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instants philosophie

Descartes, petites vérités et la Grande

28 Août 2011, 12:18pm

Publié par zwardoz

Croire que la philosophie va nous délivrer un contenu tout fait, ou une connaissance nécessaire d’un système ordonné, c’est ne pas lire ce qui se révèle par en-dessous. La philosophie sert à indiquer de où ça vient et par où ça s’en va. C’est un axe perché, penché sur le monde, sur le vécu, sur le donné, sur le là, mais qui varie son angle, et les variations ont probablement un sens de lecture.

Le choc cartésien consiste à passer outre, même l’utilisant, le système de discours précédent. Il n’est plus la construction d’un corpus de vérité ; de sorte que l’on peut difficilement dénommer idéaliste la visée cartésienne. Et la preuve en est en ce qui suit Descartes ; Leibniz ou Spinoza ne pensent pas l’idée et les idées mais tentent en ce qu’il existe un monde, une étendue et un possible réel, d’appliquer la pensée systématique. Ce qui est tout différent que de penser le monde en une essence ou une série d’essences idéelles. Que le possible caractérise le monde comme peut-être contingence radicale, ou comme étendue pleine et sans faille, c’est faire référence à la densité du monde là.

Or là même où l’on utilise encore la pensée abstraite pour acquérir le dit donné extérieur, il s’y importe une déflagration d’espace et puis viendra le temps. Ce qui veut dire que les idées ne régulent plus en elles-mêmes, mais en un monde. La belle ordonnance pensable des idées issues du monde unique était elle-même en perfection de l’universel ; ce n’est plus le cas.

L’extension du monde, prévu comme calculs et matières et poids et mesures, est parallèle au déploiement du pensable lui-même ; le pensable n’est plus la pensée, (système supposé fixe qui ramasse les immédiatetés dans leurs essences respectives aristotéliciennes ou système qui tente de déduire le vrai du vrai platonicien) mais la pensabilité ; les idées sont posées là devant comme le monde est constitué d’objets et de circonscriptions. De même Hegel disposera des systèmes d’idées en une architecture au-delà du pensable, arguant d’une pensabilité opératoire productrice elle-même des systèmes d’idées.

Ce qui se met en place, ça n’est pas tant un idéalisme qu’un « structuralisme philosophique » (dont les contenus ne sont pas ici des parties du monde, des parties de signes, des contenus, mais des formes géométriques, topologiques de la position des sujets dans un réel, vis-à-vis d’un monde, d’un donné, d’un vécu). Il est donc éhonté de ne pas accorder que Descartes aborde le réel même.

C’est du reste ce que ciblait l’être philosophique, et bien qu’ensuite il ait pu s’interpréter comme double du monde, comme abstraction hors-monde. Ce qui en soi est déjà absolument faux ; les idées platoniciennes indiquent essentiellement qu’il est une procession de l’universelle idée de par elle-même et qu’il vaut mieux suivre le plan strict de la déduction, construction, que le désordre du monde donné, et que cette procession éclaire le dit monde donné par le dedans ; l’idée est au-dedans du monde, et seule le rend pensable ; ce que même les sophistes utilisent, l’idée, sauf qu’ils ne lui rendent pas sa suprématie et que ce faisant ils brisent le dit monde en fragments et nous le rendent inabordable.

C’est qu’en cet esprit là on voudrait rendre concrète la compréhension du vécu, du monde et du donné ; et l’on taxe l’idée d’irréalité. Mais tenir l’idée comme réelle, c’est uniquement et essentiellement poursuivre le concret du monde dans toutes sa/ses conséquences. Et hors cela, de désirer le concret, on tient telle ou telle partie pour le vrai (bien solide) alors que les idées tiennent, seules, la vérité et l’entrainement de toutes les déterminations (sans partialité) en une seule reculée visée. Tenir la vérité, cad les idées, c’est admettre possiblement toutes les parties et non en élire quelques unes qui feront office de solidités. Lesquelles solidités ne sont pas, ou sont des illusions ou des prétextes à une tendance cachée qui nous imprègne par devers nous, tandis que la vérité affirme le joug certain d’un non aboutissement radical … est une non illusion, et le refus des prétextes comme des faire semblants.

