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instants philosophie

Le rétrécissement du réel

28 Février 2015, 09:02am

Publié par pascal doyelle

Et puis la fin du monde.

A force de nier qu’il y ait un sujet, on a écrasé l’universel.

C’est que la réflexivité et ses trois composantes ne peuvent que difficilement être supportées, portés par la sorte d’humanisation limitée que nous avons instruit. Lorsque la pensée est réduite à la raison, le sujet au moi, le donné là réel à l’objectivisme et à l’objectalité (que ce soit celle du moi lui-même ou celle du libéralisme naturaliste), c’est l’ancienne ambition universelle, puis celle du sujet réel et la réflexivité incorporée qui s’effondrent.

L’ancienne ambition prévoyait une articulation gigantesque qui puisse être mise en œuvre pluriellement, mais qui réclamerait une méta-intentionnalité, laquelle devait commencer de se passer des contenus pour élaborer une architecture intentionnelle par dessus tous les contenus et les comprenant.

Mais l’attitude naturelle, spontanée de l’intentionnalité est de se préserver, de se cloitrer, de se rendre limitée par et pour des contenus ; aussi a-t-on défini l’humain comme nature humaine, le moi comme ce corps destiné, le sujet comme subjectivité.(cad sa réduction à l'objectalité et encore est-elle "idéalement").

Inversant intégralement la compréhension. Méconnaissant les textes et les machineries intentionnalisatrices en réduisant leur contenu à une disposition donnée là ; on peut en cela reprendre la compréhension heideggérienne de la problématique, mais tout reste à préciser, et notamment de n’avoir pas saisi que cette mécompréhension est tout à fait récente, par exemple que l’inversion de la compréhension de la pensée comme raison nous la devons à Kant et ce bien malgré lui, puisqu’il pensait surétablir ( méta établir) par-dessus la raison (l'entendement) un autre règne qui lui garantissait l’accès à la pensée rendue structurellement, cad en l’occurrence transcendentalement.

Le rétrécissement de vue permit fondamentalement d’abandonner l’universel, de le transformer en moyen pour des finalités basses et immédiates, dont les fondations n’étaient plus reconnues que dans la nature humaine, dans le corps du moi, dans l’objectivité et la transformation de toute réalité en objets pour des sujets niés, absentés, ignorés, puisque maintenir qu’il y ait des sujets réels eut impliqué la continuation de l’universelle pensée réelle.

Lorsque l’on a cessé de considérer la pensée grecque, le dieu des chrétiens et affiliés, le sujet cartésien, comme les sommets, non acquis encore, de notre être, nous nous sommes rabattus sur des interprétations petites, ridicules, caricaturales, limitées d’une cervelle étriquée. Il semblait tout à fait naturel, évidemment, d’interpréter les sommets en fonction de données là immédiates, plutôt que d’élaborer la compréhension de la structure, de l’architecture, de la volonté et de la puissance que la pensée, le dieu de réflexivité, le sujet réflexif imposaient de toute la hauteur de leur découpe, de la découpe de leur lame divisant radicalement, à la racine, la réalité d’une part et d’autre part le réel.

Pour se maintenir à niveau il eut fallu être en mesure de reprendre la tenue réflexive et non pas de s’abaisser jusqu’à n’admettre de réel que les réalités ; croire que l’on tenait solidement « ce qui est » en se contentant des morceaux de bouts de réel que l’on nomme les réalités, que ce soit celles du moi ou celle des sciences, de l’étatisme abandonnant la démocratie, était une idiotie, ce qui veut dire une facilité. Tout ça s’est effondré dans la facilité, lâchant la proie pour l’ombre et depuis nous errons dans les labyrinthes noirs d’une stupidité sans borne, cad mortelle (effectivement), en plus d’être mortifère (mentalement). Ça n’est pas le capitalisme seulement qui s’emploie à notre mort, c’est toute compréhension bâtarde qui ne se tient pas au niveau de ce que l’architecture, la structure de conscience visualisait jusqu’alors sous le triple de la pensée, du dieu chrétien de réflexivité, du sujet réflexif tel quel et qui s’est dénivelé jusqu’aux déterminations les plus pâles et pauvres qui soient.

Qu’en plus de l’objectalité amoindrie des mois et des sciences humaines, et des objectivismes pétrifiés des sciences limitées à elles seules, mais employées de toute manière techno-étatiquement ou techno-économiquement (ce qui veut dire pliées sous le joug d’une infra finalisation, indigne des sciences elles-mêmes), qu’en plus donc on y aille du retour des anciennetés religieuses, des racismes, des délires divers et variés, de la dégénérescence pharmacologique ou des psychotropes stupéfiés et éberlués, ou des morbidités psychiques des mois ou de finalement, finalement qu’on s’empresse de la guerre de tous contre tous, la destruction de tous envers tous les autres, n’est que la même suite logique qui clôturera l’abaissement catastrophique du niveau réflexif, qui ne sut pas tenir la hauteur initiée.

N’ayant pas su reprendre l’articulation réflexive initiée, c’est l’ensemble, la totalité de la réalisation qui tombe.

Autrement dit la pensée grecque, le dieu chrétien et affiliés, monothéiste et universel et essentiellement Un, le sujet réflexif pur cartésien, marquent les étapes à partir desquelles ça commence de tomber. Parce que l’on ne parvient pas à poursuivre la montée réflexive et que celle-ci ne trouve plus le souffle qui lui puisse ouvrir ses dimensions suivantes ; non pas que la raison, remplaçant la pensée, la nature humaine remplaçant l’universel, le moi remplaçant le sujet, soient des cauchemars ambulants mais ils le devinrent … la raison, la nature humaine et le moi, la personnalisation, étaient requis, mais maitrisés par leur compréhension structurelle ; ce que Descartes, Kant ou Hegel, Husserl ou Heidegger ou Sartre tentaient de maintenir la tête hors de la marée naturaliste et immédiate, aux infra finalités.

Ce que, ce mouvement ascendant, les grecs ou les hyper théologies de la dernière conscience possible indéfiniment réelles (dieu), ou Descartes et son sujet invisible et générateur, engendrant, imposaient et qui permettaient de structurer intégralement la vision de toutes choses, puisque les grecs, les grandes réflexivités du Un, le un du sujet partaient par principe de l’unité centrale incommensurable, qu’il était impossible de les remplacer par quoi que ce soit ; les positions fondamentales susnommées réinterprétées selon le monde, le donné, le moi, la raison seule, perdaient toute leur ampleur. En réalité ces réinterprétations n’ont pas assuré ; elles consistèrent à retomber dans les mêmes ou de nouvelles ornières ou contribuèrent au retour du pire, au nazisme, au marasme des plus abominables désordres et à la sauvagerie (cad à cette horreur dont la nature réelle a horreur, qui ne tombe jamais aussi bas), et puis ensuite à la flagornerie la plus plate, à la facilité odieuse, d'un petit monde étriqué, doté d'une naissance incompréhensible et d’une mort terrifiante (coincé évidemment à l'intérieur des limites du christ et incapable de se débarrasser du scotch, dirait le Cpt Haddock).

Réinterprétant le devenir jusqu’alors réel, par les réalités n’était pas idiot, sauf que les réalités ne suffisent pas à penser la structure, l’architecture et le un. Toute interprétation selon les réalités aboutira à réinjecter la pauvre finalité sans atteindre l’ampleur initiale. On pourra déchainer ses efforts, il n’est aucun moyen de rejoindre la structure et le un via le seul monde, le moi, ou le donné immédiat, puisque précisément l’archi des grecs, l’hyper des chrétiens et affiliés, le sujet réflexif se dégagent de cesser d’y être, dans le monde, et s’engagent justement de le surplomber par un détour radical, une transversalité autrement élaborée et si cela ne correspond pas à ce que par « réalité » le moi, la raison ou la nature humaine entendent, c’est que ces trois là se trompent, se sont engagés dans un corridor étroit, dans une technologie mentale insuffisante pour commencer à peine de maitriser l’ampleur structurelle.

Et l’important est ici ; ce ne sont pas la raison, le moi, la nature humaine qui infectent l’articulation en la réduisant, c’est le regard qui use de la raison, du moi et de la nature humaine parce qu’il en use sans ajouter au moi, à la nature humaine et à la raison d’arc boutant structurel ; il ne redresse pas la représentation ou l’organisation humaine ou le corps vers l’originel, croyant que tout s’arrête au corps donné (et non incorporé), à la nature humaine (sans l’universel), à la raison (sans la pensée, sans la réflexivité). Le problème n’est pas la manipulation de la détermination et la focalisation de l’attention sur la détermination (définir l’homme comme nature humaine) mais que cette attention soit exclusive et ne voit pas, finalement, plus loin que le bout de son nez. Ne nommant plus le structurel, il devient impossible de le saisir (et on sait que s'en saisir, c'est en fait en être saisi, transporté), sinon de sublimer tel ou tel totem, très ancestral, de tomber dans le magique et l'irréel (ce que n'étaient pas les transcendantaux, les transcendantaux s’utilisaient structurellement et portaient effets suffisants, dans le méta, de l'archi, de l'hyper et du réflexif, c'est une incompréhension tétanisante que de comprendre les transcendantaux comme illusions ou irréels).

