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instants philosophie

Le sujet, l'autre et les jeux idiots qui s'ensuivent

31 Juillet 2012, 18:41pm

Publié par zwardoz

Il n’existe pas d’accès à notre être, puisqu’il est l’accès lui-même.

 

Parce que le sujet est simple

Contrairement à ce que l’on se présuppose il n’est pas double ; de lui ne surgit pas une identité, mais c’est l’identité qui est fonction d’une simplicité. Celle-là même qui ne dit rien, mais qui se sait immédiatement telle qu’elle est.

Qu’il ne soit pas double, il s’en effondre constamment ; il est happé par le dedans, mais ce dedans est structurel, il n’est pas une intériorité comme on sait, mais existe en interne dans la structure elle-même. Cette internalité est entièrement projetée dans le monde, donné, vécu, dans la perception et l’idée, dans l’exposition intégrale, mais en est retenue par cette identité, par cette intériorité du moi-même.

Mais brûlé par les rayons du sujet, il en ressent la morsure jusqu’au travers de la peau, jusqu’au corps-même, au corps comme surface perceptive et comme unité des unifications qui courent le long du vécu, mais au-delà, au-delà des expériences pourtant bouleversantes. Il veut un autre corps ; le Même.

 

L’absence de contrôle de soi

Cependant, si il est simple et non pas double, ce ne sera jamais de penser se contrôler qu’il y parviendra à circonscrire l’incendie ; si son être est simple, si il est forme, c’est une forme sans épaisseur, un simple tourment, et il peut bien se supposer en et par un autre, ou un Autre, qui l’inclinera comme çi ou comme ça, le sujet en lui demeure instamment simple et unique. Les suppositions que l’on fait de l’autre, retombent en deçà. Elles visent la hauteur ou l’idéal ou la compréhension ou l’élévation, tout cela est très bien. C’est immanquable et nécessaire, mais ça ne discute pas de la forme-même, de la structure intentionnelle.

 

Il n’est rien que libre …. et pis c’est tout

Elle n’appartient pas, à rien ; elle est intégralement (et seule une forme peut exister intégralement, sinon tout le reste est composé), mais en tant que pure activité. Et elle n’existe à proprement parler qu’active, de cet activisme cartésien bien noté, et encore donc des seuls moments que son activité ; hormis ces moments elle se fond dans la masse, dans les identités, et disparait dans l’autre comme supposition. Mais sans oublier que n’importe comment et en toute intensité, sécrétée des fonctions et facultés physiologiques et psychologiques, elle peut réapparaitre de par soi, pur feu follet inexistant.

 

L’autre supposé, comme seule défense

On peut remonter bien loin de ce qu’elle suppose l’Autre (et l’autre, autrui). Elle est dans la nécessité de se saisir de soi en supposant l’autre ; parce qu’elle n’est formellement rien ; supposer l’autre c’est admettre que l’on n’a pas accès à son être et qu’il, pour se saisir quelque peu, doit être-voulu, décidé, imaginé, du point de vue d’un autre ; sinon il ne se voit pas. Il est un pur miroir. Il reflète quantité de déterminations, mais aucune qui puisse remplacer ou figurer ou représenté le cadre lui-même ou la surface lisse du miroir ; et être-saisi de l’autre c’est comme de croire que le cadre et la surface, le miroir a cessé d’émettre des images seulement et que le cadre-surface existe en propre.

 

Miroir sans âme

Donc on n’a que des images, sans que le miroir soit saisissable ; et d’être tenu comme Autre, est l’illusion par laquelle notre être peut influencer son destin, sans en avoir l’air parce que si il admet qu’il se connait, il ne pourrait plus se savoir, puisqu’il admettrait qu’il est une décision et comme telle dépourvue de vérité.

On voit donc bien que l’être-libre n’a affaire qu’à la vérité, au fond, et qu’il est, donc, pour lui-même et quoi qu’il puisse en penser, une Idée. Et non une image. Ce qui change tout. Mais une Idée en un sens et un réel spécifique; qui est l'originel des idées habituelles. 

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L'être-libre comme réel devenir, pure positivité

25 Juillet 2012, 09:01am

Publié par zwardoz

Il est évident faux de croire que l'on est si immédiatement soi-même strictement ou nettement défini : mais cela ne tient pas à notre manque ou défaut d'être qui alimenterait un désir répugnant qui comblerait notre néant. 

 

Ce serait plutôt l'inverse. 

C’est notre être qui est en lui-même et par lui-même à demi existant ; et ceci parce qu'il ne doit pas, ne peut pas se compléter, ni se figer. 

Et un nombre considérable d'informations glisse et se disperse ; il n'existe pas de fonction incarcérant qui puisse opérer un tri strict et net.

Aussi perçoit-on sans percevoir nommément, imagine-t-on sans se remémorer, et rien n'est assigné définitivement puisque si l’on vise une unité fixe, un objet, et que l’on comprend cette unité comme stable, en réalité elle n’est atteinte que dans l’arrêt momentané ou la négligence des autres intentionnalités, variant indéfiniment tout alentour.

 

La variation ou la potentialité

L’intentionnalité est essentiellement variable et c’est seulement en seconde appréhension, dans un discours sur l’intention, qu’elle se fige. Elle se fige dans une objectivité de science ou une objectité philosophique, mais tout autant lorsqu’elle est rapporté vers autrui.

Et comme la forme entoure le contenu, jamais aucun contenu n’est séparé de l’ensemble potentiel intentionnel qui le constitue ; la fixation est toujours une redite. Autrement dit la première intentionnalité ne peut être saisie ; elle est.

