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instants philosophie

La mort de la télé-réalité (son remplacement par un jeu idiot)

31 Juillet 2010, 00:59am

Publié par zwardoz

L’échec pharamineux de secret story saison 4 se préfigurait déjà dans les précédents épisodes. Un contrôle renforcé des signes. Le scriptage accéléré à permis de basculer d’un jeu à peu près libre et hasardeux, vers une mise en scène extrêmement stéréotypée, qui colle ici et là quelques éléments « vérités » ayant pour destination de renforcer la crédibilité d’un mauvais récit contraignant. Au point que les candidats étant résolument télécommandés, s’amenuisent les motivations réelles des uns et des autres ; dans un monde artificiel au plus haut point, personne ne croit plus à quoi que ce soit et l’empire général du mensonge constant remplace alors l’idée même d’un jeu relationnel.

Or c’était cela qui attirait ; le scriptage remplace les ambigüités et les ambivalences et les incertitudes internes pour améliorer une lecture simplificatrice de scripts, de stéréotypes. De même, en externe, si l’attention ne s’acharne plus à décrypter les indices de personnalités, les signes de sens (qui renvoie tel comportement , gestes, manières d’être, mot échappé, alliances non préfigurées, etc), à lire et donc unifier de par soi les signes extérieurs dans un effort de spectateur pour construire la manifestation des candidats, alors le jeu humain s’effiloche et perd la totalité de son intérêt ; en interne comme en externe.

Il est peu étonnant que ce contrôle étendu et dictatorial atteigne la téléréalité produite en France …

Les français se signalent par une frilosité sans égal ; il n’est pas question pour eux de supporter la réalité telle qui spontanément produite, et visiblement lisible par tous, directement, sans intermédiaires et indépendamment du regard sélectif du clerc de service.

Lorsque l’on est français, on ne se lâche pas ; et si l’on communique, c’est par les tics et les pistes tracées connues, trop connues, qui lassent tout le monde et dans la reproduction desquelles chacun s’épuise à la conformité de bon aloi… une pression invraisemblable appuie sur les esprits ; même les rires ne fusent que dans l’envie peureuse de la ressemblance entre soi … Il n’est rien de plus grave que de se faire remarquer en mauvaise part, non conforme.

Et ceci pour la raison suivante ; l’acculturation française est une hiérarchisation. Il n’est pas de participation vraie ; mais tout échange débute ou aboutit à une rivalité dénuée de raison, d’équilibre et de vivacité. Tout cela est morne au plus haut point.

Puisque le principe même de la télé dite réalité est qu’entre les emprises du pouvoir (pouvoir des productions et pouvoir du regard pesant du CSA, des bonnes manières frigides, de l’ambiance mortifère de la société française, du couverte baudelairien qui pèse sur nos intériorités et les lamine du dedans en confondant cela même dont nous aspirions à nous défaire … la confusion du regard détériorant, hyper socialisant ) entre les emprises du pouvoir, le  regard intérieur pensait être en mesure de lire les signes à même les personnalités, telles que presque nues, sans les voiles de la fausse pudeur idiote, coercitive, et au fond profondément malsaine ; lecture libre non-idéomaniaque.

Ainsi les leitmotivs ramènent continuellement les motivations à ces « stratégies », trahisons, montrage du doigt et autres phénomènes humains, si humains, mais alors tournés en dérision, et digne de cet esprit moqueur, perfide, si abrutissant et si français. De même le rappel continuel des « excès » , vieille, si vieille rengaine qui remet surimposant une « odeur de soufre » dont tout le monde se fout (sexe, homosexualité, voyeurisme débile ; aucun intérêt , excepté dans l’esprit des pseudo producteurs qui estiment que ce sont ces vieilles lunes qui « intéresseront les foules » ; les productions méprisent tellement leurs publics, qu’elles leur assènent d’ignobles motivations ; ce qui n’a rien à voir avec la réalité de cette exposition si manifestement humaine qui tentait une exposition dite de réalité humaine).

