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instants philosophie

Réalisation du libre pur

30 Octobre 2013, 10:08am

Publié par pascal doyelle

Il n’est donc pas de fin à la philosophie puisqu’elle met en jeu cela même qui a bouleversé l’humanisation en la portant au réflexif (le réflexif est la révolution, et non la philosophie qui en rend compte seulement bien qu'inventant une part et accélérant en tous cas tout l’ensemble), à la puissance deux, au carré et ce qui pèse sur les épaules de chacun, de chaque conscience, transperçant son identité de « moi », sa personnalisation.


On peut nommer cela « vérité » ; soit donc l’assujettissement par la pensée ; la pensée en tant qu’elle nous rend sujet (et nous menace également d’écraser notre être-libre). Toute énonciation qui remplit notre être vide et formel, individué, l’élève au-delà de lui-même en le ramenant à la série ; la série de toutes les consciences qui se retrouvent en un énoncé qui étant vrai et réel accorde toutes les libertés (question, pour-nous : augmenter le discours et l'universel par la Règle et le singulier).
Ceci repose dans la formulation universelle en tous les cas en un principe : qu’il est une description adéquate de la réalité, de la nature ou de l’humain, et que cette description soit exacte et clôturée ; elle est exhaustive et identique en tous. Que cette vérité soit dite réalisée déjà, ou qu’on la prévoit et la suppose un jour ou idéalement et que dans tous les cas alors elle soit le principe (de toute résolution ou toute action).


La position inverse est celle du réel tel quel ; il n’est pas de vérité qui réunisse toutes les consciences ; par contre il est cette vérité « toutes sont libres » ou plus exactement en détiennent la possibilité (autrement dit on n’affirme pas l’existence de la liberté, comme une sorte de chose acquise, on qui serait déjà immédiatement réelle, ça n’a rigoureusement aucun sens, mais la possibilité de déployer du libre ici et là, ici ou là). Que toutes soient libres, n’est pas du tout non plus un principe présenté comme pétition de principe abstrait et n'affectant pas d'effets ; parce que les êtres-libres forment système. Le système évidemment purement formel. Autrement dit ; il n’est pas de vérité (qui réunisse tous) mais ils sont libres, et cela forme système. Et c’est le seul système qui vaille et le seul qui soit réel.
Puisque l’on n’a jamais pensé le libre autrement que faire-valoir (d’un savoir, d’une connaissance, d’un contenu) ou comme seulement révolte et négation, on ne comprend pas a priori que le libre soit le système lui-même ; on se dit que le libre est ce qui rend les choses et les êtres possibles (qui vaquent à leurs occupations, tout simplement) mais non pas que le libre est cela même qui veut exister et cela même qui est vécu réellement.
Pourtant il est clair qu’il n’existera jamais de vérité qui les réunira tous, excepté qu’ils se considèrent tous tels. La vérité qui définit ce qui est (ou qui sera vérité ou qui est de toute éternité vérité) impose au libre et l’éradique, mais le libre pur et simple non seulement se valide de par soi mais permet toutes les vérités (exception faite du libre même ; aucune vérité, quelle qu’elle soit, ne peut annuler le libre pur).


Si on se demande quel système formel engage, fait exister le libre pur, c’est celui là. Celui-ci. Celui qui est déjà-là. Sous nos yeux.
C’est le système formel du libre pur qui s’est installé sur le monde. Ce qui ne le présente pas tel, en l’état, comme totalement réalisé ni complètement réel ; c’est une évidence. Nous n’en sommes qu’au tout début du système formel du libre pur. Il n’est pas dégagé en lui-même, et se mélange en quantité de déterminations, en lesquelles il et tous nous nous prenons les pieds.
C’est le système formel du libre pur qui s’est installé sur le monde, comment en aurait-il été autrement ? Comment aurait-il pu ne pas être ? Nous sommes déjà engagés par et pour le système formel, c’est uniquement divers colifichets agités sous notre nez qui nous cachent sa réalité.
La formule est simple en soi et peut s'illustrer (mais pas seulement) : les sociétés humaines sont fondées sur des constitutions qu’elles ne respectent pourtant absolument pas. Elles reconnaissent par la constitution leur être ou le début de leur être formel, mais nul part cet être, ce système, cet embryon de système purement libre et adéquat n’est vraiment voulu et décidé et encore moins inventé en plus d’être pensé.
Puisqu’il est quantité de pouvoirs, de toutes sortes, qui s’imposent, de nier la constitutionnalité de la réalisation humaine, il est peu rationnel d’admettre et d’accepter une telle aberration, une telle contradiction intégrale de tout ce que l’on est (cad de tout ce que chaque libre peut être et qui, barré par les pouvoirs et les abus, est annulé dans son être même). Il faut donc non pas chercher on ne sait quelle vérité qui remplacera l’abus (qui adore user de vérités de toutes sortes), mais affirmer l’existence ici et maintenant de ce qui est libre et déjà prononcé, énoncé dans les termes constitutionnels eux-mêmes (entre autres donc). Rêver non pas dans l’imagination d’un irréel ou d’une vérité dont on ne voit pas du tout les prémisses, mais l’application effective, bien que mesurée (nous sommes dans la réalité et non le rêve), de la constitution réelle.

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Philosophie pas morte !

28 Octobre 2013, 16:07pm

Publié par pascal doyelle

Le jeu de rôle de la philosophie

On a cru un temps s’assigner de ce vide en la raison. Ceci étant fondé dans l’universalisation qui comblait le réflexif pur et simple par sa, ses constructions philosophiques.

De cela on ne sort pas, on ne peut pas sortir. L’universalisation est l’effet concret de la réflexivité (qui est « ce qui arrive à toute l’humanisation »), et ne s’en sépare pas ; la réflexivité est ce mouvement qui récupère toujours constamment tout ce qui est réflexif ; Platon nous est infiniment présent, Dieu ou n’importe quelle réflexivité, serait-ce bouddha ou Confucius, etc. Evidemment tout cela en son lieu et place (dans la compréhension de ce qui s’est formulé en tel et tel cas).

Rien de ce qui est, ne nous est étranger de ce point de vue là.

