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instants philosophie

Le statut de Salarié (en comparaison de la Richesse)

31 Janvier 2012, 20:53pm

Publié par zwardoz


Pourquoi croyant vivre de sa propre vie, ce qui est la base de toute la personnalisation en jeu depuis qu’au-dedans de la démocratie, il s’est fait jour que la personne devienne la réalisation « réelle » de l’universel (qui autrefois, avant les révolutions, ponctuelles, dessinait l’horizon en sa finalité, au sens où les personnes, qui existaient évidemment, se projetaient, en tant que moi, selon, vers et par l’universel ; tandis que dorénavant, post révolutionnaires, elles ne se projettent pas via l’universel, elles sont « dedans », elles naissent effectivement et bel et bien à l’intérieur de l’universel).

Mais croyant cela, bien sur ça n’est pas faux du tout ; c’est concrètement ce qui est en jeu pour chacun (et c’est tout autant l’aboutissement , partout, de la production ; les personnalisations sont le fondement dernier de toute production, et conforment ainsi le summum du comble ; un monde de moi-mêmes, comme fondement seul réel de toute humanisation, qui pensait pourtant auparavant, auparavant tout ce 20éme siècle, que « l’homme », l’essence humaine, en constituait la fin dernière. Or sans la sécurisation de ce monde des moi-mêmes, (ce que les pouvoirs, tous objectivistes ; de production, de technologie et d’étatisme ; tendent par mauvaiseté mais aussi de manière purement mécanique, à réguler ou donc à écraser, ou économiquement à canaliser abusivement), sans le développement du monde des moi-mêmes, l’humanisation ne peut plus se continuer ; l’universel n’est pas en soi le bout du cheminement.

Ni uniquement ce sur quoi tout peut être jugé ; autrement dit les Constitutions telles que parfaitement réalisées en leur être historique, (parfaitement puisque les sociétés civiles ne parviennent pas même à en respecter la lettre et que les pouvoirs ont hâte de les déconstruire), les Constitutions doivent être repensées.

Sans doute aucun il y eut de nombreux, quantités d’aménagements législatifs et même de remodelage des mêmes constitutions, mais sans qu’évidemment ces remodelages ne parviennent à restructurer le Constitutionnel démocratique lui-même. C’est qu’il est affaire en cela de l’essence même de la constitution démocratique, sous –entendu après les vagues successives de libérations, d’acquis, de propagation du libre, de remontées du monde-même dans le vécu de tous et de chacun, vagues qui coururent tout au long du 20éme ; en cet état des moi-mêmes tels quels, qu’en est-il vraiment de la constitutionnalité des sociétés humaines ?

Autrement dit ; que doit-on respecter, sans quoi toute pseudo-réalisation s’effondre ?

Il n’est pas du tout faux de considérer que sa propre vie est l’essence d’elle-même (qu’elle est la valeur même, ce par quoi toutes les autres valent, et conséquemment en quoi valent toutes les vies individuelles, puisque reconnaitre cela c’est sortir du stricte égoïsme no-conscient de soi ; ce que démontrent, manifestent, qu’ils le veuillent ou non, les mass-médiatisations ; le tuyau fait office de vérité, malgré lui souvent …).

Mais le problème n’est pas seulement en cela ; il est de comprendre « ce qui est déterminant » ou pas.

Or le déterminant dans une société est l’organisationnel. Ce qui organise les réalités (en l’occurrence, produites) est déterminant ; et ce qui détermine les réalités pour l’ensemble et en partie, énorme souvent, pour chacun, c’est l’argent.

Etant entendu que l’argent est la manipulation de la Richesse, laquelle est en soi l’investissement. Comme de juste l’investissement est ce qui maitrise l’avenir. Et pour chacun son à-venir.

Si l’on vous prive de votre investissement, on vous prive de votre avenir ; mais essentiellement en ceci que l’on vous prive du jugement quant à votre avenir, on vous prive de vous déplacer en cet avenir de logique autonome. Et la variante de cette privation est de détenir les flux contrôlés de ces investissements ; autrement dit, vous pouvez investir, mais en de certaines latitudes seulement.

Il peut paraitre raisonnable de délimiter les investissements selon des généralités ; c’est certain ; il faut une concentration ici et là pour réunir les possibilités. Mais la question n’est pas de supprimer les investissements généraux par des « particuliers », à discrétion de chacun, ce qui n’aurait pas grand sens. Mais d’ajouter aux investissements généraux (d’Etat ou du privatif, qui peuvent raisonnablement assurer le possible en leur matière), de permettre qu’il puisse exister des investissements individualistes, autonomes, autogérés, et fondamentalement que soit constitutionnellement défini que ce soit un idéal, un idéal qui consiste non à accaparer l’avenir en quelques uns, mais que cet avenir soit régulièrement déployé en et par chacun.

Ce qui manifestement revient à dire ; il existe un état de « salarié » auquel on refuse et grignote quantité de possibles, le maintenant dans cette déchéance de n’être que « salarié ». 

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La captation de la Richesse

30 Janvier 2012, 18:35pm

Publié par zwardoz

Il est bien clair qu’il n’a rien compris à rien ; on ne se méfiera jamais assez et de bien décrypter qu’il s’agit là d’une pétition de principe ; il ne respecte en rien la masse des gens, le peuple, le salarié. Pour lui ne compte que les « forces vives », les autres suivent ou pas, mais se taisent et ne comptent absolument pas.

Aussi veut-il circonvenir la totalité des ressources au profit de ce qu’il entonne comme étant la « France », vocable qui recouvre uniquement cela seul qui lui chaut ; les intérêts de quelques uns puisque les autres n’existent pas, sinon pour satisfaire quelques uns.

