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instants philosophie

Manquement de la dite raison

30 Décembre 2015, 16:21pm

Publié par pascal doyelle

Il n’y aura jamais et en aucune manière une résolution ; une résolution de notre être. C’est de commencer de contrôler, maitriser cette irrésolution qu’introduit la pensée, qu’elle soit ancienne d’autres civilisations ou qu’elle prenne l’autre voie manigancée autour de la méditerranée ; pensée grecque, christique, cartésienne ou de l’altérité.

Déjà l’impérieuse pensée grecque par son radicalisme nous met sur la voie ; ça ne sera pas facile. Pourtant la pensée selon l’être, cette formule invisible, tente plus ou moins de nous le rendre sympathique ; mais on voit bien comme énormissime doit se surintentionnaliser l’être, jusqu’à Plotin et le Un au-delà de l’être, tournoiement sans faille. Au point que nous autres qui sommes engoncés dans la facture du moi, dans la formalisation de l’identité personnaliste, pouvons encore difficilement saisir ce que par la Pensée qui entoure tout l’existant et augmente de son point magnétique toutes les manifestations, on pourrait atteindre.

Non il nous faut la division ; celle que le ramener ici et maintenant exige ; la division sujet-objet ; ou son entrelacs commun, le désir. Dont on sait bien pourtant qu’alors c’est l’objet qui nous désire, que plus on croit s’écarter du moi par ses désirs, plus l’objet nous absorbe et nous pense. C’est une solidité irréelle qui nourrit ce que l’on nomme « désir ». L’objet du désir contiendrait une quelconque révélation.

Mais si notre être est la coupure radicale du sujet, qu’il soit d’abord le sujet de la pensée (qui parvenait à s’étendre de l’universelle intentionnalisation, la pensée) ou le sujet réflexif qui admettait sa coupure (et qui à partir de Descartes se sait méta, « après », après lui-même, observateur, et regard-autre sur lui-même ; transformant notre être, qui était humain, assigné à l’homme, créé de dieu, notre-être en cet-être, posé là, sur la surface du monde, l’étendue mathématisable),

il n’est plus question de désir à proprement parler ; la nature stricte et réelle de notre être est la séparation ; c’est cette séparation qui doit se légaliser, se penser, s’administrer ; sinon on continuera de désirer dans des objets (ou des discours clos, objectivistes) la puissance antérieure de la structure de cet-être ; or la puissance de cet-être ne se retrouvera en aucune chose ou autre être donné là dans le monde.

Si il ne peut pas se retrouver en quoi que ce soit, on comprend bien que les anciennes pensées, qui présagées que l’absolu est au-delà, reprennent une possibilité suffisamment cohérente. Mais la voie ouverte autour de la méditerranée, a, quant à elle, vraiment performé et s’est avancée sur le fil du réel. Rappelons que si l’on définit l’absolu comme étant ici et maintenant (christique) ou ici-même (grec), cela conduit à distinguer la réalité du réel, le monde de l’être (comme Idée des idées, grecque), les contenus de l’arc de conscience, la détermination de l’exister, et finalement l’être (comme donné là cette fois) de l’exister (à quoi aboutissent toutes les possibilités ouvertes par la métaphysique de la pensée, la variabilité de l’intentionnalisation et ouvertes par l’ontologie, la restructuration de la pensée en son origine de sujet impossible, cartésienne, qui cette fois décrit cet-être là sur le là déployé du monde).

Autrement dit on ne pourra réellement que suivre la voie ouverte du Un et non pas revenir à l’hors-réel de l’absolu. Et il se trouve que si la pensée, la philosophie découvre ce décalage que nous sommes pour nous-mêmes et pour tout ce qui est (nous sommes en plus dans le donné), cela dresse soudainement dans le donné là du monde, une anfractuosité ; laquelle pour être délimitée, située, définie peut-être, requiert tout ce langage en-plus que crée la philosophie afin de marquer son repérage sur, hors, en plus du donné (du monde, du groupe, du langage commun, etc). Chaque mot en plus repère différemment le chemin ; la philosophe est un stalker, et sa cartographie est mouvante, parce que c’est par, autour, vers le cheminement de chaque arc de conscience objectivement arcbouté sur, vers, par le réel (qui n’est pas la réalité) que se dessine le Bord du monde, de la réalité, mais aussi du vécu et du corps.

C’est ce cheminement dit ontologique ; en ceci qu’il touche à même notre structure et la re-configure instamment à chaque fois, par Platon ou Plotin ou Descartes ou Kant ou Nietzsche et Heidegger, etc, et ce non pas en colmatant selon telle ou telle détermination (expliquant le donné par le donné) mais reconfigure le rapport, la position de notre arc sur le réel, et que c’est ontologiquement la forme même de ce Réel, de cet être réel sur le réel, que cela trame, se trame dans la dimension même du réel, sur le côté, sur la limite du monde.

Avancer selon Plotin ou Descartes ou Heidegger, c’est avancer sur le fil qui sépare la réalité et le réel ; c’est modifier la pointe d’attention qui s’actualise à chaque fois. Or un moi, soit donc la formulation adéquate en laquelle nous sommes pris, peut difficilement se quitter ; substituer à ce qu’il croit être, une identité (qui est en fait un contenu de conscience), la pointe d’attention de l’arc de conscience qui n’est rien, qui est nue, rien non comme manque et défaut dans l’être (comme on peut l’interpréter si on demeure « qui l’on est », si l’on tient encore à « soi »), mais qui est dans le réel la seule forme réellement existante ; tout moi n’est en fait, si l’on se tient de la dimension, que sa forme de conscience vide et formelle.

Laquelle n’est donc pas sans rien et dépourvue ; toutes les consciences arcboutées qui furent sur la cartographie du réel, de Parménide à Lacan, explore le fil du réel. C’est de la reprise de ces explorations sur le fil que l’on peut advenir à la récupération de notre être réel, plutôt que de le laisser s’envenimer dans le donné là, le monde, le désir et son objet ou la détermination. Ça n’est pas la confrontation à la détermination qui empêche d’Exister, c’est l’absence de soulèvement par-dessus la détermination, qui croit qu’elle finalise, clôt la réalité alors que la réalité se poursuit par le réel, et qu’elle croit par ailleurs que toute transcendance sur la détermination revient à une illusion ou une facilité, sans s’apercevoir de la validité des descriptions philosophiques qui inscrivent la situation existentielle et au fondement ontologique de notre être ; traitant notre être comme une détermination, interprétant que la structure réellement existante d’arc de conscience soit « idées » ou représentations et non pas forme existant en elle-même.

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Le réel comme arc d’exister

26 Décembre 2015, 14:02pm

Publié par pascal doyelle

L’arc s’est donc tendu, et ce non pas par plaisanterie ; de même que les anciennes pensées, qui positionnaient l’absolu au-delà, entraient en une considération magnétique de cet absolu dans la révélation, et argumentaient fondamentalement et bien effectivement, de manière forcenée et rétroactive, dans leur pensée de l’absolu, de même les grecs et plus généralement autour de la méditerranée il y eut une autre voie ouverte ; celle d’admettre l’absolu comme ici et maintenant (pour le christique, cette dimension, peu importe que l’on y croit ou non, là n’est pas la question, c’est une technologie qui s’est inventée, créée ou qui fut, peut-être, révélée) et de l’absolu ici-même pour les grecs qui manifestèrent la perfection de toute réalité (et ce en posant le donné là, le monde, via le « là » du donné, l’être, l’architecturé), et l’absolu ici et maintenant, étant par principe insécable, va chercher à rassembler toutes les réalités, une par une, histoire de comprendre si oui ou non il est une totalisation de la détermination, des réalités ; à supposer par exemple que toute la réalité puisse se résoudre en une équation d’énergie mathématisée, pourquoi pas ?

Lors même que ce serait le cas, qui n’est pas exclu du tout, une telle résolution défilerait devant les yeux du sujet, du sujet impossible ; c’est ici qu’il faut saisir comme cela n’a pas de résolution ; la forme impossible du sujet est elle-même la réponse ; cad la non réponse, car si un comblement était possible, l’arc de conscience disparaitrait, ce qui est absurde et dans cette pseudo logique il n’aurait jamais existé de réel. La mathématisation entière de cet univers ne changerait rien à ceci ; il est un présent et un arc de conscience dans ce présent.

