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instants philosophie

Mécanisme, méta machinerie, le corps réel

28 Janvier 2017, 15:11pm

Publié par pascal doyelle

Lorsque l’on est sorti des mondes particuliers, nous nous sommes retrouvés séparés délaissés, abandonnés, mais notre être réel est cette séparation ; aucun monde humain ne peut plus réparer cet état, qui en vérité n’est pas un état, de choses ou autre, mais est une dynamique ; la question fut donc, immédiatement ou instantanément comme c’est dit, de non pas combler le gouffre ouvert (puisque ce gouffre est le réel même), de non pas combler le manque (parce que ce n’est pas un manque), mais de goupiller des machines qui prennent en charge le mécanisme (qui est intégralement, de fait, une division, il n’est pas quelque chose d’une part, de divisé d’autre part ; son être est la division elle-même, cad une structure, une forme, et donc parfaite, puisque non composée ; avoir-conscience-de est une forme, un rapport-à, un rapport-à en plus de tous les mondes, tous les corps).

Et qui prennent en charge le mécanisme sans le pervertir, l’annuler, le confondre avec tel ou tel contenu du mécanisme ; ce sont les méta-machines ; qui se chargent, portent et augmentent, le mécanisme en lui laissant son plus total jeu possible. Si je dis que dieu est Zeus ou si je dis que dieu est le dieu mono ça n’est absolument pas la même charge, intentionnelle ; Zeus engage déjà en quantité de distinctions, de déterminations ; tandis que dieu est si difficilement discernable qu’il ouvre la forme même. Si je dis que la pensée n’est pas la raison, c’est que la pensée bute instamment sur la limite et qu’elle est ou devient par et dans cette limite reculée indéfiniment ; elle se situe déjà à l’extrémité, qui posera plus tard, par devers, la raison (la raison est seconde, installée dans la pensée, chronologiquement, il faut tout l’orchestration de la pensée depuis 20 siècles pour que soit sup-poser la « raison » ; la pensée est hyper objectivité (notre-être/dans l’être, conçu comme une articulation, ontologique), la raison est objectivité (qui suppose le sujet, à tout le moins, cad le sujet cartésien mais évidé, et évité, le sujet absenté sans que soient posées les questions ontologiques).

La méta machinerie est « cela qui tient compte de la division », même si la plupart du temps on tente de recoudre la séparation, et alors si la pensée est suffisante cette suture est elle-même hyper active et crée d’encore plus énormes séparations ; une fois engagé dans le mécanisme réel, de l’arc de conscience vide et sans rien, pure forme hyper active qui sur-intentionnalise par delà groupe, langage, mondes, contenus, corps, au point que le mouvement s’éprend absolument cad formellement de lui-même.

Et ce sans admettre du tout les raccourcis ; on ne peut pas élaborer la déchirure en imaginant une union au divin, à la nation ou au peuple, à un idéal de soi, etc ; il faut élaborer la déchirure même, son archi-tecture. Parce que le mécanisme, absolument séparé, est formel ; ce qui veut dire est une technologie, inventé par la « nature », le donné, et en vérité créée par le présent (le présent étant, de fait et physiquement, le Bord du monde, et autant du corps, du vécu, du moi), et que donc seules les technologies adéquates, extrêmement pointues au fond, permettent d’accéder d’abord et ensuite d’élaborer le tissage structurel (en jouant de toutes les occurrences dites ontologiques ou anciennement métaphysiques, lorsque la pensée, et non le sujet, constituait l’amplification de la séparation, créatrice de ses rapports élaborés que sont les Idées, les systèmes, l’être, le Un faisant fonction d’accélérateurs absolus, formels de la réalité, puisqu’effectivement on perçoit plus et autrement via la pensée que via le langage et le commun et l’immédiat, et que l'on percevra de manière encore plus incarnée et corporelle après l'advenue du sujet, du dispositif antérieur à la pensée, de l'ontos).

Les élaborations de ce mécanisme, de cette technologie réelle (puisqu’affectée par cette structure absolument hyper active, qui n’existe que dans le mouvement, dans le rapport au donné-là, le monde, et au « là » du donné, l’acte d’être, ce qui se nomme acte d’exister ; de la réalité et du réel en somme), créent des méta machines qui tentent au maximum de retenir l'acte, l'arc, la séparation, de s'en charger au sens plein, comme d'un possible électrique, dans les systèmes extensifs (grecs) et le système intensif (le christique), systèmes intentionnalisateurs, de retenir, d’accéder à toute la potentialité de cet être spécifique qui ne passe pas dans le monde, le donné, le vécu, le corps ; puisque depuis la séparation nous existons sur le Bord (du monde). D'explorer le Bord dé-couvert par la séparation.

C’est ainsi l’architecture de cet arc, architecture qui se dessine au fur et à mesure de l'examen analytique de, sur et par sa propre activité, et qui se dessine au fur et à mesure des élaborations, des avancées formelles, ontologiques, dans la réalité et par le réel et qui se manifeste, s’expose, se montre comme se montre le Un plotinien ou l’arc cartésien ou la structure analytique lacanienne. Selon des mises en forme technologiques, complexes, mises en forme de votre conscience.

C’est par l’accès de votre conscience aux expérimentations rendues par les autres, les explorateurs de l’archi-tecture, et donc par l’élongation de votre corps, de sa perception en son être ici-même situé, dans l’acte, l’activation, l’activisme du présent et de la nouvelle surface du corps, que vous actualisez votre conscience ; de sorte que esthétiques, poétiques, éthiques, politiques, idéels, toute acculturation (fondée sur la séparation) renvoient à l’arc que vous formez quant au réel.

Et cet arc est si instantanément le vôtre, en tant que moi, et ceci puisque le moi est la personnalisation qui suit l'humanisation,  qu’il faut requérir à Sartre ou Lacan pour saisir que cet arc est incrusté dans, par, sur votre corps, le corps-spécial.

En sorte que depuis la séparation il se poursuit, très exactement et très hyper-objectivement, l’expérimentation du donné « là » et dans le donné là ; parce que le Bord est celui de ce monde, pas d’un autre, de ce corps, pas d’un corps rêvé, quoi que … puisque les images recherchent le miroir, qui n’apparait pas dans les images et qui en vérité n’apparait ni ne peut apparaitre en quoi que ce soit ; mais il est des images qui remontent vers, par le miroir, d’orientations ou de désorientations y compris (puisque nous ne sommes plus selon le monde, ni sa bonne régulation, qui est pourtant profitable, très nettement, mais parfois le désorienté est l’exister qui creuse l’être, l’arc qui dévore les contenus).

Les devenirs autour de la structure depuis la séparation, depuis la méditerranée, la séparation qui ne cherche plus seulement la réunion mais a décidé absolument de creuser, ce qui veut dire de vouloir ici et maintenant, d’actualiser toute la séparation (le christ qui meurt ici bas est, littéralement, cette séparation absolue), les devenirs activent la structure qui donc éprouve autant qu’il lui est possible, requérant toujours plus de son investissement individué, l’individué est l’ hyper-objectif, à cette fin d’explorer les entrelacs du présent (de ce présent qui origine toutes les réalités, toute la réalité, et qui est l’articulation qu’est le réel même) ; de tout ce qui peut, ici même, être convoqué, invoqué, supposé, accéder.  

Ce qu’il faut donc développer c’est la capacité d’actualisation, de rassemblement de tout ce que l’on atteint, sur le Bord du monde via les méta machines et comprendre que la vérité, la réalité, le réel, la conscience ne se situent pas dans un contenu, mais que toutes les méta machines servent à activer cet arc de conscience que l’on est, que l’on existe. Qu’une œuvre par exemple existe en tant qu’architecturant votre conscience, votre perception, votre autre-corps, celui qui se rend apte à percevoir, à accéder à la paroi du présent. Au surgissement des choses et des êtres, puisque le présent n'est pas le résultat pauvre et fade, mais l'origine, la source, le surgissement, la machine originelle.

C’est pour cette raison qu’une œuvre, esthétique, poétique (etc) prend le corps, passe par le mouvement du corps ; et on voit par ceci que l’autre-corps n’est pas une surface plane mais l’ensemble des torsions, des difficultés, des douleurs, des impossibilités de toute réalisation de l’humanisation (sous l’horizon de l’universalisation, et de la révolution) et de la personnalisation (sous la possibilité de l’individuation, dont les diverses occultations, maladies prolixes du moi, qui invente en veux-tu en voila des souffrances), et origine de la pensée, du sujet, du christique, de l'altérité (les ontologies de Nietzsche et Heidegger, les analytiques de Sartre et Lacan) ; en bref de l'Exigence époustouflante qu'impose la séparation.

C’est que la création d’un corps-autre est évidemment excessivement douloureuse et au sens également d’incompréhension éberluée, douloureuse pour un corps naturel.

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Si ça devient c’est pas pour rien

25 Janvier 2017, 11:10am

Publié par pascal doyelle

 

Rien n’a donc marché comme prévu ; on a aimé dieu, on a créé la pensée et puis on s’est converti au christique et instancié le sujet et dilaté dans toute l’altérité (heideggérienne et nietzschéenne), ou plus historiquement la révolution, qui fut un tel rêve, ontologique mais tout aussi bien celui du bonheur libéral que communiste. Rien n’a donc marché comme prévu, c’est donc que ça n’est pas terminé. Ça vient.

Tout ceci est très bien et permît de telles quantités de réalisations qu’il est inutile d’y insister. Et tout cela est vrai et réel, rien à en retirer, que l’on retrouve tout et ce sera bien.

Mais il ne s’agissait pas de seulement faire fructifier la nature humaine, la raison et autres. Du reste toute cette historicité fut passablement violente ou extrêmement pénible, et cela prît quelque temps, quand même, pour que l’on ébauche un semblant d’organisation collective et d’organisation individuelle, dedans la tête (l’un ne va pas sans l’autre, et élever le collectif c’est devenu la capacité de complexité individuelle, sinon c’est foutu).  

Revenons aux bases ; le donné là, la nature, l’univers, la détermination, la réalité (comme on veut) invente un mécanisme ultra-super délicat et d’une souplesse effarante ; non seulement des cervelles mais sortant de ces cervelles (sorte de gros enregistreurs, de mémorisateurs à tout va) sortant de ces cervelles, et de chacune qui plus est, un arc de conscience ; la capacité d’enregistrer ou plus exactement de surenregistrer telle information, inattendue, n’ayant pas encore de mémorisation dans la masse cervicale, et dont ayant la possibilité de remodeler, en partie, tel ou tel secteur de l’enregistré ; et ce par un accès hyper rapide et sans autre contrôle que celui-ci ; l’actualité de cette information effectivement constatée, lorsque l’on chasse et pêche ou lorsque l’on bavarde sur l’agora ou lorsque l’on regarde la télé (là ce n’est pas sûr … parce que l’information par chez nous fonctionne, étonnamment, comme redite et s’adresse peut-être plus à la cervelle et son recyclage qu’à l’acte de conscience original, originel, mais ici et là des flèches tracent les horizons).

Surenregistrer implique le système adéquat capable de subvenir aux informations non cataloguées. Autrement dit dont l’origine se situe dans le monde. Par un point d’attirance. Un acte, un arc de conscience qui sort de la cervelle vers le monde. Et qui détient son propre centre, mais dont le centre ne soit pas un empêchement pour acquérir et qui donc est, existe, formellement, comme un rapport à, capable de tisser des rapports dans la tension qu’il entretient. Qui sinon, si il était une information close, ne serait pas en mesure d’accéder à l’inattendu même ; c’est donc une forme, sans rien dedans, tel un pli sur la réalité, une tangente qui repère les échappées du donné, du vécu, du corps.    

Tout le jeu va consister à accélérer ou non cet accès ultra rapide. Les grecs  ou les juifs ou les chrétiens ou les philosophes ou les créateurs de toute espèce passent maitres dans la possibilité d’accélération de l’acte de conscience permettant d’enregistrer et d’élaborer une sur-mémorisation. Qui de ce fait ne doit pas être défini comme mémorisation.

Mais aussi, outre les pensées et les créateurs, les mois sont de telles petites machines qui captent instantanément le nouveau, ça les frappe. Ils sont faits pour cela ; de petites machines hyper ultra intentionnalisatrices.