Autrement dit tous les mouvements qui se sacrifient pas à la vérité (cad à l’idée ou à « la plus grande intention possible » pensée comme régulation impossible mais certaine) héritent peut-être de l’une ou l’autre des parties du monde, du donné ou du vécu, mais non pas du monde-même, du vécu réel ou du donné en ampleur. Cette barre, ce joug qui rend à jamais impossible la satisfaction est la satisfaction même, ou si l’on veut le contentement cartésien. Contentement synonyme de réjouissance. Ré-jouissance non d’agir simplement vers un objet qui sera chose jouissante (ce qui est une absurdité et un fantasme imaginé), mais de se savoir agissant et de régler l’agissement à sa seule mesure qui soit ; de le savoir.

Le savoir du savoir, qui parait tautologique, ne l’est pas. Dans le retournement, il s’extrait ce qui pose la pure question épistémologique ; quelle est la mesure de ce qui mesure ? Quelle est la loi de « la pensée qui se sait », et qui sait qu’elle est de ce fait, étant entendu que tout le reste est annulé ?

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L'émoi cartésien

25 Août 2011, 20:17pm

Publié par zwardoz

Il faut rendre à Descartes sa lucidité définitive ; quels que soient ses errements tous logiques qui suivirent (concernant le monde dans sa physique). Mais Descartes ne crée pas le sujet : il le dé-couvre. Le sujet reviendra selon mille explorations de l’être qu’il est dans le monde comme il est.

Et par quoi l’on voit que l’on ne désigne plus l’Etre, mais l’être ici même, le monde comme « là ». Lequel monde n’est plus pensé selon des essences (reconstruites à partir des immédiatetés perçues ou agrégées de par elles-mêmes comme idées déductibles, quelle que soit la dialectique qui les déduise), mais est disposé au devant de nous pour les calculs.

Les idées de Descartes ne sont pas des « idées », mais des évidences ; une évidence ça n’est pas de l’abstrait, mais de l’expérience faite de « ce qui est » en tant que j’en témoigne. La pensée du « sujet » (que nous nommons tel rétrospectivement), l’idée de dieu, autrement dit l’infini, l’étendue ; se pressent dans la vision que j’en ai. Et je n’obtiens cette vision que là ici même.

Il est donc une redécouverte de dieu lui-même que Descartes sort du carcan scolastique, de la théologie, de surtout essentiellement du discours total et un. Si l’on traduit dieu par l’infinie perfection » en moi, ça dessine non pas une « vérité » mais la structure apparemment de mon être ; et d’autant plus que ça ne se résout pas à une magie ou au sacré, mais cela isole l’infini en tant que volonté. Ce qui veut dire ; forme pure, et vide.

Or il y a plus ample encore ; la pensée n’y est plus de ce fait l’entendement, l’esprit, mais l’incertitude notoire mais assurée de l’union du corps et de l’esprit. Ça forme une unité que l’on ignore ; ça laisse la question entière, et non réduite, déposée là, comme un donné inconnu.

Ainsi Descartes tente de demeurer au plus près de « ce qui lui vient », tout nanti de tous les discours clos qui le précèdent, et voit, en confrontation, comme « cela est », et comme cela existe autrement que selon le système d’idées communément proposé (malgré les variations d’un tel système en lui-même). Ce qui est suivi, ça n’est pas un système de déduction ; mais un surgissement de l’être même en tant que l’être (du monde, l’être de tout ce qui est là, l’être du corps, l’être de l’étendue) affleure et bien sur tout spécifiquement dans le « moi-même » non plus métaphysique (c’était un agent tout à fait générique ; l’homme) mais ontologique (chacun est cet affleurement, pourtant universel).

L’incroyable agencement incompréhensible du « moi-même » est tel qu’on ne sait pas du tout ce que c’est que la « pensée » qui pense et expérimente, connait l’étendue ou les mathématiques ou ressent ceci et cela. C’est un dispositif complet, dont on ne perçoit pas la complétude dans son unité, mais posé-là.

