cette destinée personnaliste, l’ensemble de l’humanisation se produit de l’universel. De l’Etat et du politique, de la culture industriellement produite, des objectivités économiques ou technologiques.

On remarquera que ces universalités, bien qu’en fondation universelle, sont ou risquent de s’aliéner dans une privatisation ; elles appartiennent à quelques groupes, quelques individualités. De même les fameux marchés varient au gré des irrationnelles prospectives de quelque classe, caste, et ce sans qu’aucune finalité clairement exprimée soit obtenue (sinon celle de la production pour la production, la fameuse croissance).

De même la totalité des productions est vraisemblablement à destination d’une utilisation, d’une satisfaction, de besoins ou de désirs dont on ne perçoit pas l’ombre d’une finalité cohérente sinon celle, celles des envies et nécessités contingentes dépourvues de sens, qui ne se rapportent à rien sinon la pure consommation immédiate et le contentement de « ce qui est là ». C’est le « ce qui est là », tel quel, lui-même simplement existant et sans aucune destination (le profit ou la profitabilité eudémoniste ; il faut profiter de la vie, s’en réjouir).

Depuis que le marxisme est décédé, il est devenu impossible d’affecter le moindre sens à la production du monde, du vécu et du donné. Rappelons que le marxisme avait pour ambition de proposer (ou imposer de droit puisque de pure rationalité…) un accomplissement total à l’espèce humaine ; la raison, ce qui veut dire en l’occurrence l’homme générique, l’homme universel à l’aune de quoi chacun était passé à la moulinette, définissait universellement toutes les finalités du monde humain. Mais au fond cela aboutissait à simplement, à nouveau, être-là, tel quel, sans autre fin.

Et de toute manière, ça ne marche pas. Aucune raison complète, intégrale n’achève, en aucun sens que ce soit, ce que l’on Peut. Pas plus marxiste qu’hégélienne, qui demeurent dans l'universel abstrait du générique.

Le libéralisme entreprend donc de manifester, de faire voir, de produire, d’inventer tout le pouvoir être possible. Ça part dans tous les sens et les libertés n’ayant d’elles-mêmes aucune mesure, usant de toutes espèces de révoltes, à géométrie invariable, dépècent le monde, le donné, les vécus et se dévorent les unes les autres.

Les dites libertés se perdent immensément dans le désordre des contingences plus ou moins intelligentes et idiotes du monde, (qui en regorgent), ou s’abîment dans le dédale de chaque absence de solution que tout « moi », tout moi-même est pour lui-même. Que les psychologies individuelles, vécues, partent dans l’invraisemblable, le dégoutant ou la stupidité et que tout cela n’a pas grand sens.

Entre donc l’universel qui sert de fondement, séparé, au fourmillement incompressible des libertés déjantées,

dans la privatisation des moyens (d’Etat, de technologie, ou de productions et consommations), ou relativement au capharnaüm bruyant ou souffreteux des vies individuelles,

et le surnuméraire, la prolifération, la multiplicité sans fond, abyssale des pouvoirs êtres dans le monde (individuels ou collectifs),

de tout cela il n’est rien qui se puisse mesurer.

La mesure est pourtant située antérieurement ; dans l’acquis surpuissant qu’est l’universel.

Ce qui se produit dans le monde, ce sont ces effets de l’universel, mais tirant du donné et du vécu leurs finalités, tandis que dans l’autre sens l’universel sert de fondation absolument puissante (parce que vraie cad réelle), mais l’ouverture ainsi créée ne se maitrise pas elle-même. Aussi toutes les finalités immédiates se précipitent et viennent combler faussement l’ouverture du gouffre.

Il n’est donc rien d’autre qui existe réellement que l’ouverture en quoi consiste l’universel ; et ce qui se réalise à partir de cette ouverture ne trouvera pas d’aboutissements dans le monde.

L’universel n’est pas seulement une idée, ou une série d’idées, c’est la structure qui s’est imposée au milieu des humanités diverses,  et qui a rendu possible le déploiement immédiat d’une humanité de base, (qui n’est plus sertie dans une Parole, qu’elle soit partagée dans un groupe, une tribu, ou communauté plus vaste imaginée dans un ordre symbolique) ; une humanité de base livrée aux immédiatetés, mais aussi une humanité réelle, (ni de Parole ni symbolique), et spécifiquement une humanité d’individués distincts, n’ayant aucun autre recours qu’eux seuls.