Remarquons bien ; on n’imagine pas du tout qu’il y ait eu cervelle et puis conscience comme mécanisme hyper actif ; mais bien qu’il y a eu cervelle (grosse mémorisation énormisée) parce qu’il y eut acte de conscience permettant d’engrammer telle et telle information localisée et actuelle, et un ou des systèmes de répercussions de ces in-formations mentales et donc partagées et mémorisées dans un groupe humain. Evidemment c’est l’un par l’autre, mais on ne voit pas bien l’utilité d’une super mémorisation si il n’existe pas un arc tendu sur, vers l’information volatile et inattendue ayant à être enregistrée et traitée au vif. Ce que l’on nomme « culture », acculturation est l’activation d’un système d’enregistrement et donc de partage ; soit un groupe humain. De là à se demander si le « groupe humain » fameux n’est en fait qu’une machine à tenir, activées, les informations du monde … celles qui n’entrent pas dans la cervelle mais doivent s’actualiser continuemement.

On pourrait se limiter à cette description et considérer que la raison est l’apogée du traitement de l’information et couper net toute tête qui dépasse et qui prétendrait déduire quoi que ce soit de cet état de fait interrompu, de cette interruption qu’un arc de conscience produit ; et considérer que la raison est le donné expliquant le donné, dans un enregistrement plus contraint qu’à l’habitude et contrôlé et partagé et rendant possible mille et une actions sur le monde.

Or quelques-uns eurent une intuition stupéfiante, à moins que ce soit une envie ou encore simplement une motivation supplémentaire, en s’interrogeant sur la bizarrerie d’un monde, d’un monde naturel ou d’un donné là, qui puisse inventer un tel mécanisme étrange dont l’un des étonnements les plus apparents (mais non le seul) tient quand même à ce que le dit mécanisme d’enregistrement ultra rapide du donné apparescent, crée un être qui se sait. Il se sait lui-même, il sait qu’il existe et que le monde existe et que cette anfractuosité dans la réalité est une étrangeté.

Or ceci complote avec la seconde extase étrange ; qu’il y ait un présent, comme ça, qui nous suit constamment, qui ne nous décolle pas, est un fait aberrant et singulier. On a beau faire comme si le monde tel quel, ce donné là, comme si il était tellement naturel et raisonnable qu’il n’y ait pas lieu sinon de s’émerveiller, mais il arrive que l’on s’angoisse bien plus qu’on se réjouisse.

L’intuition de la soudaine anfractuosité de la réalité, comme ne contenant pas le réel, mais bien l’inverse : que la réalité soit un exemplaire, relatif, limité, du réel. Du RéEL. Que le réel est bien plus extensif que cette variante donnée telle que là, et que Je soit plus étendu que le moi si mal fagoté. Ce qui est encore plus considérablement parlant. Et qui nous soumet à la torture ; si il existe un mécanisme bizarre de conscience, et que le monde soit une réalité partielle, se peut-il que le dit mécanisme de conscience, qui excède son train de vie, soit précisément ce qui, dans la réalité, est chargé de percevoir, éprouver, imaginer, imager et penser plus loin que le donné ?!? Et que donc ce mécanisme, soient justement l’instruction, l’ajout dans la réalité qui tient à ce qui sera et non à ce qui est ?

Ce qui sera. C’est précisément de ce « ce qui sera » qu’il existerait un présent. Mais on ne sait pas quoi.

Sinon. Sinon nous voici renvoyé au retour ; il y a un « il y a » … parce que c’est comme ça. Point. Ça se peut, ça se tient. Mais l’équation est-elle respectée ? Ou donc, peut-on tenir l’équation d’un présent, d’une anfractuosité innommable, d’un mécanisme de conscience bizarre dans un monde aberrant et ce de façon adéquate, conforme à ces données de base, et le comprendre, si l’on admet béatement que c’est comme ça et pas autrement et qu’il n’est aucune question à se poser supplémentaire, alors que visiblement notre être est tout entier sustendu par le supplémentaire, justement ?  Et si notre être est sustendu au supplémentaire, n’est-ce pas parce que la réalité est suspendue au réel, c’est-à-dire au présent ? Qu’il y ait un présent veut dire nommément et littéralement et en tous sens que cela devient. Si ça devient c’est pas pour rien. Si ça devient alors que cela devienne est l’essence même de la réalité. C’est mathématique.

Pénétrer dans le mouvement de ce qui passe et se transforme, voire de ce qui se transmute, est l’objet même la philosophie ; démonter le passage, la passation du temps par le présent (on disait l’éternité jadis ou des choses dans le genre).

Il n’y a pas de raison de préjuger que le mécanisme de production du présent, ne serait-ce que via notre être bizarre de conscience-de ne soit pas démontable, analysable. Et puisque cet être est effectivement un être, cad qu’il existe de fait, dans le réel, pas idéalement ou abstraitement mais comme mécanisme agissant et ayant effets (et même un nombre incalculable d’effets), alors cet être dans sa construction réelle montre et indique l’articulation sur laquelle et par-dessus laquelle il se heurte (au réel) ; à savoir que l’être existe et que la pensée est l’interface qui expose, explicite, déplie le décalage qu’est notre être certes, mais aussi et c’est là le plus divinement inquiétant, le décalage qu’est la réalité elle-même en tant qu’elle est instanciée du réel, comme présent. Le décalage bizarre prend toute la réalité, et c’est le plus proche, le plus intimement antérieur à toute chose, tout être, là quelque part, re-caché, le grand externe, tendu, tranchant de la coupe du présent « celui qui distingue tout ce qui est ».

Aussi la pensée n’est-elle pas un discours tout-fait et clos, comme l’on entend ici ou là l’interpréter (faut-il pas être ignorant quand même ) mais un étirement a-temporel, qui permet d’expérimenter le décalage du temps, lequel ne consiste pas en une sorte d’éternité à proprement parler, bien qu’il puisse se percevoir comme tel ; de même que l’on ne peut pas observer du dehors (lequel alors ?) le déroulement de la pensée, tout indifférent, mais que l’on en est engagé si absolument que l’on pourrait annoncer que l’on y est étiré antérieurement à soi-même, le re-tour très présent d’y exister avant d’être, antérieurement à son moi, ce qui rend la philosophie si difficile, si cruelle, si outrancière et vraie ; le réel, le vrai, est une outrancière et excessive monstruosité. C’est le but du jeu, cet étirement, cet allongement de l’arc de conscience, son sommet, son horizon retiré : c’est le je.

Je suis un-tel, on voit bien un-tel mais qui est « je » ?  C’est le sujet étrange cartésien, aucun doute là dessus. C’est l’anfractuosité de la réalité côté réel, le non-temps, l’altérité, le premier laps, le re-tour, la possibilité antérieure. C’est aussi le sujet psychanalytique ; celui qui ouvre instamment toute l’intentionnalisation mais qui n’appartient pas à l’intentionnalisation, l’étranger, ni au conscient, ni à quoi que ce soit en fait, inutile de chercher ; c’est le miroir autour des images, des mots, des constructions, et se tient en retrait de l’être, qui se tient tout au bout du bout. Sauf que le bout est au-devant, en-avant. C’est de là que ça vient, de là que tout vient, par devant, en plus, parce que le réel est plus grand que lui-même, c’est ça le truc.

Mais on ne sait toujours pas à quoi ça sert.

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Rick et les zombies

21 Janvier 2017, 10:33am

Publié par pascal doyelle

Etant dans l’incapacité de se penser, ce qui veut dire d’articuler, d’organiser le monde, celui-ci continuera donc de se représenter, toujours la même représentation, le fantasme, enroulé sur lui-même, niant les contraintes, le donné, l’état du monde, et qui engendrera dans l’aveuglement  tous les effets de décisions néfastes, et qui s’enfoncera de plus en plus profondément, hors de sa structure et de toute décision structurée, conscience immergée, absorbée, dévorée et étouffée par la réalité hors de contrôle, mais le fantasme s’en fout, il ne perçoit que son pseudo monde. Les mois s’enfonceront dans leurs vécus, les industries creuseront plus profondément et dévasteront, les systèmes politiques déplieront leurs folies et ils n’en manquent pas. De même qu’il ne manquera pas de morbides psychologies qui trouveront tout cela légitime et porteront leur assurance par de grands coups de menton valant titre de preuve et de vérité.

 De tout cela il ne restera rien. Il faut donc travailler à retirer de cette déchéance généralisée, globale mondialisée, les quelques chefs d’œuvre ou technologies qui pourront éventuellement, ça n’est pas certain du tout, éventuellement émerger du pourrissement, se préserver des brutales catastrophes irréversibles, et orientations qui pourront éventuellement être utiles aux quelques-uns qui survivront. Bien peu survivront, et en espérant qu’ils puissent conserver un minimum ou, rêvons, un maximum d’organisation et de concertation, pas comme Rick et sa bande, qui mènent individualistement leurs aventures qui requerraient au contraire un sens impératif de la communauté ; on peut dire que Rick et les siens sont détruits par le monde apocalyptique et n’y peuvent faire face, parce que leur individualisme propre est précisément la mauvaise réponse ; de là à comprendre que cet individualisme est justement ce qui causât l’apocalypse zombie… qui sont seulement des corps coupés de tout, livrés à leur propre soif, leur propre gouffre dévorateur, comptés un par un, foule sans forme ; la distribution des zombies le long d’une route, d’une rue est suffocante, leurs déplacements n’a aucune signification, aucune orientation, ils sont chacun posés « là », comme des cruches ; foule indifférenciée par excès d’individualité délirante, des êtres individués sans universel et donc sans pensée ; les zombies sont tombés, avalés par le gouffre intérieur et ce gouffre n’a rie de romantique, c’est juste un tour sans fond de dévoration ; ou on pourrait avancer que Rick et sa petite bande essaient justement de créer l’organisation interne que les barbares et les zombies n’envisageront jamais plus.

Remarquons que ça se complique si l’on interprète que Rick & co sont en enfer et qu’il s’agit de sauver, ou de ne pas perdre, son âme ; Rick souffre beaucoup, mais alors vraiment beaucoup, c’est la série la plus douloureuse et hargneuse qui se puisse (mais certes pas aussi profondément troublante que The leftovers) ; une horreur totale, la plus épouvantable épreuve dont on ne sait plus si elle veut forcer les protagonistes à rechercher en eux-mêmes la force ou la motivation, ou si ils ne sont plus que des machines torturées, de guerre, mécaniques . Une sorte de série qui s’effondre par le dedans ; on fait bien les marioles et les gros bras, on opte même pour un côté nietzschéen, on agit parce que l’on se découvre des possibilités de guerriers ; et on finit par ressembler aux Z, émaciés, tout squeu, la peau sur les os, raides et bouffés du dedans, avec plus aucune humanité alentour dont se nourrir. 

La forme du récit (qui est nécessairement celui de destinées individuelles, c’est le roman-récit comme catégorie en soi) est la condamnation de leur errance ; mais on pourrait lire à l’envers ; à savoir que Neegan, qui sont tous « Neegan »,  conduit à l’indifférenciation, zombiesque, tandis que Rick & co luttent contre ce raz de marée écrasant, essaient sans cesse de faire corps, un corps étendu ; le problème étant que les liens qu’ils tissent sont psycho-affectifs (famille, amis, etc, mais aussi bien la "nation" au sens déprimant ou l'Amour entendu petitement qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez, qui reste un vague mouvement du corps, qui n'est pas le christique en somme, l'amour sans caractérisation absolument divine et autre) et non pas universels et réflexifs. En vérité on n'imagine pas un "récit" qui serait un sens de la communauté, tel un communisme apocalyptique ; ça ne correspondrait absolument pas au Récit dans sa structure même. On atteint les limites du Récit lui-même. La solitude ontologique parfaitement paranoïaque.

