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instants philosophie

Recherche de la fondation du réel par lui-même

29 Mai 2016, 10:02am

Publié par pascal doyelle

Jusqu’alors l’espèce humaine utilisait un mécanisme (l'activité de conscience) pour représenter le monde, en tant que mayas ou égyptien ou hindouiste. Mais il fallait bien que cela arrive ; c'est tombé sur les grecs (disons que ça s'est cristallisé par les grecs, mais ça ne leur appartient pas ; ça nait en fait autour de la méditerranée, Moyen-Orient compris ; des monothéismes aux gnoses post chrétiennes et chacun sait que la pensée chrétienne reprend totalement la pensée grecque, enfin presque ; la pensée chrétienne reprend la pensée grecque parce que l’une comme l’autre sont effecteurs de la réflexivité qui commence d’envahir toute l’humanisation ; une humanisation hors sol, sans territoire, sans peuple, qui compte chaque conscience une par une, séparés par le christ, le corps du christ et réunis par lui ; incorporation du Un abstrait et tout Autre qu’était le dieu juif, la formule Une). Il fallait bien que le mécanisme de conscience donc, tout à coup, prenne conscience de lui-même comme mécanisme ; ce qui donne les Idées ; les idées sont des intentionnalités (de conscience donc).

Cette distance ainsi introduite ne se perçoit pas spontanément ; on croit que les grecs proposent La Vérité ; alors qu’en fait ils proposent des systèmes ; des systèmes d’idées, ce qui veut dire d’intentionnalités ; par-dessus les groupes humains chaque système fait appel au jugement, à l‘élaboration intentionnelle dont chacun est capable ; le défilé des systèmes doit venir augmenter à chaque fois l’intention vivante de chaque arc de conscience, qui ne se clôt jamais et qui réclame constamment, continuellement une Formule ; l’être, comme surgissement de ce qui est déterminé et pensable, pour les grecs (de là que pour eux la perfection est la détermination, la clôture, la définition) ; ou dieu pour le monothéisme, en tant que dieu est la décision antérieure à tout monde et qui se communique de conscience à conscience et en tant que formule parfaitement vide , cad formelle, libère ; il libère les juifs et par le christ il libère chacun à partir et pour cet-autre-corps. Ce qui est fondamental.

Mais ça ne se limite pas aux idées (de la pensée antique, qui avancent très loin dans le forçage , dirait Badiou, de l’invention intentionnelle des idées jusqu’au Un plotinien, pour le dire).

En plus des idées c’est non seulement la pensée qui s’invente là, mais la réflexivité ; la réflexivité crée l’esthétique, l’éthique, la politique, les sciences antiques et donc grecques, l’humanisation, etc, et au sein de ces maelstroms complets chacun, il est en plus la philosophie qui réfléchit sur « ce qui arrive » ; la réflexion (philosophique) s’effectue sur un mouvement pluriel, la réflexivité, mais est elle-même prise comme invention ; elle ne réfléchit sur un donné dont elle formulerait le discours ; ce discours est lui-même absolument inventif et crée le chemin qu’il réfléchit ; il le crée et le décrit et décrit sa création.

Tout le pensable fut donc pensé, mais comme la réflexivité est plus étendue que la réflexion, il devenait tout à fait logique de rechercher la fondation de la pensée, en autre chose que la pensée ; soit donc en dieu ; la pensée chrétienne vient ajouter sa dimension à la pensée grecque ; et come cela ne suffit pas encore il viendra Descartes, Kant , Hegel pour avancer dans cette fondation ; et puis encore Husserl d’une part et Nietzsche d’autre part ; et enfin Sartre qui réduit la voilure de Heidegger et Lacan qui installe fabuleusement le vide, la forme au cœur du corps ; la ligne de séparation interne-externe.

Cette réflexivité est ce qui vient au premier plan (outre que la scientificité se développe, et le droit, et l’acculturation, etc) est ce qui vient avant la pensée elle-même ; Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Nietzsche, Sartre, Lacan ; qui tous déportent l’attention à partir de la pensée (et compte tenu de la pensée, pas en dehors ; Nietzsche est hyper rationnel, de fait, il décrit avec sa théorie bizarre des mouvements réels), l’attention vers ce qui est antérieurement à la pensée ; et antérieurement il existe une structure, formelle et vide. De même Descartes apparemment « objectivement » propose une définition relativement nouvelle de la vérité, etc, ce genre de choses, mais en fait il invente hyper-objectivement (selon la même logique de travail de la philosophie depuis le début ; se placer au-dessus de la réalité à partir du réel) invente donc un nouveau sujet, une nouvelle structure, une nouvelle attention (et il le dit ; j’invente une suspension de notre être absolument originale), qui interroge, interpose entre soi et soi de la conscience. Ceci est la recherche de la fondation ; sur quoi se fonde que l’on puisse penser, que l’on puisse intentionnaliser ?

Par cela on voit que la question est ; sur quoi prend-on appui pour non seulement penser, mais pour être à ce point autre que ce que nous sommes ? autre que le monde, autre que le corps, autre que même les idées étant donné que nous prenons conscience, ou donc distance de tout cela et en réalité distance de tout ce qui est ; nous sommes à distance de tout ce qui Est ; cela veut dire que nous ne sommes pas dans l’être. Raison pour laquelle ensuite on a cru devoir admettre que du néant nous prenons position et que cela doit être bien douloureux parce que nous souffrons, nous souffrons de la douleur structurelle, celle que l’on n’explique pas, qui ne vient ni du corps, ni de la pensée, mais du dedans ; de la douleur absurde et incompréhensible, et radicalement insituable et innommable.

C’est la description, la pluri description, de cette structure qui est au centre de la philo ; c’est objectivement qu’il devait exister une réflexion (b) sur la réflexivité (a) ; il faut jouer des deux petites lettres, pour laisser comprendre que la réflexion est autre chose que la réflexivité, et que la réflexivité est-avant la réflexion ; que la question de la fondation est celle de la distance, de sa raison d’être, de sa finalité, et surtout de sa possibilité ; si on ne saisit pas ce sur quoi nous existons, qui nous permet d’exister à distance de l’être, de tout le donné là, on ne s’en sortira pas. On interchangera des solutions de remplacement, mais comme aucune n’accrochera la différence (entre nous et nous-mêmes, entre nous et quoi que ce soit) notre action, activité glissera à côté.

On pourra croire qu’il s’agit du langage, par ex, ou de la physiologie, ou de l’économie, mais ce seront toujours autant de symptômes qui échapperont au circuit réel de conscience structurelle. Tant que l’on n’a pas compris la fondation de la représentation en général, des idées ou pensées spécifiquement, on restera incapable de distancier notre être. C’est en ceci que la grande révolution fut celle de Hegel ; il a vu et compris grâce à Kant qui s’approche jusqu’au bord de notre être qu’il délimite par le nouménal, que la fondation est entièrement ici même ; le retournement est certes Descartes et puis Kant, mais le réel saut par-dessus le vide est hégélien ; que le vide se produise lui-même.

Ou, ce qui revient au même, que le formel engendre le formel ; ou encore si l’on préfère que l’arc de conscience s’engendre par le réel. Parce que la circonvolution continuera de se chercher ; Husserl, Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan creusent le cheminement, et donc aussi l’engendrement ; puisque la réflexion, philosophique, est aussi elle-même non seulement réflexion passive sur notre être (lui offrant le copié-collé de la raison) mais cette réflexion s’entraine dans la réflexivité et augmente notre structure ; la philosophie travaille à même la structure ; augmente l’épaisseur du bord du réel (de même que l’esthétique, éthique, politique, poétique, idéel augmente la perception, l’humanisation, de même que la personnalisation augmente le corps, qui craque par tous les bouts, et ce à partir du même bord : il n’en est qu’un seul).

Que le formel engendre le formel est la position hégélienne, qui y parvient par l’entremise de Kant qui renvoie la détermination à elle-même ; il n’est plus de fondement intérieur à la détermination ; mais comme la philosophie est dans son principe structurel de saisir ici et maintenant tout ce qui est (sans reste au-delà), c’est donc que la détermination est générée par un formalisme ; le formalisme est impératif puisqu’il est une distance, sans laquelle aucune représentation ne serait possible.

Lorsque la réflexion sur la réflexivité atteint Descartes en réalité la réflexion devient elle-même intégralement réflexive ; en ce sens qu’elle conçoit que le cercle est ici même (par René donc, même si il introduit dieu dans le circuit, puisque la volonté est infinie elle est entièrement ici et maintenant) ; mais quelle sorte de monde, d’étendue, de réalité, de réel, d’univers peut contenir une structure étrange ? L’interrogation quant à cet-être étrange, que nous sommes ou par laquelle distance qu’il crée nous sommes, se restructure instantanément selon le temps, ou en fait si l’on va plus loin, selon l’exister ; elle devient intégralement réflexive mais elle ne le sait pas encore, bien qu’elle s’en doute … parce que la structure étant formelle est instantanée ; le réel est effectivement instantané, ce qui visiblement n’interdit pas du tout qu’il soit radicalement distancié par lui-même, de même que bien que Une notre structure soit divisée absolument en sa forme même et que sa forme même n’existe que de cette division.

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Le miroir originel

24 Mai 2016, 11:02am

Publié par pascal doyelle

Jusqu’alors on s’est focalisé sur les images, on a fait défilé quantité de tas de sorte d’images, et puis, il ya 2500 ans (voir un peu plus) on s’est interrogé sur le miroir, et le miroir a commencé de remonter au jour.

Platon pensait qu’il était possible de rendre compte des images non plus comme perceptions et sensations mais en tant qu’énoncés.

Il fallut Descartes pour que l’on puisse changer d’optique ; les images ne se doublaient pas d’idées, mais naissaient en et par un miroir ; évidemment c’est une simplification ; Descartes n’a pas à lui seul dévoilé la structure en miroir, mais il a marqué le repérage, tel quel, et avant les grecs il y a eu une sorte de forme de miroir et en d’autres sens, or cependant il fallait décider du sens d’orientation du miroir.

Il fut tenté alors, après Descartes, de dessiner l’encadrement de ce miroir ; Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre, Lacan (pour les repérages essentiels). La question des énoncés en ce cas posait problème ; les idées, les énoncés sont des effets du miroir mais n’atteignent pas le miroir ; il faut changer son fusil d’épaule et adopter une critique, une distanciation, aussi bien cartésienne que kantienne, qui puisse forcer l’attention en-deçà, en-dessous des idées ; en dessous il est un être « là » ; le dispositif des dispositifs cartésien, ou le sujet transcendantal kantien, ou le moi fichtéen ou la négativité dialectique hégélienne ou la conscience phénoménologique ou la volonté nietzschéenne, ou l’être-le-là heideggérien ou le point de conscience sartrien ou la complexité mentale lacanienne (etc); en bref on creuse le miroir ou tout autour du miroir.