Pareillement, les élites qui montent au créneau contre ces télés réalités, loin d’y comprendre quoi que ce soit, reproduisent elles-mêmes l’ensemble du mépris de leurs alter-egos de la production et du CSA, le mépris par lequel on fustige la populace. Le coinçage généralisé est à ce point imposant que s’y démontre et s’y montre de visu, la complexe, mais effective main mise intégrale par la simple perception sur les comportements régis par une pseudo littérature scénaristique et une pauvre psychologie sans envergure, par des « pouvoirs » qui se réfugient hors de la spontanéité, qui menace le couvercle pesant sur les corps, les esprits, les personnalités et les relations humaines ; le couvercle noir et ignoble qui engloutit l’humain, n’ayant pas droit d’exister, tel qu’il se prêterait si aisément et avec amusement et joyeuseté au jeu, si il n'était les rabats joie de service. 

Mais les français ne sont pas joyeux, ils sont persifleurs, embués de mélancolie, d’inertie, de pathos larmoyant, ou à l’inverse de critique mordante qui n’a de valeur qu’idéomaniaque, stérile, sans curiosité, sans vie véritable.

 

 

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Le plus-de-possible ; l'universel

29 Juillet 2010, 21:22pm

Publié par zwardoz

C’est que le Bien est au-delà du monde ; de tout monde et de ce monde puisqu’il est le cas (de constater qu’un monde, au moins, existe). Dire que le Bien est la finalité totale de tout (le bien en tant qu’il est aussi la vérité et la beauté et la liberté), c’est non pas assigné un but fixe et figé à tout ce qui est, mais le contraire. C’est imprimer comme cadre essentiel de tout énonciation, de toute intention, de toute réalité à enregistrer, celui d’une condition de forme déterminante ; ça doit s’énoncer, s’intentionnaliser sous la forme du meilleur rapport possible.

Autrement dit ça ne peut pas non plus être tel bien plutôt que tel autre. Le Bien concerne n’importe quelle partie du monde, ou même ce monde-ci en totalité ou n’importe quel monde quel qu’il soit. Il est le cadre mobile. Ce qui implique que l’on ne peut le définir ; mais aussi que tout bien, et ils sont en quantité, entre d’une manière ou d’une autre dans l’idée du « Bien ».

De même que ne pouvant le définir, il n’est pas rien-du-tout, mais ce qui subsumera toutes les définitions ; loin d’annuler toutes les définitions, le Bien, comme Idée, les convoque ou les convoquera. Les encadrements, les idées régulatrices, les formes (qui sont les formes de notre être) ne sont pas présentées pour clore mais pour pousser le débat. Jadis le bien était déjà dénommé, avant même toute question ; on admettait ceci ou cela pour effectivement indubitablement désirable (ce qui este encore le cas ; le moi-même psychologique est ce qui définit indubitablement un bien synthétique chopé selon les nécessités ou par hasard ou rencontre contingente). Dès que la question du Bien, comme Idée, s’impose comme procédure seule valide, on passe de n’importe quel bienfait, déjà dans le monde, à la condition d’un bien efficace en tout et partout ; puisqu’il vaut mieux désirer ce qui en vaut la peine (et comment le déterminer alors ?), que perdre son temps en un bienfait relatif et qui passera rapidement, par exemple, ou dont l’efficacité se réduira à quelques effets, et n’engendrera finalement rien que lui-même.

En ceci on voit donc que l’universel de lui-même tire vers une plus grande possibilité (que n’importe quel bien déjà là). En ceci l’universel est donc à la fois ce qui réunit tous les biens réels trouvables dans un monde, mais également tout ce qui peut être produit d’un tel bien réellement efficace.

L’universel est déjà en soi la possibilité (qui n’est pas encore contenu dans ce monde, que l’universel donc ajoute) est déjà la possibilité d’un monde qu’il résume d’une part et que d’autre part il augmente.  

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Incarnation contre désincarnation

28 Juillet 2010, 19:21pm

Publié par zwardoz

Le monde sur lequel le sujet s’invente n’est pas le monde donné, n’est pas le monde connu (qui se référence des objets dans une intention). Il est le monde tel qu’il s’engendre de l’intention et de ses tissages ; et il n’est pas dicible ; il est « ce qui se dit », mais il n’est pas dicible en seconde main.

