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instants philosophie

L'être de violence

29 Janvier 2014, 09:51am

Publié par pascal doyelle

Il ne faut pas se cacher les yeux. Ce que la pensée a déchainé ou qu'elle a révélé qui menace, n’est pas une mince affaire, une facilité ou une régulation bien raisonnable.
Qui niera que notre histoire est remplie, déborde d’exploitations, de soumissions, d’abus, de vols et puis de meurtres, tueries, massacres ? N’est-ce pas visible ?


Certes les grecs prévoient ou canalise le possible, la folie de structure, et entourent l’être-de-conscience, en réflexivité ardue tendue, d’une pacification de raison, mais le gouffre est ouvert et il ne pouvait pas ne pas dévaler la pente au sortir des mondes réglés particuliers (le groupe, langage, monde immédiat dans une parole et échange qui millimètrent la régulation constante, renouvelée, d’un monde cyclique ou enroulé).
On a cru que sa nature, son essence se bâtissait autour de la raison. Mais en vérité ce qui est ouvert est l’engeance suprême ; la violence à l’état brut, la pure sauvagerie. Ceci est notre-être.
Comment ce qui est indéterminé souffrirait-il quelque contrainte ou quelque vérité dont il se tiendrait, lui qui sait bien qu’il n’est assujetti à rien. Puisqu’il est le sujet. Celui qui décide.
De ce qui est et de ce qui n’est pas. Sans doute est-ce en partie une illusion, ou plutôt il s’engouffre dans la brèche sans fin, mais dès qu’il soumet telle technologie (serait-ce la raison, la culture ou la science, le droit ou la religion), telle avancée en quelque domaine que ce soit, que se passe-t-il ? Il se déchaine.
De là qu’effectivement c’est une suite de massacres, exploitations, dérives et folies et absurdités. De là que l’on peut installer autant de raison que l’on voudra, tant que cette régulation finalement extérieure de la raison ou de la pacification n’atteint pas cette dureté invraisemblable, n’importe quelle rationalité ou symbolique sera utilisée en et par une intentionnalité furieuse qui dépasse largement n’importe quel raisonnable, respect, compréhension.


Notre-être n’est pas en soi pure violence physique et destruction, mais ses effets puisque cet être n’a pas de rapports déterminés au monde, au donné, au vécu, et aux autres, ces effets dévastent le monde, n’importe quel monde, mais tout autant n’importe quelle personnalisation, n’importe quel moi.
On dira qu’il s’agit alors d’irrationalités…
Qu’entend-t-on par là ? Que cela nait d’un cerveau malade, ou d’un corps démesuré, ou d’un inconscient perturbé ? Mais pourquoi serait-il malade, démesuré, perturbé ? De ses natures physicochimiques ? Ou alors de cela qu’il lui est possible de poursuivre, qu’il mène des finalités délirantes, absurdes, meurtrières : indifférentes et souveraines ?


Mais ça n’est pas le plus bas en nous qui se déchaîne ; c’est le plus haut, le plus élevé, la structure la plus formelle et donc la réflexivité même qui ploie sous son propre poids.

Notre être n'est pas en soi violence physique et destruction, mais notre être est ontologiquement une pure violence vide. Reste à en réaligner la variation.
Parce que si notre être de simplement parler et échanger est déjà cette conscience, alors le décisif, ce qui fait la différence, le décalage, est toujours-déjà notre être, notre être spécifique. On ne voit pas les animaux vouloir la destruction ou l’auto destruction ou l’annulation de leur être ou la destruction des autres. C’est notre structure qui creuse jusqu’au plus loin ; en tous sens. On ne peut pas nier qu’il soit tel. On ne peut pas recouvrir le gouffre de quelques phrases seraient-elles raisonnables ou raisonnées. Encore moins le combler d’angélisme ou d’une saine nature humaine. La violence est, et elle nous frappe en plein centre, au cœur du centre invisible et fondamentalement inaccessible.
Sauf que la philosophie crut détenir le moyen. Ou plus exactement et bien qu’elle interprétât la raison ou la pensée comme un moyen régulateur (elle n’a pas tort mais c’est insuffisant ; on peut user de la raison comme d’une arme à pleine puissance : puisque c’est encore autre chose que la raison qui utilise la raison), plus exactement donc la philosophie est cette invention et révélation qui amène notre être en face à face (ce qui est impossible mais la philosophie ruse, et pour cela elle est incompréhensible à qui n’y est pas, n’y existe pas).
La philosophie ne tend pas un miroir ; il n’est aucune image qui puisse réduire l’ampleur de notre être, elle le décentre. Mais un semblant de miroir, et elle dé/centre notre être, sa violence infinie, elle remplace cet être là où il est. Mais si elle est le début lumineux de ce dé/placement, elle ne peut très exactement le situer en son non-lieu invraisemblable. Par Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Nietzsche ou Heidegger, on y approche plus encore… (il ne faut pas se fondre en une lecture compassée et fade de ces explorations en interne de notre-être, mais s’exploser en une lecture brutale et sauvage parce qu’ils sont le chemin, la preuve est qu’ils existent, le fait vaut la Règle ; rien ne pourra faire qu’ils n’aient pas existé).
Pourquoi ?
Parce que la philosophie faisant réflexion sur l’abomination et n’ayant plus de monde particulier, bien au chaud, pour se lover, étant réflexivité sur la réflexivité, compréhension qui ne produit pas seulement une pensée de substitution aux mondes fermés, elle place cet être hors de lui-même, elle le dé/place ; elle annule ou tend à annuler ou à offrir au moins une alternative. Remarquons que cette alternative ne tient pas très longtemps ; elle peut bien occuper quelques uns si persuadés et convaincus, mais elle ne peut pas couvrir toute l’étendue de l’humain, du déchainement.
Que veut Descartes sinon s’assurer plus loin encore que la raison d’être en possession de soi ? C’est tout aussi marquant mais encore insuffisant. A mesure que l’on avance en notre être (et la philosophie a réellement avancé vers le centre effarant de notre être, contrairement aux proclamations des « mécréants »), notre être recule, encore plus menaçant et autre que tout.

