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instants philosophie

Élévation démocratique

30 Septembre 2011, 18:55pm

Publié par zwardoz

Par élévation, il est précipité de saisir ce dont il s’agit ; on ne le sait pas. Cela se situe littéralement au bout du processus démocratique, qui est le pouvoir au peuple, et donc, pour nous, le pouvoir de chacun. Etant entendu que chacun tout en réalisant le maximum de son être (dont on ne peut préjuger ; chacun en juge en fonction) doit s’entendre avec tous les autres ; autrement dit, tout cela, ce double mouvement (chacun, les autres), triple (avec la réalité, et la rareté par exemple ou le partage ou l’utilisation raisonnée des réalités), demande de l’intelligence.

En un mot, tant que l’on ne résoudra pas les problèmes par l’intellect, on n’aboutira qu’à la redescente dans les immédiatetés, les petits désirs, les petites effractions rebelles. Mais tant que l’on assujettira tous ou chacun à une raison supérieure, ou à des objectivismes (de science, fut-elle psy ou cognitiviste, ou d’Etat, de marketing ou de médias), on n’injectera pas l’intelligence dans le tout-un-chacun.

Ce qui constamment se cherche et est à la fois recouvert par le mass-médiatisme, cette profession de foi tonitruante qui par son déferlement cache son essence précisément, ce sont l’ensemble des mesures qui sont susceptibles de s’employer afin de mesurer la mesure, définir la volonté. Or on nous nourrit de ces canalisations d’émotions jouées (que sont les acteurs justement, les rôles, les compositions) lesquelles ne sont pas les émotions elles-mêmes, mais bien de vulgaires schémas identificateurs qui figent et tombent dans la bien séance, le correctement politique, et puisque n’offrant absolument pas leurs devenirs intérieurs, le devenir intérieur de l’émotion, de la nervure, de la subtilité, s’abolissent dans la bassesse, la négation, la dépression ; comme le palier supérieur n’est pas atteint, le seul devenir revient à la bassesse.

Intellect veut donc dire, outre l’intellectualité, pure ou compliquée ou complexe, le devenir intérieur hors champs figés (pseudo-esthétiques, culte de l’imagerie de cinématographe, reproductions mortes, acculturation du copié-collé, d’un monde qui se reconditionne constamment) le devenir de l’être-soi, d’un tel « moi-même » en état démocratique avancé, mais pourtant cloué sur place, poussé par un sujet interne, résolument structurel, mais que les images empèsent et annulent. 

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La mort et l'existence

22 Septembre 2011, 21:07pm

Publié par zwardoz

S’il est vrai que la philosophie existe, il faut donc comprendre qu’il est question de réaliser absolument ce qui doit être vécu, avant de mourir.

En un sens ce qui est vécu est toujours déjà réellement réalisé. En ce que nous sommes complètement et intégralement ce que l’on doit être. C’est le plan de l’intégrale réalité en tant qu’elle est en une fois et pour toutes.

En un autre sens, puisque nous sommes d’une part réellement et d’autre part possiblement libres, l’être réel (réellement vécu donc, également) nous demande de le lui accorder : qu’il soit notre existence. Et en ce cas notre accord non seulement admet ce-qui-est, mais de plus notre accord permet, ouvre, pousse la réalisation du réel lui-même. Par notre accord nous accédons à une augmentation, plus ou moins considérable, de « ce qui est ».

Sans doute cette augmentation concerne notre vécu seul, et ce ne sera pas tout ce qui est, qui s’en verra transfigurer.

Mais ici se pose nettement le problème ; donne-t-on une valeur d’y être (dans le réel) ou non ?

La réponse qui parait évidente, ne l’est pas du tout ; il est, en nous, une dérogation à exister vraiment. Une bifurcation, par laquelle nous en venons, absurdement, à considérer que l’être est uniquement illustratif ; en somme que nous vivons tendanciellement plusieurs vies, et qu’il n’importe pas vraiment que celle-ci soit réalisée plutôt que celle-là, ou encore que de toute manière il n’y a rien à rechercher de plus que ce qui s’y trouve déjà (que l’on possède tout ou rien ou peu, il ne s’y peut ajouter rien d’essentiel), ou enfin que de toute manière tout est destiné à ne-plus-exister et que donc puisque l’éternité n’est pas ici même, le vécu est dans son essence un ramassis de contingences diverses plus ou moins arrangées.