Evidemment à chaque fois que l’on change de schéma de miroir on bouleverse les images à l’intérieur ; ou lorsque les images se modifient (les images du monde, de soi, du corps, des relations sociales, etc), cela remonte tôt ou tard sur le schématisme.

D’aucuns ont avancé selon un autre situé ; se demandant sur quel sol était posé le dit miroir ; des sciences, des théories de toute sorte, sociologiques, économiques, physiologiques (l’arc de conscience, le miroir, naitrait du langage, de la cervelle, de la socialité, etc) mais aussi des philosophies ; Heidegger interroge la surface générale sur laquelle le miroir est déposé. L’être-le-là.

L’enquête est très rigoureuse et très serrée ; parce que visiblement le miroir est cette surface au-dedans du corps, de là qu’il y eut un corps christique, par exemple, pour nous en permettre la représentation, ou si l’on veut la re-présentation ; surface au-dedans du corps qui se connaissait par des images et s’est décidée soudainement de dresser la cartographie du miroir lui-même.

Le problème est complexe ; parce que même lorsqu’il se pensait selon l’image, le miroir ne pouvait certes pas ne pas se figurer (les pensées anciennes ou étrangères sont extrêmement intellectives) ; et se pensant selon le dressage du cadre, du schéma de son encadrement de miroir, il apparait que puisqu’il cherche à se voir dans le miroir, que par ailleurs et de fait il est (le miroir n’est pas « rien », il n’existe pas que des images en lévitation, ce serait une sorte d’idéalisme très présent dans l’objectivité et les sciences et les théories philosophiques du pire), ça ne va pas sans disruption bizarre dans le regard, la cervelle, le corps ; et qu’enfin il ne peut pas plus susciter des images sans s’y introduire, qu’il ne peut se représenter, via des images, sans se prendre pour/dans ces images ; et dans tous les cas de toute manière on ne perçoit jamais que des images, le miroir n’apparait pas dans le miroir.

(Même lorsque deux miroirs se font face ; il faut imaginer que les images s’enfilent les unes dans les autres à l’infini sans que les miroirs ne s’y reflètent ; le face à face de deux consciences est incompréhensible, fondamentalement, et donc introduit un troisième terme qui rend encore plus complexe le dialogue, pour ainsi dire, qui est une image, ce troisième terme, mais qui contiendrait le miroir, supposé)

Le miroir n’apparait pas dedans le miroir, mais pourtant il se sait ; voilà donc ouverte la dimension, que l’on puisse percevoir un réel (le miroir) sans le voir ; la « troisième » perception est celle que l’on ajoute ; que la philosophie ajoute quasi explicitement (elle le nomme « la pensée » ou dieu ou le sujet ou l’esprit ou la volonté qui sait qu’elle veut sans que nous sachions quoi, ou le sujet inconscient) ; ça ne se perçoit pas mais cela se « conçoit » et il faut entendre concevoir selon les diverses possibilités que l’idée, la pensée, le système, la volonté, l’intentionnalisation, l’Etre ou l’être reçurent ; et si l’on s’étonne qu’il y ait eu tant de représentants, de signifiants du miroir impossible, il faut se rappeler que le miroir est originel ; il est à la base, à la source, à la racine et que tout ce qui est se produit à partir de cette structure de base et que donc il se peut que le miroir soit « en lui-même » inépuisable, au sens aussi bien d’inépuisablement possible. Mais quand même tout a une fin, et il est de plus en plus temps, pour ainsi dire, de comprendre que c’est le miroir, invisible, qui perçoit.

Et l’on voit alors qu’il dépend de lui-même. Il dépend de lui-même de continuer à se rechercher en détournant les images afin que par les images, qui seules apparaissent, il puisse recomposer ou reconduire ou dessiner ou schématiser le contour du miroir-même qu’il est.

Il est très clair que si l’on se prend pour l’image, on ne voit pas que l’on est le miroir ou plutôt que le miroir est cet-être ; parce que ce serait encore le prendre pour ce qu’il n’est pas que de croire que ce miroir est « nous-mêmes » ; la vérité est que nous sommes les images dans le miroir, d’une part, et que d’autre part nous ne sommes que cela, et que pourtant et par ailleurs il existe un miroir et que donc on ne peut pas se prendre pour le miroir … (ce qui est très cru) mais qu’il faut utiliser les images de telle sorte que l’on puisse approcher de la structure du miroir et ceci sans oublier que néanmoins nous possédons de manière insigne, pour ainsi dire, l’intuition (selon une perception ou vision bizarre ou Autre) de l’existence du miroir, d’une surface ;

rien d’ésotérique en cela, du moins a priori (après on croit ce que l’on veut), parce qu’il est quand même logique d’admettre que le miroir se sait … si lui, qui s’utilise afin de refléter, ne saisissait pas instantanément qu’il est lui-même un miroir, il n’aurait aucune utilité et même aucune existence ; dès qu’il reflète quelque chose, il voit bien qu’il est un miroir ; on n’a pas précisé mais on suppose évidemment, que ça n’est pas vraiment un miroir … et que par refléter il faut entendre un mécanisme d’une autre nature que mécanique … c’est un se-savoir ; un se-savoir plus qu’inquiétant ; si l’on est l’image qui se pense ou se perçoit par contrecoup du miroir, celui-ci mène la danse. Pourquoi ?

Ce qu’il faut comprendre c’est que la réflexion, est réflexivité par le biais de l’horizon ; à savoir qu’en plus de refléter, le miroir reporte lui-même ses images vers l’horizon et que l’un en l’autre il se situe ; les images lui servent à se figurer sur l’horizon, cad là où il nous délimite ; et d’autre part il se situe sur le sol, le sol même qui existe ; qu’il est ce report et ce rapport. Que l’horizon sur, vers lequel il rapporte ses images et lui-même, est l’horizon du monde, soit donc le bord du monde ; de là que pensant ou imaginant ou décidant ou désirant c’est en ce monde, et non plus un monde humain particulier digne de sa propre synthèse, mais le monde-même, le donné, cad « ce dont on attend un résultat sonnant et trébuchant » et non plus une révélation absolue venue d’en haut ; et résultat qui se voit sur, par, pour le corps ; la psychanalyse à mille fois raison (même si en tant que théorie et aussi vraie soit-elle, elle croit occuper toute l’explication, ce qui est faux de toute théorie, excepté celle philosophique, qui justement de ferme pas le dimensionnel, ne conclut pas), ou plus précisément la psychanalyse n’est pas raison parce qu’elle est la psychanalyse, mais parce que la psychanalyse est survenue de par la proximité de l’arc de conscience, du miroir, de la surface interne d’avec le corps, et ceci puisque l’on inventé le moi, la personnalisation (comme poursuite réflexive de l’humanisation du 18éme et de la révolution).

La reconduction de l’image vers le miroir, d’il y a 2500 ans, c’est cela qu’elle a mis en marche ; que le résultat, constatable, soit l’horizon du monde, auquel renvoie le miroir ; et reconduction qui travaille et travaille, mille, cent mille fois, jusqu’à aboutir à la dite reconduction psychanalytique, ou le sujet sartrien ou la volonté nietzschéenne ; de mettre le doigt, la main sur le miroir, mais évidemment toujours le miroir existe-avant.

Le miroir se structure de l’horizon vers et dans le retour selon telles ou telles images, et donc parfois des images œuvrées afin de l’on puisse approcher de l’encadrement du miroir ; images entortillées et renouvellantes comme le christique ou retournantes comme les grecs, et fondamentalement de plus en plus intellectives (ce qui n’est pas intellectuelles seulement) ; par le troisième œil que le miroir puisse s’entre-apercevoir. Peu importe que le miroir naisse après tout le reste (le corps, la cervelle, le monde humain, le groupe, le langage, etc), puisqu’il occupe une position ontologique, autre, qui nait de par elle-même ; sitôt installé (dans une cervelle) le miroir voit l’horizon et se perçoit sur le sol-même. Il est entrainé par sa nature même, structurelle, et produit au-dedans de ce retour, l’humain et commence de restructurer la cervelle, le corps, la sociétalité, jusqu’à ce que prenant acte de sa spécificité il tente de ramener au devant ce qui jusqu’alors était constituant du constitué, des images (signes, langages, corps, etc) ; de toucher, d’approcher du constituant l’accélère … Le miroir qui se miroite lui-même, qui veut passer outre les images, les groupes, s’augmente structurellement et s’accélère comme constitutif.

C’est donc l’ensemble complet de la stratégie qui commence alors de se montrer ; qui traverse les images et les distord ; permettre qu’émerge la vision, du troisième œil, du miroir tel quel ; sauf qu’il ne parait pas, il existe ; et tout l’ensemble de la représentation depuis l’inversion du regard (qui autour de la méditerranée situe l’absolu, pour de vrai et de réel, ici même, ici et maintenant et non plus au-delà, et non plus dans l’entre soi du groupe mais par-dessus et en plus du groupe, hors de l’uni-regard communautaire), tout l’ensemble de la représentation fonctionne comme retours ayant pour finalité, structurelle, ontologique, de susciter dans les corps le soulèvement du miroir.

Le miroir et l’horizon n’ayant aucune représentation donnée dans quelque groupe que ce soit, doivent susciter leurs propres signifiants. De deux choses, l’une ; soit on admet la structure en miroir, soit on tente de la remplacer par un contenu, une image et l’on se prend pour telle ou telle représentation. Si on ne se prend pas pour une représentation, on se déplace ; on se déplace à la surface ; c’est ce qui arrive toujours pour tout arc de conscience, tout miroir, mais le savoir ajoute quelque dimension et c’est seulement ici que commence l’éducation structurelle.

Et la nécessité de revenir à toutes les trajectoires de sujets, qui furent jusqu’à ce moment. Raison pour laquelle il est une historicité.

Par ailleurs si le moi semble un piège abyssal (ayant lieu du corps), pour le miroir, il se révèle tout autant l’occasion, l’occurrence magistrale ; en somme, et pour figurer, si l’image était jadis gérée par la communauté et l’absolu au-delà comme point critique, chaque personnalisation est devenue (dans le cadre de l’Etat et dans l’acculturation qui sépare tout et tous) une micro élaboration de plus en plus précise d’image de ‘soi’ dont justement le soi est le miroir mais inversé, retourné, renouvelé. La question correspondante est ; comment imaginer un développement civilisationnel sans que chaque individué (ou une majorité suffisante) soit engagé en cette complexité ?

De toute évidence à la qualification des consciences on a préféré la quantité.