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L'être de la philosophie

26 Janvier 2014, 10:30am

Publié par pascal doyelle

Si l’on se demande ce que donne la philosophie, il faut admettre qu’elle nous accorde notre être.

Au sens propre. Elle accorde la conscience que l’on a (de soi, de ceci, de cela, tout le divers ou qui se révèle divers en comparaison de notre être essentiel) à l’être que l’on est. sauf que cet être est à demi, et donc formel.

Ce qui est l’inverse de ce que l’on entend habituellement ; que la philosophie serait idée, ou système d’idées (ce qui est encore pire puisque par « système » notre être-libre entend « contrainte » sans voir que si l’on définit « ce que nous sommes », ça ne nous contraint pas… ça tient la racine, formelle de tout ce que nous sommes, pourrions être, serons en une fois là où cela est).

Si la philosophie n’est pas idées, ça ne signifie pas qu’elle puisse s’en passer ; n’oublions pas que la philosophie est la réflexion sur ce qui est arrivé à l’humain qui cesse de s’organiser dans et par une parole vivante dans un groupe plus ou moins clos ou cerclé, et qui doit de ce fait inventer un mode d’organisation qui puisse recouvrir en conscience ce que la parole vivante des mondes particuliers régulait « spontanément », dans l’activité même de parler ensemble, échanger, percevoir, être corps dans un groupe, qui s’existait dans un monde particulier que l’énonciation, la parole (toujours avec et par les autres de la communauté) synthétisait.

La différence entre le spontanément existant (et en lui-même infiniment complexe, il ne s’agit nullement de refuser aux mondes particuliers une grandeur et une réflexivité dite seulement immédiate pour facilité et distinguer), entre le spontané et le réflexif est que la réflexivité doit pour pallier à l’absence d’ordre parlé vivant, inventer la politique, l’éthique, l’esthétique, l’idéel, l’humanisation au sens de presque humanisme( qui prendra ensuite d’ autres concrétisations), et même de personnalisation (bien que les grecs n’aient pas la notion représentée d’individualité infinie, qui portera le christianisme).

Si donc au sortir des mondes vivants particuliers, on s’engage dans le réflexif (ce qui est organisé ne peut l’être qu’en seconde conscience assumée et voulue comme telle, sous l’égide de l’universel et du monde unique, du dieu unique et du devenir conscience, de l’être libre et du monde indéfini, des sujets absolus et de l’existentialité), alors dans le réflexif il se joue à chaque fois que notre être est en cause ; on ne sait plus « ce que l’on est » et pas plus que nous mêmes nous ne connaissons « qui nous sommes » (puisqu’il nous est acquis qu’à l’humanisation qui a couru durant ces siècles et qui s’est réalisée dans la révolution unique, libérale démocratique, c’est l’universel qui s’est imposé, mais qu’ensuite et pour nous au moins depuis le 20éme, la personnalisation a poursuivi pour elle-même et repris cette universalisation, cette humanisation ; on n’imagine plus une mise en organisation de l’humain sans que l’on y soit, sans que chacun, personnellement, y soit participant ; pour cette raison le communisme exclusivement axé sur l’universalité, n’a pas tenu le pari historique).

Si notre être est soudainement indéfini, ça ne l’empêche pas d’être ; il devient la forme indéfinie de ce qu’il est. c’est ce que pratique et crée la philosophie ; étant réflexion sur la réflexivité qui atteint toute l’humanisation, (les maths, l’esthétique, éthique, politique, existent en et par eux-mêmes ; la réflexivité tend à se généraliser et la philosophie est la pensée de cet événement, comme dit l’autre, de même qu’alors il devient possible de repérer dans tout monde l’esthétique ou les maths ou toute réalisation réflexive ; c’est bien pare que les grecs inventent non pas les maths par ex, mais la systématisation mathématique).

Cette forme d’être, cet être formel se dit en philosophie, « raison » ou savoir, et certes on pense d’abord que notre être doit s’accorder à un contenu rendu universellement (qui connait et poursuit sa cohérence), de sorte que l’individualité ou la matérialité ou la contingence ou le donné là ou le corps, etc, sont laissés en dehors ; c’est que l’on a découvert le centre névralgique qui permet que tout cela (monde, donné, et l‘individu en un vécu limité, au corps) soit animé par plus grand et plus profond ; la pensée est ce qui systématiquement produit, donne, crée le monde comme étincelant, du dedans, du dedans pensé et donc distingué et recherchant les distinctions.

Il n’est donc pas de reniement du monde, (sauf accessoirement et encore faut-il bien le comprendre alors), mais une vie intellective du monde donné là ; c’est uniquement par rétroaction, de notre point de vue qui a intégré toute la pensée, l’universel, le libre, etc, que nous jugeons absurdement que la pensée ancienne est … ancienne … Une sorte de stupidité qui nous pousse à prendre notre liberté comme si elle existait sans sa racine pensée, et pour nous acquise).

C’est uniquement parce que nous pensons être en mesure de pousser plus loin encore la réflexivité que nous nous révoltons contre la pensée métaphysique ou ontologique, qui est de ce fait caricaturée et ce reniement est un reniement de nous-même, de sorte que cette fameuse liberté qui se croit toute, réduit en conséquence le champ de son possible en refusant par révolte louable mais qui devrait être lucide, en refusant son être même.

De ce point de vue on peut donc dire que la pensée, étant réflexive depuis le début (la réflexivité est ce qui la constitue intégralement), elle ne se trompe pas elle-même ; elle est partielle ou s’acquiert au fur et à mesure, mais c’est qu’elle débute de zéro, qu’elle existe absolument vide et sans rien ; elle étend non pas son empire (cad ne se contente pas d’ajouter des contenus à des contenus, de la raison à la raison), mais étend sa puissance. Puissance au sens de potentialité (ce qui est la promesse nietzschéenne elle-même, bien comprise).

