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instants philosophie

Le bord du réel

31 Août 2014, 10:38am

Publié par pascal doyelle

Pour résumer, on dira donc que l’invention grecque a consisté à montrer, exhiber ce qui existait déjà dans les mondes humains particuliers dispersés, soit donc la structure-conscience, laquelle était seulement jusqu’alors une fonction à l’intérieur d’une élaboration synthétique (réunifiant le donné là localisé et la présence à soi de tel ou tel groupe humain, qui se symbolisait, se représentait en telle culture de tel monde), et laquelle fonction s émancipe et s’impose comme pivotement unique de n’importe quelle acculturation qui suivra.

Comme il s’agit de notre être réel, la structure- conscience (qui donc existe indépendamment de la cervelle et des divers contenus, des divers mondes humains, de diverses personnalisations), elle se retrouve tout aussi bien par les chrétiens (qui effectuaient une réflexivité à l’intérieur de la réflexivité judaïque qui inventât le dieu un), mais également étant structure, elle ne se limite pas à la philosophie mais se produit comme esthétique, éthique, politique, idéel (mathématique par ex), et plus généralement cette structure qui ajoute à tout langage et à tout groupe humain, fondée qu’elle est sur cet être de conscience qui n’appartient à rien ni à personne, ajoute donc plus généralement une acculturation.

Le monde en-dessous

Puisqu’elle est en cette structure qui est un être-réel, c’est la tension qu’elle provoque sur le Même monde donné là, celui qui existait en-dessous (si l’on peut dire) de tous els autres mondes humains ; pareillement ce qu’elle exhibe c’est notre-être, lequel est identique en-deçà de tout groupement humain, en quelque culture que ce soit ; et c’est ce sol intégral (notre-être plus le monde donné là) qui dorénavant va se développer.

Puisque c’est fondé sur le mécanisme de base (qui s’est extrait de tout monde humain particulier et qui est réellement et effectivement une structure réelle agissante), cela élabore un tissage intentionnalisateur ; qui ne tient, n’existe, ne se produit que s’alimenter de sa propre tension interne (interne, à la structure, et non pas intérieure, ce qui désignerait encore une sorte de « contenu » qui recélerait ordre, sens ou raison ou vérité telle un corpus). La tension interne est agissante, puisque la structure n’existe que telle ; elle est opérative et crée les intentionnalisations ; formulant une machine intentionnelle par-dessus les groupes et les langages.

Or la tension interne ne joue effectivement que si elle abandonne les contenus au fur et à mesure, les vérités, les systèmes, les acculturations ; son seul objet est le réel. La tension qui sort de la cervelle vers le réel. Tension qui ne se retrouve plus dans quelque contenu que ce soit. Et qui est confrontée au donné là (soit la réalité, les réalités, et d’autre part le réel structurel, cette surface vide par quoi l’arc de tension prend appui sur le « là » indescriptible du réel, cette position).

La philosophie produit des contenus électifs qui viennent harponner la réalité et le réel. Les réalités dans leur état de choses telles que là (relativement au monde donné en-dessous et non plus imaginées, ce qui veut dire prises en des synthèses localisées dans des mondes ou des groupes particuliers) et le réel comme articulation fondamentale (et unique) de notre être.

La restructuration de l’interne de la conscience en sa structure

Ce qui signifie donc que c’est notre être qui est éprouvé, décrit, mais aussi engendré de son activisme lui-même ; la philosophie, tandis que dans les autres devenirs intentionnels c’est l’opérativité de notre être qui propose ses contenus hypertrophiés, la philosophie est donc la technique qui appréhende cette technologie engendrée par le donné là, par la « nature », par le là de la réalité-réel, cette technologie, notre-être, qu’elle nomme, décrit, augmente, étend, intensifie, densifie non pas seulement notre réalité (puisque cette réalité se produit suite au développement de notre-être isolé des groupes et des langages), mais qui élabore en interne de cette structure, qui crée cette structure elle-même ; la philosophie veut isoler notre structure là où elle agit (puisque c’est son être même d’agir, étant réflexivité, cad report incessant vers le réel) mais alors elle agit cette structure et comme celle-ci est réflexivement, ce qu’elle « dit » d’elle-même, ce ne sont pas des mots, mais des rapports lancés dans le réel.

Par conséquent ce que l’on « pense », on l’existe ; puisque la « pensée » ce ne sont pas des « idées », mais des extensions, intensifications, densifications de la structure (dans les réalités du monde donné là et sur, vers et dans le réel positionné effectivement).

Comme cette structure-conscience est un être réel, cette navigation-engendrement dans la structure modifie physiologiquement, si l’on peut dire, le réel même de notre être ; c’est une modification dans la structure même qui eut lieu (et a lieu par exemple en et par chaque personnalité). Recherchant la résolution concrète selon le monde et les réalités, et structurelle (cad méta concrète) selon le réel.

Évidemment cette modification de la « substance » même, de ce qui est le plus exactement et précisément notre-être, n’est pas magique, éthérée, idéelle ; la structure ne peut pas être jugée selon une modification du monde (ce qui ne veut pas dire qu’elle n’a pas d’effets, puisqu’elle en obtient de considérables effets dans la détermination même), mais proposant un réseau en plus de toute humanisation ou de toute mondanéité, elle se sait par ce réseau (qui n’a aucune autre point de référence que lui-même, soit donc la philosophie.

Les bords de ce qui est

Ainsi l’idée de l’être est absolument la marque, le repère, la cartographie d’un déclenchement structurel, qui étant réflexivité se dit tel, ne ment pas, ne dissimule rien du tout ; cela se donne nu et tel que cela s’auto perçoit ; mais comme cela, cette description se situe dans le structurel même, il est impossible de recomposer cette description autrement que selon cette description même ; on ne peut pas parler, penser au-delà de l’idée de l’être grecque, de la réflexivité infinie chrétienne, du cogito ou de la conscience husserlienne ; pour penser ce qui se montre tel, (et qui est l’ultime à partir de quoi tout le reste s’engendre, il n’est rien, rien du tout en deçà ou au-delà, ce sont les bords du monde, du donné et qui se tiennent en tant que bords)il faut produire une ré-intensification, une nouvelle extensivité ou une hyper densification (ou d’autres encore, un jour), qui puisse penser, ce qui veut dire réfléchir, renvoyer encore plus loin, mais renvoyer au niveau même par lequel « cela », ce mouvement se situe ; on ne peut pas interroger l’idée de l’être, de la réflexivité chrétienne ou du cogito, sans se placer au même niveau, sur le même Bord unique du Réel.

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L’idée de l’être et la dévoration actuelle

27 Août 2014, 09:08am

Publié par pascal doyelle

L’idée de l’être et la dévoration actuelle

Le vivant se rend le milieu intelligent, un vivant est son adaptation à tel milieu. La cervelle déploie intérieurement son milieu propre et c’est cette reproduction que la cervelle exploite autant qu’elle peut. Dans la cervelle survient une articulation qui sort de celle-ci et tend vers le donné-là, de sorte que l’information est retraitée par l’articulation en se rapportant à la cervelle et son pseudo milieu, mais l’articulation s’émancipe et vaut pour elle-même de sorte qu’elle élabore un réseau en plus de la cervelle qui est non plus fondé sur le stockage intérieur mais qui s’élabore dans son activité même, ouvrant la dimension de la réflexivité au sens propre qui tisse en plus donc une machinerie dite intentionnelle ; laquelle est l’actualité.

Cela vise à accélérer le traitement de l’information dans l’actualité même (et non plus dans le pseudo milieu qui lui-même déjà remplaçait le milieu naturel du vivant). On assiste donc à une réflexivité à l’intérieur de la réflexivité de la cervelle précédente, qui aboutit à l’accélération de l’actualité même du monde, tel que donné « là ». il ne s’agit lus du donné-là (le monde perçu, parlé, échangé, toujours à fondement particulier) mais du donné « là ».

