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instants philosophie

Le poids épouvantable

26 Août 2009, 22:34pm

Publié par zward

La philosophie, comme toute la culture qui précède le 20 ème, a eu pour finalité d’imposer le centre d’intention généralissime du sujet. Ce qui manquait, c’était une personnalisation de chacun ; de sorte que chacun puisse s’exister comme vécu et que de ce vécu, envers et contre les symbolismes, les relations humaines réglées dans un échange et partage concentrés, de ce vécu puisse s’exprimer ou s’approcher le monde-même.

Ainsi chacun est devenu proche indéfiniment du monde, là, donné, sans interprétation surnuméraire, sans humanisation ; de cela l’ensemble des crises dites existentielles. Mais aussi l’appétit féroce de multiplicité qui s’en suivit. De même le tourment étrange, bizarroïde, insituable de ces personnalités ; qui ne voient pas qu’elles sont avant tout des personnalisations, cad des processus, et non pas des identités éternelles ou en soi. Le moi, qui est une libération de cette unité centrale pour elle-même et décentrée quant à la régulation collective du monde humain, devient ainsi le verrou même qui clôt le devenir sur un « état », un être-là.

L’universel, qui fût promu lui-même par la philosophie et toutes disciplines concurrentes, s’en tient pour sa part à son abstraction ; le droit, ou l’idéal culturel restent semblable à celui , rêvé, du 18éme et 19 ème. L’art est encensé, bien qu’il ait désiré cent fois rejoindre le vécu, il y parvint mais dans des formes nouvelles (cinéma, mass média, toutes espèces de cultures du 20ème ), et en signifiant de fait autre chose que l’unité idéale du Sujet tel qu’il fut désiré, attendu, conquis et imposé, mais abstraitement universel par artistes créateurs. Dans les nouveaux moyens d’expression, le moi se perçoit lui-même comme centre du monde ; qu’il en soit la gloire ou la déréliction manifestes. Cette unification permit de cataloguer l’ensemble possible des vécus ; de les imager (si il ne peut comprendre le concept, le moi saisit immédiatement l’image, puisqu’il la subit …) ; sans quoi, ces mois se seraient perdus dans des immédiatetés incommunicables, des masses du monde donné, des fétiches et des obsessions, des déperditions. Que l’on ait à communiquer une image de soi, soulage du poids.

Du poids natif.

Ainsi non seulement il conviendrait que l’universel ait à cesser de se limiter à l’abstraction de ces formes (Etat, droit, idéal symbolique du moi, culture idolâtrée, etc), mais aussi le moi, cette concrétion historique libératoire, sent bien qu’elle n’a pas vraiment abouti. Qu’elle blêmit encore dans l’irréel.

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La culture et la confiture

15 Août 2009, 23:51pm

Publié par zward

De se tenir d’une identité, c’est en somme libératoire ; on a tant attendu que chacun puisse vivre d’une personnalité ; privilège des puissants, mécènes par exemple, des seigneurs, des nantis ; théâtre nourrit par les cours et puis le public des villes, et enfin le cinéma, le public, tout court, le roi publique, le « qui s’adresse à tout le monde ». Dans le visible, enfin. Parce que pour chacun, il était nécessaire que l’on fixe les comportements, visiblement, par images et non pas via les mots ; les romans, la grande époque du roman était une élaboration pour classes averties, et finalement le roman populaire nous simplifia la vie ; il ne fallait pas que ce soit trop complexe, trop littéraire, mais imaginatif et illustré, comme une BD. Tout suit donc que point trop de complexité qui puisse embarrasser les foules ; le public élargi.

L’art parvint donc jusqu’à la démocratie ; donner à chacun une image, privilégiée néanmoins, accessible, peu littéraire, peu compliquée, mais vivante.

On a si bien imposé tous ces ensembles, que le monde c’est refermé sur eux, sur nous, sur tous, sur chacun ; on ne nous déloge plus de notre identité … Si l’on désire quelque chose, c’est notre idée obnubilée de soi qui nous attendra au bout de la rue, aux carrefours ; on aura beau voyager et rencontrer, et communiquer, et déverser des tonnes d’infos, ça ne sera jamais que notre moi-même. Supposé décrire le nœud de l’histoire. On s’en sert alors pour masquer que les statistiques créent les individualités, aussi et autant et parfois plus que de raison.

La problématique fait les choux gras des grands intellectuels ; ah ils n’ont rien d ‘autre à faire ; mépriser le peuple. Comme ça n’est pas ressemblant d’avec la vraie grande littérature tout cela !!

Lue par un très faible pourcentage de la population au 19 ème, par ex… ce qu’ils oublient de mentionner, regrettant par là la ségrégation des classes, et déglutissant péniblement la démocratie même … Bah au moins, par contre coup, ça leur permet de tenir un discours éclairant sur notre monde ; critique ; sauf que leur point de vue élitiste, enfin si l’on peut nommer élitisme leurs saugrenus a priori, tout en introduisant une lucidité, (mais pourquoi notre époque serait moins pire que les autres ?? ) lucidité qui manque la marche et s’empêtre à mordre du vent, de la poussière, du vertige, du passéisme. De sorte que leur ségrégation mentale s’utilise allégrement afin de solidement arrimer les classes dans leu auto position. C’est bien pour cela aussi que les marxistes n’ont jamais rien compris, au fond. Sauf Marx, qui, lui, inventa le bazar. (Ce qui est bien différent).

Faible littérature, mais imaginative ; ce ne sont plus des tableaux peints, mais c’est de la BD ; le cinéma est facile, mais il parle ; la boite à rythme annihile l’oreille, mais ça bouge les fesses ; etc.

