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instants philosophie

De la liberté – 2

23 Septembre 2017, 08:50am

Publié par pascal doyelle

Il apparait que la liberté ontologique se tisse sur le présent (rappelons que le présent est l’origine même des réalités, antérieur à tout et indépassablement il est l’exister même, qui tient tout l’être ; l'exister est le réel, la vague du présent qui produit toutes les réalités ; l'être est relatif à l'exister) et que la liberté affecte précisément « ce qui n’est pas » et se dirige vers ce qui vient par l’exister, ce qui se crée dans le présent ; venant instantanément du présent seul. La liberté est ce qui se tisse en avant et est structurellement la forme même du réel ; le présent qui est purement neutre et autre, est ce qui accueille, rend possible la liberté ; de même certes les réalités se constituent de lois (à la fois par les lois et en tant que lois), mais on voit bien qu’il est une incertitude de base dans la rencontre des éléments ; les lois ne vont pas jusqu’à réguler la totalité de la réalité, mais seulement des strates de réalités ; le sol lui-même demeure sublunaire en somme, livré au "hasard" ; il n’est pas d’ordre à moins de le supposer magique, tel le destin ou la mise en un sens du détail des réalités ; c’est dans le milieu de cette incertitude généralisée que la perception joue et la liberté est d’abord de percevoir.

C’est en ceci que l’on a inventé les immenses systèmes de perception renouvelée que sont la pensée (les systèmes grecs) puis le sujet (et d’abord christique jusque Descartes qui relance la proposition et jusque Sartre et Lacan qui creuse la structure de conscience, rendue absolument et parfaitement formelle).

En ceci que l’on peut modifier ce que l’on perçoit ; il suffit de dessiner d’autres schémas que ceux auxquels on s’est habitué, autres que ceux du groupe et de telle ou telle période de l’historicité et c’est arrivé mille fois durant cette histoire ;  ce retissage de la réalité, sur et par le Corps, le nouveau corps, le corps-autre, c’est précisément ce qu’opère l’acculturation depuis la méditerranée, depuis au moins 2500 ans, et au plus 3500 ans (pour fixer une date ; celle du dieu juif, pure exigence). L’acculturation est le tramage et détramage continuels de la perception selon d’abord d’énormes configurations puis ces configurations étant acquises (dieu, la pensée, le sujet, la révolution) on peut continuer d’augmenter encore le niveau de perception et les possibilités de retricotage de la réalité (on pourrait aussi bien dire que l’augmentation de l’information accélère l’accumulation exponentiellement) ; chaque moi est la potentielle résolution de l'équation qu'il est lui-même, la personnalisation.

De même  donc tout moi, qui opère un tel retricotage du monde et de son activisme en ce monde (de là toute sa difficulté, sa peine, sa douleur et sa douleur non-compréhensible, qui ne rentre pas dans les cadres de l’idéologie réaliste, rationaliste, scientiste, objectiviste, naturaliste) toute identité peut se fixer en un certain schéma, ce qui ne manquera pas puisque l’on tisse soudainement sur son corps son arc sur le réel, mais aussi entreprendre de modifier les dits schémas ; ce qui lui arrivera, à ce moi, ne serait-ce que par les vécus divers et variés, plus ou moins heureux, mais aussi de par sa propre propension individuelle, sa potentialité et sa capacité d’adhérer à tel ou tel système particulier, de tel ou tel groupe, classe, intérêt, morcelant la totalité du monde humain (et la totalité du monde donné naturel) ; mais n’oublions pas que la modification de la perception passe bien au-delà des systèmes, des sous-systèmes locaux ; l’arc de conscience possède en lui-même toute l’universalisation et toutes les singularités (puisque l'on n'est plus limité au seul universel). Il se peut que le christianisme ait pris ici ou là d’anciennes sacralités, qu’il a recouvert, mais il les a recouvert ; il a imprimé une autre modification, un autre schéma dans et en plus des sacralités, et son arc structurel est tellement plus net et clair qu’il n’a aucun mal à s’imposer comme pointe du réel, de l’historicité. De même que la révolution ou la démocratie est telle variante en tel pays, ou à telle période, mais chacune explore la structure dite « démocratie » et dite « révolution » (ce qui veut dire que c’est un processus et non un « état gelé de l’historicité »).

Par exemple il est peut-être crucial qu’historiquement, un jour, il s’avère que les Beatles (années soixante) et Led Zeppelin (soixante-dix) soient considérés comme des émergences absolues, des formulations extrêmement exactes de l’individualité (tout comme Mozart est ressenti comme émergence de la sensibilité humaine au sein des systèmes formels de la musique de son temps). Et il vaudrait mieux que Les Beatles et Led Zep soient intégrés comme tels, parce que sinon l’inverse signifierait que l’on a abandonné l’acculturation de haute volée pour une acculturation dure et brutale, pour une impasse historique, un manque, un défaut ; pour une acculturation universelle (cad mondiale comme furent les Beatles) mais ramenée à une dureté (typiquement économique, dont la violence conduit à la guerre généralisée). Pareillement le christianisme, dont le nom « jésus » a traversé le temps, est absolument et fondamentalement le signe (non seulement il supporte les signes, mais il est lui-même signe, signifiant chacun, chaque un, chaque arc), le signe d’un dépassement qui s’impose en tant que signe. Cela a déjà eu lieu, et mille fois.

Si l’historicité n’est pas l’idée, en tant que Rapport à (et non pas en tant qu'idée "idéelle") elle tourne comme le lait, en tant qu'immédiateté et s’enlise lamentablement. C’est en ceci que l’esprit, jadis dénommé tel, est la puissance même ; les sciences, les technologies, le droit ou internet sont des effets d’une certaine structure ; supprimez la structure et toute acquisition lentement plie sous son propre poids, est absorbé à nouveau par le monde et les pauvres intérêts.

On voit spécifiquement alors que si la révolution est l’idée, cad le rapport, la structure, elle ne s’incarnera jamais purement comme telle ; on peut et doit reprendre la distinction kantienne (elle est valable absolument ; parce que le structurel ne peut pas, jamais, passer lui-même dans le monde, ce seront toujours les représentations, des représentants, des délégations, mais à l'inverse abandonner la structure, le cadre, la forme c’est tomber dans l’immédiateté tout court et surtout cesser de se vouloir structurellement pour se désirer selon le monde et les pauvres intérêts). Pareillement la liberté n’est pas réalisable « en tant que liberté » ; ça n’a strictement aucun sens, ça ne signifie rien. Puisque dieu, la pensée, le sujet, l’altérité (Nietzsche, Heidegger), l’analytique (Sartre, Lacan) s’utilisent comme Opérateurs ; ils opèrent dans la réalité en tant et à partir du réel (de cette réalité) ; qu’il y ait une telle forme (et la révolution est la forme de l'historicité, ni plus ni moins) qu’il y ait un tel caractère formel dans la réalité (et non pas seulement la réalité elle-même) cela veut dire purement et absolument ceci ; que la réalité a un Bord et que ce Bord est le réel de la réalité, et que ce Bord est le présent, sur lequel s’arc-boute, s’articule l’arc de conscience. Chaque arc structurel de conscience. En chaque Corps.

Ce qui eut pour effet majeur dans l’historicité c’est évidemment que chacun ait un Corps. Et ce corps, qu’on le veuille ou non, c’est cela même qui est signifié par le christique ; c’est de là qu’il tient son importance fondamentale (entre autre, puisque réglant ce Corps il règle également, problématise si l’on veut, quantité d’autres intentionnalisations et en réalité toutes les intentionnalisations ; nous nous tenons à la Source même depuis la méditerranée). On a tellement pas de Corps avant le christique que l’on est homme ou femme, riche ou pauvre, esclave ou homme libre, mais non pas Un, et on vit en un monde humain totalement organisé sur ses divisions catégorielles, et si il fallut 18 siècles pour le christique, le un par un, l’individualité donc,  passe dans l’historicité, comme révolution, c’est bien de ceci ; que l’on n’a pas tout de suite compris ce que le christique pourtant allait imposer.   

Qui niera que ce que l’on perçoit dépend de ce que l’on pense et que ce que l’on pense dépend de ce que l’on veut percevoir ? Non pas que cela soit localisé dans la pensée, mais bien que ça nait pour chacun du devant de lui-même (c'est par là que passe l'inconscient ; l'arc de conscience est plus grande que le conscient). C’est bien pour cela que l’on a inventé les machineries mentales, les méta-machines (de dieu à l’altérité en passant par le christique et la révolution ; les Œuvres en somme) . Ce que l’on perçoit dépend à 98% de systèmes, mais ce que l’on va percevoir on l’ignore complètement ; ça n’est pas encore déjà mémorisé ; il faudra peut-être réorganiser des masses de mémorisations pour intégrer ces autres perceptions ; c’est bien pour cela que l’on réécoutera Mozart ou Led Zep, on relira Platon ou Rimbaud et que plus généralement on adore, littéralement, les créateurs et les œuvres (y compris des œuvres telles la révolution, ou les variantes révolutionnaires) : parce que l’on retrempe l’arc de conscience en partant de zéro, de tous les zéros internes aux œuvres ; de ce que libérant la structure il y a 25 ou 30 siècles (les juifs compris) elle se joue des modifications, des schémas et a compris qu’il ne s’agissait nullement de subir les contenus de conscience mais d’en produire de nouveaux et donc de remonter alors dans et par la structure de conscience ; de modifier l’antériorité même de la réalité et donc de modifier l’antériorité du corps ; c’est cela qui compte, qui a des effets, considérables, dont toute l’historicité procède, l’historicité procède d’un procédé, d’une technologie soudainement Autre (le christique qui nait dans un monde déjà réfléchi en et par l’hypothèse, technologique également, de dieu ; de même que la personnalisation après la révolution, réflexive, s’impose comme réfléchi dans la réflexivité, dans un monde déjà lui-même réfléchi, universalisé, et ce qui s'impose c'est la singularité comme Règle valant pour tous et chacun, un par un).  

Il n’est peut-être en tout tramage de notre être 98% de plus ou moins lié et déterminé, mais 2% suffisent à modifier l’ensemble de la détermination massive ; puisque l’être humain batifole dans les signes et que les signes sont bel et bien ce qui se modifie le plus aisément ; ce sont des rapports et des rapports établis peuvent se défaire, si les choses restent figées en choses et si les objections scientistes ne valident que le sombre donné amorphe ; l'objectivité constate ce qui est , non ce qui peut exister et l'exister est la structure antérieure à tout l'être. Les signes n’atteignent pas la biologie des corps par ex, mais jouent de la surface des corps ; et il se trouve que les signes, modifiés, créent une autre intentionnalisation de conscience à chaque fois ; ils remontent du dehors vers le dedans (aussi vaut-il mieux qu’effectivement ce qui se prend pour une intériorité ne soit pas si « intérieure » et intouchable que cela, que ce ne soit pas une forteresse mais une passoire ; par l’extérieur elle parvient à s’atteindre néanmoins en plein cœur, puisque son cœur est exporté hors de nous ; le christique dit littéralement qu’il est le cœur du monde, à partir de la surface de son corps, et les esthétiques innombrables et les récits et les poétiques travaillent activistement notre réel externe, ça passe par là).  

Et en cela le durcissement intentionnel est tout à fait hors de propos ; on remarquera, et non par hasard, que le christique impose ceci ; que la foi sauve tandis que la loi empêche ; la loi, mosaïque, enferre dans le péché, mais la foi, christique, justifie, rend juste ; elle rend juste à vrai dire par le devers, par la suspension du jugement, le par-don, et par la capacité de reporter plus loin l’intentionnalité ; sans doute vous pécherez encore mais peu importe pourvu que peu à peu l’intentionnalité se régule sur le long terme, or le terme est long puisqu’il est infini. Cela veut dire, si l’on suit l’hypothèse, que l’on a successivement inventé et créé de la structure de conscience, des plis et des replis de cette structure, que si les vécus et les corps sont bien déterminés, le repli que chacun forme pour lui-même est indéfiniment dans la reprise, le par-don peut-être pas infini (on n’en sait rien) mais à tout le moins indéfini, non fini, ne pouvant jamais s’inscrire dans et par la réalité.

Ceci permet de créer de la stratégie, de la stratégie de structure ; voila qui sera repris par la position de la liberté comme instance formelle de tout ce que l’on peut, commencée avec Descartes et poursuivie jusque Lacan (on ne peut pas guérir de son ICS mais "faire avec" et de tramer une éthique si extrêmement complexe et presque insituable). Encore que l’on sent bien que la liberté n’avance, ne parvient pas, malgré Kant, à avancer jusqu’à la radicale performance christique ; et c’est pour cela que Sartre, lui, entend se lancer par-dessus toute réalisation (et qu’il tranche carrément entre le pour-soi pur néant et l’ensoi, massif, régulant en une fois toute l’ontologie) et c’est même en cela, plus généralement, que l’on a voulu installer l’anti-intentionnalité (Nietzsche, Heidegger, Lacan, les antis) ; parce que Kant comprenait encore l’intentionnalité comme opération consciente, et l’instauration des fins comme celle de l’universalité, et que l’on voyait bien que la structure se mobilisait bien plus antérieurement que ce conscient ; l’anti-intentionnalité (de Nietzsche à Lacan, et même Sartre puisqu’il remplace le conscient abstrait et même le « moi-même » par  la conscience de structure, ou encore la volonté toute roide et raisonnable est remplacée par la conscience de/dans le corps qui est atteint de l’externe vers l’interne, qui de ce fait n’est absolument plus l’intériorité) l’anti permettait de penser l’en-deçà du conscient ; tout comme le christique permit instantanément de signifier l’au-delà du conscient (de la loi, du monde romain, du droit, de la mise en forme culturelle, visant en cela l’acculturation universelle de tout arc, quel qu’il soit, païen, juif, esclave homme libre, homme ou femme, etc), mais c'est ce que vise effectivement Descartes ; ayant acquis le supra conscient, de dénicher l'infra-structurel, ça commence par lui.

Question de stratégie donc, d’élaboration de l’intentionnalité de telle sorte qu’elle se heurte au réel et en puisse rebondir et non pas s’étouffer dans un monde ou un contenu déterminés ou se perdre dans un investissement du monde, des intérêts réduits et dans la promiscuité du monde ; que l’on y tienne certes et évidemment, que l’on s’y enferme non ; et l’intérêt du monde pénètre si profondément dans le corps, dans la corporéité qu’il faut élever un surinvestissement éminent pour lentement basculer de l’irréel du monde (qui n’est que parties, compositions) au réel de la forme structurelle (qui est tout d’une fois, un, unique, universel, exclusif). Contrairement à ce qui parait la décomposition du monde en déterminations est abstrait, tandis que la position indéterminée qui impose la structure est réelle puisque permettant la stratégie intentionnelle et réorganisant la perception.

Le réel tient de la structure, et ce que l’on considère comme déterminé est en fait le morcellement dans le monde. Ce par quoi, entre autre, le moi est abaissé à la composition psychologique ou socio-économique, etc, le moi décomposé en bref ; toutes objectivités fondamentales mais par lesquelles on risque fort la manipulation, la réduction à des discours qui sont tenus, ceux-là, par d’autres consciences qui vous morcellent et vous figent sur place. Quitte, ayant amené ce moi au morcellement, à lui asséner encore et encore une image identificatrice, une idée de soi, et il faut que sans cesse le monde du morcellement ressasse indéfiniment et impose encore et toujours ces Images de Moi ; sans cette répétition qui est effectivement un besoin, impératif, les mois s’effilocheraient, se perdraient, s’effondreraient. On leur fait miroiter leur image. Et quantité de mois subissent la déflation interne de la structure ; la dite déflation ne peut pas être manœuvrée via la détermination, or non seulement psychologies et autres batteries n’usent que de la détermination (ce qui ne veut pas dire qu’elles soient inefficaces ; elles sont en mesure de reconduire, peut-être, l’arc en tel ou tel sujet), mais de plus le moi lui-même ne croit pouvoir s’atteindre que via des réalités, des images, des idées, des objets, des morceaux ; on ne voit même plus que ce qui était nommé « idée » autrefois était bien autre chose que ces mots abstraits (de sorte que l’on réduit le sujet au mot « sujet », par ex, ou le christique à une illusion, alors que le christique a intégralement bouleversé toute l’historicité).

Ce qui se passe dans les consciences, dans les mois, dans les consciences enfermées dans des mois, qu’elles n’ont pas choisi (ce qui est fondamental) est absolument perturbant ; que l’on ne choisisse pas son moi déjà est une absurdité. Evidemment on sait que l’on est "qui l’on est", l’inconscient, le vécu, l’héritage personnel ou sociétal, etc, etc. Cela n’importe pas, ou ne devrait pas. Or, on est loin, très loin du « cela ne devrait pas importer », on nous convainc plutôt que notre moi est la totalité de ce que nous possédons ;  le phénomène de la possession de si grande et même totale ampleur, permet ceci : de faire disparaitre le sujet sous ces objets, ces images ; ce qui est exprimé occupe tout le champ et fait disparaitre le champ lui-même. Le sujet n’a plus que cette qualité de posséder ceci ou cela, et il le possède en occupant sa perception, passive, et ce faisant il se perd ; puisque l’on n’existe pas dans ce qui apparait, mais uniquement dans le regard, l’intentionnel pur et brut, on n’existe pas en tant qu’« être », être n’a aucun sens réel, seulement un sens imaginé ; on imagine que l’on « est » ; c’est l’intentionnalité qui s’imagine être. C’est bien pour cela que la pensée, le christique, le sujet et l’altérité mènent des technologies complexes et même plutôt retorses, distordues par structure ; qui manifestent la structure et non des « objets » ; et que l’idéologie réaliste naturaliste rationaliste interprète dieu, la pensée, le sujet et l’altérité comme des illusions ; évidemment que les structures ne « sont » pas, puisqu’elles existent.