Sa courte vue renvoie à l’horizon même de l’intentionnalisation : à l’absence fondamentale d’horizon ; on vit pour vivre, et rien de plus. Il n’est aucune, littéralement, aucune finalité assignée en l’horizon ; on est « là », bêtement « là », à vivoter et à s’angoisser de mourir, rien de plus ; pourquoi n’existe-t-il pas de finalité externe à cette nature humaine ? Pourquoi ne se donne-t-elle pas ou ne s’ouvre-t-elle pas à une fin qui la provoquerait ? Pourquoi est-ce le calme plat ontologique et donc la destruction endogène ? Pourquoi aucune finalité et pourquoi cette limitation à la seule survie que du reste nous ne sommes pas même capables d’assurer ?

Il faut préciser autre chose ; si l’humain s’est restreint à un monde sans « transcendance », c’est dans la compréhension caricaturale, cad dans l’interprétation nauséeuse, de ce qui anciennement, bien que se donnant ou prétendant transcendant, offrait en réalité, dans les faits et les effets, offrait une possibilité interne absolument réelle ; que l’on ait nommé cela Pensée, Dieu ou Sujet, sert de repoussoirs aux interprétations qui croient être en mesure de comprendre ces transcendances par d’autres voies, lesquelles sont si petites, étroites et immédiates, que toutes les interprétations ayant perdu le sens du mouvement, s’effondrent dans tel ou tel donné « là », dans la même facilité de monde, qui de plus n’explique rien du tout, et entasse sur la tête des consciences le guano très habituel.

En bref, ce que l’on nomme habituellement « transcendance » est une incompréhension fondamentale qui prend appui sur le donné là en oubliant le là du donné (ce qu'à l'origine on nomme l'être, d'où la révolte et le refus et la découverte heideggerienne)… Le naturalisme généralisé (qu’il s’installe de la biologie ou du corps ou du langage ou des sciences humaines, ou du désir ou des multiplicités, seraient-elles mathématiques) ne permet pas, ne permet plus de reprendre le mouvement structurel tel dont pourtant c’est cet élancement de tout l’être qui en fut au principe de l’ampleur bien plus extensive, intensive et dense (archi, hyper et méta).

En somme tout est devenu raplapla ontologiquement ; la vérité étant que le moi, la nature humaine et la raison comprennent les transcendances en fonction de leur propre principe, leur limitation et ne voient pas que « transcendance » autorisait une assumation bien plus étendue de l’existence et qu’au lieu d’une rupture et d’une négation, il fallait tendre une toile, un tissage, une trame intégrant la raison dans la pensée, la nature humaine dans le structurel, le moi dans le sujet.

Or pourtant l’accès transcendant ou structurel fut bien insisté par Descartes ou Kant ou Husserl ou Nietzsche, ou Heidegger, ça n’est pas faute de n’être pas prévenu. Mais ils furent utilisés à l’inverse de leurs propositions.

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Accélération et dilatation de notre être

25 Février 2015, 09:03am

Publié par pascal doyelle

Comme la conscience est un être séparé autre que l’imagination, la perception, la raison, le langage, etc, elle suit donc sa propre aventure et comme cette conscience, séparée, est tenue ici pour la pointe de notre réalité humaine, et ce que l’on nomme comme étant notre être lui-même, tout à fait autre et sans correspondance avec quoi que ce soit qui existe dans le monde.

Encore donc faut-il préciser ; la conscience, la conscience-de, le mécanisme de conscience, la structure actuelle, l’articulation au réel, est nommé « notre être », mais ce serait bien plutôt l’humaine et la personnalisation qui sont les effets de cette structure ; qui bien qu’indifférente à la violence, et étant elle-même spécifiquement un être subtil, lui préfère le grand calcul stratégique aux petites tactiques mondaines et immédiates, celles noyées dans le flux des finalités données là, finalités réductrices et qui toutes tombent dans la disparition.

Et si notre réalité est cet-être, alors il devient difficile de délimiter son rayon d’action ; éthique, esthétique, politique ou idéel (maths pour les grecs, puis sciences, etc) circonscrivent des régions (inventives) dans la réalité donnée (découverte et explorée et autant d’étendues, d’extensions et d’intensifications de sa matérialisation, qui est tout autre chose que sa matérialité), qui produisent des domaines intentionnels, mais il est impossible de circonscrire son action à l’éthique ou à l’esthétique, etc, alors qu’à chaque fois, lorsque bien menée, c’est notre être qui en sa racine est touché, atteint, modifié par l’expérimentation. Sa racine se déplace.

Ce qui modifie la conscience-de porte donc conséquence sur toute l’étendue de notre réalité ; ce qui oriente ou désoriente la pointe cause structures et destructures dans toute la pyramide inversée, celle qui repose sur la pointe. Distinguons donc notre réel, notre être spécifique (qui n’est pas le « nôtre » mais dont nous sommes les effets, comme dit), de ses réalisations, des réalités, et donc distinguons le réel de la réalité.

Ce qui constitue le cœur, le centre, le point de notre réalité est notre être réel ; soit donc l’activité ou l’activisme de conscience ; est parfois subitement engagé dans une accélération de son principe, de son être ou une dilatation. Lorsque cessant de se contrôler par ses contenus, s’éprend de sa structure, de sa forme, l’accélération ou la dilatation, formelles, constituent le devenir propre de toute conscience, de chaque conscience ou sa possibilité (le désir amoureux peut sembler pour un moi tout au moins, le summum de son état de moi, par lequel il s’outrepasse ou explose outre son moi la conscience qu’il est, en l’accélérant et dilatant ; pour un moi c’est sa plus grande capacité vécue, mais inutile de dire qu’il existe quantité d’autres possibles de la Possibilité).

La structuration intentionnalisatrice s’emploie alors à être selon son ontologie spécifique, celle qui relève du réflexif pur (ce qui donne les sujets sou les grands sujets). accélération ou dilatation, intensification ou extensivité que provoque l’œuvre, l'esthétique, l'éthique (dont le désir d'être ou l'état amoureux pur les mois), la politique et la soif révolutionnaire, l'idéel et l’objectivisme ou donc ce retournement interne de tout cela et du monde, qu'est la philosophie (et la constitution d'un sujet, d'une remontée dans la pointe de conscience constitutive). Il est nombre d'esthétique emportée vers l'éthique et/ou la politique ou l'idéel, et inversement et réciproquement, puisque c'est le même notre-être qui œuvre et creuse la structure dans la matérialisation (aboutissant actuellement au corps-du-moi)

La mise en possibilité de notre être n’est pas du tout conquise, admise, effective or pourtant en même temps elle l’est toujours et constamment ; la structure de conscience réserve de fait son potentiel puisque son « essence » est sa structure même, son programme est sa forme et non un contenu ou une composition (inutile de cafouiller à définir ceci ou cela ; la potentialité, cad la puissance au propre et au figuré, est en réserve de soi, en réserve de (soi), et on ne connait jamais ce que l’on « sait » a priori, la conscience déploie le savoir, ou donc le se-savoir, qui outrepasse le connaitre, relatif à un objet, mais qui le "voit" littéralement sur la surface du monde, qui le voit par son corps).

Or cependant elle crée de telles compositions qui reçoivent la formulation de sa forme, comme les grecs les universalisations (éthique, esthétique, politique, idéel, ajoutant à cela la discipline, la philosophie, qui se charge de penser cet être-en-plus du groupe et du langage et élaborant ses machines intentionnalisatrices et explorant son empirie propre, celle qui se dévoile à partir de cet être nouvellement su par lui-même, et qui de ce savoir, de ce se-savoir, se modifie et rematérialise quantité de différences dans le monde).

Puisque c’est cela la finalité, celle qui échappe au monde et dont les finalités ne retombent pas dans le monde ; les finalités structurelles qui s’adressent au présent même. Autrement dit les finalités structurelles qui ne retombent pas dans le monde, ce sont celles qui habituellement se posent comme éternelles et divines et surréelles. Mais si l’on suit notre schéma la réalisation de notre être s’effectue en et pour et vers le seul présent.le seul présent qui doit absorber la puissance et être retrouver, et retrouver la puissance, la potentialisation.

or une conscience est du début à la fin, la Même ; pareillement qu'il existe un seul présent, il est de chacun une seule conscience continuée qui se calcule en interne (usant de tout le reste, intériorité ou extériorité, corps ou langage, donné ou monde des mois, etc).

