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instants philosophie

La pensée et le réel

31 Août 2013, 13:11pm

Publié par pascal doyelle

Contre badiou

Il faut donc que le divisé est « ce qui est », il n’est vraisemblablement pas d’unité qui serait inerte et fade, mais la multiplicité et non pas une multiplicité roide et indifférente, mais en tant que l’unité surgit constamment et est réellement et effectivement « quelques choses ».

Chaque fois la multiplicité crée des unités et qui sont autant de devenirs dans le devenir général.

Et ce non pas en vue de se réunir en une vérité, un universel, mais en tant qu’existant dans et par une conscience ; ce qui veut dire encore une unité en-plus.

De ce fait il n’est pas de vérité au sens où celle-ci serait une, ne serait-ce un réel condensé et encore moins une vérité qui préexisterait et encore moins une vérité qui serait plus ample et plus féconde que la réalité. Toute vérité est prise dans l’exister qui est, toute vérité est la forme d’un être-libre ; c’est l’être-libre qui en est l’origine et c’est lui qui en est la finalité ; non en tant que l’être-libre porte la vérité, mais au sens où il en produira « quelque autre chose ».

La vérité est donc ce qui transmet l’être-libre et non pas ce qui s’impose au libre ; il faut ainsi en fin de compte que l’on accélère l’être-libre et non pas qu’il soit ramené à la vérité.

Si l’on se tient de la vérité, c’est sur une jambe et cela ne signifie rien puisque l’on ne peut pas avancer, le mouvement n’en est pas compréhensible. Si l’on est libre et utilisant la vérité on assigne à la vérité qu’elle soit la propagation du libre et ainsi on renvoie la représentation à toute-conscience telle quelle.

Autrement dit par là on approuve que la réalité soit (telle qu’elle est). On ne dénigre pas la réalité (puisque de toute manière elle est, de fait). On n’opère pas un tri entre la bonne et la mauvaise réalité (puisqu’ il n’est pas un tel tri dans la réalité et que séparer ce qui ne l’est pas, ne permet pas de comprendre son être). Renvoyer chacun à lui-même est l’institué en propre comme étant absolument démocratique ; une telle pensée ne prétend pas court-circuiter la réalité, mais suppose que la réalité est « ce qui réfléchit », ce qui est déjà en train de réfléchir. Elle ne pense pas, la pensée, être ce qui commandite, mais être prise elle-même dans le mouvement (les mouvements diversifiés) de réflexion, en quoi donc la réalité est multiple, plurielle, singulière, particulière, singulière, totalisante, etc, et en quoi la philosophie est ce qui montre (et non pas démontre, au sens où dans la monstration est contenu les démonstrativités) la réflexivité qui avance.

De sorte que la réflexivité avance partout et se prend et se reprend elle-même ; elle est juste en philosophie exposée et on y tente d’exprimer en conscience réfléchie les consciences réfléchies qui existent. Toute théorie, toute idéologie, toute pensée est elle-même déjà-prise dans la fluxion, la turgescence réelle, pour ainsi dire.

Il n’est donc pas une survenue surnaturelle de la vérité, la vérité est engagée dans une réflexivité bien plus vaste que n’importe quelle pensée, qu’aucune pensée n’incarne puisque le réel est déjà, par définition, incarné ; et il faut donc comprendre les pensées elles-mêmes comme effets de plus grand qu’elles-mêmes ; il serait absurde considérer qu’une partie (la pensée, l’esprit, l’universel) soit plus grand que la totalité de tout ce qui est…

Il s’agit donc de trouver la voie même qu’est le seul réel.

Et ce qui peut concerner tout moi, chacun, est (si l’hypothèse que le moi, la personnalisation st la suite de l’humanisation jusqu’alors fondée en et par l’universel), chacun est en lui-même un type ou une singulière résolution ; en tout moi, puisque d’abord il se-sait libre, existe l’ensemble des fluences du réel ; ce par quoi chacun doit se positionner (et non pas se composer de déterminations extérieures et objectivistes). En cela par exemple, la psychanalyse, lacanienne évidemment, est la théorie la plus réelle qui soit, en approche du réel-même.

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La source de l'humain et de l'historicité

31 Août 2013, 09:09am

Publié par pascal doyelle

La puissance seconde.

Si au sortir de la Parole du groupe dans un monde particulier, on aboutit en la réflexivité amenée à la puissance seconde (la vérité est un principe et une structure et non pas telle ou telle vérité, le libre est formel et commence de déployer ses efforts et ses effets), alors la vérité et le libre pur sont en même temps ce qui augmente le monde. Il n’est aucune possibilité de découpler le libre et la vérité en tant que structures de base de la réflexivité, qui devient la source unique mais démultipliée.

Par contre c’est le nez planté dans nos a priori que nous ne percevons pas ou plus ce qui est en jeu. De se définir comme un moi ou de tenir à un objectivisme de science, de technologie, d’étatisme dépourvu de démocratie, d’idéologie naturaliste ou psychologiste, de subjectivisme encombré de ses immédiatetés, comme de réduire notre être à un désir, de composer notre être comme si il était un donné déterminé, de déterminations.

