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instants philosophie

Le devenir humain planté comme un clou

29 Novembre 2013, 16:04pm

Publié par pascal doyelle

La pensée mythologique consiste à prendre en une fois tout ce qui vient et à en élaborer une synthèse. Pour cette raison elle aboutit à chaque fois à construire un monde particulier. Il est localisé. Il a saisi ceci et cela qui apparait dans son monde, et en formule quantité de règles. Comme il admet sans distance « ce qui arrive » en ce monde, il crée une distance suprême dans l’architecture complète de son monde (jusqu’à s’élever très haut dans l’abstraction de et pour et par ce monde là). Il est en une fois et donc est langage-groupe-monde donné « là » ; le langage est au centre mais aussi les échanges et aussi l’apparaitre de ce monde ; c’est un seul et même flux qui se parle-échange-perçoit. Comme nous existons nous dans la séparation (et non la synthèse) et donc dans un seul monde unique (non particulier) nous ne comprenons plus un tel monde mythologique ; puisque nous ne le vivons plus.
La réflexivité est ce qui est venu rompre la synthèse ; il est donc un dépassement du langage, du groupe et du donné là (le monde particulier ou le corps ou l’échange de choses-ayant-sens, etc).
La discipline qui réfléchit sur la réflexivité se nomme elle-même philosophie mais la réflexivité existe en d’autres domaines et s’étend considérablement et notamment elle produit la réflexivité chrétienne qui prend en charge qu’il existe une (hypothétique) conscience dernière qui les rassemblent en elle-même (chacune) et toutes (par delà les divisions qu’imposent le monde, et le monde ne peut qu’imposer des divisions, tandis qu’en esprit il faut les dépasser et réunir les consciences en tant que consciences).
L’universel grec est le sommet de ce qui est pensable universellement ; la dernière conscience indéfiniment réelle est effectivement « ce qui reprend notre être au-delà de tout ce qu’il peut ».
Sinon on ne voit pas pourquoi ces deux réflexivités se seraient imposées.


Si l’on veut faire naitre la « pensée moderne » hors du champs des deux réflexivités, on se rabat sur les pauvres définitions du « sujet » moderne (hors philosophie) d’une part et d’autre part sur les sciences ; sans s’apercevoir que les sciences n’existent que parce que philosophiquement l’idéal de connaissance est fondé et que d’autre part le sujet n’existe que de sa dé-couverte de soi, laquelle est portée par la dernière conscience (celle qui survit aux monde, donné, vécu, immédiateté, désirs, image de soi, etc).
Sciences et sujet (le moi, la subjectivité) qui paraissent former tout notre horizon, relèvent en réalité d’anciennes positions prises ; et il ne se peut pas que sciences et sujet puissent continuer la lancée sans que soient comprises les réflexivités en question. Les sciences et le moi psychologique aboutissent à un enfermement ; or ça n’est ainsi que le devenir s’est intentionnalisé.
Le devenir du moi est stagnant (il est voué à la mort, évidemment de fait, mais mentalement il est mort), et les possibilités des sciences referment tout sur la seule détermination.
Ce qui signifie que l’ancienne ambition ne consistait pas à se satisfaire du résultat immédiat, des sciences ou du moi (le moi, la personnalité est un effet constatable). Elle poursuivait, contenait un système formel en développement.
Les acquis de ce système sont utilisés afin de figer le déploiement ; tous les mondes humains de ce monde (rendu) unique sont fixés dans l’acquis de la démocratie libérale (plus ou moins libérale et selon cent modalités ou encore en d’autres caricatures), alors que l’essence de la démocratie n’est probablement pas encore réellement réalisée.
Autrement dit l’essence de la démocratie n’est pas d’être libérale à toute force ; cela en est une variation ; de même que l’Etat n’a d’essence réelle, d’idée véritable que celle de la démocratie. Démocratie est l’idée des idées.

