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instants philosophie

Une historicité philosophique

30 Août 2010, 21:07pm

Publié par zwardoz

L’inclusion par Kant de la philosophie dans l’exigence morale ou plutôt dans l’entière intention qui nous porte, marque bien que la philo entendue comme réflexive, retour sur soi, est le savoir aux limites de tout (par ex aux limites de la chose en soi). Mais ce faisant depuis le début la philosophie est « celle qui s’occupe de tout » ; entendons par là que l’intention qui est nôtre se décline aussi bien quant au beau ou l’esthétique en général (qui n’est pas nécessairement « beau »), au politique, à la perception et au corps, etc.

Le retour sur soi n’est pas seulement retour sur les conditions de possibilités de la raison et la raison, de fait, n’est plus seulement la « raison » (entendue scolastiquement ou classiquement ; genre Spinoza ou Leibniz), mais est bien la réflexivité sur soi de notre être … Il n’est plus question d’élaborer un discours objectif. De déduire le monde d’une notion ; scolastiquement ; ni de penser le monde comme objet clos (Leibniz, Spinoza ; qui n’existent que par le sujet cartésien qui effectue le monde comme « là », cad comme étendue).

Échec de la scolastique, échec de la métaphysique classique (excepté partielle en Descartes qui survole tout l’ensemble ; il échoue de déduire le monde ou les réalités tourbillonnaires et autres, mais il n’échoue pas de dire le sujet). Mais échecs qui portent (outre qu’ils performent tous en leurs genres ; ils poussent au maximum le dicible) ; parce qu’en tout est constamment abordée la constitution du sujet ; qui ne tient plus en un discours, mais peut être dit dans une cohérence.

Hegel donne apparemment la solution ; l’esprit ou dieu ou la notion réellement pensés jusqu’au fin fond du bout, est l’esprit lui-même. Dieu ou la Pensée ou le Bien sont l’esprit en tant qu’agissant et enroulant la totalité des concepts ou des attitudes prises par chacun face à … la puissance de l’esprit lui-même (ça n’est pas tant du monde dont on a à se tirer d’affaire, mais de la puissance de l’esprit qui nous ploie ; la phénoménologie et le savoir absolu sont les démêlés de notre être avec la puissance de l’esprit dans toutes ses réalisations successives et historiques ou ontologiques).

Evidemment Hegel réalisé, ça ne s’arrête pas là ; Kierkegaard ou Nietzsche ou Husserl ou Heidegger manifestent ceci ; que l’esprit (en tant qu’il se conçoit comme pensée continue) n’est pas tout. L’être de l’homme n’est pas la « pensée » (qui sera déconstruite à qui mieux mieux dans les structuralismes, par Lacan, par Wittgenstein, et tant d’autres), mais le sujet comme intention.

Que le sujet intentionnel trouve dans la pensée la seule possibilité est chose acquise ; ce serait une absurdité que de l’abandonner (comme le pensent les « révoltés laxistes ») : elle est l’outil absolu, mais outil d’abord et non pas finalité (ce que l’on continue de croire si l’on s’en tient à l’institution d’un discours fermé et clos et plat qui serait « la vérité »).

De quel être de l’homme, qui use de cet outil, l’ayant créé, est-il question alors ?

S’ensuit ainsi non seulement la déconstruction de la pensée, mais aussi du sujet en tant qu’il n’est pas du tout ceci ou cela, mais autre ; on s’en prend directement à Descartes, Kant, Husserl ; mais aussi pertinentes soient les déconstructions, c’est pourtant le sujet lui-même qui s’opère à vif … Quel est donc ce sujet qui découpe son propre être après avoir laminé la pensée ?

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Le libéralisme n'existe pas

14 Août 2010, 23:30pm

Publié par zwardoz

Si la loi du plus fort régnait sans partage, je ne crois pas que vous ou moi survivions bien longtemps ; il y en a de beaucoup plus rusé que nous, voyez-vous ; bien plus dépourvu de scrupules ; parce que des scrupules vous en avez, puisque vous êtes sur ce forum, vous êtes un peu plus éveillé que la moyenne … et les vrais rusés, eux, ne fréquentent pas les forums.

 

 

Je vais vous en apprendre une bien bonne ; le capitalisme, libéralisme n’existent pas (ou à peine, j’exagère évidemment). Ce sont juste des facilités ; qui usent d’une part des sciences et techniques, et d’autre part des institutions politiques inventées (en et pour elles mêmes) et des performances culturelles (de l’éthique à l’esthétique en passant par la morale privée et publique et la littérature et nos mass médias). Retirez tout cela et du libéralisme il ne restera plus que de vagues structures asséchées.

La démocratie est « je ne possède pas la vérité » ; j’ai ma vérité, oui, mais c’est l’expression des vérités mise en commun, cette expression, qui aboutit à des résolutions (dans tous les domaines), prises gagnant-gagnant ; comme vous pourriez dire. Il existe de nombreuses conditions à ce gagnant-gagnant ; notamment que chacun sache bien qu’un moindre accaparement immédiat, lui sera rendu plus tard et peut-être en d’autres domaines, et fois dix.