Tout cet ensemble est issu et est devenu à partir de l’ambition première (grecque et chrétienne ou assimilés ayant généré une acculturation monumentale), et il n’est que les mois qui enfoncés dans leur identité, soient capables d’oublier cette ambition. C’est que l’absence d’historicité, de conscience historique permet aux groupes divers et aux pouvoirs non démocratiques, d’annuler qu’il y ait nécessairement un devenir universel et libre. Si l’on est déterminé et déjà ce que l’on est, (telle identité), alors il n’est plus de vérité ni de libre pur. Il n’est plus que des déterminations, et comme personne n’a accès à une connaissance complète de toutes les déterminations (à supposer que cela ait un sens ou une réalité possible), alors toute détermination de notre être est opérée par un groupe et une sujétion partielle et une soumission totale en cette détermination extérieure de soi, mais n’est jamais cette sujétion par la vérité (ce pour quoi elle se prend) qui n’a pas en réalité d’autre être que via et pour un libre pur.

Ne pas percevoir comme se découpe notre historicité entre d’une part la réflexivité universelle puis d’autre part selon le libre pur qui surgit de sa propre réflexion sur soi, et qui recomprend à nouveau que le libre est intensément universel et l’universel le levier radical de notre être dans le monde unique qui a abattu la Parole (et le groupe replié dans son monde particulier), et que le devenir conscience a annulé que ma conscience soit absorbée par quelque corps et identité imaginaire que ce soit, de même que rien ne prescrit que les consciences ensembles soient séparées par les intérêts du monde et abîmées par le vieil homme.

Que l’on ne perçoit pas comme la foudre a frappé et divisé l’humain en propulsant l’universel et le libre, et donc dans les deux cas le dépassement, ce qui signifie la réflexivité, cela se peut en pensant détenir une vérité plus grande et plus concrète, qui interpréterait le monde et l’humain selon une super objectivité ; ce en quoi ni l’universel ni le libre réels ne se reconnaissent ; cette super objectivité est encore la reprise d’une pensée magique qui croit tenir le secret en une pensée, alors que depuis Descartes la philosophie est déjà passée à autre chose que la seule vérité et le seul universel (qui se développerait comme un discours « fort ») ; l’exister pur en tant qu’attention indéfinie qui n’a pas besoin de la vérité pour être sa certitude, qui n'est pas la vérité en ce sens qu'il la contient, qui est-déjà en elle-même la structure de vérité comme de la liberté.

La pensée non magique consiste à admettre la division et la séparation des choses et des êtres, afin d’en rétablir la dimension en son degré supérieur qui intègre les séparations et non pas qui croit combler les vides par de la compacité. La philosophie dessine donc la division, la séparation de toutes les choses et tous les êtres, sous couvert d’une unification (dieu, l’esprit, la vérité comme contenu, la raison, etc) mais qui étant proposée dans une pensée réflexive revient sur soi et crée à partir de cette unification, les distinctions et divisions de « ce qui est ».

Ce qui est, est donc le divisé. Et la pensée (qui ne désire l’unité que par faiblesse et caricature) est la multiplication des réels (ce qui eut lieu effectivement dans l'histoire) ; la philosophie formulant la théorie de « ce qui génère » la pluralité et la distinction ; elle a déjà dépassé la « vérité courte et faible qui réunit», puisse être figée et ne soit pas la source qui se déverse.

Or cela il est impossible de comprendre la diversité et l'épanouissement de la pensée et des devenirs différents et divergents qui sont pourtant réunis en puissance seconde (et non d'une fade vérité inerte et générique).

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La philosophie est la vérité, puissance 2

28 Août 2013, 16:27pm

Publié par pascal doyelle

Il y a loin que l’on puisse stabiliser notre être en une Vérité ; ce que l’on nomme vérité, même philosophiquement, ce sont les conditions d’accès à une éventuelle vérité, et c’est ce qui installe la vérité comme principe (soumis donc à ces conditions). Ce qui peut paraître abstrait et pour nous peut sembler inutile (tant nous sommes acclimatés à la vérité en son principe). Mais d’une part la vérité de principe n’est pas du tout partagée en ce sens spécifique de ces/ses conditions (les sciences manifestent pour nous une part de cette excellence, mais aussi le droit ou l’Etat, la culture ou l’acculturation généralisée (qui n’est pas réservée à quelques œuvres spécifiques, mais est partagée par et en tous) sont fondés en et par la vérité comme principe.
Et d’autre part la vérité principe n’est pas abstraite du tout et est devenu instantanément pour quelques uns, et au fur et à mesure pour tous, cela même qui est vécu ou cela même sans quoi le vécu ne vaut pas ou vaut moins et se disqualifie a priori.


Autrement dit les conditions de la vérité comme principe ne sont pas des épistémologies, des critères extérieurs, mais de par les conditions nous remontons dans la structure même de notre être.
On comprendra mieux si l’on dit que pareillement la liberté est une forme vide qui accepte tout choix et surtout toute invention (la liberté n’est pas essentiellement de choisir entre ceci et cela, mais de créer en-plus et surtout d’autre part de créer du possible ; pour cette raison le libre est littéralement en son être « ce qui se propage », ou donc d’un point de vue de la vérité universelle ; cela même qui se partage »), alors ce qui est vécu avant tout choix précis ou toute invention, est le libre lui-même.
Comme il est une articulation et même l’articulation pour le moment essentielle, le libre bien qu’étant forme pure, est plein d'effets ; il est bien plutôt cela même qui amplifie, accélère les effets, il déborde.


