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instants philosophie

Rassembler l’éternité

29 Avril 2017, 10:30am

Publié par pascal doyelle

Les trois Faits majeurs

On avancera donc que techniquement, parce que notre être, ou plus exactement la structure de base dont nos identités sont les effets, parce que notre être structurel est une technologie inventée par le donné, le monde, de telle sorte que l’arc de conscience soit accroché au réel sous la forme universelle, et singulière, qu’est le présent,

on avancera que techniquement donc autour de la méditerranée cette structure de conscience se découvre, comme la mer se retire, que les mondes particuliers s’épuisent et qu’apparait, dans le monde, la nécessité de représenter la dite structure qui ne se représente pas ; elle ne se représente pas, ce qui veut dire qu’aucun contenu, aucun mot, aucun représentation ne peut la contenir, 

elle ne se représente mais elle se signifie ; puisque si elle ne tient pas dans des contenus, du langage, par contre tout arc de conscience peut signifier cette structure ; la pensée, dieu, le christique, le sujet ou l’altérité n’existent dans le faisceau intentionnel que par l'activisme de telle conscience (conversion, basculement, epoche structurelle, cogito, auto affirmation nietzschéenne, nausée sartrienne, etc)

Le fait majeur consistait en cette conversion vers l’universel, qui obligeait chacun à se redistribuer dans l’universalisation, l’idée, le système, la vérité comme champ nouveau d’expérimentation, qui bouleversât les grecs, à surintentionnalilser en plus du langage commun et d'expérimenter selon la nouvelle augmentation qui décuple l'intentionnalisation du monde donné là.

Mais il fut concurrencé par cet autre Fait, si absolument singulier et pourtant unanimement partagé ; qu’il existe et n’existe que des sujets , un par un, tous cartésiens, et dont la singularité n’empêche en aucune manière de tenir l’universalité, et que la structure singulière du sujet est, littéralement, cela même qui propage l’universel ; Descartes découvre, dé-couvre, enlève la couverture pour ainsi dire, du sujet, et manifeste l’origine de la pensée ; que la pensée ait une origine il faut comprendre que ça ne signifie en rien que cette origine soit contradictoire d’avec l’universel ; c’est parce que l’origine de la pensée est ce sujet qu’il y a pensée, et qu'il faut alors réinterpréter la pensée comme s’originant dans une structure, antérieure, mais antérieur ontologiquement (cad qui ne soumet la pensée à la causalité mais qui attire la pensée, ce que perçoit bien Kant qui crée le noumène non pour faire joli mais parce que structurellement la pensée kantienne est fondée dans et par l’aperçu de cette origine antérieure).

Si l’on suit bien il est un approfondissent dans l’inépaisseur de la structure (elle n’est pas du monde, n’est pas déterminée), qui replie, re-tourne en quelque sorte la réflexivité de la pensée, vers l’origine de la pensée (ce que l’on nomme le sujet, au sens donc où dieu est sujet, la-pensée est sujet, René Descartes est sujet) et qui replie ce sujet lui-même (qui contient et admet toute la pensée, et qui plus est sujet qui permet de redéployer à nouveau la réflexivité d’encore plus loin), et qui re-tourne le dit sujet vers un troisième Fait majeur ; à savoir l’exister.

Universel, sujet, exister

Trois faits qui extériorisent l’acte de conscience et le sortent de tout contenu. Trois faits qui dressent la présence du réel comme dimension qui se tient et surtout à partir de la paroi duquel tout est tracté, tracté par l’au-devant, par le présent.

La pensée, le sujet, l’altérité se tiennent là au-devant, impliquent l’actualisation de tout ce qui peut exister intégralement ; dresser la paroi structurelle du présent c’est soulever le monde, le donné, le vécu, le corps.Puisque le donné là est instancié par le "là" du donné, le monde par le point que fut l'être, puis le sujet, puis l'exister et l'ensemble formulent les mouvements transcendants dans l'immanence, au sens où il n'est d'immanence que par et dans la transcendance du présent activiste ; c'est le présent, et donc tout ce qui est, qui se réfléchit. Tout est entièrement transcendant, tout est le mouvement-même.

L’autre dénomination de l’exister est l’altérité ou plus exactement ce par quoi on repère l’exister ce fut l’altérité ; la volonté nietzschéenne (qui dit littéralement que l’autre est en nous, antérieur à nous), l’Etre heideggérien, qui dit que nous sommes immergés dans l’altérité qui exige de nous (on ne sait toujours pas quoi), et enfin les deux analytiques sartrienne et lacanienne qui examine consciencieusement tous les aspects de cette structure neutre, vide, formelle, ce mécanisme effarant et effrayant de l’arc de conscience ( soit en externe comme Sartre soit en interne comme Lacan, mais qui les deux exposent clairement l’externe radical ; tout est autre, tout est extériorisé, tout est susceptible d’être exposé, sauf l’arc lui-même, l’interne du sujet est inaccessible, même pour lui-même, sinon il serait une partie du monde, on y reviendra, et c’est pour cela qu’il est libre en une manière très précise).

Trois faits majeurs ; l’universel, la pensée ; le sujet (dieu le christique Descartes) ; l’altérité (le « là »  réel dans lequel existent ces sujets, un par un). La dénomination de l’altérité comme exister est particulièrement cruciale comme « existence ». À savoir, oui sans doute le système hégélien est la totalité de la pensée, mais il n’empêche qu’ensuite « on existe encore » et que cela n’a rien à voir… L’existence est en plus.

Et répétons que ce dépassement de la pensée ne signifie pas que l’on nie la pensée puisque l’on découvre, depuis Descartes, la structure qui permet et existe antérieurement à la pensée. Non pas qui est dans le monde, mais qui existe dans la dimension du réel, avant le monde.

Par quoi on doit avancer que le système hégélien expose non la Pensée (qui serait comme l’horizon ultime de toutes les réalités et de toutes les intentions, ce qui n’a pas grand sens réel) mais que le système hégélien est le rassemblement de toute la phénoménologie qui l’a précédé ; c'st en cela qu'elle nous parle tellement, elle est presque toute quasiment vraie de ce qu'elle expose de notre activisme, tout comme descartes nous montre encore l'arc bouté au réel, d'une part dieu et la verticalité structurelle et d'autre part l'étendue monde ; la phénoménologie de l’esprit est tout autant la phénoménologie du Savoir absolu (en somme il n’est de « dialectique » que de passer d’une conscience à l’autre et non pas en soi ; la réalité n’est pas dialectique, mais les déplacement de conscience peuvent ressembler à quelque chose comme à une dialectique, et encore le mouvement de conscience est plus ample que cette mise en forme, pourtant bien sentie).

De même que le mouvement de réflexivité est le retour sur le donné « là », et sur cette structure qui découvre peu à peu qu’elle est surintentionnalisation (idées et systèmes), sujet (christique et cartésien) et dimension de l’altérité (l’exister et le réel),

de même il s’agit de réintégrer l’ensemble tous les devenirs, puisque ceux-ci ne concernent pas seulement des devenirs de contenus, mais des possibilités structurelles ou plutôt les variations autour et par la structure « arc de conscience » en tant qu’elle veut atteindre le réel dans et par l’articulation qui est-là ; autrement dit l’aperçu du Un plotinien ou celui du dieu Un tout-autre, ou le sujet supposé cartésien ou kantien ou la structure de conscience travaillant le corps de Lacan, c’est la même. C’est le même « sujet », au sens non pas subjectiviste du tout, mais hyper objectiviste ; la philosophie depuis le début nous entretient d’une structure effective réellement existante et forcément indépendamment de tous les contenus.

Pour schématiser ; la conscience n’est pas le conscient et le sujet n’est pas la pensée, mais la conscience et le sujet relève d’une cohérence plus grande et d’une forme plus indéfectible que la pensée et le conscient, livrés au monde, qui comme chacun sait, tombe.

Ce fut un tort considérable mais compréhensible (et utile) de réduire la pensée à la raison et le sujet au moi et le Un (dieu) à la nature. Mais l’idée même que l’arc de conscience soit un contenu ; un moi, une identité, un système ; que même il soit le langage ou le corps est absurde ; c’est parce qu’il y a un arc de conscience tendu vers le réel qu’existent un langage, une pensée, une surface autre du corps, ou telle ou telle identité posée dans le monde ; l’arc crée l’horizon sous lequel viennent fonctionner ces langages ou ces identités ces corps.

Et rappelons que l’arc de conscience sort la cervelle vers la position du réel donné « là », et lorsqu’il revient il produit une surface, une surface Autre du corps, et sur cette surface viennent se marquer les signes, et, étendue, cette surface-autre du corps est l’enjeu décisif de tout vécu et de toute l’historicité : soit cette surface retourne, retombe dans le monde donné là, soit cette surface est hyper étendue par le Point-Autre du « là » tout court, du « là » par delà tous les donnés, toutes les déterminations, indiquant en ceci que cette hypertension permet la re/structure des signes et, alors, formuler d’autres possibilités, qui ne s’éteignent pas dans la tombée du monde, du vécu, du corps ; par laquelle extension l'arc surnage, émerge par hyper intentionnalisation et existe en plus, modifiant le corps donné.

Ou donc ; lorsque les signes sont tendus seulement vers et par le monde donné, ils tombent dans le donné et ne sont plus en mesure d’être repris par d’autres arc de conscience (ils s’épuisent dans l’immédiateté dont ils sont issus et à laquelle ils reviennent, en laquelle ils ont disposé un pseudo Point). Lorsque les signes sont tendus par le réel, tout arc qui suivra sera en mesure de retrouver la trace, le signe, l’image et de réintégrer, par delà, l’articulation de structure ; par delà l’immédiat, ce qui veut dire en plus de l’immédiat, étant ce par quoi l’immédiat, le monde, se situent, sont situés : soit selon le Un, selon la pensée, le sujet ou l’altérité. Par delà l’immédiat ne veut plus dire en un autre monde, pour la raison que cela n’a jamais signifié cet au-delà abstrait ou éthéré ; les idées platoniciennes, le christique qui intentionnalise en plus de la mort, le sujet qui dresse la verticalité dans l’horizon de l’étendue augmentent ce donné et ce corps.

Enregistrés sur la paroi du présent les signes resteront les signes, le sens du monde, le sens de la réalité, et tous ceux qui connurent les signes seront nôtres.

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La vérité est le réel

26 Avril 2017, 16:00pm

Publié par pascal doyelle

Il est parfaitement inutile de prétendre que la vérité n’existe pas ; pour la raison que la vérité est le réel et que le réel est partout. Et que de toute façon quoi que l’on fasse on n’y échappe pas, jamais. Par exemple pour illustrer ; même assumant une position réactionnaire, cette réaction (Zemmour par ex), subit de fait et intégralement l’actualité, le présent, l’ici et maintenant ; l’ici et maintenant est l’enjeu. Autrement dit il est un fait, dressé, massif, du présent qui influe la totalité des consciences que l’on a, quand bien même croirait-on y échapper.

Dire que la vérité est le réel ça n’est pas du tout présenter le réel selon sa platitude, c’est au contraire signifier que le réel est déjà lui-même en « réflection » et que la philosophie à la fois introduit dans la réalité la « réflexion », et montre comme déjà cette réflection du réel le travaille ; si la réflexion philosophique influe sur la réalité, c’est qu’elle reprend l’articulation réelle qui y opère (sinon la philosophie serait effectivement cette caricature de parler dans le vide, l’abstrait, l’anhistorique, au lieu que précisément elle fut constamment activiste et provocatrice, et permît même d’engendrer l’historicité).

Sorti de là tout serait inexplicable ; il faut supposer qu’il est une logique spécifique et qu’aucune position de conscience ne soit jamais livrée au hasard, ce qui ne signifie pas qu’il soit à l’œuvre une logique de contenu, puisque précisément c’est une logique de structure ; la structure, située dans le réel, sur le réel (depuis la méditerranée des grecs et du christique) avance dans/sur le réel. Les systèmes n'assurent pas un corpus mais règlent des positions sur le réel, la même structure (de conscience) sur le réel (unique).

C’est la même problématique, au fond, qui consiste à croire que l’occidentalisation impose un super contenu alors que l’occidentalisation, qui outrepasse l’occident tel quel, est la description, l’invention d’un système formel par-dessus et en plus de tous les contenus. Entre autre à imposer la liberté, ce qui est ne pas imposer du tout.  