Contre toutes ces velléités, l’être philosophique s’ingénie en sens inverse ; il est un réel essentiel et qui s’acquiert.

Il n’est pas tellement qu’il faille « penser », mais qu’il faut essentiellement « réfléchir ».

On peut aborder toute réflexivité selon des tas de modalités ; l’art réfléchit, s’il sait se mener (et les artistes comme les poètes réfléchissent intensément, leur art mais largement bien au-delà) ; le tomber amoureux est lui-même une réflexion quasi intégrale ; la dépression peut tout autant se transformer en réflexion en l’être même que l’on est. Etc.

Est-ce redescendre dans des catégories toutes faites (l’art, l’amour, la vérité, etc) ?

En un sens, ça risque. En réalité non. Souvent cela menace, mais de sa logique ça sera toujours en dépassement. Si l’on aborde l’art, ou l’amoureusement, en boucle, ça tourne en rond. La vérité est pourtant bien que, vécu, ça veut inventer.

Dès lors on voit que la question ; qu’est-ce qui s’ajoute au déroulement du vécu, lorsque j’en prends l’enjeu ? est en somme ; comment puis-je accentuer les réalités afin de laisser libre champ à l’invention ? Au lieu de quoi, sinon, tout revient en boucle dans la facilité, la mortification ou pire.

Le moment de la décision, d’involution ou de dépassement, est incalculable. On n’en saurait rien dire a priori ; ça se décide en raison de multiples réalités en jeu, mais aussi de « ce que l’on pourra bien faire » de ces réalités ; non seulement des causes réelles mais des causes supposées, celles que l’on suppose au moment même par lequel « ça se décide ». Autrement dit ; de ce que l’on perçoit des embruns vécus, de ce que l’on soupçonne, de ce que l’on est apte à supposer des données.

Si donc il est impossible de savoir a priori non seulement ce qui est vécu, mais de prévoir ce que l’on en tirera, (ça se réalisera ou pas dans l’instant d’y advenir et cet instant se connait, seul), il est possible par avance, néanmoins, de s’y prédisposer. Si l’on croit que libre on n’est jamais, on est dans l’impossibilité de formuler le principe que de ceci ou de cela on dispose toujours d’une marge de déroute suffisante. Ce qui veut aussi dire que même niant que l’on soit libre ou sans y penser, de toute manière, qu’on le sache ou non, on le sera ; sauf que l’on ne maniera pas le devenir. On sera l’enjeu de la part active et de la part passive de notre être.

Il convient tout autant que notre être puisse vouloir le néfaste comme le faste. On ne peut pas même décréter le faste et le néfaste a priori ; il se peut que le néfaste appartienne à un devenir plus réel qu’il n’y parait. Et inversement. Mais dans les deux cas, il est impératif, kantiennement, de le savoir.

C’est ce savoir de l’orientation tout à fait général, qui permet seul de prendre des précautions, cad d’acquérir de la mesure. Même si l’on comprend bien que le faste et le néfaste n’est pas le bien et le mal ; la moralité est un raccourci qui permet de garder la formulation sans entrer plus avant dans la description et les enjeux. Puisque description et enjeux sont extrêmement difficiles à distinguer dans le donné vécu et que l’on ne peut les imposer a priori ; il est clair que depuis que la moralité a pris forme historique, par l’Etat et le statut et la constitutionnalité de l’humanisation, nous sommes des individualités, assujetties de fait : l’être est un fait alors : depuis cet acquis de soi, tout un chacun est engagé dans une bien plus grande éthique que celle de la moralité.

Mais le faste et le néfaste sont au-dessus également de l’équilibre ou du déséquilibre de la « dite » personnalité, personnalisation.

La vérité est que l’épopée du sujet est bien au-delà des quantités moyennes ou raisonnables d’informations mastiquées. 

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De Descartes à Lacan

18 Septembre 2011, 21:36pm

Publié par zwardoz

Descartes inaugure donc le nouveau règne et se place absolument sous la liberté de la structure.

