Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
instants philosophie

Le renouvellement du corps

30 Avril 2014, 13:59pm

Publié par pascal doyelle

La question essentielle est donc ; quelle est la réalisation essentielle de notre être ?

(Il est cent manières de se réaliser, c’est évident, on interroge donc spécifiquement la réalisation intégrale de notre être en tant que réfléchissant sa possibilité, mais si cela laisse à chacun la capacité de devenirs, en même temps puisque l’on se saisit de l’essentiel, c’est au travers de l’esthétique, de la politique, de l’humanisation ou de la personnalisation, cet être que l’on retrouvera ; quand bien même serait alors, en cet essentiel, non reconnaissable immédiatement).

Comme vu précédemment, notre-être n’est rien que la fine pointe articulée au réel qu’est la conscience. La conscience n’est rien, sinon ce rapport. Le rapport qui relance la cervelle vers le donné « là », et qui ne comporte rien en tant que contenus. On n’y retrouvera pas l’esprit, ou l’âme, ou l’idéalisme ou le sens ou quelque intériorité ou personnalité ou moi que ce soit. La conscience est un être existant à demi qui prend appui sur n’importe quel ceci ou cela ; elle est ainsi réflexivité au sens premier, elle réfléchit ce qu’elle perçoit. Elle ne contient pas le perçu, qu’il soit chose ou signe, langage ou idée, etc, elle n’est rien que l’articulation. Et ce faisant ce qui est le plus infime et le plus irrégulier, le plus fragile, volatile, vagabond, incertain, est le plus déterminant ; puisque n’étant pas un contenu, elle n’a pas à transporter un tel contenu qu’elle serait, mais il lui suffit d’agir et de provoquer sa structure propre.

Cette articulation est au bout du bout, le corps ; le corps en tant qu’il se déplace à la surface du monde, ou d’un monde humain, ou le corps d’un moi. On sent bine que si l’on dit que la conscience est au bout du bout un corps (et non pas une idée ou une identité ou une personne, etc), on sent bien que la conscience est perdue dans le déplacement de ce corps ; elle s’oriente par le corps parce que dans le monde, c’est tout ce que l’on a. le seul repère qui demeure est le corps ; les images, idées, décisions, autruis, vécus passent, mais le corps demeure.

Il ne serait pas faux de signaler que par l’articulation du corps dans le monde, la conscience bat en brèche la cervelle ; par le corps elle refuse de succomber à l’énorme irréalité toute puissante de la cervelle (qui vit de son propre rêve, se nourrit de sa propre substance, entrainant une partie du langage, du conscient, du moi, de la conscience même). De même par le corps c’est l’universelle règle d’exister.

L’universelle règle d’exister consiste à transmuter le corps. Et tout à fait absolument à modifier le corps de telle sorte qu’il soit pure surface de perception ; de la perception la plus dense et concrète mais aussi la plus subtile et la plus structurante ; l’esthétique, la vraie, est de porter la perception de telle sorte qu’elle soit intellective, sensible, sensationnelle, qu’elle soit idée (et rapport au réel comme ob-jet, objet non évident du tout), de telle sorte qu’en retour le corps soit capable de l’ob-jet ; de l’ob-jet dont on est privé, que l’on peut seulement recueillir en signes, cad dont on peut élaborer non pas telle possession ou telle jouissance ou telle immédiate finalité, mais de l‘ob-jet qui rejaillira comme pur intentionnel, qui permettra, et contient en lui-même la capacité de démultiplier l’intentionnel, de pourvoir à des multitudes de conscience que l’on prendra, que l’on sera, qui deviendront.

Mais par l’esthétique la conscience refuse tout aussi bien de tomber sous les corps du conscient ; c’est non pas le conscient (et la gloriole de se idéaux, fort admirables mais qui pèchent de ne pas suffire à atteindre la conscience ; le conscient s’impose au conscient, mais on ne peut pas convertir, accéder à la conscience même, celle qui perçoit le donné gigantesque, qui lui correspond, qui se calcule abscons dans l’océan des données), mais la conscience qui devient par l’esthétique (de même en leur ordre par l’éthique, la politique, l’idéel, toutes les articulation réflexives universelles, mais aussi par les dérives du moi, folies ou désordres, en un infra comportement qui veut se libérer de, qui est donc, libération, incluse dans l’humanisation et la personnalisation lorsque celles-ci ne s’effondrent pas dans l’immédiateté, dans de pauvres objets ou de pauvres corps).

C’est la conscience, qui n’est plus du tout le corps donné là ou le corps du moi qui le marque de signes et de conscient et d’autruis et de langage, etc, mais qui est le renouvellement du corps par cet influx absurde, inexistant, impossible, qui place, déplace et replace le corps en tant que par lui on accroche aux intentionnels ; non pas à cette œuvre ou cet objet, mais en un ob-jet totalement étrange qui renvoie à.

On comprend bien que l’on ne peut pas atteindre la conscience mais que d’une manière ou d’une autre elle veut s’atteindre ; elle se cherche et étant parfaitement et uniquement active (elle est formelle cad réflexive, réfléchissant un donné), c’est dans l’activisme même qu’elle se saisit, par un bout.

De même de la pensée ou du sujet cartésien on ne peut pas se saisir ; on est saisi. C’est une version tronquée qui caricature la pensée ou le sujet su le modèle du « qui sait ce qu’il fait ». Il suffit de lire les grecs ou Descartes ; on en sait pas du tout où l’on va, ni ce que l’on est (une « chose pensante », qu’est-ce que c’est que ça ? Descartes n’essaie pas même de la définir ; il la montre).

Ce par quoi on en est saisi, c’est le corps. Et ce qui trompe c’est que l’activisme de conscience (de conscience non de conscient) emploie tout ce qu’il trouve à sa portée ; ça n’est pas une immédiateté. Une œuvre est construite, élaborée, en répercussion plurielle aux autres œuvres, en son moment historique, dans la confluence et l’affluence de tout ce qui se présente, dans les perturbations ou conflits du moi, de cette personnalité même, etc, tout ce que l’on voudra ; l‘œuvre conclut (en ouvrant le rejaillissement intentionnel, en le libérant) tout cela. Le corps qui en ressort est le corps travaillé, torturé, découpé, recomposé, son renouvellement, tel qu’il s’acte lui-même.

Ça n’est donc pas un conscient ou une lettre de conduite ou une ordonnance extérieure ; de tels impératifs ne parviennent pas à la conscience en acte, agissante, mais qui comporte ces extériorités. Les sciences sont prises elles-mêmes dans le renouvellement du corps général et de chaque corps individuel. Tout discours est au bout du compte porté dans et vers le corps devenant.

Parce que celui-ci perçoit et ce qui est en intimité incoercible avec la perception est la conscience hors de la cervelle, qui rabat la cervelle vers le donné gigantesque (dont nul discours ne rend compte), et qui, conscience, calcule en percevant. Cette zone est en périphérie, hors de l’orbite, est au bord du monde (du monde connu, identifié en un moi, parlé dans la communication, etc).

Lorsque l’on avance que la conscience est l’articulation qui ne contient rien de la cervelle au donné là, on appuie donc ceci ; que la conscience contient potentiellement et de façon tout à fait externe à son être cependant ce qui se présente, ce qui est perçut, elle réduit par exemple le mot au signe et peut tout à fait percevoir un signe et l’articuler, sans le comprendre consciemment, pour elle le mot est débord une perception visuelle ou auditive. C’est par le corps qu’elle pense, énonce, parle.

Voir les commentaires

Le moi comme catastrophe véritable

27 Avril 2014, 13:24pm

Publié par pascal doyelle

Le moi est en lui-même totalement une catastrophe.

Notons bien qu’il y ait un Moi, est un acquis, une conquête, une performance, du jamais vu , en quelques sociétalités que ce soit, et que ce moi se déduit, lui-même, de l’humanisation (la réalisation de l’universel philosophique en tant qu’Etat de droit, et d’abord de constitutionnalité, dont l’essence constitutionnelle est la démocratie ; qu’un Etat dérive en étatisme (de quelque manière que ce soit, soft ou hard, est une mécompréhension radicale de l’Etat dont l’essence est le démocratisme, qui donc «doit favoriser les mois et les sujets en ces mois », autrement dit qui augmente les continuons d’exercices des libertés, de l’être libre récupère la pouvoir autant qu’il peut là où il est), et que suite de l’humanisation la personnalisation (qui devait aboutir à une sorte de personne idéale qui n’existe pas), il en résulte un « moi ».