Et ceci, que le réel est en réflection (que la pensée doit augmenter en réflexion), est important, essentiel, fondamental jusque dans la psychologie de chaque moi… Par l’actualité du présent tout corps est infiniment concerné (puisque le seul infini constatable est l’exister). Les corps furent bouleversés par le rock ou le pop rock, ou par jadis le cinéma, ou autrefois par la littérature ou évidemment bouleversés par et pour la Révolution. Chaque arc de conscience subit, admet, adule fondamentalement les actes de consciences qui eurent lieu, et chaque arc nouveau s’impose par vagues, souvent diverses et variées, dans l’historicité même, dans le temps, ce qui signifie en et partout.

La philosophie (qui est la discipline qui se charge de penser ce qui arrive à l’humain autour de la méditerranée, à savoir que l’on passe du contenu de conscience à cette structure qu’est l’arc de conscience, soit donc l’intentionnalisation du monde par les grecs qui outrepasse les groupes, les mondes humains, les cultures (et se dit donc universel) et soit par ailleurs l’intentionnalisation de l’individu, du corps, par le christique, qui se tient hors-monde et hors corps, du point-autre qui ne meurt pas),

la philosophie donc a rendu manifeste l’arc de conscience arcbouté au réel, en élaborant la structure qu’opère cette dimension ; laquelle a surgi dans l’histoire, créant donc sa propre historicité, on peut dire créant l’historicité même puisque cette fois c’est la forme qui devient et non plus le contenu. Sans doute croit-on que la pensée, dieu, le christique, le sujet et même l’altérité (la Volonté ou l’Etre par ex) se désignent comme contenus mais c’est faux ; ce sont des approches de la forme qui, de toute manière, ne passe pas dans la réalité et se tient comme réel (de cette réalité), d'où l'articulation complexe et même distordue que génère et qu'impose la philosophie, la pensée, mais aussi l'universel et la liberté ; aussi l’occidentalisation épuise tous les contenus qu’elle propose puisque sa certitude est celle de la forme. Et si cette articulation est distordue, c'est que notre être ou la structure de notre exister est en elle-même tordue en et par l'altérité ; le réel est déjà Autre. C'est la nature, la qualification de cette altérité, sa logique, sa forme, ses enjeux, ses possibilités, qu'explorent les philosophies, à la jointure(s) de ce qui est (le monde) et ce qui n'est pas (mais qui Existe, la dimension du réel, la finesse, inépaisseur du Bord du monde et du corps).

L’occidentalisation n’est rien d’autre que la mise en avant de ce qui auparavant était recouvert par tel ou tel contenu, tel monde humain dit « particulier » (pour la distinction et bien que tous les mondes soient articulés par le même arc) et durent tous basculer dans le monde donné là, universel et tenu, ce monde de déterminations, par le seul « là », la position que « le réel il y a », et admettre la forme antérieure à tout monde ; que chacun est un arc tendu vers le monde via le réel. 

Monde unique universel tenu par le « là » et par chaque arc de conscience. Il ne faut donc pas interpréter la raison, l’humanisme, l’individualisme, la liberté, le sujet, etc comme tel un super contenu impérialiste (bien qu’ils aient été utilisés comme tels), mais comme les effets d’une mise en structure, une instruction au sens propre, de l’acte de conscience ; instruction, in-formation qui permet de renvoyer chaque conscience à son arc propre.

Ce que signifie concrètement la Révolution ; non pas le renvoi à la raison de chacun (à la raison comme contenu, corpus, tout fait) mais à la raison de chacun comme jugement et disponibilité pour et par la liberté ; de sorte que c’est bien plus que l’humanisme et la nature et la raison qui est mis en jeu ; à savoir c'est  le « sujet » au sens structurel. Soit donc : la Révolution a pour finalité de non pas produire du sujet (comme l’hypothèse communiste) mais de rendre possible que ces sujets apparaissent (à eux-mêmes et les uns avec les autres).

Il est clair que l’auto production de ces sujets est considérablement difficile et réclame une telle mise en œuvre que l’on ne peut la comprendre que si l’on ajoute ; les sujets ne sont atteints, par eux-mêmes, que via leur corps (et la profusion des Images de (soi)) ; étant entendu que le moi est l’interface entre le sujet, dimensionnel, et le corps ; que la finalité ou le moyen augmenté du sujet est l’autre surface du corps, le corps-autre, le corps qui n’obéit plus à la loi de satisfaction immédiate (qui reste le fondement de la révolution comme « idée neuve en Europe », mais se devait d’être le moyen, la première étape impérative du sujet possible, et qui est devenu l’horizon bouché, total, forcé de tout vécu, horizon qui ne se réalisera jamais).

Dieu, la pensée, le christique, le sujet, l’altérité mais tout autant la traduction des configurations dans ces figurations que sont la raison (remplaçant la pensée), la nature (dieu), l’humanisme et le moi (le sujet) s’en sont pris  d’une part au donné là, et d’autre part au « là » du donné ; cad à la structure du réel. Les figurations nature-raison-moi ne sont pas des contenus, des composés ; ce sont des organisationnels, très complexes à mettre en oeuvre (celle que l'on admire des créateurs, des artistes, des éthiques, de l'idéal de révolution, etc)

Ou donc ; depuis la méditerranée, avec l’intervention de dieu dans l’historicité juive, du christ dans le Corps (le fameux Corps du Christ…), du tout-apparaitre grec du monde qui recueille et augmente considérablement la conscience que l’on a et que l’on est (de ce que l’on a) du monde, depuis nous sommes sur le Bord, sur le présent pur et dur, sur le Bord et dons nous sommes le mouvement même. Quoi que l’on fasse et puisque nous avons quitté les mondes cycliques et saisonniers, nous sommes l’historicité même, le temps. Le Temps.

De sorte que toutes les positions, cad les philosophies, sont vraies ; vraies à partir d’un certain degré d’intensité ou d’extension (au fond même les pires plagiats ou les plus obtus rétrogrades parlent selon un point toujours nouveau du temps ; on ne défend pas le catholicisme ou le marxisme en 2017 comme en 1950, à chaque fois le kaléidoscope s’est déplacé, les glissements selon les chocs ou pulsant les vagues et les horizons se modifiant, mais, remarquons, le kaléidoscope est le seul : il n’y en a qu’un).

La question n’est pas de choisir entre telle position ou telle autre, mais est ; comment peut-on comprendre l’ensemble de toutes les positions ? Ça n’est pas la vérité qui a manqué c’est notre défaut d’interprétation, de compréhension des résultats, des centaines, des milliers de résultats et ce non seulement depuis la méditerranée, durant la chrétienté, au cours de la renaissance, à partir de Descartes jusque Lacan, et de la révolution, ou de Rimbaud, mais au travers de toutes les civilisations et mondes humains ; tous sont portés par un seul mini »système », un mécanisme, l’arc de conscience arcbouté au réel.

Il y eut des milliers de résultats. Ils prennent des noms ; Newton, Mozart, Mélenchon (!). Et on ne signale que ces noms parce que ce qui affecte les noms ne s’affecte pas des faits (telle invention, telle découverte) en ceci qu’un nom va opérer une synthèse de son temps (comme on disait autrefois) ou plus exactement une analytique de son devenir, soit donc de sa position ; sa saisie intégrale, de tout son corps, pour faire vite, de toute sa position et ce de telle sorte qu’un autre corps, plus tard, pourra faire fond de ce corps par le sien propre ; Nietzsche va relancer son corps, tout comme le christ a créé cet-autre-corps qu’il fut.

Ce que l’on doit nommer résultat ne délivre pas la Vérité, mais des positions ; non parce que l’on se satisferait de points subjectifs mais parce que ces positions sont la vérité, la vérité formelle, et infiniment positivement formelle, qui rend possible les possibilités suivantes, la forme même de la vérité (qu’elle existe) et parce que la vérité est le point activiste des sujets (que ce sujet soit dieu, le christ, la pensée, Descartes ou Nietzsche ; sujet est une technologie, la seule et unique qui ouvre toutes les autres). Il n’est aucun autre accès que d’accéder aux corps, un par un, et d’atteindre ces positions qui, elles, subirent et ont supporté et porté l’atteinte du réel ; si la vérité est le réel, ça n’est pas pour réduire la vérité au donné, mais parce que le réel est  réfléchi, est toujours-déjà réfléchi, et qu’il faut entrer dans cette réflection et ce par une réflexion ; parce que notre être est tel qu’il doit prendre sur lui-même la réflection en tant que réflexion. Par réflection on entend ; qui n’est en aucune manière un donné là inerte mais qui est déjà soi-même un retour ; si le présent est constitutif de tout ce qui est, alors rien n’est en repos, une inertie mais est-déjà le re-tour lui-même, le nouveau tour.

Si le réel est ce qui réfléchi (au sens de se voir et qui donc déjà est hors de lui-même, comme ces ADN qui se modifient de seulement percevoir leurs effets, le vivant déjà réfléchi) tout arc de conscience est « ce rapport qui doit prendre sur soi de s’affecter du donné », et si il ne peut plus seulement prendre le terme de réflection, c’est qu’il doit activer de par soi la réflexion ; réintégrer le mouvement dans ses identités. Or on a vu que le réel non pas subit l’altérité mais est constitué entièrement de l’altérité ; lorsque l’arc de conscience se prononce pour la réflexion (ce qu’il ne peut pas ne pas opérer ; les sociétés cycliques marquent l’absolu, quel qu’il soit, en et par lequel elles réfléchissent, se renvoient vers leur monde), se décidant pour la réflexion, l’arc met à jour et expose et active la réflexivité dans la plus grande précision possible et commence de dresser la forme même de l'exister ; non plus articulé sur l’absolu-au-delà mais sur le donné « là », sur et par le « là ».

La différence consistant en ce que le « là » ici et maintenant, l’ici-même des grecs et l’ici-et-maintenant du christique (qui bouleverse intégralement tout vécu, tout ce qui est en un vécu, un corps, une cervelle, qui est littéralement en-plus et autre, renvoyant au point-autre, le point par lequel on se regarde, hors le monde, hors le vécu, le point qui-n’est-pas-mort, de même que dieu est celui-intercale dans le temps humain, et accessoirement à créé le monde « de l’extérieur »), la différence est que si on instancie le « là », cela signifie que tout est ici même, pas ailleurs.

Qu’il est donc une cohérence et une perfection du donné là, du monde (grec), du corps (autre christique, qui est seul le vrai et réel Corps), du sujet qui est à-lui-même l’origine. C’est ce que signifie Descartes ; que le sujet se retourne, et qu’il se tourne à neuf vers le Un très étrange de son être décalé ; Descartes ce serait le réduire à une interprétation rationaliste réaliste, ou métaphysique et ancienne, ce que verra Kant qui continue le remodelage de l’acte de conscience dans le donné là, le réduire  que de ne pas voir qu’il restructure strictement l’arc, l’acte de conscience, cad la base même, le mécanisme, réflexif, fondamental, originel, de notre être). De fait, alors, la perfection n'est pas celle rêvée d'un contenu idéal, mais la perfection formelle qui se-veut. L'immanence est déjà de fait la transcendance telle quelle, intégralement.

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L’autre Point, l’autre effort

23 Avril 2017, 09:17am

Publié par pascal doyelle

Autrement dit celui qui ne souscrit pas, au minimum, à l’universalité, et qui croit que l’intérêt est le seul pivot du monde, perd son âme. Que l’âme existe ou non, il la perd. Il perd l’âme qu’il n’est pas.

C’est très précisément l’enjeu. Exister ce que l’on n’est pas, ce qui n’est nulle part dans le monde. Ici comme ailleurs et en tout temps la possibilité se joue entre l’affluence du monde, du donné, du vécu, et la régulation, aurait dit Kant, de ce monde, du vécu et du corps ; sauf qu’il ne s’agit pas seulement de la régulation de ce qui est, de la loi interne et supposée intérieure (à l’être, à l’organisation universelle du monde et du vécu), mais qu’il s’agit de la possibilité ; de l’invention. Et que cette invention n'est pas une partie ajoutée au monde, mais se tient de la structure du réel.

