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instants philosophie

Arcane - 3

9 Avril 2024, 10:33am

Publié par pascal doyelle

Arcane des derniers siècles
Raison de Spinoza
Le-corps

Le sujet est donc le rapport qui a rapport à lui-même. raison pour laquelle un langage est possible. Puisque le signifié n’est pas attaché, à quoi que ce soit, et (se) désigne, il peut ainsi se téléporter en quoi que ce soit ; le signifié du rapport est un signifiant et non un signifié, mais un signifiant ; le signifiant se signifie lui-même et donc est substituable. Il n’est pas un “quelque chose” mais un signe ; qu’il y ait signe veut dire qu’il y a conscience. On ignore ce que “conscience” eut dire ; on observe seulement que la structure du dit sujet est active par dessus le temps ou la détermination des phénomènes, des choses, des réalités ; la caractéristique du sujet est qu’il existe avant d’exister ou, ce qui revient au même, qu’il peut re-devenir. Il redevient, puisque sa base est remodelé par l’exprimé ; autant dire qu’il n’est pas une “base” définie, un ensemble d’idées innées par ex ou un système des systèmes ou une trame d'essences, mais seulement le processus lui-même, le processus et le procédé qu’est  “avoir conscience de”. Le processus avoir-conscience-de est le rapport qui existe avant (et après) lui-même. En somme, tout est en mouvement et existe comme mouvements (puisque les choses et les êtres sont leur propre activité), mais la “conscience” est ce rapport qui redouble son activité ; qui n’est pas l’activité en tant que détermination, mais l’activité en tant que “qui se sait”. Entendant par savoir non une connaissance mais un (se)-signifier. et activité qui peut signifier parce qu’elle (se) signifie et que cette forme vide seule lui permet de permuter tout contenu. 

Ce que Sartre présentait comme champ intentionnel impersonnel ; dont le moi était une localisation. ce qui lui permettait d’ouvrir sur l’universel immédiatement. Ici, puisque l’on identifie le champ intentionnel comme sujet, on basculera l’universel en tant que sujet ; étant étendu que le sujet est désigné comme rapport et que l’essence, la base, la structure de l’universel se constitue originellement comme rapport ; ce qui se voit d’autant plus avec le nombre, qui ne décrit rien de plus, rien de moins que le rapport à soi de n’importe quel soi, de n’importe quelle unité (laquelle est dénombrable ou calculable). 

On suppose donc au contraire que ce champ n’existe comme tel que de se-montrer à lui-même ; qu’il se prenne pour une représentation humaine communautaire (le monde maya par ex) ou une saisie religieuse ou en tant que pensée, raison, savoir ou en tant que ce moi-même ; et dans la mesure où ce qui agit c’est le un. Et c’est le un, étant entendu que le rapport cela seul qui existe (le reste est, selon l’être et non l’exister) ; il existe parce qu’il navigue ; il se meut d’avant en arrière et autant dire d’arrière en avant. Il n’est pas, n’est plus dans le temps ; aussi “conçoit-il” l’éternité, en ceci non qu’il la connaît (selon la connaissance et la raison ou la métaphysique)  mais en ce qu’il la(se) signifie. Il n’est pas comme l’adn, qui est écrit et qui revient à lui-même, quasi ou même absolument identique ; ce qui est réécrit, par le rapport qui crée des signifiants, paraît tel que tout neuf et tout un, comme si ayant toujours existé tel. 

C’est la différence entre les choses et les êtres qui sont des mémorisations (des déterminations devenues) et les consciences qui sont des mémorisations immédiates, tenues par le présent, l’actualisation, qui opèrent sur l’actualité et notent et surtout dénotent “ce qui arrive." Dieu, la pensée, le sujet ou le réel, ce sont les quatre manières de saisir que l’on ne reçoit pas l’ordre du monde, du donné, de ce qui est, de la communauté tels quels et tout faits. L’ordre est créé et tant qu’à faire il sera créé à partir et pour la liberté (et qui plus est la liberté-l'égalité de la révolution française). Il s’agit, littéralement et dans tous les sens, de l'ordre du libre-même ; celui-là seul qui peut durer, puisqu’il en va de la liberté de chacun qu’il perdure. Mais le comprennent-ils ?? Puisqu’effectivement le libre ne peut substituer dans qu’il, lui, le libre, le veuille. 

Ce qui veut dire que l’on entend, comprend n’être rien (du verbe être déterminé), afin que le mouvement soit. Sous-entendu que le l’être conçu, est en vérité imaginé ; il n’existe pas de concept de l’être qui serait conceptuel, cad pensable en universalisations ; une telle ontologie est une hontologie, elle se trompe, elle se ment, elle sacrifie à l’illusoire jouissance, au fantasme de l’être, de la complétude (ce dont raffole l’industrieuse techno-économie, l’objet, fabriqué en série, est pour le moi ce que l’être était pour la métaphysique ; ce dont veulent nous déciller Descartes, Spinoza ou Leibniz, Kant, Hegel, etc. Ou donc ils veulent amener le rapport à notre disposition, et ce non pas notre disposition subjective (et donc livrée au désir, à l’imaginaire, au pulsionnel dirait Freud, au fantasme Lacan) mais élever notre rapport subjectif en sa forme non seulement objective (qui est un autre attachement inerte) mais hyper objective (par quoi la philosophie acquiert sa capacité en propre, sinon elle serait “science”). 

C’est bien ce qui change, et du tout au tout, entre la métaphysique théologique et celle de Spinoza ou de Hegel en son genre ; ceci puisque Descartes montre (et cette monstration est telle quelle une démonstration) que “le rapport” est situé très précisément ici même et maintenant (dans le maintenant du je, tout comme il se logeait dans le maintenant du “penser” grec, on n’apprend pas la pensée on apprend à penser) ; aussi Spinoza nous révèle-t-il qu’un certain rapport entre en nous et nous porte, nous soulève. Il est clair que “raison” n’a plus le même sens que dans la théologie métaphysique ; “croire pour penser, penser pour croire” dit St Thomas d’Aquin, mais donc “croire” ; ça n’est pas le rapport même qui s’active en nous (ce qui pose très abstraitement la question de la nature de la pensée dans la théologie) ; ici cette fois la pensée est le réel en tant qu’actif en nous (par quoi on voit bien qu’une activité, élevée, chassera l’activité seconde voire secondaire ou faible ou morne ; de là que l’on puisse parler d’intensité, deleuzienne ; puisque l’intensité est actualisée dans un corps, et dès lors en son affect, sa perception, son imaginaire, bref tout ce que le sujet se proposera, notamment après la révolution, par laquelle chacun est exposé en sa, ses possibilités, possibilités qui sont, de fait et implicitement, réelles, réalisables, sinon ce ne serait pas des possibilités). 

Et dès lors, on a accès au mouvement-même ; dieu, la pensée, le sujet, le réel. Et depuis que du sujet on se tient (du rapport qui se-sait comme rapport, quel que soit son nom), alors il s’agit de comprendre ce qui nous arrive lorsque l’on active le dit rapport. c’est ce à quoi s’emploient tous les sujets déclarés tels (il suffit de (se) le déclarer pour l’être ; notre être dépend, évidemment, de l’avoir, sinon nous ne serions pas libres, mais un être déterminé). 

C’est ainsi et seulement ainsi que l’on peut penser, saisir que dieu se communique lui-même tel quel ; que nous sommes à sa ressemblance ; évidemment nous ne contenons rien de dieu, aucune réalité, détermination, mais bien son mouvement (dieu qui ne peut pas être déterminé, et ainsi le cibler comme “infini” c’est user d’une pseudo idée, dont on a dit le réel ; en tant que mouvement ; son rapport qui est applicable à n’importe quelle réalité, contenu, détermination ; il est le Rapport (cad qu’il existe avant et après et pendant n’importe quel contenu et qui prit la peine de créer non seulement les anges qui sont parfaits, mais ces êtres imparfaits, afin que, libres, il créent la liberté en son règne ; il leur demande “faites que la liberté porte votre intention”). 

Se pose alors, quand même, la question ; dieu ou l’universel ou le sujet ou le réel ne peuvent être rien de déterminé ; ce qui est déterminé passe, disparait, et même n’existe a priori que dans la distinction (de déterminations donc) ; dieu non. Il revient donc à l’indéterminé. et que rencontre-t-on d’indéterminé sinon l’arc de conscience et le présent. 

Continuer de se concevoir ou représenter (ou désirer) selon tel ou tel contenu, est déjà un péché, une erreur, une malfaçon, une perte, un oubli, une absence,une absurdité, un rien du tout ; le glissement vers le rien, celui qui disparaît, qui est avalé dans le temps, et ne demeure pas dans le présent. Qui ne croit pas donc que le présent dure. qui ne saisit pas que l'exister ici même et maintenant est la Possibilité de tout ce qui peut exister. Et ni croyant pas, qui ne s’en rend pas, plus digne. 

Il déchoit. Et Il ne cesse de tomber indéfiniment étiré, puisque la forme, sa conscience, cette structure, ne peut pas vraiment disparaître, mais se décomposera indéfiniment ; rien de déterminé, dans le monde ou un vécu, ne peut rompre l’articulation (à moins qu’elle se termine elle-même ou cesse d’exister). Il fera toujours semblant de se prendre pour, mais souffrira peut-être beaucoup de son illusion. Et en ce sens, nous n’avons pas le choix, mais pas le choix de l’intégrale positivité du réel tel qu’il va, s’avançant. 

Il ne peut pas se perdre, mais se prendre les pieds dans le tapis oui. Puisqu’il est déjà installé dans et en tant qu 'inconscient, cad cette part à deux faces qui est le signifiant impossible dont le corps serait le signifié, mais un signifié qui ne peut pas passer dans le signifiant. Puisque n’importe quel mot renvoie aux autres mots, mais le corps non. Le corps ne peut pas être en tant que représenté, puisqu'il est en tant que “moi-même-ce-corps”. Ce creusement du signifiant est l'impossibilité de tout symboliser (sur laquelle impossibilité se grefferont les difficultés et autres traumatismes, délires, y compris la jouissance hallucinatoire qui n'existe pas mais se rêve éternellement, pour ainsi dire, tirant du rapport qu’est l’arc de conscience cette éternité). OU donc comme le corps est Autre, alors tout ce qui est, existe, dans le monde, donné là, donné “là”, est Autre… Et si l’on peut ignorer l’altérité au dehors, des choses ou des êtres ou d’autrui, on ne peut pas ignorer l’altérité du corps que l’on est, que l’on “a” ; que l’on a sans l’être, ce qui est absolument inexplicable, insaisissable. 

Et pourtant on l’ignore, on fait comme si et on traite le-corps comme un signe, ou l’enroule de signes, l’entoure de mimiques, de parades, de dandysmes, qui soit semblable aux images, cad aux désirs. La lourdeur invraisemblable du-corps est absente. L’ensoi de Sartre, l’épaisseur, c’est celle du corps. le désir nous fait seulement croire qu’il l’anime. Mais cette inertie, profonde, finit par engloutir jusqu’au rêve éternel de l’hallucinatoire jouissance, qui nous tient en vie, en tant l'inconscient. 

Or le-corps n’en est pas moins une surface. Certes l’autre surface des signes, mais déjà en tant que corps physiologique, vivant, il est intégralement, comme tout ce qui est (comme tout ce qui est), la projection sur le présent et déjà se précipite vers le possible. On n’a pas une lecture causale (du passé vers le présent temporel) mais une vision à partir du possible, de l’à-venir. 

C’est cette surface qui fait-voir ; non seulement elle s’imprègne et absorbe toute la perception du vivant, de l’animal, mais elle avance beaucoup plus loin dans l'épaisseur qu’est l'articulation du réel ; surface du présent hyper étendu.

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Arcane 2

1 Avril 2024, 11:20am

Publié par pascal doyelle

 

Et on a vu que sans doute il n’est aucun autre moyen de désigner le possible, excellemment, que par “le sujet”. Pourquoi le “sujet” ? Parce que le possible n’est pas le possible de quelque chose qui une fois réaliser, s’éteindrait ; de même que l’on s’aperçoit bien que le présent absorbe tout, que la passé n’est plus, que tout s'effondre constamment, et se pose la question ; qu’en reste-t-il ? Si la réalité est détenue par l’être, et le quelque chose, et donc la pensée, alors tout cesse sitôt paru. Or le “sujet” est celui qui existe avant que d’exister. Il n’est pas encore, que déjà il se prévoit (et a de fortes chances qu’il ne se ressemble pas, et que très souvent son intention première est modifiée ; or pourtant il reste lui-même. 

D’où vient notre sentiment d'éternité ? Sinon du double reflet qu’offre l’arc de conscience. Mais il faut s’entendre ; jamais l’arc ne ressemble au “je” ou à quelque désignation ; il n’y a pas d’être antérieurement au reflet mais le champ seul ; il est à proprement parler que le reflet et qui va se reflétant d’un reflet à l’autre ; or pourtant il existe un champ intentionnel et se nommant, se désignant le “je “ il cible véritablement le nouménal, il voudrait qu’apparaisse le non apparaissant ;  le champ intentionnel n’en finit pas de se nommer comme ci ou comme ça, inaccédé à chaque fois (sinon il serait soudainement épuisé dans telle dénomination, on serait tout à fait Pierre ou Jeanne, ce qui est absurde) ; ce report (dans le dit rapport qu’est la structure de conscience) appelle un “être impossible”, dont on a fini par prendre la piste, par Descartes Kant Hegel, Husserl, Sartre et Lacan (et d’autres entre temps à leurs manières propres, l’être-le-là de Heidegger par ex, la “volonté-énergie” de Nietzsche, etc). cette impossibilité de définir et tenir est, littéralement et dans tous les sens, l’infini. il ne cesse pas pourtant se nommant sans cesse, il survit à quelque énonciation ; c’est en le forçant qu’on l’identifie à la pensée, la raison ou l’humain ou le moi, ou quelque réalité que ce soit. 