La difficulté qui rendra impossible la pensabilité de la structure, vient de ce que la mesure de la mesure est impossible ; autrement dit, il est impossible d’assigner des « raisons » à la décision. Elle s’auto convainc, pour ainsi dire, ce qui est régulièrement frustrant. Leibniz ou Spinoza ou Kant ou Hegel pourront donc revenir à une raison d’être entendant s’expliciter, se rendre transparente, ça ne pourra se poursuivre au-delà du raisonnable.

Aussi cherchera-t-on à doubler la raison d’être de telle ou telle partie du monde ; Marx, Freud ou les sciences humaines. Livrer l’être de l’homme à la contingence, serait-elle effectivement structuraliste, largement explicative, vraiment efficiente (il n’est pas question de nier que des causalités innombrables, il y a, et encore moins que des objectivités doivent en rendre compte et que finalement ces divisions internes manifestent bel et bien le sujet en tant qu’il veut résoudre les causalités et ne pas laisser sa liberté à la détermination ; les révoltes s’effectuent du sujet, de rien d’autre).

L’universel et son surgeon

Au-delà de ces deux inspirations, il est une autre voie difficilement inspirante, qui explore la dimension du sujet ; comme elle ne dispose pas de mesure de la mesure, de révélateur des décisions d’être, il faut croire que « ça se décide », ça s’aventure de par soi ; ce qui est ridicule au fond, sauf d’impliquer un idéel absolu, (le sujet est cause de soi, vide et formelle, ce qui est en partie vrai, mais ne peut se tenir tel quel). A moins que le sujet soit lui-même un surgeon de l’être ; comme depuis Descartes le sujet est dans-le-monde, l’étendue-monde, on peut approcher un être-là. Le sujet est posé sur la surface du monde ; ce qui crée une ouverture, heideggérienne, qui cherche à définir en quoi l’être inclut l’être de l’homme.

L’être comme être-là, cad de l’autre côté, « être le Là », est le point en lequel le sujet est posé ; version heideggérienne, cela aboutit à proposer que l’être a disposé l’homme, dans un « là », et que l’être appelle l’homme à « devenir son être » ; en tant que « voulu » par l’être.

Ce qui est proprement une vision, sauf que l’on est reconduit à en passer par une définissabilité de l’être (en l’occurrence via Heidegger, selon une « ouverture » sacralisée, d’on ne sait quelle destinée, du monde qui nous-fait-être). Ce qu’évite Descartes puisqu’il maintient la fine structure du sujet (qui doute-pense-intuitionne) dans le vide sidéral du possible pur. Et bien que pourtant on peut dire qu’il existe un destin, une logique du possible pur ; ce qui n’est pas conditionné, ce qui est libre, est, bien que libre, accomplissement. Zone étrange, et territoire étranger ; il ne peut pas se dessiner dans le monde, échappe au vécu, et tient à si peu, mais par ailleurs ne manque pas de s’improviser au bon vouloir.

Des psychologies

Et il ne faut pas s’imaginer que l’être de l’homme, le sujet, la fonctionnalité mirifique qui échappe aux destinations dans le monde, qui crée sa propre dimension, imaginer qu’il soit une simplicité du vécu, mais bien le contraire. Et purement formel ou vide, l’être de l’homme, qui ne se connait que comme sujet, n’est pas du tout subjectivité attachée à son seul vécu ou réductible à sa psychologie. Ce dont on voudrait tant et tant nous convaincre, non seulement par mauvaiseté, qui est certaine, mais bel et bien « mécaniquement » ; parce qu’alors il entre dans la composition toute extérieure des Autres de manipuler le réel, de le poser comme objectivités, et d’y dissoudre ce qui, le sujet, échappe absolument à tout monde, cad à tout monde humain.

Puisqu’il n’est de monde que défini (sur la base de la « réalité »), et n’est défini qu’humainement, en une humanité qui glisse constamment de l’universel au particulier (qui l’enfonce ; de le définir comme objectivité est une élaboration mais qui aboutit, que ces objectivités le veuillent ou non, à particulariser).

On ne peut pas donc se fier à une définissabilité (qu’elle soit rationaliste, heideggérienne, objectiviste, ou issue d’anciennes formulations).