Autant dire que l’universel s’incarne comme sujets ; la version abstraite (ayant pour fin le discours total et un) s’émiettant en unités dispersées (qui en tant que libres n’ont plus vraiment idée du discours, mais en préservent la structure de fait ; en tant que libre est son essence qui est son être).

L’émiettement de l’universel dans toutes les unités libres épuise tout ce qui existe au monde (par exemple les échanges sont dépourvus de sens ou de parole, ne sont plus encerclés et mesurés par une transmission significative), de même l’émiettement épuise chacun dans sa tentative de donner sens à ce qu’il est (puisque chaque liberté est immédiatement en prise directe avec le donné, le vécu, par exemple avec le corps).

Or l’universel a interrompu toute signification dans le monde (en tant que cette signification se désirait spontanément dans la fusion du monde, la synthèse immédiate, dont chacun est évidemment la tentative spontanée), en s’introduisant soi comme l’unique dimension valide.

Ce qui en-plus signifie que chacun est, existe en cette dimension. 

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L'éthique rusée du sujet

26 Octobre 2011, 22:02pm

Publié par zwardoz

Lorsque le sujet est coincé dans son moi-même, il désespère et respire le goût de l’impossible.

Il voudrait que quelque part, son corps, son image pour les autres, son identité, son éternité, son passé, son destin s’emplissent d’un absolument là, qui ne viendra jamais.

Je ne vois pas pourquoi il serait nécessaire d’amener une sorte d’ancienne nostalgie de je ne sais quel souvenir oublié ou même seulement d’un bonheur de pure vague imagination, pour admette que l’infini c’est ici et maintenant qu’il trouve sa source.

Parce que dans la mesure où l’on prend conscience de quelque chose, on l’exploite universellement, éternellement, et c’est toute la puissance de l’intentionnalité que d’exponentialiser n’importe quel désir à l’infini.

 Plutôt que de croire que l’on puisse réaliser, rendre réel ce qui simplement se localise dans le flux intentionnel, comme contenus, il vaudrait mieux se saisir de ce flux, de ce flux de pure structure, de cette forme vide, pour comprendre que c’est non pas dans les aboutissements improbables (que provoquent l’imposition de l’intentionnalité sur n’importe quelle chose ou être ou disposition intérieure) que le réel s’accomplit, mais que le réel, le réel de notre condition, consiste précisément à maitriser ce flux que l’on est, et de le pousser ou de l’orienter ou de le dériver stratégiquement afin non plus de s’y coller monolithiquement, mais afin de le séparer de sa pseudo unité naturelle, psychologique, donnée, et de le réunir non comme il l’entend, spontanément, mais de le réunir intellectivement, sur-intentionnellement.

La difficulté est donc là précisément ; que ce que l’on admet sans aucune distance, notre intentionnalité, doit, impérativement, se diviser et se composer elle aussi.

Or cela suppose ceci ; le flux intentionnel n’est pas le corps, n’est pas le moi-même, n’est pas le vécu, n’est pas même le monde et ce qui là, momentanément, s’y rencontre hasardeusement, mais que le flux existe séparément et obtient, en quelques instants, sa finalité inexistante.

Qu’elle inexiste cette finalité ne signifie pas qu’elle soit impossible ; mais simplement qu’elle n’existe pas encore et que sa structure imprime qu’elle entend se saisir ou être saisie du réel, de l’aboutissement, des réalisations de ses décisions, intentions. et non plus de vagues imaginations structurées dont la valeur n'est pas le contenu que l'on y instigue, mais la forme de ces contenus (qui au fond n'a rien de particulier à espèrer de quelque contenus immédiats, mais au contraire veut les contenus qui ne sont pas encore présents en ce monde, ce vécu, ce donné). 

En quoi l’on en reviendra à ; changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde (Descartes, puisqu'il notre origine de fondation de notre être).

Étant entendu que l’on ourdira diverses stratégies afin de comploter des désirs, intrangisants mais intelligents qui ne le céderont rien quant à leur inspiration interne de forme pure. Il s’agira non de s’affaisser en l’ordre du monde, mais de perfectionner, amener l’indistinction des désirs en concurrence d’avec ce qui est, tel que cela est, et de les amener dans l’accomplissement réel.

Vouloir réaliser des désirs abscons et imprécis, ce serait cela s’effondrer sans rigueur. Puisque l’on s’en condamne à non être.  