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La consumation, le présent

22 Mai 2016, 13:00pm

Publié par pascal doyelle

S’il est un présent c’est que tout avance. La réalité se dirige vers ses possibilités. Si ce qui devient était écrit quelque part, il serait déjà là ; comme il n’est pas déjà là, il ne sait pas ce qu’il va devenir et donc il est, forcément, plusieurs possibilités de devenir ; y compris de néfastes devenirs.

On ne peut par ailleurs constater que le constatable ; il se peut que ailleurs, quelque part en quelque temps, tout soit réalisé, mais on n’en obtient aucune trace compréhensible ni même imaginable (ça se borne à de vagues imaginations inutilisables) ; par contre il faut constater que ici et maintenant seul le présent existe.

Le problème est décisif ; si le présent existe, il est tout ce qui existe (qui soit constatable). Et même hors de cette constatation comme méthode, si le présent existe, l’exister existe ; ou donc, cela seul qui permet de définir « l’être » c’est l’exister ; il n’est rien en-deçà de l’exister, et rien au-delà (qui soit perceptible ou imaginable) ; l’exister est un fait et littéralement un fait absolu ; soit on existe soit on n’existe pas, mais si on existe c’est absolument existant.

Autrement dit il ne faut pas concevoir le présent comme ce qui conclut ou le résultat, mais comme la forge même de toutes les déterminations ; sans doute telles et telles causes produisent ceci ou cela, mais l’ensemble de tous les ceci ou cela est un seul présent, de même que le présent est la seule et unique constante de tout ce qui passe. Tout brûle sauf le feu, le feu est d’un autre ordre que ce qu’il consume.

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L’attention comme pied-de-biche

21 Mai 2016, 14:10pm

Publié par pascal doyelle

L’expérience occidentalisée (parce que le moyen orient est inclus dans cette trajectoire ontologique, et en ceci l’occidentalisation est en soi un mouvement structurel dit ontologique, qui arrache le réel à la réalité, selon une autre voie que jusqu’alors, notamment que l’orient lointain) l’expérience occidentalisée de la réalité donc cherche ainsi à définir là au-devant, au plus proche, au plus immédiat et même instantané, l’articulation qui s’instancie ici même, ici et maintenant.

Autrement dit lorsqu’on lit Kant ou Nietzsche ce que l’on expérimente c’est l’organisation interne du réel ; là où le réel accroche à notre présence et comment se connait cette articulation ; tout comme pour éprouver Mozart il faut écouter les concertos, de même pour éprouver le dénivellement de l’articulation il faut suivre les signes disposés par Kant ou Nietzsche qui avancent dans la structure du réel, telle que cette structure est objectivement réellement perçue et lue ou lue et perçue ; l’expérience en est recréée par chaque arc de conscience.

Comme il s’agit d’un mécanisme, de conscience, il fait l’objet d’une description forcément technique (mais les pensées d’orient ne l’étaient pas moins … c’est un fait) ; et met en œuvre toutes ses technologies ; la technologie philosophique ne l’est pas moins que la technologie christique ou scientifique ; mais comme la philosophie ou le christique ou le monothéisme ou le poétique et l’esthétique ne traitent pas du même objet que la science (et objet ou dimension que la science annule, retire du champ), il ne faut évidemment pas s’attendre à une validité fondée sur l’extériorité du donné ; or pourtant qui pourrait avancer, en quoi que ce soit, sinon par Aristote ou Descartes ou Rimbaud ou Céline (chacun ses héros, ses grands sujets, ses sujets impossibles) ?

La science comme technique, et moyens sans finalité dégagée, l’économisme comme idéologie basse du corps, l’étatisme comme gestion sans révolution et comme historicité gelée, la médiatisation comme images, retirent la dimension Autre hors du champ de l’attention ; puisque c’est de cela dont il est question ; de quoi doit-on fourbir l’attention ? À quoi doit-on porter le faisceau mental de reconduction ? À quoi et comment faut-il faire attention ? Par où orienter et désorienter la conscience que l’on prend ?

(mais il est clair que la logique de l’attention objectiviste et/ou objective usent et accroissent la potentialité de l’attention, sauf qu’elle ne remonte pas le long de cette attention, qu’elle refuse de reprendre les acquis de l’attention, acquis dits métaphysiques, la théologie cherchant à définir l’infini, jusque Descartes, et ontologiques, après Descartes, au sens où « ontologique » signifie ; qui a lieu ici même dans cet-être qui origine, cause la pensée et tout autant le savoir, philosophique, que la connaissance, la science, qui cause le droit et la morale autant que l’éthique individuée et l’esthétique et poétique, qui cause qu’il y ait un moi et une personnalisation et une mass et micro médiation humaine et individuée ; c’est objectivement que s’engendre les effets de l’arc structurel de l’attention, de chacun, activé et suractivé, de l’arc de conscience accéléré)

La structure de l’attention n’a pas seulement à comprendre le mécanisme, et tout ce qu’il engage et entame (de notre possibilité dans le réel et dans la réalité), mais aussi oriente vers ce sur quoi il faut appuyer, insister, prévenir, prévoir, préjuger ; autrement dit on peut lancer l’acte de conscience par-ci ou par-là, et l’activation de la conscience joue en une fois ce qui s’en suivra d’innombrables conséquences ; parce que l’attention est centrale, et qu’orienter ou désorienter en telle direction ou telle autre est crucial.

Or on a vu que toute dénomination, détermination de la structure la laisse retomber dans le monde, tandis que les configurations que furent la pensée, dieu-le christ, le sujet ou l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, etc) veulent maintenir le niveau d’extensivité ou d’intensité ou de densité à partir de la borne ultime de l’agissement ; vouloir, décider, imaginer, articuler mais à partir du plus loin ontologiquement possible.

L’ontos activé depuis la méditerranée est l’os localisé du réel en chaque arc de conscience ; il amène une surtension, et c’est d’une part de la technologie nécessaire, technologie mentale mais ensuite ayant d’innombrables effets successifs dits techniques ou inventifs autant que créatifs, la technologie nécessaire à paramétrer cette attention d’une part donc, mais aussi d’autre part de pourvoir en finalisation cette tension surnuméraire ; pensée, dieu-le christ, le sujet puis les pensées de l’altérité, mais tout autant l’objectivité et l’historicité (soit donc la métamorphose de l’humain par l’universel selon la révolution, le droit et la constitutionnalité des sociétés, la révolution continuée et multiplement continuée, le devenir de l’acculturation depuis 2500 ans).

Et il est bien évident, tout à fait clair, que l’on s’affronte à d’immenses machineries qui usent et abusent de notre capacité d’attention ; ce qui revient tout aussi bien à dire usent et abusent du corps, de l’instrumentalisation, de la production industrielle des corps et de leurs soumissions (soumission professionnelles, techniques, mass et micro médiatiques, mass et micro médiations) et ce jusqu’au centre du mécanisme fondamental ; l’activité de conscience prise ; et que cette activité ferait bien se récupérer son activisme radical, la source du réel. Qui usent et abusent de notre attention, et atteignent au plus infime iota d’arc de conscience, de même que l’informatisation s’impose comme canalisations-toutes-faites de l’attention, attentionalité figée, gelée, engrenée, embrayée, réquisitionnée, qui en usent et abusent et, employant toute l’énergie de conscience disponible, ces machineries empêchent la ré-articulation de conscience.

C’est l’arc de conscience, l’attentionalité que travaillent les machineries industrieuses (qu’elles produisent des objets ou des images, au sens fort de l’un et de l’autre, objets de désir et images de « soi »), et qui absorbent son énergie spécifique, très spécifique (l’arc de conscience n’est pas le conscient, n’est pas la cervelle ou l’intellect et il n’est pas non plus le corps, l’arc de conscience dispose d’une énergie probablement extrêmement singulière ; une sorte de nouvelle sorte d’énergia dans le donné-monde, appelant ses propres lois) et machineries qui la conforment en un pattern si l’on peut dire et lui rende impossible de tenir sa propre distance de conscience qui lui permettrait de se saisir de son acte structurel sur le réel ; qui rabattent l’arc de conscience vers le monde et non lui permettent de se distancier, de mener la distinction, dont on a vu qu’elle est au fondement du réel comme Autre ; la distinction du Un est la performance de l’altérité-même. Or pourtant dans le même temps et puisque l’on nous contraint, d’une réelle mise sous pression idéologique, technologique, médiatique, psychologique, pharmacologique, nous contraint au nez dans le guidon, travaillant, œuvrant à même la plus précise perception, dans le même temps donc chaque arc de conscience s’immisce dans la densité de la réalité, jusqu’aux atomes de perception, de récit, de relance de la réalité, et surtout de conscience historique du réel humain ; accumulant en somme la particularité (de tous ces vécus et perceptions et récits) jusqu’aux contreforts de l’histoire universelle, et qui devient réellement mondiale, par tous les bouts.

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Embrayage par-dessus l’humain

17 Mai 2016, 16:54pm

Publié par pascal doyelle

Contrairement aux proclamations d’échec et d’échouage de la pensée occidentale, de la philosophie, de la métaphysique, de tout ce que l’on voudra, il est indubitablement et radicalement une ontologique absolument et originellement réalisée depuis 25 siècles, si on restreint à la confluence grec/christique et monothéismes, et qui s’est développé, qui a investigué, creusé à même l’acte de conscience, exposé l’être-le-là et exhibé le dedans de la structure (cad le dedans sans dedans, qui a ainsi feuilleté le fil sans épaisseur du Bord du monde, qui est aussi le fil séparateur de chaque corps, d’une cervelle dont sort vers le réel, le « là », un arc de conscience, une tension séparatrice).

La pensée a rendu réelle et effective l’ampleur de son ambition et ce à la racine ; il faut quitter l’immédiateté de telle ou telle réaction (qui se fonde surtout par un agglomérat opéré qui colle la raison du 18éme à la pensée native) et prendre un tant soit peu une hauteur suffisante ; il s’avère que ce mouvement de réflexivité, de retour sur notre être, sur sa spécificité, et qui doit donc nous délivrer la vision exacte de notre situation, ce retour dévoile l’articulation vers le réel, vers le donné là, le monde, et le « là » du donné (qu’il y ait un réel, que « cela existe ») et cette articulation, analytiquement observée, d’abord explore toute l’amplitude de l’intentionnalisation qu’il est possible de soutenir vis-à-vis de ce qui est, l’être au devant et notre-être/dans l’être, et ensuite approfondit ce rapport à notre être tel qu’instancié à la surface du monde ; à partir de Descartes.