On ne saurait en aucune manière nier les contradictions cartésiennes ; on les approuverait plutôt en ce que pure description (tentée) du réel, de l’être-là qu’est notre être, ne se réfugiant pas dans la déduction ou reconstruction idéelle, enfin cette masse dressée hors des flots de réalité est résolument constatée telle quelle (autant qu’il le peut évidemment). De même on ne peut pas admettre toutes les synthèses cartésiennes affirmées ; il fallait bien qu’il en pensât quelque chose, qu’il tente de les résoudre et que l’on ait à examiner, contredire, modifier ou révolutionner les solutions elles-mêmes.

Il s’agit toujours de lire de façon croisée, transversale la philosophie ; elle ne « dit absolument pas la vérité » comme un contenu, cad comme une connaissance, mais est un savoir (plus ou moins précis ou vague) qui indique, oriente, décrit en partie, et parfois crée de fait un être.

Auquel cas, cette description devient vraie et réelle… Ce qui est le plus étonnant. Descartes (comme tous les autres en réalité), ne découvre pas seulement un réel, (qui reviendra constamment comme « un réel » presque inépuisable, que les discours n’effacent pas), il le crée.

Aussi lorsque par la « pensée qui se sait », il se trouve si bien placé que l’intention s’enflamme, il n’a pas tort ; et ce que l’on en retient, outre l’affleurement d’un réel, hors des idées ordonnées des anciens systèmes, et affleurement qui donne dans le monde et est vécu,  c’est que précisément ce réel affleurant est créé. La pensée qui se sait, ne se sait pas seulement, elle s’existe. C’est bien cela qui l’émeut.

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Sauvé, la vérité de l'être

21 Août 2011, 09:57am

Publié par zwardoz

Sauvé, puisque contrairement au désespoir constant et habituel sous nos siècles, il est probablement une salvation de l’être lui-même. Quand bien même nous n’y survivrions pas, l’être, s’il se formule, n’aura pas existé, pour nous, sans rien.

C’est quand même de l’essence de la vérité que d’accorder que l’on puisse absolument exister, même si c’est durant un quelque moment. Absolument exister signifie ; tout est accompli. Lors même que l’on ait à mourir.

Ce qui est fortement inacceptable.

Mais l’ordre de la vérité assure au moins nécessairement ceci ; l’accomplissement est toujours bel et bien effectif, réalisé, réel. Qu’on le sache ou non. L’embêtant est de l’ignorer, de passer au travers malgré soi, d’y trainer les pieds, et ce faisant de perdre le bénéfice de l’accomplissement bien conscient. Autrement dit, tout peut s’accomplir sans qu’on le sache.

Que l’on y soit avec conscience importe, pour-nous, infiniment. En soi, ça ne change rien. Quoi que…

L’accomplissement des choses contient aussi que l’on en prenne ou non conscience. Mais il n’est pas en cela de programmation. Il est seulement un appel auquel on se refuse ou auquel on s’accorde. Ça se nomme liberté de l’être, ou dans une autre version éternel retour, ou achèvement spinoziste ou le concept comme sujet.  Et il est manifeste que d’une part on en prend toujours tous et chacun la mesure, et ce à sa mesure même. Et que pourtant d’autre part, cette mesure augmente d’intensité lorsque l’on en est activement la plus totale possible emprise.

Que l’on en soit l’emprise parait contradictoire ou paradoxal ou pas très cohérent. Mais c’est la seule approche qu’on puisse en dire ; cela est et cela n’est pas. C’est à disposition, et même retranché, absent, ignoré, ça existe quand même.

Cette emprise est apparemment sans fin ; et d’autre part on ne peut pas affirmer « ceci est achevé ». L’accomplissement est un consentement dont l’absolu (l’absolument là) est si insaisissablement présent que l’effort devient rapidement exponentiel ; il progresse plus que la volonté qu’on en a, et recule indéfiniment et peut-être infiniment. On est un peu comme les élus qui ne savent pas du tout si ils le sont ou non, élus : ce qui est très amusant, au fond.