C'est-à-dire un être chétif, dont la qualité est précisément sa chétivité.

Le moi est cependant une catastrophe en ceci qu’il ne possède aucunement sa résolution ; la résolution des problèmes du moi, ses déboitements idiots ou ses conflictualités aberrantes, ne se résolvent pas. Pas du tout.

C’est que le moi, qui se croit une identité (moi-je, suis un-tel), n’est pas un être, une essence, un état de chose, n’est pas un objet psychologique ou sociologique ou ce que l’on voudra en « ique », mais il est un processus. La personnalité que l’on voudrait toute une, est un processus dynamique, (est une personnalisation, de fait dispersée dont elle tente de réunir les causes en posant sans le savoir un objet qui serait en soi désirable, mais qui est en réalité construit et artificiel), et qui n’existe, ne tient que de se projeter en avant.

Ce qui relève du dynamique se constitue comme intentionnel, mais l‘intentionnel le moi le connait pas (rappelons que l'intentionnel n'est pas ici un contenu, un idéalisme mais est l'articulation vide vers le donné, le réel, en bref ça ne constitue pas une idée de soi, mais un corps, ses gestes même) ; le moi connait, ou croit, ses objets. Ses objets sont sa, ses raisons d’être ; l’objet est désirable non d’être constitué tel par l’intentionnalité, mais en tant que possédant supposément des qualités qui le rende désirable. Or l’objet est donc toujours construit et abstrait et non pas désirable en soi et raison d’être. On ne désire pas la réalité mais on désire à partir d’une structure qui se fout excessivement de la réalité, qui la constitue comme réalité désirable. Ce qui se constitue comme dynamisme du moi, ses objets, est relatif non au moi, mais à l’intentionnel, pur et formel, et donc ne trouvera jamais dans l’objet lui-même de quoi se satisfaire. L’intentionnel seul « satisfait », cad en fait relance l’intentionnel. et pour résumer, le moi désire sous sa propre formulation, ce qui se constitue sous une autre, celle intentionnelle et qui est relative non au moi, mais au sujet, et s’étonne ou se désespère de jamais trouver dans l’objet ce qu’il y a placé, déposé, tenu en réserve de son identité. Le moi n’obtient aucune résolution qui ne peut se parvenir, accéder à soi, qu’en tant que sujet. Lequel n’est pas du tout le moi(et lorsqu'il passe du moi à son sujet, il s'aperçoit qu'il n'y a rien de désirable, mais que c'est autre chose qui s'active; la source même structurelle).

Il est évident que si le moi est la suite de l’humanisation, ce serait éminemment dans l’humanisation, dans l’universalité, qu’il pourrait se saisir de soi, en remontant de son état de moi à ses conditions d’élaborations d’acculturation ; de remettre à jour l’universalité, d’augmenter sa faiblesse de moi par la validité universelle ; esthétique, éthique, politique, idéel (science et philosophie), d’une manière générale de passer de l’état de moi au statut de personne.

Ce serait souhaitable, mais ça n’est pas l’essence spécifique du moi, qui à la fois est bien plus désordonné, incohérent et bien plus concret et en un sens « profond » en ceci que comparativement aux idéalités de personne, il creuse à même le concret de son être-« là ». L’être-là du moi est le plus inquiétant et pour ainsi dire, le plus inconvenant qui soit ; le moi ça part dans tous ses états, de la névrose à la psychose, de la perversion à la dépression diverse et variée. Parce que le moi si il est cohérent avec sa technologie même (le moi est une technologie), veut la vérité et que la vérité est pour lui, il le sait, non pas l’idéal de la personne (bien régulée et ordonnée, bien rangée), mais est l’embrouillamini effarant du donné tel que « là ».

Qu’est-ce que c’est que « ça » que je suis ?

Le moi, cohérent avec lui-même, avec son principe désordonné, sait bien qu’il n’est pas raisonnable (et n’admet l’universel que de loin) et qu’il n’est pas heureux (démolissant toute idéalité superficielle qui le définirait comme satisfactions, profits, profilant de la « vie », etc° ; ça se voit et il le sait. Il en est la conscience accrue. Il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles ; aussi ridicule et absurde que soient les mois, cad tout le monde, ça vaut le coup, ça vaut ce que cela explore ; le donné même, le donné absolument pas raisonnable, qui ne peut pas être raisonné, et qui pour n’en pas pâtir à l’extrême réclame une pensée. Névrose, psychose, perversions, dépressions et borderliners, effectuent cette horreur indicible qu’est pour tout moi (qui admet la vérité, cad la cohérence) qu’est la réalité, le donné, le vécu, le monde ; c’est un désordre sans nom. Une masse informe ; dont le poids repose sur les épaules ou le dos de tout moi. Il doit gérer « ça », ce truc si évidemment débile et débilitant.

Structurellement le moi est une synthèse ; il admet maints composants dont il doit assurer l’unité ; cette unité est une intentionnalisation (dont il ne trouvera jamais la résolution dans sa formulation de moi mais uniquement en celle toute autre de sujet, de sujet non comme « subjectif » mais de sujet réel). Le moi se tient sur toute la gamme de la perception, du conscient, du langage et des autres, de l’inconscient, de la cervelle et du corps, y compris ses physiologies. Il réunit tout ça tant que faire se peut. Et si il s’articule intentionnellement et existe dynamiquement, c’est que la réflexivité lui intime de passer outre tout ce donné là, et de se projeter comme désir et objet de désir. Ce qui est l'articualiton structurelle hors de la cervelle (et de tous ses contenus et dispositifs).

Mais ce désir et les satisfactions supposées, imaginées, fantasmatiques, de cet objet et ce désir-même échouent ; ça échoue tout le temps. Si le moi est proche de son désir, ça part n’importe comment ; ça ne mène à rien. Si il tempère ce désir, il peut plus ou moins s’adapter, se transformer en personne, bien idéale, et cela est tout à fait louable, mais ça perd ce qui constitue le trouble-fête du moi en son intégrité déraisonnable. Si il n’existait de vérité de la nécrose, psychose, dépression et autres dérives, on ne voit pas que tout cela existerait.Le

Voir les commentaires

Le dépassement des choses

26 Avril 2014, 09:58am

Publié par pascal doyelle

Au vu des diverses interprétations, compréhensions qui courent, on pourrait croire que le devenir de l’ancienne philosophie fut cent fois bafoué, annulé, privé de possibilité, mais en réalité il n’est qu’un seul devenir qui se soit rendu réel, et immanquablement.

(On ne reviendra pas sur les réalisations effectives de l’intentionnalité ; sciences, évidemment, mais aussi Etat (en tant que démocratie, la démocratie est l’essence de l’Etat et non pas l’étatisme l’essence de l’Etat), le droit, l’acculturation généralisée, soit donc l’humanisation d’une part et la personnalisation d’autre part, la technologie et la mass médiatisation (qui rend l’image de soi communiquée vers la coordination générale), etc. Se priver de tout cela serait invraisemblable).

Évidemment cette interprétation doit admettre que la philosophie a effectivement et réellement mis à jour notre-être, non pas telle ou telle version ou tel ou tel système d’idées de notre être, ou que la pensée en général soit seulement un agrégat plus ou moins réussi de contingences, mais bel et bien que fut porté au jour notre-être de plein fouet, tranchant comme une lame. Et que c’est cet-être qui se nomme en tant que structure réelle ; l’être est un Réel, comme surface vide formelle, neutre ; le sujet cartésien est un Réel, que l’on ne peut contraindre de l’extérieur, toutes les idéologies ou sciences que l’on voudra ne peuvent pas remonter dans le sujet même, mais le supposent, la science comme sujet qui s’absente, qui fait comme si il n’existe pas, les idéologies comme universalisation à outrance qui méconnaissent qu’il y ait des sujets.

C’est notre être qui pointe le bout du nez par les grecs. Ils ne créent pas cet être, et cet être est devenu cent fois auparavant et ailleurs, mais non pas sous cette formulation précisément. Ce qui fut élaboré partout se tenait comme synthèse, réunissant le donné, la détermination, la localisation, le groupe lui-même, les échanges particuliers, le monde donné tel.