Le réel est forcément Autre que lui-même, et comprendre la logique de cette altérité unilatérale est l’orientation même du philosophique (de même que les anciennes pensées ne tendaient pas tant à tout unifier ou à supposer l’unification au-delà de tout, qu’à user de cet absolu afin de déployer tout l’arc en ciel du monde, de tel ou tel monde humain localisé, serait-ce même le monde d’une tradition primordiale commune, comme dit l’autre). Ancienne pensée ou arc de conscience de l'ici même sont, furent, seront toujours en extrême tension ; dans la dimension de structure même, dans l’effort si l’on veut, parce que de cela qui ex-siste, l’effort est la substance même du réel. L’inverse, imaginer un réel figé, fixé, un ordre prédominant sur le désordre natif, un sens préalable à l’actuellement présent est une absurdité impensable. Le réel est l’enjeu de l’altérité la plus radicale.

C’est pour cela qu’au terme (momentané) de la pensée occidentale, Nietzsche et Heidegger manifestent une telle pensée de l’altérité la plus dure ou la plus obscure et à vrai dire ingérable ; parce qu’au cœur de leur pensée s’anime encore un « sens » quelque peu. Comme si la Volonté ou l’Etre réalisaient quelque chose, ou autre chose que tout ceci que voilà, ce monde, cet univers, ces myriades d’univers sans doute, ce désordre effarant et toute cette perte ; Nietzsche ou Heidegger voudraient que cela fasse sens ; un sens non humain ou inhumain, une gloire ou une profondeur.

La vérité, cad le réel, est plus froide et mécanique que ces grandes envolées. Et le dit mécanisme, soit du réel, soit de l’arc de conscience (que l’on pourrait nommer tout aussi bien arc de réel, puisque toute conscience est arcboutée sur le présent ici même et ici et maintenant) le dit mécansime en arc nous reste profondément inconnu ; on ne sait pas ce que présent ou arc de conscience veulent, désignent, sont en mesure de réaliser.

Selon toute vraisemblance l’exister est ce qui nait de, dans, par, mais en plus de l’être ; tout le dépôt, donné là, avance de par sa soif effrayante de réalisation, et le réel est lui-même ce repli, ce pli qui se veut en plus ; une sorte de dévoration qui veut, va, créera, a déjà créé une naissance interne à tout l’externe qu’est la réalité, que sont les univers ou cet univers.

C’est dans le présent, cela seul qui est réellement (autrement dit l’être est annulé constamment par et dans le pur et brutal présent) qu’il ex-siste une dimension en plus ; elle n’est pas ouverte par l’humain, pour l’humain, comme dit nommément Heidegger, et Nietzsche différemment, (et même Sartre nous montre au plus près ce mécanisme de conscience … et que dire de Lacan qui démontre quasiment le gouffre qui nous étouffe si l’on n’y prend pas garde et on ignore comment s’en sortir de ce vide interne qui n’est pas du tout « intérieur », que l‘intériorité soit elle-même prise dans une structure interne-externe est le propre de la psychanalyse).

Si elle n’est pas selon le sens de ou pour l‘humain, de l’humanisme universaliste ou de la personnalisation naturaliste ou destinale (on serait ce moi-langage-corps libéral ou ce langage-corps communiste), c’est que nous en sommes les effets ; la pensée elle-même est effet ; sauf qu’elle a tenté depuis le début grec, mais aussi depuis toujours, de remonter dans l’originel (absolu au-delà ou Un ici même), cette dimension donc non spécialement « humaine », est pourtant bel et bien l’articulation au niveau le plus instantané (non pas immédiat mais instantané ; le réel, le présent est en lui-même un court-circuit de lui-même… raison d’un présent constant, et « conscience » se dit de ce qui se produit comme court-circuit dans ce court-circuit, cet ajout en plus).

Le mécanisme d’arc de conscience, que l’on peut nommer aussi bien arc du réel lui-même (étant une structure constituée d’un rapport à (soi), en lequel le soi est non pas cette identité çi ou celle-là, hindoue, grecque, Descartes ayant pour nom ou Lacan, ou pierre Dupond, mais est le rapport lui-même), le mécanisme d’arc de conscience est précisément ce qui surgit d’une cervelle et engendre tout le reste ; c’est l’arc qui va créé ou abolir tous les mondes, toutes les identités, et de plis en replis sur la surface du donné, va s’inverser soudainement et commencer de se creuser lui-même comme pliure et non plus comme contenus ; usant de nouveaux contenus afin de se montrer, de plier et replier plus encore le Bord du monde et non plus tel ou tel contenu de synthèse de telle ou telle partie du monde.

Toutes les structures décrites philosophiquement sont les plis et replis arcboutés sur le Bord de la réalité, et avancent sur le fil du réel ; relançant la pointe de conscience telle qu’elle passe outre tout le reste et fait appel à chaque conscience comme forme et chaque conscience ne s’en aperçoit pas si elle ne s’y investit pas, si elle continue de tenir plus aux contenus qu’à la pointe structurelle. C’est cela le renversement qui a donné lieu au retournement des grecs et au renouvellement christique et à la réflexivité dite méta cartésienne, kantienne, de l’idéalisme allemand, hégélien et husserlien ; se tenir sur la pointe.

En fait on ne peut pas ne pas se tenir sur la pointe, et d’autant plus lorsque l’on est un moi, que l’on a été institué, de fait, par la reconnaissance commune, partagée, le statut de citoyen, de personne humaine, l’imagerie du héros de récit, et en équilibre sur elle-même (sans autre repère au final, mais, au final seulement, que son corps, par ex sa sexuation, on le sait) mais cette pointe opère le retour sur elle-même lorsqu’elle admet l’impossibilité même ; c’est de se savoir (du seul savoir non visible qui soit) qu’elle passe outre la connaissance qu’elle croit avoir d’elle-même. Si elle n’admet pas son impossibilité, elle reste collée dans le monde, le donné, le vécu, le corps. Elle s’y cherche vainement. Lorsqu’elle se retourne vers le monde, ses objets, le vécu ou se prend pour le corps, le dit retour est écourté.Il s'en trouve effroyablement mal à l'aise, il étouffe.

Or le retour réel est indéfini, il n'a nulle place, lieu, temps. admettre son exister comme retour impossible (vers lui-même comme rapport sans rien, nu) est évidemment non achevé parce que non achevable, structurellement impossible et c'est pour cela qu'il existe ; c'est comme cela que "ça existe" ; sans doute constamment désire-t-il ceci ou cela, mais ça n'a aucune importance, parce que ça ne passera jamais. C’est de comprendre que l’on est comme renversement, retournement grec ou renouvellement christique ou sujet impossible (qu’il soit Descartes ou Rimbaud ou Céline ou Nietzsche) ; ce sont ces grands ensembles de pensée (réflexive) qui nous comprennent, nous montrent l’impossibilité, celle qui existe.

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Activation du Réel

21 Décembre 2015, 11:17am

Publié par pascal doyelle

L'absolu et le Un.

On a donc supposé que le réel est bel et bien donné, absolument et totalement, et que depuis le début il ne fut jamais quitté. Le réel, soit « ce qui est », ce qui prenait comme nom « l’être », le réel est intégralement réalisé. Comment en serait-il autrement quant au Réel ?

C’est la présupposition des pensées de l’absolu, mais qui transporte cette réalisation au-delà. C’est la présupposition des grecs, du christique, des cartésiens, et des pensées de l’altérité ; qu’au lieu d’être réalisé tout là-haut, il est réalisé ici même. L’exigence, l’exigence radicale est soudainement imposée ici et maintenant ; à charge alors de comprendre comment et ensuite pourquoi, pour quelle destination.

Mais comme la destination ne se signale que d’exister ici et maintenant, comme présent, il est clair que l’on ne peut connaitre cette destination que via et dans et par le présent.

C’est ainsi le chemin qui fut ouvert. Non plus de recueillir l’intention reçue de l’au-delà, de l’absolu situé par delà, mais d’élaborer l’intentionnalisation ici et maintenant. De sorte qu’il faut interpréter la raison, la rationalité comme relevant d’un effort plus grand ; la cohérence à éprouver ici et maintenant, statuaire grecque ou poésie, science ou philosophie, éthique ou politique.

On a creusé l’activité ; l’activité de l’intentionnalisation en ajoutant à tout langage les vocables distinguant les différenciations dans le monde, le donné, le vécu, le corps mais distinguant également la position de cette volonté, décision, attention portée au réel ici même ; il fallait positionner cette attention pliée vers le « là » donné de la réalité et du réel ; qui sont deux extensions différentes. C’est par l’activisme, qui ne reçoit plus l’intention divine et absolue, de l’au-delà, mais qui assume l’actualisation de l’effort ontologique (« être » signifiant que ici-même ça est, ou, pour nous, que ça existe), que l’on va tracer le cheminement ; dans l’ici-même des grecs (l’être) ou dans l’ici et maintenant christique (l’infini existe, sidération, dans le là du donné, ça a déjà commencé et c’est ici que l’agissement ontologique se développe).

