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instants philosophie

Le libre contenant la vérité

30 Juillet 2013, 10:01am

Publié par pascal doyelle

La philosophie révèle donc ce qui est tel que cela est : et ceci d’abord en tant qu’universalité. Elle se conjoint aisément avec la révélation chrétienne puisque l’une comme l’autre sont réflexives et usent du même être ; ne pas se laisser faire par ce qui est.

Ne pas se laisser faire par le langage (et le groupe), ne pas se laisser faire par les consciences prises dans les vécus ou dans le monde qui divise les consciences (de par les intéressements multiples et immédiats).

Il n’est rien en cela de « moralisateur » ou d’une morale à la petite semaine, ni d’une idéologie qui cacherait des intérêts mondains sous couvert d’un « idéalisme » au sens large. C’est uniquement à rebours que l’on pourrait juger selon cette négativité, étant entendu que l’on est alors déjà « libre dans un Etat », et doué d’un regard objectif, dit du sujet de la science, du sujet abstrait, et que l’on a déjà intégré le sujet né de l’acculturation généralisée (du processus de dernière conscience indéfinie et donc libre mais consciente de soi, (l’indéfinie conscience est le retour sur soi, vide, qui garantit non ceci ou cela, mais la conscience comme structurelle) non pas libre pour rien mais libre pour propager le libre, qui signifie la réflexivité, et non pas le corps).

Si l’on juge du sujet réel, du sujet réflexif qui est la conscience distante qu’il est, depuis les deux réflexivités, universelle grecque et chrétienne de la dernière conscience indéfinie, libératrice, si l’on en juge en fonction des parties du monde (les objectivités des sciences, les reconstructions de sciences humaines, l’inconscient ou les signes du langage, ou le langage lui-même trompeur, etc), alors on passe outre l’ambition menée depuis le début réflexif et on ne comprendra pas réellement ce qui est en jeu.

Pour comprendre le jeu il faut admettre les paramètres adéquats et ces paramètres la philosophie est seule à les produire, les exhiber, puisque la nature même de la philosophie est initialement l’étonnement de et pour la réflexivité ; pourquoi peut-on « comprendre » ? et cette « compréhension » n’est pas seulement l’élaboration des règles de la pensée : comme on peut voir que la philosophie dès le début se mêle de tout ; elle produit non pas une connaissance (limitée à un objet découpé) mais un savoir qui est réflexivement la mise sous tension et d’abord sur l’être.

Ce que l’on nomme « être », l’objet absolu qui contient tous les objets, est avant tout l’actualité totale de tout. Tout est absolument présent en une fois et selon la compréhensibilité (les choses sont pensées dans des idées) et la compréhensivité (les idées sont pensées dans l’Idée des idées, l’idée qui donne et l’organisation des idées et la raison d’être des idées ainsi que la compréhension qu’il y ait un tel « être qui pense »). L’être métaphysique est l’objet de pensée, puisque si l’on ne comprend pas ce que l’on dit, on n’existe pas.

On n’existe pas ou plutôt on existe dans le cercle restreint de son immédiateté, de ce qui est expérimenté plus ou moins en désordre (et si peu ordonné) et livré aux errements. Que quelques uns ont cru demeurer maître de l’expérience livrée telle quelle et en tirer une vie, cela n’est vraisemblable que de ceci ; ils étaient déjà libres, et ayant acquis cette liberté, mais ne le reconnaissant pas, ils ont pu croire qu’ils tenaient de l’expérience limitée individuelle seule, leur être. En fait leur être est tenu du libre et non de l’expérience. On peut vouloir se passer de la raison, mais cela à partir d’une raison acquise ; en soi l’expérience immédiate mène à l’expérience immédiate et c’est tout. De même on peut penser selon une objectivité (les sciences, humaine sou non, le marxisme telle idéologie, l’Etat séparé de l’Idée de démocratie, etc), mais ce sera surtout afin de réduire les autres consciences à n’être pas la conscience qu’ils sont.

L’être comme idée métaphysique est conservée au sein même de la réflexivité, mais elle est augmenté ; ou plutôt l’être lui-même est augmenté de ceci qu’il prend conscience de soi comme conscience et que cette forme entoure toute pensée (qui devient le pensable ; comme l’on voit suite à Descartes, que la pensée se pense soit comme empiriste (la pensée cherche ses causes dans le monde, le corps, l’image, etc, ou le langage), soit comme « mathématisée » (selon Leibniz ou selon Spinoza qui désirent inventer ou découvrir la pensée comme un objet absolu et non plus penser l’être, objet absolu, comme pensée ; il est une relativité de la métaphysique post cartésienne par rapport à elle-même, jusqu’à Hegel qui expose la pensée comme Autre pour une conscience éperdue qui ne sait plus où elle est).

Les deux erreurs

Mais l’être est conservé non pas comme métaphysiquement relativisé, mais comme ontologie ; on se saisit de l’être en cet être-çi. Le dit « sujet » (dont on ne sait pas ce qu’il est ni pour quoi). C’est interpréter selon la métaphysique le dit sujet que de croire qu’il est en somme l’esprit, la subjectivité idéelle (Hegel trouve absolument que ce sujet là, interprété métaphysiquement, est la subjectivité idéaliste ; en somme l’esprit qui se dit « je », la pensée en personne (et non plus la Pensée égale en son objet un et tout qu’était l’être métaphysique).

Le sujet, le dit sujet, est tout autre chose ; il n’est ni objectif, ni subjectif ; il est le un comme source. Et c’est en ce sens que l’on dit « ontologie ». Ça n’est plus la pensée en général qui parle de l’être comme un et tout, comme totalité, c’est un-être qui montre la logique de son être. Et cet être qui endosse le discours, la raison la fait sienne, la métaphysique et l’absorbe, ne montre pas son corps, son vitalisme, sa psychologie, sa subjectivité, son langage, etc ; il montre ce qui se révélera comme son « être » réel par Husserl entre autres. Son être qui n’appartient ni au corps, ni au langage, ni à la psychologie ou son individualité, mais qui n’est plus lui-même l’universalité métaphysique et ne parle pas selon la Vérité, mais selon le Libre.

C’est une ancienne manière que de comprendre l’advenue du libre comme relatif à la vérité (Badiou) ; une vérité qui ne serait pas le libre pur d’abord, ne signifie rien pour-nous. Elle est discréditée d’avance ; puisqu’elle ne pense pas suffisamment loin, et restreint pour-nous la vérité justement. Parce qu’il faut comprendre que c’est du point de vue du libre (qui avance dans « ce qui est » en passant du métaphysique à l’ontologie, à la logique de cet être-çi) que la vérité est bien plus grande que selon la vérité seulement métaphysique ; et ceci non par contradictions et opposition, mais parce que la métaphysique devient ontologique ; qu’en somme le libre n’est un « là » inerte ou du n’importe quoi, mais est structurellement absolument réflexif et donc engendre une plus grande articulation/désarticulation à « ce qui est ».

L’otologique est donc d’abord cet être-çi mais en tant que réflexif et non pas être-là, et expose tout selon son principe formel ; la vérité n’est pas une vérité, mais est la vérité comme principe. La pensée du sujet libre (dont l’essence est non pas le sujet mais le libre, cad un principe) selon le moi post moderne, comme on dit, soit donc une sorte de nihilisme (qui ne croit pas que la raison est, en quoi il a raison, sauf que la raison est depuis Descartes au moins la réflexivité dite à elle-même, la réflexivité englobant la raison et l’approfondissant), réduit considérablement le champ et du libre et de la vérité ; il renie tout, n’est plus métaphysique mais non plus ontologique.