La Pensée intentionnelle

Ce qu’extraient les grecs est la suspension de telles synthèses, et la rencontre de notre être par lui-même. De fait cette coïncidence impossible se prête comme Pensée ; il faut comprendre la pensée comme le maintien de notre contrôle sur ce qui est intentionnalisé. Par le détour du signe le rapport de notre être à tout contenu est épinglé, articulé, réarticulé, rompu, remodelé et doit se tenir en vue de lui-même ; toute conscience énoncée est sujette à une ré-énonciation, ou donc peut être ré-entamée par une autre intentionnalité.

De sorte que le jeu intentionnel qui est alors enfin encerclée (sous la formulation que ça n’est pas possible de circonscrire l’intentionnalité libérée) le jeu est entier et non pas déporté dans tel ou tel donné, chose, immédiateté. Le jeu intentionnel est ouvert et non pas fixé sur tel ou telle chose, le divin approprié, la Vérité unilatérale, empereur ou rituel, mais ce qui s’est initié est la pleine vérité formelle ; cad vide mais qui se sait vide et surtout se sait formelle et élabore un tel système mais système intentionnel qui produit non pas telle ordonnance mais des cohérences ; c’est nativement que la pensée crée des systèmes), le politique s'institue (personne ne l’incarne), aucun comportement n’est prescrit (on peut réaliser tout ce qui n’est pas interdit, plutôt que « ce qui n’est pas autorisé est interdit » ; cela ouvre le champ entier du possible, nanti d’un système formel de base), l’apparence même des choses peut se parcourir de variations qu’aucun schéma ne restreint, aucun geste n’arrête, aucun rituel ou prescription antérieure à l’apparescence de l’ob-jet, esthétique ou inquiétude quant à « ce que l’on perçoit vraiment ».

Autrement dit vérité, être, le un ou le « tout ce qui est », sont insituables ; la vérité n’est pas telle vérité mais le principe de vérité, l’être est une surface neutre et vide, le un est un repérage qui permet de situer mais ne se situe pas lui-même (on ne sait pas où ni quoi ne faire, c’est lui qui fait-être les choses, les idées, il rend donc chaque chose à elle-même…), le tout est non pas un ensemble de tas de trucs, mais est une formule toujours en suspension.

Ce qui se produit c’est donc la relation non évidente, hors de toute vérité définie, de la conscience à sa propre intentionnalité, laquelle, saisie, ne peut pas ne pas être cohérente ; si il manque un morceau on ne comprend plus rien et de ce fait on est exclu du jeu, on succombe à un donné, on se fascine pour une détermination.

Le mouvement philosophique consistant à ne pas tomber dans le donné, mais aussi à élaborer un système formel qui permette que jamais on ne déchoit, que l’on ne se coupe jamais de la source, de notre être formel, et en des pratiques qui culminent en des idéogrammes impossibles ; le Un, la vérité comme principe, l’être, le sujet ensuite, etc, formulent l’impossibilité même mais en tant que l’on en a la conscience, et donc que l’on est cette conscience (être spécifique qu'il faut alors détourer en créant le vocabulaire et la syntaxe adéquate, la syntaxe ontologique).

Ou donc la conscience n’a pas d’objet, n’a pas de désir qui supposerait un objet (c’est l’intentionnel qui croit que cet objet est en lui-même désirable ; si il est en lui-même désirable il est la ou les raisons d’être de mon être, or mon être n’a pas de raison, il est l’être en cours qui se déverse), et cette élaboration n’est pas seulement pensées, mais est pratiques qui se produisent. De même que l’éthique devient non pas conformité à un comportement, mais la possibilité des comportements, qui en retour se multiplient de ce que précisément la Règle en est représentée, manifestée, exposée. Kant ne définit pas seulement telle règle, il recherche le système de toute Règle qui puisse se reprendre indéfiniment dans le donné, le monde, le vécu.

Le seul objet admissible, qui ne me supprime pas, est l’ob-jet, celui qui fait retour et permet que je sois en acte l’intentionnel qu’aucun contenu ne dépasse, ce qui m’empêche de tomber dans un donné, négativement, mais qui, positivement, peut commencer et recommencer de devenir, à partir du rien formel, comme déploiement de sa possibilité, pensée ; non pas de désirer le Un, mais de formaliser le un, ce qui est tout différent et casse toute ambition de posséder quoi que ce soit (étant entendu que celui qui possède est en réalité possédé). Aucun contenu ne dépasse, mais l'intentionnel rejaillit de ses contenus élaborés ; la politique est en soi difficile, l’esthétique est libérée, la perception est variations indéfinies en possibilités, la pensée (l’élaboration de l’articulation intentionnel à propos de ce qui est) et la philosophie ne s’arrêtent pas aux systèmes.

Le système philosophique, qui se montre partout en ses pratiques mêmes, est de re-commencer (à partir de zéro mais compte tenu de tout le reste), recommencer l’intentionnel pur ; puisque l’on doit à chaque fois réentamer la réalité. Au travers des systèmes, c’est la réélaboration intentionnelle (qui refuse de se laisser faire, avoir, cuite et recuite dans un donné quelconque, tout donné est quelconque en comparaison de la forme de conscience) ; loin de cibler une Vérité, c’est la formulation de la forme dont l’intention ne se connait nulle part et qui architecture non pas son manque mais la source qu’est cette forme (elle ne comble pas un « manque » qui présuppose toujours on ne sait quoi, mais elle crée des possiblités).

Voir les commentaires

La condition inhumaine

24 Avril 2014, 08:12am

Publié par pascal doyelle

Les dernières pointes qui avancent dans et par la réflexivité découvrent le réel.

C’est le heurt sur lequel tombèrent les consciences en ceci qu’elles s’aperçurent que la réalité existe. Que cette existence est « là » au-dehors. Que rien ne peut l’entamer. Il ne s’agit pas seulement des malheurs qui arrivent, des attentes impayées, des amours impossibles, etc. Il y est question que la conscience ne pénètre pas dans la densité de ce qui est.

On n’y a aucun accès.

Il est possible de découper ici et là des cercles de déterminations, ce sera le vivant, cet arbre, des textes, tout ce que l’on voudra. Mais la densité d’existence est non connue. Notre être n’est pas cet être « là », existant en son unité propre et aucune pensée, aucune intention, aucun projet ne s’y produit ; nos intentions demeurent à la surface, survolent le donné réel, sans même l’effleurer. Il est peut-être possible d’exploser cette planète, mais ça ne change rien. Le réel est inamovible.

On pourrait croire que l’absurde ou le désespoir ou la mort dans l’âme, sont des expériences négatives, qui nous clouent au sol inaltérable. Mais il s’agit très exactement de l’expérience privilégiée, la dernière expérience ontologique, touchant l’être même dans son épaisseur, qui résulte du heurt frontal de notre être de conscience, contre le donné « là », l’existence en soi.

Ce qui donc signifie que l’on est parvenu, au bout d’un déroulement parfois chaotique ou désordonné, mais statistiquement imparable (de la pensée grecque à Husserl), on est parvenu à laisser coïncider en un face à face non descriptible notre être de conscience et le « là ». Tel que chacun est directement en prise impossible avec cet être, le réel.

Ou donc plus aucune interface entre notre être, nu, dépouillé, et le là des choses. Notre être purement réflexif qui ne sait que son unité, se brise sur le là du monde donné vécu. Le décapage est radical. Notre être est scié en deux de s’effondrer en son unité en plein sur le donné imperturbable. Et les mots qui nous reviennent d'alors sont « ça existe ».

Notre être admet pourtant ainsi une unité ; il se dit qu’il n’est qu’une vibration sur le donné du sol réel, mais cette vibration se sait. Elle existe elle-même d’un être non identique au donné, hors du réel solide. Au point qu’il va douter de sa propre réalité, mais tenir bon malgré tout ; Sartre est poussé par une exigence qui doit, à tout prix, s’imposer au là globuleux, nauséeux, absurde et pour tout dire abruti, idiot, informe en comparaison (aussi compliqué ou complexe soit-il, c’est un ramassis de données sans fond, sans prise, totalement étranger à « ce que nous sommes » en cette fine pointe ontologique de la conscience qui se heurte).

Ce qui remonte au jour ça n’est pas seulement l’être « là » des choses, la résistance fondamentale de ce qui est hors-nous, mais c’est aussi le rapport parfaitement objectif de nous avec notre être ; notre être est presque aussi déroutant de s’exiler du donné « là », qu’est, extérieur et inerte, cet être des choses. Ça n’est pas tant le pathos qui est joué, que la curiosité incompréhensible que ça ne coïncide pas du tout, que nous n’avons rien de spécial à faire ici même. Ça n’a pas de rapport, et notre être de conscience n’existant qu’en tant que rapport, le réel coupe court à notre flux. Ça arrête net que nous soyons, que nous soyons quoi que ce soit. sauf la fine pointe exigüe impossible.

