Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
instants philosophie

Rock ‘n roll

25 Juillet 2017, 13:48pm

Publié par pascal doyelle

Monde cyclique et historicité brute

L’occidentalisation, nom du processus qui excède largement « l’occident », est ainsi la poursuite de l’analyse expérimentée partout, analyse de la mystique absolue.

Soit donc nous sommes un décalage, ontologique, valable partout et en toutes les civilisations, mondes, représentations, personnalisations, et  décalage, structure qui n’a rien à voir avec les contenus, quels qu’ils soient, et qui, structure, existe en et par elle-même, telle quelle et qu’aucun contenu de cette structure ne peut modifier ; les idées, les images modifient des idées ou des images mais non pas l’acte de conscience qui les produit ; c’est de croire que l’on est changé soi-même ou pris en otage par idées et images, que l’on devient fou ou de fait prisonnier ou égaré ; c’est la structure de conscience qui modifie les contenus, représentations, langages, signes, perceptions, corps, mondes. Et elle les modifie vers un sens, encore plus dur et brutal.

Non parce qu’elle serait toute puissante mais justement, à l’inverse, parce que ridiculement minuscule et vide et formel, et infiniment souple de ce fait, étant articulée, arc-ticulée, au donné tel que « là » (le donné : la réalité et d'autre part le « là » du donné : le réel, la forme des réalités, soit donc le présent) étant articulée au donné là, et donc en-dessous de tout donné au présent, elle a, cette minuscule, le dernier mot. Elle est fondée sur le présent, la surface absolument lisse. Quelles que soient les phrases employées, les comportements, les perceptions, elle a le dernier mot ; parce qu’elle est faite pour cela. Elle est faite pour intervenir, même au cœur de la brousse, être en capacité de répondre adéquatement autant qu’il se peut au danger, à la traque, à la violence, à tout inattendu.

Elle ajoute, soudainement, de la mémoire instantanée à la grosse mémoire molle, lourde, complexe, difficilement manœuvrable, stockée dans les neurones ou dans le langage et la parole de la tribu. Et cette mémoire instantanée est son arc-ticulation au « là » du présent.

Et c’est sur cette instantanéité que tout est construit ; sauf qu'avant la méditerranée elle se confie à tel ou tel contenu, et qu'ensuite elle se déploie, anfractuosité, pour et par elle seule ; les actes de conscience se stockant dans le langage, les mémorisations, les corps eux-mêmes, les échanges, les représentations, etc. D’une part dans les mondes que l’on dira cycliques et qui consiste à réincorporer constamment l’inattendu dans le connu, la parole, les échanges, le monde perçu commun et traditionnel (qui développe une temporalité cyclique ou éternelle) ; et d’autre part tout à coup lorsque l’on se décide pour la mémoire instantanée, avec les grecs, le christique, mais aussi le mono et l’hypothèse du Un tout-autre judaïque ; et instantanéité qui redouble, triple, quadruple avec Descartes et les autres, jusque Lacan.

Il se trouve donc que l’on peut élaborer une civilisation non pas sur un monde cyclique mais sur un monde renouvelé (le christique est en ceci l’exemplarité première du renouvellement continuel de tout ce qui est vécu, cad tout pour nous êtres humains, même si lui, le jésus, revient sans cesse au-devant, comme exemplarité qui manifeste le type même de l’autre-corps, de l’attention-à qui organise l’instantanéité de chacun).

L’instantanéité du présent est tout autant l’expérience que tout un chacun peut acquérir non de son apprentissage (d’un monde cyclique) mais son acquisition actuelle et requérant sa mobilisation interne (ou intérieure si l’on préfère), ayant à être expérimenté de par soi telle quelle et ce dans le réel ; de là que toute la civilisation, cad l’a-civilisation, la civilisation à finalité mondiale qui ne tient plus à un peuple, un langage, un monde donné, mais est dès l’abord universelle (et le « a » de a-civilisation peut tout aussi bien se comprendre comme privatif  « sans civilisation ») et qui a été fondé sur le monde donné là (grec, que l’on découvre avec de grands yeux) et le corps tel quel (le christique que l’on découvre avec angoisse et création d’une volonté intérieure, d’une âme individuelle, d’un dialogue divin interne, etc),

puisque ce qui va restructurer (la structure de conscience) et recomposer le monde et le corps (pied à pied) c’est l’expérimentation une par une (de chaque système philosophique, de chaque culture, romaine par ex, de chaque advenue mystique, et puis de chaque moi, chaque personnalisation qui est une bizarrerie en soi) et qui va reconstruire l’anthropologisation nouvelle (puisqu’elle part de ce dont elle constate le réel ou la réalité) et très précise (chaque conscience est instantanément immergée dans le réel et la réalité) et très rigoureuse (la liaison entre les consciences ne passe plus par le cyclique et la parole commune et le partage des échanges, de là que le libéralisme expose les échanges sans fard, sans régulation, dépourvu de tout sens, de même que l’esthétique est hors ritualisation, ou que la politique est ou devient une question, et entre arcs libres et égaux, mais la liaison entre les consciences et entre soi et soi, tout simplement, doit s’énoncer clairement, sinon on n’y comprend plus rien, on ne sait plus ce que l’on dit, ce que l’on voit, ce que l’on ressent, désire, etc ; si l’arc est amené dans l’individuel, et non plus protégé dans le cyclique commun du groupe, il doit être à lui-même la surveillance, la garde, la rigueur, l’éthique, politique, esthétique, etc).

De toute manière on ne peut plus recourir à un monde cyclique, on est entré dans l’historicité (l’accumulation des expérimentations une-par-une en tous sens, et par-dessus langage, corps, perception, etc). Et l’accumulation se reprend sans cesse, à zéro, un par un, un arc par un arc.

De sorte que ça n’est pas du tout un contenu (qui serait l’occident ou le christianisme ou la renaissance) qui s’impose à d’autres contenus ; c’est le système formel unique et universel et en l'occurence singulier brut ; cad le système relatif à l’expérimentation sans contenu préalable, et ayant à se coordonner, explicativement, et un point par un point, un arc de conscience par un arc, et de ces sujets par rapport à eux-mêmes, eux-seuls, abandonnés un par un, et relié via durant un temps dieu, la conversion au christique, la révolution et l'universel et la liberté pure, et qui paraissent délaissés, enfermés dans leur vécu et leur corps égoïstes, limités, enfermés, par toute la représentation, dans leur individualité appauvrie.

Puisque de toute manière ce qui lie deux éléments, deux énoncés d’une part c’est la constatation que ce donné existe réellement (de telle sorte que chacun sera en mesure de le vérifier) et d’autre part que les deux énoncés soient coordonnés ; ce qui veut dire que l’on peut en établir, chacun pour soi, une logique dont tous les éléments, étant présents, et effectivement réels, et effectivement reliés, chaque phrase contenant deux ou plusieurs énoncés soit cohérente ; non d’une supposée cohérence imaginaire ou religieuse ou plus généralement groupale, auquel cas il manque des morceaux (situés au-delà) et relative à un groupe qui valide, qui fait office de vérification, mais d’une cohérence qui est (constatable par quiconque). L’être est cette idée qui pose le principe que ce qui est dit, pensé, perçu, ressenti est effectivement « là ». L’être contient en lui-même la cohérence obligée (sinon on ne peut pas élaborer un système intentionnalisateur partagé et pas même partagé avec soi ; on ne comprend plus et ne perçoit plus ce que l’on énonce).

Or cette cohérence n’est nullement évidente ; elle ne consiste pas en la logique d’un objet posé là, mais dans son ampleur doit se déployer notre-être/dans l’être ; ce qui veut dire l’articulation au centre de toute activité, de toute intentionnalisation ; ou donc ; tout ce qui est doit juger de tout ce qui est.

Ce qui suppose un décalage interne ; et si il est un décalage interne alors le réel, l’être est constitutivement ce décalage ; ça n’est pas un décalage qui arrive en plus à quelque chose qui est déjà ; c’est le décalage qui arrive et qui crée des mondes, des phrases, des intentionnalisations. Il y a des intentionnalités parce qu’il y a un arc de conscience ; il y a un langage parce qu’il est décuplé par un activisme (étant entendu que le langage existe déjà plus ou moins dans le vivant, de même que la perception ou le ressenti ou l'imaginaire et le rêve, bref la cervelle existe déjà dans le vivant). N’étant pas évidente mais exigeant un retour qui soit un re-tour, un nouveau tour, intégral, joué, sur soi-même (ce qui est rigoureusement non possible, mais qui se réalise néanmoins).

La question est donc fondamentalement ; comment peut-on à la fois être et n’être pas ? Être ce que l’on est et ne pas l’être, cette détermination et ce regard qui lui n’est pas déterminé ? C’est le cœur technique du problème ; qu’est-ce que ce décalage entre soi et soi, soi et le réel ? Que l’on explicite par dieu ou par la pensée ou par le sujet ou par l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan).

Il apparait immédiatement que les quatre configurations imposent une Exigence (dieu, pensée, sujet, altérité). Une interruption de la conscience que l’on a (de soi, des autres, du monde, du corps, en bref de tout ; puisque l’on n’accède à quoi que ce soit que via une conscience, un mécanisme qui crée  présentation/représentation, d’intentionnalisation/contenus, etc ; sans arc de cosncience, cad séparation rude et brutale, il n'est pas de vécu, pas de corps ; on Est ce corps mais on ne l'Existe pas). Ce qui parait négatif (il n’y plus de monde cyclique) est en fait une structure absolue ; l’arc de conscience impose sa loi, au sens où il est véritablement une loi (et pas une fantaisie, et qu’il est même la loi telle quelle, ontologique) et doit par rapport aux autres mais aussi par rapport à soi se coordonner et cette coordination est actuelle, constatée dans le présent et dans le présent existe le monde et ce corps. Autrement dit en plus du monde et du corps existe « cela » qui regarde le corps et le monde, l’intentionnalisation vers le monde, qui se remplit des déterminations mais n’est pas lui-même déterminé. Et qui précisément suractive toute la potentialité.

Mécanisme structurel d’intentionnalisations, non plus pris dans un monde cyclique, mais acté individuellement et ouvert sur le donné là.

Et non seulement le monde, les objets, les sciences sont bel et bien réels et fonctionnels, mais également les sujets qui s’élaborent ; le droit fonctionne, la morale fonctionne, les esthétiques ou les poétiques sont créées, l’humanisation et la personnalisation s’instaurent dans la représentation, le monde, l’historicité ; ça n’est pas seulement l’objectivité qui réussit, c’est l’ensemble de toute la coordination et l’énorme actualisation généralisée qui se déploie.

Et on comprend immédiatement que si les sujets fonctionnent ça ne va pas sans mal ; parce que l’on a accroché l’articulation interne du monde et des corps, qui sépare et divise tout instantannément, et violemment, autre que les corps et le monde, ce décalage qui couvait dans les mondes cycliques, endormi et enrobé, et que cette articulation est absolument rugueuse, difficile, complexe, tordue, retorse, impossible. Et pas sans mal puisque le regard, l’intentionnalisation même, la structure-de-conscience qui est la part active qui expose tout cela, le regard, lui, n’apparait pas comme tel dans le monde ni le corps. Il est autre. Autre que tout. Il est de son uniface étrange radicalement Altérité pure et brute.

C’est cette dimension de l’altérité qui vient constamment démolir toute acquisition ; puisqu’aucune détermination, aucune pensée, aucun monde humanisé relatif, aucun corps, aucune personnalisation même ne peut combler cet abime ontologique du décalage ; or c’est lui qui existe. On dit, ici, qu’il n’existe que ce hiatus, cette interruption, et que non seulement l’humain mais la réalité, le monde, sont et ne sont que dans le hiatus ontologique qui lui Existe.  

Tout passe sauf le présent, en quoi (et par qui) les choses et les êtres, les pensées et les personnalisations passent.

Si les mondes cycliques aimaient à s’imaginer et à organiser leur monde, perceptions, échanges, parole, (toujours très compétente et très adaptée et extrêmement complexe et coordonnée en elle-même) il faut les représenter comme des bulles ; autour de la méditerranée le système de « monde particulier » éclate et nous atterrissons sur le sol donné tel que « là ». Et tout ce qui était nourri, utilisé, enroulé par, dans les mondes bulles apparait plein champ, et ce sont les moyens qui deviennent les fins, les finalités très étranges, la représentation et l’idée et la perception et la mise en forme des corps et les échanges valant alors pour eux-mêmes et non plus enroulés dans une signification de synthèse du donné ; tout va se développer indépendamment de tout sens, collectif, rituel, à l’échange mental succède l’échange objectivisé, mathématiques, économies, politiques, esthétiques, morales individuelles ou collectives ; et dans le face à face, la réalité et sa brutalité, l’injustifiable difficulté, l’horrible angoisse et toutes ces gentillesses que l’on a bu jusqu’à la lie, depuis lors.

De plus il est clair que les rapports humains, jusqu’alors réglés, dans une Parole commune ou un sens mythologique, ces rapports, libérés, se déchainent pour eux-mêmes de violence et ce non seulement depuis la méditerranée mais dès que le rayon des bulles-mondes s’est étendu et que les royautés et les empires dépassèrent les tribus et les localisations. En un sens grec et christique (et mono) apparaissent également pour réguler par le haut la violence d’un monde agrandi au-delà de la bulle particulière. Ceci dans la démonstration que notre intérêt n’est pas de ce monde, mais d’au-delà ou en l’occurrence en plus du monde, puisqu’UN système formel est précisément qu’il y ait une structure de la réalité plus grande que cette réalité seule ; que ce soit dieu, la pensée et l’universel (et l‘humanisme), le sujet (et le moi), l’altérité et le monde donné là.   

Puisque ce qui existe c’est le présent (l’Exister même, comme structure, forme qui engendre tout le donné), rien de tout ce qui est déterminé n’Est ; l’Etre n’est pas, sauf comme résultat momentané de l’Exister et tout l’être doit se considérer comme interne à l’Exister. Toute perte du sens du réel comme Exister formel, tombe dans le monde donné là ; rien dans le monde donné là (ni donc dans le vécu ou le corps) n’incarne la structure, la structure vaut en et par elle-même. C’est ce que voulaient les traditions, les religions, bien que mélangeant tout ; maintenir la structure dans la réalité sans détruire la tension structurelle, puisque, annihilant la forme, tous les contenus s’écrouleraient à plus ou moins brève échéance. De même que renier l’universalisme de la révolution c’est s’enfoncer dans les seuls intérêts stupides du monde marchand (réduction de notre être au désir) ou de l’étatisme (réduction de notre être aux besoins) ou de l’objectivisme réduction à l’objet, perçu par une autre-conscience qui annule la vôtre).

Libérer des traditions la même structure affronte tel quel le donné et le « là » du donné, l’être à la fois déterminé et indéterminé, les contenus et la forme ; et l’occidentalisation est d’amener la structure dans et au travers du monde et de la détermination ; creusant ainsi une plus grande précision, une précision ontologique, mais éprouvante, difficile, brutale, violente, inhumaine. Chaque arc, libéré des mises en forme cyclique, est livré à la structure et sa puissance indéfinie ; celle qui doit se délimiter elle-même et ne peut se définir du dehors.

Et en ceci la forme mystique du réel signifie que la transcendance existe avant toute autre réalité, et ne la quitte jamais et que rien ne peut juger, ni décider, ni même intentionnaliser la forme mystique du réel, sinon cette forme de souscrire à sa potentialité.

Et ça s’en prendra donc au monde, aux réalités ; le monde moderne vit encore dans l’idée que, lui, il va montrer le monde comme il est ; ce qu’il fît. Sauf que ça ne suffit pas ; tout n’est absolument pas montré, ni montrable : il y manque le fondamental ; que la structure (qui exhibe effectivement le monde, le vécu, le corps, les choses, la matière, l’énergie, l’Etat, l’économie, les mass médias, qui montre tout donc) ne s’y montre pas et ne peut pas. Et il enrage et serait bien prêt de détruire le monde de ce que le fondamental ne s’y voit pas, qu’on ne le contrôle pas. Et que le fondamental est invisible, et ne passe en aucune image et aucune idée, ni objective, ni philosophique (sauf que le philosophique crée en vous l’articulation requise, sans quoi on n’y comprend rien du tout), et que pour saisir le fondamental structurel, il faut faire un effort … alors là ! Comme tous ceux-là sont des fainéants, on n’est pas rendu.