 

Le point extérieur impérieux

Cependant la redite est étonnante ; elle n’est pas uniquement que j’ai appuyé de dire nommément ceci ou cela. Il est dans la performance abyssale de la forme de prendre la place de. Purement vide, elle peut penser, ou parler ou signifier à rebours d’elle-même ; tel signe est tout autant ce que l’autre énonce que ce que l’on parle soi-même. L’intentionnalité prend naturellement de dire de par soi ou d’être dite d’une extériorité, d’un autre regard. Ceci étant le piège majeur qui occupe notre être, mais aussi sa condition même ; c’est parce qu’il adopte un point extérieur et qu’il est parlé, qu’il peut éventuellement se dire en personne lui-même. Ça n’est pas un accident ou une nécessité ; c’est son être-même.

 

L’emprisonnement très commun de la personnalisation

Ce qui reprend l’intentionnalité première est toujours second. Une identité est une telle reprise, et qui plus est, comme l’on parle non seulement vers et pour, mais en et par l’autre (afin que toute message soit compréhensible), cette identité est toujours déjà prise dans la compréhension de l’autre (de même que l’on énonce ce que l’on croit que l’autre entend, ce qui n’est pas vraiment très exactement ce que l’autre entendra réellement).

De sorte que si l’on peut vouloir parler autrement que l’autre, ça ne sera jamais « spontanément » mais en recomposant intégralement le plus possible de l’énonciation, de la communication, et en utilisant, usant, épuisant, toute communication, et donc encerclant toute l’identité (autant qu’il se peut). De là que la formulation explicitement une est ou tend réellement vers une acculturation universelle ; on admire, adopte les Grands Sujets, ceux qui manient l’universalité objective, ceux qui passent outre le communicationnel (voir le relationnel, mais c’est quasiment inclus), ceux qui clôturent une série complète d’objectivités, culturelles, voir d’objectités (de formulation non objectives mais par exemple littéraires ou philosophiques ou symboliques des religions). Une saison en enfer ou les illuminations de Rimbaud, qui ferme littéralement la totalité des signes en quelques pages.

 

La variation vivante

Les intentionnalités en elles-mêmes ne se limitent pas au formulé, au langage, aux signes ; elles naissent dans et par la perception, l’imagination, la physiologie, les signes eux-mêmes (qui pourtant son a priori supposés n’être que compréhensibles, cad formulant consciemment) sont perçus.

De toute rencontre (avec une chose, un objet, autrui, un texte, une sensation) on ne retire que le formulable ; et toute conscience si elle n’est pas prisonnière du formulé accompagnateur de son identité, est enchainée dans le formulé. Le formulé non par opposition à l’informulé, mais par rapport aux variations, aux variations intentionnelles.

Loin de délivrer un contenu clair ou tendu vers la clarté, ou suspendu à cet idéalisme du contenu, l’intentionnalité est immergée intégralement dans la variabilité.

Lier l’intentionnalité à l’identité c’est inversé totalement le procédé qu’est l’intentionnalité.

 

Les vagues intentionnelles

Or il est impossible de lâcher prise ; de laisser être la variabilité intentionnelle, puisqu’une intentionnalité ne tient que fixée en un but, une série de signes, un objet, une chose, autrui. C’est autour et à partir de la fixation qu’adviennent (préalablement ou subséquemment) les variations ; jamais en l’absence de toute finalité.

Le jeu consiste donc à tenir le plus fermement possible la finalité intentionnelle, tout en laissant être et se soulever les vagues potentielles qui s’y adjoignent. De pourvoir par ruse aux dévoiements et dérives intentionnelles en ceci ; la vérité n’est pas le jeu rigidifié de tel contenu, mais les variations plurielles qui l’entourent. Par quoi notre être se récupère tout en sacrifiant à la fixité ; et ce qu’il récupère ça n’est plus son croyant-être mais sa structure agissante elle-même.

 

Nietzsche

C’est bien ce qui définit au plus près l’engeance nietzschéenne ; la puissance n’est nullement de tenir serrée une finalité, mais d’ouvrir l’océan en se dépouillant de toute carcasse, mais de maintenir durement l’étalement potentiel. Ça ne se fait pas sans se vouloir, mais ça ne se veut pas comme une fixation, un objet, un désir. Ça ne succombe pas à l’objet, ça ruse en interne. Non pas en interne de l’identité, du moi, mais en interne de la structure en elle-même.

 

De la liberté qui se parle-même

Or tant que l’on se limitera la personnalité à cette réflexion intérieure (intérieure d’une personnalisation), c’est l’identité qui continuera de fixer la vivacité ; l’identité sera le noyau de toute intentionnalité, au lieu que la nature même de la structure (interne, l’internalité se dit de la forme et non plus de l’identité) n’est plus constituée autour et par l’identité. Il n’est plus de centre puisque l’opérateur est la formalité structurelle elle-même.

Laquelle n’existant pas entre dans les mille ruses internes (et jouant des intériorités donc). 

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Notre être de découpage singulier

21 Juillet 2012, 13:36pm

Publié par zwardoz

Notre être est donc absolument hors de proportion vis à vis du monde, du donné, du vécu ; mais ça n’est pas de référer à une intériorité, bien plutôt à un pur vide sans visage, sans identité, sans unité puisque n’étant pas du tout composé (de quoi que ce soit). 

Cette totale extériorité existe cependant comme Une. Elle est absolument singulière et dessine dans le monde, le donné, le vécu un trajet radical, menant à la racine même. 