Ce qui se nommait régulation pour Kant (en ces temps en lesquels il fallait trouver le sens unique de l’histoire, de l’humanisation, et validement), nous le connaissons, depuis, comme création du chemin lui-même. Et ce chemin, si l’on suit que la personnalisation a suivi et poursuivi l’humanisation, ce chemin se produit, effectivement, pour chacun comme moi. Et l’on voit tellement que le moi est lui-même non seulement ce vécu et ce corps, ce qui est déjà considérable, mais toujours relié et relié à toute la surface du monde, du (même) monde ; il était destiné que l’humanisation puisse affecter la totalité des corps, l’ensemble de tous les arcs de conscience sur toute la surface de la planète.

Ce qui veut dire qu’il ne se peut pas, ne se pouvait pas que ce ne soit pas chacun des corps, un par un, séparément, qui reçoive la vision, la Vision, de tout l’ensemble, indépendamment et hors de sa communauté, de sa nation, de son peuple, de sa culture, du groupe affecté, de son langage, de son monde particulier. Mais aussi de son intérêt. Que tout soit re-lié, par la mass et puis la micro médiatisation puis médiation. 

Rien ne pourra modifier le problème ; soit on en reste à son intérêt particulier, égocentré, localisé, qui tente bon an mal an de réguler l’immédiateté et de prendre cette immédiateté pour le tout, soit on admet un filtre universel qui puisse rejeter tous les intérêts négligeables et négateurs de l’universel, l’intérêt universel.

Remarquons ; le filtre général de l’universel ne signifie pas que l’on sacrifie l’individualité (en quelque sens qu’on la comprenne), mais bien inversement que sans l’universel l’individualité n’est qu’immédiate et signifie peu, ou finalement ne signifie rien (sinon l’indéfini détermination du donné, lequel est destiné à disparaitre, entièrement). Rimbaud, ou un autre, n’est pas un baragouinage individuel, si Rimbaud est fondamental c’est qu’il est l’individualité compte tenu de l’universel ; l’universel n’est pas le rouleau compresseur qui écrase ni le moi, ni l’individualité mais ce qui les rend possible (et ce envers et contre tous ceux qui bien au chaud dans l’universalisation, croient arguer de leur super moïté opposée à l’humanisation, ou d’une individualité sauvage ou spontanée ou originale en elle-même ; tout cela n’existe pas, il n’est que la soumission la construction pour qu’au bout et en plus de la construction advienne l’individualité ; c’est ce que l’on nomme singularité ; ça n’a rien du tout de naturel ou de facile).

Que l’individualité ne soit possible qu’en plus de l’universel, compte tenu de celle-ci, devrait interroger quand même la compréhension ; cela veut dire que le réel n’est nullement spontané ni naturel, mais construit (pour les psychologies etc) ou plus exactement élaboré ; que donc tout le réel est une élaboration ; la réalité est en fonction du réel, qui existe ; l’énergie et les atomes, le vivant et l’humain culturel (jusqu’à la méditerranée, qui institue le groupe, le langage, chaque monde humain particulier, les échanges réglés, etc, puis l’au-delà de tout groupe, tout peuple, tout monde particulier, soit donc le monde universel avec la méditerranée) et que tout cela est une élaboration.

C’est en ceci que Nietzsche et Heidegger, qui s’approchent si fort du Bord (de l’altérité comme constitutive de la réalité, en hypothèse présupposée et saisie intuitivement, selon l’intuition subtile du structurel, le structurel étant rapport articulé au présent s'intuitionne) s’en remettent finalement à un idéalisme, un idéalisme non humain, autre, bizarre, et même incompréhensible (personne ne sait ce que veulent dire la Volonté ou l’Etre, ce sont des signifiants, sans signifié mais qu'ils, malheureusement, emplissent d'un tel signifié abscons, par lesquels ils supposent une marque ontologique, l’introduction de l’ontologie, et selon l’altérité, dans le monde-humain-naturel-subjectif de la raison commune, du sujet libre renié, le déni de l’universel) ; mais idéalisme qui ne pense pas son objectif, sa finalité, mais l’imagine, le rêve, le fusionne, le visionne en mage créateur de mondes ou en prophète de la vérité qui remplacera celle du judaïsme ; l’Etre heideggérien est une sorte d’hypertrophie de la Volonté nietzschéenne, au sens où Heidegger cherche selon la même sorte de logique, qui partant d’intuition structurelle réelle s’égarent dans une signifiance qui se rêve pleine, authentique, profuse.

Au lieu que la vraie et réelle signifiance ne signifie rien ; elle fait retour, nouveau tour, sur la signifiance même, et la relance. Cependant on voit par là que la signifiance vide, formelle, prend effectivement le vide de l’Etre, est effectivement la Pensée, est inscrite par l’affect troublant du « là », l'angoisse,  et prend également l’intentionnalisation de la Volonté, par quoi ce qui veut en nous n’est pas le conscient, mais une plus grande et Autre cohérence. Nietzsche et Heidegger explorent véritablement l'altérité, c'est leur finalité même.

Sartre et Lacan entreprendront tout à l’inverse ; d’analyser, rigoureusement, l’articulation ; de ne pas succomber à quelque idéalisme ou imagination que ce soit (même Sartre qui ré-écrit une sorte de marxisme comme sens de l’historicité supposé ; sous condition de ré-intégralement interpréter le marxisme, par une tentative d’une autre dialectique ; mais comme Sartre ne peut pas installer l'acte de conscience autrement que vide, il doit emprunter au donné une praxis mondaine, matérialiste ; pour lui qui "conscience" signifie non pas rapport vide mais rapport comme Structure est imposible).

Descartes le premier sait placer le pion fondamental, juste un pion, rien d ‘autre ; la méthode n’est pas d’abord une manière de fonder la pensée, c’est la possibilité d’inventer, l’ingénierie en somme, l’inventivité ; le « revenir à l’évidence qui nous tient tel quel dans le donné « là ». Découper les consciences que l’on a, pour relancer la conscience que l’on acte. Quitte ensuite à remonter encore d’autres cogitos, tel ou tel, kantien ou stirnérien, il y en aura à vrai dire des tas. Le système « cogito » est une technique, et une technique qui lance chaque fois des évidences sur le « là » et si le « là » obtient tant et tant de versions, pour ainsi dire, c’est que le « là » est originel, Descartes montre l'originel, tout entièrement articulé ici même ; l’originel est « ce qui prélude à tout le reste », autrement dit la forme, et la forme permet, de par sa nature même, de multiples variations ; la forme est la variabilité de la même (difficile et antérieure) structure ; on ne l’épuisera pas de sitôt ; puisque la forme antérieure est le présent et que le présent devient comme entrainant tout à sa suite ; rien n’échappe au présent.

On y perd l’âme que l’on n’a pas, mais de ce fait on ne s’en rend même pas compte ; parce dans le monde la réalité est toujours complète ou complètement là. C’est uniquement du point Autre qu’il existe un en-plus de réel. Ne pas chercher le plus, l’ajout, est en un sens un bonheur ; on arrange ce qui est donné là, selon son intérêt.

Lorsque la raison remplace la pensée, la nature remplace dieu et le moi remplace le sujet, on suppose a priori que tout est là, le donné explique le donné et il n’y rien de plus ; on pourra éventuellement admettre la Volonté ou l’Etre comme des sortes de trucs qui ouvrent, a priori, le monde donné humain naturaliste (en simulant une autre sorte d’objectivité, le vitalisme ambigu de la volonté, de la force ou en substituant à la raison la Pensée prophétique de H, qui remonte jusqu’antérieurement à Platon), mais si tout est, dans le monde, donné, c’est tout entièrement la réalité qui se bouche, se ferme (elle peut se produire tant et plus et non plus s’idéaliser comme pensée ou sujet ou dieu, mais elle se ferme à tout repérage structurel convaincu d’illusion). Les mois sont destinés à être heureux, point.

Ce qui est manifestement très bien, mais en vérité on doit être heureux afin de passer aux choses sérieuses, pas de s’en contenter ; de toute manière on ne s’en satisfera pas ; on n’est pas destiné à se satisfaire de cette sorte, ça n’est pas le « bonheur » qui est la finalité, le bonheur comme tout ce qui fut, très justement, inventé par les lumières, sont des moyens, des moyens qui apparaissent comme tels si l’on se place, parvient à se situer du point de vue autre, ce dont N et H, par leurs philosophies très bizarres, et très inhumaines, ont bien appréhendé, mais la Volonté et l’Etre sont encore des signifiants supposant des signifiés magiques : pas les analyses de Sartre et Lacan.

La vérité est donc qu’une fois acquis le bonheur (et le reste), autre chose entre en jeu. Cela même qui travaille les mois en débordement d’eux-mêmes (qui deviennent fous, se dépriment, s'angoissent, etc, le moi invente plein de contre-bonheurs), et les échanges et le fantasme de réalité que la finalité, maintenue, de la satisfaction comme pseudo finalité conserve en pseudo sens de la vie. Le bonheur ou donc comme on s’est aperçu que le bonheur n’y suffisait pas, le désir, comme renouvellement perpétuel du pseudo sens, fonctionnent en tant que nuage de consistance ; le bonheur est continuellement remis au goût du jour, selon l’indéfinitude du monde.

Evidemment l’autre direction, celle à partir du Point supérieur qui n’est pas, qui se situe dans l’exister (et l’exister est en fait ce à partir de quoi on situe tout le reste), ce Point n’est absolument pas une facilité ; la facilité c’est de suivre le cours du monde (dit réaliste, naturaliste, égologique ; aussi compliqué et tortueux et indéfiniment miroitant de cent mille sons et couleurs la continuité du monde comme il va, s’impose naturellement).

En somme le gel de l’historicité qui eut lieu à partir de la révolution, qui aurait du continuer sa structuration, et qui a déroulé un monde humain englouti dans son propre donné, qui aurait du continuer l’universalisation et tenir une personnalisation qui aurait pu « savoir y faire avec la structure » (au lieu d’en subir le contrecoup en chaque moi, déjanté, perdu, mal à l’aise, ourdi d’une vague angoisse ou de ruptures de l’intentionnalité catastrophique, et ce jusqu’à ce que les foules elles-mêmes se perdent, se perdent dans l’historicité, laissent dévorer l’historicité, cad le Point qui se tient au-devant, par le monde immédiat), le gel de l’historicité a perdu le sens du Point autre et ce devant la difficulté même ; il faudrait pour cela élaborer la structure comme étant le réel ; maintenir l’universalisation et percevoir en plus au-dessus, au-delà de l’universalisation, ne pas enferrer les mois dans leur nasse, ne pas figer les institutions dans le marbre pseudo historique (quasi sens de Debord) et, donc, ce qui est inventé, et créé, ça n’est pas autre chose que la structure du présent, qui autrement s'échappe dans le fantasme, la pseudo réalité ; comment organiser, prévoir l‘intentionnalisation, l’attention qui s'attache à l’attirance du présent ?

Ce qui revient à ceci ; actualiser, au lieu de répéter le monde fantasmatiquement. La précision de la réponse au donné réel.  Non seulement actualiser l’activité, l’activisme structurel dans le donné historique et continuer la révolution, mais dresser le visage même de la structure, dont on peut ajouter qu’il fut au moins l’être grec, dieu, le christique, le sujet, ou le surdivin de Rimbaud, jusqu’à la structure analysée par Sartre et Lacan ; c’est le schéma qu’est l’arc de conscience, l'originel, cette technologie créée par le donné et le « là », qui se délimite, se dessine, se figure au fur et à mesure. Supposer que dessous Plotin ou Kant ou Lacan, activé par les esthétiques et les éthiques, toujours ontologiques, se précise une structure fondamentale, plutôt que d’aligner divers « contenus », succession d’époques, regard naturaliste, objectiviste, sans lien ni rapport, alors que notre être, cet arc, est et n’est lui-même que le Rapport strict au réel, de décalage ontologique de toute réalité, supporté donc comme tel par l’articulation au réel unique, en l’unique position. Tout varie sauf le Point, l’attirance du présent.    