La philosophie a imposé (puisqu’elle re-prend cela qui agit dorénavant dans l’humanisation depuis les grecs et les chrétiens : la réflexivité comme humanisation de second degré, qui se multiplie partout mais que la philosophie littéralement réfléchit, elle réfléchit parce que son objet est la réflexivité) la vérité laquelle n’est pas du tout séparable de la liberté ou plus exactement de l’être-libre (mais ceci selon évidemment des conditions d’exercice).
Il apparaît donc que la vérité (qui est à ce moment l’idée nouvelle absolue dans l’humanisation), la liberté (idem), ne sont pas d’abord de simples leitmotivs, mais se prennent de et par les conditions qu’on leur assigne ou plutôt qu’ils contiennent dans leur forme ; et c’est ce règne de la vérité et liberté que l’on peut nommer réflexivité. Qui n’est donc pas du tout une facilité ou une ouverture vague, mais qui est effectivement une structure, active, qui produit une humanisation spécifique, un monde unique réel, une matérialité dont finalement nous pouvons dire qu’elle s’approche de notre être (ou l’inverse). Puisque l'articulation de la vérité et du libre, est le réel.


Il est donc des philosophies qui vont s’argumenter de la vérité et d’autres qui s’orienteront vers le libre même. Encore une fois vérité et liberté ne sont pas les simples affirmations abstraites, mais relèvent de leurs propres conditions et ces conditions évoluent ; elles deviennent et donc les structures que sont la vérité et le libre deviennent et augmentent ou accélèrent leur savoir ; la réflexivité étant « se sachant », ce qui n’a pas la connaissance de soi mais qui Est le savoir qu’est sa forme.

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L'être-libre de tout moi-même

26 Août 2013, 15:07pm

Publié par pascal doyelle

L’humain est donc « ce qui est soumis » à la puissance même, à savoir l’être de conscience articulé au donné « là », lequel aussi faible et limité soit-il restructure autant qu’il le peut, ce que nous sommes.

Comme cet être spécifiquement est à l’extrême de lui-même, et poussant le bouchon bien loin à chaque fois, il occupe tout le possible et par conséquent se nomme le libre pur, au sens où il n’est rien d ‘autre en-deçà ; elle est le bout du bout de ce qui est (en tous cas pour nous, pour l’humain, et nous ne disposons pas d’expérience autre que la nôtre, bien qu’il soit admissible que cette puissance pure ne soit en comparaison du possible en cet univers ou en tout autre univers, ne soit que partiel et restreint et qu’il puisse exister une puissance plus étendue de quelque alien inconnu). Etant le bout du bout, quoi que nous fassions nous retomberons sur sa dimension qui est la plus étendue possible mais aussi celle qui s’immisce possiblement dans les moindres recoins de ce qui existe, de n’importe quel monde, capable de créer des langages de toutes pièces si nécessaire.

La révolution étendue

Ayant créé des mondes sous la formule synthétique (qui admet l’immédiat et le réfléchit dans une expression unique), la conscience produit, se produit elle-même en réflexion ; si cette révolution interne n’était que de raison, on ne comprendrait pas vraiment qu’elle soit également et tout autant la révolte chrétienne envers le donné, le « là » et envers notre être inerte que le christianisme transforme en être actif en visant la dernière conscience possible indéfiniment réelle (dieu via le christ et le saint esprit), qui libère les consciences de leurs consciences prises et libère les êtres de leur dispersion dans le monde (via des intérêts immédiats), afin de les réunir non pas en une seule conscience (ce qui n’aurait pas grand sens) mais par une seule conscience qui les maintient toutes, chaque conscience une par une, en tant que conscience « qui se sait comme conscience » et non pas qui se connaitrait comme telle détermination ou telle autre (le corps, la sociétalité particulière, les groupes ou n’importe quelle identité du monde).

La rupture des freins

Ainsi douée de l’universel et de la dernière conscience indéfiniment remise, sommes-nous entrés en la dimension unique (il n’en est qu’une seule), qui n’étant écrite nulle part et n’étant pas elle-même la « vérité » mais la condition de toute vérité.

Laquelle ayant épuisé les possibilités de se concevoir (la métaphysique grecque et chrétienne), de se réfléchir comme vérité seulement, se découvre comme étant le libre pur et simple ; « ce qui, par soi, se saisit de soi ».

De sorte que l’idée même de l’Etre grec fait figure d’exercice de saisie de soi ; le moyen de contrôler, de comprendre et de manipuler « ce que nous sommes ». Il ne s’agit pas d’abord d’énoncer une vérité mais de comprendre que la vérité est le principe ; qui se définit par « l’homme ne peut pas être absent de ce qui est énoncé ». Tout élément énoncé doit être identifié et clairement exprimé, un par un.

De même tous sont séparés de par dieu, mais réunis en sa dernière conscience indéfiniment réelle.

Le franchissement du moi

On ne mesure pas la dimension qui s’est ouverte puisque pour nous ce qui empêche notre accès se résume à cette unification immédiate qu’est le moi, lequel est lui-même le fruit de la personnalisation, laquelle est la concrétisation de l’humanisation. En sa version communiste ou libérale, le moi est l’effet de ces idéologies, comme être naturel donné « là », ayant parait-il sa propre identité intégrale. Cette pression exercée nous condamne à une sorte de prison dorée.