Par le « là » est désigné à la fois l’actualité et la dimension même de ce qui est ouvert. Etant donné la quantité d’informations qui sont disponibles dans le là, il est requis un mini mécanisme le plus simple et le plus performant possible ; un mécanisme qui en tient à rien et est seulement le report de lui vers lui-même dans sa pure fonction unique. Unique puisque chaque actualité n’est de fait redevable qu’à elle-même ; c’est en un sens l’actualité (de ce qui se passe, de ce qui arrive, de ce qui a lieu, de ce qui a effectivement et réellement lieu) qui prend conscience d’elle-même ; sauf qu’évidement il faut un « être », un être-réel qui en tienne lieu (du lieu) et qu’alors cet être est assujetti à « lui-même » ; l’individué radical est le rapport ayant lieu actuellement et qui se désigne lui-même en tant qu’idée de l’être. $

Contrairement à ce qui se pense habituellement, l’idée de l’être est l’actualité absolue qui réclame son dû. Ce qui se désigne comme éternité de l’être, omniscience ou toute puissance ou pensée totale ou système absolu, etc, est l’appel dans l’actualité absolue de tout ce qui est en une fois présente. Et présente ici et maintenant ; l’articulation, la réflexivité, l’actualité radicale est « ce qui refuse de se soumettre » à quoi que ce soit et qui abonde dans le sens unique d’un présent ici même, ici et maintenant. La convocation de tout dans l’instant unique du réel.

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L'instantanné

24 Août 2014, 14:01pm

Publié par pascal doyelle

Un seul Instant de temps, mais jusqu’où s’étend –t-il ?

L’idée de l’être est l’Actuellement Réel.

Un seul Instant de temps qui déroule tout ce qui est.

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La vérité du second degré d'existence

23 Août 2014, 09:12am

Publié par pascal doyelle

Si notre être est une structure, elle est ici et maintenant. On peut supposer qu’ailleurs et autrement elle se continue ou surexiste ou se métamorphosera, mais cela on n’en sait rien et c’est objet de croyance ou non.

Mais que notre être soit une structure veut dire qu’elle n’est pas une vérité, un contenu, un Sens, ni un manque, ni encore un donné là naturel, ni donc ne peut faire l’objet d’une connaissance, au sens strict.

Que notre être soit une structure par contre signifie qu’il peut être objet d’un savoir ; la différence entre le savoir et la connaissance, consiste en ce que le savoir se réalise (comme savoir) tandis que la connaissance demeure extérieure au connu.

C’est ce savoir (de notre être) que donne à voir la philosophie depuis le début ; évidemment il s’exprime techniquement. La raison en est que notre être est structurel, il ne contient pas de Vérité, il « est » la vérité ; ce qui signifie qu’il est le réel, notre être réel au détriment de tous les autres qui sont imaginés, irréels, rêvés, ou emplis par un ceci ou un cela. Inutile de lever les bras au ciel, (quant à la prétention que cette hypothèse impose), parce que notre être tel, structurel, ne contient rien sinon de montrer, d’exhiber la structure. La technicité de la description de notre être revient à cette technologie suréminente que la « nature, le donné, le là » inventent comme « conscience », ce fait structurel étrange et autre. On ne peut pas la décrire comme on énoncerait du haut d’une métaconnaissance la Vérité, qui se donnerait là comme monde, comme corps ou comme identité synthétique du moi, mais on ne peut que montrer la structure en œuvre, agissante, en tant qu’elle ajoute à tout une machinerie intentionnelle qui n’appartient à rien.

Le second degré

Qui par ailleurs peut être imaginée en telle ou telle croyance, cela n’importe plus dans la mesure où par la philosophie, et par la réflexivité atteinte en général, l’humanisation passe au second niveau, au degré second, à la puissance deux ; elle décrit la forme.

L’exemple manifeste est celui de la liberté ; on est libre et ensuite on se choisit ou on s’invente, peu importe les contenus et tout contenu élu ou inventé doit au minimum respecté le libre comme structure, sous peine de se contredire, de cesser d’être ; que l’on pose comme premier et inaliénable la liberté d’une part impose un système de fait formel (choisissez votre contenu) qui existe en lui-même et doit être décrit et explicité en et pour lui-même (indépendamment des vérités), et d’autre part n’annule nullement qu’il y ait de la vérité, il n’y a même des vérités à foison , il n’y eut jamais autant de vérités depuis que l’on a inventé la liberté ou inventé la vérité comme principe (sans contenu). Ceci, ce mouvement, hausse l’humanisation à un rang second qui vaut en et par soi ; formellement.

Ce qui écarte évidement la violence ; si tout est affaire du libre comme système formel, il ne sert plus à rien de tuer et autres divers massacres imbéciles (et il devient absurde d’exploiter, puisque l’on va tirer du travail humain des finalisations immédiates qui retourneront dans le monde, dans les « richesses » physiologiques, à fondement du corps, du moi, d’une synthèse immédiate quelconque ; les richesses accumulées abusivement puisqu’elles ne se destinent plus au libre lui-même, retournent dans le monde et en pure perte imbécile). Parce que ce qui se conquiert par la violence impose de redescendre en deçà du niveau exigible, alourdit et abaisse la réalité, toute la réalité, plie la structure vers son ignorance en présentant que la réalité est ce corps, cet intérêt, ce monde donné là particulier : or si le second degré est en-plus, on ne sait pas du tout par quoi le remplir …

la facilité et le difficile

Le monde et ses intérêts sont faciles, la lourdeur des réalités s’impose d’elle-même, la capacité hors du monde est non évidente et doit être inventée. Et nier qu’il y ait un second degré de l’espèce humaine, nier l’universel ou la vérité formelle, la liberté ou le sujet revient à plier bêtement la réalité, à la recourber vers le donné là, à remplir le vide du second degré par des finalités mortes, à justifier le particulier et la facilité.

Ainsi le libre est en lui-même un système (et non pas n’importe quoi, ni un système formel sans rien du tout) ; le système est de par lui-même réel et actif ; il se déploie en se sachant (même si ce savoir n’est pas immédiatement connaissance mais c’est ce sa-savoir qui engendrera d’éventuelles connaitres ; on a beau jeu de transformer les énoncés hyper actifs en énoncés plats, le système formel s’énonce évidemment dans et par le monde, les mots, etc, mais en tant qu’échappées hors du monde, hors du mot, hors des corps ; créant une élaboration surajoutée à l’énoncé, qui n’est compréhensible que si l’on se hausse soi-même dans le second degré, cad dans le rien). Le libre est l’essence même, « remplace » qu’il y ait une vérité (unique et totale) et ce dans les faits eux-mêmes ; se vérifie donc ceci ; que la liberté est réellement ce qui (au travers et par quantité de vérités, de choix et d’inventions) se vit. C’est la substance non substantielle.

L'inventivité structurelle

Le plus étonnant en ceci est que par exemple les règles de la démocratie se sont inventées par l’expérimenté lui-même ; les théories ont été transportées et réélaborées dans l’historicité elle-même ; la structure est ce qui invente le structurel, on y reviendra (parce que cela signifie que le savoir qui n’est pas une connaissance et cela parait absolument contradictoire ; on agit tout en ne connaissant pas ce que l’on fait, mais on est agissant quand même et cela élabore un système strictement lui-même agissant et on ne peut pas dire que l’action, l‘activisme ait manqué depuis deux siècles). Et cela vaut aussi pour les mois, les personnalisations ; ça se "résout" ou pas, selon les modulations existentielles, ontologiques, ce qui veut dire selon le, les statuts du corps.