On ne sort pas de l’universalisation, même selon les contemporains ; il se trouve que l’on remplace la raison par le langage, le désir, l’inconscient, la vie, la force et puissance, etc. tout cela prend place en tant que substitue à l’universalité. Et là où l’universalité nous renvoyait à notre jugement (après tout il fallait juger de la vérité de tel ou tel argument), par contre nos modernes prétendent que ceci ou cela, n’importe quelle partie du monde, du donné, du vécu, est non seulement le discours qui décrit cet universel, mais qu’il montre la réalité, telle réalité « en dur » et de ce fait se flatte d’être ce discours incontestablement « vrai et réel ».

Ce qui est assez peu rationnel. De ce que les sciences décrivent effectivement des objets qui fonctionnent et sont tenus pour vrais et réels (en ce sens là et non en un autre qui extrapolerait ce qui est appréciable de tel objet isolément vers l’ensemble de ce qui est), on croit durablement tenir pour avérés des objets partiels que l’on énormisent et par lesquels on entend traiter ces ensembles que sont les sociétés humaines, les personnalités, les devenirs et l’historicité.

Cependant toutes les occurrences sont bonnes à prendre et les causalités qui nous conditionnent sont ainsi reconstruites, il suffit juste de ne pas mélanger ce qui s’en distingue. Il faut laisser la raison métaphysique là où elle s’est déployée, cartographier les renouvellements de l’objet spécifiquement philosophique, laisser se dessiner les destinations éventuelles ; les hypothèses diverses, toutes les argumentations sont prises dans un mouvement que l’universalité tentait d’identifier mais que les propositions modernes ramènent à des objets partiels.

Mais bien sur la philosophie ou les philosophes ne laissent pas les choses en état, en état de choses ; ils performent, ce qui veut dire transpercent la réalité, les réalités (enfin des discours que l’on prend pour les réalités surtout), et quand bien même ne le voudraient-ils pas, le réflexif en eux les poussent invinciblement de son principe propre ; il y eut donc d’innombrables percées, parfois hors de toute raison (mais peu importe puisque le réflexif est antérieurement à la « raison ») et souvent plongeant dans l’ontologie pure et réelle du dit ‘sujet’ (dont on ne sait toujours pas ce qu’il est, ni encore moins ce qu’il peut).

Il est donc faux de prétendre que la philosophie soit en difficulté (en quelque sens que ce soit) et enfin présenter que Stirner, Kierkegaard, Heidegger, Bergson, Nietzsche, ou Lacan, ne lancent pas des sorties hors de la philosophie ; ils réalisent au contraire la philosophie elle-même encore plus loin et plus profondément. En ceci que la philosophie a pris en compte l’atteinte absolue qui a transpercé l’humanité ; le méta mécanisme réflexif.

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La philosophie comme activisme

27 Octobre 2013, 11:41am

Publié par pascal doyelle

La difficulté de la philosophie tient en ceci ; lorsque l’on pense ce qui est, on se modifie soi-même ou plutôt on modifie son être.


Le quelqu’un de base
Habituellement on fait défiler les choix, les objets, les autres, etc, au devant de soi ; on en juge, désire, envisage à partir d’un être qui est « moi-même » et offre une stabilité. Aucune pensée ne vient relativiser cet être « moi-même » (du reste est-il atteignable vrai une prononciation seconde ?). Il est ce à partir de quoi on existe, se vit, rassemblant plus ou moins ce qui arrive, pivot ininterrogé.
A partir du moment où l’on veut penser philosophiquement, cet être « là » est annulé, et cesse ; on ne sera plus que ce à partir de quoi, de qui on « a » conscience. Ce dont on a conscience doit devenir ce que l’on est, sans que se présuppose un être réel. Il est une sorte de tourbillon, d’égarement à ne plus se garantir d’un pivot stable et ininterrogé, simplement là, ce corps, cette identité, cette personne, mais d’admettre que ce sera la pensée énoncée qui fera retour et viendra exister en tant que « nous ». Littéralement ça n’a pas de sens ; on incrimine la philosophie, de croire bâtir notre être de ce qui est énoncé, étant entendu, et c’est absolument compréhensible, que normalement quelqu’un pense et que la pensée, l’énoncé n’est pas « quelqu’un » mais n’est qu’idées appartenant à quelqu’un.
Le quelqu’un est la base spontanée ou déjà là, et ensuite il y a des idées qui parlent de choses, d’objets, de décisions (de quelqu’un pour ceci ou cela), mais non pas que l’on soit « une pensée », qui comparativement parait être en mesure de vadrouiller en tous sens, sans rime ni raison, au hasard ou ne se justifiant pas d’une personne.


La totalité comme impératif interne
Il ne s’agit pas tant de penser tout ce qui est ; ceci est une conséquence, qui peut paraitre absurde ou prétentieuse, une conséquence qui résulte de la nécessité de faire le tour de la pensée, étant entendu que l’on va « être » la conscience que l’on « a », et non plus avoir des idées à partir d’un quelqu’un qui est déjà, et que donc toute l’énonciation se veut intègre et intégrale ; elle occupe tout le champs de ce qui est possiblement. Si l’on est l’idée que l’on a, il apparait nettement qu’il est préférable de posséder entièrement cette idée, de la parcourir complètement et non à moitié ou au quart. Si l’on devient l’idée que l’on a, alors que l’on n’est plus soi-même quelque « un », cette idée doit couvrir le maximum de pensées et se posséder intégralement ; elle est nécessairement la pensée de tout (de tout ce que l’on va avoir à être, de tout ce que l’on vit, de tout ce que l’on perçoit, de tout ce qui est et même de tout ce qui n’est pas, de ce qui pourrait ou est antérieurement à tout existant réel simplement possible abstraitement).
On fait face à ce vide formel que rien ne précède et qui ne se définit a priori par rien, et n’existe que de s’énoncer. Ce qu’il va être repose sur son énonciation.
Il ne faut pas se centrer sur les définitions qui viennent immédiatement à l’esprit ; l’homme comme animal raisonnable, le sujet idéaliste, la raison comme corpus tout constitué, etc. ce sont des acquisitions secondes à partir d’un être vide mais formel qui produit son être ; son être est constitué finalement de par soi en tant qu’il s’énonce et donc refuse d’être un « déjà-là » qu’il ne maîtriserait pas.