 

Le corps-même

Pareillement elle n’est pas le corps (elle est indépendante) mais elle a accès ou attend ou bien mieux complète, constamment, le corps en tant que « même ». le corps même est la perception pure, la perception non pas qui percevrait on ne sait quelle réalité telle quelle, dans une intuition illusoire ou magique, mais bien l’inverse ; que peut-on percevoir à partir de ce corps hyper perfectionné et recherchant la complexité (de ce qu’il reçoit « passivement » et de ce qu’il produit, crée activement) ? Non pas donc une contemplation d’un être déjà-là, mais un activisme qui va chercher ce qui peut être perçu, ressenti, imaginé, toutes les variations existantes connues et non connues encore. 

 

Purement vide mais absolument singulier 

Il ne veut pas se fondre dans un tout, se réunifier en on ne sait quoi, s’unir au Un, se coaguler comme une masse gélatineuse ; il est et ne veut que le un mais celui-là même qu’il est. Celui qui divise et découpe et sépare tout ce qu’il peut. Il est une hache qui coupe la masse et le croc qui creuse la matière. Toutes les calembredaines de réunification n’ont aucun sens sinon d’énormiser ce un, ce minuscule et infime un, qui se projette illusoirement et s’augmente inconsidérément. Dans cette inconsidération le petit un ( !) perd intégralement la lucidité qui seule le sauve ; et du reste s énormisant comme Un absolu, total, grandiloquent à quoi aboutit-il sinon à diviser énormément et massacrer ? 

 

Il n’est aucune réunification ici même, mais la certitude de découper ; découper en ce sens précis ; distinguer. 

Il est apparent que le sujet nait de la distinction. Les idées claires et distinctes ne sont pas des nuages idéalistes, mais des coups portés dans la réalité par lesquels le sujet s’aperçoit qu’il fait effets ici même. Et il use ce faisant de tout son être ; le sujet cartésien est dispositif complet, plus ou moins exhaustivement décrit par René, en tout cas selon une lucidité qui ne fut pas remplacée. La distinction ou le découpage est construction, et essentiellement activisme pur. 

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La volonté activiste cartésienne

21 Juillet 2012, 11:27am

Publié par zwardoz

L’activisme n’est pas une cruauté bien que ça puisse contraindre à cette angoisse

Le découpage distinctif cartésien est surplombé, envolé, subsumé dans la conscience du projet, du plan, de la dimension ouverte ; autrement dit, c’est parce qu’il le dit, qu’il l’est ; l’exprimant, dans une méthode, il est non ce qui est méthodiquement décrit (bien que cela soi effectivement lui-même tel que vivant), mais est la méthode qui supervise cette description. Rien n’est simple en cela, et si la distinction est intégrale, parfaite, le regard surplombant la scène existante est, en tant que méthode, le sujet lui-même, le seul suejt qui se sait sans se connaitre, mais qui par la méthode entend exposer au plus près sa connaissance de ce savoir (qu’il est).

Autrement dit le sujet remorque constamment son être dans l’exposition ; passant du savoir de soi (libre et vide et formel et ne contenant rien) à un début de connaissance de son être. Il ne décrit pas seulement « comment découper la perception, l’imagination, la pensée » pour trouver des vérités, il décrit comment l’attention existe qui divise et se sait activité pure. Il systématise qu’une attention à « ce qui est » puisse devenir et prenant conscience de soi mène non pas une opération intellectuelle seulement, ni même intellective (relative à l’absolu comme objet infini de désir), mais une opération ontologique.

Ce qu’il faut comprendre comme ontologique si l’on veut existentielle ; mais existentielle en ceci qu’elle est beaucoup plus vaste et extensible que l’affect du moi-je qui découvre la mort, l’absurde, en ceci qu’elle s’attaque à la perception « étendue » du monde, à la coagulation incompréhensible du corps-âme, à la variation de l’attentionnalité dans le rêve et la folie, à la confrontation de la volonté infinie ici-même, incompréhensible en soi, et de la volonté infinie absolue qui décide même des vérités. Une totalité de débordements, d’excès, d’expositions radicales et qui tentent de dire, d’exprimer l’ensemble des dilemmes invraisemblables de notre être ici-même. 

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L'être-libre fracasse ce qu'il a sous la main (ontologiquement)

20 Juillet 2012, 12:58pm

Publié par zwardoz

Si rien n’a de sens, cela veut dire qu’a priori ça ne va nulle part. 

La proposition logique identique inverse revient à dire ; ce qui est, est. 

Autrement dit tout est là. 

Et le bienfait de ceci étant ; on ne sait pas ce que c’est.

Ainsi notre être est, mais on ne le connait pas. 

Or cependant il n’est pas utile a priori de connaitre notre être pour le savoir ; on se sait signifie « on est libre ». Ce qui est libre se sait de manière immanente et cependant dans l’ignorance quasi-totale. 

Si ce qui est, est, cela varie quelque peu si un être se révèle en tant que « libre ». Il apparait que ce libre est d’une manière ou d’une autre relatif à lui-même, à lui-seul. Ceci étant il n’est pas libre par rapport à tout et intégralement ; il est libre par rapport au libre lui-même. Sa finalité unique est cette liberté même. Et liberté qui ne se connait pas elle-même ; elle ne s’assigne aucune détermination ; elle est au-dessus ou en-plus ou autre que n’importe quelle détermination. De la sorte on dira qu’elle ne dépend pas même de ce qu’elle pense d’elle-même, de sa propre définition ; elle ne dépend littéralement de rien. On est libre ainsi même enchainé ; puisque c’est ontologiquement, relativement à l’être même, et non pas selon le monde. 

Que l’être-libre soit en lui-même un, signifie qu’il ouvre ou est installé dans une dimension à part ; son rapport à lui-même (par quoi il est autonome, d’une certaine manière même relative et limitée excessivement) manifeste son ouverture ; laquelle est infime, puisqu’une liberté totale ou étendue est une absurdité ; étant simple rapport à soi, il ne peut contenir une grande quantité d’informations. 

