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instants philosophie

L'inconscient, le conscient, la conscience (esthétique)

31 Mars 2014, 08:30am

Publié par pascal doyelle

(Rappel, la « conscience » n’est ici en aucune manière la conscience idéaliste, le sujet idéaliste ou le moi, ou une entité mystique ou spirituelle ; elle est adise comme pur mécanisme de conscience vide fonctionnelle, qui s’est soudainement émancipée et a développé sa propre puissance. De même elle ne déploie aucun sens, mais elle crée ici et là ; sens et signification qui sont eux-mêmes pris dans la puissance, la potentialité de l’acte de conscience, qui avance et dévore les mondes humains ou les personnalisations, les systèmes d’idées ou les idéologies. L’acte de conscience est pure articulation au réel).

Si notre être est acte de conscience, la conscience n’est pas le conscient. On prévisage habituellement la conscience comme si elle était le conscient, mais cela n’a rien à voir. Par exemple ; pour le conscient un mot s’entend, se comprend mais pour la conscience un mot se perçoit. On perçoit d’abord le mot comme si il s’agissait d’une couleur ou d’un objet. Cela implique que perçu le mot ne sera pas nécessairement compris ; il peut très bien glisser dans la cervelle, sans être épinglé ou tenu en tenaille par le conscient.

Le conscient est ce que l’on entend dans l’oreille de l’autre, d’autrui ; est conscient ce qui est compris, la signification que l’on en retient en tant que l’autre va l’entendre et lui-même le retenir. Le langage est ce qui est retenu par l’autre ; cette fonction de survie est impérative ; ce sont les autres qui nous permettent ou non d’accéder aux objets.

Ainsi la conscience est à la périphérie et n’obéit fondamentalement à rien ; pareillement le schizo va percevoir directement dans le monde les signes. Le conscient est une zone limitée de la conscience si l’on veut, mais une conscience sans conscient s’affaisse ; elle déploie l’intégralité de son potentiel, peut-être, mais cela ne dure pas, ne peut pas se stabiliser. Il ne s’agit pas de remplacer le conscient par la conscience, (de même que le langage par le conscient, ou la cervelle par le langage), mais de voir que la conscience présuppose le conscient mais est en plus (de même le langage présuppose la cervelle et ses mises en formes propres, mais est en plus également). C’est une mise en étages dont le dernier palier suppose les précédents et intégralement et en leur spécificité.

Ainsi le sujet cartésien ne renie pas ce qui le conditionne (Descartes en est tellement d’accord qu’il ne veut pas du tout supprimer le corps ou les perceptions ou mémoires fines), mais s’ajoute ; le sujet cartésien est en-plus et ce qu’il dit de lui-même, c’est notable, ne tient que dans l’instant de le dire ; il ne sait pas si son sujet existe hors du cogito lui-même... (Descartes est absolument impartial et scrupuleux sur ses énoncés, lucidité exemplaire).

De sorte que la conscience est à la périphérie de ce qui est perçu et donc ce dont elle est la fonction est le monde, le corps, la perception, les ou la chose même. Elle implante ici et là des points de perception ; mot, couleur, geste, peu importe puisqu’elle n’est pas assignée come le conscient à tenir une parole entendue (au deux sens de audible et comprise). Pour la conscience énoncé en communication ceci ou cela, écrase le corps, la perception du corps. Et encore une fois ceci sans qu’il soit possible ou envisageable de se passer du conscient ; c’est par et selon les distinctions du conscient que la conscience peut mener perceptivement la perception (pour ainsi die) ; c’est en plus et autour des propositions énoncées que la conscience perçoit les variations et entame telle ou telle possibilité de tourner autour, de réunir, de recomposer, d’orienter ou de désorienter.

Aussi retrouve-t-on la bande Moebius ; la conscience tend vers l’inconscient mais ceci via le conscient ; lequel marque la cervelle de mots, de chaines signifiantes, de signes (qui sont entendus par l’autre). il s’agit d’un tricotage. Une trame dont les points apparaissent sur la surface duc conscient, de l’inconscient et de la conscience en acte dans le monde des corps, de la perception.

Ce qui revient à dire que l’on peut percevoir esthétiquement ; au sens plein. Une personnalisation par ex, perçoit esthétiquement son corps (puisque pour nous le moi est un acquis essentiel qui ne se rencontre à ce degré en aucune humanisation). Ou donc que l’on peut ou qu’il faut percevoir esthétiquement et cela peut s’acquérir, se travailler, s’approfondir, s’orienter ou se désorienter et que cela trace des explorations dans l’épaisseur. Et ce faisant on use du conscient comme d’un moyen, et de l’inconscient puisque l’on laisse venir à la surface (de la perception) la surface en-dessous du conscient, mais pas seulement ; on laisse advenir au-devant de soi ce que la conscience perçoit dans le monde, comme corps, comme possibilité qui apparaissent au détour du donné « là », du « là » immense et inconnu.

Puisqu’il est clair qu’alors le donné « là » n’est pas seulement cet objet ou ce geste, mais implique des variations d’objets et des modulations de gestes, que le possible surgit de la perception indéfiniment qui dessine dans la réalité d’autres mondes dans le monde. Et ceci non pas dans une abstraction mais dans une incorporation immédiate, celle du corps, puisque de perception exploratrice.

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La conscience comme architecture

30 Mars 2014, 16:54pm

Publié par pascal doyelle

(Rappel, la « conscience » n’est ici en aucune manière la conscience idéaliste, le sujet idéaliste ou le moi, ou une entité mystique ou spirituelle ; elle est admise comme pur mécanisme de conscience vide fonctionnelle, qui s’est soudainement émancipée et a développé sa propre puissance. Et ce via les grecs, Descartes, entre cent autres. De même elle ne déploie aucun sens, mais elle crée ici et là sens et signification qui sont eux-mêmes pris dans la puissance, la potentialité de l’acte de conscience, qui avance et dévore les mondes humains ou les personnalisations, les systèmes d’idées ou les idéologies. L’acte de conscience est pure articulation au réel).

L’Humain, qui est donc un animal doué de la parole, du langage (le langage s’utilisant afin de marquer la cervelle qui est, elle, la grande invention naturelle ; elle consiste à re-produire, à re-présenter, dans les circonvolutions, le donné, le vécu, le mouvement du corps, etc, à re-présenter sur une scène la réalité du monde, et c’est cette re-présentation, mentale, qui est marquée par le langage, qui se tient lui-même dans la bouche et l’oreille de l’autre, d’autrui ; notre cervelle est donc repérée, cartographiée par le langage échangé et puisque cet échange est primordial, c’est l’autre en sa compréhension qui conduit ma cervelle, le milieu communicationnel).