Bref. Les élites sont encore plus absurdes et corrompus que les peuples, qui voient bien que ça cloche ; et comme les peuples ne possèdent pas d’intérêt ou si peu, les peuples perçoivent plus clairement la dévastation, mais les peuples sont bien incapables de se coordonner (ils réagiront égoïstement et aveuglément, comme tout le monde) et ce d’autant plus que les peuples ne pensent pas vraiment, ils le sentent mais ça ne remonte pas plus haut, et que donc ils sont de ce fait encore plus éloignés de se coordonner, de coordonner quoi que ce soit. Sorte de mouvements fous qui vrillent dans tous les sens, comme les Z  mais hyperactifs. Pour coordonner le monde (ou ne serait-ce que ses propres mouvements) il faut articuler la réalité, et articuler ça s’effectue par le haut.

C’est Clinton qui a libéralisé le marché financier, si je ne me trompe. Clinton le mari d’Hilary. Ou Mitterrand, chez nous. Après on s’étonne. Mais ça n’est pas étonnant du tout.

Comme on croit que le monde, la réalité attendait notre fantasme (le fantasme de réalité qui nous agite), on n’en revient pas que la réalité n’y corresponde pas du tout ; que l’on s’est trompé, que c’est autre chose que ce pauvre fantasme idéel, cette image de soi ou de l’humain, totalement non réaliste ; c’est autre chose qui se devait créer à propos de soi et du monde. Comme on n’a pas l’intelligence de produire un rapport au monde autre que ce fantasme, cette irréalité, on n’a pour résoudre l’effondrement que l’insistance de cette irréalité, rien d’autre ; on ne peut saisir nous-mêmes et le monde que par et via ce phantasme, qui va se répétant.

Et le fantasme est axé, bâti, produit par le corps ; comme boussole d’orientation, en ceci que l’articulation de l’attention que l’on porte aux choses et aux êtres au lieu de se créer comme attention fortement architecturée, convaincue de sa méthode et stratégie de conscience, se soumet, se délaisse, ne pousse pas jusqu’au bout son émergence de structure ; et le fantasme, le remplacement de cette attention stratégique par une image pourrissante, le fantasme plie les intentionnalisations, et même les plus étendues et élevées, les plus universelles. Vous créez une démocratie, vous la pensez bien comme il faut, alors de minuscules puis d’énormes motivations faciles, immédiates, pauvres, désirantes, viendront plier cette démocratie, s’insinueront et gagneront la réalité, la réalité elle-même n’offrira plus d’autre visage que celui composé de ce fantasme de réalité généré par l’immédiateté et l’impossibilité de penser par-dessus sa propre auto perception naturelle, spontanée, et, qui plus est, bien nourrie, cad extrêmement motivée à se préserver comme illusion, comme séparée, hors réalité.

On cherchera à justifier ce fléchissement, cette inclinaison des intentionnalités vers le bas, la faiblesse et la pauvreté, mais comme on est incapable de dénouer le fantasme, il pèsera de plus en plus lourd, se gonflant des perceptions, envies, désirs, décisions déjà acquises à sa cause morbide, qui parait tellement « naturelle », cette facilité et naturalité qui correspond tellement au monde comme il va. Qui n’est pas tant « morbide » que simplement désarticulée ; le désir s’organise ici et là, mais ne peut pas organiser des ensembles et un agglomérat de désirs ne constitue en rien une pensée, une maitrise.

Il ne suffit pas que quelques-uns ou en son fors intérieur on puisse ici et là se dépasser, il se devait que tous ou une majorité soit capables de voir plus loin, d’élargir l’horizon, d’articuler la réalité ; on ne se sauve pas tout seul ; ça n’est pas pour rien que le christ envoie le St Esprit pour réunir les convertis, et ce au cœur de l’empire romain, agrégat étatsunien du temps jadis ; le St Esprit est lui-même dieu et devait unifier comme telles toutes les consciences séparées par le christ. En vérité on ne se dépasse qu’à peine si ce mouvement n’est pas stratégique, ce qui veut dire partagé. Comme un danseur qui après un délicieux envol gracile, retombe lourdement sur le plancher, s'aplatit, ce qui gâche tout, même si pour faire passer le ridicule il obtempère de petits sautillements, pour faire genre.  

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L'investissement

18 Janvier 2017, 15:32pm

Publié par pascal doyelle

Les méta-machines inventées débutent instantanément suite à la découverte de la structure, autour de la méditerranée ; à savoir que l’on n’admet pas le contenu de conscience comme si ce contenu était le monde, le groupe humain, la perception, etc, mais que l’on s’aperçoit que nous produisons effectivement par notre activité de conscience, d’intentionnalisation, la réalité et qu’ainsi il est possible et l’on doit intervenir dans et par l’intentionnalisation, que donc l’intentionnalisation doit se prendre pour objet et s’observer et s’instruire (au sens d’injecter de la conscience dans la conscience) et puisque toute cette expérimentation nouvelle ne possède pas encore son langage, son système de signes, son repérage, sa cartographie, on lance dans le donné qu’il existe un donné là et un « là » du donné (soit donc le monde et l’être, la réalité et le réel).

Les méta-machines, qui nous sont très difficilement compréhensibles, ne nous sont absolument pas étrangères et ce ne sont pas seulement « ce qui doit être accomplie et créé » mais ce qui déjà existe et que nous saisissons déjà du dedans ; tout moi, toute constitution de société, tout système, esthétique ou poétique ou idéel, sont des méta-machines. Il se trouve que nous vivons dans une méta-machine et que le nez dans ce monde spécifique nous ne percevons pas ou plus comme le méta s’origine depuis la méditerranée et que la pensée grecque, le christique, etc, s’organisent comme méta structurel.

Depuis la méditerranée les méta-machines se créent à partir du mécanisme de base, l’arc de conscience (qui est un rapport, au réel, d’une part, et à la réalité, d’autre part) et forment ce que l’on nomme l‘acculturation ; rapport qui consiste à répercuter la réalité par le réel, à amener la précision du réel, pointé là au devant, dans la réalité ; en ceci que tout ce qui est, est instantanément cela même qui existe, tel que donné pour tous, pour tout, absolument, partout où et quand que l’on soit, bref la clef, la source, le point. Des méta-machines on hérite pas, le méta doit être activé,  actualisé, soi-même, par effort, à chaque fois, et qui réclame notre investissement, le plus poussé possible ; par quoi on s’instruit, on instruit dans la forme de son arc propre, l’expérimentation même de ce que l’arc veut ; ça n’est pas un contenu que l’on doit ingurgiter, mais une articulation que l’on doit vouloir, décider, désirer. Soit donc l’investissement de notre corps.

L’investissement est cela qui conduit tout accès individué ; on peut accélérer aussi profondément le méta (dans le corps, et selon la surface-autre du corps) qu’il nous est possible.

Les grands sujets (lorsque commence d’apparaitre et de se représenter le sujet jusqu’à Rimbaud, Nietzsche, et même jusqu’aux sujets démolis, Kierkegaard, Kafka, l’existentialisme) reçoivent en plein la fulgurance de l’investissement possible ; ils ne se garantissent plus de l’universel et de l’humanisation, déjà réalisé par la révolution ; ils sont livrés au gouffre qui passe pour intérieur (celui du romantisme) mais qui est externe (celui de Rimbaud ou de Nietzsche et de l’altérité intégrale de tout) ; jusqu’à ce que tout soit projeté intégralement dans l’extériorité, de l’objectivisme, des psychologies et des sciences, mais aussi selon l’externe (qui est distinct de l’extériorité) de la philosophie, sartrienne et lacanienne (pour les deux pivots, mais évidemment c’est l’ensemble de la pensée qui explose, expose l’intériorité et l’extériorité sur le roc de l’altérité, du monde mais perçu ontologiquement, investi ontologiquement).

Lorsque la structure apparait, elle expulse le groupe, le langage, la parole, le monde local, l’immédiateté, le corps, et puise le renouvellement dans l’instanciation de la méta-machine qui se met en place ; l’arc de conscience crée instantanément son architecture, son archi-tecture, et son archi-texture, celle du corps. De là la négation, dialectique, vis-à-vis du corps donné ; non pas tant de sa biologie que devant les finalités immédiates du corps donné là, et qu’il faut remplacer par les finalités nouvellement structurelles ; celles qui permettent d’assumer la pensée, dieu, le christique, le sujet, l’altérité. Cette négation dialectique :  qui se sert du corps donné non contre le corps mais afin de métamorphoser ce corps donné en corps-autre, doué d’une autre-surface, de perception, d’imagination, etc.

Lorsqu’elle se durcit la structure est ontologiquement l’altérité, le donné en tant que « là » ; ça n’est plus l’être, l’idée de l’être, l’idée des idées, l’universel par-dessus le particulier, mais c’est le monde dont la première puissance fut l’étendue cartésienne, étendue tellement étrange, simple rappel de dieu par l’infini et puis retour à l’étendue du monde.

Le problème est pour l’idéologie de la raison, du naturalisme, du réalisme, cad en fait de cette attention qui ne définit que la réalité, et la réalité, qui plus est, sous la forme d’objet, est donc qu’elle considère le donné là par le sujet absenté ; rendu au pur et froid regard extérieur, incapable de se situer lui-même et surtout n’affrontant pas même la problématique, la gigantomachie de la position de notre-être/dans l’être ; on supprime alors la pensée, dieu, le christique, l’altérité, le un, et tout ce que l’on voudra. Et le monde se referme, il se clôt sur chaque regard, annulé, et renvoyé à sa composition (décomposition) de, par ex, corps-langage ; mais non, ce que vous percevez ça n’est rien d‘autre que votre fantasme, une sorte de production psychologique ou idéologique (il y a de multiples variantes de ce « ramener la pensée à l’état de chose morte »).

Peu importe parce que toutes ces suppressions n’atteignent absolument pas la structure ; de sorte qu’au travers de ces négations elle continue de travailler la réalité, sa représentation, les idéologies, le conscient et l’inconscient. Elle est sur le bord, elle est le Bord et n’est pas atteinte par le monde ; et pour le moi qui désespère de représenter cette structure, agissante en lui, son sujet, il demeure dans l’incompréhension, douloureuse, angoissante, inaccessible, inaccessible à tout le registre interprétatif dont le moi dispose, qui croit qu’il n’est que un-tel donné.

Evidemment l’interprétation ancienne, divine, qu’elle soit la pensée ou dieu, le christique ou le sujet infini, ne fonctionnent plus ; mais ils rendaient parfaitement, en leur audace, leur audace plotinienne pour ainsi dire, l’accès au décalage ontologique (que l’on a reconnu exigé, par le fait même que de toute façon on est autre-que, autre que n’importe quoi, se tenant du regard externe) ; si regard externe il y a on peut commencer de saisir à quelle douleur, étrange, de source structurelle, chacun est soumis ; chacun (se) voit du point externe inidentifiable.

On pourrait supposer qu’un tel regard autre est seulement fonctionnel … qu’il ne change rien puisqu’en lui-même il est simple position, et que la « conscience » n’étant plus un arc (une structure réelle, réellement agissante) non seulement n’est plus une âme mais est réduite à une fonction ; ce qui était somme toute déjà contenu dans le rationalisme ; de là que Kant éprouve un mal fou à authentifier et définir le sujet individué ; simple transcendantal dont on ne peut rien dire mais le supposer, ou qui occupe seulement la fonction de Un formel dans l’équilibre de l’entendement et de la perception. Mais il apparait bien plutôt que si il existe un tel hiatus « fonctionnel » alors le dit décalage est cela même qui compte et cela même qui dérogeant à toute définition, est l’externe structurel lui-même. Et si on ne peut plus admettre l’âme ou l’infini sujet comme explication, c’est que ça n’en sont pas ; que nous sommes passés outre les explications symboliques et que dorénavant nous aboutissons au structurel même ; soit donc les deux figures de Sartre et Lacan.

Que l’arc de conscience ne soit pas la fonction d’un super contenu, serait-ce la raison, veut dire alors qu’il est, lui, le mécanisme absolu. Que donc ayant conquis le donné là, par la pensée, la raison, et ayant instruit l’humain comme humanisme et ayant travaillé, au corps, les mois, la machinerie du réel appuie sur son représentant direct ici dans le monde, l’arc de conscience. Ce qui implique la redistribution sur tout le devenir et la prospective sur le possible.  

