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instants philosophie

L'hypothèse heidegerienne

19 Mai 2012, 11:14am

Publié par zwardoz

L’hypothèse heideggérienne

Voudrait que ce ne soit pas la découpe en universalités (qui pensent les étants et non pas l’être), mais une compréhension hors de notre activité qui, compréhension, transparaitrait malgré nous ; ou dans une passivité. En quoi nous aurions à assumer notre liberté, cad l’absence de notre intérêt personnel, subjectif, individuel (qui ramène l’ambition, l’ampleur de l’Etre à notre petite part).

Et ce qui se fait jour ici c’est autre chose que la pure objectivité, mais qui formule le fondement inavoué de l’objectivité ; la réunion de toutes les réalités en une unité qui nous dépasse et dont nous serions en quelque sorte la négation. Une réunion de toutes les réalités, mais tandis que dans l’universalité(s) (celle des étants pensés dans les taxinomies, les catégories et les subjectivités idéalistes ou empiriques) les réalités subissaient les découpages, et que seulement ensuite il était évoqué ou supposé une union au-delà et autre, par Heidegger vient et s’impose que au travers de toutes les pensées, de toutes les affections, (de notre être en tant qu’affecté ontologiquement par l’existentialité de notre vécu et condition), il est une Advenue.

L’être, cad la totalité non scindée par l’universel et les universalités, est ce qui vient vers nous. Il utilise notre être vécu, connaissant, diviseur, afin que de négation de l’Etre, nous basculions en acceptation. Laisser advenir l’advenue, pour signifier que nous nous offrons (librement au sens d’abandonnant notre individué, mais cela ne se peut que si nous sommes effectivement individué, sinon l’abandon ne peut pas se réaliser) mais aussi que l’être vient vers nous.

Ceci ne s’effectue pas en dehors du sens ; ce n’est pas une intuition mystique ou une révélation à proprement parler. D’autant que bien que s’opposant à toute la découpe occidentale de la réalité en réalités (elles-mêmes manipulées par les techniques et par les individualités), le mouvement de pensée heideggérien prétend absorber et penser à son tour ces détournements. Et donc la pensée, au-delà de la raison diviseuse, passe par les signes ; tout le mouvement croit se fonder sur l’intentionnalité de la conscience en tant qu’au sein de cette intentionnalité le sens de l’Etre (postulé au-delà mais avançant vers nous) parvient à se formuler.

Il s’agit donc toujours de passer au-dessus de la barrière que les diagrammes de l’intentionnalité phénoménologiques dressent descriptivement de notre être humain. Au-delà de ces limites, est notre condition. Et notre condition, en tant non pas qu’humaine mais ontologique (en, vers, pour l’Etre qui advient vers-nous) est un être-là qui n’a d’autre finalité, exclusive (autant que toutes les autres renvoient vers des découpages, individués ou objectivisant), que celle de l’être.

Dont il faut bien se pré-disposer à l’accueillir. Ce qui est le but de la méditation.

Il est clair qu’une telle disposition supprime intégralement toute médiation ; et essentiellement il détourne l’idée de l’Etre, de l’Etre comme idée, et donc possiblement exprimable dans les universalités de la pensée universelle, pour une aperception de l’Etre radicalement comme autre que nos divisions humaines. Autre que l’individué, autre que le sujet. Et dans son essence cet Etre s’offrirait comme « essence qui remonte dans et au travers de l’intentionnalité », qui dépasse donc toutes les intentionnalités séparées que nous acquérons de notre activité.

Or l’activité intentionnelle est bel et bien notre acquis ; c’est uniquement de séparer la réalité en réalités que nous en concluons que l’être existe. Existe en tant qu’acceptant notre activité en propre qui est la séparation, la division.

Heidegger manifeste donc le fond caché de la métaphysique, mais il se trompe en ceci que seule la séparation, la découpe de la réalité en réalités, est notre voie unique.

Et ceci d’autant plus que se dessine malgré le découpage intense (de la parole par le discours cohérent, du groupe en individualités, de l’expression par le sujet, etc) non plus le désir de l’Etre ou de la « Vérité », mais la certitude de la structure vide formelle tissant le réel et qui autorise, elle, que l’Etre ne soit pas désirable, mais acte pur.

Contre : le libre comme structurel

Qui laisse se réaliser les vérités, sous condition que la structure du vrai et du libre soit acté.

On dira que si le libre (individuel) et le vrai (pluriel et diversifié, et non pas multiple et divers) sont actés, cela revient à annuler les Vérités (de groupe) et les autorités (les choix impérieux d’un vécu qui se proclamerait Vrai absolument et exclusivement, exclusivement de tous les autres libres). Que par conséquent le libre de véridicité relative est en lui-même déjà un choix. Sans doute, sauf que ce choix consiste à remettre à chacun ce qu’il décide de ses contenus en propre (quelque vérité que ce soit, quelque vécu qui se puisse) et encore donc sous condition que ces choix ne passent pas au-delà de la barre du libre pur (de l’autonomie de chacun).

Ce qui revient à dire qu’il n’est pas de Vérité ; il est des vérités, parfois en vrac. Mais peu importe puisque le libre (en chacun et dans l’ordonnance commune d’approbation sur cette structure) est en lui-même et par lui-même et individuellement, la vérité, uniquement structurelle. Par quoi la vérité (qui est aussi le comportement et le vécu bien concret, le contenu en général) est moyen par rapport à un libre qui n’est pas lui-même « rien » ou n’importe quoi et la fantaisie, mais une structure effectivement réelle et active.

Ayant donc son être en lui-même (et non une vacuité ou un cadre sans importance ; puisque le libre influence et en réalité crée, produit, engendre quantités de contenus). 

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