Descartes est bien proche lorsqu’il définit l’être de l’homme par la volonté, qui est la véritable ressemblance en nous de dieu ; de vouloir indéfiniment est cela même qui nous donné l’idée de l’infini. ce que l’on a vu comme intentionnalité, ensuite, par Hegel, Husserl, Sartre ; de ce que notre être veut, désire, imagine, et intensément (en quoi est ancré l’inconscient, à savoir la “jouissance”, la sorte de complétude hallucinée, qui n’existe pas, n’existera jamais et relève de l’imagination du corps jouissant, insituable et mouvant le corps, de là que la psychanalyse soit aussi essentielle, qui suit la piste de ce déroulement en chacun) et veut et désire et rêve une jouissance impossible (en quoi, pour chacun, ce que Lacan nomme le “réel” c’est le réel inconscient qui ne peut pas être représenté, représenté par un signifiant et engage à la répétition ; la suite des signifiants revient sans cesse à son ancrage dans le corps, vivant, mais impossible). 

Où l’on voit qu’il est impossible et absurde de tenter de définir l’être de l’homme par une identité, mais bel et bien par un champ ; le champ intentionnel ; qui courre donc de la “jouissance” (inscription du signifiant en un corps vivant splitté, divisé) à ces quatre possibilités que sont dieu, l’être ou l’universel, le sujet et le réel.

que c’est en apparaissant sous telle ou telle désignation, tout à fait seconde voire secondaire, que le champ parvient à se désigner (se désigner et non se nommer, ce qui le ferait tomber dans le monde, ainsi Pierre qui croit qu’il est Pierre et seulement Pierre, s’illusionne, aussi fou que celui que se prend pour Napoléon, somme toute). Et ce non pour indiquer qu’il n’est personne aux commandes (comme le conçoit Sartre, presque jusqu’à la fin) mais que le champ qui se désigne peut se permettre de passer pour Pierre, parce qu’il crée, au devant de soi, l'articulation intentionnelle qui, essayant de se signifier, emploie dieu, la pensée, le sujet et le réel (ou l’œuvre ou la révolution ou la liberté et égalité, et tout autant le possible de Pierre, cela qui excède le moi, dont le moi, somme toute, est juste la porte et non le devenir ; pour lequel mouvement Pierre acquiert, peu ou prou, une existence). 

Identifier notre être comme un être ou dieu comme une idée ou le réel comme une objectivité ou la pensée comme tel ou tel système, ce sont des hérésies. Seul le mouvement qui ne peut pas se nommer et qui n’entre en aucun signifiant, existe ; et ce mouvement qui n’est aucun signifiant, pourtant se signifie puisque chaque je saisit intuitivement cet éclair ; et plus certainement que de le saisir, d’en être saisi. Ce qui seul existe, c’est le rapport ; dont nous obtenons à tout le moins, les quatre représentations ou plus exactement présentations que sont dieu, la pensée, le sujet et le réel ; que l’on ne peut pas penser (objectivement) mais par contre signifier. 

L'entièreté de ce champ est cela qui fut élaboré au travers des siècles d'expérimentation, y compris d'expérimentation collective ; et comme ce qui est mis en jeu est la structure de conscience, elle se propage ; comme nation, juive ou musulmane ou chrétienne, comme pensée et raison et science et droit ou Etat ; comme réalisation de toute l’intentionnalité et de toutes les intentionnalisations, comme nombre indéfini de réalisation de toutes les intentionnalisations dans le monde, le vécu, le corps, le relationnel, les objets, images et tout ce que ‘lon voudra. Les individus n’échangent pas un quelque chose, qui serait livré à l’aléatoire, mais échangent des rapports ; la littérature, les esthétiques sont avant tout des règles de rapports ; par lesquelles on se souvient, instantanément, qu’autrui parle en nous et que nous sommes tissés de la relation, du lien, et que celui-ci, dépassant les religions (qui restent communes et souvent communautaires), ce lien entre autrui qui parle en moi nul autre que moi-même, et autrui qui me prévoit, en sommes témoins. 

On a vu que le christique engage chacun sur sa propre existence, mais de se tenir dans la Vue du christ (ce qui implique initialement et originellement : envers et pour autrui). Ici, par la littérature, par les esthétiques, chacun est entretenu de et par chacun ; le rapport qu’est autrui s'engage en chacun via ces interfaces, absolument monumentales et radicalement subtiles et précises que sont poésies, esthétiques, romans, essais, et ainsi de suite (dans l’antiquité il fallait manifester, ou exhiber, la puissance ou les dieux ou les forces métaphysiques, mais non pas la petitesse et la faiblesse ; or seules la faiblesse et la petitesse permet de représenter les existences, les images, imaginations, affects) ; face à face et sur cette face très étrange, qui est interne et se-voit elle-même. On a vu que Descartes avance dans l’historicité de (se) prononcer “je” au-devant de tous, et que chacun se prononce lui-même lors même qu’il lit “je pense, je suis”. Nul doute qu’il ne s’agit pas de la “pensée” mais bien de l’arc de conscience de chacun qui tout à coup se tend et donc in-finiment. 

J’existe avant et après le “je” et quel que soit cette dénomination ; ou ainsi le je se prononce désignant quelque chose ou être que ce soit ; puisque le je est le champ intentionnel lui-même. Réfléchissons bien que le “champ intentionnel” qui est absolument d’une totale hyper objectivité (puisque tout signifiant parait par lui), est cela même qui (se) dit “je”. Certes les mathématiques paraissent véritablement objectives, mais cette conscience n’est-elle à tout le moins pas capable de supporter, de porter et même d’inventer les dites mathématiques ; elle se tient donc bien en avant, au-delà, en plus et tout autrement puissante que toutes les mathématiques que l’on voudra.  

Le sujet , il lui semble qu’il échappe au devenir, puisque lors même qu’il devient, se modifie et que son “moi” se transforme, c’est toujours le “je” qui se dit en tant que “je”. Ce qui est stupéfiant, mais qu’est-ce qui demeure au travers des transformations ? La forme. cad l’arc de conscience.  Mais quel est-il ? Quelle est la forme qui dure ?

Mais donc le sens du possible est le possible lui-même ; l’essence du réel est le possible veut dire que le possible est ou doit être encore toujours plus possible ; ainsi la liberté rend possible encore plus de liberté (reste à entendre ce que par liberté on doit comprendre ; ça n’est pas, d’évidence, d’accumuler des objets ou de la possession, qui enferment cette liberté). De Vinci qui crée ce tableau donne à voir ; il donne à voir, ce qui rejaillit absolument en tout contemplateur. 

C’est à ce principe que l’on affecte qu’il y ait un devenir. Si le Un ou l’ordre ou l’idée existaient tels qu’en soi, tout serait achevé. Or visiblement ce qui existe c’est le devenir. On se dit qu’il ya un devenir afin que quelque chose (ou comme on dit « quelque réel ») se réalise, autrement dit naisse. Pour qu’un réel, nouveau, surgisse, il faut qu’il naisse ; pourquoi faut-il qu’il naisse , Parce que nouveau il est inattendu, il est une invention, il ne peut pas venir on ne sait de où, d’un double monde, d’un sur-ordre). Remarquons en passant que s' il naît c’est qu’il est à lui-même son propre principe, cad son activité ou comme dit qu’il est un « rapport » qui ne peut pas se dériver d’autre chose que de son activité en propre. Aussi chaque chose tout être et a fortiori tout arc de conscience dépendent de leur devenir qui est le devenir de leur rapport actif, qui devient se modifie dans l’actualité du champ de perception, dans le visible. 

Dans le visible afin que se-percevant il l’utilise comme base continuellement remise et reprise ; ou dit autrement si le principe du réel est le possible, alors il est création (ou auto création donc) et cela ne se peut pas sans reprise du possible, continuement.

Ou dit autrement encore, le réel existe en tant que _Créer_  
Que ce mouvement soit relatif à dieu, à un auto déploiement du possible ou à quelque structure interne pour le moment insaisissable. 

Et toute réalité est une mémorisation (une chose est un devenir mémorisé) ; l’ensemble est de porter la plus haute et complexe et élevée mémorisation. Soit donc le devenir intégrale, parfait infiniment renouvelé et qui s’enrichit sans cesse de se réaliser, ou si l’on préfère de se percevoir. 

C’est pour cela que le devenir humain d’abord atteint l’unité de l’Intention et ensuite déploie toutes les possibilités de l’intention ; mais les intentions étant déposées là, sur le monde, alors il leur revient d’élaborer leur devenir ; un devenir extérieur ou subi ou imposé ou qui ne reviendrait pas à la spontanée élaboration ne serait pas réel mais tournerait sans fin dans la répétition. ou donc la mémorisation telle qu’inerte. Il fallait donc que se produise l’historicité (et non plus le retour du même monde, de chacun des mêmes mondes, un par un).   

Au lieu que nous supposons, et attendons, la mémorisation constamment active. Ce qui veut dire : la conscience. Qui nous donne un entr’aperçu de la réalisation intégrale de tout le possible. 

Ce qui veut dire que le devenir intégral est celui qui contient l’ensemble de toutes les possibilités, et qui continue d’élaborer. ou dit autrement si le ciel ou l’au-delà ou la fin de tous les temps existent alors il s’agira de continuellement créer et re_créer le possible (et non de se reposer dans la béatitude, l’inertie, la satisfaction) ; ou encore dieu consiste en la re-Création continuelle et continuée ; la perfection n’est pas un état vague, doucereux, mais est la perfectibilité constante. 

Si l'on suit les dérives habituelles on pourrait croire que la réalisation du possible ce serait un désir encore plus grand, un encore plus grand nombre d'objets, une puissance toujours plus éclatante et imposante, une accumulation de pouvoir (sur la nature ou les êtres). 

La boîte, l'emboîtement espace-temps limite singulièrement nos possibilités ; il ne faut pas espérer survivre à l’univers, pas plus que de traverser les étendues gigantesques, ou rencontrer une civilisation extraterrestre. trop d’espace, trop de temps. Le laps de temps de l’humanité est excessivement réduit et même en comparaison des dinosaures (160 millions d’années). 

Le possible c'est donc autre chose que l'accumulation et la puissance. faudrait-il conquérir tout cet univers quasi infini pour obtenir le sens de ce qui existe ? Évidemment non.  

On pense au destin, à la destination christique, qui manifeste on ne plus durement comme le sens, la signification réelle et seule significative de l'existence, est déplacé, dé-placé, hors monde, hors vie (qui de toute manière s’effondre inexorablement), hors ce corps-ci  ; hors vie, mais en tant que ce sens est en-plus de la vie, du monde, de cette naissance-mort. à savoir que chacun naît de l'autre conscience, de même que l’on naît du christ, dans cette croyance, et cet accès à autrui (plutôt qu'à la hiérarchisation de l'antiquité) est tenue du christ ; puisque seul dieu peut valider l'effectivité de ce devenir via autrui. Mais ce qui se désigne comme “autrui” signifie, encore plus loin, qu’il s’agit du rapport. Puisque notre être est en tant que rapport, ce dont nous dépendons c’est d’un mouvement et donc du “mouvement” en tant que tel. Que l’on soit, depuis lors, en-plus de la naissance-mort, comme cela est étrange. On ne se satisfera, véritablement, de rien de ce que l’on trouvera entre cette naissance et cette mort ; c’est l’interstice de l’arc de conscience (qui crée le signifiant et fait tout paraître, fait apparaître l’existence même) cet interstice qui doit s'élaborer, et non pas se tenir à quelque contenu ou quelque réalité ou quelque extériorité que ce soit. Cette élaboration, qui s’est expérimentée (ou qui fut révélée, comme on veut) en tant que dieu, pensée, sujet et réel.

 

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Arcane

26 Mars 2024, 12:57pm

Publié par pascal doyelle

 

L’autre surface du corps, celle des signes, est lancée vers le présent.
Le présent est la réalisation totale du possible.
Le possible est ce par quoi on peut Voir la réalité.
On perçoit la réalité dans la Vue,
à partir de la réalisation totale de toute réalité. 

Qu’est-ce que a priori et en sa pure virtualité, la plus grande virtualité que l’on puisse, cela peut bien signifier ?
On sait qu’il est une très curieuse et étrange configuration de ce que l’on nomme l’univers. L’espace et le temps se révélèrent liés, d’un seul emboîtement, complet, total. L’ensemble de tout ce qui est aurait déjà eu lieu de sorte qu'il est impensable que l'on parvienne à disjoindre le temps de l'espace (la quantité d'énergie est inimaginable, et tout est probablement étroitement tissé). 

Reprenons clairement, si l’on peut dire ; il est supposé que l’essence, la réalité, le réel, la logique de « ce qui est » c’est le possible. 

Clairement, “si l’on peut dire”, parce que l’on joue ici sur la glissade du présent ; le présent, cette bizarrerie absolue, bizarrerie absolue puisque notre être, cad notre conscience, s’installe dans son évidence immobile ; elle se situe dans sa propre visibilité, visualité, et se prend pour et en son objet, son contenu (son image, son concept, sa sensation, son corps, etc )  alors qu’en vérité, dans le réel, elle est “la conscience de” tel ou tel ceci et que rien, en fait, ne la retient, sinon donc ces quatre énigmatiques dieu, universel être, sujet et enfin réel (par lequel on a ancré le dit sujet dans le ci devant réel, l’existence de Sartre ou camus ou Lacan) ; 

Elle se saisit éternelle donc, fixée dans un être quelconque (quelque contenu que ce soit est forcément quelconque en comparaison de sa structure vibrante et à vrai dire seule « vivante » comme on qualifiait dieu, ou « existante » telle qu’on la désigne ici)  éternelle donc alors qu’elle contient et se crée dans et par le temps, mais se croit, dans la connaissance, le conscient, comme immédiatement adéquate (à et en quelque énoncé, image, objet, etc). On se croit éternel et de voir éternellement. Or tout passe. Tout passe sauf l’arc de conscience lui-même, qui pourra prendre conscience de ceci ou de cela, mais demeure la forme purement formelle (on peut prendre conscience de ceci ou de cela). Pareillement le “présent” est la forme pure et brute du réel. Et on ignore absolument ce que veut dire « le présent ».