Cet atermoiement, cette suspension (du jugement) fait partie intégrale de la prévision et de l’intelligence de non pas se fonder sur une nature là, donnée, dont on accepte les conditions passivement, (sidération confortable du libéralisme et de sa « nature humaine » prisée comme argumentation décisive …)mais sur une remontée vers les conditions (le socialisme visant à remonter plus loin dans les conditions d’existence des gens et des choses et de redistribuer plus et dans des régions sociétales plus universalistes que la redistribution dite « libérale » ; quoique le libéralisme n’existant pas, il est des tas de redistributions pragmatiques dans tous les sens). La remontée vers les conditions est fondamentale ; elle permet de manifester une plus grande intelligence de la complexité ; au risque de glisser effectivement vers une simplification collectiviste (le collectivisme est une simplification de la réalité ; de même l’hyper libéralisme ; une règle, la concurrence ou le marché on ne sait pas trop, est chargée de tout ordonner… La démocratie c’est l’inverse, il faut des tas de règles et donc des tas de gens intelligents … on n’est pas sauvé… )

L’extrême droite est la redistribution, mais à quelques-uns. On se demande sur quel critère ; parce que ça devient immédiatement injuste et bizarre ; c’est comme dire « les seuls êtres humains sont ceux qui remontent à 3 générations d’insulaires » ; ça limite tellement la possibilité que ça n’aboutit qu’à des absurdités de résultats.

En quoi l’universel est en lui-même une profonde régulation de la réalité ; au sens où il rend possibles quantité de résultats, déjà, en lui-même. Et non pas l’épouvantail que l’on cite de temps à autre.

Ici comme ailleurs, la volonté (de chacun) doit se plier à l’intelligence ; mais comme c’est votre intelligence, ça ne blesse pas ni ne diminue votre volonté ; ça l’augmente.

 

 

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L'intention de jouissance

5 Août 2010, 20:02pm

Publié par zwardoz

Ce qui se noue dans l’hyper-raison de l’intention de jouissance, c’est enfin la liberté prise par rapport à tout fondement de jouissance du corps. Non pas à la jouissance du corps, mais par rapport à l’image, idée que l’on s’est incrustée dans l’intention issue de la seule jouissance que l’on connaisse ; celle du corps. C’est de cette hypostasie de la jouissance (à l’image de celle du corps donc), dont on se libère en ceci ; que l’acte intentionnel de conscience contient en lui-même sa propre navigation ; sa dimension.

Naviguez dans l’intentionnel lui-même, et vous serez guéri.

Aussi ne peut-on pas entendre « jouissance » comme jouissance ; c’est la forme même de la satisfaction qui doit être reprise ; qu’est-ce qui nous satisfait vraiment et pourquoi ? Et enfin pour « quoi », en vue de quelle fin ?

C’est une hérésie pour toutes les attitudes qui délèguent la vérité en la réalité ; volonté de puissance, pulsion ou productivité technico-économique marxiste ou consumériste ou linguistique et structuralisme, etc. Si la vérité équivalait à la réalité, on aurait déjà dans le monde trouvé de quoi se sustenter. Il semblerait plutôt que la vérité nous dévore, avale et épuise le monde et se projette bien au-delà. C’est sur le champ de la vérité que toute la réalité est passée au crible, notre être pseudo, supposé y compris (supposé toujours à partir du seul sujet)

La question demeure ; quelle est l’efficace de cette vérité pour prétendre dérouler tout le monde au-devant d’elle ?

L’anéantissement de l’idée-intuition (erronée) de la jouissance du corps (de la jouissance imaginée à l’image de celle du corps donc) libère l’intention comme réalisant seule et uniquement notre être ; quant bien même cette intention serait impossible (à réaliser), c’est qu’il convient que nous soyons la mesure de cet impossible et que nous coordonnions la distance prise ; sinon dans la jouissance imaginée du corps c’est la puissance du sujet qui s’y incarne et s’en désespère jusqu’à s’annuler et nier son être. La mesure consiste à admettre qu’il n’est dans ce monde, ni en aucun autre, rien qui puisse colmater le sujet ; mais cette mesure et cette maitrise est extraordinairement difficile puisque nous ne possédons pas d’identité fixée de cette intention et que notre désir continue de se percevoir volontairement ou involontairement selon ce qu’il connait et jusqu’à se saisir comme intention formelle de son être, il ne connait que le corps comme base et fondation et repli ou extension de satisfaction possible.

Entendons par là que l’intention engoncée dans le désir, se réfère spontanément ou se réfugie en repli dans le corps comme logique d’achèvement, de devenir, de restructuration et non pas trouve dans l’intention (qui est seulement ouverte, on ne sait absolument pas sur quoi) la possibilité d’une telle restructuration qui serait radicalement autre que toute espèce de monde.

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