En réalité le moi est et est en toute validité, mais en tant que porte ouverte possible afin que tout moi puisse accéder à sa structure réelle ; laquelle seule renoue avec les réflexivités antérieures.

Selon la voie de l’universel, tout moi devenant sujet peut exiger et commencer de penser que l’universel soit en un Etat démocratique actif et non pas simple constitution inerte. Selon la voie du devenir conscience, chaque moi s’établit comme sujet et peut de par soi admettre, accepter le libre et son possible, son devenir réel et en plus de ce vécu, limitatif. Se connaitre donc de par les deux extases réflexivité qui se saisit de son être

La formulation du moi s’écoule dans la multiplicité de la détermination, mais il peut rejoindre l’indéfinitude du sujet ; en récupérant l’intégralité de ses devenirs puisque de ce qui est réflexif rien ne se perd.

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Les extases à portée de main

24 Août 2013, 17:53pm

Publié par pascal doyelle

Il apparaît donc que les degrés successifs de structure sont toujours intégralement conservées ; toute conscience est encore synthèse immédiate (la non mise ne doute de ce qui est perçu réuni en un mot ; la lune est féminine, le soleil est masculin, etc, et signifie dans une mythomanie ou mythologie), mais toute conscience est encore toujours universelle, grecque, ou de dernière conscience, chrétienne, ou contient déjà la première conscience cartésienne, ou s’enfonce magistralement en conscience première existentielle ou ontologique.

En réalité toutes les extases sont écrites en chaque conscience telles quelles. Si les contenus se perdent, la réflexivité conserve et augmente ; le formel ne se remplace pas puisqu’il est toujours un seul et intégral. Si cependant l’insatisfaction s’impose, c’est que le formel veut créer une structure encore plus accentuée et réelle que celles qu’il sait ; c’est afin de poursuivre la même réflexivité que Descartes invente la première conscience (à être consciente de sa propre activité, laquelle intègre l’universel et la dernière conscience indéfinie, dieu).

Ainsi l’acquisition du 20éme (le moi en tant que suite de l’humanisation comme personnalisation) contient elle-même la conscience existentielle et ontologique comme les deux autres extases grecque et chrétienne, étant entendu que la conscience existentielle et ontologique est la suite de la première conscience unique (parce que réalisée et dite une fois pour toutes) cartésienne ; la cartésienne rend, redonne à toute conscience son être, singulier, qui donc se multiplie en tant que singuliers.

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Le basculement de l'être humain

18 Août 2013, 14:58pm

Publié par pascal doyelle

Il est donc essentiel de lire la philosophie historiquement ; au sens où il est une réelle progression et non pas la redite des quasi mêmes problèmes. Mais pour sélectionner le dit devenir parmi les possibles, il est nécessaire d’élaborer la série de critères adéquats, or cela ne se peut que si l’on y impose une philosophie. La philosophie ne se comprend qu’à partir d’elle-même, puisqu’elle est cela, ce discours, cette théorie qui a pris en charge la réflexivité elle-même ; en charge de l’exprimer.
De sorte que la philosophie se sait réflexivité depuis le début étant déjà le mouvement qui transforme l’humanisation.
Evidemment la réflexivité se propage en tous domaines ; mais il fallait bien une théorie qui soit elle-même la réflexivité telle qu’elle se comprend (puisque la réflexivité ne peut pas ne pas savoir qu’elle … réfléchit). Cela s’est donc nommé « philosophie », mais afin de rendre compte d’un mouvement bien plus vaste et qui étant réflexivité avait besoin d’un carrefour qui puisse distribuer et redistribuer ; d’un discours sur les discours et sur la pensée elle-même.


Basculement ontologique
Le basculement est partout et pousse des mathématiques éparses existantes à systématiser la mathématique ou de l’ordre dans un groupe humain à inventer le politique ou de la déconstruction des règles de comportements à proposer l’éthique, ou des récits mythiques à définir l’histoire, etc. de même à sérier les esthétiques hors de tout cercle possessifs, et esthétiques valant en et pour elles-mêmes, indépendamment.


Tout ceci non pas selon une accumulation mais parce qu’il est un changement de registre dans l’humanisation qui refuse de se vivre immédiatement (selon des synthèses complexes mais tendues à partir d’un donné « là », naturel ou de groupe, lorsque la vérité est la parole dans un groupe et celui-ci seul validateur de la dite vérité), et commence de prendre tout au second degré d’existence ; il s’agit alors de rétablir en conscience ce qui existait « naturellement », et au-delà de tout groupe ce qui formait une culture, ou un peuple ; il n’est plus qu’un seul monde (qui les contient tous) et un seul langage parce que la réflexivité est le dépassement de tout langage donné et impose ainsi aux mots de devenir des phrases.


Au-delà des mots, la phrase ou le verbe
C’est que si dans le vécu naturel on use des mots afin de montrer des choses, si l’on passe dans l’existence au second degré, il faut pour chaque mot le définir par des phrases ; plus rien n’est de par soi immédiat. C’est donc en quelque sorte le dépassement des mots par les verbes, par cette action qui réclame pour être de se définir et non plus de se montrer dans le monde particulier.