Cela revient à dire ceci ; il faut se structurer l’âme ou ce semblant sans-nom qui n'existe pas, que l'on nomme ici la structure, suivant l'identification qu'a opérée la philosophie en décortiquant notre être, depuis le retournement cartésien du réflexif, Descartes, Kant, Hegel mais ensuite achevant la précision Husserl, Heidegger, Sartre. l'emploi technique des idées, des rapports, parce que notre-être est la technologie sur le donné et s'est inventé cette structure de conscience sur la surface-étendue du donné.

Et ça ne s’effectue qu’ici et maintenant. C’est ici et maintenant que s’active la conscience potentielle ; on ne sera jamais que ce moi-çi, mais la structure, fragile, de conscience, qui déploie son élaboration structurelle prend pied de et pour mais aussi par le seul présent. C’est la structure qu’il nous faut activer, poursuivre indépendamment et indépendamment de tout. Puisque le présent est l’être, l’être est antérieur (ontologiquement, et non dans la mondanéité ou la détermination, et pour cela la philosophie est seule à poser l’ontologie comme antérieure), et travaillant notre conscience (cad la structure de conscience, la structure comme vide et forme et ayant à remonter dans son être structurel et non en une « intériorité »), c’est cette élaboration qui crée la fibrillisation de notre être, qui élabore les rapports à partir du Rapport que la conscience est, qui provoque ses tissages qui n’apparaissent que par la conscience et ce au travers, littéralement, des contenus.

Puisque les contenus créés par et pour la conscience ne sont lisibles que par et pour une conscience qui les prend en elle-même, en plein (et non dans l’objectivisme ou l’objectalité). Il faut retourner la conscience pour saisir la philosophie, ce qui veut dire en être saisi. Il faut œuvrer sa perception esthétique pour être pris d’une Œuvre, il faut se conduire le comportement pour remonter du corps à la conscience éthique, il faut penser la constitutionnalité des sociétés humaines pour rechercher la politique.

Pour en être saisi, il est clair que ça ne se découpe pas … on n’isole pas un morceau de l’œuvre, ou d’une pensée ou d’une éthique ; et si l’on est saisi, c’est que l’on est dessaisi de « soi », de son moi (étant entendu que l’on est forcément un moi et que même on n’est que cela … et que donc le dessaisissement est impossible, que le sujet est impossible, ce qui ne l’empêche pas). Ce dessaisissement est précisément que l’on n’y est plus mais que n’y étant plus, on existe dans l’en-plus ; la structure de conscience est toujours en plus de ce qui est. Or il n’existe de fait rien d’autre que ce « là », ce donné.

Donc l’élaboration de conscience n’est pas le conscient, la pensée n’est pas la raison (tout cela se retrouve dans le donné et la surface, non en dehors, sur le bord) ; pour comprendre une pensée, il faut penser soi-même, et ce qui se dit dans une pensée, c’est non pas l’être, mais notre-être/dans-l’être. C’est ce rapport que créent les grecs, que dieu comme dernière conscience possible entame dans le monde ; que l’on y croit ou non cette structure est devenue nôtre, plus que nous même, pareillement tous sont cartésiens, de fait, puisque Descartes montre cet être tel qu’il est, et ne présente pas du tout une idée de nous-mêmes.

Ce qui s’est réalisé est la mise en distance de notre être, la problématique absolument impossible, puisqu’il n’est rien qui puisse relativiser ce qui n’a aucun rapport (avec quoi que ce soit) … et pourtant c’est cela qui est réalisé, au moins en un sens ; de le montrer, sinon de le démontrer.

La philosophie n’a pas abandonné de le démontrer … aussi incompréhensible cela paraisse chez Heidegger ou Lacan ou irrationnel chez Nietzsche ou délirant par Rimbaud ou Artaud ; ça se cherche, ça cherche son expression, cad les intentionnalisations par lesquelles on pourra soulever le noyau, comme d’un levier, d’une série de leviers. Et comme on ne peut pas atteindre directement ce qui non pas sans cesse (comme d’une essence qui serait repoussée à l’avenir) mais de fait, par nature, recule parce qu’elle est en retrait, ce sera transversalement qu’elle est accédée ; transversalement ça doit susciter en la conscience de chacun en ceci qu’il faut prévoir comme par devers soi, la prédisposition, l’antériorité d’être, le reflux incessant, la vague du réel qui poursuit les réalités, être saisi de ce qui préexiste constamment, la retenue de conscience qui fabrique notre âme et ce pour une raison ; afin de remonter si singulièrement l’horloge que le temps s’arrête et que se presse l’unique conscience continuée que l’on est.

Devant chaque œuvre, la structure de conscience remonte dans l’antériorité et de chaque œuvre se gonfle d’antériorités. Lesquelles antériorités sont instantanément reportées vers le monde, puisque la structure de conscience (sans contenus) travaille vers le réel, est la jointure des réalités et du réel et que cette jointure dépend de notre motivation à être.

Sans doute cette jointure est active constamment, et qu’on le veuille ou non elle s’existe (puisque la conscience est en nous, en notre réalité, une structure-autre, n’ayant rapport avec rien sinon le retour, le rapport qu’elle est dans sa dimension fragile) mais on comprend bien que sa prédisposition de soi (son se-savoir qui n'est pas nécessairement connaissance, qui est entame de l'intentionnalisaiton vers son origine structurelle) accélère son activisme ou dilate sa durée, et l’on ne peut attaquer frontalement son être (ce serait ripper là-dessus et toute attaque frontale serait elle-même un symptôme d’une intentionnalisation précédente, ou un fantasme de retour au moi) ; on ne peut pas le vouloir et son atteinte, son accession n’est pas la volonté mais l’intentionnalisation transversale, la ruse, la dilatation du temps, le raccourcissement ou l’extension de l’espace.

Raison pour laquelle c’est l’intentionnalisation de conscience qui fut découverte après la volition cartésienne bien étrange déjà.

On comprendra de ce qui précède, qu’il ne s’agit nullement de connaitre ce que l’on fait … mais d’appeler l’horrible, l’épouvantable, l’abominable structure du Rapport insensé, la racine qui se meut, et qui creuse plus que le réel. Qui entame le réel, qui sabre le réel (et donc emporte très largement toutes les réalités) de sa lame.

Ou donc ; la philosophie a pour finalité d’emporter toutes les réalités, les systèmes, les langages, dans le creuset, la forge ou l’explosion interne du réel. Ce par quoi il est plus, en plus de lui-même.

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Le réel est bien bizarre

21 Février 2015, 18:00pm

Publié par pascal doyelle

Il est probable ou logique que le néant existe ; mais cela n’importe absolument pas, puisque, existant, il n’opposerait aucune résistance ni aucune interaction avec quoi que ce soit, n’étant rien du tout.

Par contre si le néant existe d’une part et que de fait d’autre part, visiblement, l’être/ le réel est, alors l’être et le néant existent tout autant l’un que l’autre ; l’un et l’autre ne se mélangent pas, puisque de toute manière il n’est de néant que le « rien du tout». Par contre donc le réel/ l’être existe et intégralement.

C’est juste que l’on ne comprend pas bien ce que « exister intégralement » signifie comporte, suppose, implique. Ce que l’on sait est donc l’absolue positivité de ce qui est, de ce qui existe. C’est absolument et totalement réel.

De ce que l’on en voit, l’être est tout un ensemble de réalités ; si la loi de tout ce qui est, est le possible, puisque l’être comme le néant existent, ou toutes les différentes sorte de réalités, dont nous n’avons aucune idée, image, imagination, puisque nous sommes contraints d’imaginer en fonction des éléments empiriques de cette réalité qui est nôtre, que l’imagination est un arrangement d’éléments donnés là, et qu’il est clair qu’il ne s’agit en aucune manière d’imaginer le Possible qui préside au néant égal à l’être, selon cette empirie qui est nôtre ; le possible qui existe, qui crée l’être et le néant, est la Possibilité même, c’est intégralement que le néant est et intégralement que l’être est.

De toutes les sortes de réalités qui existent (dont nous n’avons aucune idée, ou expérience et que donc nous sommes dans l’impossibilité de définir tout l’être possible, toutes les différentes formulations de réalités, que ce soient des univers en nombre ou seulement en cet univers quantité de mondes possibles, de toute l’empirie on ne sait que ce que l’on a « vu », perçu), et si le possible est la loi de tout ce qui existe (compte tenu de ce que nous ne pouvons juger ou imaginer le dit possible doué de seulement cette réalité qui nous entoure), cela coïncide « radicalement avec cette radicalité » du présent.

Si le présent est l’être lui-même, l’unique est sa propriété. Ça n’existe qu’une fois, tout n’existe qu’une seule fois. Et parce que le présent existe absolument et que donc ce qui existe absolument est une-fois, et pas deux. Ce qui veut dire aussi que ça n’existe réellement qu’une fois ; il n’existe qu’un seul instant, depuis le début (de notre univers en tout cas, ou ce que nous nommons tel), c’est le Même Instant qui est.