Libérer le potentiel, certes, mais libérer la potentialité telle quelle ; produire la théorie de la potentialité réelle. De sorte que la philosophie manie la possibilité même de notre être. Ou donc remonte dans les conditions d’exercice de notre être ; d’une part selon les conditions de vérité (les contraintes assorties à toute vérité, laquelle est relativisée mais relativisée en ce sens là, pas en un autre laxiste, c’est tout le contraire !), mais aussi d’autre part selon les conditions de liberté dites ontologiques ou précédemment métaphysiques de notre être.

On peut dire que les grecs ont systématisé les conditions de vérité et métaphysiques tandis que depuis Descartes on recherche les conditions ontologiques de celui-ci que l’on est. Il ne faut pas lire autrement Nietzsche ou Rimbaud ou Artaud ou donc Kant ou Hegel … et évidement Husserl, Heidegger, etc. En ce sens là ces derniers s’admettent dans le processus non pas de « rationalisation » mais de réflexivité généralisée. La même Cohérence est prise, surprise, saisie au vif et dans les conditions de vérité et les conditions ontologiques.

De même les conditions ontologiques (qui prennent ce nom à partir de Descartes, puisqu’alors notre être est par Descartes amené dans la représentation, exprimé, montré) peuvent également se dire métaphysiques pour les grecs ; les conditions métaphysiques sont « pourquoi existe-t-il une pensée qui augmente absolument notre être » individuel (qui sinon n’existerait que dans la pauvreté de son seul vécu limité) ?

Conditions de vérité, conditions métaphysiques qui entendent fonder la possibilité d’un système sur la réflexivité et tentent de penser en idées le donné, afin que puisse s’élaborer la structure de notre être, et enfin conditions ontologiques par lesquelles notre être commence de se construire en et par toute conscience.

C’est donc le lancement de la structuration de notre-être, aussi la philosophie dépasse-t-elle originellement qu’elle soit simplement des idées.

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Philosophie, christianisme et islam

22 Janvier 2014, 16:39pm

Publié par pascal doyelle

L’humanisation s’est donc projetée non plus dans une vérité, un monde partagé, une parole vivante de par elle-même et en un groupe cerclé (qui forme cercle dans l’énonciation, l’ »échange en son monde particulier), mais s’est retrouvée projetée dans le monde unique, universel et du devenir soi.

Il existe deux versions de ce parachutage ; soit cet être qui est déjeté sur la terre ferme intégrale est en soi une validité, soit il est simplement déjeté, déliassé, et entame sa litanie du malheur.
Oh mon dieu que nous sommes malheureux d’être seulement ce que nous sommes.
Dans la première version, à savoir que notre être vaut la peine d’exister, sa validité on a voulu la tenir de dieu, d’une vérité (une vérité seconde comme la raison idéalisée ou l’humanisme universel, etc), ou tout autrement, cet être a voulu se tenir de soi-même, de soi seul. La plus claquante affirmation de cet être de par soi issu, est nietzschéenne ; elle affirme tout crument notre être absolument là, entièrement lui-même, sans pensée préalable puisque cet être est non pas pensée mais réflexion sur lui-même et dépassement de tout ce qu’il est.
Il n’est pas de différence radicale entre l’affirmation via dieu ou la pensée d’auto affirmation (qui cependant par ailleurs se veut athée ou matérialiste ou ce que l’on voudra). Dans les deux cas il est question de consacrer notre être formellement réel ; sans doute Nietzsche veut-il ici et maintenant et que cela soit monde, et réalité, mais le christ est lui-même l’intention de nous subjuguer à rendre réel ici et maintenant l’être réflexif que nous sommes. Ce serait se vider de substance que de ne pas re-prendre, prendre à nouveau l’intentionnalité christique afin de nourrir cela qui ressort du même mouvement structurel ; réaliser, rendre réel, distinguer, affirmer ici même cela-que-nous-sommes.


Ceux qui se contentent de jeter l’anathème sur la religion ou plutôt sur ces formules avancées de la pensée religieuse (encore une fois que l’on croit ou non, cela n’importe pas ou n’importe qu’à chacun), se privent de l’ampleur de leur être en le restreignant à certes du constatable (la science, la linguistique, l’économie, l’inconscient, le corps, etc), mais ne rendent pas compte ou ont cessé de faire valoir l’ambition radicale d’exister. Ils ne voient pas qu’ils se décident pour la science ou pour la psychanalyse ou pour l’hédonisme, pourquoi pas, à partir et selon cette positon infiniment haute et affirmative de « qui nous sommes » présenté de but en blanc pour la première fois par ces religions extrêmes que sont les monothéismes et dans les monothéismes le christianisme ou l’islam. L’un pour son devenir soi et l’autre (que l’on connait moins) pour son devenir communauté.
De même l’un comme l’autre, christianisme et islam (mais tout autant judaïsme, bien que ce destin ait été si radicalement annihilé, et qu’il se soit relevé constamment, mais je n’y connais que peu, raison de son absence ici en sa spécificité, sinon que de fait le judaïsme revendique son identité, ce qui signifie son être-un, qu'il faudrait ajouter à la communauté musulmane et au devenir soi chrétien) ont à apprendre de la philosophie. C’est du reste ce qui s’est passé…
Inutile de pousser des cris d’orfraie, ça a réellement eu lieu. Etant des religions réflexives (en second part, en un second règne, à la puissance deux, non immédiates), elles se sont d’elles-mêmes reconnues dans et par la philosophie. Elles ont utilisé la philosophie afin de se parfaire, de se montrer et démontrer à elle-même et aux autres. Il n’est absolument pas une distance infranchissable.

