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instants philosophie

Du dit capitalisme

8 Décembre 2009, 23:50pm

Publié par zward

Le capitalisme est bien ce qu’il parait être. Soit l’immense déploiement des dites forces de production ; coagulation de la technologie et de la capacité organisationnelle (laquelle est rendue possible par l’éducation et le caractère extrêmement discipliné des individualités ; ce qui est au fondement de leur personnalité, cad de ce mouvement historique de personnalisation ; c’est un processus et non pas un « état de fait »). Il en résulte une puissance de production décuplée ; la question devrait être ; comment ordonner et coordonner cette puissance de telle sorte qu’elle ne se perde pas, ni ne soit laissée à elle-même, s’abimant dans des séries de finalités qui surgiraient « spontanément » de « besoins » si évidents qu’ils n’auraient pas à être interrogés plus avant.

Ce manque de concertation, ce consensus jamais entamé, cette para évidence fondatrice (on se demande comment ce qui ne fût jamais était interrogé, puisse être considéré comme fondement de quoi que ce soit) marche de pair avec la légitimation pseudo historique d’une instauration à jamais figée de ce contrat social inachevé.

Ainsi il suffit apparemment de se tourner vers la conception des « droits de l’homme » inscrits dans le marbre, pour légitimer un « état inerte »  validant toutes les finalités humaines dont se nourrit l’économisme et la technocratie ; les « sciences » se sont installées dans la contemplation passive de « ce qui est en l’état où on le trouve » ; il n’est aucun réformisme réel à considérer comme « naturelles «  les nécessités acquises ou spontanées. La politique de son côté est au mieux un commentaire averti des constitutions. L’ensemble repose sur une « nature humaine » approuvée comme définitive, en soi, qui peut à la rigueur se parfaire, mais supposée telle quelle, dans un « c’est comme ça, ma pov dame » ; un fatalisme et un quiétisme gouvernent la conservation du même monde clos.

C’est dans l’interrogation de cette prétendue nature humaine que l’on doit creuser ; en cette fausseté d’évidence se dérivent toutes les finalités parfois réelles, et parfois fictives, voir erronées, et encore mensongères qui orientent l’ensemble de la puissance productive ; dans la quasi-totale inconscience.

Autrement dit on produit, disons, à 50% en pure perte et inutilité. Validant a posteriori et à rebrousse-poil cette productivité technologique et organisationnelle selon les divers totems contradictoires de produit intérieur brut et autres inconséquences majeures. Et finalement on travaille afin de travailler ; comme si cette courroie de pur et simple enroulement se validait de soi seule. Ça s’enrichit, que l’on dit, mais enrichit en quel sens ?

Il est bien évident que face au concept de puissance productive générale, il en est un autre ; la richesse ; dont l’équivalence compréhensive et compréhensible, par tous, n’existe nulle part et n’est jamais nommée. Et pour cause … si face à la puissance productive était nommée le concept de richesse au sens fort, ca complet et intégral ; il faudrait passer outre que dans notre saisie immédiate (qui n’est qu’à peine une pensée) la « richesse » nous semble par nature appartenir exclusivement à quelques-uns … Tandis que le concept accentué de richesse (d’une société humaine) se devrait unilatéralement se redistribuer non pas défaut (de droits dérivés et gagnés au coup par coup et modifiables au gré des « politiques »), mais positivement et en tant que telle ; cad produite de l’effort humain de tous. Et non en propriété exclusivement privée de quelques-uns.

Ainsi donc corrélativement aux concepts de puissance productive et de richesse, dans leur signification réelle et non pas traditionaliste, réactionnaire, se supplée le troisième ; celui de salarié. Que le salarié dans son statut même soit dépendant, est une aberration. Légalement et si il fallait réellement développer la logique du Droit (comme concept réel lui aussi et non pas comme validation après coup d’états de fait), le statut du salarié se devrait d’une augmentation considérable et qui redessinerait intégralement la stratégie générale de « l’économisme » en vigueur.

Mais donc il ne s’agit quasiment plus d’idéologie ; qui enfermerait l’humain, sa puissance productive, sa richesse générée, son statut de citoyen salarié, dans une pseudo image.

Il s’agit de l’impossibilité dans laquelle nous nous trouvons d’assigner la puissance générative des sociétés humaines à/en des finalités réelles, efficaces, ayant non pas pour fondement l’exercice de notre « nature humaine immuable », mais ayant pour exact et très précise formulation ; que veut-on ou doit-on accomplir que l’on veuille vraiment ?

Il apparait si évident que la puissance humaine de production, mais aussi organisationnelle, s’est enfermée dans un circuit étroit et ridiculement étroit de gestion et de prévision ; elle ne sait pas quoi en faire, de cette puissance inventée.

Aussi tout s’est-il rabattu sur la gestion individualiste et pas même au meilleur sens de cet individualisme ; les finalités qui absorbent la puissance de production énorme, s’étiolent dans des fantaisies rigoureusement débilitantes ; elles puisent leurs raisons dans des causes mondaines, naturalistes, immédiates, fonctionnelles, psycho-rigides, basses et médiocres, voir mesquines et parfois fondamentalement mauvaises (d’auto destruction lentes ou aveuglées). Puisque dans cette zone là qui ne faut pas, jamais interrogée, il n’est nulle lumière de raison et de liberté qui prévaut ; raison et liberté sont elles-mêmes de pseudos argumentations passives et réactionnaires au plus haut point, qui n’engendrent rien ; qui ne créent pas de devenir suffisant. Suffisant ; cad qui puissent commencer d’ordonner et de conférer à la puissance productive et à celle organisationnelle, un devenir augmenté.

Faute de cette augmentation, le soufflet retombe dans la dégénérescence et la singerie de ses propres pseudos fondements ; la naturalité, la faiblesse et le désordre d’un multiple que l’on a pris pour notre richesse et notre liberté ; cad que tout cela retombe dans la mort.

 

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