La simplicité du rapport est évidente ; sinon le libre serait impraticable. 

Si cet être dépend de son exercice (étant libre), son savoir de soi n’est pas égal sa connaissance ; il ne sait pas pour comment il réalise de fait une in-dépendance et ne sait pas non plus pour « quoi ». Le libre est uniquement une proposition pour ainsi dire logique. Un rapport donc. 

Tout rapport autre que le premier est dérivé ; il ne trouvera absolument en rien son complément, puisqu’auto-référé il ne peut se relier qu’à son propre plan. 

Mais par ailleurs le libre ne dépend pas même de lui-même ; au sens où il n’est pas attaché à quelque contenu que ce soit ontologiquement. Il est alors soumis à deux principes ; celui de la vérité et celui de la réalité. 

Si il est seulement un rapport, il n’y a pas de place pour la non réalité et la non vérité ; le rapport exige de lui-même qu’il soit intégral puisqu’il est de fait intégralement réalisé ; il n’y a pas d’altérité dans la forme même du rapport, autrement dit toute altérité est propulsée comme vraie. Et étant intégralement réalisé il est en lui-même complètement réel. 

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L'engeance du dépassement

15 Juillet 2012, 10:07am

Publié par zwardoz

Si l’on se permet une vue généralisée, on peut donc dire que l’on passe de la parole : comme auto organisation d’un groupe humain limité, exécutée de vive voix, toujours parlée corps et âme mêlés, qui régule l’ensemble des échanges ; ni l’échange en soi, ni le communicationnel, ni le relationnel n’existent indépendamment ; Parole qui n’existe que dans un monde particulier, localisé, et signifie tout ce qui le compose,

de la parole donc au symbolique ; comme non plus Parole (in vivo) mais comme Texte (sacré des religions). Le symbolique récupère en esprit, ce qui est perdu et était vivant, et la communauté est imaginée et spiritualisée.  

De ce qu’il n’est plus aucun monde particulier et que commence de s’imposer (par la violence) le monde unique.


 

Le langage second

Or le déploiement du langage s’effectue bizarrement par un tout autre bout ; il se crée un langage second. Il se crée le rétablissement par la pensée, (ce que l’on nommera alors et ensuite la Pensée), le rétablissement du langage non plus en ce qu’il synthétise spontanément (une vision complète d’un monde particulier), mais en ce que le force à s’assujettir à l’Etre.

Ceci est second parce que la surface de l’être obéit à des contraintes et se produit de ces contraintes ; contraintes en ce qu’aucun élément n’est admis si il n’entre pas en cohérence. Le plan de la cohérence est celui de l’universel. Les contraintes ne sont pas seulement logiques (tout élément est lui-même et seulement) ou systématiques (tout élément est défini par les autres éléments et réciproquement), mais aussi par l’adéquation ; adéquation à ce qu’il faut bien nommer une idée de « ce qui est ».

L’universel va déployer ce qui était contenu dans le langage (et que la parole et le langage employaient mais de décidaient pas volontairement comme systématique, de même que l’on utilisait les maths mais sans élaborer systématiquement les mathématiques), et l’exporter comme valant en et pour soi.

Il n’est pas absurde de penser que si l’on développe entièrement le pensable, universellement cohérent, on parviendra à tout-comprendre.


 

Antérieur ontologiquement au langage ; le sujet

Sauf que ça ne fonctionne pas, pas intégralement. Bien que le pensable fut intégralement construit et a imposé qu’il puisse exister un monde universel, monde qui n’existe pas mais manifeste le pensable (la vérité intégrale) comme pensabilité (on peut varier le pensable, absolu et unique, en pensabilités, diverses et différentes entre elles).

De sorte que le fondement de la pensée se révèle comme n’étant pas « de la pensée » (cad objectivement définie, abstraitement) mais s’origine dans un sujet-qui-pense. Ce qui est changer absolument de régime d’être.

On y est encore. Puisque l’être-libre est ce qui détermine intégralement un autre monde. Cependant croire que l’être-libre l’est sans l’universalité est une absurdité. Cartésiennement le libre n’est pas une unité valant exclusivement et il n’est pas non plus comme faire-valoir d’une « raison » (bien que presque tout y aille en ce sens) mais est un dispositif. Une complexité que la réduction au libre-seul rendrait impossible. Une complexité qui se varie pluriellement entre l’infini simple et la multiplicité, réduite par ailleurs à l’étendue.

Or pourtant la simplification eut lieu ; partout et en tous sens.


 

L’effectivité comme ontologie (comme raison devenue)

C’est que l’être-libre comme fondement unique, exclusif, comporte, même oublieux de son universalité, est la raison en acte. Ou si l’on veut comporte l’effectivité elle-même. « Effectivité » veut dire ; que l’on utilise telle quelle et qui est de par soi rationnel (qu’on le sache ou le veuille ou le désire volontairement ou non ; on est immédiatement libre).

Jusqu’alors évidemment le libre revenait à notre être, de fait ; il y est structurellement. Mais que l’on puisse le dire, l’exprimer, lui permet d’entrer dans le langage ; lequel langage est déjà non plus le langage premier, mais le second, celui qui ayant réfléchi sur son activité, le dérive, l’entraine vers l’être, cad la surface nue, vierge, neutre, ayant ses propres contraintes qui ne sont plus celles de la synthèse particulière d’un monde particulier, mais celles de la logique, de la cohérence et de l’adéquation en un monde unique ; l’universel s’applique partout. De même l’être-libre. Il impose son monde. Mais comme tel il est-déjà réflexivité.