Parce que si c’est la densité des choses qui nous est impénétrable, autant laisser tomber. Tout peut bien continuer comme avant, il y manquera la substance même. Nous sommes jetés dans le désordre ou plutôt en un désordre inattendu ; que ça ne correspond pas dans la nature même de ce qui est entre notre être et ce réel là (tout ce qui est en sa surface). Ça échappe par un bout et ce bout qui manque soudainement affaisse tous nos pas, sinon de faire semblant, de faire comme si rien ne s’était passé, alors que tout, notre substance même, s’est volatilisée au contact instantané du réel. Notre substance imaginaire, ne nous advient que le squelette de tous nos effets.

Et cet étonnement n’est pas une bizarrerie qui toucherait ceci ou cela de nos parties d’existence, mais cette rupture, ontologique, atteint et fait apparaitre, provoque la naissance, le surgissement de notre être nu, encore plus dépouillé, l’os de cet être que nous sommes. Sans la conscience aigue de l’absurdité, l’horreur et l’incomparable désordre fondamental, bien au-delà des misères et des malheurs (qui sont ceux du sens de la vie, désir, rêves) notre conscience se serait loupée, manquée, s’ignorerait, continuerait de rêver, de se rêver substantiellement (comme si elle était chez elle, d’une manière ou d’une autre). Là plus moyen de tricher, notre être est autre dans un réel radicalement autre.

Radicalisons et approuvant notre être tel dans un réel horrifique en sa moelle, on replace l’étonnement inattendu, le coup de foudre, la scission, dans le devenir général de notre-être ; sa réflexivité est descendue dans le plus concret le plus immédiat, en chaque moi humain, livré à lui seul, sans interface, et c’est brutalement que l’os de notre réalité, l’être, la fine pointe arcboutée sur le réel, la conscience-de, se jette dans le donné tête baissée ou est jetée contre le mur-qui-est. La même réflexivité grecque qui animait le monde immédiat de la pensée insufflant la cohérence et nous acquérant le monde cosmos et vivant intellectivement, augmentant toute la surface de notre être, cette réflexivité est en ce terme réduite à nue à cette-conscience, et avance plus loin. L’anéantissement de toute notre substance, nous libère pour le Grand Dehors. Le reflux de la cervelle ne conserve que l’os, l’articulation majeure.

Voir les commentaires

La valeur du Moi

20 Avril 2014, 16:44pm

Publié par pascal doyelle

Pour résumer, les grecs découvrent notre-être, cad une structure réelle, effective, agissante, que l’on nomme ici réflexivité et qui passe outre les mondes particuliers, mais évidemment tout aussi bien au-dessus des pensées particulières.

La pensée n'est pas la raison

Ce que les grecs déploient est la pensée et non la raison. Mais ce qui se monte par les grecs et qui est enregistré comme pensée, se réalise tout autant selon l’esthétique, l’éthique, le politique, l’idéel (la connaissance), et provoque qu’il y ait un statut de l’humain (en tant que relevant la pensée, non pas en tant qu’individualité existant d’une infinité propre).

La même réflexivité s’invente en tant que chrétienne par ailleurs et pensée grecque et réflexivité chrétienne se trouveront en coïncidence parfaite en ce que la pensée est réaffectée à dieu, mais à dieu en tant qu’il est la dernière conscience indéfiniment réelle, celle qui rassemblent toutes les consciences, et qui nous conduit, par le christ, à faire retour, à re-naitre comme conscience tendue vers la dernière unique et totale.

Descartes

L’indéfinité ouverte par le christ (que l’on y croit ou non n’est pas du tout la question, cela relève de chacun, puisqu’objectivement on ne sait pas ce que c’est qu’une « conscience », ce qu’elle peut, la philosophie décrit uniquement ce qui est ici et maintenant constatable) et la concentration de conscience que provoque la pensée, sont accélérées par Descartes qui institue ici et maintenant non seulement que la pensée est, (les grecs sont l’actualisation de la perfection, cad cohérence de la pensée, tous les éléments sont ici et maintenant appelés pour que la compréhension puisse s’exister, sortir de), mais que cette pensée est pensée par un sujet ; on nommera sujet non pas la « subjectivité », mais le retour vers la structure de la structure de conscience elle-même ; la conscience se réfléchit. Descartes sait que la pensée n’existe que par une volonté plus lourde, plus grande et plus subtile à la fois que n’importe quelle pensée ; il décrit la suspension de la volonté, la suspension de notre être donc (dans la Méthode, mais toute la réflexivité cartésienne est d’amener à montrer, faire voir, en direct, comme notre être peut se sur vouloir et Descartes commence donc de décrire l’architecture de cette dimension).

Pensée et raison

À partir de ce moment on peut parler d’une part de pensée (réflexive entendant à la fois grecs, chrétiens et cartésiens et post cartésiens)et d’autre part de raison (qui existe pour et par un sujet, soit qu’il soit proposé également, rigidifié, ou soit qu’il s’absente ; il fait comme si il n’existait pas, et c’est la structuration logique ou scientifique ou scientiste de l’énoncé qui l’emporte, c’est l’objet qui est nanti de densité propre, par un (non) sujet, ce qui veut correspondre à tout aussi bien Leibniz et Spinoza, qui veulent boucher ou ignorer le trou béant du sujet invisible, indescriptible, hors pensée et l’un comme l’autre tentent d’administrer une pensée qui recouvre ce trou, mais du fait du sujet la pensée est pour eux devenue la raison).

Les conditions de sujet(s)

Mais la pensée qui se continue (réflexive donc) est cette fois localisée extrêmement précisément en « toute conscience », en chaque conscience ; ceci produit donc la description des conditions de sujet, ce qui comprend tout autant Descartes que Kant, Hegel que les idéalistes allemands, Stirner ou Kierkegaard, Nietzsche ou Bergson, mais le mouvement se précise encore avec Husserl, Heidegger, Sartre et Lacan.

Les descriptions de conditions de sujet sont aussi précises et rigoureuses que les descriptions des conditions de vérité ; on a donc d’une part un déploiement des conditions de vérité et une exploration lorsque cette réflexivité descend dans le plus concret, le plus existant des possibilités et conditions de sujet. Kierkegaard délivre une compréhension et les distinctions qui correspondent à notre être tel que là, à cet être dont Descartes est le premier nettement caractérisé et affirmatif de cet être (dont Nietzsche sera la reprise), qui donne donc à cet être d’être représenté (dans la représentation, l’acculturation), et qui communique instantanément à toute conscience d’admettre qu’elle est-là, que la réflexivité est réelle (ce que les grecs imposent) et que cette réflexivité est une-conscience (à chaque fois).

Réflexivité et cohérence

On voit bien que si le principe régulateur général était la « raison » (ou la pensée entendue comme « rationnelle », exposant un discours étal et plat, qui ne modifierait pas notre être de conscience qui n’entamerait pas notre réflexivité), on se saisirait pas du tout que la réflexivité puisse se marquer individuellement en et par toute conscience, et on ne comprendrait pas du tout surtout, que la réflexivité lors même qu’elle est individuée, est encore plus rationnelle » que la raison séparée et objectiviste ; c’est que la rationalité qui court depuis le début n’est pas la « raison » (définissant en et par un objet, une objectivité ou objectalité) mais est la cohérence ; la cohérence est le principe de régulation de la réflexivité en tant qu’elle n’accepte rien , rien qui ne lui soit pas égale et coextensive ou coextensible.

On ne saisirait pas en somme que notre être est instantanément arc bouté sur le donné, le monde, le vécu, et que cette articulation est une architecture structurelle et que enfin c’est le devenir de cette forme, de cette structure qui veut, crée sa dimension propre ; dite intentionnelle (mais non pas exclusivement au sens husserlien ; elle ne fait pas sens, idéaliste, elle est et devient). L’idée de l’être est ainsi l’idée, le rapport vers une surface vide et neutre, qui possède ses propres conditions de vérité, de même que notre être (que l’on nomme le sujet , n’ayant rien de subjectif essentiellement) est une forme neutre et autre qui réclame ses propres conditions d’existence.