Descartes nous déplace sur le sol même ; le sol exactement donné là, l’étendue du monde, et commence d’approcher nous ayant suspendu au dessus du sol, mais aussi par-dessus notre propre exister, sa structure et que l’on commence d’interroger ; lorsque le regard se tourne vers l’activité actuelle de notre être, il le transforme en cet-être posé-là ; Kant, Hegel, et tout l’idéalisme allemand, et Husserl, mais puisque c’est cet-être, cette structure, il est clair qu’elle ne concerne pas seulement la compréhension universelle, dite métaphysique, dans un discours, un énoncé discursif, et ne concerne pas exclusivement la philosophie ; la découverte de la structure autour de la méditerranée a engendré quantité de possibilités ; l’esthétique, poétique, politique, éthique, l’acculturation et l’humanisation et la personnalisation déploient cette structure ; la philosophie faisant office d’atteindre au plus près de cette articulation opérante, de non pas être la réflexivité même qui se divertie en quantité d’effets, mais de réfléchir sur cet-être qui est en lui-même réflexivité, créant des logiques de comportements, des politiques des corps, des connaissances du donné, des œuvres et des décentrements constants ; ce par quoi cette structure se représente elle-même autant qu’elle le peut, et elle est la Possibilité même (il n’y en a pas d’autre). La philosophie opère la réflexion sur la réflexivité, cet activisme qui atteint toute l’humanisation.

Et donc le regard, que nous sommes, veut se voir ; et on saisit immédiatement la difficulté ; on va spontanément toujours présupposer quelque chose antérieurement à la vision ; mais toute présupposition est déjà elle-même prise dans la vision ; le regard est premier et le demeure ; c’est donc peu à peu et par reconduction de l’attention que l’on va supposer tout à fait autre chose et autrement ; non pas qu’il y ait une pensée antérieure à la pensée, mais qu’il y ait une structure ; et cette structure antérieure est désignée par Descartes pour la première fois, nette et nue (et déjà ré-institué par la pensée grecque et le christique, selon l’anfractuosité créée ; l’être est ce qui contient les mondes, le « là » qui contient les donnés, l’abstraction créant non plus les contenus mais les conditions des contenus et le christique annonçant que l’on surexiste, en quelque sorte, hors de la naissance et mort d’un vécu) . Et structure antérieure exposée d’une attention plus avancée encore par Kant, Hegel et Husserl, tout comme elle s’acharnera à non seulement se décrire mais aussi à se situer sur la place et le lieu du donné « là », de l’altérité nietzschéenne, heideggérienne, sartrienne et lacanienne. C’est un dépliement de la structure et son arc majoré par-dessus tout donné, étant l’augmentation du Bord du monde (et de l’arc de conscience dans un corps).

Que cela soit douloureux, voir horrible et dans tous les cas extrêmement incompréhensible, puisque nous en jugeons de ce mouvement d’arc en ciel non du miroir de l’image que nous croyons être ; non en nous acceptant comme cause de ces effets mais en tant que nous nous percevons en tant qu’effet sans comprendre comme nous sommes causés par cet-être, cet arc, cette structure ; qui est absolument autre.

Mais comme il s’agit de la structure-même (une articulation réelle et autre que la pensée ; ça n’est pas la pensée qui crée la conscience-structurelle, c’est la conscience-structurelle qui nait de la cervelle et de la cervelle-vers le réel, qui crée la pensée, le langage, etc), ça ne s’arrêtera pas à la progression philosophique de l’attention qui fait retour sur cet-être ; un arc de conscience s’ex-siste et il s’ex-siste par tout le corps, par le point d’un corps posé « là » sur la surface du monde et créant rien de moins que la nouvelle surface de l’Autre-corps ; et c’est pour cette articulation, par ce ressort que l’arc de conscience se réfléchit, en seconde manière, par la philosophie mais se pré-voit par ailleurs et originellement et pluriellement par l’esthétique, la poétique, l’éthique, la politique et l’idéel, et tout comme il s’invente comme humanisation (révolution) et comme personnalisation ; tout moi se crée, s’invente dans son arc de cercle en propre (dont la psychanalyse expose les tours et dé-tours et re-tours ; de cela la complexité de Lacan ; le miroir est in-situable de ce que l’on prend comme images ; ça n’est pas Lacan qui est incompréhensible, c’est le réel qui est incroyablement distordu de fait).

Autrement dit il est un être, spécifique ; qui se sort de tout monde particulier et ne fait plus confiance aux contenus ni aux groupes ni aux représentations et doit inventer constamment le vocabulaire, les signes, les images de sa propre expérimentation de l’existence débarrassée de tout recouvrement par un monde particulier ; ça n’est pas seulement la science ou la raison qui valent universellement, mais l’expérience de l’indépendance de chaque arc de conscience, en ses œuvres esthétiques ou politiques ou en sa réflexion, philosophique, sur cet arc ; la compréhension hyper objective de cet-être posé là introduisant dans le rapport qu’il est, ce rapport lui-même.

La reconduction (l’introduction du rapport de conscience dans son être spécifique, au lieu de son imposition dans le monde dans des contenus) est spécifiquement l’opération continuée par Kant ; on se moque du nouménal, mais on ne peut que recalculer postérieurement ce dont on est l’effet ; on ne remonte à la cause, cette structure de conscience, que de la renommer reconduite ; de même il revient à Hegel de penser l’étrange précédance ; la précédance tient en ceci ; ce qui est, est tiré du futur, de l’à-venir ; autrement dit l’être est attiré par ce qui n’est pas ; cela revient à dire que dans la réalité réalisée, il est une dimension virtuelle qui attire à elle ce qui n’est pas encore ; ou plus raisonnablement que la forme actuelle de ce qui est, est plus importante que la réalité donné, déjà réalisée ; la réalité se modifie par ce qu’elle attend.

L’ensemble des descriptions aboutissant à définir ou délimiter l’activité de cette structure en tant qu’elle s’auto-réalise, en tant qu’elle se rend réelle ; en tant que cessant d’être perçue extérieurement (via l’absolu au-delà, qui fait office de révélation, de regard pointé en externe sur nous, sur le monde) elle remonte, au prix de son effort ardu, de la reprise de son corps, de sa perception, du groupe humain, du langage, etc, elle remonte dans la structure et la forme qu’est son attention, soit donc l’attention étant la pointe qui oriente ou désoriente, introduit ou conclut indéfiniment sa Possibilité même ; et cette pointe est non remplaçable ; aucun discours, image, signe, langage, aucune causalité ou détermination, ne la représentent ; elle se re-signifie, par et dans la réflexivité, mais n’est signifiée par rien.

On saisit par là la difficulté de décrire (en réflexion et philosophiquement donc mais aussi via les possibilités réelles, de l’esthétique, politique, etc) ce retour qu’opère l’arc de conscience. Et comment prennent place les retournements grecs de la réalité à partir du réel, la suspension cartésienne et les avancées dans l’altérité ; il faut non seulement penser ces déplacements sur la surface du réel, mais les ressentir comme autre Corps ; ceci mesurant les extraordinaires cruautés du théâtre de ces sujets qui passent outre leur humanité et leur moi ; états que l’on interprétaient comme divins autrefois, y compris de la pensée grecque comme divine, super essentiels, la pensée seule nous permettant d’augmenter notre être, de le sortir de son état donné, et y compris de la conversion d’un corps dans l’autre, du christ. Et y compris de la difficulté incompréhensible d’être un moi, de se tenir au plus près du réel de la réalité d’un côté et contigu à l’arc de conscience de l’autre.

En somme Descartes a aperçu et toute la philosophie avec lui, que la perception de la structure ne relève ni du donné, du corps, ni de la pensée, ou de la raison, mais de ce que Kant nommera, par ex, l’aperception transcendantale ; isoler cette intuition c’est être saisi (et non pas se saisir comme l’entend la raison, la pensée ramenée à la raison, traitant le réel sous la formulation d’un objet) être saisi de l’intuition si spécifique de l’articulation, l’intuition structurelle (que Descartes perçoit, comme Kant, comme Hegel, que les grecs orchestraient dans et par la pensée, que les pensées de l’altérité nommeront la Volonté ou l’Etre, etc ; comment penser autrement ces étrangetés, sinon de l’Altérité même de ce qui existe ?) ; et ce qui se donne ou se laisse entendre par le poétique (etc) lorsqu’il entame l’ontologie pure de l’arc de conscience, ou lorsqu’il donne à voir le monde, le donné ou le vécu dans le faisceau, celui, entre autre, du renouvellement du corps, du retournement du monde, de la distance ontologique inscrite dans l’œuvre.

Il s’agit dans tous les cas, dans l’occidentalisation du monde (qui prend pied autour de la méditerranée, Moyen-Orient y compris), d’éprouver une autre sorte de réel, et d’y accrocher le corps entier, l’Autre Corps, de distinguer dans tout son feuilletage le fil qui découpe le monde, de percevoir à partir du Bord et du corps ; l’introduction d’un Corps spécifique par la pensée occidentalisée est fondamentale. Et le feuilletage du Bord de la réalité n’est pas déjà réalisé ; il ne peut dépendre de rien sinon de sa propre avancée ; puisque ce qu’il réalise n’existe que se détenant de l’arc de son exister, du présent qui n’est pas. C’est pour cela qu’il existe.

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Images et miroir, structure et contenus

14 Mai 2016, 09:03am

Publié par pascal doyelle

Remarquons ceci ; les religions ne sont pas irréprochables dans l’histoire mais au moins elles précisaient bien ; oh méfiez-vous, tout n’est pas désirable et il est un hiatus entre vous et le monde donné naturel, et un hiatus entre votre conscience et votre corps, et un hiatus entre l’idéologie du groupe, de tout groupe, toute mafia et la vraie volonté, la vraie intentionnalité. On n’a pas compris.

Certes par les religions notre présence au monde avait un sens mais un sens tout autre que celui de céder à n’importe quoi ; et c’est le sens d’être au monde selon l’humanisme et l’universel qui fut balayé par une autre sorte de « sensdelavie » ; c’est le monde du 18éme qui a lancé le principe ; la nature humaine est légitime dans ce monde çi et n’a de réglage que son propre désir et ses propres décisions ; insensiblement on est passé des limites universelles à l’absence de limites ; puisqu’il n’était rien qui soit suffisamment discernable dans la conscience de chacun qui puisse atteindre et entourer cette conscience, et pour qu’elle puisse se réguler, et au-delà du principe kantien de régulation, il fallait être saisi de l’altérité même de cette structure de conscience ; et non de considérer qu’elle puisse être nous-mêmes si naturellement et si spontanément et si de fait étant « nature humaine » pleinement exercée en quelque sens que ce soit.

