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instants philosophie

Le moi et la Constitution

18 Janvier 2014, 10:01am

Publié par pascal doyelle

Coincé à jamais dans son unification, que l’on nomme le moi, la personnalisation qui courre partout, que nous renvoient toutes les mages, tous les sons, qui oublie jusqu’à l’universalisation, broie également ce qu’il faut désigner de devenir-conscience.
Si quantité de mois demeurent imperméables à la Kultur, ça n’est pas qu’il y ait eu un développement considérable d’une acculturation généralisée adaptée aux masses, c’est que la formule qu’est le moi ne peut que difficilement admettre en elle, en sa personnalisation, l’écart infini qui existe entre la kultur (celle à vocation universelle) et l’acculturation moderne (qui est produite massivement dit-on, à tors).
Cependant il ne s’agit pas du tout de nier la valeur de l’acculturation généralisée ; le moi a besoin et réclame et impose qu’il puisse disposer d’une culture en propre et qui soit son expression et par laquelle la personnalisation peut légitimement (étant absolument acquise et personnalisation faisant suite à l’humanisation) devenir, se représenter et se connaitre et surtout s’inventer au fur et à mesure de sa propre historicité. Il s’agit de mesurer la différence entre la culture universelle (qui précède ou conduit aux révolutions) et l’acculturation qui est la réalisation de cette révolution (unique ; il n’y en eut qu’une seule dont la variation est le communisme ou le socialisme, scindant en deux ce qui était un).
Mais dès lors, aussi légitime soit-il, le moi est ce qui s’empêche par sa formule même de reprendre pour lui qu’il est issu de l’universalité. De cela on peut juger que les mois existent dans un monde, unique, et figé. L’Etat et le droit, la constitutionnalité, limitent la compréhension même que chacun obtient de sa propre existence ; chacun est, se fige mais aussi se déploie à l’intérieur des limites.
Et encore sont-ce des limites tout à fait abstraites ou plus exactement dans l’interprétation abstraite de son statut d’individu atomisé, séparé de tout et de tous, qui ne mène et ne maintient que son seul vécu. C’est qu’il est possible en réalité d’interpréter ou de réinterpréter la constitutionnalité des sociétés ; ce qui forme après tout le contrat même que l’on conclut originellement.


De son seul point de vue de moi il lui est impossible de renouer en et par ce contrat ; bien que c’est ce qui fut désiré durant tout le 19éme ; qu’il y ait une pensée active sur la constitutionnalité et une intense et prolifique argumentation sur tout le possible de l’universalité ; d’utopismes en anarchismes en passant par les socialismes, mais également les pensées libérales en toute leur diversité.


Le second mouvement fut donc les mai 68 généralisés qui touchèrent chaque ensemble ; manière de révolutionner la révolution-unique de l’intérieur. Tout ceci au seul nom des mois un par un et accroissant leur séparation mais tout autant sinon plus leurs libérations. Il faudrait être aveugle ou idiot pour ne pas comprendre que cette vague de libérations diverses fut et est réellement la volonté de mettre à jour, d’updater la révolution unique, de tirer le maximum des conséquences admissibles et possibles de la constitutionnalité qui nous porte tous "un et libre".
Il n’est pas question d’une massification mais d’une divisibilité accélérée de tous et de chacun ; alors même que par ailleurs il devenait absolument impossible de mener parallèlement une vision d’ensemble, cad une universalisation plus globale ; on ne peut pas à la fois se concentrer sur ses devenirs propres individués et recentrer l’ensemble, le monde sur une politique universelle.


Et cependant alors qu’une telle politique universelle est incluse dans la constitutionnalité même des sociétés ; l’universel n’a pas régressé, il s’est simplement figé plus ou moins. Les libérations individualistes sont en leur part un processus universalisant. On a par contre de cela transformé ce que « universel » signifie, comporte, importe, assure et assume. On voit bien partout la difficulté à comprendre ce que l’universalisme des constitutions contient.
C’est que le procédé de mise en forme, l’universalisation, on ignore ce qu’il dit ; c’est porté par son propre souffle interne que la constitutionnalité s’est imposée dont on n’a encore tiré tous les effets.

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Anne-Flore Urielle 21/01/2014 09:29

Intéressant ! mais - si je puis me permettre - mieux écrit ne serait-il pas plus accessible ( ou bien est-ce moi qui ne suis pas assez familiarisée avec la philo !)