Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
instants philosophie

L’absence du bonheur

29 Octobre 2016, 14:57pm

Publié par pascal doyelle

Il est apparent que l’on n’y survivra pas, sauf si il nous vient, on ne sait pas comment, de réguler tout autrement notre vie, et pour cela il faudrait cesser de fixer notre être, notre idéal, notre désir vissé jusqu’ici à la satisfaction du corps. On s’ennuie tellement ou on ne sait tellement pas quoi faire de l’énergie en surplus, qu’elle cherche à se satisfaire de n’importe quel appétit. Non de n’importe quel objet, mais de n’importe quelle motivation.

A supposer que l’on parvienne à réordonner notre désir, il serait peut-être possible de réduire le raz de marée, catastrophique et la dévastation qui nous attendent, mais pour réduire ce désir il faudrait à ce point restructurer la conscience, l’attention, l’intentionnalisation que l’on porte aux choses, aux réalités, aux objets, aux images, que pour réinstaller une autre conscience cela réclamerait une hyper pensée et une médiation, un moyen terme, une péri-justification telle qu’elle devrait s’installer entre la conscience et elle-même, entre son intentionnalité et l’image qu’elle se donne ; or cette image est « ce par quoi l’intentionnalité se perçoit » ; l’image colle au regard, est le regard lui-même qui n’obtient plus aucune distance, aucune spatialité, aucune temporalité, entre lui et lui-même (en ce sens il est fou, cad fantasmatique, et ce fantasme est le gouffre qui absorbe tout ce qu’il approche) ; il n’est pas, il n’est plus d’intermédiaire entre l’acte de conscience et le contenu de conscience ; la conscience est le conscient, le conscient est le moi, le moi est le corps et l’économisme son idéologie, et les sciences et technologies et sa productivité décuplée fois dix mille,  les satellites. Non distincte elle ne peut donc pas biaiser et jouer contre elle-même ; il n’y a rien d’autre pour ajuster la conscience dans ce moi, que le moi lui-même, qui en étouffe. Tout ce qui convainc ou présuppose que le moi est la réalité, et qu’il est naturel, rend impossible que le faisceau de conscience puisse diverger de lui-même. Le contenu est venu écraser l'arc, l'acte de conscience structurelle.

Or la conscience comme structure valant en soi, purement formelle, n’est pas le conscient ; le sujet n’est pas le moi ; le corps n’est pas ce donné empirique naturaliste, serait-il corps-langage ou vécu psychologisé. Tout ce qui est con-fondu, est en fait distinct.

Les anciennes configurations prédéfinissaient notre être comme pensée ou comme christique ou comme sujet ou comme humanisme ; mais réalisant l’humanisme dans le monde, par l’historicité de la révolution, ce qui s’est installé ce ne fut pas le partage de la même-raison, mais au contraire que chacun soit sa propre raison ; et comme la « raison » n’existe pas, ce fut que chacun soit son propre centre et perdant l’acquisition même d’une supposée raison commune, d’une universalité ou d’un homme ou d’une humanité générique (comme fut le communisme par ex, pensant être en mesure d’oublier que chacun devenait centre de sa vie, et ramenant toute conscience à une universalité), perdant l’acquisition de la raison, le centre ne fut pas en mesure de se reposer sur l’universel ; l’universel devint moyen pour une décentralisation généralisée par tout et par tous, cad par chacun, moyen qui permit de décupler, forcer le principe « ce par quoi chaque conscience centrée s’auto-organisait ».

Ce faisant ce qui surgit dans l’historicité, ça n’est pas la subjectivité, mais le gouffre sans fond de la Possibilité ; la structure antérieure à la pensée, au corps, au langage, à l’humain, au relationnel, bref antérieure à tout ; puisque l’arc de conscience n’est pas ce qui existe avant tout cela, mais est l’arc qui suppose un point « là-au-devant », lequel, en retour, réinstalle le corps, la pensée, le langage, l’humain et tous les mondes ; l’arc de conscience n’est pas une substance préalable, il est une structure qui vient-en-plus et relance, et fait re-tour ; et le tour qu’il installe en plus remodèle l’ensemble du donné. Comme cet arc n’est pas lui-même déterminé (ça n’est pas le langage, ou le corps lui-même, ou la pensée ou l’esprit ou ce que l’on voudra), il n’a aucune représentation dans le monde, le vécu, le relationnel ; la structure qui vient au jour, qui affleure par la révolution unique absolue (cad formelle) du 18éme (et qui se généralisera sur toute la planète, de fait, et l’économisme et la techno-science et l’acculturation micro et mass médiatique, et la méga culture pop rock, etc), n’a aucune détermination appréhendable ; elle va donc tenter de s’inscrire dans le monde, raison pour laquelle elle se décide pour la réalité ; le naturalisme et le désir (ou le besoin, version communiste). Autant dire qu’aucun désir ne se satisfera de quelque partie du monde que ce soit ; le désir est seulement un symptôme (et les mois deviendront peu à peu fous). Aucune des parties du monde, des choses, des objets, des autres y compris n’ont de rapport, de rapport à la structure.

Privée donc de la raison, de l’universel, et surtout dépositaire de « cela même qui est antérieur » à toute pensée (comme à toute réalité en fait), centré de et par cet arc de conscience, mais tel qu’il ne se sait pas comme structure, et qui tombe dans l’image, le fantasme, le naturalisme, le donné là et l’immédiateté, qui substitue à son arc d’exister le désir d’être, constitutif du fantasme même, en ceci que le fantasme matérialise par l’imagination ce qui n’a aucune réalité et ne peut pas se vivre ; on rêve, s’image de ressentir la satisfaction (qui, une fois acquise, s’étiole) ; ce qui ne peut pas se vivre, peut uniquement s’imaginer être vécu ; de cela donc que l’on imagine que l’autre soit bien plus heureux que nous-mêmes, et ce qui équivaut à exhiber la publicité de ce bonheur supposé, supposable et uniquement supposable. Le bonheur ou la satisfaction ou la réalisation (ou réussite de soi, qui pèse intrinsèquement en tout moi, et de quoi il se détruit (assigné qu’il est à devoir être « lui-même », ce qui est impossible) sont rêvés ; mais l’insatisfaction, elle, qui est native et indubitable, est pensée, est la pensée même ; l’insatisfaction peut uniquement se penser au sens de se réfléchir ;  et consiste à détourner, dérouter l’intentionnalité.

Le fantasme, qui nourrit tous les mois, est le contenu de conscience qui se prend pour la conscience, parce que celle-ci, lorsqu’elle est tenue telle quelle, est une forme vide dont le vide doit être théorisé et ne peut paraitre que dans une théorie, cad une vision.

Ce qui repose sur cette idée, ce principe, qu’il existe une pensée non déterminée. Dont la substance, la moelle, est formelle (n’est pas une substance, une essence, une détermination, en quelque sens que ce soit). Mais l’idée de l’être, celle de dieu, celle du sujet, celle de l’altérité (et dans sa parution, présentation antérieure à la représentation, qui vient heurter notre intentionnalisation, épurée de l’existence jusqu’à la nausée sartrienne ; la chose « existe » ; ou dans sa complication lacanienne du réel) l’être, dieu, le christique, le sujet ou l’altérité ou enfin l’analyse structurelle de Sartre et Lacan, sont des visions, des structures qui apparaissent au regard de l’arc de conscience et dont seul il prend la dimension (rien d’autre ne peut saisir de quoi il s’agit, « là » donné au-devant, et « là » comme cette-structure qui nous pousse, Sartre dévoile l’externe Lacan dévoile l’interne organisation de la structure).

De là que l’on passe à côté de la philosophie si l’on ne perçoit pas, du troisième œil étrange, comme est étrange le réel, l’être, le christique et son corps, le sujet et l’altérité. Si l’on ne comprend pas ce mouvement, ce déplacement,  on ne se déplace pas, ne meut pas son moi hors de ses gonds ; on continue de croire que devant les yeux du moi (inamovible) défilent des choses, des objets, des signes, des identités, et on interprète le « sujet » comme on imagine son moi ; comme un immeuble. Alors que si l’on admet en soi le déplacement de conscience, on obtient le décentrement ontologique, le décalage, le décalage sur lequel sont fondés, articulés tous les autres décalages (le désir par ex), mais qui oublient, ces décalages seconds, ce décentrement et l’écrasent par et dans sa propre production ; par le contenu de conscience la structure est annulée, ignorée, absentée (respectivement annulée par les théories, les idéologies, puis ignorée par les mois eux-mêmes, et enfin absentée par l’objectivisme et la science). Le contenu de conscience vient manger la structure de conscience et la jette dans l’abomination ; elle étouffe et se perd dans la réalité fantasmatique.

Entre autres, critiquer la philosophie parce qu’elle ne présente nulle part un « moi qui soit consistant » est une absurdité ; la philosophie ne présente pas du tout de « moi » et le sujet n’est en rien un « moi » ; croire déniaiser la philosophie, de ce qu’elle ne cible pas du tout, est inutile. Ou comprendre que le sujet serait une sorte de version bâtarde de l’universel, c’est outre ne rien comprendre du tout, rendre tout incompréhensible, et c’est ne pas voir que justement la philosophie a, depuis Descartes, pensé théoriquement le dit sujet comme structure, antérieur et hors champ de l’universel, vers une plus impérative cohérence (de là que la vérité n’est pas sortie du réel, comme une réserve on ne sait où, mais que la vérité relance le réel, l’antériorité ontologique) ; en gros Kant ne démolit pas le « sujet » il le continue comme structure (sur la racine cartésienne, lequel n’imagine pas un « sujet », ou ni ne propose une « idée », mais décrit un être effectivement réel, formel mais réel), et Kant continue le sujet en réinstallant sur le transcendantalisme, en compétant la structure radicale cartésienne, en amplifiant sa description.

La philosophie a depuis trois siècles délimité strictement, dessiné, découpé la structure du sujet formel ; un sujet ne peut être, cad exister, que formellement ; si le sujet était « plein » il ne serait pas sujet, c’est uniquement un fantasme, une caricature de ceux qui veulent l’abolir, et c’est uniquement le percevoir de l’extérieur, cad l’imaginer caricaturalement, que de le travestir en « substance » ; du dedans de la philosophie il n’est aucune substance de quoi que ce soit mais exclusivement le déplacement de la pensée, ou donc de l’attention ; ce qui est fondamentalement le fait de l’être, de dieu, du christique, du sujet et de l’altérité. La pensée, dieu, le christique, le sujet, l’altérité et l’analytique de conscience (Sartre-Lacan) introduisent seuls l’altérité pure et surtout brute, brutale, l'exigence abondante ; le reste ce sont des adaptations, des plagiats, des renonciations, des recouvrements de la structure par telle ou telle partie du monde.

Ces configurations là (pensée, dieu, sujet, altérité) marquent extensivement et intensivement l’outrepassement invraisemblable, au regard de quoi les reconductions naturalistes (de la science ou de l’idéologie de la science, de la politique libérale ou communiste ou de leurs idéologies, de la psychologie du moi ou de sa fantasmatique, etc) sont de très limités circonflexes qui tombent à plat, retombent dans le monde, le donné, l’immédiateté et pour le moi retombent dans le corps, psychiquement démoli… et donc se révèlent incapables de maitriser l’arc qui requiert pour se relancer lui-même non pas une de ces figurations (mondaines) mais de larges et impératives configurations structurelles.

C’est d’autant plus absurde (de se limiter aux figurations) que l’on a élaboré quantité de relève du soulèvement pur et brut formel ; non seulement en philosophie mais aussi en ces éthiques, et ces éthiques esthétiques (ce n’est un secret pour personne que les créateurs de tout ordre menèrent non seulement telle ou telle esthétique mais que ces esthétiques se désignèrent, se signèrent elles-mêmes comme éthiques ontologiques, comme magies et révélations, voyantes et surnaturelles, au sens propre ; nous ne sommes pas de ce monde, mais du Bord du monde). Il ne manque pas de promesses tenues et largement tenues, si difficilement assumées ou ironiquement exhibées furent-elles, sauf que la perspective naturaliste laisse passer tout cela comme imaginaires ou psychotiques, et comme subjectivismes ; le traitement « psychologiste » des esthétiques par le libéralisme est bien plus subtil et passionnant mais institutionnellement aussi délirant que fut le traitement communiste des « individualismes petit-bourgeois », c’est du même principe réducteur, du même naturalisme, et c’est encore ne rien comprendre que d’interpréter l’esthétique ou l’éthique sous l’interprétation universaliste badiouesque ; l’esthétique et l’éthique ontologique sont hors champ de l’universel, parce qu’ils creusent bien plus avancées dans l’épaisseur du fil, individué, du réel ; le dépassement de l’universel n’est pas un « moins » mais un en-plus de cohérence. Il s’agit donc de récupérer tout ce que l’on nous a volé, tout ce que l’on a interprété comme négatif et désespoirs et décadences, et mésinterprété selon des catégories naturalistes, utilitaristes, scientistes, idéologiques, alors qu’il s’agissait d’avancées fulgurantes et décisives ; manifestant toute l’ontologie de l’insatisfaction pure et brute, comme fondation du réel même.   

Si on oublie le décalage ontologique (il n’en est qu’un seul puisqu’il n’est qu’une seule sorte d’arc de conscience et un seul réel présent exister), et qu’on le remplit des productions, représentations, imaginations que ce décalage seul permet, on prend le résultat, donné là, pour le processus, lequel est « non donné là », puisqu’il est le « là » tel quel et qui réclame une pensée adéquate ; celle qui existe depuis Descartes et à al suite hyper ontologique des grecs et du christique ; c’est l’interprétation naturaliste à partir du 18éme qui impose un monde donné là, et un principe « le donné explique le donné » qui rend tout incompréhensible ; notre être est décalé en tout donné, et décalé il n’est pas, mais existe (et non seulement mais on tient ici le pari que l’être lui-même est non-un, et que le non-un est l’exister tel quel, ou donc que le Un, absolu, radical, est formel et étrange de A à Z, du début à la fin, des pieds à la tête et que ce Un formel est le présent ; tout est en articulation instantanée) ; la structure de conscience n’est en rien le conscient (ce que montrent à l’envie Sartre et Lacan, pour ne citer qu’eux). La pensée, la réflexivité (la structure d’attention spécifique qui remonte dans l’arc, qui fait retour et re-tour en même temps, qui découvre et invente à la fois, qui re-vient dans l’antérieur présent) ne trouve pas un « sujet », super moi imaginé, mais une architecture (et archi-texture du corps) qui est décrite de Descartes à Lacan en passant par Kant, Hegel, Husserl, sur-expérimentée par Nietzsche et Heidegger dans l’altérité brutale, et décortiquée par Sartre et Lacan. Prendre toutes ces descriptions-élaborations pour des « antiphilsophies » c’est ne pas voir que par ceux-là on perçoit, ressent, éprouve notre être au présent instantané, dans l’altérité brutale.