Voir les commentaires

Droit dedans

20 Juillet 2017, 13:33pm

Publié par pascal doyelle

On a extrait l’axe de notre être, et cet axe est une structure, l’arc de conscience, comme mécanisme (ouvert, puisque c’est un arc et non un cercle) arcbouté au réel même (la position qu’un réel-autre est effectivement « là »), articulé à cela seul qui existe, le présent, et mécanisme qui se transforme en machines intentionnalisatrices (la pensée, mais aussi les éthiques, politiques, esthétiques, poétiques, idéels-connaissances, les religions, les gnoses, etc).

Descartes suspend l’utilisation de machines intentionnalisatrices et origine la pensée ; il existe un "être", très bizarre, et poru descartes encore insituable (il ne nomme pas le dit "sujet")  et René restructure instantanément la réalité (qui devient le monde étendue « là ») et le réel (il institue qu’il existe un être antérieur à la pensée, et antérieur à toutes les possibilités, qui rend donc possible ces possibilités) ; il faudra reprendre jusque Lacan pour que l’ensemble du registre de cette restructuration à partir d’un être originel soit explorée ; de Kant à Lacan donc (Leibniz et Spinoza s’inquiètent eux de ce que le monde, la réalité soit « étendue », et retentent un discours métaphysique). Si notre être en son axe est une structure réelle antérieure à toutes les réalités et toutes les possibilités, on touche là à un positionnement ontologique, en ceci que l’on s’aperçoit que l’on a pénétré à l’intérieur du Bord du monde, du Bord de la réalité et qu’effectivement on a activé non pas telle ou telle représentation, mais un mécanisme effectif hyper-agissant (il est une forme qui épuise tout donné et ne peut pas se satisfaire de déterminations convenues ou immédiates, et non le monde ne nous offrira pas le bonheur).

Notons bien ça n’est pas Descartes qui, proposant ses « idées », contamine les autres ; c’est Descartes qui montre une structure réelle indépendante (de René ou de qui que ce soit) et c’est cette activité qui convainc instantanément. Il est une architecture non pas idéelle ou de connaissance, mais une activité structurante qui s’adresse directement à ce qui  agit et qui agit non pas sur la détermination mais sur cela qui enveloppe la détermination, qui en constitue la forme et dont la « science », cad le savoir, est celui philosophique et aucun autre ; puisque la philosophie se charge de manifester et de répercuter d’un arc de conscience à l’autre le positionnement conscience/réel, et ce positionnement, cette articulation, étant l’axe interne, antérieur,  structurel, il implique tout le reste, tous les effets et prend également sur soi d’admettre sciences et droits, Etat et esthétiques, poétiques et éthiques, acculturation humanisme et acculturation personnalisée.

La « science » de ce savoir interne à la structure, réelle et effectivement distincte, il ne faut chercher ailleurs et autrement que philosophique ; c’est le savoir lui-même, l’expérimentation telle quelle, l’épreuve de cet activisme. Et comble du comble il n’est aucune raison, aucune, de séparer ce savoir établi en science, du mysticisme ou des religions, des poétiques ou des esthétiques, des éthiques ou des politiques, ni même de l’humanisation ou de la personnalisation ; en mettant au jour la structure la méditerranée a extrait et exposé l’axe même autour duquel tout le reste se trame.

On voit donc alors comme les séparations installées par le rationalisme, réalisme, naturalisme, humanisme abstrait du 18éme ont fait fausse route ; c’est comme de ranger Rimbaud dans le rayon « poésie » sans admettre en soi-même qu’il bouleverse structurellement notre être en toutes ses parties et conséquences, le ranger dans un coin, c'est laisser intouché notre moi, alors que justement il est exigé de passer d'un tel moi au sujet, le fameux je qui est un autre. C’est ainsi l’articulation même, celle qui installe le décalage qu’est notre être, qui est examinée et éprouvée ; la philosophie, celle de l’occidentalisation (le nom de ce processus), consiste à non plus supposer l’articulation comme au-delà ou selon une élévation, mais à préciser comme l’articulation, ce qui veut dire la transcendance, est absolument active dès l’origine, dès le présent, dès l’attention (à tout ceci ou cela). dès l'attention cela veut dire dès la signifiance qu'instrumente l'intentionnalisation.

Il n’est plus aucune raison de délaisser toute expérimentation suffisamment ardue qui eut lieu, puisque l’on est passé à autre chose et autrement que la logique des contenus (qui voulait par ex que l’occidentalisation soit l’occident, cette identité supposée qui devait défendre ou imposer son contenu, avant de s’apercevoir, somme toute, que ça n’est pas un contenu mais un système formel). De même, suivant le même principe, que Descartes ne nie pas le discours métaphysique en le remplaçant par une ontologie de cet-être, mais qu’il enveloppe l’ancienne expérience par une nouvelle plus étendue. Ou que, donc, ce qui est découverte, ce mécanisme, cette forme, cette structure, n’aboutit pas à définir une finalité (qui était prescrite par et dans un discours métaphysique ancienne manière) mais permet de dessiner et parfois réaliser des possibilités et peut-être, alors, la possibilité même et relève d'une ontologie qui décrit cet-être très bizarre ; que l’on soit sorti de la logique des contenus veut dire que ceux-ci n’entrent plus en conflit (les systèmes sont considérés comme des explorations ou expérimentations, des aventures et des entames) et l’occidentalisation (il faut bien nommer ce processus, et si c’est un processus il n’est plus attaché exclusivement à un contenu) crée le système formel, qui peut recevoir toutes les variations sous condition de les comprendre (de se placer au niveau même et non de réduire ces expérimentations à un contenu univoque, conflictuel, déterminé, de sorte que la question ne reste pas seulement entière, qu'est-ce que cet-être,  mais est amené par la philosophie un resserrement, expérimental donc, puisque situé par principe ici et maintenant, ici même, un resserrement de l’analyse et qui ne peut pas perdre sa logique de forme vide puisque sinon sa possibilité est abolie ; le resserrement de l'attention à exister est devenu analysable par l'arc lui-même et donc peut s'éprouver, l'occidentalisation est une épreuve du pur et brut donné "là" de cet-être).

Il est clair, si l’on peut dire, que l’enveloppement que produit Descartes en étendant la réflexivité, qui devient ce qu’elle a toujours été (un retour sur cet-être et non pas seulement un retour dans le discours sur la validité, sur la connaissance même, puisque l’on glisse par Descartes plus encore de la connaissance au se-savoir de la structure) il est clair que l’on ne peut pas définir « objectivement » par la philosophie et le savoir, puisque ça n’est pas du tout cette objectivité qui est requise mais l’expérience de la structure en son point d’impact sur le réel ; soit donc absolument pas, encore moins, du subjectivisme, mais la lente remontée de la solidité de la forme, antérieure à tout contenu.

L’expérimentation prend racine dans la source même ; la pense grecque explore tout le possible de la sur-intentionnalisation ; celle qui se sort du langage commun et invente toutes les phrases et phases en restructurant les signes, le langage en fonction d’une perception et d’une conception étendue ; puisque l’on est passé par l’être, par l’idée-principe de l’être, à l’actualité effective du réel ; le réel a lieu et comment les choses et les êtres apparaissent-ils ? C’est l’expérience de chaque un, de chacun, qui permet de voir, percevoir, visualiser que la pensée augmente considérablement la pluralité du monde ; il ne faut pas lire comme si la pensée définissait un discours uqi teindrait par lui-même, mais en tant que la pensée décuple la perception et l’expérimentation du monde et en ceci ils furent éberlués, enthousiasmés intégralement.

La survenue christique opère de même ; à partir d’une autre altérité, nommée ici hyper intentionnalisation (et les grecs sur-intentionnalisation, en plus du langage, du monde commun, du monde même, de la perception). Le christique explose le cadre individuel (au point de le créer ; auparavant on se vit individuellement évidemment, mais cette individualité n’est pas re-présentée et donc n’est pas décuplée). L’augmentation qui eut lieu pour les grecs devient l’augmentation de l’activisme individuel, de son vécu, qu’il juge et qui lui devient tout à fait autre, de sa mort et il s’aperçoit qu’il existe au-delà et en plus de toute mort. On pourrait développer dans outs les sens parce que la distance qui va affecter l’individualité concerne la totalité de tout ce que cet individu peut vivre, percevoir, désirer, comprendre ; on se situe comme les grecs à la source même, dans la structure qui se dé-couvre. C’est l’ensemble de la totalité des possibilités qui sont ouvertes et démultipliées. En tous sens.

Lire tout ceci comme des concrétions vaguement héritées les unes des autres est une absurdité (c’est utile pour tisser les liens qui se positionnent mais sans le rapport interne ça reste un tas de cailloux sans unité). Prendre au sérieux qu’effectivement Platon ou Saint Paul se prirent bel et bien au sérieux justement et éprouvèrent (au sens de preuve et d’épreuve), c’est sur-activer sa propre structure et commencer de percevoir et intentionnaliser du dedans que le Bord du monde est réellement passé dans, vers le monde ; et c’est pour cela qu’il y eut le monde grec et le corps chrétien, de même qu’il y eut précédemment le dieu Un tout-Autre et ensuite l’approfondissement de ce décalage ontologique par toutes les technologies de conscience à partir de Descartes.  

La technologie mise en place depuis les grecs et le christique (et les monothéismes et les autres civilisations) est justement celle qui ne passe pas sous silence l’activisme structurel et le considère comme les mises en formes possibles de la structure antérieure ; toutes les variations réalisées ou réalisables, leur prolixité, multiplicité ne sont pas un errement ou un égarement continuel, mais justement parce que l’on entame, atteint la structure même et que celle-ci est originellement le réel, cad le possible… Il est dans la nature même de ce qui est formel, de ce qui existe formellement de se métamorphoser, de non seulement s’exprimer en différentes stases mais d’être à elle-même, cette forme, ex-stases ; ça n’est pas seulement la forme qui prend de multiples contenus, c’est la forme, la structure qui se change, se remodèle (qu’elle se veuille éternité ou pur présent, monde ou étendue, christique ou grecque) ; ce qui existe antérieurement ne peut pas être épuisé par le monde et les corps et ce d'autant moins que la structure existe au présent et qu'elle s'incruste en elle-même distinctement et de plus en plus rigoureusement.

 

Voir les commentaires

Distinction de base

17 Juillet 2017, 18:54pm

Publié par pascal doyelle

Par Sartre et Lacan on dira donc qu’il est impossible que notre être, qui n’est pas un être mais une structure, que notre être soit satisfait en quelque sens que ce soit. Ce qui permet l’intervention divine, christique, grecque, cartésienne, kantienne. Et que l’on n’y parvienne jamais signifie que la structure du réel est « en cours », qu'elle est cela même qui arrive. Ce qui tombe très bien puisque le réel c’est ce qui existe et ce qui existe c’est le présent ; il y a un présent parce que le réel n’est pas satisfait ; il devient. Il devient non de telle ou telle partie ; il devient essentiellement au sens de structurellement, c'est la structure du réel qui se transforme.

On connait les aléas du désir, par quoi le rationalisme (scientisme, etc) entend comprendre pourquoi cet animal verbeux de l’introduction du langage dans le vivant serait complètement perdu ; on les laisse espérer un arrangement quelconque de composition, parce que la structure même de conscience n'est en rien du composé. Ce à quoi ils ne comprennent rien  puisqu’ils la supposent comme idéaliste ou peu s’en faut, et que cette interprétation aussi bien de Descartes que des grecs est une absurdité et juste une réduction opérée par leur idéologie, celle du 18éme, certes tout à fait utile, de la névrose ou de la psychose, mais qui ne peut comme toute science ou connaissance outrepasser son Objet, donc utile quant à cet Objet mais indélicate, indistincte quant à notre être, notre structure ; de cette structure la philosophie seule rend compte ; c’est son boulot.

Parce que, au fondement, l’interrogation est ; comment se fait-il qu’un animal non pas puisse parler (les singes et autres vivants complexes sont capables d’user d’un langage, et même de l’inventer) mais pourquoi ce vivant qui parle, comme d’autres, cela lui prend à la gorge et qu’il en étouffe ? Qu’est-ce que c’est en somme qui permet de décupler le langage et le désir et le corps et les signes et les représentations et les mondes et en ces mondes ces personnalisations tellement diverses ?

Il y existe, dans l’humain, un principe hyper actif et comme ce principe outrepasse, lui pour le coup, n’importe quelle manifestation (après tout on peut comprendre n’importe quelle langue, langage de quoi donc nous sommes bien tous appuyés sur le Même Monde, qui désigne les objets, et sur la même structure d’attention aux choses, aux signes, aux corps, de sorte que l’on se comprend bien plus que l’on s’ignore), il existe un principe hyper actif et ce principe ne pouvant en aucune manière tenir dans telle ou telle notion, image, idée, système monde (sinon il en demeurerait prisonnier), ce principe n’est pas un principe mais une structure , et commune à tous, en-deçà de tous les mondes, tous les langages et tous les corps. Il n’est qu’une seule manière d’avoir conscience-de et que l’on soit homme ou femme, maya ou grec, cultivé ou ignorant, cela n’a aucune importance, c’est la Même Structure.

Vide, non attachée à quelque détermination que ce soit. De là à croire qu’elle a accès à toutes les déterminations, il ne faut pas rêver ; c’est une toute petite structure, qui ne comporte rien, sinon elle serait composée, et perdrait en cette complexité lourdingue ce pour quoi elle est faite ; agir sur le coup, sur le coup de feu durant la chasse ou au sein du conseil de la tribu ; l’attention est le mini système, infiniment minuscule, qui de par sa lumineuse souplesse intègre sans préparation n’importe quelle information et ce sans en passer par une mémorisation étendue, pesante, malaisée, et qui serait impraticable en cas de bourre.

Ça n’est pas très compliqué. Sauf que cette fonction alpha, cette étrangeté, a accès au réel. Non pas à tel ou tel réel, comme la mouche qui ne s’intéresse qu’à ses problèmes de mouche et ne perçoit rien d’autre, mais qui a accès à n’importe quelle sorte de problème ; une conscience limitée ça n’a pas de sens, ni aucune chance de survie. Et ce sera toujours la différence entre le nez dans le guidon, et l’immédiateté, et la vue d’ensemble, en quoi consistera l’enjeu entier de son utilisation par elle-même, à cette structure ; parce qu’ayant conscience de tout n’importe quoi se présentant, elle dispose au moins d’un repérage ; qu’elle existe pour elle-même, pareillement il existe un réel qui supporte toutes les sortes de réalités ou d’interventions d’urgences qui se puissent présenter. et elle est conscience de soi, parce que ce soi est ... le rapport lui-même, qui se nommerait byzantin ou Mathieu.

De là que se-sachant on croit que l'on connait tout ... ça n'a rien à voir.

Cette fonction de l’attention est ce que l’on nomme « conscience » ; on a entendu cela vaguement depuis tous les temps comme une sorte de « contenu » ; nous avons conscience de l’absolu, il faut prendre conscience de la pensée, ou, au final, Jean-Pierre a sa conscience, la conscience de Jean-Pierre, comme si « conscience » était une opération magique tellement évidente qu’il n’est pas nécessaire de l’interroger et qu’il suffit de questionner les contenus de conscience et non l’acte lui-même ; ce qui est absurde. Comme si « conscience » était une fonction adjacente dont il se trouve que Jean -Pierre est doté ; alors que c’est l’inverse ; il y a Jean-Pierre parce qu’il est une conscience, qui a tiré jean pierre du néant, du rien du tout.

C’est ce que dit Sartre, de fait. Remarquons rapidement ceci ; nier que jean pierre existe en dehors de l’arc de conscience qui le promut, ça n’est pas nier l’âme ; c’est dire que l’âme est cette activité ; soit donc l'âme est ce que cet arc fera, décidera pour cette composition-confuse qu’est « Jean-Pierre » née de Catherine et Marcel ; c’est ce que Jean -Pierre fera de Jean -Pierre, qui existe … c’est en cette articulation, au vif, que si âme il y a, elle se structure (ceci dit pour instruire les religions quant à la situation au point exact d'intervention d'une éventuelle âme).