Si toute l’attention est portée depuis Descartes en l’infra-ontologie c’est que précédemment, par dieu, la pensée, le christique il fut question du supra-ontologique et de ce qui se peut « si l’on est un arc structurel de conscience », tandis que l'infra structurel cherche comment il se peut que nous existions d'un décalage qui pro-longe le corps. La philosophie travaille cela même qui intervient dans les mondes humains, soudainement autour de la méditerranée ; l’articulation antérieure qui peut aussi bien se projeter au devant que se reprendre et mériter réellement le terme de réflexivité, au sens de retour sur cela que l’on est dont on découvre qu'il Ex-siste (tandis que la réflexivité précédente donnait dans la réflexivité de l’être, de dieu, du sujet éventuellement ; Descartes occupant une place pivot ; il ne théorise pas tellement l’infini du sujet, il le constate). Une manière est de déplier l’arc comme pensée ou comme sujet (cad comme intentionnalité douée d’un contenu supérieur, les idées, ou comme intentionnalité suréminente, celle de dieu ou celle supposée du sujet), et une manière est de creuser cette même articulation telle que « là », décalée ; depuis Descartes on creuse, on dénude les fils.

De même que le supra-intentionnel est parfaitement déduit de la structure (le christique sépare chaque arc de conscience et les réunit en méta-organisation, celle dite « en esprit », en Saint-Esprit, en cette justice là et ce via le par-don, le don en plus, le renouvèlement, puisque la forme est inépuisable en comparaison du monde toujours limité), la pensée grecque engage chacun à penser et à s’accorder sur les contenus dans la vérité tenue comme valeur déchiffrée, analysée, en ses conditions de possibilité (passage d’un contenu non sacré à la forme des possibilités, engendrant non pas un mais quantité de systèmes), et de même Descartes et Kant et suivants exposent les conditions de possibilités du sujet (engendrant non pas un mais une indéfinité de sujets), pareillement  l’attention lorsqu’elle se tourne vers ses propres conditions, phénoménologiques, est attention envers l’attention elle-même et déroule, déplie ce pli qu’est, à la surface du réel, tout arc structurel (rendant possible que cet arc soit un nombre infini de corps tous un, selon le un par un).

Aussi ce qui philosophiquement est décrit est, comme à l’habitude, fondamental, puisque la philosophie est la discipline qui se charge du hiatus au cœur du réel même ; depuis le début il s’agit de dénouer cela même qui ordonne notre réel, non pas notre réalité, mais notre réel, l’articulation même entre l’humain et la réalité, articulation qui se dévoile et prend nom d’arc structurel de conscience/sur le réel, via l’humain/le monde. De littéralement devenir antérieurs à l’antériorité. On a cru en passer par une identité de pensée ou de dieu ou du sujet et tout cela fonctionne puisque ce ne sont pas des identités mais des mouvements, des opérateurs, et en ceci qu’elles permettent de créer des stratégies au niveau même du structurel, des machineries intentionnalisatrices (la pensée, le christique, etc) utilisées par le mécanisme en forme d’arc, et sans qu’il y ait redescente dans le monde, ce à quoi s’empresse de nous figer l’idéologie réaliste ou ce que voudrait croire de lui-même n’importe quel moi ; qu’il est « lui-même », ce qui est une hérésie.

Comme de juste Sartre et Lacan démontent intégralement que nous soyons des « mois », mais rien n’est dit encore de ce que nous sommes exactement.

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De la liberté ontologique

16 Septembre 2017, 09:54am

Publié par pascal doyelle

Ce qui s’impose via l’historicité

Jusqu’à la révolution (française, qui réunit en une fois la liberté et l’égalité, au lieu que les anglo-saxons tiennent plus la liberté, l’égalité des libertés sans doute aucun, mais non assujettissent la liberté et l’égalité, ce qui imprime à la liberté une contrainte, ce qui doit être entendu comme une Exigence), jusqu’à la révolution donc l’universel est l’horizon en vue de quoi toute l’humanisation se cherche ; la révolution impose que chacun soit sa propre raison, non pas tant sa propre raison comme corpus ou idée définie, mais en tant que chacun soit pour lui-même réfléchi et que chacun puisse prendre décision et idée de soi-même de telle sorte que chacun ait sa propre vie ; que le bonheur soit une idée neuve en Europe, en bref.

Par cela même on s’aperçoit que l’universel de la révolution n’impose pas un contenu universel  mais la forme « liberté » (telle qu’inclue dans et par l’égalité, française), et que donc si l’universel, l’humanisme, l’humanisation fut bien ce qui était jusqu’alors recherché, ce mouvement débouche sur tout autre chose et il faudra attendre Sartre pour la liberté soit analysée telle quelle, sans présupposé, sans que soit présupposé la pensée de l’être comme unité universelle, et de fait Sartre suppose l’acte de conscience comme néantisation de l’être tel que « là » ; et l’être est entièrement basculé dans le « là », hors de l’universalité. Kant analyse la liberté (et Descartes la dé-couvre comme origine de la pensée elle-même, en tant que volonté dont la structure est divine, à l’image de celle de dieu, de l’infini, de l’in-fini, de « ce qui n’est pas du monde » ni composé de parties et qui est autre que la pensée et autre que le monde) et Kant pense la liberté sous l’égide de l’entendement ou plutôt de la raison ; c’est toujours la même problématique impossible pour la pensée « classique » (celle qui tient l’universel comme unique horizon) ; la liberté ne s’utiliserait qu’à choisir entre le bien et le mal, le vrai et le faux. Descartes sent bien par ailleurs que quand même la liberté, la volonté c'est tout autrement et tout autre chose, il se tient en réserve de l'infini (il ne comprend évidemment pas comme Sartre par ex comprendra).

Or par Sartre c’est tout autrement ; la liberté c’est de créer. Ce qui implique que le bien et le mal, le vrai et le faux ne sont pas des bornes à l’invention, que le réel consiste précisément à inventer et non pas répéter une formule fut-elle exacte du vrai ou du bien. Ce qui ne veut pas dire que la décision soit hors du bien et du mal, mais que s’ouvre un champ bien plus vaste que la définition toute apprise du bien et du mal ; il ne s’agit pas de se plier au bien et au mal connus, ni de vouloir n’importe quoi hors du bien et du mal habituel et lassant, mais justement de définir ce qui sera et le bien et le mal ; c’est ne pas exclure du tout le bien et le mal mais d’avancer dans la précision de sa potentialité. C’est en ceci que Nietzsche tente, adéquatement, de saisir le brutalement possible ; que tout soit création ; mais tout n’est pas non plus seulement création ; le Créé doit contenir en lui-même l’universel (puisque de toute manière un Créé sans universalité n’intéresserait personne, demeurerait seulement subjectif, déterminé, irréel et donc n’étant pas attaché à la réalité ni au réel, ne tiendrait absolument dans le monde, dans l’intentionnalisation, qui n’est qu’à cette seule fin ; que ce qui peut être réel, soit).  

La liberté classique ne peut pas penser que l’invention est la règle, (et Descartes nous montre comment inventer soit dit en passant, par la suspension et la redistribution de l'intentionnalité au plus loin, profond) puisque pour le classique la vérité est définie ou définissable abstraitement ; si l’on bascule dans le monde ou l’historicité qui admet l’invention et non la répétition, alors le réel n’est plus du tout le même, plus le Même du tout ; puisque le Même dans la réalité c’est le réel, la forme qui entoure les réalités en tant que Présent. Et si la trame universelle constituait l’horizon (qui permit d‘instaurer l’Etat et le citoyen de raison, qui est responsable individuellement de lui-même et des autres, c’est en cela que l’égalité est fondamentale comme contrainte universelle de la liberté finalement abstraite et facile), cette fois dans le réel de l’invention il est requis une autre sorte de tissage que cette trame universelle.

En vérité lorsque l’on positionne l’être (grec) ou dieu ou le sujet et qu’ils sont substantiellement nantis, on ne les pense pas ; on les imagine et on les imagine avec et par l’intentionnalisation. Et si on pense effectivement, on s’aperçoit que l’être ou le bien ou le un, ou dieu ou le christique servent à ouvrir la réalité et le réel ; ce sont les Opérateurs qui rendent possible la démultiplication du monde, du vécu, du corps. La raison, la naturalité ou le moi s’utilisent très efficacement mais en fait dans le même temps morcellent le réel et l’arc du sujet.

Ce mouvement d’individualité de structure (et non pas d’individualité subjective, ce à quoi voudrait bien réduire l’idéologie réaliste et naturaliste, celle qui voit en Kant la limitation métaphysique mais ne voit pas qu’il fonde réellement et effectivement un sujet transcendantal en plus de la réalité et de la nature, reprenant Descartes, qui plante sur l’étendue du monde le sujet in-fini) est déjà donc depuis belle lurette introduit et commencé d’être pensé par la philosophie et évidement cela ira en s’approfondissant par la suite ; jusque Lacan.

Sartre et Lacan décrivent la structure de conscience ; celle là même qui pour Sartre tient le « moi » dans le champ phénoménologique comme n’importe quel objet ou « chose » et par quoi il n’est pas d’intériorité, d’individualité au sens d’identité, de « moi », mais pas plus de « soi » qui serait comme une identité universelle ; il n’est d’identité que structurelle (non pas ce que l’on est mais ce que l’on fait de ce que l’on est, de ce que les autres et la vie ont fait de nous ; notre être n’existe qu’entre la naissance et la mort sartriennement, il se décide et s’invente entre ces bornes, et de toute manière il s’inventera, en plus à chaque fois, sauf que d’y adhérer, de le vouloir et décidément cela accélère et donne accès à la structure même, à la structure telle que ciselée durant cette historicité, on ne peut pas faire l'impasse du savoir).

La structure de conscience ; celle là même qui rend possible que la conscience soit autre et plus grande que le conscient. Celle qui ne passe pas dans le conscient et qui s’arcboute dans, sur, par le réel et lance ses stratégies, quand bien même ces stratégies échapperaient au conscient ; on perçoit plus que l’on ne parle, même si on ne perçoit en plus qu’autour et via les mots transformés en signes pour, par l’arc de conscience ; les mots transformés en signes sont des tremplins rebondissant ; en plus de la cervelle et de son rêve irréel ; c’est bien qu’il existe un tel arc sortant de chaque cervelle et se produisant du vivant, au vif de chaque activité d’intentionnalisation qui nous inscrit sur la surface du monde, sur le réel des réalités. Produisant ceci ; qu’il y ait une surface-autre du corps sur laquelle s’inscrivent les signes, cad les rapports, que tissent l’arc de conscience.

Ce que Kant nommait les fins, limité qu’il était par sa compréhension universaliste, et ce que le christianisme nommait le royaume (qui outrepasse la loi comme on sait ; le christ avance plus loin en l’humain en ceci qu’il est en plus de la loi juive). Et ce que Nietzsche ou tous les autres espèrent atteindre en annulant l’universel – ce qui est absurde – mais ce par quoi ils avancent si déraisonnablement, justement, par-dessus l’universel ; qu’ils ne peuvent cependant pas annuler ; la Volonté ou l’Etre relèvent bien de la toute-stratégie de l’arc et l’arc est effectivement le réel (l’Etre heideggérien) et la Volonté (la puissance, la potentialité) ; leur pensée est de fait structurée comme et par l’universalité, sinon elle ne serait pas pensée du  tout ; dès que l’on pense on pense universel, et de tout manière comme le langage est en soi déjà série de signes, cad de rapports, il est déjà en lui-même universalisation ; et ce parce que l’arc de conscience est en soi, si l’on peut dire, une structure formelle, vide et formelle, ce qui veut dire est un rapport. Mais dès que l’on pense, serait-ce via l’universel, on lance l’arc de potentialité au travers des réalités vers le réel même.

Ce qui se tisse entre et par les signes (qui sont des relations). De sorte que l’on comprend fort bien qu’au début on ait été à ce point sidérés (les grecs) par la capacité de penser ; de produire des contenus, des idées, des intentionnalisations nouvelles (hors du groupe et de la représentation mythologique et du langage seulement commun) qui permettent de percevoir beaucoup plus du monde, de l’humain et de soi. Le christique est lui-même la soudaine et infinie extension de la stratégie de conscience qui intentionnalise toute sa vie, naissance et mort, à partir d‘un point-autre (lequel se dit lui-même comme le chemin, la vérité et la vie, puisqu’il sur-existe en plus du monde et du vécu abandonné aux intérêts faibles du monde).

Mais on a beaucoup progressé depuis ; on s’est incrusté dans le hiatus entre nous et le donné là, l’immense donné là (devenu cet univers ou peut-être quantité d’univers dans tous les sens) ; et on a décrit, exploré, cartographié l’articulation. Laquelle articulation en un certain sens et un sens certain se-sait et se-sait instantanément depuis le début ; et depuis toujours en ceci que la forme « arc de conscience » est évidemment cela même, la structure originellement préalable à toute humanisation, monde représenté, serait-il de la plus éloignée civilisation ou culture humaine ; antérieurement à tout, langage ou groupe humain, il est cet arc comme sortie hors de la cervelle et antérieurement existant, ex-sistant à toute personnalisation, tout moi. C’est bien en ceci que l’occidentalisation n’est pas l’occident mais le processus de saisie de et par cette structure de l’articulation qu’elle est ; et si cette structure suscite tant et tant de représentations, de re-présentations, c’est qu’elle est LA structure antérieure, qui n’a ni ne peut obtenir de manifestation dans le monde étant elle-même formelle ; ce sur quoi réfléchit la philosophie (qui est la discipline affectée à rendre compte de « ce qui arrive à l’humain » autour de la méditerranée, à savoir que la forme (de conscience) prend le pas sur les contenus (les mises en forme culturelles que sont les peuples et les langages, et qui donc devient l’acculturation, l’a-culturation universelle hors territoire et hors particularité, hors monde déterminé localisé, et commençant, alors, de produire quantités de contenus nouveaux, puisque cette fois et depuis lors on se tient de la structure et non de tel ou tel monde humain déterminé).

L’articulation se-sait et se propose des versions d’elle-même ; dieu, pensée (grecque), christique, sujet (Descartes jusqu’à Husserl) altérité (Nietzsche Heidegger) et analytique (Sartre et Lacan) ; jusqu’à ce que tout cela retombe par le réalisme et le naturalisme du 18éme ; le donné expliquerait seul le donné ; alors même qu’un tel donné est tel parce qu’intentionnalisé par une conscience, laquelle est donc, déjà, autre que le donné, et ce qui est autre doit être signifié comme Autre, et un tel fait absolument majeur n’est pas accessoire, accidentel, artificiel ou illusoire ; c’est juste que le réalisme et le naturalisme ne supposant que des objets ou des choses, passant sous silence le regard, l’intentionnalité, de l’arc de conscience ils n’offrent aucune énonciation possible de ce fait absolu, et rendent impossible toute stratégie, se contentant de petites tactiques qui tournent en rond et qui rend tout incompréhensible pour tout le monde et chacun, individuellement et collectivement (bloquant, gelant l’historicité à la révolution universaliste d’il y a deux siècles, dont on aura compris que la forme « universelle » est absolument valide mais uniquement le prélude, le préalable à ce qui aurait du se passer, et dont on n’est pas sûr que l’on ait encore le temps de le dérouler). Mais on a vu que le réalisme du 18éme est une adaptation (dieu-naturalité, pensée-raison, sujet-humanisme) de la structure découverte et impérativement nécessaire afin d'assurer le bonheur humain afin que l'on puisse alors passer à quelque chose de plus intéressant.

L’articulation se-sait et c’est la raison pour laquelle dés le début cela nous arrive si radicalement, nous éjectant de tous les mondes clos, cycliques (et éjectant chaque moi hors de l'enfance, par une crise existentielle, ce qui veut dire l'im/possiblité, les deux, d'une stratégie) ; la pensée et le christique envahissent totalement le monde antique et le christique reprendra intégralement la pensée grecque puisque c’est la même articulation absolue, cad formelle, qui se joue de et au travers de tous les contenus (le christique imposant que chacun accède à sa propre vie, et cela via l’autre-corps, le Corps-même, ce qui est fondamental, et la pensée qu’il y ait un seul-monde ; annulant dans les deux cas les groupes particuliers).

Sans doute l’occident supposait une essence ou un contenu ; mais les dits super contenus (dieu, la pensée, le sujet, l’altérité ensuite) ne sont pas des contenus … mais des formes. En réalité ce ne furent jamais des contenus ; c’est uniquement l‘interprétation rationaliste, réaliste, naturaliste à partir du 18éme qui les a transformés et caricaturés : ce furent toujours des articulations. C’est que le réalisme se tenait du sujet, absenté, et percevait à partir de ce sujet transformant tout en objet, mais prenant bien soin par contre de ne pas se penser, se situer, se signifier comme sujet ; faisant comme si le sujet n’était qu’un regard étroit et non existant, laissant tout le champ (de conscience) occupé par la détermination.  La mécompréhension est complète quant à notre propre historicité ; nous empêchant de poursuivre et de reprendre plus avant la réalisation.

Il est clair que l’arc de conscience, cad le rapport à (soi) en lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même (et non telle ou telle identité quelconque, tout est quelconque en considération de l’arc de puissance même, de puissance comme potentialité pure et brute), cet arc, ce rapport se tient en-avant de lui-même, enchâssé dans le présent, destiné à remodeler le donné et à créer ce qui n’est pas ; l’essentiel est ainsi de fait non encore réalisé.  