On va le tracer, ce qui veut dire qu’il n’est pas écrit ; il sort de son propre travail, de son propre œuvre, son ouvrage, son instanciation, son exigence, son attirance ; la forme est ce qui ne peut naitre que d’elle-même. De son effort à exister. Enroulant inversement le temps.

Sauf si l’on s’imagine, se retient, se circonscrit dans le monde déterminé sous tel ou tel auspice. Remarquons que les grecs proposent un monde non déterminé … le monde unique universel est celui tiré de l’être, comme idée régulatrice absolue, absolument agissante ou participante ; la preuve en est que (malgré les annonces de Vérité définitive qui sont légion) de ce monde unique universel on ne tirera pas une vérité mais des quantités de vérités ; c’est que ce ne sont plus les contenus qui se garantissent, mais la forme des contenus. L’attention à être ou à exister a glissé de la synthèse automatique à l’attention aux conditions de l’attention. On remonte dans la structure de l’attention-à, au donné là d’une part et au « là » du donné d’autre part.

Et pour que ce système formel se maintienne il devait se délimiter, s’identifier lui-même ; il devait inscrire son être comme effort ; ce qui veut dire comme exister. Il ne se repose pas sur le monde donné là et perçu immédiatement dans l’effort partagé d’un groupe autour et par la parole commune s’inter-changeant les choses et les êtres ; au contraire il devait se maintenir comme effort individué, puisque c’est de l’actualisation qu’il s’existe et que l’on ne peut comprendre qu’en comprenant ; en activant que le donné, le vécu, le monde, le corps soient non plus supposés mais constatés. L’arc de conscience qui parcourait toute la réalité d’un monde donné localisé immédiat et parlé et communautaire, se resserre, se réduit, se cristallise, se recrée sur et par chacun et sur son effort d’actualisation.

Pour saisir la différence entre la précédente formulation du monde commun et la nouvelle interposée, séquencée, dispatchée entre chaque individualité, il faut utiliser la théorie, la pensée qui fut produite par cette actualisation nouvelle ; soit donc les grecs et le christique ; ayant à se faire exister, cette réflexivité (qui se re-prend selon une constatation du réel ici même en tant que le réel est l’absolument « là », l’être et par ailleurs le christique ayant à se positionner comme point externe au-delà de naissance/mort, par-dessus le corps, point-autre individuellement senti, éprouvé), cette réflexivité doit se re-marquer en sus, en plus du reste, se re-paramétrer, se cartographier (comme Descartes lancera la grande cartographie du réel selon le Point du sujet posé « là » à la surface du monde-étendue).

En un sens, ou comme manière d’interprétation, on peut dire que l’effort réparti sur le groupe humain, la communauté, la parole commune, etc, se trouve soudainement investi en et par chacun ; augmentant considérablement la potentialité. Il est bien évident qu’il faut penser cette situation tout à fait étrange et Autre ; et c’est précisément ce que l’on a nommé « pensée » depuis le début (restreignant la « pensée » à la nôtre, étant entendu comme on l’a dit que les autres pensées n’en pensaient pas moins mais selon un autre point ; celui de l’absolu réalisé, oui, mais par-delà).

Pour se positionner selon cette nouvelle attribution, une interface neuve est réclamée ; on a voulu moduler cette interposition dans un accord avec nos souhaits ; mais ce qui est arrivé à l’humain (quittant ses mondes clos) est bien plus redoutable ; ce qui est sorti de tout monde humain, est l’activation du mécanisme qui jusqu’alors créait ces mondes, caché ou recouvert ou n’osant pas se préciser ici même dans le monde « là », ni donc dans le « là » du donné. Ce qui est en effet tout à fait redoutable ; parce que si l’absolument est non pas au-delà mais ici-même, alors l’ici-même est parfait, intact, purement et brutalement réalisé, ce qui veut dire qu’il est le réel.

Encore une fois il ne s’agit pas d’interpréter ou d’oublier l’absolument en s’attachant seulement au monde ; il s’agit de trouver l’absolument dans le monde donné « là ». Autrement dit d’en assumer l’exigence définitive. Définitive parce que si l’absolu est le Un (et le Un parce qu’il est insécablement intégralement « là »), l’exigence est complète, intègre, déversée avec ravage sur le monde, le donné, le vécu, le corps, l’humanisation et la personnalisation. C’est de cela dont on est travaillé.

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Structure de la motivation à exister

17 Décembre 2015, 16:03pm

Publié par pascal doyelle

Ça n’est donc pas qu’il n’existe pas de discours vrai, c’est que le discours vrai est retors et s’adresse à « quelqu’un » et va chercher cet un là où il est ; signifié par l’être ou l’exister, la pensée (qui doit être comprise mot à mot, une par une, et qui veut dire diffractée par la sur intentionnalisation grecque, qui n’est lisible que là, par eux, quitte à évidemment inventer mille mots ou mille significations pêchées non dans le langage mais dans le langage plié par l’expérimentation profonde de l‘intentionnalisation qui crée des différences, des distinctions, des perceptions et augmente notre capacité, ce qui vaut tout aussi bien pour les éthiques, les politiques, les idéels, ou bien sur les esthétiques ; une esthétique nous force à percevoir bien plus loin et tout autrement) ou la conscience de (soi), qu’elle ait modalité cartésienne, transcendantale ou hégélienne ou husserlienne (et alors on voit que si les grecs obligent notre individualité à se dépasser, les chrétiens ou à partir du christique, peu importe l’église en cause, la profondeur intentionnalisatrice est plus amenée encore à proximité du réel, et invente non plus des mots mais des retours sur « soi », intimant de se convertir, d’exister en plus selon un Autre Point).

Que l’on se plaigne de la technicité de ces obtentions, c’est ne pas admettre que c’est de technologies essentiellement neuves qui sont créées ; des moyens d’approfondir notre être et donc ce par quoi il se retourne sur lui-même ou se renouvelle. C’est aussi ne pas s’apercevoir que les cheminements hindouistes ne le cèdent en rien à la complexité ; supposant l’autre version du Même, de la Même structure ; supposant que l’absolu est au-delà, plutôt que par les grecs et le christique que l’absolu est ici même et donc que l’absolu est le Un (en quoi le dieu Un tout Autre est déjà lui-même la singulière abstraction ; la formule purement vide et sans rien, et absolument exigeante ; puisqu’en tant que un il hérité intégralement et avec l’intégrité adéquate de l’exigence et de la radicalité, de l’activisme). Mais c’est aussi ne pas comprendre que les éthiques, les politiques, les esthétiques, les idées et les connaissances ( la science, la technique, l’éducation, etc) ; transmettent selon leur mode la même Structure fine et aérée, de même que l’humanisation sous son universalisation et la personnalisation, figurant la réflexivité en et par chacun dans son acte et son arc de conscience même ; et il est bien clair que ça n’est pas l’universel qui va fouiller jusqu’au-dedans du moi, de par son corps, son vécu, son affect, sa perception ; et que donc ça n’est pas non plus la réflexion.

On a choisi de nommer l’arc de référence, l’arc de conscience (qui n’est pas le conscient) comme réflexivité ; entendant par là que ce qui réfléchit ça n’est pas le donné sur lui-même (la nature humaine sur elle-même), mais que c’est la réflexivité qui se renvoie vers elle-même. Etant le bord de la réalité ou du monde ; qu’elle renvoie à elle-même veut dire qu’elle va tout reporter de A à Z, de la tête aux pieds. Littéralement ; tout le vocabulaire au point d’inventer des mots, des signes, des orientations, et sur le corps du haut de la tête aux bas des pieds, écrivant sur, par le corps même.

Il faut que ça pénètre la peau. Qu’il se métabolise une autre vision de soi ; que le corps, le commun, le donné là, le connu naturellement, se mette entre parenthèses. Que sa surface s’agrandisse et que l’on en soit bien convaincu ; parce que l’on en sera jamais en mesure de réellement outrepasser son corps, mais qu’il faut s’y motiver en interne. Ce qui veut dire que l’on n’est jamais qu’un moi (cette sorte là d’organisation du donné là divers, du corps ou du vécu, ce bricolage, littéralement, qui peut bien croire de temps à autre qu’il est une unification, le plus souvent imaginairement et même constitutionnellement imaginaire, au sens lacanien) mais que par-ci par-là on sous-tend le sujet.

Alors on est plus ou moins fou de ce sujet réel, (qui est arc-ticulé au réel même), mais on ne peut pas l’être ; il est, par définition, par structure, impossible (sinon il en serait pas un sujet).