Voir les commentaires

Le réel est plus grand que lui-même

26 Octobre 2016, 12:37pm

Publié par pascal doyelle

La vérité est le réel

Il n’y a pas de vérité autre que le réel ; il n’y a pas une réserve qui existerait hors du réel, et donc le réel est ce qui se crée comme réel ; la vérité (l’énonciation) est un roulement du mécanisme absolu qu’est le réel. La philosophie est l’instruction lancée dans l’arc de conscience qui ré-instancie sans cesse que le réel devienne, et le réel devient, puisqu’il est le présent. Non pas seulement le présent pour l’arc de conscience, mais le présent pour toute réalité, quelle qu’elle soit. Toute la réalité et tout arc de conscience est au Bord, dans la bascule ; de ce point de vue ce qui sera dépend absolument de ce qui se crée le long de l’axe « ici et maintenant ».  

Lorsque l’on demande quel critère pour la vérité, il faut bien voir que la vérité est le réel, et que le réel est en cours et que l’on est déjà pris dans le réel, qu’il n’y a qu’un seul réel, et que la pensée, qui veut et va définir le vrai, sera utilisée elle-même dans les plis et replis du réel, du même réel.

Autrement dit le réel n’est pas un être « là » donné inerte et objectif, mais une instanciation en re-tour sur elle-même. Si il s’est créé un être tel que l’arc de conscience, c’est parce que le présent, en lequel cet arc s’est produit, est lui-même une forme re-tournée. Qui opère un tour.

Ça n’st pas que l’on ne connait pas la vérité, mais que l’on a toujours connu la vérité. On a toujours agit et engendré le réel (pour notre part, et le présent a toujours engendré la réalité, les mondes, le univers, et probablement en une fois unique et « en cours », ce qui reste à approcher, puisque le « présent » est mais n’est pas seulement, à la fois, le présent, comme séquence momentanée, mais il est l’exister ; tout ce qui est, existe, et cela seul, l’exister, est la constante, tout le reste se compose et se détruit).

Le critère de validité est le critère de proximité ; plus on énonce ou montre et ce à proximité du même réel, du réel même, plus ce qui est énoncé ou montré durera aussi longtemps que durera le réel. Parce que plus ce qui est énoncé, montré, sera proche, plus on s’éloignera et éloignera le donné immédiat et l’arc de conscience, qui énonce ou qui montre, sera accordé au « là » et travaillera sa motivation de telle sorte que sortant de l’immédiateté, il soit à même de saisir le réel, d’être saisi du mouvement, que celui-ci passe au travers et soit reconduit en chaque arc de conscience parfaitement identique à tout autre vers le même réel.

Il s’agit d’instruire, de lancer des instructions, dans la forme qu’est chaque arc, de telle sorte qu’en toute accointance et de leur vivant, de leur activité, de leur prise en conscience, tel ou tel arc reconnaisse Descartes ou Jésus ou Plotin ou Lacan ; on n’accède à la structure et l’architecture de conscience non pas en apprenant seulement ceci ou cela (et en demeurant le même, la même identité immédiate) mais en formulant et reformulant sa propre conscience, sa propre attention à exister, en acte, au vif, sur le corps, de la perception même ; cet activisme est l’âme elle-même, en tant qu’elle se structure (âme, faute d’autre mot majeur).

Il est clair que ce « même réel » est accordé à, en et par chaque arc de conscience ; mais, puisque l’on n’abandonne absolument pas la notion, le principe de vérité, on postule donc que tout arc de conscience est effectivement et en totalité pris par la vérité. Dans son réel même, et ce non pas contre mais en plus de son exposition consciente, énoncée ; tout arc de conscience est tendu plus loin que ce qu’il dit, montre, à soi ou aux autres. Et s’avance même plus loin que ce que révélerait sa psychanalyse (risquant par elle seule de se limiter au corps-langage, sans que soit pensé qu’il y a corps-langage parce qu’il y a re-tour de l’arc sur le corps). La psychanalyse est une partie seulement du défilé de l’arc de conscience ; qui outrepasse le conscient comme l’identité du moi.

Autrement dit un moi, dont on penserait a priori qu’il soit subjectif, on sait bien que ce moi manifeste tel qu’en lui-même une indubitable vérité (même si son conscient ou son image ou ce qu’il expose et se prête aux autres ignorent cette vérité qu’il est, qu’il existe). Par son inconscient, mais aussi  que par ailleurs ce moi est lui-même orchestré dans et par une époque précise et que par tous les bouts il s’anime de cette situation historique ou historiale ou station métaphysique précise.

Or donc la vérité est le réel et on manifeste instantanément cette vérité du moment, et ce moment est lui-même empli du dévoilement de la réalité et du réel tels qu’ils se donnent au moment spécifique ;  la question est donc de non pas dévoiler la vérité, cad le réel, mais de soulever par-ci et par-là un coin du voile et que ce soulèvement, si il s’est approché du réel même, pourra ainsi de cet acte modifier la surface du voile lui-même, puisque par là l’énonciation ou la monstration approchant du réel, peuvent seuls influer sur ce réel ; toutes les autres modifications agiteront un peu le voile de vagues soubresauts, mais demeureront dans la même immédiateté. Or pourtant même agités de l’immédiateté seule, les arcs  sont pris dans la manifestation générale du voile ; le coefficient de pénétration du réel sur le voile se mesure de la proximité atteinte dans le re-tournement généralisé qu’est le réel ; on est absolument pris dans le mouvement intégral du réel re-venant sur, vers lui-même par lequel il se constitue de fond en comble. On résiste plus ou moins. La pesanteur résiste, inertie la réalité. Mais le mouvement est le présent, antérieur à tout.

Ce qui a marqué par la représentation, c’est ce qui s’est approché de la présentation, et la représentation est alors compréhensible comme accélératrice de la présentation.

La vérité est le réel ; ce qui parait avancer que la vérité est relative au réel ... mais peut-on penser comme un grec ? Ou comme un hindouiste ? Et peut-on penser "n’importe quoi" ? C'est impossible (on peut péniblement recomposer une partie de leur vision du monde et encore faut-il être spécialiste ; et on ne peut pas « penser en dehors » de soi, puisque l’on est soi-même, la psychanalyse consistant à réussir bizarrement un pas de côté, sur le Bord). De même un réactionnaire ou un utopiste inventent leur passé ou leur avenir mais en fonction de leur moment présent ; on est réactionnaire en rêvant d'un passé qui surgit de ce moment çi et non du passé lui-même. C'est en somme le même principe qu'en psychanalyse ; on élucubre consciemment une vérité déjà réelle, et plus on avance dans l'analyse plus on s'approche de la vérité (sans jamais l'atteindre).

 Et la représentation est un pli du réel. Comme Spinoza était génial, il a atteint une proximité du réel, de même que Platon ou Nietzsche ou Lacan, aussi doit-on les lire, tous. Si on s'étonne de la pluralité d'approches possibles du même réel ... mais ... c'est le réel... cad ce qui existe en-deçà de tout et de toutes les représentations ; ou donc Spinoza ou Sartre s'utilisent comme suit ; ils permettent à chacun d'avancer au plus près du réel, selon tel ou tel point de vue ; les points de vue sont pluriels mais le réel est unique. En bref, la vérité est énorme (et énormément plurielle) parce que le réel est énorme (et postulé comme absolument un). Pour avancer dans le réel, vers le réel, vers la vérité, il faut donc comme dit Lacan, se doter d’une éthique ; se décharger et se charger de tout ce qui entrave la vision (toujours à distance) du réel (et admettre qu'il y ait plusieurs points de vue sur le même), mais ce qui entrave la vision est aussi la vision elle-même ; tout se re-tourne, il n’y a qu’un seul côté ; le même-réel se déverse, sans arrière pensée, vers le devant et le devant se plie et se déplie et se replie constamment, et la seule constante est le Bord ouvert d’un seul côté, au-devant.

Ceci ne veut pas dire qu’il n’y a pas de pensée qui prenne comme objet le réel, mais que le discours tel est pris lui-même dans et par le réel ; et c’est pour cela qu’il doit, ce discours, se générer au plus près ; se prendre dans le mouvement du réel, se rendre capable et de la même dimension que le réel (ce qui est impossible, on n’a du réel pour tout soutien que le présent en arc, et que cette conscience mécanisme en arc dans l’arc du présent) ; toute pensée qui adhérerait trop aux immédiatetés mitigées ré-enroulerait ces immédiatetés (par contre une réelle immédiateté « parlante » peut bien relever, elle, de la psychanalyse et révéler la vérité, cad le réel ; ce qui bouche la vue ça n’est pas tant l’immédiateté que l’immédiateté mitigée, cad échangée avec les autres, en un groupe, en un langage seulement commun ; l’immédiateté parlée, ou consciente, tient le contenu de conscience comme étant la conscience, ce qui est faux, mais nécessaire ; c’est de tourner autour du conscient qui engage ailleurs et autrement ; une œuvre esthétique outre qu’elle peut prendre la perception même, hors du langage commun et de tout langage, et même écrite n’est absolument pas évidente ni lisible ; elle est dans le dé-tour le plus radical possible, elle sert à cela ; réorganiser la structure du réel dans l’arc de chaque conscience).

Qu’il y ait ainsi une immédiateté proportionnellement vraie (et parce que réelle), veut dire aussi qu’il est une représentation suffisante qui puisse s’approcher du réel, et accrocher au mouvement du donné là, du monde, qu’il est un universel accélérant et donc augmentant le réel ; et ce pour une raison extrême, extrémiste ; que le réel est lui-même une réflexivité. Immédiateté qui vient du réel, immédiateté médiate qui se constitue du conscient, de l’identité, et tension maximale qui relance le réel au plus loin ; tout ceci est constitutif ; mais de croire seulement au médian et tout percevoir des entours, l’immédiateté et la tension, à partir du seul conscient ou de l’identité du moi, ou des autres, ou de l’idéologie du moment, c’est casser de haut en bas la Possibilité, annuler l’écart entier de notre structure. L’écart ne se voit qu’ici ou là ; en éthique, esthétique, politique, idéel, philosophique. Mais aussi au sein du moi ; le moi est crevassé de haut en bas de la structure.

C’est dans et de l’écart entier de notre structure qu’œuvrent et d’abord repèrent la philosophie, la pensée (puisque la philosophie est la pensée, au-delà de la raison rationaliste, bien que contenant celle-ci, elle l’a inventée) ; et pour connaitre l’éthique qui entame le réel, ça ne tient pas dans des préceptes, mais par l’exemple. Il faut suivre l’exemple. Il faut lire Plotin ou Descartes ou qui l’on voudra ; de suffisamment ardu (ou esthétiques, etc). De ceux qui approchent du réel, qui tournent autour, au-tour. Il faut se re-tourner. Ça ne peut pas venir du conscient, ou du moi, parce que ça, ça communique, ça tourne en rond. C’est pour cela qu’on lit, que l’on s’écorche la conscience, l’attention, en toupie, en gyroscope qui n’a plus de repère, qui détourne hors sens, et que ça vienne de l’autrement.

On s’immerge en un autre arc de conscience, qui lui-même a étendu sa capacité jusqu’à n’avoir plus pied, et qui se maintient néanmoins, mais on ne sait comment. L’arc de Descartes et autres se soulève de par sa forme même. Là où les aficionados de la vérité monolithique (bien qu’ils aient fort à faire d’aménager l’attente d’une vérité certaine qui ne vient pas, puisque la science est brodée d’hypothèses et que la valeur absolue de l’énoncé n’est pas du ressort de la science, inutile d’attendre ce qu’elle ne peut pas par principe obtenir), là où les aficionados de la vérité objective, lorsque l’arc de conscience s’obnubile de ses contenus, n’admettent que comme subjectivisme voire délire métaphysico-ontologique, les explorateurs de l’arc avancent au fur et à mesure dans l’interstice, la crevasse de conscience et il faut lire à l’inverse ce mouvement (cette « subjectivisation ») comme la plongée, le creusement, l’apogée, ponctuelle, momentanée, de la pensée qui s’est dépassée vers son originel ; la structure (depuis Descartes jusqu’à Lacan). C’est cette impossibilité qui se montre ; qui doit se faire face (notamment en l’insatisfaction native ; un arc, une structure de conscience, qui ne dispose d’aucun contenu qui lui corresponde, jamais, en aucune manière, est hors satisfaction, c’est autre chose que ce signifiant « satisfaction » qui se réfère, de base, au corps, par étayage, par système de signifiants). Elle n’acquiescera à aucun contenu, insuffisant, et devra théoriser, penser son impossibilité ; et le fait est que cette pensée de l’impossibilité fonctionne et a pu élaborer son système formel.

Par l’exemple on acquiert la forme que transmet l’autre conscience qui s’est architecturée sur le sol réel : en ceci de couler sa propre intentionnalité dans l’intentionnalisation de l’autre, laquelle intentionnalisation experte a su produire les distinctions dns les rapports que l’on instancie dans la réalité et sur le réel. Il faut comprendre que l’arc de conscience n’a aucune référence et qu’il doit créer complètement son repérage ; de là qu’il use de la pensée (la distinction des idées), de l’esthétique, de l’éthique, de la politique, de l’acculturation intégratrice (celle qui part de l’individualité depuis le christique, individualité qui doit prendre sur lui, sur son corps ce qui auparavant était installé dans et par le groupe). L’arc tient au-devant de lui tout le perçu, mais au-devant en ceci qu’il ne vient de la cervelle vers le monde, il arrive du monde vers la cervelle…

C’est pour cela qu’il écrit via le corps ; il écrit sur la surface au contact du monde. L’arc de conscience surgit, sort de la cervelle mais sans rien, c’est dans le retour-vers qu’il se charge du monde, des choses, des perceptions. Evidemment il s’en charge non pas tels quels, mais sous la forme du signe ; le signe est « ce qui fait rapport »  (le tissage de notre corps, qui donne le tramage sur le monde). L’illusion que l’intériorité de conscience prendrait le pas sur le monde, que la raison encadrerait la perception, est cependant juste ; il faut organiser la pensée, l’intentionnalisation, activer toutes les distinctions qui aboutissent aux différenciations ; l’intériorité de l’occidentalisation est forgée à cette fin.