Bien sur ce système formel se rêve lui-même au début comme un Contenu, absolu, une sorte de contenu qui résumerait tous les autres ; de même la scientificité ici ou là croit encore qu’elle appose la vérité en soi et en elle-même telle quelle ; alors que la vérité de science (qui est tout à fait valide en son lieu et temps) est elle-même en ce système formel qui empêche que par la science on puisse annuler le libre ; que la liberté admette et applique telle ou telle vérité, est autre chose et revient à l’accès de ces libertés aux connaissances ; mais cela signifie donc que le plan de la science est lui-même compris, com-pris, dans une planification plus vaste ; celle qui se-sait, celle de notre être (de son savoir qui est ignorance mais ignorance agissante).

Que le savoir de la philosophie ne soit pas connaissance n’implique nullement qu’il ignore la connaissance ; la philosophie a lancé, propulsé outre l’idéal de l’homme comme être connaissant (sous les auspices de l’être de l’homme comme Pensée), quantité de sciences possibles ou probables ; le savoir, qui se déploie initialement comme savoir de cet être-structure (la réflexivité grecque puis cartésienne pour résumer). Le savoir qui se maintient au niveau de la structure ; de là que pour se repérer dans l’historicité il faut repenser constamment les marquages philosophiques qui expriment, exhibent la proximité radicale ; la philosophie est la réflexion sur ce qui arrive à l’humain, soit donc est la réflexion sur la réflexivité.

Badiou

Or cela ne signifie pas que la philosophie soit au « carrefour » des possibilités ; Badiou ne peut pas penser, admettre qu’il y ait un « être » qui surgit, et il organise sa pensée en fonction d’un contenu électif ; la Vérité (amenant une fois de plus qu’il y ait une Vérité). Une vérité annuel n’importe quel être réel ; et ce qui est apparu (cad ce qui s’est re-présenté, porté à la conscience « là » exprimée), c’est un être qui vaut en tant que tel et est un et réel tel quel.

Bien sur de continuer de porter la Vérité est protecteur et permet d’avancer que l’on peut s’entendre sur ce qui est vrai et ne l’est pas ; mais outre que cela est indéfiniment sujet à cautions, ça ne permet pas de définir cet être réel qui existe ; ça passe outre qu’il y ait un être formel et réel agissant. De manifester qu’il y ait un être réel (et non une vérité), renvoie effectivement l’accord sur une vérité impossible, mais peu importe puisque cela autorise qu’il soit pensable (sous la formulation d’un savoir et d’un agissant) un être qui précède toute vérité ; en cela la disposition de la philosophie n’est pas du tout différente de celle des sciences ; elle décrit cela qui agit et puisque c’est un être qui agit (une structure qui se surimpose à tout contenu, qui dépasse tout langage pour une élaboration intentionnalisatrice empirique, au sens d’expérimentation du réel), c’est cet être qui se modifie lui-même de par la réflexion qu’il crée sur lui-même ; on ne peut pas philosopher sans penser ; sans (se) réfléchir comme structurel, que l’on nomme par là le détour de la Pensée ou la conscience de soi (de soi comme conscience et non pas comme « soi », qui en est seulement une figure).

Or tout ceci est un second degré d’existence et non pas un système de pensées, cela s'existe comme structure agissante qui interagit avec ce corps même, la perception, et tord tout le reste (humanisation, langage, mondes humains particuliers, mois synthétiques, etc). La question demeure ; ce corps, le nôtre, est-il capable de supporter l’étrange être de conscience, cette forme ?

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La racine réelle

20 Août 2014, 16:06pm

Publié par pascal doyelle

On voit bien que ça traine, quand même, ça traine alentour du (sujet).

(celui qui est et n’est pas :-) )

Ça traine depuis Descartes au moins, mais les grecs aussi ça les turlupinait. Ils se demandaient bien mais comment faisons-nous pour être-libre ? Qu’est-ce que c’est que ça « penser » ? Pourquoi ça nous arrive ? Etc.

Ça traine depuis Descartes, de ce que cela s’est précisé radicalement en une fois (pour toutes), c’est continué par Kant et le sujet transcendantal, par Husserl et la définition enfin que notre être est « de conscience », jusqu’à Sartre de ce que notre être est conscience-de.

Entretemps cet être voulut s’inscrire en et par lui-même selon Nietzsche, ameutant une totalité de la détermination en général comme monde de la volonté surpuissante et ne rendant compte qu’à elle-même (cad à rien, à la forme pure et simple) mais aussi cela a voulu se savoir en son « lieu », là, où nous sommes, non pas le monde, mais le lieu en lequel se produit notre être, soit donc l’être même, par-dessous ou au-delà on en sait pas, la réalité telle qu’ontologiquement détourée par cette structure que nous sommes (notre structure révèle l’être en-dessous du monde, ce que veut « Etre et temps » nous montrer le lieu ontologique) et heideggerienement rassemblée (mais on ignore comment et par où); le lieu étrange qui ne se révèle que par l’activisme de conscience.

Et bien que l’on ait tenté cent fois de renommer cette structure, il faut revenir sur son acte pur de conscience-de. Husserl est sans aucun doute la clef, mais l’aberration qui nous tient consiste à croire encore (comme lui-même) qu’il découvrait là un contenu essentiel alors qu’il exposait une structure vide, sans rien, mais formelle ; le rien ou ce que l’on continué de qualifier tel depuis au moins Hegel et la négativité qui tout en boulait le discours, comme néant, est bel et bien vide, mais en tant que formelle. La forme est tout, non pas la totalité (de quoi serait-elle totalité ? de ces amas de ces conglomérats, y compris ces mois bricolés ?), mais la forme est el Un qui préside et envoie tout ce qui est.

Il n’est qu’un pas entre la Pensée et la conscience, mais il fut longuement franchi. C’est par là que ça pense, que ça outrepense ; le un plotinien qui clôt la pensée ancienne et prévoit déjà le un chrétien, suréminent (que l’on nomme éventuellement dieu).

La philosophie pour une part, et en son essence même, consiste donc à approcher le un suréminent qui est impossible ; puisque c’est notre être qui est apparu (au sens où il fut amené à se re-présenter et à rendre actif analytiquement ce qui se jouait synthétiquement autrefois), et comme la philosophie est la réflexion sur cette apparition, (réflexion sur l’activisme réflexif formel qui éclot au travers des mondes humains particuliers et lance le monde unique universel relatif à cet être-même qui est nôtre, qui impose donc un seul monde à partir de la structure unique qui couvait sous les mondes divers), ce qui se décrit, se vit, s’invente et se crée élabore au fur et à mesure notre structure telle qu’existante.

La philosophie est donc l’introduction à « ce que nous sommes », à cette structure minimaliste, un rien du tout, un fétu de paille, un creux, et il devient ainsi possible d’user de la philosophie pour amener au jour et exister la structure abyssale non plus en la subissant mais dans et par son activisme forcené.

De toute manière (quoi que l’on fasse ou pense) c’est ce qui se passe. On est déjà cette structure ; on existe déjà au bord du monde (tout moi, cad chacun, est déjà à la limite de lui-même, dans son dynamisme épuisant, et parfois épuisé ; la structure est-elle supportable par un corps ?). Littéralement et dans tous les sens. Dans tous les multiples sens. Puisqu’il est de la nature même de la structure de se réaliser indépendamment en quantité de déversements dans le monde, en bien effectivement des réalisations, des rendus matériellement réels. Ce qu’est un corps, comme rendu matériel, entre autre mais essentiellement pour chacun. « Ceci est mon corps »

La structure est suréminente non de se conférer on ne sait quelle totalité (qui n’existe nulle part), mais de ce qu’elle revient incessante telle que une et formelle ; la prééminence du un est de cette sorte là ; le un n’a pas besoin de former un tout pour exister, c’est pour cela qu’il revient sans cesse identique absolument à lui-même ; vous êtes la même conscience qu’il ya vingt ans, et pourtant tout à changer ; votre conscience est absolument identique à toute autre conscience (et de là qu’une conscience animale s’approche profondément de la conscience « humaine », humaine entre parenthèse parce que l’on ne voit pas que cette structure soit « humaine » … l’humain et la personnalisation seraient bien plutôt des effets).