Ça n’est pas, en aucune manière, l’information qui contiendrait ou causerait la « conscience » que l’on a de l’information ; c’est l’acte de conscience qui crée qu’il y ait de l’information (parce que sinon l’information ce sont des choses et non des signes ou des rapports). Et si il y a langage c’est parce qu’il existe un arc de tension qui sort la cervelle vers le réel, et qui, étant Rapport à (soi), produit des rapports marqués de signes. Un assemblage de pièces, un robot, sous prétexte qu’il contiendrait de l’information, des règles, resterait un non-rapport à soi, continuerait d'être  une chose assemblée. De ne pas distinguer l’acte, l’arc de conscience de tout contenu, cela confond tout et entretient des fantasmes de « soi » ; dont on a dit que l’arc de conscience est un rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même et non pas telle identité ou ni même Jean-Pierre.  

Ce que l’on survolait comme simple fonction adjacente, la conscience, l’attention, est ainsi le réel même, cela seul qui existe ; de même le présent que l’on considère, si on le considère, comme une espèce de résultat pâteux, est la structure même de la réalité et cela seul qui existe (ce qui convient très bien parce que le présent, ce que l’on nomme le présent est l’exister tel quel, la vague d’exister qui déroule la totalité des réalités et des êtres çi-dedans).

On a donc une forme générale d’exister absolu, et absolu parce que formel (le présent ou l’arc de conscience n’ont pas de contenu en propre ; non composés ils peuvent être dit absolus, et non pas relatifs à telle ou telle détermination). La structure du présent engendre la totalité des réalités, et la forme en arc de conscience (comme on dit arc de cercle) engendre les mondes humains et pour nous engendre cet être-çi, Jean-Pierre le très fameux.

Cela revient donc ; on est ce que l’on fera de ce que la vie a fait de nous ; il dépend absolument, fondamentalement, structurellement que nous décidions. La décision est tout, non pas tout ce qui est, dont en quelque manière on se fout, mais décidera de tout le possible, qui justement n’est pas, le possible qui ex-siste, nait et se tisse dans le présent. La totalité de la réalité se juge, se décide, s’intentionnalise dans le présent ; ou si l’on préfère le réel dépend de nous ; ce qu’il deviendra dépend de notre engagement, de ce qui ex-sistera.

Ou donc dépend d’êtres tels que nous, parce qu’il n’est écrit nulle part évidement que ces êtres, qui tiennent du rapport, réussisse nécessairement ; ils sont libres et donc peuvent très bien se perdre et s’annuler eux-mêmes ; c’est juste que dans l’univers ou les univers il y a, il y aura des êtres relatifs à eux-mêmes et ayant à décider et que bon nombre échoueront. Quelques-uns réussiront. Quelques races réussiront et elles le devront aux décisions prises, aux cheminements alignés le long du Bord de la réalité, aux tangentes créées, aux possibilités qu'elles surent ne pas réduire ; non du fait de leur intellect cognitif ou de leur instincts plus profonds (ou ce genre d'objectivismes ou de révasseries), mais du fait, très exigeant, de leurs décisions et intentionnalisations prises et élaborées sur le réel.

C’est bien en ceci qu’il existe un présent et que le présent est même cela seul qui existe ; que l’on ait à décider, inventer, créer en ce présent ce qui prédisposera l’avenir. Et il n’est pas à tourner autour du pot ; si l’on ne tient pas la plus grande tension de l’arc de conscience, si on l’effondre dans telle ou telle détermination par lesquelles il se prendra pour  telle partie du monde, et abandonnera la structure articulée, si on ne maintient pas la plus grande cohérence possible, on disparaitra dans le monde.

Voir les commentaires

Les sur-divins

14 Juillet 2017, 12:45pm

Publié par pascal doyelle

Science-fiction à propos du réel et du possible

Tout cela expliquant, somme toute, pourquoi la réalité, l’univers ou la vie déploient une telle brutalité et nous mènent une si désagréable expérience.

Tout cela n’a ni ordre (auquel cas toute réalité serait figée) ni sens (qui est une espèce d’ordre aménagé pour les besoins) ; c’est à l’inverse une machinerie gigantesque qui doit réaliser, produire, inventer, créer en son étendue telle ou telle sorte d’être ; aucun être n’est ou sera la totalité de toute la machinerie ; sauf peut-être qu’à la toute fin, il y aura des êtres au moins égaux à l’ensemble de tout ce qui est, et peut-être supérieurs à l’ensemble de tout ce qui est ; suivant le principe que « le réel est plus grand que lui-même ». Mais de tout cela nous n’avons aucune idée, image, intuition et il serait étonnant que l’espèce humaine puisse se rendre capable d’un tel devenir (étant entendu que nous ne parviendrons sans doute pas au-delà du 21éme siècle ; d’autres espèces, ailleurs, seront sans doute plus douées que nous ne le sommes).

Et c’est pour cela qu’il y a un Présent. il y a un présent parce que dans ce présent doit se produire un ou des êtres susceptibles de porter plus loin le réel ; ces êtres devront être libres, et décider d’eux-mêmes de leurs capacités et se motiver à cette fin ; puisque le réel est, à la racine, altérité pure et brute, cette altérité ne peut que se déléguer à une structure autonome, distincte, autre elle-même et donc autre qu'elle-même, qui s’offrira le luxe d’être plus grande qu’elle est, d’outrepasser le donné là ; étant entendu que le donné là, l’être réalisé, est seulement le dépôt, la mémorisation de la vague du présent, les effets donnés de la cause constamment avançante qu'est le présent ; le présent dépose des réalités et parmi ces réalités quelques unes sont en capacité de reprendre le réel et de le porter plus loin. Le présent est ainsi « ce qui peut prédisposer à un Possible qui n’est pas » ; un possible qui ex-sistera. Qui sortira de.

Ces êtres spécifiques imposent donc qu’ils existent pour eux-mêmes ; qu’ils soient une « auto-décision » pour ainsi dire, et trouvent en eux-mêmes les ressources et finalement la foi. La foi en quoi, on ne sait pas, mais en tous cas la certitude du possible ; que dans le présent de leurs réalisations, ils soient, ces êtres, susceptibles de promouvoir suffisamment de rigueur et de volonté, de désir orienté (et non désorienté comme les nôtres, qui perdent leur temps en n’importe quelle stupidité), de nourrir une forte intentionnalité à propos de ce qui, dans un présent, continuellement renouvelé, est possible. Il est un présent parce que l’on ne sait pas ce qui peut devenir ; le présent s’utilise (lui-même) afin de créer des possibilités qui ne sont absolument pas de toute éternité, et qui sont probablement plurielles, au sens où il existe probablement des différentes, de diverses sortes d’êtres aptes à Exister. Cette pluralité d’êtres sur-divins suit du reste la logique de l’altérité ; la réalité, le réel ne vont pas placer leurs possibilités en une seule sorte d’œufs.

On nomme sur-divins la catégorie de ces êtres (pluriels typologiquement) qui existeront, existent sans doute déjà (ici et là selon la dispersion qu’impose l’altérité du réel), en ceci qu’ils ne ressemblent pas, a priori, au type des « dieux » que nous nous sommes figurés ; ils n’ont pas créé la réalité, ils sont nés comme nous, ils ont su décidé plus ou moins adéquatement (pas comme nous) et su se projeter au-delà du donné plat et rabougri de leur monde donné ; ils ont produit, créé, dans le monde, la réalité, une valide et vivante structure de conscience (puisqu’il faut que ces êtres soient rapports à eux-mêmes, libres, autonomes, décidants) une structure qui s’ajoute et ajoute, ajoute en-plus, à tout ce qui est, et soit à même de continuer « que le réel soit plus grand que lui-même ».

Il se peut que à la toute fin il existe de tels êtres si absolument gigantesques, ayant su mener leur barque, qui soient semblables à « plus que des dieux » ; puisque si dieu est dieu, il ne l’a pas fait exprès, il est né comme ça, tandis que ces sur-êtres, ces sur-divins le voulurent. Le décidèrent. Eurent l’intelligence et la profondeur et la lucidité et la ferveur requises à cette fin : exister-en-plus de tout.

On n’a aucune idée de ce à quoi pourront s’employer ces êtres sur-divins une fois accompli leur sublime performance. Nous ne sommes que des rats.

Voir les commentaires

Le réel et la réalité

13 Juillet 2017, 11:00am

Publié par pascal doyelle

Hyper-objectivité philosophique

Les grecs certes nous parlent de l’être, mais ils en parlent … ce qui veut dire qu’ils ne sont pas l’être dont ils parlent ; ils se tiennent déjà ailleurs et autrement que l’être. Ils nous entretiennent de la vérité, mais ils sont déjà en dehors, cad en plus de la vérité, de toutes les vérités. Et ce qui s’énonce comme telle ou telle vérité s’utilise afin que le Bord, la limite de ce qui est se définit et non seulement produise sous nos yeux le Bord de la réalité (cad le réel), mais produise une représentation approchante de ce Bord (qui tel quel ne peut pas, en aucune manière passer dans le monde, la représentation ; de même que l’arc de conscience qui rend possible le langage n’est pas signifié dans le langage, mais en est le signifiant, ou plus exactement la signifiance en général, de sorte que les mots ou les signes sont des rapports qui renvoient à l’unique rapport ; il n’est nulle part de consistance, sinon dans la forme même qu’est le Rapport, de l’un-consistance si l’on veut).

On a donc structuré l’ensemble du Bord du monde, mine de rien, et, quels que soient les contenus, les systèmes philosophiques se maintiennent par logique interne à la forme « philosophie » sur ce Bord ; la formulation philosophique est la description, éprouvée, du Bord, de même que le christique est la survenue, incroyable, du Bord de chaque corps, produisant évidement ceux-ci comme autre-surface-du-corps.

Le christique vaut pour tout arc de conscience ; homme-femme (ou autres), riche ou pauvre, homme libre ou esclave ; l'arc est le fait de tel corps absolument parlant.

Cette distance, qui s’impose de fait lors de toute prise de conscience, revient sans cesse du point, du Bord à partir duquel elle se positionne. La pensée, dieu, le sujet (et christique à l’origine), l’altérité (la philosophie anti-philosophique) continuent de se produire du Bord et sous prétexte d’analyser le monde, l’humain, le corps, l’existence, etc, élaborent et constituent, augmentent l’inépaisseur du Bord.

Parce que si le monde est donné là, déterminé toujours, le Bord du monde, le « là » de tous les donnés est sans composition et sans épaisseur (il existe quelque chose plutôt que rien, mais le "il existe" qui compte et non d'abord le "quelque chose") ; mais le Bord étant formel, structurel, c’est lui qui se transforme le plus et qui distingue, splitte, feuillette sa dimension (en se clivant comme dieu, pensée, sujet, altérité). Et donc lorsque l’on nomme l’être, ou dieu, ou le sujet, ou l’altérité (comme Volonté ou Etre heideggérienne, ou le pour-soi sartrien ou le sujet lacanien) en réalité on suppose des différenciations, des distinctions, dans la forme elle-même ; dieu distingue et se distingue selon cette perspective, ce tracé sur le réel, le sujet comme ceci et la pensée comme cela.  

Et on a vu que cette forme est, pour nous (êtres humains), l’arc de conscience (on ne sait pas si il existe d’autres sortes de formes de l’articulation), et la philosophie dés le début examine, observe, tente, expérimente, poursuit, dessine, délimite, cartographie ce Bord ; l’acte de conscience se constitue lui-même, s’épaissit, se caractérise et cherche sa propre nature, son être spécifique, sa manière d’exister. Il s'épaissit en maintenant au plus haut, au plus précis, qu'il ne soit que formel et ne peut pas passer dans une figuration (on peut signifier le Bien ou le Un ou le sujet ou l'altérité, mais restreindre à tel ou tel système, à tel sujet romantique ou à la Volonté réduit la tension et ne permet plus de penser adéquatement le caractère Autre du Bord ; si le Bord était déterminé il serait dans le monde et donc ne serait pas la ligne du réel).

Ce que décrivent Plotin, Descartes, Kant, Sartre, Lacan (etc) ce sont des manières de suivre au plus près le Bord de la réalité, le Bord en tant qu’il est autre que toutes les réalités ; ou donc il y a de l’être et cet être existe et cet exister (de l’être) est, ex-siste la forme de toutes les sortes d’êtres (déterminés, tandis que l’exister est non déterminé, est purement formel).

Il y a de l’être, et si l’on veut on peut suivre la voie de l’être et chercher l’unité de toutes les sortes d’êtres, et cela a été tenté mille fois ; comment caractériser et penser l’être comme cette sorte de Gros Objet, supposément ; on le définit en quantité de sens mais le sens unique de tous les sens est insaisissable et expose à des tas de contradictions, intérieures ou extérieures à chaque système ; c’est que la réalité, les choses déterminées, est mouvante, non seulement elle est accédée par des mots qui sont des relations, des rapports, et qu’aucun rapport ne signifie tous les rapports (tous les rapports sont relatifs à une structure qui ne l'est pas, la forme de conscience, de là qu'il est requis une ontologie, formelle, de cet être dimensionnel spécifique), mais de plus la « réalité » est toujours composée et aucune composition, qui par ailleurs permet qu’ici et là existent des choses, partielles, localisées (serait-ce « le vivant » par ex), aucune composition ne peut prétendre à s’imposer comme unité ou totalité de la composition ; les rapports renvoient aux rapports et l'ensemble de tous est non existant.

La voie de l’être est ainsi barrée à jamais. On ne peut pas signifier en une fois la totalité des réalités pour la raison que cette unification n’existe pas, nulle part (sinon, entre autres ennuis,  ce serait une autre réalité en plus de celle-ci, ce qui n’a pas grand sens).

La possibilité de tout penser en une fois n’a pas été abandonnée par impuissance ; mais parce qu’une seconde voie s’est ouverte et bien qu’elle soit passée inaperçue à proprement parler ; lorsque Descartes, Kant et Hegel restructure la pensée (en assignant une origine à la pensée, le sujet cartésien ; en dépassant la pensée par le sujet transcendantal ; et en ramenant toute la pensée à une phénoménologie de la pensée-sujet), ce qui s’opère est un immense détournement qui rend non seulement impossible la pensée (et le rassemblement des réalités à l’être) mais qui rend cette croyance, cette illusion, ou plus rationnellement cette tentative et cette exploration de la pensée, qui rend cet ancien possible inutile ; c’est que l’hypothèse « sujet » se charge de montrer la structure même du réel tel qu’il s'existe et ceci sans qu’il soit en aucune façon question de subjectivisme.

La structure qui depuis Descartes est décrite comme hyper active, comme activiste est la même qui produisit la pensée (comme sur-intentionnalisation par dessus le langage, le monde commun, le donné, la perception) ; de là que Hegel puisse relier tous les fils de la logique dialectique de procession de toutes les expériences, ce qui veut dire les explorations du possible de cette structure. Structure qui s’entame dès la pensée grecque tout comme dès l’hypothèse du dieu Un tout-autre, qui sera suivi par le christique et le re-tour sur le corps même, devenant un corps-autre, un corps en plus, pour chacun, pour chaque arc de conscience.

Monde et corps, grec et christique, il s’agit là d’un seul et même mouvement qui expérimente l’ensemble des possibilités que créent l’émergence de la structure de conscience, rendue indépendante de tous les contenus ; que cela aboutisse au corps du christ, très fameux, ou à la pensée ne doit pas induire en erreur ; la pensée se révèle extraordinairement diverse, en de nombreux systèmes, et le corps christique illumine tous les sujets potentiels (chacun éprouvant sa propre capacité indépendamment de son sexe, de sa caste ou de son statut d’homme libre ou d’esclave) ; l’émergence de la structure de conscience provoque un océan de ruptures et de déliaisons tandis que chacun est alors amené à relancer de par son intentionnalité propre toute l’anthropologisation nouvelle. L'universel grec ou la conversion au sujet christique est un engagement, une potentialité, une possibilité voulue, décidée, orientée et non un "donné-là".