Mais à rebours, si l’on peut dire, et instant unique (qui les contient tous, et peu lui importe puisque le présent n’est pas une détermination, mais la forme des déterminations et qu’une forme telle peut se splitter, se diviser indéfiniment), le réel (dans tous les mondes, tous les univers, toutes les réalités, imaginables ou non) est un seul. Bien que nous ignorons jusqu’où, jusqu’à quelles formes internes ce présent s’existe ; on nommera donc « réel » les possibilités de ce qui pour nous se donne comme le présent. Et de cela on n’a aucune idée, image, compréhension.

Quoi que si le présent est « ce qui est », il faut bien saisir que l’on n’a rien de plus proche que le présent ; on ne sort jamais du présent, rien ni personne ne sort du présent. Il faut plutôt concevoir ou imager l’inverse ; tout sort du présent. L’ensemble de la détermination s’est mémorisé dans et par ses présents, qui ont tous disparu mais qui se gardent en mémoire dans l’essence des choses ; une chose déterminée est l’ensemble des informations qu’elle a accumulée ou plus exactement elle n’est pas un substrat qui aurait reçu ces informations, mais est l’ensemble d’informations lui-même ; il n’existe pas une abeille et puis les qualités de cette abeille mais l’abeille est l‘ensemble de ses/ces qualités, sinon ce serait un bourdon, ou autre chose. De même les lois ne sont pas surexistantes aux choses, elles sont les choses mêmes (si les lois des abeilles s’appliquent à toutes les abeilles, c’est qu’elles relèvent toutes statistiquement de la même configuration).

Ce dont toute conscience-de témoigne est que le réel comme « là », comme présent s’oppose apparemment à cette conscience ; en ceci que la conscience voudrait former un cercle et que le réel vient interrompre ce cercle et que donc le réel est autre que la conscience … Mais c’est une illusion rapide, parce que l’on est conscience de ce que justement on l’est dans le réel ; c’est la distance même qui fait que l’on est rapport au. Est-ce à dire qu’il faudrait introduire une sorte d’altérité, d’autre dans le Même ? Non pas du tout, c’est le Même qui se renvoie du présent, actuel, cad du réel à la conscience ; la conscience n’est rien que le rapport à. C’est pour cela qu’il n’existe aucune « substance » qui serait « conscience », mais cela implique également que ce à quoi elle a rapport (qu’elle est de ce fait) est non pas le défini, le déterminé, mais le formel. Cad le présent ou le réel.

On comprend bien que le réel dont il est question est alors tout à fait étrange ; c’est la forme même de ce qui est, partout, sans être rien de déterminé en particulier ; mais c’est ici même, ici et maintenant que ça est. Un des phénomènes étranges est la poussée existante … le fait prime sur l’essence ; c’est d’exister que se déclenche la mémorisation, l’essence des choses, les choses sont marquées du fait ou absentées de sa non réalisation.

En somme on aurait pu être un autre spermatozoïde, rencontrant l’ovule et être un autre, mais de ce fait on n’aurait pas été du tout ; pourtant ayant été, nous le sommes, et absolument ; l’absolument est l’exister. A moins de proposer un ordre intégral du moindre détail de ce qui est, on ne voit pas comment cela pourrait se comprendre autrement. Ce qui heurte profondément la conscience (le rapport) que la conscience a (et est) d’elle-même ; puisque ce rapport se-sait il se croit absolument. En quoi il n’a pas tort, puisqu’il existe et que cela vaut absolument, mais cela lui parait quand même bien incompréhensible, puisque le rapport du se-savoir (savoir que l’on existe) est lui décisivement absolu ; il ne peut pas s’ignorer et se biffer d’un trait ou se non supposer. Il se débat dans l’incompréhension quant aux pistes délirantes de la réalité. La nécessite du rapport qu’il est, (l’auto nécessité, qui se réclame elle-même de fait et s’obtient unanimement pour ainsi dire) se heurte à tout.

Le se-savoir est bien dans la logique très étrange du possible ou du réel ; qui s’autorise des exactions délirantes mais parce que précisément le réel, étant le possible, ou plutôt la possibilité, on ne sait pas ce que cela comporte.

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Le creusement du Même réel

18 Février 2015, 10:09am

Publié par pascal doyelle

Notre être, cette structure qui n’est pas du tout la nôtre, bien plutôt nous lui appartenons, s’enroulait donc dans les mondes particuliers, emmaillotée dans le groupe, le langage, le monde local immédiat et tout ce qui venait à se produire était admis et cru tel quel absolument dans son apparence parlée au sein du groupe, entre tous.

Au sein des mondes particuliers subissant la mondialisation durant l’antiquité, un peuple invente le moyen de s’en sortir ; de s’en sortir mentalement ; en abolissant qu’il y ait des mondes particuliers et déplaçant la totalité et qu’il n’existe qu’un seul monde donné là pour tous et dans tous les mondes humains.

Que les mondes particuliers aient pris fin, signifient qu’ils sont remplacés par les devenirs intentionnalisateurs. Et qu’au centre de ces devenirs, émerge un mécanisme qui soudainement se sait et bien qu’il se soit donné un apparent contenu (la pensée), ce mécanisme doit être lu comme purement formel (cad en dehors et en plus de tout contenu, de tous les contenus intentionnels que pourtant il rend possible, mais relativisant la vérité, il lui devient possible de produire des quantités de vérités).

Ce que les grecs et les chrétiennes et Descartes et suivants installent est la forme structurelle dont la pensée, dieu ou le sujet (si l’on entend par là une substance) ne sont que des représentations, des effets ; ce qui compte c’est la lecture qui laisse prédominer la forme même sur les contenus ; la pensée n’est pas un contenu « idéaliste » mais une forme articulée à l’être, cad au réel, soit le réel du donné là (sous la formule du là du donné, de tout donné) soit l’être de conscience, l’intentionnalisation, qui n’est aucunement idéelle, mais bel et bien rapport réel au réel.

Ce que l’on cherche c’est donc le creuset structurel ; celui qui lie la conscience au réel par la cohérence, cad par l’exactitude des intentionnalisations qui y portent à être. Il n’est dans toute la philosophie rien d’idéaliste (si l’on croit comprendre par là l’établissement de pensées référant à un contenu sur essentiel), parce que les rapports créés sont des moyens d’entrer dans la réalité d’une part (le monde, le donné, la perception, le corps, l’humain, le moi, etc), et d’autre part d’accéder au réel (l’être comme étendue, surface, là au-devant et ici en tant que l’être est le présent lui-même, et rien d’autre) ; la différence de la stratégie grecque et puis chrétienne et puis cartésienne et des grands sujets, comme des mois, et de toute autre tient en ceci ; ce qui est, est ici et maintenant.

Absolument. Au sens où il n’est aucun élément qui ait à quitter le plan de l’immanence ; il n’existe qu’un seul donné, là, énorme, gigantesque, effarant, mais cette immanence possède au moins deux bords ; d’une part le présent et d’autre part l’être de conscience, la structure mécanisme (dont nous sommes l’effet). Le principe de cohérence est la constatabilité dans l’ici maintenant de ce qui est énoncé. Mais de plus ce qui est ici et maintenant est en son principe même parfait d’une part et d’autre part cette perfection contient la réflexivité en externe, sur le bord.

La constatabilité est juste ; ce qui peut être dupliqué par une autre conscience. Or c’est ce qui se passe de fait ; Descartes se duplique instantanément partout, parce qu’il fait voir, en acte, et in vivo que « ça arrive » que le sujet soit à lui-même nommé. On pourra contredire cent fois Descartes, ce sera dès lors toujours de son point de vue, parce que son point de vue n’est pas le « sien » mais celui de tout retour vers (soi) (on serait bien en peine de définir ce que ce « soi » est pour Descartes, il décrit seulement ce qu’il voit, l’étendue et la bizarrerie du « sujet », cad du retour-sur).

Ou donc ce qui est « vu », ça n’est pas que l’homme soit une « chose qui pense » (du reste qu’est-ce que cette « pensée » pour Descartes ?? ), mais que cette chose fasse un retour-sur.

Descartes ne redéfinit pas d’abord la pensée (ça c’est ensuite, et secondement), mais déplace et replace notre être. Ce qui change tout, ça change tout ce qui fut antérieurement. Au point que l’on ne sait pas du tout par où on a bougé.