L’occidentalisation est la mise en œuvre de l’intentionnalisation du donné là, qui vient en retour comme perception ; l’occidentalisation électrifie l’intégralité de la surface disponible du corps. Il ourdit l’élancement par-delà les horizons (il ne dépend plus d’un seul horizon d’un seul monde), et il élabore la méta-description de la tension de l’arc appuyé sur la paroi du réel, sur le présent. Éthiques, esthétiques, politiques, idéel et philosophie, acculturation gigantesque et individuelle (humanisation et personnalisation) mettent en œuvre la plus lourde et la plus dure et la plus précise mise sous tension de tout ce qui est donné là, corps compris.

Tout est ainsi signifiant d’un signifié mais le signifié fondamental est une forme, soit l’arc soit le réel comme présent.

La structure est ce qui manœuvre la réalité. De même que l’exister est ce qui engendre l’être. Pareillement ce qui se crée dans la réalité et le réel, est en plus de la réalité et du réel. Et puisque ce qui sera, existera bien plus gigantesquement que ce qui est, il faut que la réalité soit elle-même infinie qui créera encore plus que l’infini. L’ensemble de tout cela se constitue en étages, de telle sorte que ce qui nait est plus grand que ce dont il nait. C’est l’impossibilité qui existe, puisque le possible est la racine antérieure.

Voir les commentaires

Le point Autre, hors du corps

22 Octobre 2016, 09:38am

Publié par pascal doyelle

 

On obtient donc une logique étrange ; à savoir que ce qui n’est pas commandite ce qui est. Il n’y aura donc jamais en aucune manière un Un « substantiel », un Un qui serait quelque chose, qui ne sera pas même la « pensée », il n’est que ce qui existe et ce qui existe est ici et maintenant, le pur et brut, voire brutal, présent. ce formant comme un arc non seulement de conscience mais aussi de simple présent.

Cela revient à dire que quelque chose, une entité, un réel, une forme, une structure, comme on veut (puisque l’on ne sait pas ce que c’est), apparait.

Elle apparait là, immédiatement, immédiatement dans l’instantanéité du réel qui n’existe que comme présent (par quoi il s’agit de jouer son âme, qui dépend, dépend, de ce que l’on pense, de ce que l’on intentionnalise, de ce que l’on veut, décide, instruit).

Lorsque Hegel critique la certitude sensible, il présuppose que le réel est le singulier, le particulier, lequel n’attendrait qu’une chose ; être repris dans l’universel. Et d’ajouter que le singulier est indicible et qu’il n’a donc pas d’intérêt (universel). Mais le donné là n’est pas le particulier ; le donné là est le « là »,  ce qui veut dire l’exister tel quel ; ceci existe, cela existe, les signes existent, les couleurs, les soleils, les galaxies ; et tout cela ne demeure que d’une seule constante ; l’exister. Soit donc le réel.

Il est indicible, c’est un fait ; la pensée ne récupère jamais le réel ; mais cela n’a pas d’importance ; on ne cible pas la « pensée », mais l’arc de conscience ; le but, la finalité est la structure ; que chaque arc de conscience laisse remonter dans sa structure qu’il est splitté, découpé de A à Z et des pieds à la tête, littéralement, cad dans le fait même du corps, par le réel. Que cette idée, cad ce rapport (cartésien donc) remonte dans la structure et que l’on puisse en apprécier ou surtout en éprouver, dans sa chair, la lame.

La finalité est donc d’architecturer l’indicible. Que chaque arc puisse ordonner son acte, l’acte qu’il est. L’indicible est « cela » qui dit, qui énonce, qui intentionnalise. Ceci pour notre-être (transformé en cet-être posé-là sur le réel-étendue, par Descartes), mais pareillement pour le réel ; le réel est le présent et toute la réalité intégralement suspendue au présent.

De même le réel est indicible, et cependant le réel est articulé ; il s’agit donc de montrer comme le réel s’organise ; sa réflexivité. Ce qui suppose que le réel n’est pas tranquille, ça n’est pas une substance, un tout, un ordre, un donné passif ; il est en acte. Etant en acte il n’apparait pas comme soumis à la logique monolithique ; le Un n’est pas le Un-tout, n’est pas la pensée ou l’universel ; on est passé depuis le début dans l’autre devers ; de l’autre côté, on est dans le mouvement même, accroché au présent depuis la méditerranée. Et on peut y atteindre parce que précisément on y a toujours été. On a pris conscience que l’on existe de l’autre côté du monde, sur la paroi antérieure ; sur le présent qui ourdit sa présentation, non pas sa représentation, mais sa présentation ; le donné est le donné là, et le « là » réfléchit tout le donné, et probablement en une fois (cad par delà le temps l’espace ou tout ce qui y ressemble, si jamais en d’autres univers cela s’organisait selon d’autres sortes de temps ou espace). Il s’agit ainsi d’augmenter la présentation du présent, et ce en désarticulant et désorganisant la représentation ; en la tordant de manière à récupérer la réflexivité interne au présent, qu’est le présent.

En quelque sorte nous nous mettons au niveau du réel brut ; qui est déjà réflexivité vers lui-même, vers un lui-même inconnu, en cours, qui ne sait pas ce qu’il peut.

Il faut réaliser l’arc dans sa chair ; ça a pris un corps, parce que le « là » est l’engendrement du donné ; mais par ceci c’est la forme qui se donne instamment, impérieusement, potentiellement, sa modulation ; la forme vibre et engendre des mondes, des corps ; le Un n’est pas une forteresse mais la délégation de la puissance, la puissance est ce qui, littéralement, se délègue ; le Un engendre des uns, et est pure et intégrale altérité ; et l’altérité est la distinction (et non l’indistinction, ce serait absurde) ; il y aura donc quantité et quantité de distinctions dans l’arc de conscience et de différenciations dans la réalité, d’une part mais aussi dans le réel ; le réel, le présent, devient ; non pas fait devenir des réalités, des choses, des êtres, mais est lui-même ce qui se splitte.

On est donc introduit depuis l’occidentalisation (mais cela remonte évidemment bien avant, c’est juste, si l’on peut dire, que l’occidentalisation en déplaçant l’absolu ici même par les grecs, ici et maintenant par le christique, engage d’analyser l’articulation de notre-être/dans l’être, qui deviendra cet-être/sur le réel, par Descartes),

introduit dans l’articulation qui n’est pas, donc, subjective, mais hyper objective (la science s’occupe des réalités et non pas de la réalité, il n’y a pas de tout), et la philosophie s’occupe du réel, hyper, méta, supra mondain ; soit comme pensée (extension totale de toutes les intentionnalisations possibles, et via les machines que sont les systèmes) et soit comme réflexivité individuée (via l’intensité christique, du sujet, des grands sujets, et menée hyper active de l’ontologie augmentant la métaphysique, de la mise en forme de l’intentionnalisation, à la mise en forme de l’arc de conscience, antérieur à toute intentionnalité), soit en tant que réflexivité structurelle (sans plus aucun idéalisme à l’intérieur, sans intériorité du tout, livré au donné là, au monde, au corps, mais qui insiste comme structure vide, re-vient, re-nait), réflexivité structurelle immergée dans l’altérité intégrale de tout ce qui est.  

Cela revient à dire que civilisationnellemnt on est passé de la culture à l’acculturation, de la mémorisation (en quoi consiste une culture, un langage, un monde) à la structure, « cela » qui produit des mondes et qui, interstitiel, devient système formel (le formel qui un temps durant fait comme si il aboutissait, à un monde total, se rend compte qu’il est, lui, le réel, non total, présent et racine) ; de l’information à l’actualisation (cad la réinstallation de l’information ; par quoi la pensée, le christique, le sujet, l’altérité accélèrent absolument, à la racine, toute l’information). L’acculturation c’est la prise sur soi ; on ne reçoit plus un monde, un groupe, un langage ; on doit trouver la ressource pour l’intégrer et l’intégrer par le corps. Puisqu’il ne reste plus que cela.

Et cela prend du temps pour intégrer la désintégration ; d’un tout, du holisme, du groupe-qui-pense), pour réélaborer un corps (ce qui s’invente par le christique, par l’amour courtois, oui, mais surtout par la sexuation (en ceci qu’il fallait organiser le jeu entre des distinctions, que ces distinctions assument et assurent la réalité, qu’elles installent en fait effectivement un jeu qui autrement dit n’aurait pas eu lieu ; on pensera par ex pour nous, au 20éme, à cette drôle d’invention que furent Marilyn Monroe ou Marlon Brando, qui réinventent étrangement la femme, l’homme, en glissant de côté, en creusant dans l’individualité sous la distinction homme/femme, c’est la raison pour laquelle ils marquèrent la vision, la perception, transformèrent l’image en idée ; et raison pour laquelle ils sont des points de focalisation du réel. Distinctions par l’individualisme, par la nation et l’Etat, bref au travers d’identités et de désorientations tout autant ; constitutionaliser la coupure de chaque un, puis les réunir en une entité, mais aucune entité ne peut porter la coupure, et on le voit par les mois, qui sont à l’extrémité de la séparation de tout, et qui se scindent eux-mêmes ; la coupure, la division réalité/réel, conscience/corps, conscience/conscient, individué/groupe, etc, est non pas seulement fondamentale, elle est originelle ; fondamental laisse penser qu’elle est au fondement de réalités, originelle veut dire que toutes les réalités surgissent de cette coupure, que, se retournant, on ne rencontre que la coupure.

Il se trouve donc que l’on va façonner le nouveau déploiement via le corps, via la naturalité supposée du corps ; ce qui débute par sa non naturalité ; l’arc christique va se tendre à partir du point non donné, parce que le corps (ou quoi que ce soit) n’apparait dans la représentation qu’à partir d’un point qui n’est pas ; le corps du christ est ainsi ce qui renvoie tout corps à lui-même, ce qui veut dire ; pas du tout à « lui-même », lui-même comme « un et tout » ça n’existe pas. C’est toujours d’un point de vue que l’on se tient là au-devant de soi ; et donc il vaudrait mieux dire ; là-au-devant de (soi) ; le (soi) n’apparaissant pas dans le champ, puisqu’il tient le champ, à bout de bras.

On aura beau jeu de finir par croire, afin de se rendre supportable la réalité, que le corps est donné là, naturellement, et de se révolter contre le christique (qui nous fait croire, a contrario, que l’on existe ailleurs, ce que les tenants du naturalisme, de l’immédiateté et de la spontanéité ne supportent pas), mais c’est parce que l’on a pris le pli (au sens ontologique) du christique, que l’on peut imaginer notre être comme naturel ; l’attitude de la spontanéité supposée retombe dans le malheur ; naturel il ne l’est pas, en rien. De sorte que si le corps se tenant du christique est difficile, voire impossible, ou reporté, le corps naturel lui est une horreur ; parce que l’on voit bien que l’on n’est pas le corps que l’on est ; que c’est une imagination qui nous laisse ressentir ou imaginer ressentir une jouissance, une pseudo présence à soi ; alors que l’on est absent à soi ;

et c’est justement ce dont nous instruit la philosophie ; que l’on est absent à soi et que c’est cela le réel, le réel est l’insatisfaction native, et dont on doit comprendre la perfection (ce qui est absurde du point de vue du naturalisme, la raison, de l’humanisme, de l’espoir, du bonheur, du moi, etc)  et la philosophie en analyse le point, forcément externe puisque c’est à partir de celui-là que l’on se voit, et que l’on voit tout court ; c’est parce que l’on est autre qu’il y a un monde, d’autres je, et que l’on se voit à partir de ce point externe (de où, comment, en vue de quoi ?) c’est donc qu’il faut d’abord engager que l’on (se) voit pour juste et simplement percevoir ; sans le (se) voir, on ne voit, perçoit rien ; de sorte qu’est installée la perspective de l‘unicité individuée, on ne peut pas faire autrement que de (se) situer (soi) ; ce qui posent de considérables problèmes de compréhensibilité, d’intellection, de logique ; de là que la logique philosophique est Autre.

Qu’il y ait impérativement le se-voir afin de, ne serait-ce que voir, percevoir, montre bine l’extrême intrication du réel et de la réalité ; on doit dresser la structure de l’arc, et du « là », du présent, afin d’accéder au donné là ; de même que dans l’acculturation il faut élaborer le sujet (lequel est impossible) afin qu’il y ait humanisation et plus encore le sujet lorsqu’il faut inventer le moi (de là que Sartre prend bien soin de distinguer l’arc de conscience du moi).    

Ne pas accorder de réel à ce point externe de saisie (de tout qui est, de ce qui apparait, de ce qui est vécu, de ce qui est perçu, décidé, imaginé) c’est alors encore moins comprendre. C’est annuler ce point, cad que c’est annuler que chacun soit un tel point hors champ (que donc il n’est aucun sujet et que vous n’êtes pas du tout, ce qui est doublement, triplement absurde et tout à fait irrationnel, inobjectif, ou donc c’est se réfugier dans l’objectivisme à tout crin, qui consiste à n’admettre que des choses et des objets).

A l’inverse la philosophie a toujours consisté à se saisir ou mieux être saisi de ce point hors champ et d’en découvrir et inventer la théorie (découvrir et inventer, parce qu’il, étant formel et sans représentation aucune dans le monde, dans le champ du monde, étant formel il se doit se créer ; son objectivité, son hyper objectivité est de se-créer ; en somme ça n’est pas parce qu’il se crée, qu’il n’existe pas ; c’est justement de ce qu’il se crée, qu’il existe ; il ne faut pas inverser le réel, ça ne sert à rien, il revient et même re-vient sans cesse, évidemment).

Toutes les philosophies consistent donc à analyser, créer, cartographier cet exister et cette invention, l’architecture de la structure du point s’élaborant au fur et à mesure de chaque un (point qui, comme dit, ne tient à rien, un petit point de rien du tout) ; puisqu’il est situé hors champ, il n’est pas subjectif ni objectif (au sens habituel, restreint, du naturalisme en général), mais on doit le dire individué ; cet individué couvre l’ensemble de toutes les distinctions ; le point tracte, attire les distinctions ; la résolution de toutes nos réalisations se situe en avant de celles-ci ; il tracte le langage, la représentation, le corps (de là qu’il crée une image, une surface autre du corps), et absolument parlant la perception ; on perçoit de, à partir de ce point hors champ.

pour faire court, l’acte de conscience réorganise la représentation, les signes, le corps, et réorganise jusqu’à la perception ; en somme plutôt que de se fixer sur un rituel, un système de questions-réponses, de plus orchestré en acte par et dans un groupe qui s’auto-confirme, on introduit et légitime une cassure dans les questions et les réponses ; il y aura d’autres réponses, d’autres questions et c’est un méta, supra système qui rend possible d’échanger et de changer les questions et les réponses. Ce méta  système est ce que l’occidentalisation recherche ; le principe de réorganisation de la réalité (le monde, le vécu, le corps, les signes, la perception) à partir du point (le réel).