Or cependant et le christianisme et l’islam en tant qu’église ou communauté se sont repliées de fait sur eux-mêmes, certes (comme n’importe quel groupe humain en réalité), mais cependant il dépend d’elles de continuer leur mouvement de pensée intérieur ; ce que et l’islam et le christianisme ont poursuivi, mais qu’ils doivent continuer en ceci que le monde (unique) démocratique leur occasionne cette capacité qu’elles possèdent en et par elles-mêmes ; en s’extirpant de leurs formes repliées, trop restreintes. Et c’est par cela qu’elles se montreront à elles-mêmes comme la réflexivité qui est intégralement démocratique, est originellement ce qu’elles ont avancé dans le monde depuis le début. Que ces humanisations et personnalisations (qui paraissent relever du libéralisme ou de la démocratie ou de la raison ou de l’indépendance ou de la science et technique) leurs sont en plein le même-monde.
En réalité il faut présenter que la démocratie est réellement le lieu de toutes les religions, que certes il leur faut pour cela admettre un certain dés-ordre, mais non pas annuler par la démocratie leurs possibilités en propre et distinctes pourvu que le système du libre organisé soit admis ; elles n’y sont pas étrangères et autres, mais actives depuis le début de l’émergence de la réflexivité même.

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Des mondes clos à l'univers indéfini

22 Janvier 2014, 10:34am

Publié par pascal doyelle

La philosophie surgit donc dans le même mouvement qui commence de se découvrir en esthétique, politique, éthique, humanisation qui se tourne vers et en un « humanisme », voir même chez les grecs en une personnalisation. L’ensemble de ce qui nous occupe encore est déjà présent au tout début.

Puisque tout le monde humain tend alors à sortir des mondes immédiats, des mondes particuliers, du groupe-langage-immédiat en son cercle qui se parle, s’échange, en interne, et qui tient pour certain ce qui apparait tel quel, ce qui se dit et s’échange entre soi, et cherche, chaque monde culture particulière, à synthétiser ce qu’il perçoit, parle, organise en tant que groupe vivant de la même parole. On voit par exemple que les décalages se produisent et ce ne sera plus la parole sinon la parole mais divine qui manifestera la réalité, de même que le Texte divin est la parole vivante rendue extérieurement au groupe et non plus vécue à même comme monde, perceptions, fleurs, collines, ciel, lune ou soleil.

S’il n’est plus de groupe-langage-immédiat (perçu) qui tienne de la vérité, il faut l’inventer. La réflexivité est ce qui va donner une nouvelle compréhension du monde, qui cessant d’être particulier s’impose comme universel et unique (qui contient tous les mondes, tous les corps, toutes les choses).

Mais ceci se réalise en au moins deux étapes ; d’une part les grecs qui inventent l’universalité et d’autre part les chrétiens et affiliés (les monothéismes soit de la loi juive extérieure, ou de la communauté islamique ou donc du devenir soi selon le christ). S’en suivra la modernité qui radicalise (parfois envers et contre les religions, peu importe), cela même qui est en jeu par les grecs et par la foi (en un devenir conscience ; une conscience externe juive, une conscience communautaire islamique, une conscience interne chrétienne). Et cela même qui est en jeu est l’accès à notre être propre tel quel, tel qu’il est : à notre être dépouillé de monde cerclé.

Il n’est dans tous ces états (réflexifs, grecs et religions) rien de profondément séparé ; tous participent du même mouvement de distinction de notre être, du monde unique, du centre absolu et radical (mais autre que le monde donné et autre que la parole échangée) de ce qui est, de l’ensemble de tout ce qui se manifeste comme monde. Mais au sortir des mondes particuliers qui formaient leur propre cercle chacun, on ne sait pas du tout comment s’y prendre ; on ne sait pas penser, organiser, parler, se comporter, représenter, etc. Rien n’est écrit a priori et le monde-unique ne se supporte pas comme un monde particulier, d’un donné vécu-parlé-échangé en un groupe qui fait office pour lui-même de vérité (chacun confortant le même trésor du langage parlant le monde et agissant comme groupe cerclé).

Dans l’invention de ce qui peut être, à partir de la séparation, on ne sait pas comment procéder ; on sait parler et échanger mais on ne sait pas comment organiser cette parole et ces échanges puisqu’il n’est plus de « groupe commun » immédiatement sensible, et que donc il faut reconstruire pas à pas ; en conscience (divisée) et non plus en synthèse. C’est donc un monde unique profondément marqué de toute part en la division, la séparation, et l’impossible réunification ; ça ne peut se réunifier qu’en seconde marque, en plus, et une réunion qui soit à la mesure du monde devenu unique et total, universel donc.

Il est clair que l’on n’y parvient d’un claquement de doigt ; il est clair que le regret d’un monde particulier et d’une communauté « naturelle » (bien qu’aucune communauté humaine ne soit naturelle et que toute même particulière et close, ce qui est rare, est intensément réflexive ; sauf que ces réflexivité sont dites synthétiques et si elles montent très haut et profondément, elles ne circonviennent pas le monde global, elles plongent en elles-mêmes, et il y existe de l’esthétique, de la politique, des vérités, des personnes et de l’humanisme mais qui reposent sur la Parole partagée du groupe seul), que le regret d’une communauté spontanée est encore d’autant plus présent que tout langage est une telle parole vivante partagée entre soi.

Cependant chacun est dès lors déjeté, dévolu en et par un monde unique et en et parmi les autres, séparé de tous et de tout. De là que le monde humain universel unqiue est empli de contradictions et de heurts et de violences ; chaque être est réflexivement et donc autre que tout ; mais tous participent de la même articulation nouvelle. L’humanisation existe donc en second part, en re-construction (et non plus immédiatement dans « son » monde). Tout ce qui advient ensuite sera de démêler les chemins possibles de réflexivité ; religions ou modernité ou contemporanéité.

