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instants philosophie

L'universel et le libre pur

11 Mai 2012, 21:45pm

Publié par zwardoz

Simplification

L’emprise rationnelle s’est donc installée au cœur du langage en le modifiant en fonction de cette actualité absolument pure et simple, soit d’une part la compréhension cohérente, soit d’autre part la certitude du sujet.

Les deux marques réelles sont immanquables (aucune autre position n’est admissible ; qui nous priverait de comprendre quoi que ce soit et de n’être soi-même Un).

Ces deux repérages dans l’immense réalité (l’ensemble de toutes les réalités, lesquelles dès lors ne sont plus unifiées, puisque l’unité est de pure intentionnalité) existent seuls et de par eux-mêmes.

Les deux effets de ces deux repérages (dans un univers qui n’en comporte aucun de par lui-même), sont d’une part l’universel (comme encadrement excessivement là et constituant le milieu structural même qui s’impose à chacun), et d’autre part le dit sujet, contenu dans cet encadrement universel, mais qui s’ouvre en tant que chacun est absolument de par soi, libre.

Il est clair que les performances de ces deux effets sont incomparables ; leur intrusion dans le monde (naturel et humain) bouleverse absolument tout ce qui est, ce qui est-là donné.

Et l’universel et le libre attendent encore leur résolution ; au sens où on ne sait pas à quoi ils servent.

De fait l’universel réduit à un simple moyen, (comme sciences ou comme Etat), au service de cette structure plus ample que l’universel ; celle du sujet. L’universel est donc instrumentalisé via ce qui le dépasse puisque le libre, institué, est plus vaste ontologiquement que l’universel.

De sorte qu’au travers du libre, cad de chacun, se sanctifie n’importe quelle finalité, même les plus absurdes ou inutiles, et que bientôt l’universalité (qui devait constituer le contenu du libre selon l’ancienne formulation structurelle classique ou idéale, fondée idéellement, en tant que l’être de l’homme provenait du savoir et du savoir comme connaissance, savoir de par soi en une connaissance objective universelle) est déboutée de sa réalisation possible tandis que se disperse n’importe comment le règne du libre pur.

Le libre pur est en lui-même déjà et absolument rationnel (sinon rien n’a de sens du tout, cad que non seulement « ça n’a pas de sens » mais surtout c’est rigoureusement incompréhensible, on ne peut plus aligner deux mots et encore moins une phrase qui ait un sens et un sens universel et ontologique ; on peut parler du et selon le monde, la contingence ou telle nécessité, mais tout s’affaisse constamment puisque sans horizon). Mais il peut s’utiliser en n’importe quelle finalité.

Or livré à lui-même le libre va se remplir de ce qu’il trouve. Il va se remplir du monde, donné, là, immédiatetés, finalités naturelles, libéralisme du « c’est comme ça » ou sexualisme débridé, objets et satisfactions indéfinis en nombre, etc. Il va se remplir de ce qu’il trouve sans presqu’aucune sélectivité ne s’impose à lui et comme il est fondé sur son libre structurel, il n’a aucun autre point de repère qui lui vienne. Il est littéralement largué dans le monde, le donné, l’immédiateté.

Libre il rejette cela seul qui pourrait l’instruire ; l’universel qui est ramené à de simples moyens pour des finalités immédiates ou hasardeuses ou imposées sociétalement.

Ce que l’on nomme « aliénation » est avant tout l’impossibilité pour toute liberté de définir des règles, qu’elle considérera comme extérieures et mondaines. Mais aussi de ce que l’universel ancien, qui n’est plus qu’un cadre historiquement déterminé, ne suffit pas à comprendre l’être libre en tant qu’il est pourtant lui-même l’existence ici-même du rationnel pur, antérieur ontologiquement à l’universel (le discours cohérent adéquate à lui-même et supposément à la réalité, grec) et antérieur au sujet (qui se découvre plus tard comme originel opérateur du discours cohérent adéquat, cartésien et suivants).

Il faut donc lire que suite aux grecs et aux scolastiques, qui réalisent intégralement le discours (cohérent adéquat à lui-même et supposément à la réalité), survient Descartes et la dé-couverte du sujet  (comme opérateur réel de ce discours comme de n’importe quel discours ou système ; prolifération des systèmes de pensabilités, d’éthiques ou d’esthétiques ou de politiques).

Nantis de ces deux réels ; l’universel discours et le sujet opérateur des systèmes ; se déploie un monde qui use de tout ce qu’il peut puisque le discours et le libre ouvrent totalement le possible (hors de tout système close traditionnel, autoritaire, symbolique, groupal, etc) et ce de par la puissance (littéralement du libre et du discours systématique, y compris systématique esthétiquement, éthiquement, politiquement, mais aussi mondain et immédiat). Nantis de ces deux réels, il n’est plus aucune régulation sinon que le libre est « à lui-même ».

C’est en cet  « à lui-même existant » que se condense ce qu’il faut supposer comme raison pure et réelle (contrairement à la raison qui ne serait que purement idéelle, discoureuse, universelle).

Descartes est donc bien la rupture catastrophique qui atteint l’universel ; puisque chacun est « à soi-même », il suffira ensuite de recomposer d’autres systèmes. Éventuellement non rationnels en termes de discours cohérent, et même fondamentalement non rationnels en cohérence classique, mais qui suivent chacun, en tant que libres, leurs destinations. Le libre est excessivement le devenir qui reprend à son compte (mais ce compte est différent de celui idéel du discours) bien que effectivement réel ; et ceci permet d’ouvrir le libre comme n’étant plus livré aux seules nécessités : en lesquelles nous enferment et l’option scientiste de l’objectivité, des objectivités, et l’option contingente du n’importe quoi ou des fantaisies auxquelles nous condamnent les existentialismes, le consumérisme, le libéralisme idiot (il en est qui n’est pas idiot du tout), la naturalité des corps, et autres stupidités bovines. 

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