Mais le libre est surface vide, neutre, formelle. Il est immédiatement qui il est. Il est déjà idée, et idée pure parce qu’intégralement adéquate à son être (son idée est son être, parce que son être est son idée, laquelle est seulement et rien que le libre pur).


 

Le retournement

N’ayant aucune détermination, mais existant comme forme pure, chacun ne peut avancer plus loin dans son concept ; aussi recherche-t-il désespérément des contenus, et on s’empresse éperdument de lui en fournir. Il existe une confluence de demande et de réponse ; parce que l’être-libre est absolument vide.

Et si l’être-libre se retourne lui-même vers l’ancien universalité, il n’y comprend rien ; parce que l’ancienne formulation (du vrai, du bien et du beau, de la Kultur et du partage universel du savoir, etc) lui parait antérieur, inférieur à l’exigence ultra dépassante du libre-pur. 

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L'intention d'exister

13 Juillet 2012, 20:20pm

Publié par zwardoz

Que notre être soit une structure, pure forme vide, ne signifie pas qu’il soit juste une fonctionnalité, fut-elle éminente. 

 

Mise en forme

Que fabrique une forme ? Elle met en forme. Mais on y est tant habitué qu’on ne l’aperçoit pas. 

Elle ex-siste dans les contenus (qui sans quoi non seulement n’existent pas mais surtout ( !) sont incompréhensibles, des traces sur le papier, une perception sans personne, etc). 

Sans doute aucun peut-on élaborer des archéologies de tous les contenus ; et ces contenus se distraient en d’innombrables sens, puisque leur fond, leur base, leur forme est en dehors ; elle renvoie indéfiniment. Parce qu’elle s’est construite indéfiniment. Au sens où tout horizon renvoie à d’autres (évidemment pas infiniment, mais notre limitation de remontée dans les contenus nous les rend ardus). 

 

Les horizons

Mais d’un autre point de vue, de l’Autre point de vue, tous les contenus sont des « là », inertes, morts, poids morts. Ce qui compte seul, c’est la fabrication des horizons. 

Et cela vaut tout autant pour tout un chacun ; le pire serait d’une personnalité enfermée dans un seul horizon méprisant. Une intentionnalité qui ne serait pas en expansion retranche cette intentionnalité dans un obsessionnel ; ce qui est encore une intentionnalité mais inversée, en tant que la Forme peut tout autant détruire (active ontologiquement) que produire (active ontologiquement tout autant). 

Et n’ayant pas de contenu, ce qui se détruit c’est la structuration des contenus ;pour l‘intentionnel comme forme tout est contenu quelconque, si pour l’intentionnel comme contenu, tout contenu a un Sens ; et l’on perçoit cet objet de Sens comme une réalité désirable. Le désir est ce qui déporte l’intentionnel dans un endroit du monde. Le structurel en lui-même ne désire rien sinon son propre exercice. 

Et c’est cela qui travaille toute personnalisation, étant entendu que la personnalisation est la pointe extrême de la réalité du structurel dans un monde humain (lorsqu’il est a minima humanisé, et donc sous couvert de l’universel abstrait, dont l’être-libre est l’être concret). Humanisation personnalisation et largage du sujet dans les mois. Le moi qui recule indéfiniment son horizon, l’animant d’objets, mais aucun qui ne fasse retour sur, puisque cette forme est son être même, dont il ne sait pas quoi faire. 

Et n’étant que simplement formelle, cette intentionnalité n’est pas un quelque chose qui s’appesantit sur un quelque chose ; n’est pas un moi qui sacrifie telle partie. Elle est cette partie. Etant formelle elle se coule dans telle partie du corps, telle image, telle identité. Elle ne s’oppose pas du tout à l’inconscient, ou quelque obsessionalité trainante. Il faut entendre donc que la forme est littéralement ce dont elle prend forme, elle s’y oublie totalement presque, puisqu’elle n’a pas une unification qui l’identifie. Sauf que d’une certaine manière se maintient un horizon fut-il rétréci : la forme qui n’a pas de contenu, certes se désespère d’être absolument sans visage aucun, mais de cela peut reprendre radicalement cette émergence (à partir de physiologies non lésées) partout. Son invisibilité est son émergence invincible, et douloureuse pour quiconque demeure un moi-même psychologique (ce qui est une nécessité dans la détermination, et il n’est que de la détermination).  

 

L’activité pure

Et l’opposé de cette clôture sur une partie (du corps, du signe, d’une signification quelconque) n’est pas lui-même quelque chose ; mais l’activité pure. L’activité pure de vouloir. Le détachement est le plus empire ; celui qui tente de poser au-devant non plus tel ou tel objet, telle partie, tel signe, mais qui veut dimensionner les intentionnalités elles-mêmes. Ce qui est impossible. 

Impossible sauf que le plan, la surface et le plan, le point de vue de la structure est non pas en tel contenu, (aucune intentionnalité n’a un contenu idéaliste, qui serait soit le concept, soit le « sens » phénoménologique), mais est le stratégique. 

Comment amener les intentionnalités (que l’on ne rompt pas) à se plier en telle orientation ? Sinon d’élaborer, par-dessus, des stratégies ? 

Les stratégies intentionnelles plongent dans l’impossibilité ; elles se bagarrent pour remonter tout au long de la sérieuse intentionnalité des contenus. C’est par exemple, l’idée de soi. 

Il convient parfaitement à un être-libre (cad au fondement de n’importe quel moi en tant que moi-même) de non pas s’afficher comme image mais comme idée, littéralement, bien que cette idée soit recouverte, puisqu’immergée dans la détermination et que le foyer de cette détermination est l’intentionnalité qui se veut inerte, dans l’immédiateté, confond son corps comme fondement incompréhensible mais point obscur qui lui facilite de non-être (puisque l’intentionnalité ne peut pas « être »). 