Dans l’idée ultra libérale, il n’existe pas de « peuple », du tout. Aussi le droit est seulement pour eux l’ensemble des occasions de le détourner ou d’abolir les obstacles. Les constitutions ne sont que les barrières limitant leurs intérêts surpuissants, qui seuls existent, et le monde la possibilité d’étendre les empires limités, et de se livrer une guerre radicale ; qui aboutit régulièrement à la mort, la disparition, l’annihilation, ou la mise sous coupe, tutelle, sous silence, peu importe les dommages, les conséquences, qui n’entrent pas dans la logique de leur puissance.

Il se peut que l’on croit encore vivre de sa propre vie, articulé sur les données réelles du vécu, du soi-même, des autres en tant qu’autres, du respect de ceci ou cela. La vérité est que tous les vécus sont conclus en bas de pages des administrations psycho-économiques des empires et que les parts vivantes bouchonnent simplement les interstices du système cumulatif des systèmes intégrés et de plus en plus intégratifs, et de plus en plus violemment et de plus en plus aveugles. Moloch.  

Il produit sa propre idéologie dont se nourrissent les fidèles communicants et communicateurs ; intermédiaires volontaires ou non de l’empire des nécessités, de l’abrogation des constitutions. Et ceci en proportion de cela ; la quantité de richesse (cad de potentialités), dont il convient que cela soit concentré en quelques mains invisibles et surtout ne soit pas récupéré par l’Etat et le collectif, et surtout pas redistribué. Ou bien plus simplement il convient d’éviter absolument que le travail des salariés soit rétribué justement, avec justice et proportion. Et que ces salariés soient administrateurs de la richesse, et qu’ils puissent eux-mêmes organiser leur pouvoir d’achat. Non, tout doit être capté.

Ça n’est pas seulement une volonté mesquine, mauvaise, égocentrique, bien que cela soit exact, tout cela et bien pire, bien pire, c’est de plus une logique mécanique ; dont les marchés sont seulement l’effet ; rouage d’un mécanisme plus large et autonome, les marchés ne sont pas autonomes mais enfoncés dans cette logique imbécile.

Cette logique, qui commande les marchés et toutes les dimensions économiques, et tous les vécus par conséquent, est une « logique » ; ce qui veut dire qu’elle se glisse partout où cela est possible. Elle n’est pas une masse qui s’impose bien visiblement ici ou là qui pourrait s’apercevoir, même de loin, elle se module, se métamorphose, s’emprunte de quantités de situations diverses, et occupe au final toutes les situations quelles qu’elles soient.

Suivant votre propre intérêt il vous viendra naturellement d’y succomber ; ça paraitra un acte, une envie, une décision, ou une entreprise individuelle, mais qui est et sera déjà phagocytée, dévorée par la logique du moindre, du petit, du sans envergure.

Parce que l’égoïsme contraint de cet intérêt n’obéit à aucune universalité, autrement dit à aucune réflexion valide, sinon celle qu’il prend pour son suprême intérêt (et pour lui sa suprême réflexion … par cela on voit qu’il est question d’une intelligence extrêmement limitée) et qui ne signifie qu’un entassement dépourvu de toute possibilité puisqu’il absorbe tout le possible d’un monde au profit du seul martèlement de son quant-à-soi qui ignore tout, méprise et écrase tout dans la plus accentuée inconscience. C’est une inconscience qui s’amplifie.

Qu’est-ce qui peut s’opposer à cet empire ?

Outre une logique tout autre, qui mènerait fort loin, il faut considérer que l’essence même de cette stratégie est de priver de la richesse (produite, consommée, épargnée, réinvestie, utilisée en somme) quiconque, excepté ceux qui l’orienteront (selon d’abord évidemment leur seul intérêt).

Autrement dit la richesse n’est pas seulement ce qui est produit-consommé, mais est « ce qui s’investit ».

On peut vouloir investir, soi, en tant que personne autonome, pour l’avenir de ses enfants par exemple ; le peut-on ???

Non.

Les décisions sont prises par ceux qui en ont les moyens, le reste disparait. 

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L'os de notre être

29 Janvier 2012, 15:08pm

Publié par zwardoz

Si notre être, le vrai, est la pure attentionnalité, habituellement simple faire-valoir de quelque contenu, notre être est effectivement sans but possible dans le monde ; mais puisque notre être est, c’est donc que notre finalité n’étant pas de ce monde, est glissée elle-même en une finalité plus grande ou autre que le monde.

Il n’est donc pas de monde, de donné, de vécu, sauf à l’adapter selon cette production de l’attentionnalité ; l’universalité. Mais jamais aucune universalité à rebours ne pourra circonvenir ce qui est son origine, sa cause et son être ; l’attentionnalité-même.

On ne peut donc pas déduire rationnellement l’universalité, qui n’a d’autre fondement que l’intention qui la porte. Mais cela ne ramène pas à une infra rationalité, l’être-là de l’homme dans le Là du monde (qui est distincte et autre que le monde, bien que sur un mode spécifique). Au contraire cela signifie que la « raison » (ce que l’on nomme tel) est l’effet de ce qui plus réel et rationnel que la raison-même ; soit donc, pour nous et autant que nous pussions l’interpréter, cette base unique au-devant de la raison (dont la raison est l’effet ravageur, issue du gouffre-même qu’est notre être), soit donc ce qui est décrit cartésiennement (dont on n’est pas sorti) ou ce qui affleure kantiennement (du transcendantal infra, du X vide, ou supra, de la destination de tout cela a priori, sortie du chapeau).

Autrement dit la philosophie a déjà plusieurs fois singulièrement approché, mine de rien, en deçà ou au-delà de la raison, mais compte tenu de la raison, l’être-même que chacun est. Elle n’a pas montré en cela une moindre rationalité, mais une structure avant-donnée, antérieure au(x) monde(s). Antérieur aussi à cette circonvolution qu’est notre personnalité, nos personnalisations ; puisque ce qui remplace le monde humain ordonné-selon la Parole, est devenu ce corps-même, son fantasme mais aussi son idéel (chacun est quelque part l’Idée de soi, une idée mêlée, mais idée immanquablement idéelle ; puisque tout sujet est l’être concret de l’universel abstrait hégélien, entre autres mais essentiellement, chacun étant infiniment proche de l’Idée par son idée propre).