La supposée aliénation ou illusion
On peut facilement objecter que cette production d’une idée de « soi » (de ce soi formel) est elle-même un jeu de dupe et qui va valider ou justifier des conditions d’existence ; l’idéalisme serait une idéologie, ou la théologie, etc. mais cette dénonciation occupe elle-même l’identique position qui consiste à reprendre en main l’énonciation ; c’est à partir du vide formel que l’on se révolte contre les justifications idéalistes ou autres, on repart ou tente de repartir de zéro en présupposant que les conditions économiques ou les habitus sociologiques ou les aliénations seront levées. De fait la philosophie est depuis le début le soulèvement contre le donné accepté tel quel ; la dénonciation des conditions est tout autant le même cadre formel qui pousse à ne pas accepter ce qui est tel que cela est sous prétexte que c’est existant.


L’abstraction supposée
Parce que si l’on commence d’être à partir de ce que l’on énonce et non pas de ce que l’on est déjà, de qui l’on est, il est clair que tout étant, tout existant, chose ou être, est pris dans le mouvement et doivent être eux-mêmes remis et n’être accéder que par l’énoncé. C’est aussi ce que l’on a pu au fond reprocher à la philosophie ; de reconstruire abstraitement à partir d’un énoncé « qui n’existe pas » (et l’on peut affirmer que dieu, les mathématiques, l’idée, la liberté, le sujet, etc, n’existent pas, selon son orientation).


Le rond-point étourdissant
Mais la reconstruction que veut opérer la philosophie ne peut pas être séparée de son « entité » ; que l’on commence d’exister à partir du cadre formel qui se tient en cohérence. On remarquera que dieu, les maths ou la liberté ne sont pas admis tels quels philosophiquement ; la liberté par exemple n’est pas un faire n’importe quoi, n’importe comment ; dieu est explicitement réintégré en un autre processus que de seule foi et croyance.
La philosophie est seulement de porter réflexivement ce qui peut être de telle sorte que tout donné soit d’abord assujetti à l’énoncé ; de même que la politique se développe en veillant à ses propres intérêts et non plus en se soumettant à une royauté naturelle ou divine, une théocratie, une tradition quelconque (puisque chacun en politique doit assumer sa liberté, politique, en sa logique, d’assurer son pouvoir sur soi contre tout autre pouvoir). Ou l’éthique ou l’esthétique qui impose l’œuvre comme synthèse explicite du visible et valant chaque fois en et par soi, en chaque œuvre.
Mais de plus la philosophie tente d’isoler le mécanisme qui produit qu’il y ait une forme vide fondée sur son énonciation d’une part mais aussi sur ce que cela signifie, comporte, assigne dans le tout de ce qui est ; qu’est-ce que d’exister réflexivement (qui existe en divers domaines bien que la philosophie ait pensé un temps d’accaparer le réflexif, puisqu’il s’agissait de son objet propre et qu’elle a surgi afin de théoriser ce qui arrivait en l’humain).

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La mondialisation comme effet

26 Octobre 2013, 10:37am

Publié par pascal doyelle

Ce que l’on nomme mondialisation, soit le dépassement des Etats, de la formule étatique, est l’effet d’une désorganisation fondamentale du monde ; il n’est de réel que le privatisme de tout ce qui existe humainement (et naturellement de par le fait). Cela revient à ; ayant inventé la liberté, l’être-libre qui est à lui-même sa propre justification, tout et n’importe quoi est validé de par soi.

Ce qui équivaut à agir, décider, désirer, sans intelligence. Il est clair que si l’intelligence n’est pas de fabriquer, d’élaborer, mais de réfléchir, c’est un monde sans réflexion (ce qui ne signifie pas que l’on n’élabore pas quantité de processus divers, mais que rien n’est coordonné, rien n’est régulé).

Ceci revient à un égoïsme tout terrain ; aussi bien dans l’organisation ou les métaorganisations, mais également dans les objets mêmes de nos désirs.

Que l’on ne réfléchisse pas du tout, (et que donc il n’est aucune coordination, et donc aucune démocratie à un certain niveau, que l’on atteint rapidement du reste), signifie que le vide ainsi créé par le libre, est immédiatement rempli, rempli par des immédiatetés ; par de pauvres désirs et de pauvres stratégies, sans envergure, qui s’accumulent et ne mènent nulle part, s’effondrent et s’anéantissent.

Or cela seul qui puisse remplir le vide du libre (qui valide tout et n’importe quoi, sans coordination, et sans esprit, sans compréhension) est l’intellect ou l’entendement ou le savoir. Ce ne sont pas les connaissances ; elles se développent selon leurs objets et ne remontent pas dans la matrice, le logiciel de base. Et le plus étonnant est que les constitutions des pays, des Etats, comportent, elles, cette intelligence ; raison pour laquelle les constitutions, cela même qui définit les contrats entre citoyens, ne sont pas réellement appliquées. Il n’est aucune volonté d’appliquer les constitutions, et la puissance, la richesse se retirent des Etats, du droit, de l’esprit commun.

La mondialisation est donc d’outrepasser les Etats et les droits et les constitutions. Ou donc la dérive de tout Etat qui se transforme en étatisme ; l’Etat devient le contenu de l’Etat ou identique à la société civile, et oublie qu’il a pour fin, pour essence autre chose que lui-même ; l’essence de l’Etat est la démocratie. En réalité l’essence, la méta-essence du monde humain est la démocratie. Dont on ne sait pas ce qu’elle est au sens où on ne sait pas jusqu’où et comment elle peut exister.

La démocratie qui est le pouvoir sur soi-même ; le pouvoir pour chacun d’agir sur et par son vécu, son monde. si ce pouvoir s’accumule diversement en quelques uns, l’efficacité démocratique (qui est que « on ne se laisse plus faire par une distribution anormale du pouvoir », et qui contient que chacun réfléchisse et ait l’intelligence de son devenir), ces pouvoirs, ces méta-pouvoirs étouffent la réalisation ; ils imposent des finalités tout à fait immédiates et non pas réfléchies, et utilisent la Richesse (comme richesse de tous et de partage, suivant en cela l’universel qui est le partage du vrai, du bien et du beau, etc, mais surtout qui Est le Partage lui-même).