Mais de toute la diversité rendue possible on a peu remarqué l’extrême cohérence du mouvement (le christique reprend intégralement la philosophie grecque ou arabe, de même l'acculturation s'énormise de tous les apports) ; c’est que la structure mise au jour, manifestée dans le monde, si elle est vide, débarrassée de tous les contenus, est vide parce que formelle ; autrement dit on peut user de tous les systèmes philosophiques que l’on voudra, ou utiliser le christique en tel ou tel sens on ne peut pas rompre l’arc de conscience que l’on est devenu, parce que cet arc est un acte ; et que cet acte implique de par lui-même sa logique formelle qui est intransigeante puisque d’acte et d’arc de conscience il n’en est qu’une seule forme (tout arc est parfaitement identique à tout autre ; en deçà de tout langage, tout monde humain, toute personnalité il est une seule forme-de-conscience).

C’est ainsi une fondamentale poursuite du même mouvement qui nous permît de passer de la pensée, comme sur-intentionnalisation, à l’origine structurelle de cette intentionnalisation ; Descartes, Kant, Hegel. Descartes initiant le procédé nouveau (consistant à passer dessous la pensée, à faire retour encore plus loin antérieurement que ne pouvait l’opérer la pensée, serait-elle plotinienne), Kant le perfectionnant et Hegel ramassant la mise (cad la mise en forme de toutes les expérimentations et explorations intentionnalisatrices). Et dans les deux cas, pensée et sujet,  on se situe bien au-delà de l’objectivité simple (qui consiste à tenir son objet, toujours limité), et on utilise et on expose la structure même ; bien au-delà ou plus exactement bien en-deçà, dans l'inépaisseur même du la forme, du Bord, que l'on déplie au fur et à mesure ; c'est bien de travailler sur un réel exactement présent que le mouvement re-vient au Même Bord.

Structure agissante, constamment. Parce que ce qui est mouvement pur et brut (l’arc de conscience arcbouté au réel, intentionnalisant ici et maintenant tout ce qui est, et intentionnalisant l’exister même, arcbouté au présent comme actualisant l’ensemble de toute la Possibilité) est non pas fondamentalement mais structurellement agissant ; ce rapport que chaque arc existe, est activiste.

Ça n’est pas que l’on ait illusoirement substitué à l’objectivité une hypothétique construction, c’est que l’on a continué la même hyper objectivité qui prenant appui sur le Bord du monde, du donné et aussi bien du corps, prenant appui sur le Bord elle montre, expose, manifeste, explore et décrit toute la perspective de vision de la réalité offerte à partir de ce Bord, et d’autre part se saisit elle-même en tant que Bord ; de ceci que l’arc de conscience n’étant rien, de déterminé, est déjà-toujours pour lui-même foncièrement Autre et en mesure de signifier son réel ; non pas de faire passer ce réel dans les mots, mais de le signifier de telle sorte que cette signifiance puisse être répercutée par tout arc de conscience, selon son effort ; il serait plutôt étrange que cet être qui est de réflexivité, autre que ce dont il est la conscience, ne soit pas en mesure de se pointer lui-même, d’exister à distance de sa propre structure.

Tout le problème ne vient pas de la proximité de ce qui montre et de ce qui est montré (par quoi le rationalisme étroit confond le moi et le sujet, le conscient et la conscience en arc, la forme et les contenus, réduisant tout à l'object-ivité), le problème vient  de ce que la structure elle-même ne peut pas passer dans le monde ; qu’elle ne peut que se signifier, ce qui veut dire pour chacun qu’il est impératif que cet acte de conscience se signe lui-même, que la philosophie soit en tant que telle expérimentée et expérimentale. Et en ceci la philosophie n’inaugure pas pour rien ce qui ensuite deviendra l’objectivité des sciences, mais aussi l’objectivité du droit et de l’éthique, esthétique, politique, et de tout l’idéel ; parce qu’elle est de pied en cap hyper-objectivité éprouvée, la philosophie étant la discipline, ce qui prît ce nom, la discipline qui se charge d'expliciter "ce qui arrive à l'humain" autour de la méditerranée (à savoir que l'on abandonne tous les mondes, tous les contenus pour commencer d'élaborer la forme qui précède les mondes).

On se retrouve bien loin de la rationalité raisonnable, plate et convenue ; qui certes tient ses objets, mais qui sont tous localisés et limitatifs (non pas limités mais limitatifs de la procédure même qui les mît en place). On admet tous les circuits et les court-circuits qui s’initient à partir du Un, du Un comme Altérité ; le Un est la transcendance Autre qui est antérieure à toute réalité et à tout arc de conscience, sauf que tout arc est cet acte par lequel on s’instancie, par pure et brutale extase, à l’exister même ; l’activisme forcené qui ne cède sur rien, qui veut ici et maintenant le réel, et de fait le réel est. Il existe, au sens d’ex-sister. On ne cesse pas d’en venir, d’en sortir, il est mouvement brut. La transcendance est la brutale altérité qui produit, qui produit tout ce qui est et qui se produit elle-même de se réaccèder ; ce qui ne se peut sans créer.

Voir les commentaires

L’ontologie intégrée du 20éme

8 Juillet 2017, 13:55pm

Publié par pascal doyelle

Sartre et Lacan rendent impossible, de même que Kant en son moment, que l’on puisse encore s’illusionner selon un certain ordre ; non seulement la métaphysique est annulée depuis Descartes (qui origine la pensée dans un être de structure, spécifique et ce qui sera explicité par Kant et Hegel en un sens), mais aussi Hegel rend impossible que la pensée soit autre chose et autrement et ailleurs qu’ici même, mais de plus Sartre et Lacan supposent, implicitement, qu’il n’y a rien sur quoi s’illusionner.

Sans doute Sartre tombe dans le marxisme (non sans espérer le refondre dans une nouvelle sorte de dialectique, la CR dialectique est aussi épais que L’être et le néant) et Lacan se juge résolument anti, anti philosophique ; et comme il entend la philosophie il a raison, sauf que sa compréhension de la philosophie pèche par l’interprétation habituelle à ce moment là de la philosophie-raison, et soit en vertu de Heidegger (qui pensait établir la Pensée de l’Etre contre la raison), soit puisque la pensée n’obtenait de traduction dans le monde que la raison raisonnante du 18éme-19éme (réalisme, rationalisme, naturalisme, objectivisme, étatisme abstrait). Soit donc un monde bien fade et dépourvu de tout intérêt ontologique (ce qui ne veut pas dire que la science, la raison, le droit, la réalité soient des inutilités évidemment ; ce sont juste des adaptations de la structure réelle, insuffisantes).

Si Sartre et Lacan reprennent là où tout s’est arrêté, c’est parce que constamment la philosophie, cette discipline qui se charge de penser, de manifester, d’exposer ce qui est arrivé à l’humain autour de la méditerranée (que la structure des contenus prenne le pas sur les contenus, le langage, les représentations, les mondes humains, les corps, etc)

la philosophie reprend au point précis de son avancée ; on dira que les systèmes n’ont pas de rapport les uns avec les autres ; mais c’est qu’on lit encore l’historicité comme si il s’agissait d’une logique de contenus (rappelons que Hegel y parvient mais simplement, si l’on peut dire, parce qu’il ne suppose aucun contenu total qui soit aussi Un … le Un est pour Hegel la forme générale de « la pensée » et l’articulation des contenus dispersés est assurée par ce mécanisme dialectique, la négativité, et ce qu’il montre ça n’est pas la logique (qui est plutôt hallucinée en un sens, cad qui n’est pas une « logique », sinon que de présupposer avant ce qu’elle trouve après), mais la phénoménologie de la négativité, cad de la conscience ; phénoménologie de l’esprit et phénoménologie du savoir absolu).

Cela veut dire que ça n’est pas l’unité de contenu mais l’unité de forme et l’unité de forme est toujours parfaitement  identique puisque c’est une structure, en dur, solide, une forme d’arc-ticulation au réel ; il n’existe pas d’autre arc de conscience que celui que l’on existe ; une chose n’a pas de rapport à (soi) ; elle a ou elle est un rapport à soi, mais n’est pas le rapport qu’elle est ; tandis que notre être est non pas les résidus, les restes, les dépôts de ce rapport mais est ce rapport lui-même ; le rapport en tant que rapport au rapport même ; ce qui lui permet de prendre n’importe quel contenu, pensée, perception, ressenti, sensation, corps, images, etc, et ce qui lui permet de se dispatcher en différents domaines ; esthétique, éthique, politique, idéel, humanisation, personnalisation, etc. la diversité des applications de la structure de conscience montre la distinction qui doit être opérée ; si il existe dix mille langues sur la planète c’est toujours la même et unique forme de conscience et c’est cette forme qui est distinguée, isolée, extraite ; soit sous la formule de l’intentionnalisation (la pensée est la sur intentionnalisation depuis les grecs), soit sous la formule de l’acte de conscience depuis Sartre et Lacan.

Et le jeu est, de toute évidence, d’accroitre l’unité formelle et non pas substantielle comme on disait jadis lorsque l’on croyait qu’il était possible de saisir comme « objet » ce qui existe non pas « subjectivement » mais qui existe comme structure ; la structure ne peut pas être saisie sans que l’on en soit saisi, et jeu qui consistait et qui consiste encore à croire que l’on pourrait renforcer le moi, le conscient, la raison, à peu de frais, alors qu’il faut augmenter la ligne de l’exister et non la composition du moi ; un moi « fort » est une absurdité ; un moi fort renforce le monde et au final, bien qu’il y ait atermoiement, temporalisation et sublimation parfois ou plus exactement dérivation et atteinte de et par l’universel, mais non pas assure la structure de et dans son insatisfaction constitutive et c’est celle-là qui compte ; parce que l’insatisfaction rattrapera toujours le moi ; il faudra pour approcher l’insatisfaction que l’on puisse passer de l’objectivité à l’hyper objectivité ; à cela même qui occupe la philosophie.

Puisqu’il faut partir du principe que si les expérimentations structurelles eurent lieu depuis la méditerranée, depuis 3000 ans (ou plus en remontant jusqu’à dieu) c’est que la philosophie est précisément la discipline qui s’en occupe, de cette structure, qui a pointé au travers de toutes les cultures, élaborant l’acculturation, comme on a vu. Que cette hyper objectivité évidemment n’obéit pas aux mêmes règles que l’objectivité, et il faut être bouché, bouché, pour n’y voir goutte. Etant entendu que ces règles sont celles-là mêmes qui sont produites par la philosophie et par quoi elle s’entend, d’un système à l’autre, seraient-ils « contradictoires » (ils sont nécessairement distincts les uns des autres, puisque la structure qui est approchée ne peut pas passer dans le monde, mais que un sujet c’est à cela qu’il sert ; à détourer la structure réelle, l’arc de conscience, qui est inscrit dans la structure du réel, le présent, exigeant que tout soit réalisé, rendu réel – et comme la structure de conscience est hors du monde et que le monde est hors de lui-même, pour ainsi dire, en ce sens qu’il se tient du Bord (de l’exister, du présent), le passage de la culture à l’acculturation est cette performativité telle quelle).

La structure performative est l’exigence brute ; elle veut que ses possibilités soient réalisées et c’est son activisme et elle n’est que telle : activiste. Puisqu’elle est un rapport (elle est le rapport à (soi) dans lequel le soi est le rapport lui-même, et non une identité, un contenu, une représentation, un autre, etc), elle ne peut atteindre que le mouvement, ce qui tombe bien puisque le réel est un tel mouvement ; le présent. Et que donc c’est dans la mobilité même (qui est une passation, une variation de l’altérité) que tout se juge et se raccorde et se structure ; en se prenant en charge et atteignant son unité (vide, formelle, certaine, puisque ne dépendant d’aucun contenu mais les exigeant tous).

Il est clair que le raccord, l’unité structurelle, n’est pas du même ordre que l’unité substantielle, et on prend y compris l’unité objective, celle de la science, de la psychologie, de l’humanisme et de la raison, comme une telle unité substantielle ; la formule de l’objet est une substantialisation cachée, ou inavouée, de même que la sur-figuration nietzschéenne ou heideggérienne de la Volonté ou de l’Etre sont des masques ; il n’est que Sartre et Lacan qui avancent dans la structure même, nue, vide, ou évidée et retorse, pour Lacan (mais Lacan connait Heidegger, Sartre, Kojève, etc) ; en ceci que dans tous ces cas on bascule dans le contenu de conscience et on cesse se bivouaquer dans la forme vide ; parce que dans la forme vide on ne peut pas y vivre (on peut seulement y exister).

Substantielle ou objectiviste tous ces contenus sont tenus pour ce qu’ils sont ; imaginaires. On imagine que l’on y Est. Etre de détermination naturaliste ou raisonnable, ou être éternel ou conceptuel, le « sujet abstrait », c’est le même ; il faut exister, contre toutes ces facilités, dans la forge existentielle de la structure, cad être rien. Toute autre proposition est fort utile, et même tout à fait valide, en son rang ; on peut croire au moi que l’on est, à l’humanisme, à la raison, la science, (on croirait Rimbaud, pas sans raison), mais tous ces acquis ne se placent pas au centre névralgique de notre « être » ; ils ne s’interrompent pas du flash unique qu’est l’arc de présent, et l’arc de conscience dans cet arc de présent ; ils s’imaginent au-dehors, regard extérieur, ou pris dans ce regard autre, totalement inaccessible.

Or c’est de là que l’on restera à jamais insatisfait de tout ; de l’arc de conscience non atteint par quelque contenu que ce soit ; imaginer que cette altérité soit déterminable en quelque sens que ce soit est absurde, ce qui veut dire non logique.

 C’est qu’il s’agit de défendre l’individualité. Totalement. Il n’existe que des consciences, dites structurelles, ou arcs de conscience, et qui ne se fondent jamais en rien en quelque réalité que ce soit et en quelque universel que ce soit ; parce que tout cela n’existe qu’au vu et au su, parfois, de chacun de ces arcs.

La distinction du vu et du su est fondamentale, mais non pas au point de glisser dans le su. L’idée, générale, le principe, est que l’arc de conscience sait ; sait dans la mesure même où il perçoit ; percevoir n’est en rien une immédiateté mais bénéficie d’un calcul ; et le point haut, le point élevé consiste à comprendre que ce calcul est précisément hyper fonctionnelle en ceci qu’il peut à la fois admettre l’immédiateté et ourdir la stratégie la plus haute.

C’est bien cela la ruse interne (et externe puisqu’il s’agit de la présence au monde, de l’activisme déployé si rigoureusement et à la fois de façon tellement libre, de la perception même comme constructivisme spontané) qui est atteinte par tout le monde. Tout le monde. Certes Picasso ou Mozart perçoivent bien plus et bien plus réflexivement ; cela veut dire qu’ils perçoivent bien plus spontanément tout autant.

La finalité externe autant qu’interne est de propulser sur le corps l’autre-surface ; celle qui sera à même de recevoir les réalités, les signes et les images, les images-idées tout comme les idées-images. La forme du « sujet » est celle que doit atteindre le moi ; sachant qu’en aucun sens et aucune manière le « sujet » n’est réalisable ; le sujet ne s’adresse pas au monde ; ça ne signifie pas (non plus) qu’il soit hors du monde ; il est sur le Bord et pour comprendre qui existe c’est sur le Bord.

Les éthiques, esthétiques, politiques, idéels, philosophies s’usent à cette fin ; produire une surface-autre du corps qui, surface, n’est pas ; elle existe ; une œuvre n’existe qu’à fin d’élever l’arc de chacun vers la perception de sa surface ; d’ajuster au fur et à mesure l’arc et le présent (cad tout aussi bine le corps et tout cela qui se présente).  

Le sujet n’est ni une identité (serait-elle idéaliste, en soi kantien, ou détermination quelconque) ni une âme éthérée (qui tirerait dans le registre spiritualiste en quelque sens que ce soit) ; de toute manière ce sont là des versions selon l’imagination ; on imagine que l’on est une substance ou que l’on est une âme ; Sartre et Lacan n’introduisent pas à l’imagination mais à l’analyse, de la structure comme structure, on peut dire qu’ils annulent l’imaginaire et sont très-redoutables, en ceci qu’ils obligent de quelque sens qu’on le prenne, à outrepasser (on ne peut plus se visualiser ni visualiser quoi que ce soit de la même sorte de logique qu’antérieurement, et comme ils ne se grisent pas d’interprétations romantiques, nietzschéenne ou heideggérienne on ne peut pas les attirer dans leur propre sort) ; ce que l’on traduit par « sur le Bord », et transcendance absolument assumée de cette immanence (au sens non pas de transcendance de l’immanence, mais en ce qu’il n’existe que de la transcendance, et de l’immanence qui, elle, est, produite, donnée là tandis que la transcendance est le « là » du donné ; depuis la méditerranée nous ne sommes pas seulement, nous existons et nous situons dans la transcendance, dans la forme même de la réalité, la forme de la réalité est distincte de cette réalité ; le « lieu » en lequel les réalités sont, le fait d’exister (du pourquoi existe-t-il quelque chose plutôt que rien) est la structure de l’exister, le fait brut.