Puisqu’il est un présent et qu’en ce présent se produit la liberté, ce qui est essentiel c’est ce qui n’est pas là. ça n’est pas très compliqué, mais la question est puisque l’arc structurel de conscience et le présent sont inclus l’un selon l’autre, et qu’ils dessinent la forme des réalités, qu’est-ce qui est contenu dans la forme qui entoure les réalités et qu’est-ce que cette « information formelle » qui constitue le Bord du monde ?

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La vie ratée

12 Septembre 2017, 08:41am

Publié par pascal doyelle

L’ensemble du projet consistait à prévoir une humanité, un humanisme, de telle sorte que l’attention portée à chacun puisse réguler l’ensemble des conduites et que rien ne vienne prendre le pas sur cet impératif ; que chacun puisse devenir selon sa raison, ou pour mieux dire selon sa réflexion (sur lui-même, sur les autres, sur l’ensemble) sa réflexion éclairée.

Il s’est avéré que ce programme universel était difficilement tenable comme tel, et que pour que chacun soit responsable de lui-même en coordination avec tous les autres, l’individualité devait s’investir et n’était capable de se mobiliser qu’en se motivant et on n’est motivé que de déployer son intéressement, en propre, et au sens large ; et donc l’humanisation, universelle, devait se suivre d’une personnalisation ; ce qui eut lieu ou ce qui s’est précisément démocratisé, durant les années soixante, et tout cela, cette personnalisation, parut si naturel à tout un chacun, à tous les niveaux et dans toutes les situations qu’un immense enthousiasme présidât en ces années là. La révolution des années soixante c’est l’accès démocratisé de chacun à une personnalisation, voire à une individualisation accélérée.

Mais ce faisant l’universalité fût oubliée, ou annulée ou carrément niée, et cet oubli ne date pourtant pas de la moitié du 20éme, mais l’arc gigantesque que l’universalisation et la révolution entrainent, intègrent, instiguent dans les corps était bien trop puissant et c’est l’ensemble, le mouvement d’ensemble qui, découvrant le monde rendu accessible par l’universel, la raison, la science, l’Etat garantissant (plus ou moins) la liberté, et chacun ayant sa propre vie, supposée indépendante, c’est l’ensemble du mouvement qui s’est effondré, abaissé, et a réduit cet arc comme peau de chagrin, limitant la surface même du réel ; tous les mois s’inscrivent dans la réalité et annulent qu’il y ait un réel.

Lorsque dieu, la pensée, grecque, ou le christique et le sujet, cartésien (et ensuite les tentatives des pensées de l’altérité, Nietzsche, Heidegger, qui essaient de réintroduire  de l’ontologie, puis Sartre, Lacan, qui analysent strictement l’arc de conscience, la conscience non comme identité, mais comme arc, tension, structure, rapport), lorsque ces articulations tendent notre être, elles se présupposent hors ou avant le monde, le donné, le corps (remarquons que dieu, la pensée ou le sujet sont strictement efficaces en et par ce monde, par l’humanité et par le sujet, au point que dieu se crée de ce que l’humanité se crée, par ex) ; mais sitôt que l’on croit que l’on est, que l’on vit de ce monde, et que l’on s’identifie à son vécu, à sa propre vie, on en attend la pleine réalisation, ce qui est tout à fait raisonnable, sauf si précisément du monde nous ne sommes pas.

Si nous ne sommes pas entièrement, intégralement du monde, du vécu ou du corps, alors on ne rencontrera jamais dans le monde la part qui nous manque, qui échappe, et ayant abandonné les grandes infrastructures de dieu, de la pensée et du sujet on ne sait plus du tout expliquer, comprendre que justement le monde et notre vie puissent nous faire défaut. Tandis que dieu, la pensée, le christique ou le sujet se permettaient de mener d’immenses stratégies, qui focalisaient les intentions et les intentionnalisations (cad les grandes options et les minuscules attentions, perceptions, jusqu’au moindre rapport tissé avec le monde, les autres, soi, le corps, la réalité) : les mois ne sont en mesure que de prévoir de limitées tactiques, qui gagnent d’une certaine manière et d’une manière certaine, en déterminations et en réalisations effectives (plutôt qu’en attentes et espérances ou idéalisations diverses), mais qui est devenu, ce moi tacticien, incapable de gérer l’ensemble de ses intentionnalisations ; il est dans l’obligation de se supposer une identité, une identité totalement immédiatement existante dans le monde, et ayant à se réussir, réaliser, sans reste, sans surplus, sans au-delà évidemment, et sans Point en plus du réel à partir duquel il perçoit et par lequel il dresse une stratégie ; sans réel qui soit en-plus et donc rien qui soit Autre dans le monde et le vécu.

De sorte qu’il étouffe, non seulement de ce que tout soit par principe donné dans le donné, mais aussi de ce qu’ayant tout acquis et même tout réalisé, rien ne l’est. La partition qui manque est de l’ordre de ce qui ne se réalise pas, de ce qui ne se rend pas réel. Et on s’aperçoit alors que les anciennes articulations ne visaient pas à s’illusionner mais précisément à gérer d’une part et à déployer d’autre part de longues et larges stratégies. De sorte que ce qui était insufflé (dieu), pensé, réarticulé (Descartes) c’était l’inemployé, l’inemployable, le réel qui n’est aucune des réalités. Découverte de Heidegger, autant lui rendre, puisque tout le développement dit d’occidentalisation du monde se suit et se précède. Le réel est en plus, et le réel est plus grand que lui-même.

Ce défaut, ce manque, ce vide, ce trou, ce gouffre de structure  va contre la totalité de l’idéal, de l’idéologie, au grand sens du terme, qui s’est mise en place au 18éme (pour fixer une date ; par ex que le bonheur est une idée neuve en Europe, alors que si il est une part de nous-mêmes qui n’y est pas, dans la réalité, cette part ne se réalisera jamais, et de bonheur il n’en est point du tout).

Et ça n’est pas faute que l’on nous abreuve (et nous ne demandons pas mieux, d’être convaincu que l’on se réalisera ici dans le monde, a priori le seul horizon effectif), nous abreuve jusqu’à nous dessécher en vérité, de toutes les images et tous les récits de réalisation de « soi ». Tout va vouloir nous convaincre que dans ce monde on se rendra intégralement au monde. On ne comprend plus même que nous n’y sommes à vrai dire pas du tout ; que nous sommes autres ; « nous ne sommes pas au monde » veut dire, littéralement, que nous n’y sommes pas du tout, nous sommes ailleurs et autrement, et Rimbaud comme tant d’autres, qui crût un temps renouveler l’histoire, en fut pour ses frais, mais renouvellement qu’il imposât pourtant de son seul nom, en créant le sur-divin.

On ne se réalisera pas, jamais, en quelque sens que ce soit ; ça n’est pas fait pour ça. Et c’est pour cela qu’il faut penser (ou croire si l’on veut, mais non pas croire sans penser ; les théologiens sont bien d’accord là-dessus) ; penser signifie donc élaborer la stratégie qui rend compte de la non réalisation absolue de notre être réel ; que le réel ne colle pas avec la réalité ; les réalités, quelles qu’elles soient, quelque vie que ce soit, ça ne collera pas. Et le surplus qui se tient du Bord du corps, du donné, du vécu et du monde il est dans sa nature même, sa structure de ne pas se réaliser, de ne pas se rendre réel comme le monde ; aussi une stratégie explicitement Autre doit-elle se dégager, se dépêtrer de toute la nasse, de ce qui lui parait, à juste titre, un piège. Et c’est précisément cette stratégie, ce qui s’est graduellement élaboré depuis 2500 ans ou 3500 si l’on remonte au dieu un/tout-autre.   

Ça n’est pas qu’il faille renoncer au bonheur, prévu par la révolution (l’unique révolution qui se déroule selon diverses versions sur toute la planète), mais considérer que le bonheur permet de rechercher quelque chose de plus intéressant (au lieu que l’on a pris en otage notre bonheur et de le placer sous tant d’inconcevables conditions et de contraintes, on appelle cela le capitalisme ou le communisme et de manière générale « l’économie », comme idéologie du corps donné, pour le coup péjorativement,). Et donc que finalement une vie ratée, brisée, désespérée, dépressive, ou toute autre variation, ça n’est pas le bout du monde. C’est normal. Ça n’est pas ce qui se tient au Bout du vécu.

Parce que c’est autre chose et autrement qui se joue, et que c’est justement cette altérité, qui n’appartient à aucune partie du monde ou du vécu, qui enclenche le réel même : inutile de courir après des morceaux de réalités quelconques.  Ça ne vaut rien du point de vue du réel mais c’est essentiel du point de vue de la réalité, de la vie, cela va sans dire ; le bonheur est la condition de l’autre finalité ; et ces deux étages, réel et réalité, c’est précisément ce que l’on nomme stratégie.

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L’essentiel est en plus

9 Septembre 2017, 08:53am

Publié par pascal doyelle

Pour ce qui est du sens général, cela consiste à dire que ce qui est essentiel, c’est ce qui n’est pas. Ce qui est essentiel c’est ce qui se tient en réserve et en réserve au plus proche que tout, dans le présent. Qui donc existe et se situe dans le présent ; de mener une élaboration, une architecture du présent.

Le présent est ce qui précède tout (il n’est pas un vague résultat de la détermination, de la réalité, des réalités, mais la forme de toutes les réalités, autant que l’on sache). C’est dans le présent que se tient en réserve le réel ; le réel est la forme des réalités et il n’est à cela aucun mystère (pour ainsi dire et pour le moment) puisque le réel, qui est la forme des réalités, est le présent. Tout est absolument visible. Ce que l’on ne sait pas c’est « où » le présent s’avance. Il n'y a pas, nulle part (où?) une intériorité qui recélerait l'Information condensée, c'est la forme de la réalité, le réel donc qui informe toutes les réalités. Et qui donc, ce réel, ce présent, doit se décider, s'orienter, s'intentionnaliser, vers ce qui n'est pas, mais qui alors ex-sistera ; sortira du Bord de la réalité, du Bord du monde, du Bord du corps.

La réflexivité est littéralement ce qu’elle signifie ; elle se retourne vers la structure du réel donné là et sur la structure, la nôtre, qui est capable d’une part de se décaler par rapport à tout donné, toute réalité, et d’autre part se tenant autre que tout elle est également autre que elle-même ; c’est l’altérité qui conduit tout ce qui est, puisque tout ce qui est immergé dans la structure transcendante qu’est, qu’ex-siste le présent. Et cette exploration dite « occidentalisation », née autour de toute la méditerranée,  est l’exploration en dessous des réalités, l’exploration dans le réel, dans la structure du réel ; explorations à l’intérieur du Bord du monde, du vécu et du corps et cartographie des périples inimaginables dans cette dimension de l'acte brut.(le présent est en effet excessivement brutal)

Il ne serait pas décent ni raisonnable de croire que tous ceux qui se sont aventurés dans la dimension de l’exister, du pur et brut présent (autrefois de l’éternité ou de l’éternel, et le présent ne contredit en rien la possibilité de l’éternel ou de l’éternité, il y ajoute des précisions quant à l’origine pour nous, êtres humains, de cette étrange dimension qu’est le présent, en ceci qu’est exploré le décalage dont effectivement nous sommes les effets ; de Platon à Lacan le décalage est décrit sous les formulations de dieu, de la pensée, du christique, du sujet et de l’altérité (Nietzsche-Heidegger-Sartre - Lacan   NHSL), et comme ce décalage est littéralement le corps lui-même la recherche du décalage est instantanément communiqué à toutes les réalités humaines, de l’esthétique à la politique, jusqu’à l’humanisation et la personnalisation, tout moi, ce qui nous concerne en plein, est effet du décalage, raison pour laquelle aucun moi ne se satisfera de son moi, mais ne pourra que se réintroduire de son sujet, de sa structure ; sur la piste de quoi Sartre et Lacan creusent),

Il n’est pas décent ni raisonnable de rejeter l’ensemble de toutes les explorations, sous prétexte qu’elles ne rentrent pas dans le cadre nécessaire mais étriqué de l’idéologie réaliste et rationaliste ; celle qui remplace dieu par la nature, la pensée par la raison et le sujet par l’humanisme et le moi ; toutes figurations absolument nécessaires mais insuffisantes. Mais il n’est pas non plus acceptable de retranscrire à nouveau les anciennes configurations (dieu, pensée, christique, sujet) dans le sens même par lesquelles elles se permettaient de s’introduire dans la réalité ; autrement dit il faut réinterpréter toutes les explorations qui se donnaient comme dieu, la pensée, le sujet et ensuite l’altérité (N H S et L réintroduisent dans la réalité raisonnable, rationaliste, humanisé une altérité ontologique, c’est pour cela que l’on s’y convertit si aisément ; nietzschéen ou lacanien, ce sont des offices de conversion, du regard même sur le regard tel quel).

Il faut donc admettre la validité de tout ce qui fut expérimenté (de quelque peu solide et consistant, puisque inversement ce qui ne se pense pas selon la structure se pense selon tel ou tel fantasme du monde, du moi, du vécu, etc, et tombe dans les nécessités hallucinatoires du donné, de la détermination, au lieu que le christ ou Nietzsche ou Rimbaud  tentent d’élever une architecture des structures de la pensée ou du sujet  suffisante qui admette en elle-même la possibilité du réel, tenant les réalités à distance et donc les examinant, les scrutant, et pour cela on continue de les lire, de les éprouver, puisque l’on se tient du Bord pour les lire ; qui rendent possible la structure du regard lui-même, de l’attention et qui de fait commencent par modifier l’ensemble de toute la perception de tout, et qui donc se nomment eux-mêmes dans leurs discours, représentations, nomenclatures, cartographies - cartographie qui contient le plan du monde donné là, du vécu et le schéma de la dimension même qui se permet d’examiner la réalité et de s’examiner elle-même comme structure mouvementée ; elle doit se flasher en acte et non pas fixée selon l’objet).

Ainsi ce qui ne se tient pas de la structure architecturée au plus haut de sa capacité tombe dans le donné là, la détermination, la petite époque vécue, le fantasme et la défiguration de la pensée, travestissant dieu ou défigurant le sujet par la détermination, et son poids, et sa lourdeur.

C’est que la structure du réel ne passe pas dans la réalité et donc ne se réalise pas comme la réalité se réalise ; elle n’est pas la détermination mais l’architecture des déterminations, elle n’est pas les signes mais la stratégie des signes, elle n’est pas ce corps ou ce moi mais le sujet en arc de cercle arcbouté sur le présent, par le réel, lui-même en arc de présent.

Tout est mouvement. Mais si tout est mouvement, emporté sur la vague du présent, vers quoi se dirige ce mouvement ?

Il est curieux de constater que l’interprétation rationaliste raisonnable, réaliste naturaliste, celle qui croit que le donné seul explique le donné, est amenée à comprendre le présent comme juste le « résultat » donné là, une sorte de présent inerte, un effet, alors que le présent qui seul demeure, est la cause qui épuise tout ce qui est, toute la détermination, toutes les réalités et tous les mondes, y compris tous les mondes humains ; il revenait à l’arc de conscience de prendre conscience de lui-même comme arc de conscience (et non comme n’importe quel ceci ou cela, serait-ce l’esprit ou l’idée ou telle ou telle image, tout cela est quelconque par rapport à l’arc même, et cependant nécessaire comme représentations de ce qui ne se représente pas mais se signifie et engage chacun à prendre dans son intentionnalité cette signifiance généralisée qu’est l’occidentalisation), de se saisir comme miroir et non comme image dans le miroir, aussi complexe soit-elle, et arcs saisissant que la réalité est enchâssée dans le réel, que le réel est la forme, il revenait à ces arcs de conscience de relever le niveau, pour ainsi dire, et que la transcendance est la plis instantanée possible (le présent) qui entoure toutes les immanences (les mondes).

Ce qui veut dire  de cesser de croire en ses désirs en prenant les objets de désir pour la vérité ; ces objets ne sont que des mélanges, des entremêlements de la structure et de sa puissance d'une part qu’elle confère à des images, des représentations d’autre part, de petites tactiques qui ne sont nullement des stratégies.

L’occidentalisation, dans ses plus élevées performances, ces technologies formelles d’architecture du regard, de l’intention, ou de l’intentionnalisation du monde donné, a certes amené sous nos yeux des idéalités, des systèmes, des christs ou des images extrêmes, et profondément structurées, qui ne peuvent être saisies que par des arcs de conscience. Ce dont sont bien éloignés les « mois » qui ne sont foutus, à peine, que de percevoir des images d’eux-mêmes extraordinairement grimaçantes ; à rebours, pour commencer d’admettre, non de le comprendre mais d’admettre Rimbaud il faut modifier non seulement son moi, son identité mais son regard, son attention, son intention, son intentionnalité, ce qui veut dire la structure même antérieure à la volonté, au désir, à la perception, l’imagination, la prononciation, etc, poésie totale … comme il le Dit, il faut prendre littéralement au pied de la lettre ce qui est dit à une certaine ampleur de structure ; il faut prendre le christique littéralement et de la perception même de ce Corps ; rien n’est dit au hasard, soit cela tombe et est happé par le donné là, le fantasme de réalité, le monde, soit cela est dit à propos et à partir du Bord et demande à celui qui regarde, qui perçoit de fabriquer son arc de conscience, de travailler, torturer si l’on veut, son attention, son intentionnalité, ce qui ne s’effectue que par tout le corps …  puisque de la position du départ de regard, le point qui n'apparait jamais et est autre et expose tout au-devant, cad par la conversion, ce sur quoi avait presque mis le doigt Husserl ; qui laissait pourtant cette conversion dans le sens de l’universel, alors qu’elle concerne le corps même).