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Se tenir au bout du réel

14 Janvier 2017, 13:30pm

Publié par pascal doyelle

On nomme cette précédence de la structure « conscience » ; ce que l’on sait depuis des temps immémoriaux ; sauf que l’on remplissait cette conscience par un contenu et que l’on croyait qu’il s’agissait de la conscience que ce contenu avait de lui-même ; ainsi « j’ai conscience de moi » parait supposer que le moi existe avant la conscience et qu’elle y est utilisée par une identité ; alors que c’est l’inverse ; l’arc crée le moi comme il crée le langage (on sait bine que chacun reçoit le langage, qui est créé collectivement, mais c’est l’arc qui génère le langage, qui est rapports, par la cause qu’il est lui-même, arc de conscience, le rapport unique), comme il crée la perception ou les désirs. Il faut toujours constamment un point d’attirance hors du champ, par lequel tout ceci se met en branle.

Si cet arc, cette structure d’attirance est dite précédant, c’est qu’ontologiquement elle est première bien qu’elle vienne après tout le reste (cad l’univers, ce monde vivant, cette société humaine, ce langage, ce corps, ce vécu, etc) ; elle est ce par quoi tout cela s’installe, au sens ontologique, au sens qu’il faut un arc tendu vers le « là » du donné (le réel de la réalité, le réel hors-cervelle, hors mémorisation) ; autant dire que la structure de sa verticalité (qui est purement formelle, sans rien) est horizontalement enfoncée dans le donné humain ; elle soulève déjà depuis toujours n’importe quelle société humaine, de même qu’elle expose dès la racine tout vécu et tout corps individuel ; tandis qu’auparavant le collectif faisait office de vérité et de réalité, étant entendu que depuis la révolution chacun est délaissé, seul, unique, de par son corps, cet arc est extrêmement tendu et concentré en chaque personnalisation ; il se déclenche après l’enfance lorsque l’on parvient à se positionner « soi hors de soi », ce qui est une manœuvre éprouvante et fondamentalement complexe, et que l’on n’est plus le soi que l’on était, on devient le point-autre (on tombe amoureux par ex) ; bien que l’on éprouve l’impossibilité d’être ce point-autre (celui par lequel on (se) perçoit), puisque c’est « soi » que l’on perçoit … n’y étant plus. Ce chassé, ce glissement et l’impossibilité de rejoindre le point à partir duquel on perçoit, oblige à se considérer soi, comme si le dit point n‘existait pas ; or pourtant c’est ce point-autre qui existe et non pas le moi. Le contenu prend toute la place, il bouche le champ, mais en vérité c’est l’arc et le point-autre qui existe. De sorte que, en vue de l’éthique ontologique (qui décidera ou plutôt qui permettra d’orienter notre être, la structure de notre être, son exister), c’est l’élaboration de ce point-autre que dessine la philosophie (discipline la plus claire et transparente, mais éthique ontologique qui parcourt toutes les articulations, esthétiques éthiques, politiques, etc).

Et ce qui vient de ce point est toujours absolument autre ; parce que ce qui reglisse dans le conscient, dans la perception, dans la représentation et l’image, laisse le point-autre encore et toujours autre ; tout ce qui est intentionnalisé est situé, positionné sur et par l’horizon et l’horizon s’échappe puisqu’il ex-pose.

Il faut donc une intuition et perception absolument hors norme, puisque ce qui est a-perçu excède, est autre et soupçonné d’être ce à partir de quoi « il est perçu ». Il est perçu de la réalité et du réel. Et ce à partir de quoi on se perçoit. Et cependant on sait bien que l’on se perçoit… et que c’est sans fond. C’est ainsi une terrifiante articulation que l’on soit perçu par « soi-même » qui n’est pas du tout ce moi. Et c’est en ceci que l’atteinte est terrifiante, par exemple comme rapport à dieu ; « il nous regarde », il est le regard-dedans. Si l’on se demande à quoi correspond, pour ceux qui ne croient pas (et ici on ne présuppose pas du tout la croyance), à quoi correspond « dieu », c’est que le dit Regard absolument Autre toujours déjà impérativement Autre, est le point-aveugle même de chaque arc de conscience ; le point-aveugle qui-voit.

Ce qui nous est effectivement devenu presque, pour beaucoup en tout cas, insupportable ; on ne comprend même plus cela ; parce que l’on sait depuis la révolution (et la raison du 18éme, et le droit et la constitutionnalité, mais aussi surtout depuis l’acculturation et les esthétiques-poétiques, etc) que « mon » regard m’appartient ; sans cette intériorité le sujet se supprime et ça n’est pas acceptable, tout traversé et transpercé qu’il serait, qu’il était, par dieu et son observation externe, et dépouillé de son « moi-même » ; ça ne respecte pas du tout la construction structurelle ; si un dieu me supprime, il n’est pas dieu. Et de ce fait on pensera bien ceci ; que si pour nous dieu nous dilapide et que nous réclamons une intériorité, c’est qu’auparavant ce dieu transperçant créait, constituait cette intériorité, grand soulagement de devenir enfin l’individualité, sous l’exemplarité christique,  l’intériorité de ceux qui ne disposaient pas de la révolution et de leur statut d’acculturation individuelle, et que enfin vient la psychanalyse qui nous dépiaute si intégralement qu’encore le Regard, un regard encore plus étrange que celui de dieu, nous possède ; l’in-conscient.

Mais ce regard m’appartient-il ? Non qu’il soit possédé ailleurs, bien qu’on le signale des autres, à tout bout de champ ; ce serait pire si ce regard m’appartenait pas justement. C’est parce qu’il ne m’appartient pas et qu’il n’appartient à rien ni à personne que je, le Je et le moi, nous sommes libres, délivrés, de toute appartenance ; Bout du bout ou Bout du Bord, excentré et Autre. Forme sans rien ni personne, mais une et strictement individuée, tellement individuée qu’elle n’a pas même besoin de raisons, de causes, de déterminations, de contenus, d’identité pour s’exister individuée. Chaque arc est juste et rien que le Un lui-même, le rebours du pur et brut, voire brutal présent.

Lorsque l’on dit que l’arc de conscience est autre que le moi, on ne sous-entend pas du tout qu’il appartienne à quiconque ; on veut dire par ‘arc de conscience’ qu’il n’appartient à rien ni à personne, qu’il n’appartient pas même au moi et c’est tant mieux parce qu’alors l’arc est l’individué pur et brut. Non seulement cet arc ne supprime pas qu’il y ait un moi, langage ou humanisation, mais il montre par où cela s’en va. Ça s’en va par le bout. Le bout par lequel ça ex-siste. Et le bout nous transporte, nous pousse soudainement au Bord. C’est bien ce que les récits et pensées existentielles (ou mystiques ou ontologiques ou les expériences à vif telles qu’elles furent, toutes) ressentent, en renversant le centre, dans le décentrement complet de celui qui se perçoit abruptement de l’extérieur. Ou plus exactement (en quoi il faut un vocabulaire approprié, adéquat à son « objet », absolu, cad formel), qui se perçoit de l’externe, de la structure.

Se tenir au bout du réel

En somme on se tient du bout. On est toujours déjà au bout. Celui par lequel tout s’en va et celui par lequel tout survient. Et comme c’est strictement impossible d’y être, d’y être un tel ou d’y être ceci ou cela, que l’on n’y est pas, alors on y ex-siste. Ce qui est, est déterminé, et il n’est que le déterminé, mais l’exister est en-deçà ou au-dessous ou par-dessus, bref pas à sa place du tout, et signifie, indique, montre, du doigt, là où cela (n’importe quoi, tout, et plus) existe. C’est toujours du niveau d’en dessous que l’on est, ou de par-delà, comme jadis, que l’on intentionnalise, que l’on décide ou désire (et la psychanalyse en fait ses choux gras, et ce sans elle-même parvenir au bout du bout, parce que c’est impossible) ; Kant nommait cela nouménal, l’en-deçà, et y incluant l’étrange liberté ; ça vient de « là », disait-il. C’est le Bord sur lequel on se trouve perché depuis Descartes ; la Volonté nietzschéenne est dite comme cette volonté-autre (celle qui nous-veut, et qui veut selon le plus ou le moins) mais c’est une semblable délimitation ; on peut tenter mille approximations du même Bord.

Il n’est pas lieu, ou plus exactement il est effectivement lieu, de distinguer l’in-conscient et l’arc de conscience ; l’un comme l’autre n’entre pas dans le conscient. On ne dit pas « inconsciences », mais in-conscient ; or l’arc de conscience qui est arcbouté au réel ; son horizon formel, à partir de sa verticalité vide et stricte ; l’arc n’est pas le conscient mais le pose en re-venant du bout du monde, du vécu et du corps. Lorsqu’il re-vient, il revient mais comme il ne (se) voit pas, c’est comme si il venait tout court, vers nous, constituant ce nous, ce moi (et on remarquera l’arc de chacun est aussi l’arc de tous ; il n’existe que des uns, qui reviennent avec lelangage, par ex, le monde humanisé). L’in-conscient est et n’est pas l’arc de conscience ; l’échappée inconsidérée, considérable ; et si la psychanalyse démontre, lacaniennement, la structure in vivo, démontant le moi, la philosophie a supposé, expérimenté, explosé le conscient (qu’elle a quasiment tout élaboré dans le même temps, dans le même mouvement), et explosé el conscient sur la verticalité aberrante de la structure (du Bien par-dessus les idées, du dieu tout autre, du sujet impossible, de l’altérité de tout ce qui est). La description psychanalytique s’ajoute à, aux descriptions excentrées de la structure, de l’exigence, de la dureté de la limite externe-interne de notre être, qui tient justement dans l’altérité du point-autre, toujours en-dehors puisqu’il re-pose n’importe quel donné.

Mais la logique est la même ; l’altérité crée la réalité, et l’altérité est la racine même de ce en quoi nous sommes jetés ; il nous revient donc, puisque l’on n’entend pas se laisser faire, de nous saisir à notre tour de la racine ; soit d’abord de nous y pré-disposer, et en fait, au fond, de se nouer au Bord structurel de tout monde donné, de tout monde humain, de tout corps. La prédisposition consiste à ramener en nous toutes les explorations, toutes les illuminations, et les débordements, telles qu’elles se permirent effectivement d’être conduites de l’arc de conscience (l’altérité est à cette fin : déborder ; si le Bord était le Un monolithique, ça ne bougerait pas et ne s’engendrait aucune réalité, pour qu’il et puisqu’il est une réalité, c’est que le Un est l’altérité elle-même, que le Un provoque infernalement qu’il y ait réalité, parce que dire réalité signifie dire réalités, de ce qu’il y ait réalité, il y en a nécessairement plusieurs et qui dit plusieurs dit indéfiniment). Et le nouage du réel afin de pénétrer dans l’inépaisseur du Bord, dans le rouage de la machine absolue qu’est le réel.

Puisque c’est ceci qui compte, qui est recherché ; accorder notre être à ce qui est ; or il faut pour cela que l’être puisse comporter la distinction, le déchirement, l’altérité, et qu’il supporte une structure sans frein, libre avec force et puissance, potentialité, et si le réel supporte une telle structure c’est qu’elle lui est native ; la même logique qui imprime un être structurel en plein décalage ontologique, c’est la même logique qui origine la réalité. C’est par timidité que l’on cherchait par l’universel et la réconciliation ; la vérité est la brutalité du réel ; machine étincelante et violente. Se rendre violent et étincelant, mais non pas entre soi, non pas via à vis des autres consciences ; violent et étincelant et assumer la brutalité du réel, pour la convertir, convertir la plus effrayante brutalité, la rage et la violence, puisque l’on n’est pas de l’altérité native sans péril et sans périr : l’être qui surgira du dedans du réel, ce seront les dieux étranges et tous ensembles si distincts et si furieux, les dieux, les méta-machines structurelles qui existeront hors proportion et ajouteront la réelle dimension du monde. Celle qui n’existe pas. C’est l’impossible qui se cherche bruyamment dans les myriades de réalités, au travers de toutes les races, de tous les mondes ; ici ou là certaines y parviendront, pour les autres l’effacement, des mondes entiers oublié.