La structure (de conscience pure) est donc ce qui relance le monde, le donné ou le vécu. Ça vient en-plus et cela commence de recréer le donné là, ça éjecte puissamment hors du localisé, mais cela s’incruste radicalement, comme si par la structure qui apparait, s’existait soudainement un autre plan ; un réel sous les réalités. Inutile de chercher à caractériser ce réel comme si il s’agissait d’un autre monde sous le premier, c’est autre chose que le monde que n’importe quel monde et peut-être que n’importe quel univers (à supposer qu’il en existe des tas, d’univers). Quelque réel surgit, là, qui n’appartient à aucune réalité.

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La possiblité d'exister individuellement

18 Août 2014, 15:50pm

Publié par pascal doyelle

Individué et psychanalyse.

Si notre être est formel, si il existe formellement, il est indéfiniment possible de se récupérer ; autrement dit rien où que ce soit ne peut l’abattre.

Rappelons que notre être, la structure, la conscience, surgit invariablement de la cervelle et que c’est cette structure qui nous constitue comme étant le « je » de « je suis un-tel ». il se trouve que l’on est un-tel, oui, bon, quelle importance ?

Partir donc du point de vue que le moi, la personne que l’on est, est un moyen. Un moyen donc ne d’autres fins.

C’est e qui agitait a contrario par personnalisation négative pour ainsi dire (de même que l’on dit par théologie négative), l’aperception de soi lorsque l’on pensait selon l’universel. Depuis Descartes on ne se pense autrement que via l’universel ; ce qui ne signifie pas que l’on s’en passe, mais que l’universel acquis et surtout acté, est devenu le moyen d’autre chose que de lui-même ; que le libre est antérieur à la vérité (ce qui relativise la vérité mais par rapport à un être qui n’est pas relatif, qui est, tel quel, un Réel).

L’universel nécessitait une conversion du sujet à peine effleuré vers plus grand que soi ; la vérité ; la vérité de tous et pour tous, égale. On n’y était libre que dans l’application abstraite de l’énonciation du vrai (quant à l’être, mais par être il fallait entendre la pensée elle-même). Par Descartes s’(ouvre l’inapplicabilité de l’universel à chacun, ce qui ne relègue pas dut out chacun dans l’infra, dans le subjectif, mais signifie que chacun a la possibilité (au moins) de s’acquérir soi comme foyer incandescent ; évidemment le discours qui rend compte de cette incandescence structurellement individuée est un discours universel, (il parle pour dire le fait de l’incandescence), mais il ne sait pas et ne peut pas s’appliquer à chaque incandescence ; c’est chacun qui se monte elle-même à être, ou à exister, ou à se vouloir, ou à s’angoisser, ou à détruire son moi ou à exposer en plein vol, etc.

N’étant pas universelle l’énonciation en question (celle qui rend compte de l’incandescence de chaque conscience à part de tout) est dite une règle. La pensée réglée est celle qui se prédispose à renvoyer à chaque conscience de soi comme conscience, et a pour nom Kierkegaard, Nietzsche, Husserl, Artaud, etc, qui l’on voudra qui manifeste l’énormité de l’acte de conscience (de soi comme conscience, comme structure, comme point existentiel ontologique, comme Réel, etc).

Et puisqu’il faut le dire, puisqu’apparemment ça ne se voit pas tel, il est clair que l’expérimentation psychanalytique est elle-même cette attention soutenue envers l’articulation même que chaque conscience (étant un tourment structurel in-défini et s’inscrivant comme centre réel radical, cad à la racine, il n’y a « rien » antérieurement à cet être), l’expérimentation psychanalytique est donc elle-même un des mouvements, une des hyper agitations qui secouent le sujet.

Rappelons que le sujet obtient trois formules ; le sujet fondamental (abstrait et parfait ; cartésien, qi se décrit, point et c’est tout, il est unique et à jamais suspendu dans son doute-cogito-infini-étendue-corps, non réplicable), les grands sujets à sa suite qui essaient de saisir la structure qu’ils sont et puis les deux bifurcation ; le sujet qui s’absente de la science (qui fait comme si il n’existait pas) et le sujet qui s’ignore (et croit se connaitre comme « moi »).

La psychanalyse consiste à creuser là où s’est incrustée la conscience, cette structure qui surgit telle quelle en Chaque Cervelle ; littéralement. Et qui faisant face à son autre absolu, le réel, s’inclut comme Corps (ce qui fait beaucoup de majuscule, mais chacune est la marque d’un « cela » réel effectivement là). Autrement dit de «prendre conscience » ça ne se fait pas tout seul ; c’est un corps qui prend conscience (de) soi. Un irremplaçable corps.

Il est donc absolument faux de croire que par conscience on désigne là une sorte d’abstraction ; ça s’existe du corps et chaque fois de ce corps là, pas d’un autre ; c’est incrusté dans un et par un corps, (conscience désigne le retour sur lui-même de ce corps via la structure de conscience surgie dans cette cervelle, qui a marqué le corps du langage, mais au-delà de cela qui a réinscrit ce corps dans le donné là monde, de sorte que l’on aura beau s’échiner à saisir comment cette personne là existe, elle « est » cette existence même ; le langage ne nait pas autrement que comme moyen d’une structure de conscience ; le langage est ce qui se rabat sur le corps donné là dans/comme monde, inutile de chercher à faire naitre la réflexivité d’autre chose que d’elle-même, parce que tout est déjà réflexivement, déjà une articulation, laquelle s’incruste comme corps-qui-se-sait). Il faut donc remonter le moment et le lieu en lequel le corps s’est « su ». Évidemment ça s’impose on ne sait où ou comment ; c’est un retour sur l’origine qui ne peut s’accomplir intégralement puisque de s’incruster en tel moment et lieu et morceau du corps, ça présuppose déjà l’articulation de conscience qui elle n’a pas d’origine ; elle surgit de la cervelle, point. Ça se déclenche occasionnellement, occasion qui va créer telle identité et telle personnalisation, ce qui est essentiel pour le moi, mais adjacent pour la structure de conscience même.

Par contre ce qui se déploie en et par la structure est essentiel tout court en ceci que cela offre à toute personnalisation, toute personne, la possibilité d’exister ; ce en quoi on peut alors recourir à tout le savoir (le savoir structurel pas la connaissance extérieure) accumulé dans les descriptions des grands sujets et tout autant de remonter dans l’afflux formidable des structures antérieures qui se dénommées universelles ; puisque l’être de conscience est ouvert intégralement se saisir ou être saisi de l’universel jusqu’à Descartes comme des sujets post cartésiens (et évidemment, antérieurement aux grecs, de toutes les réflexivités en quelque monde humain que ce soit, qui furent articulées, lancées vers le réel, vers et par l’activisme forcené de notre structure, de notre être).

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Le monde désagréable des mois

16 Août 2014, 09:05am

Publié par pascal doyelle

Tout moi, toute personnalisation est une construction ; chacun n’est pas une identité éternelle ou destinale, mais n’est pas non plus seulement un conglomérat bricolé d’éléments épars ; il est vrai que tout moi est une sorte de bricolage absurde, mais en même temps tout moi se tient de son image-idée, ce qui signifie de son Sujet, tout moi se saisit (au deux sens) de son sujet ; de sorte que tout bricolé qu’il soit, le moi est une construction activiste ; il est la potentielle résolution du devenir ; à savoir ; comment un corps peut-il supporter cette puissance abominable du mécanisme de conscience ?