Ils annulent l’imagination, mais aussi abolissent ce qui depuis le début cartésien menace à savoir que ça n’est pas la pensée. Ça n’est pas la pensée qui pense. C’est quelqu’un. Quelque Un. Et plutôt que de croire, parce que c’est une croyance, que la pensée pense (ce qui est absurde), il faudrait bien plutôt s’intéresser à celui-ci qui pense. Que donc il, cet Un, manifeste une cohérence ; et que « ce qui » pense n’est pas une simple fonction de la pensée ; c’est ce renversement de toutes les tables qui est extrapolé par Kant, Hegel, Husserl, Nietzsche et H, Sartre et Lacan.

Que ce ne soit pas la pensée qui pense, veut dire que par en-dessous il est un être qui ne passe pas entièrement dans la pensée, dans la représentation et qu’il s’agit précisément de motiver cet être ; de le motiver (de manière nietzschéenne), de le décrire, de le cartographier de telle sorte que l’arc de conscience puisse percevoir dans son faisceau d’attention (qui est ce qui compte le plus intensément qui soit, ce par quoi entrent et sortent les choses et les êtres, les idées et les intentionnalisations, les positions ontologiques, qu’un réel il y a par ex) et que cet arc ne se laisse plus faire par ses contenus en croyant que ce sont ces contenus qui existent.

Mais qu’il soit un tel être, en dessous, n’est pas du « subjectif » ; c’est précisément de s’introduire dans la structure et non plus se contenter d’une représentation, d’une figuration du monde et du moi et de la « nature », et introduction structurelle qui permet d’ouvrir les distinctions nécessaires qui rendent inopérants les anciennes formulations (du moins celles qui prenaient pour argent comptant les notions sans voir qu’elles tenaient par le Bien, le Un, le christique, l’être, qui tenaient donc par et dans le retour qui modifiait intensément la pensée, qui tenaient dans la dialectisation que tente de montrer Hegel par sa phénoménologie du savoir absolu, et ce qui est effectivement le cas de toutes les philosophies … contrairement à la traduction rationaliste qui réduisait et qui aplatit encore ces hyper-objectivités) et introduction qui outrepasse l’objectivisme, le réalisme, le naturalisme qui soit fige l’objectivité (en sa localisation, ce qui est valide, mais au-delà ce qui est absurde, de par son principe même de scientificité ; on ne peut pas appliquer à tous les objets ce qui est analysé d’un seul ; on ne peut pas philosopher par la science ; c’est vraiment croire que les contenus mènent l’arc de conscience qui avance au contraire dans la structure du réel), et introduction qui, offrant le fondement, la base, le cadre, la position interne de tout le civilisationnel, est non pas moins certain mais plus certain que l’objectivité, le droit, l’acculturation. Descartes constatait que la pensée est plus assurée que les mathématiques, puisque ça ne joue pas au même degré d’objectivité et qu’il faut présenter ce sur quoi se fonde notre acculturation de 25 siècles, comme hyper objectivité.

Descartes congédie que ce soit la « pensée » ; c’est autre chose ; et il faut remonter jusqu’à Sartre et Lacan pour y aboutir ; à la magie de la pensée qui pense toute seule (ou de la loi ou des mathématiques qui préexisteraient aux choses), on succède par la torsion effarante d’une structure qui (se) réfléchit, et qui réfléchit constamment, et non plus au même sens de la réflexion, qui se retourne sur ses contenus pour les ordonner en conformité, mais qui se retourne sur la structure articulée de son être au réel tel que « là » (que ce soit l’être des grecs ou l’acte de St Thomas ou le sujet cartésien ou l’altérité ou le présent brut) qui entraine aussi bien la pensée que la perception, le corps que l’humanisation, la personnalisation que l’imaginaire. Puisque la dite structure est à la racine.

Voir les commentaires

L’être et l’exister – 3

3 Juillet 2017, 15:30pm

Publié par pascal doyelle

Le Bord du monde et du corps selon les lignes du réel

Aucune chose ne peut percevoir le Bord ; pour que le Bord soit perçu il est requis un être spécial, qui soit à lui-même Autre, qui ne soit pas un être, mais un exister,  et qui subisse ainsi la loi du réel (réel qui n'est pas la réalité mais le Bord de la réalité, qui est d’altérité pure et brute, une méta-machine qui permet qu’une réalité il y a, qui dispense aveuglément pour ainsi dire toutes les réalités possibles ; on notera que par « possibles » on ne veut pas dire que la licorne, imaginable, existe).

L’interface, cet être spécial, qui forme un pli dans le Pli qu’est le présent (arc de conscience vers le présent, le réel), est pleinement un mouvement et non un état de chose. De même qu’il ne peut se trouver de satisfaction pour l’interface, mais qu’elle est livrée à l’insatisfaction fondamentale, de même le réel est intégralement du mouvement et rien d’autre ; les concrétions se placent ici et là, mais sont des effets. La cause, le présent, est  entièrement arcbouté vers le présent, en lequel, donc, il faut supposer … qu’il se passe quelque chose de spécial ; toute la machinerie est comme disposée afin que dans le présent, le réel devienne plus grand et autre que lui-même. Ou donc que la réalité est l’immanence immergée dans la transcendance et que la transcendance est le plus infime lui-même ; le présent, chaque « point » de présent (raison pour laquelle aucun point n’est contigu à un autre ; ils sont tous distincts et le seul repère).

Lorsque l’attention restructure son faisceau, qui cesse de se fier à un contenu (à un monde humain localisé et particulier au sens qu’il a élu un contenu, un Ordre, un cyclique, une communauté de vue, de perceptions, de parole, de langage) , dans cet événement du "je ne me confie plus à rien", ce qui est investigué c’est la dimension du réel tel qu’instantanément « là », présent ; l’activisme de la pensée, l’intervention de dieu, le sujet intensifié, l’altérité inhumaine dessinent la carte du présent comme origine, comme a-temporalité (ce qui se prête comme éternité de la pensée qui se connait, d’une part, et se sait, d’autre part, la forme de la certitude de la pensée, du sujet, du christique, de dieu outrepasse n'importe quel contenu ; la certitude de la pensée est en fait la certitude de la structure qui se voit, presque littéralement). A-temporalité tout comme le christ sera l’autre-point ; le point par lequel on se perçoit au bout de la mort ; tout est transporté par le point-autre (la fameuse position « morale » du christique est en fait la position ontologique, qui crée, de fait, que l’on soit une individualité).

Comme ce qui surgit autour de la méditerranée est le Bord du monde et du corps, cad une forme brute, la forme brute du réel, on ne peut pas la caractériser très aisément (on ne peut pas la caractériser fondamentalement du tout ; on ne sait pas ce qu’elle signifie, ce vers quoi elle envoie, ce que le Bord, la transcendance du Bord du monde et du corps veulent réaliser et même si ils veulent quelque chose … on se limite au constatable et on ne peut décrire, décrypter, démonter que ce qui est ici même activé, et ce qui est activé autour de la méditerranée, c'est le décalage ontologiqiue qui implique que l'on n'est pas ce que l'on est).

Et donc ce qui est décrit est de l’ordre de l’objectivité mais comme on atteint la structure, et le Bord antérieur à tout, on nomme ce vertige, lancé dans l’acte-même, comme hyper-objectivité ; et c’est d’amener le Bord dans le monde ; ce qui est impossible mais qui est réalisé néanmoins par ceci que tout arc ne peut déposer la représentation comme une connaissance,certes, mais que tout arc peut signifier le Bord, de quelque manière qu'il le nomme, et tirer de sa propre expérimentation ce que réellement la signifiance porte ; et c’est ce que doit opérer chaque structure de conscience et qui l’articule effectivement en et par son moi, qui souffre et peine, et travaille en tous sens, se démenant, et qui ne peut pas supprimer le décalage qu’il existe dans un « être » qu’il suppose, qu’il imagine. De l’imagination duquel il implante une solidité, une substance, une identité ... mais qui n’existe pas ; elle est, mais cet être et tout l’être est relatif à ce qui n'est pas, cad à la forme ou donc au présent, à l’exister, à l’actualisme du réel. 

En fait ce sera ce même Bord auquel seront assujettis toutes les individualités, c’est par là que l’on va vivre … ou survivre, ou se dégrader ou se renouveler, ou se perdre ou dénicher quelques trucs, quelques astuces, quelques raccourcis, des clameurs, par la révolution, ou des dépressions, ou des foudroiements,  par des révélations (les dépressions sont aussi des révélations ; il n’y a aucune raison de nier leur expérience) ; c’est cela qui se montrera en une éventuelle psychanalyse, c’est à partir de là que le créateur installera son œuvre, c’est selon ce point du Bord, qui n'est pas mais qui existe, que l’on va s’élever à percevoir cette œuvre, qui va appeler le point-autre en chacun, etc.

Il peut se vivre et se réaliser une indéfinité ou à tout le moins une poursuite de révolutions ou révélations ; c’est de la forme du réel dont il est question, et de la forme qui, pour nous,  re-Crée notre corps, le monde, le donné, la représentation, le langage, par l’en-avant du corps ; elle supporte donc une variabilité et une variabilité indéfinie, autant qu'on en puisse juger,  puisque c’est de la forme Réelle même qui est atteint et constamment basculée cul par dessus tête (c'est sa nature même) ; le Bord du monde et du corps est cette forme et une forme est faite pour se modifier (une chose déterminée ne se modifie pas, elle est ce qu'elle est et puis disparait).

De même que le présent est le Bord actif de la réalité (il est le réel de la réalité), pareillement l’activité de conscience est le Bord du corps (de la cervelle, du langage, de l’humain, du moi, etc) ; c’est par là que tout le reste est décuplé ; non pas créé, il existe des animaux qui parlent, qui utilisent des outils, etc, autant de distinctions admises comme « strictement humaines » depuis fort longtemps, mais qui du coup n’expliquent plus rien ; pour comprendre l’humain il faut précipiter à la racine qu’un mécanisme surgit de la cervelle qui n’appartient plus à la cervelle mais, de par sa tension, qui est arcbouté au réel ; par « conscience » il ne faut pas entendre une espèce de contenu, plus ou moins idéaliste mais un mécanisme, et qui requiert d’être pensé ontologiquement, puisque ce mécanisme est une forme, vide mais une forme. Et la structure de conscience, débarrassée de tout contenu, est pointée sur le réel, et de là, de là-bas, tire, attire, crée et tracte tous les contenus et crée ces sortes de représentativités qui provoque que des structures apparaissent, à elles-mêmes, et accélère ces arc de conscience signifiante.

L’arc a décuplé les instrumentations (la culture), présents dans le monde animal, adjoint au vivant suffisamment développé, et par le décuplement produisant des cultures diverses et variées, mais l’arc a ensuite propulsé exponentiellement au-delà, par-dessus et en plus de la culture, une acculturation fondée non pas sur la transmission (d’un monde), mais sur la transmission de signes ; par quoi chacun devenait l’arc actif de la signifiance. Pensée ou dieu ou christique réclament que vous preniez en charge la production de l’acculturation ; autrement dit l’acculturation est à la fois une a-(non)-culture et l’acculturation réelle dans le monde réel donné là (et non plus relatif à un monde particulier qui est parlé, échangé, perçu dans cette particularité même , soit donc dans le monde non particulier, universel, donné là et "là" du donné, le "là" est la position qu'il y a bizarrement un réel, cad un réel Autre, et que par dessous le réel est l'Altérité même, un effroi tétanisant).

Pareillement le rock ‘n roll ou le cinéma accélèrent considérablement l’arc parce que celui-ci se retrouve encrypté dans les mois, (la structure est passée de la révolution universelle humaniste, à la personnalisation, la structure s'est enfoncée dans la réalité pour avancer plus profondément encore) et que le moi est ce corps et que ce corps est évidemment un corps travaillé (torturé si l’on veut) et r’nroll et images adaptés spécifiquement à la forme du moi. Pareillement les esthétiques et les éthiques et politiques s’utilisèrent afin de décupler et de décupler exponentiellement en s'adressant, en maniant l'adresse vers les arcs, un par un, de conscience ; on ne perçoit plus en groupe l'effigie magique, mais un par un les esthétiques ; de produire de la réalité en plus de la réalité ; et non pas de copier seulement le monde donné là, l’activisme n’est pas un copié-collé ou la conformité à un Ordre du monde, serait-il scientiste, libéral ou communiste, ou naturaliste, et les grecs n'ont pas copié, contrairement à leur traitement de la forme, le monde, mais ajouté au monde, à la perception, de l'en-plus, toujours de l'en-plus.

De là que les sujets et les grands sujets prennent la tangente absolue selon l’altérité, s’énormisent et se rendent étrangers à tout ce monde humanisé et rationnalisé par la révolution, désirs et besoins n’ont pas même sens pour les grands sujets et pas non plus pour les sujets, et les mois, quant à eux, constamment tentent de grader ou dégrader désirs et besoins ; et en ceci on voit comme la pensée croyait retrouver un ordre alors qu’en réalité elle Créait de la réalité en plus du monde ; le monde des mois (qui nait ou explose dans les années soixante) est une création en plus de tout monde humanisé, universalisé, rationalisé, objectivisé ; une création extatiquement autre ; de ceci la joie formelle absolue qui recouvrît ce possible brut.

Mais de même un moi n’agit pas conformément à son « identité » mais un moi est déjà-toujours lui-même créé, suscité par son sujet, élancé par le bord de son existence. Depuis la méditerranée nous ne sommes pas seulement dans la réalité, puisque depuis la méditerranée nos faisceaux intentionnels ont affaire directement aux choses mêmes, ce qui exclue la magie ou le mythe ou l’irréalité, affaire directement au monde dit universel, celui dont les causes provoquent les effets, et aussi ce monde humain en lequel nos intentions sont à la fois représentées et présentées dans le monde, présentifiées, celui dont non seulement les causes mais les intentions sont mesurées, pensées, et présents leurs effets ; dans un système, une systématique de repérage (que l’on nomme cela éthique ou politique mais aussi esthétique ou idéel et science). Il n’y a plus de double plan, mais un seul ; ce qu’auront tôt fait les consciences immédiates de croire qu’il n’est que l’immanence … ne percevant même plus dans leur arrogance et leur prétention que la transcendance, du réel, effectue les immanences, et les réalités.

Mais en ce cas se référer à la transcendance comme affrétant les immanences, c’est se tenir comme il se doit dans le réel, bien que l’on n’y atteigne pas (puisque l’on y ex-siste, on en sort, constamment on sort vers le monde, mais aussi le corps et tout autant le vécu, et ce que tout cela renvoie sur la surface du minuscule faisceau articulé sur la surface du réel, qui expose tout ce monde ; on n'y atteint pas non par manque ou défaut mais bel et bien parce que l’on y existe, on en ex-siste). Et surtout c’est bien effectivement être parvenu à élaborer, travailler, plier et replier, tourner et re-tourner le faisceau de l’attention à l’exister, œuvrer la surface du miroir tant que l’on a pu, orientant et désorientant afin de faire surgir les images contournées, réécrivant ces images et ces lignes, parvenant par les tangentes sur le Bord du monde, de dessiner le trajet de l’exister, de la surface ; chaque sujet, une tangente à partir du Bord.  