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Contre le hollande bashing

24 Novembre 2013, 12:57pm

Publié par pascal doyelle

Contre le hollande bashing
Tout ceci est largement, cet acharnement, et probablement orchestré ; on sait trop bien que la droite n’accepte jamais que le pouvoir soit de gauche (même si il faut appliquer à les guillemets à « de gauche », tout comme à « la droite »). Orchestré ceci est non pas un complot décidé forcément mais ne serait-ce qu’une coïncidence d’intérêts (des groupes de presse, des partis, des partis d’opposition ou d’agrégation, des écolos aux communistes, des corporatismes, publiques ou privés, les bonnets rouges, les pigeons, poulets ou affiliés, etc). à quoi on ajoutera les éléments objectifs ; la main mise par le système ultra libéral sur l’ensemble de la planète et la mort des Etats (l’Europe qui aurait du appuyer les Etats, est pensée comme destruction des Etats, par ses décideurs mêmes et la logique très bizarre, étrange, anglo-saxonne pour tout dire, ce qui est un comble).
Qu’il y ait une faiblesse d’action malgré une programmation assez intelligente de la gauche, au pouvoir, ne doit pas nous masquer néanmoins que probablement elle est en position d’attente ; elle protège les acquis sous la pression invincible des mouvements de capitaux. Soit dans l’investissement potentiel sur la France, soit sous le poids effarant et absurde et profondément injustifiable des dettes, des dettes hétérogènes dont aucun peuple n’est coupable, ou cause, et du transfert de ces pertes immenses sur les richesses de chacun.
Le pouvoir de gauche tente donc de minimiser les effets dévastateurs (dont la cause est le remboursement indu des dettes exorbitantes et spoliatrices et absolument hors de contrôle des Etats et qui ne sont pas dues aux Etats, mais à l’indépendance anarchique des capitaux), mais comme tout autre Etat il ne peut pas ne pas se soumettre aux additions et soustractions numéraires ; s’il faut payer, il faut payer, quelle que soit l’injustice de ces « dettes ».
Le plus inquiétant est l’attitude des oppositions ; en interne ou externe à la « gauche ». il parait que de cette situation, telle situation localisée, il est légitime de remettre en question toutes sortes de principes … On profite visiblement de telle difficulté momentanée, pour odieusement, bêtement monter aux créneaux et se faire valoir en opposant à la situation complexe des sortes de simplifications d’une inintelligence crasse ; du Fn aux populismes divers qui font feu de tout bois, puisque ce ne sont pas des pensées (complexes) mais des simplifications qui piochent de n’importe quelle contradiction ; y compris cette manière de vrai-faux racisme, chasse aux chômeurs, aux petits profiteurs du système (alors que les organismes en sont réellement ici et là les escrocs), et ceci sans parler des évasions fiscales et des milliards qui échappent à la richesse nationale tandis que l’on use et abuse des ponctions, sous prétexte de nous « responsabiliser » et l’on assiste donc à l’épuisement par quelques uns d’un système clos dans le système général, à l’épuisement des peuples, à la captation des richesses nationales et des personnes réelles ; l’argent va à l’argent, le mini système de la richesse, intégré, absorbe le système général de la Richesse commune.

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Badiou

24 Novembre 2013, 12:13pm

Publié par pascal doyelle

Puisque la philosophie est la discipline qui se charge de penser « ce qui arrive à l’humain » sous le procédé technologique général de la réflexivité, philosophie qui est donc réflexion sur la réflexivité (ce que Badiou nomme les conditions de la philosophie et qu’il reprend de Platon ; le beau, la justice, la sagesse, le savoir et la connaissance ; soit donc l’esthétique, la politique, l’éthique, la pensée et l’idéel (la philosophie et son savoir et la science et ses connaissances),

La philosophie est à la fois ce qui remarque les réflexivités, les accélère de cela, mais aussi en crée quelques unes et de toute manière impose en survol que la réalité de l’humanisation est non pas tel ou tel monde particulier, ni tel langage, ni tel groupe, (ni telle vérité ajouterions nous) mais est le réflexif pur et simple. On contredira donc en présentant que la philosophie possède en elle-même son objet propre ; notre-être.

Or pour Badiou cet « être » n’existe pas ; Badiou déploie une argumentation qui se fonde sur la vérité ; la vérité est ce autour ou à partir de quoi nous existons ; hors cela nous n’existons pas sinon comme langage-corps, (ce que l’on pourrait traduire par moi psychologique, il suit ou poursuit en cela Lacan ; on se dépatouille comme corps avec le langage dans et via un concret le « moi » qui existe si peu que Lacan doit le doubler d’un « sujet inconscient », non qu’il soit sujet mais il est comme une pièce de monnaie ; le moi retourne la pièce mais tombe toujours sur la même face, alors qu’il est de fait deux faces de la pièce ; l’autre « visage » est inaccessible, il est comme l’ensemble des questions auxquelles le moi tente de répondre, mais qui ne perçoit plus, n’entend plus les questions, les a oubliées ou ne les a, à proprement parler jamais su).

Pour nous tirer de ce très mauvais pas, il n’existe pour Badiou que les vérités ; il n’existe du sujet que de telle vérité ; de sorte que le sujet n’est jamais un individu mais ce qu’il porte, ou ce qui le porte. Le sujet peut être un opéra ou le Parti. La vérité en général sort du donné indéfiniment multiple ; une réserve totale et vide (multiple composé de multiples) de laquelle émerge ici et là des vérités ; ce qui veut dire des généralisations qui valent au-delà du multiple pur, et forment des mondes.

Le multiple pur (l’être) est mathématiquement décrit ; les mondes eux sont logiquement décrits ; dans les mondes (chaque monde se rassemble autour de sa logique propre, son transcendantal), il est une représentation insuffisante de toutes les multiplicités existantes ; de sorte que ici et là il advient des vérités en plus (de celles qui constituent tel monde).

Les vérités apparaissent un peu à la manière heideggérienne ; « ça arrive » ; ça vient de l’être multiple ici et là et il n’est apparemment aucune raison à cela ; c’est l’effort de l’individualité (qui ne vaut que par cela, sinon d’être des animaux humains psychologiques ou sociologiques) qui ramène d’une apparition de tel vrai sur une nouvelle pensée, œuvre, engagement, vision politique, etc. L’univers est somme toute une machine à produire des vérités ; lesquelles réunissant les multiples (ceux qui sont susceptibles de l’être) tendent vers l’éternité ou immortalité ; une vérité est vraie au travers de tas de multiplicités (qui d’elles-mêmes s’effondrent, repartent dans le non être qu’est l’être, le multiple de multiples). Elle va chercher dans les multiplicités des vérités qui transpercent les mondes et leurs logiques propres ; elle va fournir de nouveaux transcendantaux ; elle est irruption et donc les vérités (justice, beau, sagesse, vrai) sont ce qui demeure au cours du temps ; ce qui est conservé.