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Mort de l’universalité

20 Avril 2017, 08:48am

Publié par pascal doyelle

Tout cela s’est vraiment déplacé au plus bas niveau de la réflexion ; comme on n’a pas tenu le choc de l’universel, de l’universalisation, qui consiste à supposer les questions, les débats dans le sens d’une plus grande vérité, d’une plus grande humanité, lorsque l’on abandonne le niveau, le degré de l’universalisation, les représentants de la réalité, les personnages politiques, les représentations diverses se caricaturent eux-mêmes, et la grande décomplexion généralisée autorise alors de mettre en avant les intérêts et les immédiatetés comme si il s’agissait de finalités et d’ordre et de sens ; et alors dans le travestissement complet ça cause le désordre, le non sens ou le sens débile, et une sorte de finalisation inversée qui étourdit tout le monde, qui tombe vers le bas et qui est pourtant affichée haut, une anti finalité ; la réflexion au lieu d’accrocher à l’universel ne coagule que des affects et des images et de pseudo symboles, et se plaint de ne plus être en mesure d’agir sur le réel, mais on ne peut pas agir sur le réel si on ne le régule et imagine pas selon un universel plus grand ; le repli mental est tout à fait effroyable en vérité.

Et qui dit repli mental signifie que non seulement ça se rétracte politiquement mais ça se fige et se restreint mentalement individuellement, les vies se réduisent et les moyens se réduisent parce que les finalités sont tordues vers le bas et ne perçoivent plus aucun avenir ; en quoi c’est on ne peut plus normal puisqu’il n’est aucun avenir dans un « système » (en fait un bricolage sans intelligence) qui dévore ses propres ressources (comme toutes les civilisations qui disparaissent, l’ennui étant qu’il s’agit de la civilisation mondiale et qu’il n’y en aura pas d’autre).

Repli mental qui atteint toutes les surfaces apparentes ; les représentations de l’humain par lui-même sont profondément détériorées par le retrait et le désinvestissement d'universalisation (psychique et relationnel et solidaire et collectif, d’organisation collective), et c’est d’autant plus absurde que le dit système (bricolage non pensé, non organisé, non régulé, livré à la bassesse des finalités immédiates) accumule une richesse invraisemblable, mais ne dispose aucunement de possibilités d’imaginer autrement le donné puisque pour lui, le nez dans le guidon, le donné est tout… il n’y a pas, par principe, pour ce genre de monde, de possibilité en-plus.

Pareillement les vies elles-mêmes subissent les effets de cette rétractation du possible ; non seulement des pauvres en plus, éjectés du monde qui en apparence s’étend mais en fait se rétrécit et qui finit par mimer son « développement », mais des psychologies cassées et abattues, comme des bêtes, psychiquement anéanties ; la représentation elle-même qui était intégratrice il y a 50 ans, devient sélective et expulse les personnalités humaines ; l’humanisation ne se maintient même plus et tombe indéfiniment dans les intéressements immédiats, lourds, schématiques, entrant dans des recyclages d’images, de fétiches.   

L’organisation à visée universelle implique l’invention non pas de telle ou telle technologie ou gadget, ni même de tel secteur nouveau d’industrie ou de service, mais la création de structures nouvelles ; ce que l’on avait réussi avec la révolution (la forme Etat-citoyen, humanisation universelle-personnalisation individuelle, objectivité-intentionnalité subjective).

Ce que l’on a nommé démocratie, depuis deux siècles, est ce développement interne à la structure acquise par la révolution et que Marx déclinait comme pseudo monde idéologique et pseudo production, non adéquate aux forces productives, autrement dit une sous organisation, bricolée, du potentiel humain négligé, en quoi il avait tort (puisqu'il simplifiait l'humain au besoin, ajoutons qu'alors le libéralisme était particulièrement brutal et lui-même une caricature) mais, on le comprend, raison à la fois.

Monde démocratique amplement justifié, à condition que se continue le processus d’universalisation (se doublant alors d’un processus de personnalisation ; le communisme pur voulût à tort annuler la personnalisation, et remplacer le désir, libéral, par le besoin, générique ; ce qui ne recouvrait pas du tout la réalité dans son ensemble ; l’apogée du libéralisme ce sont les années soixante, qui installe au maximum la personnalisation comme processus). On a tenté et réussi mille fois d’aménager la démocratie, acquise, par des libérations et des solidarités et la France, qui a inventé la révolution (cad le lien entre liberté et égalité, contrairement aux anglo-saxons, qui privilégient la liberté et s’accommodent de l’inégalité, pourvu qu’elle revienne, théoriquement, aux libertés) la France ne fut pas en reste ; de créer une organisation structurée comme liberté-égalité. La honte jetée et le déni de la « France » n’a pas d’autre but que de nous plier à un simplisme que l’arrogance française conchie. Et elle a raison.

Il ne s’agit pas seulement de rendre aux pauvres-bla-bla, mais de réorienter l’investissement ; si on se contente d’accorder aux accumulateurs (il n’y pas d’autre qualificatif) les lois des échanges, ce qui est un mot soit disant précis pour un accaparement de l’avenir possible entre les mains de quelques uns (ce qui en soi est déjà totalement absurde, sauf à supposer que la nature est tellement bien faite et tellement finalisée qu’elle a prévu une humanité gaspillant toutes les ressources pour produire des conneries sans intérêt),

si donc on se contente d’approuver l’organisation de l’investissement par quelques uns, quelques limités intérêts localisés et de fait égocentrés, alors effectivement il faut rentrer dans le rang et dodeliner de la tête à toutes les exigences de cette « règle » du jeu ; puisque la réalité est ainsi et qu’il n’y a pas à y échapper. Evidemment ça n’est pas une règle du tout, ça n’est pas pensé, pas régulé et de même que la succession des royautés se « réglait » par la descendance, ce qui est insensé, de même les pouvoirs incrustés dans la réalité échappent  à toute intelligence du réel.

Pour que la règle universelle organise la réalité immédiate qui s’enfonce dans ses mécanismes (et il n’est d’autre mécanisme que les violences, toute la gradation de la violence, la ligne de mort qui conduit le monde laissé à son jeu inhumain) il faut une coordination ; que l’on se mette d’accord de se plier aux intérêts supérieurs, qui montrent un autre horizon, et pour se mettre d’accord il faut penser, ensemble, que, « oui, cela est juste et bon » de promouvoir l’humain et cet horizon, plutôt que l’accumulation débile (remarquons qu’il ne faut pas être un génie pour le comprendre, ça donne une idée de la stupidité congénitale).

Mais la règle universelle veut dire que l’on impose à la réalité, comme elle va, une logique qui ne s’y trouve pas naturellement ; et c’est en cela que l’on invente structurellement dans l’humain ; sinon autant se contenter de s’enfermer dans les nécessités données, de les enluminer comme si elles étaient des libérations de « forces vives » et autres justifications secondaires, de pensée minimale, d’absence.

Sans règle universelle créée, l’esprit se perd dans le donné et prend les intérêts immédiats pour des finalités valides ; il ne voit, ne perçoit plus d’autre horizon que la succession des pauvretés mentales, et les personnalités même se pervertissent dans diverses sortes de corruptions (de représentations et de faits, illégaux) ; puisqu’aucun idéal, aucune possibilité ne s’impose pour relancer les esprits ; ça n’est pas le « pouvoir » qui pervertit, c’est la non affectation du pouvoir et des intérêts à un degré supérieur de régulation et de redistribution du possible.

Soit donc la réallocation de l’investissement,

qui doit ainsi échapper aux intérêts privés ou à tout le moins que ces intérêts privés fassent montre d’une créativité, mais ces privés ne peuvent pas échapper à leur intérêt, et « intérêt » cela désigne toujours un donné. Dans un cadre acquis (l’universel) on invente des possibilités privées, mais il faut remodeler le cadre universel pour renouveler les possibilités privées ; or on a juste profité civilisationnellement de l’invention du cadre acquis, mais on n’a pas déployé une structure nouvelle ; on a juste exploité jusqu’à l’os toute la viande en affirmant son caractère naturel, immédiat, et clôturant le réel possible par telle réalité d'intérêts, produite au petit bonheur et pliant ses finalités fort louables, au début, en d’ignobles imbécilités (dont le miroitement bigarrée, chatoyant aurait lassé n’importe quelle bestiole, mais qui, nous, nous fascine, nous enrobe), et lequel miroitement, comme toute réalité livrée à elle-même, s’enfonce dans l’indigence et la négligence, violence, toutes les violences et finalement la guerre. Ah non, pas « finalement » : parce que « finalement » ce sera la fin de l’espèce.
C’est qu’on ne le méritait pas, d’exister.   

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Le surdivin

17 Avril 2017, 08:17am

Publié par pascal doyelle

L’accélération matérielle

Ce qui est décrit, philosophiquement, en tant que la philosophie est la discipline qui prend en charge ce qui est arrivé à l’humain autour de la méditerranée, depuis les juifs jusqu’au christique en passant par les grecs (la sortie dans le monde de la structure de l’arc de conscience qui se tenait sous les groupes humains, dans chaque monde particulier, et qui vient poindre dans le donné là, dans le « là » du donné, en créant des systèmes d’intentionnalisations, soit grecques soit christique et mono),

ce qui est décrit c’est ainsi le miroir.

Le miroir et non les images dans le miroir.

Comme il n’est aucun moyen de montrer le miroir lui-même, ou donc la structure de conscience, arcboutée au réel, (et, inutile de chercher plus loin, il est est arcbouté au présent, le présent là maintenant, chaque présent en témoigne et tout s’expose dans le présent, le présent comme origine de tout ce qui est, fut ou sera)

aucun moyen, alors la philosophie a pour finalité de susciter, en chacun, cet arc, cet arc lui-même tel que chacun l’existe déjà, mais recouvert, recouvert par telle ou telle identité, et bien il faut creuser et lever plus loin, dans l'individué.

Ce disant on croit comprendre que l’on aboutira à une sorte de sujet universel. Point du tout. C’est l’inverse. Rimbaud ne vous demande pas de lui ressembler ; qui pourrait ressembler à Rimbaud, qui même le voudrait ? Ce vers quoi vous envoie Rimbaud c’est votre propre position : l’articulation singulière, qu'indique, pour sa part, la part qu’il a prise, sa singularité ; dont cette singularité indique la tangente, qui est innombrable, puisque si une chose est une chose, la forme, le structurel est non fini.

Rimbaud se tient au Bord du monde, au Bord du corps, du corps de Rimbaud, et montre, du doigt, parce qu’il n’y a pas d’autre moyen, montre du doigt la logique du réel. La logique cela s’applique ici ou bien là, en tout point de la réalité ; c’est une logique et prendre la forme du texte, de cet ensemble de signes Enfer et Illuminations, de rapports qu’a tissé le voyant Rimbaud, qui est lui-même comme chaque arc un Rapport, c’est accéder non seulement à la position de celui-là (Arthur) mais c’est prendre le pas, la mesure de l’orientation du réel ; ni plus ni moins, c’est par là que ça va ; il est l’exemplarité mais qui force à apprendre l'exemplarité de l'orientation et désorientation du réel brut, se rendre compte que chaque arc est tendu à ce point, degré d’intensité là ; c’est par là que « cela » (on ne sait pas quoi) se passe, arrive, se montre, se propulse, se tracte, s’attire. On prend la forme du réel parce que Rimbaud s’est tenu tout au Bord et que c’est de cette extrémité qu’il montre du doigt. On ne saurait que prendre sur soi la forme qu'il (se) signe.

Sans Rimbaud ou Descartes ou jésus ou qui vous voulez, on n’éprouverait pas le degré de tension supportable, et on serait orphelin d’explorer la structure du Bord.

Que Rimbaud nomme Enfer et Illuminations (qui dirait béatitudes potentielles de puissance acquise de son mouvement propre) son Evangile veut tout dire (littéralement et dans tous les sens, puisqu’il ouvre la Somme, la Somme de toute sa position, rassemblant tout cela, les confluences de tous ses vécus, images, possibilités, en vrac ; cet homme est un démon ; Rimbaud crée le surdivin, non pas le dieu qui crée le monde, tout ce qui est, mais la sorte de dieu étrange qui nait du donné, du « là » de tous les mondes, rassemblés, de même que les Idées existent peut-être avant le monde mais c’est celui qui les pense qui ajoute sa surdivinité, et sans doute il est dieu dans le ciel mais c’est le christ qui est le surdivin, et oui il existe l’infini mais c’est le cogito qui ouvre la réalité en deux).

Remplacez  donc Rimbaud par Descartes ou Nietzsche ; les explorateurs de la faille.