Dans la mesure où le privatif fixe tout ce qui est dans le monde, il atteint à la racine le vécu lui-même ; il remplace qu’il y ait en et par chacun une source vive, et en symbolisant cette source, la représentant, en la soumettant à autre chose qu’elle-même ; puisque cette source ne peut en réalité se représenter par rien, elle ne peut exister que de et à partir de soi ; toute représentation de la source qu’est chacun est un mensonge, et une exportation hors de soi. c’est se livrer aux autres, à tout autre, quelle que soit cette exportation elle s’inscrit hors de soi rendant impossible que l’on s’atteigne.

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L'Oeuvre selon Nietzsche

24 Octobre 2013, 19:25pm

Publié par pascal doyelle

Toute œuvre est supérieure en tout point ou en son essence à tout langage ; c'est autre chose qu'un Dire énoncé, et la réflexion qui prélude ou surgit ensuite, est prise-dans l'œuvre ; Rimbaud échappe en tous sens (sens des mots et sens perception et sens de la vie , du reste il a abîmé sa vie littéralement, puisque de toute manière il était déjà dehors, dans le Grand Dehors). C'est pour cela que Nietzsche a élu l'œuvre comme accomplissement non pas sans réflexion ou réflexion post ou antérieure mais aussi en tant que les réflexions sont contenues en l'œuvre (et donc supérieure à la philosophie ou à la vérité)
Et plutôt que de dire que l'on ne peut pas dire ceci ou cela (par la négative) et que l’œuvre s’en charge, il faut accentuer l'inverse ; on peut manifester la vérité en tant qu’œuvre, et réellement en un "Objet" absolu : c'est un acte qui prouve que (ce qu'il prouve est encore toujours en marche, en cours, en devenir et n’est stoppé par aucun énoncé).
Pour cela Nietzsche décentre la "pensée", la finalité n'est plus de comprendre (c'est un arrêt du devenir et l'art montre le devenir), mais ça n'est pas non plus de ne plus comprendre ; il veut montrer que l'art est une compréhension-qui-est ; il ne faiblit pas sur « il y a de la vérité », au contraire ; il dit "elle Est". Certes on ne peut peut-être pas se satisfaire entièrement de cela ... mais il exprime vraiment une possibilité exacte et réelle (qu'il y en ait d’autres est une autre question) que l'on n'avait pas vu, pas dite, pas rendue en conscience.


L’œuvre renvoie à celui qui l’engendre : elle montre jusqu’à quel degré il est possible d’investir l’être non en le surplombant (aucun surplomb ne tient « ce qui est » au même degré que l’objet absolu), mais en l’acquiesçant, de sorte que si l’œuvre est un enracinement d’elle-même, elle connait l’être du dedans au mieux ou tout au moins est saisie de la logique, de l’ontos lui-même.
Notre être est donc de ne pas demeurer extérieur à l’être (extériorité que cautionne toute moralité ou toute réflexion abstraite).
Mais aussi le devenir-œuvre est la réflexivité elle-même. Comme il est absolue réflexivité de « ce qui est » à « ce qui est » par l’entremise d’un « soi », ce qui compte est le devenir même de cet être en tant qu’il peut admettre (le plus et le plus loin ou le plus dense) et susceptible de porter « ce qui est ». Dont rien d’autre ne rend compte.
Pour cela, peu à peu, Nietzsche qui percevait ce mouvement silencieux (qui ne se parle pas ou dont le parlé est intégré au silence) comme devenant Œuvre, se rend compte qu’il est lui-même cette Œuvre ; que ce qu’il travaille comme objet, et se transmet (sans se dire), il le devient comme saisie en et par cela même qui est ; il devient le devenir même, l’activité de devenir.

Autant admettre que cela ne cède à aucune facilité, ni n’est satisfaction ou bonheur (au sens de se lover en ce qui est). Et pour cela il faut inventer une nouvelle expression de l’activité pure, ce degré d’être qui outrepasse dans la mesure où l’on n’est plus « qui l’on est » mais une force, une puissance qui s’accomplit.

Etant philosophe, Nietzsche ne parle pas en son nom propre ; il est, Nietzsche, le principe qui se montre. Il concerne tout chacun (mais non "tout un chacun" dans sa perception forcenée) qui s’engendre parce qu’il engendre. En cette extrême objectivité. Qui engendre en tant que puissance ; qui manifeste le potentiel (qui n’appartient à rien ni à personne). Il montre donc l’activité en tant qu’universelle ou plutôt en tant que Règle (la règle est ce qui « est plus grand que l’universel »).

De même Descartes est devenu pour tous la Règle même.

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Nietzsche le téméraire

23 Octobre 2013, 07:42am

Publié par pascal doyelle

Il est frappant que beaucoup estiment que la vérité n’existe pas, que c’est hors de portée, que peut-être il n’est que des points de vue, voir des points de vue qui valent ce que prouve leur pouvoir (Marx, Foucault, mais aussi le tout venant très commun des influences, et quelques détournements de Nietzsche ici et là).

Mais qu’est-ce qui a fondé tout ce devenir, cette historicité sinon la vérité ?

Il apparaît plutôt que l’on entend par cette absence que le grand accomplissement, la révélation ultime, la plénitude complète ne se sont pas réalisés, que le grand apaisement et l’amour ne règnent pas sur le monde.

Il semble à vrai dire que ce genre de réalisation n’existe pas. Que ça n’est pas cela qui se réalise. Que c’est autre chose (ce qui ne veut pas dire la violence ou le déchirement ou l’insatisfaction, qui sont des harpies qui nous poursuivent et qui pourtant sont parfois ici et là résolues par la vérité, bien réelle qui est déjà réelle).

La réalisation effective de la vérité n’est pas celle que l’on attendait ; et du reste qu’est-ce que l’on attendait ? Quelle espèce de plénitude, issue de « où » et que signifie-telle ? Que comporte-t-elle ?

Il est curieux que l’on juge du réalisé, du déjà là, en fonction d’un rêve évanouissant qui ne s’imagine qu’à peine… on passe outre le déjà réel et on pleure à n’en plus finir sur un imaginaire dont on dit ah mais peut-être que cela, cette attente, fait « sens ».