L’humain nanti de tout cela depuis des millénaires, ayant créé des mondes humains séparés plus ou moins les uns des autres, tous donc particuliers, est soudainement assailli par une émergence inattendue ; l’acte de conscience.

Laquelle n’appartient ni au langage ni au monde(s). Elle surgit de tout cela, sans rien y contredire, mais ajoute un degré, une articulation en plus. L’acte de conscience est l’articulation de la cervelle-langage au donné « là » (totalement inconnu au début, sinon d'apparences organisées humainement). Elle est donc non pas ce qui se soumet au langage-monde particulier-immédiateté (perçue ou immédiat du corps), mais est l’articulation qui commence d’élaborer ses propres schèmes.

Béatement on a cru que l’acte de conscience produisait lui-même un "monde sur le monde" (bien que les grecs ne l'entendaient pas du tout ainsi, passons) ; ou donc que la philosophie serait des idées ou systèmes d’idées. Que par ex, la pensée est la raison, une sorte de corpus théorique, ou que la finalité était la science, des discours scientifiques, objectifs, à usage de tout un chacun. Mais l’acte de conscience ne produit pas une représentation en plus dans la représentation ; il crée une articulation (la conscience vers l’idée de l’être comme cadre purement vide et formel) et des rapports (qui ne se tiennent pas comme contenus, le vrai, le bien, le beau, la raison, etc).

L’articulation et les rapports se meuvent ; ils se transforment ; chaque pensée, théorie, position est le déplacement de l’acte de conscience passant outre le langage et le pliant à son usage, ou donc usant des idées afin d’agrandir son architecture. Articulation (conscience-être), rapports (universalisations, bien beau, etc, mais aussi éthique, esthétique, politique, idéel), et architecture purement vide et sans contenu, structure qui domine les contenus et les plie à son usage.

A l’usage de ce mécanisme qu’est l’acte de conscience et dont l’humain est la proie. On ne sait pas ce que ce mécanisme veut ou peut.

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La richesse des signes

27 Mars 2014, 09:48am

Publié par pascal doyelle

Notre être n’est donc nullement un pathos. Ça n’est pas une soumission ou une dégradation ou un désespoir. Notre être est intégralement ce qu’il est, puisque notre être n’est pas une composition, mais une forme sans contenus, et c’est cette forme qui est l’articulation fondamentale vers le donné « là », en tant que la conscience sort de la cervelle et est arcbouté sur « ce qui est ».

Ni de ce qui est, ni de notre être on ne saurait décrire, penser, imaginer ce qu’ils sont ou ce qu’ils peuvent devenir. il est manifeste que tout ce qui est, nous y compris, sommes en mouvement ; l’univers, la réalité, l’être est un devenir, mais un devenir en cours, un devenir dont on ne peut pas définir qu’il est « devenir », et s’en tenir là ; nous sommes en, dans, par ce devenir, il est en cours de réalisation et cette réalisation ne peut pas être figée, même en la pensant comme « devenir » ; tout ce que l’on en pensera est déjà-encore dans le cours de ce qui est.

Or pourtant il est apparent que notre être comme forme sans contenu, est tout à fait adéquate à ce mouvement ; il faut un être purement formel pour tracer ce devenir lui-même ; toutes les compositions passent, et notre moi lui-même est variant. Pourtant donc l’identité parce que formelle, demeure. C’est cette articulation qui joue aux fines pointes éloignées de ce qui est, de ce qui se présente à nous de ce qui est. Et pour cette raison il faut se subtiliser, se rendre subtil, et il n’est rien de plus subtil que les signes qui sont des rapports qui engendrent de la conscience modifiant en intensité et en extension son Possible.

On ne sait pas quelle sorte de conscience engendreront tels ou tels signes, et ce sont de leurs sens que l’on s’orientera ou désorientera plus tard, plus loin, autrement.

La conscience est donc « cela qui est adéquat » au mouvement même de ce qui est. et l’on ne put décrire maintenant ce qu’elle sera ou pourra être, mais il nous est admis que l’on soit l’attention portée aux signes qui orientent ou désorienteront notre être ; la conscience est une forme, une et parfaite (puisque forme) mais qui (parce que forme) peut devenir ; c’est la qualité, l’intensité, l’extension de la conscience que l’on a des distinctions et donc des signes dans le monde, qui fait devenir cette forme au travers de ce qui est. Autrement dit on ne devient pas sans devenir en conscience. Cela même sur quoi nous avons accès ; on ne peut pas vouloir ce que l’on veut (il est mille résistances et cent mille impossibilités), mais on peut orienter antérieurement ce qui est possible.

Le moi désire. Il désire une fixité, un « être » qui ne peut pas se trouver ; parce que contrairement à ce qu’il croit, le moi est et n’existe que par son sujet, par son être de conscience volatile, laquelle n’est pas une solidité mais une forme. Autant il voudrait reconnaitre son visage, autant notre être n’a pas de représentation, de visage, d’identité qui serait déterminée ; le un de la conscience est purement un individué. Non pas individuel, au sens d’individualité (elle n’est rien), mais individuel au sens d’individué radicalement un puisque seulement et rien que formel. Mais elle « est » cette unité ; elle n’est rien mais elle est. Elle ne contient pas de programme mais parce que sa structure est le programme ; ce qui est, obtient là donc d’inventer un être qui sans être quoi que ce soit, est structurellement son information et ceci parce que cette structure est une mise en forme ; nous engendrons en tant que forme parce que nous sommes la, les mises en forme ce « ce qui est ». Notre être est attaché, acharné à l’être, à « ce qui est », et adore la multiplicité et les variations, les intensités et l’extensionalité de notre être, de notre possibilité, et devrait tendre à se rendre subtil, à splitter les apparences, les apparescences, les remontées multicolores de ce qui est.

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La pensée n'est pas la "raison"

20 Mars 2014, 16:29pm

Publié par pascal doyelle

Si la philosophie augmente notre être, c’est depuis la découverte-invention de la pensée par les grecs qui veut ici et maintenant réaliser instantanément notre puissance, cad notre potentiel.