Comme solution, on impose ici « l'exister ». Le présent est la face visible (c’est même tout, absolument tout le visible, le présent constitue la visibilité et donc que tout soit visible veut dire que, sur cette visibilité, tout devient, et on reviendra sur l'intégrale positivité de tout, si au principe de ce qui est se place le possible brut) présent face visible de l’exister donc. Tandis que l'exister est en lui-même, côté invisible, le possible. On prétend,ainsi, que le sujet sartrien, puis lacanien, que tous deux analysent absolument la présence, cad l’activisme de l’arc de conscience et à cet activisme, Sartre, Lacan et tout moi depuis le début du 20éme nous y assistons, en direct, puisque en tant qu “moi” qui s’éprouve sans plus rien, plus rien au-dessus, en dessous, autour, au dedans, et c’est donc immédiatement que l’on est livré au réel (comme heidegger pour la mort, le temps, le là de l’être-le-là, etc, mais ce “sentiment d’exister” remonte, expressément signifié, à Rousseau, comme on sait, de même que la première mention du “moi” revient à Pascal, ciblant Descartes, qui, lui, inaugure non le moi mais le “je”, tout ceci est très serré ; ni descartes Pascal, Sartre ou Lacan n’apparaissent au hasard. Apparaissent ce qui veut dire “interviennent”. Leurs interventions s'instruisent de l’historicité même ; il se trouve que le dieu purement formel un tout autre est “je judaïsme”, que le corps vivant du moi est “christique”, que le sujet est cartésien, etc. Mais les stations sont expérimentalement créées (ou révélées si on est croyant). 

La raison en est que cette fois, sans aucune précaution, aucun bouclier, l’arc de conscience de chacun est instantanément projeté sur le présent et le réel ; qui explose en cette évidence “l’existence existe”, le réel est réel (et non pas modulable par une représentation quelconque) ou encore le réel existe et il est autre. Autre. 

Remarquons ceci ; le réel, pour le moi du 20éme, est autre, mais cette altérité était déjà inscrite au coeur même des trois autres expérimentations ontologiques, existentielles, métaphysique ; dieu est le un tout-autre ; la pensée décentre absolument la conscience (l’universel est objectivement) ; le sujet est non seulement le christique (qui nous Regarde) mais aussi le “je” introduit, dans la réalité, l’humanisation, la personne une étrangeté en et par laquelle je deviens autre pour moi-même (ce qui ne tardera pas à inquiéter quantité de sujets à la suite). 

Pareillement, le « moi » livré au corps même, lacanien et tout aussi bien livré au signifiant, tel que les poétiques ont pu commencer de l’entrevoir ; Baudelaire, la totalité des signifiants, seraient-ils contradictoires ; Rimbaud la dispersion des signifiants ; Mallarmé le signifiant même, vide, sans rien et un peu comme conclusion à Hegel.

À l'inverse de cette évidence existentielle, chacun se croit éternel. puisque chacun s’existe comme rapport et qu’en tant que rapport il se voit ici et puis là, doublement, triplement, et infiniment, puisqu’il n’est pas de raison que cela cesse ; c’est comme si j’existais avant moi-même (ou après) et ça n’est pas rien.C’est ce que l’on comprenait auparavant, jadis, comme “je me connais”, attribuant à la connaissance, à la pensée, ce que l’on a reconnu depuis lors à la “conscience” comme intentionnalité ; la conscience n’est pas ‘dans’ la pensée ou il n’y a pas conscience parce qu’il y a “pensée” mais l’inverse.de sorte qu’est levé, depuis belle lurette, le secret de la “pensée”, de la “pensée qui se pense” (Aristote) et c’est très exactement la “conscience” ; qui se signifie et inaugure la suite, indéfinie, des signifiants, qui sont substituables puisque ce que le signifiant signifie depuis le début c’est lui-même, en tant que forme de toutes les formes, signe de tous les signifiants ; étant non pas un moi (ou quoi que ce soit) cette forme, purement vide mais structurelle, emprunte tout ce qui vient (et spécifiquement toute la perception du vivant, ou encore tout le possible, puisqu’au sortir des mondes cycliques on s'aperçoit que l’on crée les contenus de conscience et non pas que ces contenus soient reçus tout entiers et magiquement ; de même dieu est hors contenu, hors détermination, tout comme l’être n’est pas telle vérité, définie, mais la vérité comme principe ; ou encore que le moi-même chrétien est tenu du christ mais chaque fois c’est un singulier, sinon cela n’aurait aucun sens ; ou donc le je cartésien se désigne, forcément, lui-même et par lui-même, et par cela il est s’auto-appartenant, au moins pour le moment de sa désignation propre. 

C’est bien pour cela (parce que donc la conscience est hors la pensée) que la conscience signifie dans tous les sens (comme dit Rimbaud, et pas pour rien) ; si le moi dépendait de la pensée, métaphysique, à quoi serait-on réduit ?! Aussi le compositeur ou le peintre usent-ils de la conscience afin de transformer en signes (et que tout peut devenir signe pour, par, vers), mais aussi le moi qui dans sa personnalisation déploie son signifiant et ce jusqu’au coeur du corps ; puisque le signifiant coupe le corps de haut en bas, sans reste sauf l'inconscient (qui est l'accroche du signifiant à ce-corps, qui ne peut pas, ne peut plus se transmuer dans le langage, le signifiant qui s’y épuise donc, de ce côté là, et qui de l’autre coté signifie dieu, l’être, le sujet et le réel, que l’on sache, et pare ces quatre-là devient infiniment, puisqu’ils existent formellement et désigne “le possible” ; de même qu’une oeuvre s’élance vers les consciences, une par une, et crée de la nouvelle et bonne liberté possible pour (et par) chacun). 

L’infini est donc, pour chacun et pour l’être humain, cette construction qui pourrait paraître artificielle et tout à fait seconde voire secondaire, si précisément la structure “en rapport” n’était pas le ferment, absolu, du possible pur ou plus exactement l'articulation la plus approchée qui nous soit accessible (et expérimentalement) dudit possible en lui-même.

 

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Le nœud de la philosophie (reprise)

17 Mars 2024, 14:33pm

Publié par pascal doyelle

Les quatre branches de la corde, qui se nouent. 

L’aventure n’est pas celle de la “pensée”. La pensée est une des étapes du devenir. On devrait plutôt désigner le devenir, l’historicité comme réflexivité ; retour sur notre être par cet être lui-même. Il se voit. 

La philosophie consiste à élaborer un système qui correspond plus ou moins à une série de perceptions, intuitions, imaginations, représentations, intentions, etc ; si personne ne tente telle ou telle élaboration alors il devient impossible de réagir, d'agir, de coordonner puisque rien n'est exprimé. Il se trouve qu' ici et là des systèmes furent proposés, qui agirent. qui agirent dans la réalité, l’humanisation ou voire dans le réel ; cad qu'ils modifièrent effectivement le donné là, ou donc aussi bien le donné  - le monde, la réalité, le vécu -  que le "là"  - la considération de la position du réel ; dieu, la pensée, le sujet, le réel au sens précis, permettent de situer le point-de-réel dans sa position, sa distance. Et ce indépendamment de la vérité (objective, certifiée, qui est en fait souvent relative, à un moment du développement scientifique, et de fait limité, puisqu’il ne convient pas qu’une science outrepasse son objet propre) indépendamment de la ‘vérité’ puisque chaque système vient à mesurer l’écart ; soit donc le rapport. Le rapport de l’arc de conscience au réel (ou de la pensée aux réalités, ou de la liberté au moi ou à la communauté, ou du moi lui-même à l’inconscient, etc). C’est bien en ceci que depuis le début ou dès le début les arcs de conscience ne se trompent pas ; ils établissent la distance entre eux et “ce qui est” au sens générique ; c’est en ceci qu’en ces systèmes on se reconnaît, aussi diversement sans doute. Et que même en ne s’y reconnaissant pas, on s’y repère ; on préfère Nietzsche à Platon ou Heidegger à Sartre, mais ça ne change rien à la position stratégique des uns et des autres. 

Refuser qu’il y ait dieu, théologie, métaphysique, ontologie, existentialisme, ou quelque système que ce soit, c’est annuler la cervelle. C’est vivre sourd et aveugle, puisque l’on supprime de fait la capacité d’énonciation et donc de jugement ou de prise de conscience ; on se limite, très zététiquement sans doute aucun, au minimum, cad à rien (sinon validé par une obscure scientificité qui n’existe pas ou tellement partiellement et limitative qu’elle équivaut à rien). Répétons ; ce qui n’est pas exprimé (et exprimé en l’occurrence en une cohérence de système) empêche d’exister. Puisque l’on peut être certain que l’absolument réel reviendra sous une formulation qui se dissimulera comme tel (en se prétendant de telle ou telle idéomanie, souvent très quelconque). 

dit autrement les systèmes permettent d’éclairer quantité de possibilités qui, suivant la zététique, seraient ‘cancelées’ ou donc annulées. ça n’est, ce scepticisme, en rien tolérable. 

Les systèmes ne se trompent pas puisque c’est la position qui est à chaque fois expérimentée et lors même que ces systématiques créent cette expérimentation (de par leur invention-même) ; Aristote ou Spinoza créent la voie, puisque le principe de ce qui est c’est le Créer (il y a une réalité, qui devient, parce que quelque réel doit advenir constamment). “La” voie est plurielle puisque si le réel est rapport, il n’y a pas de sens unique, de sens exclusif et de toute manière “il est en cours” ; il n’existe de rapport (de réel) qu’actif.

Jusqu'à Descartes on a parié, à juste titre, sur la pensée en tant que raison, discours, grec, théologique, de sorte à repérer l'ensemble du territoire de toutes les notions accessibles ; à partir de Descartes on saisit que c'est un sujet qui pense ; viendront donc Kant, Hegel (deux phénoménologies), Husserl, Sartre, Lacan (qui positionnent le sujet et le réel, en tant que donné et là). Ce sujet s’est vu analysé au fur et à mesure, jusqu’à Lacan (Sartre tient le sujet dans l’externe, le monde, l'en soi, autrui, l’historicité, le regard, etc), Lacan dans cette intériorité étrange du “moi”, ce que chacun comprend spontanément depuis comme une évidence, et ce d’autant que la psychanalyse dépiaute le “moi” précisément. Soit donc l’arc de conscience en-un-corps-vivant ; le vivant entrant en panique du fait structurel d’un tel regard en ce corps.Et l’arc de conscience produisant du signifiant, lequel est un rapport, qui est cousu sur le gouffre du corps, scindé, divisé, et divisé de A à Z, de haut en bas, sans reste, sauf précisément l’ancre en 

Et comme on a dit qu’il était, cet être, un rapport (et donc n’est pas un être), on peut tout aussi bien dire qu’il est Vu. 

Le "rapport" est le concept dont on ne voit pas le bout, mais qui lui nous voit ; l’arc de conscience engrène instantanément des signes ; on ne voit pas le bout puisqu'il y en a deux, minimum, et qu'ainsi il s’échappe constamment ; ou donc il existe une suite indéfinie de signifiants (l’arrangement des mots, des signes, ou des nombres). et d'autant plus que la structure ne tient pas aux mots ou aux signes mais au rapport, ce qui implique qu'il peut s'en inventer continûment. 

Il est Vu comme en dehors de lui-même (un vivant perçoit son monde, cad son milieu, et il se vit au centre, mais nous, nous ne percevons pas seulement l'horizon mais nous nous percevons à partir de l’horizon et nous percevons tout, et pas seulement nous, à partir de cet horizon. 

L'horizon c'est le champ intentionnel qui est dressé ou qui se dresse par un arc intentionnel, dite "conscience". L’horizon à la fois fait-voir, les objets qu’il tient sous sa ligne, et lui-même est absent ; lorsqu’il devient visible c’est qu’il est alors soumis lui-même à un autre horizon, qui fait-voir sans apparaître ; de même que dans la métaphore et la métonymie (la condensation et le déplacement en psychanalyse). Ce qui est très difficile, par exemple Hegel pousse constamment tel horizon dans la dialectique, qui rend visible ce qui était invisible ; la pensée est l’ensemble du dépliement de tous les horizons, de tous les systèmes.

Et cet horizon on le nomme dieu, la pensée ou l’être, le sujet christique ou cartésien, ou le réel (ou la réal-isation de toutes les intentionnalités humaines, universelles et personnelles, ou encore le moi dans l'humanisation ou par ex l’existentiel dans la philosophie, Heidegger ou Sartre ou Lacan).

Qu’existent réellement ou pas dieu, la pensée (ou la substance ou le un), le sujet, le réel, peu importe.

Ce qui compte ce sont ces signifiants-là. Lorsque l'on dit je-suis-un-tel, ce moi que l'on est, on signifie "je", qu'on s'en rende compte ou pas. C’est qu’il s’agit de déplier cette identité ; identité qui dans le concret se caractérise telle et telle.

Mais peut-être Pascal n’est-il pas sot du tout ; il se peut que même le sujet cartésien (qui pourtant n’est pas là où il est mais intégralement mouvement, et qui cesse peut-être lorsque cesse ce mouvement, disparaissant dans le temps et présent uniquement au moment d’une coïncidence énonciative « je pense »), que le sujet cartésien soit juste un moi, livré à l’enténèbrement du monde, de la vie ; et que ne s’offre à nous que la seule grâce ; issue d’en haut, et que la transcendance qu’apporte Descartes, ici même et dans la réalité, ne soit qu’une immanence de plus, une illusion et une perte tragique, au jugement perdu, qui ne voit plus rien et s’affirme d’une tautologie, que ce soit celle de René ou de Nietzsche, etc. Tautologie qui est absurde et horrible, si le réel est précisément le rapport et qu’il n’existe que celui du seul rapport unique, universel et formel.

Ce que, donc, vient transformer le christique.