Il ne sera dicible à nouveau qu’en première main. Si le sujet est pensé psychologiquement, il sera plaqué sur un moi ; non que ce soit impossible, mais c’est dommageable ; que le moi puisse s’y croire au point d’anéantir son sujet dans une psychologie ne vaut que pour la psychanalyse ; qui comprise doit amener le moi à se parler soi comme sujet ; mais en un lieu, nœud, une vivacité spécifique à un-tel. Il est question alors de relever (surmonter, dépasser, amener sur un autre plan) la particularité qui le recouvre. Non qu’il ait à entrer dans l’universel, mais bien qu’il doit se transmuter en universel actif ; cad en sujet réel.

Qu’il y ait un sujet réel, on ne sait pas ; on ne sait où il se situe ; lui-même l’ignore dans la mesure où le démocratique consiste à ne pas savoir où l’on va, mais implique que l’universel soit délégué en et par chacun. Autant la philosophie pouvait prescrire ce qu’il en était de l’universel abstrait, de l’universel comme savoir ayant comme idéal la connaissance (qui furent déléguées aux sciences et aux pratiques normées, de droit ou culturelles), autant il est impossible au savoir (effectivement constitué comme savoir, et non comme connaissances) de déterminer « ce que peut le sujet » en son instauration historique (tout le 20ème).  Qu’il ne soit pas pensable, qu’il ne puisse pas subir une transformation, c’est l’impératif qui lui revient ; c’est l’historicité qu’il est devenu, que chacun est ; en ceci que chacun doit résoudre l’équation.

L’équation que chacun est pour soi-même ; non en ceci qu’il aurait seulement à démêler sa subjectivité, (ses contenus ou encore ses finalités dans le vécu ou ses identités dans le monde), mais en cela qu’il se doit d’être universellement. Non pas en se rabattant dans l’universel (comme lettre morte), mais en existant l’universel. C’est le pari interne qui se joue ; si le sujet existe, et qu’il existe dans un moi (et il faut défendre la constitutionnalité, politique, du moi-même, de son monde, pour que le sujet soit, au moins, possible), il est, le sujet-moi, l’activité même de l’universel en tant que concret (et non plus abstrait).

C’est pour cela qu’il croit pouvoir ou devoir se résoudre « dans le monde ». Le vécu (contingent, absurde, hasardeux, de nécessités et de causalités régulières ou particulières) n’est pas l’intention majeure, mais les dénivelés, parfois incongrus et idiots, de l’incarnation du sujet.

On peut dire ; de l’incarnation, parce que, quoi que l’on en pense, le sujet n’est absolument sans-rien. Il n’est en aucune manière lié par la causalité ; à condition qu’il puisse accrocher l’universel, et c’est de ne pas savoir cela (d’un savoir assuré) qu’il se fourvoie dans des considérations relativistes, qui tendent à le re-définir constamment comme chose, là, ou objet, non plus d’un savoir mais de connaissances objectives, et échappant à l’objectivité il n’en est pas pour cela une subjectivité ; le sujet dans le moi n’a rien à voir avec la subjectivité ; il en est l’inverse.

De même et donc inversement, le moi ne trouvera aucune porte de salut en dehors de l’universalité de son dû (constitutionnellement, en tous les sens du mots) et hors d’une mise en forme effective de son être. Ainsi l’universel doit être entendu de deux orientations ; d’une part une formulation, très connue, résolument abstraite et fondamentale cependant (comment en serait-il autrement ??), et d’autre part en tant qu’actif et incarné ; et cela laisse la porte ouverte à ce qui se tisse effectivement, et hors du ressentiment (à propos de quoi y aurait-il ressentiment ?? ), du nihilisme, du scepticisme, des contempteurs de malheur et du zélateurs du vide et autres être-pour la mort.