Vérité et liberté comme effets vécus absolus
De cette manière la vérité n’est plus telle désignation, tel corpus, tel texte sacré, mais est un principe formel, non attaché et vaut indépendamment de ce que l’on affirme ici et là, étant entendu que la Vérité est réellement ; elle n’est pas un simple préalable ; la vérité est ce qui est réellement « ce qui est vécu » et ce en tant que principe sans contenu aucun.
Ainsi la liberté sera le vécu lui-même (indépendamment des vécus, des contenus) et l’essence même de notre existence. Puisque vérité et liberté sont les deux effets réflexifs structuraux, et que leur compréhension réclame qu’ils soient l’un et l’autre non pas antagonistes mais de même nature ; celle de la réflexivité, qui n’accepte rien de ce qui est tel que cela est, mais le re-prend et le modifie.

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Le libre contient la vérité

17 Août 2013, 08:38am

Publié par pascal doyelle

Il apparaît donc que le ressort de tout ce que nous sommes, en tant qu’humanisations ou en tant que personnalisations, est donc ce petit mécanisme exigu qui ne contient rien mais soulève cela qu’il touche, et le transforme.
Les deux basculements, l’universel grec et le devenir conscience chrétien, aboutissent à un monde, unique, qui contient tout et qui ouvre sur toutes les explorations à partir de ces « sujets » : le sujet étant pour le moment inscrit comme être-libre et en quête de son propre devenir.
Il ne fait aucun doute que le « sujet » est ce qui doit se réaliser (trouver sa représentation et sa présentation), et ce à partir du moi.
Or nous sommes en une telle conjoncture générale qu’il est fort à craindre que nous passions à coté dans la mesure où seule un déploiement strictement universelle, de et par des mesures objectives, d’Etat ou de sciences, puissent parvenir à réguler l’énorme amplification du libre pur qui épris de lui-même à produit un monde humain catastrophique. Pour réguler les libertés déchaînées, il faudra un universel fort.


Mais cependant c’est uniquement dans le devenir-moi que la réflexivité doit aboutir à autre chose que ce moi. Ça n’est pas l’universel mais le devenir-librement un sujet, qui compte. De ceci ; que le sujet est cela seul qui permet un dépassement de l’universel, et qu’en tant que sujet il ne peut s’y admettre que de par soi. Penser appliquer de l’extérieur, d’une objectivité ou d’une idéologie quelconque la puissance de la conscience est une impossibilité ; parce que ce qui compte ça n’est pas que les individus soient contraints de, mais qu’ils comprennent que. L’action qui découle d’une contrainte ne contient pas le même effet que l’action qui naît d’une intention, d’autant que l’organisation qui commanditerait une contrainte n’est pas l’organisationnel qui présiderait à une compréhension ; ce sont deux mondes humains opposés.


Autrement dit c’est la mise en ordre qui soit une mise en forme (intentionnelle) contre un ordre pseudo objectif (d’Etat, d’idéologie ou de technocratie ou d’économique manipulation) qui ne peut prétendre à un être formel et qui proposera en cet ordre faux des finalités compossibles dans son monde pauvre ; des finalités qui ne résoudront pas les équations intentionnelles.
Cela revient au même que de croire que la vérité puisse n’être pas la liberté. Ce serait revenir à l’universel tout crû, ou au devenir de la dernière conscience ; alors que la première conscience cartésienne annonce que cela, la puissance (au sens de potentiel) commence ici et maintenant.
Croire que l’actualité soit non pas le libre pur mais la « vérité », c’est comprendre la vérité comme un contenu et imposer ce contenu comme un conscient sur, par-dessus, hors de la conscience mais la conscience n’est pas le conscient.

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Le désir et la vérité

13 Août 2013, 20:03pm

Publié par pascal doyelle

On part habituellement du principe que les seules connaissances assurées nous viennent des sciences. Mais d’une part les connaissances des sciences si elles aboutissent à des résultats, se renouvellent, voir se bouleversent régulièrement, et d’autre part à moins de détenir tous les composants de la réalité, on ne voit pas que l’on puisse tenir le système entier de tout ce qui existe d’ici longtemps et à supposer qu’il existe une réalité entière et close (alors que tout montre que les réalités deviennent), et ceci sans aborder qu’il peut être mis en doute qu’il puisse exister un tel système complet et un, et ainsi doute au profit de l’hypothèse d’un ensemble (ouvert) de systèmes divers et séparés ou enchevêtrés que l’on ne puisse pas totaliser ni former en une fois. Les réalités se prolongent vraisemblablement dans l’indéfini.

Si l’on évoque les mathématiques, on s’aperçoit qu’il est une prolifération de systèmes possibles, dont l’arbre se représente plus comme une inventivité indéfinie plutôt que selon une clôture dont on pourrait se tenir. De sorte que les mathématiques sont prises elles-mêmes dans être devenant sans cesse.

De plus toute connaissance connait son cercle rond, mais ne peut en sortir ; on ne peut pas préjuger du tout, en le calquant sur telle partie, on ne peut pas penser la totalité en extrapolant une réalité partielle, délimitée.