La machine du réel est impitoyable (mais l’est-elle vraiment ? on ne sait pas) D’une brutalité effroyable, et une monstruosité, une horreur, ça n’est pas l’Ordre qui préside, c’est le possible. Et pour qu’il y ait « réalité » il faut qu’il y ait la Possibilité. Et pour que dans cette réalité il y ait un être qui se tienne de lui-même, il faut qu’il y ait arc de conscience, ce qui veut dire « rapport à soi du rapport » (parce que si il s’agissait d’un rapport à soi d’un être déterminé, ce serait un être déterminé et non un rapport à soi, et il serait alors dépourvu du possible, de l’indétermination). Et si cet être doit s’accorder à son indétermination c’est afin qu’il réalise non plus une réalité déterminée, mais encore plus grand que la réalité ; le réel comme possible pur. C’est cela le sens de ce non sens, de cet insensé effroyable ; que dans la possibilité de la réalité, il surgisse un Possible plus grand. Ce qui est strictement impossible et constitue l’enjeu absolument radical, à la racine, la racine qui n’existe pas encore, qui commence d’exister depuis le tout début du réel.

Le réel est ce qui rend possible un plus grand possible encore. Croit-on que l’on obtiendra le réel plus grand que lui-même (étant entendu que le réel est absolument tout ce qui est, qu’il n’existe rien d ‘autre en dehors) sans déchirement, et admettre le déchirement non pas comme subi par « ce qui est », mais le déchirement à la source même, comme structure antérieure à tout ce qui est ? Sans l’effroyable déchirement, la distinction, la distinctivité poussée bien au-delà du possible, et n’est-ce pas à cette fin que dans la possibilité de la réalité, pousse à s’extirper plus grand que soi, le réel, et plus grand que le plus grand encore ? La structure est lancée, et elle ne s’éteint pas, elle ajoute. Créer de l’infini dans l’infini, et encore plus d’infini, et cela requiert ceci ; que la réalité, à la base splittée d »jà depuis toujours, soit elle-même infinie, qu’elle possède l’énergie infinie afin que d’innombrables infinités surgissent et créent, chacun, leurs cheminements, leurs élaborations en-plus.  

Et on voudrait que cette machinerie infernale puisse être supportée par un corps ? Par un moi ? Par une personne humaine ? C’est bien qu’il est requis de passer à autre chose que ce bricolage de déterminations, un moi ça ne peut ou ne veut que se lover, ça gémit et ça se rassure. Le sujet impossible est l’autre âme, l’autre corps, l’autre surface du monde.

Et plutôt que de se sustenter aux mamelles de l’universel, comme autrefois (ce qui permit la révolution et autres gigantismes, quand même), cette fois voici le sujet bien nanti et presque assuré de sa structure ; structure qui plonge, par Sartre et Lacan, jusqu’au Bord. Et entendons jusqu’au Bord du corps. Que va-t-on savoir en faire ? Il convient que nous ayons les cartes en main, puisque dorénavant nous sommes parvenus au Bord, et qu’il nous est acquis qu’il ne s’agit jamais, nulle part, en aucun sens, d’un contenu quelconque à agiter, mais de la structure de cet arc, en tant que surgeon de toute l’altérité qu’est le réel, et qu’ainsi c’est du maniement de la structure par elle-même dont il est question et non plus des innombrables colifichets qui animent prétendument nos vies.

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Le sujet dessous le moi

11 Janvier 2017, 10:38am

Publié par pascal doyelle

Il n’y a pas de sujet, parce qu’il est impossible ; mais c’est parce qu’il est impossible qu’il y a un sujet ; sinon il serait déterminé et partie du monde ; le sujet est de fait une structure impossible.

Il est effectivement des mois, c’est certain, mais composé, et qui se rêve, s'imagine un ; il se rêve parce que par l'avers il est selon le sujet, et c’est le sujet qui se propulse comme moi ; le moi croit ou imagine qu’il est, alors qu’en fait il ex-siste comme sujet. Impossible cependant de pousser le sujet dans le monde ; le sujet expose au-devant le moi, le monde et tout le reste, mais n’apparait pas. Or le sujet ne projette pas le moi au-devant de lui-même ; la cause est inversée ;  le sujet attire le moi à partir du réel ; le sujet, impossible, existe dans le réel et étire le moi vers le réel, à l'inverse du sujet kantien (quoi que l'on ne sait pas trop puisque si l'unité de l'entendement est une fonction, le sujet pratique est un noumène et on ignore "où" est le nouménal).

Or donc le moi est, et il est plein de parties, composé donc, et n’existe pas et les parties tiennent de ce que le sujet étire le moi. Grosso modo. Le sujet est impossible et n'existe qu'en acte, cad au présent.

La philosophie a créé la pensée pour prendre au piège le Bord du monde, mais ça glisse, ça prend la tangente ; de sorte que les systèmes de la pensée (des grecs à Descartes) prennent chacun telle ou telle tangente (et ce de manière structurée, pas n’importe comment et progressivement, mais pour l’instant nous sommes dans le passage de la pensée à l’origine de la pensée, soit le sujet, la structure, celle qui n’est pas et qui existe). Toutes les pensées et les systèmes pèchent par un coin. C’est par le coin que le réel entre dans la pensée ; chaque système (chaque système conséquent, cad qui assume jusqu’au bout et suffisamment achevé en sa profondeur de limite, de Bord) se retourne à la fin ou au début ou même au milieu, et c’est le Bord du monde qui pointe son nez ; il crève l’écran. De sorte que l’écran crevé, ce ne sont plus les images qui se montrent mais le miroir qui se relève d’un cran.

Il est faux de prétendre que la philosophie a voulu boucher le trou, enfin oui c’est ce qu’elle a voulu parfois, mais sa structure est telle qu’elle ne peut que, malgré les auteurs, creuser le gouffre structurel ; la pensée, dieu, le sujet, l’altérité, tout ce que l’on voudra, sont des opérateurs qui creusent le trou du réel brut. La pensée est divine, dieu est hyper exigeant, le sujet est un tourment et l’altérité une horreur. L’altérité est partout prononcée.

Le passage du monde, du composé, des images vers le miroir, dans la tangente prise, du Bord du monde est aussi le Bord du moi… ce qui est quand même beaucoup plus concernant. On est au Bord. Chaque moi est au Bord, et de son sujet, impossible, il souffre. Il souffre d’abord parce que ça fait mal, on verra, et parce que le sujet étant impossible, il ne sera jamais satisfait et que l’on est obligé de passer à autre structure de finalisation que la satisfaction, et ainsi de rompre la finalisation habituelle qui plie les intentionnalités vers le corps, et le corps n’est plus le repère que l’on pensait, et l’on n’a plus, du coup, de repère du tout, et enfin parce que le moi tend à interpréter la volition (on ne sait comment dire) interpréter la volition du sujet comme il en a l’habitude, selon le monde, le vécu ou le corps, mais c’est tout à fait autre chose que veut le sujet ; le moi est dans une profonde, profonde incompréhension. Depuis le début qu’il est, le moi n’y comprends strictement rien. Il fait semblant.

La structure du sujet est toute petite, minuscule, un rien du tout ; c’est seulement la passation de la cervelle vers le réel. Et ça fout le bazar. Une cervelle aime enregistrer ce qu’elle sait déjà. Pas la structure du sujet, pas l’arc de conscience tendu au réel. Tant que l’arc se contente de sa fonction d’enregistrement en la cervelle, ça fait, elle fait semblant. Mais l’arc est nourri d’une passion sans borne pour son activité, son activisme ; il peut très bien vouloir plus et autrement, et s’en éprendre (dans le monde des mois on appelle cela l’amour, ou l’angoisse ou des affects qui prennent tout le corps, qui glissent ou prennent la tangente du corps habituel ; il invente tellement de tangentes, des malheurs, des obsessions, des tortures que l’on n’en est plus maitre du tout, c’est sa passion absolue, cad formelle ; sa passion est formelle et non du monde ou du corps donné).

Passion sans borne parce que l’arc est sur le Bord, mieux il est le Bord lui-même ; rappelons que l’arc de conscience part de la cervelle, revient et re-vient du monde (parce que lorsqu’il revient c’est comme si il venait tout court ; il surgit nu, il revient vêtu) et que dans ce retour, c’est un nouveau tour, un re-tour, sur la surface du corps, ou plutôt créant, comme ça, de toute pièce, d’une seule pièce presque parfois, la nouvelle surface du corps, voire l’autre surface de peut-être l’autre corps (sait-on jamais). Donc ça fait mal, et mal en un sens très bizarre et incompréhensible, qui n’a aucune référence en rien dans ce monde ; on n’y est pas, dans ce monde, on le sait bien. Un pied de ce côté-çi et un autre pied on ne sait sur quel plan.

Si ça n’était pas une toute petite structure de rien du tout (au sens propre : qui n’est pas du Tout) ce serait une énorme structure déterminée (qui contiendrait la pensée du monde, ce qui est non seulement inimaginable, mais surtout absurde ; il n’y a pas de Tout dans la réalité, et donc encore moins de Tout pensé de ce tout de la réalité qui n’existe pas). Et cette structure énorme ne pourrait pas se mouvoir : or l’arc de conscience est justement cela qui se meut, ce qui se meut au plus vite, le plus rapide moyen qui soit (que l’on connaisse, ailleurs on ne sait pas) ; parce que cet arc est minuscule, sans rien, pure forme structurelle, et rigoureusement souple et agile. Pour se mouvoir il faudrait que cette énorme structure se modifie entièrement à chaque fois ; ce qui n’est pas faux non plus ; puisqu’il faut pour enregistrer une modification changer les connexions (toutes sortes de connexions, neuronales, inconscientes, conscientes, relationnelles, culturelles, etc), mais outre cette énormité de la cervelle, on dispose d’un rapport neutre, vide et formel ; l’acte de l’arc au présent. Un mécanisme minuscule, arc-ticulé au réel. Un arc-boutant.

(Une conscience ça sert à cela ; apercevoir ce que la cervelle ne perçoit que déjà mémorisé, cad ne perçoit pas, et donc la conscience, cette technologie, s’utilise à reprogrammer, hyper rapidement, la cervelle qui est un gros bœuf très mou du genou).

Et d’autant plus souple et agile, qu’il est, cet arc, à la limite, ce qui veut dire sur le Bord ; sur le Bord du monde, sur le présent ; l’arc est arc-ticulé sur le Bord, dans et par le présent ; pour cela il disposera toujours d’un avant sur la cervelle ; il existe avant la cervelle (et de ce qu’elle contient) parce qu’il revient, lui, du Bord, du présent, du réel.

Le moi pourra espérer être autant qu’il veut, non seulement ça n’arrivera pas, mais ça n’a même aucun sens dans le réel ; ça n’est pas fait pour cela ; le moi est un moyen pour le sujet lequel n’est pas mais existe.Il sera toujours ouvert par un coin, ouvert, nu et torturé par le coin.

Il est tout à fait vrai et effectif qu’il y a des mois, dans la réalité, la vie, le monde ; que l’on suppose avant le moi (dans l’avant ontologique et non chronologique, causal, puisque le sujet qui est impossible n’est pas selon le temps, le temps est une construction dans le moi ou l’humain ; on parle là de la temporalité non du temps physique ; de même on a beau changé on est toujours le Même, parce que l'on est le même sujet impossible) que l’on suppose, avant le moi, un sujet ne veut pas dire que celui-ci viendrait prendre la place du moi, ce serait idiot. Comme le soupçonne Descartes c’est un dispositif de dispositif, et le clou des dispositifs est ce mécanisme, l’arc de conscience, qui sort de la cervelle et du corps et du langage et du monde humain et se tient arcbouté au réel. Au réel seulement. Mais on ne voyait pas bien à cette époque comment un tel décalage pouvait se passer de toute substantialité, essence, détermination, serait-ce de détermination universalisée (Kant appelle cela le « sujet », mais tellement happé par l’universel que le sujet-universel-kantien n’est qu’une ébauche du sujet qui suivra ; créé de Stirner à Lacan, en passant par tous les sujets et grands sujets qui suivront le long des deux siècles, qui s’arracheront les tripes et la mentalité à qui mieux mieux).

Or un moi lorsqu’il pense à lui-même ou aux objets ou aux autres, etc, cible un contenu ; l’arc s’oublie dans son contenu ; le contenu seul vaut, seul est déterminé. Et donc seul le moi est. Sauf qu’il est perçu, décidé, voulu, désiré, etc, par un point qui n’est pas ; le sujet. Ce sujet a deux faces ; celle de la psychanalyse et celle de la philosophie.