Jusqu’à s’effondrer par le réalisme et le naturalisme et le rationalisme et toute cette idéologie du donné expliquant seul le donné, s’effondrer dans l’enfermement ; on ne peut retrouver les grandes articulations et les stratégies métaphysiques et christiques et ontologiques (à partir de Descartes), et cela n’est absolument notre but, mais il faut reprendre à leur niveau, à leur degré d’architecture et non pas se contenter bêtement d’une interprétation pseudo-réaliste qui ne tombe que sur des bouts de monde, de corps, d’images ; incapable de lier quoi que ce soit.

Lorsque Heidegger ou Nietzsche veulent réinterpréter la totalité de l’historicité c’est cela qu’ils visent , relancer l'intentionnalisation ontologique au degré architectural suffisant. Ils eurent à faire face à l’immense altérité de tout cet immense donné de l'univers brutal, telle qu’elle se livre dans la perception, au sens élargi, et dans l’intentionnalité, au point de recourir à une anti-intentionnalité ; anti qui rende compte de l’énormité de la réalité prise non plus dans une unification, supposée, de dieu ou de la pensée ou du sujet, mais au contraire splittée, cette réalité, dans tous les sens, voire dépenaillée, et d’un corps si horriblement dépouillé (comme il apparait non seulement dans la psychanalyse, mais telle qu’il apparait pour le moi empli du mal-être, de la folie à ses obsession ou dépression, le moi a fait preuve d’une grande inventivité quant à ses détournements de la réalité de son corps comme réel, cad sa structure de moi, qui n’existe que d’un sujet, lui rendait incompréhensible absolument, radicalement, dépourvu qu’il était de stratégies possibles ; les délires sont des tactiques limitées d’une impossible stratégie globale, de structure – mais de même l’historicité qui a suscité tant et tant de passion pour l’essence de l’histoire, soit la structure révolutionnaire qu’est l’historicité ; des millions de sujets se mirent en marche pour restructurer politiquement la réalité à partir du réel).  

Ce qu’il faut donc, outre tout cela, c’est l’altérité du donné tel que « là » ; le là que l’on sait nommer comme étendue depuis Descartes (Descartes place « là » notre être, cloué sur la surface de la réalité, la surface étant le réel, sauf que Descartes, quand même, réfère le dit sujet cloué à une structure en plus qui ne tient que par … la volonté, seule semblable à dieu, à l’in-fini, au non-déterminé ; littéralement Descartes origine l'idée "infini" à la volonté ... non finie par structure).

Il est apparent que l’on ne peut pas supposer que le donné là, cet univers monstrueux et sa logique de total gaspillage, et même peut-être de quantité d’univers possibles, supposer donc que tout cela soit unifié… Donc c’est dispersé. Pas dispersé de manière incoercible, quoi qu’il est apparemment du n’importe quoi, littéralement, en deçà des couches organisées plus ou moins, des variations de non temps ou non espaces, des insubstantielles déterminations, en dessous.  

Ce qui est essentiel c’est ce qui se tient en réserve et en réserve au plus proche que tout, dans le présent.

Nous sommes alors intégralement désarçonnés de ce que le réalité n’est jamais à la hauteur de ce que la structure de cette réalité appelle ; au travers de toutes ces causes et de toutes les complexités cette structure de la réalité nommée ici le réel, se tient encore plus haut que les plus grandes élévations du monde ; sinon il n’y aurait aucune raison compréhensible à la structure en forme de présent qui agit tout ce qui est ; l'arc qui regarde une œuvre est plus grand que cette œuvre, le regard ne tient nullement en l'information qu'il perçoit, l'information est un trampoline pour le regard, rien de plus ; suivant en cela ceci que le réel est plus grand que lui-même, raison qu'il y ai un présent, et qu’il s’agit de la loi interne de la structure elle-même (puisque le présent est avant-tout, la structure même de ce qui se présente) ; il n’est nul besoin de supposer une réalité cachée qui viendrait s’imposer au monde, au vécu, au corps. Le réel est une forme, la forme de la réalité, et c’est la forme de la réalité qui imprime le mouvement, étant le mouvement lui-même, le présent.

De même que cela qui tombe dans le champ de l’arc de conscience, comme Hegel le découvrait, subissait déjà, en tant que contenu, en avant de lui-même, l’altérité et déjà se cherchait une possibilité, un devenir, une dialectique ; lorsque les grecs supposent la vérité ils sont déjà au-dehors et en plus de la vérité et ce qui s’installe ce ne sont pas des contenus mais la possibilité en tout arc de conscience de tisser les attentions, les volontés ; ce qui s’installe c’est le système formel (qui lance la vérité comme projet et non comme contenu, les esthétiques non ritualisées, les éthiques et les politiques du corps, les idéels et la connaissance, ainsi que la philosophie comme discipline qui se charge de penser cette articulation et de la propager en, vers chaque arc). L’occidentalisation a inventé et créé le système formel qui, se tenant de lui-même (et non plus de telle ou telle partie du monde ou de telle ou telle représentation toujours déterminée) rend possible de décupler les représentations et les corps et les perceptions, et ceci en repéant et cartographiant la structure antérieure qui permet de démultiplier immédiatement le donné et le vécu (la pensée et le christique) et instantanément l’arc de chaque sujet (son architecture-sujet qui se dit comme dieu, pensée, sujet, altérité), en suscitant la stratégie possible de chaque arc de signifiance.

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Stratégie générale

2 Septembre 2017, 09:39am

Publié par pascal doyelle

En général on ne comprend pas que les systèmes grecs, le christique, le monothéisme, le sujet enfin, s’articulent avec ce que le 18éme, pour fixer une date, découvre ; à savoir que nous sommes dans le monde. Pensée, dieu, christique, sujet paraissent se situer sur une autre planète et ne pas appartenir au monde donné, au vécu ou au corps concret.

Rappelons que l’on nomme « christique » afin de ne pas confondre le message christique et telles églises, qui possèdent leurs qualités et défauts, notamment les défauts de toute institution humaine, qui s’organise plus ou moins bien ou mal.

Ce qui laisse évidemment quelque peu dans le flou ce que par « message christique » on entend, puisque ne s’incarnant pas alors dans tel ou tel corpus détaillé, organisé, mais bien qu'il est de la nature même du dit message de ne pas se déterminer totalement et rigoureusement ; le christique mais aussi le système grec, ou le sujet, manipulent, utilisent, usent d’une forme, d’une structure qui n’est pas destinée à se concrétiser mais qui doit accrocher, en chacun, la capacité de signifiance, de signifier et de signer des actes, des décisions, des intentions et fondamentalement des intentionnalités, ce qui veut dire des orientations dans le monde donné, et en tant que cette signifiance est laissée à chacun, chaque un ; puisqu’il s’agit d’activer en chaque individu la possibilité de stratégie, de stratégie intentionnalisatrice ; c’est cela sa destination même, que chacun puisse signifier.

En retour depuis le 18éme ce qui demeurait un "message" non spécifiquement déterminé, a voulu se concrétiser et s’incorporer au monde (via les corps des mois évidemment), mais on se prit les pieds dans le tapis et on a identifié ce report (du non complètement déterminé vers la détermination historique) pour argent comptant. Perdant ainsi le bénéfice du message mono, christique, grec et celui du sujet. Et réduisant la capacité stratégique.

On a cru à partir du 18éme que la réalité n’était que détermination et non pas indétermination que l’on relégué à l’illusion ; alors que dans l’indétermination résidait notre structure même, en ceci que le christique ou les systèmes grecs ne sont pas du tout hallucinés mais permettent d’orienter la stratégie de l’attention face au réel (le systèmes grecs se stabilisent et stabilisent le monde autour de l’être, comme unité de toutes les intentionnalités possibles à propos du donné là, mais ce faisant cette stabilisation permît une quantité formidable de création de distinctions idéelles et donc intentionnelles, et de différenciations, réelles, dans le donné ou le comportement ; de même le christique a ouvert que chacun puisse tabler sur un point-autre, le regard du christ qui se situe en plus de ce segment qu’est la naissance-mort de chacun, et à partir de laquelle il devenait possible de créer une stratégie intentionnalisatrice absolue, ce qui veut dire formelle, et si elle se donnait comme reliée à un-seul, cet un-seul impliquait la pluralité de tous les uns, séparément ou réunis, par le Saint-Esprit comme chacun sait ; le père, le fils et le saint esprit, ça n’est pas très compliqué, vu de loin ; on ne reviendra pas sur les juifs qui optent pour le Père, le un de la nation, ni sur l’islam qui choisit la communauté, le Saint-Esprit, pour la raison que l’on ne s’y introduit pas suffisamment pour en juger).

Ayant oublié ces articulations énormissimes, toute notion de stratégie de l'indétermination fut dans le même temps abandonnée. En ce concrétisant, en remplaçant dieu par la nature, la pensée par la raison et le sujet par le moi humain (humanisation et personnalisation), on a réduit le rayon de possibilité structurelle, mais dieu, la pensée ou le sujet n’étaient pas en mesure par contre et de toute manière de s’adapter suffisamment au monde, au donné et au vécu. Naturalité, raison, humanisme formulent donc, avec une telle profusion de créations intentionnalisatrices, cette adaptation du structurel au monde donné là, au vécu, individuel et collectif, au corps et sa singularité formelle absolue. redéployant évidemment les éthiques, politiques, idéels (connaissances) et philosophiques, puisque c'est la Même Structure qui est activée et arcboutée au réel, ce qui ne se peut sans que cette transcendance s'en prenne à toute l'immanence ; ça n'est pas l'immanence qui tend l'une quelconque des "transcendances" c'est toutes les immanences qui existent dans l'arc réel transcendant (l'arc de conscience ou l'arc du présent).

On a cru que l’indétermination des absolus était pure fantaisie, puisque l’on tenait pour réel seulement la réalité ; mais le présent et son articulation intrusive et instantanée qui joue littéralement en et hors du temps, possède à partir de son indétermination même la logique et la lucidité ; si on attendait de connaitre ceci ou cela pour être libres, nous ne le serions jamais ; en conséquence de quoi le réel ne commence pas dans le monde. La connaissance permet un rayon plus large de liberté mais ne crée pas la liberté ; en soi elle était déjà possible indépendamment de toute connaissance ; le sujet de Sartre n'est pas libre parce qu'il sait ceci ou cela, il l'est tel quel et aucune raison ne lui explique pourquoi.

L’arc est antérieur à tout et le présent est seul antérieur à l’arc. On nomme présent la structure antérieure à tout monde, tout univers, toute représentation, tout langage, tout corps, bref antérieur à tout. Et occidentalisation le procédé devenu processus de s’introduire antérieurement au monde (et non de visualiser, peut-être en toute révélation on n'en sait rien, non de visualiser postérieurement au monde et au-delà un absolu ; l'occidentalisation est le procédé et processus qui avance 'dans l'autre sens') ; dieu, la pensée, le sujet (puis ensuite l’altérité : Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) sont des machines, des interfaces qui s’intercalent entre le réel et le monde, entre l’arc de conscience (qui se tient du réel, du présent, exclusivement) et le monde, le donné et le corps.

Présent originel, arc de conscience arcbouté sur ce présent / représentation, langage, mondes humains, identités diverses, mois ou humanisations. L’arc travaillant la représentation (au sens large et global) afin d’éprouver le présent originel. Kant ou Nietzsche ou Rimbaud formulent des interfaces qui permettent à chaque un, tout arc de conscience, de revenir à l’originel absolu, celui qui ne nous quitte jamais, ni ne quitte jamais rien  ; le présent. (Mais que nous quitterons un jour, évidemment).  

On ne voit pas que le christique ou le système ou le sujet sur-existent en dessous de ce que depuis le 18éme (pour fixer une période) on entend par l’existence. Pour le 18éme chacun vit sa vie et cherche le bonheur et concourt, dans le meilleur des cas, au bonheur général. Rappelons qu’ayant inventé et découvert l’unité de chacun, et tenant que chacun soit sa propre raison (et non pas son arbitraire déréglé, auquel cas, ne respectant pas l’universel, dont Kant donne la forme exprimée au plus proche possible, chacun tomberait dans l’immédiateté, l’absence de stratégie, l’absence de vue plus ou moins globale, et se retrancherait, se mutilerait soi-même) ; la révolution légalise la liberté (entendue comme stratégie, voulue, volontaire, décidée de chacun quant à sa vie, ; ce qui implique une restructuration quasi intégrale de l'ordre de l'humain ; et on en revient à l’origine christique de tout cela ; c’est par le christique que chacun a une vie, valant en et par elle-même indépendamment du sexe ou du statut, "ni homme, ni femme, ni riche ni pauvre, ni esclave ni homme libre mais tous un en christ" Saint Paul (qui formule donc les 20 siècles qui viendront au 1er siècle), et chacun, ce qui est fondamental, est un indépendamment de sa psychologie, comme on dirait depuis le 20éme ; indépendamment de sa psychologie, de sa vie, de son vécu, de son héritage, de son langage, de son groupe humain, etc,  et pourtant encore plus individuel et encore plus lui-même depuis le christique … puisque depuis lors chacun doit, peut élaborer sa stratégie saisie du point-autre qui n'est pas dans le monde).

Or pourtant la liberté prît le pas sur l’universel ; autrement dit on a commencé de désirer/décider tout et n’importe quoi ; ce qui est absolument logique puisque la liberté contient la pensée (le sujet cartésien origine la pensée qui était autrefois tenue pour l’horizon lui-même), mais la contient réellement, ce ui veut dire ne peut pas, ne doit pas s'en passer et doit être maintenu l'arc entier du déploiement des deux, pour simplifier, sauf que l'on a  pris comme argent comptant la loi d’immédiateté si évidente que le libre ne s’applique qu’au monde, et comme le statut "libre" se valide de par lui-même (il fait un avec soi, de fait et croit ce qu’il dit) il affirme désirable ce qu’il désire de fait. Le cadre universel a tenu plus ou moins, puisque c’est son rôle, mais tout l’intérieur a décroché et est tombé dans/vers le monde ; de sorte que ce cadre universel est resté fixé, figé, gelé historiquement, excepté sur quelques améliorations (absolument nécessaires et oh combien légitimes) mais qui empêchèrent de penser à nouveau l’universel tel qu’installé historiquement.

Autrement dit on a accompli une révolution et puis voila … Or il est clair que la nature, l’essence même de l’historicité est la révolution ; ça n’est pas une fondation ou un événement mais la structure même de l’histoire. Puisque la structure qui est à l'origine et la cause de l'historicité (du bouleversement continuel, dont l’occidentalisation ne manque pas) est une forme et ne trouve jamais sa représentation dans le monde ; elle ne le peut pas.

C’est que l’arc qui s’est créé autour de la méditerranée est un ensemble, une structure élaborée, une architecture et que l’on ne peut pas la scinder et en oublier une partie ; sitôt que l’on découvre que notre être est une intentionnalisation vers le donné tel que là, d’une part le monde universel unique là-devant est situé, ciblé, conçu, perçu en une seule fois  et d’autre part l’attention qui s’organise à propos de ce monde donné-là s’élabore et crée son architecture en propre, de chaque arc un, libre et capable de mener une stratégie de l'exister même ; pour cette raison on ne peut pas retrancher le système grec, le christique (et monothéisme), le sujet et encore moins au nom de ce qui seulement à partir de cette architecture peut être perçu ; car en effet le monde donné du 18éme et le moi ne sont perceptibles que dans et par l’architecture du sujet (dieu, pensée, christique et sujet sont d’un seul mécanisme monumental et unique et déplié en et par chacun, chaque un) ; le sujet cartésien (non qu’il appartienne à Descartes mais bien que celui-ci  rende compte de ce qui nous arrive, du point acquis en son moment d’historicité, de dépliement du mécanisme structurel) est celui qui, de par sa liberté, son antérieure intentionnalisation, sa récupération du regard (qui était jusqu’alors pointé par et selon le christique, le un-tout-seul), le sujet cartésien contient tout l’ensemble de la pensée comme telle (de la pensée métaphysique avant que ne s’introduise, dans le monde et le temps, le sujet, ontologique, cartésien, qui de par sa pointe méta-active intentionnalisatrice relance intégralement toute la machinerie).

Autrement dit on ne peut pas situer l’arc de conscience que l’on est, individuellement, sans tenir l‘ensemble de tout le possible qui fut élaboré, découvert et inventé (puisque ce qui est formel n’a aucune représentation dans le monde et dès qu’il se saisit de lui-même, cet arc produit des effets en retour, des représentations nouvelles qui créent et architecturent les rapports que l’arc crée vers lui-même ; autrement dit crée la signifiance même, le fait que chacun signifie son vécu, sa pensée, son corps, etc, ajoute une strate, un degré, une possibilité, une nouvelle surface de significations, et que cette nouvelle surface est une nouvelle surface inscrite sur et par un corps ; ce ne sont pas seulement des signes alignés sur le corps, mais des stratégies de signes ; le signe limité est psychologie, la stratégie de signes est orchestrée comme "un nouveau corps", une totalisation limitée mais couvrant, englobant, réunifiant constamment le corps, la conduite, la morale, et plus loin l'éthique ontologique, le poids d'exister que l'on supporte et suppose). oublier ou renier ce devenir, c’est abandonner non pas sa mémorisation, mais sa stratégie intentionnalisatrice et n’être plus en mesure de tisser en-plus et de retisser-encore la trame de l’attention suffisamment explosée en suffisamment de sens, d’orientations possibles qui permette d’accéder à encore plus de réel, et de réalités.