En effet, par le christique on assiste à une mise à jour, radicale, du rapport tel qu’il était engagé par le dieu monothéiste ; l’incarnation dans le monde s’effectue dans un corps, et bien plus en une vie vécue. De sorte qu’ainsi le dieu divin, transcendant, augmente sa vérité en éprouvant le vécu vivant et le vécu humain ; et réciproquement par le christique l’humain acquiert l ‘individualité ; rien ne définit plus l’individualité de telle ou telle caractéristique extérieure (sexe, statut social, esclave ou libre, telle ou telle détermination aléatoire) et aucun des êtres humains n’est collé à son propre vécu mais est amené à rechercher sa propre Intention. Cet échange insère le divin en tant que capacité dans la réalité (qui en elle-même est exclusivement naturelle) et non seulement en s'incarnant, dans la chair, mais en proposant une redéfinition de l'humanité ; qui ne se perçoit plus comme une composition ni même une unité de qualités, de déterminations, mais en tant que rapport, une intention, et en tant que rapport non seulement vivant, mais encore plus existant. 

Il est demandé, à chacun donc, que veux-tu vraiment ? Impossible de se fixer sur une idée ou une image ou une représentation de soi-même par soi-même ; le christique viendra court-circuiter la conscience que l’on a de soi puisqu’il s’insère dans cette dés-unité qu’est devenue l’individualité humaine. Que cette individualité séparée se préparait diversement au cœur de l’antiquité, c’est certain ; elle reçoit là , par le christique, sa représentation décisive. D’abord du regard externe absolu qu’est le christique, puis le réintégrant en soi-même. Par la littérature, les esthétiques, Montaigne, Descartes, le citoyen, les romantiques, Rimbaud, ou Nietzsche, le moi des années soixante et comme on l’a vu, originellement pour nous, via la fin’amor du roman courtois ; par qui autrui devient le regard, en ce monde, qui à la fois échappe et re-crée dieu ; il est au moins un point qui ancre l’arc de conscience: autrui, et donc aussi bien ‘soi” ; peut se déployer quantité de rapports nouveaux (par la porte qu’a ouvert le christique ; rappelons que le christique crée la structure via l’égalité, tous un en christ, et qu’il restera à la liberté d’accèder à elle-même, avec Descartes. 

Sans doute passe-t-on de "qui êtes-vous, les juifs ?" (il est répondu "une nation, une nation de prêtres)  à "qui es-tu, toi, chrétien?" (ayant foi en JC le ressuscité, premier né de la nouvelle création, par qui tout à déjà re-commençé, une nouvelle création donc)

Mais cette opération, christique, nouvelle, met en œuvre quantité de possibilités, jusqu'alors inaperçues, jamais vues, jamais décidées, jamais élaborées et qui réclameront toutes ces catégories, ces facultés ; qui réclameront les 20 siècles qui suivront.

Or comprenons bien que lorsque dieu délègue la Nation aux juifs (ou aux musulmans pour leur part ou l’église aux catholiques), lorsque Platon indique la pensée, c’est tout pareillement que le christique impose à chacun qu’il soit le rapport à (soi) ; peut-on alors caractériser qu’il nous « l’impose » ? Non puisqu’il nous rend à nous-même, de même que dieu rend le peuple à lui-même, la pensée que chacun pense (on ne pense pas à la place d’autrui). Voit-on, dès lors, ce qui arrive ; que c’est le rapport qui se dévoile et qui se déploie et que ça n’est pas évident du tout.

Or pourtant on a dit déjà que le christique lui-même que réalise-t-il ? Que l’activité (divine) est compatible avec le monde, la mondanité du monde, la vie vécue et le corps ; que donc la transcendance est comme ce retirement de dieu, lorsqu’il évide une part de son infinité afin d’y créer l’univers. De toute manière dieu, pensée, sujet ou réel impliquent que la transcendance existe d’abord et qu’ensuite l’immanence.

Qu’il faille conserver la transcendance n’est pas le problème ; le problème est qu’elle s’imposera toujours, puisque notre être est un rapport et que dans la capacité de “prendre conscience” produit quoi que l’on fasse une telle division, lors même que tout moi, ou toute communauté humaine tenterait de combler le vide, l’écart, la distance ; le moi par son fantasme veut recoudre son être-pseudo, son être qui n’est jamais un, qui est coupé par le signifiant et qu'il remplace par son fantasme ; aussi tient-il très fort à l'objet de son désir qui en quelque manière se substitue à son être propre (ce qui est dingue mais que l'on saisit tout à fait spontanément ; on y joue sa vie. 

Cet écart, qui rend possible la conscience ou qu’instaure l’arc de conscience dans le monde, mais aussi la vie vécue (et relationnelle) ou encore que cet arc incruste en un corps, vivant, c’est cela qui est décrit, dans son mouvement, par “dieu, la pensée, le sujet et le réel”.

On s'étonnera de la logique interne du devenir ... l'intention unique (dieu), le réseau de toutes les intentions (les idées), l'intention incarnée (le christique), l'intention qui se montre à elle-même (Descartes), la-les réalisations de toutes les intentions (révolution) en et par chacun autant que collectivement (État, entreprises, consommation tout azimut, multitudes d'images et d’imaginaires, etc). C'est donc le rapport (l'arc de conscience, l'intention, la distinction) qui devient ; il crée, forcément, de plus en plus de rapports de plus en plus précis, en produisant quantité de signifiants, et bien sûr s'investissant en tout arc de conscience, toute individualité. Qui assume toujours plus de réalisme, de détail, de définition, d'activité, de transformation. 

Dieu manifeste l’Intention première, qui est formelle, ce qui veut dire non composée et ainsi unique, universelle, totale ; tout ce qui est, est extérieur à l’Intention première. Le monde est en dehors de dieu parce que dieu étant Intention pure est de fait et structurellement hors de tout, que même que le rapport ne tient pas aux contenus, dont il est le rapport ; il est in-déterminé, purement réflexivité. 

Ainsi tout l’immanent est “dans” le transcendant, qui, pourtant, n’est en aucun cas dans l’immanent. Et ce, en tous cas pour nous ici, puisque la structure du réel est “rapport” et donc non finie ; tout contenu ou toute réalité, toujours limités, sont forcément dans lae caractère formel du réel, que ce soit le présent (cad l'actualisation) ou que ce soit l’arc de conscience (ou le champ intentionnel) ; mais ni le présent, ni la conscience ne se résumeront à quelque réalité ou quelque contenu que ce soit.

Ce surplus, cet en-plus, que génère l’arc de conscience, c’est de ce qu’il est une forme immergée dans les déterminations de réalités, et qu’il ne trouve pas à s’employer ; ce surplus doit ainsi développer ; il y a surplus et donc possibilité de langage, cad de signifiants, dont aucun ne peut posséder sa structure d’origine, et dès lors se pose la question ; qu’est-ce que cet arc de conscience, que l’on ne peut pas réduire et dont l’activité (dans l’actualité de l’exister-même) seule compte ?

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Le nœud de la philosophie

9 Mars 2024, 15:46pm

Publié par pascal doyelle

Revenons donc au devenir.

L’aventure n’est pas celle de la “pensée”. La pensée est une des étapes du devenir. On devrait plutôt désigner le devenir, l’historicité comme réflexivité ; retour sur notre être par cet être lui-même. Il se voit. 

Et comme on a dit qu’il était, cet être, un rapport (et donc n’est pas un être), on peut tout aussi bien dire qu’il est Vu. 

Il est Vu comme en dehors de lui-même (un vivant perçoit son monde, cad son milieu, et il se vit au centre, mais nous, nous ne percevons pas seulement l'horizon mais nous nous percevons à partir de l’horizon et nous percevons tout, et pas seulement nous, à partir de cet horizon. 

Et cet horizon on le nomme dieu, la pensée ou l’être, le sujet christique ou cartésien, ou le réel (ou la réal-isation de toutes les intentionnalités humaines, universelles et personnelles, ou encore le moi dans l'humanisation ou par ex l’existentiel dans la philosophie, Heidegger ou Sartre ou Lacan).

Que dieu, la pensée (ou la substance ou le un), ou le sujet, ou le réel existent réellement ou pas, peu importe.

Mais peut-être Pascal n’est-il pas sot du tout ; il se peut que même le sujet cartésien (qui pourtant n’est pas là où il est mais intégralement mouvement, et qui cesse peut-être lorsque cesse ce mouvement, disparaissant dans le temps et présent uniquement au moment d’une coïncidence énonciative « je pense »), que le sujet cartésien soit juste un moi, livré à l’enténèbrement du monde, de la vie ; et que ne s’offre à nous que la seule grâce;issue d’en haut, et que la transcendance qu’apporte Descartes, ici même et dans la réalité, ne soit qu’une immanence de plus, une illusion et une perte tragique, au jugement perdu, qui ne voit plus rien et s’affirme d’une tautologie, que ce soit celle de René ou de Nietzsche, etc.

Tautologie qui est absurde et horrible, si le réel est précisément le rapport et qu’il n’existe que celui du seul rapport unique, universel et formel.

Ce que, donc, vient transformer le christique.

Or pourtant on a dit déjà que le christique lui-même que réalise-t-il ? Que l’activité (divine) est compatible avec le monde, la mondanité du monde, la vie vécue et le corps ; que donc la transcendance est comme ce retirement de dieu, lorsqu’il évide une part de son infinité afin d’y créer l’univers. De toute manière dieu, pensée, sujet ou réel impliquent que la transcendance existe d’abord et qu’ensuite l’immanence.

Cet écart, qui rend possible la conscience ou qu’instaure l’arc de conscience dans le monde, mais aussi la vie vécue (et relationnelle) ou encore que cet arc incruste en un corps, vivant, c’est cela qui est décrit, dans son mouvement, par “dieu, la pensée, le sujet et le réel”.

Dieu manifeste l’Intention première, qui est formelle, ce qui veut dire non composée et ainsi unique, universelle, totale ; tout ce qui est, est extérieur à l’Intention première.

Le monde est en dehors de dieu parce que dieu étant Intention pure est de fait et structurellement hors de tout ; il est in-déterminé, pure réflexivité. 

La pensée est le déploiement du réseau intentionnel, tel qu’il revient à chacun de penser (on ne peut pas penser à votre place) mais assujetti à l’universel de l’énoncé ; en tant que l’on énonce des idées, cad des rapports, lesquels sont explicites (et non implicites en tel ou tel groupe humain) ; le réseau intentionnel ce sont les idées, des rapports, et qui exige en interne la transparence, sinon les rapports cessent et deviennent un apprentissage, un par-coeur, une mémoire de groupe, un langage et non une pensée, cad une actualisation d’un rapport que quelqu’un comprend ; actualisation puisque “rapport” n’existe que dans et par une actualité et non une fixité, une inertie. la pensée est un langage (personnalisé) dans le langage (ce qui trouble évidemment quiconque ; les mots n'ont pas le même sens, d’autres mots inconnus, et engageant une autre perception, et obtenant également la vision d’un réel différent de la réalité, commune et habituelle et même physiologique pour ainsi dire. 

Mais de même dieu exige, depuis les juifs, à une signification autre et hors du monde (puisque non seulement dieu existe hors du monde mais il est en lui-même un réel bien étrange ; pure intention à cette époque qui ne sait pas ce que signifie “intentionnalité” mais qui comprend instantanément ce que cela signifie… Puisque c’est la position même de toute intention qui serait la nôtre. 

Lorsque Pascal réduit le “je” cartésien à un moi, il ne s’y trompe pas du tout… il voit bien que si le je existe c’est ici même et que donc le je positionne le réel comme ici même réellement actif, activement lui-même ; ce qui parait retirer à dieu qu’il soit le seul rapport qui soit. Or précisément depuis Descartes on a bien compris que le réel est activement le réel, ou donc, si l’on demeure croyant malgré tout, que dieu ne crée pas un monde inerte, un être humain soumis (à la Loi ou à un Ordre ou à une église), mais dieu, qui est le-rapport crée des rapports, des activités et donc demande à l’être humain non qu’il courbe l'échine, mais qu’il Crée… 

N’est-il pas fait à la ressemblance de dieu lui-même ? Donc il crée. Et ces lois, cet ordre, cette possibilité qui doit, forcément, s’auto-réguler, veut dire que chacun repose sur soi et dans le respect de soi (et des autres, dirait Kant) ; et ce qui peut sembler évident, pour nous, ne l’était absolument pas auparavant ; on respectait césar, l’homme-dieu, la puissance et non le crucifié et l’abandonné. 

Réfléchissons que Descartes ne nie en rien dieu ; alors pourquoi Pascal râle-t-il ? Parce qu’il ne s’agit pas, plus du même dieu. 

Ouvrant bien sur la porte à la pensée “dieu” non plus contemplé du dehors de la théologie mais du dedans, spinoziste ou leibnizien ; du dedans de quoi ? De la pensée, cad du rapport et donc de l’activité. Le dieu spinoziste n’est pas théologique. C’est bien pour cela qu’ensuite fournira l'inspiration, serait-elle éloignée, des remplacements ; nature, l’énergie, la “volonté”, la tentative de structurer le un heideggerien, mais aussi l’économie marxiste, l'inconscient freudien.  

Dans tous ces cas, on “voit’” le rapport (constitutif de l’être, de ce qui est, de “dieu”) ; renvoyant à ses théorie la théologie. 

Resteront les français, qui évidemment ne cherchent pas à définir l’absolu, puisque pour un français il suffit bien que les sujets existent ; c’est en chacun et entre eux que ça se passe. Il n’y a pas, pour eux, de “centre absolu” ; c’est ainsi qu’ils porteront la révolution (il faut le vouloir pour réorganiser l’ensemble des relations humaines, y compris celle avec-soi-même, après tout je suis humain pour moi-même, il faut une habitude culturelle générale qui ne se rencontre pas aisément, nonobstant la valeur des civilisations ou des cultures ; il s’agit de percevoir “ce qui a changé” et ce qui s’est ajouté à. La différence, la distinction, une nouvelle distinction, ce qui veut dire la possible d’un nouveau rapport. Or songeons à ceci que la distinction d’un nouveau rapport … veut dire quantité de nouveaux rapports à partir de celui-là ; comme l’être ou dieu, le sujet ou le réel, il y eut, à partir de chacun un déroulement de possibilités. 