C’est bien en cela que les critiques innombrables du « sujet » tombent toutes à plat ; elles ciblent un sujet monolithique qui n’a jamais eu lieu ; tous les sujets réellement existants sont en mouvement ; Descartes est expressément un rapport, Kant est la description du même sujet structuralement, Hegel porte la conscience-de comme pure négativité, le sujet husserlien est d’une complexité inouïe et tout en architecture fine, le sujet nietzschéen est un acte de foi, une auto affirmation incompréhensible (il veut nous, se convaincre de la folie structurelle du sujet), le pour soi sartrien est une exigence éreintante (d’où sa morale impossible, en fait comme il décrit un être, une structure tout relève de cette éthique ontologique ; il n’y a pas une catégorie spéciale « éthique » ou « politique » parce qu’elle est toute ontologique).

Maintenir la loi impérative du sujet c’est donc prêcher de par le vide étincelant de la formule abstraite (l’être, dieu, le christ, le sujet cartésien, kantien, la négativité hégélienne, le oui nietzschéen, l’autre rimbaldien, et de temps à autre selon telle ou telle pensée de l’altérité) ; les autres positions ne sont pas des positions, ce sont des attitudes à l’intérieur de la position (qui est unique et indéfiniment déployable, puisqu’elle est au Bord du monde et ne tient pas dedans) ; on remarquera qu’au fur et à mesure de son instanciation (sur le sol réel), la structure s’enfonce et remonte de plus en plus profondément dans, de la dimension ouverte du réel ici-même ; le pour soi sartrien est plus précis que le sujet cartésien, (etc), de même le sujet lacanien est l’inversion tétanisante du pour soi ; en creux se dessine l’arc absolu, instancié du un, de conscience vide et formelle.

Dire que notre conscience (qui n’est pas le conscient, lequel n’est qu’un effet) se tient du langage est une telle absurdité qu’en aucune manière on est, ensuite, capable d’assigner ce langage ; ça n’est pas le langage qui s’enfonce dans le corps, c’est l’arc de conscience usant du langage ; de sorte que toute assignation par le langage renvoie constamment sur un autre champ. Celui du réel.

Ce que l’on ne comprend généralement est qu’il ne s’agit pas de choisir entre la conscience et le corps, la cervelle, la causalité des sociétés ou l’inconscient, etc ; l’arc de conscience est en plus et est un acte ; il présuppose tout le reste (ce que l’on a découvert comme causalismes et ceux que l’on ignore encore). Il ne faut pas traiter de la « conscience » comme si elle connaissait tout et décidait de tout en toute connaissance ou indépendance ; d’abord parce qu’elle ne décide pas à proprement parler ; elle invente. Et elle invente des liens, très limités mais suffisants, qui ne sont pas ; et selon que l’on va se penser ou se visualiser comme Autre ou non, on inventera des liens inattendus ou non. Et cette «décision » d’inventer de nouveaux rapports, elle ne se prend pas selon le conscient, mais selon telle ou telle bizarre perception de « soi » ; soudainement pour tel ou tel arc de conscience, ça ne colle pas, le réel est plus grand que la réalité ; lui apparait-il.

Il est clair qu’il faut une drôle de perception de « ce corps dans ce monde » pour se décoller les yeux.

Mais en même temps tout le monde le sait, que ça ne colle pas.

Quelqu’un donc, parfois, décide de se saisir du décrochage même. De se saisir de à partir de là où ça zippe, où ça décroche. Il apparait donc que son corps en fera les frais ; c’est une possession.

Parce que si la conscience est un arc, il ne nous appartient pas et c’est pour cela que ça n’est pas la conscience de moi, moi est juste un effet. Moi ne désire qu’une chose ; se lover. Au chaud. L’arc instancie tout autrement tout autre chose.

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Ressource du Moi

12 Décembre 2015, 10:27am

Publié par pascal doyelle

Chacun reçoit de fait sur la tête la statut de sujet ; évidemment on a vu que le sujet est impossible et que ça n’est pas un défaut ou un manque mais c’est parce qu’il est impossible qu’il y a un sujet, sinon il n’aurait pas lieu d’être ou plutôt d’exister ; il serait une identité, laquelle est toujours possible, de l’ordre du possible d’un monde, et c’est ce que voit parfaitement Badiou sauf qu’il « oublie » que le dit sujet, qui vient en plus, n’est pas fonction d’une Vérité ; il croit encore en une Vérité comme par-devant-tout, de laquelle existerait, contingent, un sujet, n’ayant de telle valeur qu’en fonction d’une Vérité, qui prendrait part au cortège des vérités et l’ensemble teindrait comme alignement des vérités, vers la Vérité totalisante, à venir, hypothétique. Comme c’est très embêtant de postuler la Vérité avant tout, d’une part on ne sait pas assigner à cette vérité une origine (elle serait plus grande que la dite vérité, ce qui est, de ce point de vue, absurde) et d’autre part et pareillement on ne sait pas du tout quoi faire des sujets (que l’on peut bien, de cela, sacrifier comme on veut).

C’est bâtir sur une représentation très schématique de l’universel ; une telle position ne comprend pas que l’universel n’est tel, universel, que parce qu’il s’applique à, mais aussi par et enfin pour des sujets. Hors des sujets l’universel est seulement une connaissance, mais non pas un savoir ; la connaissance se situe par son objet, propre (la vie pour la biologie) ; le savoir se positionne de ce qu’il vous demande de vous positionner vous-même (et vous octroie les armes pour ce faire ; pour la philosophie il faudra que vous pensiez vous-même, on ne peut pas penser à votre place puisque non seulement le but mais le moyen lui-même est que votre conscience se retourne par elle-même, en somme qu’elle réintègre sa puissance, sa possibilité et qu’elle ne se décharge plus de l’extérieur d’elle-même, ce qui ne va pas sans mal, évidemment).

Croire que la philosophie se finalise comme une connaissance et non pas se propage comme un savoir (dans et par chaque conscience touchée) est une erreur qui réinstalle ou croit retrouver la pensée comme grecque, originellement, et/ou le «savoir hégélien » ; mais le savoir hégélien était bel et bien un savoir puisque le positionnement de la pensée (comme sujet) pour elle-même et la pensée grecque était un savoir de la réflexivité qui prenait tout le donné-là (le monde, les choses) et retournait, réorientait ce donné-là vers et par le « là » (le monde par l’être, les contenus par l’idée de l’être, permettant que l’intentionnalisation puisse se maitriser et se renvoyer à elle-même afin d’une part de distinguer, plus encore que ce qui était à disposition dans le langage commun, et d’autre part d’inventer des différenciations, acquises uniquement par l‘actualisation, en une pensée, de la pensée du monde).

Mais puisque nous avons acquis le sujet, tout savoir tend à se transformer en connaissance ; le sujet va définir des objets ou des discours qui pensent des objets (et discours que l’on prend pour les réalités elles-mêmes, puisque nous n’avons accès aux réalités que via un discours qui en rend compte, le reste n’existe pas, comme le dit Badiou) ; le problème étant que « sujet » qui est réellement ce qui existe, ça ne rentre dans aucun discours … et que donc c’est autre chose qu’un discours qui fut appelé, et c’est cette autre chose que poursuivirent les esthétiques, éthiques, politiques et démocraties, et y compris les mois, les mois comme personnalisations accélérées qui se cherchent un sujet et non pas une Vérité. Et puisque c’est à partir des sujets que l’on existe c’est précisément cet être étrange qui est l’objet (non objectivable mais initiable en chacun et par lui-même) de la pensée, de la philosophie et non pas de se calquer sur l’idéal d’objectivisme des sciences qui, ramené dans la philosophie, est proprement catastrophique.

Les philosophies ont toujours pensé comme Sujets ; la pensée grecque comme retournement du monde sur lui-même et de « ce qui pense dans le monde » ayant à se situer ; le christique comme renouvellement intégral de tout, par un Point externe radical ; les deux se coalisant tout naturellement (puisque c’est la même réflexivité de retournement-renouvellement) ; et l’ensemble relancé par Descartes qui formalise ici et maintenant l’origine et la structure que l’on va commencer d’inventorier en passant par Kant, Hegel ( les idéalistes allemands et les anglo saxons), jusqu’à Lacan, via Nietzsche, Husserl, Heidegger et Sartre ; tout cela creuse la même distance (de notre être sur notre être, ou donc de notre exister envers et contre notre être, de l’actualité (de la puissance) sur le dépôt donné là, dans le monde, le vécu, le corps).

On voudrait bien que la distance soit résolue, éteinte, amorphe dans un énoncé donné-là, mais le fait est que l’on ne peut pas y être (comme une chose, figée, gelée, objectivée) sans y exister (dresser selon la verticalité même, selon une dimension en plus).