Notre être existait auparavant en toute humanité, en quelque monde que ce soit, mais il se trouve que par les grecs (cela aurait pu survenir ailleurs) cet être prend conscience de lui-même et c'est ce mouvement interne à notre être qui est le lieu propre de la philosophie; il ne se saisit pas exclusivement comme philosophie mais comme esthétique, éthique, politique, idéel (connaissance) et ce hors de tout groupe-langage-monde localisé. Ce que l’on nomme universel n’est pas une propension à telle sorte de discours, mais est notre être en instance de réflexivité ; ce qui veut dire que rien n’est écrit nulle part, et que c’est à partir de son propre chemin qu’il avance.

Il est donc de l’éthique, esthétique, politique, idéel ailleurs, mais non pas le saisissement par lui-même de notre être se décidant exclusivement pour le réflexif. Partout où l’éthique, l’esthétique ou le politique s’est exposé, cela est recherché par le réflexif, et du dispersé il ramène à lui toute la réflexivité. Et toutes les instances réflexives trouveront dans la réflexivité ce qui s’est emparé de l’humain, les humanisations diverses et variées s’y existeront comme telles, réflexives.

La philosophie ne se focalise donc pas sur la vérité en tant que raison ; l’ensemble de la pensée grecque est la prise en compte de tout ce qui est, y compris qu’il y ait un être qui pense (de même que suite à Descartes il faudra objectiver, exprimer, représenter l’être comme contenant un tel être dit libre, purement libre ; de Descartes à Lacan en passant par Kant et Hegel, Husserl, Nietzsche et Heidegger). On assiste donc à une pensée complète de « ce qui est » nous y compris.

Ramener une telle ampleur à la « raison » est insuffisant ; ça ne permet pas de penser, de réfléchir, représenter ce qui est arrivé. La raison est l’idée que l’on peut se faire lorsque l’on veut aligner la philosophie à la science ; une sorte de discours extérieur, objectivement plat, étal. La pensée est tout autre chose ; on n’y entre pas sans se modifier soi-même.

Soit on se décentre selon notre être identifié à la pensée, soit on se dénoyaute soi en tant qu’être libre purement et formellement. Les étrangetés des grecs (et suivants) s’égalent aux devenirs obscurs, voir abscons des sujets faisant suite à Descartes ; mais la réflexivité est la même qui consiste à nous positionner (comme dit Kant) dans le donné « là » de la réalité, à saisir en une fois que nous y existions et à comprendre que par la pensée ou la réflexivité notre être est instamment bifurqué. Soit décentrement soit recentrement sur sa forme pure, cad le libre. c’est cette bifurcation la difficulté de la philosophie qui non seulement se décentre mais aussi se réinstalle un autre être.

Ce qui rend incompréhensible pour les sujets la pensée précédente, grecque ou classique, et contre quoi ils se révoltent ou qu’ils veulent dépasser, est l’exigüité de la pensée universelle pour l’être libre ; sa réflexivité de sujet le touche au centre même de tout ce qu’il est. La pensée requérait une conversion dans l’universel, la réflexivité du sujet entame une totale refonte de ce qu’il est ; la réflexivité vient chercher le sujet dans son immédiateté et sa matérialité même.

De là que le sujet se transformera en ce sujet absent de la science, de la raison, de la vérité réduite. Il s’abstrait de lui-même, il s’absente de son être et analyse la matérialité (du corps, des choses, des réalités). Mais cela n’est qu’une part du déploiement de la réflexivité ; l’acculturation a eu lieu qui a créé des sujets ; s’échelonnant dans tous les ordres ; de l’esthétique au politique, mais aussi de l’humanisation à la personnalisation. De plus continuant d’ouvrir la dimension de la réflexivité, tout sujet explose dans les zones aberrantes ; celles qui s’exposent dans l’acculturation mais aussi celles de toute personnalisation ; chacun est entraîné, poussé par la réflexivité qu’il est, dans l’appréhension de sa possibilité, de même que parallèlement la démocratie dont on ne connait pas encore l’essence possible, pousse à être au-delà de la subjectivité mais au-delà aussi de l’objectivité (qui lui est trop réductrice ; les idéologies qui sont telles des réductions intellectuelles en font et en feront les frais, y compris celle en cours hyper libérale ou celles qui tentent le coup de telle ou telle occasion ou théorie).

Il ne s’agit donc pas d’une perte, d’une déchéance, d’une absurdité, d’un n’importe quoi ; et nous ne sommes pas livrés au multiple et à l’entassement de la détermination ; ce qui est en jeu est le devenir même de la réflexivité, qui ne contient rien mais tient serré sa propre cohérence et explose, expose les mondes et les personnes, mais il est clair que ces mondes et ces personnes n’existaient pas antérieurement ; elle les pousse à être, elle lance son propre rythme de l’être.

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La personnalité et la pensée

15 Mars 2014, 16:31pm

Publié par pascal doyelle

La philosophie n’est donc en nulle manière en perte de vitesse, puisque Nietzsche ou Heidegger ou Lacan ou Badiou, etc, fonctionnent comme des métaphysiques.

C’est que la philosophie n’a jamais séparé l’homme ou l’être de l’homme, du monde ou de « ce qui est », et que toujours les deux sont pensés en une fois.

La philosophie expose donc depuis le début notre être en tant que "là" dans "ce qui est" ; cet être est sans contenu, ce qui veut dire apte à les recevoir tous. Il n’est a priori ni raison, ni esprit, ni irrationnel désir ou volonté, n’est pas plus sociétal que langage, etc, bien qu’il soit tout cela au préalable à son émergence ; il est l’arc réflexe de notre cervelle (vers le donné « là », n’importe quel donné là, sinon on ne voit pas qu’il soit utile et séparé ainsi de ces préalables).L’arc qui s’émancipe de cette cervelle, puisqu’il est conscience de (plus loin) soi (que l’on ignore et pour cause : il n’y a pas de « soi », sinon en tant que construit, de tout ce que l’on pourra découvrir comme élaborations ; du corps ou du langage, etc).

Cet arc réflexe qui surgit dans la cervelle (vers le donné « là », et on ignore jusqu’où s’étend ce « là ») est vide, de sorte que l’on peut lui supposer des tas de possibilités (des plus rationnelles aux plus ésotériques mais en passant par toute religion ou mystique ou immédiateté ou désir ou inconscient, peu importe). Peu importe parce que si tout est supposable, ce sont des suppositions ; ce dont la philosophie ne peut pas tenir compte. Et si effectivement la philosophie a tablé sur telle identité (de la pensée des grecs, idéaliste ou nominale, à Hegel et l’esprit, ou Nietzsche et la volonté, etc), c’est essentiellement aux fins de démonstrations ou de monstrations. C'est la structure qu'il faut lire avant parfois et surtout au travers des contenus.