Mais cette description s’utilise. Elle s’utilise comme finalité explicitée de notre être ; c’est une manière de représenter ce qui dans tout le désordre de l’existence, doit être finalisé. Contrairement à la velléité ambiante, à la vacuité et l’égalité de toutes choses, dont le but est la démotivation répétée de chacun et des foules, ça montre du doigt que la vérité existe, et le « qu’on le sache ou pas », qu’il faut parfaire l'inquiétude.  

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Sauvé ou la vérité de l'être

21 Août 2011, 09:52am

Publié par zwardoz

Sauvé, puisque contrairement au désespoir constant et habituel sous nos siècles, il est probablement une salvation de l’être lui-même. Quand bien même nous n’y survivrions pas, l’être, s’il se formule, n’aura pas existé, pour nous, sans rien.

C’est quand même de l’essence de la vérité que d’accorder que l’on puisse absolument exister, même si c’est durant un quelque moment. Absolument exister signifie ; tout est accompli. Lors même que l’on ait à mourir.

Ce qui est fortement inacceptable.

Mais l’ordre de la vérité assure au moins nécessairement ceci ; l’accomplissement est toujours bel et bien effectif, réalisé, réel. Qu’on le sache ou non. L’embêtant est de l’ignorer, de passer au travers malgré soi, d’y trainer les pieds, et ce faisant de perdre le bénéfice de l’accomplissement bien conscient. Autrement dit, tout peut s’accomplir sans qu’on le sache.

Que l’on y soit avec conscience importe, pour-nous, infiniment. En soi, ça ne change rien. Quoi que…

L’accomplissement des choses contient aussi que l’on en prenne ou non conscience. Mais il n’est pas en cela de programmation. Il est seulement un appel auquel on se refuse ou auquel on s’accorde. Ça se nomme liberté de l’être, ou dans une autre version éternel retour, ou achèvement spinoziste ou le concept comme sujet.  Et il est manifeste que d’une part on en prend toujours tous et chacun la mesure, et ce à sa mesure même. Et que pourtant d’autre part, cette mesure augmente d’intensité lorsque l’on en est activement la plus totale possible emprise.

Que l’on en soit l’emprise parait contradictoire ou paradoxal ou pas très cohérent. Mais c’est la seule approche qu’on puisse en dire ; cela est et cela n’est pas. C’est à disposition, et même retranché, absent, ignoré, ça existe quand même.

Cette emprise est apparemment sans fin ; et d’autre part on ne peut pas affirmer « ceci est achevé ». L’accomplissement est un consentement dont l’absolu (l’absolument là) est si insaisissablement présent que l’effort devient rapidement exponentiel ; il progresse plus que la volonté qu’on en a, et recule indéfiniment et peut-être infiniment. On est un peu comme les élus qui ne savent pas du tout si ils le sont ou non, élus : ce qui est très amusant, au fond.

Mais cette description s’utilise. Elle s’utilise comme finalité explicitée de notre être ; c’est une manière de représenter ce qui dans tout le désordre de l’existence, doit être finalisé. Contrairement à la velléité ambiante, à la vacuité et l’égalité de toutes choses, dont le but est la démotivation répétée de chacun et des foules, ça montre du doigt que la vérité existe, et le « qu’on le sache ou pas », qu’il faut parfaire l'inquiétude.  

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A partir de Descartes, la suite, et l'attention

15 Août 2011, 21:20pm

Publié par zwardoz

Que le sujet ne soit pas composé, relatif à des déterminations, ça ne revient qu’à dire qu’il effectue un champ en propre, un horizon. Qu’il ait de ce fait affaire aux déterminations est la prouesse de tout sujet, de tout un chacun. Des déterminations, en fait on n’en veut pas : on ne veut pas « être » de cette sorte là. Glisser dans l’effarante inertie du « là ». L’effet en est, pour y survivre à l’inerte, que l’on élève alors au quintuple l’idéalité de notre identité ; en l’emplissant, cette forme vide de soi, de signes qui annulent la matérialité ; ça enjolive. Et signes par lesquels on gère encore difficilement tout autant, cette matière, ces attachements au corps, aux objets, aux choses parfois ; parce que les signes sont légers et que la matière est lourde, pesante, tout comme l’attention est liaison structurelle et les identités déjà toutes fagotées.