Pour que le total-sens, la réalisation sans limitation devienne le principe même de l’humain, il fallait que s’incruste au-dedans le Fantasme ; le fantasme de réalisation impitoyable de « soi », d’un moi fantasmé, imaginé, d’un désir valant en et pour lui-même ; comme si, tout naturellement, le monde attendait ou admettait dans sa structure même d’être régenté par notre envie.

Si cette structure de conscience est notre conscience, elle se donne comme naturellement ou effectivement produite dans et par le monde, la nature, l’humanisation, la personne humaine ; elle fait sens et ce sens est ou serait attendu par la réalité. On a confondu ; qu’il soit tout à fait impératif que nous soyons nous-mêmes (et non plus une représentation abstraite, qu’elle soit relative aux religions ou à tel idéologie de tel groupe humain), et que nous puissions poursuivre le rêve artificiel de la réalisation de « soi ».

On a donc investi (en énergie, industries, mass médiatisations, imaginaires et récits, psychologisations diverses et à foison, etc) infiniment dans l’élaboration du rêve de « soi » ; l’appel fut énorme pour s’engouffrer dans la production de la personnalisation (serait-elle industriellement produite, produite en série, que ce soit par la mass médiatisation ou la micro médiatisation, hyper technologique). L’appel relayé partout et investissant chaque partition de la réalité humaine. Par quoi donc la personnalisation, qui suit et poursuit l’humanisation (installée dans l’histoire par la révolution, dont on s’aperçoit quand même qu’elle est l’unique, la seule et unique révolution, le marxisme faisant quasiment office de ruse de l’histoire et instaurant l’objectivité et l’universel occidentale, européen, partout sur la planète, objectivité et universalité marxiste qui se convertit, plus ou moins, assez aisément à un capitalisme ou un libéralisme, plus ou moins contraint et étatique),

La personnalisation donc qui devait poursuivre l’humanisation, que la révolution s’engage plus profondément dans et par la personne de chacun, la personnalisation a ouvert également un gouffre d’absorption totale ; une dévoration intégrale de la réalité, et comme elle est soutenue par le fantasme, la vision fantasmatique de la réalité, c’est le réel même que l’on ne perçoit absolument plus puisque dès le début on s’est extrait de ce réel.

Le faire-sens des religions se tenait sous conditions ; le faire-sens de l’humanisme et de la raison également ; et il s’agissait de conditions tout à fait dures et exigeantes ; qui ne correspondent plus à ce que ici et maintenant nous attendrions, mais il faut voir si en refusant ces conditions de religion et d’humanisme (soit donc la valeur de l’humanisation par rapport à l’égoïsme et l’égocentrisme), ça n’est pas justement le refus de limitations qui gêneraient simplement nos pures envies mal dégrossies et que par ce biais d’une révolte contre l’Etat ou Dieu ou ce que l’on voudra, on n’a pas tout bonnement sacrifié à l’autel de notre fantasme ; ce qui revient à ceci d’échanger l’exigence (certes incompréhensibles dorénavant) pour le dit fantasme en tant qu’exigence ; de sorte que le plus avantageux, la facilité, se révèle être encore plus tyrannique et en un autre sens encore plus troublant ; le fantasme, en ceci qu’il pénètre plus avant dans le psychique, pour ainsi dire, serait lui-même une plus grande concrétisation encore de la transformation humaine et donc cette fois, par le fantasme, de la transformation rendue individualisée.

Mais on voit bien en ce cas, que l’on glisse bien près du bord du gouffre ; la structure mentale tenait par l’expression d’une ampleur limitative ; par laquelle aucune réalité donnée dans le monde, dans le écu ou le corps ne pouvait prétendre à occuper tout le réel ; la pensée, dieu, l’humanisation, l’universel (de même que le dieu abstrait tout Un et Autre réduisait qu’il puisse être pris pour un dieu parmi d’autre ou que le divin lui-même puisse se disperser, parce que se dispersant le divin s’empruntait de telle ou telle partie du monde, tandis que par le Un le divin, le sacré est strictement délimité et comme on sait jaloux) ; de là que, basculant du côté du fantasme, on commence à nouveau à remplir le monde, le vécu et le corps de représentations faciles et d’idolâtries ; de même que le moi s’envahit de magies et de fantômes intérieurs, d’images de soi qui renvoient à d’autres images encore et que plus jamais il ne se saisisse comme étant le miroir lui-même.

Parce que quand bien même le miroir présenté dans les religions et les universalisations ne soit pas explicite, il gardait la structure de conscience dans sa tension réelle, tandis qu’incorporé dans la réalité il se confond ou voudrait se figer en image et comme ça n’est pas suffisant il va démultiplier tellement d’images qu’il perdra de plus en plus qu’il soit le miroir lui-même, serait-il insituable. L’’égoisme, l’égocentrisme, l’égologie teint précisément de son manque et non de son excès ; plus on désire, moins on existe.

Non pas plus on désire « moins on est » (ce soi-même, cette identité, ce corps, cette satisfaction) mais plus on désire moins on existe ; autrement dit dieu, la pensée, le sujet, l’humanisme (en fait dans son projet fondamental ; la révolution et on sait comme la révolution fut en soi, en elle même sur-désirable pour un nombre formidable d’êtres humains durant un siècle et plus), ne produisent pas un état tout fait mais bien qu’ils promettent, renvoient en plus et virtuellement un réel, un réel de réalisation, à venir, ou hors champ ou extraordinairement exigeant, et bien sûr c’est ici qu’il faut repérer les éthiques ontologiques ; les créateurs, les inventeurs, les découvreurs se sont produits eux-mêmes en des éthiques profondes et extrêmes, c’est un extrémisme qui suit et poursuit l’activisme qu’est la structure, grecque et chrétienne et cartésienne et révolutionnaire ; ce qui se crée ne se crée pas sans exigence, sans règles, sans délimitation de ce qui est la réalité et de ce qui est réel.

Ou donc l’exigence ou l’éthique (ontologique, non pas l’une quelconque morale, mais la forte ampleur de la tension vers le réel, vers la réalité, par le corps çi-devant ) sont immanquables ; ils s’imposent structurellement à toute conscience-de (sinon il n’y aurait pas de conscience-de) ; et lorsque le fantasme généralisé remplace le miroir par les images dans le miroir (oubliant celui-ci), le fantasme s’impose lui-même comme exigence ; ce qui est insupportable, invivable, rigoureusement inhumain.

En ceci que l’humain ne se définit pas seul, mais dans le contrepoint (de ce que l’on voudra ; dieu, la pensée, le sujet, la révolution et l’humanisme, la création, le grand sujet exigeant et impérieux, etc) ; ne se perçoit que dans le contrepoint du miroir qui seul peut approximativement orchestrer les images. Et par approximativement il faut comprendre ; virtuellement.

L’intention fermement destructrice du fantasme, du principe qui ordonne la réalisation de l’humain depuis la révolution unique, consiste bien à rendre réel tout le possible ; or le réel ne se rend pas comme réalités. Et on voit bien par là qu’en même temps était nécessaire que l’on puisse agir, décider, construire, produire un monde effectivement réel, et en même temps qu’il ne fallait surtout s’imaginer que ce monde produit soit la seule part du réel qui soit accessible … C’est par excès de définition en somme que nous nous épuisons et épuisons à produire un monde qui doit satisfaire l’insatiable structure qui se prend pour une image alors qu’elle est le miroir de n’importe quelle image, de toutes les images, de tous les objets, de tous les désirs, de tous les corps.

Le fantasme, ce principe qui veut doubler la réalité, exige de nous que nous soyons entièrement réalisés et que cela nous satisfasse ; ce qui est incompréhensible. Ça n’a pas le moindre « sens » structurel, bien que cela passe pour étant le sensmêmedelavie. Que le fantasme se veuille entièrement c’est non seulement ce qui est idéalement imaginé, mais ce qui est appliqué au corps même ; ce qui change tout ; parce que sur le corps on ne repère rien qui soit cette réalisation ; sinon des signes extérieurs, des agrégats, des faire-valoir, des facilités encore, des ressemblances et qui marquent cruellement ce corps-çi. On nous a volé notre corps, cad tout, mais nous sommes largement complices ; parce que si nous ne livrions pas notre corps aux autres, nous serions dans l’obligation de le délivrer de tout.

Et délivrer de tout, ne signifie pas comme le moi ou l’identité l’imagine, céder de nouveau en une facilité, mais s’entame de l’extrême exigence du miroir insituable ; les grands sujets (soit donc les sujets impossibles qui se voulurent et s’arrachèrent les tripes, des idéalistes allemands ou des poètes de sang et d’os) le surent et payèrent le prix. De même les mois qui gigotent dans leur corps insoutenable ; le malaise intérieur court sur la peau, sur la surface la plus extrême, la seule qui soit ; impossible à contenir.

La séparation, le fil de séparation du corps, est aussi le miroir, indépendamment de toutes les images, mais qui doit passer au travers de quelques images, quelques récits ; le fil de séparation est également le bord du monde, soit donc le présent ; ce que l’on nommait jadis l’éternité ; l’absence de temps ; soit le présent.

Ou donc ; ce que l’on conçoit, pense dans l’instant peut s’inscrire dans le temps ou dans le présent ; si c’est dans le présent il sort du temps. Ce que l’on appelle sortir du temps, vers le présent, est de même structure que le miroir ; insituable (étant ce par quoi tout le reste se situe) ; incompréhensible ; insaisissable (ce par quoi on saisit) ; on ne peut pas l’objectiver, mais ne pas l’objectiver c’est comme, tout pareillement, l’impossibilité de désigner dans le monde le dieu Un tout Autre ; ce par quoi le dieu Un tout Autre ramène tout le sacré, le divin à une formule distincte de toute réalité ; elle ne peut pas se figurer mais donc peut se configurer, très approximativement ; cad virtuellement.

On ne dit pas que l’on croit en dieu, la pensée (l’Idée des idées), le sujet impossible (directement lié à l’infini par la volonté), la révolution (universaliste), l’altérité nietzschéenne, heideggérienne (parfois bel et bien délirante), on dit que c’est la Même structure (à charge de quiconque de croire en telle ou telle manifestation, c’est une autre question).

En un sens la difficulté interne au miroir de préciser ce qu’il signifie en lui-même, équivaut à la foi ; à la conversion ; sauf que de cette structure interne il se trouve qu’elle est en son genre une évidence indiscutable ; sauf à attendre de la structure qu’elle se donne comme se prête tel ou tel objet ou s’aperçoit telle chose dans le monde ; ce qui est aussi un fantasme parce que les choses on ne les atteint pas ; elles se dissolvent, tout se dissout ; il n’existe que le seul présent constant.