Par cela, cette démonstration et cette monstration en chaque philosophie à chaque fois se transmet quelque partie de l’articulation de la conscience au monde donné « là », et cette articulation et ses compte rendus philosophiques, avancent et progressent. Mais en tous état de cause la fondation philosophique veut amener ici même dans la vue « ce qui est » : le réel et notre être ci-devant, à la fois.

La progression de la compréhension de notre être commence avec les grecs (qui veulent localiser la pensée, son activité, sa raison d’être, son possible, son extension, etc) mais se continue avec Descartes et le surgissement de notre être tel quel, comme os, comme ontologie directement agencée sur l’ici même de toute conscience, jusqu’a Husserl et l’extraction de cet être-autre de « conscience » (quant bien même serait-il question alors d’idéalisme et de contenus intentionnels de la structure, qui elle-même n’en contient pas).

Et ceci jusqu’au durcissement ontologique de la phénoménologie par Sartre (pour qui la conscience est non plus un contenu, idéaliste, mais une « demi structure » dont il tente la description, la conception) et jusqu’à Lacan comme détourage en négatif de notre être (puisque le « sujet » est pour Lacan le sujet-inconscient, qui n’est pas un « sujet » bien qu’il soit un-inconscient, absolument positionné et décrit dans ses jalonnements, or pourtant aussi prégnant l’inconscient soit-il, il reste l’inexplication que l’on puisse le reconstruire objectivement, ce pour quoi Lacan continue de maintenir le sujet de la science, le sujet absent, qui seul est en mesure de dessiner des petits schémas, des topologies).

Nous voici donc tel un être vide qui ne se connait que comme « conscience » ce qui ne comporte rien, et ne fait évidemment plus référence à quelque idéalisme ou sujet substantiel ou identité que ce soit ; c’est un point. Un regard formel, tourné vers le « devant », le « là » sur lequel défile les mondes humains, les personnalités, les signes et les langages, les imaginations et les suppositions.

Il n’est pas d’antériorité à cet être formel ; pas de volonté, de désir, de pensée qui existerait de par elle-même, ni de corps ou d’identité ; c’est un cadre pur et simple qui agrège ceci et cela dans le vécu (et aboutit à formuler un moi, pas plus unitaire) et de même n’est pas pensable comme volonté ou désir. C’est lorsque l’on entre dans une identité qu’ensuite on va caractériser cet être comme « volonté métaphysique ou ontologique », comme désir nomade ou inconscient, comme force de toute sorte, scientiste ou économiste, mais aussi qui se cosntruit lui-même comme "moi".

Mais bien qu’il soit sans contenu, cet être existe et évidemment comme structure ; c’est la fine dentelle de cette structure qu’élabore pluriellement les philosophies ; cela aboutit à sertir, dessiner la structure ontologique de notre être à la surface de « ce qui est ». Les philosophies sont des descriptions rigoureuses de notre position ; il est un positionnement du sujet cartésien, kantien, nietzschéen, etc, mais comme il existait une position de notre être lorsqu’il était identifié comme Pensée, des grecs jusqu’à Plotin. Il est clair que la positon du sujet décrit plus instantanément que l’ampleur de la pensée grecque, mais aussi la description moderne jusqu’aux contemporains de notre être est plus précise et plus investie ; aussi l’extension grecque est suivie par l’intensité individuée (qui est en-deçà de 'individuel, grec ou du moi, de la personnalisation).

Non seulement le retournement réflexif grec de la philosophie de la pensée (de notre être identifié comme Pensée) était un décentrement de l’immédiateté, et donc difficile pour quiconque de se quitter soi, d’abandonner son individualité immédiate, mais aussi de se retourner sur son être propre, de dénoyauter le sujet que l’on est, requiert et ajoute une intensité de plus ; et comme notre formulation pour nous est la personne, la personnalisation et que le moi tient plus que tout à son unité, à son identité, il devient extrêmement difficile pour quiconque de relativiser ce moi (qui est tout, plus encore que pour les grecs qui n’admettaient que l’individu et non cet investissement du moi sur lui-même), de le relativiser par et dans un décentrement plus déréglé encore ; puisque ça n’est plus la pensée qui se joue mais notre être en tant que conscience, en tant que chaque conscience qui se déclot de son moi surinvesti.

De cela les formes extrêmes et difficiles que prit la métaphysique en tant qu’ontologique ; du romantisme ou idéalisme échevelé aux existentiels ou aux schizoïdies de Deleuze, des révoltes instantanées aux ontologies non humaines (Nietzsche, Heidegger, etc). Nous sommes loin du calme olympien grec, et de la sérénité ou du bonheur ou donc de l’augmentation de l’homme par la Pensée, nous sommes dans le drame, la tragédie, la négation, le nihilisme, le dégout, l’absurde et le désespoir, mais aussi la perversion et la dépression, les divergences du moi ; c’est que l’on est passé de la métaphysique (à fondation de notre être comme étant la Pensée), à l’ontologie (qui engage notre être même comme sujet, fut-il coincé en un moi surdimensionné).

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Les morts diverses et variées de la philosophie

12 Mars 2014, 20:49pm

Publié par pascal doyelle

Les critiques qui pleuvent et tombèrent sur la philosophie, la métaphysique, l’ontologie, le supposé idéalisme ou la « connivence » d’avec la religion, ou la bourgeoisie ou la dominance ou ce que l’on voudra, les commentaires, les longues pages sur la mort de la métaphysique et autre décès divers et variés ne suffisent pas, puisque ces contradictions manquent leur cible, de sorte que la métaphysique renoue à nouveau un peu partout, ne sachant comment se justifier, se valider, tirant par la science ou l’idéologie, l’ethno centrisme ou l’anthropologie, le cognitif ou la psychanalyse. Tirant ; ce qui signifie créant ou utilisant des concepts, des idées à la remorque de telle ou telle autre discipline.

Tout cela est très bine, excellent, indispensable, mais l’atteinte au métaphysique, à l’être ontologique lui-même est peine perdue. Il n’est rien d’autre que cet être ; lorsque les grecs extrait et propulse l’universalisation du langage, ils sortent du monde, de tout monde, et manifestent exposent notre être. Non pas telle ou telle idée ou système d’idées, mais l’ossature même de ce que nous sommes. Et non pas telle ou telle détermination ou ensemble déterminations pêchées ici et là, mais l’ossature donc, le nerf ontologique.