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Du non-sens de tout (et de sa logique remarquable)

10 Juillet 2012, 10:15am

Publié par zwardoz

Il ne suffit donc pas de dire que rien n’a de sens ; que ça ne va nulle part qui nous satisfasse. Il faut dire que ça avance par une orientation qui ne nous convient pas. Nous voudrions nous replier sur notre quant à soi, mais la structure formelle de notre être nous en expulse, et cette finalité traine en longueur c’est que nous résistons. 

L’être de conscience est une totale expulsion. Il épuise la détermination, le monde, le donné, le vécu. La société humaine, le « là » immédiat et les vies dans leur détail même. 

Le problème étant ; puisqu’il abomine la détermination, il est cependant lui-même, étant purement formel et vide, sans repère, du tout sans aucun marquage, il est déjà déterminé et doit toujours si il veut avancer, reprendre la détermination en cours ; il n’a aucun moyen d’expression que de reprendre la détermination et l’abominer encore plus loin. On ne peut pas dire de but en blanc la structure que l’on est (malgré soi, malgré le quant à soi, malgré l’entre soi), parce que la structure n’est pas, est inexistante. 

Elle se conclut du monde, du corps, de ses dispositions, et en émerge mais larguée alors dans le vide. Et pour continuer d’être, elle relance la détermination et tente une fois encore de s’y exprimer ; elle manque à tout coup. Elle utilise ce qui lui vient, mais aussi ce qu’elle a déjà mémorisé ; l’ensemble culturel tel ou tel, ce système de signes là. 

Elle est déjà inscrite comme identité, telle culture ou telle personnalité, mais ça ne lui importe pas. 

Ça n’est pas qu’il n’y ait aucune vérité à être un-tel ou ressortissant de tel ensemble culturel. ça ne vaut que par ce que cela ouvre (et ferme). Toute détermination ouvre et ferme une expression, et si cela, cette expression progresse, et qu’il y ait un réel progrès, bien effectif, ça ne vaut pas en soi mais parce qu’alors la structure peut dévorer plus encore de réalités, diverses, multiples, et absorbe la richesse, la détermination. Elle dévore. 


Autrement dit ce que l’on nomme progrès, est le devenir structurel. 

Ou encore, les divers mondes humains s’épuisent et ce qui est démantibulé, c’est par exemple que la Parole soit le moyen d’organisation des mondes humains ; il n’y a plus de Parole partagée, d’une tribu restreinte sans écriture. On a remplacé cela par le symbolique, cad par les religions, articulés autour d’un texte sacré (écrit donc) et en vertu d’une communauté de partage oui, mais imaginaire. Mais le symbolique s’efface lui-même. De même les échanges étaient régulés par le Sens (de la parole ou du sacré), mais il ne reste plus que de purs échanges libérés de toute entrave. Pareillement la production fantasmatique des mass médias, une production titanesque qui nourrit l’irréel de chacun. 


L’irréel, de l’imaginaire au fantasme personnel

Autrement dit, lentement l’humain passe de l’irréelle gestion du donné, à un réalisme, une nudité, un être-là entièrement délivré de l’irréel. 

Chacun centralise alors la production d’un irréel personnel, parce que sinon d’exister est insupportable. Non seulement « ça n’a pas de sens » mais surtout le structurel qui veut structurer sans parole, ni sacré, ni sens, tourne à vide. Et ceci ce tourne-avide est un tourment singulier ; c’est un manque, une folie, une dangerosité au bord de chaque gouffre individuel, délié de tout système de parole ou de signes. Le gouffre est ouvert, parce que l’humanisation (qui croyait aboutir à une égalité de vue sereine dans l’universel de partage cultivé, chacun s’animant d’être reconnu par tous et tous par chacun) l’humanisation se heurte à cette déchirure définitive ; l’être structurel (du libre-pur par ex, de la conscience individuelle, de l’objectivité totalement effective, du nombre ou de l’argent, etc) brise les mondes. 

Inversement ; ce que l’on nomme le bonheur ou la liberté chérie, ne valent pas en eux-mêmes ; mais par ce qu’ils augurent. Le bonheur si il n’est pas d’une odeur douçâtre, est la mise en œuvre des meilleures dispositions possibles qui puissent pousser à être l’être conscient en tant que ce qui seul vaut est la conscience même. 


Le gouffre indéfini

Or la conscience est un gouffre, abyssal. Elle ouvre l’indéfini. Dépouillée de tout, et bien qu’ayant à retravailler sans cesse de la détermination, et ayant à acquérir personnalisation en sus de l’humanisation (universelle), elle mène un tout autre jeu et use de cette humanisation ou personnalisation en vue d’un autre plan, et essentiellement d’une autre logique.


Les anciennes formules, parole et universalité

On en sait plus ce que l’universel (idéal de partage d’une acculturation, d’un processus culturel entier prétendument et distribué comme idéal de chacun de rejoindre la grande messe de la pensée, du bien, du vrai, du bien, du bonheur, de la liberté sage et raisonnée) promettait ; une humanité assagie. 

Mais on ne sait plus, encore moins, ce que la parole (partagée entre tous dans une communauté restreinte et qui échangeait avec sens et mythèmes, telle chose du monde, d’un monde particulier qui se pensait comme Tout significatif en chacune de ses divisions liées entre elles et qui échangeait et communiquait de vive voix, face à face dans une communauté réellement là) déroulait comme Tout de sens (affectif, émotionnel, perceptif, parlé, vécu). 