Le post moderne ou le nihilisme croit que le sujet est un être-là ; alors qu’il est réflexif. Il peut bien tenter de situer le sujet (réduction de l’être-libre) ici ou là, dans le corps ou le désir, dans le langage ou la société, l’économisme ou le naturalisme, ça ne rentre pas. Il n’est nulle part de lieu qui contienne l’être-libre, cad le réflexif « ontologique qui intègre le métaphysique ». Lequel est né depuis Descartes quand même… Ce qui veut dire un retard de penser le donné qui interprète encore la conscience comme, si elle était un « conscient ».

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Qu'est-ce que la philosophie ?

28 Juillet 2013, 09:00am

Publié par pascal doyelle

La révélation de la philosophie

Tandis que l’on passe d’un principe de synthèse des immédiatetés (dans la Parole-groupe-monde particulier-immédiateté) à une réflexivité (qui médiatise et dépasse dans la raison qui se substitue au langage, l’éthique et la politique qui remplacent le groupe, l’esthétique et le devenir indéfini de la conscience, chrétienne, qui se renverse l’immédiateté), il se crée la philosophie.

Laquelle n’a pas rien à voir avec « ce qui se passe » ; à savoir la réflexivité ou l’impératif de ne plus se laisser faire par le monde particulier d’un groupe, ni par le vécu immédiat et limité d’un individu. La philosophie est la prise en charge de ce qui arrive à l’histoire en ceci qu’elle est l’étonnement devant la capacité réflexive elle-même ; ce qui joue partout ailleurs, réflexif du politique ou de l’esthétique, prend fait et cause pour soi, réflexivement, et se nomme soi-même : philosophie.

Elle servira ainsi au moins de marqueur des arrivées nouvelles (qui peuvent affecter tous les autres domaines, mais puisque la philosophie se dit d’elle-même réflexivement, elle est spécifiquement expressive du mouvement de dépassement et parce qu’elle élabore les mots et surtout les phrases dont elle se sert pour identifier cette nouveauté dans le monde humain ou plutôt les mondes humains de cet ou ces époques (le même revient et ré-insiste constamment ou éventuellement), parce qu’elle développe les critères, les repérages qui sont adaptés à cette invention réflexive, son utilité est sans égale ; elle seule nomme ou tente de nommer l’absurdité ou l’impossibilité qu’il y ait dans le monde un être-autre, qui est radicalement Autre (puisqu’il est une forme pure qui n’a affaire à rien, étant non composée).

Philosophie est donc l’appréciation de « ce qui se passe » et dont on n’a pas encore rigoureusement défini l’action, l’activité, l’hyper activisme, et encore moins la ou les finalités réelles. C’est seulement depuis que l’on va fixer à peu près et dans le brouillard ce qu’est cet être-autre ; en tant que conscience et en tant que conscience comme mécanisme réflexif.

Il faut donc prendre au sérieux la philosophie : elle entend révéler « ce qui arrive de nouveau » dans les mondes humains et va créer en majeure partie ce dont il est question en tant qu’universalité ou raison, réflexivité ou individualité, vérité ou liberté, et ce en portant jusque dans les réalités les effets de l’être-réflexif que l’on est.

Evidemment on est d’autres ensembles encore (la conscience est dispositif ou plutot mécanisme dans les dispositifs, de la physiologie aux idées, via langages etc), mais le réflexe « conscience-de » est la pointe déterminante qui permet les dépassements et engendre ces effets dans la réalisation, cad dans l’ouverture du « rendre réel ». amener au jour ce qui ne se nomme pas mais commence par la réflexivité de nommer à son tour, sans plus disparaître ni dans le langage ni dans l’immédiateté des vécus (à quoi on était relégué jusqu’alors dans des mondes humains particuliers), nommer ce « non-réel » qu’est la conscience est ce dont la philosophie se charge et qui épuise totalement son essence ; elle n’est rien d’autre ; elle n’est que la conscience de soi de la conscience (comme réflexivité active qui s’acharne sur le pauvre monde, en somme).

Mais la conscience en tant que vide ; comme forme active et non pas comme on a pu l’interpréter au début, non pas comme idéel qui parce qu’il nous donne l’augmentation de notre être (qui universalise et étend considérablement notre être jusque là limité) serait, cet idéel, en lui-même un « quelque chose » (d’idéaliste, de métaphysique, de super essentiel, qui parce qu’il nous donne une cohérence « serait » la production des choses et des êtres).

Si l’on en reste à la philosophie comme savoir-connaissance qui détient la Vérité comme contenu, on ne comprend pas du tout par exemple et essentiellement cependant, ce qui se passe au-delà de Hegel ; sinon un bric à brac qui part en tous sens. Ce serait ne pas voir que la pensée ou l’idéel, ou le métaphysique sont eux-mêmes pris dans plus grand qu’eux-mêmes ; la réflexivité de la conscience, de la conscience comme conscience-de (qui n’est rien que retour-sur, n’importe quel donné).

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L'extase indéfinie

26 Juillet 2013, 14:08pm

Publié par pascal doyelle

D’une manière général, il apparait qu’il n’existe réellement que la conscience comme retour-sur, comme rapport, purement formel, et n’ayant en soi rien à voir avec quoi que ce soit, sinon son être de conscience : cette structure, cette forme, qui étant forme est absolument parfaite.

Il faut considérer cet être comme tel, cad comme un. Il se trouve que l’on ne comprend pas ce qu’il « est », son être ne correspond à rien qui soit identifiable selon notre expérience, notre empirie. On se figure donc cet être selon une représentation hasardeuse, mais qui malgré tout parvient à laisser transparaitre la forme même.

Cette représentation n’est pas un objet fixe, un contenu assuré, une détermination mais est un rapport. Puisque la forme fait tout apparaitre sous un rapport. En conséquence les véritables approches et définissabilités figurées de cet être ne sont pas des mots, des images, des identités, et ne se parlent pas tel un mot, mais requiert une phrase. Un ensemble relié de signes qui, ensemble, seul fait figure, exprime la complexité de cet être saisi alors effectivement comme rapport.

Mystique ou théologique ou philosophique, le rapport est de cette manière compliqué à comprendre et ne pas alors s’utiliser dans le donné, le vécu ou le monde. Le rapport étranger qu’est la forme pour elle-même, lorsqu’elle veut se parler, se penser, est inutilisable extérieurement ou intérieurement. Le rapport définit une sorte de lien qui peut se décrire en interne à cette forme elle-même. Ce qui s’éprouve effectivement de la difficulté de la philosophie ou de tout accès à une Œuvre.

L’attitude normale, habituelle est celle d’un moi ; il ne peut pas passer son temps ou son énergie à recomposer, aussi désire-t-il des objets. Il désire des mots, isolés les uns des autres (puisqu’il est la synthèse comme unification, unification purement nominale ; je suis moi, je suis un-tel, son nom-prénom, ce qui encore un mot et non une phrase). Il doit donc gérer ou produire sans remonter dans les conditions de la gestion ou de la production.

La phrase est au contraire une sorte d’argumentation qui définit seulement dans son ensemble ce dont elle parle, ce qu’elle désigne ; et ça n’est pas un objet dans le monde, mais telle architecture ou telle autre qui découpe selon cet argumentaire ce monde.

Le moi croit comprendre que si l’on remonte dans les conditions d’apparitions, on peut poser à peu près n’importe quoi et que de toute manière les mises en conditions se contredisent et n’importe pas quant à la réalité du monde.

Non seulement on ne peut pas dire n’importe quoi, en lançant telle hypothèse sur la réalité ou sur notre être, mais de plus les propositions (philosophiques par ex) ne se contredisent pas (il est une progression absolue et qui valide toutes les attitudes). C’est que l’on n’échappe pas au réel ; sans doute, puisque la conscience est formelle, est-elle douée d’une ampleur plus ou moins importante, mais la conscience qui est toujours emplie de quantité de données, qui est d’abord perceptions, corps, signes, paroles ou langage, d’images de soi et des autres, des choses (données) et des objets (produits), est un mécanisme qui revient sans cesse à l’identique (il n’est aucune différence entre deux consciences ni entre cette conscience et elle-même ; elle est forme pure et simple) et réoriente toujours vers le même (non)sens : le réel.