Il ne surnage

Il ne surnage que les structures phénoménologiques ; par cela seul on parvient à une attention soutenue considérant l’être de l’homme. Sauf que l’insuffisance tient ici dans le principe général de définition adopté qui caractérise l’être de l’homme selon le connaitre. Relevant alors de l’idéal de l’homme comme savoir. Ce qui sera contredit absolument et avec raison, par la psychanalyse ; on ne se sait pas. Lacan déployant l’horizon de notre être comme au-delà de la conscience que l’on en a. 

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L'effondrement de l'universel

14 Septembre 2011, 19:08pm

Publié par zwardoz

On ne sait plus trop ce que l’on est dans la mesure où nous sommes exilés dans un quant-à-soi qui parait si naturel, qu’il a perdu tout lien avec sa fondation.

On en vient à juger de la réalité en simple terme de « vécu ». Chacun ne connait littéralement que son vécu en propre et bien qu’il soit légitime (particulièrement en démocratie) de régler l’ensemble sur ce que l’on anime soi, et uniquement soi.

En effet, toute société complexe suppose ou doit supposer qu’il existe un monde des « mois », sans cela rien n’est jouable, du tout, et ce sont les objectivismes, d’Etat et d’administration du donné humain, ou des sciences et technologies, ou des empires économiques que de s’en prendre au monde des mois, de le déchiqueter ; le libéralisme ultra, cad la dérive naturelle d’un libéralisme qui ne se sait pas, qui ne sait qu’il est une philosophie complète, qui s’ignore et ne perçoit que l’intéressement limité, ce pseudo libéralisme ne laisse pas même exister un monde des mois, puisque chacun doit y mériter d’exister (selon d’absconses critères tous abstraits, cad idéologiques, et relatifs à des pouvoirs, monopoles et intérêts et non selon des règles).

Mais toute personnalité bien qu’étant une personnalisation, se pense et se conçoit en une si parfaite autonomie, qu’en définitive, le mouvement si bien lancé se plie et se soumet. Si la complexité a atteint la société humaine, toute personnalisation tend à se laisser être telle quelle en l’état, ne profitant que de son mouvement et littéralement sans avenir.

L’universel (l’Etat, le droit, la science, l’humanisme, l’acculturation, etc) s’est conquis, imposé, mais laissant chacun aux bons soins de lui-même ; de sorte que tout s’effondre constamment dans les petites finalités naturalistes, océan sur lequel surnagent plus ou moins les structures universelles (sans lesquelles de toute manière aucun monde complexe n’est possible ; les atteintes à l’universalité, sécuritaires ou socio-économiques, laissent reculer l’état du monde dans l’infra).

Entendons qu’il est parfaitement nécessaire que l’on dispose de son propre monde (c’est une unité de compréhension indispensable à toute humanisation), mais qu’il revient tout autant à chacun de dépasser cette limitation, qui de simplement contingente, s’enfonce plus encore, jusqu’à produire un attachement d’ontologie négative, noire, absurde ; notre être se coagule comme ritournelle rampante. C’est que l’effort d’être universellement n’a rien à voir avec l’effort (très certain et valide pourtant à l’origine, fondement du vrai libéralisme) d’être « soi-même » (qui dégénère, mais démocratiquement personne ne peut s’ériger en juge de telle ou telle dégénérescence).

Sans doute aucun, l’universel réalisé (Etat ou acculturation ou devenir sociétal, y compris dans la conscience qu’on pourrait obtenir de l’économie comme technologie consciente, ce qu’elle n’est pas du tout), l’universel traine, et au bout du compte enfle et s’alourdit, une besace, un poids : au lieu de permettre actions et réactions intelligentes. L’universel abstrait devrait cependant s’utiliser à promouvoir l’action et la réaction possible de tout-un-chacun ; puisque les enthousiasmes individuels (bien jolis, mais moralines ou illuminations individuelles n’aboutissent pas si elles ne s’institutionnalisent pas ; c’est donc une question ; qu’est-ce qui doit s’institutionnaliser ? Quel rôle l’institutionnalité joue-t-elle dans le démocratique ? et lesquelles).