On voit par là que l’on croit atteindre les choses, ou même désirer des objets ; tout cela se réalise effectivement mais suspendu dans le relatif ; la matérialité est du relatif ; ou si l’on veut elle est constituée intégralement de relations, de rapports, de déterminations qui se distinguent ; et la matérialité est relative parce que ce qui est n’est pas l’être, l’être est le résultat de l’exister et l’exister est une forme. La matérialité n’est pas relative par rapport à un absolu tangible (en quelque sens inimaginable) mais relative par rapport à un caractère formel.

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L’occidentalisation du corps

10 Mai 2016, 13:50pm

Publié par pascal doyelle

Une "conscience" n'est pas un contenu, ni le conscient, ni un sens quelconque, mais est la tension qui sort de la cervelle, de toute, de chaque cervelle, vers le réel donné « là » ; cet arc est une structure (ouverte et vide et formelle, quels que soient les contenus, l’identité, le sens qui s’utilisent comme signes et symptômes et représentations erronées mais fécondes) ; cette structurelle conscience est un rapport-à, soit à toutes les déterminations du monde, du vécu, du donné, soit à un-seul et même-réel ; la positon du réel tel que « là », au dehors. Un arc de conscience est positionné à partir du corps et se déplace selon la ligne qui sépare un corps en deux. Le corps, comme surface, fait office de rapport et, comme corps, se déplace dans le monde ; la finalité est d’obtenir un corps subtil qui sache manœuvrer, naviguer entre l’interne et l’externe, l’arc et le réel, en usant du dedans et du dehors ; c’est ce qu’invente l’occidentalisation.

Comme le dit rapport est rapport à (soi) (et que ce « soi » est le rapport lui-même), il est dit libre-pur-et- brut ; il dépend de lui qu’il réalise ou non sa structure ; évidemment la structure existe telle quelle, mais elle peut devenir (une chose est assignée à sa détermination, le rapport est non assigné à quelque détermination que ce soit, raison pour laquelle il les fait tous défiler au devant de lui et ajoutons-nous ; il les fait défiler en son corps même). Il existera et a existé d’innombrables races sidérales, qui se sont perdues. Peut-être quelques-unes seulement naissent, absolument parlant.

Etant rapport à (soi) et le soi étant innommable, il est libre pur et brut ; sa délicatesse doit se créer d’elle-même, se subtiliser, et donc parfaire son corps (et donc notamment abandonner la violence, la ligne de mort du monde, et admettre l’universel, cad la transformation de la violence physique en « violence intellective », celle qui ne cause pas de morts et qui s’exprime dans les combats de la pensée, de la représentation, de la subtilisation, modification du corps); or il est de l’invention vibratoire de l’occidentalisation de découvrir des possibilités de corps, inconnues et extrêmement douloureuses ; on peut considérer d’une certaine manière que l’on a poursuivi l’invention du corps (lâché hors de tout monde humain particulier, en lequel le corps est assuré par un groupe et son langage et de plus ajoutant une autre voie aux grandes mystiques du corps, hindouistes, bouddhistes). Il apparait alors que notre dernière invention civilisationnelle, le moi, la personnalisation (prenant la suite de l’humanisation) est de plein fouet le bord extrême de ce devenir structurel.

D’un autre point de vue, celui d’une logique de « complexité », on a tendu l’arc de conscience du plus loin qu’il nous était possible ; et tandis qu’auparavant la tension (toujours parfaitement égale à elle-même ; la structure de conscience est en soi parfaite et une) on ramenait disons un dixième du monde, du donné là, du corps et du présent, par l’occidentalisation la tension fut telle qu’elle a commencé d’assembler deux ou trois dixièmes de réalité ; ce qui implique une extensive et grecque concentration, une intensive et christique (et monothéiste) intention, une resserrée et étrange attention cartésienne suspendue par-dessus les pieds, et enfin une abyssale et inhumaine pensée de l’altérité possible (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, et d’autres en profusion, ces noms sont des signe sou plus exactement des marques sur le cheminement, sur l’avancée, et non le chemin lui-même ; des trajets donc sur la surface unilatérale du réel). Il s’agit de lancer aussi loin que possible dans le ré-enroulement, la remontée vers la structure, vers l’antériorité, et de ramener dans l’autre sens le monde au plus éloigné possible. Autrement dit on va agrandir la focale du regard structurel en même temps que de l’installer au plus immédiatement présent ici et maintenant ; étendre le réel sous nos pas.

C’est pour cela que l’on souffre. Le trajet est occidentalement la souffrance même ; du reste c’est ce que tentent de restreindre les hindouismes et les bouddhismes (opérant par là une autre sorte de résolution du Même problème effroyable). Et on souffre lors même que l’on n’éprouve aucune douleur véritable et les mois, ces dernières possibilités, souffrent plus encore, encore plus nus mais d’une douleur très-étrange. Et si elle était assignable, ce serait mieux, mais ça ne l’est pas. C’est autre chose qui secoue l’espace, ce qui excède entièrement tout ce qui se rencontre ou s’exprime dans un monde : ça n’appartient à rien, antérieur à tout quelque-chose. C’est une autre sorte de souffrance, non identifiable, qui nous surprend de sa nature même, inconnue, non assignable et qui ne peut pas être répertoriée dans le monde et encore moins sur le corps ; le corps, soit « tout ce que l’on est » est surpris et anéanti par la structure de conscience ; elle voudrait bien qu’il fasse Un, Un en tant que tout, mais il fait Un, évidemment, mais Un dépourvu de Tout. Soit donc livré à une pure forme sans rien ; et sans satisfaction d’aucune sorte sinon l’activité de sa nature structurelle ; ce que Nietzche pré-voit, c’est la Vision de Nietzsche, ce qu’il répertorie et catégorise, et bien sur en utilisant un stratagème ; que cette surimposition sur le corps soit une Altérité, que l’on ne sache pas ce qu’elle veut, qu’elle soit « volonté », autre que la volonté du conscient et que Nietzsche oppose à tous les épisodes conscients précédents ; son activisme, créateurs de mondes, de formes, de possibilités, d’ouvertures dans le monde et hors du monde, étant antérieurement à tous les mondes, toutes les personnalisations, la grande psychologie première. Mais inhumaine et sans satisfaction ; elle jouit de son activisme et rien que. Et jouissance insupportable ; il faut acquérir le corps qui avance sur le fil du réel pur.

La douleur structurelle c’est l’activation de cet arc de conscience qui n’a plus de contenu, plus de conscient, plus de corps, plus d’humanité même, plus rien à sa portée ; elle est proprement démesurée. Pareillement Descartes, mais plus lucidement et plus cruellement en un sens, suspend la jouissance ; puisque la jouissance ne peut être que remise à jamais, puisque nous sommes doués du sujet impossible, qui tire son existence de ce qu’il est précisément impossible ; Descartes révoque en doute toutes les possibilités qu’il soit satisfait de quoi que ce soit ; et n’arque sa volonté que de la dériver sur un autre plan. Sur l’autre plan unique de la surface de réalité ; ce qui veut dire sur et par le réel de la réalité.

En ceci la pensée, depuis les grecs et le christique mais aussi antérieurement et ailleurs, est toujours parfaite ; ce qui n’a rien d’étonnant, c’est juste suréminent ; ce qui pense à court-circuité le conscient mais non pas pour se rêver imaginairement, mais afin d’agir et de réagir selon le Corps rendu tout à fait autre à lui-même. L’autre ou la nouvelle surface du corps est aussi ce que nous dresse à saisir les esthétiques et les poétiques ; que ça s’incruste bien en dedans, en dedans non d’une âme éternelle mais en dedans de la peau, des organes des sens, des organes tout court. Le devenir de l’occidentalisation est matériel, absolument, sans retour, sans recours, sans secours.

On a vu que l’arc de conscience n’est pas le conscient ; pas même et surtout pas en fait pour Descartes il ne s’agit du conscient ; l’arc de conscience, activé, crée des quantités de conscients , de mois, de mondes et de systèmes ; il n’y tient pas ; il expérimente (c’est pour cela que la science, l’objectivisme ou le rationalisme du réalisme, sont secondement des effets d’une volonté plus antérieure et ample qui a déjà décidé que tout se passait ici et maintenant, ici même, dans l’expérimenté pur et dur). Et lorsque le moi parait, suite à la révolution unique qui a délivré les consciences dans leur seul-corps, le moi prend de pleine face l’absurdité et la déréliction de n’être pas ; il ne cessera de se plaindre parce que sa souffrance est incommensurable : elle n’a aucun point de repère dans la réalité ; l’arc de conscience ne se referme jamais sur un conscient, une identité, un corps ferme et acquis ; il est pure dispersion, tout aussi égal à la dispersion d’un univers surnuméraire, livré à l’exposition et l’unilatéral.

Les anciennes configurations ne fixaient pas l’arc de conscience ; la pensée, dieu-le christ, le sujet instaurent l’impossibilité et l’activisme (quoi qu’il en soit des épigones et des églises, des interprétations ou des retranscriptions « idéologiques » au sens non péjoratif, soit essentiellement le réalisme rationaliste, celui du donné limité au donné) et les pensées de l’altérité dans le monde plat et étal du réalisme-humanisme-universalisant, (soit la traduction de la configuration en figuration depuis le 18éme), relancent l’absurde, la sauvagerie ontologique mentale, l’altérité de la structure ; évidemment en succombant parfois à sa démesure, son excès, sa garantie de l’accès au structurel.

Si il y eut révolte interne dans le structurel même, c’est que toujours s’est manifestée une révolution native ; la structure est toujours Autre que la représentation puisque la finalité même de la pensée, de la réflexivité est le bouleversement du représenté par l’activisme, des contenus par la forme de conscience ; grecs, chrétiens et autres (y compris les prophètes), Descartes et Kant n’agissent, ne décident pas autrement que Nietzsche ou Heidegger ; l’occidentalisation ne tient pas aux contenus mais se maintient de la forme même de tout contenu ; non de tel ou tel système mais du système formel qui s’est élaboré un par un seul nom à la fois et d’autre part dans les corps même le long de toutes les acculturations depuis 2500 ans. On ne peut pas faire semblant d’exister ; ce qui s’aperçoit par la structure, le troisième œil, le regard interne (qui n’a pas de représentation mais étire l’attention hors champ du monde, du vécu) courre le long du corps ; de chaque corps.

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Cartographie du réel

7 Mai 2016, 08:21am

Publié par pascal doyelle

La philosophie ne fut jamais, jamais, sinon secondement (ce qui ne veut pas dire secondairement), une pensée objective ; elle fut, est, sera la mise en face de notre-être dans l’être ; que l’on définisse cet être dans l’être selon la pensée, le christique, le sujet, ou l’altérité, voir selon ce qui viendra.

