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instants philosophie

Commentaires à "y a-t-il quelque chose ? "

14 Septembre 2014, 11:45am

Publié par pascal doyelle

Pourquoi le réel nous serait-il inaccessible ? Est-ce que nous n’existons pas ? Nous sommes déjà dans le réel, de fait. Si par réel inaccessible vous entendez "la totalité du réel qui nous rendrait extatique" alors oui, "ça" (ce fantasme là) est inaccessible ; mais c'est un fantasme (ce qui est très bien, en son ordre propre). D'autre part une idée n'est pas un mot ; c'est un rapport, un rapport au réel précisément ; lorsque les grecs disent ; l'être est ; ça vaut jusqu’à nous (et par dessus tout langage) ; ça tient le coup et ça résiste ; qui pourrait se passer de "je pense donc je suis" ? Tout moi se le prononce (pour se-nommer) ; parce que c'est déjà réel. Je ne suis pas du tout dans la déréliction ou la perte ou le manque ; tout ce qui est, est et existe absolument, nous existons déjà dans l’extrémisme radical et notre être est activiste.

Par exemple entre autres, qu'est-ce que l'expérience existentielle ? Pas besoin de science ou de concept (par contre ce sont des Idées au sens très précis inventé par Descartes de "idée") ; la racine de Sartre "existe", le soleil de camus 'existe" ; autrement dit nous sommes ce rapport là, infiniment réel, l'angoisse psy "existe" ; ce qui nous envahit est la présence du réel. La chose en soi je ne sais pas ce que cela veut dire ou la réalité objective est une construction intellectuelle, qui ne nous donnent que ce qu'elles contiennent, pas plus. Par contre il est une expérience radicale (de Stirner à Lacan, en passant par Kierkegaard, Heidegger, Husserl, Nietzsche, Rimbaud, etc, il y en a des tas qui ont expérimenté la présence du réel, je les appelle les Grands Sujets), de même que tout moi ( le sujet, cartésien, aboutit aux grand sujet et aux mois, deux variantes en quelque sorte), tout moi éprouve le réel ; c'est cela le réel, la rapport instantané à "ce qui est", la présence effarante qui nous transi, transperce, démoli, cloue sur place, et ceci parce que "nous en sommes", nous sommes engendrés du réel, et donc nous y existons au sens radical.

L'expérience du réel est "au plus haut" , la point ultime de la civilisation ou de la personnalité ; que l’on retrouve ailleurs (en d'autres personnalités et en d'autres civilisations, le zen, ou ailleurs le mysticisme de toute sorte). Mais par ailleurs j’attirerais l'attention sur ceci ; ça cause, le réel expérimenté "ça cause" ; ça parle et ça cause des effets ; le moi, la personnalisation (inventée au 20éme) est bourrée d'effets, de résultats, de réalisations ; autrement dit ça n'est pas seulement une contemplation, c'est un activisme (et les mois sont des activistes, ils s'agitent en tous les sens). En cela il n'est rien de plus effectif, de plus causant que l'aperception du réel ; lequel est au centre du moi, de tout moi.

La philosophie par exemple, ne vise pas à vous importer dans la tête une "connaissance", on sait bien que la philosophie est "incompréhensible" ... à moins d'y être... la philosophie vise à formuler Votre conscience ; le but n'est pas un "savoir" (ça c'est pour la terminale.... et les caricatures faciles des dénigreurs de tout poil), mais une activité, un activisme. Une illustration ; les grecs ne déploient pas le langage, le langage de la tribu ou du groupe, ils outrepassent le langage, pensent par dessus le langage ; lorsqu’ils énoncent l'être ou le Un ou le bien, c'est sorti du langage, ça fait appel à l'intentionnalisation par-dessus le langage, ça relève d'une expérience qui est bien au-delà, en plus du langage. Le langage, le langage, on en fait se choux gras, mais la philo a toujours élaboré au-delà, dans l'expérience même qu'elle ouvre ; l'esthétique est-ce du langage ? Le politique ? L’éthique ? C’est tout à fait autre chose qui s'est passé, c'est la sortie du langage et du groupe clos et du monde particulier. Un moi est toujours hors du langage et du groupe, c'est pour cela qu'il est fou, qu'il s’angoisse, qu'il déprime, qu'il somatise, etc.

Le langage est lui-même compris dans un rapport bien plus grand que lui, le monde donné là et ce corps qui existe avant, pendant et après le langage, et surtout le langage est fonction de cet être structurel qu'est la conscience, comme articulation au monde là, au réel.

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