Il n’y a pas lieu de choisir entre les deux, c’est le même ; il n’y en a qu’un, la difficulté est que le sujet ne rentre pas dans le monde, la détermination ; il est toujours déjà en dehors, sur le Bord. Or pourtant c’est certes dans les démêlés du monde, de la détermination que l’on nomme et désigne mais tout cela est perçu (au sens large) à partir du Bord unique (il y a quantité de parties du monde, du moi, de la cervelle, mais il n’y a qu’un Bord, le non nommé, non perçu, non pas négativement parce que positivement ce à partir de quoi on perçoit ; on n'imagine pas de positivité plus subtile et affirmative que celle du Bord impossible).

Il ne rentre pas dans la réalité mais se tient du réel (philosophie) et du corps (psychanalyse) ; c’est pour cela que c’est le même ; évidemment il ne s’utilise pas de même manière. La philosophie cherche à situer très exactement le Bord du monde, la psychanalyse le Bord du corps, ce qui veut dire de ce-corps-ci, d’aucun autre ; chaque arc est effectivement réel en tel corps, à chaque fois autre et un, unique, puisqu’il est, l’arc, accroché par un corps (par quoi d’autre ?) au réel ; et quel réel, qui est seulement le Bord, sinon du monde donné là, du vécu pour un moi ? Et donc totalement particulier, un signifiant, un signe, cad un rapport ; quoi d’autre puisque l’arc n’est pas un contenu mais un rapport, arc-ticulé, un retour sur le corps par lequel il se crée une surface-autre de corps.

Le Bord qui cloue le moi à son corps est dans le monde, vécu, et même perçu, et retenu dans le filet de lalangue, un rapport ineffable, non dicible ; lalangue parce que le langage est rapports (signes ; le langage n'est pas substantiel, mais relations) rapports dans le rapport d’arc de conscience ; un arc de conscience, ça crée des rapports, ça crée des langages ; étant lui-même formel, il ne crée pas des « substantialités » ; et l’accrochage de l’arc au réel dans un corps est si extraordinairement structuré qu’il ne faut pas moins que Lacan pour dépatouiller un peu ce dont il est question. Manifestant que l’arc de conscience est arcbouté non pas à la pensée (ou à l’idée image de soi comme moi) mais est un corps, revenant du monde, le corps pris dans le retour. 

Mais la psychanalyse, ça n’aura échappé à personne, vient après, bien après, la philosophie … Après Sartre pour Lacan et après Descartes et après Platon tout autant ; c’est parce qu’il y eut la positon du sujet (très bizarre ; le sujet cartésien ou kantien sont très bizarres, c’est le moins qu’on puisque dire, et ça veut dire quelque chose, quelque Bord) qu’à partir de cette position du sujet qui est inamovible parce qu’unique (il n’y en a qu’une) que l’on se perçoit un « inconscient ». C’est même le sujet qui se montre à lui-même « holala comme je suis déterminé ! ». Pareillement le moi se dit « oh comme je suis malheureux !».

On peut nommer ce sujet qui observe "sujet-objectif", rien n’y fait, si il y a un sujet objectif (Descartes annulé, restant comme sujet pas même vide mais absenté, comme si il n’y avait pas, plus de regard même, alors que de toute évidence il y a bien quelqu’Un qui regarde), c’est qu’il y a un sujet tout court.

Et croire que le dit sujet est défini par la philosophie comme « sujet massif », comme contenu, c’est vrai en partie mais c’est alors seulement opérer un seul tour. Or la philosophie est un re-tour, et retors qui plus est, qui se joue de ce qu'elle pose (très hégéliennement). De même que l’on a utilisé dieu ou « la-pensée » comme d’un moyen, on a utilisé le-sujet comme d’un outil, comme d’un opérateur d’efficacité ; on en a creusé le réel et c’est de là que non seulement on parle philosophiquement mais que l’on montre. C’est par le-sujet, pseudo massif, que l’on a structuré la vision que l'on a du sujet impossible. ON a reconstitué le sujet, la structure non-étante, ex-sistante.

Descartes ne définit pas le sujet (sinon comme énoncé relatif au dispositif complet dans le discours second) il le montre ; il montre comme il est impossible (cad en sa topique, infini) ; raison pour laquelle ça se présente comme cela, comme discours de la méthode, comme monstration du pas avancé. Il montre le Bord. Il nous glisse sur le Bord ; c’est pour cela qu’on ne peut pas l’oublier.

Suivre les tangentes de la philosophie, qui est la discipline chargée d’analyser « ce qui est arrivé à l’humain » autour de la méditerranée, c’est s’engager sur le Bord du monde, et ceci en se coulant dans les textes même qui s’avancent sur la ligne du miroir ; c’est donc dessiner le miroir, ce qui se rend réel sur la surface, la peau elle-même. Un corps extraordinaire, tout parcouru et tout vivant de la sorte de vie qu'est le structurel. C’est donc prendre absolument au sérieux tout ce qui est arrivé depuis 25 ou 30 siècles ; ça ne s’est pas rendu réel pour rien ; ce ne sont pas de vagues ou compliquées « compostions » de parties du monde,  des systèmes de bric et de broc, ou des réflexivités absconses ou subjectivistes, mais une ligne traversant effectivement la réalité à partir du Bord. Ni Sartre ni Lacan n’arrivent pas hasard. En fait rien n’arrive pas hasard.

Mais pour parcourir le réseau de lignes, il faut outrepasser les images vers, pour le miroir même ; systèmes de la pensée comme machines extrayant l’articulation surintentionnalisatrice du monde (créant des distinctions en pensées, en idées, en rapports intentionnalisateurs qui sont ou seront des différenciations du monde, du corps, dans la perception ou l’éprouvé) ; embrayages réflexifs qui se retournent sur la structure qui origine ces pensées et ces représentations et ces esthétiques, et ces politiques, et qui opèrent ces réflexivités des re-tours, de nouveaux tours dans le réal et la réalité même ; expulsions hors du monde en quête de l’altérité de l’Etre, de l’exogène Volonté ou analytiques de la structure même de notre arc de conscience, sartrien ou lacanien.

L’expérimentation de l’arc de conscience est ainsi éprouvé au contact même et nécessite pour chacun d’élaborer, de son vivant (ça ne se reçoit pas en héritage, ça n’est ni spontanément nous-mêmes, ni naturel, ça n’est inscrit nulle part tout-fait et ça doit être éprouvé au vif, dans l’actualité du présent brut), d’élaborer le hors-champ de la vision ; celle qui n’appartient pas au donné.

On est loin alors, très loin, de la sorte d’immanence et de platitude du monde donné en lequel nous serions tenus d’être « heureux » et « satisfaits » ; le changement est complet qui renverse les finalisations immédiates  et qui convertit en antériorité activiste, antériorité structurelle qui veut se réaliser, qui pousse à l’exister, mais qui pousse par l'attirance. Parce que la structure, l’arc de conscience ne contient pas un « programme » ; c’est la structure qui est le programme, et en ceci nous y sommes absolument, formellement concernés, investis, par-devers, ou selon l'avers de notre moi. Structure activiste infiniment souple et accélérative, qui est instantanément le Bord, qui s’ex-siste comme Bord, à partir duquel le reste (l’humain, le moi) se déroule, littéralement ; elle ne contient rien, elle rebroie et elle crée les, la tangente ; la tangente est ce à quoi sert le monde, et à quoi servent les mois. Le moi est à usage de son sujet (et il n’y en a qu’un seul, à chaque fois, un par corps ; le corps est bien plus étendu que la pensée ou que le langage ; il est étiré par l’arc qui pointe à partir du réel, il est attiré structurellement).

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Méta-machinerie

7 Janvier 2017, 10:36am

Publié par pascal doyelle

 

Ce qui origine la pensée

Les grecs ont raisonné, mais beaucoup ont raisonné auparavant, d’un discours qui se voulait clair et expose nettement ce qu’il dit. Ce qui change c’est que les grecs précisent que le contenu sera ici et maintenant, dans le monde, explicite ; que donc il sera l’objet d’une constatation, que ce qui est dit est constatable par quiconque et d’autre part cohérent ; sans cohérence  certains de ses éléments seraient hors de portée (imaginaires ou supposés au-delà du monde, de l’expérience) et on ne peut plus recevoir l’énoncé.

La cohérence suppose que tout l’énoncé est ici même complet, et que le raisonnement est lui-même du constaté intégral. Tout dépend alors de ce que l’on va placer dans le cercle des éléments constatables ; les grecs considèrent que la pensée est elle-même par elle-même constatée et de toute manière si il n’y avait pas « pensée » il n’y aurait pas de discours du tout ; ce qui est très bien, sauf que lorsque la pensée veut rendre compte d’elle-même, elle se heurte à son incapacité de se manifester si intégralement que la « pensée » puisse être pour elle-même explicite ; sinon de pétitionner de principe que la pensée est la pensée et qu’elle pense tout, mais ne récupère aucune raison d’être de son existence. Il faut alors considérer que la pensée est le sommet total et absolu, et se figer en cette supposée hyper évidence (le Un serait le Tout).  

(Mais, plus inquiétant, même en récupérant une « raison d’être » … ça ne suffit pas. En vérité rien ne suffit, il existe toujours et encore un écart, décalage ontologique, une distance relevant d’une dimension, et une horreur. Le bien, le bonheur, le monde, la vérité, tout cela c’est bien beau mais ça ne suffit pas.) 

La raison remplaçant la pensée. On peut tout à fait postuler que la pensée est la raison et que la raison est seulement le décryptage du donné et qu’il n’y a rien de plus à rechercher. On ne juge ni du statut de la pensée, ni de pourquoi il y a une pensée, ni du pourquoi il y a un monde, c’est juste « là », de fait. Peut-être en attendant de remonter à partir du « comment le monde s’est formé », mais le comment ne nous donnera pas le pourquoi ; on trouvera peut-être une ou mille causes, et encore faudra-t-il expliquer ces causes du monde, etc.

Le fait même est hors de portée de tout système de causes. Excepté pour dieu qui est, a priori, cause de soi, tout le reste est une affirmation unilatérale d’un donné non explicable. Et si dieu est auto explicable, c’est qu’il a la forme non d’une pensée mais d’une conscience. Ce qui veut dire de la liberté même de se causer soi ; mais on passe alors des grecs au monothéisme, par quoi se montre que le mono atteint une plus grande cohérence, bien qu’elle cesse d’être rationnelle au sens passif ; il s’agit d’une cohérence activiste.  

(Pour outrepasser ce genre de remontée des causes passives, il faut comprendre que le donné « là » est précisément lui-même sa propre mécanique ; activiste. Sous conditions, sous les conditions précises.)

On peut admettre que la pensée est une unité et on ne peut la dériver de rien ; il y a la pensée et puis c’est tout et en admettant dans le cercle de la pensée que la pensée se justifie elle-même, cad qu’elle dérive d’elle-même ; ce qui est plutôt compliqué et comme précédemment on ne voit pas pourquoi il y aurait, en plus de la pensée, un « monde » et encore moins pourquoi ce monde est « matériel » et qui ne peut être expliqué, dérivé de la pensée, puisque visiblement la matérialité du monde est autre en soi, n’est pas « de la pensée ».

Ce par quoi il faut saisir que la « pensée » est un tissage, de rapports, par des signes, et qu’il y a un tissage parce qu’il y a une structure qui tisse les signes (le signe étant lui-même une relation, une mise en relation et que pas du tout l’idée ne tient « toute seule ») ; cette structure est elle-même le rapport, unique, qui crée des rapports, c’est son travail,  sa logique, son activisme ; le langage est un tissage (passif) de relations dans et par l’unique rapport (activiste). 

Aussi passe-t-on à un second niveau ; la pensée dérive ; elle dérive d’un être spécifique et si il est dit spécifique c’est qu’il est étrange et il est étrange non seulement lui seul, mais le réel, là où l’on est, est étrange. Le réel est au présent ; il y a un présent, qui apparemment dévore toutes les réalités, et il n’y a aucune raison pour qu’il ne dévore pas la pensée elle-même. La pensée s’origine, se cause en et par un être spécifique qui est un préalable à la pensée, à savoir un être qui a conscience.