Qui vous voulez, mais sans croire que celui-ci ou tel autre possèderait, résumerait à lui seul la vue intégrale de tout ; ça n’existe pas. Chaque arc est dans le formel, le non défini, l’accès invraisemblable. Chaque exploration déploie une facette du kaléidoscope, formel, qui se perçoit ou commence de se percevoir dans et au travers du présent, le mouvement en cours, qui est le présent même. En ceci le réel, cette dimension, est « ce qui se perçoit » ; raison pour laquelle il est un présent au sens où « il existe un présent » et « il est en tant que présent ».

Cette dimension existe en tant que présent et il n’existe que le présent et le présent perçoit « tout cela qui arrive », c’est ainsi qu’il se désire, pré-voit, il se voit se déroulant sans se savoir du tout ; il n’est aucun lieu de où il se saurait ; le présent est un tourment indéfiniment se structurant, structurant non pas un être qu’il serait mais structurant cela même qui le constitue, c’est la racine qui se refaçonne continument, il n’y a pas de reste qui ne serait pas le mouvement même ; c’est pour cela qu’il est intégralement, constitutivement mouvement ; il n’est rien qui ne soit pas ce-mouvement-même ; le réel comme présent est la faille unique continuelle, non la faille dans l’être (l’être lui-même se produit de la faille, comme divers effets). Et donc le réel existe en se réfléchissant, matériellement ; l'exister est ce réfléchi. Une seule faille gigantesque en mouvement indéfini.

Ça n’est pas la pensée ou le sujet ou quoi que ce soit qui assument exclusivement, subjectivement, le réfléchi ; c’est intégralement tout ce qui est ; l’objectivité est en réfléchi, c’est pour cela que le singulier est originairement l’hyper objectivité et il est le singulier parce qu’il y a le présent, parce qu’il y a l’altérité du Un, la distinctivité intégrale. Et c’est parce que l’on va se porter au sommet de toute sa réalité et que l’on va créé à partir de la faille originelle,  l’universel ou l’esthétique ou l’éthique ou le politique ou donc le langage ou tout monde humain ; on est toujours forcé d’exister au maximum, qu'on le veuille ou non mais il vaut mieux le vouloir, si l’on veut assumer le Fait, le Fait d’exister. Tout arc de conscience est déjà jeté dans la tension la plus exploratoire qui se puisse (on est déjà au Bord du monde, et au Bord de son corps, si l’on croit en dieu on est déjà eckartien, toujours, et si l’on est un moi, ce qui ne manque pas, on est au Bord du corps, fondamentalement, très lacaniennement), on s’en protège d’une part (en limitant Rimbaud à n’être qu’un « poète » par ex ou en croyant que l’on est seulement ce moi, un-tel, Pierre Dupond) mais d’autre part même Rimbaud n’y a pas accédé … on ne peut pas y atteindre, on garde seulement une pauvre intuition, très difficile, que l’on retient plus ou moins, longuement, dont on est saisi de morsure, et ce plus ou moins.

Sinon on reste dans l’immédiateté, ligoté dans tel signifié supposé du signifiant sans rien. Dans le monde tel que vécu, perçu, imagé ou imaginé à la petite semaine. Rien n’est accéder sans l’effort, c’est-à-dire sans l’attirance. Et selon la plus ou moindre capacité d’attirance (on retrouve Nietzsche en somme ; si on y perçoit un effort on ne voit pas l'attirance).

Il n’est rien qui ne soit pas le miroir mais le miroir n’est nulle part : c’est en lui que ça existe. Originellement, à la racine elle-même, est le re-tour, qui entame tous les nouveaux tours que l’on voudra, qui se puissent. Ce qui est aberrant. C’est comme si en croyant en dieu on réfugierait, on se protégerait, alors que de toute manière et en quelque sens que l’on prenne « dieu » ce fut, c'est, ce sera une éprouvante exigence, l’exigence maximale (et ce fut de fait pour les croyants structurellement l’Exigence même) ; il n’est aucun lieu de repos. On entre dans la forge ou alors on n’est pas du tout. Et prenant sur soi la forge épouvantable, Rimbaud assume au maximum l’exploration, et chacun assume dans son moi, dans sa personnalisation, de se tenir très exactement sur la limite même ; parce qu’il n’est rien d’autre et que cela suffit bien puisque c’est le Bord de tout.

Et comme le Bord est au-devant (puisque présent) on dira qu’il se tracte, qu’il s’attire, qu’il est pur mouvement, qu’il se bricole au fur et à mesure et dépendant de nos moindres décisions, orientations, possibilités, accès, admissions, excès, extrémistes ou pas (en tant que mouvement il ne sera jamais d’exister que comme mouvement, comme kaléidoscope, a-t-on dit, la structure mobile titanesque au-devant de tout : le regard qui crée de seulement percevoir ; on y comprendra ce que l’on veut ; rimbaud en saisit le surdivin).

Rimbaud active donc le Bord en chacun, mais Descartes ou Kant c’est plus compliqué. Il ne s’agit pas seulement, si l’on peut dire, d’être saisi par le Bord (en se ramenant jusqu’à tenter de se confondre au point, à la ligne « Rimbaud », en s’incorporant les signes), il faut délimiter le plus précisément possible le dit Bord.

En un sens Rimbaud est bien plus précis que Descartes ou que la philosophie ; précis en et par chaque signe et l’ensemble des ensembles de signes qu’il lance non comme les dès mais comme les flèches qui reviennent. En un autre on n’en est pas plus avancé (sinon de sentir l’intuition structurelle de ce qui un instant, qui est tout le présent, fut perçu au travers de Rimbaud : ce qui est considérable et qu'il se tient-avant, en avant de tout, il l'éprouve).

Par Kant ou Nietzsche ou Lacan, la pente est beaucoup plus ardue ; tous cependant, un par un, explorent les tangentes possibles ; tous sont requis, tous sont impératifs. Ce qui rend la problématique, les variations à propos de la Même Structure, encore plus épuisant. Mais c’est comme ça. Par éclairs absolus, par éclairs formels.

Puisque ce dont on part ça n’est pas un contenu qui serait composé et décomposé et recomposé, dont on bricolerait l’argumentation, mais d’une structure parfaitement identique en quiconque ; Descartes décrit le même arc que Kant ; il n’en existe qu’un ; instancié un par un et dûment individué non comme fondement sériel, numérique, mais parce que le singulier est l’originel lui-même ; la source ininterrompue dont c’est seulement notre fatigue, notre épuisement, notre lâcheté ou notre illusion qui  réduisent la source, la racine inattaquable, que Rimbaud nous impose ; sinon on n’aura tout simplement pas accès à ce qu’il dit, au sens de ce qu’il montre, signifie. On ne saisit pas ce qu’il dit, on peut seulement remonter jusqu’au point invraisemblable duquel il se tient ; de réinstaller ce point en nous. Sans doute Rimbaud (ou quiconque donc) est un signifiant, mais encore faut-il tenir la longueur du signifiant d’une part, et d’autre part le dit signifiant est au Bord de ce monde, de ce corps ; le signifiant se doit à tous les signifiés, au maximum de signifiés. C’est pour cela que ça n’est jamais un signifiant abstrait ; ni Descartes ni Rimbaud ne parlent dans l’abstraction ; c’est bien de soulever le monde, le donné, la perception, l’intuition, le corps, le vécu, la pensée et dieu même, l'étendue et le temps, tout.

La pensée, et la raison, et le christique et le corps, le sujet et l’altérité, le surhumain et le surdivin sont retrouvés ; on peut lire la pensée, des grecs, la vision christique, le sujet, et l’altérité puisque l’on y est parti chaque fois du Bord de toute réalité. C’est ce qu’opère Rimbaud, la recension intégrale. Il revient à chacun de remonter, physiquement, à contrecourant, le cours des choses, du temps, du corps, de l’humain, du vécu, du perçu. Pour retrouver cela même qui était déjà-là avant, qui est toujours le « là » du mouvement brutal.

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Les grecs et le christique, l’enjeu

13 Avril 2017, 08:57am

Publié par pascal doyelle

L’aventure christique enchâsse intégralement l’exploration grecque. Nul ne songe à s’en étonner. Et l’enjeu du christique et des grecs est crucial ; selon ce que l’on en comprend tout se modifie, dans le kaléidoscope ontologique.

Pour cela il faut se hausser au niveau de l’élaboration qui se produisît. On présuppose habituellement, vaguement, qu’il est une sorte d’accumulation, l’un profitant de l’autre ou réciproquement, mais un tel arrangement ne rend absolument pas compte du réel qui eut lieu et qui devait transformer complètement l’anthropologisation. La vérité est plus extravagante, extrémiste, activiste, suréminente ; grec et christique participent d’un seul et même mouvement, intégral et intégrateur (de chaque corps). La méditerranée a inventé et découvert la structure antérieure à tout contenu et qui s’expose ainsi tout uniment au monde même (universel) via le seul corps vivant et humain, arc de constante ampleur. Un seul et même réel, et ce en suivant deux possibilités ; le monde, grec et le corps, christique.

Les grecs découvrent le monde, le christique invente le Corps, l’autre surface du corps. Celle qui fut toujours activée mais recouverte par les groupes humains divers et variés et qui se dé-couvre là, par un-seul, à nu, rejeté de tout monde humain, exilé mais universel et qui crée cette universalité en tant que parfaitement singulière ; se saisir du corps c'est admettre tout le potentiel, toute la puissance.

Monde et corps, il s’agit d’une seule et même structure originelle ; celle qui dé/borde vers le monde et celle qui renouvelle le corps, c’est-à-dire tout. C’est arrivé autour de la méditerranée et ce mouvement aurait pu surgir ailleurs et par d’autres (et il y eut effectivement des possibilités ailleurs et autrement, dont on ne peut se soustraire). Il se trouve que c’est apparu par le judaïsme, le christique et les grecs (et toutes les diverses influences que l’on peut admettre de la quantité de peuples, du Moyen-Orient à l’Afrique ; la méditerranée, rond-point des possibilités).   

Si l’on se contente de juxtaposer l’exploration grecque et l’aventure christique, on n’y comprend rien. On croit que, a priori, on pourrait plus ou moins dénicher une correspondance, un raccordement, un bricolage de notions, un rapport extérieur entre le monde grec et la dimension chrétienne. Or non. Dès que l’on s’engage dans la définissabilité on tourne en rond ; on est dans l’impossibilité de stabiliser la qualification, sinon à partir de quelques notions plus ou moins bricolées ; et plus généralement on ne peut pas déterminer objectivement, selon le mode d’un objet, cette existence qui se présente exclusivement comme Une, pensée-une, corps-un, et ne peut être reprise que dans la forme même de son propre Un, le Un de son arc de conscience ou le Un du présent comme structure originelle.  Pas de méga-contenu, l'exister même est une forme-méta, en-plus. 

Il est clair que le christique ouvre infiniment la possibilité du corps, du corps Créé, du corps-en-plus, de cette surface-autre ; du corps potentiel qui supporte les signes, le langage mais le langage utilisé dans et par une structure, dans un re-tour, un nouveau tour que celui-ci se doit à lui-même, par fidélité si il veut éprouver son exigence qui sans cesse dans le présent ré-instancie, renouvelle la surface potentielle (autrement dit le puissance d’éprouver, de percevoir, de décider) et non plus le langage au-sein-d’un-groupe. C’est le tour de force du christianisme d’avoir rendu possible que chacun s’acquiert soi et ce de par soi ; certes via un-seul-corps, le-seul-corps, et d’autre part la seule communauté, la communauté en esprit (en rapport à) et non selon le monde, puisque le monde divise (selon les intérêts mortifères) tandis que l’esprit unit chacun, ayant son esprit propre, chacun uni à tous et se reconnaissant les uns les autres ; ce qui s’effectue d’un seul-autre-regard. Le chacun sera creusé de plus en plus profondément sur l'inépaisseur du Bord du monde et du Bord du corps (de Descartes à Lacan).