Religions esthétiques, politiques, éthiques, humanisations en variations, personnalisations qui se pointent constamment (de st augustin à Artaud si l’on veut ) gardent peut-être le regret d’une vérité commune ou d’une parole pleine ou d’une vie manifeste, mais en réalité tous les cheminements sont divisés et dans la division, puisqu’il s’agit toujours de re-construire à neuf et visiblement et de se décider à être ceci ou cela, mais sans la certitude d’être dans « la vérité « ; ce qui signifie positivement que toute vérité est tentée, poursuivie, abandonnée ou reprise, continuée.

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L'instant unique

21 Janvier 2014, 15:56pm

Publié par pascal doyelle

Ce qui est, existe absolument et parfaitement.
Ce qui est, est le présent, qui épuise l'ensemble, ce qui fut ou ce qui sera.
De manière parfaitement équivalente.
Il n'est en conséquence qu'un seul présent qui dévore tout ce qui est.
De tout ce qui est, fut ou sera, il ne restera non pas rien mais ne demeurera que le seul présent.
Absolument identique à lui-même du début à la fin. Un seul instant.

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Le moi et la Constitution

18 Janvier 2014, 10:01am

Publié par pascal doyelle

Coincé à jamais dans son unification, que l’on nomme le moi, la personnalisation qui courre partout, que nous renvoient toutes les mages, tous les sons, qui oublie jusqu’à l’universalisation, broie également ce qu’il faut désigner de devenir-conscience.
Si quantité de mois demeurent imperméables à la Kultur, ça n’est pas qu’il y ait eu un développement considérable d’une acculturation généralisée adaptée aux masses, c’est que la formule qu’est le moi ne peut que difficilement admettre en elle, en sa personnalisation, l’écart infini qui existe entre la kultur (celle à vocation universelle) et l’acculturation moderne (qui est produite massivement dit-on, à tors).
Cependant il ne s’agit pas du tout de nier la valeur de l’acculturation généralisée ; le moi a besoin et réclame et impose qu’il puisse disposer d’une culture en propre et qui soit son expression et par laquelle la personnalisation peut légitimement (étant absolument acquise et personnalisation faisant suite à l’humanisation) devenir, se représenter et se connaitre et surtout s’inventer au fur et à mesure de sa propre historicité. Il s’agit de mesurer la différence entre la culture universelle (qui précède ou conduit aux révolutions) et l’acculturation qui est la réalisation de cette révolution (unique ; il n’y en eut qu’une seule dont la variation est le communisme ou le socialisme, scindant en deux ce qui était un).
Mais dès lors, aussi légitime soit-il, le moi est ce qui s’empêche par sa formule même de reprendre pour lui qu’il est issu de l’universalité. De cela on peut juger que les mois existent dans un monde, unique, et figé. L’Etat et le droit, la constitutionnalité, limitent la compréhension même que chacun obtient de sa propre existence ; chacun est, se fige mais aussi se déploie à l’intérieur des limites.
Et encore sont-ce des limites tout à fait abstraites ou plus exactement dans l’interprétation abstraite de son statut d’individu atomisé, séparé de tout et de tous, qui ne mène et ne maintient que son seul vécu. C’est qu’il est possible en réalité d’interpréter ou de réinterpréter la constitutionnalité des sociétés ; ce qui forme après tout le contrat même que l’on conclut originellement.


De son seul point de vue de moi il lui est impossible de renouer en et par ce contrat ; bien que c’est ce qui fut désiré durant tout le 19éme ; qu’il y ait une pensée active sur la constitutionnalité et une intense et prolifique argumentation sur tout le possible de l’universalité ; d’utopismes en anarchismes en passant par les socialismes, mais également les pensées libérales en toute leur diversité.


Le second mouvement fut donc les mai 68 généralisés qui touchèrent chaque ensemble ; manière de révolutionner la révolution-unique de l’intérieur. Tout ceci au seul nom des mois un par un et accroissant leur séparation mais tout autant sinon plus leurs libérations. Il faudrait être aveugle ou idiot pour ne pas comprendre que cette vague de libérations diverses fut et est réellement la volonté de mettre à jour, d’updater la révolution unique, de tirer le maximum des conséquences admissibles et possibles de la constitutionnalité qui nous porte tous "un et libre".
Il n’est pas question d’une massification mais d’une divisibilité accélérée de tous et de chacun ; alors même que par ailleurs il devenait absolument impossible de mener parallèlement une vision d’ensemble, cad une universalisation plus globale ; on ne peut pas à la fois se concentrer sur ses devenirs propres individués et recentrer l’ensemble, le monde sur une politique universelle.


Et cependant alors qu’une telle politique universelle est incluse dans la constitutionnalité même des sociétés ; l’universel n’a pas régressé, il s’est simplement figé plus ou moins. Les libérations individualistes sont en leur part un processus universalisant. On a par contre de cela transformé ce que « universel » signifie, comporte, importe, assure et assume. On voit bien partout la difficulté à comprendre ce que l’universalisme des constitutions contient.
C’est que le procédé de mise en forme, l’universalisation, on ignore ce qu’il dit ; c’est porté par son propre souffle interne que la constitutionnalité s’est imposée dont on n’a encore tiré tous les effets.

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Le moi comme devenir historique

15 Janvier 2014, 12:22pm

Publié par pascal doyelle

Le moi, la personnalité qui nous parait si évidente est de fait une acquisition récente, très récente, voir de la moitié du 20éme lorsque cessent les guerres mondiales, et que l‘industrialisation et plus démarrent historiquement sur toute la planète ; l’impossibilité de la destruction totale des grands ensembles humains et donc la concentration des richesses hors de la destruction pure. Dans cette accalmie la personnalisation (qui est un processus et ensuite un état, une identité) peut se développer.

De là toutes les mini révolutions soixante-huitardes qui propagent la libération du moi et toutes les catégories subséquentes ; sexualisation, femmes, homosexualités, spiritualités ou expériences diverses, hédonisme décuplé, politisation puis reflux de la politisation, dans les explorations psychiques, existentielles, consuméristes, communicationnelles, etc. Tout cela est en ce sens parfaitement cohérent. Les moyens acquis, on se découvre mille finalités différentes.