Il est donc une fondation profonde qui veut ceci ; n’existe que l’exprimable dans l’universalité ; cela seul existe ; de là une théorie alambiqué qui consiste à affirmer (courage, angoisse, réactivité, discipline, immortalité, etc) pour nier les sujets réels. On en revient là à une conception de principe purement classique ; toute conscience est abolie dans les vérités (qui sont au fond La Vérité qui absorbe au final indéfini des temps toute la réalité des choses et des êtres).

Tout cela permet de saisir ce que vérité apporte aux mondes, au monde, mais aboutit à une fascination, une obsessionalité de la vérité comme final, point d’orgue de tout ce qui est, excluant au fur et à mesure, niant ce qui est et qui est devenu, et une dévotion totale est appliquée qui consiste à annuler l’existant au profit du seul pensable.

Autrement dit on retrouve là la même incoordination hégélienne ; toute la pensée existe, mais non pas le monde et le donné et les individualités ; il est une incompréhension, dans tout le système repérable, qui exclue l’existant et le monde là, qui ne permet pas de saisir en quoi il est une historicité (qui soit compréhensible), qui empêche de prendre conscience du devenir d’humanisation suivi de la personnalisation, ou qui condamne ceux-ci comme antiphilosophes et ceux là comme sophistes, et qui, le comble, ne peut pas penser la philosophie elle-même en son objet propre.

Fasciné par la Vérité, on ne peut pas s’apercevoir qu’il existe un système second, celui des conditions réelles de toute humanisation et personnalisation ; et non pas conditions au sens de Badiou (la philosophie se tient de vérités mathématiques, poétiques, etc, elle est obligée de se servir d’une interprétation d’un autre domaine, politique, esthétique, etc, parce quelle n’a pas d’objet propre, sinon la vérité monolithique comme principe unique), mais conditions en et par notre être même ; pour Badiou notre-être n’existe pas ; il ne peut pas élaborer un système formel de toutes les vérités, mais se condamne à n’en saisir qu’une seule (rendant incompréhensibles toutes les autres). S’il n’est que la vérité, il n’est pas d’ontologie effective de ce qui est (la vérité exclue le libre pur, le libre pur en revanche permet les vérités); la philosophie ne dit pas ce qui est, c’est dit par d’autres.

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La violence effroyable de notre être

23 Novembre 2013, 11:03am

Publié par pascal doyelle

Il est donc une continuité rigoureuse depuis le début de la pensée et notre état, sidéré, actuel. Evidemment si l’on croit encore que le contenu de la révolution interne tourne alentour de la pensée métaphysique (dont on rappelle qu’elle s’ordonne soit ontologiquement, via l’idée de l’être général pensable intégralement selon la cohérence, et puis via l’idée de l’être comme étant dieu, être non plus général mais suréminent, constamment à mi-chemin entre sa déduction de la pensée et sa référence à l’intention de dieu comme mystérieuse mais particulièrement formalisatrice, de toute conscience et essentiellement dans et par l’incarnation , soit le retour vers nous de cette intention formelle), si l’on croit encore et pense et juge la philosophie à partir de la pensabilité seule, on n’y comprend plus rien.

On est dans l’obligation d’interpréter Descartes par exemple et exemplairement, comme une sorte d’autre fondation de cette pensabilité, alors qu’il est précisément le détour et la ruse d’une description qui prend un autre pli, et découvre ou dé-couvre un autre réel, (autre que l’être), qui précède la pensabilité.

Ce faisant donc la philosophie ne fut pas en reste de se dépasser elle-même et a déjà commencé de comprendre selon d’autres critères ce qui est, tel que cela est ; c’est la même réflexivité qui veut ne pas se laisser faire ; ni par les groupes-langage-mondes particuliers (contre quoi eurent à lutter les réflexivités grecques par dépassements du langage, groupe et immédiateté) ni chrétienne par lutte, interne à chaque conscience vis-à-vis de ses propres consciences ou intentionnalités, et externe, envers le monde, qui est « ce qui sépare les êtres », (tandis que dieu-christ est ce qui les réunit en conscience dans , évidemment, le saint esprit, la communauté spirituelle, dite spirituelle à l’époque ; les libère toutes).

C’est donc cette révolte interne et externe envers tout, littéralement tout, qui prend forme peu à peu ; c’est ce qui explique cette réflexivité, qui ne connait rien, rien du tout, qui est vide et formelle, qu’elle ait pu se déplacer ; transfuge de la pensée grecque en la pensée chrétienne, et clairement s’émanciper de tout cela, n’appartenant à aucun monde humain en particulier, et se formulant comme acculturation généralisée ; toute pensée est une intentionnalisation qui vaut pour n’importe quel monde.

