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instants philosophie

En raison inverse (inverse de quoi ?)

1 Mai 2011, 00:24am

Publié par zwardoz

Que la raison ait à s’incarner, ça peut se dire aussi à l’inverse que la raison est autre chose que le corpus élaboré en tous sens, durables, en tant que connaissances séparées ou connaissance unifiée (philosophique).

Que la raison puisse s’incarner, ça parait contraire à tout l’effort en lequel consiste la rationalité ; la raison ne peut pas s’incarner puisque dans l’incarnation c’est l’immédiateté qui domine. On aura beau jeu alors de réunir les traits de l’immédiat et d’en conceptualiser le structuralisme ; les immédiatetés ne seront pas alors un désordre incroyable, mais des mises en ordre (de pouvoirs ou de structures mythiques ou de langage) toujours plus ou moins locales et en-deçà de l’universel, venant même à rebours prouver que l’universel n’est pas, pas plus que le sujet ou pas plus que n’existe l’Homme comme fondation. Démocratie et liberté se retournent à l’envers, en somme superstructures au plus maugréant sens possible.

Sauf que l’incarnation de la raison pourrait aussi bien tenir dans son déploiement relationnel ; ainsi en une démocratie bien sentie. C’est-à-dire une réelle démocratie ; pas vraiment déjà celle que l’on subit ; mais une autre… à venir, possible. Et alors ce serait au sens où la confrontation des opinions engendrerait une vérité. On ne sait pas laquelle. Et elle est ou serait difficilement discernable ; au jour le jour, de sorte qu’il ne conviendrait pas du tout de déprimer de ses conclusions absentes ; les résolutions s’effectueraient dans la négociation constante et dans les compromis et dans les antagonismes réglés. Au fur et à mesure ; ce serait son essence même.

Ça n’est pas faux. Le relationnel prenant le relais de la rationalité ; c’est somme toute (et dans les grandes largeurs mais aussi dans les petites contradictions quotidiennes ou personnelles) ce qui se passe depuis 2 siècles.

Il est cependant un autre devenir. Qui consiste en l’appréhension que chacun obtient de lui-même. On pourrait nommer cela ; le travail, cad la torture, psychologique. Ou l’acquisition de soi. Et d’une manière générale ; les statuts.

Le statut définit le prolongement obtenu pour chacun, cad un tel et un tel ou en telle situation, obtenu à partir de la constitutionnalité. De la constitution explicite des sociétés. Celle qui est inscrite en lettres d’or. Genre Liberté, égalité, fraternité.

La logique qui est imprimée dans les constitutions surprend tout le monde. A preuve, elle ne s’applique vraiment nulle part. On l’évite, à croire. On la fuit, on la détourne.

Ceci pour montrer que si l’on incarne la raison, ça a bien du mal à se réaliser ; chacun se tient de son statut de sujet (constitutionnel) mais non seulement les sociétés en éprouvent la douleur, mais de plus les personnalités n’y sont pas du tout aptes. Nous n’en sommes pas capables, bien que ce soit, là, bien en évidence, invincible.

Le statut de sujet-citoyen, on en est à peine le citoyen et encore moins le sujet.

On a pu rejeter cela très marxistement, comme une abstraction ; on lui a préféré l’homme générique, ce qui est beaucoup plus simple ; ça évite le réel.

La réalité est que la constitutionnalité de l’humain est plus vraie que tout le reste ; en ce que ce qui devient, l’incarnation, c’est justement cette vérité là. Qui donc s’incarne au sens strict ; elle fait-être que je puis me dérouler une personnalisation. Laquelle permet une humanisation ; ce brillant désordre, qui de fait n’en est pas un, et consiste en l’épuisement des possibilités ouvertes par une constitutionnalité l’être de l’homme. Les mois s’épuisent à être « cela qu’ils sont » ou « qui ils sont » ; et ce faisant éreintent tout ce qui les entoure.

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