Ce que l’on Voit, soudainement, ce sont les possibles qui s’offriront. Prophètes, philosophes, révolutionnaires ou créateurs. c’est bien en cela que d’autres consciences seront prises dans telle religion, telle pensée, telle œuvre, telle historicité ; les rapports que sont ces consciences sont happées, appelées, entendues par ces possibles, qui autrement n’existent pas, n’auraient pas existé (c’est ensuite, bien après qu’elles deviennent évidentes et comme naturelles).

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L'autre bout du rapport

2 Mars 2024, 11:25am

Publié par pascal doyelle

Le moi a su passer outre la jouissance (hallucinée) sans pour cela exécuter le saut de l’ange qui précédemment permettait de sublimer le réel. Dieu, la pensée et le réel portent le jouir au-delà du monde donné, de la vie vécue, du corps percevant (et désirant). Mais via le hiatus de la fin’amor, de l’idéal de société qu’elle (la fin’amor) implique, Dieu, la pensée, le sujet aboutissent à la révolution qui instaure, ici même, ici-bas, un monde humanisé, humanisé universellement (en nouant le temps à la liberté, la liberté à l'égalité et la liberté-égalité à la réal-isation, à l’historicité). 

Dieu, la pensée et le sujet envoient l’arc de conscience au point de l’autre (au point de l’’Autre, lacanien ; qui est identifié, alors, au symbolique, au langage, en tant qu’il nous perçoit (et non que nous le percevons). On dit, ici, que le point de l’autre est le point non seulement d'articulation de la conscience mais de l’arc-boutement de la conscience ; la conscience est un rapport que l’on croit en saisir par un bout, mais dont on ne contrôle pas l’autre bout ; on juge (de ceci et cela, on décide, etc) mais on est jugé par l’arc de conscience qui en tant que rapport nous saisit ; aussi dieu, la pensée ou le sujet (qui n’est pas le moi évidemment) se tiennent plus loin que nous-même, et comme disait St Augustin, dieu est plus intime que moi-même. Puisqu’il situe (que l’on croit ou non à son existence, on s’entretient du signifiant comme tel, au-dessus de tous les signifiants donc, puisqu’il montre non le signifiant mais l’intention, cette structure intentionnelle qui rend possible des signifiants). Dieu, la pensée, le sujet définissent, tiennent le bout (du rapport et de tous les rapports) au plus haut, au plus grand, au plus précis, au plus pointu pour ainsi dire ; une conscience qui témoignerait d’elle-même par elle-même est erronée ; elle se trompe et elle trompe, elle ment ; on en se tient que d’un plus grand (dieu, l'universel, le sujet, et puis ensuite le réel). 

Le moi, à partir du 19éme, décide de réaliser ici même ce point autre ; il suppose la raison, l’unité de l’espèce humaine, l’État, les sciences, la réalité, le réalisme (tout doit être potentiellement réalisable, réal-isable, concrétisé), le naturalisme (ce qui est correspond au monde, au donné, à la vie humaine, universellement, de même que l'individualité sera une personnalisation effectivement concrétisable et une vie vécue effective, et même heureuse, naturellement bonne … et idéale… évidemment bientôt il s’agira d’être “obligatoirement heureux et satisfait”, cet impératif tendra à tout remplacer ; le moi, vécu, est né). De la raison en tant qu’elle consisterait suffisamment de telle sorte qu’elle suffise à s'instituer comme Autre. Lacan nous dit que c’est une illusion (indépendamment des résultats réels de la science, etc) ; on peut analyser tel objet donné, mais on ne peut pas appliquer la raison au moi, à la vie vécue, à autrui, etc ; et plus on croit à l’extension de la raison dans sa capacité, plus l’angoisse nous déborde (plus le monde configuré par la rationalité écrase le moi vivant, en l'occurrence le sujet inconscient). 

Toutes suppositions belles et bonnes, raison et droit, humanisation, commune, et personnalisation, individuelle, mais non pas que le point autre puisse ici même, en ce monde donné, concret lui-même. Mais s’il n’est pas ici même, c’est qu’il est formel ; dieu, pensée, sujet ou réel.Le point autre est autre, ce qui veut dire ; pas ici. Raison, droit ou humanisation sont des effets de l’arc tendu vers et par le point-autre, qui, lui, ne peut pas s’incarner (ou pour les croyants qui s’est incarné une fois, une seule fois). 

(remarque ; Lacan, ou la psychanalyse, nous apprennent que l’homme n’est pas naturellement bon, ni idéal du reste, et que la vie n’est pas nécessairement heureuse, lors même que l’on s’est vu instauré en tant que moi-même, par cette acculturation si exceptionnelle, depuis la révolution et, apogée, les années soixante, ou cinquante peu importe)

On a vu que cette décision, d'articuler la conscience à partir du donné (et non plus de dieu, de la pensée), s'invente par la fin’amor du Moyen Âge ; en dehors de dieu, de la théologie, de la chrétienté, il se découvre qu’autrui, l’amour donc, s’impose en et par son propre possible ; autrui est en lui-même un rapport, et ne peut donc être remplacé, par quoi que ce soit ; c’est un possible, ce qui veut dire un rapport et un rapport existe en lui-même ; en tant que mouvement (qui échappe à tout autre, y compris dieu) ; à cela rien d’étonnant puisque le christique est précisément cette (infinie) élaboration que le Rapport, cad dieu, est venu exister ici même (que l’on y croit ou non, ça n’est pas la question) ; que donc la réalité, le monde, la vie vécue, autrui, moi-même sommes en mesure de créer des rapports et non plus et non pas comme tenu dans le rapport à dieu ; la théologie tentera de tout détenir dans le seul rapport d’un seul dieu unique ; alors que tout indique que le christique nous donne les clefs (du camion ou du royaume, comme l’on veut). 

Ou plus généralement encore ; le dieu divin a créé l’humain afin que l’humain non pas seulement obéisse aux ordres (à la Loi, celle que critique St Paul) mais que l’humain crée l'organisation nouvelle, celle qui continue la création ; le créé est le sens même de ce qui est ; il existe une réalité afin que quelque Réel naisse. 

Et non pas que soit créé à peu près n’importe quoi ; mais que soit créées ces structures qui, elles, rendent possible encore plus de possible ; une œuvre, esthétique, littéraire, etc, une religion, une idée, une institution valent en ceci qu’elles ouvrent de nouveaux possibles ; la Constitution, issue de la, des révolutions, créent des possibles ; il existe un miracle, des miracles qui fonctionnent comme des structures plus grandes qu’elles-mêmes. 

Les structures, qui nous paraissent si évidentes depuis lors, mais bien sur puisque ce sont des structures (qui collent à même notre être, cad notre mouvement, qui en tant que tel accepte ces structures au moment même où il les accède), les structures donc sont la liberté et l’égalité (dont on ne dira pas qu’elles étaient ignorées, ni par le monothéisme ni par le christianisme). Lesquelles constituent la base l’acculturation généralisée ; soit historiquement créée (depuis les grecs ou le Moyen Âge, en tant que réel de ce monde, de cette vie vécue, de cette perception) soit développée dans cette humanisation (universelle de la révolution) soit individuelle (depuis la personnalisation hyper accélérée des années soixante, qui s’applique à toute la planète et que tout corps-vivant-conscient saisi immédiatement, sans pour cela en comprendre, en soi-même, l’instantanéité ; par ex la liberté se saisit par chacun mais l’articulation liberté-égalité requiert une élaboration, en chaque liberté). 

on comprend par là que les “évidences” de structure, qui sont librement actualisées puisqu’elles consistent en des rapports qui n’existent que dans leur activité même, tiennent à peu ; elles tiennent, ces structures, à leur activité et leur activité est l’investissement, l’investissement de chacun pour sa propre activité (au sens le plus étendu possible, cad y compris concernant autrui et son autre-je, l’autre comme langage, ou en extension collective et universelle, et l’Autre, dieu, par ex) ; l’investissement est “cela que l’on attend de la vie vécue, de la communauté consciente, de l’unité réelle ; du sens à tirer de notre existence. 

Rappelons que dieu est l’intention antérieure à tout ce qui est ; antérieur à l’être ; antérieur à la détermination puisqu’il est le-rapport (qui crée tous les autres rapports, dans les choses, les êtres et évidemment, à son “image”, à sa ressemblance, les consciences qui sont, chacune, un rapport) ; il est unique puisque le “rapport” en lui-même est purement formel ; non déterminé il ne se confond avec rien (rien de déterminé, donc rien, la forme du réel n’est pas la réalité, le présent n’est pas ce qui est présenté). de dieu on ne connaît aucun concept (les concepts théologiques sont des approximations) ; ce qui est connu, au sens strict, est défini, offre une chaîne de signifiants qui se raccordent les uns aux autres (et pour la raison scientifique dont les chaînes opèrent, limitativement, dans le réalité, sur tel ou tel objet, zone d’étude ; la biologie le vivant par ex) ; ce qui ne peut pas être défini, déterminé, peut cependant être signifié ; et signifié bien sûr en un sens spécial (un sens qui ouvre à plus grand et non pas qui ferme la réalité ou le réel ; la “liberté” est un concept, signifiant, opératoire, vide et formel ; et donc il ouvre à toute liberté et rend possible les sujets (dire l’homme est ceci ou cela, produit sans doute un concept, déterminé, qui, lui doit passer dans l’universel, ou alors renvoie à un déterminé du monde, l’homme blanc ou l’homme allemand ou une caractérisation qui réduit et même abolit son opération ; qui se contre-dit). 

Puisque dieu est le-rapport initial et donc unique, et de fait il ne fut proclamer qu’une fois pour toutes, il épuise le possible même de sa signifiance (sa compréhension est renvoyée à l’accomplissement de tout, ce qui fut, est, sera, y compris dieu lui-même, puisque étant un rapport il peut, et doit, se comprendre lui-même, ce qui est extrêmement important puisque cela veut dire que nous-même  en tant que "je", cad rapport, nous avons accès à la structure de signifiance, que l'on connaît non pas seulement immédiatement, qui passerait par le monde, l'espace, la détermination, mais instantanément, ou donc via le temps lui-même ; l'arc de conscience est un raccourci temporel : il se déclare et de cette déclaration se saisit, ou tout aussi bien est saisi de lui-même ; je suis celui qui est en cours ou je pense, je suis). 

Rappelons ; la psychanalyse a proposé que le cœur de notre être (de notre être) se dénomme "jouissance", par quoi il faut entendre non le contentement ou la satisfaction, mais la satisfaction rêvée et même psychanalytiquement hallucinée, l’hyperbolique jouissance, infinie donc, et infiniment profonde (celle, par ex, que les jaloux supposent, imaginent en ces autres corps). Or il s'avère que cette jouissance supposée, est non un effet du corps, vivant, naturel (qui n'imagine rien d'une telle stupéfaction jouissance) mais un effet du signifiant ; qui isole et monte en épingle, pour ainsi dire, une donnée naturelle (signifiant et champ intentionnel rendant possibles les « facultés », perception, imaginaire, intellect, jugement, et tout ce que l’on voudra). 

Que donc on peut, on doit poser que la véritable jouissance, celle qui porte réellement (et non pas s'ébaudit dans le fantasme), est celle de dieu, de la pensée universelle de l'être, du sujet ou du réel. Puisqu'effectivement ces structures signifiantes ont effets, et innombrables, dans la réalité, humaine ou donnée là (de ce que la pensée ou dieu ou le sujet ou le réel permettent d'y concrétiser, sciences ou révolution, littérature ou droit, humanisation ou personnalisations, etc). 

Et ainsi la jouissance en tant que signifiant (structurel) ne s’écrit pas selon le monde, le donné, la vie vécue ou le corps ou autrui ou le “moi-même”. Le signifiant est la formule même de dieu, de la pensée, du sujet et du réel, ou plus exactement l’effet (infiniment) réel des quatre. ou ce par quoi on échappe, au moins ponctuellement ou instantanément (on y reviendra) à la jouissance hallucinée (qui pourtant est l'inscription de l’arc de conscience en un corps, un corps vivant, et jouissance hallucinatoire à laquelle on en peut échapper).

Pour synthétiser, le signifiance est le jouir, activité de signifiant, et non la jouissance ; pourquoi ? parce que le signifiant est un rapport, et pourquoi donc un rapport serait-il le jouir ? Parce que le rapport est le Créer, cette activité (et non la possessivité que l’on serait, éternellement ou fantasmatiquement), et il est le créer puisqu’un rapport se continue, et que l’on a reconnu que le réel est, au principe, le possible ; de ceci que le possible est, sera mais également fut toujours plus grand (sinon le réel serait l’être, et déjà aboli, donc le réel continue, et ceci est le véritable infini).

Cet envoi en-dehors rend à la fois accessible ce qui existe en soi comme inaccessible ; que ce soit le dieu juif, ou musulman, l’être grecque, le sujet christique ou cartésien, le dieu spinoziste ou le nouménal kantien, ou l’étrange micmac sartrien lacanien qui analysent bel et bien l’activité, l’actualité, de cet arc en un monde (Sartre, et parmi les autres) et en un corps (psychanalytique). Soit donc l’élancement du rapport (que tout champ de conscience est, bien en deçà de la « connaissance » ou du conscient habituel) qui prend charge de l’autre-bout, l’autre bout du rapport.

 

 

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Ce monde et le précédent

25 Février 2024, 09:55am

Publié par pascal doyelle

 

Ce qui est en soi-même mouvement ne peut pas être saisi.
Aussi est-ce le mouvement dont on a cherché la structure, et ce depuis dieu, l’être, le sujet et enfin le réel.
Dieu ou l’être sont purs mouvements. De même le sujet et enfin le réel ; tout se meut. Mais c’est le mouvement même qui prend ses désignations étranges, de dieu, de l’être, du sujet (christique et cartésien), du réel. 

Le présent est la seule structure que l’on constate comme immobile, éternelle, brute, immédiatement et même bien plutôt instantanément réel. Le seul réel est l’exister, en tant que mouvement, et l’être, les choses ou les êtres (les planètes, les galaxies ou les vivants ou les conscients) sont mais secondement ; l’être est l’effet de l’exister ; les choses et les êtres sont les mémorisations de ce qui a eu lieu, des présents eurent lieu, du présent qui a déroulé l'ensemble de tout le possible. que le possible soit le principe du réel veut dire que le présent réalise l'ensemble de tout ce qui est possible et qu’il revient à tout ce qui est de devenir toujours plus profondément. 