Or que chacun soit proche de l’Idée ne renvoie pas à la raison-toute-faite, ni l’universel, mais l’universel et la raison sont issus, produit par, créés en eux-mêmes, par le gouffre advenu de l’attentionnalité qui refuse de se satisfaire des synthèses hâtives, humaines ou personnalisées, des mondes ou des mois. La raison est somme toute l’attention portée absolument exigeante, à « ce qui se passe » et que l’on refuse de laisser emporter et disparaitre dans le monde, les immédiatetés, le temps ou la distance ; l’attention cloue ce qui est, là où cela Est.

dans son activisme, limité (il n’est pas de la nature de l’attentionnalité d’être tout et constamment ; elle est glissante, dispersée, mais donc alors Une et ponctuelle), l’être qu’elle cible est l’ici-même-maintenant ; elle produit la raison en tant que la raison est l’assujettissement de tout ce qui est déterminé, dans la forme pure de l’actualité qu’est cet activisme de l’attentionnalité.

Il n’est en somme plus question de laisser filer le langage, ni le corps, ni la perception, ni l’affect, etc, dans des synthèses spontanées, (actives en elles-mêmes, mais que l’on peut caractériser comme passives ontologiquement parlant ; ontologie se référant à l’être-actif de l’attentionnalité, qui ne laisse rien « passer »).

L’arraisonnement n’est donc pas seulement rationnel ou universel, selon cette métaphysique, mais ontologique (qui est la restriction ou la précision du métaphysique, lorsque celui-ci, créateur de discours précis, se révèle comme être-sujet cartésien, comme ayant son origine dans un « ontos », os de l’être, si l’on peut dire). Aussi ontologique il cherche partout, en esthétique, politique, affectif ou tout ce que l’on voudra, l’empire de son exigence ; l’attention portée à, la précision active et actuelle.

La raison, ou donc l’attentionnalité portée, est l’instant exigé comme un, ici-et-maintenant, réalisant l’activité pure qu’il y a à être. Sortant enfin de l’idéalité imaginaire, des synthèses dites passives, des personnalisations données et closes. 

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De la gratuité (et du libre) dans la rareté (généralisée abusivement))

25 Janvier 2012, 13:10pm

Publié par zwardoz

La philosophie et l’universel, (ce qui veut dire le droit, l’Etat, la raison, les sciences, la culture, littérature et esthétiques, etc) destinaient leur projet à la réalisation commune en chacun comme en tous ; mais sitôt le sujet posé, déposé sur l’histoire, il se rend bien compte que sa volonté, son désir, ses intentions, son corps, le monde-donné-là-immédiat et vécu, lui appartient.

Mais il lui appartient bizarrement ; il sait bien qu’il n’est pas lui-même celui qu’il est (il s’en aperçoit durant son vécu en tout cas) et il observe bien que le monde donné, là, n’obéit pas ; pas au sens qu’il aurait du avoir, et que sa matière, sa pesanteur, sa difficulté, sa complexité découpée en tranches profondément diverses, ne rentre pas dans l’intention que lui, moi-même, est pour lui-même. Or de clef pour réguler le monde-là, il n’a que son lui-même ; qui est en tant que corps, affectivité, images et imaginations, pensées, etc, ce qui ouvre ou ferme le monde, et bien sur ce qui ouvre ou ferme que les autres sont précisément l’accès ou non au monde, puisque le monde, le donné, n’est, pour-nous, que ouvert ou fermé humainement. Il n’existe pas d’autre approximation du monde-là que le monde communément partagé.

On remarquera que l’Etat (le droit universel démocratique) est en lui-même justement la cessation de la pression des autres sur chacun ; il se prête comme clef universelle qui admet chacun, quel qu’il soit, dans son être même de moi-même. Est le recours censé préserver quelque dérive que ce soit qui annulerait que « un égal un » ; et donc plus loin que tout moi est un sujet. Et il n’est nullement étonnant de comprendre que toute annulation de l’être du sujet, passe par une ségrégation, une non universalité ; au profit de la « chaleur » d’un entre-nous, d’un entre-soi.

Ce qui ouvre ou ferme le monde, via la clef que l’on est pour soi-même, c’est en tant que l’on est un-tel ; limité par le fait même de son identité propre. L’acculturation universelle est la coupe radicale (qui interrompt le monde) qui donne à chacun qu’il ne soit pas « lui-même » seulement, mais quiconque, et quiconque en tant que poussé au plus, au plus loin de son possible ; soit donc l’homme universel, celui qui peut tout ressentir esthétiquement, qui peut saisir le politique, comprendre les avenues des sciences, et qui peut d’une manière ou d’une autre venir à bout de son identité de simple moi-même. En tout cela il n’est pas répudiation du moi-même, mais son amplification pour encore plus de perceptions allouées, plus de vécus enroulés, plus de possibilités ouvertes. Une vie qui ne s’éteint pas de son étouffoir limité, mais qui se propage et sans cesse.

Quoi que alors il est en cela une perturbation conséquente de l’universel idéal, qui pensait appliquer tout uniment la même formulation de contenus vécus, politiques ou de sciences closes et refermées. Tout s’est avancé à l’inverse ; les sciences ont explosé en diverses perspectives, les politiques révélées insuffisantes et limitées, les vécus multipliés en tous sens.

Il s’est déployé alors des pensées sous la puissance du  changement gigantesque de possible, par lequel tout nous échappait, s’enfuyait comme mondes humains, chacun développant son identité et comme chacun est sujet extrapolant cette identité comme « vérité » et sans régulation aucune.  