On dira ; mais comment initier en chacun, par chacun, la pensée, la réflexivité, la philosophie ? Or c’est justement ce qui a déjà eu lieu, de fait et pour chacun ; chacun est installé comme moi, comme personnalisation et est déjà certes l’image-idée de soi (signifiant par là que l’image conditionne l’idée) mais qu’elle est tout autant, bien que de manière plus insaisissable, est tout aussi bien idée-image de soi ; sous l’image, l’idée. Et idée parce que chacun étant instauré comme sujet est déjà pointé comme libre et que c’est cela qui cause la difficulté même ; et si l’image prévaut d’abord c’est qu’elle est plus facile, plus immédiate, plus contrôlable, plus jouable que l’idée et bien sur plus manipulable et plus égarée, littéralement, on se perd de se croire comme image, alors que l’on est depuis le tout début une idée (ce qui veut dire un rapport au réel, ce que signifie littéralement le dernier philosophe, Lacan).

Rappelons que la philosophie prend en charge d’expliciter une structure qui existe bel et bien en et par elle-même, qu’en aucun cas le savoir (de « soi ») n’est remplaçable par la connaissance, d’objectivités ou de vérités, et que ces objectivités ou vérités sont de toute manière elles-mêmes prises dans un flux intentionnel et reviennent vers, par, pour un sujet (n’importe quelle objectivité est prise dans le flux de conscience d’un moi, la science et la technologie sont enrôlées par des choix, des fantasmes psy) serait-il un sujet qui prétend assujettir les autres par sa « connaissance », comme le communisme qui n’est fondé que sur une universalisation (un processus, l’humain générique) qui se fait passer pour une essence ; ou comme le libéralisme, de façon plus complexe, qui nous fait croire en une « nature humaine » où l’essentiel n’est pas « humaine » mais « nature » ; donné là (et pensé par des autres, objectivés, par les sciences assujetties, les technologies, les mass médiatisations, les étatismes, etc) ; du principe selon lequel le donné explique le donné ; annulant qu’il y ait un « là » du donné (ce qui reviendra par l’existentialisme ou par le corps ou les angoisses et les interruptions ou éruptions de conscience du moi, qui devient fou).

Evidemment tout cela est vrai, cad réel ; il est effectivement une humanité générique, ou une individualité du moi ; mais ces deux logiques sont prises elles-mêmes dans un plan plus large ; il fallait que toutes ces réalisations s’éprouvent. Que l’on sache où cela mène ; à chaque fois ; aussi bien à chaque fois révolutionnaire (de 1789 à 68 en passant par les communismes et les droits libéraux, la libération culturelle ou le déploiement de la médiatisation ou médiation, etc). Ce ne sont pas la vérité universelle, la raison, l’Etat ou le droit, l’image de soi ou le relationnel qui s’expérimentent (ce sont des effets) mais c’est la structure réflexive qui se cherche dans, au travers des réalités, des réalisations ; elle ne sait pas ce qu’elle est. Et c’est elle qui constitue l’unité, formelle, de toute l’expérimentation.

Qu’il n’existe qu’une unité formelle (et non pas substantielle ou solide ou naturaliste ou déterminée ou libérale ou communiste) est ce qui cause problème et qui entraine l’ensemble de toutes les expérimentations, des représentations, des variations de conscience, des devenirs et des possibilités. Tant que l’on ne pense pas cet être étrange qui est et n’est que réflexivité (d’une forme et d’une distance incompréhensible, et non pas réflexion d’un donné vers lui-même, d’un déterminé vers sa détermination), on ne saisira pas ce qui est en jeu.

Mais à l’inverse une réflexivité qui ne prendrait pas toutes les réflexions (qui sont secondes et effets mais immanquables et explorations du donné là) s’évaserait dans une sorte d’abstraction ; le « sujet », dieu ou le monde, des idées « idées » et non pas des idées-rapports au réel ; ce que cherchent Nietzche, Heidegger, Sartre, Lacan ; agripper le réel des réalités afin de montrer, de remonter ces réalités et non comme valant idéellemnt ou idéalement ; et c’est du reste ce qui tourmente le moi sous ses compositions propres de corps, d’identité, de personnalisation, de représentation médiatisée (selon la médiatisation ou la médiation, l’image ou l’idée).

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L'unicité et les trajets

8 Décembre 2015, 14:23pm

Publié par pascal doyelle

Chaque trajet est donc l’exploration sur le bord du monde, de la réalité, et ce à partir du réel, du présent, de l’exister ; par quoi, étant donné que chaque arc de conscience est, existe ce bord lui-même, chaque trajet est absolument (puisque la pensée consiste à retrouver dans le donné là, les traces de l’absolu jusqu’alors situé au-delà et ce en tant que Un, tout entier présent ici même) est absolument l’avancée sur le bord.

En ceci les mots, les dénominations sont excessivement précis ; l’ontologie est réellement et dans le fait même « ontologique » ; elle nomme les déplacements sur le bord ; elle cartographie la précision, le détail du mouvement étant donné que chaque pensée, idée, système est le rapport-à, au réel tenu par la structure telle quelle.

Et puisque contrairement aux pensées de l’absolu (qui ne le cédaient en rien à la précision, à la complexité, à la lucidité, à la vérité, à l’argumentation, hindouiste ou autres, mais qui présupposaient, de manière légitime quant à leur finalité propre, que l’absolu se tenait ailleurs, autrement ou au-dessus), ce que l’on a commencé de nommer strictement « pensée » (soit grecque puis autour de la méditerranée) est l’argumentation qui veut trouver dans le « là » et le « ici-même » ce qui se conçoit ; on retrouvera cent fois des parallélismes entre cette pensée du Un et les pensés de l’absolu, mais de la pensée selon le Un, l’absolu est réellement ici même et donc insécable (c’est ce que l’on veut dire par le un ; on ne désigne par là évidemment pas un « un » monolithique ou « quelque part » ou chosifié ; il s’agit du Un dans son articulation ici et maintenant, l’arc entre la conscience surgissant de la cervelle vers le présent « là » du donné, et ce que l’on a vu en tant le Un, dieu, la pensée, le sujet, etc furent utilisés afin de plus encore découper et distinguer).

Et c’est l’orientation même de l’intentionnalisation qui modifie et invente une autre source ; non plus au-delà mais ici même, dans la constatation et l’expérimentation : ce qu’il faut entendre complètement et non pas seulement à demi selon une « objectivité » seconde et plate ; lorsque l’arc de conscience commence de se saisir comme effectivement réel, en tant que pensée grecque ou dimensionnalité-autre christique (par quoi je suis Autre que ce donné là, autre que la naissance-mort, admettant, tout aussi bien que les grecs pour le monde, qu’il y a un « là » de mon être vécu mais perçu on ne sait de où, du Point-Autre au-delà, en plus) il objective là au-devant de son regard son être, et pour ce faire il part de son exister ; ce qui découpe instantanément tout le donné par le présent ; c’est donc la distance, non compréhensible en soi, qui est pensée, parce que c’est la distance qui est l’objet même intrinsèque de la pensée ; non pas donc la réflexion (d’un donné ou à partir d’un donné vers un donné) mais le dégagement hors jeu qui expose la cartographie elle-même. exposant tout l'être, du monde, c'est que l'on est parti de l'instant, du présent et de l'exister, et outre la pensée du monde, il est la réfleixvité de cet exister sur sa nature, sa structure, sa possibilité (sur le "ce qui existe antérieurement à tout monde ou tout moi ou tout corps", Sartre par ex approche l'arc antérieur à tout corps et tout moi).

Comme le Bord n’est pas inclus dans le donné, il faut élaborer de A à Z la description de ce Bord et à chaque fois il faut partir de et par ce rien, mais qui est une forme, et en tant que forme comme retour qu’opère cet être sur son exister. Rappelons que le un, le présent, l’exister n’est nullement le « présent » comme si ce dernier était le résultat, le dernier effet, négligeable, de la réalité ; le présent est l’exister, en acte, et est « ce qui cause la ou les réalités ».

Que l’arc de conscience soit vide signifie qu’il prend en charge l’exister ici même et qu’il en conclut, non pas par un raisonnement mais par une évidence « cartésienne », que le Un est instantanément ici même réalisé ; on ne peut pas outrepasser l’instant (puisqu’alors on en revient à supposer le un comme l’absolu des autres pensées qui le situe au-delà), mais on peut explorer l’instantanéité de ce qui est ; tel que, pour nous, cela se prête mais cette expérimentation est absolument réelle et fouille dans l'instant même du réel. Il ne s’agit nullement d’une exploration subjective ; parce que notre être spécifique existe effectivement et est effectivement articulé au « là » du donné (au « là » qui admet tous les donnés, tous les mondes humains, toutes les réalités).

Cela veut dire que de toute manière c’est le Un (ou anciennement l’absolu duquel on recherchait la conformité, dans les mondes cycliques ou sacrés ou éternels ou supra réels), c’est le Un qui se réalise ; quoi que l’on fasse.