Toute la réalité est déterminée ; soit selon une causalité d’ensembles (en tel système il est telles latitudes possibles, parfois plus lorsque cela s’invente dans ou pour ce système, système dans un système) soit selon une causalité locale (une détermination cause tel effet limité). De même toute activité de conscience est assujettie à son mécanisme vide, mais comme on se tient alors à l’extrême limite de la réalité, au bord du monde, de tout monde et qu’il n’est rien en deçà, c’est librement que cela s’active et se produit.

C’est donc absolument librement que l’on est, puisque ce à partir de quoi on se fait être est le bord dernier de ce qui est (pour nous évidement, mais on ne peut pas aller contre son être, il n’y a rien d‘autre, et de plus cela signifie que l’on est pour-nous en la racine de ce qui est, là où notre être commence d’être). Ainsi notre être, notre conscience est toujours quasiment à l’extrême de son être.

Et si on se pose la question de comprendre à quoi peut servir de réfléchir (la conscience qui se réfléchit déjà), c’est que l’on ne voit pas qu’elle est formelle et que donc elle peut devenir ; c’est en sa perfection de devenir, formellement, (si l’on tient l’hypothèse que la perfection existante est précisément qu’elle puisse, qu’elle ait la puissance du devenir). Elle est intégralement ce qu’elle est (extrêmement) mais elle n’est pas alors tout ce qu’elle peut être, puisque dans l’indéfinitude (qu’est le réel selon sa logique propre, et non celle que l’on rêve) le devenir est justement ce que l’indéfinitude peut.

Le devenir formel est en lui-même profondément in-sensé ; si l’on n’entend pas la conscience comme étant le « conscient », on ne la programme donc pas ; elle n’est pas, dans le « se-vouloir » formel, de proposer un surplus de contenu (il faudrait « vouloir » ceci ou cela). L’être formel en devenir récupère ce qu’il est déjà ; il se re-forme à nouveau dans l’intensité de la forme même ; penser imposer un vouloir en plus, un contenu tout-fait, est une absurdité ou une illusion ; pris eux-mêmes dans le flux de notre conscience (symptômes ou faire valoir ou prétexte, etc).

Le devenir formel (ce qui est impossible et in-sensé) consiste donc à propulser une mise en forme qui accélère et augmente ou restreint et aiguise la forme de conscience ; le devenir articule ou/et désarticule l’être que l’on est.

De sorte qu’une part de l’activité de réflexion sur ce qui réfléchit déjà, est de reprendre et remonter, reconsidérer, réorienter, désorienter, offrir l’occurrence d’un impensable obtention de conscience qui se prend bien plus antérieurement que tout conscient et contenu ; qui laisse être ce qui n’est pas encore, jamais, potentiellement, advenu, ou déjà et structurellement virtuellement réalisé.

Autrement dit une conscience, (non un conscient ou cette part du conscient qu’est à demi le moi), une conscience est douée de son être réel, de son être virtuel et de son être potentiel. En ceci qu’une conscience n’actualise pas tout le donné ni n’est certaine de ses contenus, (contrairement au conscient), mais donc elle est toujours déjà dans ce qu’elle fut, sera, a été, aurait pu être ou ne pas être, et que son être, son possible formel n’est jamais clos.

On voit donc alors que ce devenir conscience de l’être de conscience offre des exactitudes similaires au devenir de la dernière conscience chrétienne ; on y adhère en cette extase de l’indéfinitude de tout être de conscience ; il n’est pas sur le mode du clos, du refermé, sur le monde de l’identité. Un être de conscience est toujours déjà dans son être virtuel (aurait pu) et potentiel (sera, etc) en ce qu’il peut incessamment se reprendre et continuer son devenir formel (quand bien même les devenirs effectifs, les vécus eux son achevés ; le vécu est en ce sens une part limité de "tout notre être").

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Sartre et l'être-libre réel

24 Juillet 2013, 15:49pm

Publié par pascal doyelle

Depuis que l’on a inventé qu’il y ait une réflexivité possible, que nous ne sommes pas condamnés à l’immédiateté ou la restriction d’une seule expérience individuelle, et que la réflexivité d’une part ouvre le monde via l’universalisation (que nous avons tellement intégré que nous nous permettons de nous révolter contre, mais c’est dans l’assurance que l’universalité est, qu’elle est par exemple un statut constitutionnel en un Etat ou un sujet acculturé reconnu ou donc un moi-même pour tous les autres moi-mêmes, et pourtant il n’est pas dit que cela soit sauvegardé), et d’autre part qu’elle offre en chaque conscience la reprise instantanée de soi et la survie par-donatrice de la conscience vis-à-vis d’elle-même (de ses consciences prises dans le vécu) et des autres (l’humain existe comme consciences séparées mais réunies en esprit, ce que l’on nomme à ce jour la « communication », qui en est une figure),
donc depuis que la réflexivité s’est inventée (ce qui est réflexif nait de rien et sans raison ; elle est le retour-sur (n’importe quel donné), elle engendre.


La dernière figure de la réflexivité est le moi ; par le moi l’humanisation qui s’est créée par et dans l’universalisation, se continue et se continue en chacun comme personnalisation ; il est impossible d’imaginer un devenir progressif de l’humanisation sans un surcroît de personnalisation (encore qu’il faille définir quelle sorte de personnalisation, d’une part mais aussi il est fort possible qu’étant donné les difficultés de survie qui se profilent, il s’impose un retour de l’universalisation écrasante et qui soumette chacun aux statistiques de survie, afin de réguler la débauche de personnalisations effrénées et probablement aberrantes, folles, délirantes).
Le moi non seulement oublie totalement qu’il est universalisation, (il est libre et supprime tout autre rapport, comme un être-libre se le doit à lui-même), mais il oublie aussi la dernière conscience possible qui lui remettait la conscience à zéro tout en la maintenant (pardonner n’est pas oublier), en par-donnant, et donc se supporte lui-même seul.

Le moi et ses oublis
De sorte que la réunion des consciences le creuse par son manque (et s’y substitue la débauche de mass médiatisation ou de partiellement pseudo-résolution, résolution fantasmée) et que ne se par-donnant plus il s’enfonce ; l’effondrement est invincible, parce qu’il est structurel. Si un être-libre tient tout-seul, par définition, par contre il ne devient que par l’universel ou les extases, et si l’être-libre est première conscience (cartésienne) et conscience première (existentielle), il n’admet d’exister que de Savoir cet être, et non pas de se croire un autre, une identité, un contenu.
Si notre être est de conscience, il n’est pas ceci ou cela. Il n’est pas un moi dans son identité. Son identité est toujours constamment une figure ; autrement dit un moi contient structurellement un être bien plus étendu et autre que cette identité.