Chacun est de par la forme même de son être dans la plongée abyssale qu’il ne peut éviter ; un sujet doit savoir, connaitre, éprouver, ressentir ce qu’il est. il ne peut pas se satisfaire d’un contenu universel duplicable indifféremment. Un sujet n’est pas une psychologie (il aurait à arranger à peu près présentable son « intérieur »), n’est pas une sociologie (il en est du reste garanti par l’Etat constitutionnel ; indépendant de toute interférence commune). Ce serait plutôt un laboratoire vivant qui trouve, cherche ou perd irrémédiablement le sens, ce qui veut dire la portée, la capacité, la potentialité de ce qu’il peut étant donné qu’il est.

Autrement dit, sorti de l’entrelacs d’identité, de psychologisme ou de sociologisme (et il en est à foison), le sujet revient en sa dimension, en son unification même, politique, esthétique, éthique et absolument existentiel ; ce qui veut dire ontologique.

Au sujet homme universel, ayant à accomplir le vrai, le beau, etc, s’est substitué dans le monde, le sujet dans un moi-même qui l’entraine comme seulement une identité, qui lui absorbe le monde, le donné et même le vécu, puisque ce dernier est dévoré par l’identité (cad la seule clef qu’il puisse).

Autrement dit cela revient à avouer que bien que libre, si cette clef de monde-là s’impose à ce point d’absorber tout l’être, c’est que l’on se déplace sous pression ; qu’une pression constante demeure exercée sur le chacun, et que l’on y est soumis à la rareté. Et non à la gratuité. Rareté organisée, concertée, qui relève d’un système entier de (non) compréhension de soi. 

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Le principe cartésien de véridicité

24 Janvier 2012, 16:01pm

Publié par zwardoz

Le principe cartésien de véridicité

A cela, hypothèse cartésienne de l’être qui se dit lui-même sans s’effacer en tant qu’être, on oppose que ça n’est qu’une idée et le profond rejet de Descartes, vient de ce que l’on ne s’accorde absolument pas sur la transformation de notre être en et par et selon la seule idée qu’il a de soi. Soit on en rabat vers le monde, soit on en produit une qui soit rien que et seulement uniquement « idée », cad un concept (hégélien), une notion (scolastique) ou une idée des idées (grecs).

Le concept est la réduction de l’idée, des idées, à une notion ; cad à une définition qui rentre comme telle (parce qu’elle est définissable) en composition avec d’autres. Formant un système abstrait.

On remarquera que si cette critique vaut pour Descartes, elle vaut aussi pour les grecs ; car alors il ne s’agit plus d’une idée (la seule idée cartésienne, l’idée de soi, du dit sujet, qui se divise ensuite en idée de l’infini, et en idée de l’étendue comme monde), mais des « idées ». Les idées grecques sont, pour nous, nous apparaissent comme en elles-mêmes de pied en cap, réflexives ; les idées se tiennent entre elles (comme un système de notions), et elles s’éternisent dans leur être. Ou pour le dire autrement ; elles forment un système qui se déduit de lui-même, qui est sa propre cause idéalement intégralement développé. Le Bien est ce qui emporte tout le mouvement de tout ce qui est, mais surtout qui est la vie même du discours, le discours est fondamentalement vivant (de sa vie propre).

La notion c’est tout autre chose ; la notion forme système mais objectivement, au-dehors posé, là.

Ainsi le système hégélien n’est pas une déduction de l’idée par elle-même ; c’est une dialectique. Ce qui veut dire que toute idée posée devient une autre qui la reprend ; mais ça n’est rien dire que cela, c’est même plutôt artificiel, voir incompréhensible. Ce qui se passe c’est que toute idée posée, existe dans le monde, et que l’on ne perd jamais de vue le monde, et que considérant cette idée on s’aperçoit qu’elle manque ; qu’elle ne rend pas compte du monde, et que dans ce manque, il se produit une plus grande compréhensibilité, qui ne tire pas le « néant » de l’idée d’ « être », mais qui produit le néant pour penser ce qui sera ainsi nommé le « devenir ». Et dans le devenir réel, celui qui est-au-monde de fait, on aperçoit alors que devenir il y a. et en ce sens esprit et monde forme une seule logique ; c’est bel et bien que l’esprit convoque ou est convoqué par le monde, et qu’il en est forcé à produire les concepts qui au fur et à mesure couvre toutes les variabilités du monde tel que là.

Ensuite seulement est pensé la logique qui se prête une perfection soudaine ou conclusive, qui déduit de sa prime idée qu’il y en ait de suivantes parfaitement enchainées. Et dès lors on ne sait plus si le concept produit est égal à son propre auto développement (grec) ou s’il est entré en composition avec un monde donné, là, qu’il a absorbé.

Or ceci c’est uniquement si l’on stabilise toutes les opérations de pensée, dans la seule connaissance qui table sur ; cela seul qui est raison, existe pour-nous. Effectivement seul ce qui est réductible ou ramassé en une compréhension peut en nous et par nous se transmettre (aux autres et à nous-mêmes).

Il est une autre dérivation du logos grec ; elle origine l’idée de, par, vers dieu. Et en ce cas, ça n’est plus tout à fait une idée (le bien) qui produit le discours, et qui de plus alors crée les choses mêmes ; c’est une volonté. Ce qui change tout. Si idées il y a ce sont les idées de dieu, et les nôtres (cela dépend) sont plus ou moins des imitations pour-nous, de l’analogie. Il n’est pas cependant en ceci un accès direct à dieu en tant qu’idée ; et cela très précisément en ce que certes on obtient l’idée de dieu, mais elle n’est pas affirmée intégrée en notre être sinon comme analogue.

Descartes vient seul présenter l’idée comme plus grande qu’une idée et il prétend par là accorder pleinement le réel statut, la réelle dimension à ce que l’on nomme « idée ». À savoir ; l’expérience même de son être d’idée en tant que cet être est, absolument et non pas analogiquement, le nôtre.   

Ce qui bouleverse considérablement toute compréhension. Non seulement celle scolastique, mais aussi celles qui suivront y compris hégélienne ; parce que cartésiennement, il n’est pas de réduction de l’idée absolument là, intégrée en un (et par) un être, en un concept extérieur à cet être.