De même que Descartes, qui demeure inébranlable en cet os, extirpera notre être même, en tant que cette fois il n’est plus seulement la pensée (qui re-situe tout ce qui est), mais est la conscience de la conscience de soi comme conscience ; le se-savoir inamovible ou donc réflexivité sur la réflexivité préalable des grecs). On pourra tourner autour du pot comme l’on voudra, on ne pourra pas faire que toute science, toute idéologie ou idéomanie ou éthique ou esthétique, etc, ne s’effectuent pas de et à partir de cet os. De cet être.

Comme les critiques tablent sur un platonisme riquiqui, et incompréhensible en réalité au vu de cette interprétation (les grecs ne tiennent pas à la « raison » comme extériorité mais à la pensée comme intériorité de l’apparaitre, il n’est pas de séparation entre l’un et l’autre), sur une incompréhension de Hegel et de la philosophie de l’identité (alors que tout se meut et s’expose dans sa vie même en propre), tablent donc sur des facilités considérables, elles ripent et retombent dans une ontologie prétendument immédiate, scientiste ou criticiste (qui veut en rajouter sur Kant, qui n’en demandait pas tant et pervertissant l’architecture du sujet kantien).

Mais l’incompréhension qui s’abat sur un tel ou un tel, fait front sur des identifications qui paraissent sensées, qui en fait sont d’abord incompréhensibles (à moins qu’Aristote ou Hegel furent des idiots), et d’autre part des identifications qui ne discernent rien en ce qui est énoncé, qui réduisent les descriptions de notre être à des fétiches entrant en scène dans notre propre présent.

L‘identité absurde majeure consiste à croire que la raison va définir un objet, massif, substantiel, ou que le sujet est présenté telle une forteresse close, fermée, qui contiendrait par ailleurs ce contenu monolithique. Or tout montre dans les textes et les démonstrations et monstrations que la philosophie n’est pas la raison (toute figée) mais la pensée et que le sujet n’est pas le conscient mais la conscience, pur mécanisme vide. La philosophie fut et reste intégralement dynamique et on confond simplement des blockhaus imaginés avec la réflexivité mouvementée. Les révoltes et critiques sont elles-mêmes encore les effets tout aussi pertinents mais qui se méconnaissent comme telle, comme philosophie.

Elle n’occupe pas du tout une centralisation de discours, mais une position ontologique dite réflexive ; autrement dit en tant qu’elle manifeste l’être qui est nôtre, purement formel et vide mais certain de soi et rendu à sa possibilité, c'est-à-dire à sa puissance. Puissance non pas du monde, mais au travers des mondes, non pas du moi et de quelque subjectivité que ce soit, mais via les mois, et en-dehors du débat subjectivité et objectivité.

Cet être fonde deux principes qui valent non pas comme principes mais comme étant le réel lui-même, et forme un système formel qui est en partie pensée et en partie réalisée ; autrement dit la réflexivité continue son devenir en utilisant tout ce qu’elle peut utiliser, en quelque ordre que ce soit. La philosophie ici reprend les acquisitions et là accélère le possible de la réflexivité.

Ça n’est donc pas à proprement parler le devenir philosophique du monde, mais cependant la philosophie est la discipline qui prend sur soi d’exprimer, de serrer au plus près, de situer, de réfléchir en un mot la réflexivité qui essaime au travers du monde humain, rendu un, unique, par-delà les mondes particuliers, compte tenu que sans cesse le monde se referme sur lui-même en tel ou tel groupe, langage, telle ou telle acculturation qui malgré tout participe à l’acculturation réflexive généralisée, compte tenu que le monde se désire comme mondes chaque fois clos, de même tout moi si il n'était son sujet.

Etant donné que le devenir est celui du réflexif même, la philosophie (parvenant à isoler au plus près cet « être » qui est « nôtre »), lorsqu’elle entend décrire ce qui arrive, ce qui continue d’advenir dans le monde, le donné, le vécu, ne propose pas seulement un discours ou une abstraction, mais le mouvement même de structurer ce qui est à tel ou tel moment de la réalité. Ou donc ; les grecs n’inventent pas un type de discours seulement, mais poussent à être notre être délivré des mondes particuliers ; ce qui veut dire des groupes humains, des corps déterminés, des langages communs, etc.

De même que l’on a désiré se refermer sur la religion, sur l’idéologie, sur la technique et sur la science, pareillement tout moment tend à se clore sur son propre présent. Mais l’être réflexif est hors du temps comme il est hors de tel ou tel ensemble de déterminations.

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Du devenir archi réel

8 Mars 2014, 15:27pm

Publié par pascal doyelle



Chacun est donc l’expérience mené par son existence propre dans le monde, le donné, le vécu. Puisque l’on a inventé la personnalisation, cela consiste à amener notre être réflexif qui s’isolait auparavant dans l’universel, la vérité, l’intellectif, à l’amener dans le concret, dans le vivant, dans l’éprouvé. Au principe directeur de la vérité succède le second : le libre pur. Ce qui renvoie chacun à son être en propre.
Par cela la personnalisation est effets indéfinis, innombrables, de notre être ; ce par quoi chacun cherche à devenir l’être qu’il est. Comme le libre existe en et par lui-même, il se sépare de fait de l’universalité ; il devient sa propre charge mais puisqu’il est libre, il contient déjà la vérité et l’universel comme exigences, il est assujetti à la vérité et à l’universel, et son être tout libre qu’il soit, n’existe pas, ne pourrait pas exister sans (se) garantir (de) la vérité ou l’universel. Ce qui va contre toute l’expérience immédiate de sa liberté ; il lui faut un effort pour passer outre sa possibilité, et remonter jusqu’à l’universalité dont il est issu.