Il s’agit d’intentionnalisation et non pas de mémorisation (comme dans les mondes cycliques qui tiennent, avec raison, au langage parfait, leur trésor, au monde immédiate et perçu dans leur chaque synthèse unifiée, partagée et échangée rituellement), il s’agit d’intentionnalisation et de signifiance, de compréhension et de saisie active, voire plutôt hyper-actives, dignes de l’activisme absolu qu’est le présent. On peut bien se prendre pour un moi et tourner en rond (ça ne fait que cela un moi au bout du compte) mais il est en chaque moi un sujet bien autrement architecturé et architexturé en et par son corps ; si on adore à ce point les esthétiques, les poétiques, récits et images élaborées c’est que par cette perception on écrit sur cette autre-surface du corps, et qui se produit comme de sur-hyper-méta-anti intentionnalisations (grec, christique, cartésien, d’altérité, mais cela devrait pouvoir s’étendre).

Toute œuvre, au sens étendu, provoque une surtension de l’arc lui-même, tout comme la révolution a imposé à chacun d’être celui qu’il pouvait être (et lui supposait qu'il soit "heureux", jetant chacun dans le doute et ce qui deviendra la dépression et autrs obsessions psy et les mésaventures structurelles du moi). Mais aucune imposition extérieure ne peut se substituer à l’auto-détermination (de ce qui existe de manière indéterminée) ; tout arc doit se mouvoir de par lui-même, ou disparaitre dans une identité (qui est toujours non une chose mais une construction, la typologie de la chose si désirable trompe totalement le moi ; il n’est rien dans le monde qui réalise, réal-ise l’attention, l’arc de conscience et les élaborations selon l’œuvre ne sont pas en elles-mêmes des choses, mais renvoient à l’activisme l’arc qui signifie et qui seul peut s’introduire dans et par l’œuvre, qu’elle soit éthique ou politique ou esthétique ou poétique, etc) ; on aura beau désirer tout ce que l’on voudra, on ne l’obtiendra jamais, puisque ce qu’une forme, une structure attend c’est sa propre stratégie suffisamment architecturée.

Pour se saisir comme interface (en fait être-saisi) l’arc ne peut que rechercher la stratégie effective et prendre sur soi ; puisque le présent est ce qui conduit, et que le présent conduit non à ce qui est mais à ce qui n’est pas, à ce qui vient, à ce qui est possible. Il faut donc sortir, extraire le réel du possible présent qui vient à notre rencontre ; rien de tout cela n’apparait sans une ascèse, quel que soit le sens que l’on donne à cette rigueur. Et le mois, chacun des mois qui se créèrent comme possibilité dans les années soixante, l'ouverture mondiale invraisemblable qui eut lieu, a engendré que tous les mois s'activent (et se gaspillent également, pas l'un sans l'autre) en et par l’élaboration de stratégies qui ne se contentent pas de gérer des signes séparés, mais tentent d'engendrer une architectonique (individuelle ET collective) de tous les signes.

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L’impossibilité dite « humaine »

26 Août 2017, 10:17am

Publié par pascal doyelle

Auparavant la nécessité nous tenait lieu de contrainte, mais depuis que nous en sommes plus ou moins libérés, nous nous révélons tels ; sans contenance, sans tenue, tout molasse.

Je ne sais trop comment le dire : nous ne sommes pas du monde. Inutile de chercher ceci ou cela, nous n’y sommes pas. Et le monde est lui-même si peu le monde qu’il y a le présent. Et que le présent est la négation de tout monde. Ce qui veut dire : est le dépassement de tout monde. Et le présent les absorbe tous. Nous ne sommes pas du monde, signifie que nous sommes à partir d’une structure autre, antérieure, en plus du monde et autre que le corps.

Rien ne dit que cette structure survit après la mort ou autre imaginations (ou révélations si on est croyant et on peut tout à fait être croyant), mais le fait est que nous ne sommes pas ce corps que l’on est.

Il faut donc doubler le monde, le corps, le vécu, la détermination, la réalité à partir d’une structure – dont on a pu imaginer ou figurer ou rêver ou prévoir ou deviner peut-être qu’elle était un autre monde, mais ça on n’en sait rien du tout ; on ne peut pas avancer au-delà du constatable et dans le constatable il y a ceci que l’on n’est pas le corps que l’on est, point. Puisqu’on le voit. Si on le voit, de même que l’on voit le monde ou tel autre corps ou telle chose, de même que l’on voit sa propre mort, par ex, c’est que « cela qui voit n’apparait jamais dans la vue ».  On peut supposer que l’on saisit cela qui voit, l'imagine en réalité ; on dit « c’est la cervelle » ou « c’est l’âme » ; ce genre de présupposition c’est tout un ; parce que cela qui voit ne peut pas être déterminé ; si il était déterminé il ne verrait rien ; il serait la détermination elle-même, pas la distance envers la détermination. Si la vision de la réalité tenait à la cervelle on ne verrait que les informations engrammées dans la cervelle ; auquel cas on ne voit pas à quoi servirait un acte de conscience qui précisément s’utilise de faire attention à l’inattendu.

Ce qui est à distance d’une seule détermination (ce corps par ex) est distant aussi et de fait de tout le reste. Il faut donc penser la distance. L’écart, la différence, le heurt, l’anfractuosité, l’altérité.

Ce que situaient la pensée grecque, le dieu juif, le christique, le sujet (et ce que tentent de réintroduire Nietzsche et Heidegger, une différence dans l’être même, par quoi il est un réel d’une part et une réalité d’autre part ; la Volonté ou l’Etre ne sont pas les effets dont ils sont la Cause) ce que visualisaient les grandes configurations donc, cette sur-hyper-méta (puis anti) structure a été bannie à partir du 18éme ; lorsque l’on a remplacé dieu par la nature, la pensée par la raison et le sujet par le moi (humaniste ou personnaliste). Il devenait alors impossible de dessiner une borne au désir ; en ceci que la pensée, dieu, le christique ou le sujet admettaient une non réalisation de notre réel dans cette réalité, dans ce monde, et s'en référaient à une structure de l'insatisfaction, tandis que le rabat vers la nature, le donné, le moi, la raison et l’humain supposaient qu’ici dans le monde on pouvait se réaliser ; puisque plus aucune part de nous-mêmes n’existait ailleurs.

Alors on a cherché à être pleinement et totalement heureux, satisfaits ; ce qui est absurde. Et on a pris nos désirs pour des réalités ; le mot même de « désir » n’a aucun sens ; il n’existe nulle part dans la nature de désir « indéfini » qui passe d’un objet à un autre indistinctement ; « désir » est juste une appellation hypocritement « naturaliste » et « réaliste » pour signifier le mélange de la structure infinie et du fini du monde ou du corps, une belle farce oui, et désir supposément accessible, puisque tellement naturel et spontané et « authentique », quelle bêtise, mélange fantasmatique qui ne signifie rien, auprès duquel on court constamment sans rien attraper du tout. De même que certes Nietzsche et Heidegger antériorisent à partir de la Volonté et de l’Etre, mais c’est d’une gigantesque hypocrisie que ceux-là ; volonté et « force » s’empruntant d’une pseudo scientificité, et Etre d’une absurde révélation délirante et totalitaire intégralement. Au moins Sartre et Lacan ne supposent rien de tel ; ils décrivent l'étrangeté sans fard, sans enluminures, sans fioritures, sans images, sans ‘poésie’ élucubrée (même si ils tombent un peu plus loin en une élucubration relative, à leur manière : ce qui les sauve c’est leur orgueil natif de français, bien trop individuels pour succomber à quoi que ce soit au-delà d’eux-mêmes, d’eux-seuls, cela forme leur saine limite).

Et comme on constatait bien sérieusement que vraiment on n’était pas heureux, achevés, satisfaits on a accusé l’idéalisme, le christianisme, les juifs, les pseudo-grecs Socrate et Platon (il faut le faire quand même, il faut le vouloir pour délirer à ce point là), ou même comme un chien se mordant la queue on a pointé du doigt la raison, la démocratie, le sujet, la liberté, la vérité ; comme si quoi que ce soit pouvait tenir comme par magie, par magie et esprit embrumé, en dehors de la pensée-raison, dieu-naturalité, sujet-moi, universel-humanisme, liberté-vérité – donc ce sans quoi tout s’effondre par le dedans. C’est parce que l’on a obtenu toutes ces structures que l’on peut, parfois, ici et là, se lâcher par délire intempestif et jouer de-ci de-là les grands pontes. Supprimez tous les acquis, et voyez ce qu’il vous reste : rien, juste des débris de fantasmes.   

La vérité c’est celle-ci ; on n’a pas su tenir la promesse que l’on s’était faite. Jusqu’alors la nécessité du monde nous tenait lieu de logique, de contrainte, et on se devait alors de se préserver, bien forcé. Mais sitôt qu’au travers de tous ces acquis on a pu se laisser-aller, la facilité institutionnelle de l’Etat, la facilité technique et scientifique, la facilité d’acculturation généralisée (chacun disposant de tous les récits du monde, et tous les récits au lieu d’en retirer le structure forte furent transformés en distractions ; dieu, le christique, le sujet, la pensée, le Un, l’universel lui-même furent réduits en récits caricaturaux, interprétations absolument pas au niveau de l’enjeu, interprétations réductrices à la dimension du petit désir bouseux), alors  en vérité finalement débarrassés de la nécessité il s’est révélé que nous étions dépourvus de colonne vertébrale interne, intrinsèque, structurelle, et débarrassés de la nécessité qui nous soutenait, nous nous sommes effondrés, avachis, effilochés, laissés dévorer par le monde : l’immédiat et la bassesse.

Le cadre démocratique universel tient, mais c’est le cadre institutionnel qui tient, en-dedans le mental humain, les images humaines sont totalement mangés, engloutis par les fantasmes, dévorés par les petites immédiatetés sans envergure et immédiatetés, bien salement réalistes, que l’on a fini par prendre pour la réalité même ou plutôt pour le réel de la réalité. La liberté tient parce que c’est une structure et qu’elle existe solidement, mais l’utilisation de la liberté est totalement dépenaillée, en loques, et tombe sans cesse dans quantité de mirages suscités de la facilité du monde et du vécu ; on ne sait pas se tenir debout, en quelque sens qu’on le prenne, on ne sait pas, on ne dispose pas de la volonté intentionnalisatrice suffisante, on ne sait pas mobiliser l’attention et la constante, on ne sait pas utiliser la puissance absolue de la structure. Nous n’avons aucune stratégie quant à l’existence, l’exister, et on se laisse glisser vers l'effilochage de notre arc structurel. Et par puissance absolue il faut entendre ; la possibilité même d’exister, de devenir DANS l’articulation au réel. On se réfugie dans de pseudo-interprétations qui n’ont que cette fonction de faciliter nos plus communes et collectives ou immédiates et individuelles petites envies.

Et le comble c’est que l’on ne peut pas prétendre que « vraiment la nature humaine est ainsi faite ». Parce que ça ne relevait pas de la nature, on a quitté la nature depuis des dizaines voire des centaines de milliers d’années, on n’y a jamais foutu les pieds dans la « nature ». C’est juste que l’on n’a pas su décider et vouloir, ni intelligemment, ni suffisamment.

Parce que si l’on a bien suivi, ce qui se veut dans la réalité et qui découvre que la réalité, donnée là, la détermination, se dédouble d’un réel (et ce doublement de l'être, de la réalité, c'est objectivement l'actuel, le présent) alors le réel, la structure doit se décider d’elle-même ; que serait le Un si il ne se décidait de par soi ? Il ne serait pas. Ce que Platon signifiait par les Idées ou les juifs par Dieu ou ce que signifiait le christique et le sujet et la pensée et l’universel, c’était précisément les articulations gigantesquement possibles de la structure dans le monde, dans et par ce monde ;ces articulations qui ne Sont pas, nulle part, mais qui Ex-sistent ou devaient Ex-sister, sortir, toutes exactes, de l’actualité du présent et de la décision ; dieu, le christique, la pensée, le sujet, voila ce qui nait soudainement et emporte le réel ; et abandonner ces structures c’était immédiatement retomber dans le monde mais exigu, écrabouillé en petits morceaux malléables au service de petits désirs ou de volontés pitoyables. Et même piteuses. Parce qu’elles le savent, elles s’en doutent.

Les grandes configurations (dieu, pensée, christique, sujet) étaient en mesure d’orienter l’arc du réel (l’articulation conscience/présent, forme/contenu, sujet/réel que l’on a pu extraire du donné monde, grâce à ces structures), mais sitôt que l’on réduit les paramètres (en pensant atteindre un réalisme mais tenant la réalité on ne tient que des bouts de réalité, et non le réel) et que l’on recalibre l’attention et la conscience-de à ce seul niveau du donné, l’arc tombe au niveau de ses contenus et ne peut plus d’auto-organiser en tant que réel ; c’est non pas de connaitre les réalités mais de penser le réel de ces réalités qui devait être continué. C’est ce que l’on a ciblé depuis Descartes et malgré tout par Nietzsche et Heidegger (bien que leurs mouvements se retournent dans le retour et n’accroche plus l’arc du réel) et que l’on a repris plus strictement par Sartre et Lacan ; l’articulation telle quelle, au plus proche (et en ce cas on y est en plein, DANS l’arc lui-même).

Qu’il y ait la science oui, mais qu’il n’y ait que la science, non. Qu’il y ait le désir, oui, mais que le désir soit toute l’explication que l’on puisse avancer, non. Qu’il y ait le monde et rien d’autre, non. Parce que quoi que l’on fasse, dise, imagine ou pense, nous sommes déjà Autres que le monde et chacun est Autre que sa vie et Autre que son corps ; c’est comme ça, c’est le fait majeur et formel, et c’est parce que la distance existe que l’on A un corps, une vie, un monde. Sinon nous n’aurions rien de tout cela ; nous serions ce corps, ce milieu, ce donné. A vouloir tout ramener à un être-là parfaitement stupide et sans articulation (sous prétexte que vraiment l’articulation relevait de l’idéalisme ou de dieu ou de ces ‘machins’ semblables) on a éteint l’arc de la possibilité ; les grandes configurations, dieu, la pensée, le christique, le sujet et même les divagantes pensées de l’altérité (qui voient bien qu’il leur manque un truc et qui en font des tonnes dans l’enflage, dans l’avenir grandiloquent, et le communisme dont on ne sait absolument pas ce que signifie la société radieuse) les configurations au moins assumaient et fondaient une énorme articulation et donc LA possibilité ; celle-là même dont nous sommes issus, et dont nous amassons les bienfaits, les effets, oublieux de la structure même, la vomissant, tellement arrogants et malsains, et les petits atermoiements, les fantasmes avérés, les immédiatetés sans profondeur, le nez dessus, ont rabattu l’ampleur au plus ridicule niveau de la vision, ce qui veut dire de la perception. Les corps eux-mêmes ne se perçoivent plus vraiment ; ils s’empêtrent.

Le nez dans la soupe.

Descartes et Kant voulaient établir la grande articulation structurelle et/ou transcendantale, on n’en a retenu que les faciles évidences, et non l’empire de volonté tendue et arrachée au donné et au monde et au corps, histoire de ne pas trop se torturer le mental. La révolution supposait qu’elle n’était pas close et se devait de s’approfondir, on a caricaturé toute la possibilité et réduite à un tas d’intérêts débiles, on a nommé cela « l’économie », cette caricature de pensée, et scientifique et philosophique, entre autres. La représentation voulût s’augmenter si fort qu’elle pouvait devenir la conscience-du-monde, court laps de temps réflexif des années soixante, c’est retombé dans les raccourcis des pires pouvoirs crasseux et les diverses catatonies psychiques de tout un chacun ; on ne mérite pas mieux.

L’affirmation de la liberté n’impliquait pas la « toute puissance » ; c’est l’interprétation dégradée de la liberté qui a lâché le fantasme dans la réalité, l’irréalisme et la bassesse ; c’est le milieu humain qui n’a pas voulu reprendre les grandes articulations ; il n’a pas opéré l’historicité toute vivante, la transformant en cadavre, par « sens de la révolte et libération de la multiplicité ou de la nature spontanée » ou autres conneries, mais par facilité et abaissement de soi ; parce que c’était bien plus simple de se laisser-aller plutôt que de reprendre et contenir, en soi, les grandes articulations. Descartes ne se croit pas « maitre et possesseur de la nature » mais maitre et possesseur « pour le bien humain », et non pour délirer sans mesure ; refuser à Descartes sa capacité, lui si précautionneux et si lucide (qui ne s’emmêle jamais les pinceaux et ne nomme pas même sa découverte « sujet ») c’était ruiner la tension verticale non-finie, la distance rigoureuse, qu’il se permettait de lancer dans le réel. Ne retenir de Kant que l’abandon de la métaphysique c’était à bon compte nier qu’il entendait élaborer toute la conscience possible de nos limites et dresser de cela la carte même du Bord de la réalité. Ne retenir de Sartre que son communisme (qu’il tentât si durement de repenser intégralement) c’est ne pas dessiner tous les embrayages de conscience (vis à vis de soi, des autres, du monde, de l’histoire, et de l’ensoïté du donné) dont il rend le compte exact afin que nous n’en soyons plus les jouets.

Bizarre mentalité qui croit interpréter avec réalisme supposé le réel et l’historicité, alors qu’elle ne pense pas du tout au même niveau, ni selon le même degré de réel,  et n’a pour finalité que la facilité de ses petites envies à satisfaire.

Et qui refusant de considérer rien de plus élevé que son moi, laisse celui-ci intouché et fade, ramenant à sa fausse-dimension tout ce qui lui tombe sous la main. Il ne lui vient pas à l’idée que derrière son propre moi s’étend le sujet réel, la structure et son architecture, et que cette hypothèse ne signifie nullement céder à l’irréel, mais qu’au contraire ce moi disparait dans ses propres images. Le moi nomme irréel ce qui ne convient pas à ses propres images de gosse pataud, lourdaud, avec ses grosses mains avides, cette gueule énorme, cette monstruosité. 

