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instants philosophie

La philosophie contre tout ce qui est, partout

21 Septembre 2010, 21:03pm

Publié par zwardoz

S’il est donc une objectivité, cad la tenue d’un discours abstrait, sur les réalités, il n’est pas, au fond, de décloisonnement, de sortie de l’incrustation de l’individualité de lui-même ; il est planté dans et par la parole. La parole entendue est celle qui compose forcément naturellement toute la réalité en tant que l’on y est. Ce qui est prononcé devant soi, autour de soi, par tous ou quelques-uns, dans le vécu même, est toujours préalable à toute position qui se tiendra ensuite comme abstraitement ; dont l’objectivité (scientifique ou technologique) ou l’objectivité (culturelle, de systèmes représentant séparément la réalité, dont la philosophie). Le brouhaha en résulte, de cette parole multi prononcée contre laquelle on ne peut rien, puisque pour l’entendre, il faut la comprendre, et déjà la faire sienne, l’intégrer ou plutôt s’y intégrer soi, étant donné que parlée, la parole situe de facto chacun là où il est.

Et ainsi non seulement on ne peut que s’y intégrer (sinon on ne comprend rien à ce que les autres, tous les autres disent, ce qui est plutôt dangereux), mais de plus elle est parlée dans les faits, dans les faits du monde ; elle ne transmet pas seulement une information, mais un état du monde et une situation de soi dans ce monde, dans telle manière de monde. Lorsque l’on prononce abstraitement une phrase, on tient au bout de cette phrase ; on distingue bien nettement ce que l’on dit, mais non pas tous les tenants et les aboutissants que causera cette phrase dans telle ou telle situation. De même, toute idée de soi se tient pour séparée et distincte, on en est sinon obnubilé, du moins sommes-nous focalisés en cette intention-là ; on ne saisit pas toutes les causes adjacentes ou primordiales qui nous forment à cette idée de soi ; cette idée de soi se déduit presque de tout ce qui nous précède et dont on n’obtient pas l’exhaustivité. On en a l’idée conclue, rien de plus. Chacun est de soi l’idée conclue de tout ce qu’il ignore qui le précède.

Pourtant même si l’on ne saisit pas tous les effets de telle phrase dans telle situation, on en mesure malgré tout relativement les conséquences ; selon que l’on est plus ou moins intégré au monde alentour. De même, on en conclut plus ou moins habilement une idée de soi à propos de tout le précédent ; tout dépend de telle situation en laquelle on se retrouve, mais on en peut décliner l’idée de soi suffisante ou non.

L’idée philosophique brise nette les situations de départ ; aux situations si précises, on oppose une aperception qui provoque les belles critiques de toutes sortes ; cette aperception de soi serait une illusion. C’est une illusion que partage chacun en ce qu’il se croit, spontanément, maitre et possesseur de son destin.

Il ne s’agit en général pas tellement de penser adéquatement selon un objectif précis, mais faire le tri et d’obtenir une visée ou vision pertinente qui juge du seul point de vue qui se tienne.

Aussi se tient-on unilatéralement et sans scrupules, au-dessus des objectivités et des dites subjectivités ; il y aurait un point de vue imprenable ; ce que tout le monde conteste. C’est en plus de tout que ce point de vue se veut ; il s’ajoute et, dit-il, relève d’une définitive perspective qui les contient toutes.

Au sortir de la Parole qui nous parle et pense notre vécu, perméable à toutes espèces de causes, masse gluante de tirebouchonnées impossibilités, la philosophie dit ; pas grave, il y en a en plus, du réel.

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L'indéfini cartésien

16 Septembre 2010, 20:54pm

Publié par zwardoz

Qu’il n’y ait pas ou pas eu, jamais de déclin philosophique, ça se montre suffisamment de toutes les pensées qui nous ont traversés. La tripartition philosophique minimale se précise comme suit ; d’une part l’élaboration du discours comme vrai à propos du monde grec ou du discours de la pensée pour dieu scolastique ; établir un savoir de tout le pensable déroulé sur lui-même et tel qu’il traduise la totalité des idées telles qu’elles peuvent s’organiser entre elles et telles qu’elles sont issues d’une aperception générale de leur existence ; entendons par là que les idées se proposent à partir d’un « monde » jugé naturellement tel qu’il se donne.