Evidemment c’est un point. L’architecture d’un point, normalement, n’est pas ; ce sont les déplacements du point qui effectue l’architecture ; et la philosophie (mais aussi les esthétiques, éthiques, etc) mène le jeu, le nombre de tours et re-tours que le point effectue ; il les effectue dans le monde mais aussi sur et dans le réel ;  c’est parce qu’il est mobile, qu’il est mouvement, que le point externe « décide » autour de la méditerranée ; l’arc de conscience est réellement un point qui n’est pas ; il est un mouvement accroché à cet autre mouvement, qu’est le présent.

On a voulu d’abord, par excès d’optimisme et afin de se motiver, supposer que le point externe soit le Bien, le Un, le Vrai, Dieu ou le christ, le sujet ou l’esprit, l’idéalisme ou l’humanisme, ou le « vrai moi », etc ; mais le fait est bien plus cruel. Le réel est une machinerie gigantesque qui crée des points externe (dits de conscience en arc sur le présent) et observe, en quelque sorte, ce que cela donne …

Ces points doivent s’élaborer, par eux-mêmes, puisque points externes ils dépendent évidemment d’un monde, d’une nature, de tas de déterminations, mais ils dépendent, dans leur surgissement, de leur nature propre, nativement de leur arc tel quel ; celui-ci, ayant à assumer l’indépendance-qui-se-veut, de creuser la distinction, de continuer le réel producteur de l’altérité, doit être autre, autre que tout, puisqu’il forme « un » ; c’est à condition qu’ils forment « un », dans la séparation absolue, que pour eux existent un monde, un donné, un corps, un temps, etc, les réalités, les structures apparaissent et se maintiennent dans et par la séparation ontologique (et c’est donc cette séparation ontologique qu’il faut penser, qui est l’objet même de la pensée, qu’une « séparation » soit un « objet » on voit de la sorte la problématique même) ; c’est dans l’im-possibilité et ce non seulement que les arcs aient un statut spécifique (ils possèdent ce statut, de fait) mais c’est le réel lui-même qui est situé sur un point Autre ; qui est dans la séparation, de là qu’il faille le dénommer Exister, présent brut ; le présent est cette altérité, absolue, unique, impérative, et indifférente en somme, qui jette les uns sur le réel, les structures de conscience et les projette sur la paroi du présent (ce qui non seulement crée des arcs de conscience, mais produit des mondes, naturels, le présent est le réel même).

Voir les commentaires

Le recalibrage de l’humain

18 Octobre 2016, 07:42am

Publié par pascal doyelle

L'occidentalisation

(Rappel ; ce que l’on nomme l’occidentalisation n’est pas « l’occident », d’abord parce que l’occidentalisation s’effectue de mille manières autour de la méditerranée et Moyen-Orient compris, et puis parce que c’est un processus qui s’avance bien plus loin que les grecs, les juifs, le christique, l’Europe de la renaissance, la révolution même, la personnalisation, qui touche actuellement la totalité de la planète. Tout comme « ce qui est arrivé à l’humain », la sorte d’anthropologisation nouvelle, qui eut lieu et est devenue mondiale, qui a débuté autour de la méditerranée n’est pas la philosophie, la pensée, ou la raison, naturaliste et réaliste, mais est aussi la politique, l’éthique, les esthétiques en nombre conséquent, les idéels, connaissances, et plus loin encore l’acculturation gigantesque et sous la forme, très sensible pour n’importe qui, de personnalisation, ce qui ne se peut que dans un monde universel et humaniste)

Jusqu’alors des mondes particuliers, un par un, distants les uns des autres, et il faut être né en un de ces mondes pour le comprendre, le saisir sur et par son corps, il se perçoit comme réalités dans son monde exprimées par la parole idoine à et en son groupe humain.

L’occidentalisation s’empare ou est saisie au vif de non plus créer un monde particulier en plus mais de remonter antérieurement à tout monde créé, jusque dans la structure.

Ce qui se formalise par la méditerranée, se cherche et s’instruit comme pensée, comme universalisation, comme variation intérieure à l’intentionnalisation ; de sorte que tous les éléments énoncés sont à disposition, constatables, en attendant d’être plus tard constatables dans le donné mesurable du monde, mais qui ici par la pensée contient en interne toutes les distinctions qui mènent aux différenciations dans la représentation.

La structure est l’arc de conscience, sans contenu, pur jaillissement formel vers le donné là, tension qui sort de la cervelle vers le réel, et cette forme sans rien suppose là-au-devant le monde donné, et tel que « là » ; un seul monde, un seul donné, un seul réel. Et une seule structure. Ce que l‘occidentalisation découvre elle le dé-couvre ; le donné « là » et la structure accrochée en et par le réel, commun et présent en-dessous de tous les mondes humains que l’on pourrait inventer, et depuis lors nous existons dans le dur, dans l’antériorité ; toutes nos représentations sont secondes par rapport au devenir de l’avancement dans la structure ; les grecs, le christique, la représentation européenne, la révolution, les sujets impossibles égarés dans le donné là, rendu tellement Autre, et prenant conscience d’eux-mêmes selon leur être-là instantané, via Sartre et Lacan.

L’avancement dans la structure, inaugurée par les grecs (mais plus généralement qui touche intégralement toute la méditerranée, peut-être reprenant l’hindouisme et ses variantes, ou l’Egypte ou l’Afrique, ou bref tout ce qui pouvait remonter ou descendre jusqu’à ce maelstrom de cultures et de peuples, dont il fallut trouver une unité ; rien ne peut être négliger dans la compréhension « ce qui est arrivé à l’humain » en cette confluence plurielle et qui va rechercher une unité donc.

Qui deviendra par ex le corps du christ, en effet tout le monde a un corps … pour ainsi dire … ça ne peut qu’atteindre chacun, chaque un, un par un, et dont ce-corps-là est l’unification exemplaire ; individus échappés de tous les mondes précédents, débarquant sur le sol unique et universel, et on continuerait de croire qu’il n’y eut par ce moyen radical, rien de plus qu’un monde humain particulier s’ajoutant aux autres ? Mais c’est l’unité structurelle de base, le minimum duplicable, la constante qui traverse tous les mondes, lorsqu’ils s‘effondrent, que chacun ait un corps. Pareillement ; en dessous de tous les mondes, les représentations du monde unique et donné là, ce que les grecs découvrent c’est le sol, l’universel, et donc le constatable quelle que soit la configuration de votre monde, il n’est que les mathématiques, la physique, et aussi la politique, et l’éthique.

C’est ainsi une vague structurelle totale qui va redessiner toute la réalité et ce parce que s’est introduit dans la représentation la lourdeur, le poids, la puissance du réel sous l’auspice de son représentant sur terre, si l’on peut dire, l’arc de conscience qui veut, décide, désire, cherche le réel tel que « là ». Ce mouvement ne se satisfait pas d’une inefficacité ; tout résultat doit être instamment constatable ici et maintenant, ici même ; c’est ce que veut dire ou implique l’être ou dieu ou le christique ou le sujet (de Descartes à Husserl) ou l’altérité (Nietzsche-Heidegger) ou l’incrustation (Sartre-Lacan). Evidemment se greffe à chaque fois sur la dé-couverte de la structure (arc de conscience/réel ou monde donné là) s’emplit de tas de particularités ; peu à peu on élague et peu à peu on avance dans la structure même, dans la structure seule ; il est clair qu’il ne faut en aucun cas reprendre mot à mot toutes les énonciations, mais la structure elle-même réclame l’actualisation ; par chaque devenir et par chacun ; chacun se doit s’installer dans sa cervelle, les modules réels de conscience active tendue vers le réel et le donné là, le corps et l’humanisation, etc.

On ne va pas réciter bêtement Platon ou le christ ou Descartes ou Nietzsche ; ça n’aurait aucun sens ; ce qu’il faut saisir, au vol, instantanément parfois, c’est le mouvement de structure qui place et déplace cet arc de conscience (toujours parfaitement identique, puisque c’est une forme) sur le monde donné là (toujours le même monde, cet univers) et par le même réel ; il n’en est qu’un seul.

Rappelons que cela ne préjuge pas de ce qui peut être ; on ne sait pas ce que l’arc de conscience arcbouté au réel ici et maintenant et constable et dont on montre et démonte l‘articulation, on ne sait pas ce qu’il signifie (ailleurs sou au-delà ou en plus ou hors du champ de cette expérimentation). On n’en peut rein décider ; libre à chacun de croire ce qu’il entend ; mais l’occidentalisation ne se préoccupe que cette articulation au réel et décrit ses aventures sur la surface réelle, sur le monde donné. Aux religions, groupes, humanisations diverses de reprendre ces descriptions ; sauf que bien sur on ne peut pas assurer une humanisation sans admettre une certaine universalisation minimum, par ex, et de même on ne peut pas reprendre le libre sans installer la liberté et l’individualité ; mais qui va nier que la liberté soit l’absolue valeur ? Et ceux qui en seraient tentés seront par là même obligés de redescendre de niveau ; on ne peut pas assurer la science ou le droit ou une acculturation suffisante et donc une société complexe sans admettre l’universel ou l’individualité ; d’autant plus que non seulement en interne une complexité réclame ces paramètres, mais de plus l’universel et l’individualité seuls accèdent au donné là… Seuls des arcs de conscience avancent dans le réel. 

Aucun groupe, aucune représentation livrés à eux-mêmes, ne s’ouvrent vers le donné-là ou le corps ou le sujet ; au contraire tout groupe tend à se refermer, ne serait-ce que du système de langage, qui forme cercle et (se) communique, et donc tourne en rond (on répond ce que l’autre entend et le reste est annulé).

Ce qu’a donc porté la restructuration de la réalité et de la réalisation humaine c’est une augmentation de cette réalité et du réel ; au lieu de mondes particuliers un par un et isolés, on aboutit à certes une universalisation mais qui rend possible que chaque individualité (ou regroupement ou devenir ou possibilité fondés sur cette universalité) se déploie ; les mondes que l’on a perdu, qui communiquaient mais entre soi du groupe lui-même, une auto communication  finalement sont remplacés par tous les mondes singuliers gagnés.

Or l’universel ne signifie pas d’abord la raison, mais la structure ; la révolution ne veut pas imposer la vérité, le savoir, (lesquels ? puisque c’est le système formel qui est la vérité sous le mode de l’exister, en ceci que l’exister est cela seul qui est réel) que l’indépendance de chaque conscience ; il est implicite que chacune soit raisonnable ; mais on voit bien par le transcendantal kantien, qui pense la validité formelle (et donc incoercible) de l’universel, que ça n’y suffit pas ; l’universel ne peut pas prendre en charge l’ensemble e tout le vécu, le représentable ni  même le pensable (comme le montrent à l’envie les pensées de l’altérité, les éthiques et les éthiques esthétiques, et les grands sujets qui excèdent mais tout autant les mois qui peinent et s’inventent mille maladies du moi, ni tout le relationnel du monde des mois) ; l’universel n’y suffit pas, mais il en est exigé ; c’est uniquement sous la condition de l’universel, accepté, que se déploie toute la réelle, la concrète complexité ; et on ne vient pas à bout de ce qui apparait à la suite de l’universel acquiescé, pas même deux siècles plus tard ; on a tout juste commencé d’y aborder ; à savoir avec Sartre et Lacan.

Et plus généralement dans la représentation que l’humain se fait, se donne de lui-même ; la vérité est que l’humanisation est profondément désemparée de s’observer, s’analyser ou plus simplement se percevoir elle-même ; elle ne sait pas du tout comment se comprendre, se juger ; le jugement est intrinsèque à la perception et il est comme un retard pris, un affrontement qui n’a pas encore eut lieu ; qui grignote petit à petit et malgré tout on continue de se réfugier dans une naturalité prétendue ; dont on voit bien par contre comme  la puissance structurelle est hors de proportion et peut détruire toute naturalité et aussi bien en tout moi comme ce qui est nommé le « désir d’être» et son fantasme peuvent anéantir et dévorer le moi, la cohérence psychique de tout moi. Le cadre historique, l’universel, et l’universelle révolution, et la condition des mois qui reste impénétrable si l’on s’en tient à l’universel seul ; mais on a vu que la philosophie a largement dépassé l’universel, depuis Descartes jusque Lacan, que l’acculturation prît mille et une esthétiques et éthiques et qui plus est éthiques ontologiques, jusqu’aux héros de la rock culture, à quoi toutes ces excessives explorations serviraient-elles sinon à la lente instruction de la forme ?

Si chaque moi est, dans le fait existentiel, cad ontologique, un arc de conscience et si l’occidentalisation est l’appréhension de cet arc par lui-même, alors le moi, la personnalisation est l’incrustation dans un corps de la forme structurelle ; par quoi suite à l’extensivité des grecs et de la pensée, l’intensité du christique et du sujet (qui s’impose par la révolution), se cherche le moi concret, l’instruction formelle en et par un moi, dans un corps, dans une psychologie non plus rationnelle (qui relevait de l’universel et dont Kant commence de nous débarrasser ou dont il constate a contrario le dépassement), mais une psychologie ontologique ; c’est l’arc de conscience comme structure-autre qui doit apprendre à réfléchir ; le miroir doit apparaitre dans le miroir. C’est ce qui se nomme instruction formelle de l’arc de conscience ; comme il est impraticable que l’on détienne une connaissance de cette structure (qui est antérieure à toute connaissance), la saisie de la structure par elle-même consiste à lancer de telles images, et des images telles (absolument transcendantes, et c’est qui a lieu depuis que la structure prit forme historiquement en livrant chacun à son seul corps donné « là ») des images telles dans le miroir que celui-ci soit capable d’y atteindre.  