Faut-il rappeler la parole nietzschéenne ; ça ne fait pas sens. Ça ne fait pas sens, parce que le sens de ce qui est, est « ce qui est » tel que « là ». Ça ne va nulle part parce que l’on y est déjà.

C’est cela l’affirmation nietzschéenne ; sa structure réflexive. C’est de la réjouissance de ce qui est dont il faut se féliciter. Et de son extrême, ultime lucidité il ajoute à ce principe (qui équivaut à dire ; ce qui est, est) ; il ajoute : on n’agit pas pour le bien ou le mal (ce sont des raisons postérieures) mais on agit du souffle même. Or troisième principe de l’affirmation ; elle n’est pas un contentement de « ce qui est », mais est l’exigence pure et simple, impitoyable.

Se tenir dans la source (qui est le sens en soi) est la discipline même ; en tant que source elle n’est pas satisfaite, parce que son être n’est pas de se satisfaire ou non. Elle est agissement et cela est le sens. La question est donc ; quel agissement porte le plus loin ?

C’est le quatrième principe réflexif nietzschéen.

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Hegel

21 Octobre 2013, 20:09pm

Publié par pascal doyelle

Il n’est donc plus tant question de la pensée et de la vérité prioritairement ; il n’est pas en chaque conscience d’aboutissement au concept ; il n’est pas un devenir qui conduirait à la réalisation de la Pensée, comme si elle existait seule au centre de tout.
Ce qui existe, ce sont des consciences ; et loin d’être simples à saisir ou simple passe plat des idées, elles sont. Réellement.
La finalité n’est pas de produire un discours , un savoir-connaissance qui serait de sa propre force le lien entre les êtres, (et entre nous et la réalité, la nature, l’histoire), mais est de constituer des consciences, qui, n’étant pas simple fonction, se travaillent, œuvrent leur être.


Il est cependant hors de doute que ces consciences n’aient pas à se passer de la vérité, des vérités, de la pensée ; le plus fort de Descartes est outre de manifester la première conscience (indéboulonnable, immanquable, réalisée une fois pour toute, ce qui ne signifie pas qu’elle sache déjà intégralement « ce que » elle est, elle est première de par sa certitude, c’est quand même bien cela, la certitude de son être, qu’il Dit, littéralement, et non pas essentiellement que cette certitude soit le prolégomène à une connaissance ; on a ainsi remis en doute tous les développements cartésiens, juger à juste titre que sa preuve n’est pas une preuve qui soit pensable (elle n’a pas à l’être en cette occurrence) ; elle se montre, et donc est plus qu’une preuve), le plus fort est de lier indissolublement que le libre pur est aussi la pensée. Que notre être est un dispositif dans les dispositifs, qu’il n’en exclut aucun, qu’il les approuve même (quand bien même on ignorerait le lien du corps et l’esprit par exemple).
Il ne s’agit donc plus du tout de séparer ce qui n’a pas à l’être ; puisque dans l’être, cet être çi, pensée et liberté, vérité et réflexivité sont de fait un seul et même Réel : notre-être.
Il est clair qu’alors on ne peut plus, cependant, penser notre être comme séparé du corps (et Descartes présente cela, sans parvenir à le penser, comme une substance, une unité ; laquelle ? Il ne peut pas répondre à toutes les questions, d’autres de toute manière reprennent ensuite l’étrange lien donné « là ») ; de fait la pensée chrétienne ne sépare pas l’âme et le corps ; on sait bien que c’est tout autre chose qui se joue, se symbolise, d’imagine, se perçoit ; une manière de re-prendre le très exact donné « là », cet individualité humaine, tout entier et en une fois mais d’un autre point de vue ; celui de la dernière conscience indéfiniment réelle et une. (Ce qui ne préjuge pas que cela soit vrai ou réel ; c’est non pensable ici et maintenant).


Evidemment il est une très valide logique à penser vouloir résoudre (d’autres diront alors réduire) ce qui est pourtant bien plus grand et vertical, à l’horizontalité d’un penser ; c’est cela qu’il faut cibler, réaliser. Mais à condition que l’on admette cela que l’on veut penser (l’être de l’homme) tel qu’il est effectivement et non pas tel que le préjugement du penser horizontal doit le supposer pour le penser horizontalement.
On peut imaginer une pensée qui réduira notre être à un discours ; à un développement purement notionnel (philosophique ou scientifique etc). Mais en fait on peut en douter ; comment un tel être qui est un se-sachant pourrait-il entrer dans un discours puisque ce savoir-de-soi (quel qu’il soit) excède de fait tout connaitre ? Ce que l’on nomme ici ; comment le savoir (évasif, éthéré, absurde, abyssal, étrange, mais certain d’être tout en ne se connaissant pas) comment ce savoir passerait-il dans une connaissance ?


Ou pour le dire autrement ; n’est-il pas aveuglant que lors même la connaissance absolue de Hegel serait-elle vraie et réelle, elle nous parait « là », telle quelle, comme un donné et que nous lui sommes extérieurs, et ce quand bien même cette connaissance serait vraie et réalisée ?
Par contre prétendre que cette connaissance nous est totalement sans intérêt et hors de notre être, est absurde. Il se peut que tout le système hégélien soit vrai et décrive réellement (ou à peu près, la rigueur a ses limites) ce par quoi nous sommes devenus. Il se peut que notre être se soit investi en des contenus, des contenus de penser en l’occurrence, et qu’il ait formulé le passage d’un concept en un autre ; qu’il y ait une telle progression et sinon à la lettre mais dans la logique dialectique hégélienne ou peu s’en faut.
Hegel ne signe donc pas la fin de la réflexion, il parfait ultimement qu’il y ait une pensabilité développée en et par elle-même. Mais cette pensabilité même (qui n’est déjà plus la pensée métaphysique ancienne ou chrétienne, laquelle était déjà suspendue à dieu et la foi, l’acculturation généralisée) montre structurellement comme la pensée se compose et recompose d’une « négativité », de ce qui parait une néantisation en comparaison d’un contenu ou qui rapporte un contenu vers/en/par un autre contenu ; et comme faire-valoir de tels contenus (qui sont jugés plus propices puisque le pensé, ce qui est pensé, contient la détermination réduite pour les uns ou universalisée pour les autres). Mais n'est-ce pas le mouvement que l'on doit retenir et non les résultats, le contenu ? Mais alors de quel "être mouvementé" s'agit-il ?