Autrement dit Descartes ne prétend pas à objectiver l’être qui est comme une connaissance (d’un objet en un concept), mais pas non plus à déduire les idées d’une Idée encore plus idéelle (le bien), et pas plus à adapter les idées divines à nos idées analogiquement. Il dit que l’idée est (au moins pour nous et on ne peut pas aller plus loin dans la réflexion) que l’idée est l’expérience même qui est là-ici-maintenant non pas même est l’idée de soi (qui serait complètement transparente à elle-même, ce qui reviendrait à un concept), mais est l’idée adéquate que notre être (autre que sa représentation) forme de lui-même et par laquelle il peut non pas se « vouloir » (au sens caricatural d’action sur un objet, une extériorité) mais se réorienter pour peu qu’il s’en donne les moyens (en quoi il n’est pas une action magique ou autoritaire). 

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Nouvelles du Grand Monde

21 Janvier 2012, 09:16am

Publié par zwardoz

Nouvelles du grand monde

Entre le conscient qui dans son activité même se stabilise (en objets) et l’inconscient qui vadrouille selon son rêve (pour le cerveau la réalité n’existe pas ; le conscient est une part détachée de ce que nous possédons en commun avec les mammifères ; le rêve). Entre les deux il est l’intentionnalité ; celle-ci appartient au monde, au donné et au vécu.

L’intentionnalité est une toute petite virgule qui se déplace sensiblement et est insituable. Elle ponctue ici et là, jamais en continu, et on se demande où peut-elle donc prendre des forces pour exister. On sait qu’elle les invente.

Il est évidemment, on n’y revient pas, quantité de déterminations en nous qui répondent aux déterminations, on est motivés du corps, des autres, des mots, de tout ce que l’on voudra dans le monde. Mais dans l’ici et là de l’intentionnalité, le sujet montre du doigt ce qu’il y a à être. Il le sait. Il ouvre de lui-même sa propre dimension aussi soyeuse et incertaine soit-elle.

Sans doute lorsque l’universel constituait l’horizon historique à venir (antérieurement aux révolutions constitutionnelles), les variations intentionnelles en appelaient à un supposé corpus de vérité rationnelle. Lequel corps fut effectivement intégralement réalisé, historiquement acquis. Mais depuis lors, l’universel entourant chacun dans son statut même, l’attention peut se porter sur la précision du monde immédiatement « là » ; les sujets (constitués constitutionnellement, politiquement selon l’universel). Chacun est donc un tel-sujet ayant à portée de préhension, le donné, là, des choses à désirer, des projets à propager, de l’image de soi à déployer, etc.

Chacun est déraisonnablement envahi de tout ce monde alentour ; au point de n’être plus du tout arcbouté sur l’universel et de basculer dans l’entière contingence sans aucun avenir. La contingence, le nihilisme plat, vaseux, tout flasque, absorbe toute l’énergie et détériore radicalement le sujet, défait les intentionnalités. Il est même quantité de théories qui prouvent ou démontent à quel point l’universel n’est pas, qu’il n’existe que du tout-venant, de la vie vécue bêtement (on nous rabat même les oreilles qu’il n’est que des corps et des langages, hormis ce vieux succédané de Vérité qui pense reprendre l’universel tout général et abstrait, précisément déjà réalisé depuis si longtemps).

Et effectivement il faut amener tout cela ; que tout est déterminations ; mais non pas que l’universel, réalisé, historiquement, soit sans suite. Tout sujet, réel, est la suite de l’universel … en acte. Il est clair que la démocratie est absolument ce qui devait être et qu’elle se définit littéralement comme le pouvoir pour et par le peuple des gens. On ne sait pas ce que peuvent les gens. Comment ils se débrouillent sexuellement, affectivement, relationnellement, politiquement et économiquement, intellectuellement, culturellement et tout ça. On ne le sait pas.

Il apparait donc qu’il leur faut la comprendre, la saisir, du dedans, de la mise en forme de leur vécu, de leur donné, de leur monde, il leur faut comprendre la méthode. En ceci ce qui suit la démocratie instaurée abstraitement et donc constitutionnellement (laquelle se fonde sur et dans l’universel, largement pensé mille fois par les philosophies, c’était leur finalité imprescriptible), ce qui suit la démocratie, c’est la coordination ; il faut que les gens, le peuple, se coordonne. Il faut qu’il sache ce que l’autre veut et ce que lui-même pousse au devant de soi. La grande coordination dans le grand monde, c’est ce qui est en cause. La seule cause qui soit.

Et ça ne s’invente pas ; pas de l’extérieur. Ça doit naitre dans et par l’activité même, de chacun de tous. Et ça ne le peut que visiblement, dans l’ordre du visible.

Remarquons que depuis au moins Descartes (grand précurseur de tout ce qui le suivit), mais bien sur admirablement depuis les révolutions, c’est ce à quoi s’emploie la philosophie qui a déjà sauté par-dessus l’obstacle de l’universel, et se tient en éclaireur dans l’embuscade du temps qui passe. Tout ce qui est pensé, depuis que l’universel est acquis, tente et explore le devenir de la réalité individuée et du monde attenant, (fut-il marxiste, existentiel, psychanalytique ou anthropologique ou toute scientificité qui puisse se développer). De même le jazz ou le rock’n roll, ça parle des gens en tant que chacun est son propre mouvement. Son propre mouvement dans le même monde. Le cinéma observe chirurgicalement les comportements, l’art morfle les objets-mêmes, etc.

On peut donc dire que l’universel s’est réalisé en une fois, abstraitement pour ainsi dire, cad en gait constitutionnellement, mais qu’il révèle alors que son être n’est pas du tout abstrait, et qu’il se dépose dans tout un chacun (de son statut) ou plutôt qu’il intervient alors en propre, en acte ; en tant que tout un chacun est sujet.

