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instants philosophie

Anthropologie et Philosophie

12 Janvier 2014, 09:45am

Publié par pascal doyelle

Les mondes particuliers furent donc dépassés par un étage en plus de l’humanisation qui consiste en la réflexivité ; soit donc la constitution à partir mais surtout au-delà des groupes, langages, localisations et immédiatetés (le monde géographique limité par ex et le corps tel que marqué de signes), d’un plan d’une part d’universalisation et d’un monde-unique, et d’autre part d’un devenir conscience e et d’une personnalisation.

Les deux participent du même unique mouvement ; puisque en somme il n’est pas cinquante manière d’être réflexivement ; le réflexif puise dans sa propre indépendance (vis à vis de toute détermination, de tout monde, de tout corps). De sorte que ce qui fut inscrit, écrit à partir et dans le réflexif est toujours intégralement conservé ; ce qui donne à voir Hegel, par ex. et ce qui fut écrit est la voie, l’unique voie, et vaut absolument ; Platon ou Descartes ou Nietzsche marquent décisivement et définitivement le chemin, ils sont le chemin.

Ce qui trompe généralement c’est de tenir pour tout à fait évident que la philosophie désire l’Etre. Sans voir que la pratique réelle de la pensée (et à fortiori de tout le reste, de l’éthique à l’esthétique en passant par la politique, mais aussi l’humanisation et la personnalisation) que cette pratique est radicalement heurtée et contradictoire ; la philosophie ne désire pas l’Etre ni un discours étal et plat, objectif sur l’être en le transformant en Objet Absolu, l’Etre, mais est la division du désir lui-même qui se retourne et qui littéralement ne désire pas ; notre être ne désire pas, il est. C’est rappelons-le la découverte absolue nietzschéenne ; qu’il traduit par énergie, innocence, retour du même, volonté de la volonté, pureté dans le seul vouloir extrêmement difficile à réaliser, rendre réel, puisque toujours mêler de réactivité au lieu d’être tout de go activité radicale.

Si l’Objet absolu passe pour l’Etre (et ce d’autant plus lorsque Le dieu chrétien entrera sur scène puisqu’alors le dieu est l’intentionnalité dernière indéfiniment réelle qui les reprend toutes), dans l’effectivité philosophique cette idée, ce principe de l’Etre est et n’est que l’occasion de déployer quantité de visions ; autrement dit le Un de l’Etre vaut de ce que, en retour, il divise abondamment, en ce qu’il est Abondance (d’où la clôture des grecs par Plotin, par ex).

Ainsi la pratique dépasse largement l’idéal que l’on s’en forme ; la réflexivité ne sait pas encore vraiment ce dont il s’agit en elle, mais en même temps elle le sait très bien ; elle adore diviser, séparer, découper, elle est la distinctivité des réalités, ce par quoi on distingue là où tout s’emmêlait ou n’existait tout simplement pas. Elle est facteur de troubles indéfiniment, et non pas unification (qui n’existe que dogmatiquement ou dans la fantasme des détracteurs, fantasme dont ils usent afin de multiplier encore plus de divisions, par ex les grands sujets à la suite de Descartes).

Puisque n’étant pas exclusivement un contenu, la philosophie commence d’apprendre ce qu’est la réflexivité ; qui se-sait instantanément, mais ne se connait pas. Ce qu’elle sait d’elle-même est sa forme, et si elle se déroule alors comme pensée, c’est parce qu’elle doit comme réflexivité non pas uniquement s’assurer de la pensée, mais parce qu’elle doit au travers de la pensée produire, animer, son être réflexif et de ce fait la pensée s’étend à tout objet de réflexion ou plutôt de réflexivité, ce qui signifie veut repérer partout lorsque se produit cette cohérence instigatrice ; éthique, esthétique, politique, sciences, dépassement du langage, des groupes, reprises des mythes, exploration chrétienne du devenir conscience, etc.

Ça n’est donc pas le désir de l’Etre qui pousse la philosophie mais une architecture complexe et surtout retorse (elle doit penser l’être qu’elle est ou qu’elle représente ou qu’elle re-présente) qui commence de se mettre en place.

Puisque cela qui agit soudainement et coupe l’humanisation en deux, se-sait, étant de fait réflexivité et réflexivité sur la réflexivité pour la philosophie, s’enroulant infiniment dans son être, sa structure, cela produit l’idée de l’Etre ; en laquelle ce mouvement croit trouver une stabilité que son surgissement démoralise. Puisque la réflexivité s’aperçoit bien qu’elle peut déplier continuellement son être ; un être réflexif ça n’a pas de fin, mais cela ne signifie pas que l’on puisse renier la pensée ou la raison. La réflexivité est ce qui produit de la cohérence ; elle lui est impérative et son animation même en un monde ; elle contient en sa puissance (par quoi elle est un procédé et non une essence ou un contenu tout-fait) la raison mais aussi les universalisations (esthétique, éthique, politique, les humanisations et les personnalisations en passant par les grands sujets, ceux qui poussent au plus loin qu’il y ait réflexivité et /ou liberté pure qui explore).

C’est donc par un excès et non par déni de raison, de pensée, et c’est la seule manière de comprendre qu’il y ait eu Nietzsche ou Heidegger ou Sartre ou Lacan ou donc les démontages objectivistes qui sont totalement fondés ; il est cohérent que cet être réflexif démonte et remonte sa réalité, sa matérialité, ses causalismes.

Sauf que lui n’en est pas, de la détermination, sinon de où prendrait-il sa lancée ? Mais qu’il n’en soit pas ne comporte pas qu’il soit une autre sorte de détermination, il est un rapport institué vers la première, et si il est un tel rapport, il existe, ce qui veut dire il est un réel, purement formel ou en puissance, dont on peut se demander ce qu’il veut, ce qu’il peut, jusqu’où il s’étend et qu’est-ce que « cela » est qui s’étend.

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