L’arc de conscience est une structure vide et formelle, qui lorsqu’elle se dégage ou commence de se dégager de ses contenus, en se surintentionnalisant, par la philosophie qui réutilise langage par exemple ou l’esthétique et les signes ou le politique, qui, gagnent leur indépendance (par rapport au groupe) tels les grecs, cet arc impose que la forme prenne le pas sur le contenu ; les grecs surinvestissent l’actualisation intentionnalisatrice, l’idée, et amène toute l’intentionnalisation en machines hyper-actives, les systèmes.

Mais revenons ; il était intenable que l’on se contente de la pensée (qui n’était dérivable de rien et gardait son unité absolue incompréhensible) ni de la raison (dont on ne pose plus même la question de sa dérivabilité, sinon accidentelle et dont on ne reconnaissait pas l’unité), aussi a-t-on en un sens repoussé le problème en admettant que la pensée se cause d’un être spécifique ; la structure de conscience. Sauf que ce ne fut pas un détour, ni de repousser le problème en un subjectivisme ; la pensée s’origine effectivement dans une structure antérieure et celle-ci hérite de la cohérence ontologique. Et du poids ontologique.

L’exploration de la structure antérieure à la pensée monte en qualification et s’impose comme LA structure réelle et univoque : unilatérale. La philosophie devient la réflexivité réelle sur un être réel et effectivement agissant (très remarquablement situé par Fichte, mais qui cible, finalise encore l’articulation selon un « idéalisme » ; la structure s’y re-expose continuellement (la reprise constante qu’il effectue par ses Doctrines de la science) ; et non dans le sens inverse d’une structure organisée dans le donné même.

C’est cette hypothèse qui émergera bon gré mal gré au travers des élaborations ; lors même que l’on visera l’idéalisme ou la Volonté ou l’Etre, la structure ne manquera pas d’apparaitre au travers et malgré l’énoncé manifeste ; jusqu’à ce que Sartre atteigne l’ontos, l’os, et que Lacan, bien arcbouté sur Sartre, déroute à nouveau l’actualisation de cette structure dans-un-corps.

Ce qui du reste permet tout autant d’admettre que l’esthétique, l’éthique, la politique, l’idéel et l’acculturation, la personnalisation ne peuvent passer par la pensée régulée comme universel, mais que universellement il n’est dans le réel que des singuliers. Et que esthétiquement par ex quelque Un crée et crée pour quelque autre Un ;  éthique, politique, mais aussi esthétique et poétique doivent mettre en forme chaque structure de chaque arc formel ; c’est leur utilité , absolue, formelle dans l’historicité ; rendre accessible la structure en forme de Un vers chaque arc ; modifier la perception, le corps, le vécu, le relationnel ;  et esthétique et poétique s’imprègneront d’une formulation de plus en plus singulière (de celui qui relève son moi, et son humanité, vers le Un formel ontologique ici même en chaque arc ; ce qui peut s’approcher par une théorie de l’image, l’imaginal si l’on veut, la forme d’image que l’on se donne, qui nous vient sur la surface du corps, de l’autre-corps, le corps travaillé par l’arc structurel) ; que l’éthique est un rapport à soi élevé fois deux ; que la politique signifie la liberté, dont on n’a pas fini de ramener le rayon ; et que l’acculturation et la personnalisation, de manière générale, ont pour finalité de rendre possible un corps capable d’opérer quantité de réalisations, d’inventions, de créations. En bref esthétique et politique aboutissent à activer chaque arc de conscience (ce que la mass et micro médiation réalisent dans l’historicité, la nôtre depuis plus d’un siècle).

(Que se produise en chaque arc, par lui-même, un corps capable de supporter cet arc formel de conscience, ce qui n’est pas évident du tout. Ou plus difficile encore, que cet arc soit capable de se supporter lui-même, de se savoir et puis connaitre et agir en sa pré-disposition, en quoi consiste l’éthique ontologique recherchée partout.)

Esthétique ou éthique ou politique ou acculturation relèvent non pas de la « pensée » mais d’un être spécifique ; la structure  de conscience inscrite en un corps lequel existe dans un monde. De sorte que cet arc seul perçoit le réel et le présent, et si les idées de dieu, du sujet et du monde sont hors de portée de la raison raisonnable, c’est normal ; ce sont les configurations limites qui tenaient le Bord, mais l’attention à la structure de conscience est devenue la frontière-autre, la limite d’altérité ; c’est que qui s’opère depuis Kant.  

Ou alors si l’on suit l’ampleur de ce qui est en jeu on appelle « pensée » non plus seulement le discours auto-cohérent, mais le discours qui tient compte du constatable (à savoir tout cela sus nommé) : donc non pas la pensée toute seule (ou la raison  qui n’interroge même plus sa place, son lieu) mais la pensée comme pensée de notre-être/dans l’être ; ce que les grecs avaient bien compris (ils n’animaient pas la « raison », mais le monde par la pensée et la position de celle-ci, cad le retour sur soi de cette pensée, sa position dans et par l’être). Et si tout en conservant l’articulation grecque de notre-être/dans l’être, on déplace l’origine comme antérieure à la pensée, il faut admettre la structure, l’arc/dans le réel (que celui-ci soit l’étendue, le monde, l’altérité, le donné, l’existentiel, ou le présent).

Suite à la pensée on a nommé « raison » ce qui prît la place de la pensée ; sous condition que l’on ait inventé, créé le sujet, lequel pouvait alors aisément utiliser la pensée comme raison, dans le circuit sujet-objet, et intériorité-extériorité comme subjectivité-objectivité, sous condition donc qu’il cesse de se présenter lui-même dans le discours, qu’il s’oublie et s’annule et s’absente, ou se dramatise comme subjectivité (ou comme maladie, psychique, puisque le poids ontologique de l’arc en chacun est effarant) ; on a donc abandonné, par la raison, toute la verticalité, ne conservant que l’horizontalité, le monde donné là, le corps, le moi, l’humain. Ce qui est tout à fait excellent mais absolument partiel (voire partial, et formant à soi-même une idéologie, non péjorativement ; l’idéologie réaliste naturaliste humaniste). Ayant créé le sujet on a pu poser « le donné expliquant le donné » soit l’objet face à un sujet (rendu absent, absenté), mais aussi le moi doté d’une unité propre (inscrite comme citoyen par ex, mais plus généralement comme sujet de l’acculturation, de l’esthétique, du poétique, du récit, etc).

Si l’on reprend la pensée au sens initial, grec, de notre-être/dans l’être (et non plus de cet être coupé de lui-même et réduit à une partie du monde, ce que de toute évidence il n’est pas, puisque déjà il s’interroge, se penche sur le monde, autre) alors penser équivaut à réflexivité ; soit retour sur l’être, le là du monde (et si pour les grecs il s’agissait de l’amour du monde, pour nous il s’offre comme altérité effarante) et retour sur cet être que l’on est dans ou sur le monde (la structure) et retour de manière générale, sur le Fait, absolu, que le réel existe (et qu’il existe comme présent).  

Réflexivité n’est pas le retour du contenu sur lui-même, mais qu’il y ait un être, spécifique, qui soit capable, d’élaborer une pensée (des séries de relations dans et par le rapport qu’il est), de créer des esthétiques, de lancer des éthiques, de prévoir des politiques, de se diviser comme sujet-objet, d’éprouver la surface de son corps et qu’il est un moi. La structure est ainsi bien plus cohérente en sa description, en ceci que cette description tient compte, simplement, du donné là (et non pas postule idéologiquement qu’il n’est que le donné objectivistement conçu) ; et le départ en est Descartes qui montre, de fait, dans le Fait même, qu’il y a un tel arc effectivement réel.

De sorte que la vision se déplace (elle se déplace elle-même, elle est gyroscopique, n’a pas de point fixe, elle est le point-qui-se-déplace et c’est la théorie de ce point sans fixité qui est l’objet philosophique même, si l’on peut encore parler d’objet, c’est uniquement une analogie) ; ce qui travaille Descartes, Kant, Fichte, Hegel, Husserl, (Nietzsche, Heidegger), Sartre, Lacan c’est la mise à jour, patiente, de la structure de cet-être. Il ne doit pas être conçu que cette enquête, l’examen de cet-être, cet arc de conscience, soit comme le préalable, la subjectivité qui attendrait la pensée, la raison ou l’universel, mais en tant que cette structure est avant-tout, antérieure ; et que donc la pensée (qui garde absolument toute sa qualification, qui est universelle, qui est vraie en ces idées et systèmes (sous les conditions que l’on verra), et raison s’adonnant au monde et droit s’agissant de la structure des libertés dans la société humaine etc) que la pensée, donc, est moyen, moyen de cette structure ; la structure emploie tous ces moyens afin de déployer son entière capacité.

Ce qui veut dire sa possibilité ; l’arc formel de conscience est la technologie, ce mécanisme de l’arc de conscience, qu’a créé le réel (en tant qu’il est la machine qu’est le présent), et ce apparemment afin de produire dans le monde, dans le donné, dans le présent un autre accès ; ce qui veut dire un autre excès ; l’arc de conscience (le réel est un excès qui s’ouvre par un autre excès, on ne sait en quel sens).

Soit donc le rapport à (soi) en lequel rapport le dit « soi » est le rapport lui-même, et non telle ou telle identité ou détermination ; ou si l’on veut parmi toutes les choses qui sont, identiques à elles-mêmes, il existe un être qui a rapport à soi et qui (est) ce rapport qu’il (a) ; l’être se déplace dans le (a) ; ce qui est rigoureusement insensé et impossible, et pourtant réel (donc le réel est l’accès à l’excès, pour le dire ; ou le plus petit est le plus grand ; dans l’infini du réel il y a un ou des infinis).

(Remarquons ; le rapport que la structure est, n’est pas le Moi fichtéen ; en ceci qu’il n’a pas de contenu, et qu’il n’y a pas lieu de jongler avec la déduction d’un contenu substantiel, qui doit se diviser ou s’auto diviser, Moi/non-Moi, comme si la « pensée » était un être en soi ou comme si cela engendrait une Pensée qui se sait elle-même, hégélienne, au travers des consciences-subjectives ; il s’agit ici d’une structure effective et réelle, non d’une idée ; sitôt que l’on pose la pensée comme « pensée qui se sait » on n’en sort plus ; il devient impossible de montrer l’altérité du donné, ni l’effarement radical d’exister, ou qu’il y ait un présent par ex, et on n’atteint pas la capacité détendre la réflexivité à l’exister même, à ce splittage fabuleux et inhumain du réel, dont on ne sait pas de où il se produit, ni vers « quoi » il avance ; ce que le mécanisme de conscience dans la machine du présent « veut » ; dans l’hypothèse d’une pensée qui pense on aboutit à une grosse tautologie qui ne signifie rien ; par quoi se remarque que forcément et quelque que soit la séquentialité que l’on adopte, il faut y introduire l’altérité et si on introduit l’altérité, quoi que l’on fasse, l’altérité est le réel même, elle dévore tout, ou fait tout ex-sister).

Comme c’est un rapport, on ne peut pas dire qu’il « est », on le nomme donc ex-sister. L’analytique de cet ex-sister est tout l’enjeu. Et il ne fallut pas attendre Sartre ou Heidegger ; depuis le début l’articulation, le rapport arc/exister, est ciblé, sous différentes et distinctives formulations dont aucune n’est à négliger ; il faut remonter intégralement le devenir depuis la méditerranée (et plus loin évidemment) pour réintégrer la structure de cet arc que l’on est, de réactualiser toute la possibilité du Bord du monde.  

A savoir que le monde a un Bord parce qu’il devient, et il devient parce que le présent est le « lieu » unique de la production, effarante, du Un, du Un en un sens spécifique ; du Un comme altérité (du donné monde dispersément Autre) et comme méta altérité (des arcs de consciences indéfiniment ouvert et autres), libre ensuite de supposer une hyper-méta-altérité (à la suite des métas) ; une méta-hyper-machinerie incrustée dans la machine réel, au-dessus du réel, plus réelle que le réel. Bref celle que l’on voudra, parce que de cela on ne sait rien.