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Philosophie et religion

20 Octobre 2013, 16:57pm

Publié par pascal doyelle

Il faut le dire avec force ; la philosophie, la pensée, fut-elle grecque et ayant en vue la seule disposition de l’universalisation (à partir des différences constatées là, on constitue des séries qui sont des idées, et ce jusqu’à l’idée des idées ; autrement dit un seul plan immanent, dont la transcendance est intérieure, qui ne dépasse pas l’immanence ; ce qui est absent, non là, on ne peut pas le comprendre), serait-elle science ou autre (psychanalytique par ex), ne peut pas juger de la religion.

Philosophie et sciences statuent (ou le tentent) de ce qui est, là, constatable, par chacun, par tous ; ça ne va pas plus loin. On ne peut pas dire ; tout est matière, parce que l’on n’en sait rien ; on peut par contre exhiber ceci fonctionne avec cela, il se trouve que ce sont des atomes ou de molécules. Une science qui extrapolerait un résultat vrai mais limité, à la totalité est de fait disqualifiée. Evidemment chacun peut présenter en son nom propre ; il me semble bien que tout est matière ou que tout est langage (les mathématiques sont peut-être juste un langage), mais ne peut pas prendre de la science une autorité qu’il ne possède pas en propre.

Cela ne limite et ne doit en aucun cas limiter la science ou la philosophie.

Je m’étonne toujours de la facilité extraordinaire qu’a eu la pensée chrétienne de s’engouffrer dans l’universalité grecque, rationnelle. Mais de même la pensée arabe est celle qui a précisément repris Aristote et, créative, s’est tout autant imposée en « occident » ; on assiste donc a un mouvement général qui n’appartient pas. Ça n’est pas qu’il n’appartient à un tel ou un tel, il n’appartient pas, tout court.

Autrement dit la "raison" ce que l’on nomme tel dans les manuels ou les gribouilles idéologiques, n’est pas cause d’un resserrement ou d’un écrasement des différences ; elle l’a été mais instrumentalisée par des politiques de pouvoir. La « raison » ou la vérité (comme principe) est ce qui permet à toute position, toute option préalable, de s’éclaircir, de parfaire son propre discours, si elle l’entend ainsi.

Affirmant ceci ou cela, la philosophie ne fait rien d’autre qu’argumenter, acceptant de fait d’être contredite, mais cela situe ou resitue la parole ; il n’est pas d’imposition de quoi que ce soit, mais des propositions, au sens figuré et propre. Ce qui a pour effet de décupler ; c’est uniquement si l’on s’adresse à la compréhension de l’autre que l’on peut tenir une complexité. Toute position « immédiate » (qui penserait accaparer) est de fait rendue à elle-même (qu'elle soit foi sincère et c'est en son lieu parfaitement valide, ou qu'elle prétende à "passer outre" le partage) ; mais est-ce un défaut, un manque, ou n'est-ce pas plutôt le rebond incessant des réalités ? Et il est clair que cela produit du désordre ; ça n’aboutit pas un glacis unanime, mais peu importe puisque le désordre en est sa propre règle abstraite et formelle.

Certes donc chacun ou philosophe va affirmer ceci ou cela et apparemment dans la négation d’une vérité commune ; mais la philosophie fait mieux que cela ; elle montre de fait que les vérités s’exposent, elle en est la preuve vivante : que ça fout le désordre, et que cela oblige à passer un plan, un degré, un étage en plus.

Pour reprendre quelque peu ; la philosophie est ce qui a tenté de théorisé ce qui arrivait à l’humanisation (la réflexivité qui est « ne plus se laisser faire par le groupe-parole (langage)-monde particulier local). La réflexivité arrive partout et hors de la philosophie tout autant ; il y eu donc un point de crispation ; que l’on situe à peu près. Pour cela il y eut une accélération ; de l’éthique, de la politique, de l’esthétique, etc, du souci de soi ou des sectes du moment, ou donc une sorte de surgissement qu’est le christianisme et sa réflexivité propre.

Mais puisque la philosophie réfléchit sur ce qui arrive (à savoir la réflexivité), il est évident qu’elle ne défend pas une vérité toute faite ; ce qu’elle promeut comme système par contre ce sont peut-on dire les conditions de toute vérité, et ce au sens de : les conditions de toutes les vérités. De fait elle a du mal à concevoir qu’elle provoque à être plutôt que détenir la vérité ; l’engouement du début sans doute ! Or cependant elle le montre … elle montre comme les vérités se propagent ; ce que l’on présente comme contradictions insurmontables de la philosophie sont en fait la monstration de sa performance et comme elle libère la parole, le langage (et plus que cela en réalité).

Elle pousse le dés-ordre, étant entendu qu’il existe cependant un ordre second qui enclenche ce dés-ordre et mais aussi qui le maintient dans un degré autre ou second, au carré. C’est pour cela qu’ils tiennent absolument sur « il y a de la vérité » (mais on ne sait pas laquelle) et rejette que « il n’y a pas de vérité » (ou il n’y a que des vérités subjectives ou relatives et plus encore que « ceci est la vérité »). On ne peut pas dire ; la vérité n’existe pas, puisque c’est énoncer une vérité.

De même on s’étonnera que la philosophie a souvent usé de la religion, d’abord il s’agit en général d’une utilisation raisonnée (cad justifiée dans tel système, la philosophie ne peut pas absolument se fonder sur un méta-plan, en ce qu’elle dit, il faut que ce soit justifié, même comme non justification), mais aussi elle ne préjuge pas au-delà de son cercle de présentation et de représentation. On peut présenter que « conscience » (terme neutre) est l’âme ou le corps glorieux ou ce que l’on a élu ou dont on fut saisi. Ça ne changera pas que pour transmettre ce sera « conscience » qui sera retenu (ou toute énonciation qui signifie « être humain » formellement, cela seul peut être repris en Droit, mais plus loin en toute acculturation active), par contre si l’on a la foi, le système formel philosophique (nommons le ainsi, au hasard) est l’occasion, éventuelle chacun fait comme il le veut, ou l’occurrence de manifester, de présenter, de représenter.