Sujet de vérité et sujet de liberté. Conditions de vérité et conditions du sujet. Par quoi l’on voit que conditions de vérité ne signifie pas seulement conditions techniques, logiques, de vérité mais conditions qui permettent la réalisation d’un être-qui-pense ; conditions qui doivent rendre compte de « pourquoi existe la pensée », de même que plus tard ; à quelles conditions existe un sujet libre ? Ce qui vaut de Descartes à Nietzsche ou Sartre, de la psychanalyse à Marx. Etc.
Dans la mesure où la pensée (réflexive) n’est pas la raison (système dogmatique qui croit qu’il est le vrai, qu’il est La vérité, ce qui ne se montre pas dans les textes réels, qui atermoie constamment et ne sont pénétrables que de se tenir à distance, et que par exemple le doute est inséparable du cogito, que ça n’est pas le cogito qui formule la pensée cartésienne mais le doute-cogito-infini-étendue-corps, tout ensemble, chaine de raisons et chaine de réflexivités ),
de ce qu’elle est réflexivité (réflexivité sur la réflexivité généralisée qui remplace les mondes particuliers par le monde unique, universel), la philosophie n’impose pas une vérité mais remonte dans la réflexivité même et installe les conditions de cet être spécifique. De sorte que la vérité élabore peu à peu un système formel de même que les sujets, suite de Descartes, proposent les conditions de sujets. Ce par quoi l’on voit que ni la vérité ni le libre ne sont évidemment contraignant ; ils font-être. Ce qui se voit partout ; la vérité comme principe impose ceci « que la vérité soit, en quantités », ou le libre que chacun soit à lui-même ce qu’il devient, innombrablement.
C’est que l’universalité et la vérité ne s’établissent pas comme résultats et rouleau compresseur, mais comme système formel de la vérité (celui qui rend les vérités possibles, qui permet, autorisent les vérités à se produire), et cette vérité-et-universalité a créé, inventé, construit un être réel ; un être pour la vérité ; de même que plus tard sera créé un sujet de liberté.
Dans la mesure où la philosophie remonte dans la réflexivité (la philosophie est ce qui réfléchit, ce qui pense « ce qui est arrivé » à l’humanisation, qui se dispersait dans des mondes particuliers, et qui au sortir de ces mondes, découvre qu’il faut réfléchir ce que l’on fait … ce qui donne la politique, l’esthétique, l’éthique, l’idéel et la connaissance, mais aussi l’humanisation et la personnalisation qui se lancent tous à ce moment là, la réflexivité existant de fait vers elle-même, la réflexivité réfléchit et donc se réfléchit a fortiori instantanément),
dans la mesure donc où elle remonte dans la réflexivité, la philosophe élabore les conditions de la réflexivité ; non seulement selon la vérité mais aussi plus tard, à partir de Descartes, les conditions de la liberté ou conditions du sujet. Il ne faut pas lire autrement (du moins essentiellement) les sujets qui suivirent Descartes ; remonter dans les conditions d’exercice de la pensée, tel Kant ou de son devenir, tel Hegel, c’est élaborer les paramètres des sujets de liberté. Mais tout autant lorsque Nietzsche veut comprendre comment devenir « qui il est », et aussi révoltées et existentielles et séparées soit ces réflexivités ; le libre, le sujet libre est essentiellement séparé et autre ; il ne peut plus subir la raison, mais il est toujours acquis à la vérité et à l’universalité.
Ce qui se résume par : la vérité se partage, la liberté se propage. Ce qui revient au même, sauf que la liberté venant en seconde part, elle doit continuer, maintenir la vérité.

La vérité comme principe et donc comme être réel, et la liberté comme être réflexif en et par soi, ne sont nullement des facilités et s’usent à épuiser les vérités et les choix ou les inventions de personnes. Il nous est donc un devenir de devenirs, ce qui n’assure aucune tranquillité ou aucun bonheur ou aucune plénitude.
Cependant il est un être réflexif (qui crée des contenus, des milliers de contenus et des milliards de sujets), mais il existe. Autrement dit cette réflexivité, même si elle n’est rien, qu’elle est formelle, est un être ; spécifique qui non pas contient un programme (elle ne contient rien du tout mais utilise les contenus, la détermination, le corps, les sociétés humaines, les langages), non un programme (comme anciennement ce que l’on croyait de la raison, bien que dans les textes la « raison » parait plutôt la complexification d’une exigence qui éreinte ce qu’elle pense), non un programme mais son programme est sa structure. (elle ne s'embarasse pas de valises en fait)
Il existe donc en cet être, une structuralité dont on ne sait pas comment et où la caser ; l’élaboration d’une ontologie de cette structure est ainsi la suite de la question « qu’est-ce que penser, que peut ou veut-elle ? » du monde grec, par qu’est-ce que cet être et que veut ou peut-il ? Ce dont on ne sait rien très précisément.

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Les deux voies, l'une puis l'autre

6 Mars 2014, 14:47pm

Publié par pascal doyelle

La philosophie est donc ce qui prend en charge d’exprimer ce qui ne s’exprime pas mais qui est.Ce qui s'existe.

Antérieurement notre être est occupé par une synthèse ; il prend ce qui vient comme cela arrive, la perception, le langage, le groupe, les échanges, mais aussi donc le monde local (selon que le groupe vit porche et par un fleuve, une forêt, mais également selon sa propre historicité et de la résolution de ses conditions, de sa compréhension du corps, de la génération, etc, tout ce que l’on voudra). Ce qui se présente tel, est admis tel quel, et se parle entre soi, dans un groupe. La parole et le langage forment le trésor de chaque monde et s’élaborent et se préservent (dans leurs intégrité) via leurs rituels.

Sitôt que l’on abat le principe d’un monde particulier, on ne sait plus quoi ni comment parler, penser, percevoir, désirer, décider. Tous les mondes antérieurs particuliers participent du langage et donc de l’universalisation ; un mot universalise, de fait. Mais l’universalisation n’est pas extraite et voulue pour elle-même ; en un monde particulier, elle est occupée, essentialisée, définie en et par un monde-langage-groupe spécifique à chaque fois. De même en chaque monde particulier, il est de la politique, esthétique, éthique, humanisation et peu ou prou personnalisation (du chef de tribu au héros ou aux dieux).

Les grecs déplacent et extraient l’universalisation en elle-même ; mais ça n’est pas suffisant, ils manifestent la redoutable réflexivité qui formulait auparavant une synthèse, mais qui cette fois ayant son être propre en conscience, en finalité, qui donc réflexivité qui se-sait et se nomme telle (elle se nomme la Pensée, elle sait qu’elle pense), existant en conscience, ne peut pas être conçue comme une « idée » (auquel cas cette idée en vaudrait bien une autre) mais comme une structure. Une articulation ; l’idée de l’être est le prototype absolu de toutes ces idées là, qui ne sont pas des représentations mais des rapports. Des rapports marqués par l’intentionnalité qui président à leur existence, par l’intentionnalité qui les a produit, et sans laquelle intentionnalité, consciente de soi comme telle (qui se nomme pensée ou philosophie ou politique ou éthique ou esthétique ou humanisation ou éventuellement personnalisation, bien que l’affirmation de la personne soit plus tardive et soit, bien que présente dès le débit, représentée et apportée dans le discours, dans l’expression selon une autre réflexivité, chrétienne, ou selon cette acquisition de la réflexivité du sujet dans la réflexivité générale), dans laquelle l’intentionnalité repère très exactement dans le monde son rapport et le nomme (par ex et comme prototype) idée de l’être.