Les conditions du moi

Ainsi Descartes ou Nietzsche ou Lacan nous pro-posent de saisir, comprendre, repérer les conditions du sujet qu’est toute conscience ; on ne peut pas y accéder sans y être, y exister. Ce qui en nous n’y comprend rien, à ces grands sujets qui proposent leur être, est spécifiquement notre unité de moi ; la personnalisation qui a réalisé l’humanisation (tendue par l’universel et l’universalisation, aboutissant à l’Etat, au droit, à l’acculturation généralisée, mais n’est réellement humaine que de se personnalisée) a formé, formulé un « moi » pour chacun, et il est évident que ce moi est une conquête, un acquis, une difficulté, une exploration, un devenir, un possible entier qui durant tout le 20éme s’est réalisé, rendu réel, a élaboré son propre monde, son acculturation propre (l’acculturation du 20éme remplaçant toutes les autres, antérieures ou ailleurs) ; acculturation qui n’est plus sustendue par l’universel mais par le devenir de la personnalisation, de la motivation à être « qui l’on est ».

Il est clair que contrairement aux dénégateurs (et enfumeurs) de toute espèce, on ne peut pas traiter du moi comme d’une pauvre chose, ou d’un matériel petit bourgeois, ou d’un mépris envers la « massification » (qui relevait du 19éme), ni opposer cette acculturation formidable de la personnalisation à une culture supérieure idéale antérieure (qui eut absolument son efficace et qui est reprise dans et par cette acculturation personnalisée). Il est hors de question également de scindé acculturation personnalisée et acculturation universaliste, ou de prôner la liberté du sujet contre l’universalité de la pensée ; dans tous les cas il est question de la Même réflexivité.

Cela aboutit donc à préciser que ce à quoi tout moi est confronté, son devenir soi, est ou atteint une profondeur sans pareille ; c’est effectivement que chacun doit se dépêtrer en et avec son identité. Et Lacan n’arrive pas par hasard qui seul ouvre la compréhension de cette identité ; l’être humain, la personnalité que quadrille Lacan n’est évidemment pas le sujet mais c’est le moi en son identité difficile et en la complexité étendue, voir sur étendue, de son être agissant et en son état.

Si ce moi est si difficile à cartographier (et tout aussi difficile à vivre, à articuler, à créer ou recréer) c’est qu’il se compose, il est indéfiniment composé et en lui, en chaque moi, en toute personnalisation, se joue le Jeu fondamental. Et ceci est d’autant plus imposant qu’en tout moi, il est un sujet, ce qui veut dire non pas un double ou on ne sait quelle figure, mais il est la réflexivité même en tant que rapport.

Les grands sujets (Descartes, Nietzsche, Husserl, etc sans nommer les éthiques, esthétiques, politiques, etc) sont évidemment super essentiels, mais les devenirs du moi, de tout moi forment le creuset de « ce qui est », et qui devient.

Voir les commentaires

Avant et après Descartes ; la structure potentielle

19 Avril 2014, 09:03am

Publié par pascal doyelle

La pensée après avoir étendu sa capacité par les grecs, jusqu’à Plotin, et tenté d’adapter cette pensée à dieu ensuite (qui outrepasse la pensée même, puisqu’il relève de la dernière conscience indéfiniment réelle qui réunit toutes les consciences, par le christ qui fait-retour vers et pour chaque conscience, et le saint esprit qui dans la communauté en esprit réunit les consciences à l’exemplarité d’une seule, appelées toutes par l’unique conscience surdimensionnée de dieu ; toutes les consciences sont articulées par l’unique, communauté de l’islam et identité absolue du dieu juif),

La pensée s’arcboute donc en un-seul ; Descartes qui devient soudainement l’unique conscience qui règne ; non plus l’unique de dieu vers laquelle l’on devient (ce vers laquelle on se produit, par laquelle on nait à nouveau intentionnellement par le christ ; que l’on y croit ou non, c’est un fait archétypal unique qui e déploie partout) mais Descartes n’est plus vers l’unique conscience mais est le prototype qu’aucune « idée » notionnelle ne démontera plus, puisqu’il est, lui, l’être antérieur aux idées qui les articulent toutes.

Notons donc que pour les grecs la Pensée n’était pas non plus la « raison », cet objectivisme second qui signale l’absence du sujet (et donc raison tardive et elle-même proposée pour et à partir d’un sujet, que les grecs ne positionnaient pas, objectivisme du sujet absent que veut re-prendre Kant en ajoutant une conscience transcendantale). La Pensée grecque est la compréhension vivante de « tout ce qui est », par quoi enfin nous existons en notre être universalisant, activiste, qui comprend parce qu’il pense et non pas recevrait les idées tout extérieurement. La pensée est ce qui augmente la perception, la capacité de notre corps dans le monde, ce qui agrandit notre être à sa dimension universelle vivante.

Dans tous les cas, il ne s’agit nullement d’une raison froide et extérieure, mais de notre-être se mouvant enfin dans son devenir propre (qui a quitté les mondes particuliers, le groupe, le langage, et propose en échange l’unique monde universel, la politique, l’esthétique, l’éthique, le corps renouvelé, ce qui sera repris par le christianisme évidemment, et supprime le langage ayant en vue de le plier selon l’intentionnalité nouvelle, qui n’obéit à aucun monde, et impose l’idée, le rapport neuf qu’est l’Etre, en tant que surface vide, neutre, sans rien a priori).

Dans tous les cas on est sorti des systèmes clos (dans la mesure où toute philosophie reconstruit à zéro ce qui est, tout système est une articulation, un rapport ou série de rapports et non pas une fonctionnalité d’idées inertes et molles, ordonnées objectivement) ; aussi ce qui se découvre est notre-être littéralement, qui utilise les systèmes d’idées et donc de rapports (de rapports intentionnels) afin de devenir selon sa propre dimension intentionnelle , vide, formelle, aboutissant en fin de compte à élaborer un système formel (celui des conditions de vérité puis des conditions de sujet, et ce non en vue de la vérité ou de notre identité, mais afin que la réflexivité, qui n’est rien de défini, de déterminé, soit capable de se saisir de soi, de sa structure ; la philosophie est la manipulation de notre être par lui-même ; chose impossible et pourtant réalisée).

De sorte que la suite vint.

Descartes inaugure que cet-être est articulé non seulement par la réflexivité universelle (ce qui est déjà une réalisation absolue), mais aussi qu’il est à lui-même sa propre médiation ; qu’il se distancie, qu’il courre plus vite que lui-même ; que la volonté est notre être (que l’on tient de dieu, ce qui es t singulièrement remettre les pendules à l’heure quant à la nature de cette dernière conscience indéfiniment réelle du bout du fin fond du réel).

Leibniz et Spinoza qui paraissent dérouler la pensée, ne bordent réellement que la raison, qui est détenue par un sujet (le cartésien qu’ils tiennent par devers eux-mêmes, en étant radicalement marqués). De plus Kant et Hegel commencent de distancier d’une part les conditions de ce sujet effarant (Kant par le paramétrage du sujet transcendantal, n’oublions pas que le « sujet », n’est pas le subjectif, mais est l’articulation, la réflexivité pure qui est au-delà et autre que la pensée et la raison, que « sujet » signifie l’articulation réelle qui déborde de partout et se donne aussi bien comme éthique ou esthétique, ou politique, ou donc sujet individué, un cartésien, vide et formel absolument).

Kant et Hegel libèrent le sujet de sa réflexivité en ses contenus ; ils exportent tout au-devant de chacun ; et comme le dit sujet est la réflexivité, ceci atteint toutes les formulations ; de l’esthétique à la politique ou éthique.

Hegel est le plus stupéfiant en ceci qu’il débarrasse en un coup, la conscience de tous ses contenus ; le spectacle total de la pensée comme esprit (pensée Une du concept qui se-sait, Hegel entend par là « qui se connait », ce qui une mésinterprétation ; le savoir de notre être n’est pas la connaissance déterminée, sinon la réflexivité ne serait pas existante ; le savoir est la compréhension du formel), libère notre être de tout son passé, de tout son devenir. On voit par là que ce qui se réalise, se rend réel, est ce qui est effectivement en cours et ce qui devient ; le sujet cartésien est par Hegel libéré instantanément de tous ses contenus ; il se retrouvera tel Stirner complètement nu et sans rien.