Intelligence bloquée, pauvreté d’inspiration, lourdeurs indigestes : complexité qui, ne parvenant pas à se régler, se déporte en quantité de bassesses. Elle étouffe et ne perçoit aucun autre horizon, sinon celui d’un-tel-monde devenu particulier à l’excès, sorti de l’orbite universelle, alors même qu’il fut né, autorisé à être de la volonté universelle elle-même (en tant qu’elle s’extrayait des mondes particuliers traditionnels, autoritaires, religieux, symboliques). 

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L'humanisation et l'être de l'homme

11 Septembre 2011, 13:13pm

Publié par zwardoz

La parole

Chacun reste dans la dépendance de la parole. Qui est issu structurellement de la nécessité externe et interne de la transmission. Externe en ce que le groupe doit s’assurer de sa survie dans et par la communication. Interne en ceci que la langage fonctionnant comme un système (de différences) se connait lui-même en ordonnant tout élément, tout signe, via tous les autres ; qu’il est assujetti à son cercle, de transmission interne.

La communication

Si l’on dépend de la parole, on dépend des autres ; mais tous les autres dépendent eux-mêmes de la communication en général. Chacun attend de tout autre qu’il réponde aux mêmes questions, ou questionne selon les réponses adéquates, cad au fond compréhensibles. C’est la compréhension, des uns et des autres, qui commandite qu’il y ait une communication.

Jusqu’alors compréhension et transmission s’existaient comme groupe ; soit réel (communauté restreinte), soit symboliquement réel (des religions développées, qui simulent un « groupe » qui se connait soi).

Synthèse immédiate de soi

Depuis que chacun est livré à lui-même, il n’est plus une telle synthèse unanime ni immédiate. Immédiate en ceci que la parole se situait et situait (à la fois et avec une grande complexité) dans et un monde particulier (qui se connaissait comme seul et unique).

De même que chacun est livré à lui-même, il n’existe plus de monde particulier, (développant uniment parole et donné à proximité), mais un seul et même monde vide (général).

Chacun est livré à lui-même et pourtant désire tant et plus qu’il puisse s’exister comme synthèse immédiate ; par là il faut entendre que ce qui arrive, ait un « sens ». C’est spontanément que l’on désire relier immédiatement, en cet être-çi, en ce corps-même, en ces gestes, cette conduite, relier la diversité et résorber l’accidentel hors du contingent ; comme une synthèse vivante et une.

On cherche les uns via les autres à réunir une telle synthétique vue vécue ; or à chaque fois, c’est donc la communication, la transmission, la compréhension qui est dramatiquement en jeu. Et au fond, tout compte fait, c’est l’unité même de l’individualité vivante que l’on est « soi », qui est purement brisée.

La pièce de monnaie

On peut bien imaginer disposer d’une unité à part-entière ; être soi, et croire exister de par soi, mais en fait cette identité est simplement spéculative. Il faut imaginer que l’on est une pièce de monnaie, dont on connait la face A, et que l’on croit retourner et connaitre tout aussi bien la face B, mais en réalité, c’est une face A, à nouveau, que l’on aligne. La face B est autre et refluée ailleurs, autrement, et hors de capacité.

Répondre aux questions

Chacun est comme une réponse apportée à la réalité (vécue) mais dont, fasciné par la réponse qu’il en donne, oublie constamment la question ; nous ne sommes intentionnellement que des successions de réponses, dont les questions, bien qu’entendues, sont soit oubliées, soit ne consistent, ne survivent, que dans les réponses que l’on est devenu.  On peut très bien aligner les dites réponses (oublieuses de toutes les questions originelles) et en constituer une unité ; les réponses, bout à bout, se donnent comme une unité, mais il nous en manque, manquera toujours la moitié de la signification d’ensemble.

L’intention d’être

Or donc, pourtant, on est à soi-même absolument Un. On ne voit pas les déflagrations, les manques, les béances et tout cela. L’intention qu’on en a, se referme sur elle-même (quand bien même serait-elle active et développée au mieux). Il lui faut forcément formuler la signification qu’elle est ou qu’elle veut être. C’est une synthèse, certes, et donc s’y mélange ardemment tout l’insaisi que l’on voudra.