Soit donc d’obtenir la surface-autre d’un corps susceptible d’admettre la pluralité des signes. De se constituer comme centralisation de l’information, de mener sa propre intentionnalisation et bien évidemment tout d’abord en fonction d’un-seul-corps, le corps du christ. Il ne faut pas se tromper ; le corps nietzschéen est second par rapport au christique ; c’est une variation. C’est bien parce qu’il y eut le christique et Descartes (le mouvement structurel dont témoignent le christique puis Descartes et suivants, en restructurant l'arc de conscience tel que présent au monde-étendue dans le moment suspendu du doute-cogito-infini-étendue) que les sujets sont en capacité de s’auto-affirmer (Nietzsche veut « briser l’histoire en deux » au nom de cette auto position, Nietzsche mais aussi tous les grands sujets et les petits sujets ; Rimbaud reconnait exceptionnellement cette dépendance ontologique, parce qu’il Voit bien, avec lucidité, qu’il et que chacun se tient de là, du christique Enfer et Illuminations comme évangiles accélérés de l'épreuve portée par le corps, et c’est une surhumanité, un divin sur-christique qui revient dans les illuminations, qui remplaceraient les béatitudes : le génie, l’autre-corps).

Chaque « arc de conscience » ne signifie pas « subjectivement ». L’arc de conscience est la structure antérieure, celle qui existe originellement, bien avant la pensée (métaphysique, jusqu’à Descartes) ou la raison (transduction de la pensée à l’usage du et à partir du 18éme), antérieure à la représentation, antérieure au langage et à tout groupe ou monde humain. Antérieur ontologiquement ; ce qui veut dire ; qui s’inscrit dans l’ontos, la structure du réel ; la même conscience, qui que l’on soit, quoi que l’on soit, issue de ce monde-çi ou aborigène d’Australie ou égyptien de – 1000 av JC : la structure commune et chaque fois une. Antérieure à tout corps, non en ceci qu’il y ait une éternité ou une extériorité de l’arc (ce dont on ne sait rien du tout) mais en cela que ontologiquement l’arc se produit et re-crée le corps, comme surface-autre (qui supporte les signes) à partir du point-Autre qu'est la position du réel comme Bord du monde ; en retour se crée la surface du corps, opérant le re-tour, le nouveau tour, le renouvellement.

La structure antérieure est non seulement universelle mais plus encore ; elle est singulière et manifeste que le réel, la dimension la plus hyper objective qui soit (à notre connaissance) se tient de la singularité pure et brute. L’arc de conscience est une structure réelle, effective, valant par elle-même et tout est relatif à cette structure qui ne l’est pas, relative. Un langage ne tient que par et dans la parole. Une œuvre n’apparait que dans et par une conscience ; et appelle la mise en forme de l’arc de chacun ; il faut se rendre capable de l’arc supposé par Rimbaud, et cet arc est hyper objectivement créé dans et par sa tension rendue active, extrême, poussée bien au-delà et insituable, puisque c'est elle qui place et déplace les lignes. Sinon Rimbaud n’apparait pas, et si on ne peut pas rendre objectivement compte de cet arc créé, ça n’est pas qu’il soit infra-rationnel ou supra-universel, auquel cas il faudrait supposer une détermination essentielle, idéelle, idéale, mais c’est bien que c’est d’objectivité dont il s’agit sous la forme du méta.

Renvoyer l’expérience Rimbaud à un contenu essentiel n’a aucun sens ; il est impossible de découvrir un méga contenu, parce que Rimbaud est une position, un point d'accès et point d'excès, et que dans le point-Rimbaud s’ouvre quantité de perspectives qui ne s’aperçoivent que de ce point. Croire que cela suppose un méga contenu, fut-il universel, c’est finalement désespérer, et croire que ce point est seulement subjectif, c’est désespérer. C’est ne pas comprendre que la structure du réel est en forme de structure et de point et que ce point loin d’être non objectif entame la dimension unique et exclusive et tout à fait Autre et qui ne sera épuisé par aucune totalisation, ça on le sait depuis Sartre, mais qui ne sera pas même épuisé par un seul méta point de vue qui les réunirait tous ; le point unique exclusif est fondamentalement plusieurs, pluriel, ce qui signifie, lui-même, qui engendre tous les devenirs, est aussi et également un devenir, un méta devenir. Il n’y a pas de méga (contenu, la pensée hégélienne n’existe pas, le mouvement de penser seul existe) mais il existe un Méta (la forme qui se dégage à partir des grecs, du christique et jusqu’à Lacan).

Ce à quoi on assiste ; anthropologisation - réalité tractée par le réel formel - arc de conscience supportée par le corps ;
et c'est de fait ce qui nous attire, d'attirance ontologique extrêmement précise ; Sartre et Lacan en formulent l'analytique ; tout moi crée un sujet, de même que nous avons su engendrer les esthétiques, poétiques, éthiques et évidemment politiques, renouvelant toute l’anthropologisation.
Nous y sommes activement engagés puisque l’on a découvert le Bord du monde et quoi que l’on fasse on en est situé (et qu’il n’y a rien en dehors du Bord, comme de juste)
et ce que l’on crée c’est la réalité saisie par le réel (dieu et la pensée, le sujet et l'altérité),

Ce point-de-structure, fondation de tout donné, est le point comme articulation du Bord, en déséquilibre sur le bord qu'est le réel (ça ne peut pas être un tout, pas une détermination, pas un contenu), et le point-de-structure est pour tout corps le point-de-rupture.

On assiste ainsi au devenir de ce point ; la réalité est dans la forme du réel et cette forme du réel devient et ce devenir est agi par tel ou tel corps. C’est ce devenir de la structure qui est désignée comme Méta. Méta : ce qui vient après, en plus, autrement, dans et par l’altérité qui est constitutive, de et antérieurement à ce qui est. Ce à partir de quoi le réel crée la perception et le réel la réalité (de même que, dans le monde, la perception du vivant s'inscrit dans sa génétique, les trajets de chaque arc tissent le réel). C’est en ceci que la désignation s’opère au plus réellement ; selon le présent et selon le corps, puisque le corps reçoit l’arc et sur lui pèse toute la structure.   

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Histoire de la philosophie, structure de l’exister

8 Avril 2017, 08:09am

Publié par pascal doyelle

L’histoire se déroule en quatre temps ; dieu et en tant que christique, la pensée grecque, le sujet cartésien, la pensée de l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan).

La pensée re-tourne le monde, le christique instancie et renouvelle le corps, Descartes origine la pensée, l’altérité situe le sujet sur le réel.

Il ne s’agit pas d’un contenu, sorte d’hyper contenu (la Pensée, la Raison, l’esprit, etc) mais de la montée de la structure originelle ; celle qui se produit du réel, et structure qui existe indépendamment de la pensée et même indépendamment de l’universel ; il s’agit de la structure du singulier brut, ce par quoi on peut par exemple saisir que l’esthétique, le poétique se déclenchent à partir du Bord du monde, Bord que dessinent dieu-le christique, la pensée, le sujet et l’altérité.

Dieu, la pensée, le sujet et l’altérité se définissent à la limite du monde, un pied dans le réel, un pied dans la réalité ; une œuvre, esthétique, appelle à soi l’arc de conscience de chacun ; elle existe en et par de susciter en chacun la levée de l’arc ; on sait bien que l’on ne comprend pas une œuvre tant quelle n’a pas atteint le point de bouleversement, de basculement ; il faut lire Rimbaud comme si il s’agissait des évangiles, de notre évangile, ni plus ni moins. Et non de le lire comme dans une sorte de découpage en catégories réservées, celles qu’adore le compartimentage de la raison (qui croit tout situer en termes d’objets spécifiques), Rimbaud appartenant à la « poésie », éventuellement en tant qu’il manifesterait « l’essence de la poésie ». Rimbaud concevait Enfer et Illuminations comme son traité évangélique absolu, marquant ou ouvrant le destin du monde. Et de chaque conscience. 5Et ferment le sien...)

L’arc d’une conscience, prise dans une œuvre, relance la tension et au plus loin possible, et est modifié non tant le moi, mais en la source, la structure formelle qu’est son attention (de même que le réel est le présent, la « conscience » est l’attention, cad l’origine même du possible) ; ce par quoi on s’oriente (ou se désoriente) dans le réel. Est modifiée non en ses déterminations seulement mais en "sa forme de conscience" ; c’est le basculement, qui peut percevoir par la pensée grecque, respirer par le souffle christique, se voir lui-même cartésiennement (en passant des images au miroir même qui (se) perçoit, qui, par lui-même est perçu, au sens de « il est perçu un miroir »), et basculement de s’éprouver égaré dans l’altérité de cet univers.

Il n’est donc aucunement question d’introduire des ruptures dans l’occidentalisation générale ; puisque cette occidentalisation tient précisément d’instancier la rupture elle-même, le rompu, le décalage formel structurel comme principe ; les systèmes ou les acculturations peuvent changer (passer du christianisme à la révolution, par ex) ça ne change rien à la structure même qui est antérieure à toute humanisation et reste autre que tout ; elle n’a aucune représentation dans le monde, mais l’occidentalisation consiste à nommer, désigner, signifier, signer voire de cette structure non représentable même. C’est donc bien plus que d’ajouter un contenu, un monde aux mondes, une civilisation aux civilisations, c’est dénoyauter la structure même qui crée, produit, a effets de mondes humains, et qui ici, par l’occidentalisation, doit, comme structure, se tordre elle-même ; le miroir doit percevoir le miroir qu’il est. C’est cette torsion qui rend la philosophie difficile (c’est sa discipline même que d’approcher ou de saisir la structure antérieure à toute manifestation).

La mitoyenneté entre tout cela est obtenue à partir du 18éme comme raison qui remplace la pensée, nature qui remplace dieu, et le moi le sujet ; à la métaphysique (qui fondait la pensée, comme réflexivité, dans la perception universelle d’un discours : soit la pensée grecque des idées et systèmes, soit la pensée de dieu ou la pensée sur dieu) succède l’ontologie qui commence d’approcher la structure à l’origine de la pensée, l’arc de conscience de « soi » (lequel soi est le rapport lui-même et non une identité, non un contenu mais une forme une, singulière, individué, vide, sans rien mais arc-ticulé au réel comme présent) ; de Descartes à Lacan en passant par Kant, Hegel (et les deux phénoménologies des intentionnalisations possibles de conscience ; conscience et Logique), Husserl et viennent ensuite les explorateurs aventuriers dans l'altérité même ; Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan.

Mention spéciale pour ces deux derniers qui proposent une analytique de cette-structure, précise, qu’est l’arc, vide, de ce rapport qu’est la « conscience », qui n’a donc plus rien à voir avec le conscient (Sartre selon toute sa forme externe, Lacan selon toute sa forme la plus interne mais les deux assument, pour le dire, la forme Externe absolue, ce qui veut dire formel, de la structure ; tout arc de conscience est explosé vers le réel qui est tout entier exposition ; un réel qui ne serait pas réel est absurde ; autrement dit pour un moi c'est autre chose qu'une intériorité qui lui arrive, bien que ce mouvement ait pris la formulation de l'intériorité, de la subjectivisation, personnalisation ; il veut, décide, signe ce qu'il ex-sistera le long de son vécu, il se veut sous la forme du "(se) veut", qui est très complexe et cause de notre malheur fondamental).

L’arc est beaucoup plus grand que les identités, les mois, les contenus ou plus grand que la pensée ou la raison, mais toujours singulier et l’universel est un de ses effets ; en vérité une œuvre, une politique est beaucoup plus qu’universel ; c’est une intentionnalisation qui crée tout un Donné, un donné Créé, non à partir de l’universel seulement mais à partir du corps ; la philosophie depuis le début et depuis Descartes montre comme il existe un « être » extrême et extrêmement étrange, antérieur à tout (tout le reste, tout ce qui est effets de son activisme ; mondes humains, langages, universalisations, personnalisations, etc ; rappelons que l’arc de conscience ne "cause" pas seulement à proprement parler la détermination, l’arc attire, tracte le signes et les corps, par le devant, par le présent situé « devant » le passé, par la forme qui s’articule au présent, non venant de l'avenir, qui n'est pas, mais du présent-même, qui prend alors l'aspect d'une surface, infiniment, complexe, et surtout retorse).

La philosophie, comme dieu ou donc la pensée, le sujet, l’altérité, l’esthétique ou la politique, se tiennent sur le Bord de la réalité et Bord qui prend nom de Réel. Le fait du Réel. L’esthétique, la poétique appellent votre arc de conscience comme une altérité à se produire dans le monde, bien que cela soit impossible ; c’est en ceci que l’impossible ne surgit pas « dans » la réalité, c’est le réel qui est en lui-même impossible. Et c’est pour cela qu’il existe. Qu’il existe un présent. Pour que « cela » se produise malgré que non.