Ça n’est pas évident ; il se peut que le corps ne soit pas capable de supporter la puissance du mécanisme, qu’aucun corps ne puisse admettre la charge et l’exigence du sujet en un moi. Que le moi soit un sorte de moyen terme qui vise à acclimater la puissance en et par un corps, et il n’est pas dit que ce corps y suffise.

Bref.

Il se peut également que l’on soit incapable de relever le défi de cet être. Tout moi adorerait se lover dans son identité, toute monde humain se replie sur lui-même, tout groupe s’entretient entre soi, ignorant le reste du monde. Ce faisant ça n’est pas seulement la possibilité (de dépassement) qui est abandonnée ; le mécanisme n’existe que mouvementé. Figé, il continue de travailler mais à rebours. Il s’enfonce, s’effondre, se crève de sa propre morsure ; il se travaille en pure perte et démantibule le groupe, l’humanisation, la personnalisation.

Or cependant le mécanisme si il est bien automatiquement ce qu’il est, est réflexivité ; autrement dit il existe par nous mais nous existons nous-mêmes en sa structure ; nous nous apparaissons à nous-mêmes par sa réflexivité.

Ce décentrement est habituel renommé ipséité ; par la réflexivité se produit un être qui s’identifie lui-même ; la réflexivité est présentée comme le moyen de cette identité. Il n’est nullement question de nier cette identité et de prétendre que la réflexivité doit être substituée à l’identité, mais de présenter que la réflexivité est l’architecture qui tire cette identité « vers le haut » d’une part et vers le réel d’autre part.

Vers le haut désigne ce qui a pu passer pour de l’idéalisme, ou pour le sujet ou pour l’esprit, ou toute motion qui reste ouverte une fois énoncée et qui consiste précisément à ajouter aux finalités du monde donné là, une surfinalisation qui vise à dépasser les finalités du monde ; ce qui revient à relativiser par exemple le corps par rapport à l’esprit, ou les intérêts par l’universel, ou le donné là de ce moi par son image-idée qui le porte. Ce qui se retrace en notre historicité même. Laquelle est oubliée puisque dès l’apparition de l’instance de personnalisation, il y eut un raz de marée rendant tout étal à la vue de « cela » qui fut installé sur le sol même du monde unique ; le moi.

Le moi, étant assujetti, en rapport instantané au libre pur, et le libre faisant cercle avec lui-même, le moi aplanit et arase tout le sol au-devant de lui-même. Le moi ne peut pas se percevoir comme sujet et traite tout ce qui s’explorait comme réflexivités en objectalités ou objectivités. Ce qui aboutit à des séries de projections du moi, qui ne parvenant pas ou plus à se saisir par la réflexivité et le sujet (le sujet fondamental cartésien ou les grands sujets incompréhensibles), se perçoit en des formules dégradées, basses, réductrice, répétitives, perverties (des anciennes images réflexives recyclées bassement pour l’usage du moi ignorant le sujet).

Ce qui se configure comme grande rupture entre l’acculturation qui visait soit l’universalisation (antérieures à la révolution unique) soit ensuite le sujet et ses frasques fabuleuses, ses désordres étranges, ses superbes désirs impossibles, et d’autre part l’acculturation mondaine de possession du monde ; le monde des objectivismes et des objectalités et le monde des mois.

Littéralement il s’agit d’un grand renfermement sur et à partir et autour de la bassesse (qui devient aussi par ailleurs densité) des mois psychologiques ; ils sont de fait dépouillés de toute ambition universelle (l’universalisation est parvenue à son terme par la révolution unique et ses variations diverses) et dépouillés de toute l’ampleur du sujet, puisqu’ils sont des mois, cad de petites choses.

Et ils se conçoivent, perçoivent, imaginent, désirent comme de petites choses. L’objectivité les représentent comme des objets et l’objectalité leur fixe leurs désirs dans des choses molles et inertes ; leurs corps. C’est l’entièreté de leur être mental qui est plié sur le donné là, et les mois ne conçoivent pas du tout que « ce qui est » relève d’autres ensembles que celui qui ramène tout ce qui est à leur détermination de moi.

Le problème est que si l’on n’est pas sujet, alors les autres pensent à votre place.

Soumis à l’objectivité (et scientisme et étatisme, perversion de la démocratie, marchent côte à côte) mais aussi abreuvés d’objectalité (des fonctions universelles de la famille, recyclées dans des affects égocentriques monumentaux, etc, aux débauches et aux facilités diverses les plus immédiates, les plus affaiblies, ce qui veut dire sans à-venir, qui s’effondrent dans le passage du temps et disparaissent), ils sont non pas sujets mais objets.

Et à commencer objets de leur propre désir. Qu’il faut mettre au singulier ; il n’est qu’un seul désir, celui d’être, mais le moi ne sait pas du tout quoi en faire, ni comment s’y prendre, aussi entame-t-il la faiblesse inégalable de parsemer son vécu de tas de désirs de toute sorte, qui s’affaissent et s’anéantissent dans le temps, rejouant sans cesse sa propre mort, son propre départ de toute vie. Comme tel c’est toujours la mort qu’il non pas veut précipiter, mais étant formuler par et pour le corps, il est logique que son principe soit la mort ou plus exactement l’anéantissement. Tout désir bizarrement conduit à et vers la mort, puisque de sujet il n’en existe pour le moi ; il ne voit plus du tout comment s’en sortir de sa vie.

Puisqu’il est clair que pour un sujet la vie ne suffit absolument pas.

Le moi c’est ce qui perd son existence, ce qui ploie sous la masse de son désir, lequel n’est pas du tout articulé à l’universel (comme autrefois lorsque l’universel n’était pas encore réalisé), et encore moins au sujet (auquel il ne comprend rien du tout, et que même lorsqu’il s’y intéresse le moi le mélange à l’universel, croit encore que les sujets sont sous-tendus par l’universel, alors que depuis Descartes ça n’est plus du tout de cela dont il s’agit, le retard est considérable, même intellectuellement).

Le moi n’est articulé qu’à son désir, mais cela signifie à son corps ; il le mirage, il l’emberlificote de tas de fantasmes, de pseudo explications de sa génération par ex (pourquoi est-il ce moi là ? de où vient-il ? Que signifie papa et maman, des choses dans ce genre, quand ça ne se varie pas en fantasmes sexuels, fantasmes du désir, du désir qu’a l’autre de « moi »). En quoi il dépend dans son désir même, qui parait-il devait être le plus proche de lui, il dépend d’être objet de l’autre, tout décentré est le moi ; ignorant le sujet, même lorsqu’il se croit désirant, en réalité c’est d’être l’objet de l’autre. Le moi de ce point de vue est un esclave, esclave d’une sorte de main mise constante de l’autre sur le sujet (que le moi n’est pas et donc qu’on lui dérobe constamment.

La conscience (qui n’est pas le conscient qui est marqué par le langage, et donc par les autres) est le refoulé du moi ; la structure de conscience n’est jamais où elle est montrée prétendument (c’est là le conscient) ; c’est tel ou tel contenu qui est montré ; la structure est toujours en recul, hors du montré, mais alors où est-elle ?

Tout cela est au fond une comédie ; chacun joue son moi, mais c’est très théâtral, puisque pour le moi il n’existe pas de sujet, et donc il lui est impossible de reprendre la main. Le sujet ou plus exactement la structure de conscience le surveille sans cesse, lui ordonne, lui imprime dans la chair et le moi veut incruster dans son corps les ordres de la conscience structurelle qu’il ignore. On lui imprime les ordres par les images soumises.