Le retournement (du monde) par les grecs, le renouvellement (du corps) par le christique, la suspension de l’attention (qui commande tout) cartésienne, le creusement de l’altérité (qui emplit soudainement tout le champ) par Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan ne s’arrêtent pas à ceux-là (qui comme il se doit, relèvent de la discipline qui prend en charge l’articulation abyssale, soit donc la philosophie), mais se continuent en tous les sujets, tous les grands sujets, tous les mois ; nos esthétiques, éthiques, poètes et hors genres éprouvent les trajets, sur leur corps et leurs corps-autres, par de nouvelles perceptions, et c’est ce qui atteint également toute la manifestation mass et micro médiatique ou devenue, donc, mass et micro médiation, les retours vers l’antériorité existant avant le monde, le moi, le corps ; l’image qui devient peu à peut le miroir. Puisque la structure doit réaliser en et par elle seule l’atteinte, les images, les mots ne la signifient pas, c’est elle qui se signifie au travers des mots, des images, et quelque chose est en instance qui se voit, que nous ne saisissons pas encore. Les trajets qui deviennent des tracés sur la surface du réel.

Ce qui est un tour de force, un tour en plus, encore.

Tout moi (ou tout conscient) est doublé, au deux sens, d’une structure agissante et on ne sait pas encore ce qu’elle instancie sur le réel, et c’est elle-même qu’elle lance ; tout est signes pour son activisme, le conscient, le visible, le manifeste sont pris dans le retour ; si le présent est perception, il se crée de la perception. C’est en ceci que le réel est toujours déjà intégralement de réflexivité ; la réflexivité est première (et le réel lui-même est de la réflexivité structurellement ; par le présent). Réflexivité, retour-vers le donné, par quoi se constitue le donné.

Toute définition ou toute image sont donc des découpes dans le mouvement. Et la philosophie est la découpe qui s’infiltre au plus près du mouvement, en acte, et l’esthétique, éthique, politique, idéel sont des mouvements, des actes qui actualisent la ligne du présent ontologique, qui resillonnent le monde et le corps.   

Voir les commentaires

L’insatisfaction native

15 Octobre 2016, 09:13am

Publié par pascal doyelle

 

De Descartes à Lacan, via tous les autres

L’arc de conscience se définit comme « ce qui a conscience du réel », qu’un réel existe effectivement là au-dehors, et qui ne tient que par cette tension et qui ne se définit même que par là ; pas d’esprit ou de pensée qui pré-existeraient à l’arc, mais un arc ayant créé esprit et langage et humanisations et personnalisations. Pour que l’arc tienne dans un « esprit » ou une « pensée », il faudrait que cette pensée ou ce moi subsistent en soi, en eux-mêmes ; mais le moi est composé, et la pensée plus encore ; et toutes ces compositions sont des bricolages, y compris le moi, cette entité est si mal foutue, que souvent elle ne survit même pas à son propre tourment, elle s’effondre sous son propre poids. La résolution qu’on croyait attendre de la production d’une pensée, d’une identité (le moi mais aussi la nation, ou le peuple, ou la vérité, etc) ne viendra pas, ne peut pas advenir ; c’est en ceci que Nietzsche prend effectivement le contrepied absolu de l’attente ; ce qui est, est déjà réalisé ; et peut-on ensuite ajouté, est réalisé comme structure, forme et non comme contenu ; il n’y a pas d’objet du désir, et si il n’est pas d’objet, c’est en fait parce qu’il n’y a pas de désir, il n’y a pas de satisfaction, et ainsi il faut admettre la satisfaction étrange et autre de la structure sans alter ego, sans correspondance ; ou donc la structure se « réjouit » d’elle-même, la joie de la volonté, mais cela même est une illusion, un montage ; elle ne se réjouit pas, elle agit. Et elle agit parce que le réel, le présent est activité, ou plus activisme.

Tandis que les mois attendent leur satisfaction (qui ne viendra jamais), les sujets se fient à la nouvelle structure (cartésienne), mais dont ils voient bien qu’elle ne leur apportera pas la satisfaction (Kant qui approfondit la structure, prône la morale pure et désintéressée, Nietzsche qui sait très bien que « ça ne viendra pas », ne confirme pas l’intéressement, ce que n’hésitera pas d’imposer le libéralisme, mais hyperbole une sorte d ‘intéressement supérieur, c’est évident), et les sujets qui comprennent l’insatisfaction (à moins de la renvoyer par l’infini dieu, la conscience indéfiniment réelle ou de la reporter indéfiniment selon le progrès, comme Kant),

les sujets donc sont capables de commencer d’élaborer l’insatisfaction, cad de contenir, de restreindre sans doute mais surtout au sens de resserrer, de rendre plus précise, plus active encore l’arc de conscience, la structure ; de là que la réflexivité cartésienne commence d’accélérer radicalement, à la racine, ce qui déjà par les grecs était formidablement déployé ; en systèmes ; il n’y aura plus à proprement parler de système ; Kant n’est pas un système, mais une description formelle, les idéalistes allemands cherchent à injecter dans la forme du sujet cartésien (qui ne se nomme jamais elle-même telle « sujet », c’est ensuite qu’on lui appliquera ; Descartes est hyper objectif, il décrit tout simplement ce qu’il voit, la structure du doute, du fil exigu de l’acte, le dispositif des dispositifs, la pensée pour Descartes est tout l’ensemble ; perception image, imagination, sensation, émotion, sentiment, passion, corps relié on ne sait comment ; et qui sera seulement approché à nouveau par Lacan seul, du dedans de la structure qui cherche un corps-autre, tout cela dans le pli unique du christique ; il n’y en eu qu’un seul, et un seul René Descartes et un seul Nietzsche.

Hegel n’est pas un système ; puisque le système est lui-même le sujet ; ce qui engendre toutes les perturbations imaginables (la « logique » n’est pas une logique cadrée, mais le devenir même de la notion, ce qui la rend si difficilement compréhensible et les devenirs sont élancés les uns dans les autres, en ceci que la fin précède le début, le gargouillis de la notion qui passe dans la suivante c’est en fait la seconde qui re-vient sur sa précédente ; de là ce mic mac insupportable, qui voudrait faire naitre la seconde « de » la première, mais Hegel se place, est placé déjà à la fin. Or aussi abstrait soi-t-il et si il n’était que cela, il serait incompréhensible qu’il parvienne à ce point à saisir les déplacements de conscience, de la négativité, de la dialectique ; ce que pourtant il réussit et par quoi il nous sèche sur pied. C’est que la logique hégélienne ne joue pas sur les notions elles-mêmes (comme si il existait une processualité de notion à notion), mais sur les mouvements de conscience intégrant tel contenu en et par tel autre et ce en vue d’un résultat (cad d’un plus grande conscience, laquelle grandeur est active non en sa notion même, mais dans le donné là ; l’être ne se confond pas avec le néant, et l’être et le néant n’aboutissent pas au devenir ; de sorte que l’historicité de la phénoménologie se double d’une phénoménologie de la pensée, de la conscience engagée en la pensée) ; au terme il n’est absolument aucune satisfaction dans le pseudo mais monumental système hégélien ;  et tous s’en rendront compte ; il n’est pas refusé parce que faux (il nous abreuve de quantité d’activismes de conscience), mais parce que l’arc de conscience n’est pas (en sa satisfaction possible) dans la pensée ; ce qui revient à dire que la satisfaction n’est pas dans la pensée, du tout, mais pas plus en soi , parce qu’il n’est pas de satisfaction du tout ; c’est avec l’insatisfaction et le sens, la portée, la possibilité de celle-ci.  

D’en comprendre le non-sens, le non sens natif, originel ; il n’est pas une satisfaction attendue, mais il est une in-satisfaction qui doit instruire intégralement (et bien plus loin que la satisfaction espérée). Qui doit lancer, en notre arc, l’instruction de sa possibilité, réelle (et non plus irréelle, telle qu’elle fut espérée, imaginée, crue).  

Que l’insatisfaction soit la règle veut dire qu’elle est la Règle, l’éthique ontologique elle-même, la nature de notre être, cad de cette structure autre dont nous sommes (humain, moi, corps) les effets ; les grands sujets qui viennent à lui suite de Descartes, et y compris les allemands, s’épuisent à investir la structure cartésienne (qui se borne, lucidement, à seulement décrire ce qu’il voit), l’investir d’un contenu, qui évidement ne pourra pas être seulement un discours métaphysique mais une sorte de propagation notionnelle, une hyper notion, comme si le moi et non-moi figuraient des entités onto-métaphysiques, et comme ils ne peuvent cependant pas ignorer le renouvellement cartésien, tout se passe très mal ; ça n’accroche pas. La volonté ripe sur la volonté, jusqu’à Nietzsche qui énerguménise la dite, qui renomme l’essence même de ce que par « volonté », déjà au fondement cartésien, veut dire et la dite volonté qui était par les grecs et les systèmes les variations intentionnalisatrices à propos du monde donné là (lorsqu’alors la pensée était synonyme de volonté, il fallait penser pour se décider), et ce qui s’est décrit comme intentionnalisation husserlienne ; les mots sont différents et divergents, mais ils désignent un être réel, une structure effective, qui re-vient sans cesse évidemment identique en sa forme ; c’est le contraire qui serait incompréhensible. Mais ce faisant Nietzsche s’aperçoit d’une chose, si la satisfaction ne vient pas, il faut vouloir cette insatisfaction, et là, révélation.

Sitôt que l’on acquiert que l’insatisfaction règne en maitre, elle devient la Règle même du réel. Les grand sujet s’usent la santé de « se produire eux-mêmes » ; la porte est grande ouverte du déboulement des abominations, de même que les mois, tout nouveaux sur le sol du monde, deviennent malhabiles, fous ou créent les perversions ; les grand sujets tentent de se surmonter, de voir-par-excès, mais rappelons Descartes ne crée pas la structure, il en rend compte, personne n’a besoin de Descartes pour se structurer ; et chacun reçoit de plein fouet la difficulté et la bizarrerie de la structure et d’autant lorsque laissés chacun à soi-même, comme citoyen, comme romantique, comme pauvre moi, comme corps, comme en transformant son désir par un Objet, la structure est immédiatement présente non plus seulement au monde (il y a des tas d’objets dans le monde et tous, quasiment, correspondent au corps donné, aux désirs et envies du corps, le mélange est complet qui nous fait-croire que le corps trouvera son objet), mais présente au réel, à l’horreur insoutenable du « ça existe » ; le réel existe.

Le choc est fondamental, et par les deux français, pas un hasard, se transforme, très objectivement, hyper objectivement ; Sartre et Lacan ne nous laisse aucune chance ; leur arrogance (spontanée, puisqu’ils sont français) expose et décortique intégralement toute l’objectivité ontologique du sujets, de la structure telle que posée « là » dans le monde (dans le réel pur et brut).

La plus extraordinaire description du réel investissant la réalité et la réalité du commun y compris, du réel tel que « là » est celle de Philip K Dick (ou Lovecraft en son temps et lieu, si l’on veut une correspondance d’avec l’altérité fondamentale d’un a-humain et supra-univers réel) ; l’exploration du sans fond, des détournements de la réalité par et dans  le réel, l’étincelant et abyssal réel ; les images sont dans le miroir mais aucune image ne montre le miroir. Quantité d’autres descriptions sont seulement des arrangements ; avec l’humain, avec le moi, avec la satisfaction (Houellebecq), avec le corps, et tous les objets et toutes les images recyclées des temps passés, etc, toute la masse de romans, de récits, de cinéma arrangeant ; le moi, cette cohorte, veut tout reprendre et entreprendre à partir de son seul monde de mois, ce qui est tout à fait aberrant, une mesquinerie qui ahane de chercher sa satisfaction, laquelle est toujours très pauvre, très limitée, et dont le fondement, dans le monde de la réalité dure, est soit le corps, soit le fantasme, cad le corps halluciné (lorsque le fantasme en fait plus qu’un avec le corps de la réalité, soudé, soudé mais dans l’articulation qui est inamovible, incompréhensible pour le moi, qui croit « être » lui-même alors qu’il ex-siste de par sa structure, son sujets forcément impossible), ou autre version la race, la communauté, le groupe qui soudoie le corps, qui a comme fondement le même-corps d’appartenance.

On peut remplacer la structure de chaque arc par quelque identité que l’on voudra ; les sciences nous assignent à cela seul qu’elles admettent ; le donné (le donné expliquant le donné, ce qui est absurde). Ou les sciences humaines écrasant la possibilité par la description entassée de la réalité (une réalité sans aucun avenir, condamné à se répéter, heureusement que les esthétiques bariolées et celles des années soixante, sans parler des grands sujets poètes ou du surréalisme, ou des délirants esthétiques, en quête de surcroit d’une éthique ontologique de la perception (puisque le corps-autre se propulse par la perception qui re-vient du réel, du miroir sans images), les rock et pop imposent un corps réinstallé au cœur du présent, esthétiques qui forcent le réel à réinvestir ontologiquement la réalité étouffante du monde-donné-de-l’objectivité, de l’étatisme (de l’universel figé, gelé sur place, qui se continuera pourtant par les luttes et les libérations, qui peinent cependant à atteindre l’universel même ; de l’arrangement, toujours), de la techno-économie, de l’économisme comme idéologie absolue du corps donné, inerte ontologiquement ; toute cette acculturation verticale et ontologique du 20éme est essentielle, trempée au plus instantanément réel, y compris les transes (pop) et les ex-tases (existentielles, lorsque l’arc est au plus près du réel brut) du corps investi et désinvesti, tous ces objets et ces extériorisations aboutissant au renversement de la peau du corps (dépressions et lucidités), et si l’on y prête attention absolument contrôlée (au sens d’orientation et de désorientations), contrôlée on ne sait de où ; de quelle morceau de structure tellement assurée d’elle-même ? L’arc lancé sur le réel est cela même qui existe, et il le sait.

Orientations et désorientations, puisque l’arc est une structure qui n’est pas atteinte par les contenus, et qui lévitera entre le haut et le bas (puisque tout est réel) ; ce qui est très difficilement imaginable ; on pourrait penser à l’inverse que n’étant « rien », cette structure serait infiniment sensible et blessée par quelque décomposition que ce soit : et c’est vrai. Mais dans le même temps, n’ayant pourtant aucun visage et n’étant pas en mesure de résister aux atteintes, elle est structurellement imperméabilisée en son genre ; les réalités glissent et ne remontent pas dans la structure ; il est clair que croire mordicus que l’on est ceci ou cela, solidement aggloméré à une identité, quelconque, les identités sont toujours quelconques, nous soumet à l’horrible déchéance, au rebut potentiel ; savoir que la forme est au contraire parfaitement claire et nette, absolument précise et que rien ne peut la déjouer, ni l’empêcher de se jouer, c’est aussi admettre que l’on n’est pas ; ce qui est vivant dans un moi, c’est le sujet impossible. La forme à condition d’admettre, de se pénétrer le corps donné qu’il est une surface de perception, en-avant.