Si l’impossible est le réel, cela veut dire que le réel se « réfléchit » ; il dialogue, si l’on veut, avec lui-même ; ce qui implique qu’il soit Autre que lui-même et que l’altérité est le principe même. Il dialogue non au sens où il sait ce qu’il va dire ou faire, mais au sens où il ne le sait pas ; sinon il n’y aurait pas de présent ; ce qu’il « sera » est une pluralité non immobile mais activistement active et toujours plus Autre qu’elle-même ; la forme est la distinctivité même. Il est ainsi plusieurs versions, variations, possibilités du réel même (puisque le réel est formel et non fixé par une identité, et donc il décide, littéralement, ou tente ce qu'il peut ex-sister, notre vécu dépend de notre obscure décision qui vient en-avant) et il n’y a aucune raison pour que ce kaléidoscope se fige mais bien qu’il vive, créant son indéfinie souplesse ; il n’est pas une identité ni une détermination (ni une grosse détermination de toutes les déterminations) mais une forme qui se formule, se schématise cinq cent mille fois et joue de ces visages dans le regard et, fondamentalement, entre ces visages, entre ses regards (il se cherche, comme un regard en somme qui crée ce qu’il perçoit, de même que l’on Crée et re-Crée son attention par Rimbaud).

Mais qu'il y ait plusieurs variations possibles, ne veut pas dire que la forme même ne doit pas se maintenir et pour se maintenir se Créer ; la forme, n'étant rien de déterminé, se crée toujours forcément et dans la difficulté, la douleur, le tourment, l’impossibilité. C'est en ceci qu'il existe des configurations (dieu, le christique, la pensée, le sujet, l'altérité) et des figurations (pour nous la raison, la naturalité,  l'humanisme et le moi) ; la tension créée par les configurations ne doit pas redescendre. Aussi avance-t-on par les pensées de l'altérité ; Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan (NHSL) explosent l'ontologie parce qu'ils avancent dans l'ontologie très exacte, de plus en plus exacte, creusant la paroi sans épaisseur du réel, du présent extrémiste. Les trois autres configurations exploraient tout aussi intensément l'arc incandescent  (qui vient instantanément, tout armé dans l'histoire, produisant cette historicité elle-même) ; N H S L ne nient en rien la souplesse de l’arc de conscience tel qu’il a pu Créer d’immenses intentionnalisations, systématiques ou non, puisque le Fait est la structuration de l’arc lui-même, œuvres ou traités, politiques (révolution) ou éthiques (ontologiques). Toute manifestation consiste à produire l’effet de l’arc en chacun ; la révolution produit la possibilité d’une plus intégrale et distinctive surface du monde et surtout du corps, et ce « pas sans chacun ».

NHSL comme Platon ou Descartes sont forcés de délimiter encore plus précisément le Même Arc (il n’en est qu’un seul, en toute conscience singulière, qui ne se définissent pas seulement par leur détermination mais par leur un, numérique pour ainsi dire ; un par un, dans un seul corps, œuvré, le moi le sait bien qui souffre de cette incarnation, incorporation). Tout ceci est une seule et même exploration du Même Arc, au Bord du monde, du corps, de la réalité (par le détour de la forme du réel).

 

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La politique n’existe pas, le bonheur non plus

5 Avril 2017, 09:13am

Publié par pascal doyelle

Nous n’avons pas su coordonner le réel, coincés dans le fantasme.

Du principe « tout ce qui n’est pas autorisé est interdit » nous sommes passés à « tout ce qui n’est pas interdit est autorisé », soit donc d’un Ordre global assigné par le haut et descendant dans les détails, à un minimum d’ordre entre soi, libérant toutes les activités, inventions, créations, associations, contrats, possibilités, corps, etc. Ceci avec divers aménagements selon les peuples et selon les époques et selon les personnalités, puisque la personnalisation est devenue au fur et à mesure … la mesure (il y eut les classes sociales, la nation, les luttes et libérations, les sexuations et la sexualité, les catégories diverses etc).

De sorte que tout l’ensemble s’organise ou s’inorganise à partir de la volonté décision intention, du non pas « tout est permis » (ce qui est une interprétation rétrograde) mais du tout est possible (qui ne contrevient pas au cadre de cette même possibilité ; essentiellement « ma liberté qui ne nie pas la liberté de l’autre », sinon le cadre de coordination se contredit et plus rien n’est possible).

Or qu’il y ait une coordination supérieure aux libertés, sans contredire celles-ci, veut dire que chacun doit surmonter son désir intention décision volonté qui tombe dans le monde, qui se plie aux finalités faciles, aux satisfactions immédiates, et que chacun soit capable de s’élever, de se rendre plus complexe et plus « détendu » pour ainsi dire … on disait « cool ». et ce afin que les finalités individuelles en s’enchevêtrant ou s’organisant, puissent élever l’ensemble et comme nous n’avons pas su monter en complexité et que les finalités individuelles sont écrasées par leur finalisation immédiate, le degré de complexité en est resté au minimum tandis que s’énormisait la dite finalisation basse et que se multipliait à tire-larigot les pauvres, si pauvres fins.

Il était impossible de décréter l’organisation, la coordination par-dessus les libertés, puisque l’on force une liberté mais on ne la convainc pas par la force ; la coordination devait venir des libertés elles-mêmes. Ce qui n’a pas eu lieu ; ou ce qui a fonctionné un temps mais pour s’effondrer dans la simple bassesse, la pauvreté des finalités. Rattrapés par le monde, les intérêts, les facilités, les possibilités aisément acquises.

Dans la mesure où tout le monde, chacun pouvait disposer au minimum d’assurer son quotidien, de survivre et de vivre un peu mieux, il pouvait s’imaginer que l’on puisse divertir une partie de sa richesse propre pour abonder la richesse collective et de sorte que chacun échappant à la rareté et la nécessité, plus ou moins, on puisse organiser afin que petit à petit chacun ait à cœur de se consacrer à l‘ensemble, purement, désintéressé, et désintéressé en un sens précis ; que le désintéressement, relatif, actuel donnerait un jour, dans un an, dix ans ou cents ans, donnerait au centuple… Soit donc non pas un désintéressement mais un intéressement intelligent.

Or non.

On a formulé un fantasme de réalité de telle sorte que chacun entre totalement en compétition en miroir vraiment délirant et inutile, parce que ça ne satisfait pas réellement les personnes. Ça les réduit, les concentre et les écrase. Parce que ça n’a pas de sens. On ne sera pas satisfait des finalités basses, immédiates. Et en vérité si il était bien question que chacun soit « heureux », ce qui veut dire plus ou moins satisfait, ça n’était pas une finalité… C’était un moyen ; que chacun soit, relativement  heureux, afin que chacun puisse s’intéresser à autre chose. Enfin.

Que chacun veille à son intérêt, on ne voit pas qu’il puisse en être autrement ; que par simplification et courte vue ce soit le seul intéressement, c’est juste de l’idiotie, au sens propre ; l’incapacité d’appliquer plusieurs logiques, parce que c’est plus court de ne penser qu’une seule fois plutôt que de penser pluriellement.

Autrefois on forçait les individus à penser pluriellement mais au prix d’inventer des formes bizarres d’organisations sociales (c’est le moins que l’on puisse dire, comme quoi le délire vient de loin et sans doute congénital), mais puisque l’on doit partir de l’individu (afin de libérer ses possibilités) il faut, pour se coordonner à peu près comme il faut et intégrer le désintéressément, que cette coordination soit décider, mise en forme, et ça on ne le peut pas ; on en est incapable ; on préfère inventer un délire de concurrence ou un mirage du bonheur total, qui n’existe pas, de réalisation de « soi » qui puisse se passer de complexité et n’ait qu’à se vautrer dans la facilité, délires continuels entre tous et lâcher la proie pour l’ombre.   

La politique n’existe donc pas, c’est juste une manière d’envisager ce qui eut lieu, le large et décisif mouvement de l’auto-organisation, autorisé de chacun par lui-même (chacun se référant à sa « raison », théoriquement, mais en fait chacun se référant à sa liberté nue et traduit et limité à son désir et ses facilitations), tandis que la méta-organisation qui devait permettre de coordonner, en conscience, ces libéralisations, aucune n’est saisissable par quelque bout que ce soit, les libéralisations auraient dû se transformer en méta organisation, plutôt que toutes ces possibilités se plient et tombent dans le monde donné (la vision communiste, qui consiste à écraser les libertés par une théorie universelle, par une méta inopérante, et qui évidemment est impossible, puisqu’aucune raison ne peut supplanter les libertés et qu’au contraire la véritable organisation serait que les libertés soient convaincues et créent de cette méta-organisation, laquelle sinon ne serait pas « méta » du tout).

Démocratie est l’intitulé d’un processus général ; et en l’occurrence l’individualisation qui sort du groupe et recommence la réalité à partir de soi, lequel soi devrait donc assumer la réalité et non pas se replier, individualisme qui est impératif mais non exclusif, ni terminal. Parce  que si l’individu est la fin de tout, se déclenche le réalisme et la naturalisme ; tout est « là », le monde est là et notre finalité n’est que d’être « heureux », pour soi même, sans plus de pensée, puisque tout est « là ». Or tout n’est pas « là ». Ou plus exactement le « là » est bien différent du donné béat et clos.

On aura beau vouloir « réformer » ou transformer la société, tant que l’on ne passera pas de l’auto organisation individuée au méta organisationnel, ça retombera dans l’individué seul, l’individué qui ne trouve pas le joint, la possibilité de se rendre plus complexe, et apte à intégrer le désintéressement, cad de se rendre intelligent. Et ce littéralement ; on ne trouve pas les orientations qui permettent d’enclencher le méta-structurel dans l’auto-structurel. La ligne de possibilité doit passer par réformes et transformations, mais encore faut-il disposer de cette ouverture intellectuelle, intelligente, opérative. Or on n’y comprend rien ; parce que lorsque l’on réfléchit on glisse d’une surface individuelle (acquise et que personne ne songerait à annuler) à une surface méta mais complètement incompétente et en vérité sans idée du tout ; soit elle copie une universalité abstraite soit elle retombe dans l’individué ; le communisme re-devient soit une hiérarchie soit une société libérale comme les autres, et les interfaces libérales sont, dès l’origine, absorbées, déjà, par leur facilité qui reviennent au même état des choses.

Ce qui manque c’est ainsi la représentation capable de créer et de gérer le méta ; soit donc de dériver l’auto (organisationnel individuel) par une vision de l’ensemble (qui n’est pas un Tout) et ce de telle sorte que chacun soit au fait de ce qui se passe et que chacun accepte et participe (de sa volonté propre) à la méta organisation ; que chacun ne soit pas absorbé par son seul projet individuel délirant dont le summum est idéalement le « bonheur », la satisfaction qui recule indéfiniment et rend fou ; et c’est cette limite qui est inacceptable pour tous les petits mois que nous sommes ; on ne comprend pas, pas du tout, ce que ça veut dire.

On peut bien en saisir l’idéalité abstraite, mais pas ce que ce mouvement impliquerait dans les faits. Dans l’épaisseur ; on est débordé par l’épaisseur du donné, des vies, des corps ; on ne maitrise rien du tout et on fait semblant d’ordonner la réalité, vécue, en faisant semblant d’être heureux (puisque c’est la destination « ontologique », de cette anti-ontologie généralisé, et obligée de tous et de chacun).Et plus on fait semblant plus on est écrasé (et d’autant plus de mois, d’individus s’écroulent dans le trente-sixième dessous, psychiquement, et bientôt des groupes entiers, d’effondrés, se soulèveront pour retrouver une pseudo solution imaginaire, encore plus délirante, puisque l’on délire beaucoup mieux à plusieurs, c’est certain).  

Et on est absorbé dans l’épaisseur du donné d’autant plus, donc, que le principe de bonheur est la finalité terminale ouverte (ce qui est bien) et exigée (mais alors tout se clôt par cet état de satisfaction supposée, cet imaginaire, par quoi l’on quitte l’intellection ontologique). Mais Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan ne tombent pas dans le panneau, et certains en sacrifiant tout bonheur réel, ce qui est un excès absurde, voire sauvage et inhumain ou surhumain ou non humain, ce en quoi ils n’ont pas tort en logique mais tort dans la pratique ; la logique du réel n’est pourtant pas évidemment la satisfaction béate, mais se crée comme tension, et plutôt que d’attendre la résolution de cette tension, il faut la structurer ; structurer la tension ce qui est, pas moins, ce que ciblait Nietzsche ; puisque l’on ne peut pas échapper à la division c’est cette division qui doit être régulée (sans disparaitre puisque sans elle nous ne sommes pas, ,nous sommes la division, l’altérité, le décalage).