Le problème n’est pas que le réel ou le sujet soit négatif ; mais que tout cela soit absolument et intégralement positif, et d’une positivité telle que nous n’en sommes pas à la mesure. Autrement dit le sujet comme Moi se réfugie dans une négation, un repli qui manifesterait ce qui le resterait d’âme ou d’intériorité ou de subjectivité ; il tient à même ses rêves, mais qui ne mènent et ne fonctionnent nulle part en aucune réalité. Et tandis qu’on le balade comme de tels rêves (notre sociétalité produit une quantité considérable de rêves ; sociétalité parce qu’il s’agit d’une production continuelle de socialisation, marchande évidemment, mais pas uniquement), il ne parvient pas à mordre quant à son statut universel ; en tant que moi il n’a aucune légitimité sinon celle de sa subjectivité, vite balayée et emportée ; en tant que sujet il est le fondement de tout renouvellement de ce que l’universel d’abstrait doit devenir concret ; constitutionnellement (dans la déclaration de nos sociétés) et institutionnellement (en ce que les ou des institutions devront prendre le relais de l’universel individuel actif en des matérialisations efficaces universelles).

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L'anti philosophie n'existe pas

23 Juillet 2010, 10:19am

Publié par zwardoz

Il est curieux que tandis que les acquis philosophiques sont effectivement réalisés, dans l’effective historicité, la philosophie quant à elle prend ses envols d’anti et de négation voir de dégout de soi.

Sans doute d’aucuns, leur semble-t-il qu’ils n’aient plus de tâche à accomplir et que le concept se découvre impuissant à penser ce qui est réellement en jeu depuis que le réel soit lui-même advenu ; en tant qu’Etat et en tant qu’individualisation poussée en son être-même.

Il faut comprendre ; en tant que le sujet est enfin abouti en chacun ; de par quoi chacun est d’un vécu, doué, et qu’il a effectivement en charge de le gérer, cad de l’inventer. Ce qui fut fait (durant tout le 20ème ; c’est le sens même du 20ème que de porter l’individualisation).

Aussi on se demande bien ce que le concept, l’universel philosophique, l’esprit pourrait bien ajouter à qui que ce soit ; chacun est déjà, par lui-même, sa propre unification, et le concept en soi fait pâle figure en ceci que chacun est confronté non plus à des « idées », mais à des réalités ; que ce soit l’inconscient ou le salariat ou la volonté de soi ou l’expression adéquate, chacun est poussé à se créer en fonction de ces données.

On remarquera qu’en cela, les grands négateurs, contempteurs de la philosophie, ceux-là même qui s’en prennent au concept et à l’universel, explorent ; et de par cette révolte même, parce qu’elle leur ouvre les horizons du monde, et accompagnent effectivement, objectivement les devenirs strictement individués ; il existe une coïncidence absolue entre l’individualité libre et la révolte philosophique envers et contre la philosophie ; et de ces explorations il en est rendu compte… dans des discours difficiles, certes, mais cohérents et imprégnés d’une très forte intentionnalité. Non seulement la philosophie n’est pas en déclin, mais elle n’a jamais été à ce point précise, exacte, et absolument historique.

Les descriptions philosophes de l’être ici-même, ce point de vue la conscience de soi, larguée sur les bords du monde, au sortir de sa constitutionnalité (hégélienne), les descriptions de ce monde lui-même ( de Marx à Lévi Strauss, en passant par Wittgenstein) opèrent à partir du sujet-constitué ; (il existe un individu donné, mais le sujet est toujours de constitution, produit, fabriqué, ou créé).

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Positivité absolue du sujet et du moi-même

20 Juillet 2010, 12:08pm

Publié par zwardoz

Pour saisir ce qui est dit, il faut en passer par une distanciation constante ; l’évidence vaut que le sujet n’est pas le moi.

Or cependant le sujet est ce sur quoi est fondé historiquement le moi ; lequel est l’acquis effectif du 20éme, envers et contre tous les siècles qui précèdent. Fondé en théorie, philosophiquement, et fondé historiquement, par la constitutionnalité des sociétés en cours d’humanisation, fondé culturellement en ceci ; que chacun voit midi à sa porte, mais se permet d’offrir un point de vue privilégié, et en somme une résolution soit esthétique soit littéraire de ce qui peut être, et se saisit activement, comme il est saisi passivement, de l’universel.

