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instants philosophie

De l'intentionnalité majeure

23 Avril 2010, 21:00pm

Publié par zwardoz

On voit bien que la faculté de lire est un exemple de ce qui est en jeu intentionnellement.

Il apparait que dans l’intention que l’on a de ceci ou de cela, ça se complique ; ça se donne comme un ; tel désir de tel objet, telle phrase qui se clôt et donne sens, telle action qui se finalise, etc. mais la vérité ne réside pas dans cette intention vécue comme une ; la vérité habite l’intention elle-même.

La vérité est dans la déconstruction de cette intention et de dérouiller ces contenus ; ce qui est pris d’évidence, devient pluriel, multiple, difficile. On ne procède pas autrement si l’on s’interroge sur telle option morale d’une action ; on ne mesure pas seulement ses conséquences, ni même la volonté, bonne ou mauvaise ou indifférence, qui initie cette action. Mais les motivations dans leurs détails et les effets tels que voulus bien qu’ignorés ou involontaires bien que prévus…

Non pas pour juger de la pureté morale de l’intention donc, mais pour prendre distance de toute intention et être capable de mesurer, de caractériser, de dénommer, de distinguer dans la spontanéité de l’intention ceci ; qu’elle est effectivement une opération spécifique qui dresse de par soi un plan, une ouverture, une régulation qui n’appartient pas à l’ordre ou au désordre du monde, qui passe outre les contenus de cette intentionnalité et remonte au-dedans de ce qui pourtant est sans épaisseur, sans saisissabilité ; qui joue donc de ses contenus pour fabriquer une arborescence ; de se manifester, distinguer dans la masse des contenus, cette arborescence se cristallise et se fait apparaitre. On voit par cela que l’on rejoint les distorsions sartriennes et les incertitudes psychanalytiques ; que veut-on vraiment ?

Mais loin de penser la moralité ou la vérité ou le vécu de l’intentionnel , c’est de l’intentionnalité même qu’il faut s’étonner ; en fait l’interrogation morale est semblable à la saisie esthétique de ce que l’on perçoit des formes, couleurs, sons et notes de musique, d’incomplétudes des phrases, de détours des récits , des tiroirs et des impossibilités explicatives ; dans une œuvre l’intention prend toutes les formes et tous les contenus ; de même dans les vécus. C’est uniquement par réduction au simple, voir au simplissime que l’on perd son temps à ne pas vivre ; d’un désir complexe et scrupuleusement enchâssé dans la réalité perçue, on ne retient qu’une antienne fade et facilement récupérable dans de plats et mornes discours. L’esthétique ou l’éthique ou la littérature ou l’angoisse et la dépression, sont des plongées non dans les contenus mais essentiellement dans l’arborescence intentionnelle ; dans sa capacité d’extension et dans ses tentatives d’auto explicitation.

Ce que relève la psychanalyse fait partie de cette entière complexité, mais tout autant la compréhension sartrienne de l’invinciblement retors d’une personnalité ; pareillement rien de ce que l’on veut, désire, perçoit, pense ne se soumet , en fait, à la simplicité de n’importe quelle énonciation ; considérer que tout énoncé, toute finalité, tout objet attirant, toute chose manifeste sont susceptibles d’être accédées vi non plus les contenus (plus ou moins distincts) mais dans l’arborescence d’intentionnalités difficiles, c’est admettre que notre être n’est pas de solidités, mais de fugacités et de pluralités et ce dans son unification même ; il est de la nature de L’intentionnalité(une) d’être selon le multiple, le pluriel, la difficulté, l’incompréhension.

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