Ce qui fut reçu comme pure violence (et le fut réellement, nous n’y avons pas été avec le dos de la cuillère, c’est manifeste …) et a engendré quantité de violence ; pour la raison que la réflexivité n’est pas a priori un mécanisme pacifique. Elle est réellement «réelle » et s’impose radicalement, peu importe les effets et conséquences ; de sorte que dans le même temps il s’agissait d’apprivoiser cet être singulier, unique, extrêmement sauvage et violent, capable de dévorer et d’aborder des mondes, mais aussi des personnalisations, des personnes (et cela nous touche essentiellement puisque depuis l’universalisation de la révolution unique démocratique libérale, l’humanisation est devenue, s’est concrétisée comme personnalisations ; ceci envers et contre Badiou, qui méprise l’individualité dite démocratique, ne pensant, encore, que via l’universalisation abstraite des grecs, sauf que lui … il n’est pas grec ).

Ce mouvement de maitriser l’incontrôlable sauvagerie de notre être structurel ; par quoi l’on voit bien que cet être qui est le plus élevé, n’est pas du tout raisonnable et « gentil » en soi ; est l’objet même du processus cartésien qui se poursuit en toutes les autres consciences premières (faisant suite à la première conscience cartésienne, qui, elle, est unqiue, se réalisant une seule fois). Les diverses révoltes et délires et dérives et devenirs intenses et furieux qui suivirent ne sont pas seulement des surgeons furieux qui manifestent l’absurdité ou le non sens, mais sont effectivement les expérimentations menées rigoureusement par les purs révoltés de l’esprit ou plutôt du structurel enfin libéré … de ces formulations de lui-même ; mais débarrassé de l’universalité ou de dieu, il se perd dans l’insondable pur et simple de son être. Il ne sait pas, rappelons le, ce qu’il est ou contient (puisqu’il ne contient rien ; il n’a pas un programme intégré dans un corpus intérieur ; sa structure, pure, nue, vide, est son programme).

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Le Je agissant ou non (l'âme en puissance)

19 Novembre 2013, 16:57pm

Publié par pascal doyelle

Âme s’utilise de ceci que quelquechose peut être gagné ou perdu.
Ame qu’il faut tout de suite préciser comme « structure agissante » ; et ce faisant on ne réfère pas à l’âme communément représentée, mais en tant qu’illustration. On ne parle pas d’une « âme » spirituelle, au-delà du monde, etc ; personne n’est certain qu’une telle âme spirituelle puisse exister ou qu’elle ne le puisse pas ; on n’en sait rien et cela relève de l’éventuelle croyance, dont on ne s’entretient pas ici.
Ame est utilisée afin de peser son être possible. Il se peut que durant un vécu il y ait ou non une âme agissante ; c’est un enjeu. On peut passer à côté ou ne pas être, tout simplement, ou si peu que cela compte pour rien, ou ne se compose que d’immédiatetés, de corps et de langage, d’un mélange de corps et de langage (et dans le langage d’être la proie des autres, de subir, mais cela porte vers la psychanalyse ; en quoi et comment sommes-nous qui nous sommes ? Et quel est le sujet de l’inconscient qui est nôtre vraiment ? Etc).


Mais il est question de remonter la logique chrétienne de l’apparition de soi ; en cela chacun a de fait une âme, par définition pour ainsi dire.
On ne la perdra pas donc, elle ne sera pas « non réalisée », mais elle existera pourtant avec ou sans notre accord, notre consentement ; et c’est en vérité ce qui est en jeu. Il est possible de ne pas se l’accorder, de ne pas s’y accorder, de lutter contre « ce que l’on est ». D’accéder moindrement pour ainsi dire ou à l’inverse d’autant plus ; c’est de proportion dont il s’agit ; est-ce que l’on s’investit à fond ou pas ou à demi ou juste pour voir ou imaginairement ou à la marge ou jusqu’au cœur, centre de « ce que l’on est » ? Quel sorte d'imaginaire de soi, est-ce valide, en quoi les tours et retours sur soi ou son propre vécu valent-ils ?


C’est pour appuyer qu’il dépend de notre décision que cela soit(décisions très étranges et désordonnées invraisemblables ou donc : orientante ou désorientante, on ne sait) . Ou non. Que cela soit plus ou bien moins.
Ceci pour reprendre aussi l’incompréhensible calcul, stratégie chrétienne du devenir soi. De même que les grecs nous en apprennent quantités sur la pensée universelle, de même les chrétiens, la pensée, la sur-pensée chrétienne qui se fonde sur le devenir-soi de notre être.
Il se produit de croire en jésus, pour celui sur qui cela opère (et ceci d’un point de vue purement technique encore une fois ; il ne s’agit pas de croire ou non, mais de comprendre pourquoi cela eut lieu et ce que cela comporte et engage de notre être, chrétien ou non, croyant ou non), sur qui cela opère il se crée à partir et en cette Foi ; Saint-Paul est la pierre d’angle de tout l’édifice. Cette foi crée notre être ; et il est hors de question de douter que cet édifice intellectuel, existentiel, d’hyper acculturation, nous a formés, formulé, formalisé… tous.
C’est donc de chercher à comprendre ce qui nous est arrivé de passer au travers de l’aiguillage absolu que le devenir soi chrétien, tout aussi réflexif que le devenir universel grec, nous a provoqué à être. C’est en cette seconde source d’être que l’on s’engage ; il faut comprendre pourquoi et en quoi le christ fut (et donc étant réflexivement) est encore la révolution décisive, égale dans sa performance à celle grecque.

