Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

L'ouverture illimitée du monde, du donné et du vécu

17 Octobre 2012, 20:46pm

Publié par zwardoz

Le sujet dont Nietzsche est le performateur premier

Si l’on n’est pas limité en cette formulation abominable du moi, du moi-même, si le sujet existe (qui ne conserve que la conscience dans tout le fatras de ce moi mortel, mortifère, salement engageant l’intentionnalité dans ces labyrinthes, amoindrissant),  si le sujet est donc en ce moi-même déconfis soudainement plus mordant, à la dentition de sujet découpeur de viande, alors on est sauvé. 

C’est que en comparaison de l’existence du sujet, le vécu d’un moi-même est caricatural, peint de grosses flaques, dessiné grossièrement, et sans avenir du tout. 

Ceci est donc l’hypothèse nietzschéenne, en tant que le sujet est « ce qu’il veut être » : de quoi Nietzsche nourrissait son sujet de grandioses fantaisies possibles, alors que dans le même temps son sujet réel ourdissait une effective et absolument concrète et difficile cohérence… Point de fantaisie donc mais du systématique absolument décontenançant. Et c’est bien en ceci que le sujet bat son plein, il remplit son bol, il se dévergonde dans le sérieux, la construction ou l’activisme cartésien. 

Le sujet est «ce qui emploie le systèmatique » et c’est par là seulement que l’être-libre est absolument jouissance. 

 

L’approbation intégrale

Autre motion nietzschéenne ; que le sujet approuve tout ce qui est tel que cela est. Mimant par là que dans la systématisation, il ne s’agit absolument pas de renier ceci ou cela, d’opérer un tri qui est laissé au moi-même ; c’est tout ce qui est (ou donc de tout ce qu’un vécu ou une humanisation peut contenir et qui puisse être rassemblé) que déborde le systèmatique ; il ne chôme pas, il ne délaisse rien ; ce serait une honte, indigne et peureuse que d’abandonner quoi que ce soit qui fût. 

Et donc le sujet, nietzschéen de toute manière (si Nietzsche existe et est parvenu à cette structure, c’est qu’il manifeste, exprime, montre et parfois démontre un Réel, un être-ici, ici-même ; qui ne prend de Nietzsche que l’illustration d’un nom, de même que le sujet cartésien montre son dispositif exposé et explosé qui n’en finit pas de brouiller l’océan de la détermination commune humaine et naturelle). Le sujet nietzschéen est ainsi l’accord parvenu à son expression d’avec « ce qui est ». 

Quoi que soit ce qui existe, le sujet est absolument accordé.  

Accordé au donné même, bien qu’il n’obtienne évidemment aucune information « spontanée » ni aucune intuition miraculeuse.

 

Le sujet volage

Le moi, le moi-même n’est pas vraiment de poids qui puisse contrecarrer le sujet ; le moi est une ou des stations limitées, tandis que l’intentionnalité pure du sujet file dans tous les sens. Nietzsche pensait qu’elle créait des mondes ; pas faux. Elle crée les mondes antérieurs aux durcissements et facilités humanisées (de transmission, collectives ou personnalisées). Pour que le moi puisse rejoindre tout ce que pense, voit, saisit au vol ou structuralement, ressent ou devine l’intentionnalité-sujet, il ne le peut pas. La conscience active des réalités est plus grande que la restriction assignée par et dans le moi-même (qui se fige afin de transmettre adéquatement l’information dans le monde vécu donné réduit de l’humanisation). 

Sans doute la plupart des informations colportées par la transmission humaine (de laquelle se déduisent presque les mois, bien qu’ils se pensent et se veuillent, réellement en partie seulement, indépendants ; cette indépendance est nécessaire pour la machinerie elle-même, pourvu que cette machinerie l’admette constitutionnellement) est exacte ; il faut bien que tel monde humain survive. 


Les réalités non closes du réel

Mais et la différence, bien que parfois légère et minime, est essentielle ; dans les découpages qu’opère la réalité humaine dans la réalité donné, vécu et mondaine, il est, alors même que du dedans cela ne se voit pas, d’autres découpages possibles du même donné et d’autres découpages possibles du donné potentiel, et d’autres découpages possibles du donné virtuel. 

Autrement dit l’actualité, le potentiel (constamment là), le possible (de cette situation donnée opu plus globalement de cet état « là » du monde humain et donné) et le virtuel (la reprise de ce qui aurait pu être, concernant le passé, du virtuel qui reste éthéré et hors temporalité), ne sont pas si strictement écrits que le moi, le moi-même, la transmission humaine, l’ordre d’un monde humain particulier, veulent bien le laisser accroire. 

Commenter cet article