Il est un être, au moins autant que l’on sache, qui peut exposer hors de « soi » tout ce qui est.

Evidemment en disant « hors de « soi » on ne sait plus de quel soi il s’agit ; puisque si il a un soi, ce soi est dans le donné et ou il ne peut pas objectiver ce qu’il est, ou il peut tout objectiver et lui-même n’est rien d’autre que cette opération, cette fonction de copier-coller, et du dit « soi » il ne reste rien ; version rationaliste objectiviste réaliste naturaliste, en gros, un regard absenté).

L’autre possibilité permet de constituer ce regard hors de tout champ (regard qui, bien qu’exclu, élabore, contradictoirement selon la logique plate, sa propre latitude) ; sans doute pourra-t-il désigner son corps, sa cervelle, son langage, son inconscient, tout ce que l’on voudra, mais la question demeure ; quel est le regard qui expose tout cela ?

On a pu entendre que la pensée pensait, que le christ sur-existerait, que le sujet était doté d’une structure, cartéseinne, kantienne, hégélienne, mais retorse, que l’altérité se voulait elle-même (comme volonté ou comme Etre heideggérien), occupant ainsi une sorte de réserve antérieure ou éternelle ou essentielle ou inaccessible (mais accessible quand même), et ce en prolégomènes à la réalité donnée là ; un réel antérieur à la réalité.

Il est clair que toutes ces configurations et figurations remplissent parfaitement leur rôle ; lancer une interface suffisante entre nous et nous-mêmes de telle sorte que le regard innommé puisse se déplier lui-même et conséquemment, puisque ce regard est ici et maintenant (on ne voit pas l’intérêt ou on ne voit plus l’intérêt qu’il soit un Regard par-dessus la montagne et qui nous visualise d’en-haut , puisque l’on n’accède pas à ce Regard, on n’en saisit pas tous les éléments, les compositions), et conséquemment donc que, se dépliant, il soit aussi la perception décuplée de la réalité, des réalités, des réels, voire du réel même. Le regard et son élaboration, le retour, la réflexivité, que l’on opère sur son être, crée l’interface surpuissante qui déplie ce regard situé en un Point externe qui expose toute réalité.

Il est ainsi un être, étrange, qui peut regarder, observer tout ce qui est à partir d’un point, d’un point de vue mais qui est un Point (ce n’est pas un point subjectif, puisque cet être existe réellement), et de telle sorte que lui-même entre peu en ligne de compte, et soit tellement retiré, en retrait, hors de, que tout le reste soit « là-devant ». D’où l’étonnement ou l’horreur d’exister (d’aimer le monde grec, de souffrir de tout christiquement, de jouir cartésiennement, de ferrailler selon l’altérité).

Ce point externe est dit « externe » parce qu’il n’a pas de lieu dans la réalité (si il se possédait d’un lieu il serait dit extérieur, de même sa constitution est dite interne et non pas intérieure), est le plus bizarre réel qui soit.La traduction de la pensée par la raison, le remplacement de ce qui fut la pensée par la raison, consiste à expliquer le donné par le donné ; ce qui est tout à fait légitime ; mais ce faisant est exclu du champ (de conscience) le regard même qui rend possible qu’il y ait pensée, bien sur, et raison, de plus. La raison fait comme si ce point était non existant ; il serait donc le simple rapport du donné vers lui-même (soit la réflexion et non la réflexivité qui est "que cet être s'en prend à lui-même dans son être même", Heidegger et Sartre ne pointent pas cela par hasard) ; on est doté d’une cervelle qui compute, mesure, définit, ce qui est vrai, et elle s’utilise à copier-coller le donné vers le donné, sauf que en seconde part le collé est su, connu, analysé ; il n’est pas en creux un point Autre mais seulement éventuellement une subjectivité (qui sera décomposable en éléments du donné, une psychologie, une neurologie, une pathologie, une dysfonctionnement peut-être) qui s’utilise seulement comme « support » de la raison et aussi jolie ou angoissée soit-elle, sa joliesse ou son angoisse ne signifient rien de transcendant du tout ; juste un mauvais réglage des compostions.

Le regard dans la raison, est en somme le regard de dieu, mais un dieu dépouillé, abstrait, absent, non assigné.

A l’inverse la philosophie s’attache, s’acharne et y réussit, contrairement à ce qui se ligue (même à l’intérieur de la philosophie, qui a pris le pli de se couler, lâchement, dans la raison, suffoquée par Kant, sans voir que Kant qui annule la métaphysique c’est pour instaurer l’ontologie, à la suite de Descartes, une ontologie dite transcendantale, superposée aux contenus, aux cadres divers de la raison, en plus de cette raison), la philosophie donc creuse le « lieu » en lequel ce regard non identifiable, existe.

Le « lieu » est à ce point étrange et autre que son investigation entraine, inclut, emporte, embarque la re-Création du donné lui-même ; lorsque les grecs pensent, de l’externe, le monde, ils engendrent une quantité fastueuse de différenciations au-dedans même de la perception, de la sensation, du langage, des notions, et inventent cette suréminence ; les « idées », soit donc les rapports nouveaux à la réalité et au réel ; nouveaux au point de devoir créer le vocabulaire qui permette de distinguer ce qui auparavant ne l’était pas et surtout les distinctions qui auparavant n’existaient pas ;

nous ne sommes pas dans la réflexion et la raison qui copie-colle le donné sur le donné (ce qui s’installe dans la répétition de la même structure, le sujet absenté, et non dans l’avancement de la structure, du regard lui-même, du point externe qui se plierait et replierait sur, pâr, vers lui-même afin d’épaissir le fil de séparation du réel vis-à-vis de la réalité et du réel pour le réel),

mais dans la réflexivité qui crée son trajet dans le monde et ce en empruntant le cheminement, le tour et re-tour du réel ; le regard, le point externe crée son trajet (qu’il doit donc décider, par les grecs, le christique, le Un de Plotin, le sujet cartésien qui sait bien qu’il avance d’un seul pas, volontairement, et que dire des pensées de l’altérité qui se jettent dans l’Autre donné « là »). On ne peut pas remplacer Rimbaud par quiconque, ou Nietzche ou Descartes ou le christique ; le fil de séparation de la réalité et du réel (au-dedans de la réalité et au-dedans du réel, c'est un fil interne au donné et pas seulement, de l’un par rapport à l’autre) est tiré de sa propre délicatesse distinctive ; c’est en ceci que l’occidentalisation de la réalité et du réel a produit une ontologie immédiatement en accès direct par chaque regard, chaque arc de conscience (qui est la division pure et brute et n’est aucune unification ou réunion ou réconciliation).

Et une ontologie accessible à chacun en telle sorte que ces distinctions soient atteintes non d’un savoir relégué, shamanique, spirituel, ou réservé à tel ou tel corpus (fut-il mathématique), mais ontologie accessible d’être constatable par tout un chacun (pour peu qu’il le veuille, ça ne se fait pas sans rien, il faut se convertir au regard-en-plus qui vous déracine, et déracine du groupe et du langage, comme Socrate ou le christ, c’est le même), et constatable et ayant effectivement opération d’actuelle expérimentation ; on voit, on sent, on admet, on longe par le corps les idées qui font-voir le donné et le là du donné ; parce que non seulement c’est le donné qui est vu à neuf mais aussi le « là » du donné (cad le « là » de tout et n’importe quel donné), qui est lui-même, en chef, perçu ; il est une perception, mentale ou intellective comme disent les grecs, ou existentielle ou sauvage ou de réflexivité cartésienne ou de rupture et rassemblement rimbaldien, du « là » qui est le « lieu » à partir duquel on perçoit en pensant ; étant entendu que « penser » signifie tenir à distance à partir d’un Point que l’on ignore, mais externe, tout ce qui est, au-devant ; du « là » comme lieu du regard externe, ayant ainsi déployé, déplié son fil.

La dimension c’est cela. La verticalité (du Bord, du regard externe) qui est insituable puisque celle à partir de laquelle tout le reste est situé ; comprenons que dire « c’est le lieu à partir duquel, etc » ne sert pas du tout à l‘identifier mais à le localiser ; et que pour le localiser il faut donc élaborer une cartographie, et cette cartographie est dite, ici, l’ontologie.

Restructurant la définition de l‘ontologie de l’être en tant qu’être, lorsque « être » s’entendait comme une idée ou comme l’Idée de idées, faisant l’objet, suréminent, d’une définition métaphysique ; le métaphysique c’est la tenue du « lieu » comme et dans une pensée, dont la pensée est censée rendre compte, la différence, la distanciaiton est localisée dans le penser, un système ; dans la perspective qui voudrait que le discours lui-même et seul nous offre l’être, discours tourne-variateur des intentionnalisations possibles comme point-externe qui ouvre le monde ; métaphysique s’emploie jusqu’à Descartes ; Descartes est déjà critique au sens kantien, y compris Spinoza et Leibniz malgré qu’ils en aient,(ça n’est plus la métaphysique mais une méta-métaphysique pour ainsi dire, ayant à intégrer-annuler le sujet ou l'étendue, cad l'altérité du monde), ce que solderont et creuseront Kant et les idéalistes et Hegel.

Inversement, et ici, la métaphysique est une partie de l’ontologie et l’ontologie est la description de tout ce qui est « là-devant » mais y compris la tenue de cet être spécifique lui-même qui veut décrire le « là-devant » … le regard se déporte hors du regard qu’il est, autrement dit par l’ontologie, cet-être, ce point externe qui est hors champ, se décrit lui-même, sous entendu ; compte tenu qu’il ne sait pas ce qu’il est, et qu’il ne peut pas user du monde, de telle partie du monde, du langage (et encore moins de signes imaginaires ou spirituels ou éthérés) pour se désigner ; il doit travailler sur un autre plan (celui de l’ontologie qui se crée au fur et à mesure) et imposer dans les signes et dans le langage et dans le monde et via son corps une Autre, une Nouvelle transcription de ce Point Autre, de ce qu’il perçoit. De ce qu’il perçoit à partir de ce Point Autre et de ce que de ce Point Autre il comprend.

Ce repli, dépli et pliage du Bord, du fil du réel, étrange, qui augmente le trajet de division, le Bord de la réalité en tant que réel hors-champ du monde, il en est absolument question philosophiquement et c’est ce que les grecs et le christique et le sujet cartésien kantien, hégélien, puis ce que les pensées de l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan) explicitent. C’est totalement net et clair (même si on ne sait pas « où » l’on est en pensant, dans et par la réflexivité, soit le retour ou re-tour sur « soi » et que l’on traduit ici, comme le tentèrent Heidegger ou Sartre, en dénommant que l’on ex-siste ; on sort-de mais ignorant de « où »). Pareillement les grand sujets du 19éme, ces arcs de conscience extrêmement brutaux, affrontant en pleine face que chacun est livré au donné là d’une part et que chacun se tient au plus près de l’arc du regard effroyable dénudé, s’en prenant au corps, au moi, à l’humanisation même, à l’universel étal et plat, glissent le long de la division, dans et par le regard insituable, tout comme chaque moi, dans sa structuration personnaliste, se tient en équilibriste sur la ligne du corps, de la pression et de la dépression.