On en sait plus également ce que le symbolique d’une communauté imaginaire par laquelle chacun se reliait en esprit d’un être central absent qui renvoyait à ce monde-çi mais en supposant une vision intérieure symbolisée (puisque cette communauté n’existait pas dans le fait de la vie, chacun étant séparé). 


L’être froid

Tandis que chacun est tel-quel livré radicalement à son être-ici, absolument séparé, et dans la division la plus totale et abandonnant de fait tout liaison irréelle, de parole ou symbolique. Chacun produisant avec terreur sa liaison non plus seulement imaginaire (qui s’effectue en esprit commun), mais liaison fantasmatique ; parce qu’essentiellement chacun doit prendre en charge son corps. Se l’expliquer. Ce qui est inexplicable et incompréhensible. 

L’usure

Il est alors inutile de croire rassembler l’humain en une essence, un tout, une unification ; n’importe quelle humanité mais aussi n’importe quelle personnalisation sont seulement utilisées par l’être-structurel qui broie et épuise et passe à autre chose et donc retravaille un donné là (qui lui est purement indifférent sauf en ce que « bonheur » veut dire « encore plus » de richesse de détermination ou d’information à se mettre sous la dent). 


Le sujet uniquement structurel      (qui va-vers quoi ?)

Que tout n’est pas de sens, c’est évident, mais que cela ait une logique est essentiel ; nous avançons de l’irréel au réel pur. Les mondes humains précédant l’humanisation universelle, elle-même aboutissant à la personnalisation, centrée sur la plus petite unité qui peine à se maintenir, qui ne sait pas ce qu’elle affronte, l’abomination des abominations, le gouffre dévorant qu’est en chacun le sujet-caché-dans-le-moi, la forme vide qui est (et bien que l’on ne sache pas ce qu’elle signifie, elle continue à se déployer instantanément).  

 

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Structure du libre

8 Juillet 2012, 15:24pm

Publié par zwardoz

Le sens, la personnalisation, l’humanisation, morale ou bonheur sont donc, du point de vue de pure structure, des fonctions. Mais aussi le nombre ou les idées, de même que les politiques ou les inconscients.


La faiblesse absolue

Le problème est que la structure est infime et n’est pas du tout une volonté forte ou un conscient architecturé. C’est une incartade, un interstice, un en-plus qui s’abreuve de tout le reste et c’est tout le reste, le monde, le donné, le vécu, la détermination, qui seuls existent.

De même on n’a pas accès à la structure intentionnelle ou attentionnelle, elle est. Elle est la surface sur laquelle tout se projette ; il est bien des replis, des quantités de replis mais aucun ne remonte en deçà, pas avance, au préalable. La surface projette tout au-devant sans jamais être atteinte elle-même de ce qu’elle touche, engendre, subit, reçoit, creuse, de l’ensemble indéfini des expériences possibles.


Le(s) conscient(s)

Les replis se donnent parfois comme conscients d’eux-mêmes ; ce qui n’est pas faux, mais n’est pas complet ; il manque constamment que telle motion consciente est elle-même déjà comprise dans une plus grande intentionnalité, mais qui n’en est pas une ; c’est un horizon. L’horizon est échappant. L’intentionnalité se donne ou se prend dans un objet. L’attention est ponctuelle.

N’étant pas déterminée, mais se déduisant des déterminations, la structure accepte tout « ce qui vient » ; elle s’identifie en somme à la perception généralisée ; elle est ouverte sur ce qui arrive, et perçoit même avant de penser quoi que ce soit, puisque penser est un repli, une activité. Le champ de l’attention n’est pas omniscient, ni de totale puissance ; mais au contraire se laisse investir et contraindre, elle se glisse dans la perception, le corps, le souvenir et les mémoires, les systèmes de signes. Etant retour-sur elle ne s’impose pas mais disparait dans les fonctionnalités, dont de toute manière elle se déduit. Elle en émerge et ne s’y oppose ne rien. Sauf en quelques replis ; quelques durcissements, mais ces durcissements, ces solidifications sont elles-mêmes incluses dans un champ, un horizon (sinon l’attention se figerait absurdement et sans parvenir à en sortir).


L’unidimension

Son être n’est donc pas de produire une unification forte et surdimensionnée ; puisque de dimension il n’en est qu’une seule, absolument plate et sans identité ; de là qu’il faille laisser être l’être même des choses, de soi-même, des autres ; la dimension (la seule et unique) advient en plus, et n’ayant pas de contenus, cette forme s’augmente de n’être pas soi.


La richesse et l’universalité

Evidemment cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas d’unités, d’unifications ; puisque la forme dépend dans la détermination, de la configuration même des fonctionnalités, de l’intégration de toute cette détermination. Mais manquant de tout, de tout déploiement dans le monde, le donné ou le vécu, la forme, la structure de notre être n’en conserve pas moins sa propre possibilité et de fait ne manque de rien. Même si multipliant la détermination, agrandissant les facultés et les fonctionnalités (dans un milieu sociétal indéfiniment riche idéalement), il est clair que la pluralité offre à la dimension structurelle mille et une occasions.

Il n’est pas certain cependant que la richesse pousse à être d’autant ; la gestion de cette multiplicité peut tout aussi bien accaparer et éteindre non pas les mille et une occasions, mais la certitude et l’impact de l’intentionnel. Ce qui remonte dans la multiplicité et la richesse, c’est la puissance du monde, du donné, du vécu, la complexité des personnalisations ; or la structure est en elle-même absolument simple.


Dilatatoire

Absolument simple et toujours totalement acquise à elle-même (en ce sens qu’elle ne s’appartient même pas, en ce sens qu’elle n’appartient à rien, ni quoi ou qui que ce soit). Il est donc au cœur même de la richesse, de la personnalisation complexe comme de l’humanisation augmentée (par l’interface de l’universel, de l’Etat aux sciences et à la Kultur, classique, de partage égale entre tous), il est donc un décrochage singulier.