L'activité de sujet quotidienne
Le sujet, ce que l’on nomme tel pour représenter l’être de conscience dans le discours, n’existe que dans son activité ; « ce qui est » est « ce qui est dans le présent ». Or le moi se perd en se sidérant en ses objets, en son image, en une idée basse de soi ; c’est littéralement ce que traque Sartre. Pour ce faire il hypostasie la « conscience » en authentique ou engagée, en une formulation schématique d’activisme, qui est vraie mais limitée ; si il fallait attendre de « s’engager » pour exister, on n’en finirait pas. Il est antérieurement une autre résolution de la conscience qui n’est pas de s’engager mais de se Savoir. S’engager est localisé, se Savoir est un ensemble ou l’ensemble lui-même et requiert non seulement l’engagement volontaire, partiel et donc faussé en quelque sorte, mais requiert l’attention-à, ce qui signifie une angoisse et une exigence à la mesure de cette angoisse.
Il est très juste « qu’il y va de notre être », mais non pas au sens où Sartre l’entend, restreignant l’être à des propres partielles et exceptionnelles. Parce qu’en définitive si notre-être n’existait qu’engagé, (et Sartre tente par tous les moyens à sa disposition d’élargir cet « engagement ») nos possibilités seraient somme toute limitées ; cet engagement sartrien simule en gros un état de guerre permanente… Or c’est non dans l’excès d’une finalement violence qu’il faut jouer, mais dans l’organisationnel même des sociétés, autrement dit au quotidien.
Parce que ce qui s’organise au quotidien est seul réel ; les excès violents crèvent les bulles, si l’on veut, mais n’aboutissent pas à une réorganisation du donné ; sinon dans les larmes et l’absurdité d’un autoritarisme. Réorganiser le donné vécu sociétal au contraire réclame une rigueur et une continuité. Autrement dit une intellectivité : laquelle ne se décrète pas, ni ne se pense idéologiquement ; elle nait, s’engendre collectivement et collectivement non comme regroupement abstrait (de révolutionnaires autoritaires), mais comme multiplicité démocratique ; c’est cela qui avance, le reste effondre l’organisationnel.
Et donc l’engagement des consciences se libérant est un travail de longue portée. Et l’on voit malgré tout que l’ensemble sartrien est tout à fait juste mais marqué par son présupposé et en définitive par l’idée qu’il élabore de la « conscience », par quoi cette idée manque la rigueur de son objet (ce qui est son but : sa finalité sartrienne, il ne s’est pas trompé, ni égaré, mais relève d’une hypothèse limitative poursuivit bien que jusqu’à ses limites exactes).


L’angoisse et l’exigence qu’est la conscience (elle est libre, est donc sa propre idée de soi, travaille et œuvre en et par cette idée, laquelle n’est évidement pas une « idée notionnelle », puisque le libre surgit après l’universel, le libre est l’universel en tant que réellement « là »), impose à chaque moi, bien qu’il soit noyé dans les définitions de corps-langage, de psychologies, de mass médiatisations, de renvoi à des fins naturalistes (communistes ou libérales), de reprendre à son compte ses deux extases (universel et christianisme), et d’en inventer d’autres. Ce que mine de rien il n’a cessé de réaliser, de rendre réel, aux cours du 20éme. C’est la re-découverte qu’effectivement durant 100 ans, il s’est passé quantité de libérations et de réalisations, d’inventions. (Que la démocratie, fut-elle libérale, n’est pas vaine ni sans d’absolues réalisations).
L’angoisse et l’exigence sont un seul et même impératif ; mais impératif non extérieur ; impératif en ce que toute conscience est déjà intégralement à la limite de soi, de fait, et par structure (le réel n’est jamais « à demi »). Toute personnalisation par exemple est cette inventivité. Toute personne est le reprise sensée ou/et insensée de son vécu, de ses consciences et est déjà en mesure de se relier aux autres. Le sens, la finalité collective (démocratique et non d’un bloc monolithique du « collectif » invraisemblable) est déjà en continuité ; et il est clair qu’alors il ne s’agit pas d’engagement, mais d’intelligence ; la démocratie ou l’être collectif-démocratique est sa propre intelligence (ou son idiotie).

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Les effets réels de conscience

22 Juillet 2013, 12:52pm

Publié par pascal doyelle

La philosophie a donc organisé le dépassement de la métaphysique par et dans une ontologie ; comme la philosophie est un savoir et non pas une connaissance (en gros les énoncés sont évasifs et indicateurs, et non pas précis et certains, mais c’est que la philosophie a pris en charge le réflexif, dont on a vu qu’il constituait l’historicité même, en tant que dépassement des langages et des groupes humains, universel grec, et dépassement des donnés et des vécus, devenir chrétien de la conscience dernière qui par-donne indéfiniment et libère), étant un savoir elle indique des horizons, lesquels sont en reculade constante et s’intègrent les uns vers les autres, non pas seulement sans fin, mais indéfiniment, puisque notre être est source-de.

La pluralité désirée

Ainsi il est vrai que l’universelle métaphysique désire l’unité ou l’unification, mais en réalité il n’y eut jamais autant de séparations, de divisions, qui furent produites depuis de désir l’Un. Ce qu’il faut juger ça n’est donc pas l’unification, mais que cette unification fonctionnant par distinctions (des idées entre elles, en l’occurrence) produit quantité de différences. Et c’est ce qui réjouit la philosophie. De même dieu comme dernière conscience possible a engendré quantité de devenir-consciences, ce qui donnât lieu à la gigantesque acculturation qui suivit.

Dépassant la métaphysique (qui désire résoudre la totalité de ce qui est en un savoir-connaissance, puisqu’alors le savoir ne se distinguait pas des connaissances), il faut comprendre que c’est la même réflexivité qui s’applique pour les grecs et pour Descartes (illustrativement, il n’est pas le seul, il est la première conscience, qui prend conscience de soi comme conscience et en décrit la Méthode attentionnelle). Simplement cette réflexivité se creuse et devient ; elle engendre que notre-être est -libre. En conséquence cet être-libre va essaimer et produire cela même ; des tas de libertés explorant le monde-étendue, et l’étendue du monde.

La vraie réalité se multiplie

Ce qui se lance alors est l’exploration (et l’exploitation intensive) de « ce qui est ». À partir de chaque point de vue individué. Il faut remarquer que la réflexivité propage la séparation et la division et les devenirs et les possibilités ; en quoi donc elle est réelle et effectivement adéquate, et est faite-pour exister. Pour devenir encore-plus dans l’existence.

En un sens on continue de regretter le bel ordonnancement, ce qui revient à cet état humain lorsque la Parole se partageait entre tous dans un groupe limité en un monde particulier qui parlait et les échanges et le monde donné « là », alentour. Le giron cosmique de cette synthèse en quelque sorte.

Mais la philosophie chevauchant la réflexivité et bien qu’ici et là elle recherche encore une harmonie, produit en réalité tout l’inverse ; elle renverse et même lorsqu’elle rétrograde, elle subit le mécanisme de division, qui est de distinction.

La propagation et la profusion

Que l’on puisse au 20éme regretter et désirer le retour de l’Etre (Heidegger) et de son « sens » n’empêche pas Etre et temps de rompre quantité de digues… L’unité désirée fait-office en réalité de pioche qui creuse toutes les réalités, qui s’enfonce là où ça fait mal ; nous sommes soumis au mécanisme de conscience qui depuis qu’il se sait (et ce savoir n’est jamais exact, il se figure, représente le non représentable, la forme pure) accélère son efficacité.

De même chacun étant de par soi, libre, est une accélération constante. La personnalisation est tentative de résolution de l’équation que l’on Est, et non pas la personnalité comme conglomérat de corps-langage ou comme seulement psychologique, conglomérat qui serait livré aux pouvoirs comme aux regards des autres.

L’être de conscience et l’être conscient

Poussés par la réflexivité comme mécanisme parfait, pleinement adaptée à cette réalité, au monde unique, c’est dans la philosophie que l’on exhibera la plus constante et relativement exacte (c’est un savoir) description de « ce qui existe » quant à notre être. Ceci pour en retirer une description ; mais en d’autres domaines de la réalisation il s’exprime ou s’exporte la même réflexivité : puisqu’il est évident pour chacun que la conscience s’existe comme conscience mais se vit ou tend à se vivre comme conscient. Et notamment comme se vivant pour les autres, en tant que l’on parle consciemment (et on sait bien que parlant consciemment on « dit » beaucoup plus que l’énoncé).