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Avez-vous une âme ? Pensez-vous votre âme ?

16 Novembre 2013, 09:56am

Publié par pascal doyelle

Si l’on reprend l’origine même de notre être, de notre être ici et maintenant, au 21éme, il faut remonter jusqu’au grecs et aux chrétiens ; en tant que ces deux réflexivités nous ont lancé en un autre processus.
Or ils signifiaient ceci ; avez-vous une âme ? Pensez-vous votre âme ?


Il faut replacer le terme « âme » en ceci que l’on n’est pas sûr d’en posséder une et que de plus on ne sait pas ce qu’elle est (si on en possède une) et enfin que l’on ne sait pas comment la faire-être, ni la déployer.
On ne sait plus ce que cela comporte (d’exigence et d’implication) puisque l’on, chacun, chaque moi, se fonde sur son être-libre, et qu’un être-libre est de fait et nécessairement (de la nécessité de sa structure et non d’une nécessité extérieure) immédiatement lui-même ; il ne se pose pas ou plus la question de son être (existant ou non, préservé ou non, réalisé ou non). Il part de cet être déjà là, dont il va au mieux rechercher l’augmentation ou la diminution ; ce qui est au principe de quantité de pensées depuis Descartes. Mais ne se concerte pas d’en modifier la structure elle-même. En ceci que l’on use de la liberté pour tel ou tel contenu, mais non pas de la liberté en et pour et par elle-même et elle seule.
La liberté c’est d’être ceci ou cela, mais non pas d’être la liberté elle-même, de la faire-exister ou qu’elle puisse recéler un devenir en propre, qu’elle soit agissement en propre.
Aussi, de cela, tout est stagnant.
Or c’est ce que signifiait que l’on ait à s’assujettir à l’universalité (sans quoi on demeurait un pauvre individuel sans horizon, que ce soit sans l’universel platonicien ou aristotélicien ou sans devenir éthique ou sans existence mystique plotinienne, etc). Et évidemment il est requis de se passionner pour son âme chrétienne ; de fait.
Mais l’être-libre des modernes comprend mal ou ne comprend pas du tout ce principe indéfiniment réel. Pour les modernes il ne s’agit plus d’obtenir une âme ou de créer son être ; pour les grecs n’était réalisé que l’homme qui s’articulait à la pensée, à l’universalité, au beau, au vrai, au bien ; hors ces vérités, ces réflexivités, il n’est qu’un pauvre individu limité. De même il est clair qu’il faut croire en jésus et sa résurrection, en jésus comme retour-vers-nous de dieu, de la dernière conscience indéfiniment réelle et en tant qu’est transmué le corps ; puisque c’est de cela dont il est question ; que l’on ait, que l’on « est » un autre corps.


L’être-libre a dépassé l’universalité et tout autant le devenir-âme ; mais pour se fourvoyer en sa propre évidence. D’autant que ni l’universalité, ni le devenir-âme ne suffisent à un être-libre.
Mais qu’il soit libre contrairement à ce qu’il voudrait désirer, n’est pas une facilité ; sur et en le libre pèse l’exigence ; l’exigence ontologique (et pour comprendre ce que « ontologique » comporte, il est requis une définition que seule compose la philosophie anime, qui définit ce qui n’apparait pas, qui définit ce que la réflexivité, grecque, chrétienne ou libre (depuis la cartésienne).
Autrement dit ça n’est pas d’être-libre que l’on active ou existe comme âme, comme structure réelle agissante. Ou encore ; il se peut que l’on végète quand bien même serait-on existant formellement. En somme « être-libre » cela n’est pas une sorte de disposition de soi ou des choses, mais tout à fait compréhensiblement est un devenir ; on peut très bien passer à côté de son être, le manquer, l’oublier, l’annuler, exister sans cet agissement interne ; le libre n’est pas un état, ceci est clair, mais un programme.
Programme sans contenu spécifique, mais parce que la structure même est son programme.

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Le visage de la philosophie

11 Novembre 2013, 11:52am

Publié par pascal doyelle

Si elle était raison ou discours rationnel ou même sagesse (comment conduire sa vie, ou vivre heureux ou hédoniste ou mourir avec le sourire, etc) la philosophie aurait complètement manqué son coup. C’est plutôt cela qui lui est reproché qu’elle ait manqué son coup, et qu’elle soit un discours rationnel du reste dépassé par les sciences, et qu’en terme de sagesse elle ne console ou ne rassure de rien du tout.

Ouf, heureusement, ça n’est pas son propos, ça n’est pas son objet.

Alors on tournicote alentour, à se demander ; mais de quoi parle-t-elle ?

A voir donc que seuls les philosophes s’y intéressent et que de toute manière seuls ils se comprennent, entre eux.

Ne revenons pas sur les inventions philosophiques ; du début de science politique dans Platon, sans quoi on n’y comprendrait rien, ou du lancement des sciences naturelles par Aristote. Pas même de la liberté acquise dans le refus de tout esclave vis-à-vis et par les autres, et la libération hors de tout groupe humain et ces sortes d »étouffements nauséeux (selon donc enfin une éthique annoncée telle quelle ; libre, éthique qui est le face à face avec soi, renvoyant la morale au face à l’autre, quasi politiquent donc).