Le « quoi que l’on fasse » parait annuler notre liberté, mais nous sommes situés depuis le début, depuis toujours, sur le Bord ; sur le Bord unique ; antérieurement auquel il n’y a rien. Aussi les décisions, existentiellement ontologiques, sont prises sur ce bord, sur la limite, sur le fil et engagent la structure même ; non seulement la nôtre ou celle de notre-être (transformé en cet-être par Descartes qui l’objective originellement), mais toute avancée sur le bord est en elle-même absolument réelle. Autrement dit lorsqu’on lit Plotin ou Descartes mais aussi Rimbaud ou Céline on avance sur le Bord de la réalité, sur le Bord Réel des réalités. Le trajet est effectivement effectué.

Cela signifie que les technologies anciennes (pour nous), relèvent le cheminement, l’arc de cercle qui conduit à ce qu’elles définissent comme l’absolu (au-delà) mais aussi que les technologies nouvelles (inventées par Socrate-le christ) marquent expressément le cheminement à effectuer ici même, en situant l’absolu ici même en tant que Un (et non plus au-delà) ; que ces technologies créent dans la cervelle ou à partir de celle-ci le trajet, le tracé puis le et les tissages qui dessinent l’articulation de l’arc de conscience au réel ; et donc en suivant Descartes ou Rimbaud (ou qui l’on choisira) on retrace en son articulation individuée, par la technologie en cause, les effets et les atteintes envers le réel.

Ou donc ; il faut lire Rimbaud ou Descartes pour réaliser, rendre réel le tracé vers le réel et réarticuler son arc de conscience … Il n’y a aucun autre moyen. Et ça ne se produit qu’à cet instantanéité là. Puisque le réel est le présent et que l’arc de conscience ne quitte jamais le réel, le présent. Il n’existe aucune « idée » idéelle, pour ainsi dire, qui soit éternellement suspendue ; la suspension, ce que dit Descartes, est en acte et est son propre témoin et témoignage.

C’est dans ce ramassement du réel, non pas des réalités, mais du réel qu’opèrent l’éthique ontologique, l’existentialité même qui met à jour ou entrevoit l’exister dans son mouvement. Lequel est inaliénable. Il est ce dont tout le reste part, se re-présente (se représente à nouveau mais dans des représentations schématiques). Rimbaud introduit à l’uni-réel, et comme l’uni-réel est la base-même de tout, de tout trajet, c’est le même insécable et Autre réel qui revient constamment ; non qu’il soit inidentifiable mais bien qu’il porte toutes les identités, toutes les représentations, toutes les cartes et c’est pour cela que Rimbaud est impossible à comprendre, ou Descartes ou Plotin ou Mozart ; ils renvoient instantanément, au plus possible, du réel uni-plan ; plus l’éthique et l’ascèse sont portées de se rétribuer au réel, plus elles sont incompréhensibles, étant "ce par quoi on comprend". En un mot on est saisi (alors que le moi, le conscient, le discours veulent saisir dans le contrôle ce qui existe originellement ; mais puisque cela existe originellement, cela ne peut pas se contrôler ; il faut prendre sur soi, absorber le corps et l’attention qui se génère de la cervelle).

Et ceci se réalise si l’on prend sur soi les technologies (que l’on voudra, choisira, qui nous saisiront, serait-ce même les anciennes technologies parce que le nouvelles ne contredisent pas du tout les anciennes) et se réalise plus ou moins, proportionnellement à l’investissement, à la suspension du corps, du moi, du vécu, du monde, de la réalité ; parce que ce qui s’articule consiste en l’arc de conscience, en la possibilité d’attention, à sa capacité d’attention spécifique, extrêmement précise et avançante (sur le Bord qui est le bord Réel de la réalité, ou le bord du corps ou le surface et selon l’esthétique, du corps, etc).

Puisque la lecture des signes bouleverse l’attention, et que l’attention est l’arc de conscience, toute modification intense de l’attention provoque une réorganisation de l’architecture intentionnelle ; ce qui ne dépend que de l’arc de conscience qui lit, parcourt les signes ; les signes forment donc de cela non pas du « sens », le sens est relatif au conscient ou à l’identité inerte d’un moi, mais forment des significations, renvoyant dans l’acte dans le donné là, le corps, le vécu ; le territoire qui n’est aucune carte ; le donné dont seuls sont atteints les arcs de conscience, et que l’on recouvre habituellement maintenant par des discours, le discours objectiviste se prend pour la réalité, alors que c’est uniquement l’arc qui est tendu vers la réalité via le réel ; aucun discours n’a conscience-de du réel ; c’est l‘uni-plan qui relève exclusivement de chaque point de conscience et que l’on ne peut pas penser, mais dont l’accès est strictement réservé à, en, par chaque arc.

La réalisation est littéralement une réal-isation ; le trajet à partir de l’arc s’effectue, ou non, avant que l’on meurt. Sachant que l’on ne peut pas en juger. Si l’arc de conscience était le conscient, il se pourrait qu’il puisse l’objectiver. Mais l’arc de conscience est sa seule mesure, loi, possibilité, articulation. La difficulté ne peut donc pas être plus élevée. Et pour cause c’est de l’articulé au réel, cad à ce qui existe au plus instantanément qui soit, dont il faut s’agiter (antérieurement à cet arc-au-réel, il n'y a rien ; nous sommes, nous existons sur le Bord depuis les grecs-le christique, qui révèlent une structure active qui se reprendra sans cesse par la suite, étant originellement)

Ou donc : on n’existe pas à demi (il n’est aucune retenue on ne sait où de soi-même, on est tout entier là au-devant, comme toute la réalité). Tout est « là ». Et pour chaque moi, il est de fait et impérativement un tel arc ; sinon il n’y aurait pas de moi. Le moi est si particulier qu’il contient, recélé en son « lui-même » et en deçà des déterminités psychologiques, une pro activation du réel. Pour cette raison il est un "inconscient" puisque la conscience n'est pas le conscient et se crée de et dans un horizon qui; lui, n'apparait pas ; il fait apparaitre tels et tels objets, représentations, contenus. Évidemment il dépend de chacun de l’activer ou pas … parce que c’est du un dont il est question et que le un ne dépend pas d’un autre que de lui-même ; il se tire de sa propension d’exister.

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L’incessant exister

6 Décembre 2015, 10:19am

Publié par pascal doyelle

Il est curieux que l’on attend de la pensée, d’une pensée, d’une idée, d’un contenu de conscience quelconque qu’il puisse résoudre cette conscience même … ou que ceci ou cela qui est signifié, le langage, l’inconscient, la physiologie, soit imaginé remplaçant cet arc de conscience (qui précisément constitue ces perçus et ces attentes) alors que ce qui doit être porté est non pas tel ou tel contenu mais la représentation que cette attention a d’elle-même, cette « conscience » ça n’est rien d’autre que « l’attention » a de l’attention elle-même ainsi que de son situé, dans ou sur le « là » du monde. Par quoi « conscience » est toujours sur le bord ou le fil du tranchant.

C’est bien ce que dit Descartes (avec son dressage de verticalité, droit sur le dieu Un très bizarre, et flottant par-dessus le monde-étendue, pointe sur la surface de l’être), ou Kant (avec ses histoires, trois fois, de nouménal et de structure transcendantale en plus de n’importe quelle pensée), ou Nietzsche (avec son auto affirmation de la volonté dans l’altérité la plus totale ; même notre « volonté » est autre en nous) ; que l’attention parvienne à se maitriser, à se retourner, et nul doute que lorsque les grecs inventent la pensée, il s’agit de faire pivoter les intentionnalisations les unes par les autres, afin que l’on puisse se saisir ou être saisi de cette diffraction de l’intentionnalité ; ce que disent les grecs, ils le montrent et ils montrent ce que redécouvrira encore Husserl ; c’est la Même Structure.

Et cela signifie ou comporte que l’on cesse de désirer, de suivre stupidement le désir, qui se nourrit de n’importe quelle partie du monde, du vécu, du corps ; ce qu’il trouve en somme ; tandis que la pensée, le retour de l’attention sur elle-même, s’alimente de ce qui n’est pas, crée ce qui n’est pas ; la pensée est sur le Bord du monde, de la réalité, du vécu et du corps parce que la pensée est la mise en variation de tout contenu pris dans l’élaboration existentielle et ontologique de l’exister. Elle n’existe qu’en acte et c’est pour cela que philosopher se produit avec plus que de la complexité ; avec la torsion de la pointe qu’est l’attention se retournant sur sa forme même, tournicotant sur sa propre base, et c’est bien la difficulté ; il n’a - ce repérage de « soi » par (soi) (on part toujours d’un moi, d’une identité, d’une nomination, pour la retourner et la réinscrire à partir du monde dans, vers, par, pour la Dimension) – il n’a aucun moyen pour simuler l’ajout qu’il engendre dans le donné monde, il doit re-signifier à partir de sa propre et seule évidence de structure.