Mais ce conscient ne remonte pas en conscience qui le sait mais ne connait pas ce savoir ; aussi l’œuvre, l’esthétique (puisque qu’alors l’art prend en charge plus et autre chose que le conscient) fait-remonter l’ensemble des consciences que l’on a, et peut-être que l’on est.

L’œuvre et l’esthétique

Que l’on est, est plus grand que celles que l’on a. c’est qu’en certaines œuvres (qui peuvent varier pour chaque conscience) il est un tel rassemblement de consciences, que l’on sait instantanément « ce qui est ». Ces consciences étant rassemblées en une fois concentrée, « là », en un « lieu », qui réunit/exprime, articule-désarticule ce qui est dispersé dans les consciences, les consciences les unes et les autres, mais aussi les consciences qui s’assemblent en une seule à chaque fois.

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La métaphysique, compréhensiblité et compréhensivité

20 Juillet 2013, 18:22pm

Publié par pascal doyelle

Si l’on suit l’hypothèse ou plutôt la compréhension métaphysique, ou encore l’orientation réflexive que nous confère la métaphysique (rendre compte en un discours de la totalité existante), on sous-entendra néanmoins qu’il existe une autre possibilité de réflexivité qui est dite ontologique (en ceci que la description, rationnelle, de notre être est ontologique puisqu’elle, cette description, modifie cet être lui-même ; la description ontologique est un montage et remontage de la structure même de notre être, en son os).
Suivant donc la seule métaphysique, il faut la caractériser par l’augmentation considérable que l’universalisation provoque en l’individualité qui est ainsi portée à s’oublier, à oublier son individualité limitée à tel donné, vécu, ou monde particulier. Devant cette ouverture les grecs ont donc exploré toutes les voies de cette universalisation : les différences perçues sont réunies en séries, les idées, qui forment ou dont on recherche la systématique, et à partir desquelles on suppose un « universel » absolu au-delà des idées, une idée des idées.
Ceci peut être compris en tant que compréhensibilité (les idées nous exposent l’essence, l’universalité dans les choses immédiates et particulières) et en tant compréhensivité ; ce qui est plus difficile à entendre puisqu’il faut alors organiser les idées entre elles et rendre raison de cette organisation des idées (qui elles nous exposent les choses pleinement), l’idée du bien comme régissant la plénitude, mais aussi l’universel pur, la compréhensivité devrait nous expliquer pourquoi nous en sommes capables, pourquoi l’homme est « cela qui comprend » et possède la capacité d’universaliser, et donc de « vivre plus ou mieux ».


Le vivre-plus est l’augmentation même de la conscience que l’on a soudainement des choses limitées et donc dépassées, augmentant notre vision, et le vivre mieux est la conformité, l’adoption d’une conduite conforme non plus en et par telle expérience vécue restreinte, mais conforme à l’ensemble, à l’ordre des choses ; compréhension double que seul l’universalité nous accorde.
Ceci étant, les discussions vont bon train qui tentent de réguler cette avenue ouverte sur le monde en sa totalité, hors des mondes et des cultures particulières, en sorte que si ces cultures sont ordonnées selon leur propre synthèse à chaque fois (les immédiatetés sont synthétisées telles quelles, et on tente alors de broder synthétiquement afin d’exposer le sens de tout ce qui apparait), de par la réflexivité dite de raison, rationnelle (ou qui donc ici élabore un discours systématique), à cette synthèse donc s’oppose ou est remplacée par l’universalité ; on n’admet pas « ce qui apparait » tel que cela apparait et est nommé et brodé dans la trame synthétique qui expose tout en un groupe qui est garant de la vérité de ce qui est Parlé, et échangé.
Il ne faut pas mal comprendre l’idéalisme ou l’arrière monde autrement que par le refus de succomber à la limitation de l’individu ou de l’immédiat ; sans l’universalité chacun est restreint à son pauvre cercle. (Nous pouvons éventuellement adorer l’immédiateté et lui reconnaitre d’innombrables intérêts, mais c’est parce que nous en jugeons à partir d’une universalité acquise).
L’universalité n’admet pas l’apparition, et donc va progressivement réunir les différences en idées dans le donné, les choses, les êtres, etc, mais aussi produire à partir des idées découvertes d’autres différences et augmenter non seulement la pensée, mais la perception même. Vision absolument analytique et si la raison prône l’unité et l’unification, ce sera en réalité à partir d’un surcroit de différenciations, et donc l’universel d’abord et essentiellement divise et sépare ; distingue.


La compréhensivité
Par ailleurs dans l’unification même, ce que devrait nous octroyer la compréhensivité, il ne s’agit pas seulement de réunir les idées (qui exposent et réunissent les choses et les êtres particuliers), mais puisque la raison d’être de telle chose est l’universalité en elle, son idée (le Chien comme idée nous explique tous les chiens quels qu’ils soient, rencontrés ou non), et comme il faut qu’il existe un principe d’ordonnance des idées entres elles, il est appelé immanquablement de savoir comment se produisent, se génèrent les idées ; que donc il est un idée absolue qui engendrent les idées, qui donnent la raison d’être des choses et des êtres.
Evidemment de tels problèmes se soulèvent de cette énorme tentative de compréhension qui se veut également tentative d’explication ; l’universel pourrait seulement décrire le monde tel qu’il est, même quand à résoudre les multiplicités en idées comme étant l’essence des choses. Mais tout naturellement, la compréhension se veut également explication ; les idées sont ou seraient causes des réalités. La raison d’être est identique à être tel ou tel ou plutôt à être tel plutôt que tel ; or si une idée se distingue d’une autre en raison de ses prédicats, par contre comment distinguer tel chien de tel autre ; il est donc une matérialité de ce chien là qui n’est pas pensable ; on ne peut distinguer ce chien que de le percevoir distinct de cet autre, mais non pas de penser ce chien distinct de l’autre.

La matérialité
La génération laissera toujours pourtant un impensé énorme ; la matérialité. Les choses et les êtres sont constitués non pas d’idées mais d’idées qui informe une masse, amorphe, dont les idées découpent en les séparant les essences (les idées/essences des choses sont des différences intrinsèques, des séparations de distinction ; une idée est connue de se décrire dans ses distinctions d’avec d’autres). Sauf que les idées se distinguent les unes des autres, mais ne rendent pas compte de la séparation des multiplicités réelles.

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Le devenir continu de l'ontologie post cartésienne

19 Juillet 2013, 12:26pm

Publié par pascal doyelle

Le sujet est donc fondateur bien que l’on ne sache pas réellement ce que peut le sujet.
Ce qui signifie que l’être-libre est antérieur au rationnel, mais en use et donc est lui-même plus-que-rationnel, ou ce qui revient au même que le rationnel est l’effet de la réflexivité, qui ne le contredit en rien et même qui avance plus loin et plus profondément que le rationnel.
L’indication que nous transmet la philosophie puisqu’elle s’est extraite de l’idéal d’un discours complet sur tout ce qui est, (de même que ce discours universel s’était extrait du langage et des groupes comme des mondes particuliers immédiats), l’indication est que le sujet est activité de conscience. Mais en cela il ne faut pas se tromper ; activité de conscience et non pas activité consciente.
L’hypothèse est au fond, entres autres, que certes la conscience en son maximum contient le conscient, comme sa meilleure part, mais que le conscient est pour la conscience un moyen.