Le mouvement général est pourtant quand même le refus absolu de se laisser faire. De refuser langages tout faits et vérités des groupes humains (religions, traditions, habitudes, coutumes, sans parler de l’esclavage des uns par les autres, et en toute modalité ; des fers et exploitation aux humiliations et mépris, ségrégations et les divers amours fusionnels qui empuantissent). De refuser que l’histoire n’ait pas de sens et que l’on puisse se soumettre et s’abaisser devant quelque pouvoir que ce soit ; les royautés en ont fait les frais, reste les financiers oligarchiques, les groooosses fortunes ignobles, etc.

Qu’on ne s’y trompe pas au fond, même lorsque Descartes invoque dieu, il le triture si singulièrement que quelque croyant que ce soit agoniserait de s’y méprendre … à preuve Leibniz qui d'arrache pied veut rendre raisonnable cette monstruosité absolue du dieu cartésien ou pascal qui parait un Finkielkraut fébrile à recenser les contre raisons fidéistes qu’il pourrait éventuellement, dans un autre monde que celui-ci, opposer à Descartes. Mais voila, c’est le monde de Descartes, pas un autre.

C’est en celui là que l’on existe. il n’est qu’à remarquer l’intense expérience existentielle (devançant nos existentiels) du doute intégral et forcené. Il est requis l’intensité de la liberté cartésienne qui mentionne cent fois, en passant, que le dieu a créé les vérités (renvoyant tout à rien, cad à la décision pure), que l’on ne connait qu’une infime partie de la réalité possible (les réalités sont bine plus vastes que notre entendement ou raisonnabilité), que l’on peut tout aussi bien désirer le mal ou l’erreur , quand bien même aurions nous les preuves et les arguments du bien et de la vérité sous les yeux, etc. Ce ne sont pas des hasards.

La philosophie est rusée. Ou masquée, comme dirait l’autre (qui sentait tout le monstrueux de l’entreprise).

Mille raisons également de ne pas renier Nietzsche ou Artaud (qui pense énormément celui-là) ou Rimbaud ou Mallarmé ; que tous ceux-là et cent autres, sortent de la philosophie dogmatique ou caricaturale (telle que ces ennemis de la pensée la fige) … c’est certain. Sauf que la philosophie n’est pas celle-là, n’est pas dogmatique.

Elle est ce qui a débarrassé l’humain de ses oripeaux ridicules, et pire que tout elle montre « cela » qui agit afin de nous libérer. « Cela », la monstruosité invraisemblable, le dévorateur de mondes, le dépeceur de personnalisations.

En somme il faut prendre les choses au sérieux ; on n’est pas là pour rigoler. Ce qui a existé, a durement et impitoyablement existé. Comment le réel pourrait-il seulement être contingent, hasardeux, bigarré ou sans causes abominables ; la conscience, notre-être, est faite pour cela, pour l’effroyable.

Il est sympa de constater que le plus petit mécanisme, le plus fragile, le plus vide est le plus étincelant et est la puissance même d’être ; qui aurait parié que la conscience, cette fonctionnalité vide, incrusterait dans la masse gigantesque de la détermination, des mondes humains ou naturels, des univers, le levier explosif ?

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La radicalité du réel découvert

10 Novembre 2013, 14:34pm

Publié par pascal doyelle

Justice, sagesse, savoir, pensée et beauté sont pour Platon les jeux internes à la vérité. (la plaine de la vérité, cité par Léon Robin, Platon, excellent et pas cher).
Autrement dit politique, éthique, sciences, philosophie et esthétique. Ce qui formule les réflexivités en cours selon l’universel.
Tout le combat de Platon est de maintenir la découverte de l’universel, de montrer comme cela est actif dans les réalisations, de promouvoir la finalité universelle ; toutes mentions qui n’apparaissent pas dans le monde, le groupe, le donné, immédiat, le corps et son individu limité, ni dans le langage. Et pour cause ce sont des inventivités de ce moment là, qui restructurent toute humanisation (ce qui se verra dans la suite de l’histoire).


L’idée de l’Etre est donc d’abord et avant tout un être formel qui ne dit rien, soumis aux contraintes de cohérence (dont la logique, l’adéquation aux choses et aux noms des choses, l’adéquation à l’être de l’homme, le Un, la totalisation, etc). Il s’agit avant tout de définir notre être comme ; je suis ce que j’énonce en cohérence.
Tout autre énoncé est hétérogène en comportant des éléments en lesquels je ne suis pas à égalité ; que je ne comprends pas, que je ne puis pas réduire dans le démontage ou constater effectivement (sous entendu il est une expérience, une expérimentation de ‘ce qui est ‘ ; l’idée de l’Etre ou l’être-soi cartésien sont des constatés et non pas des « idées », les idées décrivent ou montrent ou argumentent et déduisent de cette monstration). Je n’y suis pas à égalité (avec ce qui est dit, parlé, échangé) et donc je me laisse faire par un donné incompréhensible.
De même tout énoncé est total et concerne tout ce qui est : puisque mon être étant vide et formel lui-même, ce qui est énoncé occupe toute la conscience que l’on en a (et que l’on est à partir de ce seul énoncé). Il faut donc dire ; l’énoncé concerne tout ce que l’on Est ; de même que l’énoncé prononce ce qui Est, de même nous ne disposons pour être nous-même en vérité et seule réel est cette vérité, que cet énoncé.