Le sujet impossible n’est absolument pas idéaliste au sens péjoratif. Il n’est possédé que d’un seul rapport, celui au réel même, brut et violent, sans rien, hors limite, puisque ce qui existe formellement n’a pas de définition ni de contenu, ni de détermination (et toute l’historicité occidentalisée montre, désigne, démonte ou commence le démontage de cette structure). Et la brutalité de la structure est inimaginable (raison pour laquelle elle nous permet de passer de toute image-idée vers toute idée-image, en direction du corps impossible, des images dans le miroir au miroir non visible ; hormis d’être atteint par la forme du miroir, il n’est aucun moyen au sein des images de se dépêtrer). Et le miroir ne se perçoit que dans l’idéalisme, au sens non péjoratif ; parce que toute autre représentation désignera une partie, quelconque, du monde (du moi, du corps donné) ; l’idéalisme, la pensée, dieu, le christique, le sujet, l’altérité sont des formules, des abstractions, des re-tours, de nouveaux tours à chaque fois ; en ceci que la structure progresse dans le saisissement de son architecture/architexture (du corps). Et donc des invisibilités qui échappent, tandis que toute dénomination du monde sera de toute façon du sable se décomposant entre les doigts. Insatisfaction sans visage et native ou figuration morcelée et tombante, au choix.

Voir les commentaires

La capacité de créer du réel

12 Octobre 2016, 15:01pm

Publié par pascal doyelle

L’arc du présent consiste donc à se-voir. Par quoi on peut dire, par figuration, qu’il se juge, le présent se juge. Il ne sait pas où il va, il est le chemin, la vérité et le corps. Il est au-devant de lui-même.

La structure de conscience est de ‘se supposer’ ; on ne prend pas seulement conscience de ceci ou cela donné, mais on ouvre la possibilité de percevoir autrement le donné ; ce que l’acte de conscience suppose au-devant, pour être performant, cad effectif, effecteur, réellement déterminant, entrainant des effets dans le donné, ce qu’il suppose doit ainsi être investi totalement ou le plus totalement possible de toute la mémorisation actualisable à tel ou tel moment du temps, de l’historicité ; Rimbaud était un latiniste ; on ne peut pas réintroduire le réel sans accumuler la réalité, relancer la forme sans être investi des contenus.

On a dit que lorsque les grecs imposent l’être, c’est la forme de l’exigence pure ; l’être fonctionne comme réinstallation, par le réel, de la réalité. De même dieu ou le christique ; ils in-forment le donné d’une exigence, d’une éthique ontologique, cad du maniement, de l’orientation (mais aussi tout autant de la désorientation) du faisceau de conscience ; comment doit-on supporter l’acte de conscience, comment former les horizons, et à partir de quel investissement ici même, dans le donné ; non pas comme idéalité ou théorie fumeuses ou répétition des formalités, des dogmatismes, mais comme attention à ce qui est là-devant ; l’être, dieu ou le christique ou le sujet ou l’altérité ou l’incrustation du moi (Sartre et Lacan) fonctionnent comme bords du monde. On soulève le monde donné là par le « là » du donné, cad de tous les donnés, de tous les mondes, et du monde donné unique universel (celui qui est en-deçà de toutes les représentations humaines ou individuelles).

Une version ou plutôt une avalanche d’interprétations du monde donné là, nous est tombé dessus avec Marx, feud, Nietzsche, Heidegger, et toutes les mises en doute possibles (et donc aussi les découvertes effectives des sciences, le monde est de fait autre et étrange et a-humain) ; c’est que l’on est, à partir de la position évidée du sujet (cartésien, penché sur le donné là comme étendue, autre), on est face à l’altérité du donné ; de même que Nietzsche ou Heidegger tenteront une reprise par une ontologie d’énergumènes, la saisie adéquate de l’horreur du donné là. Ce que Sartre et Lacan n’ignoreront pas ; la nausée et le néant, mais qui seront vite réglés, pas question de tomber dans le piège d’une élucubration ; qui en elle-même nous ouvre instantanément un univers, une présence du réel extraordinairement Autre, une plongée fabuleuse dans l’incarcération qu’est le monde, qu’ils tentent de soulever par une plus grande évidence, ce qui est franchement le statut que voulurent atteindre les grand sujets ; les sujets sont Descartes ou Kant ou Hegel ; les grand sujets débutent avec les idéalistes allemands et Rimbaud et Nietzsche, etc ; ils pensaient créer l’unité du monde déchiré par leur volonté, leur intention, se créer comme divin ou comme dieux.

La supposition que formule l’acte de conscience est de se prévoir, se positionner en-avant du donné, ce qui est impossible, mais cet arc bel et bien effectivement réel ; une conscience (qui s’utilise par ailleurs de mille manières) en sa pointe pré-voit ce qui survient, elle cause la survenue, l’en-plus ; et c’est en se situant non pas bien assurée sur sa raison ou son conscient ou son moi ou identité quelconque, mais via la surface-autre du corps ; soit donc dans l’individué le plus effarant ; celui qui ne se prévoit pas mais pré-voit, use de la perception en retour, ce qui veut dire en re-tour, un nouveau tour, qui est joué.

Il faut bien suivre ; ç n’est pas seulement que tel arc de conscience fait le tour de tout le donné là, et s’investit, investit, infecte son corps de toute l’accumulation, c’est aussi que cet arc peut potentiellement récupérer tout le virtuel, toute la possibilité structurelle de son arc ; qu’il est branché en direct (ou le plus instantanément possible, puisque cela est impossible en soi, on se tient ici sur et dans l’impossibilité même, le tour de force, la puissance, la potentialité), et enfin que cet arc soit apte ou se rende capable de recevoir tout le donné et tout le « là » qui se présente et c’est littéralement toujours, partout, pour quiconque tout le donné et tout le « là » qui se présente.

C’est toujours le même monde, le même réel, la même structure de conscience et tout l’ensemble de ce qui est et de l’exister se présente à même l’acte de conscience, de chaque conscience, de chaque faisceau de conscience.

C’est ainsi l’ensemble de toute la présentation est soudainement pris dans l’articulation, articulation de l’arc au présent ; le présent est la dé-concentration instantanée de tout le donné et du « là ». et c’est ce mouvement (qu’est le réel, qui n’est rien d ‘autre que le présent qui précipite sur sa paroir toute la réalité) que doit supporter le corps, le corps sous son mode de corps-autre ; en ceci Rimbaud doit recevoir et admettre en sur par son corps tout l’accumulation de tout ; et non pas retranscrire cet ensemble mais le relancer, et c’est uniquement parce qu’il est intégralement pénétré de tout le donné et du « là », qu’il peut avancer, obtenir l’en-avant de tout ce qui est.

Remarquons bien ; l’arc de conscience ne sait pas ce qu’il découvre ; rien ni personne ne possède cet en-avant ; l’en-avant lui-même l’ignore totalement ; le présent est ce qui crée le possible, la possibilité et ce à partir d’un encadrement structurel ; l’arc de conscience dans l’arc du présent. on a dit que l’arc du présent est un programme, mais c’est la forme même (la structure de conscience-de) qui est le programme et non un contenu qui serait logé dans la structure ; l’ensemble, arc et exister ou pour nous « présent », est une forme invraisemblable ; invraisemblable en ceci qu’elle est rigoureusement l’arche de la possibilité (on ne sait pas les mondes, les univers, les réalités qu’engendre l’exister et on ne sait pas a priori ce que l’arc de conscience pré-voit, et il ne le sait pas sinon de présupposer par son corps ce qui est potentiellement survenant dans la Perception Structurelle).

On ajoutera ceci ; l’arc qui veut tenir la perception advenante pour qu’il recherche le possible, il lui faut parier ; mais il parie de ce qu’il sent, de ce qu’il sent ayant admis comme surface autre de son corps la fine architecture du réel, du présent absolu, de l’arc un et individué ; a contrario de tout ce que lui impose le monde, le donné, les autres, son vécu, son moi, tout ce que l’on voudra, et qu’il ressent la Structure même, sous quelque variation que ce soit ; étant formelle la structure n’a pas telle ou telle représentation ou signe ou contenu ou détermination assignée ; les visions les plus approchantes de la Structure sont d’abord la volonté nietzschéenne, ensuite la « là » (de être-le-là) heideggérien et enfin l’acte de conscience sartrien.

Antérieurement la vision, qui était réelle et active, s’interprétait comme universelle (la pensée, le un, dieu, l’infini, le sujet, le concept, etc) ; il fallait pour que l’on quitte l’universelle interprétation que l’altérité s’introduise et même s’impose ; le monde, la vie, l’existence sont absolument, cad radicalement, à la racine, Autres. Par l’altérité on passe outre y compris le singulier ; le singulier paraissait une possibilité de s’opposer à l’universel, bien que, demeurant dans le cercle interprétatif de l’universel, le singulier désigne on ne sait quoi ? Lorsque l’altérité devient le principe pur et brut du réel, l’individué emplit toute l’attention ; l’individué ne peut pas être remisé dans l’universel ; c’est l’individué qui comme arc de conscience, un par un, s’avère, au sens propre ; devient la vérité. C'est-à-dire le réel.

De là que l’on ne comprend pas du tout Sartre et Lacan ; ils ne théorisent pas la réalité ou le réel, ils le montrent ; Descartes commence par devers tout le monde (à exhiber un être étrange), mais il doit se référer encore à l’infini, dieu (et ensuite les allemands s’épuiseront au Moi, non-moi, etc, ou à l’esprit sujet hégélien, qui est super pratique pour retrouver tous les devenirs mais ne signifie littéralement rien, sinon le retour de l’arc vers lui-même), mais si Descartes commence d’inaugurer qu’il existe une structure antérieure à la pensée et originelle (passant outre toute la métaphysique, celle qui tenait le discours comme réflecteur du un dans le monde, que ce soit le Un ou le dieu théologique), Sartre et Lacan la tienne telle quelle, sans rien ; sans tomber dans quelque interprétation que ce soit (serait-elle universelle ou ésotérique, nietzschéenne ou heideggérienne). C’est claquer à même notre face, une forme, un arc, se balade à la surface du monde et du réel, point.

Tant que l’on n’a pas institué l’individué, cad le sujet impossible mais nettement instauré ici même (les grands sujets croient que l’on peut créer le « sujet » et s’y meurtrissent, ils se veulent « grands » comme Rimbaud, Sartre non ; il exige, quoi, on ne sait pas, mais nous soumet activistement à l’exigence brutale), sans l’individué on ne comprend pas ; on continue de relier l’individué, l’exister, à l’universel ; on n’a pas encore compris que depuis Descartes on est passé outre l’universel , au sens de « on est passé vers la structure antérieure à la pensée » ; soit donc que ce qui réfléchit ce n’est pas la pensée, mais l’arc de conscience dans le présent, lequel est lui-même la réflexivité unique, celle qui engendre les réalités, les mondes, les univers.

En somme ce qui parait généralement et habituellement dans l’historicité comme un défaut de pensée, un échec, ou une déconstruction, l’aveu kantien de l’impossibilité, doit être relu ; ça n’est pas que la pensée (métaphysique) ait échoué, c’est qu’elle est passé à un autre régime, hyper actif ; par quoi la pensée, véritable, se nomme réflexivité ; réinscription de son attention antérieurement à la pensée énoncée, et attaquant à même la structure de conscience ; ce que montrent à l’envie Kant, Hegel, Husserl, Nietzche et H, et évidemment Sartre et Lacan. Ils ne cherchent pas à fonder la pensée à nouveau (bien que parfois le proclamant à qui mieux mieux, Husserl annonçant la science phénoménologique), ils analysent, décortiquent notre acte d’exister en sa structure et architecture ou architexture (du corps-autre, de par le moi, et l’objet même de Lacan) ; et il ne faut certes pas moins de trois siècles pour remonter le long de cette structure spécifique (antérieure à tous les mondes, toutes les représentations ou langages, tous les mois).

Voir les commentaires

Saisissement éprouvant

8 Octobre 2016, 09:30am

Publié par pascal doyelle

Que le langage, et l’écrit, recueillent les soubresauts de l’intentionnelle conscience, ne signifie pas que la vérité se loge dans le langage, mais que le langage est le moyen de l’intentionnel afin d’avancer plus loin. C’est en ceci qu’une psychanalyse pour l’analysant ou le corps amoureux ou une extase permet de broder un décalage de plus ou un décalage en plus parfois ; décalage qu’il perçoit tel par exemple la surface de son corps ; en vérité même si cela ne se désigne pas tel, c’est la surface de son corps ; celle que l’on ne voit pas, que personne ne voit…

Alors on dit que c’est dieu, pourquoi pas ?

Mais dans la constation du seul donné, ça se présente comment ? Par quel tour ?

Si personne ne voit la surface de votre autre-corps, c’est qu’elle n’appartient à rien ni à personne, et c’est pour cela que vous êtes radicalement à la racine libre. Votre regard n’est pas le vôtre, il est hors champ, et c’est là que « vous » vous tenez. Sans rien.

Il est clair que ça n’est pas une liberté tout à fait normale…

Et qu’elle n’est pas humaine.

Dont on ignore la nature exacte.

L’autre-corps est constitué de la seule surface. Rien d’autre. C’est cette surface que vous instruisez ; il est requis de tisser, dans le tramage de cette surface, via les mots, mais tout autre signe également, le schéma de votre temps passé à exister.

Ça se dessine de chaque micro ou méga décision, intention, image, idée, sensation, frémissement.

Point de vue : les mots servent de tremplin ; si les mots, les phrases, les textes sont des moyens, c’est qu’ils servent de repères, mais les repères ne sont pas la surface elle-même. Ils servent la paroi du présent. La surface est le regard que vous ne possédez pas, mais qui, étant hors de tout champ du monde, vous libère en vous assujettissant. C’est par là que vous devenez le sujet impossible. celui qui souffre tout le temps, il s’use comme ça.