Mais l’intentionnel, qui n’est pas la synthèse, mais en est le moyen, la simple fonction, et qui devient pour elle-même malgré tout, est une flèche ; elle suit sa cible et tend à ne percevoir, admettre que celle-ci. On ne croit pas en l’intentionnel, pur ; on ne désire que l’objet dont pèse l’intentionnel comme si l’objet du désir était la vérité. Mais c’est l’inverse qui est seul vrai.

La synthèse (de soi, son identité globale, plus ou moins situable ou insituable) est une masse, l’intentionnel est une flèche, une variation continuelle, par ici, par là, un angle de visualité sur la masse ; or portant valant pour elle-même en tant que flèche, ayant sa propre cible lorsque conscience on en a. 

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L'être de l'homme, comme vide mais formel

6 Septembre 2011, 18:30pm

Publié par zwardoz

Il apparait donc que notre être n’est nullement un contenu, mais une forme pure et simple, sauf que cette forme est inexistante ; elle ne contient rien.

Il est donc non pas inutile mais peu compatible de se replier sur quelque contenu que ce soit qui nous permettrait de définir « ce que nous sommes », puisque nous ne sommes pas. Presque inutile, puisque quelque contenu qui soit identifié, il ne remontera pas jusqu’à la racine inexistante de notre être ; ce sera une interprétation déjà-prise dans un plan plus vaste qu’elle.

Excepté philosophiquement ; puisque la philosophie se remarque de ce que précisément au-delà de tout contenu (le plus souvent déjà extrêmement élaboré et donc contenant déjà sa propre contenance en partie sur le mode du connaitre, connaitre selon des éléments un par un identifiés), il se montre la structure de notre être en tant qu’articulé. Articulé et donc vide ; formel.

Même le premier rapport, celui de la pensée et de l’être, dessine un pur rapport sans contenu a priori, dont la matière, l’épaisseur est justement « ce qui est en question » et à jamais suspendu par et dans le doute quant à son « être ». Pareillement, le doute reste la forme pure du sujet cartésien, en tant que renouvellement absolu de la question de « ce qui est » (comment ce qui est peut-il mesurer « ce qui est » ? La mesure de la mesure rejaillit méthodologiquement jusqu’à Nietzsche ; comment évaluer ? ) ; le sujet cartésien, non pas malgré mais de par l’assurance dont il s’impose, demeure à jamais suspendu dans la certitude (formelle) de soi.

Il faut s’assurer donc que les deux départs ontologiques ; celui premier de l’être puis celui du sujet ; définissent non pas tant quelque contenu que ce soit, mais usent de contenus différents (eux-mêmes éminemment pensables, puisqu’objet d’élaborations complexes et pensées, mais tout autant seulement illustratifs d’une logique d’apparence ; le formel, qui n’est pas, doit se représenter, néanmoins ; il en use).

Ce qui se lit comme suit ; il n’est rien postérieurement à l’idée de l’être et la pensée (dispositif), qui dépasse son origine. Sauf Descartes. Et de même il n’est rien postérieurement au cartésianisme, qui dépasse la position du sujet tel qu’il existe là, comme sujet.

Pour la raison que le sujet libéré, libéré même du discours total et un que relevait l’être, peut lui substituer toute espèce de discours, absurdes ou objectifs ou élaborés, mais ans que ces discours nouveaux puissent entamer son unité structurelle ils en sont issus), et que d’autre part le sujet se lance comme tel en ces aventures ; par quoi l’absurdité ou l’objectivité ou l’élaboration sont bien effectivement « ce qui advient »en un monde à un sujet, autrement dit à une forme pure.

Que l’on ne se trompe pas ; la forme « pure » n’est pas elle-même un contenu, une unité ou une substance ou une forteresse, mais tout le contraire de tout cela. Ainsi elle n’est rien et ne peut se tourner vers quoi que ce soit qui l’oriente. D’où se pose la question de la mesure de la mesure ; ce qui serait absurde si précisément n’étant rien, la forme, étant extérieure (à n’importe quel monde ou contenus), est à soi-même l’interrogation maximum portée sur ce monde, comme sur n’importe quel monde.