Les faisceaux intentionnels ont affaire aux choses mêmes mais aussi aux intentionnalités telles quelles ; tout cela se trace et se trame, c’est un intéressement réglé, l’établissement de règles de précision ; puisque l’on sort des mondes humains, on crée le système formel (il n'y a plus aucun monde humain particulier avec ses lois intérieures et son monde parlé-perçu, il n'y a plus que le monde donné, grec, et le corps, christique) ; le système formel qui n’a plus de contenu, qui élabore sa propre architecture, laquelle ne se réduit pas à un contenu ; toute la pensée, la réflexivité, la réflexion et réflection consiste à faire-voir le lieu, la limite, le Bord à partir du duquel le reste, le monde, la réalité apparaissent ; ce par quoi l’être apparait mais ce "ce par quoi" n’apparait pas dans l’être et n’est pas l’être ; l’être est second (et il n’est aucune totalisation, unité, concentration d’être où que ce soit), et l’exister est premier (et seul existant évidemment ; étant non composé il n’est ni divisible ni réunifiable avec quoi que ce soit ; il ex-siste constamment d'activisme pur mais aussi brut, très brut, d'Altérité fondamentale).

Les règles de précision ce sera d’abord la pensée puis la raison, mais évidemment puisqu’il s’agit non pas de produire une pensée ou une raison mais la totalité de notre être, et ce sous la facilité et possibilité qu’est l’arc de conscience (qui se communique à tous les domaines), ce sera l’esthétique, l’éthique, la politique (l’Etat, le droit, la personne), l’idéel (connaissance). La règle de précision absolue est celle du christique ; comme tout se joue sur la racine, ontologique, la forme antérieure (au monde, au donné, au corps, à l’humain, etc) il est impossible de caractériser la réglementation de l’exister, qui demeure instamment antérieur à tout donné, tout vécu, tout corps, toute humanisation ; le réel est orienté d'un seul côté, vers l'avant, en tant que présent, qui tracte, et il ne se déverse pas lui-même dans le donné ; mais par telle ou telle configuration (pensée, dieu, christique, sujet, altérité, analytique ontologique) on peut en approcher au fur et à mesure, on remonte, par réflexivité qui signifie retour sur cet-être qu'est la structure en arc vers le présent, et à chaque fois retour qui est re-tour, un nouveau tour, extatique ; il revient évidemment à tout arc de pousser plus loin la précision ; les lignes du réel, les lignes du Bord du monde et du corps.

Rappelons que la ligne de mort, de disparition, de dégradation, d’exploitation et de meurtre est celle du monde « comme il va », les lignes du réel à l’inverse cherche précisément les possibilités qui ne sont pas (dans le monde) mais en plus du monde, les lignes qui ne sont pas sont celles qui doivent exister (et ne se maintiennent dans le monde que par la tension des arcs de conscience).

Aussi le principe qui voudrait que le donné explique le donné (soit donc le principe rationaliste, objectiviste, naturaliste et réaliste) tombe immanquablement à côté, constamment. Ce qui veut dire aussi que le moi, interrogé par son sujet, qui croit solutionner ses problèmes en se retournant sur le donné, sur le vécu, sur la réalité, se trompe ou est trompé.

Le monde donné humain est effectivement depuis la révolution (qui instaure un cadre universel laissant chacun à la disposition de soi, cad de sa liberté, non de sa raison mais de sa raison en tant que chacun, en étant doué de cette raison, peut juger, et conséquemment désirer, décider, vouloir, imaginer, penser, etc, c’est une structure de possibilités pas un état de raison), depuis la révolution, en même temps que par le cadre ce monde est délivré, le monde humain est également livré au monde ; à l’interprétation réaliste, naturaliste, objectiviste du monde, du corps mais aussi du vécu de chacun ; dieu ou le christique remplacés par la naturalité, la pensée par la raison et le sujet par le moi ; cad à la fois leur adaptation et leur pseudo-adaptation ; parce que le moi ne peut pas remplacer l’ensemble du déploiement du sujet, ni la raison satisfaire la pensée, ni la naturalité accéder à l’envol et l’exigence du christique et de dieu ; c’est la différence figurations (du monde ; raison, moi et naturalité) et configurations sur le Bord même du monde, du donné et du corps (du réel et du décalage ; dieu, pensée, sujet, altérité).

Lorsque le moi se retourne sur lui-même c’est avec le regard et l’attente du sujet, mais il n’aboutit qu’au retour du donné et nullement au possible ; ce que, pourtant, en tant que moi (qui se tient du sujet) il ne cesse de lancer, propulser, promouvoir ; chaque sujet constitue, par et dans son moi, sa mémorisation, son trajet, et peut-être son tracé ou une forme de réel de surface (et on a vu que la surface est tout, tout l’essentiel lui-même, le reste ce sont des effets de/sur la surface).

Voir les commentaires

L’être et l’exister – 2

27 Juin 2017, 10:19am

Publié par pascal doyelle

Le Bord du monde et du corps

Il faut donc imaginer la conscience comme un faisceau, posé sur la surface du réel et orienté par le devant et tel quel, ce qui veut dire sans qu’il n’y ait rien antérieurement ; la surface du réel est une seule surface dotée d’un seul côté ; il n’y a pas d’autre côté, un verso, pas de recto, une feuille juste d’un seul devant ; ça avance dans un seul sens, au-devant, et cette surface est, très justement, le présent.

La conscience est un faisceau qui instruit au-devant en suivant ou en devançant quelque peu le présent. Un soubresaut à la surface du réel, un énervement électrique, une tension, un court circuit, un circuit court, qui ramasse la surface en un point. Une virgule de reprise, reprise de la surface elle-même. Il faut obtenir la conscience qu’un réel il y a, que la réalité est Autre, que les gens en sont pas des marionnettes ou des images, mais des êtres réels, valant en et par eux-mêmes, qu’il va nous arriver des tas d’accidents, que l’on ne contrôle pas, qui ne sont pas « voulus », que donc on se saisit, soi, par le devant ; et ne pas être fou ou ne plus être enfant c’est la dureté que le réel est fondamentalement en-dehors et que l’on est soi-même un simple point posé là.

Dans cette reprise on imagine pourtant qui l’on est ; on croit que l’on est et effectivement on Est, on est quelque chose mais ce quelque chose est pris dans sa procession, à savoir que c’est une structure de conscience, un faisceau qui imagine que cette identité est consistante ; c’est l’imaginaire qui octroie à cette construction qu’elle soit consistante ; non pas qu’elle ne soit pas consistante (parce qu’elle est effectivement quelque chose de concret) mais bien que ce concret n’est pas le fondement, la substance, l’unité ; et que l’unité est la forme ; l’unité est le faisceau, celui qui fait être mais qui n’Est pas lui-même, qui est pur mouvement sans rien, signifiance qui imagine son « être », qui confère par l’imagination une densité, à ce qui est seulement effet.

Autrement dit ; on est ce moi, Pierre Dupond, mais ce qui va compter ce ne sera pas « qui » est Pierre mais ce que la structure de conscience en Pierre fera de cette concrétion qu’est Pierre Dupond ; en somme Pierre Dupond est un bricolage et non pas une solide substance ; sans doute Pierre veut faire-sens ; et c’est par là qu’il imagine qu’il Est (et cela lui est bien utile, et il croit que ce sera le bonheur, la satisfaction ; il ne va pas passer sa vie à recomposer Pierre Dupond selon le faisceau et la concrétion, ça n’en finirait pas, il doit admettre cette identité et faire-comme-si et l’embrayer en différents sens qu’il veut lui trouver ou retrouver ; de même il va croire que cet objet est désirable en lui-même, alors que c’est son faisceau qui admet « spontanément », qui construit le désirable de cet objet).

Il n’est rien de donné, d’authentique, de solide (c'est seulement de l'imaginé "comme solidement réel")  ; tout est pris dans le Pli. Seul le Pli existe, et le pli est d'une part le présent et d'autre part l'arc arcbouté par ce présent. Tout Est dans la construction, mais le pli lui-même est ce qui Existe,  et est donc ce qu’il faut penser, manifester, représenter, et comme l'exister ne passe pas « dans » la représentation, il sera signifié, signifiant renvoyant à cet exister comme mouvement ; signifié pour un arc qui seul va percevoir, structurellement, l’antériorité, le Bord, l’au-devant qui génère la réalité, le monde, le corps (en proposant un autre-corps qui sert à recevoir les signes). et comme un mouvement n'est pas un signifié solidement consistant, il faudra prendre la forme du mouvement ; il faudra ex-sister le Un de Plotin, le doute-cogito de Descartes, la volonté nietzschéenne, le pour-soi sartrien ; éprouver le mouvement est l'opération dite hyper-objective, qui se-sait en avançant (c'est pour cela qu'elle avance tout le temps, elle crée des archi-tectures qui sont des archi-textures du corps, la surface du corps-autre, scribouillée de signes, d'orientations dans la réalité, dans le monde, dans le vécu).

Or la surface ne quitte jamais ; elle est toujours constamment le présent et le présent est ce qui colle à même toute réalité ; la lame du présent pousse en avant tout l’être, tout le donné, toute la détermination, la lame du présent précède même toutes les réalités, si l’on veut. La détermination est comme les mémorisations qui s’accumulent et l’une chasse l’autre ; il se fabrique une réalisation de plus en plus fine, de plus en plus distincte, jusqu’à produire un être ayant sa propre surface, vivant donc, et que quelques-uns parmi ces vivants puissent devenir leur propre surface ; une inter-face.

Et tout ce qui passera alors au travers de cette interface sera littéralement décuplée. L’interface fait office d’accélérateur. Toute information qui transite est explosée, démultipliée.

L’interface peut bien croire, un temps, qu’elle est un quelque chose, (par ex la « pensée », quelle qu’elle soit, le bouddha ou le platonisme, qui recompose la réalité, le monde) mais l’interface est un mécanisme et qui plus est un mécanisme articulé au réel ; ce qui veut dire en clair au présent et qui veut que ici et maintenant le réel soit intégralement appelé ; une surface minuscule mais une dans son mouvement accroché à la surface du réel ; un pli ; une vague minuscule sur la vague du présent (de sorte que tout se meut, puisque le présent est cela seul qui existe et que l’être est l’ensemble de ses effets). Un mécanisme et un mécanisme ouvert ou béant ou brisé, ces qualificatifs sont tous justes, mais on préférera ici décalé.

Puisqu'aussi bien si le présent est cela seul qui existe, tout est dans le décalage intégral qui ne laisse rien en dehors de son mouvement.

Parce que le but c’est d’éclaircir cette anfractuosité. D’y mettre son nez et de commencer de remonter le long de la faille, de l’anfractuosité, du décalage. Et la description claire et nette autant qu’il se peut. Et il ne faut pas considérer que le décalage, dit ontologique, que l’interface puisse se remplir de quoi que ce soit et qu’elle génère une sorte d’identité (non plus Pierre qu'une Idée ou un divin quelconque, non pas dieu remarquons le ; parce que dieu, le Un tout-autre, est une intervention dans le monde, une rupture et non le rétablissement d’un Ordre mémorial). L’interface génère un mouvement, puisqu’elle est mouvement de part en part, mais pas une identité, pas une essence, ni même une image qui serait l’image qu’elle est ; une image est perçue et la question est alors « qui perçoit l’image ? », ce qui renverrait à une nouvelle difficulté dont on tient ici qu’elle n’aurait pas de solution ; il n’y a pas de partie du monde qui expliquerait la totalité du monde, pas de mini-monde en réduction dont le déploiement serait cet univers ; il n’est que des ensembles de réalisations (les molécules par rapport aux particules, les systèmes solaires ou les galaxies ou peut-être les univers) et ce qui garantit l’unité de ces ensembles est l’acte lui-même, l’exister qui fait-office de structure ; l’exister qui projette tout cela au devant, qui est l’attirance au-devant qui tracte les réalités.

Ce qui agit soudainement comme interruption de toutes les choses et de tous les êtres, comme dieu-pensée-sujet-altérité décrit cet acte, ce décalage lui-même, cet acte qui est un mouvement, et qui devient par dieu-pensée-sujet-altérité et qui attire dans le monde le faisceau sur la surface orienté d’un seul côté et sans rien de l’autre côté (dieu par ex est notablement d'un seul sens : vers l'avant).  Habituellement on taille des parties de monde contre d’autres parties de monde, mais à un moment il nous est venu qu'elle cesse toute partition de la réalité et tente de prendre tout à rebours par le Un débutant toutes les réalités,  par en-avant toute la réalité, et donc à partir du formel, du rien si l’on veut (et il faut cesser de caricaturer les immenses configurations dieu-pensée-sujet-altérité comme des "imaginations" ; ce sont des épreuves structurelles du réel, de l'hyper-objectivité), mais plus exactement il s'agit du Bord du monde qui n’est pas dans le monde puisqu’il est l’exister du monde, en lequel, sur lequel on ne sait comment dire, on avance en équilibriste  ;

et se dresse alors la cartographie de ce qui est effectivement agissant antérieurement au monde; on s'implante dans la structure antérieure de tout monde et ce depuis la méditerranée et dieu-pensée-sujet-altérité s'utilise à cette fin ;

et bien sur tel que cela nous est accessible de là où nous nous tenons … cad le rayon très limité sans doute de l’expérience que l’on peut en obtenir. Et on entend par expérience celle de dieu un tout-autre, de la pensée à partir de l’être (du « là » du donné là, de l'être du monde grec via l'universel), du sujet (qui origine la pensée et toute intentionnalité), de l’altérité (que le réel est bel et bien au-dehors et rigoureusement Autre que nous). Ces advenues structurelles sont si puissantes (parce qu’elles touchent à la structure de l’attention et chamboulent totalement « ce à quoi il faut faire attention », cad tout) qu’elles s’effectuent réellement comme expérience (et ce dans tous les domaines ; éthiques, esthétiques, politiques, etc, et créent une humanisation spécifique).

Dieu et le christique, la pensée, le sujet, l’altérité sont traités ici comme des systématiques, systématiques de l’intentionnalisation ; sur-intentionnalisation grecque par-dessus le langage, hyper intentionnalisation christique, méta-intentionnalisation cartésienne et anti-intentionnalisation des pensées de l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) ; systématiques qui permettent de laisser se représenter le Bord du monde (ou du corps), de le représenter dans le monde donné, alors que le dit Bord ne peut pas prendre de signifié, de définition dans le monde ; ne peut pas être déterminé ; il reste donc certes représenté (par dieu, la pensée, le sujet, l’altérité) mais en tant qu’il signifie, sans qu’un signifié soit déterminé au dedans ; ce qu’il signifie est repérable uniquement par un faisceau de conscience qui pointe de cette sorte ce qu’elle « voit » de la structure du réel. et la perçoit par tout ce corps-autre bizarre qui se crée à la surface, aussi bien à la surface du présent.

Rappelons que le monde possède un Bord et que ce Bord est la forme du monde (le monde est la détermination, l’altérité qui se distingue de partout et constamment), et ce Bord n’est rien d’autre que le plus intime du monde à savoir le présent. Le présent est le Bord du monde (et du corps), et le présent est l’autre nom de l’exister ; l’exister est le fait d’exister qui impose, produit, génère l’être ; l’être est relatif à la vague du présent, l’actualisation, l’acte.
 

Voir les commentaires

Amenée dans le monde

24 Juin 2017, 12:07pm

Publié par pascal doyelle

On a donc vu que l’occidentalisation a extrait la structure antérieurement à tout monde humain, tout langage et représentation, et même tout corps humanisé (ce que signifie le christique, littéralement, c’est un autre-corps) et « occidentalisation » est un processus outrepassant de loin « l’occident », d’autant plus que l’on va étendre considérablement le rayon de création de ce processus au Moyen-Orient, bref à toute la méditerranée ; ça aurait pu se produire ailleurs, il se trouve que c’est là qu’il y eut cette accélération ; et que donc le dit processus ne consiste pas en une « essence » mais en une structure ; qui se cherche dans le monothéisme, la pensée grecque, le christique, puis le sujet, (et plus tard l’altérité ; Nietzsche, Heidegger, Sartre Lacan), et entre temps la raison (réduction de la pensée) la naturalité ou le réalisme (remplaçant dieu) le moi (se substituant au sujet) ; ce qui provoquât par son réductionnisme (légitime mais insuffisant) l’ampleur des grands sujets et la pensée de l’altérité ; l’anti humanisme, anti sujet, anti démocratie, anti rationalité, etc.