C’est comme cela que l’on a une âme ; dont on ne peut rien dire de plus, dont on ne sait absolument pas si elle existe éternellement ou si elle renaitra et autres choses du même genre, ou alors si elle se colle à même le présent unique : fondamental kaléidoscope du réel qui se modèle au fur et à mesure ; votre kaléidoscope se trame au fur et à mesure de ce que vous instillez, lancez, étendez jusqu’à, vers la surface du corps, et c’est effroyablement difficile, la plupart du temps ça glisse. On n’en peut rien dire de plus, cela veut dire qu’il faut y consentir ; on en est saisi, on ne la saisit pas. Et on y a déjà consenti, mais ça c’est passé plus ou moins mal ou alors doué de l’extase inhumaine salvatrice par quelque bout, ah oui, ça c’est bien ! Mais ce par quoi on est atteint, délivré, enchevêtré, achevé on ne sait de où cela est perçu. Lorsqu’ils proclamaient la foi ou autre acte décisif, c’était non tant de croire en ceci ou cela, mais de tenir le pas gagné.

Historicité

Nietzsche conçût que cet acte de foi se justifiait de lui-même, dans la totale innocence, vide radical, forme sans rien, qui n’a pas de nom, qui n’a pas de mots ; il a consenti que l’acceptation effroyable, soit assumée, comme ça, sans raison, puisque c’est antérieur à tout et qu’il s’y tenait, lui, sur le Bord antérieur et vraiment, en vérité. On pourrait dire « plus on résiste, pire c’est », alors il accepte tout et succombe au donné là, essayant de séparer l’intériorité et l’interne structure (ce dont se créeront Sartre et Lacan).

Mais par ailleurs on ne peut pas résister ; on y est déjà. Donc on fait semblant de résister. On garde, quoi que l’on fasse, une face dégoutée, une horreur insoutenable, glissant dans l’indistinction, le gargouillis, et ce qui n’acquiert pas de distinction agonise, lentement, toute une vie, comme dit l’autre, le masque de la fin ; un repli, de toute manière absorbé par le revers lorsque livré au monde, et qui tombe physiologiquement dans le monde ; on y est écrasé, écrabouillé ; on ne veut pas la lumière, mais le problème est qu’il n’y a pas de lumière … la surface-autre n’est pas éclairée par le soleil du Un plotinien. Le un plotinien, tout ça c’est bien joli, mais ça ne se présente pas comme tel, ce serait si simple, charmant. C’est bien plus dur. Il faut le sortir de soi, de sa structure, pour rien. Parce que l’on a senti que « ça traverse ». Celle qui est retrouvée. Quoi ?

En fait ce sera par rage, définitive, et de tous les remugles du glimmung, du corps même, qu’il se convainc de se revouloir, en plus, et par haine même, par haine aussi effroyable que cette imbécile merdasse d’univers branlant, par refus de se laisser faire, par quoi que ce soit, et de s’arracher la peau et que cet univers débile, cette connerie monumentale, sombre dans le néant si il le veut, on s’en fout, on le conchie. Refus de se laisser mener par quoi que ce soit en quelque monde, vie, corps qui se puissent. Si on ne défend pas sa peau, on crève. Pourquoi Nietzsche est-il à ce point un énergumène ? Pourquoi Heidegger vire-t-il si mauvaisement ? Pourquoi Sartre exige-t-il une terrifiante décision dont on ne sait pas quoi ? Pourquoi Lacan nous grignote-t-il la cervelle au sang ? Pourquoi Rimbaud s’est-il barré ?

Chaque arc doit se distinguer, se séparer hors de tout. Le processus est de distinctivité, d’altérité. De creuser la forme ; qu’elle ait un dedans sans épaisseur.

Et c’est aussi le sens qu’il y eut à dieu et à cet autre-corps étrange christique (ça commence par là, ne vous leurrez pas, peut-être synthétise-t-il, en une fois, sidérante, d’innombrables expériences individuées ; la rage qu’il faut y tenir, l’assoiffé, jusqu’au bout, qu’il dit : va chier l’univers ! Je me sauve ! Tout seul peut-être … sauf le saint-esprit, c’est-à-dire tout le monde. C’est pensé très loin, le christique, depuis 2016 années vous êtes dedans son pli, et le reste qui eut lieu vint approfondir, un par un, le pli de chaque un).

La surface du corps qui n’appartient à rien et à personne, est larguée dans l’externe monumental et chaque conscience est l’interne structure (qui peut bien détenir tous les conscients, les mois, les identités, les humanités que l’on veut), le ressort articulé à la paroi du présent, face à face presque collés. Comme elle n’est rien et forme brute, elle s’en prend au corps, lui crée une invraisemblable perception une surface insaisissable. Le regard de ton amoureuse, de ton amoureux, va savoir, on se trompe excessivement ! L’interne mécanisme intentionnalisateur, qui nous exhibe, qu’on le veuille ou pas, qu’on le perçoive ou pas (il est perçu du point-en-dehors insituable) mécanisme de conscience comme extension de cet externe réel, mécanisme désincarcéré du présent ; interne structure et non pas intérieure structure (de là qu’elle passe par Lacan et qu’elle soit le corps distordu, le fabuleux opéra et la saison), mécanisme de conscience plié sur et par le présent seul réel.

Le plus joli ou le plus beau est que, quoi que l’on fasse, dise, devienne, chaque arc de conscience est de fait structurellement embarqué. On est déjà cette surface que l’on est, et on y travaille cependant, à la marge sans doute et c’est là la ruse : la marge fait tout. Le moindre signe indique. Le signe est ce qui démodule l’acquis, péniblement mais il faut être bien profondément rageux, autant que l’on peut, de A à Z, et étant si facilement déplaçable, le signe, le moindre, le rien du tout, est d’un tel accès, à condition, on n’a rien sans rien, à condition de l’excès, du disjointement d’une manière ou l’autre, et parfois très subtilement, un souffle mais porté par la distinctivité, ça ne sera pas facile… parce que tout se joue de la propulsion, ça ne se rejouera pas, ni ailleurs ni autrement ; ça n’est pas le plotinien ou le bon dieu, c’est autrement plus coupant et net. Il faut accepter d’être cloué, Descartes est cloué sur la surface de l’étendue du monde et il dresse la tête du clou, pareillement en une fois qui coupe le tranchant en deux. En deux, déchirant, de haut en bas, pas un iota qui n’y passe. Ça coupe du haut en bas, la surface est insituable sur le corps ; ça prend tout par un point que l’on tisse on ne sait comment. Et pour nous, ici, sans prétendre en quelque ailleurs que ce soit, ce qu’il indique, ce qu’il pointe est la surface de ce corps-autre, tenant entièrement tissé par la surface-autre, ligne en plus après lignes, échevelé par le point.

Pourquoi on s’emmerderait à se démener ? Toutes les raisons de l’horreur nous absorbent par le revers, se digèrent elles-mêmes … Parce que l’on a vu la vision ? Oui peut-être… mais ça n’est pas sûr. Et c’est bien normal, l’acte de conscience se préexiste, et lors même qu’il soit cela seul qui existe, et rien d’autre, il se tient de et sur le Bord, tout fin, finement ciselé, le plus possible, qui avance de sa propre perception.

Voir les commentaires

Le gouffre avalant de l’historicité

6 Octobre 2016, 15:07pm

Publié par pascal doyelle

De la pop-rock dans l’historicité.

L’éthique ontologique est ce qui se cherche depuis le début ; elle consiste non pas à quémander la sagesse ou s’instruire de l’art et la manière de se bine conduire, mais à commander au faisceau de conscience selon sa direction, sa direction au sens propre.

Vers quoi et comment doit se tourner le faisceau de conscience ? à quoi faut-il porter attention ? Quelle information doit-on installer dans le mécanisme de conscience de telle sorte qu’il puisse tirer de lui-même le maximum de retours de conscience, ou ses plus pertinentes possibilités?

On s’aperçoit qu’il ne s’agit pas seulement de sélectionner tel ou tel contenu ; ça n’est pas de se tourner vers le bien, le beau ou le vrai. Mais de se tourner vers lui-même en tant que processus ; le vrai, le beau et le bien viennent en plus, en sus, et ce ne sont nullement ces idéalités qui s’incrustent en premier lieu.

La vérité est que l’on a peut-être commencé par la fin. Les grecs ont commencé par la fin. Et tout dernièrement on est revenu à la base, au minimum, au plus léger, au plus subtil, au plus invisible.

Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan perçoivent, pour nous, pour nous tous, le plus invisible.

Parce qu’auparavant il fallait exposer, exhiber le plus manifeste. De sorte que cela frappe les yeux. Que l’on quelque chose à se mettre sous la dent, que ça croque un peu.

Mais lorsque l’on atteint NHSL (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan), oh c’est beaucoup plus duraille. On risque de se les casser, les dents. En un sens il nous est très facile devenu de comprendre Platon ou Aristote ; en apparence. Parce que ce qui au fond de Platon ou Aristote s’articule, se met en scène, c’est ce que découvriront NHSL ; par exemple il est beaucoup plus hard de penser Plotin, déjà ; on ne sait pas trop vraiment ce que le Un veut dire … Mais on voit bien que tout à coup Plotin pense de plus loin. Et que pense Saint-Thomas ? Qu’est-ce que c’est que sa distinction extrêmement étrange ; en quoi plonge ou prolonge l’existence ? ça nous est devenu obscur, si on désire la comprendre telle qu’elle fut une découverte en son temps, mais on sent bien que ça travaille quelque chose quelque part et que le plus obscur est ce qui nous anime.

Et de toute manière on ne saisit pas bien avec quoi tout cela a rapport. Là, ici et maintenant, au 21éme, en quoi cela nous concernerait-il ?

En réalité on cherche à penser ce à quoi qu’immédiatement on fait face. Ce qui revient à dire que logé dans son monde de moment historique, on tourne en rond, on recycle des acquis incertains, limités à la perception des yeux, des mots rangés dans les échanges, on ne voit plus le gouffre avalant. Aussi faut-il donc ouvrir grandes les esgourdes et remonter le temps. Parce que cette situation, ce situé nôtre, là, tel quel et qui se croit acquis si naturellement, est intégralement construit et percevoir de quel point, de quel Point, il se tient. Sinon on va décrocher. On va se moudre dans la détermination du moment, se rouler dans la fange, comme qui dirait, se coudre dans le monde donné bêtement immédiat.

Ça parait un peu schématique ; comme de dire que Led Zeppelin ou les Stones expriment, libèrent le souffle même de la Zic (ce dieu absolu). Ce serait en apparence aussi stupide. Quoi que. Quoi que je ne me vois pas mouvoir le corps du dedans aussi tellurique et zigzaguant que suivant la rock-pop. On se limitera aux années 60 et 70, parce qu’ensuite ça recycle beaucoup. Les années 60 et 70, c’est simple, ça fait l’effet de création du monde, on est transporté aux aurores de toutes choses, une ingénierie de surgissements ; c’est ce qu’ils furent. Ou la fin de toutes les réalités dans la forge du démiurge, comme dirait l’autre. Il faut tenir, autrement dit, pour vrai ce qui est acquis (tenir le pas gagné) ; ça n’est pas pour rien que la rock-pop est devenue l’ensemble de du rythme du monde. Croit-on vraiment sérieusement que ce fut pour rien et sans raison ? Qu’est-ce qui est passé, au travers et de biais ?

Bref.

Si au terme de toute l’occidentalisation, de l’occidentalisation de la pensée (qui au lieu de situer au-delà l’absolu, nous le montre ou tout au moins nous expose l’articulation ici même, dont on ne sait pas, occidentalement, si cette articulation en sa technologie propre correspond ou non à un absolu au-delà, ça on n’en sait rien et on n’en peut pas rien, occidentalement décider, mais occidentalisation qui consiste à montrer, démontrer parfois et démonter toujours la dite articulation et comment un être non naturel existe au monde), si au terme on parvient seulement enfin à exposer au plus près, au millimètre ce qui se passe et comment « ça » arrive, c’est par NHSL.

(On se restreint à NHSL, pour simplifier, mais ça se passe partout ; la rock-pop le signale bien. On remarquera les éléments disjoints, la démantibulation picturale des éléments, des lignes et des couleurs originelles peut-être, des formes antérieures aux formes ; autrement dit les pas gagnés ont force de révélation, rien n’eut lieu sans ses transcendantes raisons, ses raisons par-dessus le monde, les choses, la vie, les corps. Que dire de la restructuration de tout récit par la bande dessinée, ou des avenirs effacés par la SF ou de l’horreur caché dans l’origine antérieure à tout récit ; on atteint des sommets, cad des gouffres ; l’inversion de tout regard, on regarde au-dedans du réel, dans l’épaisseur des sons, des couleurs rendus aux éléments inapparents, qui ne s’exhibèrent jamais à ce point, nulle part et dont notre art fut de l’incruster dans nos yeux, et de recréer la structure de cette conscience, modifiée ou accélérée ou infiniment ralenti, à l’approche du gouffre ; non pas de meubler notre arc de conscience mais de regraver les circuits de conscience)

Le « ça » qui arrive dans le monde et qui recèle la puissance, l’arc antérieur à tout monde, qu’il soit naturel ou humain, est donc ce qui est pris en pinces par NHSL ; parce qu’au terme de l’historicité, et s’étant lui-même produit comme contenus hyper dimensionnés (les universalités, le vrai, bien, beau, les universalisations, le droit, les sciences, les acculturations titanesques, grecque, christiques, renaissance, révolution, démocratisation, mondialisation), il tombe nez à nez avec sa structure ; avec la structure, antérieure, qui a pu se produire par en-deçà de tout ; et donc s’étant distingué (de tout contenu), cette structure a pu s’accélérer (par les grecs s’augmenter, par le christique se renouveler, par la réflexivité, cartésienne, se déployer, et se déployer comme structurer réflexive, par NHSL remonter antérieurement au corps, non que ces pensées aient créé forcément ces mouvements, mais à tout le moins les manifestent à nos yeux, et donc par contrecoup ici et là, et parfois profondément et engendrant quantité d’effets historiques, ont amplifié, de leur énonciation même, la dite accélération),

S’étant produit donc comme contenus hyper dimensionnés, la structure s’est repérée elle-même au fur et à mesure et il fallut se rendre à l’évidence : les contenus sont des effets d’une structure vide mais formelle, hyperactive, activiste, qui engendre les mondes, les moments historiques, et qui finalement s’atteint elle-même, telle quelle, nue, sans rien, brute.

Voir les commentaires

Structure du Corps - 1

1 Octobre 2016, 09:50am

Publié par pascal doyelle

(Lacan, la psychanalyse comme terme, momentané, du réel)

L’arc de conscience est tourné immédiatement vers et dans le donné là, le monde, le vécu, le corps ; et elle est instantanément renvoyée par la paroi dressée de l’exister, la paroi du présent, accrochée dessus, arcboutée au réel.