Que le reste, donc, ce sont des remugles interprétatifs (de contingences diverses, de grands contenus secondaires, tout à fait, des bricolages incestueux), qui abandonnent l’universel pur et simple, soit donc la forme absolue que l’universel est ; à savoir l’intentionnalité-même, ou selon la divination cartésienne l’attentionnalité dite de la méthode unique. 

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Le conscient habite l'inconscient

18 Janvier 2012, 22:03pm

Publié par zwardoz

Bizarrement on a un corps qui occupe une certaine quantité d’espaces divers, ça pèse son poids, c’est dimensionné. Mais la conscience que l’on est visiblement pèse peu, ou rien, et parait constituée d’un va-et-vient continuel entre ceci et cela. Elle ne pèse rien puisque dans le mouvement électrique ou magnétique ou quantique, allez savoir, entre des éléments. Comme il n’est pas de conscience sans cervelle, ce mouvement provient des éléments en quantités, évidemment. Quoi que si il en pour-lui-même existant (il sait qu’il est), au moins, au minimum ce savoir est malgré tout ce dont on voudra bien le remplir, ce mouvement existe en tant que tel. Comme mouvement.

Or ce mouvement ne sait rien de ce qu’il « est » ; il n’identifie pas ses neurones en action, comme il ignore que ce corps respire spontanément. De même il serait bien en peine de définir son identité, qui est « ce moi égal à soi-même » qui se sait, qui dit « je ». Cette unité vide, mais disons plutôt formelle ; puisque vide elle ne l’est pas, elle est un (non) quelque chose, cad un mouvement, a priori.  

N’empêche que.

Il est aussi assez clair que l’on n’a pas besoin de savoir que l’on est « libre », pour être libre. Ce qui signifie ; pour décloisonner une situation autrement qu’elle devait l’être ; on peut ruser, de tous temps, bifurquer, dériver. Bref inventer dans la situation même, et de telle sorte que du non prévisible surgit ou s’impose constamment. Et cela peut nous surprendre. Ainsi sommes-nous une forme qui (se) sait, mais très petitement ; elle est dispersé ici et là, chaque fois une (pour peu qu’elle soit en mouvement, ce qui n’est largement pas toujours le cas explicite, et qu’elle le soit souvent implicitement seulement et parfois quasiment peu ou pas du tout).

Le un se rétablit en chaque unification de notre être décidant, inventant, ou dérivant, désirant ou simplement percevant (on ne perçoit qu’en construisant la perception, et ce non pas en « réfléchissant la perception, mais parce que la perception est déjà « réflexivement »).  Autant dire que le un de notre être ne se quitte jamais, mais non pas du tout en tant que totalité ; on ne parvient jamais à totaliser quoi que ce soit ; on intervient ici et là. Et en tant que pur mouvement, il peut bien s’égarer dans le perçu, le désiré, le décidé, sensation ou sentiment ou donc dans chaque mot, chaque signification ou tout signifiant qui se présente. Il est donc, comme mouvement, un activisme dispersé, à son bon vouloir.

Lequel n’est pas nécessairement le nôtre ; on peut tout à fait décider absurdement, et pourtant on y entre en partie soi. C’est juste que telle décision, telle perception (reçue ou ignorée « volontairement », cad non consciemment) vient de plus loin que notre décision bien visible apparente, ou qu’elle découvre ou renie une partie de la réalité ; une perception qui, glisse du champ vers un autre, qui disparait n’étant pas retenue mais seulement perçue et évacuée instantanément. Le mouvement est facteur d’ignorance autant que connaissance ; et ce sujet là peut ainsi se « connaitre » d’un savoir absolument aberrant et difficile, voir d’un savoir impossible ; puisque dans le champ de la perception, ça ne marque pas.

C’est que notre identité de par soi-même conçue, est certes dans ce que l’on perçoit, ressent, éprouve, etc. mais de tout ce que l’on éprouve on ne retient que les mots ; ceci n’existe que parce qu’exprimé. Et évidement exprimé pour ou par ou selon ou avec les autres ou donc avec un Autre en particulier ou général.

Les perceptions seules, les pulsions ou les souvenirs, nous emplissent, mais ce qui lie consciemment tout cela opère un tri magistral, de ne retenir que le lié explicite. Or et c’est là que se situe spatialement l’inconscient ; c’est que l’explicite qui est très étroit, suppose l’implicite.

 De sorte que l’inconscient ne peut jamais être isolément d’un explicite (ce que l’on dit de soi, à peu près visiblement) avec lequel pourtant il n’aura pas de rapport apparent ; il aura des rapports compliqués, alambiqués, et surtout des rapports, ce qui est le comble, in-visibles (cad se retirant dans les chaines des signes eux-mêmes). Et ceci parce que notre être explicite est quasi entièrement seulement relié, en clair, que par les mots.

Et il est relié par les mots, parce qu’il ne totalise rien du tout ; la totalisation est toujours une imagination. Et cette imagination, en laquelle nous semblons manier des solidités, est elle-même articulée par des signes encore. Elle est intégralement effet de signes reliés entre eux, cad d’un mouvement.

Les signes eux-mêmes n’existant qu’en tant que mouvements (on signifie ceci par cela), alors même qu’ils paraissent stabiliser quelque « chose » en soi. 

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Le sujet veut savoir ce qu'il en est (de l'être)

14 Janvier 2012, 21:30pm

Publié par zwardoz

La version réelle du sujet le définit comme structure ; par la structure, de fonction (d’un contenu) il passe en tant que forme en elle-même réelle et douée de sa propre efficience, mais aussi plus loi de sa propre dimension ; laquelle est dite ontologique en ce qu’elle prend pied sur l’être, ou la reformulation de l’Etre comme être-étendue, cartésienne (au fond on en revient à cela) d’un sujet qui est-là, dans le là heideggérien.