Autrement dit si on ne saisit pas sur soi cette dimension, on ne la perçoit pas lorsqu’elle est nommée « pensée », sujet, dieu, altérité, un, etc ; on n’y voit que des mots ou que des chosifications ; alors que précisément c’est tout le contraire ; ce sont des mouvements (puisque tout est en mouvement, étant de toute manière emporté par le présent et ce puisque le présent il n’existe que cela, rien d’autre n’existe, ce que l’on nomme l’être en est juste le dépôt).

Par exemple on comprend bien que critiquer dieu ou le un ou le sujet par telle ou telle détermination, du langage à l’inconscient, d’une partie du monde ou d’un signifiant quelconque, est tout à fait ridicule. On ne dit pas que dieu est ou que le sujet est une réalité ou que le un est effectivement un « machin » qui serait « un » ; on dit que le rapport que signifie dieu ou le sujet ou le un ne peut être compris que par un rapport équivalent, de même force, de même puissance, et que comme cet un, ce dieu formulent ou signifient la limite, le bord de la pensée (tout comme le présent est le bord de la réalité, en ceci qu’elle existe) dieu, le un, le sujet, la dimension ou l’altérité (supposée par les proactivistes que sont Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) ne peuvent pas être dépassés ; ça n’a même strictement aucun sens ; tout prétendu dépassement sera un recul ; il prendra une détermination pour le contenu de l’indétermination qu’est effectivement d’une part notre acte de conscience, d’attention et d’autre part le réel, le présent, l’exister.

Ce monde, les mondes humains au-dedans, les personnalisations, les univers, tout ce que l’on voudra, sont des variations du fait un et unique ; le présent pur et simple et excessivement brutal. Et une « conscience » est et n’est que le rapport que cet exister invente avec, vers, par, pour lui-même.

Et cela ne veut pas dire que l’on sache ce que « cela veut » … On n’en sait rien du tout. L’exister est la dimension qui coupe transversalement toutes les réalités, tous les univers, si tant est qu’il y en ait plusieurs ou une infinité ; on ignore où il se continue et comment et pour quoi. Il se peut que ce soit la dimension située par les anciennes pensées ; celles qui positionnaient l’absolu au-delà, pourquoi pas ? Et il se peut également que le présent mène à de toutes autres considérations et une altérité bien plus redoutable et inhumaine ou surhumaine, comme dit l’autre ; ils le devinent Nietzsche et Heidegger … Ils voient bien, suivant leur pensée tout à fait autre et la plus autre possible, que ça n’est pas un simple « fait » ; c’est le fait lui-même, le fait unique et invariable et purement formel ; qu’est-ce que la « volonté » ou « l’être » ? Sinon des formules équivalentes à l’être grec ou dieu le christ ou le sujet ? Excessivement abstraites et formulatoires pour ainsi dire. L’agissement, dont chaque conscience est le retournement (« conscience » étant par Nietzche et Heidegger non plus associée au moi, mais ayant en elle-même un fonction suréminente ; leur défaut est de se passer de l’individué et une « conscience » n’existe que une par une, sinon elle ne serait pas du tout ; elle n’est pas une fonction universelle (comme Volonté ou Etre) mais un retour à chaque fois radicalement vide et un, il n’y a aucune raison qui explique, qui différencie ma conscience d’elle-même … et pourtant Autre elle l’est, la réelle distinction est purement formelle).

C’est sur le lieu du retournement et que l’on qualifie si hâtivement de « subjectivisme » alors que depuis le début la pensée, la philosophie (mais donc aussi les autre pensées anciennes approchant l’absolu comme position au-delà et non comme Un ici même, ce que commencent les grecs et que el christique reprend), depuis le début la philosophie est d’une précision infaillible ; puisque ce ne sont pas des « idées » mais une structure qui s’active et décrit son entourage métaphysique (grecque, la surintentionnalisaiton par dessus le langage de tout groupe humain), dimensionnelle (christique, le point-autre au-delà du vécu, qui re-perçoit toute la réalité et le corps), méta intentionnelle (cartésienne qui transforme notre être comme étant cet-être posé là sur l’étendue, et kantienne et hégélienne et husserlien, etc, jusques et y compris le lieu étrange immergé dans l’altérité des proactivistes) ; métaphysique, existentiel et ontologique est la prolongation instantanée de la même structure activée depuis le début.

Si l’on cherche en quel lieu cela se déroule, se déroule constamment, imperturbablement, c’est dans le présent même. Non seulement tout près de nous, mais avant même que nous soyons, ontologiquement antérieur à notre surgissement (au surgissement de la cervelle d’un arc de conscience vers le réel).

Ça n’est donc pas un hasard ou un désespoir, ‘est selon, si l’attention s’est précipitée, au sens tout aussi bien chimique, sur l’évidence de l’ici même existentiel, ou si le sujet se démène diablement sur son moi et son corps (le symptomatique Désir érigé en signifiant de ce qui ne peut se représenter ; aucun contenu ne remonte le long de la conscience qui l’a produit) ; c’est de ceci que l’arc de conscience ayant épuisé toute la variation selon la pensée de l’intentionnalisation, toute la méta structure qui permet qu’il rende compte de lui-même (Descartes, Kant, Hegel, Husserl), tombe nez à nez avec le donné « là » tout à fait autre et étrange ; dont il cherche à soutirer la logique nietzschéennement, heideggeriennement, sartriennement et lacaniennement ; ça se rapproche, investi toujours de la même rigueur. Identifier ce qui a lieu, ici et maintenant, valant pour chaque arc de conscience ; où qu’elle soit, quelle qu’elle soit.

C’est en ce sens qui l’on dit « ça ne s’est jamais trompé », ça ne peut pas se tromper. Ça explore c’est certain, ça vadrouille puisque c’est la possibilité même du bord (unique) du monde que cela découvre, investit, crée et élabore. En ceci on ne connait pas d’abord, on expérimente le plus subtil, le plus distinctif, on varie l’intentionnalisation sur le Bord de la réalité (et c’est cela la pensée) ; on n’attend pas une connaissance (qui est effet et non cause) mais on porte l’attention sur cela même qui s’arcboute au réel, sur l’acte, l’activisme de conscience qui se retourne comme fonction formelle dans le présent, lui-même pure forme ; modifier son attention à exister entraine tout le reste. et ce trajet n’apparait que dans la transcription du retournement ; ce que l’on nomme un texte mais qui renvoie aux mouvements structurels, ontologiques et de l’exister sur lui-même ; ça ne se dit pas ailleurs que par Plotin, par Descartes, par Nietzsche, par la philosophie.

(La philosophie opérant distinctivement sur les trajets tandis que les éthiques, les politiques, les idéels et les esthétiques mais aussi les humanisations du donné et les personnalisations du corps agissent par la structure, dont la philosophie se charge de rendre compte)

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Le techno-capitalisme et le moi

1 Décembre 2015, 12:31pm

Publié par pascal doyelle

Les mois continuent leur course furieuse, gaspillant et inemployés. Le système du moi est le système techno-capitaliste ; c’est le même, la même logique et qui se conjoint bien facilement à l’étatisme, version évidée, absorbée en d’autres finalités, de l’Etat vraiment démocratique (ce qu’un libéralisme théorique ou un communisme individualisé mettrait en œuvre ; capitalisme et communisme ayant à être réintégrés dans et comme société totale et non pas en opposition ; société totale nommée réellement Démocratie, continuation de la révolution unique de jadis qui pourtant fut arrêtée, stoppée, nette, figée, gelée dans une formulation restrictive, comme on va voir).

Tant que l’on continuera de se définir comme de tels mois (et on ne voit pas comment il en serait autrement), le même système perdurera et épuisera toutes les ressources, toutes, entrainant la très réelle disparition de l’espèce (dans un univers des races survivent et d’autres disparaissent).

Impossible de renvoyer la balle seulement à un dit système « techno-capitaliste », puisque chacun participe allégrement à l’épuisement de ses désirs divers et variés, et que nous n’y sommes pas pour rien et que ça n’est pas faute de n’en être pas prévenus.