On veut saisir par l’auto-organisation, qui est le principe mis à jour par la/les révolutions, et qui a généré un idéal ou des idéaux qui supposément devaient combler le vide et la division (par quelques sortes d’idéalité que ce soit ; les images de bonheur ou de satisfaction qui se prennent pour le miroir, les images que nous ne cessons d’absorber pour calmer la douleur incompréhensible de la tension, du décalage),

saisir donc par la seule auto-organisation et sa mise sous pression constante, la culpabilisant et se haïssant elle-même de n’être pas capable d’atteindre cet épanouissement imaginaire,

saisir donc par la seule auto-organisation ce qui réclame en vérité une méta-organisation ; ce qui ne peut signifier rien d‘autre qu’une élévation que l’on dira, par défaut, « de complexité ». Or cela ne veut pas dire grand-chose actuellement, puisque nous ne comprenons pas ce qui est en cause … nous n’analysons pas ce qui est effectivement en cause et donc toute solution avancée ripe sur le réel.

Méta-organisation non seulement de la coordination collective, mais méta-organisation interne à chaque individualité ; l’image dans le miroir est ce qui commande les consommations et les productions. Le méta est la structure qui s’interpose à nouveau entre elle et elle-même, tout comme elle sût le faire autour de la méditerranée.

Or on a vu que le fantasme de réalité, l’irréalisme (qui se prend pour le donné même et le réalisme et le naturalisme et la rationalité plate), la substitution de la structure effective (qui ne se finalise pas par la satisfaction, qui n’est pas du donné, que l’on voudrait à toute force qu’elle le soit, qu’elle ré-imagine constamment de nouveaux subterfuges-images pour replacer, réimposer  la forme structurelle dans le monde, dans le vécu, dans le corps, dans le moi), ce fantasme est la pierre angulaire qui commande toutes les finalités tombantes, et ne permet pas de comprendre que la destination de structure est impérativement Autre ; le décalage est tourné non seulement vers le haut, mais s’existe en plus. Et comme il est en-plus, on ne le sait pas mais c’est par là que l’on se juge, que l’on se veut, on ne le sait pas mais le décalage nous sait.

Qu’il y ait un fantasme maximal, une matrice intérieure, un schématisme, qui préorganise pour ainsi dire les intentionnalités, des plus globales (qui précisément manquent, puisque ça ne pense pas) aux plus intimes (régulant les intentions des mois, des corps) n’est pas étonnant puisque la structure est intégralement arcboutée au réel, au donné là, au corps lui-même ; ce sont les rapports au monde qui génèrent le schéma.

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Le kaléidoscope - 2

1 Avril 2017, 08:53am

Publié par pascal doyelle

Prévisions du kaléidoscope

On a reconnu, donc, que le réel se signait telle une forme ; forme de l’arc de conscience ouvert brutalement sur le donné là, et forme du « là », non comme être mais comme exister, pur et brut présent (dont l’être est effets innombrables, innombrables réalités). Forme de conscience ouverte sur, dans et par la forme du présent, lui-même évidemment ouvert.

Il ne peut exister de mécanisme-cosncience qu'en un présent et dans la séparation intégrale d'un réel.

Forme ouverte sans représentation ; les représentations qu’elle se donne, qui se créent, ne supportent pas, ne définissent pas la structure qui les a produites ; sinon la structure, l’arc de conscience serait telle ou telle identité, et passerait dans le contenu ; elle serait dieu (tel ou tel dieu), ou la pensée (cad tel système), ou le sujet (tel forme de sujet, cartésien, kantien, sartrien, ou tel sujet nominal), le moi (toujours déterminé comme un-tel), ou française ou allemande ou égyptienne ; or la structure, de conscience, est en-plus de toutes ces productions, constructions.

Ou elle serait tel ou tel langage, or il est possible de passer d’une langue à l’autre ; c’est donc qu’il est une structure de base qui accepte toutes ces modifications, sans en être elle-même modifiée. C’est dans cette structure antérieure à toutes les illustrations, déterminations, que la philosophie avance (dans l’antériorité, avance donc « dans » ou sur le Bord du monde ; les philosophies activent le Bord, structurellement, de même que toute oeuvre, esthétique, etc, perçoit à partir du dit Bord).

Penser cet « objet », comme étant un non-objet, est rendu possible de ceci ; que le rapport, ouvert indéfiniment, qu’est un arc de conscience, est toujours déjà Autre que lui-même. Il est un décalage, forcément ontologique, originel de notre attention à exister (il est requis un discorus ontologique pour décrire et avancer dans, à l'intérieur de ce décalage).

C’est notre décision qui fait s’élaborer telle ou telle formulation de l’exister, tel ou tel schéma de la Forme (le fameux « Au-delà de ce que je suis de par l'hérédité et de ce qu'on a fait de moi par le milieu et l'éducation, il y a ce que je fais avec ce que je suis et ce qu'on a fait de moi» de Sartre et son Exigence radicale, son activisme au plus proche de l’externe de la structure, au coeur de la rupture, rupture que reprendra Lacan) ; il faut supposer qu’il existe plusieurs formulations de l’exister, plusieurs dessins dans le diagramme, plusieurs schématismes dans la forme-une ou plutôt la forme selon le Un, le Un en acte dont on ne peut douter qu’il soit toujours-déjà-constamment en acte (un Un qui n’est pas en acte est un Tout, comme verra la distinction entre la logique du Tout et le logique du Un réellement Un, la primauté de la forme, du présent, sur les contenus, les effets, les réalités ; la suréminence de l’exister sur l’être causé). Peut-être existe-t-il une infinité de réalités (mondes ou univers), et dans ces réalités une infinité de schématismes actés au fur et à mesure. Le réel serait alors le Kaléidoscope. Qui se dessine au fur et à mesure, et peut-être se redessine-t-il instantanément, continûment.

Il faut le dire ; il n’est aucune raison de penser que le Un soit limité et congruent à son ou une  « identité » ; parce que le Un n’a pas, ne peut posséder d’identité ; qu’il est formel et que la forme est l’inventivité même, et elle ne génère pas seulement des réalités mais des formes-unes. Bien qu’en un sens extrême (extrême puisque nous sommes à l'extrémité de tout réalité, sur le Bord, qui se présente pour nous comme présent, il n’est rien en plus, avant ou après l’exister pur et brut, la ligne de faîte du présent, rien en plus sauf au de-dans, qui est donc le Grand Dehors) et en un sens extrêmement spécifique ; ce qui revient à dire que Rimbaud non seulement ne manifeste pas une essence quelconque mais une position et qu’il faut, chacun, incarner cette position (et cela évidemment revient pour tout autre qu’Arthur), mais aussi que cette position manipule, manœuvre, œuvre, élabore une position singulière et ce dans la lignée des singularités qui précédèrent et qui succéderont … Les lignes sinueuses et exploratoires que l’on tracera entre Eckhart et Hegel, Sartre et Lacan, etc.

Le Un qui agit selon la distinctivité est fondamentalement Autre et manifeste l’altérité au plus haut degré possible (il est la Possibilité même ; la possibilité qu’il y ait un réel, qu’il y ait les réalités, qu’il y ait d’indéfiniment divergences de formes). C’est parce qu’il est sans identité que le singulier appelle les singularités, et sans cesse le rassemblement des réalités.

Les formulations de la Forme n’en sont pas moins réelles ; elles ne relèvent absolument pas du subjectivisme ; dont les sciences, seraient-elles sc humaines, révéleraient la réduction de ce subjectivisme à un donné quelconque ; rationnaliser Rimbaud n’est pas de l’ordre de l’objet … Rimbaud est formellement plus cohérent que quelque discours que ce soit, en ceci qu’il incarne toute sa position singulière (et cette position recule, se tient en retrait dont il faut avancer la Borne constamment) : il n’est aucun autre accès à Rimbaud que le texte, l’ensemble des dispositions, l’ensemble des signes, cad des rapports pris à partir d’un Corps ; on ne nie pas la raison, on dit qu’il existe une Cohérence plus étendue, antérieure et Autre, qui réclame une ontologie, une ontologie de l’ontos effectif, agissant, extrémiste, activiste, parce que le présent est en cours, et que c’est cela qui Existe. Inutile de se demander ce qu’est cette ontologie ; c’est celle qui eut lieu depuis le début, tout-a-déjà-commencé et la trajectoire consiste à re-trouver, trouver à neuf, l’architecture expérimentée depuis la méditerranée (et auparavant) ; l’architecture ontologique qui veut accrocher la paroi du réel, qui veut  tout, qui veut tout ici et maintenant, ici même (dieu, les grecs, le christique, le sujet, l'altérité sont intraitables).

C’est particulièrement marqué par Rimbaud lui-même : Rimbaud est une recension, une recension de tout ce qu’il a pu lire, penser, imaginer, désirer, décider, percevoir, ressentir, espérer et l'ensemble de toutes les perspectives historiques ou affectives, émotionelles ou sentimentales, existentielles ou objectives, tous les discours, toutes les positions de corps, l’ensemble de tous les rapports en quelques feuillets d’Enfer et d’Illuminations : sidérant et inépuisable, littéralement inépuisable … on ne peut pas en faire le tour parce qu’il désigne et signe à partir de la source, du Bord de tout, du « là » de Rimbaud, du sujet brut, très brut, via lequel Bord il existe et se reprenant s’existe assumé ; il ne manifeste pas une essence quelconque mais sa position, celle la plus extrême, celle en acte, qu’il ait pu atteindre de son exister qu’il a su dessiner et maintenir autant qu’il a pu.

De même qu’un arc de conscience se fond dans le mouvement d’un autre arc afin de remodeler son propre visage (et premièrement et avant tout d’acquérir qu’il lève, ce moi, son visage de sujet, de dispositif singulier, acté). Lire Rimbaud, lire quelque arc que ce soit bien sûr et se tourmenter pour la révolution ou se décider pour une éthique et une intense intentionnalisation, et se re-tourner par une esthétique ou une poétique (de même que le tomber-amoureux du moi, sa grande aventure, ou être investi d’angoisse ou de dé-pression, ce qui est moins drôle), c’est re-Modifier le schéma structurel, re-Placer la position.

Ce qui est atteint ça n’est pas un donné (qui est déterminé) mais une forme qui traverse ses contenus, qui ne sont de toute manière rien d‘autre que des rapports, mais que l’on imagine tels des « êtres » ; cette imagination à propos d’un être-supposé tombe dans le monde, le vécu ou le corps, mais la forme non, et cette imagination est elle-même prise dans le rapport (de même que le conscient est pris dans l’inconscient) ; la structure témoigne de la Dimension formelle de la réalité, du Réel de la réalité.

On ne transformera pas la forme en contenu, la structure en donné ; elle n’apparaitra pas, déterminée, mais elle supposera l’autre-surface du corps ; celle qui peut percevoir les mouvements et non les choses (qui ne sont elles-mêmes rien que des mouvements, il n'est de constant que la forme, pour nous le présent). L’autre-surface du corps est celle qui permet de lire les signes du mouvement, celui qui n’apparait nulle part et n’apparaitra jamais, qui est ce à partir de quoi « il est perçu ». Et comme la structure du réel est l’exister, le présent et non l’être, nous sommes l’attente et l’atteinte du présent, qu’il renouvelle non seulement la réalité (ce qui est effectivement arrivé depuis 25 siècles), mais qu’il remodèle le rapport structurel originel, qu’il change le regard dans le regard lui-même, qu’il se saisisse et soit saisit du miroir et non plus seulement des images. C’est ce que subissent les mois, si souvent (puisque le miroir est la brutalité même de la structure réelle, rappelons que le réel est la méta-machine qui engendre ses méta-mécanismes). Mais c’est ce que veut le sujet-dans-le-moi, son kaléidoscope, accessible dans le maelstrom qu’est la structure du présent.

Le regard dans le regard est le kaléidoscope, le présent formule sa propre instruction.

 

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