Le moi en tant que personnalisation est un acquis, une acquisition incontestable ; on n’imagine même plus une humanisation (ce processus d’humanisation du monde, du donné, du vécu) sans qu’il aboutisse et prenne comme moyen essentiel la personnalisation ; c’est ce qui condamne les étatismes universels, qui écrase l’individualité sous le rouleau compresseur d’une universalité, de l’homme générique, l’homme des besoins communs, et donc c’est ce qui nie qu’il y ait une vérité plus grande que les êtres-libres.

Inversement il tient à nous de définir ce que signifie cette autre vérité ; qu’il existe un système formel qui garantit en tant que vérité, le libre pur de chacun. Système formel universel certes mais formel … cad vide, laissant libre cours en somme. Mais qui ne cesse pas moins d’affirmer son universalité propre et dite donc formelle.

Or pourtant se consacrant à son être, le moi oublie et annule et dénie qu’il y ait un universel bien réel et réalisateur. Il croit seulement qu’il devient ce moi-là ; il ne voit plus que si il est un être-libre, c’est parce que fondé en une universalité qui est donc le partage du vrai, du bien et du beau mais essentiellement le Partage ; sans quoi vrai, bien et beau s’effondrent.

C’est que puisque nous existons dans l’acquisition de soi, ce qui ne s’est jamais vu hormis au 20éme, le reste nous parait d’évidence ou a contrario est susceptible d’être nier en raison précisément de l’évidence de notre être ; pourquoi un être libre se soucierait-il de l’universel ? De dieu ? Du devenir-conscience ? Un être-libre s’existe de par soi, il est sa propre idée, ou donc selon qu’il se prend tel ou tel, son propre corps, non ritualisé par ex, sa propre psychologie qui consumérise autant qu’il peut, etc.

C’est donc enfermé dans ce corps-langage, cette mort certaine, ce relationnel sexué (le cinéma propage une caractérisation effrénée de l’homme et de la femme, jusqu’à les réinventer ; Marlon Brando ou James Dean émergent puisque manifestant une sorte d’homme-femme, mélangé, ambigüe, incertain, de même que Marylin ou bardot le devenir outre-femme, plus-que-femme, s’ensuivent les incertitudes des rôles de chacun dans le cinéma et les médias, par ex). Enfermé dans ce moi très défini que l’on ne sait plus même comment penser ; on singe alors la science ou la technologie ou la communication médiatique, la psychologie ou la psychanalyse ou la linguistique, mais ce serait une honte de rappeler l’universel philosophique pur ou dieu ou le sujet cartésien-kantien. Tout cela paraissant complètement dépassé.

Le problème est que les épistémès, les paradigmes, les repères dont on se charge pour comprendre ce qui se passe, ne montent pas jusqu’au niveau du sujet cartésien-kantien, de dieu ou des grecs. Ça n’avance pas au-delà mais descend dans le concret, certes, mais en ses limitations, ce qui est souhaitable mais que rien ne relève.

De sorte que l’ancienne ampleur, qui a quand même bouleversé la totalité de l’humanisation, on ne peut plus humaniser comme antérieurement aux advenues de l’universel grec, de dieu ou du devenir conscience, ou de la conscience transcendantale ou purement libre cartésienne, cette ancienne ampleur est stoppée, figée, et ce ne sont pas visiblement pas les suppositions d’un nouvel universel abstrait, idéologique ou scientiste, qui pourvoira au devenir ; cela doit venir du dedans de ce contrat de tous entre tous qui régule ou désorganise l’humanisation ; et c’est fondé en de limitatives régulations qui tenues pour absolument définitives, annulent dans leur constitutionnalité figée (pas même respectée, les Etats sont dans l’impossibilité de réaliser la constitution démocratique des sociétés), le devenir possible ; le possible est annulé, appauvri, distordu, irrationnel au possible au sens où la régulation pauvre mésinterprète le possible en détournant la richesse en quelques créneaux qui ne suffisent pas, qui eux-mêmes engendrent de pauvre finalités et finalisations.

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De la révolution

12 Janvier 2014, 16:25pm

Publié par pascal doyelle

Nier ou renier qu’il y eut une vérité déployée jusqu’alors c’est se priver du recours à l’universel, au devenir conscience, c’est annuler la possibilité du plus-étrange et autre qui soit consistant en notre-être. (On a beau le nommer on ne sait pas ce qu’il veut).

N’étant plus universel, devenir de conscience ou étrange, on n’est plus qu’un moi, parmi tous les autres, soit donc assujettit au corps-identité que l’on est. ceci étant on voit bien que ça remue et que ça s’est agité durant tout le siècle ; les femmes ne veulent plus être seulement des femmes, les homosexuels caricaturés, et il est utile d’évoquer les mais 68 qu’il y eut et qui se continuent (dans les dernières révolutions démocratiques un peu partout sur la planète) et d’une manière générale les citoyens ne comprennent pas du tout ce que l’Etat leur promet ou non, ce que signifie « économie » dont on se doute que le discours prolixe pense une idéologie et non pas une compréhension.

De se séparer de ce qu’il y eut, sans annule que l’on puisse exiger l’universel, le devenir conscience et l’altérité radicale de notre-être ; ça nous condamne à être pensé (par les discours qui se confondent volontairement ou non avec la réalité ; comme si le discours qui rend compte de telle ou telle partie de la réalité était cette réalité même ; c’est visible avec l’économie mais aussi les psychologies diverses, les neurosciences , etc ; ce sont des théories et non pas la réalité elle-même).

Si il s’agissait de comprendre ce qui est, les sciences garderaient la main, mais comprendre ce qui est tel que cela est, ne signifie rien pour l’être-libre ; qui produit justement ce qui n’est pas encore. Les sciences et autres sont auto prédictives ; il impossible de seulement se plier à la description d’un état de choses, dont évidemment la description tendra à le réaffirmer.