Et enfin la fondation, absolument réelle, qui analyse notre être (et ainsi qu’elle soit dénommée analytique), et ce dans son articulation même ; Sartre et Lacan. On ne peut retenir, on l’a vu, Nietzsche et Heidegger, non en ceci qu’ils n’éprouvent pas intégralement la conversion du Regard (en prenant appui non plus sur l’horizon humain, mais sur la non-humanité du donné tel que « là », que ce soit en interne comme Nietzsche et la Volonté, qui est Autre en nous, ou en externe, comme Heidegger et l’Etre qui est autre que tout le donné, nous-mêmes y compris), mais en cela, donc, qu’ils présentent une interprétation (ontologique, puisqu’ils réintroduisent l’ontologie dans le monde pacifié et humanisé, réintroduisent l‘altérité pure et brute), une interprétation sinon délirante du moins irréaliste. Sartre et Lacan nous ramènent sur terre et déploient alors l’Exigence fondamentale et fondatrice de l’être-de-l’homme, comme étant autre que l’humain lui-même ; l’humain est l’effet de l’être-de-l’homme, soit donc effet d’une structure qui en nous est autre que nous ; l’être-de-l’homme veut dire que la structure agissante (la signifiante) n’est pas l’humain, ni le moi, ni le corps, ni quoi que ce soit du monde, mais le Bord, structuré, qui lui-même agit ; de même que le Bord réel du monde, le présent, est l’agissant lui-même.  

Ce qui soit dit en passant est encore plus étrange que n’importe quelle interprétation romantique et grandiloquente ; les deux français ramassent strictement et clairement l’altérité, l’effarante altérité qui nous cause, décrivent la structure agissante, qui n’est ni volonté ni l’Etre, ni aucune des affectations précédentes (celles qui commandaient et conduisant vers l’horizon humaniste, universel, raisonnable, ni même qui guidaient vers une naturalité et un réalisme, consistant en ; le donné explique le donné, et bien non le donné n’explique pas le donné, parce que le donné, le monde possède un Bord et que c’est le Bord qui compte, le reste est effets du Bord ; et donc ce que Sartre et Lacan décrivent c’est l’arc qui brode notre réalité, sa structure, son architecture ;reprenant en cela Kant mais aussi Descartes, qui commencèrent, eux également, la description réel de cet activisme structurel. Tout comme les grecs ou le christique manifestaient les possibilités de la structure, qui n’est pas du monde, mais du Bord, créant la pensée et le corps (du christ, comme on sait). Une fois l’horizon universel humaniste réalisé, par la révolution, la structure se penche alors sur ce que, à partir de cette position tenue, se découvre et continue d’étendre son rayon, son possible ; et éprouve et décrit la réalité du monde et le réel du monde, le donné et le Bord du donné.  

L’ensemble de tout le mouvement a créé un cadre général (celui de la révolution, de l’Etat, de la raison, du droit et de la science, du moi et du vécu, de la société civile, etc) ; ce monde historiquement réalisé s’est empli de lui-même, jusqu’à une certaine fermeture ; non pas vis-à-vis du monde réel mais fermeture structurelle ; figeant par exemple la révolution comme procédé historique ;  au sens où la structure réalisée, de par sa réussite même, est demeurée coincée dans son jeu et ne peut passer au-delà de sa réalisation, sans comprendre justement ce dont il s’agit ; de sorte que le monde créé, Etat, société civile, moi, raison, libéralisme ou communisme, bien qu’il soit effectivement ouvert, est du point de vue de la technologie structurelle replié et gelé.

La vérité et la liberté pure restent pourtant encore selon le Bord du monde ; la vérité n’a pas cessé et ne se limite certes pas à la raison raisonnante, au monde réduit et écrasé de la science et du droit, de la société civile et de la psychologie réductrice ; les mois par ex n’auront de cesse de se découvrir, créer des maladies mentales ou des dépressions pour y échapper, échapper à la totale exposition annihilante de la raison raisonnante. Ou de créer de monstrueuses interprétations profondément ontologiques et originales : Nietzsche et Heidegger. Ou de prendre le problème fondamental et fondateur à bras le corps et à mains nues ; Sartre et Lacan. Par eux seuls tout se ramène à sa structure même ; l‘articulation de notre arc de conscience au donné là, aux autres et au corps. C’est précis, clair, net et sans fioritures.  

Comme dit Lacan (dans Télévision) ; « ça n’est pas moi qui l’énonce difficile et complexe, c’est notre réel structurel qui est lui-même extrêmement complexe et autre » (on simplifie et on adapte pour cette occurrence-çi) ; l’articulation qui nous cause, dont nous sommes effets, dont l’humain et le langage, la pensée et le corps sont des effets, est extrêmement complexe parce qu’elle est littéralement l’extrémité du monde et du corps. L’extrémité qui cause et qui borde ; soit donc le présent comme structure architecturée non seulement « puissante » mais qui est la puissance même, la potentialité ; le possible ; le présent est le possible-même, la racine, la source, le miroir retors, tout ce que l’on voudra du même genre.

Le principe est donc qu’effectivement depuis le début de la réflexivité, du retour de l’attention sur ce fait qu’est l’attention elle-même (pourquoi un corps produit-il un arc de conscience qui n’est pas, qui n’est plus ce corps même, raison pour laquelle on « a » un corps, que l’on est Autre que le corps que l’on est, que donc l’on n’est pas, on ex-siste), le principe est que depuis la méditerranée c’est non seulement « scientifiquement », objectivement mais hyper-objectivement que la pensée pense, comme dit l’autre, que la réflexivité, le retour sur, réfléchit. Ceux qui ne comprennent pas ce que cela signifient n’y comprennent strictement rien du tout et croient que Platon ou St  Thomas ont juste produit des « théories » soit vides de sens, soit battues à tous les vents, et non abaissent fondamentalement le niveau de compréhension, d’intelligibilité effective et effectivement réalisé ; Plotin ou Kant n’étaient pas des imbéciles, eux, et c’est très précisément qu’ils ont élaboré les significations de leur analyse de l’activisme acharné qu’est notre être, notre structure. Ce sont les positions, par ex, qui voudraient que la pensée soit « du langage » ou des neurones, et autres idioties du même genre ; la structure est ce qui utilise le langage ou les neurones ou si l’on préfère ; il y a langage et neurones pour qu’il y ait activisme structurel de l’attention qui réorganise constamment les neurones et le langage (sinon on ne voit absolument pas à quoi pourrait bien servir langage et neurones ou autres réalités données).  

On a vu qu’amener le structurel dans le monde est toujours inventé la représentation approchante (non pas adéquate puisque le structurel ne passera jamais dans le donné, la forme toujours antérieure et autre que les contenus, le miroir distinct des images) ; une fois une station acquise il ne faut évidemment pas redescendre en exigence ; mais la structure de l’historicité est la révolution, puisqu’originellement l’historicité est la découverte du structurel même, et que celui-ci ne passant pas dans le monde, modifie continuellement la réalité du point de vue (impossible) du réel ; raison des esthétiques innombrables, des éthiques, des politiques, des systèmes, des poétiques, etc. rien en peut assouvir la structure sinon sa propre auto régulation, ce qui signifie ; rien.

Parce que l’auto régulation ne peut pas être raisonnable ; il n’y a rien de raisonnable dans la cohérence du réel ; le réel est structurellement «déraisonnable » et d’une brutalité effroyable ; sinon, sans la distinctivité, des choses et des êtres, sans l’altérité comme constitutive de la réalité, il n’y aurait pas de réalité, à moins d’imaginer une « réalité ordonnée, une réalité sensée », un Ordre qui figerait toute possibilité et rendrait impossible qu’il y ait « une réalité ». Une réalité comporte forcément ce dés-ordre et donc cette inhumanité.

L’auto-régulation de ce qui ne se régule pas, de quelque manière que ce soit, n’aboutit donc jamais ; le caractère raisonnable de notre être de structure est une hypothèse absurde. Ça ne signifie pas qu’il ne puisse pas s’entreprendre, s’instruire, lancer des instructions dans sa réflexivité, dans son réfléchissement vécu, éprouvé. C’st ce que cible Nietzsche ; que le plus extrême soit, quand même, sa propre loi et qu’il soit vraiment une loi, et d’autant plus exigeante et sans presque commune mesure d’avec les régulations de la raison, kantienne par ex. Pareillement la dureté sartrienne est autrement plus rude que la morale banale ou classique. C’est que le structurel a progressé dans le monde donné, et ayant accompli la révolution, l’Etat, etc, soit donc l’horizon universel, le structurel gratte maintenant la peau elle-même de tout moi, le sujet de structure tend à briser le moi qui le limite.

Les grecs étaient ceux à qui on ne la fait pas ; vouloir ici et maintenant ce qu’il en est de l’être, de tout de ce qui est, ici même, en une fois, intégralement. Pareillement à partir du christique (qui certes renvoie à la résolution au-delà) il ne tarde pas que l’exigence devienne dans la réalité même, le vécu et bien sur le corps. Le christique est l’exigence structurelle inscrite historiquement, comme historicité, comme ce qui inaugure l’historicité et ne répète plus seulement tel ou tel monde, mais tient et maintient la forme du réel comme plus grande que tel ou tel contenu du monde.

De manière générale il s’agit de créer un arc de structure, de conscience activiste, de plus en plus poussé, précis, actualisé. La figuration (raison, naturalité, moi) est un tel durcissement mais qui oublie, annule, ignore le structurel (le renvoyant comme métaphysique et n’admettant pas que Kant non seulement barre la route de la métaphysique, du discours ordonné, mais prévoit une philosophie transcendantale qui montre la structure réelle du sujet, positivement), et pour concevoir tout le processus il faut définir le mouvement des 25 siècles comme Amenée de ce qui Existe, structurellement hors du donné, l’Amenée dans le donné de ce qui n'est pas du donné. Soit donc la représentation de ce qui ne se représente pas ; et qui doit pour se tenir dans le monde créer des réalités, des représentations, des structurations ; l’Etat doit être admis et compris comme tel, selon l’universel, le citoyen libre, etc, sans ces contraintes il n’est pas, ne peut pas être ; le moi lui-même ne peut pas se maintenir sans se tirer du sujet, de la forme-sujet, et doit créer des récits, des romans, des poétiques, des esthétiques pour se faire être à partir de l'exister même ; le sujet étant ce qui ne vient plus de l’immédiateté ou du monde ; qui par exemple a commencé de créer sa valeur infinie selon le christique (ou selon le sujet libre de la révolution ou selon le corps rock 'n roll et pop des années soixante) ; puisqu’il se crée libre, il ne peut plus être esclave, riche ou sexué (ho ou fe ou autre) ; il relève de la seule position du libre (qui étant le rapport à (soi) qu’il est, n’est aucun autre rapport).   

Voir les commentaires

Le déchirement existentiel du voile

17 Juin 2017, 12:07pm

Publié par pascal doyelle

(NHSL) Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan

Dans la perspective de redécouvrir la lune, cad de prendre conscience de ce qui effectivement nous situe là, sur le lieu, sur le point de temps, où nous sommes.

Il y eut ainsi la surintentionnalisation (les grecs), l’hyper-intentionnalisation (dieu et le christique), la méta-intentionnalisation (Descartes jusque Husserl) puis enfin l’anti-intentionnalisation  Nietzsche, Heidegger, et l’analytique qui est nommément de l’analytique pur de la structure de notre être, Sartre et Lacan).

Nietzsche et Heidegger sont explicitement des anti ; ils nient absolument totalement toute l’humanisation et l’individualité des siècles ; Platon, le christ, Descartes et le sujet, la raison, la science, la démocratie, l’individualité du moi, la liberté, l’humanisme et veulent remplacer tout cela par une "totalité" de leur cru. Repenser tout ce qui fut et immergé tout cela dans l’altérité du donné tel que « là » et absolument non humain, surhumain ou inhumain. Il est clair que si pour Nietzsche c’est excusable, et oh combien, c’est dans la seule mesure où Nietzsche n’est applicable qu’individuellement ; c’est individuellement que l’on s’explose et s’expose à la grande pensée ontologique de Nietzsche ; mais c’est tout à fait traumatisant de croire que l’on puisse exporter cette non humanité dans la vie réelle ; Heidegger.

Par contre le principe dont ils partent ; que la réalité est Autre et qui les abreuve et finalement les noie, perdus corps et biens, est un vrai principe et une sorte d’évidence incompréhensible et déchirante. Fort heureusement cette altérité sera en une fois définitive réduite à la constatation, encore plus inacceptable et incompréhensible et non humaine de la nausée sartrienne ; le réel est structurellement Autre ; la nausée, la racine noueuse qui soudainement Existe aux yeux de Roquentin, est par Sartre le basculement d’une sur- interprétation souvent romantique et « génialissime », sorte de théosophie et de dangereux non-sens qui se couvre abruptement d’une super signification délirante (N et H),  est le basculement en un seul et unique Fait, indiscutablement là ; le réel Existe.  

Dès lors on passe à autre chose ; la mise en arme de notre attention vers le donné tel que là, qu’est la réalité ; les deux français pourront commencer de découper et isoler le réel de la réalité et ce sans succomber à une surinterprétation délirante (lesquelles étaient dans les deux cas, N et H, absolument passionnantes et fondamentales … mais délirantes, l’une relançant la Volonté, l’autre l’Etre, et reviennent dans ces états hypertrophiés l’ancien engouement, voire une envolée psychique, pour l’un extrêmement dangereuse, qui croyaient passer par-dessus l’articulation, l’architecture de la cohérence, mais qui finalement remontent par en-dessous, jusqu'au pire enthousiasme, le peuple allemand comme sens de l'histoire ; remarquons que Sartre ne put pas s'empêcher de s'affairer marxistement, non sans espèrer refondre tout ce système dans l'intervention individuée du pour-soi). Autrement dit par Sartre et lacan on entre dans le dur. Le solide, la précision, et l’atteinte au bout du Bord du réel ; tel qu’au moins ce réel s’expose face à nous et peut être expérimenté ; expérimenté par tout l’être que l’on est ; il faut armer intégralement tout ce que l’on est, de corps, d’humanité, de personnalisation, d’esprit et d’images, afin par tout cet ensemble tendu, cibler le Fait et ramener toute la possibilité de cette anti-intentionnalisation ; puisque si il est une logique elle tient en ceci que le Fait d’Exister est autre et oppose une effarante altérité qui nous expulse hors du monde, de la vie, du corps, de toute pensée, de toute intentionnalité ; l’intentionnalité qui s’est révélée notre structure même, est brisée, rompue, en totalité par le Fait d'Exister du réel tel que Autre.

Mais au moins c’est clair. Il est impossible de supposer un quelconque délire dans la réalité ; elle est juste « là », sans présupposition et telle une factualité monumentale et hors de toute proportion (nous affectant d’une facticité qui atteint tous nos organes, capacités, sens et significations). Mais ce « là » plutôt que lui nier la faculté de « se produire » (cette négation est manifestement fausse),  on doit y avancer et dénouer le réel, démonter le réel dans son activité et même en vrai, de son activisme (son caractère absolument Autre et brutal, au sens de violence et de mécanisme brut et sans fard du réel), et c’est ce mécanisme qui est enclenché et entraperçu depuis la méditerranée, puisque la méditerranée met à jour le nœud lui-même, l’articulation qui a lieu en tant que le réel intervient dans le réel (qui se nomme dieu, la pensée, le corps christique, le sujet, l’altérité, l’analytique de la structure).

La réflexivité (le retour sur cet être tel que là, immédiatement posé sur le monde et instantanément lié, rapporté au réel de cette réalité, au présent, sur le réel, articulé au monde, aux autres, au vécu, qu’est notre être ramené à sa stricte structure ; l’arc de conscience sartrien, le pour soi face à l’ensoi monumental) va accentuer, amplifier son attention au plus près en décortiquant notre réalité, puisqu’est acquise la structure réelle agissante, décidante, d’orientation et de désorientation qu’est notre être en son « essence » ce qui signifie en sa forme, vide ma structurelle, étant entendu que notre être n’est pas un être mais un exister ; arc de conscience articulé à l’arc du présent.

Orientation et désorientation forment la plus difficile opération sartrienne, et la source écrasante de son Exigence (Sartre assume au plus durement l'exigence, la sur-morale, l'éthique ontologique, celle qui décide de notre être, notre vécu, notre corps et ne cède jamais) ; comment décider et selon quelle direction ? Quelle direction dans la réalité et au cours d’une vie ? Doublé par la question lacanienne ; comment être « soi » alors même que cette identité recule par principe, puisque c’est de l’inconscient dont il s’agit, et recule alors même que l’on en approche ?