C’est dans le présent que s’étend ou se précise le dit mouvement. Ce qui se réalise existe dans l’actualité et doit se-vouloir, se décider de soi. ce qui existe c’est en tant que rapport et le rapport est toujours forcément actif.  

Ainsi la conscience est un raccourci, est ce chemin qui emprunte le seul raccourci (que l’on sache, que l’on puisse expérimenter, ce qui veut dire qu’il en est peut-être d’autres, que l’on ignore) en tant que mémoire immédiate qui permet de stabiliser des langages, des pensées, des représentations, des constructions et des inscriptions ; dieu et la nation, l’être et l'universel, le sujet et la révolution, le réel et la réal-isation (de tout ; ou donc tout l’ensemble depuis la révolution qui réalise, rend réel toutes les intentions, de tout et de tout le monde et de chacun, en tant d’abord que révolution humaniste universelle, et ensuite comme personnalisation, accélérée même, de chacun, et ce depuis le milieu du 20éme ; évidemment tout va de plus en plus vite et consomme de plus en plus d’énergie, de matériaux, de ressources).

il peut sembler que dieu, la pensée ou le sujet ou le réel fixent le mouvement, mais évidemment on ne les saisit pas ; ils sont le mouvement ou ce par quoi on a tenté de représenter le mouvement ; ce qui se voit encore plus avec la “raison”, par ex la raison théologique ou la raison dite objective, bien que l’on sait trop que les théologiens s’emmêlent et que les sciences se modifient sans cesse, et ne parviennent pas à “conclure”, tandis que les théologies sont bien trop certaines d’elles-mêmes (Descartes remettra tout en mouvement). 

inversement donc dieu, la pensée, le sujet ou le réel nous ont saisi. Ont saisi ce corps vivant, cet animal, qui n’y comprend rien à l’apparition fulgurante de l’arc de conscience en lui (qui provoque, comme on sait, la jouissance horrible, cad la satisfaction hallucinée et l’inconscient). 

Mais pourtant soudainement le je se signifie tel quel ici même ; ce que chacun peut comprendre, non comme raison, ni même comme pensée, mais comme signifiant. et de derechef il ne sait pas ce que ce je implique ; il faudra de Descartes à Lacan pour commencer d’à peine saisir l'empreinte que l’arc de conscience produit, crée dans le monde, le temps et l’histoire, le corps et le moi-même humain (moi-même par lequel chacun peut, enfin, commencer de saisir ce qu’avoir une vie, cad une existence, porte ; un moi-même n’est pas, n’est plus soumis à l’historicité, aux sociétés, aux groupes, alors même que cet équilibre qui le rend possible, reste totalement fragile et sans doute momentané, étincelle, et parcouru (et épuisé) de toutes les contraintes (sociétales, morales, humaines, d’affect ou donc d’inconscient, puisque lui, le moi, se tient au plus proche de cet inconscient ; il n’y a pas de psychanalyse avant le début du 20éme).  

Contrairement à ce qui peut sembler, les réalisations du moi-même (ses esthétiques et ses littératures, ses émissions tv ou son internet, son cinéma ou sa BD, etc, bref tout) sont exceptionnelles et absolument entières ; elles valent comme réal-isations de tout le possible possible ; il y eut Presley, les beatles, les stones, led zep, etc. Il y eut le fantastique et la science-fiction de Lovecraft ou Poe jusqu’à The thing ou Ph K Dick (dont l’essence est l’interrogation de ce qui est effectivement réel, de la nature du réel) et ainsi de suite. Totalisation d’une autre ou seconde réalité. Ce qui paraît dispersé et facile ou immédiat et peu comparable aux grandes œuvres classiques, est en vérité absolument un parachèvement, compte-tenu du déplacement que l’on repérera à la fin.. Il s’agit de rassembler toute la réalité, de même que l’on institutionnalise la mémorisation de toutes les humanités, de tous les peuples, esthétiques, religions, sciences, (tout ce qui fut donc), pareillement toute la possibilité vivante du corps humain investi de et par une conscience, un arc de conscience qui structure le champ intentionnel (lequel rend tout possible, et sans lequel rien ne serait activé, activé par cette activité qu’est le tissage des rapport à partir du rapport qu’est un arc de conscience), toute cette réalisation parvient ici à son terme, que l’on sache. l'entièreté de ce qui fut réalisé, l’a été intégralement et selon l’intégrité, à mesure ; à mesure de son intégralité, son intégrité ; sans cette sincérité du réel aucun je ne peut parvenir à accrocher l’actualisation du possible. 

Ainsi le présent qui nous enferme en ce monde humain et qui nous tire vers le bas, c’est celui coincé entre le passé et le futur. mais le présent réel est le temps, ce qui veut dire la totalité des temps, des actualisations. 

Peut-être l’entièreté des personnalisations, la personnalisation qui s’impose à toute la planète, devrait-elle ou aurait-elle dû se décider pour un intérêt collectif, universel, mais sera-t-on en mesure de s’y employer ?

De même les luttes, libérations, libertés, accès à autrui et à soi-même, (et on ne parle pas des institutions, cad de la constitution des sociétés humaines, qui sont parvenues à une perfection, ou donc de libéralisme, capitalisme et communisme, qui, très globalement, ont absolument élevé le niveau d'organisation humaine, collective et puis individuelle). C'est bien pour cela que tous, chacun, nous en sommes marqués, que nos corps sont totalement inscrits et comprennent tous ces enjeux, ces enjeux joués (et enjoués, le rock et la pop sont enjoués) et lancés et portés au maximum d’intensité ou d'augmentation des êtres. au prix de brûler tant d’énergie et de ressources, évidemment.

Ou donc ; si jusqu’alors cela en passait par dieu, l’universelle pensée, le sujet christique (dont on dira pour le moins qu’il sublime le corps, l’autre corps, celui qui se signe, l’autre surface écrite, par quoi seulement on a un corps, et on a un corps, parce qu’on ne l’est pas), alors donc dans la réalisation (qui a suivi la réalisation universelle révolutionnaire de première main, par la révolution) le moi est cette sur-écriture du corps, qui en quelque manière se sur-appartient ; de là ainsi qu’il se déchaîne et s’écrit en tous sens, sur et via tout support, use de ces méga-esthétiques que sont le cinéma ou la bande dessinée, cette énergie des musiques du 20éme, et au final cette totale narration de soi qui se perçoit dans le mass-média, puis le micro-média, qui poursuivent au jour le jour la représentation de la réalité, se prenant pour la réalité même ; que la perception, distanciée, précède le corps (toujours immédiat et toujours lié absolument à la jouissance. Il s’agissait donc de découper ou détacher des morceaux de jouissance. alors qu’en dieu, la pensée ou le sujet (christique et puis cartésien) tout de go il s’agissait de transporter le jouir dans un autre endroit. Dans le point le plus éloigné possible (dit point infini, que ce doit dieu, la pensée ou le sujet). Tellement éloigné qu’il est inaccessible, pas en ce monde, pas en cette vie vécue, et n’ayant pas la capacité de s’obtenir ici même ; il s'agissait bien d’autre chose, autrement.

Par dieu, la pensée ou le sujet le je en ce saut périlleux sort de la jouissance (qui est, donc, le corps qui hallucine la satisfaction, et l’imagine “encore plus grande que tout”) et c’est précisément ce que nos mois chéris reprochent à dieu, à la pensée ou au sujet ; ils se sont enfermés dans leur jouissance à tout prix. et ce jusqu’à l'irréalité, l'irréalisme, l’irréel de leur fantasme, objets, signes ou images.Et évidemment le christique est la monstration pour ainsi dire que l’on aboutira à la trahison, à l’abandon, à la douleur, et à la mort. 

En revanche, de par le découpage de la jouissance, il fut réaliser quantité de possibilités.

Or donc pour le moi, c’est dans le monde, dans la vie et il n’y retrouve pas ses petits ; la jouissance n’est plus sublimée, elle se cherche dans le vécu et le donné, et le moi devient fou. 

C’est comme si la profusion de signes (et en l’occurrence tout autant sinon plus d’objets) venait non pas sublimer le corps, mais le remplacer, voire l’écraser évidemment, trop jouissant, et l’objet devient le moi, le moi devient le signe et ne parvient pas à se décoller de ces fétiches. Aussi est-ce “un signifiant pour un autre signifiant”. Et non plus un sujet, la vue du dieu inaccessible et “pas de ce monde”, ne comprenant plus même l’universel (le décentrement d’une conscience). 

Objets et signes que l’industrie se charge bien de lui fournir, industrie matériellement mais encore plus imaginale, hallucinatoire, hypnotique. 

On reviendra sur la confusion totalement tragique d’un moi qui ne distingue plus la sublimation de la jouissance fantasmatique hallucinatoire. c’est évidemment bien plus perturbant et profond que seulement, si l’on peut dire, le drame psychique de la vie vécue du moi. Il faut interpréter les centaines de milliers de signe, images et objets qui prolifèrent dans l'humanisation comme autant de grignotages de l'architecture de la sublimation, en même temps qu’il s’agit de la démocratisation de cette sublimation (qui ne pouvait se “limiter” à Bach ou Saint Thomas d’Aquin évidemment, pas plus qu’à Mozart ou à Descartes).

 

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L'amoureux et la distance

18 Février 2024, 16:22pm

Publié par pascal doyelle

Si le tomber-amoureux n’était qu’un assemblage de qualités (de datas, pas de qualités et de défauts, quoi qu’alors ce serait plutôt de défauts), mais il est unifié, cet assemblage. et c’est là, dans cette unification, que ça se tient. 

Or ça se tient d’une structure, ce qui veut dire, ici, d’un rapport. Dont on se doute qu’il est à la fois impitoyablement puissant et profondément inaccessible. Il s’agit d’un rapport, soit donc que l’on se tient “au bout”, “d’un côté”, mais comme c’est un rapport on ne sait de quel bout. de là le vertige. un individu ainsi se perçoit soudainement de l’autre bout. Il se perd, il se perd de vue; il ne sait plus qui regarde, de où il perçoit. l'ensemble de toutes ses facultés est renversé, puisque toutes ses facultés dépendent du champ de conscience, du champ intentionnel ; il n’obtient de références, de repérages, puisque tout repérage naît de et par un champ intentionnel et que l’autre, autrui, un tel ou une telle ont volé le champ intentionnel lui-même, cad tout. 

Tout, tout entièrement volé, mais on ignore en quelle manière et sur quelle trace ; puisque c’est le rapport qui fut volé, et qui est non déterminé ; un rapport est indéterminé ; donc on ne sait pas ce qui a été volé. On a nommé cela le cœur et effectivement c’est le centre, le centre de tout le reste. corps, intellect, affect, âme, tout ce que l’on veut puisque notre être dépend, intégralement, de cette séparation, de cette coupure, de cette ligne de a à z, qui ne laisse rien en dehors, et qui coupe ce corps, cet être en deux, de haut en bas ; sans reste. Sans reste, sauf l'inconscient. l'inconscient, ou plus exactement la pliure qui rend possible toutes les autres, est ce “là” du corps, inerte, massif, creux, pesant, qui ne peut pas être signe ; on peut le signifier mais ce signe ne peut pas l’absorber; le corps c’est un “là” éprouvé et qui n’a pas mot ; tout le reste sera reliable (à d’autres signifiants), mais ce corps est autre que moi, que je, et appartient, bizarrement, au réel. il est, en nous-même, ce qui est au-dehors. 

De là qu’il serait possible de dire que l’on a conscience de ce que l'on a un corps que l’on n’est pas. Que “conscience” soit issue, et produite, par le choix interne du corps qui se “voit” en externe, par un champ intentionnel et est à la fois au-dedans et au-dehors. Que c’est cela que l'on nomme “rapport”, “conscience”. puisque “conscience” implique que l’on voit que l’on voit. (de là qu’il n’y a pas de conscience possible sans une perception, cad un vivant qui perçoit). 

La question de la scission du corps en deux c’est ce que traduit le principe de l’autre-corps ; le corps support de signes ; ce qui est impossible matériellement et ce qui matériellement dispose un “inconscient”, le corps en soi, au sens sartrien en somme, est ce qui est représenté, mais impossiblement, dans et par un inconscient ; ou ; il y a un inconscient parce que le corps bien que signe n’est pas ce signe ; ce signe, ce corps en son signifié, ne peut pas être repris, relié, tissé, cousu dans les signifiants et ce corps-signifié tombe vers le bas, vers l’immédiat. Sauf que l’on peut se coaguler au corps signifié et pressentir (faussement) qu’il y a une unité (figurée par la jouissance hallucinée). 

Remarquons que même si la coupure signifiant corps produit ou à tout le moins rend possible qu’il y ait conscience, cela n’enlève rien à l’indépendance de la conscience ; qui s’installe comme un rapport et donc lequel rapport annule tout le reste ; il l’annule au moins symboliquement (évidemment, puisque le champ intentionnel est fabuleusement perméable et accepte toute perception ou tout affect, qui vienne du corps vivant), mais il neutralise tout autre rapport, au moins en ce qu’il signifie ici et maintenant (sinon, si il, ce rapport qu’est la conscience, ne parvenait pas à saisir en avant de lui-même ce qu’il perçoit hors de tout adn ou de tout langage, ce rapport donc on ne voit pas à quoi il servirait ; de là qu’il crée son champ et qu’il le crée collectivement, en telle communauté, tel monde humain, les mayas par ex, ou qu’il le crée par et pour tout individu qui dans la généralité du groupe, dispose de l’énonciation de son propre champ, peu ou prou, plus ou moins ; déjà les grecs ou les romains et bien sur en accélération avec le christianisme qui consiste justement à donner chacun dans le regard du christique ; prolégomènes aux “confessions” de toute sorte ; d’Augustin à Rousseau, de Montaigne à Descartes ou Sartre ou Lacan, ces deux derniers tentant de saisir à même l’articulation d’un rapport à soi (qu’ils admettent ou non théoriquement la conscience, divan confession ou pas).

