Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

L’ontos, le rien agissant

7 Mars 2015, 08:43am

Publié par pascal doyelle

Toute conscience étant rapport à (soi), elle est absolument séparée de la réalité, de l’immédiat, bien que, étant vide et formelle, elle ne sait pas en quoi et comment ; il n’y a pas de pourquoi et de raison de cette séparation ; sinon une raison structurelle ; étant rapport à (soi), elle exclut tous les autres rapports de fait ; elle n’a donc rien vers quoi se tourner, se référer, et pas même elle-même ; puisqu‘elle n’a pas d’essence et d’ordre et de sens ; elle est, tel quel, sans rien, vide, mais entièrement positivement « là », dans son effort même, dans sa tension.

Rappelons que la conscience est l’arc réflexe créé par une cervelle (quels que soient les contenus de cette cervelle, en toute cervelle il se crée un tel arc, parfaitement identique formellement à tout autre arc de cervelle, pour ainsi dire), et que la conscience, surgie de la cervelle, est arc boutée au réel (la position du réel, peu importe, pour el moment sa détermination).

Surgissant de la cervelle, elle emprunte d’abord des contenus (elle ne nait pas « formellement » mais de tel ou tel contenu pour s’en émanciper instantanément, puisque l’on peut s’attacher à plus d’un contenu à la fois, et que l’on a la possibilité de tous les contenus éventuels, le rapport est plus « grand » que ce qu’il contient, évidemment, et crée la forme qu’il est, et étant réflexif il est lui-même la conscience du rapport ou de la possibilité d’établir des rapports), mais il est arrivé, par les grecs, que le rapport s’est épris de lui-même, se considérant en et par lui-même ; a commencé dès lors l‘élaboration intentionnalisatrice libérée des contenus donnés dans les mondes particuliers pour les contenus créés (les universalisations en tête) n’ayant plus affaire au groupe-langage-monde localisé et immédiat.

L’interruption de conscience antérieure à la raison

Mais ce ne sont pas seulement les universalisations ou les catégories ou les savoirs ou les sciences, qui se jouent ; c’est le positionnement structurel qui surplombe ces réalisations ; dont le rapport « prototypique » de l’être, que plus tard on désignera du renouvellement de conscience (intégralement renouvelée) par le dieu chrétien, et bien plus tard on nommera l’étendue cartésienne ou le réel ontologique ou existentiel ou lacanien. En ceci la pensée, la réflexivité, est plus archi et hyper que la raison ou la nature humaine. C’est dans la racine (le lien notre-être/l’être, la conscience/le réel) que la philosophie s’immisce, la racine qu’elle tente de dénouer, et ce non par la voie de l’objet et de la raison, mais celle de la pensée et du retour-sur/vers (soi).

L’encaissement concret de la structure dans le moi

On voit donc que la structure alors qu’apparemment elle retourne pour nous à une sorte d’immédiateté (le moi, le donné là, les objets, la nature humaine, le moi, l’objectalité et l’objectivisme, puis succombe au groupe à nouveau, au langage et au corps), est ce qui architecture au sens propre ; elle archi-tecture ou archi-structure ; la politique, l’éthique, l’esthétique, l’idéel reviennent mais relus et ce par-dessus les universalisations, et qui cherchent leur concrétisation, soit donc le corps du moi. Mass médiatisation ou internet, prophétie science-fictionnesque ou fantastique, mille esthétiques créées durant le siècle, révolution interne des années 60, renouvèlement de la sexuation, de l’affectivité ou des relations, poursuite des droits personnalisés, perfectionnements dans tous les domaines jusqu’à ce que les réformismes parviennent à rebooter l’ensemble orchestré du monde humanisé.

La conscience interruptionnelle

Elle continue de lancer son arc sur le monde, le donné, le corps, l’humanisation, la personnalisation et veut quelque chose, quelque chose d’autre. Puisque son être n’est assigné à rien ; elle est le rapport pur et simple, la source ininterrompue qui peut tout aussi bien s’interrompre … c’est bien en cela qu’elle est absolue ; si elle était composée, une interruption serait gravissime, mais étant seulement formelle, peu importe les ruptures ; elle revient constamment telle quelle, une et articulée au Même Réel, donné là, ce qui signifie donné « là », le « là » du donné, articulé au réel.