L’idée devient donc tout autre chose qu’une « idée », elle est un mot (pêchée dans le langage commun) mais auquel s’accorde un rapport. Le dit rapport peut être nommée métaphysique ou ontologique (selon que le centre de la réflexivité est identifié comme pensée, grecque, ou sujet, cartésien, lequel est donc réflexivité dans la réflexivité acquise déjà, de même que le christianisme est réflexivité dans le judaïsme, existant donc en plus et tout autre que le judaïsme, redéfinissant totalement la structure même de cette religion).

Comme le régime intentionnel est en plus de n’importe quel langage, il faut utiliser les mots certes, mais remodeler et remodeler constamment selon tel ou tel système intentionnel, obligeant à uen gymnastique continuelle, ce qui impose une difficulté de la philosophie, mais surtout puisqu’il s’agit de penser à chaque fois selon telle intentionnalité, il est surtout question en la philosophie même de décentré notre identité ; ça n’est plus le rapport synthétique que l’on établit avec le donné, le monde, le vécu, mais le rapport tout à fait général et universel, qui donc déploie sa cohérence. A cela s’ajoutera donc la seconde réflexivité interne à celle grecque, qui viendra imposer à chaque fois une régulation singulière autre et en plus de la précédente, par laquelle ça n’est plus seulement le discours la pensée, mais la conscience de soi (de la conscience, de chaque conscience, de la singularité même) qui ‘installera.

De sorte que l’on obtient deux lignes parfaitement cohérentes (malgré ou plutôt grâce aux contradictions innombrables, la réflexivité libérant toutes les pensées qui se puissent puis tous les sujets), d’une part la totalité de la pensée c’est à dire des rapports établis consciemment (et non plus synthétiquement) et d’autre part l’ensemble des aventures de cette structure réflexive (la même) appliquée à chacun ; ce qui formule l’ensemble des expériences structurelles pouvant être tentées une par une et donc Descartes, Kant, Heidegger, Nietzsche, Rimbaud ou Kafka expriment, montrent, composent et décomposent notre être singulier (à chaque fois) de sorte que par eux, ces sujets on peut s’orienter ou se désorienter (la réflexivité ne veut pas nécessairement notre « bonheur » mais veut éprouver, sauvagement, brutalement, difficilement ce que elle est).

L’être singulier n’est pas « objet de discours » mais cela non pas au sens où il lui est réfractaire ; au sens où il contient la cohérence (les sujets forment des œuvres, esthétiques ou éthiques ou philosophiques, et s’astreignent de fait à la cohérence telle que singulièrement survoltée, beaucoup plus exigeante et profonde que ne l’était le discours réflexif grec, qui pour cela désirait la plénitude et la perfection de l’universalité, la sagesse ou la beauté ou le bien, etc). il contient la cohérence et se produit lui sujet singulier en et par une cohérence redoublée ; l’être de ce « chacun » est dit singulier, (mais non pas seulement subjectif, ici aussi le subjectif est utilisé et on dirait même pleinement utilisé par la réflexivité, et non laissé pour compte), parce que de sujet il n’en est qu’un seul ; indéfiniment multiplié, et donc opérant chaque fois une composition et décomposition ayant pour résultat l’ensemble de l’acquisition potentielle de cet être-autre que chacun est en instance de réflexivité avancée, pour ainsi dire (pour résultat sinon pour finalité, parce qu’il ne finalise pas son être ; il l’existe et le veut au plus loin, au plus profond, grimpant sur les épaules des prédécesseurs afin de percevoir, désirer, vouloir plus autrement encore que cela fut).

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La dureté de ce-qui-est

2 Mars 2014, 15:27pm

Publié par pascal doyelle

Nous sommes donc assujettis à notre être et notre être n’est pas de tout repos. Il est violence absolue, totale, impitoyable. Il nous revient de transformer cette énergie surpuissante en la canalisant, et ce non par on ne sait quelle contrainte extérieure (morale, raisonnabilité, sens ou sociétalité, rien de tout cela ne tiendra face à l’engeance radicale qui anéantirait toute opposition) mais en fouillant son être propre et en manifestant cette violence en son élévation.

C’est uniquement par son augmentation qu’elle peut être supportée ; ce qui veut dire acceptable et approuvée. Approuver ce que l’on est, sans même connaitre ses fins réelles (on ne sait pas ce qu’est notre être, nommé ici « conscience » ou réflexivité, ailleurs autrement, et on ignore ce que « cela » peut, ce que cela « veut » dans sa structure hyper active), est aboutir à la confiance en « ce qui est » ; aussi déraisonnable et peu aimable cela soit-il.

La vérité est que l’on n’a pas le choix. Ceci est notre être. On ne peut pas remonter plus loin, ou plus profondément ; la philosophie a mis au jour notre-être même. Elle ne l’a pas créé entièrement ; il était là, mais il ne s’tait pas pris lui-même pour objet, ou aussi bien pour volonté. La volonté de cette volonté ne tombe pas par hasard sous la plume de Nietzsche ; de même ce n’est pas une fantaisie si Descartes est le doute-cogito-infini. Ce qui se montre est la mise en forme de notre être par lui-même ; sa radicalité.

Radicalité parce que si l’on sort des mondes clos, particuliers, synthétiques, (groupe-langage-immédiat), on atteint de fait et instantanément notre-être ; il est de la nature de la réflexivité de se-savoir (forcément). C’est à partir de cette instantanéité que la machine de la pensée va se déployer, de même qu’ensuite le dit « sujet » (on ne sait pas trop « ce que » il est) commencera de s’enraciner dans l’être, il se produira comme structure individué active, ce qui veut dire hyper active.

On atteint par cela la racine même, signifie que l’on ne peut pas remonter antérieurement ; nous sommes depuis les grecs au bord du monde, de tout monde. il est inutile en ce sens là de s vouloir heureux ou satisfait ou sage ou raisonnable ou angélique. Ça n’a rien à voir. Notre être n’a rien à voir avec ses bienfaits.

Ce qui ne signifie pas que ses effets, ses conséquences soient sans rapport ; il veut, lui, ordonner le monde, le donné et le vécu, de telle sorte qu’il puisse se déployer. Ça ne passe pas ou ne devrait pas s’installer dans et par la violence, mais cela y a recours, très indifféremment au fond, et bien que cela soit la facilité. La difficulté est de basculer cette violence abominable (qui est le fait même de notre être, qui n’est pas un recours hétérogène, qui est instamment notre être) en une complexification suffisante qui puisse recevoir ce déploiement sans freins, sans remords, sans scrupules ; il n’est pas de sens ou de moralité ou de raisonnabilité pour « cela » qui est bien au-delà de tout sens, moralité ou raisonnabilité.