Mais cette processualité indique que si hyper altérité il y a , aura, a été, sera, méta existante, sur-existante (une sorte de « méta hyper structure », qui serait l’infini par-dessus et dans et par l’infini du monde donné là ; bref un « être hyper monstrueux invraisemblable » mais diablement passionnant à penser, engendré par le donné splitté lui-même monstrueusement) c’est que la logique du réel est quand même bien insensée … Il n’est pas un être-là-donné, passivement écrasée sous son propre poids (tout monde déterminé est destiné, apparemment, à disparaitre) mais est un être actif et donc non plus un être donné mais un activisme, une machine, un mécanisme ; raison pour laquelle il y a un présent. Le présent, ce qui nous est si proche, au point de nous précéder partout, est l’activisme même.

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Théorie de ce qui a lieu, ici et partout

1 Janvier 2017, 16:49pm

Publié par pascal doyelle

La division est le réel, non pas qu’il y ait division du réel, la division est le réel ; aussi ne peut-on penser ce qui est comme si il était une chose, mais qu’il faille bien plutôt penser la division comme telle. Lorsque la métaphysique, la pensée ou dieu sont supposés comme super contenu (de tous les autres contenus) on peut juger qu’il s’agit là d’une erreur ; mais si l’on y prête attention suffisante ou si l’on s’y investit, on comprend bien que la pensée ou dieu servent d’opérateurs et installent eux-mêmes que la division soit réellement ce qui est pensé, représenté.

Autre version ; il faut passer des images (des représentations, des idées, des identités, que soit tel le moi ou tel le langage) au miroir et penser le miroir lui-même. Et on perçoit bien alors la difficulté ; on ne peut user d’images pour le miroir et pourtant il n’est que des images.

Aussi la technique philosophique est-elle distordue ; elle subit, accepte, intègre l’inflexion de son « objet » ; étant entendu que cet objet est le sujet lui-même. On a pu gloser et se moquer de l’arrogance philosophique en la cantonnant au subjectivisme ; mais d’abord aucun autre discours ne dit le sujet (la science s’en garde bien, faisant comme si les objets de connaissance n’apparaissaient à personne, face à un regard vide et annulé, non interrogé) et d’autre part les prétendues contradictions philosophiques ne valent que lorsque l’on se limite de définir son objet comme un objet et non comme un devenir, un possible, d’une structure remarquée, localisée, détourée, exposée, décrite, montrée, et même démontrée ; et autre-objet qui se fonde sur ceci ; qu’il existe, de fait, un décalage et que notre structure d’être est un tel décalage ; ce serait manifester son « objectivité idéologique » que de présenter notre être tel une chose ou une composition inerte (cad subissant, passive, alors que visiblement nous sommes capables de modifier notre milieu mais aussi de modifier notre composition, et que donc nous n’en sommes pas). C’est ce décalage qui est « sujet » ; ce qui existe comme rapport et qui doit être dénommé « exister » et non « être ».

C’est en ceci que parce qu’il y a arc de conscience, il se constitue une perception, un langage, un corps, une humanisation ; l’arc tisse immédiatement la réalité, et trame instantanément le réel. Il n’y a pas perception puis conscience structurelle, langage puis conscience structurelle, monde humain puis conscience structurelle ; il y a arc de structure portant sur le réel, et puis le reste est produit comme effets.

Outre cette évidence de décalage, dit forcément ontologique puisqu’il ouvre un autre plan, il faut considérer les explorations de ce décalage selon une parfaite lucidité et admettant leur altérité, ne pas abolir ces expérimentations qui eurent lieu ; puisque le décalage est réel, les devenirs à l’intérieur de celui-ci sont opérés par chaque arc de conscience, à vif de leur existence. Ce que bien sur sa nature même de décalage, de rapport rend possible ; le rapport qu’est une conscience / de soi manifeste une altérité telle qu’elle s’exporte hors d’elle-même, qu’elle assiste à sa différenciation absurde, et pour la raison qu’elle est déjà toujours un tel décalage ; le décalage ne se produit pas en plus d’un donné, le décalage était déjà là et le donné, la détermination ensuite ; et ce qui veut dire sans raison et le problème tout à fait général est celui-ci ; dès que l’on admet le décalage et donc l’altérité, alors l’altérité devient le réel même…

Ou si l’on préfère ; il est absurde que le même conditionne le même, puisqu’ils sont structurellement identiques, tandis qu’il est extrêmement étrange et pour ainsi dire terrifiant que l’altérité puisse se configurer elle-même ; ce qui est pourtant son principe absolu. Que si il est effectivement un être qui soit Autre que lui-même, ce dont témoigne le décalage, alors le réel supporte au moins un être qui obtient en ceci son statut aberrant de gyroscope (en un sens spécifique, dépourvu de plan central, qui tourne sans référant mais qui tourne) ; il n’est aucun point fixe qui le fige, parce qu’il est, lui, le point qui se meut. Ce par quoi, donc, les choses se déplacent. Gyroscope parce que l’on ne sait pas de « où » il regarde, étant ce à partir de quoi « il est regardé », que tout se trouve au-devant de ce point.

C’est ce que signifie que l’arc de conscience se tienne de l’exister et non de l’être ; et que si l’exister, le présent est cela seul qui est, toute la réalité est relative à la forme : il n’existe que l’exister et l’être lui est relatif. Que le présent et le monde en est le dépôt, ce qui veut dire le moyen. La réalité va produire des déterminations jusqu’à ce que dans les déterminations un être-autre, une autre forme apparaisse, et si un forme apparait, en tant que formelle, elle sera relative non à la détermination mais à soi en tant que forme, et on n’imagine pas autrement une forme que celle-ci ; ce qui existe du rapport qu’elle est comme rapport. En retour dans la réalité si il se produit une forme, c’est la réalité est elle-même constituée formellement et que, autant que l’on sache, la forme active dans la réalité est le réel, cad le présent.

Nous sommes donc par, et sans doute pour, ce centre-absent (qui est le centre parce qu’absent, sinon il serait dans la composition du monde, et le dit centre ne doit pas, ne peut être imaginer autrement que « le plus proche », « partout le plus proche », et il n’est rien de plus proche que le présent), et de nous balancer sur ce centre, autrement nommé Bord du monde, cela fait l’objet d’une intuition, ou plus exactement d’une perception ; ce qui parait évidemment délirant, puisque ça n’est pas dans le monde, mais il serait incohérent que cet être, qui est un rapport, n’ait aucune perception du cercle ou demi cercle qu’il forme ; cette perception est interne à la structure même mais comme nous nous situons ici au centre aberrant de tout ce qui est, l’obscurité est la richesse de l’articulation même ; inutile d’imaginer que l’on en viendra à bout aisément et ce d’autant plus que le centre constitué en et par l’altérité est justement ce qui est en cours, ce qui se réalise, et ce par « quoi » il est un présent, étant ce présent lui-même. Mais en un sens spécifique. 

Ce qui est supposé est donc ceci ; que lorsque notre structure s’apparait à elle-même c’est nue et non comme un contenu, mais ayant enchevêtré la logique du contenu en celle la forme, ayant enchainé le contenu mais à plus grand que lui ; ce qui se nomme « pensée », mais la pensée subira un remaniement structurel, jusqu’à atteindre la réflexivité analytique, à savoir le retour sur cet-être à partir duquel nous sommes les effets ; enchainer mais afin de libérer et cela ne va pas sans mal et parait si lourd à porter ; le réel n’est pas une facilité. La pensée est la mise en jeu intentionnalisatrice (sous-entendu ; tout se passe ici et maintenant et on ne peut rien supposer au-delà du donné là et du donc du « là » du donné, soit l’être). Comment le serait-il ? La forme est la nouvelle perception, celle qui use du langage et du groupe et du monde et du corps, en une autre-fin ; et elle en commence par se formuler comme pensée, cad comme développement de ce qui était jusqu’alors plié dans tel ou tel contenu, dans tel ou tel monde humain particulier, et la notion de « particulier » apparait bien sur rétrospectivement, à la lumière que cette fois il ne s’agit plus d’un monde particulier, mais du monde même, caractérisé comme monde universel, ce qui signifie surtout, a priori, unique (en ceci que l’on ne sait pas ce que « universel » signifie réellement, pour le moment) ;  elle brise les contenus préalables, ceux du groupe et du langage et crée son propre signe ; caractérisé par la survenue de la forme sans rien, outrepassant n’importe quel contenu, représentation ; créant le nouveau langage, répercutant les nouvelles expériences accomplies à vif, dans le retournement du monde devenu perçu et saisi dans le kaléidoscope qu’est la pensée, la sur-intentionnalisation qui s’acquiert du vivant de soi et non reçu en héritage.

Chacun doit réaliser, rendre réel la pensée, puis le christique, puis le sujet, puis l’altérité, puis l’analytique (Sartre et Lacan) de cet ontos (l’os de notre chair, l’os dans notre chair, la structure) ; l’acquérir de son vivant puisque c’est d’une part ici et maintenant que parait l’arc et la structure réelle et que d’autre part il s’agit d’élaborer l’autre-surface du corps (le corps qui perçoit plus que son dû) et par lequel procédé il faut agglutiner les images suffisantes qui mènent au miroir et non plus aux images du monde, du moi, du corps donné là (qui en cas tournent en boucle ou pire s’enfoncent de plus en plus en-dessous du donné, dans le donné creusé, écrasé, déliré, déformé par l’arc qui, lorsqu’il ne se sait pas, cherche dans l’immédiateté ce qui n’existe que structurellement).  

Et que s’apparaissant à elle-même cette expression, manifestation est un fait objectif ; autrement dit lorsque ces arcs de conscience tenteront de mesurer la source, la nature, le rayon, la possibilité du dit décalage (puisque c’est ce décalage qui est constaté et qui émerge tandis que, jusqu’alors enclos en un monde particulier), dans leurs tentatives ils accusent pleinement le coup et comprennent bien qu’ils suscitent la source de l’être, mais ne savent pas encore que la source pointe durement, quoi que le Un ne soit pas autrement que la sourde pointe invraisemblable, hors logique objective ; ce qui leur vient est une articulation, une énonciation, une description spécifiquement rigoureuse ; de par cette logique impérieuse que l’arc qui se constate n’entend pas quitter le réel.

Puisqu’il ne suppose rien au-delà ; il veut saisir et être saisi par ce qu’il énonce, ou plus généralement par ce qu’il intentionnalise. Malmener l’instruction, l’enquête menée par cet arc sur sa propre position, sur la nature et le rayon et le possible de ce décalage, c’est se priver de sources de première main et du seul type d’expérience ontologique qui se puisse (puisque seul l’arc de conscience a accès au réel, lui seul est posé vers l’horizon ; il est cet accès au sens où il l’ex-siste dans l’ex-sister) ; c’est ne pas voir que ce qui transparait, traverse l’énonciation est perçu dans le présent même et l’actualité d’une puissance, d’une potentialité qui s’exerce et se réalise, et se rend réelle ; c’est croire que ces expériences se bluffent elles-mêmes comme tel ou tel contenu, alors que ce qui se montre c’est une position, ce qui signifie une structure. Et c’est de cette position extrêmement étrange et non objective, au sens qu’un signifiant voudrait en récupérer le signifié, que la philosophie est tordue et provoque la distorsion de l’arc de conscience qui l’y entend, qui s’y entend.  

Il faut ainsi poser objectivement, et donc hyper objectivement, que ce qui eut lieu est la torsion de ce point du centre sur, vers, par lui-même et notifier ce fait comme un fait objectif. Il y eut réellement des arcs de conscience qui se sont postés sur le Bord et décrit l’aperception dite par exemple  transcendantale du réel. Mais en fait toutes les pensées, cad les réflexivités, les retours vers/sur cet-être, analysent (et y compris et surtout en tant que cette structure n’est pas observable sinon en tant qu’elle se crée, sinon elle ne serait pas formelle ; l’arc avance par le réel sur son possible brut) analysent cette structure qui n’est pas un donné mais une articulation, arc de conscience/réel, et signifie que même le réel est articulé, est un non-un (n’est pas un être) mais est de cela le véritable Un (comme Exister pur et brut), comme présent constant, invariant.  

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