La rationalité est intégralement conservée ; elle est même absolument garantie ; l’universel comme le devenir conscience du christianisme sont l’expression d’une réflexivité qui s’impose au-delà des mondes particuliers et des langages, comme des vécus et des consciences prisonnières dans le monde et les unes des autres. Mais définir qu’il est un être de conscience, c’est amener l’idée qu’antérieurement à la raison, il est un être spécifique étrange et étranger, qui outrepasse la rationalité et ce non pas par défaut mais par excès : l’être de conscience est plus que rationnel.
Ce qui revient à dire que si le discours métaphysique ou de raison seule, se donnait pour fin la contemplation, on voit bien que même cette universalité entendait assurer un contrôle sur l’ensemble de ce qui est de sorte non pas qu’il y ait une contrainte exercée sur la totalité, mais afin que chacun soit universalisé et puisse augmenter son être individuel jusqu’à l’être universel, et que l’activité comme l’action ou la conduite soient en accord au devenir ou l’apparaitre du monde.


L’indéfinitude englobe l’infini
De même le sujet, dit cartésien, cherche à éprouver, ressentir et met à l’épreuve, son être libre en tant que suspension du jugement. On ne s’étonnera jamais assez de l’étrangeté de cette suspension ; en fonction de quoi, si le jugement est suspendu, pourra-t-on juger ? D’où viennent les idées dites claires et distinctes ? Sinon d’une aperception externe, quasi injustifiable rationnellement, qui accorde infiniment l’être au monde et au moi.
Parce que le cartésianisme ouvre une pensée qui ne se referme pas ; il est impossible de penser le monde et impossible de caractériser réellement le sujet. Monde et sujet échappent à la pensée universalisante, mais n’échappent ni au sujet comme libre ni au monde comme étendue. Bien que l’étendue et le moi soient en eux-mêmes indéfinies, et relèvent d’une indéfinitude. L’indéfinitude ne désigne aucun infini ; elle prendrait plutôt l’infini par surprise.
La certitude qui anime le sujet (hypothétique tant que l’on n’en saisira pas la finalité) est fondamentalement ouverte. Ce qu’aucune pensée universalisante ne peut comprendre ; seule la philosophie maintient incertaine la certitude. Il ne faut pas lire Descartes ou Kant en tant que professant des vérités, mais lançant des perspectives à partir de la structure réflexive même (dont on sait qu’elle constitue les deux réflexivités historiques et acculturantes des grecs et du christianisme).


Le ce-qui-est-déjà
La philosophie est infiniment certaine de son être du sujet, mais ceci sous la forme d’une indéfinitude : pour cela la réflexivité prolifère ; il est quantité de réflexivités en tous sens ; c’est une exploration systématique de tout le possible qu’a déchainé le dépassement des langages, groupes, vécus et immédiatetés. Non seulement la rationalité n’est pas obstruée (par sa propre exploration achevée, Hegel par exemple) mais elle a (déjà) rebondi et pousse à être toutes les explorations.
La réalité, le réalisme du sujet est si intrinsèque que non seulement il ne contredit en rien la rationalité universelle ou de devenir conscience du christianisme, mais de plus il ne consiste pas à projeter quelques utopies qui recouvriraient et étoufferaient les réalités ; on voit bien que des sciences naturelles ou humaines, des psychanalyses ou des consciences nietzschéennes ou heideggériennes, ça n’aboutit pas à imposer une raison mais à remuer ciel et terre tels que « là ». Le mécanisme de conscience creuse indéfiniment tout ce qui est et pour elle-même permet de découvrir ou redécouvrir ou amener au jour « ce qui est déjà ».
Le « ce qui est déjà » est fondamental ; il n’est pas d’idéal (puisque la conscience est sans contenu), mais un acharnement structurel à ne rien nier ou délaisser ou oublier. La conscience est le creusement en tous sens et indéfini de l’indéfinitude du monde et de son être propre ;il faut donc admettre que le gouffre ontologique qu’ouvre la conscience tend à épuiser tout ce qui est au monde, son être y compris.


La forme réellement pure et simple
Puisqu’il n’est pas de raison que la conscience, qui est un « savoir-de » mais aussi un se-savoir, ne s’extériorise pas elle-même, ou plutôt ne s’externalise pas lui-même en son être. Ce qui nous envoie à la singularité d’un être qui est tellement forme pure qu’il est à lui-même autre. il est nécessaire donc de présenter l’altérité totale de la conscience-forme. Et altérité qui n’a pas de limite, ne dispose d’aucune résolution de son équation sinon de devenir encore et de découvrir ce qu’elle « veut », ce que son mécanisme veut d’un monde, de quelque monde que ce soit. En ce sens la conscience n’est pas comme le dieu d’un monde ou d’une création, elle recèle bien plus que tout monde et toute création, elle existe déjà au-delà de tous les possibles, et cherche donc d’abord et comme naturellement à épuiser tous ceux à sa disposition.
Loin de définir ou délimiter, la conscience-forme comme principe est précisément ce qui creuse tout ce qui est déjà et ne laisse rien (ni personne) dans l’abandon ou l’ignorance. Elle est en-plus mais non pas comme ajoutant un monde sur le monde, un moi-même sur le moi, un sujet sur l’humain : elle est l’acharnement (que l’on a dit illustrativement « mécanique ») à creuser n’importe quel « tout ce qui est ».
Il faut donc partir à la recherche de cet être tel qu’en lui-même qui précède tous les mondes, tous les univers, toutes les réalités et dont on ne sait encore aucunement la finalité réelle.

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Qu'est-ce que la métaphysique, puis l'ontologie ?

17 Juillet 2013, 09:47am

Publié par pascal doyelle

On ne voit pas ce qu’il y aurait à achever de la métaphysique puisqu’il y a belle lurette que ça n’est plus la métaphysique qui nous agite.

Ça n’est plus la métaphysique depuis Descartes ; il le dit nettement, absolument ; l’ontologie remplace la métaphysique. L’ontologie est la description de l’être de l’homme par lui-même, laquelle description inclut la métaphysique (le discours sur tout-ce-qui-est, multiplement), mais en la mettant au pas ; il appert nettement qu’aucun discours ne pourra dépasser l’être de l’homme et que celui-ci est l’origine, la source de tous discours.

De même Kant perfectionne la description, et Husserl et Nietzsche et Sartre, Heidegger ou même Marx (puisque l’homme est l’être humain générique, un corps qui utilise des outils pour ses besoins, c’est une compréhension à partir du sujet de la science, du sujet objectif, vide et morne, qui mène une connaissance objectiviste de notre être).

De même Hegel qui décrit patiemment le devenir de cet être étrange : la négativité en marche.

La philosophie gardant en mémoire son ancienne ambition, éprouve un mal fou à discerner de quoi elle retourne en son interrogation ; ça part en tous sens, faut-il le dire ? Mais est-ce exact ?

Si l’on sort de l’ambition d’établir un discours étal qui exprime ou représente toute la réalité en une fois compréhensible et qui discours se comprend lui-même, sait pourquoi il est la connaissance de ce qui est, on se heurte à l’impossibilité de dire quoi que ce soit ; sauf si précisément on s’aperçoit qu’alentour, autour, en contrepoint ou au préalable de tout discours, la philosophie depuis longtemps sait manier la raison afin de représenter l’irreprésentable, afin de montrer, exposer notre être (en tant donc qu’il est l’origine de tout discours).

Admettre la raison comme moyen au service de notre être n’est pas sans problème ; puisque cet être si il n’est pas « trié » par le rationnel, devient situable ici ou là, on ne sait trop et chacun peut y aller de sa propre illusion. Excepté que si cet être peut user du rationnel, c’est que bien qu’existant antérieurement au rationnel, il en est capable, c’est en sa capacité, en sorte que se décrire rationnellement (en un discours cohérent et adéquat à son objet, lui-même) et y avancer sans incohérence ni absurdité ou sans que son propos dépasse la rationalisation, cela signifie que cet être est bel et bien antérieur à la raison, d’une part, et qu’il la supporte (au sens de la subir adéquatement et qu’il en est supporter et fan).