Et cela fonctionne en tant que clef, le moi-même, l’identité. Clef qui ouvre ou ferme le monde, en tant que l’on n’a accès au monde que via les autres ; il n’existe de monde que structuré par un groupe, des groupes, une humanisation. Selon que l’on forge la clef que l’on est, le monde s’ouvre ou se ferme plus ou moins. L’ensemble de toute l’humanisation qui nous entoure, spécifique, voir particulière et pénible, ç chaque fois, se dresse comme le mur sans porte dont on essaie péniblement de formuler la clef.

Mais la dite clef est excessivement difficile à forger. Elle se fonde sur l’intentionnalité ; l’attention à ceci, cela. Et s’ordonne comme réponse aux questions ou question intégrant les réponses communes ou particulières. Comme l’attention est ponctuelle, parcellaire et n’étend pas plus son injonction, notre identité en relève ; uniquement fondée sur une extrapolation des quelques éléments du donné, du vécu, des bouts de monde, elle s’extirpe comme Une, en un tel bricolage. On dit : « je suis moi-même ».

Puisque fondée sur l’attention, ça n’est jamais qu’une limitée advenue qui nous porte dans la réalité, et qui s’effiloche continuellement et ceci en toutes les capacités, les fonctions ; de perception, d’imagination, d’émotions, d’affectations aux objets, etc. Parfois l’effilochage est une atteinte à la personnalité même et ne concerne plus les fonctionnalités, (l’identité en use efficacement), mais les codages de la clef personnelle ; ça ne rentre pas dans la, les serrures en somme, ou le codage est pluriel ou désordonné et d’un trousseau de clefs dont on ne sait rien faire.

De sorte que si la clef se formule à peu près correctement (cad en réponse, dans la communication, jeu résolument figé et presque mort, si ce n’est que parfois il s’invente des trucs et astuces, des jeux de mots par exemple), il s’y produit une idée globale de soi qui permet de gérer, selon une plus ou moins grande ouverture d’identité, d’ouvrir l’ensemble des déterminations dont on a et on n’a pas le contrôle. Soit une sorte de sens de la vie, d’orientation du vécu en général pour chaque calcul, que l’on est soi-même. Dont il est presque impossible de rendre compte ; puisque l’attention est toujours limitée et que c’est s’ajoutant de limitations en limitations que la vue globale se compose. Elle se compose on ne sait trop, et les quelques principes qui peuvent nous ajourner, nous décoller de notre « là », sont eux-mêmes non pas causes, mais souvent effets d’un calcul global insaisi en lui-même. Ça calcule tout seul et tant que l’attention ne s’impose pas, rien n’est.

L’attention est ponctuelle, qui constitue notre être, et prise dans un calcul psychologique complexe dont le plus souvent notre être est seulement le ou les effets. Ce qui est un comble.

Le grand écart entre le calcul global de soi et l’attention limitée par essence, laisse s’introduire de totales jonctions et disjonctions, qui n’ont pas a priori de lien. Or le moi-même, l’identité suppose indéfectiblement qu’un lien, destinal, existe ; ça voudrait dire quelque chose. Comme l’on se trompe en admettant que la vérité de l’attention est son contenu (et donc ses contenus élus), on glisse sans arrêt vers un super contenu qui signifierait quelque vérité. Or il ne renvoie qu’aux réalités… aux réalités rencontrées, par hasard, par dépit, par envie, en vagues ou pointues. On en opère une synthèse profondément bancale. Que l’on s’attache ou s’acharne mordicus à considérer comme vraie. Destinale.

Il n’y rien du tout.

Sauf le destin, le vrai, extraordinaire, qui nous propulse dans et par l’universel. Que l’on prenne le donné, et la science, le monde, et la politique, le vécu enfin et l’attention seule juge et maitresse, et l’on sera sauvé.