C’est à cette radicalité extrême non à laquelle on assiste, mais à laquelle nous sommes assujettis. Et il n’y a aucun moyen d’y échapper puisque cela constitue la conscience même de nous-même. Cela affecte toutes les consciences de quoi que ce soit. On peut bien s’en révolter, mais ce sera toujours dans le Même jeu ; il n’y en a aucun autre. Ou donc ; ce jeu de la réflexivité est le jeu ultime, extrême, radical, pris à la racine.
Ainsi au sortir des mondes particuliers, ayant promu le monde-unique, le dépassement de tout langage, l’annulation de tout groupe comme vérité, la distinction du corps-immédiat et de la conscience de soi, c’est à « cela même » que l’on a commencé d’exister. En aucun cas il ne s’agit d’idées ou de pensées d’abord (seulement ensuite d'idées et de positions), mais d’un réel dé-couvert, dénudé, le squelette, l’ontologie de notre réalité ; c’est réellement, et non par idées ou effets d’idées (qui pourraient être contredites par d’autres), que notre-être est-devenu (c'est une liaison interne) clairement qui ou ce qu’il est.
Justice, sagesse, savoir, pensée et beauté peuvent donc réellement être. Et si on a pris l’habitude, cela ne signifie nullement que ces réflexivités soient réalisées. Et ce d’autant plus que les réflexivités grecques sont doublées par celles de la réflexivité chrétienne ; tout cela n’a pas encore eu lieu, ne s’est pas encore réalisé réellement. Tous ces lancements au travers de ce qui est, opérant une radicalité ultime, sont continuellement menacés d’être recouverts, leurs découvertes (en nombre) recouvertes par la masse et la pesanteur ; le donné là, le corps, le langage, les groupes ou les mafias, se referment, se referment constamment sur leur propre étouffement.
Il est évident que le réflexif ne se tient pas lui-même aisément ; le niveau, le degré et l’intensité, sa concentration retombent et succombent, s’effondrent. Le réflexif est ce qui se tient sans raison ; ce par quoi l’on s’aperçoit qu’il n’est pas la raisonnabilité commune, le fade et la disposition habituelle des choses et des êtres. Il veut être son propre manque, sinon il se remplit des masses, données, du monde et des vécus. La réflexivité est ce qui n'admet rien, jamais, est l’altérité pure parce que formelle.

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Ce que devient l'humain

5 Novembre 2013, 12:16pm

Publié par pascal doyelle

Dans une vision d’ensemble il apparait donc que la survenue de la philosophie se produit d’une généralisation de la réflexivité (qui n’est donc pas en soi la réflexivité de la raison et qui est plus étendue que ce par quoi la philosophie se définit ; de ceci que la philosophie réfléchit « la réflexivité » qui se produit en d’autres domaines et s’étend partout). La preuve en est que le christianisme est une de ces réflexivités qui dépasse largement ce que par philosophie on entend. De même l’art, l’esthétique, la politique, l’éthique, le souci de soi, la personnalisation, etc. On pourrait comprendre que la quantité d’informations est telle à ce moment qu’éclate les mondes particuliers, et qu’est nécessitée de réfléchir afin d’ordonner cet afflux, par ex.

Devant la révolution que pousse à être selon la réflexivité et l’accélération de ce mouvement que provoque la philosophie (en plus d’inventer ici et là de la réflexivité en propre, qui tente de coordonner mais aussi d’inventer ces possibilités), il se construit une pensée seconde ; une humanisation au carré, puissance deux.

L’idée de l’Etre purement formelle, est le repère d’une réflexion qui ne dit pas « ceci est la vérité », mais refuse aussi qu’il n’y ait pas de vérité ; elle lance donc « il y a de la vérité » , mais on ne sait pas quelle elle est, dixit Socrate soit dit en passant. Ce que définit donc la philosophie sont au minimum les conditions de toute vérité, de tout énoncé (il n’existe, réellement, que ce qui est définissable par un énoncé, actuellement produit et constatable, et donc reproductible par tout autre) ; ce qui signifie que la philosophie ne tient pas essentiellement à tel ou tel énoncé mais est la mise entre parenthèse, la suspension du désir du vrai ; le déracinement quant à la croyance (dans l’énoncé cohérent on est égal ou équivalent à « ce qui est énoncé », on le com/prend, aucun élément n’est impensé, idéalement et en principe, céder sur ce Principe du fait qu’il est difficile de tout déduire ou composer, serait absurde) expulse donc chacun hors de toute vérité définie et restreinte mais crée l’espace-temps (pour ainsi dire) de l’élévation à la considération des conditions.

Par conditions il ne faut pas seulement entendre ; ce qui prélude à ceci ou cela ; non seulement les contraintes qui permettent de remplir adéquatement l’idée, vide, de l’être, mais aussi cette disposition même ; autrement dit ce qui va être vécu c’est l’accès à la vérité, non définie. De même ce qui sera vécu ou se révélera tel est la liberté en soi, indépendamment des choix ou inventions qui suivront.