D’autre part une science constate ce qui est, tel état de choses, or la réalité est en devenir et on ne peut présager de ce qui sera, d’autant que l’on éprouve d’invincibles difficultés à saisir comment ou pourquoi tel niveau de réalité (l’inerte par ex) s’est déployé en tel autre (le vivant, etc).

Et resterait alors encore à comprendre la raison d’être ou la possibilité qu’il y ait un tel univers, de tels niveaux diversifiés de réalités, qui vraisemblablement ces possibilités n’appartiennent que difficilement à un état de chose constaté. La réalité, l’univers ne sont pas faits pour une pensée, c’est la pensée qui se modèle par la réalité.

Ce qui parait régner c’est l’indéfini de la réalité ou la totalité impossible de totalisations, complexes et surajoutées à chaque fois, ne sorte que la réalité joue de toute apparence son aventure et ne sait pas où elle va ; « ça » devient.

On dira alors qu’il n’y a plus qu’à se confier à une vision ou intuition ou idée préconçue ou imagination, etc.

Mais la réalité est toute autre ; il y eut la philosophie.

Et l’on change de registre.

Sans être objective au sens restreint des sciences, la philosophie n’est pas non plus subjective. Elle déploie non seulement ses finalités, mais sa certitude et celle-ci est plus imposante que de n’importe quelle science. C’est la pauvreté de la compréhension qui croit tenir par les sciences, fussent-elles mathématiques, plus de vérité que celle lancée historiquement par la philosophie.

Ceux qui avancent que de la philosophie on n’apprend rien, font mine d’ignorer que sans les tours et détours de la philosophie ils seraient incapable de juger de quoi que ce soit, (puisque la philosophie a forgé toutes les armes de toutes la argumentations, ayant intégralement développé le pensable, qu’il soit dans les faits, vrai ou faux, il est à chaque fois la possibilité cohérente d’un monde et au travers des divergences situe et continuera de situer « totu monde pensable » quel qu’il soit, de pressentir ou de supposer telle puis telle autre logique des totalités).

Et font mine de ne pas comprendre que de par la philosophie, il y eut non seulement des systématisations qui ouvrirent de nouvelles sciences diverses, qui furent inventées ou imposées (par effet de vérité systèmatique), mais aussi que la philosophie a permis d’élaborer un modèle d’être humain qui puisse supporter, admettre, intentionnaliser les sciences de même que les humanisations, puis les personnalisations.

Mais il y a plus absurde encore ; le déni et l’incapacité de se rendre compte du déjà réalisé, déjà acquis, c’est souvent de juger de cette réalisation en fonction d’une imagination, d’une nostalgie dont ne sait quoi, d’une préconception de la « vérité » qui résoudrait de porter notre être, notre vécu ou notre monde, et ce sans comprendre que « vérité » ça n’est pas cette perfection close, chosifiée, imaginaire ou ce fantasme de complétude.

Que donc la vérité est précisément la séparation, la division en ceci qu’elle est la distinction des choses et des êtres. Ecraser toutes les différences et les divergences en une réunion, une perfection fermée, figée, invraisemblable, non vivante et non devenante.

Pour illustrer on peut dire que l’on ne peut pas éviter d’être-libre, mais que cette liberté n’est pas facteur de division et d’impossibilité mais qu’elle doit d’abord être à elle-même sa propre fin et qu’elle est donc, la liberté, le sens même d’exister (pour un être humain personnalisé en une société humanisée). Et si le libre consiste à se vivre lui-même comme libre, cela comporte (entre autres devenirs bien réels) de propager le libre et rejoint fondamentalement par là l’idéal même de l’universalité ; le partage. Le libre ne désigne donc pas la vague ambition d’on ne sait quoi, ou la fonction qui emprunte telle ou telle immédiateté (besoin, désir, etc), mais en soi de se savoir et de se réfléchir et de s’employer à augmenter le libre en soi comme pour tout autre.

Autrement dit, plus je suis libre, plus je suis libre (ce qui n’est pas négligeable du tout) mais de plus, plus chacun est libre, plus je suis libre moi-même ; en ceci que par là le libre s’oriente de se satisfaire non des immédiats désirs ou intentions, mais fabrique, bricole, conspire, s’arme d’une intentionnalité, d’une stratégie qui l’augmente.

Et si l’on s’anime plus vigoureusement par la philosophie, ça n’est pas de se rabattre (puisque les sciences n’outrepassent pas leur cercle de connaissance) et on ne se tourne pas vers la philosophie par défaut, mais parce que la certitude est réellement et effectivement réalisée. Sauf qu’il ne faut pas se méprendre sur cette certitude ; elle n’est pas vérité rêvée et fantasmatique que l’on peut désirer d’un désir imaginaire.

La philosophie permet donc, au minimum, de comprendre ce que validement on doit comprendre par « vérité » et remettre en question ce désir qui, de fait, ne doit pas être un désir ; qui n’aboutira de toute manière pas à un « objet », fut-il un objet absolu.

Et c’est cela qui détourne ou rend incompréhensible la philosophie ; elle ne laisse pas votre désir tel quel.

Et il faut l’entendre littéralement et non pas seulement théoriquement ; puisqu’il est avéré que la philosophie se mêle de tout puisque concernant notre être même.

Et donc lorsque l’on présente qu’il existe une extase universelle et une extase de dernière conscience, une extase de la première conscience cartésienne, (et ses suites jusqu’à l’extase affirmative nietzschéenne ou la conscience première existentielle), c’est réellement.