C’est ce que l’on nomme d’une part le retournement, grec, et d’autre part le renouvellement, christique ; à chaque fois un Point Autre, absolument non compréhensible, qui se relance on ne sait de « où », et incompressible ; ce qui veut dire que si on l’ignore, il reviendra mais dangereux et défiguré ; ignoré (comme le moi qui croit qu’il est « moi »), absenté (comme la science et l’objectivisme et la raison remplaçant la pensée), ou annulé (comme les théories philosophiques qui font comme si l’architecture de 2500 ans s’annulait sous leur shamanique regard, réintroduisant du reste, par le côté, une « magie » que la philosophie a banni il y a 25 siècles), si on ignore cette dimension structurelle du regard externe, toujours et radicalement en plus, on déchoit, on succombe, on oublie ; plus de creusement interne ni externe, plus de Bord du monde ou de la réalité, plus de Possibilité pour chaque conscience ; de Possibilité structurelle, juste seulement et rien que des aménagements divers pour supporter l’angoisse et le désir. Plus aucune remontée dans la Cause et une attention exclusive aux effets ; impossibilité d’ontologie intellective, réflexive qui expose, clairement, le lieu du regard et l’étrangeté de tous ses/ces effets.

or cependant au sein de l'aplatissement de tout, il y eut tant de super sujets impossibles, qui s'animent à réintroduire dans la platitude, une ontologie encore plus réelle, précise, exacte (dûe à la proximité de l'arc du regard et du corps, nus, sans rien) et ayant à élaborer de furieux systèmes d'exactutude, dont la précision ne le cède en rien aux systèmes métaphysiques ou aux distances critiques ; l'arc de regard, externe, continue de s'élaborer en interne ; il ne peut pas ne pas être Autre. Et sa précision en est accrue de justement l'actualisation suréminente de son attention, arcboutée au corps, au donné, au temps, au regard des autres, et remodelant incessamment le langage, autant de signes explorant le donné "là".

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L’éthique extrémiste

4 Mai 2016, 12:23pm

Publié par pascal doyelle

La technologie occidentalisée du réel.

Le feuilletage du bord du monde, ce à quoi s’emploie la philosophie, mais tandis que par ailleurs les esthétiques, poétiques, éthiques, politiques, idéels, humanisations et personnalisations s’exécutent de la même ampleur, très certaine,

le feuilletage du bord du monde est l’opération qui permet de récupérer dans le centre du dedans (sans dedans), la qualité absolue du réel ; à savoir l’indéterminé, le règne de ce qui existe antérieurement ; antérieurement au monde et n’obéissant à aucune des catégories du monde, définitions, essences, et antérieur courant par-dessous tous les discours, représentations, images, et même sur le côté du fantasme corporel ; bien que pour le fantasme natif, il faut bien en prendre la mesure, très étrange, psychanalytiquement, lacanien dispositif, qui a élaboré, étrangement et tout à fait retors, le corps de chacun.

Antérieurement à ce qui est, le règne n’est pas autre que le possible et le possible se tient de la Possibilité même ; autrement dit le règne est non pas un état mais une exigence ; au principe de tout début il y a l’exigence et non un repos. Ou si l’on veut le repos est l’acceptation de l’exigence ; très nietzschéenne. Ça n’est en aucun cas une facilité, et si c’est un danger absolu c’est que contrairement au réalisme de la raison raisonnante ou de la naturalité, ça va vous changer. Vous ne serez plus le même moi, et vous ne serez plus même un moi.

La philosophie a donc élaboré, pensé le décalage ; le décalage entre nous et nous-mêmes. Cependant ce n’est plus le même « nous » avant et après. C’est la distinction que propose Descartes lorsqu’il amène son sujet, son sujet impossible ; qui transforme notre être (que l’on croyait identifier à quelques qualités, l’intellect, la raison, la pensée de dieu, qui constituait son essence, puisqu’alors on pensait en termes d'essences et de systèmes d'idées notionnelles) notre être donc en cet-être, posé « là » sur l’étendue du monde, et pour cela il expose à nos yeux effarés que le monde soit une étendue ; cela veut dire que l’être est tout-là-devant, et que « cela » que nous sommes, cet-être, est en-plus, est tout à fait Autre (de même que l'étendue parait un au-devant radicalement étrange) ; Descartes ramène sur le devant de la scène ce qui inaugure absolument la pensée, depuis le début, que le réel précède la réalité, ou que la pensée s’origine dans une structure (qui n’est pas de la pensée ; il oriente le regard vers la « volonté » ou si l’on veut "le dispositif des dispositifs").

Les grecs affrontaient largement la précédance de l’être sur le monde ; l’être comme conditions préalables à l’existence de toutes ces choses et ces êtres ; tout système grec est prodigieusement dynamique, et il faut oublier les caricatures rationalistes (lorsque l’on remplace la pensée par la raison, au 18éme) ; la difficulté est devenue plus incompréhensible encore puisqu’il n’est plus même la Pensée qui permette de situer les réalités, mais à mesure que l’on avance dans la structure, et celle-ci étant vide de toute détermination, c’est de plus loin et de zéro, de rien (Heidegger, pour qui le rien est l’Etre, il n’entend pas le néant comme un « rien du tout » mais comme la pré/disposition), du néant en plusieurs acceptions donc, de la limite (lacanienne), d’une figuration même (la « volonté », l’énergie, le vitalisme, etc), que l’on tente d’admettre en soi-même la réalité du monde, des choses, des êtres, des corps, de ce corps ; on a calculé selon, mentalement, le monde, grec, et puis recalculé d’encore plus avant (le christique est un tel re-calcul antérieur, vous recalculez votre naissance-mort d’un Point de vue Autre) ; on a retiré hors de tout le sujet cartésien impossible ; on a reculé en dedans, on s’est retiré bien en deçà du monde. Explorant le réel antérieur aux réalités.

Et ceci parce que l’on se tient sur le Bord ; dans l’antérieur ; et que antérieurement à l’antériorité, au Bord, il n’y a rien du tout et que donc le Bord ne peut pas être pensé (par un signifiant qui n’accroche plus à quoi que ce soit, kantiennement et le nouménal) sauf dans son caractère formel. Le contenu de cette forme n’est pas un contenu, mais le dépliement de la forme même.

Et donc ne peut pas être pensé ; non par défaut, mais parce que c’est de là que l’on pense, observe, perçoit, imagine, décide, intentionnalise, et pour cela on ex-siste. Et c’est l’ex-sister sur le Bord que la philosophie surgit d’une part et élabore d’autre part (ce qui est formel existe et donc peut se décrire, et étant formel il peut devenir, se feuilleter, se dérouler, se déplier, en se créant).

On peut croire que dieu existe, que l’éternité ou l’infini ou le supra-au-delà, ou ce que l’on voudra ; c’est juste que ici et maintenant on ne constate que ce que l’on constate et on constate que le présent seul est réel ; il n’existe que le présent et que l’on y existe ; le Bord du monde, de la réalité est ainsi le présent, et notre structure de conscience arcboutée sur, dans, par le présent. Ce qui n’a rien d’étonnant après tout, puisque sur quoi l’attacherait l’arc de conscience sinon sur le seul réel ? C'est dans le pliement de ce présent que l'on reconstruit, passé, avenir, distances, représentations, etc. Et du reste sur quoi s’appuierait toute réalité sinon sur le seul Exister ?

Ainsi on croit, en pensant à « soi », que l’on pense à quelqu’un ; une identité qui nous attendrait dans le creuset de la forme, conscience-identité-conscience ; en quoi « conscience » serait comme une fonction d’un sens ou d’une essence ou d’une personnalité. Si l’on suit bien, on dira à l’inverse que « moi », identité, personnalité, sens, pensée, conscient, sont des effets ; et que bizarrement ça ne signifie pas que conscience soit une sorte de fonction et encore moins l’universelle conscience vague, une « conscience universelle », dont on ne voit pas du tout ce que cela comporte ; ça implique que « conscience » est un point rigoureusement un et vide, soit donc une forme sans rien, ou si l’on préfère un corps (qui fait-retour). Et que loin d’être indistincte, d’être réduit à l’acte fonctionnel à toute pensée, représentation, signe, sens (transcendantal kantien, la représentation qui accompagne toutes mes représentations, etc), le point de conscience est radicalement Un, Un comme structurel et articulé, comme forme ; articulé au réel, au présent, en une fois, sans rien, sans contenu, et son individué est, puisque sans raison, sans composition, sans détermination, encore plus étrange et incompréhensible et inadéquat à tout.

Si le point de conscience était composé, il subirait cette composition. Etant non composé, formel, arc surgissant de la cervelle vers le réel, il n’appartient à rien, à personne, antérieur absolument. On appartient donc en tant que « moi », à un arc absolument d’altérité, Autre que tout, sans détermination ; lorsque l’on dit « je suis un-tel », on voit bien qui est un-tel, mais on ne sait pas du tout qui est le « je ». C’est là très exactement existant.

C’est cette élaboration qui a constitué l’occidentalisation du monde ; comment gouverner, comment orienter et désorienter l’acte de conscience, l’activité de cet-être, de cette structure ; ce qui peut entrainer fort loin de toute morale et de toute humanisation ; l’éthique ontologique est le maniement que la structure de conscience peut obtenir d’elle-même ; comment activer de prendre conscience en plus ; que l'on puisse jouer de ce dont on est l'effet, remonter le long de l'attention possible et de ce qu'elle déclenche ; et pour cela elle est la source de diverses technologies mentales (de même que l’hindouisme, bouddhisme, jainisme cherchait une technique de conscience qui rende présent l’absolu au-delà) ; actualiser la structure est la finalité médiane de la philosophie ; penser, architecturer les idées (soit donc des rapports au donné là et au « là » du donné), exploser la conscience de « soi » par le christique, suspendre l’attention cartésienne et kantienne, et son instanciation, y compris nietzschéenne et d’autre part heideggérienne (qui tente de montrer le « lieu » de cet-être de structure) ; tout cela explore le feuilletage du Bord et comme c’est du Bord du même-monde, du même-corps dont il s’agit, il faut user du décalage que l’on est en vue du décalage que l’on peut ex-sister.

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