Descartes impose donc notre être ; c’est notre être qu’il montre tel que un et là, instantanément (selon donc la méthode, le doute-cogito-infini de volonté, cad d’intentionnalisme, d’attentionnalisme pur, qui se suspend à être, qui est hors de l’être, hors de ce qui est). C’est la saisie, la saisie plurielle de cet être par lui-même, par sa rigueur et par son expérimentation, torturée, travaillée, qui aura, par lui, libre cours ; de Descartes à Lacan, en passant par Kierkegaard, Husserl, Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan mais ceci pour les meilleurs repérages de notre être ; on peut ajouter d’autres et notamment Bergson, tout à fait fondamental dans sa tentative, mais qui « pêche » par son accointance aux données, réalistes, (c’est ce qu’il voulait et on ne lui reprochera certes pas !), desquelles il entend retrouver notre-être (qui en fait ne se retrouve en rien, qui est radicalement Autre que tout, autre que tout monde, tout univers, toute réalité, tout corps : tout.)

Les devenirs qui suivent Descartes sont donc l'expérimentation de "cet être que l'on est" ; qui élabore son système intentionnel en explorant son propre devenir, sa propre dimension. Il se prend de très haut, du plus élevé de son être possible ; afin de ne rien manquer, de ne pas mésinterpréter ; il dépasse tout objectivisme, qui ne prend appui que sur des réalités limitées, et selon tel ou tel principe de "réalisme" fausse la capacité même d'exister. Tout dépend de la densité et de l'intensité que l'on utilise au départ afin de produire le système formel intentionnel adéquat

Par Bergson, qui sait parfaitement ce qu’il fait, il ne connait pas nécessairement ce qu’il fait, mais il le sait (comme tout le monde en réalité ; on sait ce que l’on agit, même si on le connait pas consciemment, la conscience n’est pas le conscient). Par Bergson on découvre que la fondation en conscience prise, en prise de conscience de notre être, de « ce qu’il est », constitue la motivation à exister ; la motivation qui ne convient pas de tel ou tel donné, mais de la source même qui devient ; il interprète cela comme une orientation « magnétique », orientation de notre réalité, il veut inscrit cet être dans le donné de l’expérience, de la matière énergie ; aussi ne se place-t-on pas encore au pur niveau de Husserl, Heidegger, Sartre, Lacan ; qui partent eux, du creuset lui-même, de la structure ontologique vide et articulée à vide, dont le vide est non pas « rien » mais est ontologiquement un « être » de la nature duquel on ne connait rien.

Voir les commentaires

La difficulté de la philosophie

16 Avril 2014, 09:38am

Publié par pascal doyelle

Notre être est donc situé tout en haut de la pyramide et si sa dénomination générale est « réflexivité », sa nature, son réel est nommé « conscience ».

Evidemment il ne s’agit pas du conscient ; la conscience est l’émergence qui rapporte soudainement (étonnement, aberration, existentialisme, excès, sauvagerie et violence) le conglomérat conscient-cervelle-langage-inconscient-corps au donné « là », ce qui veut dire au réel. La « conscience » n’est pas un contenu (esprit, raison, personnalité, moi, conscient, sujet inconscient lacanien, etc), mais est mécanisme, un mécanisme ontologique ; qui réclame donc pour se définir la philosophie. L’ensemble de la philosophie eut pour but de situer les points d’applications de l’articulation de conscience ; que ce soit la pensée des grecs ou le sujet cartésien ou la structure phénoménologique de Husserl, etc.

Elle ne reprend pas le donné tel quel (il est en soi, non connu a priori, et suit ses propres pistes et nécessités et contingences), mais ajoute une intentionnalité au donné ; l’être est le ramener en conscience de « ce qui est » ; l’idée de l’être est de réorganiser le langage, le conscient, le groupe, le corps, en cette intentionnalité nouvelle qui par les grecs se-sait, se représente (et non plus les dieux ou la nature ou les « forces »).

La philosophie est « ce qui a cessé de définir selon le conscient », en admettant que cet-être de conscience se-sait (mais ne s connait pas) et doit élaborer un discours complexe, cad tordu, qui rend compte de l’aberration qu’est son être émergent, qui n’appartient à rien et qui refuse de se laisser faire par quoi que ce soit (de donné, de là, d’inerte ontologiquement) et qui doit élaborer les possibilités mais aussi les dérives de cette articulation conscience-cervelle.

Ce faisant comme l’on se considère encore comme étant « quelqu’un » ou « quelque chose « , on passe à côté de la structure purement réelle, qui n’est rien, se définit ponctuellement (toute conscience est absolument identique à toute autre, par ex), et joue son propre jeu. Notre être, en son émergence, est autre que tout, rien en lui correspond et rien ne peut lui correspondre ; sans visage, sans représentation, sans idée ni système évidement, sans détermination, notre être est purement émergent ; autrement dit il est capable de tout, non pas dans les faits, mais potentiellement, pure puissance, pure virtualité, et n’est accessible en sa structure que philosophiquement. Toute autre « définition » que philosophique de cet être passe à côté ; pour cette raison la philosophie est « difficile » parce qu’elle pointe, montre, expose, est l’activité de conscience et celle-ci n’existe … qu’activement. Pour comprendre la philosophie, il faut philosopher.

Mais philosopher est donc la modification de "ce que" l'on est, de la fine pointe limitative de conscience.

Et philosopher consiste à se tenir au plus haut possible, au plus large potentiel qui soit accessible (et cette limite bien sur se meut, les lignes bougent, tout système définit les lignes de front mais, étant activisme, qu’il dépasse en et par lui-même, il montre "ce qui est au-delà" de chaque ligne posée). Le conscient se tient sur ses positions, il retrouve incessamment son monde ; la conscience est ce qui relie autrement et ailleurs tel ou tel monde, telle ou telle personnalisation, tel ou tel système.

La philosophie est ainsi ce qui ne peut pas définir raisonnablement, objectivement, consciemment en un mot, un objet, dans un discours étal, inerte ontologiquement, plat, mais puisqu’elle met en jeu notre être même (et donc l’être de conscience du philosophe) elle aboutit non pas à un irrationnel mais à un ob-jet ; un ob-jet complexe qui réclame l’ensemble des ressources (la conscience est l’activité émergente qui passe outre le langage, le monde humain particulier, le groupe, le conscient, l’inconscient, la personnalisation, etc, mais qui passe outre et ce compte tenu de tous ces dispositifs, elle est le dispositif surajouté aux dispositifs, et en aucun cas ne peut les ignorer).

Réduire la voilure, et redescendre dans l’objectivité ou l’objectalité (des psychologies ou du marketing) c’est ne pas se positionner sur l’émergence, et partir d’une prise en compte insuffisante de ce qui est. Ce qui n’annule en rien la validité des objectivités ; toute conscience émergente est au sommet, ou plutot à la limite des lignes, à la pointe de ce qui est déjà tenu, acquis, elle est en-plus de ce qui est et tisse dans le tissu même des réalités et réalisations.

De là que la philosophie poursuit au-delà des mathématiques, des sciences physiques, des sciences humaines, de la psychanalyse, des esthétiques, des politiques ; il s’agit de percevoir ce qui se dessine, ce qui peut se tisser au-delà des lignes de front. Mais ce tissage dans le tissu (du monde, du donné mais aussi du vécu et ceci concerne chacun dans sa personnalisation même) doit se dire de lui-même ; je philosophe ; puisqu’il ne s’agit pas de se prendre pour une objectivité ou encore moins un subjectivisme, une idéologie ou un marketing, cela ramènerait la position en-deçà de ce qu’elle se doit, de ce que l’on doit à notre-être, celui en-plus qui ajoute-à, qui pousse plus loin le réel. Qui avance hors de la cervelle (langage, groupe, conscient, inconscient, etc).

Il est donc depuis le début une continuité durable et assurée, formulant ses possibilités, l’élaboration du tissage articulé, purement intentionnel qui n’apparait qu’intentionnellement et en tant que l’on veut exprimer, mettre en forme (non plate) cette articulation ; on ne peut pas penser étale ce qui est une activité, un mouvement, un devenir, cad un possible. Le possible doit s’acquérir lui-même en tant que possible (sinon il s‘inertie abominablement).

Voir les commentaires

L'occidentalisation, comme on dit

11 Avril 2014, 18:53pm

Publié par pascal doyelle

Il serait peut-être bon de remettre au gout du jour la ruse de la raison. Comme en ceci nous n’admettons pas que l’occident et l’occidentalisation soit uniquement limités à la « raison », et que nous prenons au pied de la lettre que les grecs ont mis au jour non pas tel ou tel rationalité, mais cela qui est antérieur à la rationalité, à la raison, et qui consiste en notre-être, l’être de tout humain, sa structure.