Remarquons ceci ; si le moi reprend son sujet, et que le sujet n’existe pas sans d’abord le soubassement de l’universel, alors les sujets seraient l’activisme universel anciennement révolutionnaire ; on n’est pas sujet sans exister l’universel même alors que le sujet est précisément ce qui dépasse l’universel, mais dépasse au sens de porter plus loin la réflexivité absolue (non au sens où il passerait à autre chose que l’universel, une sorte de super moi qui serait profondément débile pour le coup).

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La dimension haletante

15 Août 2014, 10:11am

Publié par pascal doyelle

Si l’on devait résumer on dirait donc qu’il y eut rupture, intégrale, au sein des mondes humains, qui se confiaient jusqu’alors à la foi en leur contenu ; tel monde donné localisé engrangeait ses données, et formulait une synthèse fondée en immédiateté (ce qui n’empêchait évidemment pas que chaque monde explorait absolument toute sa synthèse et créait des mondes totalement complexes et de plus en chaque monde il apparaissait non seulement de la réflexivité, toute synthèse est réflexive, mais des universalisations, mathématiques, droits, etc).

Mais il survient donc la réflexivité qui consiste à passer de la synthèse (on prend les données et on en établit une synthèse) à l’analytique ; laquelle se crée de démultiplier l’intentionnalisation. Ce que l’on a nommé pensée.

La pensée n’est donc pas seulement de rechercher le contenu des contenus, le contenu suréminent, celui qui permettrait d’expliciter tous les autres (et ce faisant le monde, les choses et les êtres), c’est le déploiement d’une intentionnalisation nouvelle qui passe du principe de synthèse au principe analytique ; mais analytique en un sens spécial ; qui va créer des intentionnalités au sein du langage. Intentionnalisations qui tiennent au redimensionnement par cette structure en plus et ouvrent la dimension proprement réflexive ; ce que l’on nomme raison est donc une part réduite d’un plus étendu mouvement (ce que la rationalisation ne saurait expliquer).

Non pas analytique en ce que l’on éreinterait le donné déjà là, de manière scientifique qui constate seulement ce qui existe tel quel, mais analytique en tant que l’intentionnalisation se démultiplie soudainement et invente les propositions à propos du donné, du monde, du vécu et produit sa propre aventure réelle.

Au lieu de partir du monde immédiat, de lui accorder confiance et de croire en la dénomination (affectation de mots et de significations en tel monde localisé, vers une synthèse qui en expliciterait el sens, particulier et global, dans une parole tenue fermement par le groupe et une parole « parlée » cad en acte), on intercale une articulation qui se tient de soi seule ; la question centrale est de considérer si cette articulation vaut en elle-même et crée une dimension, la réflexivité structurelle en propre, ou si elle est seulement un retour réflexif du donné sur lui-même.

L’hypothèse ici générale est que cela crée une dimension : en plus. Une dimension qui n’existait pas auparavant ; la réflexivité prise telle quelle peut s’interprétée comme rationalité (essentiellement), mais elle peut aussi se comprendre comme inventant, imposant, créant une structure nouvelle au sein et au-delà ou en-deçà ou en plus des humanisations, en tant que prenant en tenaille les contenus et les répartissant autrement selon la dimension que cette réflexivité ouvre et qui outrepasse la raison mais qui crée qu’il y ait une raison ; autrement dit le retour sur elle-même de notre réalité s’effectue à partir d’une position qui n’est pas cette réalité ; qui est dite structurelle.

Que la raison répartisse autrement peut donc signifier soit une répartition pour ainsi dire combinatoire (on réarrange les éléments donnés de sorte que cela soit raison), soit selon une répartition qui s’en prend à la racine et exporte tout autrement n’importe quel donné, étant cela même que des combinatoires s’en produisent.

Ça n’est pas seulement notre réalité se retournant sur elle-même (comme rationalité) c’est cette structure qui arraisonne, s’empare, détrousse, renvoie notre réalité en sa dimension structurelle.

La réflexivité comme rationalité réduite établit que notre réalité se réfléchit, et vient assigner la pensée à la logique, à la causalité, à la détermination effective (et non rêvée ou illusoire ou imaginaire ou incomplète).

La réflexivité comme structurelle suppose que cette rationalité (qui n’est en aucune manière exclue ou écartée) est elle-même l’effet de l’articulation d’un être spécifique, qui n’existait pas antérieurement, et qui se représente en son exclusivisme pur et simple.

Le jeu est la difficulté des contenus ; soit on continue de se fier aux contenus, soit on se permet de passer par-dessus et d’établir la structure qui produit ces contenus. On remarquera que c’est spécifiquement la voie que suit la philosophie ; entre le démarrage du sujet fondamental (cartésien, pure description de son activisme), la poursuite des grands sujets (en tous domaines ; de la littérature et poésie aux esthétiques et jusqu’au révolutionnaire, figure radicale de ce qui nous a pris l’être, des héros éthiques qui modifièrent le monde humain, de toutes sortes, mais aussi évidemment de la saisie par la philosophie de ce qui nous est arrivé, la réflexivité, qui avance profondément dans la dimension structurelle même ; Kant et Hegel sont tout autant manifestes que Husserl ou Nietzsche, Kierkegaard ou Lacan, etc).

De ceci que la pensée (en général et aussi spécifique en tant que philosophie) vise à épuiser l’entier champ des possibilités (et peut-être même du possible en lui-même) et veut continuer la réflexivité entamée par les grecs, poursuivie par les chrétiens et affiliés, ramener aussi bien à soi, à cette dimension, toutes les occurrences de réflexivité pure qui eurent lieu (en quelque monde humain que ce soit, en quelque temps qu’ils furent, puisque l’on a noté précédemment que l’immersion de notre être dans tel ou tel monde particulier, n’empêchait nullement qu’il se découvre une part de la réflexivité même, fut-ce au travers des synthèses particulières, tout monde humain réfléchissant le donné, il fut créé des esthétiques, des éthiques, des politiques, etc, les grecs entreprennent non pas de créer la réflexivité, mais de la remodeler, de la vouloir exclusivement pour elle-même ; si l’on nomme réflexivité ce qui arrive à ce moment là, c’est de par sa dureté, sa radicalité et son émergence hors de toute humanisation).

C’est que créant notre être en une fois, cela s’impose à un seul unique monde ; il n’est plus qu’un seul monde donné là, puisqu’il n’est plus qu’un seul être de l’homme.

(ce qui n’est pas une réduction, puisqu’à partir de ce moment, il n’y eut jamais autant de déploiements et de réalisations, de systèmes et de pensées, d’esthétiques et de politiques ; sauf que ces pensées et réalisations ne se fondent plus sur des communautés et des paroles particulières ; l’organisation selon la parole d’un groupe localisé passe au second plan, mais en retour il se déploie quantité de vérités et de réalisations, sur le seul et unique monde pour un seul et unique être de l’homme ; on échange la richesse de mondes diversifiés pour un seul monde mais comme cela libère radicalement toute intentionnalisation, cela produit quantité de richesses).

Si ce qui nous est arrivé est seulement de penser rationnellement le donné monde vécu, on ne comprend que la moitié ou le quart de l’invention radicale ; ce qui veut dire que la réflexivité ne serait censée se localiser dans un contenu spécifique ; la raison éprouve une difficulté invincible à penser l’esthétique, l’éthique (qui n’est pas seulement rationaliste ni même raisonnable, qui peut se configurer comme mystique ou ce que l’on nomme tel dans l’optique rationaliste, dans une certaine forme de délire structurel, etc), même la politique est incompréhensible rationnellement ; en fait l’hypothèse de rationalisation se limite dans sa compréhension à la … rationalité même. Ce qui est tout à fait valide et on ne peut revenir là-dessus, mais qui demeure insuffisant ; ça n’est pas l’invalidité de la raison, mais son impuissance à saisir le mouvement. Et qui a poussé quelques uns à outrepasser la raison (à tors au fondement mais tout à fait légitimement si l’on suit leur ambition ; penser, ce qui se nomme réellement penser, en plus de la seule rationalité, affirmer la structure agissante prééminente, que cette position s’instruise par irrationalité, absurdité existentielle, vitalisme, etc, est une chose mais la description qu’ils en rapportent de volition absolue, de vie intelligente, de monstruosité de l’existence vaut en elle-même comme cohérence et assume radicalement la performance invraisemblable de la structure qui se décuple).