L’ontologie de cet être-çi

Que cet être admette la rationalisation, qu’elle soit non plus métaphysique mais ontologique (ou objectiviste supportant cette fois les sciences, naturelles ou humaines, qui se débutent d’un sujet abstrait mais sujet néanmoins qui se tient extérieur et certain de son unité abstraite), signifie que la concrétion, la réalité de cet être est parvenu à sa propre conscience de soi et que son « se savoir » (en l’occurrence pour nous cartésien, mais c’est en partie illustratif) est la raison même qui non plus se projette mais se creuse, atteint son être même et qui donc change de matricule, change de dénomination ; au lieu de raison et métaphysique, cela se révèle ontologique et réflexif.

Ce qui éclaire autrement ce qui métaphysiquement désirait le discours complet total. La nomination de l’être n’est pas la substance (qui serait l’objet d’un discours), mais est constamment la positon de l’être comme surface existant en soi dont la conscience-de (cette surface) en est la réflexion.

Ainsi ce qui compte est ce qui agit. L’activité de la conscience à la surface de l’être.

L'augmentation de notre être

De même certes la métaphysique se donnait comme contemplation ; ce qui signifie extraire des différences jusqu’à obtenir des séries (idées) et exposer l’idée de ces idées ; argumentant d’une part la compréhensibilité (des choses via les idées) et la compréhensivité, soit donc l’idée en ce qu’elle produit les idées qui produisent les choses, qui sont les raisons d’être telles plutôt que telles.

L’essence est ce qui cause les choses, et l’essence est idée (de fait elle est réellement l’universalisation des différences des choses, universalisation qui nous donne tous les chiens en l’idée unique de Chien, alors même que l’on n’a rencontré que tel ou tel chien réel). Il n’est donc pas absurde d’extrapoler de l’universalisation qu’il y ait l’universelle idée des idées ainsi que les idées elles-mêmes comme règles des choses et des choses multiples.

Mais accéder à l’universalisation (qui ne s’était jamais rencontrée non pas comme telle ; le langage universalise de fait ; mais en tant que systématiquement universalisante ; les grecs inventent de systématiser) s’est s’adjoindre l’augmentation considérable à son pauvre vécu individuel limité immédiat, la capacité de saisir tout, même ce que l’on n’a pas rencontré. De sorte que émergeant de l’individuel limité, on parvient à se rendre adéquat à l’ensemble (que du point de vue individuel on ne perçoit pas, et connait encore moins), et conformer l’action ou l’activité, le devenir ou notre être donc tout entier, via notre pensée, au roulement du monde.

On aboutit ainsi à réguler non plus n’importe comment ou au petit bonheur, notre être dans le monde, mais en en possédant les raisons d’être.

Il est de la sorte non pas seulement une contemplation du vrai pour lui-même, mais l’adéquation de notre capacité à tout ce qui arrive dans le monde. Autrement dit une certaine forme d’activité adéquate (extrêmement complète et non limitée) qui ne rompt pas le monde, ni ne nous démolit ou désespère ; cette adéquation est plus qu’une contemplation, serait-elle contemplation intellective (des idées et de l’idée) mais mérite amplement qu’elle soit ontologique, ce qui veut dire structurelle ; elle réalise notre-être, le rend réel dans le réel. Mais via l’universel.

Il n’est donc pas de distinction fondamentale entre l’être grec et le devenir sujet cartésien ; dans les deux cas la réflexivité, et s’appliquant, de l’universel, à l’origine de cet universel : le rapport.

L'exploration ontologique

Le rapport plus qu’universel s’installe, littéralement, sur le monde avec Descartes ; il est action et activité sur le monde, là. C’est non aux idées des différences que l’on s’en prend, mais aux mesures des choses, d’une part et d’autre part à la manipulation de notre être par lui-même, méthodiquement.

Ce que l’on nomme le sujet de la science, cet être abstrait, ce regard vide, n’est pas relatif seulement à la science, mais est littéralement ce qui est creusé suite à Descartes ; il s’explore et étourdissant, il produit sa, ses descriptions, ses êtres au monde mais aussi son être en propre, isolément du monde, de tout monde. C’est une entreprise « objective » qui s’impose partout ; le dit sujet (inidentifiable mais qui se précise de l’attentionnalité cartésienne à l’intentionnalité husserlienne) est ce qui use intégralement de ce qu’il peut (sa puissance) afin de décrire rationnellement son être.

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La source antérieure

14 Juillet 2013, 11:19am

Publié par pascal doyelle

Puisque l’être de conscience surgit vraisemblablement de la cervelle, il embraie immédiatement sur le donné : qu’il considère tout naturellement et quasi logiquement comme donné tel quel, et en accepte les augures de sorte à en bricoler des synthèses qu’il articule, organise dans et par la parole. L’échange est donc fondamentalement la transmission et des objets et êtres et des paroles à l’intérieur d’un groupe qui synthétise, enlumine son donné naturel qui par conséquent est dés le début non plus naturel mais construit et pris dans une réflexivité que l’on qualifie d’immédiate (par opposition à ce qui suivra, bien qu’il n’y ait pas d’opposition réelle et bine que cette immédiateté soit déjà non immédiate mais réfléchie : toute conscience mène une réflexivité sur un donné).

Il arrive donc que par-dessus les mondes humains articulés par la parole d’un groupe (qui se préserve et préserve avant tout ses échanges et sacralise absolument sa parole, puisque sans cette communication tout s’effondre), il arrive en quelques localités une réflexivité accrue ; celle qui permet de dépasser le langage en formulant le langage universel qui vaut pour tous les mondes et se dirige vers le monde unique commun, soit donc l’universel grec. Mais il se développe le refus de quelques consciences qui n’admettent plus de subir leur propre immédiateté et engage toute conscience dans la libération et la supériorité indissoluble de la conscience indéfinie, libérée, en recevant qu’il existe la dernière conscience, celle qui reprend vos consciences prises dans le vécu, et celle qui réunit les unes et les autres consciences en une fois supposée (la communauté en esprit, soit donc le saint esprit, dixit).

Ces deux réflexivités qui articulent donc autrement la et les consciences, autrement sur le monde unique universel, produisent une gigantesque acculturation et formulent une a-civilisation ; une culture et une civilisation qui n’est plus liée à une localisation ni à un groupe. Ceci constituant l’humanisation généralisée qui sera suivit par la personnalisation comme devenir concret et réel de cette humanisation.

Les deux réflexivités (universelle et de dernière conscience, qui seront reprises selon les deux modes ontologiques ; Sartre comme ontologie objective, tout est exposé dans le monde, et Nietzsche comme ontologie subjective, l’unité a priori, hors de tout monde et hors du monde lui-même du sujet) ont lancé dans la réalisation, dans la production humaine, le mécanisme pur et simple de la conscience-de.

Puisque ce mécanisme est vide, il ne pourra se satisfaire d’aucune solution ; toute représentation est partielle ou dérivée, mais aucune ne peut déduire notre-être dé-couvert, à nu.

Mais pourtant la philosophie possède déjà tout au long de sa trajectoire la réponse interne : la philosophie ne vise pas l’unité au-devant qui nous révélerait, elle n’est pas fascinée par un objet, fut-il l’objet absolu d’une connaissance de tout en un discours clos. Dès la début la philosophie est réflexivité (reprenant de plein fouet cela même qui travaille l’humain, ça n’est pas une coïncidence si la philosophie réfléchit et que les deux révolutions internes sont dites réflexives, grecque et chrétienne ; la philosophie est dès le début cette articulation là).

