Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

Transformation de l’Absolu vers le Un

23 Août 2015, 13:53pm

Publié par pascal doyelle

Lorsque l’on invoque l’absolu, on ne parle pas du tout d’un Autre ailleurs autrement, mais du un, ici même et agissant. C’est cela le renversement qu’opèrent les grecs et les chrétiens ; ce qui se réalise se réalise ici même.

Ça ne se réalise pas ailleurs (ou en tous cas ça commence ici ; si quelque réel est, il commence ici même). Parallèlement le donné, là, immédiat, puisque le un est ici (et où serait-il autre part ?) le donné-là est à acquérir, est en et pour lui-même tout valant ; le donné là n’est pas à négliger du tout. Le « là » du donné (de n’importe quel monde, le « là » sur lequel tous les mondes existent), l’être pour les grecs, le dieu tout à fait spécifique pour les chrétiens, révèlent le donné-là lui-même. C’est parce que l’on a supposé un « là » du donné (le là du monde ou l’incarnation-dans-un-corps) qu’il existe un monde (auparavant il existait un monde mais à chaque fois particulier, pas un monde unique universel ayant sa base en-deçà de tous les mondes).

Si le un est la transcription ici même de ce qui ailleurs, en d’autres civilisations, se donnait comme Autre ailleurs (et cela vaut pour l’hindouisme ou pour le judaïsme, même si le dieu unique et les monothéismes dénommaient déjà radicalement le Un), alors ce qui se passe ça n’est pas du tout la réduction de l’autre au donné monde vécu (monde grec, vécu chrétien), mais bel et bien l’inverse ; c’est le donné là, le monde, le vécu, le corps qui apparaissent dans leurs radicalités d’altérité…

C’est l’inverse qui est arrivé ; l’altérité localisée ailleurs, fut soudainement inscrite ici même.

C’est donc sur la trace du Un ici même que toutes les consciences, toutes les consciences se sont lancées. C’est la cause même du déploiement total de tout cet activisme qui nous prît. La pensée grecque, dieu-le christ et le sujet, puis les pensées de l’altérité (version ontologique et explosée de Nietzche, Heidegger, Sartre et Lacan, ou version commune de la raison, de la naturalité de tout et du moi qui désire ses objets du monde, ou version réductrice exigeante de l’analytique du langage, ou de la psychanalyse, des idéologies, libérales ou communistes ; tout est engagé sur cette voie là et ce à partir du sujet fondamental, cartésien, soit absenté dans la science, ignoré par le moi, ou annulé et renié par les pensées de l’altérité ou les théories mondaines), tout cet ensemble se produit à partir du retournement dit ontologique des grecs-chrétiens ; que l’absolu est, mais c’est ici. Et nous le nommons le Un.

Si le Un est, il est formellement entier et nulle part ailleurs que « là où cela est vraiment », ce qui veut dire comme présent. L’être est uniquement le présent.

La philosophie étant la discipline qui se charge de décrire l’articulation étrange qui se met en place au sortir de tous les mondes particuliers, étant entendu que la dite articulation batifole dans tous ses possibles (politiques, éthiques, esthétiques, idéels, humanisation, personnalisation, acculturation généralisée qui prit le monde comme trainée de poudre et explosions incessantes, puisque la forme prédomine sur les contenus, les pseudos mondes depuis les grecs et chrétiens, et les épuise), la philosophie est donc l’exploration du donné là d’une part (le monde qui deviendra selon les sciences par ex ou le droit ou l’Etat ou les morales ou les acculturations, littéraires entre autres, poétiques, etc) et explorant pour sa part à elle le « là » du donné lui-même ; ce qui veut dire ; la philosophie se tient sur le Bord du monde.

C’est l’effet radical du renversement de l’absolu transformé en Un. Par quoi l’altérité pénètre résolument dans le monde donné ici même (au lieu de nous venir d’en haut). Mais alors il faut assumer intégralement que si le Un est ici, c’est de transmuter le donné en altérité, altérité intégrale et intègre (on ne peut pas faire comme si il n’était pas «là » ; remarquons c’est ce que disent les grecs et les chrétiens et qu’a tendu à relativiser la transformation de la pensée en raison ; pour la raison ce qui arrive au monde c’est la réflexion, le retour sur elle-même de la « nature-humaine », cad aussi bien de la nature que de l’humain ; alors que ce qui est arrivé c’est la réflexivité, le retour sur lui-même du Bord du monde, qu’il soit naturel ou humain mais surtout retour de sa propre structure de Bord ; et ce fut non pas l’acquisition patiente de la raison, mais les incessantes explosions qui furent provoquées en interne et externe du Bord de la réalité, du Bord comme réel unique ; la réflexivité n’est pas la réflexion, qui n’en est qu’un de ses effets).

La transmutation de l’absolu en Un a fondamentalement accéléré toute l’intentionnalisation (de la surintentionnalisation grecque par dessus le groupe-langage-monde immédiat localisé, inventant le monde unique universel, via ses systèmes d’intentionnalisations que sont les idées, et de l’hyper intentionnalisation de chaque vécu, en subvertissant la conscience que chacun a de sa naissance-mort, forcément perçus d’un point « au-delà », et amenant le dieu-autre dans l’ici et maintenant et l’incompréhension abasourdie d’y exister, et comme Corps).

La puissance du Un n’est pas sans effort, puisqu’il se prend de l’articulation de conscience même au réel, entrainant tout le donné, le monde et le vécu et le corps, et qu’il active non pas notre réalité « humaine » (l’ensemble des dispositifs déjà là, de la physiologie au langage, du corps au groupe, de l’identité à la perception), mais l’arc de conscience en-plus (de tout les dispositifs) et nous prend sur le bord de notre être ; en et par notre exister.

Puisque distinguant l’absolu du Un, on se retrouve dans l’obligation de distinguer l’être, le donné, le dépôt, de l’exister ; le présent qui renouvelle incessamment l’être. L’exister est la coupure radicale qui saisi, transi tout l’être, et ce continuellement ; comme présent. Le présent est le frisson de ce qui est, la rumeur par-dessous, la gigantesque rumeur.

Commenter cet article