Vient ensuite que le dit monde naturel est interrogé tout autrement ; via les mesures, la mathématisation, les descriptions précises et les causalités, le visage du monde change et il n’est plus possible de lui appliquer le déroulement de la pensée immanente (à elle-même). Les éléments isolés scientifiquement ne relèvent que de mesures et non plus de mots ou d’idées existant de par soi.

Or cependant, il peut être question de dessiner le sujet d’un tel nouveau monde objectif ; un tel sujet, cartésien, commence alors d’une part l’appréhension de ce nouveau monde comme « là » (et non pas en idées), comme étendue, ou comme possible ou comme nécessité de cette chose énorme spinoziste, et d’autre part la compréhension de son être propre incompréhensible. Lequel n’est plus du tout lié à une idée, une idée placée dans un discours cohérent ; le sujet, son être propre excède absolument ce qu’il dit ; il est en plus ; il opère par exemple de la pensée à l’étendue ou de l’infini au fini. Il nomme même cet infini ; la volonté. Cad la capacité de « faire attention » à tout ou n’importe quoi ou à tel ceci exclusivement.

Il n’est plus dès lors de discours savoir clos en une fois, mais un discours troué en son centre, effectivement, par la volonté ou la liberté ou l’étrangeté de celui qui l’instaure. Et donc il n’est plus un savoir transmissible ; intégralement comme peuvent l’être les mathématiques ; mais d’une expérience.

D’une expérience de soi, étant entendu que le « soi » est « quiconque ». La forme entière de l’humaine condition. Là où elle est resserrée en ce qu’elle obtient d’elle-même de plus déterminant ; cad non pas ce qui est le plus cause d’effets innombrables, (en ce cas on pourrait bien désigner le langage), mais en ce qui comme cause ouvre et ferme le plus grand potentiel ; et fondé sur ce principe ; il dépend de ce que l’on pense de soi, de ce « soi », qu’advienne ou non ce qui pourra ou non advenir.

Dès lors remarquons bien ceci ; sans doute il est une telle concentration dans une idée que par celle-ci on connait à la fois tel ou tel possible et on connait que l’on connait ; cad que l’on peut réintroduire cette idée dans une autre suite d’intentions volontairement. Mais il est aussi non seulement pensable, mais souhaitable de surdéterminer ce que par « ce que l’on pense de soi » veut dire. Descartes implique très bien que « pensée » cela se comprend en une pluralité de sens ; ça ne se limite pas à la « pensée par idées ou conceptuelle ». (Descartes circonscrit notre être vrai à la volonté dans et via tous ses mélanges ; il est très loin de cette fixité, cet immobilisme qu’on lui accole ; il décrit un ensemble unifié en perte mais ce gaspillage est son être même).

Ainsi la volonté, attend sa véritable dénomination ; l’intentionnalité, techniquement et dans son libre absolu, la volonté nietzschéenne de pure affirmation de soi (de soi comme volonté … et non pas d’un « moi-même » ; la volonté est attachée à son universalité totale ; puisque ce qui est absolument soi de par soi, infini, doit s’affirmer comme tel et chercher, rechercher les conditions de la plus radicale présence à soi comme volonté ; reste à déterminer en quoi elle consiste).  De même qu’existentiellement, la volonté se heurte au monde complètement autre que soi ; qui n’est plus pensable selon le discours, qui excède la scientificité (notamment en ce que ce monde porte ma propre mort certaine, mon vécu, et tout ce qui s’y trouve, mais aussi en lui-même ; les objets, objectifs, sont des choses, monstrueuses), et auquel on n’assigne aucune finalité visible ; il parait plutôt comme si énormément lui-même que toute conscience de soi, isolée, en semble le jouet ou un jeu remodelé, replié, incertain, sans secours aucun.

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Aperçu d'historicité philosophique

12 Septembre 2010, 12:14pm

Publié par zwardoz

Suivons donc ce que penser voulut dire.