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La Parole et l'incompréhension généralisée

23 Octobre 2011, 19:06pm

Publié par zwardoz

La Parole comme entendement

Il est un passage qui fabrique l’être individuel de chacun destiné en ceci ; votre conscience est brisée par celle de l’autre, de tout autre, de l’Autre en soi, de l’altérité en ce sens spécifique ; que vous entendez vos idées comme si elles s’énonçaient d’une autre intention que la vôtre, alors vous accédez à la normalité.

Par idées il faut comprendre n’importe quelle sorte de pensée, fut-elle d’imagination et pourvu que dans cette pensée, dans ce flux, ce qui est entendu est organisé selon une logique, un code, un entendement autre que le vôtre. Entendement marque particulièrement bien la cassure de toute expression valide, en l’autre.

A ce point là, s’est constitué en votre esprit une objectivité ; non pas une objectivité relevant d’une connaissance effective, une science ou une discipline de tel domaine, mais un décentrement. Alors effectivement vous parlez comme un autre que vous-même, et prêtez plus d’attention à ce qui est entendu qu’à ce que vous dites vous-même, qu’à votre flux intérieur.

En ceci chacun est aliéné ; pris dans l’énonciation partagée, dans la Parole.

Le sujet en plus de l’entendement

Mais il est encore une possibilité au-delà de la Parole partagée, de reprendre la main ; d’élaborer une sur communication qui soit suffisamment elle-même décentrée, mais qui cette fois engage autre chose que votre intériorité ; toute discipline esthétique ou politique ou éthique ou théorique se charge de, en utilisant l’intériorité abandonnée, basculer un certain nombre d’informations (issues du flux interne mais également de la perception directe des choses, des êtres), de leur immédiate apparition vers, dans l’énonciation (qui laissée telle quelle,  est resserrée et stricte et fermée ; en tant que communication ).

Les deux sources

L’énonciation est donc augmentée bien que déposée en l’autre, (en son entendement), par d’un côté le flux intérieur (qui peut laisser remonter quantité de subterfuges, de dérives, de non dit), et de l’autre les informations directes (ce qui suppose que malgré ou au-delà et à cause donc de la Parole fermée, nous disposons par intermittence au moins, d’un accès intuitif à la perception du donné non pas tel quel, mais tel qu’il peut apparaitre).

Le monde humain fermé

Hormis cette augmentation (en laquelle le moi-même prend sur soi de passer outre l’énonciation fermée, et s’engage comme sujet activement, parfois s’accointant dangereusement avec le flux intérieur ou le donné immédiat, qui tendent à n’obéir ni à l’énonciation de l’entendement, ni à la Parole), on reste clos sur le Dit ; sur ce qui se Dit entre tous ou avec quelques uns. N’existe plus, à proprement parler, que l’énonçable et cela constitue un « moi-même », et cet ordre est ce autour de quoi le moi-même varie, tant qu’il tient à la mise ne ordre.

L’ordre est énoncé

Non évidemment que la perception ou l’intériorité n’existent pas ou plus, mais ce qui scande, ce qui pro-ordonne le recevable et l’irrecevable, est déterminé par la communication ; les dérives existent, et diversement, mais elles ne sont pas conclusives (cad inclues dans la réalité organisée) que si elles correspondent à l’entendement, l’écoute, le communiqué.

Le conclusif est ce qui est remarquable (par d’autres que soi), et qui permet à chacun de néanmoins se démultiplier un peu en quelques sens, mais sans perdre le fil. Et le fil est au fond assez ténu, il tient à peu. Il dépend de telle accentuation dans l’énoncé ; et ce qui retient l’accentuation est, pour chacun, ce qu’il transmet à l’autre. Au point que l’on peut dire ; le fil de ce que l’on tient, est à peine par nous-même compréhensible. A quoi bon le comprendre soi, puisque l’autre est supposé l’entendre ?

Tout glisse incessamment étrangement.

L’ordre est énoncé mais on n’y comprend pas grand-chose. 

 

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Où est l'être de l'homme ? (le bord de la sphère)

16 Octobre 2011, 19:26pm

Publié par zwardoz

Il faut donc dessiner l’ensemble (du vécu : d’attention ou de perception) comme une sphère globale dont le bord externe jette un œil sur le monde, mais qui ne saisit ce monde que via ce qu’elle contient au-dedans.