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Descartes, l'être réel et la suite

12 Août 2011, 19:20pm

Publié par zwardoz

 

Pour sortir des demi débats, on peut donc avancer que si dans le langage il fut inventé la rationalité, celle-ci en tant que discours cohérent permutant un maximum d’éléments connus et identifiés et conformant un monde ordonné, il y eut ensuite la mise en avant de l’être en qui ce discours se produit ; le sujet. Soit des grecs aux philosophies chrétiennes, puis à partir de Descartes.

Dans le même mouvement, et puisque le développement du discours cohérent de par soi (du moins recherchant cette perfection) s’achevait, l’identité du dit monde (découvert comme totalité une dont devait rendre compte le discours, grec et chrétien) s’avère susceptible d’être mesuré ; les nombres avancent plus loin que les mots, les idées, dans leur capacité à discerner, dans l’immédiateté, les variations.

On sort donc d’un monde ordonné par le discours en idées, à un monde révélé par les mesures en des variations. Ça n’est plus le même monde, mais l’idée générale d’un « monde », ordonné, demeure inscrite ; il est tel le paradigme de la rationalité ; non pas tant ce à quoi l’on doit aboutir, que ce à quoi l’on aurait du aboutir et plus encore et fondamentalement ce par quoi la rationalité se sait, prend connaissance de son être possible en tant qu’interne. Son « lieu » interne qui n’appartient pas au monde.

Mais en plus du monde extérieur des variations mesurables, il se décrit donc qu’un sujet est « ce qui utilise » la rationalité, (celle des nombres ou celle des idées), sujet qui existe, et qui existe de par soi ; le renouvellement cartésien du pensable atteint bien au-delà du discours et commence de décrire « ce qui précède » la rationalisation. Et donc non plus la raison comme corpus total, mais la rationalisation comme processus d’un « être » nommé « sujet » à propos d’un monde, « là », et à propos de lui-même en son être-là.

Il ne s’agit plus du tout de penser selon une déductibilité des idées, mais de partir d’évidences « là » ; le « qui pense » et l’étendue ne sont pas « déduits », ils tombent dans l’évidence d’une description qui se constate.

Il apparait qu’ensuite il y eut des déclinaisons de ce « sujet » ; conceptualisme ou vitalisme, existentialisme ou idée de soi stirnérienne, mais aucune de celles qui suivront ne parviendra à réunir tout l’être de l’homme tel qu’en Descartes il surgit. Parce que Descartes ne choisit pas d’une part (il laisse advenir toutes les composantes, tous les dynamismes de notre être-même) et d’autre part, il garde la tête froide ; il ne dévie pas. Il ne dévie pas en élisant telle ou telle partie de notre réalité ou du monde comme explicative de l’ensemble. En deux mots, l’être cartésien est d’une part la description non d’une idée mais d’un « réel », et d’autre part est un dispositif, de plusieurs entrelacs distingués sans doute, mais non annulés.

De plus outre les déclinaisons de l’être de l’homme, toutes insuffisantes, il devait être tenté de l’entourer de causes mondaines ; on obtenait alors l’éclatement objectiviste de notre réalité dépouillée ici et là par les sciences, les sciences humaines, les psychologies, les sur-intuitions bergsoniennes ou les dépassements nietzschéens, ou les intra causalités psychanalytiques (ici il est une remarque urgente ; le respect intégral de l’être de l’homme impose à la description objectiviste une prouesse lacanienne sans doute radicalement justifiée et presqu’aussi inventive).

Les causes mondaines de notre être sont toutes justes et tendent vers l’exactitude, mais la justesse n’inclut pas l’intégrité ; aucun discours (puisque les discours prennent idéalement la formulation du discours total et un, cohérent, à chaque fois) ne parvient au niveau de l’expectoration cartésienne de notre être réel.

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Le rêve et les monstres froids

8 Août 2011, 19:44pm

Publié par zwardoz

Oublieux de la Parole qui marquait le territoire d’un monde absolument particulier et usait du langage pour organiser son monde selon une logique après tout suffisante ; tout ce qui est visible ou invisible mais présent, doit avoir un sens.