Passivement le moi s’obtient de son sujet, il lui emprunte ce qui risque de n’être qu’un vêtement, trop grand ou trop petit ; mais qui revient dans le vécu et le pousse à être.
Dans le moi-même, le sujet (duquel le moi se tient) tisse par-dessous et poursuit sa propre trame ; le sujet est dans le moi les passages, les liaisons, les schémas au-delà des objets localisés sur lesquels la psychologie du moi se fonde. Ainsi le moi risque-t-il constamment d’être le jouet d’une stratégie tout autre que la partie de jeu qu’il croit incarner.

Activement, c’est au prix d’un décentrement ; il cesse d’être seulement soi et passe, selon la fine pointe de son Je, dans l’universel. Toute activité intellective est de ce sujet, la mort du moi-même et la naissance d’un universel existant, d’un universel concret, très hégéliennement. Il cesse d’être seulement soi, il n’annule pas le moi-même, l’identité ; il la transporte sur l’autre planification de l’être. Celle du sujet.

D’un Je qui est seulement un ego cogito ; qui donc délaisse l’égocentrisme, puisque le centre de son monde est devenu l’être-même, le vide, la surface vide ; ce que l’on ne sait pas remplir, ce qui demeure toujours vide. Si le moi-même n’est plus le centre du monde, mais que l’être devient le centre, le moi-même perd tout, qui ne se joue que d’unifier le monde « pour-lui-même ».  De là que tout moi-même, si il tente de se saisir de soi, passe dans les objets de son intention ; et de là que puisqu’il se tient des objets, il ne sait pas ce qu’il dit, étant profondément écrit dans les objets.

Pour cela, si, dans le moi-même, la réalité peut être dite, (ce qui ne changera pas les choses, les objets, les autres, les identités, etc), par contre pour le sujet tout signe ajouté change considérablement la nature même de ce qui est. Le sujet est ce qui joue avec le réel ; il a échangé son identité de moi-même, contre la faculté de jouissance de la modification.

De fait cependant, le sujet n’atteint pas la densité du centrement du moi-même, qui s’incarne dans le monde, qui est-monde.
Tandis que les modifications du sujet sont extérieures et abstraites, les objets et les choses du moi-même sont denses et corporellement existantes. Le moi-même peut parler autant qu’il veut, il ne parviendra que difficilement à bouger les choses-mêmes. Pour lui, le monde est signes, mais comme il est d’abord monde et « objets dans la réalité », ces signes sont incrustés dans l’épaisseur ; les mots commentent ou font partie matériellement du monde des réalités. Sans que soit annulée le moi-même comme centrement de ce monde, mais sans non plus qu’il puisse lui, le moi-même, se nommer, et nomination qu’il cherche dans des objets ; le moi-même est en somme l’unité formelle de diversités vécues, mais il ne le sait pas ; il croit faire-partie du vécu.

Le sujet à l’inverse, sait qu’il n’est pas ; cela le satisfait grandement.

La liberté du sujet dresse un autre plan, qui dessine par-dessus le monde, au-delà des objets ; il retient sa finalité et développe une autre surface que celle très particularisée de la psychologie du moi-même ; il conduit universellement (et ainsi pousse le moi à produire une universalité de résolution ; le moi lui est comme une équation dont la résolution est à découvrir). Qui concerne aussi bien le moi dans son vécu que le sujet dans son abstraction ; le sujet actif use du moi comme d’une expérience dont il, le sujet, n’est pas la limite ; il en est l’illimité.

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No retreat, no surrender

17 Juillet 2010, 01:05am

Publié par zwardoz

Toute enquête sur les a priori ou sur les limites du rationnel renvoie apparemment à un indécidable ; or le décidable, c’est l’enjeu même de l’intentionnalité.

Ce qui amène indubitablement les vieilles nécessités sur le devant ; notre être n’est pas seulement un inventaire de ce qui est ou pas. Notre être est en révolte achevée contre tout ce qui est tel que cela est.

La rage qui nous anime peut bien être couverte par des consolations ; il faut faire face. Nous ne voulons pas de ce monde, ni de cette vie. Et notre désir d’être est plus grand que ce qui est. Aussi n’est-ce pas dans le quiétisme de la connaissance, la satisfaction du désir ou la réalisation passagère que nous pourrions nous reposer, quand bien même la connaissance serait accomplie parfaitement. C’est notre être qui travaille tout ce qui est et tout ce qui nous tombe sous la main.