L’ensemble de la sphère n’est pas elle-même hors du monde, elle est « des réalités » (des perceptions, des vécus ressentis, des expériences éprouvées, et donc elle est ce corps-au-monde, mais aussi les signes, les mots, sont entendus ou lus et se situent eux-mêmes dans le monde, comme n’importe quelle chose) .

La limite de la sphère est notre seule attention, cette faculté, qui prétend distinguer et couper selon un dedans et un dehors, (et puis dans cette coupe selon un soi et un autre, un corps et une chose, etc.) ; il n’existe pas de dedans-dehors mais seulement l’impression que l’on en a, que l’on se formule.

C’est dans la formulation du passage dedans-dehors de la sphère que l’on existe consciemment. Ce qui veut dire qu’il existe quantité de faits, de mémoires, d’activités qui se composent et se décomposent hors de cette formulation qui se nomme elle-même « moi ». Hors de l'attention. 

Nous existons en tant que bord (de la sphère) et sans autre subsistance que de passer (d’un côté et de l’autre ; que ce soit dedans-dehors, soi-autre, vécu-désir, etc).

Evidemment dans le moment même de son concevoir, le passage qui se signifie (se désigne comme un), constitue, crée, produit et maintient non pas une identité, mais au minimum plusieurs identités qui synthétisent des ensembles de signes, de gestes, de mots, de désirs, etc. il s’imagine, se conçoit, se ressent, se comporte en tant qu’identité(s), ayant à garder une surveillance sur son activité ; il se fixe, se fige, se chosifie peut-être, mais surtout essentiellement se finalise et crée un milieu à lui-même conquis (puisqu’il s’est nommé et que son être, étant activité, doit se finaliser et donc doit savoir où, en, et pour quoi il agit).

Il existe donc une sphère qui s’imagine sur le bord être une unité (puissante, unie, une forteresse qui est-soi), qui en réalité est seulement la part émergée, inverse, de son contenu, et qui n’existe à proprement parler que comme activité intermittente pour ainsi dire d’un ensemble, lequel dans la mesure où il se formule dessine un dedans et un dehors, mais qui en réalité est lui-même entièrement dehors, entièrement monde, entièrement corps, perception, ressenti, mais aussi mots et langage et signes (qui sont perçus comme tout objet du monde).

Le bord est dit inexistant. Ou encore purement formel. Autant dire qu’il n’a pas de contenu et est donc relatif intégralement à ces contenus-là ; il peut aisément prendre les compositions de la perception, du corps, du langage, des relations aux autres, mais ici et là il formule de son propre chef « sa finalité en propre ».

Ce qui revient à dire que en ce dernier cas, c’est un effort ; une difficulté qui amène à épuiser, outrepasser, catalyser, épurer, ébaucher, ou vaguement définir (comme un savoir entouré et non comme une connaissance précisée et donc déjà retombée dans le monde). De Descartes on dirait : un activisme forcené.

De cet effort rien ne parait à strictement parler ; puisque toute manifestation est une partie du monde. Tandis que le bord est presque extérieur…

Presque extérieur est très curieux. Où existe le bord ?

Que le bord soit fonction de la sphère, dont il est le bord, n’empêche pas évidemment qu’il existe, de fait. On dit qu’il « inexiste » pour bien marquer qu’il est autre, autre que le monde, le contenu ou la sphère elle-même.

La critique, philosophique ou autre, qui veut à tout prix se passer qu’il y ait un bord qui soit extérieur, nie donc que l’on puisse penser en et par cette extériorité ; alors même que cette extériorité est ce qui mène la réalité humaine au moins depuis qu’elle a décidé de ne plus se laisser faire par cette pourtant invention absolue du langage, ou de la parole. 

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Le moi-même comme mensonge, le sujet comme vérité froide

11 Octobre 2011, 15:33pm

Publié par zwardoz

Le lieu du sujet est véritablement un lieu ; cad un point réel où il est. En ce sens le sujet est lié en immanence à l’être qui est, à l’être tel qu’il est. (Sauf que l’être lui-même n’est pas « immanent à lui-même »)

L’idée de l’Etre

Nous sommes bien loin de l’idée de l’Etre ; encore faut-il bien comprendre que l’idée de l’Etre se tenait tout au bout de la compréhension. Ayant inventé l’universel, (la transcription cohérente et en tant que cohérente supposée à juste titre indéboulonnable, inévitable et identique de plus à notre être : en ce que notre être parvient ainsi à se représenter lui-même en n’importe quelle idée, il n’en perd pas le fil, il y est égal et sans perte ; il peut y maintenir sa volonté qui n’est plus heurtée et barrée par de l’incompréhensible ou de l’altérité), ayant inventé l’universel, il se fondait de sa performance (tout à fait réelle : la pensée discursive a déployé tout le pensable en un monde, quel qu’il soit, ou à peu près), pour supposer puis admettre que toute la réalité ne possède de « réel » qu’en cette compréhension universalisée.