Oublieux et brisant tout monde particulier significatif de par lui-même. Et dépouillé par l’universel. Qui ne veut qu’un seul monde, unique, découpable. Le fait est donc que l’universel loin de mépriser la perception augmente tout monde particulier, en l’explosant par l’universalisation possible de n’importe quelle détermination. De même, l’universel ne force pas à unifier mais à dispatcher continuellement. Ce passage de la parole au discursif, se doublant d’une articulation réflexive du discursif au sujet (en tant que fonction d’un système intentionnellement voulu).

Il serait absurde de critiquer l’universel comme unifiant par force, alors que tout dogmatisme ou toute dictature est essentiellement le retour du Un de jadis, de la Parole, du groupe s’appesantissant sur le monde unique au profit d’un seul monde particulier clos. L’universel n’est pas la soif du Un, mais la nécessité du un qui permet de comprendre dans le découpage, ce qui est complètement différent. De par l’universel, le Un est rompu autant de fois qu’il est nécessaire. L’universel est la redistribution constante du un. C’est pour cette raison que le calcul (des sciences et de l’argent), est le même que l’Etre-Un de la philosophie ; l’Etre est le Un mais vide, formel. On ne peut le remplir que de uns pluriels.

Ce qui est rompu, c’est la synthèse toujours continuelle de la parole et de son monde ; elle n’est plus possible, de la synthèse immédiate, il ne reste plus que des immédiatetés, plus ou moins poisseuses ou hallucinées. Synthèse qui rebondissait dans toute parole échangée. L’échange est la parole et la parole est la synthèse. Une unification immédiate de toute l’immédiateté qui se présente, mais pas plus, pas plus d’immédiateté que celle-ci présente. La parole n’est pas comme l’universel, elle ne va pas supposer une universalité au travers de toute l’immédiateté ; elle reste clouée aux quelques unes présentes.

Nous en sommes loin ; toute parole est désormais énoncée. Elle s’origine, et spécifiquement, elle s’origine en chacun ; chacun est nommé un-tel pour parler. Il n’empêche que par en dessous, notre cervelle synthétise immédiatement ce qui est vécu comme un seul plan de vivre, ce qui est nécessaire sans doute, mais absurde.

L’universel ayant brisé tout rêve, il ne reste que l’architecture universelle extériorisée et l’architectonique intentionnelle individuelle. Deux monstres froids. Parce que l’intentionnel ne mène pas une facilité, il est, en son être, radical, cad réflexif et non pas discursif, et encore moins synthétique ; ne demeure de synthétique que le rêve, éveillé ou inconscient.

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Matière et horizon

2 Août 2011, 20:14pm

Publié par zwardoz

En clair notre être est posé là sur le monde. On peut dire sur le monde, parce que notre être n’est pas noyé par l’épaisseur du monde.

Pour s’y reconnaitre il use du langage, dans ce langage qui laissé à lui-même enroule le monde immédiat (naturel et transmis humainement dans un groupe) sur son expression ; les mots sont les choses qu’ils désignent et les choses sont prises dans les phrases que l’on échange, dans ce langage, il crée un entredeux qui consiste à dépasser l’immédiateté et à définir un projet. Projet unique ; celui de l’être.

L’être est la réalité visée et explicitée ; au contraire du monde parlé qui est le monde connu et importé dans et par le langage. L’être ne peut se dégagé que visé, ciblé, voulu par une intention explicite, qui en somme voit ainsi l’extension de sa perception du donné. Le donné ne se limite pas à ce que l’on reçoit tel quel.

Par cela, on s’aperçoit qu’il est profitable de creuser la pensée, la compréhension en elle-même et pour elle-même ; de déployer théoriquement le pensable, cela pousse à percevoir plus et autrement. On fait don confiance à la pensée, laquelle considère « ce que l’être peut être en général » ; il est un, total, logique, etc.