C’est cet arcboutement qui est diagnostiqué par la psychanalyse ; soit donc que tout le conscient est dérouté, et que la feuille sur laquelle « cela » s’écrit, c’est le corps. Evidemment un corps étrange, l’autre corps, la surface-autre du corps, et la psychanalyse a du mal à distinguer ce corps-autre du corps donné, du corps biologique (d’où l’incertitude freudienne, réglée par Lacan) ; la surface qui cause problème, sur laquelle s’inscrit tout ce que l’on essaie d’être ou ce que l’on fut ou comme on a tenté d’échapper à ce que l’on fut, ou ce qui est happé par l’autre-regard, le regard destructeur, dévoratif (le corps-autre, embrouillé, est feuilleté dans ses psycho considérations, superpositions d’images fastes ou néfastes).

Et le gouffre ouvert sous nos pas est, d’abord, le regard de conscience, situé en l’autre, un autrui effectif ou l’Autre-qui-regarde, de l’intentionnalité de qui on se déclôt, le regard de conscience qui n’a aucun repère, qui n’est repérable nulle part ; on ne sait pas dans quel point de vue on nait. Et au fond de tous les points est pure et brutale angoisse. L’innommable. Dont on ne sait pas ce qu’il pense. Et qui étant innommé et innommable peut se confondre avec le corps, le muet, celui « qui ne dit pas ». S’il était défini, strictement, il serait manipulable, mais comme il glisse de conscience en conscience, feuilleté, on ne le saisit pas et donc nous sommes saisis.

Le moi croit qu’il est sous le regard, le sujet sait qu’il est lui-même le regard … Descartes sait qu’il (se) voit (l’entre parenthèse signifiant que Descartes souscrit à dieu, ce qui lui permet de laisser libre champ à) ce qui est, de fait, hors champ, et que la vérité soit plus grande que la réalité, comme on verra) Rimbaud non seulement sait qu’il se voit, mais il veut se définir lui-même en suivant non pas la ligne du corps, mais la ligne de la structure ; l’ambition ontologique de la poésie (les grands sujets contrairement aux sujets, Descartes, Kant, Hegel, croient possible de manifester l’impossible ; Descartes voit très bien que c’est un hors champ et que donc la vérité ne se manifeste pas).

Rappelons que le hors-champ c’est ce qui se tient sur le Bord et donc ne rentre jamais dans le monde, mais comme notre arc de conscience est lui-même sur le Bord, il sait bien qu’il se tient de là, et use de signes (du monde) pour manifester ce qui n’est pas dans le monde (puisque le bord existe et que le monde est ; l’exister est le présent qui crée de l’être, l’exister est antérieur et formellement hors du monde).

Comme l’arc de conscience (étant issu de la cervelle) revient vers le corps, c’est sur le corps que ça s’inscrit ; mais l’arc est un si large plan de réflexivité que ce qui se juge et se décide sur et par le corps est l’inscription tout à fait générale du sens « que l’on se donne » ; c’est en ceci que tout est entrainé par la machine du signe ; le signe fait signe ; il repère ; et pour cet arc le corps est en tout ou/et en parties un tel signe (le point de vue fuyant d’une conscience qui est hors champ, est quelle peut prendre toute position, et qu’elle est donc insituable ; on ne sait pas de quel point on se perçoit soi-même, c’est ce point que les sujets et grands sujets voudraient se tenir, et dont la psychanalyse nous apprend que l’on n’est jamais que « saisi par » et que c’est ce point externe, insituable, qui nous commande à être, ou nous épuise ou nous décroche, ou nous perd à jamais, et c’est tout à fait exact, sauf que ça ne se limite pas à cette logique intérieure au donné et au corps donné) ; et comme il est très dilué il est un signe total sans totalisation ; une totalisation ouverte ; accrochée à la paroi du présent ; une horrible douleur qui ne se referme pas, et horrible parce que l’arc est ce qui cause toute l’apparition dans le monde et toute l’intentionnalisation dans la représentation ; l’arc de conscience ne se fixe en rien ni quoi que ce soit ; il vadrouille.

Torturant tout de ses déplacements. Ses déplacements incessants ; une structure de conscience est considérablement active ; elle n’existe que de se mouvoir ; ce qui n’arrange certes pas la tranquillité des mois ; qui ne peut ainsi jamais se voir. Alors il cherche un peu partout des miroirs. Et plus il cherche plus il s’angoisse, parce que décidément « ça n’est pas ça », comme dit l’autre.

Il faut redoubler d’acrobaties pour tenir le coup, ou alors s’endormir. Endormir l’accélération de conscience (mais qui ne peut que se ralentir, stabiliser le point extérieur qui nous pense, regarde, fixe, fixe l’inconsistant).

Rappelons que le moindre signe, puisque nous nous trouvons dans un système ouvert et mobile, peut bouleverser intégralement non pas forcément la totalité des signes, mais bien plutôt l’arc centré, qui arcboute la surface du corps ; lorsque l’arc de conscience est atteint, par une séduction, une œuvre, une révolution, une mystique, etc, si ça n’est pas la totalité qui est renversée (parce que l’ensemble des signes est quand même assez fixé), c’est bien pire que cela ; c’est le centre innommable qui ne sait plus dans quel sens il tourne.

On comprend dès lors que si une atteinte a percuté le corps-autre, la mémorisation des déplacements de conscience (les points de vue sont inscrits sur la surface de mon corps), ça n’est pas seulement toute la cervelle qui est démontée, mais le rapport que « je » suis à « moi-même ». On peut très bien vivre une vie normale et dont le centre est ailleurs, absenté, mordu, défenestré. C’est le regard qui a divergé et ne sait plus, n’a jamais su sa position ; et ceci est structurel, mais est absorbé plus ou moins bien, et n’est pas nécessairement la « faute » d’un regard réel ; parce que finalement on n’est pas obligé d’accepter cet univers (lequel est monstrueux, comme déjà dit). Et on peut très bien également tombé amoureux, ou se convertir ou s’absorber dans une ek-stase existentielle (la racine de Sartre ou le soleil de camus).

Ça peut être pathologique, mais il est de toute manière impossible d’être « soi », puisque le décalage est constitutivement et antérieurement selon le processus ontologique même ; la plupart font semblant que non. Ils ont pu, su substituer au regard in / connu, une manière de se voir (en général en usant d’une stabilité par autrui). Mais la logique de l’autre regard est que l’on ne peut pas être l’origine de la conscience que l’on est. Si on était l’origine, on se contredirait. Le point de vue de conscience a besoin que l’altérité du monde, des autres, de l’autre regard lui disent qui ou quoi il est ; parce que sinon, si on se dit à soi-même « je suis ceci », ça ne tient pas ; ça n’est qu’un énoncé in-objectif.

Les grands sujets, si certains de l’accès qu’ils eurent à la ligne du réel, voulurent se voir eux-mêmes, se décider, se percevoir à partir de leur propre décision ; ça ne leur a pas trop réussi, enfin pour leur moi ; ils y ont sacrifié leur moi, démantibulé. Devenus fous ou dépressifs ou suicidaires ou délirants, ou en tous cas très malheureux. Rimbaud a tout laissé là. Comme le grand sujet n’est pas une solution pour le commun, cad pour tout le monde, on a promu une solution ; le moi. Le moi est ce qui fait fonctionner le capitalisme, comme dit l’autre. La raison d’être du libéralisme économique capitaliste est le moi ; l’économie est l’idéologie du corps. D’une surface de substitution du corps-autre (qui ne peut pas s’affronter lui-même) ; et d’une substitution spéciale ; elle transforme la surface en objet(s). Comme un seul ne suffit absolument pas, il en nécessite des quantités.

On ne peut pas affronter l’autre-surface du corps, parce que ça n’a pas de nom ; ça ne rentre en aucune formulation (et pour cela la psychanalyse montre, expose, exhibe comme le conscient est en réalité un ilot très limité mais en même temps transpercé, par le point de vue et par toutes les positons de points de vue que cela ouvre). Une des solutions de marquer le corps-autre est de percevoir selon l’œuvre. L’œuvre, l’esthétique, l’éthique (ontologique, pas la morale), la révolution (la politique en général en somme) viennent élaborer la surface et ce en l’augmentant ; d’une certaine mise en forme.

C’est parce que la destination naturelle, si l’on peut dire, de l’arc de conscience est évidemment le signe ; le signe est fait pour la structure de conscience : puisque c’est parce qu’il existe un arc qu’il y a des signes ; le signe est tout bonnement de signifier ; de rapporter ; et la conscience est strictement le rapport unique, exclusif (rien n’existe comme rapport à (soi) ; non pas rapport à « soi », mais rapport à (soi), en lequel le soi est le rapport et non une quelconque identité).

On ne repère que les signes mais que la vérité puisse passer avant la réalité (puisque n’importe quelle réalité n’apparait qu’assignée), de cette passation rien ne parait ; il n’est, de l’extérieur, mais même pour le moi, aucun signe tel qu’il signifie la vérité ; c’est ce dont seul témoin en est celui qui s’y tient, semblable à l’événement de Badiou, la fidélité ; or cependant ça n’est pas même assignable à un événement (qui, aussi indescriptible soit-il, vient néanmoins de ce qu’il peut constituer et continuer la mémoire, l’enquête) ; c’est que le témoignage étant inassignable, ne sait pas lui-même si il demeure dans la continuité de cette trace dont il veut constituer son trajet ; et en cela il s’agit de l’exigence, l’exigence à l’état pur (dont Sartre imprime l’extrême dureté, la morale sartrienne, celle impossible, qu’il n’a pas écrit, parce qu’elle est l’éthique ontologique fondamentale ; l’éthique qui continue le réel, l’exister, en le décidant, en décidant du réel).

On ne repère que les signes, mais c’est la surface-autre du corps qui se rapporte ; en ceci cependant que la dite surface du corps est créée par le retour de l’arc surgi de la cervelle, lancé vers le réel et qui revient chargé. Surface du corps qui gère, si l’on veut, outre les informations, les positions de conscience ; et psychanalytiquement le point de vue énonciateur qui m’a « dit », exprimé, montré, supposé, dénommé, qui, bref, a fixé ce qui autrement partait en tous sens incontrôlables mais aussi inconsistants ; l’inconsistance étant que le « se positionner soi-même » est invalide, ineffectif, et que le drame vient d’une effectivité suffisamment lourde que l’on ne peut pas la localiser sur un corps souple, le cuir durci, se tourmente et se sèche, et la tragédie lorsque l’on n’a même pas accès à la surface du corps, le corps s’étendant au monde, et l’on est fou ; puisque l’extension du corps équivaut à la disparition du corps ; que l’on n’ait plus de corps, plus de surface-autre du corps, est la torture abjecte ; pareillement que l’on soit en difficulté de désir ou de regard ou de correspondance est, en une moindre mesure, un tourment insaisissable.

C’est que pour obtenir un repère, un repérage minimal il faut mentir ou plutôt se jouer de soi ; soit donc subir que la vérité soit une réalité. On pourrait dire que le passage de la réalité (que l’on croit être) à la vérité (dont on reconnait qu’elle n’est qu’un énoncé), est la réelle structure que l’on doit obtenir, libéré par le flash de n’y être pas (puisque l’on existe et que l’être est un quelconque dépôt et que l’exister cela est impossible, mais réel et même le seul réel). Mais ceci c’est la formulation philosophique ; qu’est-ce que cela implique dans un moi ?

Et c’est bien ce qui est difficile à préciser ; lors même que l’on guérisse au terme d’une analyse, ça ne sera pas « dit » ; et la guérison est juste un glissement … on admet quelque manque ou erreur ou mensonge ou illusion, et on ne les remplace par rien. Ce qui est très gênant quand même. Qu’il faille un temps se déprendre et que cet abandon soit suffisamment marquant pour qu’il fasse signe, mais dans l’incapacité de penser ce décalage.

Il est tout à fait confondant que le passage de la réalité à la vérité soit à ce point indistinct psychologiquement d’une part et que d’autre part cette passation ne puisse être énoncée que philosophiquement… parce que si le moi est effet d’un sujet (impossible), c’est en toute rigueur logique et pensable ; bien qu’alors pour réellement penser, jusqu’au bout, cette passation, cette transposition de la réalité en vérité, il faille dérouler une telle ontologie et admettre une telle construction (ontologique) qu’il y a de quoi exténuer tout le réel. Puisque c’est de cela qu’il s’agit.

Cad que l’on ne parvient pas au bout de ligne, puisqu’elle est le Bord. Et qu’il n’est aucune totalité de la réalité ; il n’existe que la forme du réel, le présent, l’exister, ayant propulsé les réalités.

Passer de la réalité (que l’on croit être en vérité) à la vérité seule est une aberration pour le moi. Parce qu’il ne connait pas la philosophie. De l’extérieur on pourrait croire que la philosophie tient mordicus à la Vérité ; comment les philosophes, qui s’usent la cervelle à penser de tas de systèmes, ne seraient-ils pas au courant que la vérité est formelle et qu’elle engendre toutes les distinctions (que l’on prend extérieurement pour des contradictions) ; c’est la philosophie qui a créé, de ce que « Créé » signifie, la contradiction au sein même de la vérité et qui produisit ainsi la vérité formelle (comme fut créé la forme du sujet et la forme de l’altérité) ; de là qu’elle ait rendu possible les vérités, la profusion. La ruse susdite de Descartes (via dieu, l’infini, cad l’arc de conscience indéfiniment existant) n’est pas autre chose que cette conscience et précision aigües du réel, de la vérité, suspendue (Lacan a tout à fait saisi cette altérité radicale, même si il continue de croire ou fait semblant que la « philosophie », exception faite de Descartes (ou Hegel ou Heidegger ou Platon ou les stoïciens, enfin bref … tous en définitive), serait obnubilée et assujettie à l’une quelconque Vérité figée).

Philosophiquement il faut percevoir non telle ou telle pensée ou système (comme le moi qui choisirait dans le rayonnage selon son goût du moment) mais l’ensemble de l’articulation, parce que d’arc de conscience il n’en existe qu’une seule sorte. Non pas une seule sorte « universelle »mai une seule sorte à chaque fois individuée. Et cela doit nous mettre la puce à l’oreille ; qu’est-ce que c’est que cet univers qui crée des arcs, un par un, et par lesquels uns seule s’acquiert la véridicité ? Quelle est cette logique de l’exister pur et brut ?

Voir les commentaires