Structure qui n’est donc pas uniquement repérable en « raison », mais essentiellement en pensée, grecque et puis toute la pensée qui suivit, en esthétique, en éthique, politique et puis via les religions secondes (fondées sur le dieu judaïque), donnant une acculturation universelle qui reprend l’intégralité de la pensée grecque (ce qui est surprenant en soi, sauf si l’on admet un concept plus grand qui puisse les réunir). Puisque cette religion en sa racine entame le processus de réflexivité pure et simple, et admet aisément en elle toute la réflexivité, pensée grecque compris, et enfin produisant universalisation et humanisation (jusqu’aux révolutions qui n’en forment qu’une) aboutissant à la personnalisation comme base fondamentale de toute processus civilisationnel (nous dirions de toute l’a-civilisation, de l’absence de civilisation localisée, particulière, mais de l’affirmation de l’unique civilisation humaine (qui par ailleurs les reprend toutes, toutes les particulières, comme on verra).

Une des ruses de la raison ou de la pensée, ou donc pour nous de la réflexivité déchainée (délivrée des ondes particuliers en lesquels cette réflexivité pensait, tout à fait positivement, élaborer la synthèse de son monde donné ; créant quantités de peuples et de civilisations, chacune Une), une des ruses va consister à utiliser une forme « transportable » (si l’on peut dire puisque c’est d’un Etat ‘fort’ et d’un être humain générique, qui peut s’imposer d’en haut) de la réflexivité en d’autres terres qu’occidentales ; le communisme. Le marxisme est en quelque sorte un manuel à l’usage d’exportation qui va coloniser les peuples et les engager dans l’occidentalisation.

Evidemment ce disant on ne pense pas une seconde à « l’Occident »; il se trouve que la réflexivité a été expurgée, réduite, ramenée par les grecs … ça aurait pu surgir ailleurs (bien que bien sur il y eut chez les grecs « quelque chose » de déterminant dans la culture particulière même de ce peuple). Mais ce qui va contre aussi que ce soit ce peuple là, c’est la réflexivité se retrouve partout dans tous les peuples ; il existe une esthétique de tel peuple africain, des mayas ou des chinois ; des mathématique avant les grecs, de la pensée avant la philosophie, etc. Et ce qui nous permet de repérer tout cela, toutes ces créations pures, c’est qu’ayant, grâce aux grecs isolé la réflexivité, on sait dès lors reconnaître l’esthétique de telle tribu, groupe humain, hors de ses rituels, de ses codes, de ses mythes (et que par ailleurs on sait ou commence de comprendre l’articulation extraordinairement intellective de telle mythologie vivante, encore vivante ou jadis).

Les grecs ne créent pas la réflexivité ; elle est, partout. Mais ils isolent son ressort. Et toute la réflexivité se retrouve alors elle-même, partout également. Il s’agit donc juste d’une systématisation du ressort. C’est cela qui dépasse intégralement n’importe quel « occident ». La réflexivité n’est pas plus grecque qu’elle n’appartient à Descartes ou à l’idéalisme allemand, mais n’est pas non plus limité aux sciences, à la philosophie qui simule la raison, s’étend jusqu’aux esthétiques, pénètrent les éthiques, au-delà des religions, et bien évidemment au-delà des groupes, des langages, des mondes particuliers, comme en un autre ordre des diverses mafias ou intérêts de groupe restreint ; toutes sortes de stagnations, de fixations, de réactions culturelles ou politiques, de caricatures de cette énormité dont il faut dire à « décharge » qu’il est parfois difficile de saisir à quel degré d'être, au-delà des divisions, la réflexivité nous pousse.

La division ajoutée et non pas soustraite

C’est que la réflexivité n’est pas là pour apporter la « paix », mais la division, la séparation, ce qui signifie les distinctions en sa dimension propre. En sa dimension propre qui est que ; les distinctions, les divisions sont acquises (et non pas soustraites), en ce qu’elles s’énoncent dans la réflexivité ; ainsi il y a quantités de vérités lorsque la vérité devient un principe universel. Ou donc il existe quantités de libertés, lorsque le libre se sait et se respecte lui-même (partout où il s’exerce).

Si la réflexivité, son ressort, est commune à tous et toutes, aux peuples et aux mois, il ne faut pas voir en cela qu’elle puisse nier les vérités ; autrement dit, le christianisme ou l’islam ou le judaïsme ne se sont non pas affadis mais maximisés en et par la pensée et le réflexif. Cela est clair. Telle ou telle croyance, rituel, etc, sont par la vérité comme principe, cela même que la vérité reçoit comme vérités (étant entendu évidemment que les conditions de vérité (principe) et de libre pur (conditions du sujet) soient admises ; qui irait là contre ??

Et si le réflexif est notre-propre-être il n’a pas pour but ou plutôt pour effet de réduire ce qui fut ou qui lui est « différent » (que pourrait-il exister qui lui soit différent si il est notre-être ?) mais de magnifier la réflexivité partout où elle est et telle qu’elle est ; ceci à condition que l’on ne puisse plus croire immédiatement que tel énoncé est « en soi » vrai, mais que cet en soi puisse trouver dans la réflexivité les raisons de son être propre. Il est dans la structure du réflexif de s’appliquer, de faire être, de promouvoir ; de tenir serré et exprimer ce qui est, humainement y compris. Il permet d’extraire ou de produire des raisons en plus (en quelque occasions ou croyances ou réalisations humaines ou naturelles que ce soit).

De même il ne viendrait à l’idée de personne de juger (officiellement c’est entendu, officieusement il ya de la marge, inévitablement) un tel de ses choix ; pourvu que ses choix admettent tous les choix qui admettent tous les autres. (C’est cela le système formel unique de la philosophie).

Par ailleurs il faut le dire ; si le ressort de notre être est le réflexif, cela signifie ; notre être est l’acte de conscience. Et l’on ne sait pas du tout ce que c’est. On peut le décrire ici et maintenant pour ce que l’on en constate, et le constatable est partageable (chacun comprend instantanément ce que dit Descartes ; on le sait, mais on ne connait pas intégralement ce que cela comporte ou surtout porte). On ne sait pas ce que « cela » est. On peut ainsi supposer toute croyance que l’on voudra ou désirera, à condition que cet-être ne soit pas contredit (puisqu’alors tout s’effondre, immédiatement et en un immédiat quelconque).

Voir les commentaires

Le sujet et le moi

9 Avril 2014, 08:34am

Publié par pascal doyelle

Le moi cherche une unité, mais son unité est un bricolage de toutes choses vaguement rencontrées dans le vécu. Le sujet est son unification, mais celle-ci est formelle et sans fond, sans substance. Le moi croit le sujet qui le préoccupe possède une unité solide et substantielle, le moi ne peut imaginer son au-delà que matériellement ou corporellement investie. Le suejt sait qu’il n’y a rien de substantielle mais que par contre la forme existe et que c’est cela qui bouge et se formule.

Le moi est assujetti ; il n’est pas le centre de qu’il est (seul le sujet est tel, mais au prix de n’être pas « quelque chose », d’être un pur mouvement, ce qui implique également un mouvement certes mais structuré, architecturé, qui sait prendre ses appuis et ses navigations). Dans le moi, la conscience est son contenu ; ce qui existe est la conscience, mais ce qui se veut, se désire, perçoit, se saisit, ce sont des contenus. Pour le moi la raison de son désir est l’objet ; l’objet s’impose immédiatement comme désirable en soi. le sujet sait que l’objet est construit, rapporté, élaboré de çi de là, (et pour cette raison le sujet veut, lui, élaboré un objet complexe, un ob-jet, qui soit la manifestation de sa structure de sujet ; le sujet se déverse et à partir de la source qu’il recherche, le moi poursuit à la remorque du monde son objet).

C’et structurellement que l’on engage l’un ou l’autre, l’un et l’autre.

Le moi existe extérieurement en une image ; mais il ne voit pas le cadre et le miroir lui-même. Le sujet a perdu l’image mais il veut que le cadre et le miroir produisent des images, lesquelles seront non plus simples images, mais mages restructurées du dedans, difficilement appréhendables lorsque l’on en demeure à l’état de moi. Il faut se structurer comme suejt pour saisir et être saisi des images restructurées des sujets (ainsi le moi, qui est la personnalisation du 20éme, a produit quantités d’images, et de sons, etc, qui lui permettent de se saisir de soi, comme moi, l’énergie du rock, l’imaginaire de BD et de SF, le cinéma, évidement, à la fois en demeurant le moi qu’il est et en supposant dans ses réussites, un sujet par-dessous).