Quoi qu’il en soit de ce développement valant, dit-il, de par soi, évident, il permet d’élaborer tout ce qui est pensable à partir de quelque chose qui est ; ou de n’importe quelle chose qui est.

Or on ne sait pas « ce qui est » a priori ; aussi faut-il attendre la science pour que les éléments réels soient identifiés et que l’on puisse les composer effectivement.

Cependant « cela qui pense » doit s’assurer de soi ; il doit définir son propre programme, se motiver, s’expliciter, de déployer ; aussi crée-t-il l’ensemble de ce par quoi il peut dire et se dire ; je veux que le monde soit non pas immédiatetés échangées dans un groupe, mais au-delà de tous les mondes, soit la surface unique de l’être. Puisqu’il est non pas la pensée-langage d’un monde immédiat, mais la pensée-discours du monde en général (au-delà du perçu immédiatement ou immédiatement partagé) : autrement dit au-delà de tous les mondes.

Parvenir à produire non pas tel monde vécu, mais le monde même tel qu’il est, y compris le vécu même tel qu’il peut ou doit se vivre, et notre être tel qu’il lui est possible de ramener ce qui est à son intention.

Si cette intention est interprétée comme subjective, elle redescend dans l’immédiateté ; si elle se hausse objectivement, sa mesure est « ce qui est ». Mais il n’est pas de « ce qui est » sinon de s’y hausser, avec intention ; et donc tout, hors cela, constamment redescend dans le « là ».

Il ne s’agit jamais de considérer que l’énoncé tel qu’acquis soit la vérité, mais qu’il n’est la vérité que d’être en mouvement ; autrement dit la vérité n’existe que portée dans un horizon.

L’horizon métaphysique est de considérer l’Etre comme finalité du discours total et un. L’horizon moderne est d’imposer le monde comme étant cet horizon. Et au sein de cet horizon, d’admettre la matière d’une part ou à l’opposé le sujet comme seul formulant cet horizon.

La philosophie a toujours privilégié le dit sujet ; soit donc à l’origine le discours total et un, (la pensée de dieu ici-bas), ensuite le sujet de volonté et enfin le sujet disparu. Et ceci non pas présupposé, mais pour cette raison ; que de prétendre fonder selon le sujet, cela augmente le possible. De fonder selon le monde, cela réduit le possible. Or pourtant fonder selon le monde pousse à préciser l’exactitude, à connaitre les causes réelles, mais ce qui est relevé, c’est que cette recherche des causes, mondaines, ne doit pas s’effectuer sans perdre de vue que toute recherche de causes est fondée seulement et par la fondation du sujet.

Sinon tout redescend d’un niveau et l’on est amené progressivement ou brutalement, à ne plus intégrer le point de vue du sujet dans les calculs et à l’évincer des stratégies. On peut considérer que l’abandon du sujet, de ce point de vue exclusif, aboutit à l’aplatissement des recherches fondées selon les causes et à la négation qu’il puisse exister une articulation plus ample qui gouvernerait une stratégie bien plus universelle.

La question est alors, si l’on admet qu’un sujet doit exister, de savoir ce que c’est. et l’on comprend bien que le dit sujet n’est pas autrement que selon la vérité et son horizon reculant ; et comme il est dit cependant « sujet » chacun le prend comme étant « qui il est ».

Les ambigüités sont que cela n’est pas faux ; chacun est absolument demandé de se prononcer (sur le sens de la vie, cad le plus dans l’épaisseur, sur le « vécu », mais aussi sur le donné, de connaissance, et sur le monde, politique, de la plus grande stratégie possible). Et que sujet s’emploie bien effectivement comme « individualité ». Au sens où tout monde humain qui ne respecte pas qu’il y ait pour chacun un « monde des mois » est inutile et, parce qu’aliénant.

Mais s’employant comme « individualité », il dérive si aisément, qu’il risque de ne plus ressembler à rien, sinon aux immédiatetés dont il se convainc, cad un tas de monde, un bric à brac.  Si malgré cela il s’emploie si aisément, c’est que par en-dessous de sa « facilité » individualiste, il est, lui, le point de vue unique ; non pas individuel, mais individué.

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