Alors même que par ailleurs il s’est développé une pensée outre-rationnelle ; ce que l’on nomme les irrationalités ou les subjectivismes ou les idéalismes ou les dépressions de la pensée ou de l’individualité, les contingences ou le relativisme (de type nietzschéen par ex) sont partout et constamment des explorations menées selon une réflexivité qui veut radicalement et à toute force extirper, exprimer, manifester, représenter, exposer, exhiber son déroulement, ses déroulements. Autrement dit cela s’effectue à partir de la position unique de Descartes, du sujet non pas objectif au sens où il se définirait mais hyper objectif au sens où il marque, installe, instaure sa position exclusive. Le regard sur.

Ce regard-sur est une position relative à notre être ; ce qui veut dire qu’elle n’est pas relative du tout. Elle n’est pas relative au sens où ça n’est pas un effet de langage, de pensées ou d’idées, ni d’une disposition subjective et pas non plus d’un être là simplement de contingences diverses ; une sorte d’arrangement ou de composition (qui aurait pu être autre, qui se coagule ici ou ailleurs ou autrement). Mais c’est l’émergence d’une structure « solide ».

Auquel cas elle est indépendante des contenus et, solide, est en elle-même dimensionnelle.

La bizarrerie de cette dimension est qu’elle est sans épaisseur ; structurelle ; et ne peut pas être interprétée ; elle est ce qui interprète ; c’est ainsi en état de la plus intégrale réflexivité que celle-ci parvient à se « voir » ; elle remonte de ses effets à la cause et ce impossiblement, puisqu’aucun effet ne contient la cause. Le voir de cette structure emprunte tout son maté&riel au monde, au donné, au vécu, mais c’est la structure qui veut s’inscrire comme et par des circonvolutions ; ce qui veut dire provoquer chez l’autre conscience que celle-ci s’apparaisse. Elle s’engendre de et veut engendrer l’activisme.

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Le réel se meut

9 Août 2014, 09:28am

Publié par pascal doyelle

Le mouvement d’ensemble a donc consisté à produire la machine intentionnalisatrice (sur la base du mécanisme de conscience, purement formel et vide, mais qui par ailleurs promeut, lance dans la réalité, vers le réel, la Cohérence ; dont les déploiements sont les éthiques, les politiques, les esthétiques, les idéels (sciences, mathématiques par ex au début par les grecs), mais aussi humanisation (il n’y en est qu’une seule) et personnalisations (il en est des quantités qui se situent dans et par et en plus de l’humanisation).

La dite machine n’est pas finalisée ; ça n’est pas parce que l’on dénomme ce mouvement « intentionnalisatrice » que le mouvement vise par exemple l’idéalisme husserlien ; c’est purement et effectivement une machine, une technologie (et comme elle se tient de l’être, c’est une machine ontologique) ; tout à fait indifférente à quoi que ce soit ; qui « se produit » et engendre des réalisations, des rendus réels, effectifs dans le réel (puisque le mécanisme de base, la structure d conscience , est articulation de la cervelle hors de la cervelle vers le réel positionné « là », formellement ; inutile de connaitre ce qu’est le réel pour qu’il y ait un Réel, et ce a contrario de la cervelle et de son rêve, de son irréalité éternelle ; notons bien que dans la cervelle, cette masse, se produit un inconscient ; le conscient et l’inconscient et se créent en rapport l’un de l’autre, comme les deux faces de la pièce, séparés/créés par le langage qui marque la cervelle comme il marque la réalité extérieure, le langage est la délimitation, mais non en vertu de son essence de langage, mais bien parce que le langage est système oui mais système de rapports ; un langage existe par une conscience qui l’articule dans le donné là, qui l’articule sur et par son corps, pour et vers les autres ; le langage n’est pas le bout du bout, mais un moyen).

La finalité très exacte est donc le « donner là » effectivement réel ; le résultat « là » dans le réel ; ce que le moi crée par-dessus et au-delà de son corps, dont il se sert en en produisant une image-corps (qui est indépendante de tout le reste, qui est la vraie nature du corps, aussi bizarre que cela soit ; on se crée une image-idée du corps et c’est cette image-idée qui prend le pas sur la physiologie, la cervelle, le langage, les autres, le monde, le vécu, etc ; il faut bien que l’ensemble des déterminations si diverses aboutissent à une unification). Le donné-là du corps outrepasse le seul conscient ; mais est l'engendrement de conscience à même le monde, quand bien même cela échapperait-il au conscient et à identité du moi (identité mitoyenne à la cervelle, conscient -inconscient).

Le mouvement est donc la mise au jour, le porter à la manifestation, la représentation de notre être tel quel ; par delà les mondes particuliers humains, les langages et les groupes, les corps immédiats et les perceptions, de notre être comme mécanisme de conscience vide et formel ; ce qui signifie sans contenus privilégié ; les consciences ne fonctionnent plus comme déterminées par telle ou telle vérité, tel ou tel sacré ou tel ou tel culture particulière, mais fonctionnent à vide et produisent actuellement, dans leur actualité la machinerie intentionnalisatrice qui est instantanément (puisqu’elle est réflexive, cad face à elle-même, elle se sait sans se « connaitre », ou le savoir est supérieur à telle ou telle connaissance, ignorance engendrant toutes les connaissances) instantanément Pensée, ce qui veut dire ; hyper intentionnalité ; une idée et un système d’idées est une manipulation de l’intentionnalité en tant que celle-ci ne se fixe plus sur un contenu (mythologique, sociétal, du langage, du vécu, etc), mais paramètre l’ensemble des contenus possibles ; ce qui est une dévaluation de LA vérité vers des quantités de vérités ; et donc met en œuvre un para système, un système par-dessus toutes les vérités, et une conscience au-delà des contenus, et un sujet en plus de tout vécu (perceptions, sentis, corps, imaginaires, affects, etc).

Ce système formel s’est installé en tant que tel ; élaborant dans l’ordre les conditions de vérité (qui outre les performances du texte même, cherche à montrer ; que faut-il être pour Penser ? ), les conditions de sujet (que faut-il vouloir, cad intentionnalisés dans un lieu-point-corps dans le « là » étendue du monde unique ?) et peut-être (puisque cela nous concerne tous) les conditions du moi ; que faut-il mobiliser dans le moi pour s’être comme sujet ?

Remarquons sur le dernier point ; les conditions du moi ne sont pas seulement les dispositions psy, ou autres, mais réclament ceci ; que faut-il prédisposer pour l’on soit libre ? Définissant la politique comme ; quelles sont les prédispositions concernant les conditions d’exercice de la liberté de chacun ? et ce sans que soit absolument préposé que l’universalité est requise pour qu’il y ait des êtres-libres, et que ces êtres-libres sont en-plus de l’universalité. C’est une logique s’accumulant ; il faut conserver l’universel, puis ajouter les libres et cela n’est au fond possible que si l’on augmente le champ universel (qui ne peut pas demeurer statiquement immuable et figé comme c’est le cas). Ce qui veut dire qu’il faut tout augmenter, à la fois. De plus « libre » ne signifie évidemment pas « n’importe quoi », mais pas non plus une formulation classique (Kant par ex, qui ne dresse les conditions universelles du libre mais non pas l’articulation libre elle-même, il faut se tourner vers les grands sujets, fous, structurellement fous, avant que cette folie structurelle n’atteigne leur moi existant, et le torde, le dégrade, le creuse du dedans ; les grand sujets éreintants formulent ce que vouloir le sujet impossible veut dire, comporte, implique, cause comme destruction et créativité interne).