Cela est essentiel ; parce que certes la philosophie veut poser là au-devant clairement ce qui est, mais elle est elle-même activisme pur … et donc est tout aussi bien surprise par ce qu’elle dit, par ce qu’elle bouge … elle est tout comme l’esthétique à ne pas comprendre ce qu’elle fait ; elle le montre. Sauf qu’en plus elle tente de le démontrer ; mais la démonstration est toujours en retard de sa monstration, et pourtant sans cette intention de démontrer, cad de ramener ici et maintenant les éléments de connaissance, elle ne remonterait pas dans la structure même ; ce qui veut dire que « penser » c’est réélaborer non seulement des « idées » mais des structures…

Et cela ne s’obtient que un par un, une conscience par une conscience ; pourquoi n’obtient l’acmé de notre possibilité que par le une par une ? Sinon de ceci que l’être existe selon le Un. Et parce que c’est le même Un qui est pour chacun mais aussi partout comme présent.

C’est donc la structure même du « ce qui est tel que cela est » ; au présent qui creuse épouvantablement la réalité.

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L'échiquier du réel, l'inertie de la cervelle

15 Février 2015, 17:30pm

Publié par pascal doyelle

Nous gigotons dans un nuage irréel, parce que notre conscience qui pourtant est l’articulation au donné là, (et donc au là du donné, à l’être, à l’effectivement présent au-devant, au réel même), notre conscience est aussi issue de la cervelle et que celle-ci baigne dans son rêve éternel, cervelle pour laquelle il n’est aucune réalité extérieure, qui ne conserve que des images, perceptions, stimuli, physiologies, etc.

Alors la conscience qui n’a rien d’autre que sa forme pour exister, s’emplit de quantité de stupidités et d’idioties, et devant faire face néanmoins à toutes ces cochonneries et débilités intérieures, elle s’y personnalise ; et c’est à ce point là de folie terrifiante. C’est à ce point là que la conscience n’a pas d’épaisseur et que son épaisseur elle le prend des contenus et que si ces contenus viennent de la cervelle dans son rêve éternel, ça l’énormise affreusement, ça la déforme et toute entière puisqu’elle n’a pas de substance, la conscience, qu’elle est formelle seulement. Lorsqu’elle prise dans un contenu qu’elle intentionnalise et reçoit passivement, elle tourne en vrac ; elle y est à la fois intégralement (et sans épaisseur elle y succombe instantanément, il lui faut un effort supplémentaire pour se rétablir dans le réel), et en même temps pas du tout ; et la conscience prise dans la cervelle est de toute manière toujours une conscience horrible, non pas horrible de tel ou tel contenu, cauchemar, mais par principe horrible, puisque s’échappant … dépourvue de tout rappel à soi, qui se quitte, se perd, s’enfonce, s’enfonce sans qu’il y ait d’espace, ou de temps ou de choses, il n’y existe plus que les signes des choses, des images.

Si ce sont des cochonneries en l’intérieur, dans la cervelle, ce ne sont pas des cochonneries sexuelles (qui elles nous en préservent … nous préservent de la masse noirâtre par principe de la conscience éperdue dans la cervelle, en proie à l’agonie intérieure hors temps, paralysée et mangée par les trucs qui trainassent là-dedans, paralysée par le principe même de noyade dans la masse close et sans extérieur de la cervelle). La face inverse de la conscience, tournée toujours nécessairement par la cervelle, est en soi (quand bien même les contenus ne seraient pas bouleversants), est en soi noire et sans fond, aveugle et abaissée.

De l’autre côté il y a le réel ; et ça ne tient que si la conscience se tend vers le réel, mène une intentionnalisation ; mais l’intentionnalisation ne dispose pas de tous les éléments qu’elle met en œuvre, elle est fixiste ; elle focalise sur ceci et passe par-dessus, fait l’impasse sur les mises en œuvre, aucune conscience ne contrôle les éléments ; elle tisse par-dessus les éléments et sans soucis, parce qu’autrement il lui nécessiterait un temps infini pour contrôler chaque apport, chaque retrait. Elle pose donc des points, sur lesquels elle tisse, et ces points (dans le monde) sont aussi des pions sur une partie engagée et dont elle tente de se débrouiller.

Au travers de toutes les liaisons, les nécessités, les systèmes, les signes, langages, etc, il est une conscience mais plusieurs visages qu’elle supporte, et il n’est pas une identité qui les réunirait toutes. L’inépaisseur de conscience, qui lui permet d’emprunter les intentionnalités diverses, est aussi ce qui lui impose le remplissage intérieur, sa version côté cervelle, tirée par le dedans horrible, dont le principe d’attraction est horrible, que les causes et effets soient agréables ou non. Mais cette retenue monumentale du dedans pousse à être le corps, puisque le principe du dedans est principe d’inertie, tandis que par l’articulation de conscience sur la partie, l’échiquier qu’elle prévisionne autant que faire se peut, tire vers le dehors, l’étendue, le réel. Et le déplacement du corps sur le réel, l’étendue, la surface, est une vue externe tandis que l’inertie de la cervelle s’enfonce dans le corps sans étendue, l’irréalité non intentionnelle en ceci que les contenus irréels de la cervelle emplissent passivement la conscience, alors que sur l’échiquier du dehors, de l’étendue, sont éprouvés des points dans le réel.

Pour déplacer le corps sur le réel, la conscience doit alimenter un circuit, une stratégie inaperçue, elle doit créer ses points d’ancrage, et c’est ici qu’intervient la forme de conscience, qui se cherche ; ce qu’elle crée est l’interposition, de ceci qu’elle invente des formes de signes dans le réel même, que l’on nomme cela éthique ou politique ou plus évident les esthétiques ou les idéels ; c’est que par la conscience on se situe immédiatement au plus articulé, architecturé et sur la surface même de l’échiquier, sur l’étendue donnée là. Mais depuis les suejts et les mois, il est en plus des universalisations, des points d'accorchage dans le réel, suivant l'intensité du suejt et la densité du moi.

Et donc on ne peut rien décider sinon de prévoir préparatoirement … notre être, cad le déplacement des pions à venir sur l’échiquier du devant, dans le réel.

Alors les mois auront beau tenter de contrôler les éléments, ça n’est pas cela parce que le contrôle d’éléments est toujours déjà absorbé par une partie … et que la partie, la grande partie se joue ailleurs et autrement ; il n’est pas de plan préétabli, mais par contre la conscience est une structure qui est à elle-même son programme ; le programme n’est pas distinct de la structure, il est non un contenu mais une forme, qui peut tout à fait interpoler les contenus sans jamais perdre le réel. Sinon de se perdre constamment dans l’irréel de la cervelle.

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L'insaisissabilité

14 Février 2015, 18:23pm

Publié par pascal doyelle

Si l’on songe à tout ce qui devrait être mis en place en terme de comportements qui puissent assurer une vie, un monde un peu mieux organisé … on en conclut que serait requise une conscience, une mise en forme de la conscience, de chacun et de tous, bien autrement architecturée.

Puisqu’il est clair qu’ayant activé la construction de notre être (ne se référant plus à une Vérité, celle du groupe ou de telle communauté) et que cela ne fonctionne que volontairement ou si l’on préfère intentionnellement, il en va de notre responsabilité, de notre inventivité d’élaborer l’être qui convient à la possibilité du monde, qui puisse s’adapter à la configuration du donné. En bref ça ne se fera pas tout seul … ça n’adviendra pas comme une vérité par-dessus, tel un couvercle. Et ça ne peut pas, en aucune manière, se produire simplement, puisqu'est requise l'auto modification de notre être.

Il apparait également que recevoir par le dessus une vérité n’obtient aucun effet durable ; ou donc l’universalité existe mais elle est un procédé et si une conscience n’en accepte pas l’augure, c’est l’universel qui sera contourné et dégradé, puisque la conscience est plus grande que l’universel, cette structure est plus puissante que la raison, la théorie, la vérité énoncée.

Pour le mieux il faudrait extraire notre être et le rebricoler extérieurement, l’arrangeant de telle sorte qu’il supporte sa propre capacité dont de toute évidence nous sommes débordés. Mais notre être n’est pas un contenu, une essence, une composition dont nous puissions réécrire la trame ; comme nous existons en tant que conscience, celle-ci existe pour elle-même et c’est sur ce « elle-même pour elle-même » qu’il faudrait intervenir ; or ce qui "a" rapport à soi, "est" ce rapport à soi, et donc ne peut intervenir sur soi que ce rapport lui-même ; ou encore ; il faut qu’il s’en convainc ou qu’il s’en motive ou qu’il désire s’en sortir, de son marasme habituel, ou, positivement, qu’il intentionnalise de lui-même sa propre modification.

L'incomposition

Comprenons donc que notre être est un vide formel et que n’étant pas composé, nous ne disposons d’aucune préhension qui puisse le modifier, sinon précisément de remonter dans ce vide formel et l’ayant analysé, ou exposé, ou décrit ou porté au jour, et que, bien saisis de cette exposition, il nous vienne de désirer cette forme même. Mais comme cette forme n’a pas de visage, de représentation, de signes adéquats, elle se figure sans cesse selon des représentations secondes voir secondaires (qui iront se dégradant) et s’emplit de finalités irréelles ou non adéquates, qui rabaisse la finalisation (de structurelle au donné mondain ou localisé) et laisse tomber notre être dans, à nouveau, le monde immédiat.

