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instants philosophie

Avez-vous une âme ? Pensez-vous votre âme ?

16 Novembre 2013, 09:56am

Publié par pascal doyelle

Si l’on reprend l’origine même de notre être, de notre être ici et maintenant, au 21éme, il faut remonter jusqu’au grecs et aux chrétiens ; en tant que ces deux réflexivités nous ont lancé en un autre processus.
Or ils signifiaient ceci ; avez-vous une âme ? Pensez-vous votre âme ?


Il faut replacer le terme « âme » en ceci que l’on n’est pas sûr d’en posséder une et que de plus on ne sait pas ce qu’elle est (si on en possède une) et enfin que l’on ne sait pas comment la faire-être, ni la déployer.
On ne sait plus ce que cela comporte (d’exigence et d’implication) puisque l’on, chacun, chaque moi, se fonde sur son être-libre, et qu’un être-libre est de fait et nécessairement (de la nécessité de sa structure et non d’une nécessité extérieure) immédiatement lui-même ; il ne se pose pas ou plus la question de son être (existant ou non, préservé ou non, réalisé ou non). Il part de cet être déjà là, dont il va au mieux rechercher l’augmentation ou la diminution ; ce qui est au principe de quantité de pensées depuis Descartes. Mais ne se concerte pas d’en modifier la structure elle-même. En ceci que l’on use de la liberté pour tel ou tel contenu, mais non pas de la liberté en et pour et par elle-même et elle seule.
La liberté c’est d’être ceci ou cela, mais non pas d’être la liberté elle-même, de la faire-exister ou qu’elle puisse recéler un devenir en propre, qu’elle soit agissement en propre.
Aussi, de cela, tout est stagnant.
Or c’est ce que signifiait que l’on ait à s’assujettir à l’universalité (sans quoi on demeurait un pauvre individuel sans horizon, que ce soit sans l’universel platonicien ou aristotélicien ou sans devenir éthique ou sans existence mystique plotinienne, etc). Et évidemment il est requis de se passionner pour son âme chrétienne ; de fait.
Mais l’être-libre des modernes comprend mal ou ne comprend pas du tout ce principe indéfiniment réel. Pour les modernes il ne s’agit plus d’obtenir une âme ou de créer son être ; pour les grecs n’était réalisé que l’homme qui s’articulait à la pensée, à l’universalité, au beau, au vrai, au bien ; hors ces vérités, ces réflexivités, il n’est qu’un pauvre individu limité. De même il est clair qu’il faut croire en jésus et sa résurrection, en jésus comme retour-vers-nous de dieu, de la dernière conscience indéfiniment réelle et en tant qu’est transmué le corps ; puisque c’est de cela dont il est question ; que l’on ait, que l’on « est » un autre corps.


L’être-libre a dépassé l’universalité et tout autant le devenir-âme ; mais pour se fourvoyer en sa propre évidence. D’autant que ni l’universalité, ni le devenir-âme ne suffisent à un être-libre.
Mais qu’il soit libre contrairement à ce qu’il voudrait désirer, n’est pas une facilité ; sur et en le libre pèse l’exigence ; l’exigence ontologique (et pour comprendre ce que « ontologique » comporte, il est requis une définition que seule compose la philosophie anime, qui définit ce qui n’apparait pas, qui définit ce que la réflexivité, grecque, chrétienne ou libre (depuis la cartésienne).
Autrement dit ça n’est pas d’être-libre que l’on active ou existe comme âme, comme structure réelle agissante. Ou encore ; il se peut que l’on végète quand bien même serait-on existant formellement. En somme « être-libre » cela n’est pas une sorte de disposition de soi ou des choses, mais tout à fait compréhensiblement est un devenir ; on peut très bien passer à côté de son être, le manquer, l’oublier, l’annuler, exister sans cet agissement interne ; le libre n’est pas un état, ceci est clair, mais un programme.
Programme sans contenu spécifique, mais parce que la structure même est son programme.

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