Que nous n’ayons aucun repos, cela doit alors être assumé ; et comme nous ne serons satisfaits de rien, il nous faut supporter cette aveuglante expatriation ; et c’est ici que rentre en compte notre nature ; serons-nous capables de supporter notre volonté ?

Il faut à cela la force et l’évanescence de celui qui ne plie pas ; oui, on luttera, sans rien oublier, ni du monde, ni de nous-mêmes. On tiendra les deux bouts et sur tous les fronts ; pour rien, parce que c’est de notre honneur, notre dignité de ne pas déchoir à nous mêmes. Et ici se penche la valeur ; ce que nous sommes, vaut-il de ce qu’il vit, ou vaut-il en soi ? Si l’on succombe à se borner seulement à ce qui est vécu, on s’abaissera à n’être que ce que l’on est ; alors même que l’on sera dans l’impossibilité de définir « cela » que l’on est. Peine doublement perdue.

Si l’on accepte une fois pour toutes que cela vaut indépendamment de tout vécu, de toute réalisation de toute réussite ou échec, on s’animera d’une autre volonté indépendante. Ça n’est certes pas ce monde ou quoi que ce soit qui s’y rencontre, qui tiendra mon âme en échec d’elle-même.

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La forme antérieure au moi

14 Juillet 2010, 22:52pm

Publié par zwardoz

Puisqu’il est claqué sur sa propre face, le moi-même, le moi de la personnalisation en cours depuis un siècle n’a plus d’autre recours que la foi en son vécu ; ce qui l’oblige, le pousse à placer en balance son vécu effectivement réalisé. C’est par là qu’on le tient, le monde, les autres, et tout ce qui s’y rencontre. Et c’est par là qu’il se réduit en esclavage. C’est contre quoi il rumine, mais qu’il ne peut lever ; puisque cette identité qui le cloue, c’est son identité non seulement en tant qu’identifiée, extérieurement ou objectivement ou hors de soi, mais surtout en tant que cette identité est l’intentionnalité qui se mêle de tout. Qui est « ce par quoi » les choses sont lues, écrites, imaginées, perçues ; tout ce dont on prend conscience et même tout cela qui se répand au travers de l’intentionnalité.

Il faut donc prendre l’intentionnalité comme étant « ce qui doit être maitrisé ».

L’intentionnalité est ce par quoi tout entre et tout sort ; et est notre seule présence au monde. Sans doute est-elle emplie d’objets, de finalités, de réalités visées, de stratégies, de totalités d’intentions ; ce qui parait disperser notre identité, mais non pas notre être.

Confondre l’identité de celui-que-l’on-est avec notre être, c’est choisir l’immédiate solidité du monde, contre la structure formelle. Mais donc il lui est tout également possible de trouver la forme-même de son être via et au travers de son identité, de sa personnalité, de son vécu ; la forme par-dessus les contenus ; puisqu’aussi bien le formel existe, en tant que fondement réel, en-deçà, en-dessous de tous les contenus.

C’est cette antériorité qui pré-existe à toute identité, qui permet le passage de l’identité (du moi-même) à notre être de pure forme, mais qui de ce fait n’est pas sans rien ; « puisqu’il me sera loisible de posséder la vérité dans une âme et un corps ».

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L'âme de la mouche

11 Juillet 2010, 18:46pm

Publié par zwardoz

De sorte qu’en chacun, il n’est aucun vain combat. Chacun est l’émergence de « ce qui se joue ».

Pourquoi ?

Parce que le sujet, laissé-là dans le monde, sur le sable, sur le bord du monde, vécu ou perçu, est la pointe émergée (enfin) de ce qu’anciennement on nommait l’universel, sauf que cette fois d’être abstrait, cet universel est devenu ce qu’il est. Aussi est-ce nanti des pouvoirs de sujet que Chacun doit se débrouiller.