Conscience et réel comme « là » ontologique

La boucle de rétroaction qui crée la conscience est une fausse explication, parce qu’elle n’explique rien du tout ; c’est qu’il y ait « conscience » qui crée la boucle, et non la boucle qui crée la conscience ; la boucle est le moyen ; « conscience » est tout aussi « donné là » d’évidence que « être ». On ne peut pas dériver l’être, il est originellement tout l’être (et rien d’antérieur qui l’explique). De même il est un réel qui est nommé « conscience » que l’on ne peut pas dériver. Lors même que l’on connaitrait les processus physiologiques qui provoquent « conscience » dans la cervelle, on ne connaitrait pas le rapport de conscience, puisque cette conscience est précisément d’être rapport à (soi).

Le rapport est premier (toujours déjà premier, puisqu’il se crée à neuf)

Il faut comprendre ou visualiser que le (soi) est non connu, puisqu’il se crée de se rapporter à lui-même ; la conscience est rapport du rapport. Illustrativement ; c’est parce qu’il y a conscience qu’il y a langage ; le langage est signes, signes qui pointent les choses, et donc liaison entre deux entités ; ou d’un signe à un autre, ou formulant tout sorte et indéfiniment de rapports, pourvu qu’ils soient mémorisés dans un système ; et de même tout langage a pour fin non de former un tel système mais que ce système soit relié à chaque fois à telle ou telle réalité ; le dernier des systèmes est le seul réel, le réel seul, tel qu’il est pris et repris par une conscience qui s’arc boute, celui qui relie les intentionnalités au donné là, mais il n’est aucun système qui parle « ce système », bien que de ce fait tous les systèmes aboutissent tôt ou tard au/vers le dernier système, qui est donc le réel lui-même ou votre conscience.

Le retour du rapport en-deçà de lui-même

La philosophie est la manière de s’interposer afin d’ouvrir le réel, plus grand. De rendre possible l’impossibilité de s’introduire entre la conscience-de et le réel là. De suspendre notre être afin qu’il puisse se saisir ou être saisi du rapport même. Du rapport qui n’a pourtant pas, pas du tout d’interface ou de correspondance ; la philosophie suscite une correspondance qui dévie constamment mais ce faisant donne à voir le rapport. Et donc amène à rédupliquer cette conscience par une autre, vous demande d’être saisi de ce glissement qui saisi et est saisi.

Le renvoi au réel-même (et à l’activisme de toute conscience-de)

Il est ainsi vrai et faux que le réel ne puisse pas se dire … il peut au contraire totalement se dire en ceci ; qu’il se montre, la réflexivité est mise en suspension du réel, la volonté, l’intentionnalisation de s’interfacer dans le réel, d’interposer le réel par lui-même. Mais alors toute la charge est supportée par la conscience prise qui est plantée là même dans l’étendue du réel et si nous sommes en mesure d’y accéder et si ce n’est pas sur le mode du langage, c’est que depuis les grecs, la pensée, la philosophie nous sommes à même le sol, à même le réel, directement, frontalement. C’est ce que l’on a nommé l’être dont on croit à tort qu’il vous envoie par-dessus le donné là, alors que les grecs veulent penser justement l’apparescence, le surgissement des choses, leur raison de venue au monde ; de sorte que la pensée soit la pensée vivante qui anime le monde et nous le donne à percevoir en plus de distinctions et des distinctions qui portent, qui différencient.

Le cheminement est un par un

Autrement dit la pensée renvoie au rapport vers le monde perçu, et l’augmente, puisqu’elle prend le monde perçu dans l’articulation de l’être, du réel qui emporte avec lui les réalités, qu’il y ait un monde et un seul ; en quoi on avance effectivement dans et par et selon le monde mais aussi selon l’être, selon le positionnement que provoque l’articulation au réel, grâce à la pensée, grâce au réflexif. On ne sera pas d’accord avec Platon, Descartes ou Kant ou Heidegger, mais on ne pourra pas s’en passer, d’aucun, puisque c’est là que c’est dit-montré. Est montrée la surface unique et unilatérale (ontologiquement) du réel, le dernier « système » qui les contient tous, et dont la philosophie qui exhibe la partition notre-être/l’être veut exposer l’architecture.

Faire appel à la torsion

Ce qui est unilatéral (notre être sur la surface étendue du réel) et qui croit pouvoir maintenir cette unilatéralité et se connaitre dans une représentation, un objet (d’adoration ou de désir ou objet libéral ou scientiste) est rendu en conscience comme articulé et n’ayant pas d’objet, de représentation et devant faire appel précisément à la torsion que seule la philosophie cessant de la représenter (en des discours d’objets ou en des fictions contemplatives), que seule la philosophie met en œuvre dans sa forme torsadée, que le réel est et n’est accessible que selon le rapport.

Commenter cet article