Si l’on se contente de définir le sujet comme fonction d’un contenu, toute la réalité bascule du côté de la détermination ; il n’est plus aucune possibilité de penser le sujet comme dimension ; tout est aplati sur le monde donné, jusqu’à oublier que n’importe quelle définition de ce monde donné s’effectue elle-même à partir et selon un sujet ; ça se donne alors comme « Vérité », comme pensée « pensable » (le discours métaphysique antérieur à Descartes) ou comme pensabilités (postérieur à Descartes). Ou encore comme vérité objectiviste, scientiste ou logiciste. Le contenu en imposerait au sujet.

De même définir le sujet selon une « naturalité » par exemple libérale ou tout autant communiste, mais aussi psychologique ou même anthropologiquement, laisse, délaisse, abandonne le sujet mais aussi l’universel comme tel.

L’universel se sait avant le sujet ; mais ça n’est pas l’universel qui se sait, l’universel en tant que conceptualisation, idée, généralisation se sait depuis que le langage est le langage. Ce qui se sait par contre c’est l’universel, soit le langage, rapporté à cette bizarrerie impensable qu’est, dénommé, l’être.

Autrement dit ce que l’on nomme universel comme propre de la philosophie, est en réalité un dispositif complet ; ce par lequel la conscience (de soi, des autres, des choses, etc) veut saisir le « tel que cela est ». que l’on a traduit dans le terme de vérité ; sous-entendant que l’on peut saisir du dedans ce que « être » veut dire, et donc au sens où l’on saisit du dedans ce que « être » comporte.

Que l’on puisse éprouver être en toute conscience, et en l’occurrence en toute connaissance (mais alors on voit bien que « connaissance » comporte plus que de simplement connaitre ; nommons cela « savoir ce que être est »), signifie donc ; on ne mourra pas sans parvenir à remonter en conscience ce que l’on est de fait, ce que l’on est tel que cela se comporte et que l’on vit, en l’ignorant. 

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Connaissance ou savoir du Sujet ?

8 Janvier 2012, 13:46pm

Publié par zwardoz

 

La philosophie (qui est l’empire du contradictoire par essence même) ne pose aucune vérité ; elle propose que la vérité soit la structure qui règle les propositions. De cela que toutes débutent par l’interrogation, la suspension du jugement, le doute, voir le scepticisme, etc.                

Il ne convient alors certes pas que l’on puisse penser organiser la société humaine via une vérité assénée. C’est qu’alors la vérité est conçut comme un contenu plus vrai que les sujets.

A l’inverse donc l’histoire n’a retenu que le formel ; chacun est libre tant que cela ne nuit pas. Aucun contenu, (sinon des contenus qui viendraient briser tel autre sujet, et cela peut varier mais le principe est tel) ne peut prendre le pas sur ce que l’on nomme la « liberté ».

D’aucuns interprètent l’ensemble des réalisations à partir de la liberté dite alors formelle, comme un délire contingent et la fuite ou l’effondrement dans l’immédiateté (ce qui veut dire que les libertés ne trouvent aucun débouché sinon de s’approprier, le monde, ou de s’enfoncer dans la satisfaction du corps, des objets, des signes absurdes, etc, qui aplatissent au raz de terre). Les conceptions entièrement négatives du 20éme siècle sont légions ; à croire qu’à cette époque donnée, il n’est rien d’autre à comprendre que la mauvaiseté.

Outre la récrimination continuelle que cette attitude installe, elle ne permet pas de comprendre ce qui s’est passé et comment et encore moins pourquoi, durant tout ce 20ème siècle. Et puis de plus ça ne permet absolument pas du tout de remodeler les problèmes, puisque l’on y substituera une résolution imaginaire ; une moralisation idiote (douée d’un passéisme en général), un comportementalisme des petites limites, une déperdition sombre de l’universalité (des constitutions ; les constitutions embêtent tous les matamores mafieux), ou donc l’advenue soudaine d’une Vérité qui serait plus grande que les individualités.

Le principe, que chacun soit en lui-même l’universel en soi, soit donc le libre comme tel (qui n’est évidemment pas le « n’importe quoi » et comme tel n’est pas l’effondrement dans l’immédiat, bien qu’effectivement cette perte menace quiconque), définit donc ni plus ni moins l’être de l’homme comme réel.

Autrement dit, en gros et pour faire court, le sens de ce qui est, de ce qui est tel comme monde, comme réalité(s), se joue en et par chacun. Ce qui parait absurde. Mais ça n’est pas bien sur au sens où chacun déciderait du sens de l’être et que cette décision serait effectivement suivie de conséquences mondiales… mais bien plutôt au sens où pour chacun il se joue qu’il puisse advenir à être (être intégralement tout ce qu’il peut et doit être).

S’il existe une vérité supérieure à chacun, il devient inutile de creuser l’être de chacun ; or c’est pourtant ce qui nous préoccupe absolument. Et toute véridicité supérieure tend à renvoyer à rien cette épreuve, cette expérimentation plus ou moins intégrale, cette exploration ; la vérité « supérieure » renvoie tout un chacun au contingent, et à l’effondrement tout le 20ème. C’st qu’elle superpose au sujet ses contenus comme étant plus vrais et réels que le sujet lui-même. Le sujet étant ramené à une fonction d’enregistrement, plus ou moins active, mais sans vie, sans unité de par soi. C’est le « de par soi » de tout sujet qui est condamné à n’être rien selon la Vérité Supérieure.

Or la réalité du sujet ne consiste pas à lui affecter un quelconque contenu. Le sujet est dès le début, cartésien, un dispositif, un ensemble de fonctions qui produisent l’être (du sujet) mais cet être parvient ainsi immédiatement à une unité de par soi. Laquelle est dite, ici, inexistante, non au sens où elle n’existerait pas (ce qui n’aurait aucun sens), mais en ceci que sa structure est en-plus de ce dont elle est fonction(s). Les fonctions produisent une unité, qui se crée et prend le pli de se créer malgré tout et au travers et dans la complexité (grandissante puisqu’ayant une unité elle obtient une historicité, un devenir du par-soi-même).

