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instants philosophie

Totalité vivante et séparation universelle de tout

26 Décembre 2009, 11:16am

Publié par zward

La société humaine est immédiatement dans la transmission ; c’est son impératif catégorique ; n’existe que ce qui permet l’action ou l’activité commune ; la pratique et la théorie, la vision, forment idéalement un ensemble dicible ; le monde est appelé dans cet ensemble dicible ; et celui-ci est se qui se communique immédiatement en et à tout autre ; l’ensemble forme une totalité qui peut se prévoir et absorber les événements (qui risquent de briser la transmission) et de réduire le possible (qui écraserait le dicible et le déjà organisé et introduirait le heurt de tous envers tous).

Sauf que la raison, sous différentes modalités, vient introduire une utilisation du langage en seconde main, un métalangage ; qui ne se contente plus du critère immédiat de vérité (ce qui est dit entre soi, dans une communauté donnée, est vrai et réel), mais force à penser la réalité comme autre.

L’humanisation ne coïncide plus avec le donné ; celui qui paraissait générer le dicible lui-même et que le dicible exprimait intégralement (puisque dans le symbolique, la parole se renvoie dans sa totalité à la totalité du monde possible ; dans une lecture qui fait-sens, il n’existe pas de trous ; de manques ; le manque est ce qui doit se résorber constamment, l’événement et le possible qui sont régulés).

Or cependant le moi dit psychologique continue lui d’entendre selon la parole et non pas selon l’universel et la division ; pour que tienne la division, que le moi symbolique la supporte, il doit se créer lui-même une unification entendue ; cad partagée de quelque manière que cela soit ; et c’est cette opération symbolique qui le constitue dans son être ; en tant que totalité entendue.

Sauf que dans une humanisation symbolique, cette unification individuelle est reprise constamment par le tout (aucune parole n’est isolée dans les sociétés humaines traditionnelles), elle est intégrée et parlée par le tout. Pour le moi, il n’est que séparations ; excepté en ce qu’il imagine la réponse ou la question de l’autre (ou des autres, ou de l’Autre). Il produit lui-même la parole qui l’entourera comme venant de l’autre ; ou ; il est produit dans ce que l’autre attend, génère vers son moi à lui en tant que paroles, signes, liaisons symboliques.

Le moi reste pourtant accroché infiniment (puisque la parole est une totalité agissante ou agie mais une) à une symbolisation complète ; reléguée hors de l’expression ; l’expression est uniquement toujours actuelle ; et dans cette actualité telle que la structure l’universel des vérités séparées et peu liées, ne s’échangent que des morceaux de réalités divisées. Cet échange généralisé, objectif et froid, impersonnel qui convoque pourtant constamment que vous ayez à prendre position, à parler en votre nom propre (séparé), se facture comme rituels secondaires et limités, mais ne permettent pas au moi de se situer dans une totalité ; et donc l’empêche de formuler une parole totalisée et une et vivante.

Cette unitotalité de la parole n’est pas l’uni-totalité de l’universel ; qui certes peut bien poser une unité de tout, mais cette unité en est coupée de ces sous ensembles ; selon l’universel l’uni-totalité est d’abord une unité puis totale ; et bien péniblement de plus ; et n’est pas une totalité une qui se déroule en une fois qui inclut par exemple le temps et l’espace. Dans l’universel, le temps et l’espace sont extérieurs ; quasiment des cadres abstraits. Qui eux-mêmes divisent tous les objets les uns des autres.

Anthropologiquement parlant, il nous est très difficile de penser une totalisation symbolique ; parce que ça ne se pense pas. Ça se vit. Les échanges sont chargés de sens ; au point d’être indissociables et de, même, subir le Sens agissant ; et non pas tels les nôtres ; des transactions froides et extérieures. Le corps est-déjà significatif en sa totalité dans la totalisation agissante ; et non pas corps séparé dont on ne sait pas trop de quoi le remplir (inconscient, pulsions, causes génétiques, etc).

Et que dire ; de quoi se remplit-on le corps du moi que l’on est ?

C’est un processus qui n’est jamais réglé ; qui ne pourrait l’être que de la parole totale vivante ; reprise par une communauté agissante et d’échanges de Sens. Mais que le moi, chaque moi, doit combler comme il peut ; et qui lui échappe de fait, dans le fait même, réel ; puisque c’est de la parole, c’est toujours en/chez/par l’autre que « ça se dit » ; pour qui que ce soit. Aucun moi ne dispose vraiment de la parole qui le constitue ; il l’a imaginée (dans son imaginaire, l’imaginaire est plus que l’imagination objective et désincarnée ; un imaginaire on y existe) ou il fut imaginé par les autres, le vécu, les mots en tant que parlés.

Que l’on puisse penser une seconde que la cellule familiale puisse résoudre pour chacun le complet effondrement de la parole, est aussi absurde que de croire que le consensus mass médiatique puisse remplacer l’échange Sensé ; ce sont à peine des rituels secondaires voir ridicules, et dans le premier cas des succédanés inconsistants. Le creusement est total puisque la parole est totalisation vivante ; si une partie disparait, tout s’engouffre par la brèche.

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