L’universel dans la perception

Ce qui n’est pas absurde. L’universel, outre la cohérence interne que l’on peut bien concevoir comme principe (sinon de toute manière nous en serions exclu), exprime l’immédiateté (du monde, de tout monde particulier) sous la forme inverse du généralisé ; et il est vrai qu’il n’existe pas seulement ce chien ou cet autre, mais le Chien en général, ce qui nous ouvre instantanément à tout sorte de chien rencontré ; l’universel est l’ouverture même de la perception et de l’expérience.

La synthèse immédiate antérieure à l’universel

L’opposé de cette ouverture consiste à s’animer que toute rencontre dans le monde obéit à une synthèse dite immédiate ; toute rencontre, événement, chose ou être, a, aurait un Sens. Ce qui emplit tout monde particulier par la puissance de « visualisation » en une fois concrètement perçue, sentie, parlée, échangée, ordonnée. Le problème étant que quantité de données sont considérées comme « là » ; évidentes dans leurs masses propres, déjà vécues et ressenties et perçues. L’interrogation s’y poursuit, mais « en avant ».

A l’inverse donc l’universel ne considère rien comme immédiatement tel quel ; tout donné est décomposable en éléments. L’interrogation est à rebours. Pour nous les éléments sont soit mathématiques ou mesurables soit pensables et conceptualisables.

L’universel impossible en soi et en raison du sujet

Les idées se sont heurtées à l’impossibilité de tout déduire ; on peut décomposer le Bien en lui-même mais il s’impose d’une manière ou d’une autre de par soi. Ou plus exactement, le bien, tel que conçu, dépend de ce que l’on entend par là : il dépend de ce que l’on vise, cible, finalise par cette idée. En réalité toute idée est relative à l’intention. Et finalement si intention il y a, c’est qu’un sujet existe.

De là il ne faut absolument pas admettre une sorte de velléité ontologique, touchant à l’être, et comprendre que « ça dépend de soi-même, selon ce que l’on veut, désire, perçoit, etc ».

Le fils absolu

C’est au contraire que le sujet est le fils absolu de l’universel. On n’est pas sujet n’importe comment ; c’est même un impératif qui s’impose … et que l’on supporte difficilement. Que le moi-même psychologique insupporte totalement. Bien que le moi-même soit bel et bien constitué du sujet (en tant que statut de droit et devoir, en tant que citoyen, mais aussi dans l’immense construction culturelle individuelle qui nous échoit).

Le sujet est lui-même la coupure radicale. On voit bien cartésiennement que le sujet excède complètement tout ce qu’il entraine à sa suite ; par quoi le sujet n’est nullement idéaliste, mais la volonté activiste d’être la mesure universelle et ce par tous les bouts. Il est par ailleurs celui qui dessine le monde comme étendue ; planté au beau milieu du monde étendu, il se surprend lui-même comme clairement autre.

Il n’est aucune synthèse possible en quelque ordre que ce soit, et on est alors infiniment éloigné de tout monde particulier qui aurait un sens dans sa rencontre, ses choses et ses êtres.

Le moi-même comme dernière synthèse immédiate

Il se trouve que le moi-même, tout moi-même, fonctionne pourtant encore selon une synthèse immédiate (malgré toutes les réflexions rentrées), et qu’il se brise continuellement non seulement de par le monde, le vécu et le donné, mais tout autant en et via son sujet. Le sujet opère, à vif, et renvoie à sa propre structure ce que tout moi-même tente péniblement et patiemment de dresser comme « son essence ».

Le moi-même n’a donc pas du tout d’unité ; sinon celle qui se dessine dans le flux d’une intention, laquelle est, bien qu’elle se donne pour pleine et entière et tout ce que l’on voudra,  relative et donc vide. Le sujet étant à l’origine de l’universel, ça n’est pas non plus en l’universel qu’il trouvera refuge.