On remarquera ceci ; la Méthode de Descartes est le début (ou la continuation des grecs) qui voudrait au moins exposer par où et comment notre être agit ; la suspension dans le doute, la remise en programme de l’intention, l’appui en la volition, le détachement de la volonté par rapport à l’entendement, etc , ne manifestent pas seulement la possibilité d’une certitude (cela, c’est seulement l’occurrence mais non ce qui se montre à toute conscience dans et par la structure qu'expose au vif le doute-cogito-infini-étendue-corps), mais ce mouvement de prendre conscience de nos articulations est justement la capacité que cet être aura ou peut espérer de se modifier lui-même (ce qui suppose donc que malgré le mur infranchissable de l’impossibilité de se saisir de soi, on parvienne néanmoins à ruser … la philosophie est cette ruse qui se cherche, et Descartes aime, adore et tente de situer le libre même, le plus grand bien qui soit, et le plus jouissif).

L’approche des religions est tout autre que celle rationnelle ou universelle, et tend à rendre l’imaginaire de soi de telle sorte que l’on s’en imprègne ; mais derechef comme on ne saisit pas bien les causes et les effets, les raisons de telle ou telle conversion, même cette imagination de soi ne suffit pas à pénétrer plus avant en cette structure ; qui, donc, n’est modifiable que si elle le « veut » bien, que si elle adhère à cette modification.

Le pourrissement

D’aucuns s’étonnent de ce que puisque nous sommes laissés libres, laissés à nous-mêmes, et que notre « nature humaine » peut plus ou moins librement s’exprimer, tout cela au lieu de se parfaire et de se rendre capable de soi, tourne en désordre, voir en catastrophe soit individuelle soit collective et que l’on n’y voit pas plus clair qu’auparavant, et d’autres encore qu’il vaudrait mieux en revenir, en fin de compte, à une contrainte sur notre « nature humaine » plutôt que de lui permettre de se dissoudre, perdre, abolir, détruire, dégrader lorsque livrée à elle-même.

Mais c’est que dans les deux cas, on croit en une telle « nature humaine », sans voir que précisément notre être n’est pas une « nature » du tout, ni humaine, ni naturelle, ou à tout le moins qu’outre ces natures que nous sommes, la pointe articulée de notre existence est un être formel vide sans composition, et n’ayant donc aucune définition parce que sans réalités, sinon la sienne propre, dimensionnelle, formelle, et tout à fait étrange et en tous les cas non compréhensible.

On précise « non compréhensible » non pour signifier que l’on n’y comprend rien (ce qui n’est pas faux puisque cet être est au minimum en cours et que l’on ne sait pas « où » il va ; on ne sait à quoi sert au bout du compte (quel compte ?) la structure de conscience), mais que cet être ne relève pas d’une compréhension aisée, et que l’on ne peut pas penser cette structure « hors d’elle-même » ; ce sera toujours substituer à son être un « programme » (une vérité) alors que tout l’effort des 25 siècles est justement de ne plus tomber dans le piège d’une définition, d’une définissabilité extérieure, et que inversement ces 25 siècles ont lancé des élaborations précautionneuses, des tours et des détours, afin d’approcher l’animal sauvage et furieux qu’est la conscience, et qu’en aucune manière elle ne soit confondue avec le conscient, ni avec quelque partie du monde, ni avec un pré jugement ; de là que l’on ne philosophe que si l’on Est.

La réduplication

Et l’on y Est, signifie qu’une conscience philosophique doit se ré-dupliquer en telle autre, en toute autre conscience qui s’y dispose ; la philosophie n’a pas pour dernière finalité la connaissance, mais la mise en forme. La mise en forme de cet être que précisément (ça tombe bien) on nomme « formel ». ou donc, il n'y a pas de programme antérieur à la conscience active, la structure est elle-même ce programme (qui en engendre des tas, mais ne se bascule en aucune des vérités créées). En cela on ne sort pas du constatable ; il revient à chacun de re-concevoir, réintentionnaliser la conscience en usant de Descartes, de Sartre ou des systèmes ou des esthétiques ou des éthiques ou des politiques, et d'expérimenter cet être dans son activisme étrange.

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Le creusement historique du monde

11 Février 2015, 10:04am

Publié par pascal doyelle

Dans la mesure où notre être n’est pas la « nature humaine », (la nature humaine est notre réalité ; dans le monde, corps physiologies langage moi etc), mais est la structure de conscience qui existe indépendamment de n’importe quel contenu, cet être a créé, produit, élaboré sa dimension propre.

Du mécanisme de conscience qui s’éjecte hors de toute monde particulier, élabore une architecture (plurielle, des systèmes intentionnalisateurs, basés sur le mécanisme effectif de conscience -de) architecture d’intentionnalisations (qui se déploie de par soi en esthétiques, éthiques, politiques, idéels).

L’ensemble est dénommé réflexivité ; la réflexivité est « ce qui agit » et est le sujet même, le pivot radical, et la réflexivité n’est pas la réflexion « sur elle-même de notre nature humaine », ce qui serait la définition de la raison, qui laisse intouchée cette nature humaine, tandis que la réflexivité est la modification fondamentale antérieure à nos réalités humaines, qui en sont les effets divers et variés) la réflexivité grecque est reprise par l’architecture réflexive (interne au judaïsme) du christianisme, et ensuite se retrouvant à nouveau ici-même (dans l’instant de la découverte et invention de cet être structurel) par Descartes qui plante sur le donné là, sur l’étendue du monde, notre être, dépouillé et nu ; la description structurelle de notre activisme de conscience.

Le sujet, ce que l’on nomme tel, est la réflexivité en tant qu’elle se-sait et se déploie volontairement et est prise de passion pour son activisme ; la réflexivité se veut extensive (grecs), intensive (chrétiens), sujet proprement dit (Descartes qui découvre que la pensée s’origine dans un être, et abandonne la pensée métaphysique au profit de la pensée réflexive, qui peut être dite ontologique en ceci qu’elle montre l’être-réel qui pense (et non plus un Bien ou un Etre ou le Un qui se découvrirait dans le discours métaphysique et dont bien sur on n’obtient aucune perception, qui ne font que difficilement retour dans la réalité ou le réel) ;

Descartes, qui sera suivit par Leibniz et Spinoza qui s’interrogent sur « ce que c’est que l’étendue », que l’être soit une « étendue » (cette énormité fantastique) , et par Kant Hegel qui explosent la réflexivité même, soit transcendantale soit historiciste et dia-lectique ; puisque ce qui pose question est la nature de cet être, découvert, inventé ou exposé, extrait, exemplarisé, décrit comme sujet fondamental et lucidement et hyper objectivement exposé, par Descartes, qui existait ailleurs, qui était sup-posé par d’autres que lui ou par le statut et la profondeur des sciences nouvelles, par l’application des maths à l’étendue, et que Descartes à la fois théorise comme surprenante nouveauté et comme invention cartésienne de ce sujet (les trois à la fois ; découverte, invention et pointage d’un être qui s’existe en d’autres sujets),

et dont Kant et Hegel parcourent la distance ; Descartes à creusé une distance que Kant et Hegel remplisse de tout ce qui fut installé (Kant) ou engendré (Hegel) et tiennent « là » au-devant, objectivisent le cadre (Kant) ou les réalisations de cet-être producteur ; au sortir de Kant et Hegel tout est déposé au-devant, et il ne restera plus rien, plus aucun contenu pour les sujets qui suivront ; Kant et Hegel exposent totalement ce dont à partir du sujet on perçoit, observe, tout ce qu’il contient (de même que l’idéalisme allemand pousse aussi loin qu’il peut la pensée d’un tel sujet, ce qui signifie de la capacité de la réflexivité à se-savoir et dont l’humain ou la pensée ou les systèmes ou les idéologies, etc sont les effets); Stirner, Schopenhauer, Nietzsche, Kierkegaard, n’ont plus rien à se mettre sous la dent, ils doivent en tant que grands sujets creuser leur être ; fut-ce selon un irrationalisme ou un non rationalisme puisque par Kant et Hegel tout est éjecté hors de notre-être (dont on essaie de le penser comme volonté ou vitalisme ou énergie ou conscience de soi subjectiviste), que nous ne sommes plus qu’un regard neutre, vide, mais aussi formel et c’est cette formalité que Husserl et Sartre reprendront et réinventeront comme tel, comme regard formel.