Soit donc. Chacun expérimente, intégralement, le sens même de la structure du rapport. Notre être (qui n’est pas un être mais un mouvement) est (forcément) expérimenté (puisqu’un rapport n’existe qu’activement, dans son activité, raison pour laquelle on assiste in situ au cogito, et que chacun copiera en lui-même le dit cogito, de fait, à peine lu et déjà intégré, pour chacun et dans l’historicité, cad dans le temps, et comme cela qui outrepasse le temps).  

Chacun l’expérimente et non seulement dans son corps (qui se révèle vidé, attiré au-dehors et pourtant absolument effectivement là, bien réel, au point que “le-réel” c’est la présence massive impossible, insignifiable du corps, qui est importé non pas dans l'inconscient mais en tant qu’inconscient ; l’inconscient se crée du hiatus in-comblable) mais dans le regard, ou plus véritablement dans l’intention. Si le regard parait tellement essentiel c’est qu’il permet à la fois la perception et la distance ; la voix est plus intérieure, comme le toucher ou l’odorat. le regard figure l’intention ; l’autre, autrui, que me veut-il ? Qu’est-ce que je lui veux ? quel intention et qu’est-ce qui se joue qui, étant non-déterminé, puisque consistant en un regard non seulement par lequel chacun voit autrui, mais chacun se voit soi-même, et enfin le regard en tant que tel ; le regard est nu, qu’est-ce que veut l’exister de lui-même ?

En quoi on rebondira sur « l’insondable décision d’être » (Lacan) se situant au cœur de tout « moi-même ». Tout moi-même ayant à organiser, prévoir, créer le possible d’un habitant d’un corps vivant. Dans le moi-même, dernière grande acquisition du devenir humain, né de la révolution humaniste universelle puis transformée en personnalisation (et personnalisation hyper active, déchaînant toutes les possibilités sur ce monde, qui n’en peut mais), dans le moi-même se joue la question ; que faut-il actualiser ? La jouissance hallucinée et ses indéfinies répétitions ou le réel et le Créé ?

 

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L’homme, la femme, Lacan 

10 Février 2024, 09:53am

Publié par pascal doyelle

 

Compréhension (éventuelle) de Lacan « La Femme n’existe pas »
(ce qui suit ne paraphrase pas exactement la position de Lacan, mais en est un développement; suivant ce que l’on avance depuis le début que la philosophie se déploie dans la série de ses instanciations, de ses positions, qu’elle marque, balise de repères ; l’être, le dieu théologique, le sujet, l’existence, et leurs variations, et que tout le mouvement s’enfile, y compris Lacan)
Pour l’homme ; toutes les femmes et donc une seule.
Pour la femme ; un homme et donc tous les hommes.
L’accès s’effectue par l’universel (les femmes/les hommes)
ou par le singulier (un homme/une femme).
Caricaturalement ça aboutit à l’égoïsme (universel) ou l’égocentrisme (psychique).
Ou encore à rebours à la vérité (universelle - toutes) ou au réel (singulier - un).
Ou la femme est le fantasme de l’homme, l’homme est le réel de la femme.
Sur  le “il n’y a pas de rapport sexuel” ; puisqu’il n’y a pas de signifiant qui permette d’enregistrer le dit rapport (réel) dans le rapport qu’est un signifiant ; on ne peut pas lier le rapport à une chaîne de signifiants (les signifiants se répondent les uns et les autres et forment systèmes ici et là). Mais pas plus que l’on ne peut entraîner son corps, son propre corps, dans un ensemble de signifiants. Ou la chose donnée, cette réalité, qui existe objectivement “là”. Le réel on n’en fait pas le tour. Rappelons ; pour Sartre le donné là est l’objectivité impensable de l’en-soi ; pour Lacan l’objectivité est le rapport au corps qui est innommable, par quoi l’adolescent découvre non seulement qu’il n’est pas le centre du monde (tel l’enfant s’imagine) mais qu’il n’est pas même le même que lui-même ; il est autre au-dedans ; s’ajoute de plus qu’il lui faut, pour séduire, se représenter à autrui (la massivité du corps-autre s’hallucine comme jouissance horrible, destructrice, fusion).

Et donc :
c’est pour cela qu’il n’existe qu’une femme à la fois ;
la-femme universelle n'existe pas, mais -une-  à chaque fois, cad réelle.
Inversement les hommes existent, universellement, en tant qu’existe “l-homme universellement”,
… et donc irréel chacun,
et fantasmant la-femme, universelle ; ce qui ne fonctionne jamais.
Mais telle femme cherche un-homme,
et ça ne marche pas plus.

Évidemment ça n’est pas strictement identique à la physiologie, mais statistiquement relativement ;
et en ce cas, statistique, cela signifie que c’est jusqu'alors plutôt induit des femmes d’une part et des hommes d’autre part. Et ce qu’il s’agisse d’une tendance naturelle ou d’une construction sociétale ou d’un devenir historique (et donc tout à fait possiblement remis en cause) ; admettons donc que Lacan se contente de décrire les “mois”, les personnalités qu’il reçoit ou observe (ce qui n’était pas tout à fait sa position spontanée ; mais ça le chatouillait quand même de ne pas comprendre “le continent noir de la jouissance féminine”, comme disait Freud, en son temps ; mais Lacan, à tout le moins, permet, très largement, de passer par dessus la sexualisation excessive ; en ce sens que la sexuation devient l’illustration de structures plus étendues et plus abstraites, et non plus cette sexuation comme matrice immédiate ininterrogée, que l’on devrait admettre de tout go ; ou donc, le signifiant et tout ça, lacaniens, permettent une vue plus large de la réalité du “moi humain” ou de l’humain-même). 

Précisons encore que ça n’est pas monolithique, ou substantiel (une substance, une essence homme ou femme), mais phénoménologique, d’une logique relative pour ainsi dire (ni homme ni femme ni quiconque ne peut vivre ou se vivre sans logique interne) ; une orientation phénoménologique tendancielle ; c’est et ce n’est pas (non plus) forcément lié à la sexuation. 

Donc. Il ne s’agit pas d’une “essence” affectée en tant qu’homme ou femme ; mais d’une phénoménologie ; et une phénoménologie c’est un ensemble mouvant, fondamentalement adaptatif, qui investit la perception, le sentiment de soi, d’autrui, bref le champ intentionnel tel qu’il s’organise en tant que vivant (il n’existe, que l’on sache, de champ intentionnel que d’un vivant, d’un être vivant). 

Ou si l’on préfère, ça ne signifie pas que un tel ou une telle seront incapables d’universel ou incapable de singularisation, mais en fait plus ou moins ou selon ; c’est une orientation intentionnelle relative et presque, pourrait-on dire, statistique, ou en tous cas proportionnelle ; on est plus ou moins comme ci ou comme ça. Mais c’est une logique, plus ou moins prononcée, par laquelle on unifie terminalement ; et terminalement qui est tout à fait spécifique et absolument abstrait et finalisant, peut-être, et par quoi tel je, tel sujet, tel moi, tel corps, telle mémorisation signifie ( - son existence -) en tant que Bord.

Qui décide, oriente, dessine formellement, et formellement cela veut dire qui découpe dans la réalité, dans l’hallucination, dans l’existence, dans la vie vécue, en ce corps vivant (comme l’hystérique) ou  dans tout ce que l’on voudra, ressentira, réalisera et qui sera terminalement, virtuellement orienté par et vers le réel ou/et l’universel.

En somme, l'orientation en tant que  (l’universel et/ou la singularité)  constitue le Bord de tout ce que l’on est ; ouvre ou ferme tout ce que l’on perçoit, ressent, pressent, imagine, désire, décide, en bref intentionnalise. Le Bord de ce que l’on est, soit donc son ex-sistence, est absolument tout l’enjeu formel d’exister, l’épreuve. 

Et donc soit on finalise selon l’universel (l’homme) soit selon le réel (une femme, ou mieux cette femme, ou encore plus réellement cet individu). Et en vérité l’un comme l’autre usent du réel et de l’universel.  

On remarquera qu’ici on tente précisément d’aligner l’universel et le réel…de là que l’image du blog présente une femme (en l’occurrence Olivia Wilde) et la quadrature du cercle. Durant des lustres la philosophie a parié pour l’universel (l’homme la raison/ la femme la nature ou la sensibilité, et autres schématismes) ; depuis Descartes on a saisi que le réel n’est pas (seulement ou exclusivement ou même pas du tout pour les athées) en dieu, mais qu’il se passe ici même et maintenant, il se passe, se déroule, s’instruit, s’instancie une articulation réelle et donc effectivement relevant de son exister. trouver l’universel qui correspond au réel, tel est le but. Puisqu’aussi bien l’être, le dieu théologique (onto-théologie, qui n’est pas le dieu christique ou de la bible), la pensée (hégélienne), la raison raisonnante (etc) manquent le réel, visent à côté ; depuis Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre et Lacan, on se rapproche, on approche à pas de loup.

Remarquons que dès le christique “homme ou femme” n’a aucune importance, contrairement à ce qui traîne ici et là ; ni homme ni femme, tous un en christ (St Paul, le prétendument sexiste), puisque ce qui compte c’est le regard, cad la conscience-de, qui n’est pas sexuée. C’est aussi absurde que de voir dieu comme un “homme”, éventuellement à barbe blanche. 

Par “cet individu” on veut dire que l’on soit homme, femme ou autre, on peut très bien se considérer en finalité en tant que un, en tant que centre. Et donc se tenir du côté du réel. Et ce centre peut paraître relativement infantile ; si un moi cesse et oublie totalement d’être au centre, il périt, c’est extrêmement dangereux. Or ce centre, qui n’est plus infantile, ouvre sur une réelle et fondamentale objectivité (il n’y a pas que l’objectivité cadrée par l’universel, la science, le droit, la pensée, etc). L'objectivité du donné tel que “là”. 

Chaque réel est tenu en tant que tel et non pas repris et enregistré dans un ensemble de signifiants : en quoi consiste l’universel. l’universel est la cohérence , idéalement, des signifiants qui accroît sa capacité par une telle organisation forte, fut-ce au prix du réel, que l’on caractérise bien évidemment comme “ce qui ne manque pas de clocher” (qui résiste donc) ; le réel (ou la femme ou la chose ou l’objet a) s’échappent, bifurquent constamment. 

De là par exemple que la femme (ou l’œuvre) formulent une mascarade, rendue, pratiquement, indispensable ; la mascarade ne ment pas en elle-même, elle exprime (qui sans quoi n’obtiendrait aucune présentation ; le réel en soi ne peut pas être représenté, contrairement à ce que croit l’universel, ou l’homme). 

Le problème est en somme celui-ci ; le réel ne peut entrer dans l’universel, mais on ne dispose pour décrire le réel que de l’universel. pour le décrire mais aussi pour le vivre, l’organiser, le partager, le communiquer ou le transmettre ; hors de l’universel point de salut, mais le réel ne s’y retrouve jamais.

Pour saisir cela, ce mouvement duel, il faut comprendre que notre être, étant un rapport, ne peut pas se clore dans le réel, mais qu’il croit qu’il se referme dans l’universel ; le réel on n’en peut pas faire le tour ; les signifiants, eux, entendent constamment se relier (c’est leur travail, leur logique). musique notre être est non un être mais un rapport, il renvoie l'autre bout, du rapport, mais on ne sait pas lequel ; le “sujet” s’évanouit, sans pour autant cesser de (se) désigner ; puisque l’arc de conscience, intentionnel, tout se produit en son mouvement ; un rapport, un mot (qui n’existe jamais tout seul, sitôt un mot, sitôt tout un langage) on peut lui en ajouter quantité d'autres ; le mouvement indéfini des signifiants (tout comme l'énumération infinie des nombres, puisque ce ne sont pas les nombres qui sont, mais le rapport, que sont les nombres, qui existe (un / un est le seul et unique nombre).  

S’il y a un autre bout (du rapport qu’est une conscience) implique que l’on ne sait jamais “où” l’on est ; on se gargarise de parler d’un point certain, mais en vérité nous sommes déjà bien ailleurs ; il est impossible de fixer dieu ou l’universel ; l’universel revient à l'énonciation non finie de Hegel, à savoir que la pensée pense… et d’énumérer ou d’organiser tout ce qui fut pensé, comme contenu de ce qu’est la pensée. 

La chaîne indéfinie des signifiants doit potentiellement se dérouler librement (et non pas être fixée, clouée à un trauma ou un passé) mais trop librement elle se perd indéfiniment et n’obtient rien ou alors faussement, illusoirement. 

Rappelons que ce qui produit un trou dans la chaîne de signifiant, tombe vers le “là”, le réel, la-chose ; le signifiant est ce qui permet, à chacun, de couper la masse du “là”, et le corps, de chacun, est tel quel ce qui peut bien être signifié (par un signifiant) mais toujours hors de toute chaîne ; le corps est incroyablement massif, repose sur sa propre densité, qui ne peut pas être absorbé par la chaîne des signifiants (ce en quoi consiste l’universel, puisque l’on a vu que tout mot est en soi abstrait et déjà universalisation ; puisque le champ intentionnel qui rend possible tout langage est le champ qui produit tous les raports que sont les signes). 

L’individualité est ineffable. Outre le tomber-amoureux (qui exporte hors de soi l’arc de conscience dans le point qu’est autrui, qui nous manque, et nous déchire, lorsqu’il disparaît) le cas le plus accessible est celui de l'œuvre ; une œuvre, un tableau, etc, est une-chose. Une-chose n’est pas inerte, mais justement l’inverse ; qu’elle nous regarde (et non pas nous qui la regardons de l’extérieur ; se crée donc un extime, un intime externe). Et si elle est suffisamment œuvrée, pour ainsi dire, elle contient une indéfinité de signifiants, théoriquement (mais personne ne pourra prouver jamais le contraire, puisque la série des signifiants ce sont LES séries de signifiants, qui se créeront tout au long de l’historicité ou de notre existence ; il n’y pas qu’une seule chaîne évidemment, pas plus qu’un seul langage ou qu’un seul système de quoi que ce soit). 