Pour que soit régulé ce monde dévorateur, il faudrait donc que chacun, tous, l’ensemble, l’organisationnel et les institutions de ce monde parviennent à réduire considérablement leurs désirs. Que les désirs ne fassent plus sens. Qu’ils ne soient plus le seul « sens » disponible. Qu’il y ait des réalisations de "soi" qui ne tiennent plus du tout au gaspillage. Que l’on cesse de produire pour produire et alimenter une machinerie économique dépourvue de toute intelligence (en ceci qu'elle ne réfléchit pas du tout ses finalités et abandonne ces fins au monde donné là tout reconstruit alors qu'il veut passer pour "naturel" et se fatigue et nous fatigue à le montrer, démontrer, imager, illusionner ; grande consommation d'images éhontées, bues, absorbées, redorant la pilule), et que par ailleurs l’on cesse de produire dans la seule finalité de l’employabilité de tous, puisque nous avons dépassé le stade de la nécessité et qu’il n’y aura plus jamais suffisamment de travail équivalent (en productivité) pour tous . Et que l’on cesse de se reproduire, aussi, parce que c’est la même chose. Tout cela est la même sorte de logique immédiate qui n’a pas réfléchi du tout, sinon que sa réflexion lui servît exclusivement à faciliter ses désirs mais non pas à remplacer ceux-ci selon un autre plan.

Toute l’architecture de sens de ce monde humain est élaboré selon une reprise jamais remise en question des finalités données immédiates et que l’on prend pour le seul monde, le seul monde de sens ; il ne faut pas comprendre autrement le refus des anciennes « morales » ; le refus de la pensée grecque (qui impliquait que chacun se transforme par la pensée même), le refus du christique (ou du bouddha ou de toute conversion intérieure, et diversement tentées les pauvretés de spiritualités « à l’occidental » qui ne remplacent évidemment rien du tout puisqu'elle se heurtent à la puissante structuration du désir institué comme loi), le refus de l’ascèse et la substitution non seulement de la pensée par la raison (simple moyen d’autres fins purement désirables et utilisé sans réflexivité aucune), du christique par la naturalité, du sujet par le moi humanisé, mais aussi substitution des esthétiques élevées, précises, suspendues par des esthétiques basses et très usagées, constamment recyclées et qui sous diverses apparences reviennent aux mêmes images de « soi » du moi, à la même représentation fade de l’humain par et pour lui-même, validant par avance sa reproduction selon le désir. Plus le désir se représente malsainement, plus il se désire. sa fonction est purement de répétition du même impossible, qu'il s'ingénie à croire réalisable.

On ne désire jamais que des morceaux, des parties de monde, en grande dévoration. Ça ne va jamais très loin. Ça retombe, comme un soufflet ; tout ce qui est du monde disparait avec le monde. Ça s’énormise un temps, et puis comme ça ne se crée pas de la structure même, ça ne dure pas. Ça possède trop peu d’articulation au réel pour continuer dans le réel, ça s’effondre dans la réalité.

Ou si l’on préfère l’autre version ; c’est que le désir est si peu élaboré, si peu transfiguré, si pauvre en esprit, qu’il doit, ce pseudo désir, communément adorer, se réécrire continuellement et épuiser le monde sous diverses formulations qui reviennent toutes au Même, disque rayé, et n’apporte rien du tout. Et même il retire au fur et à mesure toutes ses significations, les perd, les égare, elles se dissolvent, dans leur propre soupe, et, accrochés à cet infra-désir d’être, les mois s’effilochent du dedans, s’apercevant ici et là que de dedans ils n’en ont pas, n’en ont jamais eu, que l’on n’est pas là pour peaufiner un dedans, se produire ou se reproduire ou répéter constamment mille réapparitions du monde ; parce que c’est toujours le même qui revient. Et qu’à force de le singer, ce même monde réel, nous n’en comprenons plus rien, transformé en kaléidoscope Philip K Dickien ; le creusement dérisoire qui affecte les mois, et en déboite quand même beaucoup du dedans, liquéfiés, ayant épuisé leur désir fameux, n’y retrouvant plus rien, ce creusement est aussi l’épuisement réel, physique, des ressources du donné naturel.

Comprenons que ça n’était pas le régime, le rythme des aniciennes configurations (pensée, dieu le christ, le sujet et les pensées de l’altérité nietzschéenne, heideggérienne, sartrienne, lacanienne sont tout aussi ascétiques et exigeantes, de fait, terriblement exigeantes en vérité), et que ce sont les figurations, distinctes des configurations, qui ont transformé la pensée en raison, le christique en naturalité (du corps entre autre), le sujet en moi, imposant donc partout que ces figurations soient les moyens d’autre chose, alors que les configurations prétendaient, elles, que l’on se devait à la pensée, au christique, au sujet, à l’altérité ; et ce dont les figurations sont les moyens, revient à l’incrustation de chacun dans le monde donné vécu immédiat et dont la fonction suprême reste le désir d’une part et le nécessitarisme d’autre part.

Le désir est le totem qui renvoie à la dispersion, et comme il ne se satisfait de rien, il recommence, sempiternellement. Identique à lui-même. Identique à rien.

Parce que le désir est évidemment seulement le prétexte, la reprise, le symptôme de la structure de l’attention à exister, l'agissante réellement mais recouverte par ses substitutions, et que cette attention est formelle, structurelle, et qu’elle ne trouvera jamais dans le donné, le monde, le vécu, la satisfaction ; qu’elle doit à l’inverse, si l’on peut dire, parvenir à se réguler à partir de son rapport à la structure qu’elle existe, et que c’est ce que recherchent la pensée, le christique, le sujet, l’altérité exigeante ; et que cette structure de l’arc de conscience au réel qui ne trouvera aucune partie du monde qui la satisfasse, si elle doit bien conformer un monde, humanisé d’une part, autour de l’universel, et personnalisé d’autre part, autour d’un moi et du corps du moi, ce doit être un monde bien autrement torsadé et complexifié formellement que celui-ci qui subit seulement les finalités immédiates et se rabat sur le monde donné et vécu.

Sous les aspects du nécessitarisme prétendu, et sous la représentation du moi comme désir-en-état-de-manque (de manque à être, en somme, de négatif vide qui n’a rien, alors que son exister est précisément de fait de n’être pas, mais d’Exister).

Plutôt que de rechercher la torsion et la structuration de l’attention à exister, on se rabat donc sur les finalités données là que l’on trouve toute-faites et qui correspondent au monde naturel et aux échanges humains alignés sans retournement, autrement dit échanges qui subissent le chantage de la ligne de mort (dans le monde l’exploitation, la violence, la mort constitue le sens lui-même), du nécessitarisme, des nécessités immédiates, alors que nous sommes passés dans la surproduction et que l’organisation de l’humain ne devrait plus se sustenter d’une réintroduction de pseudo-impératifs ; le chômage et la sur-capacité, la sur-disponibilité d’employables dans un système qui par ailleurs les remplace, par la technologie, et qui doit ainsi se développer sans raison sinon celui de sa propre survie et augmenter encore la surproduction et l’épuisement des ressources, le profit à fin d’investissements alors que les dits investissements ne sont pas du tout justifiés mais acheminés en pure perte et vanités diverses, le marché comme fixation des prix alors que c’est la loi du plus fort et non pas la rationalité des choix, mais tout autant la représentation généralisée du désir interprété par et dans un système hiérarchique de « valeurs », d’objets, ou de salaires, et donc d’hyper salaires, sans justification aucune sinon la hiérarchie même, qui tourne folle puisqu’à vide ; en quoi on voit bien que le système de nécessitarisme n’a aucun sens réel (cad ayant de vrais effets humains et physiques et psychologiques et relationnels, etc, vers les vrais besoins des personnes) mais une fonctionnalité globale, un organisationnel général, totalement irréaliste. soit donc une représentation inadéquate qui n'accrochant pas au réel s'emballe dans une pseudo réalité continuelle. Jusque dans les mois qui glissent dans l'irréalité de leur cervelle (et non dans le réel de l'arc de conscience vers l'exister ; tomber dans sa propre cervelle est l'horreur absolue, la cervelle n'est pas l'intellectivité, comme la réalité n'est pas le réel ou la réflexion la réflexivité).

Qui se situe non dans le réel mais dans la représentation constamment illusoirement justifiée (le temps passé à expliquer les nécessités irréelles est en soi un gaspillage). Le système techno-capitaliste est le même que la réalité humaine telle qu’installée ; pour le refondre il faudrait repenser (ou tout simplement « penser » en fait) non pas un système extérieur à notre vie, nos vécus, les industries, les institutions, les nécessités réelles ou pseudos, mais cette vie elle-même dans tous ses aspects, ses possibilités ; le système techno-capitaliste est ce dans quoi tout est pris, puisqu’il n’est rien d’opposable sinon de casser le nécessitarisme prétendu qui alimente une pseudo représentation du réel, utilisant même ses effets néfastes pour justifier le « développement impératif », ce qui revient à produire de surnuméraires « choses » totalement inutiles.

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