De même à partir de la position du sujet, de la réflexivité qui se-sait et par Descartes elle ne se sait plus seulement comme pensée mais comme être originaire structurel (le réflexif-même, en sa description, en ceci qu’il devient pour lui-même son auto expérience, sa proto expérience, comme pour les grecs la pensée était vie et augmentation du monde-cosmos, le sujet cartésien est le point planté sur l’étendue-monde, autrement dit le bord) et à partir de cet ancrage radical (et pour tous, toutes les consciences Descartes marque totalement le repérage) peuvent se déployer toutes les sciences ou toute l’humanisation que l’on voudra du sujet absenté pour les sciences ou ignoré pour les mois) ; soit vers la révolution unique (qui contient en soi des tas de variantes mais que l’on ne peut pas annuler, sous peine d’anéantir la démocratie, le droit, l’Etat, la constitutionnalité des sociétés humaines), soit vers le monde des mois (la personnalisation, qui se fonde sur l’être-libre de chacun et la constitution objectale, soit du moi et de son désir soit des sciences qui l’observent), soit par les sciences et l’objectivisme (dont parfois la philosophie se croit obligée de se parer).

Le pivot est donc le creusement (cartésien en tant non qu’il le crée mais qu’il révèle cet être et qui le pensant évidemment accélère sa propagation, sa réduplication et pousse vers la singularité même) de cet-être en tant qu’entité formelle dont on essaie ici et là de combler le vide ; mais la structure n’appartient pas, à rien ni à personne, elle est Une et Voit. Elle voit « ce qui apparait » ; une conscience se pose toujours sur un horizon dernier sur lequel, toile de fond, tous les objets apparaissent.

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La prédisposition de (soi) : de la singularité

8 Février 2015, 15:07pm

Publié par pascal doyelle

On nomme donc architecture intentionnalisatrice l’ensemble des points que dispose la conscience sur le monde, le donné là, le là du donné (le réel ou l’être), et cette architecture est juste une trame tissée. Elle ne tient qu’intentionnalisée ; il est donc crucial, super essentiel que l’intentionnalité soit tenue ; que la conscience soit motivée, mobilisée, tendue sur ses repères, et que donc tout peut effectivement s’effondrer. Soit individuellement soit collectivement.

Ou donc il dépend de chacun, de nous, de chaque conscience et des consciences reliées entre elles, que l’architecture se tisse ; se tisse au travers de toutes les consciences, mais aussi se tisse en chacun. Chacun doit se disposer, se prédisposer. On n’impose pas par la « volonté », (d’autant que la dite volonté s’est découverte comme intentionnalité ce qui change quand même fondamentalement), mais par la prédisposition ; non pas de monopoliser en tel ou tel contenu de conscience, ni donc se soumettre à une volonté monolithique (qui se révélerait en partie la volonté d’autres, d’autres consciences puisque la base de toute formulation se tient dans le langage commun, ayant son fondement dans la parole particulière des groupes qui se prennent pour le monde, pour le donné, pour l’être même). Non pas toutes ces déterminations mais l’accès à l’être de chacun et ayant à remodeler la conscience même, chaque conscience, même la plus petite intentionnalisation, d’engendrer et d’engranger en chaque micro intentionnalité.

On ne ait pas ce que l’on veut mais on le veut et c’est là l’objet de la décision ; qu’il y ait les plus subtiles changements d’orientation de notre être en tant que notre être est situé dans l’activité minuscule de conscience ; que de fil en aiguille l’activisme tisse des ensembles. Et pour se situer dans l’anfractuosité en laquelle consiste la singularité (cad le moyen de ramener ou de tendre par la singularité, dont on croit toujours qu’elle est impossible) il suffit de se brancher sur les êtres-singuliers qui eurent lieu…

Les êtres singuliers qui eurent lieu, sont à disposition ; Descartes ou Rimbaud ou Liszt sont à disposition. Ce que l’on nomme éthiques, politiques, et plus encore esthétiques sont à disposition d’instruire à la Singularité.

On pourrait penser a priori que la Singularité est exceptionnelle, rare, voir quasi inaccessible, mais en fait la singularité doit être considérée comme « cela même qui est ». Par exemple qui nous concerne d’autant plus tous ; que tout moi nait et tend vers la singularité, et celle-ci constitue le fondement. Bien qu’elle n’apparaisse pas, elle est non pas tel ou tel objet ou contenu qui apparait sur l’horizon, mais est cet horizon lui-même.

Or il existe toutes sortes de réalités dans l’horizon, et la singularité première est précisément de ne pas sélectionner a priori ce qui alors risquerait de ne pas paraitre a posteriori. L’horizon est en soi fatale. Mais si la conscience s’en éloigne et se cadenasse dans un Ordre ou un Sens, l’horizon de toute manière reviendra puisqu’il ne s’efface jamais, il reviendra travesti, prenant à revers la conscience alors que celle-ci sera dans l’incapacité de non pas s’y opposer (on ne s’y oppose que dans l’interface illusoire de la volonté, du conscient, du moi dans son identité, etc) mais de l’enrôler, de l’enrouler, de rouler l’horizon lui-même ; on a dit déjà que puisque notre être (qui n’est pas notre « réalité humaine » qui contient des tas de causalités, de physiologies, de systèmes naturels ou humains)est la structure, il est impossible de la remonter, de la récupérer ; elle préexiste toujours à n’importe quelle pensée déterminée, étant la conscience non déterminée, ce mécanisme, qui permet qu’il y ait des pensées, des images, des désirs, des objets, etc, et que la philosophie est la discipline qui ruse afin de montrer puis peut-être démontrer notre être (non visible en soi).

Notre être pointu, la structure articulée au réel, est inatteignable, mais le supposer rend son accès comme une ascèse interne à la conscience même ; et ce que Bergson nommait la décision « libre » est précisément l’invention ou plus exactement la réorientation de l’horizon donné déjà là et contenant quantités de choses, de choses inatteintes.

Une partie de l’horizon est occupé par les soubassements du moi, de son identité ; rappelons que l’identité du moi est la partie émergée, celle au croisement de la cervelle (et tout ce qu’elle contient) et de la réalité, de ce corps et des autres consciences, etc ; une part du moi trempe dans la complexité enregistrée et une part s’articule par les compromis ; formulant une identité qui plus ou moins bricole un sens (ou donc ; le moi en son identité, qui est une part seulement de tout ce qu’il est, en son identité repérable par lui-même est l’ensemble des réponses dont il ne souvient plus des questions, pour ainsi dire ; la pièce qui retournée offre toujours le même côté), un sens qui sert d’unification (parce que le moi ne peut constamment se poser des questions, et se chambouler chaque seconde, il est une unification fonctionnelle).

Mais outre cette fonctionnalité il se tisse, en plus des systèmes intérieurs (physiologiques ou inconscients ou relationnels, puisque l’autre pour le moi est en partie déjà sa propre conscience, occupée par des contenus ou des identités dont on en sait pas à quelle conscience ils appartiennent …), par l’activisme de conscience vers le réel et tient donc l’horizon singulier et c’est par là qu’il est-déjà dans la singularité ; laquelle n’est donc pas exclusivement relative à sa subjectivité … à son subjectivisme … laquelle permet déjà par les étapes antérieures de l’architecture de conscience ; de l’universel des grecs en passant par l’acculturation gigantesque chrétienne, le sujet cartésien, l’humanisation des lumières, les grand sujets détraqués et fous structurellement, les existentiels ou les ontologiques, etc. et donc l’horizon qui se propose à ce que l’on dispose à être, est démultiplié. C’est uniquement parce que coincé dans une identité de moi, très partielle, que l’on ne s’y étend pas.

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Là où nous sommes jetés

7 Février 2015, 16:51pm

Publié par pascal doyelle

Ceux qui comprennent la pensée comme un Gros Objet là au-devant s’excluent du même coup du Jeu Réel. La pensée pense le lieu qu’est chaque conscience et donc on n’y entre pas sans se modifier soi ; la pensée n’est pas la raison qui laisse intact celui qui objectivise, lui laisse son moi, et dieu sait que des mois depuis la révolution unique (selon ses diverses variantes à travers le monde), des mois il y en a des tas, des quantités.

Philosopher consiste donc à relativiser, rapporter les contenus à notre-être ; il faut s’y convertir ou continuer de croire que penser c’est objectiver ceci ou cela. Penser puisque cela modifie notre-être, oblige à transformer le sujet que l’on est ; philosopher est même cela seul qui y atteint.

Rappelons que la philosophie est, dans la révolution anthropologique qui eut lieu (au alentour des grecs, et qui consistât à outrepasser les mondes particuliers, des immédiats-des groupes et des langages, pour les remplacer par l‘articulation intentionnalisatrice ; en politiques, esthétiques, éthiques, idéels ; repris par la transformation acculturante énormissime du christianisme, recréer chaque conscience en vue de l’unique conscience indéfiniment réelle qui sera réintroduite dans l'étendue cartésienne du monde, et double mouvement qui impose en tout et partout la réflexivité même, et non plus tel ou tel contenu, telle ou telle synthèse particulière de mondes séparés), la philosophie est la discipline qui prend en charge notre-être nouvellement acquis, qui émerge hors des groupe-langages, des monde-paroles, des immédiateté-localisées, en ajoutant une architecture neuve, d’extension de l’intentionnalisation, qui sera suivie de l’intensivité chrétienne et cartésienne, et le tout s’engagera dans la densité des mois ; qui ont à charge d’incorporer la structure complète, universelle-extensive, sujet singulier-intensive en un Corps, cad en une Idée-image de (soi).