Mais Sartre et Lacan ne comprennent pas, puisqu’ils s’opposent à toute l’intentionnalité des 25 siècles précédents, ils se situent dans l’anti-intentionnalité (soit donc l’intentionnalité qui se sert d’elle-même afin d’avancer dans la précision de sa propre appréhension et compréhension), ne comprennent pas que autant ils veulent examiner, décortiquer, découper notre réel actuel, autant Plotin, St Augustin, ou Descartes se produisaient, eux, en avant d’eux-mêmes ; de sorte qu’il n’est nulle contradiction entre les positions ; ce qui se voulait autrefois dans la prospective, s’est retourné, depuis, sur son origine ; Sartre et lacan ; avançant à reculons, mais avançant réellement, décortiquant l'articulation.

C’est l’entièreté du présent dans son architecture qui se découvre en s’inventant ;  en somme ce que l’on nommait éternité ou vérité au-delà de l’immédiateté, ou sujet c’est l’actualisme absolu de cela seul qui existe ; que le présent, qui est la forge même de la réalité, des réalités (puisque la réalité n’offre plus la possibilité d’unifier tout ce qui est, il n’est pas d’unité, de Un qui soit Tout, de résumé essentialiste de toutes les choses dispersées qui paraissent), se transmute et transite dans notre monde en tant que dieu ou pensée ou sujet idéaliste, n’est pas si surprenant puisque dieu, la pensée ou le sujet se remarquent spécifiquement de ceci que l’on n’en voit pas le bout du bout.

On n’en voit pas le Bout parce qu’ils sont le Bord ; ce à partir de quoi tout le reste apparait. Le miroir et non plus les images, les idées, les contenus dans le miroir ; c'est la miroir qui parait.

Et c’est pour cela que Plotin ou Descartes ou Kant autant que Nietzsche doivent être maintenus ; sinon la vision (de la réalité) s’étiole. Sans l'historicité entière la réalité se perçoit encore mais à partir de présupposés qui ne demeurent pas au niveau du réel ; qui affaiblissent la tension de l’arc de conscience. Présupposés qui se pêchent dans le monde, raison remplaçant la pensée, le moi le sujet, la naturalité dieu. Si l’on se perçoit, consent, admet comme « moi », on jugera selon le moi (de même qu’à partir du christique on peut juger du vieil homme ou selon le nouvel homme). Rechercher la plus haute ou précise ou exigeante limite, c’est ce que déjà travaillent N et H, reniant raison et humanisme, pas suffisant ardus pour se tenir ontologiquement dans le "là" énormissime du donné brut ; ce faisant ils outrepassent la possibilité réelle, et imaginent un autre « bord » du monde ; dont le forçage parait gage de vérité (plus ce sera anti, anti tout et n’importe quoi, plus ce sera « vrai »).

Et si le Bord prend la forme du Bout du réel, littéralement l’extrême extrémité, c’est que dieu, la pensée, le sujet, et l’altérité ensuite, ne sont pas ; ils existent, déjà tenant le Bord-même. Il faut y croire. Il faut avancer dans la croyance d’une cause interne à la réalité, qu’ensuite on nomme cela dieu ou la pensée ou le sujet, peu importe ; ce que l’occidentalisation a analysé c’est que nous sommes d’un décalage, et que ce décalage ne peut se comprendre que de définir le réel comme étant le réel, bien sur, mais en tant que le réel est un mouvement transcendant, et que ce mouvement transcendant loin d’échapper à l’analyse se doit d’être analyser, et que ce mouvement est le présent, comme machine générale de tout ce qui est (l'exister distinct de l'être, la cause de l'effet) ; cela qui se construit sans cesse sur la pointe extrême de l’activité ;

Il faut penser et saisir non pas seulement comme la pensée augmente le monde et y ajoute du perçu mais aussi augmente, décuple notre attention, notre faisceau de conscience, acte de conscience splitté en consciences, accélérant la distinction non seulement des mots, des idées (et donc des perceptions que l’on voit depuis ce splittage du langage surintentionnalisé) mais distinction dans l’acte de conscience même ; c’est cet acte de conscience qui est divisé et se divise selon la pensée, non pas pour la pensée, mais en usant de la pensée ; la finalité n'est pas une "pensée" qui contiendrait tout, mais les milliers de consciences possibles en une seule absolument actuelle et hyper activiste ;  

Il faut croire en le christ et prendre antérieurement à sa propre vie comme il est une dimension de saisissement en plus qui commence de restructurer notre vécu, notre expérience de l’existence,

Il faut se réfléchir et percevoir comme second par rapport à soi (de même que Descartes se demande si les silhouettes sont des automates) ; inaugurant de fait, dans le fait même d’exister ici même comme on est (déjà) autre que soi , parce qu’après tout si je dis que je pense donc je suis, je ne suis déjà plus qui je suis, je suis fondamentalement celui qui dit que, celui qui intentionnalise celui-ci qu’il est (ce qui est aberrant structurellement), celui qui (se) signifie ; de même que les grecs en prononçant la « vérité », ne sont plus « dans » la vérité, mais en dehors, de même descartes n'est plus dans la conscience comme idée ou soi, mais est Autre. 

Et enfin il faut accrocher au donné tel que « là » ; l’arc de chaque conscience dépouillée de toute communauté, parole partagée, identité est jeté à même le réel, immédiatement et instantanément.

Cela revient à dire qu’au terme (pour l’instant) de ce processus d’occidentalisation, ayant débroussaillé la totalité des possibilités à partir de la découverte de cet-être dans sa spécificité (à savoir qu’il n’est pas un « être » mais une structure et qu’il est La Structure, celle antérieure à toute humanisation, représentation, langage, monde humain, structure comme sur-intentionnalité grecque ou hyper-intentionnalité christique) il nous faut maintenant passer par-dessus ; par-dessus notre être et commencer de saisir le « là » tel que donné dans le monde.

Rien donc qui ne soit déjà expérimenté.

Parce que Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan s’y emploient.

La Volonté nietzschéenne est autre et elle est autre « en-nous », littéralement (de même que Freud se dirige vers ce que suppose le cartésianisme, non que Descartes en sache quelque chose, bien qu’il y ait la fille qui louche dont il se souvient de s’en souvenir, mais en ceci que Descartes décrit une structure réelle, un être et qu’il s’agit évidemment du même être que celui sur lequel tombent Freud, Lacan, Sartre, Nietzsche, Heidegger, etc) ;

L’Etre est Autre que l’être habituel, et l’Etre est d’abord le donné « là », qui imprime sa forme vide, de néant-autre, à notre humanité, lui imprime des affects-étranges, angoisse etc, et un destin hors l’humain ; pour son égarement, Heidegger est splitté par l’absolue Altérité du donné « là », et Heidegger ne comprend pas que l’altérité est déjà effective par la pensée grecque, par le christique et le mono, par Descartes et le sujet ; il croit que l’altérité est l’indéterminé qui s’incarne, et dont lui seul Heidegger est le garant, le berger, non humain, lui et le peuple allemand en l’occurrence, alors que l’indéterminé n’a pas besoin de s’incarner ; il est la cause des effets que sont les réalités, les mondes humains, la pensée, les sujets, etc, la cause ne peut pas et ne passera pas dans le monde, c’est non le monde mais la cause et l’architecture causale du monde qui se crée ; rien de la pensée, du Un, du sujet, de l’altérité ne peut être intégré dans une détermination.

La forme, autre en nous, la Volonté nietzschéenne, et la forme autre hors de nous, l’Etre heideggérien, impliquent intensément et extensivement tout ce qui est selon l’interne et l’externe. Et alors intégralement redistribuée ; de là l’exigence à laquelle ils souscrivent tous les deux ; pensant reconduire toute l’occidentalisation ; mais ils n’en sont que les pointes aigües avancées ; c’est toute l’occidentalisation, ce processus, qui est la restructuration.  

Mais Sartre orientera l’attention, l’acte de conscience, l’arc de conscience de ce qui l’atteint de l’externe, d’une part l’exister des choses, l’en soi, et d’autre part le regard des autres ou individuellement l’altérité de « ce que l‘on devient dans sa vie » ayant voulu autre chose ou à tout le moins autrement (et ceci non seulement individuellement mais collectivement, selon l’historicité qui l’engagea si fort ; comment les hommes font l’histoire sans le vouloir).

Tandis que Lacan creusera, dépliera l’enroulement non fermé qu’est cet arc en tant qu’il est pris-dans-un-moi, et qui se cherche partout en tant que moi alors qu'il n'est que le regard qui cherche et non ce qui apparait ; élaborant toute la structure interne de conscience supportée d’un corps. Démontant précisément l’incarnation hypothétique. La structure interne lacanienne qui précisément a affaire aux surfaces, aux surfaces qui glissent les unes sur les autres et dont nous sommes le jeu et le produit ; puisque notre être est une structure, et que celle-ci est un rapport, elle n’est pas, jamais, saisissable ; elle est ce par quoi toutes les surfaces se meuvent ; l’arc de conscience n’est jamais où il se trouve ; ce que l’on trouve ce sont toujours des représentations, des images, des contenus, des surfaces de corps ; ce à partir de quoi il est perçu est toujours en retrait et dans ce retrait tout est ouvert, aux quatre vents ; ce qui compte ça n’est pas ce qui est perçu mais le point qui perçoit et qui n’apparait jamais et donc recèle (les raisons de ce qui est perçu).  

Si Sartre et Lacan objectivent, hyper-objectivent notre être, de manière extrêmement précise et descriptive, et d’une « scientificité » indiscutable (ou alors c’est que l’on ne comprend pas), il faut également lire Platon ou Descartes ou Kant selon la même logique, le même principe d’hyper-objectivité ; c’est juste que Descartes ou Platon montre au-devant « ce que cela peut », développe, créent l’arc dans son ampleur, tandis que Sartre et Lacan reviennent sur cette articulation, sur « ce qui rend possible » qu’il y ait une telle ampleur de projection au-devant, vers le réel, vers le présent.

Tout l’ensemble montre suffisamment que ce ne sont pas des « idées » mais des descriptions de la structure, unique, antérieure à tout, puisque nous sommes vraiment, réellement, perchés sur le Bord du monde depuis la méditerranée, depuis que cette structure a émergé hors de tous les mondes particuliers et donc a abordé au monde même, donné là, et s’est approché de son centre, du centre de notre être, sauf que ce centre n’est pas le centre idéel, idéalisé, idéaliste, mais est un arc ouvert tendu hors de soi (il est de la nature même d’un arc d’être hors de soi).

Puisqu’il s’agit d’une structure réelle (qui ne dépend pas de ses contenus, qui n’est pas déterminée, ni de l’ordre de la détermination) toute pensée en sort et surtout, pour ce qui nous occupe, toute pensée y revient ; Descartes parle de la même structure que Sartre. Ils tournent autour, parce que l'on ne peut faire autrement que de s'approcher sans y être, non par manque mais parce qu'on l'existe.

Et cette structure est implantée dans le réel, dans le donné du monde (par un corps spécifique, un corps qui n’est pas seulement un donné mais un re-percevoir, un percevoir de soi à nouveau, du dehors, l'autre-surface du corps) ; pour discerner la nature de ce réel sur lequel nous sommes disposés il est arrivé une intuition fondamentale, dispersée au travers des uns et des autres ; de tous ceux touchés par l’assujettissement, l’assujettissement à condition de sujet ; du sentiment d’existence de Rousseau à l’horreur du réel lacanien, en passant par l‘altérité du monde nietzschéen, l’angoisse de Kierkegaard, et évidemment la puissante évidence de l’exister sartrien.

Depuis Descartes tout sujet est jeté dans le monde et c’est par là qu’il perçoit le monde comme étendue, par quoi c’est l’étendue du monde, qui ne se restreint plus aux essences des choses, mais tient, pour ainsi dire, tout seul comme existant là. Et Descartes ne suppose pas dieu puis le sujet (auquel cas l’humain serait l’agent plus ou moins actif ou passif de l’universel, de la pensée comme universelle),  c’est le sujet qui suppose dieu ; de même que les grecs supposant la vérité en général se tiennent à distance de toute vérité évidente. C'est l'intégration de l'activisme et non la dépendance à quoi que ce soit.

L’arc renvoyé par Descartes est sans doute un rappel de dieu, mais ça n’est plus d’une part le message de religion, ni même le christ, et ni même la théologie de la notion universelle du discours « dieu » qui est mis en fonction ; c’est l’auto-articulation, pour le dire, du sujet. Le sujet est le socle, ce par quoi tout le reste est ou n’est pas. La notion de l’infini en un sujet n’est pas procéduralement la notion de l’infini dans le discours (métaphysique du christianisme) ; c’est l’arc du sujet vers lui-même qui contient l’infini ; que l’infini soit contenu dans l’arc du sujet est la "religion fondamentale", cad en fait est la révolution interne même de ce pli qu’est notre être, sa structure, dans le pli du réel (ici l’étendue-monde), dans le pli qu’est l’altérité (de Nietzsche ou Heidegger ou le pour-soi sartrien ou le sujet-ICS lacanien), est le pli dans le pli qu’est le présent.

C’est ainsi l’entière architecture du réel, comme présent et comme arc structurel, qui fut dressée depuis le début ; épuisant tous les possibles ;  puisque l’on y existe depuis lors instantanément ; instantanément n’est pas immédiatement. L’immédiatement est seulement le présent habituel ; il n’est jamais atteint ; il passe. Le présent instantané est celui qui demeure toujours présent ; le Même présent. Le Même depuis le début et au-delà ou en-deçà, comme on veut, de toutes les réalités. L’intuitionnisme existentiel ou celui de l’interventionnisme de dieu ou celui de la constante présence christique (on a toujours le même autre-corps, la même autre-surface et littéralement il est un seul et unique autre-corps, bien que sujet par sujet il soit unique à chaque fois, ce que l'on conquiert patiemment depuis le christique, qui exemplifiait l'autre-corps, c'est aussi le seul qui est sur-vécu, qui soit le sur-divin, le divin-en-plus) indique constamment la même orientation ; il n’y en a qu’une ; celle de l’acte unique qu’est le réel.

C’est l’intervention de cet acte qui est ciblé par la pensée, depuis le début ; qu’elle se donne comme pensée et surintentionnalisation qui requiert l’activisme intentionnel (de la pensée des grecs), l’expérimentation individuée du monde, qui se passe du langage commun et commence de créer son propre vocabulaire qui signifie exclusivement pour chaque individuée conscience, une par une (mais c'est le même monde, le même corps, le même arc de conscience, en bref le même réel) ; on ne peut pas penser à la place d’un autre, de même que l’on ne peut pas mourir, par le christique, à la place d’un autre. Qu’on le prenne comme l’on veut, comme l’on peut, ce qui se trame là-dessous, c’est la forme du sujet ; manifesté comme dieu et mono, pensée et universel, sujet et corps, altérité et existentialité brute. « Pas sans moi » impose le sujet, bien plus précisèment que si on affirmait seulement que l'absolu est, et qui pour le sujet ne signifie plus rien ; il n’y a aucune vérité sans le sujet individué de l’arc de chaque conscience, puisque l’arc est seul à intervenir dans et par le présent.

Autant dire que le dépassement de l’individualité par la Volonté ou l’Être est non seulement impossible mais un contresens fondamental ; tout autant qu’il est erroné de croire que le sujet ce serait la subjectivité ou l’objectivité ; la vérité est que le réel est puissamment architecturé et qu’aucune des articulations ne doit manquer ; il n’est pas de raccourcis qui remplacerait la dureté de l’arc de conscience par l’un quelconque de ses contenus, l’une de ses représentations, une de ses images ; aucune articulation ne doit manquer et l’historicité depuis la méditerranée doit sans cesse se remodeler, en approfondissant la distinctivité, sans rien en retirer. Ce qui a joué ce sont les grandes configurations ; dieu, pensée, christique, sujet, altérité ; selon la déclinaison de l’arc structurel dans l’arc du présent, par quoi cet être qui est le rapport à (soi) qui est (le rapport lui-même) se restructure sans cesse par le Fait toujours architecturalement Présent de l’exister, acte formel pur et brut. Qui est cela même qui devient.  

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>