Or finalement, c’est ce qui s’est passé… on n’invente rien, c’est effectivement ce qui a eu lieu, et qui sera d’autant.

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Le début de la philosophie

20 Octobre 2013, 09:14am

Publié par pascal doyelle

Les grecs inventent la philosophie. Elle naît dans la considération que l’universalisation augmente notre être. L’universalisation existe dans le langage, mais les grecs systématisent (ils systématisent considérablement en toutes sortes de domaines du reste). Ils tirent du langage l’universalisation et imposent que l’on sache ce que l’on dit ; inventent la possibilité d’un système cohérent.

Or la cohérence du système ne tient pas tant au système qu’à la nécessité de répertorier tout élément énoncé, par d’autres du même acabit ; de sorte qu’aucun élément ne sorte de la saisie pleine et transparente. Comprendre c’est systématiser non pour systématiser mais afin d’éclaircir intégralement ce que l’on pense.

Afin que notre conscience soit égale à ce qui est pensé, qu’elle n’en soit pas débordée, et qu’elle ne se conditionne pas elle-même en fonction d’immédiatetés, de vécus, de préjugés, d’a priori invalides, etc. Il est question de vivre pleinement en conscience la plus intégrale possible ; puisque le système parfait est un idéal non une réalité parfaitement réalisée. Si la pensée est l’horizon uniment et unanime, il est un donné « là », la matérialité, qui exhibe les différences de toutes sortes, différences desquelles on tire les idées (les séries de différences), mais il est impossible de penser les différences elles-mêmes ; (matérialité) différences, séries, idées, idée des idées ; la matière est indistincte, les séparations de différences viennent manifester la matière qui sinon n’apparait pas. Et les différences se manifestent vraiment d’être conduites en idées, et les idées se révèlent essentiellement en et par l’idée des idées.

Ce système doit élaborer les idées des choses et des êtres, et les idées se nouer entre elles afin de s’expliciter. Mais essentiellement il s’agit d’abord de comprendre ce que c’est que penser et de quelle manière on peut tirer les idées des choses et quelles idées ; on ne va pas nécessairement élaborer l’idée du mouton ou de la poterie en soi.

Les idées que présente la philosophie sont en grande partie inventées par et pour la philosophie ; puisque dans tous les cas il est question de sauvegarder ou de proposer clairement ce en quoi cela consiste de penser, et pourquoi c’est un bienfait ; en ce qu’elle augmente notre être. La politique devient un problème, l’éthique ou l’esthétique, le beau ou le désir et le corps, etc ; en tout il faut dégager la configuration de mots qui produiront qu’en chaque occurrence, que ce que l’on conservera et élaborera sera le bien, le vrai, le beau, etc, en raison de l’ouverture incessante que cela provoque en une conscience ; en une conscience il y a non seulement tout ce qui s’y trouve, le vécu, les perceptions, désirs, langage, etc, mais aussi la pensée en tant que par la tenue de la pensée (par elle-même, en ceci qu’elle sait dés lors ce qu’elle veut ; se préserver à tout le moins, se créer, se déployer) notre vécu, notre être là donné, devient plus grand que lui-même.

On invente donc des séries d’idées qui permettent cette accélération de la pensée, étant entendu qu’elle augmente notre conscience et que cette accélération et amplification permet de choisir ou de produire en son individualité limitée, un plus grand que soi. Le fait des grecs est la pensée comme Penser ; comme activité valant en soi et par soi, et quasiment une vie ne vaut que si elle a su s’agrandir, s’élever à ce niveau.

Les éthiques diverses et variées aboutissent à réguler notre vécu afin de se prédisposer à une telle augmentation. En aucun cas il n’est question de se soumettre à une règle extérieure mais de bien s’apercevoir que cette règle est cela seul qui peut soulever notre être limité, jusqu’à non pas du tout l’illimité, mais jusqu’à la plénitude, cad le système cohérent qui nous tient d’égal à égal avec nous même, avec les autres et avec le monde. Non pas tant que tout soit à sa place, mais que l’on perçoive la mise en place ; qu’en plus on respecte l’ordonnance est second, non pas secondaire mais second, et est un effet ; si l’on a été à ce point augmenté par le systématique, on a toutes les raisons de le respecter.

La pensée, en tant que Penser, est donc l’horizon lui-même ; il n’est pas, comme par la suite, un second horizon sur lequel on pourrait rapporter la pensée (dieu, le libre, l’individu infini, etc, ou pour les contemporains, la matière même, les sciences, ou l’idéologie, etc). L’horizon de la pensée est ce qui installe la possibilité de s’augmenter considérablement et ce qui installe le monde et les choses et les êtres.

Etant engagé dans le procédé de comprendre ce que l’on dit, on doit donc comprendre les choses et les êtres, mais aussi inventer les idées qui correspondent à cette possibilité, et enfin définir ce que c’est que penser et pourquoi et comment il se fait qu’il y ait un être qui pense. Mais il est quelque difficulté à connaitre la raison de l’existence de la pensée, puisque l’on ne peut pas dériver la pensée d’un autre ; à moins de la réduire et donc d’imposer dans l’horizon du penser un autre réel dont on puisse la déduire.

Puisque cela, la pensée, vient d’être découverte, on en est tout étourdi. On extrapole ce qui permet de penser afin de bien le saisir et de ne pas l’oublier en cours de route, et essentiellement afin de marquer la route qui s’ouvre au fur et à mesure du développement de la pensée ; d’autant que penser c’est extraire les séries de différences du monde (formant les idées) mais aussi ramener ce système au monde tel que donné ; il faut que cela soit praticable et que cela agisse dans le monde ; que cela montre le sens de retour du monde à la pensée mais aussi de la pensée vers le monde. Parce que ce qui est voulu systématiquement ça n’est pas de former une cohérence imaginaire ou indépendante du monde, du vécu, des choses, des idées réelles.