 

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La réalité comme forme(s) pure(s)

7 Octobre 2011, 18:16pm

Publié par zwardoz

Parole et langage

Parole et échange immédiat, en présence, et partagé, dans un groupe qui veut s’assurer de sa pérennité, de la durabilité de ses découpages du monde particulier, lequel est immédiatement considéré comme entièrement là,

Ou langage qui nomme les choses et les êtres, crée une totalité de différenciations mêlant certes les signifiants, mais aussi les significations, en un tout, forcément puisque tout élément du langage doit être repris et explicité par les autres (sinon l’inarticulé dans un tout brise cette totalité),

Mais issu de ces deux-là, l’universel qui augmente le monde particulier en un monde unique et qui se veut dès le début comme totalité horizontale, recouvrant tout et par delà les groupes humains, l’universel ne tend plus à résoudre en un groupe la transmission du langage (qui sacrifie à la vérité et souvent à la réalité elle-même aux lois de transmission impérative), mais impose que tout un chacun soit capable d’accéder à la maintenue de la vérité sur la réalité, en tant que cette actualisation de la connaissance ne peut se formuler qu’en un être idéalement de savoir.

L’universel concret

L’universel qui devait réunir tout ce qu’il séparait (et notamment que cessent les mondes particuliers en un seul monde unique réel transmis en vérité à tout être humain générique), réussit partiellement ; et pas comme il l’escomptait, pas selon sa destination a priori.

L’universel aboutit à l’inverse à un monde unique mais totalement séparé en tout et en tous. Toutes les choses existent selon leurs ordres propres intégralement objectifs, de même les êtres sont infiniment séparés de tout, de toutes les choses (qui deviennent des « objets ») et les uns des autres. Or cependant l’universel réussit en partie parce qu’au-delà d’un savoir ou de connaissances qui réunissent tout et tous, il s’avère qu’il existe possiblement une forme, des formules constantes.

L’universel réel ou formel

Peu importe ce que l’on pense, veut, désire, possède, réalise, pourvu que l’on considère chacun en tant que libre. Le libre condense toute l’infrastructure nécessaire qui puisse unifier. Pareillement, peu importe les vérités dont on s’alimente si l’on reconnait que toute formulation doit au moins admettre la vérité comme seule juge, au fin fond et toute compte fait, pleinement active de ce que l’on énonce ; peu importe les vérités dont on se représente, si l’on s’impose que la vérité est en cours et qu’elle n’appartient à aucun.

Tout ceci revenant à cela ; la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. Ce qui n’est pas stopper nette toute décision ou toute action, mais ce qui autorise tout ce qui n’est pas contraire à la liberté de chacun ; ce qui élève la possibilité d’action et de décision et ce qui force à imaginer, désirer, vouloir tout le possible.

L’universel comme possible

Au lieu que dans une société traditionnelle ou tribale, seul ce qui est permis et codifié, est autorisé ; les groupes et les individus ne se lient pas, n’échangent pas, ne parlent pas selon le possible (que seule limite la liberté) mais selon un monde particulier, qui cherche à se préserver tel quel.

L’universel s’est donc acquis en tant que séparant tout, certes, mais réunissant tout selon une ordonnance autre ; non plus en tel contenus, telle vérité, mais maintenant, tenant ferme la forme de vérité ou de liberté, indépendamment des contenus. Liberté ou vérité constituent formellement l’architecture même de ce qui est.

Ce qui donne historiquement d’une part la vérité constitutionnelle (de toute réalité humaine, étant compris que le constitutionnel est dans son essence la recherche, l’élaboration du démocratique), et d’autre part le moi-même.

Le moi-même

En tant que, hormis dans un monde de mois, séparés, il n’est pas d’humanisation étendue, globale et positive ; les pouvoirs, les puissances cherchant continuellement à intégrer, cad désintégrer, le monde comme étant celui des moi-mêmes, à refuser par exemple que la constitutionnalité des Etats soit la préservation et même la poursuite d’une création individuée, l’Etat lui-même se transformant évidemment souvent en un identique objectivisme, aidé de l’objectivisme des technologies ou des puissances économiques. Si tout moi-même est dépouillé par les objectivismes (et par les arriérismes fanatiques ou délirants, qui veulent annuler l’universel et le démocratisme, et ce non pas seulement les arriérismes forcenés et violent physiquement, mais autrement et selon leur registre, les arriérismes mous des mass médiatisations, entre autres). 