Du négatif, on peut tout transposer en positif. Et le 20ème siècle est sauvé ; sauvé des oracles rétro passéistes fantasmés. Auparavant la culture ne concernait que quelques pourcents, et encore quelques uns, seulement, lisaient Rimbaud parmi ces quelques pourcents. Maintenant, notre culture, c’est devenu notre pain quotidien… et ça change tout. Littéralement.

Donc ça parle d’autre chose.

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Le monde universel

9 Août 2009, 15:25pm

Publié par zward

Ayant acquis le discours dans toute son ampleur, la philosophie se tourne vers la réalité, donnée-là. Le discours, né des grecs, nous permet de situer immanquablement tout ce qui est pensable en tant que cela est l’esprit lui-même ; autrement dit ; tout ce qui est pensable relativement à "un" monde (n’importe lequel, universalisé à partir de celui-ci).

Le discours lui-même est un effort ; n’est pas une attitude naturelle ni humaine ; dans la mesure où l’humain installe une « seconde nature » ; la vérification du dire dans un système d’échange généralisé ; entre soi(s) en somme ; et que le discours alors est la signification, le sens d’une « troisième nature humaine ».
Mais il se double d’un effort supplémentaire ; de ce qu’il existe pour un sujet, il s’aperçoit qu’il existe par un sujet.

 Cela cèle les réconciliations de l’esprit et du monde ; mais en un sens qui n’est pas encore compris, compréhensible...
Le sujet qui pense le discours (lequel discours pense tout), vient du monde-même, le monde non-humain. Lequel n’est déjà plus le monde « habituel » ; celui qui est donné dans la perception connue, pseudo-naturelle, d’un monde humanisé quelconque ; monde-même qui est, cette fois, le monde « là ». Le monde tel qu’on peut le supposer scientifiquement objectif, et qui contient tous les mondes humains inventés, qui est le monde originel, à l’origine de toutes les perspectives possibles. Mais, ceci étant dit, monde-même qui avant d’être le monde objectif, scientifiquement, est le monde « pour quiconque » et existe « de tous points de vue », déjà-là, mais non résumable en aucun et qui se tient à la frontière de tous les points de vue.

Voici donc le discours en soi (le savoir de l’esprit sur un monde globalement tel que le monde peut être connu a priori, quasiment, et tel que l’esprit en lui-même peut se savoir), le sujet qui interface le monde et le discours, et enfin le monde-même, là, qui est horizon.

Le monde n’est pas le « monde » face à nous ; parce que nous-mêmes sommes « dans le monde ». De sorte que l’on pourrait dire ; le monde comme horizon est le « Donné » dans sa totalité (dont on ne voit pas la clôture pour l’instant).

Se tiennent ainsi face à face ; le sujet et le donné-horizon. Entre les deux, le discours qui clôt, lui, tous les discours ; toutes les paroles théoriques n’ont de sens que dans le discours universel et cohérent (y compris la science et y compris les émergences singulières, mais en un sens plus profond). Sinon on rentre à nouveau dans une humanité (une culture quelconque) ou dans une subjectivité (un ensemble mondain de déterminations qui se donne ses propres règles ; qui ne sont pas des lois).

Sujet, donné et discours universel cohérent.

Mais il s’avère que le discours est plus ample qu’il n’y songeait ; il se révèle comme système de signes sophistiqué ; suffisamment élaboré qui puisse retenir quantités et qualités du donné ; et permettre, de par sa sophistication, de médiatiser subtilement les distinctions (les différences du donné recueillies), mais aussi de décider subtilement ; de mener des visées, des saisies, des intentions dont un seul signe peut bouleverser le jeu. Le systématique, ce en quoi nous nous repérons, est aussi ce en quoi nous décidons, et ce en quoi nous percevons et finalement ressentons. Plus le système est précis, plus il est précis, évidemment (prècis en lui-même, et distinctif dans les éléments du monde inconnu), mais alors aussi plus il est modifiable… ce qui change tout.

Ce qui le rend accessible à chacun. Chacun peut devenir le système qu’il est. Nos idéaux de traduction esthétiques du donné formulent les perceptions possibles ou les ressentis littéraires d’un tel monde-donné, de nous-mêmes dans ce monde-là. Portant à notre connaissance notre potentiel ; lequel n’est plus contingent, livré au n’importe quoi (des faits rencontrés par hasard ou de nos caprices farfelus), ni délaissé à l’incertitude (puisque le système se sait, sait ses exigences, qui ne sont pas des règles, élaborées au petit bonheur, mais des lois, de sa constitution pleinement conscientes). En somme dans notre humanisation spécifique (qui n’est plus particulière d’une culture quelconque) rien n’est chaotique, imbécile ou arbitraire ; mais est la suprématie du librement conçu et effectivement vécu, réalisé, imposé au donné. La rationalité n’est donc rien de moins que ceci ; la transformation d’un monde arbitraire (seulement rencontré dans des particularités ou dans des bricolages interindividuels ou subjectifs) en ce monde-même ;  non plus un vécu parmi des tas d’autres possibles et hasardeux, mais le vécu-même (de ce qui est à vivre, qui que l’on soit).

Et la rationalité loin d’écraser l’individualité, permet à quiconque de sortir de sa contingence, de ses multiplicités bâtardes, de ses causalités pénibles, pour filer instantanément dans la logique de sa loi. Laquelle bien qu’individuée, est, pour cela même, universelle ou potentiellement universelle pour chacun.
Ainsi le tourment de toute personnalisation commence d'être pensable.

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