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Histoire de la philo, en quatre points

23 Août 2017, 09:34am

Publié par pascal doyelle

 

Surintentionnalisation ; les grecs, qui passent outre le langage, le groupe et sa mythologie, l’immédiat et le corps, puisqu’est découverte la capacité de non pas recevoir des contenus, des représentations, mais de les produire ; de les produire en augmentant considérablement l’intentionnalisation ; et intentionnalisation qui apparait comme telle au grand jour et se nomme « pensée » ; une intentionnalisation, une idée. Il existait de la pensée avant les grecs, et qui se connaissait comme pensée mais se référait à un super contenu (dieu, l’absolu, l’éternité, etc qui ne sont pas « ici », et donc que l’on ne peut pas penser correctement, dont on ne peut pas acter la cohérence, on doit y croire et non pas l’analyser et le comprendre, mais si la pensée est cohérente-ici alors le réel est tout entier ici … il n’y manque rien, c’est juste que l’on ne sait pas tout ce qui est, tout ce qu’il faut comprendre). Ici la pensée se connait face à la réalité et s’introduit dans la réalité en démultipliant ses activités (esthétique, éthique, politique, idéel, philosophie). Face au donné tel que «là » ; divisant instantanément le donné en « ce monde » et le « là » du monde ; le monde apparait parce que dessous ou au-dessus, il est un horizon, l’être, sur lequel le monde, la détermination apparait. On peut en raison supposer que l’horizon synthétise toutes les déterminations que, via la pensée et l’universalisation, on pourra tirer de ce monde tel que là. Il suffit, a priori, pour cela d’élever de plus en plus l’universalisation et la connaissance et l’horizon produisant toutes les différenciations du monde réel, nous animera au travers de toutes les distinctions idéelles de notre pensée ; la réalité est une différenciations et la pensée en produisant les distinctions idéelles, nous égale à l’architecture du monde, et de ceci augmente de toute manière (même si l’on ne parvient pas jusqu’au Un qui est Tout), augmente considérablement « ce que l’on perçoit du monde ». C’est cela que les grecs comprennent et dont ils s’entichent à juste titre ; par la pensée et l’universalisation de l’intentionnalisation qui produit quantité de distinctions, mentales, on perçoit quantité de différenciations, réelles.

Ce qui implique que chacun fasse l’expérience du monde ; on ne pense que si l’on pense, sinon on ne voit, littéralement, rien. On voit des images ou des reflets d’images (puisqu’il est avéré que certaines « images » sont des images-idées ou même des idées-images, mais on sortirait du cadre).

Chacun mais non pas individuellement ; on se convertit à « la pensée » ; elle est universelle et chacun doit se séparer de « soi ». 

L’hyper intentionnalisation – le christique ; hyper signifie que l’intensité prend entièrement l’individualité ; l’individualité va se retourner intégralement sur elle-même et ce à partir du point-Autre, qu’est le christ, le christ qui manifeste de fait et en une fois que l’Autre-point existe et qu’il est le réel ; ce à partir de quoi ou de qui on perçoit que l’on existe ; si on sait que l’on existe (et que l’on va mourir) on le sait à partir d’une perspective ; quelle est-elle ? Le christique est le regard autre qui vous crée ; il vous foudroie sur place et vous montre que vous vous percevez de l’extérieur et que cet extérieur est absolu ; bien plus grand que la vie que vous menez. C’est cela qui s’introduit absolument, cad formellement, par le christique ; la forme de votre regard est plus grande que tout ce que vous pourrez percevoir. Le christique est l’ensemble des possibilités qui nous tombent dessus lorsque l’on s’aperçoit que l’on est en-plus. On regarde en-plus à partir d’un point absolument Autre et on ne sait pas pourquoi ni pour quoi.

Et cela prend radicalement, à la racine ; et la racine (outre celle structurelle, sur laquelle on n’introduira pas ici) est le corps ; il est clair que c’est intensément que tout ce que l’on est, durant une vie, entre en scène ou sort de scène, comme l’on veut ; saisi à vif, comme sur la poêle, à vif d’un Point qui est Autre.

Il est clair que l’individuel est alors bien plus profond que pour les grecs ; jamais à partir de l’universel on n’obtiendra la sidération de se percevoir d’un point autre que soi ; lorsque les grecs saisissent l’individu ou l’humain ou le monde, c’est sous couvert de l’universalité, de l’universalisation, de la pensée, de cette interface monumentale et architecturant universellement la réalité. Lors que le christique sur-existe soudainement, l’architecture universelle ne peut pas intégrer une telle divergence.

Il faudra, intégralement, toute l’historicité qui suivra pour commencer d’appréhender l’irruption individuelle dite christique ; Sartre et Lacan commencent à peine de saisir le début de cette individualité structurelle. En vérité l’organisation intégrale, le déploiement de l’historicité tente de déplier la structure mise à jour (ou révélée si l’on est croyant) par le christique.

Il est vrai que cette structure ne s’anime a priori que dans la conversion ; le regard christique crée votre âme, ni plus ni moins. Ou dit autrement le regard recrée votre corps ; un autre-corps. Et cela ne tient que d’être vu, vous-même, par le christ.

Ce qui est considérablement à la fois repris et bouleversé par Descartes.  

La méta-intentionnalisation. Descartes mine de rien, substitue singulièrement le Regard christique ou si l’on préfère l’approfondit ; il le remplace par un méta regard de soi sur soi ; sauf que de ce fait ça n’est plus le même soi… Le regard cartésien, est qualifié de retour sur soi ; mais au sens de « se retourner sur/vers soi » et de re-tour, de nouveau tour joué.

Ce qui était réflexivité dans la pensée, grecque, soit donc la capacité de mesurer la totalité des intentionnalités, des idées, en une fois, une fois qui rende la cohérence de la pensée, par quoi la réflexivité est l’auto-vérification de toutes les intentionnalités dans et par la cohérence que l’on admet (se rendant capable de saisir la cohérence de la réalité), devient par Descartes réflexivité au sens de retour sur cet-être que l’on est ; il faut même dire de cet-être que l’on existe (de là que la méthode ait cette structure de récit, de devenir, de devenir autre que soi et qui rend autre tout ce qui est, par le rêve, le malin génie, les marionnettes humaines, la folie, etc). Pareillement si l’on revient sur soi comme étant cet-être qui est « là », Descartes va disposer la réalité comme étendue (mathématisable et non plus pensable, ce qui fait s’écrouler toute la pensée métaphysique) ; cet-être qui est le « nôtre » est posé « là » sur le monde-étendue, comme cloué et ne disposant d’autre ressource que la sorte de performance interne de la volonté (identique à celle de dieu), et performance du doute par son circuit. Et sur l’horizon du monde, sur l’horizontalité, s’impose, toute verticale, la conscience de « soi », laquelle est quand même très étrange ; elle parait non pas une structure personnelle mais pourtant absolument singulière et ne relevant plus de l’universel, non par défaut mais par excès.   

De même que l’on ne peut plus universaliser le monde selon la pensée mais selon la mathématisation (et les sciences), de même on ne peut plus penser notre être comme un écho, pour ainsi dire, de la pensée du monde, et qui descendrait jusqu’à la connaissance, lorsque l’on s’y efforce. Notre être n’est pas un agent pensant qui recevrait la pensée toute faite, ni qui consisterait en l’universalité. Il faut une description bien autrement outillée pour saisir que cette « âme » dans chaque corps, humain, est un arc de conscience qui s’élabore et qui s’architecture (en tant que sujet et en tant qu’historicité qui a déployé toutes ces facettes et ses possibilités). 

On a ainsi dû recourir à une nouvelle interprétation ; soit saisir toute la constitution du monde donné et de la pensée elle-même à partir d’un « sujet » dit sujet transcendantal (kantien) ; soit retrouver toute l’historicité des déplacements de cet arc de conscience au travers des deux phénoménologies (celle de l’esprit et celle du savoir absolu, de Hegel) ; et puis enfin d’entrer dans le vif en remplaçant la « pensée » (qui est seconde depuis Descartes, qui est effet et non plus cause) par l’intentionnalité ; et tout ceci en se maintenant dans la réflection (la réflexivité de second degré, plus antérieure) ; l’image de lui-même que le miroir, en personne, tente de définir ; soit donc de pénétrer dans le secret du divin en quelque sorte. Non plus de s’animer dans des idées ou des images, mais d’explorer la structure même qui génère toutes les images et toutes les idées (et les mondes humains, les langages, les identités, etc)

L’anti-intentionnalité

Dès lors la structure est lâchée dans le monde, nue et sans rien. De là qu’elle comprenne sa propre liberté. Mais Descartes a également montré le monde tel que là ; l’étendue du monde, le silence éternel des espaces infinis qui effraient. Tout arc de conscience parait alors isolé et perdu dans l’altérité totale du donné, l’immensité de l’univers réel, ses ultra complexités, et les déboires de toute vie individuelle, son absurdité, accidentalité, non sens ; on usera par l’anti-intentionnalité de toutes les figurations de cette altérité, puisque l’on ne croit plus à l’être, à dieu, au christique ou au sujet, (ne comprenant pas que par sujet il faut entendre tout à fait autre chose qu’une « substance » ou un idéel ou un idéal ou une identité quelconque ; le sujet kantien, hégélien, husserlien est bien éloigné de toute substantialisation). La vérité est que le sujet, structurel, se sait instantanément comme sujet, mais que le miroir n’admet pas, refuse, nie qu’il soit ce miroir ; il voudrait encore se mirer dans une image ; il emploiera l’Etre (Heidegger), ou la Volonté ou le langage, ou l’inconscient, ou ce que l’on voudra (l’économie ou la neurobiologie, etc) pour travestir et couvrir le miroir même.

On a atteint le miroir même, mais on ne veut pas le voir en face.

Malgré eux N et H manifestent d’une part l’altérité interne (par la figure de la Volonté qui est autre que nous) et d’autre part l’altérité externe (l’être, le « là » où depuis Descartes nous sommes situés, dans l’altérité du donné-monde-étendue) ; ce qui sont des figurations d’un mouvement de structure mais non pas la structure elle-même ; qui est effectivement la conscience comme plus grande que le conscient et le réel tout à fait autre que l’humain. Un degré de plus et Sartre va nous exposer la structure dans l’externe du monde, des autres et de l‘historicité et Lacan va remonter la structure tout au long de l’identité du moi humain, du corps humain. De sorte que littéralement tout a commencé d’être exposé au devant de nous, sous notre regard. Mais commencé seulement.

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22 Août 2017, 13:51pm

Publié par pascal doyelle

Histoire de la philo, en cinq points

Sur-hyper-méta-anti et analytique de l’intentionnalité

Surintentionnalisation ; les grecs, qui passent outre le langage, le groupe et sa mythologie, l’immédiat et le corps, puisqu’est découverte la capacité de non pas recevoir des contenus, des représentations, mais de les produire ; de les produire en augmentant considérablement l’intentionnalisation ; intentionnalisation qui n’apparaissait pas comme telle jusqu’alors (elle était prise-dans un contenu, les images, les mots, les héros, les dieux, les récits, etc), et intentionnalisation qui apparait comme telle au grand jour et se nomme « pensée » ; il y avait de la pensée avant les grecs, et qui se connaissait comme pensée mais se référait à un super contenu (dieu, l’absolu, l’éternité, etc qui ne sont pas « ici » et donc que l’on ne peut pas penser correctement, dont on ne peut pas acter la cohérence, on doit y croire et non pas l’analyser et le comprendre, mais si la pensée est cohérente-ici alors le réel est tout entier ici … il n’y manque rien, c’est juste que l’on ne sait pas déjà tout ce qu’il y a, tout ce qu’il faut comprendre). Ici la pensée se connait face à ; une et par anticipation ou par logique un Un qui est Tout. Face à l’être ; le donné tel que «là » ; et l’intentionnalité se connait comme telle en ceci que la pensée se définit comme tournant à partir d’elle-même et engendrant des idées (que ce soit pour de vrai, comme un logos qui génère ou pour-nous, comme une universalisation) ; de même que le réel est « là », de même la pensée est « ici » ; il n’y a pas d’extériorité à « ce qui est ».

L’hyper intentionnalisation ; le christique (en ceci que le christique ajoute à l’intentionnalité qu’est, que serait dieu, un corps en plus) ; hyper signifie que l’intensité prend entièrement l’individualité ; l’individualité va se retourner intégralement sur elle-même et ce à partir du point-Autre, qu’est le christ, le christ qui manifeste de fait et en une fois que l’Autre-point est le réel ; ce à partir de quoi ou de qui on perçoit que l’on existe ; si on sait que l’on existe (et que l’on va mourir) on le sait à partir d’une perspective ; quelle est-elle ? C’est ce qui s’introduit absolument, cad formellement, par le christique. L christique est l’ensemble des possibilités qui nous tombent dessus lorsque l’on s’aperçoit que l’on est en-plus. On regarde en-plus à partir d’un point absolument Autre et on ne sait pas pour quoi. Et cela prend radicalement, à la racine ; et la racine (outre celle structurelle, sur laquelle on n’introduira pas ici) est le corps ; il est clair que c’est intensément que tout ce que l’on est, durant une vie, entre en scène ; saisi, comme sur la poêle, à vif d’un Point qui est Autre.

Hors du christique il est extrêmement difficile de comprendre l’individuel ; l’individué peut être traduit comme en-deçà non-pensable de l’universel – universel qui seul nous fait-voir le monde, nous offre une perception considérablement augmentée du monde, et si l’individuel n’entre pas dans l’universel, alors on ne sait pas quoi en faire, comment l’organiser ;la seule solution est que l’individuel se transporte dans l’universel et s’oublie comme individuel.

Mais le christique dispose de ceci qu’il incruste absolument la positivité absolue, cad formelle, de l’existence. Il n’est pas vrai que vous n’êtes que ce corps et il n’est pas vrai que vous serez identique à dieu ; vous serez vous-même, tel quel, en même temps non pas identique à dieu, mais en rapport d’égal à égal, par quelque mystérieuse part, ce qui veut dire par quelque étrange rapport formel et tout doit être redistribué, et le sera selon ce rapport nouveau et autre.

Tout le kaléidoscope doit être remodelé ; ça ne modifie pas seulement la substance du réel  mais ça bouleverse la nature même de cette substance qui n’est plus la même (lorsqu’auparavant dieu-seul demeurait le Même) et intensifie la source par quoi cela devient l’articulation conscience/réel (et non plus seulement, si l’on peut dire, l’abnégation conscience/dieu). Il ne s’agit pas d’un état stable du croyant vers dieu tout là-haut ; il s’agit d’une dialectique, d’une autre sorte de logique formelle … qui donc crée le formel lui-même. Par le christique on passe plus encore du contenu et de la détermination au formel de l’acte, à l’indéterminé comme effecteur réel ; les grecs espéraient, attendaient une égalité de la forme et du contenu ; le contenu de l’intentionnalisation c’est la pensée. Mais l’intentionnalité commence soudainement de se découpler même de la pensée.

Descartes : la méta-intentionnalisation est un retour. Mais un re-tour : un nouveau tour. Ce par quoi on s’est saisi soi-même, par le christique, c’est selon le « point-autre » et ce point il lui vient de se retourne sur lui-même et commence, commence seulement, de se percevoir (il n’est plus seulement perçu par jésus, raison pur laquelle la conversion était si absolument et formellement essentielle, maintenant la conversion c’est le doute-cogito-infini-étendue-corps ; c’est cela que ça signifie le cogito) ; si il est un point-autre (par qui, par quoi on se perçoit) alors on peut le nommer, désigner, supposer, signifier. Descartes est ce mouvement de retour vers cet-être tel que « là ». On ne veut plus seulement connaitre le « là » au devant (le monde), ou l’être (tel qu’il est éventuellement possible de le penser en l’entourant de toutes les intentionnalisations disposées en système et en systèmes). Et on se demande : de où regarde-t-on ? De où le christique nous voit-il ? Descartes craignait de ce que l’église pourrait penser de son irruption du sujet (qui est « celui qui se voit » sans le secours du christique, et qui doit réinstaller un autre rapport, à tout ; à dieu, au monde, au corps) ; tout cela n’est pas dit tel quel, c’est montré tel quel ; c’est cela qui se vit, s’ex-siste ; tout cela est perçu par Descartes, au premier chef. Il y a une zone de rupture qui consiste à substituer au regard christique, le regard porté sur cet-être que l’on est (et qui nous structurait comme individuel, et tous les individus parviennent là à une égalité absolue, cad formelle ; ni homme, ni femme, ni riche, ni pauvre, ni esclave ni homme libre ; ce qui est une abolition totale non seulement de tous les mondes très durs et cloisonnés de l’antiquité, mais aussi de tout monde humain clos et cyclique et magique, et de toute immédiateté du corps-que-l’on-est) ; antérieurement à tout le manifesté, toute la détermination ; le retour sur cet-être est réellement un nouveau tour, qui dévoile un océan de possibilités, de possibilités structurelles.

Le méta est donc retour-sur ; il nous dépose « là » et en ce cas, puisque cette fois on est ici même sur le sol réel,  le « là » est le monde en tant que le monde est l’étendue.

Ce qui brise tout.

De là l’anti-intentionnalité.