Ceci pour bien marquer que le principe Vérité, (sans vérité affirmée en soi), est vécu, parce que ce principe permet, autorise, admet, provoque quantité de vérités … de même le libre pur est vécu parce qu’il inaugure toutes les explorations individuées. De fait il y eut ensuite d’innombrables vérités découvertes ou inventées et ensuite encore d’intégrales et exigeantes libertés expérimentales. De passer à l’humanisation au carré, puissance deux, ça provoque. Tout court.

Il ne faut pas rêver ; la réflexivité qui atteint l’humanisation, qui transforme les humanisations diverses en une seule (des mondes particuliers au monde unique universel, au-delà des langages, groupes, mondes, etc), n’est pas « facile » ; elle est au contraire une difficulté et lorsque cette exigence d’universelle devient vers et par le libre en soi, l’exigence s’abat sur chacun ; chacun est en état de réflexivité avancée pour ainsi dire.

La réflexivité avancée est à ce point intense, que l’humanisation qui se fondait sur l’universel, la raison, etc, ne suffit plus ; de l’humanisation on passe à la personnalisation ; chacun se crée soi réflexivement (il ne s’agit donc pas d’une subjectivisation seulement, bien qu’elle soit absolument requise, pour être « soi », mais pas seulement non plus d’une universalisation objective ; c’est autre chose que le subjectif/objectif qui se joue, la puissance deux donc). Toute personnalisation est absolument un centre actif de réflexivité ; les interprétations psychologisantes ou socialisantes ou anthropologiques ne suffisent pas à penser cet « objet » invraisemblable, la philosophie (dont la maitrise est le réflexif tel qu’il advient à l’humain) est requise ; seul son « objet » propre en rend ou peut en rendre compte.

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Bergson

3 Novembre 2013, 17:41pm

Publié par pascal doyelle

Remarquons que si on est notre être de conscience, formelle, alors on ne sait pas ce qu’elle peut. On ignore jusqu’à quel degré de subtilité et donc de réalité il est possible d’avancer. De toutes les approches (déjà réalisées par d’innombrables explorations depuis 3 siècles, sans compter les précédents) : Bergson.

On signalera en ceci la percée fondamentale de Bergson ; il montre qu’il est une conscience en interne qui surgit de ce qui est. Notons qu’il tente de remonter le long de la conscience comme d’une racine ; ce qui n’est pas notre position ; il pense que la conscience surgit du donné-là vivant, (et que par ailleurs tout concoure à provoquer qu’il y ait du vivant). Peu importe parce qu’il va dénouer quantité d’impossibilités, jugées telles par la philosophie dogmatique du temps (et éternelle…). Il joue à remonter dans cela même de l’instantanéité ici et maintenant (suivant en cela la promesse de Descartes, qu’est Descartes ; ce qui est, est présent ou l’être est « ce qui est actuellement » selon une traduction de Parménide ou « ce qui est dans le présent » et non pas nécessairement « ce qui est » éternellement).

De fait, en considération de cette restriction, il est avéré que Bergson produit une découverte, une dé-couverte des ramifications de la racine qu’il tient par l’émergence ; il se rend compte que l’on peut suivre de telles incrustations en d’innombrables repères ; il découvre en somme que la conscience est la partie émergée d’un dispositif qui se propulse.

Ceci pour illustrer que de la conscience, de son être étrange, on n’a pas commencé d’en percevoir, reconnaitre le début ; et pour une raison simple qu’elle est potentielle. Ou comme dit Nietzsche qu’elle est Puissance, potentialité, indéfiniment.

Ici comme ailleurs il est impossible de nier qu’il y a effectivement conscience ; ce que l’on peut contredire c’est qu’elle soit tout (puisqu'elle est une structure limitative, puisqu’interactive) ou qu’elle soit un conscient et une forteresse isolée ; aussi Bergson longe-t-il toutes espèces de sortes de consciences ; il s’aperçoit qu’en réalité elle se confond ou émerge du corps, de la perception, etc, mais également et c’est fondamental de l’étendue du monde en tant qu’instant …

Elle surgit en conséquence, à partir de l’intuition énorme qu’il déploie, de l’énergie, de la matière, du vivant et de l’esprit ; de l'esprit parce que somme toute (et en passant outre la réduction que cela inflige !) l’esprit est ramené à l’intellect et à l’étendue, tandis que l’esprit vif, l’activité réelle se sait, se sent (intuitionnellement) comme instant. Et de même que l’intellect esprit (ce qu’il ne dénie pas du tout) catégorise selon son ordre, de même il tente, lui, d’ordonner les niveaux, degrés de temporalités ; mais il faut donc comprendre que par « temps » c’est tout autre chose que le temps catégorisé (selon l’intellect étendu). C’est le temps du dedans, non pas du dedans de la conscience subjective seulement, mais le temps intérieur à l’instant ordonné selon ses niveaux.

Il est donc une flèche du temps à rebours. A rebours parce que si quelque chose surgit c’est de la racine du temps ; le donné lui-même est la proposition de ce qui devient temporellement. Il devient envisageable de penser la logique pour ainsi dire, de ce qui devient par la racine.

De cela on peut dire ; on ne sait pas jusqu’où la conscience-de (tout donné connu ou non connu) peut approfondir son acte ici et maintenant.

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