Il est un retour qui doit être adéquat ; ça n’est pas seulement de former système intellectuellement, mais c’est « ce qui est » qui doit s’y retrouver ; il est une bascule qui engage notre être entier à devenir cohérent ; la perception, le désir, le corps, les choses dans leurs différences doivent parvenir à une représentation adéquate.

La pensée est donc non seulement la pensée du donné « là » qui s’éclaire, mais la capacité d’existence accomplie. Elle est réellement réflexive au sens où le vécu, le perçu, le désirer, la parole entre les êtres, l’esthétique, etc, sont portés à la représentation systématique, ce qui signifie « sur-vécus », pour ainsi dire. Il n’est pas pour les grecs une distinction entre la pensée et ce dont il est de la pensée ou plutôt si elle existe, (ils n’étaient pas idiots), ils tiennent bon sur la coïncidence absolue : or l’universalisation fonctionne réellement ; on perçoit plus de penser.

La divergence avec les sophistes, tient en ce que pour les seconds la pensée ne change pas celui qui l’utilise. Il n’est pas de conversion interne. Le propre de la philosophie est d’admettre qu’il y ait conversion ; autrement dit que l’on puise changer de régime et passer d’une conscience limitée (à elle-même, ses désirs habituels ou communs, donnée là, immédiate) à une conscience devenante qui puisse réinstaller son être en fonction de ce qui précisément augmente son être mais de plus nous tient d’égal à égal (et non plus dans la soumission au langage, commun, corps, etc) et enfin d’opérer en intelligence, en compréhension, en conscience la composition de notre être.

Il est clair par ailleurs que si notre être est la pensée (et il est de pensée, sauf qu’en plus de la pensée grecque, par la suite et pour nous, il est encore autre chose et en plus, sans que au fond cet en-plus contredise la pensée ), alors le conflit ou la décision ou le projet ou l’ordonnance des choses et des êtres ou le rapport à soi, etc, ne passent plus par le commun, l’habituel, le rituel, ou la non réflexion (qui laisse une altérité décider pour nous, ce qui ne signifie pas qu’elle soit erronée, mais même vraie on ne la comprend pas en raison) mais par une construction exposée. Que cela même est l’élévation hors de la violence et hors de la tradition ou autoritarisme et hors du laisser faire parce que déjà existant.

La vérité ou donc la pensée se soulève de prétendre qu’il y a de la vérité qui précède les états donnés « là » enkystés ou prégnants et qui ne sont pas vrais parce qu’ils sont existant, mais qu’il existe une compréhension plus grande, toujours, que n’importe quelle situation.

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Nietzsche, Wittgenstein, etc

19 Octobre 2013, 13:22pm

Publié par pascal doyelle

Que l’on puise clore le devenir de la structure de conscience peut sembler une bonne idée ; on s’imagine par là se dorloter, mais outre la plaisanterie on imagine qu’il serait alors possible, ayant statué sur son être, de passer à autre chose ; si par exemple la conscience a pour résultat le concept, le savoir absolu, voila on est content.


En vérité pas tant que cela ; puisque la conscience est un Réel, et est indérivable ; il est clair que le concept pas plus que n’importe quoi d’autre ne peut la satisfaire.
C’est qu’elle n’est pas là pour être satisfaite, heureuse ou on ne sait quoi du même genre. Elle est agissement pur et simple et n’est que cela.


Nietzsche ne s’y trompe pas ; il ne définit pas notre-être comme force pour seulement contrevenir à l’idée, Platon, etc. il définit notre être comme force en tant que source ininterrompue. Qu’elle se retourne contre elle-même et négativise, ou qu’elle s’approuve et se poursuive elle-même, elle existe de fait telle quelle, pur mouvement engendrant (selon le moins ou le plus de force). Il assigne son être à ce devenir-être qui se justifie de lui-même. Pour cela il est à la suite de la première conscience cartésienne, la conscience première affirmative absolument de ce qu’elle « est » tout simplement là effectivement réelle en sa complexité indissoluble. Ça n’a pas de sens parce qu’elle est le sens.


Nietzsche est littéralement l’opération logique la plus exacte et vraie qui puisse être ; il condamne et voue aux orties la raison et tout cela, mais c’est que dans la révolté qui l’anime il doit absolument réduire la pensée à la raison et ne peut pas percevoir que ce qu’il nomme la raison était déjà non pas limitativement la raison, mais la réflexivité et la réflexivité sur la réflexivité ; la conscience prise et prenante de la réflexivité qui incendiait l’humanisation. Il ne voit pas que l’opprobre qu’il lance s’origine dans la même hyper cohérence qu’il dénonce (à juste raison pour une part) en la philosophie ; par Nietzsche la philosophie sait enfin qu’elle n’est pas seulement le rationnel plat et étal, et par Nietzsche elle sait aussi que le rationnel plat et étal est une vue caricaturale et non compréhensive de ce qu’est vraiment la philosophie ; jamais une philosophie ne fut plate et étale, elle est déjà tout entière réflexive non évidente (si elle était évidente elle ne réfléchirait pas, ça tombe sous le sens).


Que l’on ne parle pas donc d’antiphilosophie ou de ces moyens dérisoires par lesquels nos téméraires penseurs tentent de ruiner cela même qui les origine… Il faudrait encore choisir entre les bons philosophes et les mauvais, que l’on se trouve dans un camp ou dans l’autre : ce qui est profondément absurde. C’est ne pas être en mesure de se placer au niveau de son objet, c’est le réduire- le caricaturer- et se croire par ailleurs superbement intelligent, bien plus que Platon ou Descartes, ce qui est quand même le comble. Ni Wittgenstein ou Lacan ou Nietzsche ou Kierkegaard, etc (il en est des dizaines à vrai dire, y compris parmi les grecs) ne sortent de la philosophie en tant que réflexivité et manifestation hyper cohérente de « ce qui est », c’est seulement qu’on appliquerait alors une limitative pensée de cette cohérence ; n’égalant pas tout ce qui eut lieu.
Il est évident que la philosophie comme réflexivité (et pensée de la réflexivité qui arrive partout en l’humanisation) supporte très largement toutes les révoltes qui se puissent imaginer ; elle est la révolté pure et simple. Elle est « ce qui ne veut plus se laisser faire, par les groupes, les langages ou les mondes mais non plus par l’immédiat ou le vécu ».

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