Ça n’est pas seulement que plutôt que de désirer (ceci ou cela, dieu ou le paradis, la pensée ou l’absolu) cette fois on se prend comme « objet », ce qui inverse totalement toute qualification d’objet-et-de-sujet et oblige à une restructuration de toute la pensée (qui au lieu d’être réflexivité sur et dans et par le discours qui doit s’auto-organiser pour être compréhensible, et revenir réflexivement sur lui-même comme discours, cette fois ce qui est réclamé c’est une réflexivité sur un être, une structure réelle ; réflexivité prend donc un nouveau sens), c’est que, de plus, le réel, l’être est dit comme « étendue » ; le monde, l’être c’est ce qui est là au-devant et l’arc de conscience est strictement limité à cet-être-çi, cloué sur le sol (mais qui mène par ailleurs sa verticalité en cette limitation ; autrement dit la pensée, le penser n’a plus directement accès au donné tel que « là », sinon comme mathématisation ; l’arc a accès à l’in-fini, de sa volonté, ou à sa propre constitution mais plus à la réalité). Et c’est de cette étendue, de l’altérité manifeste (du silence des espaces infinis qui effraient) que partent les suivants ; de Kant (qui incarcère bizarrement le monde dans des « limites », le nouménal) à Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan.

De cette étendue du monde d’une part mais aussi de la possibilité visiblement qu’obtient notre être de se signifier lui-même ; on se prend pour « objet » mais on se prend aussi pour un objet … On va chercher à appliquer à notre être, cette structure, des qualifications péchées ici dans la science, là selon la poésie, ailleurs selon l’inconscient, etc ; mais toutes ces qualifications, qui rendent pourtant quelque précision sur tel ou tel ensemble dans la réalité, ces qualifications manquent l’acte même qui les pose ou qu’elles supposent ; c’est parce que l’on est intentionnalité que l’on se dit, de soi-même, « je suis selon l’inconscient et le langage » ; que cela soit vrai est seulement partiel, c’est « que l’on dise », « que l’on signifie » qui compte, philosophiquement. C’est pour redistribuer la perception, après que Descartes a originé la pensée en un être spécifique, qu’il faut renommer et désigner notre activité non plus de « pensée » mais en tant qu’intentionnalité (de même que Hegel doit supposer antérieurement à tous les mouvements dialectiques une activité négatrice constante) ; et que Husserl est contraint, si l’on peut dire, par la nature même de l’attention qui s’est déplacée de ses objets (idéels) vers cet-être que l’on est et que les idées ou concepts ou pensées ne peuvent plus y suffire.

Analytique de l’intentionnalité

Mais plutôt qu’intentionnalités (qui ciblent quand même malgré tout un contenu) il vaudrait mieux parler de signifiances ; c’est le passage entre Husserl et Sartre qui débarrasse la phénoménologie de ses/ces idéalités ; Sartre ne nous entretient pas des idéels mathématiques ou logiques ; il voit bien que l’on signifie par et avec le corps, non pas seulement le corps donné là mais le corps comme surface-autre, comme autre corps, et aussi donc comme corps de l’autre conscience, et que constamment Sartre perçoit dans le quotidien comme dans l’exceptionnel, l’engagement et l’historicité ; il étend singulièrement la capacité de signifiance. On y reviendra.

L’anti-intentionnalisation perçoit tellement que le réel ne nous attend pas du tout puisque le réel est parfaitement indifférent. On est plongé, immergé, débordé, absorbé, détruit, annihilé, parce qu’ignoré par le réel. Le réel est Autre. Tout le réel est Autre. Nous sommes dépouillés et morcelés par tous les bouts et également tous les bouts de corps, splittés par le réel Autre. Et donc l’intentionnalité (qui gouvernait par sa logique intentionnelle aussi bien son égalité pensée-réalité que son intention/vécu, aidé de jésus ou de Hegel et de la dialectisation intentionnelle généralisée) toute la réalité et notre réel, en supposant que cette intention était attendue, toute l’intention et l’intentionnalité donc s’effondrent.

Chez Nietzsche, Heidegger, (Freud, Marx), Lacan et il n’y a plus que Sartre qui résiste ; normal (arrogance des français, qui ont toujours raison : c’est comme ça). On va utiliser toutes les déterminations dans le monde donné-là (de la science à la poésie, de l’antichristianisme à l’économico-idéologique, du corps à l’inconscient, du langage à l’anthropologie, dieu lui-même devient l’Autre absolu et inquiétant, etc) et tout utiliser afin de nier l’intentionnalité, engloutir la forme dans ces nouveaux contenus ; ce faisant on utilise comme jamais cette intentionnalité, et elle se déploie dix mille fois plus qu’auparavant ; les nouveaux contenus qui étouffent la forme, la structure, sont produits à partir de la forme gagnée comme sujet. Et c’est le dit sujet qui retourne contre lui-même (puisqu’il est convaincu que l’être, l’idéel, l’idéal, le christique ne sont pas).

Et ils ont raison ; il n’y a pas d’Etre. Parce qu’il y a autre chose bien autrement que l’être. Ce que découvre toute l’exploration d’occidentalisation (dont on a dit qu’elle n’est pas « l’occident »), c’est le passage du contenu sur-intentionnalisé (les grecs) et hyper intentionnalisé (le christique) qui dépassent déjà le contenu obnubilant, qui manifestent déjà leur intention de ne plus dépendre des contenus (soit d’égalité du penser et de l’être, soit de saisie du point de regard autre sur tout le vécu) et de tendre vers la forme, antérieure, qui produit les contenus,

c’est, donc, le passage du contenu vers la forme même et la forme seule, qui précède les contenus ; Descartes, Kant, Hegel, Husserl, jusque Lacan, reculent au fur et à mesure dans l’antériorité ; dans ce qui existe avant le monde, le donné, la pensée, le christique, et même avant le sujet ; vers l’antériorité de structure qui pré-dispose à tout cela. Dont Sartre et Lacan présentent la première approche. Et cette forme qui est approchée, ne relève déjà plus du penser grec ou du regard christique mais de la dimension de l’acte-même précédant toute détermination, réalité, être. 

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Pourquoi y-a-t-il des sujets ?

19 Août 2017, 09:24am

Publié par pascal doyelle

La perception différentielle

Pour raisonner sur l’exister, qui n’est ni l’être, ni l’existence, il faut plier la pensée à un fait intuitionnel : c’est évident.De là que le procédé puise être totalement discutable ; et de là qu’un tel système ait à se modeler sur une intuition non seulement du réel (perçu sous la forme de l’exister) mais de plus et bien plus en tant que totalité en mouvement.

On explique. Lorsque les grecs ciblent l’être, que l’on analyse ici d’une part comme donné là et en tant que « là » du donné, il faut entendre donné-là tel qu’il nous parvient par et pour l’universalisation, la raison en tant que pensée, et "là" du donné en tant que "là" de tout donné, de tous les donnés, le « là » qui est source de tous les autres. Mais cela ne dit rien en soi ; on n’a pas une « idée » d’un tel « là », ni même du donné tel quel ; c’est l’ensemble, la totalité des définissabilités (l’universel, cad la pensée, le monde, cad les essences des choses, leur apparescence, leur mode d’actualisation dans le monde, puissance et acte, etc) qui nous permettent de comprendre ce que les grecs visent en tant qu’être. Et l’être des grecs se délimite en tant que pensée ; le pensable c’est l’universalisable, mais c’est aussi l’actualité de cet être, sa présence immédiate remontant jusqu’à sa présence immuable, ou particulière remontant sur l’universalisable, ou la disposition hasardeuse jusqu’à la bonne disposition des choses et des êtres, l’idée de bien, le bon rapport dans tous les sens du concept.

Mais l’idée, le principe, ici, est que l’on n’est jamais séparé de son aperception absolue, donnée là, immédiate et instantanée. Autrement dit si l’on était chrétien du 1er siècle on absorberait instantanément toute la décision de se convertir, on serait même précédé de cette décision. Si l’on était un hippie des années soixante on serait déjà instantanément (préalablement) et immédiatement (dans le monde) tout ce que l’on pourrait être durant ces années là. Il n’y a aucune raison de ne pas comprendre que l’on est déjà totalement tout ce que l’on peut être et qu’un coup de pouce suffit pour accélérer la mouvance, la signifiance.

Si l’on est Sartre on sait déjà comme la racine de l’arbre noueuse et massive, existe ; on a déjà perçu cela.

Ça ne signifie pas que l’on n’est pas libre de percevoir ce que l’on veut ; cela veut dire que l’activisme, la structure sans maître,  libre, a déjà, en nous, perçu son réel, et que cette perception est différenciée (de toutes les autres) parce qu’elle est différentielle ; elle est agissante.  

Par contre si on se contente des signes extérieurs de banalité, on retrouvera très bêtement les signes adéquats, tout à fait partagés entre tous ; à la différentialité commune, qui est une répétition des circuits mémorisés, de la masse cervicale, des mémoires et de la sorte de rêve éternisé qu’est la cervelle, et non de l’acuité, de l’hyper intégration accélérée qu’est l’arc de conscience tendu vers le réel, puisque le réel n’est que actualisme pur et brut ; on pourra ainsi interpréter le 20éme comme une sorte de 19éme amélioré… ce qui est bien, mais très nettement insuffisant.

Lorsque Hegel déroule toute l’instantanéité de ses deux phénoménologies (celle de l’esprit, de la conscience  et celle du savoir absolu ; le savoir absolu hégélien est le déroulé de toutes les négativités dialectiques, autrement dit des intentionnalisations, de la conscience dans et par la pensée, en tant que cette conscience crée l’universel, l’universalisation), il est imprégné de toute l’historicité ; il en dresse le bilan et il en agit tout entièrement avec tout le Hegel, la perception, le corps hégélien, la possibilité du monde que tout immédiatement présente qu’il y ait, dans la réalité, un Etat moderne, jamais vu auparavant, nulle part.  

Il n’est donc pas question de remettre tel conscient déjà digéré, déjà digérant sur la table, mais de montrer ce que par-dessous l’arc de conscience (qui n’est pas le conscient, qui est bien plus grand que le conscient) sait déjà ; il le sait sous la forme qu’il le perçoit. C’est déjà son corps, son corps dans une certaine disposition.

On a extrait le mécanisme de conscience (comme technologie réelle, qui se couvrait auparavant dans des mondes humains séparés) et une fois sorti de tous ses contenus (de tous ces mondes), ce mécanisme travaille, torture, avance évidemment immédiatement dans le monde (le réel et la réalité seuls l’intéressent).

On a vu que l’on définissait la conscience comme un arc tendu vers le réel, tel que donné « là », qui sortait de la cervelle y échappant et tissant de ce fait de structure ses propres trames ; au fur et à mesure. Ça ne veut pas dire que l’arc peut tout, qu’il sait tout, etc ; mais qu’il garde toujours une prédominance de ceci qu’il est issu du « là » du donné ; si un guerrier de l’autre clan d’à-côté surgit dans la savane, ce mini système de rien du tout est capable d’embrayé tout autrement la mémorisation d’une cervelle et de court-circuiter celle-ci ; ni plus ni moins. On ne voit pas à quoi elle pourrait s’utiliser sinon de ce court-circuit. L’arc de conscience fonctionne dans l’actualité du danger, ou de l'inattendu, cad dans le présent. Déjà on y voit que le présent est le « lieu où cela se passe » et  activisme de tout ce qui se présente. Or la réalité, le monde est cela qui se présente, mais aussi le corps ou le moi.

En un sens on pourrait redéfinir l’arc de conscience comme pré-perception ; ce que ne manque pas Sartre. Et c’est effectivement ce qui se passe ; ce qui se passe c’est que le signe, le signifiant fonctionne comme pré-pensée, à la fois pensée et pas-pensée-du-tout. Pensée commencée et non terminée ; qui ne fait pas système. Il faut être possédé par le systématique, cad forcer le réel à la pensée définie, idéaliste scientiste ou dogmatique philosophique ou idéologique, pour ne pas voir que de système il n’y en a pas ; nulle part ; pas plus dans la pensée que dans le langage, et pas plus dans le réel ; si le réel était un système il n’existerait pas, il serait fixé, figé.

Pensée commencée et jamais terminée… ce qui permet qu’elle, outre sa non terminaison, se disjointe en toute la sensibilité ; autant selon l’ouïe ou le regard, esthétiques, le corps ou l’imagination, éthiques et récits, la peau et l’unité ou l’autre déjointement qui consiste à se parler et se signifier du point de l’autre conscience… Parce que cet acte prend instantanément qu’il se prononce du dehors, et tout autant à partir de tel autre arc, telle autre conscience.

Qu’ensuite telle préperception (cad en réalité signifiant, signifiance comme technologie adéquate à cet arc) se formule dans de la pensée très-convenue est une chose, et c'est ce qui arrive le plus communément) mais  la pré-perception est beaucoup plus étendue que l'énonciation. Et la coïncidence est impossible parce qu’alors « conscience de » n’aurait pas lieu d’être. Et si l’on décide de ramener soudainement l’ensemble de la préperception à peine signifiée telle que cette signifiance ultra immédiate (cad théoriquement instantanée) dans la réalité, cela consiste à modifier le conscient, la mémoire, le donné déjà là, en fonction du donné qui n’est pas là ; le danger, dans le monde, qui guette.

Si l’on se préperçoit selon dieu, ça n’est pas la même configuration que si l’on se préperçoit en tant que jésus, et pas non plus selon René Descartes ou si l’on se déplace mentalement comme Mozart, on se déplace tout entier comme Mozart ou se super visionne par Rimbaud. Il est, de fait et sans aucun doute, une avancée dans l’épaisseur du monde d’une part mais aussi et fondamentalement une avancée dans l’inépaisseur de la forme du monde.

Nous nous sommes avancés vraiment bien au-dedans de l’inépaisseur ; lorsque les existentialistes dénomment la forme même, soit l’exister des choses et des êtres, et perçoivent l’arc de conscience et la structure du réel comme tels, c’est la précipitation, l’accélération de la préperception qui les absorbe. Puisque l'on a pelé le monde et le corps comme des oignons.

Il s’agit donc de rejoindre ce que l’on perçoit mais ne nomme pas. Et lorsque l’on nomme enfin ce dont on est le lieu, alors reviennent toutes les préperceptions précédentes, parce que c’est toujours le même Arc et toujours le même réel, tel que « là », qui se montrent.

Ou donc ; la perception non dite, à demi dite, est consistante. Elle est non ce que l’on voit mais ce que l’on perçoit (au travers de tout les voirs qui eux reviennent au conscient). Et il ne faut pas craindre qu’exprimés ils se transforment de signes en mots, en mots du commun ; il faut faire un effort considérablement pour comprendre Platon et Haendel n’est pas moins difficile (et bien que les esthétiques s’utilisent pourtant parce qu’ils avancent instantanément et immédiatement dans la sensibilité même, sur le corps, sur la peau du corps, mais portent le corps dans le champ du retour, du nouveau tour). On ne peut pas transformer les signes (à partir de l’arc de signifiance qui entame le réel) en mots (du commun et qui résident, habitent dans les objets). Et malgré tous les efforts répétés de la rationalisation ou du sens commun pour réduire les arcs structurels, les tissages et les trames articulés ; c’est simple si on ne s’y met pas on ne comprend pas du tout Platon ou on s’entre pas dans le corps mozartien (et on ne comprend pas non plus Led Zep du dehors, mais comme ils s’existent dans la préperception actuelle, ils avancent instantanément dans le champ) ; ça n’est pas la complication qui est en jeu, c’est l’arc tissé sur le corps même dans la préperception ; le joli, le distrayant n’est pas l’esthétique, comprendre, prendre avec soi, veut dire que l’on est le je qui est externe au moi, hors de soi ; on se perçoit, on perçoit le monde et l’histoire de l'humain selon Rimbaud. Qui restera lui-même un des Bords du monde et du corps. Sinon on en reste au moi. Imbougé, intouchable, mort ou plus exactement empli de son tourment psychologique et non pas ayant accès au structurel, à la forme pro-active.

Cela veut dire ceci ; puisqu’ayant afflué dans tous les sens, l’occidentalisation permet à chacun non plus de n’avoir accès qu’à un seul modèle (dieu, le christ, tel saint ou tel idéal culturel, telle mythologie et non telle autre), mais permet de varier intégralement le point de structure du réel ; et le point de vue de chaque structure une par une et c’est ce mouvement la vraie cohérence ; non pas le subjectivisme ni d’imposer une vérité objective, mais de pourvoir en une forme exclusivisme et manier l’exclusivité elle-même comme structure du réel.

Autrement dit on vous largue dans le réel, nu, sans rien et sans parachute. Et prenant forme comme Rimbaud ou comme Descartes non seulement il y va de la pluralité des structures, mais de plus chaque structure est en elle-même une systématique, une machine, une possibilité, une perception, un corps. Puisque la cohérence élaborée est la plus resserrée possible ; la forme structurelle d’un être, d’un réel ; l’arc de conscience (qui porte le conscient, le langage, le vécu, les échanges, le corps, etc, qui est le point, le levier qui décuple toutes les perspectives). Et aussi varié en soit le sens, il s’agit toujours de la même structure qui obtempère constamment une cohérence, une pratique, une présence active et fouillée, une possibilité élaborée ; et l’ensemble forme l’architecture du possible de tous les points, de tout point à partir de la structure telle quelle, nue, sans rien, qui s’est extrait de tout monde parce que de tout contenu ; non pour adopter une sorte de modèle religieux ni même idéal, mais afin que l’arc dans le présent ouvre sans cesse le monde, le vécu, le corps. L’arc est, dénudé, comme les fils, à même sa préperception et ramène, rassemble cette pro-intentionnalisation dans le champ de l’intentionnalisation ; laquelle se divise en sur-intentionnalisation grecque,(par-dessus le langage et le commun d’un monde), hyper intentionnalisation christique (intensification du corps), méta intentionnalisation cartésienne et suivants (réflexivité, retour-sur cet-être tel que là sur l’étendue-monde, qui crée la révolution), anti-intentionnalisation (N et H), qui comprend enfin analytique de l’intentionnalisation même (Sartre et Lacan).