De là que Lacan puisse caricaturer la pensée comme hontologie ; c’est une honte de croire que l’universel (quel qu’il soit) puisse absorber la densité du réel. La science et la raison à tout crin provoquent une angoisse profonde. La pensée théorique ou la psychologie en croyant renforcer le moi, en expurgeant le douloureux réel impossible, immonde, horrible, jette le moi dans l’obscurité, ce qui veut dire dans l’inexprimé, le silence. La science c’est très difficile, mais mettre en forme l’inexprimable réclame encore une autre sorte de capacité. Et ne pas mettre en forme l’inexprimable (esthétiquement ou littérairement ou philosophiquement ou selon la religion, etc) est l’infini danger de se démettre ; de n’être plus capable d’organiser autant que faire se peut cet extra-ordinaire. 

Ou inversement que l’on peut finaliser selon l’universel ; le signifiant appelant un signifiant et cherchant à se clore, replier, saisir, posséder. Et sans cette organisation (plus ou moins contraignante … ou contrainte) on ne peut pas exister. 

Soit donc deux règnes, qui sont tout aussi objectifs l’un que l’autre ; l’universel permet de définir tous les objets (qui en dessous sont des choses données là, et non des objets analytiquement découpé et/ou synthétisés) ; le réel permet de percevoir telle chose en son apparaître, le plus complet ou le plus détaillé ou le plus particulier possible. Évidemment cela veut dire que l’objectivité se sert de l’individu, ou que le réel utilise l’universel (sinon ni l’un ni l’autre n’existeraient). Aussi est-il curieux que l’on puisse retrouver selon une structure phénoménologique cette complémentarité. 

Et de fait, on peut rêver de l’autre dans tous les cas. Mais le fantasme (de la femme pour un homme et de l’homme pour une femme) est orienté plus ou moins d’un côté ou de l’autre (et donc des deux mais en proportion). Le fantasme “image” ou le fantasme “de présence” sont aussi irréels et idéalistes l’un que l’autre, selon leur mode.Remarquons qu’il y eut énormément de femmes mystiques ; quelle plus absolue présence que celle de celui qui s’est absenté, le christ ? 

La femme “elle n’est pas toute”, elle n’est pas toute la vérité. Parce que le réel (côté “femme” donc) ne peut pas être enfermé, cerné ; tandis que  l’universel (l’homme) est ce qui n’existe que des limitations. par schématisme (et pour faire une phrase) on dira ; la femme voit tout mais ne le sait pas ; l’homme sait tout mais ne voit rien.

 

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L'intériorité du moi, Lacan

28 Janvier 2024, 15:01pm

Publié par pascal doyelle

On a dit que Sartre pense l’extériorité du moi-même, tandis que lacan pense l'intériorité. On observera que l’un comme l’autre nous jettent dans l’extériorité la plus crue, difficile, éprouvante.

On s’étonnera peut-être que Sartre,  philosophie, se soit dévoué à l’extériorité (autrui, l’historicité, le matérialisme, le regard, le corps, le donné là comme existence, etc) et que Lacan, psychanalyste, se soit dévolu à l’intériorité ; mais une intériorité tout à fait spéciale ; celle du moi, dont il est témoin tout au long du 20éme, qui apparait et se déploie (et dont la naissance mondiale et mondialisée constitue les fameuses années soixante ; le moi se démcoratise ; on ne dit plus “je suis un homme, ou une femme”, par ex, mais je suis “moi”). 

Puisque le moi est la dernière grande invention récente (après dieu, la cité universelle et le raison, la pensée, le sujet christique puis cartésien, le réel et la révolution, la réalisation dans l’historicité, réalisation humaniste, et universelle donc, la révolution et réalisation individuelle ensuite, lorsque tout est à disposition pour que chacun puisse développer sa personne-même, y compris les ressources naturelles utilisées et les technologies et les médiatisations, etc). Ce qui place chacun, chaque conscience au plus près du donné tel que là, au plus près du réel, et livré à lui ; aussi découvre-t-il existentiellement l’exister tel quel. Ou sa condition vraiment réelle (ce qui débutait avec montaigne ou encore plus avant avec St Augustin, et bien sur le christianisme ; trahi, mis en croix, mort). Dès le début l’individualité commence d’être exporté hors de toute communauté (et crée ou se révèle la communauté seconde, puissance ², “en esprit”, celle du saint esprit, de l’église, et, par la révolution, de la société humaine puis personnalisée, celle justement des désirs et des objets). 

Ce que recherche Lacan c’est le point de jouissance ou plus exactement le “point de jouissance ! aucune jouissance !”

Parce que la jouissance c’est l’hallucinée. Et qu’elle n'existe pas, elle est imaginée, cet objet ou tel autrui est censé contenir une infinité de bienfaits. En soi follement satisfaisante ; c’est la jouissance des autres dont rêve le voyeur, et qui torture le jaloux “ils jouissent sans moi” (depuis les romans du 12éme, à tout le moins). C’est ce que l’on imagine de l’obtention de l’objet ; on y croit. Quelque chose remue en nous, et c’est la-chose, qui albumine comme objet infiniment désirable.

Lacan reste dans le moi, et n’en voit pas la sortie. à partir de freud il apparaît que le plaisir, les plaisirs, ne sont possibles que si la jouissance, le fantasme d’une totale, intégrale satisfaction, est refoulée ; ce que l’on nommera la fusion (et ce qui un temps a pu se figurer comme coucherie avec papa ou surtout maman) ; les plaisirs, cad les désirs surtout, ne sont possibles que si cette fusion est fractionnée, en plaisirs, en désirs ; sinon le désir unique hallucinatoire massif écrase tout ; rend impossibles les signifiants (de sorte qu’ils réapparaissent dans la réalité, comme folies ou hallucinations, ou évidemment plus minutieusement, dans certains signes qui s’entremêlent d’avec les signifiants, obsessions, perversions, etc) ; mais même alors, même si tel moi a réussi de couper (barrer) la jouissance, et la diversifier en désirs (et donc de rendre possibles des objets, et autrui bien sûr), il n’en reste pas moins que l’hallucinée est toujours là derrière qui guette, sans doute aucun, mais également motive, fournit l’énergie ; et cette jouissance c’est également et d'abord la jointure du corps, vivant, de l’influx du vivant, et du signifiant, de l’arc de conscience qui parvient à se dégager de son origine, et qui, peu ou prou, devient sa propre cause ;

le champ de conscience, barrant la jouissance, permet un champ de signifiant, qui de fait n'adhère vraiment que si il est parlé, et parlé au lieu de l’autre (autrui) et donc au lieu de l'Autre (dieu, la pensée et l'universel, le sujet, le réel, la révolution et l’humanité ou l'individualisation, le moi, lequel se diversifie dans tous les sens en quantité d’objets, capitalistes, pour ainsi dire).  

Ce dépassement de la jouissance (et donc que je cesse d’être, de me vivre comme le centre du monde, enfant) est un acquis personnel, individuel ; qui réclame un grand effort ; une coupure ; se couper de l’immédiateté. Tout est alors comme mort et autre, et avancer d’un pas parait risquer absolument tout ce que l’on est, paralysie adolescente. Mais exister aussi comme couper de soi ; l’enfant est un-avec-lui-même ; il n’en a pas conscience mais il est qui il est ; si l’on devient de conscience “de soi”, c’est que l’on n’est plus ce “soi”. On se voit d’un point, qui est et qui n’est plus soi, à la fois ; il l’est parce qu’il est évidemment encore ce corps, mais cette conscience perçoit à partir d’un bord. un bord sans rien derrière. 

On peut dire que l’on suppose alors dieu, la raison, l'histoire, la poésie, ou tel autrui (du tomber amoureux), qui se situeraient derrière ce bord ou en tant que bord ; assuré, tranquillisant peut-être, ou évitant l'angoisse de n’être pas. Puisque c’est cela qui arrive ; que l’on a cessé d’être, et comme dit Sartre que l’on “existe”. 

Corps divisé qui ne se rétablit, mais en équilibre instable (et plus ou moins, selon que l’on s’approche du bord et qu’il glisse vers la jouissance, qui ne vient pas, puisqu’elle ne se réalisera jamais, et qui surtout angoisse absolument et au risque d’annuler qu’il y ait, qu’il existe un pont de conscience). En vérité, c’est hors du moi que tient le moi ; il tient de pointer, de tenir un pont, et qu’elle que soit cette articulation (dieu, la raison, révolution, poésie, autrui, etc) ; pour saisir autrui ou dieu ou soi comme sujet, il faut redistribuer la conscience ; la positionner au-dehors et évidemment hors de la fusion (de là cette distinction du principe de plaisir et du principe de réalité, sauf que, contrairement ou autrement que Freud, Lacan place le plaisir dans la réalité (les plaisirs, les désirs, l’écriture de soi, et ainsi de suite) et la jouissance comme effroyable et impossible et hallucinée et pourtant motrice, psychiquement. 

Vous pouvez recouvrir cette jouissance supposée, mais elle est rigoureusement sauvage et inapte à la réalité. on peut dire qu’ intra psychiquement elle est “le réel” (à l'intérieur de la cervelle donc) ; d’elle on dira que lors d’un cauchemar, si on la rencontre, on se réveille, ce qui signifie que l’on se rendort ; on ne peut y faire face, le conscient, l’éveillé va toujours annuler le face à face ; rien dans la parole, les signifiants, ne peut la contraindre. 

Ce que l’on peut, c’est la réorienter ; mais alors il faut sortir du moi ; par dieu, la pensée et l’universel, le sujet et le réel, et leurs variations. et encore est-ce tout à fait momentané, comme le “je suis” de Descartes qui n’existe que dans le moment de son annonce, autrement on ne sait pas. La réorienter c’est élaborer sa vision en tant que structure intentionnelle.

Puisque la jouissance est irréfragable, elle n’est pas plus animale qu’humaine, psychique que biophysique ; elle est le mélange de l’activité de conscience, intentionnelle, et de l’énergie du vivant ; une sorte d’énergie biologique qui s’hallucine (aucun animal n’hallucine son désir). Unique en son genre, et absolument invincible ; qu’elle se délivre dans l'hallucination ou la folie, ou qu’elle se recouvre de conscient, accordée (à peu près équilibrée) ou désaccordée (névrose, lorsque “les plaisirs, les désirs, les objets” se raccordent mal à la jouissance, dont on a dit qu’elle était originelle, et donc selon qu’elle se facilite plus ou moins ou pas ; soit respectivement un à-peu-près, une névrose et une folie). Cette accroche, qu’est la jouissance, est véritablement une accroche ; l'hallucination dûe à l’activité de conscience est accrochée à un vivant, ce corps. Lacan propose qu’elle le transforme, ce corps, et rend possible le moi. Ou est-ce l’avancée en un corps, mais dépassé par une élaboration qui a rendu possible que se dégage un champ intentionnel, là au-devant (où se produiront les signifiants et les domaines de signifiants, qui seront aussi des champs de réalités, de réalisations humaines, collectives ou individuelles, lorsque le collectif parvient à installer en lui cette possibilité des individualités). Se dégage un champ intentionnel au-devant parce que ce corps est mis entre parenthèses ; en ces parenthèses il hallucine (sa totale, absolue, magique et fusionnelle plénitude), parce que et puisqu’il n’est pas, n’est plus sa satisfaction ; il perçoit sa satisfaction du dehors ; il n’est plus ce corps ; cette réjouissance naturelle du corps est transformée en horreur destructrice parce qu’irréelle, insoutenable pour un corps et irréalisable dans le monde donné. 

C’est ainsi que la satisfaction (pourtant réjouissante au naturel) du corps est prise dans l’intention qui, elle, est parvenue à en sortir ; elle se perçoit du dehors, il se perçoit du dehors. Si on ne parvient pas à faire tenir à part elle-même cette extériorité, on ne cesse de s’affaisser. Puisque cette sortie que l’on nomme “conscience” est un tension et non pas un être, et il faut soutenir cette tension. 

Autrement dit la jouissance, qui est la satisfaction hallucinée en tant qu’elle est désormais interdite (ou donc que chacun se rend compte qu’il n’y est pas, que ça manque, et que donc il peut commencer de désirer, ce qui veut dire de signifier, tout comme de consommer ou de produire par ex, d’interagir avec autrui, de communiquer, etc), la jouissance est ce qui permet qu’il se déploie les signifiants ; aussi le signifiant est la jouissance, mais médiatisée. Ce qui peut paraître très aisé mais qui en fait, comme on l’a vu, est intensément difficile, puisqu’il faut “négocier” avec soi-même, autrui, la réalité, les objets et les désirs, etc. Et que, donc, on ne peut pas annuler la jouissance terrible ; elle est l’énergie de toute translation, de tout déplacement, de tout investissement. 

Or cependant, si lacan tient qu’il s’agit du signifiant (qui coupe en deux le vivant animal du corps, et découpe ainsi la perception en signes et les signes potentiellement organisés en champs, cad au début en société humaine qui-parle), on dit ici qu’il est question du champ intentionnel qui rend possible qu’il y ait “signifiants” ; et qu’aucun signifiant ne puisse regrouper, unifer, aggloméré “les signifiants’ (qui donc sont toujours dispersés, dispatchés, distribués) veut dire que soit l’unité est la jouissance (l’articulation en-un-corps de l’activité de signifiants, corps qui se rêve en fusion unifié), soit l’unité est le champ intentionnel ; soit donc Sartre. 

Sartre qui rappelons-le, a su, a pu séparer la conscience de tout savoir, de toute connaissance (depuis Descartes, explicitement, bien que les français s’en soient toujours douté depuis le moyen-âge, et peut-être même les stoïciens) et même dégager la conscience de tout mysticisme à l’allemande (Heidegger ou les fichte, schelling, Hegel ayant, lui, déplacer la phénoménologie de la conscience sur toute l’historicité, ce dont on lui rendra toujours grâce). 

Avec Sartre et Lacan, vous êtes parés, la lucidité éclaire tous les chemins.

 

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