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Histoire amplifiée de la philosophie

10 Août 2013, 16:02pm

Publié par pascal doyelle

La définition de la philosophie comme métaphysique revient à proposer d’établir un discours, une théorie, une pensée objective de « ce qui est » sans qu’il soit tenu compte de notre état de fait, à savoir la distance infranchissable. Distance entre quoi et quoi, on l’ignore pour le moment.

Il ne faut pas croire que les 2500 ans suffiront pour épuiser l’ambition, ce par quoi notre-être, qui est radicalement étranger (à tout), nous conduit. S’appliquant comme un mécanisme mais ce mécanisme étant de conscience, il est un se-savoir, et donc mécanisme absolu et comme tel est la puissance même (au moins autant que nous puissions rencontrer la puissance, et sans préjuger de ce à quoi peut atteindre le potentiel en cet univers ou en d’autres ; il est peut-être d’autres formules d’existence décuplées).

Les deux réflexivités en vigueur

L’universel et la métaphysique ne sont pas la seule réflexivité agissante ; il est, au moins, une autre qui stipule la dernière conscience indéfinie (dieu et le christ et donc le saint esprit, qui manifestent réellement le structurel agissant, indépendamment de la croyance, qui regarde chacun et sur laquelle aucune position ne peut être prise philosophiquement), et qui a, cette autre ambition structurelle, développé une intentionnalité spécifique qui montre bien que le réflexif double l’universel grec et même l’emporte, puisque la pensée chrétienne a engendré une acculturation généralisée, et ce l’une par l’autre.

La pensée grecque métaphysique veut réellement assujettir toute la réalité en sa pensabilité ; le pensable, ce qui est pour-nous compréhensible, est la mesure.

La pensée chrétienne incline à ramener cette pensabilité à comprendre la volonté de dieu ; il est dans la pensée chrétienne une lutte qui veut imposer à dieu le traitement d’un objet de pensée, ce qui ne se peut pas. Descartes va lier par contre notre être sous sa condition de volonté infinie à l’être de dieu comme super éminent, et annuler que dieu soit saisissable en pensée ; il ne sera accessible qu’en intentionnalité.

La pensée et les pensabilités

Mais dès lors puisque Descartes (puisqu’il existe et a eu lieu), la pensée s’est vue transformée en pensabilité ; elle n’est plus la finalité « instinctive » et instantanée, mais est une réalité objective manipulable, à partir d’un externe donc (la volonté ou la position globale du « sujet » par Descartes, excentré par rapport à la pensée, ainsi les idées cartésiennes sont étranges et sont des rapports ; par le doute l’idée perd sa spontanéité et est relativisée).

De la sorte Leibniz ou Spinoza entreprennent une reconstruction ; poursuivent une mathématisation de la pensée qui devient pensabilité et continuera comme pensabilités divergentes (puisque le centre est devenu la volonté, le doute, l’intentionnalité, qui est seule certitude de son être ; on ignore l’être de la pensée). Mais de même c’est cette pensabilité, la pensée relativisée, qui portera le criticisme kantien et le vertige hégélien. En tout la pensée n’est plus la voie royale, mais cela n’incline pas à admettre qu’elle disparaisse et encore moins qu’elle soit remplacer par le « sujet », l’intuition, l’irrationnel, ou tel et tel donné (la matière, l’économie, la vie, etc).

La forme ontologique de cet-être

La pensée se continue sous sa métamorphose ontologique mais aussi comme pensabilité qui va exploser les pensées possibles, comme logiques et mathématiques décuplées, comme hégélianisme ou comme analytique, et encore comme pensabilités selon le monde (telle ou telle partie de la réalité vient expliquer notre être, du langage à la génétique, de l’économie à la psychanalyse, etc).

La pensée est donc, grecque, toute une et enthousiasmée par sa découverte et s’invente selon cette universalité, rencontre la réflexivité chrétienne et s’y déploie indéfiniment sous l’effet de la liberté intentionnelle, de la dernière conscience de dieu qui est l’intention majeure de toutes les consciences, pour buter contre le cartésianisme et son cycle adapté qui procrée quantité de consciences libres (et non plus libérées par un Autre).

Philosophie comme dépassement éhonté de tout ce qui est

La philosophie a déjà largement absorbé et le recul de la métaphysique et le devenir de libération, en affirmant qu’il est une première conscience (Descartes, suivie de toutes les explorations libres qui suivront, qui exploreront le monde comme « notre-être » jusqu’à Nietzsche d’une part, son affirmation et sa certitude in-sensée, et jusqu’aux existentiels d’autre part et leur exposition objective et nette de la conscience première ; ce qui signifie la conscience qui est en tous et toujours semblable, absolument identique, pure structure).

La pseudo destruction de la philosophie

Ce dépassement étant accompli, on peine à comprendre ce que d’aucuns nomment le dépassement destructif de la philosophie, entendant par là l’extinction de la métaphysique ; elle est subsumée (absorbée, conservée et étendue) depuis bien longtemps.

