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instants philosophie

Le sens de « tout cela »

28 Septembre 2014, 09:52am

Publié par pascal doyelle

Notre être apparait par les grecs. Enfin ce que l’on appelle notre être, parce que ce serait plutôt l’inverse ; c’est dans l’articulation qu’il crée au réel que là éventuellement apparait l’humain, et puis les mois, et puis tout ce qui se trouve dedans.

L’humain est fonction de l’articulation radicale (conscience-de, qui n’est pas le conscient ni le moi ni le sujet au sens habituellement caricatural, ni l’esprit, ni la raison, qui est bien pire que tout cela réuni), laquelle donc ne recèle aucun sens parce qu’elle est le sens. Il n’y a rien d’autre, parce que de toute manière elle est le réel. Or en-deçà ou au-delà du réel, il n’y a rien.

Nous sommes donc à la racine. Depuis les grecs nous sommes à la racine, les grecs et les chrétiens (et affiliés, c’est selon), depuis cette modification anthropologique nous existons à même le réel. Comme si « ce qui existe » pouvait exister à moitié ou au trois quart ou selon une quelconque proportion… ce qui est, est absolument parfaitement ce qu’il est. De sorte que, nous concernant particulièrement, tout moi existe sur l’extrême de lui-même, sur le bord de sa réalité.

C’est ce que signifient les trois adjonctions à la pensée, au sujet et au moi ; l’extensivité, l’intensité et la densité.

Le sens in-sensé, de ce qui est, et de ce que nous sommes devenus, consiste donc la montée en flèche, la révélation, la re-présentation de ce qui jusqu’alors était étouffé ou non encore né dans les mondes synthétiques humains particuliers, et « cela » qui est né est désigné ici par « mécanisme de conscience », ou « conscience-de ». Jusqu’alors conscience-de était toute immergée, innommée, dans ses contenus ; elle devient en une fois, elle prend conscience de (soi) (puisque l’on ne sait toujours pas ce que c’est que ce (soi), même ayant pris les traits de pensée, sujet et moi), et il n’est plus étonnant qu’elle se sache elle-même instantanément (instantanément est essentiel) puisqu’elle est conscience-de, ce qui signifie réflexivité ; la possibilité de se-savoir. Rien n’y fera des myriades d’idées et d’expériences qui suivront puisque cet être est un être et non pas une « idée » (ou plutôt comme nous disons, ce que l’on nomme « idées » est depuis le début rapport-à, inventivité intentionnalisatrice débordante qui s'incruste, s'impose).

Le mécanisme qui surgit et qui a nom pensée ou conscience-de ou sujet, est réellement et dans la physiologie même un mécanisme ; il nait de la cervelle, indépendamment de tous les contenus (de sorte qu’aucun contenu n’épuisera son être, qui est de fait hors-sens, qui est une technologie engendré de la « nature » ou plus exactement du donné-là, et probablement encore du « là » lui-même de ce donné, quel qu‘il soit, en quelque monde ou personnalisation que ce soit).

Impossible donc de nommer ce mécanisme, sinon comme … mécanisme. On peut supposer ceci ou cela, mais cela reste de la supposition. Mais on ne peut l’annuler. Avancer que parce qu’il existe des systèmes, des causalismes, des significations ou des inconscients que ce mécanisme n’existe pas, ne remplit aucun rôle, est outre qu’absurde (puisqu’il est et donc doit bien s’utiliser à quelque chose), et en plus d’être contradictoire (puisque ces systèmes et causes sont décrites par et pour ce mécanisme, il ne peut pas se non supposer), mais surtout nier son être c’est dés l’abord positionner « ce qui est » comme ne contenant pas un tel décalage interne au donné lui-même. C’est donc penser avec une jambe.

Si notre être est justement ce qui est ignoré, le déplacement qu’opère la philosophie est de vouloir fixer cet être en son lieu, réel, tout aussi réel qu’est cet être (lieu que Heidegger va tenter de dénommer) est le propre même de la philosophie et requiert d’une part la métaphysique (comme déploiement , invention hors de tout langage, de tout groupe, déploiement de l’élaboration intentionnalisatrice à partir du mécanisme de base de conscience-de), et d’autre part comme ontologie, soit donc description, expérimentation, exploration, inventivité de cet-être, de ce réel étrange et autre, qui découvre en même temps qu’il se crée, s’engendre ; soit donc depuis Descartes et ensuite les grands sujets.

Autrement dit l’Etre est la réunion mais d’abord la distinction de toutes les intentionnalisations possibles à propos de ce qui est, et ensuite par l'ontologie l’être est là où l’on est. En l’occurrence l’étendue cartésienne… ce qui évidemment est totalement autre chose que de distinguer/réunir les significations ; l’étendue cartésienne, ça n’a plus le moindre sens. C’est « là ». Et nous sommes « dedans » ou « dessus ». Le sens giratoire du passage de l’Etre comme réunion des significations (et on peut y broder quantité de sens) à l’être comme « là », nous cloue littéralement là où nous sommes et signifie que la pensée (qui était l’horizon absolu des grecs, le sens même de « ce qui est ») s’origine en un être réel spécifique qui est-là ; le sujet (lequel est imposisble mais réel comme on a vu).

Mais de même que les grecs objectivent totalement l’ensemble des significations de l’Etre (comme distinctions et séparations et divisions des significations et ensuite secondement de leur réunion en une unité), de même les sujets, et Descartes le premier, décrit tel quel, nu, le processus que nous sommes ; la même stricte objectivité et rigueur dans tous les cas. Pour exemple ; la pensée chrétienne s’empare radicalement de notre être-sujet (celui que crée le christ par la re-naissance instantané de chacun vers l’unique conscience indéfiniment réelle du père), et produit une rigueur radicale de la description de cette puissance opérante. Ça n’est nullement et en rien subjectivisme ou illusionnisme ; puisque la réflexivité s’est emparée de nous, abolissant les mondes antérieurs particuliers, elle travaille et divise et opère et élabore des machineries intentionnalisatrices très exactes ; parce que la réflexivité ne travaille jamais à vide… son être est de toucher les choses, d’atteindre le réel, puisqu’elle y est déjà.

Il est particulièrement absurde de nier l’élaboration parcourue, c’est juste ne pas ouvrir les yeux et croire encore à une « vérité » qui surviendrait, alors qu’elle est toute là et avance. Une vérité qui nous sauverait, nous révélerait, nous épanouirait (fantasme qui n'est pas, en aucun cas, celui de l'occident, qui est l'inverse de toute révélation) ; mais tout est là, déjà, en avancement de son être réel.

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