Les chacuns ne sont pas aptes de par eux-mêmes, tels que « là », à se saisir de l’universel qui les anime ; tout chacun va chercher à déterminer son désir, en attendant de le réaliser comme vécu. C’est le vécu comme réalisation idoine de soi qui devrait livrer la solution de mon être. Or on constate facilement que bien peu de vécus donnent la vérité ; ils sont plutôt abandonnés à la contingence, à « ce qui arrive » ou à de grandes nécessités qui leur en imposent. Sans doute aboutira-t-on plus ou moins à concrétiser « qui l’on est » de cette personnalité reçue ; reçue de toutes les diverses influences possibles et imaginables dans un tel monde. Le vécu formulera de plus en plus exactement le résultat de l’équation personnelle que l’on est. Et l’on nous convainc qu’il n’est de vivre que sa propre destinée.

Que l’on compare ce vécu seul réaliste, à l’idée d’âme anciennement entretenue ; ce qui se jugeait s’étendait au-delà de ce qui est ou non réalisé de soi. Il existait un soi-même porté sans doute devant le tribunal du Jugement, mais qui dialoguait avec sa supposée essence ; on disposait d’un regard extérieur sur soi et l’on existait ce regard même ; jusqu’à une certaine limite nous étions livrés au monde, mais au-delà nous retentissions d’un devenir qui n’était pas un destin.

Il ne s’agissait pas tant de se penser hors de cette vie (ce qui nous coordonnait à des suppositions dont l’efficace ici même n’était pas très assuré), mais d’obtenir une plongée dérivée et d’une objectivité qui supprimait notre subjectivité, notre personnalité, notre dépendance, toutes ces dépendances qui nous attachent au monde.

Dans cet interstice l’âme parvenait à une fonction de Sujet. Pourquoi ?

Parce qu’existait un dia-logue ; une double entrée qui nous délivrait de la dépendance au monde. Depuis que cette âme est supprimée, notre face se claque à même le monde, comme d’une vitre de la mouche.

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La non vanité du moi-même

7 Juillet 2010, 16:26pm

Publié par zwardoz

Les irrationalismes

Les irrationalismes sont issus de la faiblesse de l’universel classique ; lequel consistait à installer l’expression maximale en sa cohérence. Ce qui n’avait pas tant pour effet de connaitre la réalité ; les sciences s’y emploieront mais les sciences s’intègrent elles-mêmes dans un projet et donc une intention, même si effectivement ces sciences parviennent bien au-delà de cette intention ; elles dépassent le cercle pérenne dit de l’Etre. Le projet de cohérence instaurait surtout la cohérence pour seule règle globale et comme lien entre des sujets absolument abstraits et fonctions d’un discours, d’un texte (y compris constitutionnel ou contractuel), et règle filant son développement indépendamment de toute angoisse ou de tout désir non rationnel.

Comme cette cohérence est complète mais ne recouvre pas le vécu et comme le sujet instauré par le discours reste sur le sable, c’est en tant que sujet qu’il découvre le monde et le monde du vécu ; sans que ce monde si manifeste soit lui-même repris dans une parole. Le discours cohérent est abstrait, il ne traite pas du vécu et ne peut pas intégrer ce qui soudainement se découvre à partir de ce point de vue si original, et qui se révèle originel, du sujet.

De là un rejet global et si percutant de l’universel et du grand rationalisme classique. Le sujet, délaissé sur le bord du monde réel sera marxiste, freudien, nietzschéen, heideggérien, structuraliste, lacanien, etc. ce à partir de quoi il interroge le monde, l’inconscient, le perspectivisme, le sol de son être, la multiplicité des réalités dans leur pluralités ordonnées, en reste pourtant malgré tout cartésien ; le grand sujet classique qui noue la volonté (l’intentionnel) et l’entendement (l’intellectualité de la cohérence). Ce dont on n’a pas encore questionné exhaustivement.

Chacun est ainsi ce Sujet ; ne serait-ce que de par son statut (démocratique d’Etat, cad constitutionnel), mais aussi en et par son identité même ; chacun, tout-chacun doit se définir ; c’est un impératif qui vaut pour-soi-même en premier lieu. Il est en ce devoir-être ; là où il se prononce, est le creuset de son vécu, de son identité, de sa personnalité, de finalement son être.

De sorte qu’en chacun, il n’est aucun vain combat. Chacun est l’émergence de « ce qui se joue ».

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