Mais les critiques envers la philosophie continuent de la caricaturer ou en réalité de la comprendre sous la seule formulation de « métaphysique » élaborant un discours unilatéral qui supplanterait tout, ou comme universalité générique et relevant de la seule « vérité » entendant par là non pas le principe de vérité, mais une vérité de contenu qui posséderait les choses avant qu’elles mêmes se possèdent et qui plus qui penserait les être libres antérieurement à leur libre en propre, de même que l’on croit encore que la conscience est le « conscient ».

Tout cela est absurde, et montre un retard considérable sur ce qui est le mouvement même du devenir réflexif.

Elle n’est pas l’élaboration d’un discours plein et clos, ni la conscience n’est un conscient-forteresse, une identité fébrile qui tente de recoller les morceaux ; les désespoirs sanguinolents qui étreignent les cœurs n’ont tout simplement pas lieu d’être. Le devenir de ce qui est, est une source débordante.

Or comme le devenir conscience est in-sensé et non raisonnable au sens plat, on peut s’y perdre de ne pas percevoir le lien unique qui relie tous les dépassements ; comme si ce qui est, s’existerait rectiligne.

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Démocratie et liberté

8 Août 2013, 18:57pm

Publié par pascal doyelle

Il est curieux quand même qu’ayant accompli tout ce qui fut, on se mette à douter à n’en plus finir de découragements en crises d’angoisses, historiques ou individuelles, alors que visiblement ce qui fut lancé, (dont la philosophie est la pointe étrange mais non pas certes toute la surface), fut mené bon train.


La philosophie tire donc son origine de saisir cela même qui devait s’imposer, partout, à savoir la réflexivité comme dépassement de la synthèse (des langages et des groupes, des immédiatetés et du corps donné « là », via donc l’universel grec et le devenir conscience chrétien).
Puisque c’est de réflexivité dont il s’agit, réellement, il ne se pouvait pas qu’elle n’acquiert pas d’elle-même une Idée. C’est cette idée qu’expose la philosophie, dans sa structure même du savoir-connaissance : alors que savoir n’était pas découplé de connaissance.
La réflexivité est donc ce qui arrive un peu partout à tel moment, et qui refuse de se laisser faire par l’immédiateté et les vécus, comme par les langages et les groupes. Ce qui arrive a pris nom de « raison » et « universalisation ».

Les sciences, récentes en somme, ont poursuivi le dépassement inauguré par le savoir-connaissance qui prétendait ne se tenir que dans les mots, mais transformées en idées et les idées en systèmes ; les nombres s’incrustent plus délicatement dans les multitudes de variations de la réalité.

On remarquera que chaque science sait ce qu’elle dit, au moins à tel moment, mais ne peut affirmer que cette connaissance limitée soit partout et totalement applicable ; ce serrait non raisonnable d’extrapoler une description au-delà de son point d’application.
De même mais inversement, les sciences n’existent pas indépendamment de tel milieu et requiert une humanisation qui les soutienne. L’ensemble culturel qui les permet, est nommé acculturation généralisée, en ceci que la réflexivité est instituée comme humanisation et universalité et comme liberté et devenir conscience.


Il se trouve que cette universalisation s’est stoppée en des Constitutionnalités (qui ne parviennent que difficilement à se transformer en démocratie, quoi que d’innombrables inventions y prennent place, non seulement institutionnellement mais des mois eux-mêmes, les mai 68 divers et variés en tiennent lieu), de même que ces libertés se sont appesanties en des vies personnalisées, ou plus exactement en des « mois » ; parce que toute humanisation, universelle, se découvre comme un monde de mois, de moi-mêmes, et on ne pourrait plus concevoir de développement, de progrès sans cet investissement absolument concret qu’est « chacun ».
L’humanisation n’est pas la réalisation d’un homme générique, de besoins universels, mais la distinction en et par tout-un-chacun. L’engouement pour l’individualisme, l’hyper individualisation (consumériste en partie mais pas uniquement), est donc en partie légitime, censé, et valide.


Ceux qui réclament une réforme gigantesque qui annulerait la débauche d’individualisme en appellent donc à une règle universelle qui supplanterait ceci ; que dans une démocratie réelle individuelle, ce serait l’accord de chacun qui devrait permettre de réguler et non pas une universalité, une généralité ; forcément autoritaire. Dans une démocratie réelle, les tout-un-chacun doivent penser et accorder leur pensée aux autres. On dira que c’est précisément l’individualité qui s’oppose à ce qu’il y ait une pensée non pas commune mais un consensus intelligent, alors qu’en réalité ce serait plutôt la mécompréhension que chacun a de son individualité, stagnante dans l’immédiat, qui ne permet qu’il se fasse jour un devenir-intelligent.


Il n’est donc en ce sens pas suffisamment de raison, d’individualisme qui se comprenne plus adéquatement, de même que les institutions ne comprennent pas à quel degré elles naissent et se justifient de la Constitutionnalité même (qui n’est pas respectée en sa programmation), tout comme la constitutionnalité ne saisit pas qu’elle n’est pas un « état de chose » inerte, mais qu’elle tend en une finalité ; que cela soit réellement et de plus en plus dynamiquement démocratique.

Autrement dit, dans l’ordre des raisons, des concepts ; l’individualisme se doit à une acculturation réelle (et non pas fantasmatique exclusivement, sans que soit annulé le fantasmatique évidement), tout comme institutions, constitution et démocratie s’engrènent les unes dans les autres

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