La singularité

La singularité est au cœur de ces deux foyers intenses, la richesse des informations (relative à la personnalisation) et l’universel (relatif à la réalisation de la révolution unique libérale, au sens adéquat et non perverti, idéal, le libéralisme universel et non les libéralismes secondaires idéologiques). La singularité est la décision absolument individuée que ni l’universel ni la richesse ne résolvent quoi que ce soit. En nommera Rimbaud ou Artaud ou qui que ce soit … Parce qu’aucune personnalisation ne se suffit en son identité (ses identités) ; la personnalisation est l’effet d’une structure dite non pas individuelle, (qui réclame ce resserrement des conscients) mais individuée.


Individuée se dit « d’un point donné là dans le monde, le donné, le vécu ».

Bien qu’il n’en veuille pas la plupart du temps, il est l’aboutissement de l’universel (réalisé historiquement par la révolution unique) et de la richesse (le déploiement de l’universel comme liberté pure). Il ne peut pas exister sans cela ; mais comme il est, lui, l’être-libre absolument (qu’il le veuille ou non, chacun est ainsi serti dans le monde-là, le monde étendue), il prétend négliger et l’universel et la richesse (dont l’essence est l’information, et non seulement l’entassement). Libre il se tient « de par soi » dans l’ignorance plus ou moins avertie.

En quoi donc l’universel fut dépassé (au deux sens de dépassé objectivement et submergé) par sa concrétisation dans le monde, donné, là ; par et dans le libre-pur. L’être en tant que libre, cad sans-rien. 

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L'être de l'homme est ce qui existe à peine

5 Juillet 2012, 12:00pm

Publié par zwardoz

L’être de l’homme comme structure formelle pure

Le structurel est donc ce qui n’apparait pas sauf qu’il agit constamment dans la mise en place de nos déterminations ; sous deux formules.

Puisque notre être est de simple retour (il est simple puisqu’il est formel et demeure de cette manière constamment dans le Un ; il n’est de Un que d’une forme), il supporte absolument toute forme de passivité ; il disparait de toute manière par nature, par essence, dans ses contenus. Le problème n’est donc pas seulement cette disparition mais son mode d’activité.

Etant pure forme, intentionnelle ou attentionnelle, il glisse de tout contenu vers tel autre ; il est seulement un rapport ; il est d’instituer un rapport entre deux signes (ou entre un signe et un objet, ou une trace mémorielle ou perceptive quelconque).


Horizon intentionnel

De ceci on en saisit que toute intentionnalité ou attentionnalité se constitue comme horizon ; lequel comme il s’entend, recule. On ne sait pas jusqu’où il peut se retirer ; et il n’est pas nécessaire de positionner un horizon « définitif » puisque pure forme, l’intention ne tient pas du tout en cet horizon, qui est seulement la toile éloignée sur laquelle elle projette ses signes, ses rapports.

Mais que cet horizon existe veut dire que tels signes posés sont sur fond de rapports potentiels, aussi sous entendu ou possible, perceptibles que mémorisés. L’horizon désigne la possibilité des rapports ; on n’en peut rien tirer en soi, ce sont les signes actuels qui valent, bien que par ailleurs ils ne valent que par et via un horizon (sinon ils ne possèderaient aucune latitude dans leur jeu).

L’intentionnel, l’attentionnel, la forme est essentiellement mouvante ; elle peut aussi bien parier selon tel signe ou objet actuel que sur et vers uniquement l’horizon lui-même ; cad les potentialités de tel objet ou de tel signe.


Le sens

Tout ceci conforme la globalité du Sens ; il oriente en tous sens, de fait, qui ne recèle rien en dehors des cercles concentriques, excentriques sur l’horizon global. On ne peut donc rien en tirer en lui-même ; le sens qu’il indique tout au loin dans l’horizon est constitutif mais non pas résout notre être effectivement réel. Puisque les rapports finissent par retourner soit aux cercles antérieurs, soit à l’horizon vague qui est une constitution structurelle. Autrement dit, il faut qu’il y ait un horizon, mais non par aboutissement du sens mais par effet de retour vers. Retour vers la structure active ou passive de l’intentionnel et de l’attentionnel.

On ne peut donc en conclure rien de quelque contenu de conscience que ce soit. Tout contenu est interne à l’acte même d’intention ou d’attention.


Le vide formel comme point unique et unilatéral

Par cela on voit qu’il n’est rien de conclusif dans la conscience ; par contre celle-ci se tient et se maintient comme structure. Même en tant que simple retour-sur (et apparemment en cela dépourvue de toute « réalité » au sens où elle n’est aucune détermination) elle informe en ce qu’elle crée la structure réelle qui seule compte et qui ne contient rien en elle-même mais qui use, épuise le monde, le donné, le vécu.

Elle n’est aucune détermination ; ni de perception ou de ressenti, de pensée ou d’image du corps ou de soi, etc, et donc se constitue à partir de signes ; puisqu’elle est uniquement rapport entre deux. Entre toute sorte de « deux » éléments. Et il est clair que l’organisation ou plutôt la méta-organisation de tous les éléments possibles, privilégie les signes ; puisqu’un signe n’est lui-même déjà qu’un rapport.

De rapport en rapports on n’aboutit à rien ; sinon qu’il existe une structure qui tient de par son activité pure (laquelle est aussi passivité en ce que cette passivité n’est pas « inerte » mais « réceptrice activement »). Qui rend impossible qu’il puisse exister quelque contenu que ce soit supérieur en intensité à cette structure même. 

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