Et ce qui vaut pour l’ensemble de l’acculturation généralisée (soit donc la « culture » qui passe au-delà de la culture (qui est, elle, relative à un groupe dans son langage), la culture comme acculturation généralisée qui est soudainement décuplée par l’actualisme) – c'est aussi ce qui vaut en tant qu'embrayé pour chaque arc de conscience piégé dans un moi ; non que le moi soit en aucune manière répudié, tout au contraire ; c’est parce que l’on a élaboré des mois, des personnalisations, construits à partir de l’immense universalisation, l’humanisation-humanisme qui déployé la personnalisation, que l'arc s'est approché du corps individuel, l’on peut faire surgir une telle précision de l’architecture créée, en tant que le sujet n’est plus le sujet universel mais le sujet singulier formel (ce que le sujet comme dieu, pensée, christ ou sujet cartésien ou idéaliste allemand, fut toujours ; il vient à sa non plus vérité mais à son réel brut : un corps arc-bouté, ayant booté sur le réel, pris dans la vérité en tant non pas vérité idéale ou ,modèle de religiosité, mais en tant que vérité par le réel).

Mais le moi, dont tout, toute la forclusion naturelle qui ramène le corps à un donné bêtement là (ce qui veut dire bien pire qu’un animal qui n’est jamais « bêtement » là, il est absolument là), ce moi  dont tous les pouvoirs veulent nous convaincre qu’il est notre horizon dernier,puisque les pouvoirs nous observent de l'extérieur et nous prononcent, nous nomment, est un piège ; ça n’est pas là que l’on existe. Il y a une seconde vision, deuxième regard : dans le moi lui-même, le moi qui a un corps et qui voudrait que ce corps soit beau, aimable, adoré, adorable, imagé cent mille fois par jour dans la médiasphère (cad dans le regard embouti dans le monde), mais qui ne peut exister que si il prend le Pas, le pas gagné, sur toute la réalité ; de où trouvera-t-il cette possibilité ?

Non d’une intervention extérieure, dieu au plus haut, ou une quelconque secte ou interprétation qui au contraire de dieu qui transforme, sectes qui transmutent en choses bizarres, mais  moi qui se tient de ce que cette vision Autre est déjà, absolument, depuis toujours, la sienne, et qu’il ne le savait pas.  Et qu’elle est cohérente ; elle marche avec tous les autres, pas tous les autres idéaux et parfaits, mais les Autres tels que l’occidentalisation a pu créer, élaborer, architecturer le décuplement, le décuplement ; il n’y a pas de saints ou de perfections mais d’éprouvantes et éprouvées machines-sujets, parfois terrifiantes et se rendant horribles (puisqu’il s’agit de passer outre le moi, tout comme les grecs passent outre le langage et le groupe), et quasi toujours étranges, en plus, qui purent prendre l’aspect idéal, sortes de Robespierre esthétiques, éthiques, politiques, idéels, accrochant non ce qui est (et toute formulation du monde comme pouvoir, comme ordre, comme sens prévu, ou commun) mais approchant ce qui Ex-siste ; on peut se renouveler intégralement et continuellement depuis et par l’occidentalisation ; il en Ex-siste à foison, il Ex-siste quantité de sujets Autres.  

Les sujets de l’occidentalisation ont amené au plus proche, dans le monde, sur leur corps, la structure (au lieu de la situer tout là-haut, au-delà ou installée comme groupe humain dans son langage et son monde perçu cyclique, magique, révélateur) et fabriquent des possibilités de structure, et de structure de conscience, de structure du regard même ; non de voir ceci ou cela, mais qui entrent et modifient le regard même ; adossés donc au rien, au néant, (qui n’a aucune importance) puisque antérieurement au miroir il n’est rien du tout, c’est le Bord du monde et du corps qui augmente son attention et produit, invente, crée l’anfractuosité, en tant que dans l’acte, dans le présent doit se produire la possibilité.

Il est ainsi incohérent de prétendre que le réel n’a pas de sens ; il est le sens. Il n’a pas de sens ni d’ordre en cela qu’aucun ordre ou sens ne le précèdent ni ne le surdéterminent ; mais il est sens en ceci qu’un  présent est fait pour que l’on s’en serve et qu’alors le présent est livré à la décision des structures. C’est ce rapport qui est attendu dans le réel par les trajets et les tracés des sujets et par lesquels on approche du Bord.

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Positionnement du réel

15 Août 2017, 09:18am

Publié par pascal doyelle

Mais auparavant saisie de l’historicité depuis dieu et le christ et les grecs.

On a donc découvert autour de la méditerranée (ce qui dura quand même plusieurs siècles, patients, voire un millénaire ou plus) qu’il existait une structure antérieure à toute représentation. Ce qui peut se traduire par : puisque autour du bassin il est une telle réunion de peuples et de cultures et un tel mélange, il émerge deux instances (instanciations) qui régularisent notre situation dispersée ; à savoir qu’il existe un monde et un seul (et non une pluralité de mondes séparés les uns des autres et valant certes mais chacun pour lui-même, avec son langage, son groupe qui se mythologise, écrit sa propre histoire et perçoit le monde selon ses échanges et ses esthétiques ritualisés, etc ; l’ensemble des peuples et civilisations déployant ce que l’on nomme culture, tandis que ce qui commence par la méditerranée, ce qui est quand même schématique mais bon, avec la méditerranée débute l’acculturation généralisée, comme on a vu cent fois), et qu’il existe, pour chacun, son propre corps.

Il est certain que par exemple l’islam comme originellement le judaïsme, permettent d’instruire (au sens de lancer des instructions, des informations dans la perception, le corps l’imagination, le vécu et langage etc) cette irruption de la structure et en tant que Collectif, comme communauté de second niveau, autrement architecturée ; la communauté n’y est pas une communauté fondée par ex sur la même perception du même monde, mais sur l’interruption que le Un tout-autre fait subir à toute humanisation et recadrant intégralement la réalité et les corps. Mais il est aussi assez clair que le christianisme occupe une place tellement singulière que l’on ne peut pas le passer sous silence, autant le dire. En ceci qu’il est question du corps et que, peu importe votre communauté, chacun, chaque individu est ce corps qu’il est ; et que donc est dressé, au sens propre et figuré, le corps du christique (on dit « le christique » en ceci que l’on entend, quand même, séparé le christique lui-même de l’église, de l’institution, qui est, elle, comme toute et n’importe quelle institution humaine, plus ou moins accaparée par ses propres nécessités ; se constituer, se maintenir, se développer, etc, ce qui ne va jamais sans mal).

Or cependant le christique, tellement étrangement, si il pré-voit la communauté, le Saint-Esprit, interpose bruyamment, l’individualité ; il ne fait plus corps avec le groupe, il fait corps-tout-seul, de l’un-tout-seul du christ, l’exemplarité même dans ce re-tournement qui assume le un, la division. Raison pour laquelle, sans doute, la pensée grecque sera relancée intégralement, et longuement et corps-tout-seul sur lequel tout arc de conscience tiendra, au moins, une certitude ; qu’il existe. Parce que le corps est réellement tout-seul.

Précédemment pourtant il y eut évidemment les grecs qui, eux, éberlués, devant leur propre grandeur et audace, créèrent le monde… Cad que par les grecs il n’y a pas que des corps (et isl ne parviennent pas entrer dans la structure du corps, il faut l'in-fini du christique dans-un-corps), mais il y a le monde tel que donné « là » (à savoir à la fois comme donné, monde, réalité, détermination, et comme « là » de tout donné, de tout monde, et qu’ils nomment « l’être », entendant tpar là la construction d’une super détermination qui les, censément, penserait toutes les déterminations).

Il est évidemment, mais comment et pourquoi est-ce évident, que le christianisme (tout comme en partie le judaïsme et l’islam) a pu reprendre intégralement la pensée grecque, intégralement, totalement (et bien que le sommet absolu des systèmes grecs soit néoplatonicien). Il est clair et plus encore qu’instancier l’activisme de la structure en scindant littéralement le corps-même de chacun, de chaque un, chaque unité individuelle, est une folie absolument insoutenable ; mais le réel est insoutenable, le réel ne plaisante pas du tout, le réel est la dureté telle quelle et insupportable, par quiconque, délivré des groupes soit dans la communauté guidée par le Un tout-autre qui s'interpose, soit dans le le un-tout-seul, délivré du monde mais livré au monde sans protection.

Certes tous les corps étaient, alors, convoqués un par un mais à l’imitation du christ. Ce qui veut dire qu’il est, évidemment, le seul corps qui ait survécu à la mort (excepté Marie) ; parce qu’il force tout converti à se considérer comme par-delà la mort, de se tenir d’un point absolument et formellement externe à tout, extérieur à son propre vécu, son propre corps, et hors du monde ; bref à se tenir sur le Bord. Mais pareillement les grecs pour penser le monde, et même de seulement prononcer ce mot, cette désignation de « l’être », pour réaliser cette performance, les grecs eux-mêmes énonçaient le monde à partir du Bord ; de même la Vérité ; si on annonce que l’on va préciser la vérité c’est que l’on est en –dehors ; en dehors non pas pour moins de vérité, mais précisément à l’inverse en tant que l’on est-déjà dans la sur-vérité.

Cela veut dire que ce qui s’est créé ce ne sont pas seulement le corps et le monde, mais cela même qui tient dans son intentionnalisation et le monde et le corps, et l'être et le divin. Et intentionnalisation qui n’est relative ni au monde, ni au corps, mais à cette structure antérieure, de laquelle on perçoit, désire, veut, intentionnalise.

La possibilité du réel

On parle bien ici de la structure antérieure à tout ce qui est ; antérieure à l’être et à l’individu. C’est l’articulation antérieure à tout qui commence alors de se montrer. Mais il s’agit de la structure antérieure à ce monde et à ce corps ; structure, formelle donc, et absolument contigüe à l’un comme à l’autre. Si l’on se pose la question ; comment un réel et une structure, déterminés, peuvent-ils être autres que la réalité et le monde, déterminés, c’est que l’on ne voit pas que la forme de la réalité et de notre être n’est pas déterminée.  Elle est formelle, elle entoure la réalité, ou pour mieux dire elle précède la réalité.

Nous nous sommes ainsi avancés (par dieu, par l'être, par le sujet) dans la structure antérieure à toute réalité, tout monde, tout monde humain, toute représentation, tout langage, tout corps. C’est de là que nous parlons, pensons, imaginons, désirons, et de manière générale de là, de ce Bord précédant, que nous intentionnalisons. Il est clair que ce Bord est un mouvement, un rapport, un possible. Il avait raison, 'nous ne sommes pas au monde' (R). Et si il n’est pas deux réalités mais une seule c’est que le réel est la Forme de la réalité et ce qui existe réellement, c’est cette forme, la structure ; l’être, lui, est l’ensemble des effets de l’exister, et l’exister est et n’est que le présent (bien que l’on ne sache pas si le présent avance plus loin ou si il n’est que le présent tel quel).

C’est pour cela que tout passe, excepté la forme, le présent. Qu’il y ait simplement un présent ou que ce présent soit une dimension est une question infinie. Littéralement (l'infini est ici même et il n'est pas ce que l'on a l'habitude de se figurer, de manière générale le "réel" est l'infini du néant, l'infini de l'être, l'infini de l'exister de l'être et "cela qui se crée dans le présent" soit donc tout cela ; le devenir, le possible des  infinités même, pluriellement dépliée : le 'réel' accumule tout, tout le possible ; le présent est, pour nous, autant que l'on sache, le moyen des infinités, il en est peut-être d'autres, peut-être également une infinité de moyens). Mais même que le présent soit simplement le présent ne signifie qu’il soit relatif ; c’est tout le reste qui est relatif au présent. Le présent n’est pas alors un vague résultat dont on est si habitué mais il est l’origine même. L’origine toujours constamment présente. Celle qui ne quitte pas et dont on ne s’écarte jamais. Il est antérieur à tout.

On ne sait rien de ce présent, et encore moins si il est une dimension (en vérité si il est une dimension, il est la dimension), mais cela n’entame en aucune manière la puissance absolue de son structurel ; puissance absolue en ceci qu’étant formel, cad sans aucune détermination, il est seul comme tel ; ce qui n’est pas composé est indécomposable ni composable et exclut d'être double ou triple, mais étant formel il rend possible toutes les déterminations que l'on veut, qui puissent être. Et d’autre part si il est l’exister, il est « ce qui propose que tout, cad le possible, soit ». Autrement dit il est le Possible lui-même. Il est « ce qui rend possible qu’il y ait une réalité » ; sans réalité, sans détermination, nous serions plutôt embêtés ; rien n’existerait et si le Un, cad la forme, était déterminé on se retrouverait comme à l’habitude dans l’impossibilité de comprendre qu’il puisse être de la détermination double, d’un côté (le réel, le présent) et de l’autre (la réalité, le monde) ; on sait bien comme cela est absurde.

C’est absurde sauf dans l’hypothèse de dieu ; puisqu’alors il est une intentionnalité (et non un Etre déterminé) qui envoie, lance la réalité ; une intentionnalité est une forme (un arc de conscience, une structure est intentionnellement, cad n’est pas en soi déterminé mais joue de toutes les déterminations disponibles ; ainsi le langage est un ensemble, évidemment systémique, sinon systématique, de rapports ; les mots ne sont pas ‘en-soi’ mais des rapports, et systémique bien que demeurant ouvert puisque telle est la fonction du langage, systémique de retisser des rapports et lorsque le groupe cesse sa contrainte, chacun est potentiellement en capacité de relier le monde et son propre corps, ce qui ne manque pas de poser problèmes, pour le moi). Il n’est absolument parlant rien qui s’oppose à ce que l’on présente le présent comme étant l’interruption intentionnelle de dieu ; on a vu déjà que le dieu judaïque est une telle capacité Autre qui entend modifier, interrompre l’humain, refonder sa création par une nouvelle intentionnalisation ; de même le christ est un renouvellement qui relance intégralement toute la réalité. Ici on ne peut pas « croire » mais on peut admettre, absolument parlant, une telle hyper-structure ; on ne peut néanmoins pas tabler sur cette intervention, puisque cela, par a priori, nous empêcherait de comprendre ; de nous introduire plus avant ; et rompre cela même pour quoi nous sommes faits ; avancer dans la structure antérieure à tout ce qui est.

Mais de ceci on comprendra que l’on ne peut utiliser cette progression pour nier  ou affirmer dieu, le christ ou toute Altérité ; puisqu’à tout le moins il est absolument clair que nous ne coïncidons pas ; nous ne sommes ce que nous sommes (nous ne sommes pas de l’ordre de l’être, mais de l’exister, et de toute manière tout l’être lui-même , ici, est relatif à la seule instanciation qui existe ; le présent).

Ce qui revient à dire ; en aucune manière on ne peut exclure les apparents ‘illusionnismes’ des religions, mystiques ou éthiques ou esthétiques profondes (cad toutes les esthétiques) qui sont amenées par leur effort suréminent à discerner le réel et la réalité ; ne serait-ce que puisque le réel est formel, il est extrêmement difficile de le saisir (on le ramène constamment au monde, à la détermination, serait-ce sous la formulation de la représentation ou des signe sou du langage), et que tous les efforts sont appelés, mobilisés ; et en vérité on ne fait que cela, tous les arcs de conscience, les structures, et les mois eux-mêmes (qui veulent tellement résoudre l'équation impossible qu'ils existent), les structures donc étant structurellement, ,antérieurement arcboutées au seul réel (à l’exister pur et brut tel que « là ») prononcent, signent, signifient le Un absolument Autre sinon comme dieu ou absolu en tous les cas comme logique de leur être. Il n’y a pas le choix, non par contrainte mais parce que le réel est originellement antérieur et « cela même qui autorise qu’il y ait (quoi que ce soit)».

Ou donc ; toutes les pratiques (ce sont toujours de fondamentaux activismes, activistes ou réactionnaires) ne peuvent pas se catégoriser comme objectives mais hyper-objectives ; on ne peut pas entrer dans l’agissement généralisé (le présent est purement Acte) sans atteindre ou attendre la cohérence de cet activisme (le moi attend le Tomber-amoureux pour rechercher l'activisme de son corps-autre, transfiguré par l'autre) ; la cohérence de cet activisme (activiste ou réactionnaire) quel qu’il soit ;  les pires sectes, qui ne s’animent nullement de l’architecture structurelle, obéissent à la détermination de leur fantasmes, lesquels sont néanmoins des attentes dérisoires et disparaissantes, mais les plus hautes connaissent et reconnaissent, manifestement, la suréminence de la forme sur les contenus et examinent, enquêtent, observent, déploient, déroulent le pli dans le Pli, l’arc dans le présent, la structure dans le réel, lors même qu’il serait saisi comme éternité ; l’éternité étant, puisqu’elle centralise tout, la forme même de notre volonté ; vouloir tout ici et maintenant en une fois ; ce qui est l’acte même du présent et dont on ne peut pas dire qu’il ne soit pas, éventuellement, peut-être et par exemple mais cela n’est pas clos, une vision kaléidoscopique de l’éternité, ou du non-temps, d’une autre face, autre logique, assumant la DImension au plus loin, même excessif ; le réel est excessif, un extrémisme effroyablement difficile ; que croit-on que le réel puisse être sinon absolument un excès ? Ceci pour les croyants, qu’ils puissent, peut-être, trouver ici et maintenant, dans, si l’on peut dire, le plus simple appareil (le présent), la voie interne du réel tel quel ; la voie en ce cas est l’ici-même, le présent est l’acte « Exister », et cet acte est non immanent, le présent est non immanent, l’immanent est dans l’exister transcendant qu’est le présent.   

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