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La vengeance du sujet

4 Octobre 2011, 14:59pm

Publié par zwardoz

Le langage se crée de la Parole ; la Parole est première. Au sein du langage, issu de la Parole, s’invente l’universel. Qui requiert deux cohérences ; une cohérence interne (tout élément est créé d’autres éléments, et plus ou moins l’ensemble fonctionne comme une totalité cohérente de signes, qui s’auto explicitent). Et si ils s’auto explicitent, c’est, supposition a priori mais pas sotte, que cette cohérence est égale à celle de la réalité, extérieure au langage.

On se forme donc à l’idée que la pensée peut atteindre une auto cohérence, entièrement explicitée, et que cette auto cohérence (la déduction de tout le pensable) soit adéquatement réel. Sauf qu’il apparait en fin de compte que l’on ne peut pas déduire tout le pensable (il reste toujours de l’indéductible et de l’injustifié, et du non compréhensible), et que d’autre part, le pensable n’est pas équivalent au monde donné.

Il faut en appeler aux sciences pour inventorier le monde et tous ses éléments divers, impensable par la déduction, et mesurer le non représenté ; le non représenté est seulement mesurable, qui seul permet d’accoler des signes aux réalités. Les mesures autorisent plus de réalité(s) et d’autres réalités que celles représentées par des seulement idées.

Dans le même temps la pensée est décrochée du pensable ; ce ne sont plus les idées qui se jugent entre elles (se déduisent) mais elles sont rapportées en et par un sujet. La difficulté est extrême en ceci que l’on ne voit plus ce qui mesure les intuitions du sujet ; la déduction n’est plus capable de justifier des idées qui « apparaissent » au sujet. Sauf à supposer que le sujet obtient (on ne sait comment) des visions immanentes quant à « ce qui est ».

Or manifestement le renouvellement par le sujet s’impose radicalement ; on ne peut plus faire comme si il n’existait pas un monde étendu, comme si le sujet n’existait pas antérieurement au pensable.

Dés lors le pensable qui se voulait tout un, déroulant en une fois, devient la pensabilité ; se relativise et se disperse, il est l’ensemble des pensabilités relatives à un monde, à des réalités, aux perceptions, aux logiques, aux langages, etc. Et ceci sous le couvert ou plutôt l’égide d’un sujet (qu’il se nomme ou pas, le reconnaisse ou s’y reconnaisse ou pas).

Comme il est très difficile d’admettre un sujet antérieur au pensable (le discours unique absolu) et donc aux pensabilités (les discours relatifs de connaissances, de sciences, du donné ou du vécu), comme on ne parvient pas du tout à s’en produire une idée quelconque, on le remplace ; on le déplace dans le monde, le moi, la nature, les forces ou énergies, et, outre les constructions objectivistes, on le remplace par des intuitions mais qui cette fois, n’étant plus celles de Descartes,  parfois s’égarent (non parce qu’elles ne sont pas cartésiennes, mais parce que Descartes a mis au jour sinon les essentielles visions du réel du moins le point de vue et la perspective unique ; celle que l’on n’a encore réussi à entamer vraiment).

Parole ou langage, universel et discours, sujet et étendue.

Le sujet est posé là, dans ou sur le monde, et puisqu’il arrive au bout de la dépense rationnelle du discours, du discursif, il n’est pas en lui-même irrationnel mais par contre se constitue d’un dispositif difficilement pensable. Descartes insiste bien que le « sujet » (ce que l’on tend à nommer tel mais après lui) est un « ensemble » ; il est tellement un ensemble de possibilités qu’est laissée entière l’unité du corps et de la pensée, la curieuse nature des intuitions, leur caractère d’évidence, le lien indissoluble entre la volonté et l’attention et l’infini (dieu), etc.

De même que nous existons sous le joug du discursif, de même nous existons de l’unité invisible du sujet. Lequel coagule en son corps la cohérence du systématique et l’arrivée de son désir comme réel. Puisque l’on sait, dorénavant, que le sujet peut être exactement là où il est : planté sur le monde étendu.

Le discours ne lui est plus qu’un moyen, bien qu’il en poursuive encore la maitrise, utile en en soi mais inefficace pour le sauver. C’est d’une autre ampleur qu’il se suit à la trace, aux quelques traces structurelles, toutes cartésiennes, et pour l’instant inépuisées. 

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