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instants philosophie

L'intention de jouissance

5 Août 2010, 20:02pm

Publié par zwardoz

Ce qui se noue dans l’hyper-raison de l’intention de jouissance, c’est enfin la liberté prise par rapport à tout fondement de jouissance du corps. Non pas à la jouissance du corps, mais par rapport à l’image, idée que l’on s’est incrustée dans l’intention issue de la seule jouissance que l’on connaisse ; celle du corps. C’est de cette hypostasie de la jouissance (à l’image de celle du corps donc), dont on se libère en ceci ; que l’acte intentionnel de conscience contient en lui-même sa propre navigation ; sa dimension.

Naviguez dans l’intentionnel lui-même, et vous serez guéri.

Aussi ne peut-on pas entendre « jouissance » comme jouissance ; c’est la forme même de la satisfaction qui doit être reprise ; qu’est-ce qui nous satisfait vraiment et pourquoi ? Et enfin pour « quoi », en vue de quelle fin ?

C’est une hérésie pour toutes les attitudes qui délèguent la vérité en la réalité ; volonté de puissance, pulsion ou productivité technico-économique marxiste ou consumériste ou linguistique et structuralisme, etc. Si la vérité équivalait à la réalité, on aurait déjà dans le monde trouvé de quoi se sustenter. Il semblerait plutôt que la vérité nous dévore, avale et épuise le monde et se projette bien au-delà. C’est sur le champ de la vérité que toute la réalité est passée au crible, notre être pseudo, supposé y compris (supposé toujours à partir du seul sujet)

La question demeure ; quelle est l’efficace de cette vérité pour prétendre dérouler tout le monde au-devant d’elle ?

L’anéantissement de l’idée-intuition (erronée) de la jouissance du corps (de la jouissance imaginée à l’image de celle du corps donc) libère l’intention comme réalisant seule et uniquement notre être ; quant bien même cette intention serait impossible (à réaliser), c’est qu’il convient que nous soyons la mesure de cet impossible et que nous coordonnions la distance prise ; sinon dans la jouissance imaginée du corps c’est la puissance du sujet qui s’y incarne et s’en désespère jusqu’à s’annuler et nier son être. La mesure consiste à admettre qu’il n’est dans ce monde, ni en aucun autre, rien qui puisse colmater le sujet ; mais cette mesure et cette maitrise est extraordinairement difficile puisque nous ne possédons pas d’identité fixée de cette intention et que notre désir continue de se percevoir volontairement ou involontairement selon ce qu’il connait et jusqu’à se saisir comme intention formelle de son être, il ne connait que le corps comme base et fondation et repli ou extension de satisfaction possible.

Entendons par là que l’intention engoncée dans le désir, se réfère spontanément ou se réfugie en repli dans le corps comme logique d’achèvement, de devenir, de restructuration et non pas trouve dans l’intention (qui est seulement ouverte, on ne sait absolument pas sur quoi) la possibilité d’une telle restructuration qui serait radicalement autre que toute espèce de monde.

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