Et c’est ce qui s’est fabriqué ; puisqu’à la suite du cartésianisme, on a réfléchi et démonter toutes les réalités et les fonctions entourant ce sujet ; qui peut être nommé « sujet de la science » si l’on veut, et qui pense les déterminations alentour. Sciences humaines, psy, ou biochimie ou sociologismes ou idéologies, etc, formulent les réalités et fonctions autour du sujet (quitte à nier qu’il puisse exister un tel sujet de par-soi). Quoi que l’on en pense, ces contingences et nécessités et descriptions sont produites sous les yeux du Sujet.

Comme il n’est aucun contenu, mais que sans lui aucun contenu ne pourrait être développé ni objectivement ni subjectivement (auparavant les contenus se régulaient par soit la Parole, des tribus, des groupes restreints fut-ce des empires, ou soit par les ordres symboliques, qui simulent un groupe via une Parole, qui augmente en universalité), il faut donc ajouter que le devenir en propre du sujet est bien plus réel que tout objectivisme et que tout subjectivisme et que l’un comme l’autre sont contenus dans le sujet ou plutôt (comme il n’est rien) dans l’horizon du sujet.

Le sujet n’est pas pensable ni selon les objectivismes (qui s’accordent par définition aux déterminations et font œuvre de sciences) ni par l’objectivité qui tend toujours à l’idéologie ou l’idéomanie consistant à réduire de l’extérieur ce sujet qui seul non pas conçoit, mais est son propre savoir.

Alors par savoir il faut comprendre non pas une connaissance extérieure de soi, mais l’être à même de soi. Pour chacun est à la fois le savoir et le non savoir de soi, mais en cela seule la psychanalyse (et en partie Sartre et un peu la phénoménologie, y compris Heideggérienne) affronte durablement le problème ; le sujet glisse hors de soi, hors de son savoir « nommé » de soi vers et dans un savoir « non su » de soi ; puisqu’il est immédiatement ce qu’il perçoit, bien qu’il n’est pas du tout cela qu’il perçoit, sinon il ne s’en distinguerait jamais. Dans cet exemple, la perception est « à elle-même » son expérience, et est en elle-même réflexion ; c’est une construction qui se paramètre et ça n’est pas que toute connaissance lui serait extérieure, et donc non vraie, c’est qu’elle intégrera toute connaissance dans le champ premier (qui quels que soient les extériorités se recomposera comme premier.

On peut désirer ceci, tout en n’y sachant rien ou peu. On peut désirer ceci, tout en en connaissant beaucoup plus ; et le champ premier redevient tel quel, cad premier. Il est dans le sujet qui est, non au cumul invraisemblable de fonctions et de réalités, ce serait le cas d’un idéalisme du sujet, détenant « toute » la vérité et tout le libre, mais à la conjonction des fonctions et des réalités, sans jamais n’être aucune, il est non pas une illimitation ; mais une limitation. C’est dans la limitation qu’il fait « attention à ». C’est à partir de cette attention à, que tout se joue (d’essentiel), cette ridiculement limitée attention à. Qui ouvre ou ferme, finalement, au final, au bout de chaque compte, le possible.  

 

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Représentation et réel

3 Janvier 2012, 21:50pm

Publié par zwardoz

Toute humanisation recouvre le donné, le monde, le vécu d’une représentation (laquelle est parole, échange, communication, etc).

La raison s’emploie à retrouver par-dessus de telles constructions de la représentation, l’immédiateté du donné, du vécu et du monde. Tandis que l’humanisation synthétise passivement (ce qui comporte bien sur une intense activité de création, invention, imagination ; passivement au sens ontologique donc), la raison tente et parvient à une synthèse active (idem : ontologiquement parlant, si l'on veut bien). Au prix d’une représentation tordue, difficile, procédurière souvent, difficile et d’efforts et de précisions (esthétiques, sciences, philosophie évidemment, mais aussi personnalité, personnalisation au sens où chacun prend sur soi, prend en charge qu’il soit vivant et a affaire à la composition de son donné, là, vécu).

Nous tentons donc constamment de sortir d’un monde humain toujours particulier dans le monde général, réel, tout en nous enfermant dans une représentation de fait et par structure (et non par négativité ou manque ou détérioration ou mauvaiseté, etc) limitative.

La raison n’est donc pas en plus du monde ou au-dehors, ou venue on ne sait de où ; elle est la résorption du représenté (nécessairement limité) et l’arrivée de ce qui est « là ». Elle est le dépassement d’un monde humain toujours en lui-même limité, et la remontée du donné, du monde et du vécu ; au sens où l’humanisation qui se cantonnait à produire une représentation du donné, (suffisamment viable, par exemple), parvient à produire une représentation de plus en plus approchante de ce qui est « là ».

Pour chacun, cela signifie que son vécu est à distance, toujours. Et que toute personnalisation (qui est le système le plus approchant du donné-là) tente de saisir dans la nuit ce que l’on est, là.

Il apparait donc que la représentation est ce par quoi l’on s’enferme, mais c’est très limitatif de la positionner ainsi ; sans la représentation, toujours bricolée et bricolante, il n’y aurait pas de goût pour le là immédiat du monde, du corps, de la perception. On n’en aurait pas même l’idée, ni la sensation. Le jeu, complet, contient représentation (nécessairement limitative) et l’au-delà (vers le donné-monde-vécu).

Toutes les cultures limitaient (et tout autant exprimaient en synthèse) le donné, jusqu’à ce qu’une a-culture, une a-civilisation (qui est de ce fait mondiale) ait l’idée d’élaborer des langages, tordus, qui permettent d’aboutir sur le Là du monde, du corps, du réel. 

Nous ne sommes pas, nous-mêmes, personnalisés et si strictement individualistes pour rien ; la personnalisation est ce à quoi aboutit l’humanisation. Le là nous menace effraie la synthèse passive que nous sommes (à moins de vouloir une synthèse active, dite ontologique ; ce que au fond chacun accomplit … on ne peut pas être soi, un « moi-même » sans réaliser outre une passive, une synthèse active).

 

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