Le moi est saisi extérieurement, puisque son être est de contenus, et tendu par l’image seule ; en cette dépendance, il se soumet allégrement à l’objectivité (qui le caractérise par ex psychologiquement) ou à l’objectalité (du désir mais aussi du marketing, etc). Il est bien content qu’on lui tende l’image.

Le sujet est ce qui remonte dans la structure, et qui a abandonné les images (de soi, le suejt est sans visage, sans représentation, mais il ne se confond absolument pas avec le suejt absenté de la science et de l’objectivité, il ‘est’ cette remontée structurelle, et non pas substantielle, dans la structure antérieure à l’image ; la surface du miroir et le cadre du miroir).

Le moi est saisi par son extériorité et est déjà pris dans son contenu ; lorsqu’il tombe amoureux, il se saisit de ce qu’il est-déjà, de sa structuralité même ; c’est son apogée, sa mythologie (ce qui n’enlève rien) ; de trouver un contenu qui lui soit son être. Et plus loin c’est aussi sa sexuation, sa division du monde entre homme et femme (ou diversement), entre soi et autrui. L’extériorité du monde pour le moi, qui détient dans cette extériorité son intériorité, n’est pas l’externe monde donné « là » du sujet, qui n’a pour correspondant en lui que l’internalité de sa structure vide.

L’interne de structure et l’externe du « là », du grand dehors, ne s’opposent pas mais s’ajoutent, tout à fait autres, à l’extériorité pour le moi tel qu’il en a tiré son intériorité.

Esthétiques ou éthiques, ou politiques, visent à introduire aux voyages dans le structurel, de même la philosophie est la remontée dans le structurel de conscience, de notre être, purement vide mais architecturé ; le moi désire des choses du monde( qui sont sa raison d’être, littéralement) mais le sujet produit des ob-jets, complexes, qui lui montrent son être ou montrent plus exactement l’agissement de son être formel aboutissant à des « choses » non compréhensibles, puisqu’elles bougent sa structure même.


Voir les commentaires

La monstruosité avançante. Les distorsions.

6 Avril 2014, 19:10pm

Publié par pascal doyelle

(Rappel : la réflexivité est le concept opératoire qui permet de réunir les deux engeances déchaînées que sont d’une part la pensée et la vérité et l’universel des grecs, et d’autre part le réflexif du sujet, cartésien par exemplarisme, le libre pur, l’existentiel radical ; soit donc pour simplifier la vérité et la liberté qui n’existent donc que réflexivement, en seconde puissance bien plus redoutables que leurs versions « softs » communément admises ou proclamées).


La monstruosité avançante. Les distorsions.


Si ce qui s’est élevé est notre être en tant que rien, (et que ce rien est non pas un « néant » dont on ne voit pas bien ce qu’il peut signifier), c’est cet être qui s’est déchainé. Ce qui se traduit par la suite par la violence et l’exploitation décuplée. Ce qui a été activé, notre être vide, a rendu réalisable la libération de tout le possible. Le sans-loi on a tenté de maintenir régulé, mais tant que l’on ne parvenait pas à le comprendre, le saisir est peine perdue. Les outils que l’on forge ne sont pas efficaces en ceci qu’ils ne parviennent pas à définir leur objet réel.
Dans la mesure où c’est le libre qui fut rendu possible, il s’est bien effectivement lancé dans l’élaboration de sa possibilité ; sciences, technologies, droits, Etat, etc, mais aussi guerres totales et exploitations débridées, et de ce fait a imposé que le libre soit universellement réalisé. Ce qui se cachait aussi sous l’universel, lorsqu’il cesse d’être pensée et créations grecques, se montre tel qu’il est ; soit donc par exemple les devenirs fous des grands sujets (romantiques ou modernes, Baudelaire ou Rimbaud, Mallarmé, etc, Céline, tout et tous en fait), mais aussi se montre tout de go ce que c’est que l’économie ou que les mathématiques ou que la politique hyper efficaces de la réflexivité lorsque le monde, le monde unique des grecs, lui est livré, livré pieds et poings liés pour ainsi dire. C’est la réflexivité qui n’a ni limites, ni impossibilités qui a produit l’universalisation, et c’est elle qui se continue en dévorant les mondes, puis ingurgitant le monde unique. Elle est une monstruosité fondamentale et sans doute aucun elle est notre être.
Et cela continue jusqu’à nous-mêmes ; on commence peut-être seulement de devoir comprendre ce que l’économie signifie (cad ce que les échanges entrainent lorsqu’ils ne sont plus du tout assujettis à des régulations, de groupe, entre tribus ou entre Etats). De même à approcher de ce que comporte la sexuation, l’inconscient et finalement ce que signifie que l’on soit un « moi ».
Il faut donc comprendre qu’il y a et qu’il n’y a pas de règles connues à respecter et plus loin que ces règles sont très peu évidentes et qu'il est très difficiles de penser de telles règles, d'autant que l'erreur se presse dans les perceptions elles-mêmes ; puisque les chemins se produisent sous nos pas. Ce qui revient aussi se demander comment transmettre à notre corps ce qui nous a pris.

Qu’est-ce qui nous a pris ?

On a voulu fortement inscrire notre être comme identité naturelle, comme droits de l’homme à fondement libéral (ou comme homme générique communiste, tous selon les besoins généraux, évidemment c’est le libéral qui l’a emporté, il conserve immédiatement chacun là où il est et qui il est). le moi est « naturellement » qui il est, il admet spontanément son être comme synthèse (de même qu’autrefois les tribus montaient immédiatement le donné là local et la parole du groupe comme vérité ; ceci est la vérité, impossible de la repenser autrement que telle qu’exprimée, il n’y avait pas de distance entre la forme et le fond, sinon réglée).
Mais qu’est-ce que le moi ? Pourquoi est-il affecté de dérives, névroses, psychoses, perversions, dépressions, borderlines, etc ? Pourquoi s’en prend –t-il au corps ? Pourquoi est-il obsédé soit de l’amour soit du sexe au moins fantasmatiquement, sinon pour s’en couvrir transi de peur ? Pourquoi une telle mythologisation du sexe entre homme et femme, qu’il y ait différences est une chose, que ce soit un dualisme si radical en est une autre ? Que veut-il et que veut-il dire le moi par « ce corps » ? Pourquoi ce qui serait langage parle-t-il autrement que dans le langage ? Est-ce seulement le signifiant qui se transmet dans le symptôme ou le fantasme ou est-ce une désignation complexe d’un code de pénétration du corps dans l’épaisseur ou à rebours l’insignifiance du monde ?


Encore une fois, on ne connait pas le cheminement que pourtant l’on est ; on n’est pas un-tel empruntant tel chemin, on est le cheminement lui-même et on ne peut mieux dire qu ceci :que l’on y Est ce corps, qui rassemble tout ce qu’il contient ; conscience, conscient, inconscient, moi, langage, cervelle, physiologies, comportements, vécus, etc.

Pourquoi privons-nous certains du minimum de survie qui puisse leur assurer un corps ? Qu’est-ce que vouloir remplir le corps de connaissances, comme d’un réservoir vide ou de le gaver de substances diverses et variées médicamenteuses ? Peut-on employer le corps comme discrimination ? Qu’est-ce qui ne se perçoit pas, ou plus loin qu’est-ce qui plus ou moins perçu ne parvient pas à se distinguer néanmoins, à s’élaborer en tant que perception entraînant notre pensée sur des abstractions et hors du sol réel ? Qu’est-ce que l’ensemble des mésinterprétations de la perception ?

Tout est perçu mais il est des distorsions désinterpétatives qui ne parviennent pas à élaborer des schèmes suffisants et puis des schémas et puis des ensembles orchestrés de schémas, il est donc des systèmes freinés ou renvoyés à rien dans le perçu ou tout simplement impossibles alors qu'ils Sont là. Le systèmes acquis sont insuffisants pour traiter comme ils le devraient les éléments de visions qui pourtant s’exposent partout ; il est fondamentalement un déficit de représentation du réel. On est à distance de ce qui est réellement.

Voir les commentaires

1 2 > >>