Mais si l’on s’est coupé de l’universel, du devenir libre et de l’étrangeté, on n’aura aucun moyen d’imposer que non le discours n’est pas la réalité et que la réalité revient aux sujets et non à ces Autres qui emploient les discours afin de nous en faire accroire. Par quoi l’on présente que la philosophie n’est pas de définir la réalité mais de présenter la, les prédispositions à toutes réalités ; en quoi donc la réalité n’étant définissable que partiellement, elle revient à la conscience qui seule en obtient une plus grande possibilité ; ce qui est dans le secret de chacun en tant que sujet.

On ne sait pas ce que l’histoire devient.

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Anthropologie et Philosophie

12 Janvier 2014, 09:45am

Publié par pascal doyelle

Les mondes particuliers furent donc dépassés par un étage en plus de l’humanisation qui consiste en la réflexivité ; soit donc la constitution à partir mais surtout au-delà des groupes, langages, localisations et immédiatetés (le monde géographique limité par ex et le corps tel que marqué de signes), d’un plan d’une part d’universalisation et d’un monde-unique, et d’autre part d’un devenir conscience e et d’une personnalisation.

Les deux participent du même unique mouvement ; puisque en somme il n’est pas cinquante manière d’être réflexivement ; le réflexif puise dans sa propre indépendance (vis à vis de toute détermination, de tout monde, de tout corps). De sorte que ce qui fut inscrit, écrit à partir et dans le réflexif est toujours intégralement conservé ; ce qui donne à voir Hegel, par ex. et ce qui fut écrit est la voie, l’unique voie, et vaut absolument ; Platon ou Descartes ou Nietzsche marquent décisivement et définitivement le chemin, ils sont le chemin.

Ce qui trompe généralement c’est de tenir pour tout à fait évident que la philosophie désire l’Etre. Sans voir que la pratique réelle de la pensée (et à fortiori de tout le reste, de l’éthique à l’esthétique en passant par la politique, mais aussi l’humanisation et la personnalisation) que cette pratique est radicalement heurtée et contradictoire ; la philosophie ne désire pas l’Etre ni un discours étal et plat, objectif sur l’être en le transformant en Objet Absolu, l’Etre, mais est la division du désir lui-même qui se retourne et qui littéralement ne désire pas ; notre être ne désire pas, il est. C’est rappelons-le la découverte absolue nietzschéenne ; qu’il traduit par énergie, innocence, retour du même, volonté de la volonté, pureté dans le seul vouloir extrêmement difficile à réaliser, rendre réel, puisque toujours mêler de réactivité au lieu d’être tout de go activité radicale.

Si l’Objet absolu passe pour l’Etre (et ce d’autant plus lorsque Le dieu chrétien entrera sur scène puisqu’alors le dieu est l’intentionnalité dernière indéfiniment réelle qui les reprend toutes), dans l’effectivité philosophique cette idée, ce principe de l’Etre est et n’est que l’occasion de déployer quantité de visions ; autrement dit le Un de l’Etre vaut de ce que, en retour, il divise abondamment, en ce qu’il est Abondance (d’où la clôture des grecs par Plotin, par ex).

Ainsi la pratique dépasse largement l’idéal que l’on s’en forme ; la réflexivité ne sait pas encore vraiment ce dont il s’agit en elle, mais en même temps elle le sait très bien ; elle adore diviser, séparer, découper, elle est la distinctivité des réalités, ce par quoi on distingue là où tout s’emmêlait ou n’existait tout simplement pas. Elle est facteur de troubles indéfiniment, et non pas unification (qui n’existe que dogmatiquement ou dans la fantasme des détracteurs, fantasme dont ils usent afin de multiplier encore plus de divisions, par ex les grands sujets à la suite de Descartes).

Puisque n’étant pas exclusivement un contenu, la philosophie commence d’apprendre ce qu’est la réflexivité ; qui se-sait instantanément, mais ne se connait pas. Ce qu’elle sait d’elle-même est sa forme, et si elle se déroule alors comme pensée, c’est parce qu’elle doit comme réflexivité non pas uniquement s’assurer de la pensée, mais parce qu’elle doit au travers de la pensée produire, animer, son être réflexif et de ce fait la pensée s’étend à tout objet de réflexion ou plutôt de réflexivité, ce qui signifie veut repérer partout lorsque se produit cette cohérence instigatrice ; éthique, esthétique, politique, sciences, dépassement du langage, des groupes, reprises des mythes, exploration chrétienne du devenir conscience, etc.

Ça n’est donc pas le désir de l’Etre qui pousse la philosophie mais une architecture complexe et surtout retorse (elle doit penser l’être qu’elle est ou qu’elle représente ou qu’elle re-présente) qui commence de se mettre en place.

Puisque cela qui agit soudainement et coupe l’humanisation en deux, se-sait, étant de fait réflexivité et réflexivité sur la réflexivité pour la philosophie, s’enroulant infiniment dans son être, sa structure, cela produit l’idée de l’Etre ; en laquelle ce mouvement croit trouver une stabilité que son surgissement démoralise. Puisque la réflexivité s’aperçoit bien qu’elle peut déplier continuellement son être ; un être réflexif ça n’a pas de fin, mais cela ne signifie pas que l’on puisse renier la pensée ou la raison. La réflexivité est ce qui produit de la cohérence ; elle lui est impérative et son animation même en un monde ; elle contient en sa puissance (par quoi elle est un procédé et non une essence ou un contenu tout-fait) la raison mais aussi les universalisations (esthétique, éthique, politique, les humanisations et les personnalisations en passant par les grands sujets, ceux qui poussent au plus loin qu’il y ait réflexivité et /ou liberté pure qui explore).

C’est donc par un excès et non par déni de raison, de pensée, et c’est la seule manière de comprendre qu’il y ait eu Nietzsche ou Heidegger ou Sartre ou Lacan ou donc les démontages objectivistes qui sont totalement fondés ; il est cohérent que cet être réflexif démonte et remonte sa réalité, sa matérialité, ses causalismes.