La pensée de /sur l’être n’est pas fascinée par son objet mais l’entretien selon des conditions ; de cohérence. Autant dire que l’être est une surface vide, un contenu absent, un rien dont on prédispose. La pensée elle-même entretient son vide interne ; ce qui est non plus désiré et posé « là », mais retenu et suspendu à ses conditions de validité, est un morcellement ; une intentionnalité stoppée, arrêtée, annulée elle-même, qui n’accepte pas tel ou tel objet, mais le décloisonne, le compartimente, le réduit en éléments. Dès le début la philosophie est dans l’arrêt de toute intentionnalité suspendue hors du monde, du donné, du vécu ; elle stationne et laisse ouvert l’espace et le temps de cette suspension.

Cela produit des réalisations ; on connait celles de l’universel grec comme universalités (esthétique, politique, éthique, idéel), et celles du christianisme (désengagements de mes consciences prises dans le vécu et le donné, libération en une seule indéfiniment reportée, et réunion des unes et des autres consciences en l’esprit qui regarde et libéré ceux qui sont dans le monde). Ce sont non pas des donnés là, mais des articulations, réfléchies qui n’existent qu’en réflexion et donc ouvrent d’elles-mêmes le gouffre de conscience (qui formelle n’appartient à rien, ni ne se représente adéquatement, ni ne se satisfait).

Dès le début la philosophie tente de manifester, d’exprimer, de représenter l’irreprésentable ; de remonter des réalités ou réalisations humaines, à la condition, l’antériorité de ce qui se présente et de donne comme monde, donné, vécu.

Cela soumet l’ensemble à cette logique : la finalité de ce qui est, n’est pas posée au-devant de nous, mais il est possible de se tenir dans la source. La source ne prescrit rien de ce qui arrive, de ce qui se déroule ; elle se déverse et lance toute la réalité ou la réalisation, mais rien n’es écrit ni déductible.

Or l’universalité comme la dernière conscience tentaient de contrôler notre-être (ou l’être de tout ce qui est) ; la connaissance ou la dernière conscience essayaient de contrôler la réalisation en présupposant les ou la finalité (le bien ou dieu). Si la finalité n’est pas saisissable, par contre l’antériorité est accessible ; il ne faut pas s’avancer au-devant ou plus exactement les avancées au-devant n’ont de raison d’être qu’antérieures comme déploiement de l’être préalable, de la structure agissante.

Si elle est accessible, l’antériorité nous soumet à sa logique retorse ; puisque la source n’apparait pas, elle doit être reconstituée à partir de ce qui se présente à nous ; soit la réalisation humaine (l’humain produit des réalités) et soit la réalité (la réalité est et n’est qu’un monde déterminé, un donné présenté, un vécu existant).

Ce sont déjà les antériorités que développent ou plutôt enveloppent les deux réflexivités grecque et chrétienne ; cela se suppose en grande partie comme finalité, au-devant, (dieu ou le bien), mais qui ne voient qu’en même temps il est une antériorité devinée, un être à rebours qui se remonte (à partir du donné) vers sa source ?

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Le sujet est au-dessus du moi

11 Juillet 2013, 15:39pm

Publié par zwardoz

L'incarcération du moi dans le monde tel qu'en l'état

Il est bien clair que de confondre le sujet et le moi permet aux idéologies d’anéantir les devenirs possibles en surnombre et identifiant notre être à un « moi » de le déterminer. Ce que d’un sujet il serait impossible.
Tout nous incline à n’adopter comme point de vue que celui limité d’un ego psychologique dont les finalités sont intérieures et dont l’intériorité en fin de compte est basée sur le corps ; autrement dit le bonheur.
Or le bonheur on ne peut pas se le représenter, sinon d’accrocher des déterminations aux déterminations, et il n’est de déterminations réelles que celles du monde, lequel n’est considérable que d’un corps. Ce sont donc des devenirs à finalité essentiellement naturalistes ; que ce naturalisme se définisse selon le corps physiologique ou que qu’il se reconsidère selon une identité psychologique, dont tous les éléments sont ici dans le monde, le donné, le vécu.


Or si le sujet n’est pas le moi, alors de fait il est seul à savoir ce qu’il peut ou veut ; si il est sujet, la détermination selon le monde, le donné ou le vécu, ne joue plus ; puisque le sujet est ce qui embarque plus ou moins, et ne serait-ce que minimalement, la détermination dans un horizon ; un horizon intentionnel. Le sujet n’est pas en soi, mais est l’horizon reculé indéfiniment qui déracine les déterminations, et annule l’exclusivité de toute identité et donc de tout moi.
La question n’est pas de remplacer le moi par le sujet, ce qui n’aurait aucun sens. Un sujet est une structure et non pas une identité quelle qu’elle soit. Mais que dans le moi il y ait la possibilité du sujet ; et qui plus est de chacun, son sujet.


Le sujet n’est pas non plus une sorte d’homme générique de haute plus ou moins volée ; ce serait annuler le moi et l’individualité, ce qui est absurde (aucune humanisation conséquente ne peut plus se passer de la complexité de l’individualité, à moins que par les (mauvais) temps qui courent, il faille recourir à une universalisation nivelante qui permette de réguler les excès, ce qui ne serait guère étonnant).


Le sujet est ce qui en chaque moi, donne à ce moi accès aux devenirs du sujet.
La mauvaiseté ambiante veut que non seulement la pensée mais l’universalité elle-même soit répudiée ; c’est que l’universalité si elle était appliquée (de par les constitutions même des sociétés) forcerait à un partage et une redistribution et même une distribution de la Richesse (au lieu que cette richesse est privatisée à l’excès et que donc les avenirs rendus possibles par cette richesse fabuleuse sont annulés et probablement annihilés à jamais, ne serait que physiquement ne quantité d’énergie disponible par exemple). Rappelons que l’universalité se fondait en horizon au partage égal entre tous du vrai, du bien et du beau, mais c’est illustrativement ; le partage Est la fondation même de l’universel humain.
L’universalité annulée, il est également la poisse qui colle aux corps et par laquelle glue chaque moi est immergé dans son corps ; c’est son tombeau comme on dit. Et il le croit. Ce qui repousse radicalement l’intentionnalisation chrétienne ou pour le dire autrement le recul de la dernière conscience possible indéfinie, soit donc la libération mentale elle-même : non que le devenir corps qui s’est installé soit néfaste mais l’attachement exclusif au devenir corps n’a pas de signification structurelle si elle ne libère pas en effet le sujet.
Or le contraire de la libération est l’incarcération du sujet en un corps de déterminations ; et il n’existe en fait de détermination que dans une société humaine en cette perspective, et en cette société humaine il n’existe que les échanges. Tout corps est donc assujetti aux échanges. Comme on voit on connait effectivement ce mouvement qui s’est révélé dans toute son ampleur et installé partout et en tout. La monétarisation n’est pas en soi la vérité, la vérité universelle est l »échange en ce que seul l’échange détermine.


Il est évident que la détermination est en elle-même bien plus vaste et profonde et démultipliée que la restriction abêtissante qui submerge les mois et leurs corps. Il est clair également que le moi, après tout, est bien plus important que sa réduction aux images incarcératrice du moi tel que sociétalement représenté. Et de même il est évident que le sujet est incomparablement plus étendu et un que ces figures limitées des mois aussi libérés soient-ils (et une part ces libérations sont adéquates, sauf que tirées, ces libérations mêmes, en une traduction extérieure).


Le sujet quand à lui peut s’offrir une telle pluralité de devenirs qu’il pourrait tout à fait se passer de tout monde humain et de tout progrès et abandonner là ce monde pseudo universel et pseudo unique (en sa version naturaliste libérale ou communiste ou corporelle), sauf qu’en tant que sujet il ne peut que vouloir reprendre absolument ce dont il est issu ; à savoir les extases.
L’extase universelle est son expression, l’extase du devenir conscience indéfinie est son expression, les extases de première conscience (Descartes), conscience première et de conscience existentielle ontologique sont ses incrustations réelles.
Si un sujet est arcboutant en ces structures, un moi est finalisé selon son identité et son corps.

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