Si le système hégélien réalise effectivement ce qu’il exprime, l’universel comme unité pensante de la réalité dans un savoir de soi (à la fois discours effectif d’un savoir de soi de la pensée, et réalisation dans les faits historiques d’une telle unité, par exemple l’Etat, la moralité, la culture, etc) est advenu ; il s’est rendu concret dans la réalité humaine. La réalité humaine en général et rendue à elle-même comme étant cette réalité humaine-là, d’une société humaine complexe et constituée, articulée.

Ce faisant il en résulte que chacun est l’effet un de l’universel ; par qui et grâce à qui chacun existe comme étant pour-soi-même, qui il est ; une identité humaine personnelle. Laquelle mit un certain temps, historique, avant de se promouvoir réellement (statut politique difficilement acquis, variable, moyens culturels de s’assumer, lecture et écriture, image de soi suffisamment compliquée, mass médiatique, etc). La formation du moi comme personnalité douée d’un vécu et ayant à sa charge d’y exister, peut être considérée comme la base manifeste, réelle et concrète, de l’existence effective (et non pas rêvée ou imaginée ou projetée, politiquement comme révolutionnaire ; ce qui fut fait durant de longs siècles précédant les révolutions historiques). Elle forme le monde du moi, mais aussi et tout aussi essentiellement le monde des mois ; en lequel les mois se croisent, se rencontrent, se contiennent et se développent.

On peut admettre que démocratie, libéralisme ou socialisme, culture telle que nous l’apercevons, relationnel et humanité, sont les effets d’un turn-over gigantesque qui affecte toute société qui se rend complexe ; en ceci essentiellement que les mois sont confrontés les uns aux autres, les uns dans les autres et que l’ensemble du décisionnel tente d’exister, malgré toutes sortes d’empêchements, de contraintes, de techniques, etc, et s’en remet, non pas au « vote » ou à la « consommation », mais à la définition potentielle de son avenir, tel qu’en commun il peut être pensé, visualisé, imaginé, organisé.

On pourrait dire, à l’inverse, que tout cela ne vaut que par la puissance technologique (qui rend possible une profusion déchainée et sans raison, délirante ou mortifère, etc), ou n’est poussée que par le développement capitalistique de concentration de pouvoirs exorbitants et manipulateurs) ; tout cela est relativement vrai. Technologie et capital décident quantité d’avenirs et tracent les voies en lesquelles tout le monde des mois s’engage.

Mais ça ne serait pas rendre raison au développement historique lui-même ; et ne pas redonner aux personnes, à la personnalisation de fond qui opère son dû.

Ne pas remettre aux mois leur dû, c’est se rendre incapable de réorganiser la compréhension de ce qui se passe ou de ce qui s’est réalisé, dans la norme pensable du concept. La technologie ou le capital existent, mais on désigne par là des réalités sans ressort ; elles ne comportent pas la finalité suffisante qui puisse penser et donc recomposer la décision, de toutes ces multiplicités qui existent.

Réintégrer ces multiplicités dans un concept (encore faut-il l’élaborer ou les développer en eux-mêmes), donne les finalités exactes, dites philosophiques, quant au sens des réalités, des vécus, des organisations, des constitutions, des performances culturelles, des relationnels, etc.

Autrement dit, il s’agit de remonter jusqu’au concept en tant qu’il permet la compréhension, dont technologie ou capitalisme ou mass médias, ou révolutions culturelles (mai 68 par ex), furent les effets : et non pas les stations figées, incompréhensibles comme faits bruts étendus et finalement donnés là, immédiats et sans compréhension, cad sans finalisation assignable. C’est d’assigner une finalité, autre, nouvelle, mais conforme à l’essence étudiée, qui vaut.

Et cette finalité n’est assignable que d’un concept exact de ce qui s’est effectivement déroulé. Qui forme l’historicité découlant de la réalisation hégélienne bien réelle et pleine de ses effets.

Or la remontée vers le concept exact ne va pas de soi ; il faudrait encore comprendre quel est le concept dont on part, dont s’est fondé la révolution même, la révolution démocratique ou scientifique ou culturelle. En fait ; que s’est-il passé vraiment dans l’historicité ?

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