Sauf que lui n’en est pas, de la détermination, sinon de où prendrait-il sa lancée ? Mais qu’il n’en soit pas ne comporte pas qu’il soit une autre sorte de détermination, il est un rapport institué vers la première, et si il est un tel rapport, il existe, ce qui veut dire il est un réel, purement formel ou en puissance, dont on peut se demander ce qu’il veut, ce qu’il peut, jusqu’où il s’étend et qu’est-ce que « cela » est qui s’étend.

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La philosophie et le désir

9 Janvier 2014, 09:27am

Publié par pascal doyelle

Le sens et le non sens
Nous avançons probablement vers d’innombrables catastrophes, et bien sur toutes les sociétés furent sidérées de leur propre fin ; fantasmée ou bien réelle. Mais nous disposons de chiffres, prévisions, et paralysés par l’impuissance à dévier une sorte de train lancé à pleine vitesse s’accélérant d’autant plus que les signes se multiplient. Qu’il y ait un de jours catastrophes ou non, l’essentiel est de considérer cette impuissance.
Ce qui est un comble puisque la raison, science, Etat, organisation même de l’humanisation se complaisent d’une maitrise dont on finit par conclure qu’elle est illusoire. Pareillement dans le cours d’un vécu, on est loin de continuer de prétendre à un contrôle de soi, de qui arrive et notre réaction ou action dans notre destin, ça devient un destin et non pas une liberté.
C’est donc que le contrôle (collectif ou individuel) s’avère limité et sans effet déterminant, fonctionnant à la marge, bricolage sur un fond, une masse inaccessible ; les structures économiques ou sociétales ou l’inconscient et les comportements personnels.
Il est une machinerie donnée, là, agissante, qui nous pousse et nous contrôle quoi que nous puissions penser ou décider ou quelque reprise qu’on en puisse tenter. Marxisme, psychanalyse, structuralisme, neurobiologies diverses, ne sont pas tant le refus de la raison raisonnante de la maitrise (fausse ou illusoire ou idéologique) que la continuation de la volonté de contrôle par d’autres moyens.


Or cependant la philosophie n’a pas tant surévalué la maitrise et le contrôle que tenté de remonter plus loin que la seule volonté monolithique qui appliquerait la rationalité indistinctement. Le centre de la pensée est ici de dénoyauter le désir, de remplacer le désir qui pousse à être dans le donné, l’immédiat, et qui conduit la machinerie impitoyable et incontrôlable ; sitôt que l’on est obnubilé par le monde ou une partie du monde, on est absorbé dans un circuit ou un cycle intérieur au monde lui-même.

Remonter dans les conditions de la conduite, soit donc l’éthique, n’est pas de maitriser la volonté mais de démonter les idées ou la pensée qui président au volontaire ou donc au désir.
L’éthique est donc distincte de la pensée philosophique même, (il est des séries d’idées qui mènent à la sagesse ou plutôt à cette cohérence spécifique de l’éthique…. qui n’est pas forcément « raisonnable »), mais on comprend bien qu’en même temps si il s’agit d’élaborer la remontée dans les idées ou représentations qui commandent au désir (comme logique naturelle du comportement), il faut bien penser la pensée et comprendre ce que l’on dit et comment.

Or la logique substitutive philosophique à la logique du désir naturel aboutit à présenter que notre désir, le désir en soi, le véritable désir n’a pas d’objet. Il n’est pas destiné à posséder, dénicher, aboutir à un objet. Autrement dit notre être n’est pas un désir. C’est ou ce serait encore se rendre dépendant du monde donné là immédiat, que de se croire mener selon un désir.
Ce par quoi la philosophie remplace le désir en l’élevant ou en essayant de le dériver ; au lieu de désirer l’immédiateté on voudra désirer le vrai, le bien, le beau, etc. mais la vérité est que ce faisant le désir a changé de nature ; il n’est pas ce qui recherche un objet, mais ce qui se-sait en son être, sa nature et au lieu de tendre vers un objet (extérieur nécessairement) ses objets à lui, lui existent ; ils existent dans le se-savoir, et ça n’est donc plus de désirer mais de réaliser. Ou encore plus profondément le désir n’est plus puisque notre être (qui se-sait et forme-un) s’élabore ; il est une source. Une source sans raison puisqu’elle est ce qui est (et bien que l'on ne sache pas ce qu'est se-savoir, ça n'est pas une connaissance d'abord). Elle est sans raison mais non par défaut ou de cette sorte de désespoir ou de déprime ; la source est le sens.
Le sens n’est ainsi pas postérieur, il est dans l’antériorité ; la philosophie qui se tient dans ce qui existe achevé, cad parfait, sait pertinemment que notre être n’est pas de désir (sinon donc de ces « objets » élevés qui n’en sont pas, des objets).
Or c’est ce qui apparait lorsque la vérité et l’universel s’étant acquis (parce que contrairement à l’habituelle litanie, la vérité et l’universel existent et battent leur plein, c’est un fait), mais aussi le sujet se possédant lui-même comme être libre (depuis Descartes, cela remonte à loin, longtemps donc que la philosophie a dépassé de vouloir seulement la vérité comme universalité, elle est entrée dans la réflexivité sur notre-être), une fois tout cela réalisé, le sujet s’inscrit si proche de lui-même, de son être-même, là, existant, qu’il se découvre justement comme étant la source, ou plutôt que son être est une source qui produit (des tas de réalisations, comme la vérité ou l’inventivité du libre, ce qui se voit très nettement depuis Descartes ; il est des tas de sujets, des tas d’explorations), et que se découvrant comme source, là, comme ça, sans raison, sans objet privilégié, il se noie d’angoisse existentielle ou ontologique ou effectue la reprise nietzschéenne de l’affirmation pure et simple de la source-même.

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