L’expérimentation (ce que l'on nommerait l’empirie) est donc non seulement le scientifique et l’objectivisme, mais aussi le devenir inconnu, incompréhensible d’une structure de conscience (cet être dont le conscient et l‘inconscient, l’humanisation et la personnalisation, l’universalisation et la subjectivisation sont des effets, effets d’une structure de base), d’une structure de conscience dans le monde unique réel. On ne sait pas du tout ce que cette expérimentation cause, produit, invente, crée, avant qu’elle ne l’ait causé, inventé, engendré. Ça n’est absolument relatif à un système d’idées, de langage, de sociétalité, de physiologies, etc ; non que cela remplace idées, langages, physiologies, mais c’est « tout étant compris » comme étant « en-plus » ; une réorientation constante de toutes les données.

D’autre part il est clair que ce mouvement cause autant de mal que de bien, d’acculturation que de sauvagerie (qui n’est pas naturelle du tout), de désordre que d’ordre, et est parfaitement indifférent ; le mécanisme de conscience n’est pas a priori humain. Mais cependant il se trouve que ce mécanisme se réalise d’autant plus qu’il substitue à la violence pure, et même à sa propre violence ontologique fondamentale, une élaboration qui rend caduque et stupide la dégradation ; parce que mécanisme impose ses propres logiques qui, si elles s’abaissent aux finalités stupides et basses, trouvent dans le monde des résultats faciles et immédiats, alors que la structure est de fait et en elle-même im-possible et autre radicalement (autre que tout et refusant se laisser faire, de se soumettre).

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Le pouvoir et le corps

7 Août 2014, 16:04pm

Publié par pascal doyelle

Le mouvement général est donc que nous passons insensiblement et longuement d’une affectation de notre réalité humaine au Contenu à une constante structurelle ou formelle qui outrepasse n’importe quel contenu.

Nous passons d’un monde humain toujours particuliers à la forme du seul et unique monde valide adaptable partout et par tous. Nous passons d’une identité personnelle, enfermé dans un donné là, un vécu, à la forme parfaite d’un sujet sans rien et libre.

Autrement dit la forme qui s’impose dans l’humanisation, ne peut pas se transverser telle quelle dans le monde, le langage, les groupes humains, les corps ; pour la raison que cette forme est vide et sans rien, qu’elle ne dispose d’aucun contenu qui puisse remplacer le monde, le donné, le vécu ; il faut ainsi travailler le donné et les corps, œuvrer.

C’est une vide l’esprit qui penserait imposer une vérité par-dessus les réalités et les vérités des mondes humains, tel délie sectaire ou telle religiosité abstraite (les vraies religions sont concrètes), telle idéologie universalisante (le communisme pensait imposait la vérité, universelle, au monde des réalités), mais aussi telle idéologie qui simple partie du monde se prend pour le tout du monde (les absurdités libéralités), mais aussi de croire mesurer le moi à l’aune d’un idéal falsificateur simpliste ou d’une psychologisation limitée (qui prend la carte pour le territoire).

C’est donc que la vérité est au contraire cela même qui travaille le monde, le donné, le vécu ; elle se compose et se décompose, s’oriente et se désoriente en tel ou tel système (réel et mondain ou de pensée et d’idéalités). Mais oriente et désoriente aussi les vies, les vécus, les expérimentations intenses et denses de notre être, tel qu’il est, pour nous, enclos dans et par une personnalisation, une proximité radicale, à la racine de notre être ; tout moi est en devenir avec sa structure de conscience, quel que soit le moi. La conscience que vous êtes, cette structure, n’est pas le moi que vous vivez, alors même que c’est uniquement et seulement par ce moi, réel pas fantasmé, que votre structure redevient elle-même.

Rien ne situe mieux le travail de la vérité que l’injonction de la philosophie ; pensez !

Ce qu’il faut entendre non comme construction abstraite de systèmes bizarroïdes, mais qui fut toujours ; réfléchissez ! Réfléchissez, cela veut dire à propos de ceci ou cela qui est réellement rencontré, réfléchissez ; renvoyer l’image, l’idée, les systèmes, les décisions, les imaginations, les perceptions, les langages, les identités de vos mois, renvoyez les uns dans les autres toutes ces élaborations ; la réflexion est et sera encore au-delà, au-delà de tous ces ensembles aussi conséquents soient-ils.

Réfléchissez ! C’est de toute manière ce qui se réalisera. Tout moi, toute individualité du fait même qu’individualiste elle est, réfléchit. Elle réfléchit comme moi dans son corps ou comme sujet dans la structure, et puisqu’elle est née par et dans l’universalité (tout moi est le fait d’un Etat qui se destine en son essence, impensée encore, vers le pouvoir de tous et de chacun), tout moi en plus de (se) réfléchir, réfléchira la part d’universel (sans laquelle aucune liberté n’existe, part d’universel que le déferlement des libertés, la débauche de libéralisme ultra parait annuler, mais qu’il ne peut abolir puisque ce serait se détruire réellement lui-même en tant que libéralisme, ce qu’apparemment il n’a pas encore compris).

Réfléchissez, parce que notre réalité (en l’occurrence pour nous cette identité, ce moi, que ‘on s’empresse de définir extérieurement par mille disciplines objectivistes, images objectales, maladies mentales diverses des moindres au plus affreuses, et il ne s’agit nullement de nier les descriptions objectivistes ou les imageries objectales, les mass médiatisations, mais de comprendre leurs rôles réels et non de s’y complaire), notre réalité est déjà en instance de réflexivité radicale, accélérée, nous sommes déjà dans l’augmentation fondamentale de notre être par lui-même. Et c’est une manière de récupérer ce que l’on a voulu nous convaincre comme étant extérieur et autre que nous-mêmes, que nous soyons déjà les agents réflecteurs du devenir, c’est ce dont on a voulu nous dépouiller, retirer de nos regards ; le pouvoir.

Le pouvoir même qui, prit en et par lui-même, se nomme la puissance, ou autre dénomination ; la potentialité. La puissance ça n’est rien d ‘autre que la potentialité et pour chacun le possible d’une part (ce qui actuellement est possible à tous points de vue) et la possibilité (ce qui virtuellement est toujours indéfiniment possible, et peut s’intercaler dans le vécu même).

Mais il est clair que la possibilité virtuelle n’agit pas en aboutissant à telle possibilité concrète (cela c’est le possible actuel), et que si la structure n’est pas le moi, c’et qu’elle offre un autre champ de réalisation, de « rendre réel », que le monde, le donné ou le vécu ; si le moi est le libre même (la dernière formulation inventée suite à l’universalisation, le citoyen devenu une personnalité réelle et concrète qui doit non seulement gérer un corps et ses appendices (ses psychologismes), mais surtout qui doit et a, de fait et indéfiniment, inventé son devenir, son possible, qui a écraser l‘histoire de son déploiement puissant de réalisation de soi), si le moi, chacun, est le libre même, il est à la fois l’image et l’idée de soi ; on a visiblement privilégié l’image, l’image de soi, l’image de ce corps que l’on est, mais l’un ne va pas sans l’autre ; l’idée est absolument la conscience que l’on en a (de soi, de ce corps, mais aussi par effet intégré de cette humanisation, de cette universalisation ; le libre intègre l’universel ou disparait, cesse).

Puisque l’on bascule tout doucettement d’une inventivité selon l’image vers une inventivité selon l’idée, c’est cela qui s’élabore. Au travers des images, ça pense (puisque ça réfléchit).

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