Autrement dit le vrai n’est pas un corps de doctrine, mais ce que la philosophie même déploie ; la question de la mesure de la mesure, en tant que réflexivité, (cartésienne), mais autant comme, premièrement, rationalité (grecque).

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absolument le Sujet

1 Septembre 2011, 19:24pm

Publié par zwardoz

Le sujet produit son propre horizon. C’est sur cet horizon que défilent toutes les interprétations (que le sujet se prête), mais aussi les objectivités ou toute transparence extérieure sur notre être. Exception faite pour la psychanalyse qui semble précisément atteindre cet horizon même, en tant que durant une analyse et ce qui remonte au-delà des particularités d’une personnalisation, c’est une partie ou un certain horizon invisible qui se produit (à la fois via les signes apparaissant, mais aussi et peut-être surtout, cet horizon qui apparait en partie sur sa propre scène).

Parce qu’au bout du compte si notre être est un tel horizon, il n’est pas situable ; puisque c’est lui qui situe tout ce qui advient et qu’aucune perspective n’entame la perspective maximale qu’il crée et dont la finalité, il est seul à recéler le sens.

Ce qui veut dire aussi que l’on ne s’appartient pas à proprement parler ; on est non pas dans un horizon (qui serait nous), mais on est comme horizon. L’horizon est ce vers quoi s’adressent ou tendent les intentionnalités (et non pas par exemple ; toutes les intentionnalités ; puisque le principe de l’horizon est de ne pas être caractérisable ni caricaturale, et qu’il ne peut former une totalité, mais des totalisations, en cours, et possiblement dispersées).

Si le sujet produit son propre horizon, il est, ceci est remarquable, constitutivement inné ; autrement dit il porte son horizon et les principes de cet horizon, bien qu’en même temps il n’est assigné nécessairement à aucune catégorie, ce qui est un copié-collé du cartésianisme ; pour qui les fameuses idées innées ne sont pas « toute-faites » dans la pensé, mais produites par l’activité du penser-qui-pense. De même, le report vers dieu est un assignement in-fini et vise à démarquer le sujet de n’importe quel monde, mais aussi de toute détermination, et spécifiquement des déterminations du langage ou de la pensée construite (de cela qu’il insiste sur ce qui, en somme et si l’on comprend bien, n’est pas un idéalisme, mais un activisme et la menée vigoureuse et rigoureuse de sa structure entièrement verticale excepté dans son horizontalité extraordinaire de l’unité de la pensée et du corps, qui nous interroge encore).

Cela porte directement sur la mesure même que chacun peut assigner à son être. Tandis que le moi s’emberlificote sur sa propre causalité, l’être du sujet y échappe et n’a rien à faire de ce qui le précède. Autrement dit, le sujet est sans passé, mais aussi sans avenir ; il n’est doué que d’un seul énorme présent, (qu’il peut par ailleurs qualifier d’infini). Infini mais il restera à préciser ce qui peut être compris par cela ; infini est l’habituel dénomination qui représente un réel effectif. Et par cela, il faut donc admettre un être ontologique, si l’on peut dire, indépendant de « tout ce qui arrive » et en l’occurrence de « tout ce qui nous arrive ».

Que chacun puisse advenir au point de vue ontologique, celui de son être, renvoie tout à rien, alors même que pourtant ce qui doit ou devrait être décrypté, c’est l’assumation du moi que l’on est (devenu, au sens sartrien en particulier ; on est ce que l’on fait de ce que les autres ont fait de nous). Car de même que le sujet n’existe que dans la confluence de toutes les fonctions (langage, perceptions, mondanéité, etc) de même il n’existe que dans l’accomplissement du moi qui le soutient (vécus, imaginations, identités, etc).

Il serait incompréhensible que la « forteresse » (ontologique et activiste et non pas substantialiste et métaphysique, réflexive en un mot et non pas discursive) cartésienne ne serve à rien et soit empêchée par la contingence d’un moi-même, alors que cette contingence est ce qui défile sous les yeux de toute personnalisation et dont elle ne peut se tirer et que toutes les instances objectivistes (de l’Etat aux sciences en passant par la technique ou les médias ou la machinerie des autres qui entoure chacun de ces autres pourtant ou la marchandisation constante et galopante) ne peuvent que la convaincre de son irrémédiable assignement.

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