Aussi la philosophie est à la fois la compréhension de « ce qui est arrivé » à l’humain (en modifiant son processus d’humanisation, faisant apparaitre à la fois le monde et notre-être, rapportant notre-être, en deçà de tous les variantes particulières des cultures, à l’être, le « là » du donné, au monde unique en deçà de tous les autres mondes humains), mais la philosophie est elle-même l’activisme tout autant que l’esthétique ou l’éthique ou la politique, ou l’idéel (les maths des grecs par ex, les sciences de Descartes, ou humaines ensuite), aussi la philosophie n’est pas la totale compréhension de « ce qui se passe » ; elle possède également son exploration et son devenir ; elle doit à chaque fois reprendre et réanimer à nouveau ce qui fut antérieurement créé, le cheminement, la possibilité et à chaque fois elle avance sur le même trajet (il n’est qu’un seul réel et l’humain et un seul être quelles que soient les cultures et les mondes, les personnalisations et les corps).

Il est donc un seul « être de l’homme » (qui ne lui appartient du reste donc pas, ce sont les humanisations qui sont ses effets), un seul monde, un seul réel. Et c'est une structure vide et formelle. Et la philosophie à la fois au minimum montre, pointe du doigt, notre-être/dans l’être (la pensée via l’être, le sujet sur l’étendue, la conscience dans le réel), le décrit et en offre l’exposition, mais tente tout autant de le démontrer. De démontrer la logique qui est à l’œuvre et en quoi le réel est parfait, quand bien même cette perfection serait-elle non humaine, autre, lorsque les grecs nomment divine la pensée, ou pure folie que la foi des chrétiens, ou ensuite inhumaine ou absurde, in-sensée, ou comme il est dit ici ; monstrueuse.

Tout cela sont les placements et déplacements que la réflexivité effectue dans le donné là, et le là du donné (l’être, le réel distingués donc de la réalité, du monde, du donné) ; la réflexivité n’est pas le retour sur elle-même de notre nature humaine, mais la réflexivité est « cela que nous sommes », cet « être de conscience-structure », sans nature humaine du tout, structure séparée et distincte, et l’humain et la personnalisation sont les effets de cette cause unique. Prenez tout ce que nous sommes, dans le monde, le corps, les mois, les mondes humains, tout le barda, mais ajoutez-y « la conscience-de » qui renvoie tout à la reconduction ; et dans réduplication qu’est cette forme nue et vide, tout est renvoyé, peu à peu et morceau par morceau ; la forme travaille tout l’humain, et se cherche dans chaque corps. (la question étant alors notre corps est-il capable de supporter cette structure formelle ?).

Les longs moments de dégout (les romantiques), d’horreur (Lovecraft), de rejet furieux (Rimbaud), de folie, d’inhumanité, de délire structurel, les révoltes sincères ou abominables, les envies de révolutions qui parcoururent deux siècles, les refuges dans les subjectivismes, les appels des infinis divers et variés, les gnoses ou les satanismes, les transgressions ou les désespoirs abyssaux, les dégradations des mois par eux-mêmes et le poids du vécu, les dépressions et les effondrements, tout cela pose la question ; notre corps peut-il supporter cette étrange abomination que toute conscience est conscience du rapport (vide et formel) qu’elle est … ?

Parce que ce qui a Rapport à (soi), ne sait pas du tout ce que c’est que ce (soi). La conscience ne sait pas quel Rapport elle forme, qui étant rapport à (soi) est Un, mais ce Un est sans rien, et pur mécanisme ayant dominé l’archi des grecs, l’hyper des chrétiens, le sujet des cartésiens (tous sont cartésiens de fait depuis René), et poussant à être la densité dans l’incorporation par les mois… ce que nous subissons de plein fouet.

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L’utilisation de la cervelle par autre chose qu’elle-même

4 Février 2015, 14:57pm

Publié par pascal doyelle

Notre réalité est tout ce que l’on veut que l’on peut découvrir dans le monde donné, là, déterminé de diverses manières (déjà qu’il y ait une pluralité de diversités, que ce soit un dispositif de dispositifs, langage, corps, cervelle, relations humaines, culture, etc, incline à imaginer cette complexité comme engendrant des variabilités, et des inconséquences, mais peu importe ici),

Mais notre être est un. Il est la fine pointe de conscience, qui s’ajoute à tout le reste, et revient constamment vide et nu, en plus, tendu vers le donné là, vers plus précisément le réel.

Ou donc, conscience est conscience de quelque chose, on le sait, mais le point d’attirance que produit ou crée constamment ou potentiellement constamment cette conscience est situé « là » et « au devant », autre et comme un point externe qui serait l’horizon ultime, celui qui recule sans cesse.

On implique ici que le point externe que crée l’aimantation de l’acte, l’activité de conscience qui surgit constamment de la cervelle (elle se tend continuellement de la cervelle en arc réflexe, automatique, mécanisme farouche vers le donné là et depuis les grecs vers le « là » du donné, les grecs ne désignent pas un au-delà du donné, mais le là lui-même, le réel, l’être, la formule abstraite voir logique du « là », le un en lequel seront rassemblés ou assemblés tous les éléments, de quoi que ce soit ; les mathématiques systématiques par ex, l’œuvre esthétique exclusivement esthétique, devenante, de sa racine d’objet vivant)

L’activité de conscience donc crée un point externe tout là-bas, d’une cervelle qui s’échappe à elle-même et n’a plus rapport à sa masse, ses mémorisations, mais au réel donné là, le là du donné, ce « en quoi est le donné » ; ce qui est la position du réel (qui n’a pas besoin d’être connu, mais seulement positionné ; il est autre, quoi qu’on fasse ou pense, aucune action et aucune pensée n’atteindra tout ce que le réel est, mais le réel comme tel, comme principe effectif, le réel est « là »).

L’utilisation de la cervelle par autre chose qu’elle-même

Ce par quoi en somme la cervelle est elle-même usée, devenue moyen d’une dimension en plus, toujours constamment en plus (puisqu’elle est formelle, et se produit vers le réel, que la cervelle ne cerne évidemment pas ; là devant il se passe des choses incontrôlable et la conscience sert à repérer et agripper les dites choses, et même les provoque, puisqu’elle tisse des intentionnalisations piochant ici et là, des perceptions, des images et imaginations, des signes et des mots, du corps et de toute rencontre, répercutions, probabilités, bref de tout et n’importe quoi …

Ou donc, cela revient à ceci ; il est possible à la structure de conscience de fixer soudainement le réel. Comme ça. Au hasard, dans la probabilité des possibilités éventuelles, quelque marque fixe et sert de point de départ ou de renouvèlement, ou d’indicible ou d’impossible, peu importe ; il se peut même que la simple répétition du même, évidemment, invente. Parce que le même est dit, perçu, imagé en un autre point de réel et que de point de réel il n’en existe pas deux identique. En ce sens la structure de conscience qui pointe une marque, et tisse une possibilité, use de la nature unique de chaque point de temps et d’espace, ça se délocalise, sans cesse, puisque la conscience est arc bouté au réel (purement vide et formel, simple position « là », immanquable à chaque fois et formidablement orchestrée et reprise par cette articulation dans et hors de la cervelle à la fois ; la conscience, cette structure, ce mécanisme fou, est parfaitement adéquat à ce réel…)

En un sens c’est parfaitement et indifféremment la probabilité des chocs possibles qui engendre et s’enroule hors de la cervelle ; quand bien même ce point tissé externe, neuf et tout beau ou abominable et torturé, serait ensuite repris dans la masse de l cervelle (tombant dans l’oubli et le figé ; le figé, de le cervelle, n’est pas le fixé, de la conscience qui repère un « truc », une astuce, un raccourcis, un court circuit, une répétition engendrante, une possibilité virtuelle (qui était, a été toujours possible) ou une possibilité réelle (présente quelque part dans le monde, qui n’apparaissait pas).

La conscience comme telle (conscience de quelque chose, mais qui est surtendue comme une vers le réel, si elle n’était que son quelque chose, elle ne tisserait pas sur et par des points dans le réel), est elle-même dans le un, mais un Un tout à fait étrange et incompréhensible ; le présent. Ou plus exactement le présentement, le point, le point qui se tient, toujours et sans aucune cesse, au-devant : le présent est la forme qui correspond à notre être, puisque notre être s’est constitué de lui.

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