De même que fut lancée la machinerie de la pensée, de même le sujet fut créé de sa propre soif, et c’est le réflexif pur que l‘on reçoit en naissant. La sur violence qui entame n’importe quel monde, mais qui tout autant et sinon plus brise n’importe quel moi, n’importe quelle personnalité ; toute personnalité qui se croit en un « moi », est assujettie à son sujet abominable. Elle en subit l’exigence radicale, qui revient constamment intacte et neuve ; l’exigence ne nait pas, ne vieillit pas, ne se raisonne pas, ne devient ni gentille ni méchante, mais veut et radicalise brutalement ou patiemment, elle est hors temps, et surgit à neuf continuellement de la cervelle même.

L’articulation de conscience n’est pas dans la cervelle, et donc n’est ni dans le moi ou dans l’humain. Elle est le rapport purement là, matériel, dans et vers le monde, mais plus loin articulée à « ce qui est » et veut sa peau.

Il ne faut pas le cacher ; notre être veut tout ce qui est. Engeance famélique, il dévore. Il dévore les mondes humains, c’est évident, mais aussi les personnalisations, c’est manifeste, et plus loin veut les univers, tous les univers. Puisqu’il est avec lui-même, il ne manque de rien quant à soi, mais happe et se saisit de tout. En ceci on retrouve parfaitement Nietzsche.

Notre être n’est pas un manque ou un défaut d’être, une négativité ou une faiblesse. Il est entièrement et intégralement d’une positivité absolue, puisque purement formel, et donc sans attachement, sans passé, sans facilité. La mortuaire consomption de soi, le négativisme, le nihilisme et autre post modernisme d’effilochage de soi sont des fantasmes produit par le jeu interne de notre être qui plait à se travailler, torturer, afin que de lui-même il puisse tirer le plus, le mieux, le plus précis. Ça se travaille et se rend capable.

Il se peut que notre nature humaine ne supporte pas un tel traitement. Il se peut que notre identité ne soit pas apte à recevoir l’horreur surabondante de ce qui est. Que nous ne soyons pas en mesure de relever le défi, et qu’ainsi la violence surabondante se transforme en violence basse, mesquine, pauvre, sans envergure. Il se peut que notre cervelle soit trop faible pour admettre l’articulation de conscience radicale.

Cela doit exister des espèces trop peu armées et qui déprissent longuement sur leur planète, isolés, perdus, écartés du grand chambardement. Peut-être sommes-nous trop peu solides et limités.

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La pensée comme violence pure

2 Mars 2014, 14:21pm

Publié par pascal doyelle

Notre être est autre et étrange en ceci que l’on ne sait absolument pas à quoi l’assigner ; il n’a pas de finalité avérée, de destination.

L’effondrement par le moi ; la réflexivité n’ayant plus d’autre substance que ce vécu, ce moi bricolé, objet de toutes les attentions, perversion de l’être libre en ceci qu’abandonné par l’universalité, toute conscience est enfermée dans un tel bricolage. Il n’est du moi aucune solution ; sinon de se clore raisonnablement ; d’adopter une vie raisonnable.

Parce que ce qui va porter le moi dans sa folie, sa déraison, n’appartient pas de toute manière à l’ordre du monde, au donné, au vécu. Ce qui énormise le moi est son sujet ; sa réflexivité hyper active.

Laquelle pour naitre à elle-même n’a pas d’autre possibilité que d’advenir comme sujet ; non seulement d’atteindre l’universel (l’ancien idéal) mais tout autant de s’exploser comme sujet pur, dont les hérauts menèrent l’hyper vie intensive, la déraison et le dérèglement, le dérèglement non pas seulement dans le vécu (ce qui ne serait rien) mais le dérèglement de l’être, des signes, du langage, du groupe. Il faut imaginer que la réflexivité est « ce qui est lâché » furieusement dans le monde, le donné, le vécu, ce qui attaque et désagrège les groupes, et forcément ce qui va s’en prendre à la raison raisonnable, à la raison qui se voudrait assagissement et plénitude.

C’est l’impossibilité d’un monde régulé. Le moi et ce qui couve au-dedans, les sujets, est l’engeance lancée sur le monde. Il n’est aucun raisonnabilité qui soit à la mesure de l’indéfiniment être du sujet, de l’être-libre. ça va inventer la folie, l’absurdité, autant que le romantisme ou le surréalisme, remodeler l’esthétique et vouloir la révolution politique réalistement. Ça n’a pas de frein ; de même cela peut s’invertir comme désir de mort, comme destruction, comme violence pure. La réflexivité est l’articulation fondamentale ; elle prend sur soi n’importe quoi. Ce qu’elle veut c’est s’éprouver, sa violence est totale.

La réflexivité qui a inventé l’universalisation, la vérité principe, était elle-même une diabolique machine de la pensée. Elle éradique tout ce qui la précède et lui substitue le rien aveuglant de l’être, comme idée-force, comme forme pure, arasant tous les mondes particuliers. Aucun n’y survivra. De même lorsque la réflexivité descend dans la réalité même, cad dans l’individualité, se déchaine impitoyablement Rimbaud et Artaud, Nietzsche et la vision épouvantable hégélienne (qui est d’une cruauté sans égale), l’inflexibilité kantienne, ou la volonté surpuissante de Nietzsche qui veut accrocher l’énergie pure d’exister. Ça n’est pas un repos. Ça n’est en rien une raisonnabilité, une pacification.

De là que se déchainèrent toutes les violences, massacres et exploitations. La machinerie de la pensée, la volonté réflexive individuée, veulent bien autre chose que la seule humanisation.

L’astuce de l’histoire, de l’historicité, tient en ceci ; non pas d’amener la paix, mais de se concrétiser si puissamment, que la dite violence plutôt que de se déverser dans la force et la contrainte, s’élève et devienne à son réel niveau ; en tant que pensée et en tant que libre pur.

Ça n’est pas de contraindre notre être (à une raison raisonnable ou une règle pacifiante) que cela conduit ; c’est de vouloir si radicalement cet être que l’on puisse le produire intellectivement d’une part (selon la vérité principe et l’universel) et selon la libération d’autre part (de même que l’universel est le partage du vrai, du bien et du beau, le libre se propage et se donne les moyens de sa liberté, ce qui constitue la politique elle-même, dans son essence).

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